FOCUS
UN SUPPLÉMENT THÉMATIQUE DE SMART MEDIA
DÉVELOPPEMENT DURABLE
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OCTOBRE 2016
Interview
ANTOINE MACH
Le developpement durable est un enjeu stratégique pour les entreprises
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2 Editorial Bertrand Piccard
Logique plutot qu’ecologique Il y a plus de 20 ans qu’on parle de changement climatique. Pendant ce temps, la situation a évolué vers le pire, mais les discours, eux, n’ont pas changé. On continue à déprimer la population avec des problèmes qui paraissent démesurés au lieu d’exposer les solutions. Comme médecin, j’ai appris qu’un problème s’appelle un symptôme, qu’un symptôme a une origine et que l’origine a un traitement. Quand on parle de changement climatique, on est seulement dans le symptôme. L’origine, elle, se trouve dans l’utilisation de vieux systèmes démodés et inefficients qui gaspillent beaucoup trop d’une énergie non renouvelable, chère et polluante: les moteurs à combustion, les isolations de maisons, les ampoules à incandescence, les vieux appareils de chauffage et refroidissement, les processus PREMIUM PARTNER:
industriels, les réseaux de distribution électriques: tout cela date d’une centaine d’années. Et là, il y a un traitement qui s’appelle CleanTechs, technologies propres. Pas seulement pour produire des énergies renouvelables, car elles ne suffiront pas, toutes seules, à compenser le niveau aberrant de gaspillage auquel nous sommes arrivés, mais pour augmenter l’efficience énergétique. Ce que nous avons fait avec le projet «Solar Impulse», c’est de promouvoir ces technologies en poussant leur utilisation à l’extrême, en leur faisant faire des choses à priori impossible, comme de voler jour et nuit sans carburant. Tout ce que nous avons utilisé sur notre avion, vous pouvez l’utiliser aussi dans votre vie de tous les jours: les mêmes panneaux solaires, batteries, matériaux de construction ou d’isolation ultra légers, ampoules LED, moteurs
électriques. A condition toutefois qu’ils sortent des startups et des projets expérimentaux pour arriver sur le marché… Il manque encore le courage politique, le cadre légal, qui obligerait notre société, industrie et consommateurs réunis, à utiliser les solutions qui permettent aujourd’hui déjà de diminuer notre dépendance aux vieilles sources d’énergies, à remplacer les vieilles technologies polluantes par les nouvelles technologies propres. De cette façon, notre monde pourrait aujourd’hui déjà diviser par deux sa consommation énergétique, en allégeant les structures, en isolant les échanges thermiques, en baissant la résistance au frottement et à l’écoulement, en gérant la distribution électrique intelligemment. Cela permettrait une mobilité terrestre et aquatique moins polluante, des bâtiments neutres en
énergie, des processus industriels moins carbonés. Tout cela sans demander à la population de faire quelque sacrifice que ce soit, et sans diminuer son confort et sa mobilité. A condition de sortir du clivage politique gauche-vertdroite qui nous empêche de traiter tous les sujets simultanément de manière synergique. C’est pourquoi, aujourd’hui, il ne s’agit plus d’être «éco-logique», mais «logique». Et la logique consiste à permettre de stimuler l’économie, créer des places de travail, faire du profit et stimuler une croissance propre, tout en protégeant l’environnement.
