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Focus Handicap & Inclusion

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Faire tomber les barrières. Écrire l'histoire ensemble. Rejoignez la Paralympic Family.

Handicap & Inclusion

U N S U P P LÉM EN T T H ÉM AT I Q U E D E S M A R T M ED I A

Janvier ’26

Marcel Hug

Au-delà des records et médailles, regard d’un athlète sur la performance, la vulnérabilité et l’humanité.

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2 Éditorial

Contenu.

Daniel Suda-Lang

A

On agit quand ?

ujourd’hui, une personne sur six dans le monde vit avec un handicap. L’Organisation mondiale de la Santé estime que cela représente 1,3 milliard de personnes, un chiffre en constante augmentation. Plusieurs facteurs l’expliquent : l’allongement de l’espérance de vie, la hausse des maladies non transmissibles comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou le cancer, ainsi que des événements extérieurs, tels que les guerres, les catastrophes naturelles et les crises humanitaires. La prévalence du handicap est plus élevée dans les pays à faibles revenus : près de 80 % des personnes handicapées y vivent et sont souvent confrontées à des obstacles majeurs qui restreignent leur accès aux soins, à l’éducation, à l’emploi et aux services essentiels.

Le handicap ne se limite pas à des incapacités physiques ou mentales : il résulte de l’interaction entre des limitations individuelles et des barrières sociétales. Selon la Convention internationale des droits des personnes handicapées, une personne en situation de handicap est celle dont « l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à sa pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ». Certains handicaps sont visibles, d’autres invisibles ; certains existent dès la naissance, d’autres apparaissent au cours de la vie à la suite d’accidents, de maladies ou du vieillissement. La diversité des situations rend indispensable une approche globale et inclusive. Les femmes sont particulièrement exposées. Dans les pays à revenus moyens et faibles, elles représentent près des trois quarts des personnes handicapées. Les filles et femmes avec un handicap mental sont jusqu’à dix fois plus exposées aux violences sexuelles que les femmes sans handicap. Ces chiffres soulignent que le handicap n’est pas seulement une question individuelle, mais un enjeu social et collectif qui interroge les notions de dignité, de droits et d’égalité. La Convention internationale des droits des personnes handicapées, adoptée en 2006 par l’ONU, a constitué un tournant historique. Pour la première fois, un traité international reconnaît explicitement les droits et la pleine participation des personnes en situation de handicap dans tous les domaines de la vie. Les États qui ratifient la convention s’engagent à garantir l’égalité, la non-discrimination, l’accessibilité, l’éducation inclusive, l’accès à l’emploi et la participation sociale et politique. À ce jour, 192 États se sont engagés officiellement. La Suisse a signé la convention en 2007 et l’a ratifiée en 2014, affirmant son engagement à adapter ses lois et politiques pour rendre effectifs ces droits.

04 Défis au quotidien 08 Interview :

longtemps dans les démarches humanitaires, cette approche a été formalisée et popularisée en 2015, affirmant qu’aucun progrès durable n’est possible tant que certains restent exclus.

L’inclusion est bien plus qu’un impératif moral ou légal : elle constitue un levier de richesse. Mais la mise en œuvre reste un défi. La ratification seule ne suffit pas : sans plans d’action concrets, sans ressources dédiées et sans politiques cohérentes, les personnes en situation de handicap continuent de rencontrer des obstacles significatifs. En Suisse, 1,9 million de personnes vivent avec un handicap et font face à des barrières dans leur quotidien : des logements inadaptés, des transports publics difficiles à utiliser, des services insuffisants, des difficultés à trouver un emploi ou à bénéficier d’une assistance adéquate. Dans la coopération internationale, l’accès des personnes handicapées à l’aide humanitaire et au développement n’est pas systématiquement garanti. Le principe « Leave no one behind » (ne laisser personne de côté) s’inscrit pleinement dans cette réalité. Au cœur de l’Agenda 2030 et des objectifs de développement durable adoptés par l’ONU, il rappelle que les politiques publiques et les programmes de développement doivent inclure en priorité les groupes les plus vulnérables, parmi lesquels les personnes en situation de handicap. Il engage les États à identifier et lever les obstacles qui empêchent l’accès aux droits, aux services et aux opportunités. Présente depuis

Face à ces enjeux, la sensibilisation et l’action concrète restent essentielles. C’est dans ce cadre que l’Initiative pour l’inclusion, portée par l’Association pour une Suisse inclusive, prend tout son sens. Déposée en 2024 avec plus de 107 000 signatures, elle vise à renforcer l’égalité des chances et à construire un environnement où chaque personne peut participer pleinement à la vie sociale, politique, culturelle et économique de notre pays. L’initiative défend l’autodétermination, l’accès au logement, à l’emploi, aux services et à l’assistance adaptée. Si le gouvernement propose un contre-projet sous forme de loi sur l’inclusion, les personnes concernées et les nombreuses associations alliées jugent qu’il reste incomplet et continuent de soutenir l’initiative pour transformer les principes d’égalité en actions concrètes et durables. L’inclusion est bien plus qu’un impératif moral ou légal : elle constitue un levier de richesse et d’innovation. Dans le domaine de l’architecture, des logements et espaces publics accessibles permettent à tous de participer pleinement à la vie urbaine et communautaire. Dans le domaine technologique, des solutions personnalisées, comme les aides numériques pour les personnes malvoyantes ou les prothèses intelligentes, ouvrent de nouvelles perspectives et renforcent l’autonomie. Sur le plan économique, les entreprises inclusives tirent parti de talents divers et de compétences multiples, renforçant créativité, performance et cohésion d’équipe. L’inclusion profite à l’ensemble de la société. Des transports publics accessibles aux outils numériques adaptés, des initiatives culturelles aux programmes éducatifs inclusifs, chaque action renforce la participation pleine et égale. Le handicap transcende les frontières ; les solutions existent et se développent à toutes les échelles.

Marcel Hug 12 Santé & Handicap Focus Handicap & Inclusion. Chef de projet Nathan Joulin Responsable national Pascal Buck Head of content Romandie Marie Geyer Responsable graphique Mathias Manner Graphiste Marie Geyer Journalistes Alix Senault, Marc-Antoine Guet, Océane Kasonia, SMA Image de couverture Manuel Lopez Canal de distribution Tribune de Genève et 24Heures Imprimerie DZB Druckzentrum Bern

Smart Media Agency. Gerbergasse 5, 8001 Zürich, Schweiz Tel +41 44 258 86 00 info@smartmediaagency.ch redactionFR@smartmediaagency.ch focus.swiss

Le handicap n’est pas un sujet isolé ni secondaire. Il concerne la société dans son ensemble et constitue un défi partagé. Les chiffres, les lois et les initiatives montrent l’importance d’agir ensemble pour que chaque citoyen et citoyenne, quelle que soit sa situation, puisse participer pleinement à la vie collective. La transformation des principes d’égalité en actions concrètes reste un impératif pour construire une société plus juste, plus performante et réellement inclusive, pour ne laisser personne de côté. Texte Daniel Suda-Lang, Directeur de Handicap International Suisse

Bonne lecture ! Nathan Joulin Project Manager

ANNONCE

LE CADEAU À FAIRE ? UN AVENIR SOLIDAIRE

© K. Nateel / Handicap International

Malak, 9 ans, Gaza. Une école bombardée, sa jambe droite amputée.

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www.handicap-international.ch


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#focushandicap&inclusion

Les Résidences • Brandreport 3

Les Résidences, d’une seule voix La Méridienne, la Résidence Beauregard, la Villa Mona et la Maison de la Tour : quatre lieux où le temps s’étire, où chacun peut prendre le temps de se reposer, discuter, découvrir et aimer. Ces lieux de vie, où l’accompagnement personnalisé est privilégié, sont des structures où l’accueil, le soin et l’écoute sont des maîtres mots. Tour d’horizon de ces Résidences adaptées et de leurs vocations.

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Prôner un accompagnement global et personnalisé L’un des atouts et la force du réseau que constituent Les Résidences se révèlent dans sa capacité à proposer une vision cohérente du parcours de vie des aînés. Plutôt qu’une simple succession de services standardisés, Les Résidences offrent un panel d’accompagnements sur mesure, polymorphes et adaptés aux besoins de chacun.

’accompagnement des aînés n’est ni uniforme ni linéaire : chaque personne est différente. Face à la diversité des besoins, liés à la perte d’autonomie physique, aux troubles psychiques ou à la recherche d’un environnement stimulant, Les Résidences ont construit conjointement une approche qui met le résident au cœur de chaque décision. Dans le canton de Genève, les EMS remplissent un rôle clé : celui de prendre en charge des personnes âgées, dépendantes, à la recherche d’un lieu réconfortant où couler leurs vieux jours. Dans ces établissements, il ne s’agit pas seulement d’offrir un toit et des soins, mais bien d’accompagner la vie quotidienne, les rythmes, les relations sociales et les projets personnels de chacun, avec bienveillance et empathie. Au sein des Résidences (groupement dont les entités jalonnent le parcours de vie de la personne âgée), chaque établissement conserve son identité tout en s’appuyant sur des valeurs communes : respect, autonomie, écoute et adaptation. L’objectif est à la fois simple et exigeant : que chaque personne puisse bénéficier d’une prise en charge tout en se sentant pleinement chez elle, avec ses habitudes, sa personnalité singulière et ses envies. La chaleur d’un foyer à Confignon La Résidence Beauregard, située à Confignon, offre un esprit d’accueil particulier qui se manifeste dès les premiers instants. L’hospitalité, la confiance et l’écoute sont les maîtres mots de cet établissement niché dans un environnement calme et confidentiel. Cet EMS est un lieu familial où les résidents, pour la plupart sujets à des troubles psychiques et de pertes importantes de repères, évoluent dans une atmosphère sereine et propice à la vie quotidienne en communauté. L’équipe veille à instaurer un climat de confiance visant à offrir aux résidents un véritable environnement de vie plutôt qu’un lieu médicalisé, afin que chacun se sente chez soi et puisse exprimer ses besoins et ses aspirations. L’accent est mis sur la qualité de l’hospitalité, avec des équipes dévouées apportant autant un soutien moral que des soins spécifiques. La disponibilité permanente des équipes et les activités proposées contribuent à recréer un sentiment de « chez-soi », loin de l’anonymat aseptisé des grandes structures. Ce qui compte avant tout : maintenir la dignité et la continuité des relations humaines dans un cadre rassurant et bienveillant. L’harmonie à Hermance Perché sur les hauts du village d’Hermance, au pied du site historique de la Tour médiévale, cet EMS offre un cadre unique à ses résidents, conjuguant soins individualisés et ancrage dans la vie de la communauté environnante. Ici, le temps semble s’écouler au rythme de la nature, et chaque résident est accueilli avec une attention portée à son identité propre, tout en veillant à sa santé au quotidien.

Prendre soin, c’est aider l’autre à vivre une vie remplie de sens.

L’établissement propose ainsi 51 chambres individuelles, où l’accompagnement ne se résume pas à des soins techniques, mais s’inscrit dans une démarche holistique. Les équipes soignantes et socio-culturelles, spécialisées dans l’accompagnement des personnes âgées, travaillent en étroite collaboration avec les résidents et leurs familles afin de définir, avec eux, un parcours de vie personnalisé, respectueux des choix, de l’autonomie et de la dignité de chacun.

L’ensemble des équipes (soins, animation, hôtellerie) se rend disponible et attentive, tisse des liens étroits avec les familles et organise des activités sociales et culturelles qui rythment le quotidien, dans une ambiance prônant la convivialité et le respect de l’autonomie des personnes âgées. Car laisser à chacun le choix d’être maître de sa vie, de s’épanouir et d’exprimer ses désirs, même les plus tabous, ne devrait jamais être un luxe.

C’est toute la force de la maison : offrir un soutien inconditionnel, même aux plus vulnérables, dans le respect de la convention collective de son domaine d’activité. Chaque résident dispose de sa propre chambre et d’un accès libre aux espaces communs ; salles polyvalentes, restaurant, terrasses, qu’il peut partager avec d’autres résidents ou avec ses proches. Cette intégration au tissu social local renforce un sentiment d’appartenance et de continuité, loin de la rupture souvent associée à l’entrée en institution.

Un EMS adapté aux besoins spécifiques Parmi les quatre établissements des Résidences, La Méridienne se distingue par sa vocation à répondre à des besoins plus spécifiques : accueillir des personnes adultes souffrant de troubles psychiatriques, les empêchant de vivre en société. Cette structure constitue un lieu intermédiaire entre l’hôpital et les foyers classiques et offre un encadrement médico-soignant rogressif, conçu pour accompagner les résidents vers une plus grande autonomie.