Contenu 04 Investissement durable 05 Brandreport: Viteos 06 Efficience énergétique 08 Interview
Antoine Mach
10 IT responsable 11
Obligations en énergie solaire
12 Construction durable 13 Recyclage 14 Gaz naturel 15 Responsabilité sociale Bonne lecture! Lise Montabrun Chef de projet
FOCUS DEVELOPPEMENT DURABLE Chef de projet Lise Montabrun lise.montabrun@smartmediaagency.ch
Country Manager Jeroen Minnee Equipe éditoriale SMA Design Smart Media Agency S.A. Canal de distribution Bilan, Octobre 2016 Impression Stämpfli Publications SA Smart Media Agency S.A. Gerbergasse 5, 8001 Zurich, Suisse Tel. 044 258 86 00 E-Mail jeroen.minnee@smartmediaagency.ch Web www.smartmediaagency.ch
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4 Investissement durable
Redonner du temps au temps Replacer l’économie au centre de l’écosystème et soutenir les investissements industriels à long terme: un changement de paradigme qui, pour le spécialiste de la finance Olivier Ferrari, constitue l’une des réponses aux objectifs du développement durable. TEXTE SMA
Face aux enjeux environnementaux et sociétaux du XXIe siècle, la finance n’échappe plus aux principes du développement durable. L’investissement socialement responsable, la finance solidaire, le microcrédit sont autant d’approches représentatives de cette tendance, et de plus en plus d’investisseurs intègrent la notion de durabilité à leur stratégie de placements. Mais pour Olivier Ferrari, CEO de CONINCO Explorers in finance SA, la recherche de rendement financier à court terme
qui prévaut aujourd’hui n’est pas en totale adéquation avec ces principes et ne permet pas de répondre durablement aux besoins de l’économie réelle. «Lorsque l’on parle de finance durable, on raisonne uniquement en termes de rendement financier sans prendre en compte l’importance du rendement industriel dans la notion même de durabilité», explique-t-il. «Pour qu’une économie soit durable et qu’un mouvement vertueux de création de valeur soit possible, c’est l’entreprise, et non pas la finance, qui doit être au cœur du développement économique.»
emplois, crée les actifs qui produisent, consomment, et payent les taxes qui iront nourrir l’appareil de l’ État et lui permettront de financer les régimes de retraites. Les retraités consomment et génèrent à leur tour des taxes, qui alimenteront l’État ce qui lui permettra de soutenir le développement économique et par là même la création de valeur..» Un mouvement de flux perpétuel, dont la dynamique permet à tous les acteurs de l’économie, mais aussi à la société et à l’environnement de se développer de façon équilibrée, au sein d’un écosystème durable.
UNE ÉCONOMIE SOCIÉTALE CIRCULAIRE Pour soutenir cette démarche, Olivier Ferrari s’appuie sur une approche d’économie sociétale circulaire. «Au centre, l’entreprise représente le socle du développement. Elle génère les
RETROUVER LE LONG TERME Pour que les entreprises aient par ailleurs les moyens de poursuivre les activités de recherche et de développement qui leur permettront de soutenir une économie durable, il est indispensable, pour Olivier Ferrari, de
revenir à un temps long de mise à disposition de l’épargne. C’est l’objectif que poursuit «ONE CREATION», la coopérative qu’il a créée en 2010 et qui investit dans des sociétés issues des 9 secteurs économiques durables désignés par l’OCDE: Gestion de l’eau, Gestion des déchets, Biologie/Chimie environnementale, Conseil en environnement, Transports/Matériaux écologiques, Énergies renouvelables et Efficacité énergétique. «Chaque associé détient une voix indépendamment de la part de capital qu’il a investi, ce qui empêche toute spéculation au sein de la coopérative.» précise-t-il. «ONE CREATION» se positionne pour la recherche d’un rendement industriel qui découle directement de l’activité économique de l’entreprise. Un modèle innovant, qui procure aux entreprises l’investissement à long terme dont elles ont besoin pour développer des technologies garantes d’un progrès économique respectueux de l’environnement.