Une vie communautaire où le résident est chez lui Bienvenue à la Villa Mona, où l’approche se veut à la fois innovante et profondément respectueuse des choix individuels de chacun. Située à Thônex, cette structure ne se contente pas d’être un lieu de soins : elle propose une expérience de vie qui cherche à renforcer le sentiment, pour le résident, d’être là « chez lui », tout en offrant un encadrement sécurisant. La Villa Mona s’inscrit dans un véritable « puzzle » de solutions de vie, allant du maintien à domicile à l’accueil en EMS, avec des liens synergiques forts entre les structures afin d’assurer un accompagnement sur mesure, dédié à la santé mais aussi à l’épanouissement de chaque résident.

L’approche repose sur le concept de rétablissement, avec des projets de soins adaptés à l’évolution de chaque personne, à son propre rythme. Ce travail s’effectue en collaboration avec des psychiatres et des professionnels spécialisés, afin de permettre à chacun de retrouver les compétences sociales et pratiques nécessaires à une vie plus autonome. Ainsi, La Méridienne joue un rôle essentiel dans le parcours de soins de nombreuses personnes vivant avec des troubles psychiques, en les aidant à reconstruire leur quotidien dans un environnement humain et sécurisant, où elles peuvent retrouver confiance en elles.

Des unités temporaires de répit (UATR) aux EMS, dont un nouvel établissement - La Louvière, à Presinge - rejoindra Les Résidences au 1er janvier, en passant par des structures dites IEPA (Immeubles avec Encadrement pour Personnes Âgées) ou des résidences-services - Les Jardins de Mona - et des services d’aide à domicile spécifiques pour répondre à des besoins évolutifs (Fondation SeAD), tout est pensé pour répondre aux attentes d’une population essentielle et fragile. Chaque étape est conçue pour respecter l’identité, les habitudes et les projets de vie des personnes âgées. L’accompagnement ne se limite pas aux soins physiques : il intègre également les dimensions sociale, psychologique et relationnelle de chaque résident. « Prendre soin, c’est aider l’autre à vivre une vie remplie de sens », lit-on dans la philosophie de Les Résidences, une formule qui résume pleinement l’ambition du réseau. L’approche collaborative des équipes, regroupant soins, animation, hôtellerie et accompagnement social, de même qu’une collaboration étroite avec les structures du groupe Arsanté, permettent de répondre à la diversité des besoins sans jamais perdre de vue un principe fondamental : chaque personne demeure unique. Les activités stimulantes, les moments de convivialité et les espaces de vie adaptés sont autant d’encouragements à préserver l’autonomie, à favoriser le lien social, l’amitié, l’amour, et à maintenir une qualité de vie digne et enrichissante, à toutes les étapes de la vieillesse. Plus d’informations sur www.ems-lesresidences.ch


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Défis au quotidien

Image iStockphoto/fotografixx

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Handicap : les défis du quotidien Se déplacer librement, accéder à un emploi, vivre de manière autonome, participer à la vie sociale : ces gestes du quotidien, souvent considérés comme évidents, restent pourtant semés d’obstacles pour de nombreuses personnes en situation de handicap. Qu’il soit moteur, sensoriel, psychique ou cognitif, le handicap confronte encore aujourd’hui celles et ceux qui le vivent à des défis multiples, parfois invisibles, mais bien réels. Si les progrès sont notables, l’inclusion demeure un chantier permanent.

L

’accessibilité constitue l’un des enjeux majeurs. Dans l’espace public, les barrières architecturales persistent : trottoirs étroits, bâtiments sans ascenseur, transports insuffisamment adaptés, signalétique peu lisible…Pour les personnes à mobilité réduite, malvoyantes ou malentendantes, ces obstacles limitent l’autonomie et renforcent le sentiment d’exclusion. À domicile, l’adaptation du logement comme l’installation de rampes, l’élargissement des portes, les salles de bains sécurisées et ergonomiques, représente souvent un surcoût et un parcours administratif complexe pour obtenir une prise en charge partielle.

besoins spécifiques, crainte d’aménagements jugés coûteux… À cela s’ajoutent parfois des parcours de formation interrompus ou peu adaptés.

Pour répondre à ces défis, de nombreuses mesures ont vu le jour : normes d’accessibilité renforcées dans la construction de logements neufs et ERP, développement des transports adaptés et accessibles, aides financières pour l’aménagement des logements ou encore conception universelle visant à penser les espaces pour tous, dès l’origine. L’accessibilité n’est plus perçue comme une contrainte, mais comme un facteur de confort collectif pour une inclusivité unilatérale, pour tous.

Vivre chez soi et participer à la vie sociale Au-delà des aspects matériels, l’inclusion passe aussi par la participation sociale. Accéder à des activités culturelles, sportives ou de loisirs reste parfois compliqué, faute d’offres adaptées ou d’encadrement suffisant. L’isolement constitue alors un risque réel, notamment pour les personnes vivant seules ou souffrant de handicaps invisibles.

Le monde du travail face à l’inclusion L’accès à l’emploi reste un autre défi majeur. Malgré des compétences avérées, les personnes en situation de handicap rencontrent encore des freins à l’embauche : préjugés, méconnaissance des

Pourtant, des solutions existent et se développent. Les entreprises sont de plus en plus encouragées à adapter les postes de travail, à proposer des horaires flexibles ou du télétravail, et à sensibiliser les équipes. Les ateliers protégés, l’emploi accompagné ou les mesures de réinsertion professionnelle permettent également de construire des parcours durables, valorisant les compétences plutôt que les limitations.

De nombreuses initiatives locales œuvrent aujourd’hui à créer des environnements plus inclusifs : activités sportives adaptées, événements culturels accessibles, accompagnement social personnalisé. Ces actions favorisent le lien social, l’estime de soi et la reconnaissance de chacun comme citoyen à part entière et ayant à ce titre des droits.

Déficience visuelle : des défis au quotidien La déficience visuelle touche de nombreuses personnes en Suisse, même si elle est parfois invisible : il arrive que l’on côtoie sans le savoir des personnes concernées, et que l’on passe à côté de leur réalité quotidienne. La déficience visuelle peut apparaître brutalement ou progressivement, touche tous les âges, et devient beaucoup plus fréquente après 60 ans. Il existe diverses formes de déficience visuelle, chacune ayant un impact sur le quotidien des personnes concernées. Parmi les principales : – La vision floue : les contours deviennent imprécis, les couleurs ternes, la lumière peut éblouir. La personne perçoit le contexte général, mais plus les détails. Lire ou se déplacer devient difficile. – La DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) : elle touche le centre de la rétine, altérant la vision centrale. Les images apparaissent effacées ou déformées, tandis que la vision périphérique reste fonctionnelle mais floue. L’accès à l’information devient alors compliqué. – La vision tubulaire : la personne voit comme à travers le trou d’une serrure. Les déplacements

deviennent dangereux, avec un éblouissement important et une gêne dans la pénombre. La recherche d’informations est longue et fatigante. Vivre avec une déficience visuelle demande un effort d’adaptation constant. Avec un accompagnement adapté, les personnes concernées peuvent rester autonomes. L’ABA les soutient activement dans leur quotidien, notamment via ses prestations d’ergothérapie spécialisée (moyens et stratégies pour faciliter les activités courantes, adaptation du poste de travail, sécurisation des déplacements). Vers une société plus inclusive Améliorer l’inclusion des personnes en situation de handicap ne relève pas uniquement de mesures techniques ou légales. Il s’agit avant tout d’un changement de regard. Reconnaître la diversité des besoins, écouter les personnes concernées et construire des solutions avec elles sont des conditions essentielles pour avancer. Si les défis restent nombreux, les avancées montrent qu’une société plus accessible et plus inclusive est possible. Une société où l’autonomie, la dignité et la participation de chacun ne sont plus des exceptions, mais des droits pleinement reconnus. Texte SMA

Brandreport • Habicap

22 ans de made in France, 22 ans de cœur Née de la rencontre d’Anne-Marie Bouzon et Annick Guené en 2003, Habicap, implantée dans le Sud de la France près d’Avignon, a su créer un savoir-faire unique dans les vêtements adaptés sur-mesure. Depuis deux ans, Muriel Sembelie a repris le flambeau, fidèle à l’esprit d’innovation et de qualité de l’atelier.

Muriel Sembelie Gérante-Associée, Habicap

Muriel Sembelie, vous reprenez Habicap après un parcours dans l’économie et l’impact. Pourquoi vous êtes-vous engagée ici ? Un véritable coup de cœur. En visitant l’atelier, j’ai tout de suite été touchée par l’énergie de l’équipe. Les fondatrices avaient transmis une culture très forte : la solidarité entre les couturières, la précision du geste, l’envie d’aider concrètement les personnes en situation de handicap. Je venais du conseil et de la finance à impact ; ici je retrouve le sens dans la matière, dans le travail manuel, dans quelque chose de profondément utile.

Quels sont aujourd’hui les fondements du savoir-faire d’Habicap ? Nos clientes et nos clients ont souvent des morphologies très spécifiques : pathologies neuromusculaires, position assise prolongée, appareillages… Chaque pièce demande une écoute fine et un travail d’ajustement qui ne peut pas être industrialisé. C’est une couture extrêmement technique. Les couturières sont la colonne vertébrale de l’entreprise : leur expertise, c’est notre premier capital. Elles savent traduire une contrainte médicale en solution textile, parfois en inventant des dispositifs qui n’existaient pas la veille. Comment faites-vous évoluer l’offre dans un domaine où les besoins sont si variés ? L’innovation naît du terrain. Ce sont les clients qui nous signalent des manquements, et l’équipe qui imagine la réponse. Nous allons structurer ce fonctionnement avec Habicap Lab en 2026 : une plateforme participative où chacun pourra proposer des améliorations. Le fait de maîtriser toute la chaîne, du patronage à la confection, nous permet d’altérer rapidement. De plus, nous travaillons avec des matières européennes très qualitatives, indispensables pour les peaux fragiles.

Quelle trajectoire souhaitez-vous donner à Habicap dans les prochaines années ? Une croissance maîtrisée, jamais au détriment de la relation humaine. Nous ouvrons à l’international : Suisse, Belgique, Espagne, et deux pop-up stores verront le jour en 2026 pour permettre des essayages. Mais l’atelier restera au centre du modèle : c’est lui qui garantit la qualité, la réactivité et la dignité du travail. Et l’équipe, toujours, restera la première richesse d’Habicap. Interview Océane Kasonia Vous insistez beaucoup sur la création et le partage de la valeur. Comment cela se traduit-il dans une petite structure ? Créer de la richesse fait partie de la responsabilité de l’entreprise, mais la redistribuer au plus près de celles et ceux qui la produisent est tout aussi essentiel. La couture est un métier d’expertise et de patience : elle mérite reconnaissance. Nous voulons consolider l’emploi local, investir dans la formation interne, et partager davantage la valeur créée. C’est une vision économique, mais aussi éthique.

Plus d’informations sur habicap.fr


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Publireportage

Retrouver la vue en 15 minutes

talmologiques, ainsi que des interventions extérieures à des fins de dépistage précoce. CBM soutient en outre la formation de spécialistes sur place.

Dans les régions défavorisées, des millions de personnes sont aveugles faute de pouvoir financer le traitement nécessaire.

L’an dernier, les donatrices et donateurs de CBM ont permis de réaliser 103 000 opérations de la cataracte.

Ses fils Buddha (9 ans) et Chanas (5 ans) ont perdu la vue très tôt. Par la suite, Goma Bista (27 ans) risquait elle-même de perdre la vue, aggravant encore son inquiétude : « Que deviendront mes enfants ? Ils ont besoin d’aide 24 heures sur 24. »

Offrez la vue Engagez-vous à nos côtés pour un monde où la pauvreté n’est plus une cause de cécité. Dès 50 francs, vous financez une opération de la cataracte.

Goma Bista a longtemps ignoré que la cécité de ses fils pouvait être guérie. Mais cette femme seule vivant dans la pauvreté n’aurait de toute manière pas pu réunir les fonds nécessaires à l’opération salvatrice.

Des millions de personnes sont dans la même situation que cette mère et ses enfants : 80 % des cas de cécité dans le monde pourraient être évités si les fonds nécessaires étaient disponibles. Quelque 17 millions des 43 millions de personnes aveugles ont perdu la vue en raison de cette pathologie. La cataracte est la cause de cécité la plus fréquente dans le monde, bien qu’elle puisse être corrigée par une intervention chirurgicale de 15 minutes. La majorité des personnes aveugles vivent dans des pays défavorisés. La cataracte y touche aussi les enfants. Ses causes peuvent être la malnutrition ou l’hérédité. Il est crucial que les enfants soient traités à temps. Une aide globale qui change des vies Sur les conseils de son entourage, Goma Bista, accompagnée de son frère, se rend avec Buddha et Chanas à la clinique ophtalmologique de Biratnagar, soutenue par CBM. L’ophtalmologue leur diagnostique

© CBM Global

La cataracte, cause la plus fréquente de cécité

Faites un don. cbmswiss.ch/cataracte

Le grand moment : la vue revient. à tous les trois une cataracte bilatérale. Ils sont opérés du premier œil peu après. L’autre œil suivra dans quelques semaines. « Ce moment signifie tout pour moi », déclare Goma Bista, bouleversée après l’intervention. Sa peur pour l’avenir de ses fils a laissé place à l’espoir d’une vie digne et autonome.

CBM Mission chrétienne pour les aveugles est une organisation de développement chrétienne active au niveau international. Elle apporte son soutien à des personnes en situation de handicap et prévient les handicaps évitables dans les régions défavorisées.

Dans le cadre de ses projets ophtalmologiques, CBM permet aux familles vivant dans la pauvreté de bénéficier de traitements. Elle finance aussi la construction et le développement de cliniques oph-

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ASA-HM • Brandreport 7

Changer le regard pour changer la société

ASA-HM oeuvre pour une pleine participation sociale des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. À travers ses trois programmes : Droits & Participation, Mir’arts et Tu es canon, l’association renforce leur pouvoir d’agir et change le regard sur le handicap.

C

onstruire une société inclusive demande bien plus que des bonnes intentions : c’est un engagement concret et quotidien. C’est la mission qu’ASA-HM porte depuis des années en Suisse, en encourageant la participation sociale des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. « Notre mission est simple à énoncer, mais ambitieuse à mettre en œuvre : garantir le respect de leurs droits et leur permettre de participer pleinement à la société », souligne Anne-Sophie Kupper, responsable du programme Droits & Participation. Pour y parvenir, l’association agit sur trois fronts complémentaires : les droits, l’art et la mode. Ces axes sont incarnés par ses programmes phares : Droits & Participation, Mir’arts et Tu es canon, qui ont tous un point commun : inviter les personnes concernées au cœur des projets. « Nous mettons systématiquement en avant leur expertise et leur pouvoir d’agir, individuellement et collectivement », poursuit Anne-Sophie Kupper.

C’est permettre à chacun d’être autonome, de participer pleinement à la vie collective et de faire ses propres choix de vie.

– Anne-Sophie Kupper, responsable du programme Droits & Participation

Les clés du changement L’engagement d’ASA-HM repose sur trois valeurs cardinales. La première, l’empowerment, consiste à donner aux personnes concernées les moyens d’exprimer leurs ressources, de connaître leurs droits et d’influencer leur vie. La seconde, la co-construction, vise à intégrer leur point de vue au cœur des projets. « Leur créativité enrichit nos pratiques et plus largement la société », rappelle la responsable. Enfin, l’innovation : développer des outils, des formations et des pratiques qui répondent aux besoins réels, tout en bousculant les représentations du handicap.

Mir’arts : relever le talent des artistes Deuxième axe d’action, Mir’arts accompagne une vingtaine d’artistes issus de différents cantons. Leur pratique s’exprime à travers le dessin, la peinture, la céramique, l’installation ou encore la sculpture avec des matériaux hétéroclites. « Nous représentons une interface entre les artistes, les ateliers où ils et elles travaillent, les lieux culturels et le public », explique Teresa Maranzano, responsable du programme. L’objectif : offrir un cadre professionnel, des opportunités d’exposition et une véritable reconnaissance. Mir’arts soutient la production, met en relation les artistes avec des lieux d’exposition, s’occupe de la diffusion, des droits d’auteur ou de la communication. L’exemple récent de l’artiste lausannois Diego De Mauri illustre la portée du programme : exposition à Vevey, portraits photographiques, podcast, carnet de cartes postales et acquisition d’une œuvre par un collectionneur. « C’est un accompagnement global, qui met en valeur son talent et lui ouvre des perspectives », souligne Teresa Maranzano.

Malgré ces avancées, des obstacles persistent. Les préjugés d’abord, qui restent « un frein majeur à la participation ». Ensuite, le manque d’information : « Pour que la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) soit réellement appliquée, il faut que les personnes concernées puissent la connaître, la comprendre et la défendre. La formation est un passage indispensable. » Enfin, l’accessibilité, notamment de l’information, demeure encore très insuffisante dans de nombreux secteurs.

Tu es canon: révolutionner la mode par l’inclusion Troisième pilier, Tu es canon repense la mode pour la rendre accessible, représentative et inclusive. « Les personnes vivant avec un handicap veulent affirmer leur style, comme tout le monde. Elles comprennent les codes de la mode et savent les interpréter », insiste Teresa Maranzano qui développe ce programme avec Elisa Fulco.

Un cadre pensé pour toutes et tous Pour ASA-HM, l’inclusion n’est pas un concept abstrait. Une société inclusive, explique l’association, est une société qui pense ses services, ses produits, sa culture, son urbanisme et sa communication avec les personnes concernées. « C’est permettre à chacun d’être autonome, de participer pleinement à la vie collective et de faire ses propres choix de vie », souligne Anne-Sophie Kupper.

La mode inclusive adapte les vêtements aux morphologies, aux prothèses, à la motricité ou aux besoins cognitifs. Fermetures simplifiées, coupes réinventées : tout est pensé pour permettre davantage d’autonomie sans renoncer à l’élégance. L’enjeu est aussi esthétique et politique : renouveler les représentations médiatiques du handicap.

Or, aujourd’hui encore, « l’obstacle principal consiste à devoir systématiquement s’adapter à une société conçue par et pour des personnes valides ». D’où l’importance de sensibiliser le grand public, afin de valoriser les compétences, les talents et les réalités des personnes vivant avec une déficience intellectuelle.

Les collaborations se multiplient avec des designers. Le collectif Tu es canon a été lauréat des Swiss Design Awards 2025 dans la catégorie médiation, une reconnaissance forte. « Monter ensemble sur scène pour recevoir le prix fut un moment de grande fierté », confie Teresa Maranzano. Parmi les temps forts : voir Amaya Canton Rodriguez sur le catwalk au défilé de la HEAD-Genève, ou encore les échanges enrichissants entre les membres du collectif et les jeunes designers de l’école.

Droits & Participation : former et faire entendre les voix Le premier programme, Droits & Participation, s’articule autour de formations destinées aux personnes concernées mais aussi aux professionnels. Ces formations sur la CDPH, les droits politiques ou l’auto-représentation sont co-animées par un duo composé d’une formatrice professionnelle et d’une co-formatrice ou d’un co-formateur auto-représentant. L’association utilise un matériel pédagogique en langage simple (FALC), visuel et concret. Un kit encore plus accessible, destiné aux personnes n’ayant pas accès à la lecture, est en cours de développement. Au-delà de la transmission, ASA-HM soutient la création de groupes d’auto-représentants. « Ces groupes permettent de s’exprimer, de partager leurs expériences et de défendre leurs droits », explique Anne-Sophie Kupper. Les résultats sont tangibles : dans le canton de Vaud, plusieurs participant·es ont réussi à faire valoir leurs demandes auprès d’institutions, notamment pour vivre de manière plus autonomes ou récupérer leurs droits politiques. « Contrairement aux préjugés, nous avons rencontré des personnes très informées, avec des opinions politiques claires », insiste-t-elle.

Mais les avancées restent fragiles. Le refus récent du canton de Vaud d’accorder le droit de vote à toutes les personnes sous curatelle de portée générale illustre encore la résistance sociétale. Pour faire évoluer les mentalités, ASA-HM multiplie les collaborations, comme sa participation au projet de l’UNIL « Chemins de l’inclusion », qui associe archives audiovisuelles et réflexions de personnes concernées.

ASA-HM Rue des Savoises 15 1205 Genève +41 22 792 48 65 info@asahm.ch www.asahm.ch www.asahmfalc.ch www.tu-es-canon.ch

©Morgan Carlier, HEAD-Genève


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Interview • Marcel Hug

Marcel Hug

Au-delà des médailles : rencontre avec le « Bolide argenté »

Champion paralympique suisse et figure emblématique de l’inclusion, Marcel Hug, le « Bolide argenté », se confie avec sincérité sur sa carrière, ses valeurs et sa vision du handicap. Au-delà des records et des médailles, c’est un message d’humanité, de résilience et de liberté qu’il souhaite partager. Interview Océane Kasonia Image Manuel Lopez Marcel Hug, vous avez commencé la compétition très jeune. En repensant à vos premières années en athlétisme, quel moment vous a fait croire pour la première fois que vous pourriez atteindre le niveau mondial ? Il n’y a pas eu un moment unique, c’était progressif. Mais je me souviens des premières fois où je pouvais suivre des athlètes élites plus âgés, à l’entraînement ou en compétition. Le fait que des gens me disent que j’avais du talent m’a bien sûr aidé. Mais c’était ce sentiment de savoir que mon corps pouvait faire ce que mon esprit croyait déjà qui m’a donné une véritable certitude.

Un rêve ou projet en dehors du sport que les gens ne soupçonnent pas chez vous ? Sportivement, j’ai eu la chance de réaliser de nombreux rêves. Personnellement ? Je souhaite simplement rester en bonne santé et trouver, après ma carrière, quelque chose qui m’accomplisse autant que le sport le fait aujourd’hui. Vous avez inspiré des millions de personnes. Quel héritage aimeriez-vous laisser, non pas en tant que champion paralympique, mais en tant qu’humain ? L’idée d’un héritage est honnêtement intimidante, cela paraît si définitif, si monumental. Je ne cherche pas à construire un héritage. J’essaie simplement de vivre de manière authentique chaque jour, de suivre ma passion, de traiter les autres avec respect. Si l’on se souvient de moi avec affection à la fin de mes jours, si j’ai peut-être laissé une empreinte positive chez une ou deux personnes, ce serait plus que je ne pourrais espérer. Être rappelé non comme un champion, mais comme un être humain qui a essayé de vivre avec décence, ce serait un bel héritage.

On vous appelle souvent le « Bolide argenté ». Comment vous identifiez-vous à ce surnom aujourd’hui ? C’est devenu plus qu’un surnom, c’est comme ma persona de compétition. Quand j’enfile mon casque, c’est le déclic : Marcel s’efface, le Bolide argenté prend le relais. Cela signifie qu’il est temps de se battre. Après des décennies de victoires, de records et de médailles paralympiques, qu’est-ce qui continue de vous motiver lorsque vous prenez le départ d’une course ? La conviction que je n’ai pas encore terminé. Pour mon record du monde de marathon, je suis certain qu’il y a encore des secondes à gagner. Chaque séance d’entraînement me révèle de nouveaux détails à optimiser. Mais honnêtement, c’est surtout la passion pure. Le privilège de faire professionnellement ce que j’aime, d’apprendre tant de choses grâce au sport et de pouvoir vivre de grandes nouvelles expériences.

Portrait chinois Si vous étiez un voyage ? Un voyage simple mais conscient à travers la nature suisse, le long de lacs scintillants, devant des montagnes majestueuses, en dormant à la belle étoile. Sans hâte, sans destination autre que le chemin lui-même. Un voyage où l’on entend le silence, où chaque moment compte, et non l’arrivée.

La perception du handicap a évolué au fil des années. Selon vous, quelles idées reçues persistent encore aujourd’hui ? La confusion la plus persistante est l’équation automatique : handicap = souffrance. Je rencontre souvent l’idée, exprimée ou non, que ma vie doit être fondamentalement plus dure, plus triste, moins épanouie. Oui, il y a des moments difficiles, des situations compliquées. Mais qui n’en a pas ? Vous n’êtes pas seulement un champion, vous êtes aussi un symbole d’inclusion. Que signifie « inclusion » pour vous, au-delà des stades ? Je résiste en fait à être vu personnellement comme un symbole, cela me semble trop grand. Je suis juste quelqu’un qui aime le sport et qui se trouve être en fauteuil roulant. Mais le sport lui-même est inclusif. Il crée quelque chose d’universel : quand les gens s’entraînent, rivalisent, transpirent, souffrent et célèbrent ensemble, les différences disparaissent. Soudain, il ne s’agit plus de savoir qui a quel handicap ou d’où quelqu’un vient. Il s’agit de performance, de passion, de respect. Cette puissance du sport va bien au-delà des stades.

Une couleur ? Argenté, pas seulement à cause de mon surnom. L’argent est lumineux, reflète les autres couleurs sans les dominer. Il absorbe, reflète, s’adapte. Pourtant il a sa propre élégance, une force tranquille. C’est ainsi que je veux être : présent mais pas imposant. Réfléchissant, non absorbant.

La personne qui va travailler chaque jour malgré son handicap, qui gère sa famille, qui poursuit ses rêves, ces histoires parlent de notre humanité commune.