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Viteos Brandreport 5
Viteos s’engage activement en faveur du développement durable Principal fournisseur d’énergie du canton de Neuchâtel, la société Viteos mène de nombreux projets afin de développer des infrastructures de production durables. En même temps, elle s’implique pour motiver les consommateurs à adopter les bonnes habitudes pour mieux et moins consommer. Une démarche qui passe notamment par le développement de la mobilité électrique. TEXTE THOMAS PFEFFERLÉ
Fondée en 2007 suite à la fusion des services industriels de La Chauxde-Fonds, du Locle et de Neuchâtel, l’entreprise Viteos est aujourd’hui le plus important fournisseur d’énergie du canton de Neuchâtel. Avec 350 employés actifs dans ses différents sites, Viteos alimente plus de 50% des consommateurs du canton en électricité. Ménages privés et entreprises confondus, cela représente un peu plus de 50’000 clients. En outre, la société place les problématiques liées au développement durable au cœur de ses préoccupations puisque près de 80% de l’énergie électrique fournie par Viteos est d’origine renouvelable. De bonnes performances énergétiques et écologiques dues aux importantes infrastructures hydrauliques et photovoltaïques que gère et développe l’entreprise. Et pour garantir à ses clients la provenance de son électricité ainsi que la manière dont elle est produite, l’entreprise propose trois gammes de produits sur mesure: Vivalor, Areuse et Areuse+. Ainsi, en fonction de leur choix, les clients contribuent comme ils l’entendent au développement d’infrastructures de production d’énergie d’origine locale et renouvelable. Outre cette importante production d’électricité, Viteos se charge également de l’acheminement du gaz naturel et de l’eau à la population neuchâteloise. Ainsi, la société assure 100% de la distribution du gaz naturel dans le canton, soit auprès de quelques 11’000 clients. Et pour l’eau, elle alimente la moitié du canton, ce qui représente 8,5 millions de m3 d’eau potable distribués tous les ans. Enfin, on mentionnera encore que Viteos gère et développe un important
réseau de chauffage à distance et de freecooling. Le principe: fournir chaleur ou fraîcheur via un réseau de canalisations aux bâtiments du canton. Un système particulièrement écologique qui permet de réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre. Viteos alimente ainsi environ 30’000 habitants du canton répartis dans quelques 600 bâtiments par l’intermédiaire de son réseau de chauffage à distance. DÉVELOPPER LA MOBILITÉ ÉLECTRIQUE Outres les nombreuses infrastructures de production énergétique durables que gère et développe Viteos, l’entreprise s’implique également activement en faveur de la mobilité électrique. Dans ce sens, elle a initié un ambitieux projet il y a trois ans déjà afin d’encourager les automobilistes à adopter ce nouveau type de véhicules plus écologiques. Viteos s’est donc lancée, en partenariat avec les villes de Neuchâtel, du Locle et de La Chaux-de-Fonds, dans le développement du réseau Vmotion: des bornes de recharge électriques institutionnelles et privées situées dans tout le canton. Un effort qui se traduit aujourd’hui par la présence de quelques 60 bornes publiques et privées réparties entre Le Locle, La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel. «D’ici à la fin de l’année, notre objectif consiste à en ajouter une trentaine pour en compter 90, dont la moitié sera située dans ces villes, détaille Remigio Pian, Directeur énergie et produits au sein de Viteos. Si la part d’automobilistes qui effectuent leurs déplacements dans des véhi-
cules électriques reste encore minime en Suisse, on peut tout de même noter une progression encourageante.» Et pour inciter au mieux les utilisateurs à passer aux voitures électriques, Viteos a alimenté gratuitement ces bornes de recharge en électricité pendant les trois premières années du projet. Si Viteos développe ainsi le réseau de bornes de recharge pour la population neuchâteloise, elle applique également cette démarche sur les différents sites où elle est présente. Ainsi, l’entreprise renouvelle actuellement son parc de véhicules professionnels par des voitures électriques et équipe ses différents sites en bornes de recharge afin que ses employés puissent en bénéficier également. Des bornes qui sont par ailleurs accessibles aux habitants de la région. AUGMENTER CONSTAMMENT LA PART D’ÉNERGIE D’ORIGINE RENOUVELABLE ET LOCALE Pour augmenter sa capacité de production d’énergie d’origine renouvelable et répondre à une demande croissante, Viteos s’apprête à développer encore ses infrastructures. Actuellement, deux projets hydrauliques sont en cours dans l’agglomération neuchâteloise. Objectifs: construire une nouvelle centrale hydraulique et rassembler trois autres usines existantes en un seul et même site. Des travaux qui devraient permettre d’augmenter la capacité de production hydroélectrique de l’usine de la Serrière de 50%, soit de 3 GWh/an à 4.5. Actuellement, Viteos produit 55 GWh/an au total. Normalement, ces infrastructures seront déjà fonctionnelles au début de l’année prochaine. En parallèle, l’entreprise développe constamment ses infrastructures
photovoltaïques. En termes de production d’électricité, cela correspond à une augmentation annuelle de 2GWh. Aujourd’hui, dans la production énergétique totale de Viteos, l’énergie renouvelable représente déjà 10%. «Multiplier nos infrastructures de production d’énergie d’origine renouvelable et locale s’avère essentiel pour lutter contre le courant bon marché mais gris qui circule sur le réseau européen et qui génère de fortes émissions de gaz à effet de serre, poursuit Remigio Pian. Cette électricité bon marché est notamment produite à partir de centrales à charbon situées en Allemagne ainsi qu’en Europe de l’Est. Peu chère, elle est en revanche très polluante. Pour y faire face, nous nous impliquons beaucoup pour sensibiliser les habitants de notre région à ces enjeux et problématiques. Dans le canton, j’observe que la population réagit très bien en se fournissant principalement en énergie durable et locale.» AGIR ÉGALEMENT AU SEIN DE L’ENTREPRISE Toujours dans un souci écologique, Viteos a par ailleurs pris l’initiative l’an dernier d’effectuer un bilan carbone de ses activités. Une démarche entreprise à l’interne dans le but de mesurer ses émissions de CO2 et de mettre en œuvre différentes mesures afin de réduire son impact environnemental. «Les projets que nous menons afin d’augmenter la part d’énergie renouvelable dans notre production ou encore de renouveler notre parc de véhicules avec des voitures électriques s’inscrivent complètement dans cette démarche», conclut Remigio Pian.
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6 Efficience énergétique
Entreprises, améliorez votre efficience énergétique!
TEXTE THOMAS PFEFFERLÉ
Pour toute entreprise, les coûts énergétiques influencent le chiffre d’affaires et les bénéfices. En Suisse, les législations en matière de consommation énergétique obligent les gros consommateurs à optimiser leurs infrastructures afin de diminuer leur consommation. Active dans toute la Suisse et auprès d’industries diverses, l’Agence Cleantech Suisse propose des mesures d’accompagnement spécialement adaptées aux entreprises par l’intermédiaire d’organismes spécialisés, tels que Romande Energie. Bénéficiant de leur soutien, elle a été chargée en 2014 par la Confédération d’accompagner l’application de la loi sur le CO2 et l’énergie. «En Suisse romande, nous collaborons étroitement avec Romande Energie, indique Andreas Rothen, CEO d’act. Romande Energie conseille une
trentaine d’entreprises dans le canton de Vaud. Et les mesures de réduction de consommation énergétique que nous proposons conjointement aux entreprises permettent de réaliser 10 à 20% d’économie.» Les spécialistes en énergie accrédités par act agissent notamment via l’utilisation d’un logiciel conçu par act pour établir des conventions d’objectifs avec les consommateurs. Il sert de fil rouge pour les différentes étapes de l’établissement de la convention d’objectifs et également à mesurer les économies réalisées après la mise en œuvre des actions de performance énergétique. Cet instrument permet aussi aux entreprises qui remplissent les conditions d’être exemptées de certaines taxes, comme celle sur le CO2. «Dans un premier temps, nous nous rendons dans l’entreprise pour effectuer un audit énergétique, détaille Cynthia Cavin, Responsable des prestations de maîtrise de l’énergie au sein de Romande Energie. Cette analyse permet d’identifier et chiffrer des pistes d’économie d’énergie et d’estimer leur rentabilité. Le potentiel d’économie d’énergie des mesures rentables identifiées forme l’objectif d’efficacité énergétique que l’entreprise s’engage à atteindre. Ensuite, nos spécialistes accompagnent annuellement l’entreprise afin de mesurer le succès des actions mises en œuvre. Enfin, cet engagement
en faveur de la protection du climat peut être valorisé par l’entreprise au travers d’un certificat délivré par act.» Un processus qu’a entrepris Franck Fleury, directeur du Novotel de Lausanne-Bussigny, un établissement hôtelier quatre étoiles faisant partie du groupe Accor. «En fait, nous avions déjà optimisé l’efficience énergétique de notre hôtel il y a une dizaine d’années, lors des rénovations de notre hôtel avec un toit végétalisé, une récupération de l’eau de pluie afin d’alimenter l’arrosage extérieur ainsi que les chasses d’eau, un système de récupération de chaleur
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permettant la mise en température de l’eau chaude sanitaire ainsi qu’un étang de baignade naturel. L’accompagnement de Romande Energie nous a permis d’affiner cette optimisation, par exemple en optimisant l’isolation de nos canalisations d’eau, en améliorant les réglages de notre chauffage et climatisation ou encore en affinant l’intensité de notre éclairage intérieur et extérieur. Cette multitude d’actions combinées devrait nous permettre d’avoir un impact significatif sur notre consommation d’énergie ainsi que sur nos émissions de CO2.»