– Marcel Hug, Champion paralympique suisse

Selon vous, quel rôle les athlètes élites en situation de handicap jouent-ils dans le changement des mentalités ? Le sport a ce pouvoir unique de changer les attitudes, que l’on soit en fauteuil ou non. La performance élite attire l’attention, ouvre des portes, brise les préjugés. Mais les histoires du quotidien, plus discrètes, sont tout aussi importantes. La personne qui va travailler chaque jour malgré son handicap, qui gère sa famille, qui poursuit ses rêves, ces histoires parlent de notre humanité commune. Elles montrent : nous luttons tous, nous avons tous des objectifs, nous cherchons tous l’épanouissement. Ces récits nous relient plus que n’importe quelle médaille d’or.

Si vous pouviez influencer une innovation dans les technologies sportives adaptées, laquelle serait-ce ? Je n’ai pas d’idée précise en matière d’inclusion. Mais en tant qu’athlète, il y a un manque technique qui me frustre : dans le sport du fauteuil de course, nous ne pouvons pas mesurer la puissance effective en watts. En cyclisme, c’est standard depuis longtemps, les athlètes savent exactement combien de puissance ils produisent. Pour nous, cela reste un mystère. Si nous pouvions changer cela, cela révolutionnerait notre sport, tant pour l’entraînement que pour comprendre ce que nous accomplissons réellement.

La technologie des fauteuils a beaucoup évolué. Comment équilibrez-vous entraînement, mental et matériel pour atteindre l’excellence ? Ces trois facteurs sont comme un trépied, si un pied vacille, tout s’effondre. Le meilleur équipement ne sert à rien sans fondation physique et force mentale. À l’inverse : je peux m’entraîner jusqu’à l’épuisement, mais si mon fauteuil n’est pas réglé de manière optimale ou si je suis bloqué mentalement, des secondes s’envolent. Dans le sport d’élite, il s’agit de perfection dans tous les domaines. Mon corps est le moteur, mon esprit le pilote, le fauteuil le véhicule, ce n’est que lorsque les trois s’harmonisent que naît l’excellence.

Selon vous, quels petits changements dans l’environnement quotidien auraient le plus grand impact sur l’indépendance de tous ? L’indépendance commence dans notre esprit. La manière dont nous pensons à nous-mêmes et à notre société façonne cette société. Oui, il existe des circonstances données ; bâtiments, infrastructures, systèmes. Mais nous avons généralement la liberté de décider comment nous les abordons, comment nous réagissons, quelles solutions nous trouvons. Cette liberté mentale, cette autodétermination intérieure, c’est cela la vraie indépendance. Lorsque nous apprenons à penser avec flexibilité, à gérer les obstacles de manière créative, nous gagnons une forme de liberté que personne ne peut nous enlever.

Les gens voient souvent les athlètes comme invincibles. Y a-t-il un moment de vulnérabilité dans votre vie ou carrière qui a profondément façonné la personne que vous êtes aujourd’hui ? Mon handicap lui-même a été mon plus grand professeur en matière de vulnérabilité. J’ai grandi avec, il m’a façonné dès le début. Il m’a montré à plusieurs reprises : tu n’es pas indestructible, tu as des limites, tu es vulnérable. Mais c’est précisément cette prise de conscience qui m’a rendu plus fort. Elle m’a appris que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais une part de l’être humain. Le sport a approfondi cette leçon, m’enseignant sans cesse à accepter la défaite avec la même dignité que la victoire. Cet équilibre, cette humilité devant la vie, cela a façonné qui je suis. Quelle est la leçon la plus précieuse que le handicap vous a enseignée sur l’humanité ? Que nous sommes tous fragiles. Chacun traverse des phases difficiles, lutte avec ses propres défis, fait de son mieux selon sa situation. C’est profondément individuel. Certains grandissent de leurs difficultés, d’autres s’écroulent, et les deux sont légitimes. Ce n’est pas à moi de juger le fardeau d’un autre ni d’évaluer comment quelqu’un mène ses combats. Ce que j’ai appris : l’empathie commence par comprendre que chacun mène ses guerres invisibles. Nous sommes différents dans nos capacités, mais égaux dans notre vulnérabilité.

Un son ? J’aimerais en réalité une playlist, l’énergie a de nombreuses facettes ! Mais si je devais choisir un son : le rythme de la respiration ou le bruit des vagues. Les deux symbolisent pour moi l’énergie; constante, vivante, puissante, mais aussi apaisante. Un flux éternel. Un élément naturel ? L’eau. En surface, il peut y avoir du mouvement, petites ou grandes vagues selon les circonstances, le vent, la météo. Mais en dessous, il y a cette profondeur, ce calme, tout un paysage caché que personne ne voit. L’eau s’adapte, trouve toujours son chemin, peut être douce ou puissante. Elle porte et relie. C’est le caractère auquel j’aspire. Une valeur ? La gratitude et l’humilité. Gratitude pour ce que j’ai, pour les opportunités reçues, pour les gens autour de moi. Humilité devant la vie, mes semblables, mes succès et mes défaites. Ces deux valeurs m’ancrent, me rappellent que rien n’est acquis. Une saison ? L’automne. Je pense être dans l’automne de ma carrière sportive, les couleurs sont intenses, l’air est clair, c’est un temps de maturité et de récolte. Il y a une certaine mélancolie, la conscience qu’un cycle touche à sa fin. Mais aussi la certitude : après l’automne vient un nouveau printemps, sous une forme différente. Un mouvement ? Mon nom de famille est Hug (qui signifie « câlin » en anglais), alors je suppose que c’est un bon geste pour traverser le monde. Un mot ? Paisible ou calme. Non pas au sens d’immobile, mais au sens de tranquillité intérieure, d’équilibre. Maintenir cette paix intérieure dans le bruit du monde, dans l’agitation de la compétition.


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Double championne du monde 2025 para-cyclisme route Ambassadrice de la Chambre

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PUBLIREPORTAGE

Être sourdaveugle

Un double handicap méconnu qui touche les enfants et les personnes âgées.

La surdicécité est un double handicap méconnu, qui combine perte ou absence de l'audition et de la vue. Elle rend la communication et la compréhension du monde extérieur extrêmement difficiles et crée un isolement social. La déconnexion avec l’entourage, l’incapacité à interagir de manière fluide, génère souffrance et désespoir. La surdicécité, qui apparaît dès la naissance chez certains enfants ou avant le développement du langage, les confronte à des déficiences sensorielles multiples qui ne leur permettent pas de comprendre leur environnement. Ils sont souvent mal compris et privés d’un accompagnement adapté. Leur monde devient incompréhensible et menaçant. Ils ont besoin d’un soutien adapté pour sortir de l'isolement et le repli sur soi, développer leur langage et leur intelligence, comme tout autre enfant.

Au cœur de l’accompagnement des personnes sourdaveugles : l’action de FRSA en Suisse romande Depuis sa création, il y a 25 ans, la Fondation Romande en faveur des personnes sourdaveugles s'est développée et a pu compter sur ses donatrices et donateurs. Aujourd'hui, Action FRSA, pionnière dans le soutien et l'accompagnement des personnes sourdaveugles et sourdes avec des handicaps associés, par son expertise et son centre de compétence, amène des solutions adaptées aux enfants et aux jeunes adultes, afin de briser leur isolement et développer leur intelligence. En effet, ils sont souvent assimilés au handicap mental et leur accompagnement ne répond pas à leurs besoins spécifiques.

Elles ne peuvent pas vivre seules: votre don est essentiel. Soutenir Action FRSA, c’est aider les personnes sourdaveugles à gagner en autonomie, à participer à la société, et à briser leur isolement. Grâce à vous, elles ont accès à la communication, à l’information et à la mobilité dans leurs déplacements. Merci de leur offrir une meilleure qualité de vie. Scannez-moi pour faire un don Action FRSA Fondation Romande SourdAveugles

Avenue du Crochetan 33 – CH 1870 Monthey Tél. +41 24 472 19 09 – info@frsa.ch – www.frsa-sourds-aveugles.ch IBAN CH41 8080 8005 1020 7530 3

« C'est grâce à un accompagnement spécialisé que j'ai appris une grande partie de ce que je sais faire aujourd'hui. Me déplacer, m’informer, utiliser un smartphone, faire mes courses, me renseigner, communiquer avec des personnes qui ne parlent pas la langue des signes française... Maintenant que j'ai appris toutes ces choses, je suis beaucoup plus autonome. Mais, j'ai encore besoin d'aide si je dois me déplacer le soir ou faire des tâches administratives. Je peux compter sur mes accompagnants. Je suis serein et la vie que j’ai à Monthey, c’est le mieux pour moi. J’ai envie de dire merci aux donateurs de Action FRSA.»

Paul, accompagné depuis plus de 20 ans par la FRSA publireportage.indd 1

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Une réalité qui peut toucher

Les personnes que vous aimez peuvent disparaître soudainement

chacun d’entre nous. La déficience visuelle s’installe parfois sans prévenir. Les visages familiers deviennent flous, certains gestes quotidiens demandent plus d’efforts, l’autonomie nécessite de nouvelles stratégies. Cette réalité, en constante évolution, peut survenir à tout âge, et concerne particulièrement les personnes de plus de 60 ans. Depuis 125 ans, l’Association pour le Bien des Aveugles et malvoyants (ABA) œuvre pour améliorer la qualité de vie, l’autonomie et l’inclusion des personnes déficientes visuelles à Genève. Avec 50 professionnels et plus de 120 bénévoles, l’ABA défend leurs droits et les accompagne au quotidien.

Votre soutien peut tout changer ! En faisant un don ou en prévoyant un legs à l’ABA, vous contribuez directement à améliorer la vie des personnes aveugles ou malvoyantes, ainsi que celle de leurs proches.

Merci de votre générosité.

Simulation d’une perte de la vision périphérique. La personne affectée voit comme si elle regardait à travers un tube.

www.abage.ch Publireportage – Réalisation EtienneEtienne

Votre don permet aux personnes aveugles et malvoyantes de mener une vie autonome. Fédération suisse des aveugles et malvoyants sbv-fsa.ch/fr

Compte pour vos dons CH08 0900 0000 1000 2019 4

La fsa est titulaire du label de qualité Zewo.


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12 Santé & Handicap

Au cœur de l’accompagnement personnalisé Chaque patient, chaque personne accueillie, chaque élève, a ses besoins, en particulier lorsque des pathologies touchent à l’autonomie et à l’identité. Le respect, la bienveillance et l’adaptation des thérapies à chaque problématique sont essentiels. À chaque étape de la vie, enfants et adultes ont besoin d’un soutien particulier. Des institutions proposent ces services, comme l’Institution de Lavigny, qui intervient dans de nombreux domaines, allant du soin à l’hébergement en passant par des ateliers adaptés et l’accompagnement scolaire.

L

es accidents de la vie, les pathologies lourdes, les suites d’une maladie ou d’un AVC peuvent laisser des traces et des handicaps sérieux, visibles ou invisibles aux patients, qui doivent alors tout réapprendre. La neuroréhabilitation est alors nécessaire pour aider à la réadaptation des affections du système nerveux à la suite d’une maladie ou d’un accident. Avec les patients, le personnel spécialisé offre une prise en charge adaptée comprenant notamment un suivi médical infirmier et thérapeutique, des évaluations interdisciplinaires régulières et une stimulation dans les activités de la vie quotidienne. Lors de thérapies spécifiques, le patient est accompagné dans le réapprentissage de ses facultés afin de retrouver le niveau d’autonomie et de sécurité le plus élevé possible, en vue d’un retour à domicile et d’une vie la plus proche de celle d’avant. Un environnement stimulant et rassurant Dans le département Hébergement, le handicap, qu’il soit moteur ou psychique, est au cœur de l’expertise. Un accompagnement éducatif spécialisé est proposé au sein de structures adaptées, situées sur le site de Lavigny ou en centre-ville pour les résidents les plus autonomes. Ces résidences offrent des solutions évolutives en fonction de la situation et de l’état de santé, avec des chambres individuelles et des espaces collectifs (salon, salle à manger, salle de détente) favorisant à la fois l’intimité et la vie communautaire. En complément, chacun peut participer à des activités variées : ateliers professionnels adaptés, développement personnel, loisirs ou vacances. Des dispositifs spécifiques permettent également aux personnes atteintes de déficience intellectuelle ou en perte d’autonomie liée à une maladie neurologique de trouver leur place dans des environnements pensés pour leurs besoins. ANNONCE

complet, alliant professionnalisme et chaleur humaine. Chaque personne est au cœur de la mission : soigner, accompagner et redonner confiance.

L’importance de l’écoute et du suivi sur mesure est la clé pour les établissements et instituts spécialisés dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Au sein du secteur d’activités de jour, chaque résident bénéficie de programmes adaptés à ses aptitudes et à ses envies. Parmi ces initiatives, les activités physiques adaptées (APA) occupent une place centrale. Pensées pour mobiliser les capacités plutôt que de se focaliser sur les limitations, elles mettent le corps, le mouvement et la motricité au cœur de la réadaptation. Gymnastique douce ou aquatique, escalade sur mur, randonnées équestres : autant de moments qui permettent de retrouver confiance, plaisir et sensations nouvelles. À cela s’ajoutent des fêtes à thème, des sorties et des jeux collectifs, favorisant les échanges et l’intégration sociale. Les ateliers adaptés offrent la possibilité d’exercer une activité lucrative en lien avec les capacités de chacun. Art floral, fabrication de bougies, savons ou pâtisseries : des créations vendues sur place et sur divers marchés, qui donnent du sens et valorisent le savoir-faire.

Un lieu de vie et de soins unique dans le canton de Vaud Depuis 2008, Plein Soleil fait partie intégrante de l’Institution et se distingue par son approche globale et humaine. Plein Soleil décline sa mission dans quatre structures spécifiquement adaptées : un EMS, un centre d’accueil temporaire, un centre ambulatoire de neuroréadaptation et des logements protégés. L’établissement accueille des personnes touchées par des atteintes neurologiques et leur offre des soins ainsi qu’un accompagnement personnalisé, prenant en compte leurs besoins médicaux, sociaux, spirituels et hôteliers. Les équipes pluridisciplinaires composées notamment de thérapeutes spécialisés travaillent en partenariat avec les proches pour offrir un soutien

Une école pour apprendre autrement La Passerelle est une école innovante pour les élèves de 4 à 20 ans, confrontés à des difficultés de développement ou d’apprentissage. Elle offre une pédagogie adaptée, en collaboration avec les enseignants et les parents. L’accompagnement global inclut la formation scolaire, des interventions thérapeutiques et un suivi éducatif personnalisé. Les équipes sont composées d’enseignants spécialisés, d’éducateurs, de logopédistes, de psychologues et de psychomotriciens. L’objectif est de renforcer la confiance en soi et les compétences des élèves, essentielles pour leur autonomie. Le Plan d’études romand est suivi avec une approche plurielle, permettant à chaque élève de progresser à son rythme et de retrouver le plaisir d’apprendre. L’école prépare les jeunes à l’épanouissement personnel et à la vie professionnelle. L’importance de l’écoute et du suivi sur mesure est la clé pour les établissements et instituts spécialisés dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Face aux nombreuses solutions d’encadrement proposées, la clé réside dans la recherche d’une réponse adaptée aux besoins de chacun et d’accéder au mode de prise en charge idéal. Dépasser son handicap ou sa maladie, c’est aussi prendre le temps de s’épanouir, de se changer les idées et de partager des moments de convivialité en communauté. Texte SMA


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Association Le Foyer • Brandreport 13

Arun et César, deux trajectoires en guise d’exemple À Lausanne, l’association Le Foyer accompagne depuis 125 ans des personnes en situation de handicap en construisant pour chacune un projet de vie individualisé. Portée par des équipes engagées et un réseau de partenaires solides, l’institution a développé une véritable expertise de l’inclusion. Deux trajectoires emblématiques, celles d’Arun et de César, illustrent la portée concrète de cet engagement.

Nadir Benaïssa Directeur adjoint, Association Le Foyer

I

mplantée à Lausanne, l’association Le Foyer fête cette année ses 125 ans. Une longévité rare dans le paysage social suisse, qui témoigne d’un ancrage profond auprès des personnes en situation de handicap et de leurs familles. Historiquement, Le Foyer fut la première institution du pays dédiée aux personnes aveugles ou malvoyantes présentant une déficience intellectuelle. Une époque où les termes employés pour qualifier ces publics reflétaient une vision aujourd’hui dépassée du handicap ; l’évolution de l’institution raconte aussi celle du regard que la société porte sur ces personnes. Cette année anniversaire a été célébrée avec une série d’événements imaginés avec et pour les résidents : un grand brunch réunissant plus de 300 familles et partenaires, un concert d’Alain Morisod choisi par les résidents eux-mêmes, une sortie au cirque, une semaine bien-être, sans oublier une cérémonie officielle en présence de représentants de l’État, animée avec humour par Thomas Wiesel. La fête se conclura le 18 décembre par une célébration de Noël, ultime volet d’une année symbolique. L’institution, en 125 ans, s’est progressivement diversifiée. Répondant à la demande des familles, l’Association a créé une structure pour élèves avec autisme ; en 1997, en collaboration avec l’association Autisme Suisse Romande, elle a ouvert la première école spécialisée pour enfants autistes âgés de quatre à 16 ans. Depuis les années 2010, Le Foyer accueille aussi de jeunes adultes autistes dans le cadre de l’hébergement. Et depuis près de huit ans, l’institution s’est spécialisée dans l’accueil de situations dites complexes, avec une montée en compétence ciblée de ses équipes pour répondre aux besoins spécifiques de ces nouveaux profils. Aujourd’hui, Le Foyer compte plus de 320 collaborateurs et accompagne environ 130 bénéficiaires, mineurs et adultes confondus. Une dimension qui permet à l’association de développer une offre complète : enseignement spécialisé, hébergement, activités de jour, accueil temporaire (SAT), loisirs et vacances, ainsi qu’une structure dédiée aux adolescents autistes, la Strada. Nadir Benaïssa, un parcours au service des autres Directeur adjoint depuis novembre 2024, Nadir Benaïssa incarne cette dynamique d’évolution. Arrivé il y a six ans comme éducateur remplaçant sur la structure pour adolescents autistes, il a ensuite accompagné deux situations complexes en individuel,

travaillé dans des secteurs de vie généralistes pendant la période Covid, puis pris la responsabilité d’un secteur éducatif en 2022. L’année suivante, il intègre un secteur TSA pour jeunes adultes autistes, avant de rejoindre la direction. Sa fonction actuelle s’articule aujourd’hui autour des activités de jour : ateliers à vocation socialisante (cannage, vannerie, paillage, mise sous pli) et centres de jour. Le premier volet développe des productions artisanales valorisées dans les magasins et sur des marchés auxquels les résidents participent aux côtés des maîtres socioprofessionnels. Les centres de jour, eux, accueillent des personnes dont les capacités productives sont limitées et proposent des projets éducatifs variés, en s’inspirant de l’approche TEACCH. Les activités comprennent de la cuisine, de la danse, des activités sur table, la production de bougies et boucles d’oreilles ainsi que le maintien et le développement des acquis. Parallèlement, Nadir supervise l’hébergement du pôle TSA, composé de trois lieux de vie d’environ huit résidents adultes autistes, parfois avec des troubles associés. Sa volonté ? « Décloisonner les pratiques », articuler hébergement, activités de jour et travail de nuit pour instaurer une cohérence dans les projets personnalisés. « L’idée est de ne pas travailler en silo, explique-t-il. Pour chacun, nous cherchons un projet global, adapté, réévalué, partagé. » S’il n’est pas éducateur de formation (il est titulaire d’un master en administration économique et sociale et a travaillé dans les politiques publiques du handicap et du vieillissement en France), son parcours dans l’animation depuis l’adolescence lui a donné un rapport concret et direct au terrain. Des partenariats forts et indispensables Au Foyer, le premier partenaire, ce sont les familles. Elles participent pleinement aux projets des résidents : elles en portent l’histoire, la mémoire, les nuances. « Les parents sont les experts de leurs enfants », aime à rappeler Nadir Benaïssa. Cette collaboration directe fait partie des valeurs de l’institution. Sur le volet socioprofessionnel, Le Foyer collabore avec Pro Infirmis et son dispositif Insert’H, qui permet aux personnes en situation de handicap d’intégrer le premier marché du travail. « Depuis 2019, trois résidents ont pu en bénéficier, dont Arun, pour qui le parcours illustre les effets concrets de ces partenariats. » D’autres acteurs jouent un rôle déterminant dans l’évolution des parcours. La section de psychiatrie du développement mental (SPDM), service de psychiatrie mobile du CHUV, accompagne par exemple les situations complexes et soutient les équipes dans les ajustements éducatifs et médicaux nécessaires. L’ouverture vers l’extérieur se traduit aussi par l’accès aux cours FCPA (formation continue pour adultes), qui permettent aux résidents de suivre des activités sportives, manuelles ou créatives hors des murs de l’institution, ou encore par les collaborations avec l’association Fairplay pour la pratique du football ou de la natation. Enfin,

certaines thématiques, comme l’amour et l’intimité, font l’objet de partenariats inter-institutions qui donnent lieu à des événements communs, favorisant rencontres et échanges entre résidents de différents établissements. Chaque année, l’institution participe aussi aux quatre kilomètres de Lausanne, une course inclusive réunissant résidents et professionnels, offrant visibilité, fierté et cohésion. Au fil du temps, ces collaborations ont créé un véritable maillage autour du Foyer, un soutien précieux pour accompagner l’inclusion et faire évoluer chaque parcours. La trajectoire exemplaire d’Arun, de l’institution au monde du travail Arun a 31 ans. Il a commencé l’école en 2002 avant de terminer en 2010. Il est revenu au Foyer dans les ateliers de l’association en 2016, après avoir effectué sa scolarité dans la structure mineure. En 2019 il a intégré l’hébergement. « Son profil autistique comporte des particularités sensorielles, mais il s’intègre aisément, participe activement à la vie institutionnelle et est reconnu par ses pairs. » souligne Nadir. Repéré pour son potentiel à intégrer le marché primaire, il a bénéficié d’un accompagnement socio-professionnel dans les ateliers, puis d’un stage au CHUV via Insert’H. « Le stage ayant été concluant, Arun travaille désormais une demi-matinée par semaine au service du ménage du CHUV. » Un travail éducatif important a été mené autour de ses trajets, afin qu’il puisse se rendre seul sur son lieu de travail. « Aujourd’hui, il part de son groupe de vie en toute autonomie. » Une réussite majeure, autant pour lui que pour l’institution. Le Foyer ne comptant que deux résidents travaillant à l’extérieur, cette trajectoire fait figure d’exemple : un parcours bâti pas à pas depuis l’enfance, en s’appuyant sur ses compétences, les bons soutiens et une ouverture progressive vers le monde ordinaire. « Pour Arun, c’est un rôle social nouveau, une fierté personnelle et familiale », d’autant que sa famille a joué un rôle essentiel dans son intégration. César, un défi collectif relevé pas à pas Le second profil, celui de César, illustre un autre défi : la transition d’un jeune autiste dit « complexe » vers la vie adulte. « À son arrivée à 18 ans, César vivait auparavant dans un studio individuel au-dessus de son groupe de vie, avec un accompagnement très personnalisé et une participation sociale limitée » se souvient Nadir. « L’intégrer dans un groupe adulte de huit résidents a constitué un véritable pari. Il a fallu adapter son environnement, tenir compte de ses intérêts restreints (maquettes, piano), recréer un espace personnel sécurisé et l’accompagner dans la construction de liens avec ses pairs. » La SPDM a joué un rôle déterminant dans cette transition entre coordination psychiatrique, adaptation médicamenteuse, appui psychoéducatif ou encore soutien à l’équipe. Une collaboration qui a permis de préserver la continuité du parcours. César est aujourd’hui bien intégré. Il participe aux événements

institutionnels et a rejoint un centre de jour récemment créé, pensé pour les jeunes autistes ayant besoin de diversité et d’utilité dans leurs activités. « Ce centre permet d’effectuer des tâches transverses dans l’institution comme la buanderie, la cuisine, le service technique, l’entretien du site ou encore la gestion de la déchetterie. » L’accompagnement s’appuie sur sa propre autodétermination : passionné par les véhicules et les moteurs, il lave les bus de l’institution et enregistre les sons des machines, donnant ainsi du sens à son quotidien. « Il participe également à des tâches d’atelier, lui permettant d’obtenir une petite rémunération et de poursuivre des objectifs concrets, comme l’achat d’un ordinateur. » César se perçoit aujourd’hui comme membre du service technique, un sentiment d’appartenance précieux. Son accompagnement exige une véritable « horlogerie fine », rendue possible par un renfort à l’encadrement octroyé par le canton, garantissant sécurité et qualité pour lui comme pour les professionnels. L’occasion de rappeler qu’un poste de case manager a également été créé pour mieux accompagner ces situations complexes, offrant un appui pédagoéducatif renforcé aux équipes, un soutien dans la réalisation des projets personnalisés et une coordination plus fluide entre les différents réseaux. Des trajectoires visibles et ambitieuses À travers les parcours d’Arun et César, c’est tout un modèle d’accompagnement qui se révèle : une institution qui assume sa mission et qui encourage la participation sociale des bénéficiaires, investit dans les compétences de ses équipes et construit, pour chacun, un projet de vie adapté et individualisé. Le message est ainsi clair : malgré la complexité des profils, malgré les coûts que suppose un tel dispositif pour la société, l’inclusion est possible lorsqu’on articule connaissances, compétences, expertise, pédagogie, partenariat et adaptation fine de l’environnement. Le Foyer œuvre depuis 125 ans à soutenir et à valoriser ces trajectoires singulières. Et continue de le faire, chaque jour, avec constance, courage, détermination et engagement. Plus d’informations sur lefoyer.ch


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Brandreport • Cerebral

Mieux vivre avec la paralysie cérébrale Depuis plus de 60 ans, la Fondation Cerebral soutient les personnes atteintes de paralysie cérébrale et leurs proches dans toute la Suisse. Là où les assurances et les pouvoirs publics atteignent leurs limites, elle apporte des solutions concrètes pour favoriser l’autonomie, la mobilité et l’inclusion. Entretien avec Thomas Erne, directeur de la Fondation Cerebral.