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En Suisse, les organismes compétents sur les questions liées à la réduction de la consommation d’énergie s’impliquent auprès des entreprises. Agissant sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) et de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et comme intermédiaire entre les bureaux d’études et les entreprises, l’Agence Cleantech Suisse (act) certifie les démarches entreprises afin d’optimiser l’utilisation des ressources.
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8 Interview Antoine Mach
«Le développement durable est un enjeu stratégique pour les entreprises» Les entreprises ont un rôle déterminant à jouer en matière de développement durable et les citoyens, de leur côté, sont de plus en plus demandeurs de transparence de leur part. Antoine Mach, co-fondateur de Covalence, société spécialisée dans la notation éthique des entreprises, nous parle de ces enjeux. TEXTE ANNE WICK
La Responsabilité Sociale et Environnementale est une démarche de plus en plus présente au sein des entreprises. Quelles sont les illustrations de cette tendance aujourd’hui? Il y a une quinzaine d’années, la RSE comprenait deux aspects bien distincts: d’un côté, le respect des réglementations et de l’autre, la philanthropie. Aujourd’hui, ces deux notions sont intégrées et s’exercent à tous les niveaux de l’entreprise: à travers les pratiques mises en œuvre par les Ressources Humaines, les questions environnementales liées à la production, ou encore pour les multinationales, l’attention portée aux conditions de travail chez les sous-traitants. L’importance de la RSE
se reflète également à travers l’émergence d’autres concepts, tel que la «création de valeur partagée», une démarche adoptée par des multinationales comme Nestlé, l’economie sociale et solidaire, ou le modèle de «benefit corporations» né aux USA. L’an dernier, les Nations Unies ont souligné le rôle du secteur privé dans l’atteinte des Objectifs de Développement Durable, un autre signal fort en faveur de la RSE.
Pour les entreprises, le développement durable devient-il un réel enjeu stratégique? De plus en plus. La mise en œuvre d’une démarche RSE permet de s’assurer de la loyauté de ses clients, de motiver ses employés, d’entretenir de
bonnes relations avec les pouvoirs publics, mais aussi de s’ouvrir à de nouveaux marchés avec des produits dotés d’une forte valeur ajoutée. La durabilité des produits et des services prend de plus en plus d’importance, tant pour le consommateur que pour la société au sens large. D’autre part, l’émergence de standards de reporting de développement durable (Global Reporting Initiative, CDP, ISO 26000) et des agences de notation éthique ont confirmé les attentes de la société pour une communication plus transparente des entreprises sur leur impact social et environnemental.
Qu’observe-t-on en Suisse à ce sujet? Les consommateurs suisses
sont assez sensibles à la question de la RSE et du «fair trade». Du côté des entreprises, la culture de prudence et de discrétion caractéristique à notre pays peut parfois être un frein à la communication autour de ces sujets. Migros, par exemple, est pendant longtemps restée très discrète sur ses initiatives en matière de développement durable. D’autres aspects de la culture suisse constituent en revanche des atouts en matière de RSE: le côté pragmatique, sérieux, qui permet de fixer des objectifs crédibles, et la notion de qualité chère aux Helvètes, sont des aspects que l’on retrouve dans de nombreuses initiatives de développement durable menées par les entreprises suisses.