Thomas Erne Directeur de la Fondation Cerebral

Thomas Erne, pouvez-vous nous présenter la Fondation Cerebral et sa mission ? La Fondation Cerebral a été créée en 1961. Aujourd’hui, nous soutenons environ 9700 personnes atteintes d’un handicap moteur cérébral, ainsi que leurs familles, dans toute la Suisse. Notre rôle est d’intervenir là où les institutions publiques ou les assurances ne peuvent pas, ou seulement partiellement, répondre aux besoins. Notre objectif est clair : permettre aux personnes concernées de mener une vie aussi autonome, mobile et épanouie que possible. Concrètement, quel type de soutien proposez-vous au quotidien ? Notre accompagnement est très large. Il comprend des conseils personnalisés, une aide à la mobilité, un soutien financier, des aménagements de logements adaptés, l’accès à des thérapies et à des moyens auxiliaires, ainsi que des conseils pour la scolarisation, l’autonomie et l’intégration sociale. Nous intervenons dans tous les domaines de la vie où persistent encore des obstacles. En quoi votre action complète-t-elle celle des pouvoirs publics et des assurances ? Nous agissons précisément là où les prestations existantes ne suffisent pas. Cela peut concerner le financement de moyens auxiliaires, de thérapies spécifiques, de loisirs ou de frais particuliers. Notre force réside aussi dans notre capacité à proposer des solutions ciblées, rapides et peu bureaucratiques, adaptées à des situations concrètes.

Quelles sont les valeurs qui guident votre travail ? Le professionnalisme, la bienveillance et la compétence sont au cœur de notre action. Nous attachons une grande importance au contrôle de la qualité, au développement de nouvelles stratégies et à la collaboration avec des partenaires sociaux. Les personnes concernées et leurs proches restent toujours au centre de nos préoccupations. Nous nous engageons également fortement dans la sensibilisation du public et dans la recherche. Justement, pourquoi la sensibilisation est-elle si importante ? La paralysie cérébrale reste encore méconnue du grand public, alors qu’elle constitue la cause la plus fréquente de handicap moteur chez l’enfant. Un exemple concret : au Musée suisse des transports à Lucerne, les visiteurs peuvent entre autre parcourir un itinéraire en fauteuil roulant afin de mieux comprendre les obstacles du quotidien. Ce type d’expérience permet de changer le regard et de favoriser l’inclusion. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas bien la paralysie cérébrale, de quoi s’agit-il exactement ? La paralysie cérébrale est un trouble neurologique permanent, mais non évolutif, causé par une lésion du cerveau en développement, généralement avant ou autour de la naissance. Elle affecte le mouvement, la posture et la coordination. Les répercussions sont très variables : certaines personnes peuvent marcher, d’autres dépendent d’aides techniques, comme un fauteuil roulant, et rencontrent aussi des difficultés de communication ou de perception. Avez-vous un exemple de projet ayant eu un impact concret sur la vie des bénéficiaires ? Oui, un projet très parlant concerne nos fauteuils roulants électriques tout-terrain. Disponibles dans 22 sites à travers la

Comment garantissez-vous la transparence financière ? La Fondation Cerebral est certifiée ZEWO, un label de qualité qui garantit une gestion rigoureuse et transparente des dons. Nos finances sont contrôlées et publiées de manière claire, ce qui renforce la confiance de nos donateurs.

Suisse, ils permettent à des familles de faire des randonnées ensemble, y compris en montagne, une activité souvent inaccessible auparavant. Ces fauteuils sont assemblés dans des ateliers protégés en Suisse, ce qui crée également des emplois pour des personnes en situation de handicap. Quels sont vos projets pour les prochaines années, notamment en 2026 ? Nous souhaitons développer de nouvelles offres de loisirs inclusifs, comme des vélos adaptés, des VTT spéciaux ou encore des pédalos accessibles. Nous travaillons aussi sur de nouveaux appareils thérapeutiques et sur une grande campagne de sensibilisation destinée au public et aux familles, avec des outils de communication modernes. La Fondation Cerebral est financée exclusivement par des dons. À quel point est-ce crucial ? C’est absolument essentiel. Nous nous finançons uniquement grâce aux dons, héritages et legs. Sans ce soutien, nos projets ne pourraient tout simplement pas voir le jour. Les donateurs peuvent également affecter leur don à un projet précis ou à une région spécifique. Dans ce cas, 100 % du montant est directement reversé au projet choisi.

Quel message aimeriez-vous transmettre au public ? Chaque personne atteinte de paralysie cérébrale mérite égalité, dignité et inclusion. Avec des soutiens adaptés, il est possible de lever de nombreux obstacles. Depuis plus de 65 ans, la Fondation Cerebral s’engage pour améliorer concrètement la vie des personnes concernées. Pour continuer, le soutien du public est indispensable. Soutenez la Fondation Cerebral Améliorez concrètement le quotidien des personnes atteintes de paralysie cérébrale. Dons, legs et partenariats sont possibles. Compte postal : 80-48-4 IBAN : CH53 0900 0000 8000 0048 4 Fondation suisse en faveur de l’enfant infirme moteur cérébral Case postale, 3001 Berne

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#focushandicap&inclusion

Aoris • Brandreport 15

Former à l’inclusion pour transformer le regard sur le handicap Comment former des professionnel·les capables de penser l’inclusion au-delà des principes, jusque dans les pratiques quotidiennes ? À travers une interview croisée, trois responsables de la formation et du travail social croisent leurs regards sur les leviers pédagogiques, les postures professionnelles et les enjeux éthiques liés à l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

Nicole Taverney Responsable du pôle de formation/compétences au sein d’Aoris

Stéphane Girod Directeur de l’ARPIH, École supérieure du domaine social

Aline Veyre Professeure HES associée à l’HETSL, Haute école de travail social et de la santé Lausanne

Nicole Taverney, dans vos plans de formation, comment la question de l’inclusion des personnes en situation de handicap est-elle abordée concrètement ? D’une manière générale, le plan de formation précise comment le futur professionnel, qu’il soit Aide en Soins et Accompagnement (ASA), Assistant·e socio-éducatif·ve (ASE) ou Assistant·e en Soins et Santé Communautaire (ASSC), accompagne un bénéficiaire dans son quotidien, en tenant compte de ses ressources et de ses besoins. Cela implique de considérer ses attentes en matière d’intégration, ainsi que sa capacité à conserver ou développer son autonomie. Plus spécifiquement, l’enseignement des compétences métier destiné aux futur·es ASE en apprentissage au sein d’institutions socio-éducatives traite de l’inclusion à deux niveaux : d’une part lors de l’arrivée d’un bénéficiaire au sein d’un groupe existant, et d’autre part à travers sa participation à la vie sociale en dehors de l’institution. La place accordée à l’autodétermination constitue un élément central de nos formations. Cette évolution se reflète également dans le vocabulaire utilisé, qui privilégie aujourd’hui les termes de « personne en situation de handicap » ou de « bénéficiaire », afin de reconnaître un rôle actif dans le choix des mesures de soutien mises en place. Quelles méthodes utilisez-vous pour sensibiliser les futurs professionnels à cette thématique tout au long de leur formation ? Au-delà de la prescription des plans de formation, les cours interentreprises privilégient une approche expérientielle. De nombreuses mises en situation sont proposées afin de permettre aux apprenants d’appréhender concrètement les ressentis d’une personne dépendante. Par exemple, par groupes de deux, ils sont invités à se mettre à la place d’un bénéficiaire en fauteuil roulant ou malvoyant, accompagné par un professionnel, pour prendre les

transports publics, faire des courses ou être assistés lors d’un repas. Ces expériences donnent ensuite lieu à un débriefing portant sur les obstacles rencontrés, le regard porté par autrui et les émotions ressenties, tant du point de vue du futur professionnel que de celui de la personne accompagnée. Des personnes en situation de handicap interviennent également comme co-animateurs de certains cours. Leur présence apporte une réelle plus-value aux échanges, en confrontant les pratiques professionnelles aux expériences vécues des bénéficiaires. Cette démarche permet de questionner la pertinence de l’action professionnelle et de rappeler que la communication constitue un élément central de l’accompagnement, au même titre que le choix des mots et la posture adoptée. Pourquoi est-il essentiel, selon vous, de préparer les futurs professionnels à travailler avec et pour des personnes en situation de handicap ? Nous sommes tous, à un moment ou à un autre de notre vie, amenés à dépendre d’une aide médicale ou psychologique. C’est pourquoi nous insistons auprès de nos apprenants sur le fait que tout accompagnement doit être réalisé de la manière dont nous aimerions le recevoir nous-mêmes. En d’autres termes, il s’agit de respecter l’individu dans son intégrité, indépendamment des limitations que la vie lui impose, qu’elles soient temporaires ou durables, en étant à l’écoute, avec empathie, et en adoptant la bonne distance relationnelle. Que disent les personnes en situation de handicap de vos méthodes de formation ? Témoignage de Carlos Kenedy, intervenant dans les cours interentreprises, délégué à la formation et à la communication auprès de l’association romande Cap-Contact. « Je peux dire avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai fortement apprécié le processus mis en place à Aoris. Celui-ci débute par une première rencontre avec la responsable pédagogique, puis avec les enseignants concernés par la compétence abordée. Il s’agit ensuite de mettre en miroir mes expériences vécues avec leurs expériences de terrain et leurs apports théoriques, afin de définir ensemble le déroulement du cours, en donnant une place centrale aux expériences vécues par la personne concernée. Le fait de donner le cours en binôme avec un enseignant qui connaît le terrain constitue, à mes yeux, une excellente option. Cela permet aux participants de prendre conscience des réalités et des besoins à la fois de l’enseignant sur le terrain et de la personne concernée, ainsi que des tensions ou oppositions qui peuvent exister entre ces deux réalités. Être présenté auprès des étudiants comme un intervenant comme les autres est également très valorisant. Cela contribue à déconstruire l’image de la personne handicapée souvent réduite à ses incapacités, en mettant en avant un rôle bien plus valorisant. À mon avis, cette démarche gagnerait à être appliquée à d’autres compétences. Pour toutes ces raisons, je tiens à dire merci. » Stéphane Girod, dans vos plans de formation, comment la question de l’inclusion des personnes en situation de handicap est-elle abordée concrètement ? À l’ARPIH, l’ensemble des quelque 400 étudiant·e·s suivent une formation en mode dual, en qualité d’éducateur·rice social·e ou de maître·sse socioprofessionnel·le ES, c’est-à-dire en emploi, avec une pratique professionnelle à 50 % minimum au sein d’institutions ou d’entreprises sociales de Suisse romande. Si l’inclusion ne concerne pas uniquement le champ du handicap (elle touche également par exemple les enfants, les personnes migrantes ou âgées),