Quelles sont, selon vous, les autres évolutions à venir dans le domaine de la RSE? Notre société est en recherche de sens, et j’ai le sentiment que le consommateur va accorder de plus en plus d’importance à cette notion à travers les produits et les services qui lui seront proposés. Je pense notamment au succès du Fairphone, un Smartphone équitable qui allie innovation sociale et progrès technologique, et qui
est conçu pour durer. Je suis également frappé par le succès grandissant des produits locaux, des produits alimentaires de saison, des filières courtes. Je pense également qu’il est important que la RSE pénètre le débat citoyen.
A cet égard, comment l’action des citoyens peut-elle influencer les pratiques éthiques des entreprises? Nous sommes tous citoyens, consommateurs, mais aussi des investisseurs à travers nos produits d’assurance ou nos caisses de pensions. Nous sommes également des employés, des relais d’informations, des prescripteurs. Toutes ces casquettes nous donnent une influence sur les entreprises. Mais ne soyons pas naïfs pour autant: si nous sommes en quête de sens, nous donnons encore la priorité à nos propres intérêts… Les entreprises qui arriveront à répondre à ce paradoxe entre altruisme et égoïsme et qui concevront des produits attractifs, porteurs de sens, vendus à un prix abordable, auront selon moi du succès. Pouvez-vous nous présenter l’activité de votre société, Covalence? Covalence travaille dans le
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Antoine Mach Interview 9
Les entreprises qui arriveront à répondre à ce paradoxe entre altruisme et égoïsme et qui concevront des produits attractifs, porteurs de sens, vendus à un prix abordable, auront selon moi du succès.
domaine de l’analyse de la réputation ESG (Environnement Social Gouvernance) et la notation éthique des entreprises. L’originalité de notre positionnement s’appuie sur le recours à un grand nombre de sources d’informations— ONG, syndicats, experts, blogs, médias— pour obtenir une vision très réaliste de la démarche RSE des 3400
entreprises que nous suivons. Notre approche est largement automatisée, ce qui nous permet d’extraire, de classifier et d’analyser des milliers d’informations et de données en temps réel, selon 50 critères inspirés du standard GRI. Avec mon associé Marc Rochat nous faisons appel également à la technique du Natural Language Processing
« LE SYSTÈME DE GESTION DE L’ÉNERGIE DE L‘AENEC, AVEC SON SUIVI ANNUEL, NOUS APPORTE UN OUTIL SIMPLE, UN FIL ROUGE CLAIR POUR LES OBJECTIFS, LES ACTIONS, LES DÉLAIS. » Jean-François Cotting, responsable énergie, Villars Maître Chocolatier SA (FR)
pour traiter les contenus narratifs. C’est un outil de veille puissant, qui évolue au jour le jour et qui nous permet d’établir une notation éthique très dynamique et réactive.
Qui fait appel à vos services? Les entreprises, d’une part, à qui nous fournissons des rankings et des analyses
détaillées sur leur réputation ESG. Les investisseurs d’autre part, qu’il s’agisse de banques ou d’assets managers. Mais également les fondations, nombreuses en Suisse, qui ont besoin de cohérence entre la gestion de leur patrimoine et les projets qu’elles soutiennent. La société genevoise de gestion d’actifs Vandaalen & Cie s’est également associée cette année à Covalence pour créer un AMC (Actively Managed Certificate) sur les actions suisses, baptisé «Vandaalen ESG Swiss Equities». L’approche dynamique de notre outil intéresse également les universités, qui nous consultent régulièrement dans le cadre de leurs travaux de recherche sur la corrélation éventuelle entre mesures économiques et mesures éthiques, un sujet qui constitue actuellement un grand champ de recherches.
Quelle est la place de la finance durable en Suisse? Au sens restreint du terme, les fonds durables représentent 4,5 % des fonds de placement en Suisse. Dans un sens plus large, si l’on intègre les mandats de gestion et l’intégration ESG, on estime que la finance durable représente au moins 10% de la finance conventionnelle. C’est un domaine en forte croissance. Les associations Sustainable Finance Geneva, dont j’ai été le co-fondateur en 2008, et Swiss Sustainable Finance à Zürich, font partie des acteurs qui oeuvrent aujourd’hui pour la promotion de la finance durable auprès des investisseurs, mais aussi auprès des écoles et des universités. L’éducation constitue selon moi un véritable défi pour l’avenir de la finance durable.