la grande majorité des étudiant·e·s accompagnent néanmoins des personnes en situation de handicap dans leur pratique quotidienne. Cette réalité professionnelle permet d’aborder l’inclusion de manière très concrète, à partir de situations vécues. Les temps de formation théorique viennent ensuite articuler et approfondir ces expériences de terrain à travers différents enseignements, tels que « Droit et travail social », « Enjeux sociaux », « Phénomènes d’exclusion » ou encore « Processus de production du handicap ». Quelles méthodes utilisez-vous pour sensibiliser les futurs professionnels à cette thématique tout au long de leur formation ? Les enseignements s’appuient sur l’intervention de professionnel·le·s de terrain expérimenté·e·s, qui mobilisent des références théoriques essentielles. Parmi elles figurent la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), les plans d’action élaborés par des faîtières du domaine comme INSOS, ainsi que des outils tels que le MDH-PPH (modèle de développement humain – processus de production du handicap). L’ARPIH propose également des ateliers d’analyse de la pratique ou de l’activité, conçus comme des espaces d’échange, d’examen des pratiques et de prise de recul face à des situations souvent complexes et exigeantes du quotidien professionnel. La thématique de l’inclusion est pensée comme une dimension transversale de l’ensemble des dispositifs de formation, toujours en alternance. Pourquoi est-il essentiel, selon vous, de préparer les futurs professionnels à travailler avec et pour des personnes en situation de handicap ? L’objectif est de permettre aux étudiant·e·s de penser, de questionner et de faire évoluer leurs pratiques afin de favoriser l’autodétermination et la participation de toutes et tous, en rappelant que l’inclusion constitue un processus complexe, traversé par des enjeux sociaux, politiques et institutionnels. Dans cette perspective, et en lien avec les plans de formation, l’ambition est de former des actrices et des acteurs de changement capables, entre autres, de contribuer au développement des organisations. Enfin, l’inclusion est également vécue au sein même de l’ARPIH, à travers l’accueil régulier d’étudiant·e·s ayant des besoins d’aménagement, notamment des personnes sourdes ou malentendantes, impliquant une adaptation des pratiques organisationnelles et pédagogiques. L’école devient ainsi un terrain d’apprentissage concret, renforçant la cohérence et la crédibilité institutionnelle. Aline Veyre, dans vos plans de formation, comment la question de l’inclusion des personnes en situation de handicap est-elle abordée concrètement ? La manière d’appréhender le handicap a profondément évolué ces dernières années, notamment depuis l’adoption, en 2006, de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) par l’ONU. Ce texte a contribué à faire évoluer le regard porté sur les personnes concernées, reconnues comme des citoyennes et citoyens titulaires de droits. Ces évolutions sont intégrées au cursus de base de la formation en travail social de la HETSL, en particulier à travers l’étude de la CDPH et des transformations historiques qui l’ont rendue possible. Une attention spécifique est portée à l’enseignement de concepts comme la participation sociale, l’autodétermination, l’accessibilité et à l’inclusion. Un travail est également réalisé autour de la posture professionnelle en lien avec ces concepts et les valeurs qui la fondent. Plusieurs modules développent également une réflexion critique sur le sens de l’intervention sociale et les méthodologies

mobilisées, avec pour objectif de questionner, voire de déconstruire, certaines représentations stéréotypées du handicap. Les méthodes d’intervention sont enfin abordées à travers des outils concrets, notamment le modèle de développement humain – processus de production du handicap (MDH-PPH), qui permet de penser le handicap comme le résultat d’interactions entre facteurs personnels, environnementaux et habitudes de vie, et de favoriser la participation sociale. Quelles méthodes utilisez-vous pour sensibiliser les futurs professionnels à cette thématique tout au long de leur formation ? La participation des personnes concernées est centrale dans les formations initiales et continues. Par exemple, une formation continue, développée notamment avec Unisanté, propose des cours dispensés par des personnes concernées dans une démarche de co-construction. Les dispositifs intègrent également des professionnel·les du champ et des représentant·es d’associations, ainsi que des pair-aidant·es formé·es pour intervenir dans les cours. Le contenu des cours est articulé de façon cohérente tout au long du cursus, complété par la formation continue. Il repose notamment sur les résultats de recherches menées dans une perspective participative et inclusive, régulièrement mobilisés dans les enseignements. Le travail pédagogique repose également sur l’analyse de situations concrètes, à partir de vignettes issues du terrain, et sur des projets développés en partenariat avec des acteurs de terrain. Des événements de sensibilisation ouverts à un large public sont également régulièrement proposés sur ces thématiques. Pourquoi est-il essentiel de préparer les futurs professionnels à travailler avec et pour des personnes en situation de handicap ? Cette préparation répond d’abord à des obligations légales et à des enjeux éthiques, en garantissant le respect des droits des personnes concernées et en développant un regard critique sur la diversité humaine. Elle constitue également un levier essentiel pour réduire les inégalités dont sont victimes les personnes en situation de handicap. Les travailleuses et travailleurs sociaux disposent d’un rôle clé pour rendre la participation sociale effective, en adaptant leurs pratiques, en pensant l’accessibilité et en mettant en place des mesures concrètes, notamment à travers l’aménagement de l’environnement et l’élaboration de projets individualisés. Pour garantir l’efficacité et l’éthique des interventions ainsi que le développement de politiques publiques inclusives, les personnes concernées doivent être pleinement associées à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des décisions qui les concernent, y compris dans les dispositifs de formation. Interview Marc-Antoine Guet Plus d’informations sur aoris.ch


PUBLIREPORTAGE

Construire malin : des logements pensés pour les besoins de demain Vieillissement de la population, pression immobilière et diversification des parcours de vie : la Suisse traverse des mutations profondes. Dans ce contexte, l’accessibilité et l’adaptabilité du logement ne relèvent pas du confort, mais d’un un investissement clairvoyant. Pensée en amont, une conception sans obstacles permet d’anticiper les besoins futurs, de renforcer la cohésion sociale et de bâtir durablement.

La Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées rappelle un principe fondamental la liberté de choisit son lieu de vie. Tant que les logements accessibles, adaptables et permettant d’accueillir des visites restent rares, ce droit demeure théorique.

Un enjeu structurel, au cœur des transformations sociétales La majorité du parc résidentiel suisse reste difficile à pour de nombreuses personnes. Une marche, un passage trop étroit ou une salle d’eau trop petite peuvent restreindre l’usage quotidien d’un logement ou empêcher une simple visite. Ces situations dépassent largement la question du handicap : ils concernent la vie telle qu’elle est, avec ses imprévus et ses fragilités. Un logement accessible et adaptable n’est pas un logement différent. C’est un logement ordinaire, mieux pensé : pratique aujourd’hui, adaptable demain, accueillant pour tous. C’est une architecture du quotidien, discrète mais essentielle.

Penser juste pour construire durable Construire sans obstacles ne signifie pas bâtir pour un groupe spécifique, mais éviter des erreurs de conception dont les conséquences se révèlent plus tard. Trois paramètres fondent cette approche : absence de marches, largeurs de passage suffisantes et surfaces de manœuvre adéquates. Intégrés dès la conception, ces principes engendrent peu ou pas de surcoût. Dans l’existant, leur mise en œuvre est parfois exigeante, mais elle améliore immédiatement l’usage, la qualité de vie et la valeur du bien. Anticiper, c’est donc investir intelligemment.

Du logement à la ville : une vision cohérente Pour les maîtres d’ouvrage, coopératives, investisseurs et architectes, l’accessibilité constitue un levier majeur de durabilité. Un patrimoine sans obstacles est plus flexible, plus attractif et mieux préparé aux défis démographiques à venir. Mais l’accessibilité ne se limite pas à l’espace domestique. Elle repose sur une continuité d’usage : espaces extérieurs praticables, transports publics utilisables et bâtiments ouverts au public accueillant les gens sans distinction. C’est l’ensemble de la chaîne du quotidien qui construit une société inclusive. Construire sans obstacles n’est pas une option, mais un choix de société engageant, les politiques publiques et l’ensemble des acteurs de la construction pour façonner la qualité de vie de demain. De plus amples informations sont à disposition dans les publications et sur le site web du Centre spécialisé suisse Architecture sans obstacles

Cinq points clés à retenir

Dessins: @ Fabienne Paul

1.

Accessibilité ≠ spécialité Un logement sans obstacles reste ordinaire, mais pensé pour toutes les étapes de la vie.

2.

Trois règles fondatrices Pas de marches, largeurs de passage suffisantes, surfaces de manœuvre adéquates : une base simple et efficace.

3.

Une stratégie en deux temps Accès sans obstacles dès aujourd’hui ; adaptation intérieure possible demain.

4.

Un investissement durable Anticiper coûte peu. L’accessibilité renforce la valeur d’usage.

5.

Un droit fondamental Sans logements accessibles et adaptables, la liberté de choisir son lieu de vie reste théorique.


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Théâtre Vidy • Brandreport 17

Un lieu pour toutes et tous

Le Théâtre de Vidy est un théâtre vivant et ouvert sur le monde. Situé à Lausanne, au bord du lac Léman, au milieu d’un parc arboré, il est un lieu propice à la création d’arts vivants et durables, soucieux des questions de diversité et d’inclusion.

C

haque saison, ce sont plus de 50 spectacles et 300 représentations qui sont présentés dans les cinq salles du théâtre. Près de la moitié sont des créations, dont un tiers sont répétées et créées à Vidy. Profitant de ses multiples salles, le théâtre présente entre deux et trois spectacles simultanément, accompagnés de lectures, de films, de concerts ou de rencontres avec des artistes ou des penseur·euse·s pour enrichir l’expérience des publics. Dans ce souci de lien avec les différents publics, le théâtre développe depuis de nombreuses années une série de mesures destinées à faciliter l’accès au théâtre et à sa programmation. L’objectif est de permettre au plus grand nombre de participer à Vidy dans de bonnes conditions, en tenant compte des besoins liés aux handicaps moteurs, sensoriels, cognitifs ou psychiques. Un engagement global qui structure la vie du théâtre Dès l’arrivée sur le site, l’accessibilité fait partie du parcours. Presque tous les espaces du Théâtre Vidy-Lausanne sont adaptés. Les équipes d’accueil restent attentives aux difficultés rencontrées et accueillent volontiers les suggestions d’amélioration. Le théâtre offre également l’entrée gratuite à toute personne accompagnant un·e spectateur·ice en situation de handicap. Un mot d’ordre essentiel : l’autonomie Le théâtre est équipé de technologies innovantes. Le dispositif Virtuoz, un plan tactile et vocal disponible à la billetterie, permet de comprendre la configuration du bâtiment et de s’y déplacer en autonomie. Des QR codes Navilens, scannables à distance, fournissent quant à eux des informations audio sur l’histoire du lieu, les expositions ou le restaurant du théâtre, améliorant la fluidité de circulation dans les espaces publics.

Autour du spectacle Mon frère du metteur en scène suisse François Gremaud, qui traite de sa relation avec son frère Christian, un homme sourd, un programme de médiation en LSF sera proposé : – Un brunch-signes le 31 mai, avec initiation à la culture sourde, à la LSF et à la lecture labiale, organisé par les associations S5 et Sound Off. – Une visite guidée en LSF avec MUSEN, le matin du même jour. – Une rencontre public-artistes en LSF le 2 juin, en collaboration avec Écoute Voir. Pour les spectateurs aveugles ou malvoyants, le Théâtre Vidy-Lausanne propose plusieurs niveaux d’accompagnement. En collaboration avec Écoute Voir, So Close ou Panthea, des représentations sont régulièrement offertes avec audiodescription, permettant de suivre l’action scénique grâce à un récit ajusté au rythme du spectacle. Certaines créations incluent en outre des visites tactiles des décors ou des programmes sonores. Pour les personnes sourdes ou malentendantes : amplification sonore, LSF et surtitrage Certaines salles de Vidy sont dotées d’un système d’amplification sonore individuel auquel les spectateurs munis d’un appareil auditif compatible peuvent se connecter directement. Pour les autres, le théâtre prête du matériel, dont des iPods et casques amplificateurs.Chaque saison, plusieurs représentations sont proposées avec interprétation en langue des signes française (LSF), parfois via des lunettes connectées développées par Panthea. Le surtitrage constitue un autre outil clé : il permet de suivre le texte, tandis que la programmation inclut régulièrement des spectacles visuels ou chorégraphiques accessibles sans langage verbal. Des sorties Relax Certaines personnes évitent les salles de spectacle en

raison de l’ambiance codifiée des lieux de représentation. Pour elles, Vidy participe à la programmation des sorties « Relax ». Conçues notamment pour les personnes vivant avec un handicap mental ou psychique, un trouble du spectre de l’autisme, ainsi que pour les parents avec bébé ou les personnes anxieuses, ces séances sont pensées pour leur rendre l’expérience plus simple. L’ensemble du public est informé du contexte RELAX et certains codes de comportement peuvent ainsi se vivre différemment, permettant de mieux comprendre certains besoins.

Une politique d’accessibilité en constante évolution Cette politique témoigne de l’importance de penser Vidy comme un lieu ouvert où différentes manières d’être spectateur·rice peuvent coexister.

Une dynamique forte dans la programmation La programmation du théâtre de janvier à juin sera marquée par plusieurs projets mettant l’inclusion au cœur.

Une commission « accessibilité » a été mise en place au sein du théâtre. Les travaux de cette commission permettent à Vidy de continuer à s’interroger sur les barrières qui peuvent exister et sur les stratégies à mettre en place pour les surmonter, afin de faire du théâtre un espace important de transformation sociale, de cohésion et d’émancipation.

Le théâtre accueillera Delta, projet scénique pensé pour des jeunes atypiques, en situation de handicap, neurodivergents ou ayant des parcours difficiles, de janvier à juin, aboutissant à deux représentations les 1er et 2 juillet 2026. Une table ronde consacrée à l’inclusion dans les arts vivants viendra enrichir la réflexion.

Les arts vivants fonctionnent comme un miroir de la société. Le travail de l’ensemble des équipes consiste à créer des ponts entre les publics et les œuvres.

Plus d’informations sur vidy.ch

Vidy travaille également à l’acquisition de lunettes connectées, afin de multiplier les représentations surtitrées et LSF, y compris lors des tournées de ses productions. ANNONCE

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18 Brandreport • Handiconsult

Lever les barrières et soigner autrement

Handiconsult crée un pont entre le patient, ses proches et le réseau médical genevois, avec des consultations sur-mesure, sans contention et centrées sur la personne.

A

ccéder à des soins de qualité demeure aujourd’hui encore, pour de nombreuses personnes en situation de handicap – autisme, paralysie cérébrale, trouble du développement intellectuel, polyhandicap – un véritable parcours d’obstacles. Rendez-vous annulés, examens impossibles à réaliser, incompréhensions… Là où le système de santé ordinaire atteint ses limites, Handiconsult ouvre une porte. Des consultations sur-mesure Créée en 2020, Handiconsult est une consultation ambulatoire, mobile et innovante, mêlant expertise infirmière, hygiéniste dentaire et médecin référent. Cette équipe se déplace à domicile ou en institution. Son objectif : offrir des soins adaptés et respectueux de chaque personne, en tenant compte de ses particularités sensorielles, motrices, cognitives et comportementales. En Suisse, l’ONU pointe des barrières majeures : lieux peu accessibles, préjugés médicaux, contraintes tarifaires. À ces obstacles s’ajoutent des difficultés de communication, de consentement éclairé et de prise en charge des symptômes atypiques et des maladies chroniques. Handiconsult agit comme un trait d’union : l’équipe accompagne proches et professionnel·le·s, coordonne les acteurs du réseau socio-sanitaire genevois et sécurise la continuité des soins. Une équipe dédiée Concrètement, Handiconsult intervient rapidement, mène des actions essentielles de prévention - hygiène de base et dentaire, repérage des douleurs -, et soutient les médecins de premier recours dans des situations souvent complexes. Elle aide les patient·e·s à apprivoiser les lieux de

soins et les examens médicaux, sans contention, en partenariat avec eux et leurs proches. Ce suivi sur mesure réduit les consultations évitables aux urgences et prépare une hospitalisation ou un retour à domicile de manière harmonieuse. Fin 2026, un nouveau lieu de consultation ouvrira à la rue des Maraîchers, entièrement adapté aux handicaps sensoriels, physiques et intellectuels. En cinq ans, 846 patient·e·s ont déjà été accompagné·e·s, preuve de la pertinence et de l’efficacité de cette structure. Soutenu depuis ses débuts par le Département de la cohésion sociale et des donateurs privés, Handiconsult poursuit une mission simple et ambitieuse : rendre l’accès aux soins enfin possible, digne et durable pour les personnes en situation de handicap. Handiconsult Séverine Lalive Raemy Mickaëlle Haution-Pra Floriane Baltzinger +41 79 760 25 31 www.handiconsult.ch

Handiconsult

Audiodescription, interprétation en langue des signes, surtitrage, spectacles sans paroles… L’Echandole et le Théâtre Benno Besson vous proposent des mesures d’inclusion tout au long de la saison. Tout le monde est bienvenu dans les théâtres d’Yverdon-les-Bains !

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Vente et location de moyens auxiliaires et de rehabilitation Vos spécialistes en technologies de réadaptation avec Brevet fédéral, agréés AVS / AI pour la remise de moyens auxiliaires. QR Code vers notre site internet : handicapsolutions.ch Handicap Solutions, en quelques mots : Une équipe de professionnels avec des valeurs humaines Evaluations à domicile, en synergie avec les thérapeutes Du matériel adapté à chaque situation – Enfant / Adulte / Senior Fauteuils roulants sur mesure Lève-personne, lit médicalisé, scooter, rollators Petit matériel ergo Un magasin-showroom à Monthey Ouvert du lundi au vendredi, de 8h à 17h Un dépôt à Vevey (St-Légier), afin de récupérer votre matériel sans frais de livraison • Un atelier de réparation et un SAV d’urgence 7/7 • • • • • • • • •

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Cap-Contact • Brandreport 19

Le droit de vivre chez soi, un combat pour l’inclusion

Cap-Contact, association romande fondée pour défendre l’autodétermination et l’inclusion des personnes en situation de handicap, milite pour le droit fondamental de vivre à domicile avec une assistance personnelle adaptée.

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encontre avec Stéphanie Mukoyi, Julien-Clément Waeber et Jean Tschopp, qui partagent leur quotidien, les obstacles rencontrés et leur vision pour une société plus inclusive. Stéphanie Mukoyi, Julien-Clément Waeber et Jean Tschopp, pouvez-vous vous présenter brièvement ainsi que votre rôle au sein de Cap-Contact ? Stéphanie Mukoyi : Je suis née avec une paralysie cérébrale et une drépanocytose. J’habite à Lausanne avec mon fils de huit ans et j’ai une assistance à domicile depuis plus de douze ans. Je suis impliquée dans Cap-Contact depuis 2009. J’ai été secrétaire de comité de 2013 à 2015, puis présidente de 2016 à 2017. Julien-Clément Waeber : Je suis une personne en situation de handicap physique et je vis à domicile avec une assistance 24 heures sur 24. Je suis également Président du Parti Socialiste de Chavannes-près-Renens et président de Cap-Contact depuis 2021. Jean Tschopp : Je suis secrétaire général et responsable de Cap-Contact. Le comité est composé majoritairement de personnes en situation de handicap. Je suis également conseiller national au Parlement fédéral à Berne. Comment décririez-vous Cap-Contact à quelqu’un qui ne connaît pas encore l’association ? J.T. : C’est une association romande engagée pour l’inclusion et l’autodétermination des personnes en situation de handicap, et en particulier pour vivre à la maison avec des assistants personnels afin d’avoir une vie plus libre. Nous intervenons aussi dans le domaine politique pour l’égalité et la participation de tous. S. M. : C’est une association militante où l’on travaille ensemble, et où ce ne sont pas seulement les personnes valides qui prennent des décisions pour les personnes en situation de handicap. L’association est très active sur le plan politique pour que les choses avancent concrètement. J-C. W. : Cap-Contact défend une idée simple : les personnes en situation de handicap doivent pouvoir vivre comme tout le monde, là où elles le souhaitent. Plutôt que de décider à leur place ou de les orienter automatiquement vers des institutions, nous défendons la vie à domicile avec une assistance adaptée. Cela permet aux personnes de rester actrices de leur vie, de travailler, d’avoir une vie sociale et affective. Nous accompagnons concrètement les personnes dans ce modèle et menons un travail politique pour que le système commence à penser le handicap en termes de droits et de choix.

L’autodétermination est au cœur de votre action. Comment la définissez-vous concrètement dans le quotidien des personnes en situation de handicap ? S. M. : C’est être décisionnaire, acteur de sa vie, avoir le droit de se tromper, oser vivre, même si cela comporte des risques. J-C. W. : L’autodétermination n’est pas un concept abstrait. C’est pouvoir décider de choses simples : à quelle heure je me lève, ce que je mange, quand je sors, qui m’aide et comment. Pour beaucoup, ces décisions sont prises par d’autres : une institution, un planning, un règlement. Vivre à domicile avec une assistance choisie permet de reprendre la main sur sa vie. On n’est plus un « usager » qui s’adapte au système, mais une personne qui organise son quotidien selon ses besoins, envies, travail, vie sociale ou affective. Cela exige une organisation importante, mais c’est ce qui permet une vie digne, active et choisie. Avoir une assistance 24h/24 ne veut pas dire être assisté en permanence ou surveillé. Cela veut dire que, quand j’ai besoin, quelqu’un est là. Le reste du temps, je vis normalement : je fais de la politique, je sors, je vois des amis. Quels sont les obstacles les plus fréquents que vous observez lorsqu’une personne souhaite vivre de manière autonome ? J.T. : Le logement est un sujet central. Le premier défi quand une personne nous contacte est de trouver un logement adapté. Il faut sensibiliser les investisseurs, les architectes. Il n’y a pas d’obligation d’avoir des logements adaptés, donc la vie à domicile reste un défi quotidien. S. M. : Trouver un logement adapté est très compliqué. Il y a aussi le « fardeau de la preuve » : il faut constamment démontrer sa capacité à vivre seule. C’est une charge mentale importante. J-C. W. : Le premier obstacle, c’est le système luimême. La Suisse reste pensée autour de l’institution, pas de la vie à domicile. Ensuite, la complexité administrative : devenir employeur de ses assistants, gérer contrats, assurances, horaires. C’est une charge énorme, surtout avec un handicap. Il y a aussi les obstacles financiers : les prestations ne couvrent pas tous les besoins. Et enfin, les freins culturels : beaucoup pensent encore qu’une personne en situation de handicap sera « mieux protégée » en institution. On confond protection et contrôle. Vivre chez soi avec les bons soutiens n’est pas un risque, c’est un droit. Comment fonctionne concrètement l’assistance personnelle ? S. M. : L’assistance personnelle, ce sont des employés qui viennent chez moi pour m’aider à faire ce

que je ne peux pas faire seule. Par exemple, l’aide pour la toilette, pour m’habiller, pour préparer un repas ou aller au travail. Mais c’est aussi une présence pour m’accompagner dans mon quotidien : sorties, loisirs, rendez-vous médicaux. J-C. W. : C’est important de souligner que ce n’est pas un « accompagnement permanent » ou une surveillance. L’assistant est là quand j’ai besoin, et je décide comment, quand et où. Je suis l’employeur, je choisis mes assistants, leurs horaires et leurs tâches. Cela donne une vraie autonomie. Le travail administratif est lourd, mais c’est un prix à payer pour ne plus être dépendant d’un système institutionnel qui décide pour moi. J.T. : Pour que cette assistance personnelle fonctionne, il faut que les services sociaux reconnaissent l’importance de ce modèle et soutiennent des organisations comme Cap-Contact. Actuellement, seul un peu plus de 3600 personnes en Suisse sont à la contribution d’assistance. Cap-Contact soutient aussi les proches aidants. Quels bénéfices observez-vous chez les personnes qui vivent à domicile avec une assistance ? S. M. : La liberté ! C’est l’impression d’être enfin chez soi, de pouvoir vivre sa vie comme tout le monde. On n’a plus à demander la permission pour chaque chose. Et c’est un vrai plus pour la santé mentale : on se sent reconnu, respecté, adulte. J-C. W. : La vie à domicile favorise l’autonomie, la confiance en soi et l’intégration sociale. Les personnes peuvent travailler, avoir des amis, participer à des activités. L’impact est énorme sur la qualité de vie. On n’est plus un « patient », on est un citoyen. J.T. : Et au-delà de l’individu, c’est aussi bénéfique pour la société. C’est moins de pression sur les institutions, moins de coûts hospitaliers et institutionnels, et une meilleure inclusion sociale. Quels sont vos combats actuels et vos projets pour l’avenir de Cap-Contact ? J-C. W. : Nous voulons généraliser le modèle de vie à domicile avec assistance personnelle. Cela passe par des changements politiques : des financements garantis, des formations pour les assistants, des logements adaptés et accessibles. Nous voulons aussi sensibiliser le grand public et les autorités pour que vivre chez soi devienne la norme, et non l’exception. S. M. : Nous continuons à militer pour que chaque personne en situation de handicap ait le droit de vivre comme elle le souhaite dans son propre appartement ou en institution. Nous voulons montrer que c’est possible et que cela fonctionne.

J.T. : Le but est de transformer le système : que l’autodétermination et l’inclusion soient des droits réels, pas seulement des beaux discours. Cap-Contact continue à se battre sur le terrain politique, administratif et social. Un message pour les familles ou les personnes qui envisagent ce type de vie ? S. M. : N’ayez pas peur ! C’est un vrai changement de vie, mais c’est une vie avec plus de liberté et de dignité. Avec les bons outils et soutiens, c’est possible. J-C. W. : Croyez en vos droits et en vos capacités. Ne laissez personne décider à votre place de ce que vous pouvez ou ne pouvez pas faire. J.T. : Informez-vous, mobilisez-vous, et utilisez les associations comme Cap-Contact pour obtenir du soutien et des conseils. Ensemble, nous pouvons faire évoluer le système. Interview Océane Kasonia Soutenez l’autonomie Aidez les personnes en situation de handicap à vivre chez elles. Faites un don IBAN CH05 0900 0000 1001 1249 5

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Association Cap-Contact Rue de Sébeillon 9b - 1004 Lausanne +41 21 653 08 18 info@cap-contact.ch www.cap-contact.ch


Quel est mon destin ? Quel est mon choix ndez a m m Co uide g e r t o n r les u s t i u t gra ents testam

Personne ne sait ce que l’avenir nous réserve. Mais vous pouvez décider ce que vous laissez derrière vous. Par exemple, en rédigeant un testament en faveur des personnes en situation de handicap. proinfirmis.ch/guide ou tél. 058 775 26 88


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