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10 IT responsable
L’informatique se met au vert Le secteur des technologies de l’information et de la communication est pleinement concerné par les problèmes liés au développement durable. En Suisse, certains fournisseurs et utilisateurs commencent à intégrer la dimension écologique dans leurs infrastructures IT. Une démarche qui doit toucher tous les acteurs de la filière, de l’extraction des matières premières à l’utilisation du produit fini. TEXTE THOMAS PFEFFERLÉ
Lorsque l’on évoque le développement durable, on pense d’abord aux secteurs de l’énergie ou du transport. Pourtant, le domaine de l’informatique s’avère aussi massivement touché par les problèmes écologiques. Il faut dire que la filière de l’IT fait intervenir de nombreux acteurs aux profils variés. Avant même de parler de production mais aussi d’utilisation du matériel informatique, il faut bien sûr s’intéresser à l’extraction des matières premières. En effet, un ordinateur contient une multitude de minerais – cuivre, fer, or, platine ou encore aluminium pour n’en citer que quelques-uns – dont l’extraction se fait souvent dans des conditions de travail catastrophiques et au détriment de l’environnement. Et pour produire ensuite des ordinateurs, une énergie considérable est nécessaire. Conscients de ces enjeux, les fournisseurs d’infrastructures IT disposent quasiment tous de gammes de produits «verts». Fabriqués en réduisant au mieux l’utilisation de produits nocifs, en favorisant des conditions de production décentes ainsi qu’en améliorant leur durée de vie ou leurs possibilités de réparation, ils ne sont toutefois pas encore mis en avant de manière très visible auprès des consommateurs. Car chez ces derniers, la demande en ordinateurs durables reste encore relativement faible. «En fait, les premières préoccupations des utilisateurs en matière d’infrastructures IT concernent leurs besoins informatiques et matériels, ils se concentrent sur la puissance de
calcul et la capacité de stockage sans se soucier de la dimension écologique », précise Jean-Damien Beaud, fondateur d’e-Durable, une société spécialisée dans l’informatique «verte» et éthique établie à Gland (VD). Pourtant, lorsque les solutions plus durables sont mises en avant, on constate que la plupart des utilisateurs sont prêts à faire évoluer leur choix et à sélectionner un produit plus performant sur le plan environnemental. «Le fournisseur a donc un rôle clé à jouer en proposant à sa clientèle les alternatives les plus respectueuses de l’environnement qui existent sur le marché. En même temps, il est important que les utilisateurs demandent ce type de matériel pour inciter les fournisseurs à les proposer davantage. Peu à peu, je remarque que les consommateurs commencent à émettre des demandes de ce genre, même si c’est surtout en raison des inconvénients pratiques liés au renouvellement constant de leurs appareils.» Car le passage d’un appareil à l’autre s’accompagne toujours de copies, transferts et autres reconfigurations parfois très longues. On notera aussi que ces produits «verts» sont vendus dans les mêmes prix que les autres. Bien que leur production soit légèrement plus onéreuse, la marge reste toutefois intéressante pour les fabricants. OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE Si utilisateurs et fabricants doivent tous les deux assumer une part de responsabilité dans l’impact écologique du secteur informatique, certaines pratiques des fabricants doivent cependant être plus largement dénoncées et abolies. Car dans le domaine de l’IT, l’obsolescence programmée reste présente dans des proportions inquiétantes. «Loin d’être un mythe, cette démarche concerne surtout les batteries et les cartouches d’imprimantes, explique Jean-Damien Beaud. Il est encore trop fréquent que les fabricants commercialisent des batteries qui possèdent un nombre de cycles de charge efficaces limité. Le problème concerne également les cartouches d’imprimantes. Munies
de puces électroniques, certaines deviennent inutilisables alors qu’il reste encore de l’encre à l’intérieur. Ces puces les rendent obsolètes alors qu’elles ne sont pas encore vides!» Au-delà du consommateur et du fabricant, il faut aussi noter que les normes et réglementations jouent un rôle important. Des mesures imposées par l’Europe permettent déjà de cadrer les pratiques des acteurs de l’IT. Par exemple, la directive européenne RoHS, adoptée depuis plus de dix ans, limite l’utilisation de six substances dangereuses dans la production de matériel informatique. Les fabricants européens n’ont d’ailleurs pas le droit de commercialiser des produits qui ne respectent pas cette directive. LA MAINTENANCE ÉVITE LE GASPILLAGE ET PERMET D’AGIR SUR LE CYCLE DE VIE Outre les bonnes pratiques de base consistant à choisir du matériel moins nocif et éco-labellisé, à limiter l’utilisation d’énergie en éteignant son ordinateur le soir et à imprimer de manière plus responsable, l’enjeu majeur à venir reste celui de la gestion et de l’allongement
du cycle de vie. On estime en effet que 80% de l’impact écologique du matériel informatique est dû à sa fabrication. Seul 20% concerne son utilisation finale par les utilisateurs. «Certains clients viennent nous voir pour changer d’ordinateur car le leur est perçu comme trop lent ou trop vieux. Mais souvent, un bon nettoyage physique et des programmes permet de retrouver les capacités d’origine de sa machine, ajoute Jean-Damien Beaud. De plus, nous recommandons l’utilisation de logiciels libres qui offrent toutes les fonctionnalités dont les utilisateurs ont besoin pour une utilisation classique en PME par exemple. Et cela sans devoir racheter les dernières versions des programmes utilisés antérieurement.» Au final, l’accumulation systématique de nombreux gestes du quotidien permet de changer la donne sur le plan global. Une philosophie que tout le monde peut suivre, à l’instar d’e-Durable, qui depuis ses débuts a systématiquement recherché les solutions les plus durables lors de ses achats et sélectionne soigneusement ses fournisseurs pour dépenser chaque franc de manière éthique et écologique.
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Obligations en énergie solaire 11
Quand écologie et économie font bon ménage Basée à Genève, la société Prime Energy Cleantech propose d’investir dans la construction de centrales photovoltaïques. Si l’engouement pour développer les infrastructures solaires du pays s’avère bien présent, le cadre politique freine encore la croissance d’un marché au potentiel conséquent. TEXTE THOMAS PFEFFERLÉ
En Suisse comme en Europe, l’énergie solaire connaît un développement fulgurant. Les centrales de production photovoltaïque se développent à grande vitesse, alimentant ainsi le réseau en électricité d’origine renouvelable. Si l’énergie solaire était encore trop onéreuse pour doper les investissements lorsqu’elle apparaissait il y a une trentaine d’années, son prix s’avère des plus compétitifs aujourd’hui. Par exemple, depuis 2008, le prix des panneaux solaires a été divisé par quatre. Un argument économique de taille qui, conjugué aux atouts écologiques imbattables du solaire, en fait une énergie particulièrement prometteuse. Une nouvelle donne que l’Allemagne, qui subventionne massivement le développement des nouvelles énergies renouvelables depuis les années 2000, a parfaitement saisie. En moins de quinze, le pays est passé d’une capacité d’installations de moins de 10 GW à plus de 70 GW.
«En Suisse, le potentiel de croissance s’avère énorme, indique Khalid Belgmimi, qui dirige Prime Energy Cleantech à Genève. Actuellement, il y a environ 40’000 demandes émanant d’investisseurs qui désirent participer à la construction de centrales photovoltaïques dans le pays. Seulement, le cadre politique freine ce fort engouement car pour raccorder une nouvelle centrale au réseau, il nous faut obtenir l’accréditation de Swissgrid, qui gère et régule le réseau helvétique. Cette accréditation implique pour Swissgrid de s’engager à racheter le courant de la centrale en question à un tarif fixe pour les vingt prochaines années. Par conséquent, sur les très nombreuses demandes que reçoit Swissgrid, seul un millier par année sortent de la liste d’attente. Ce qui est dommage si l’on considère le potentiel et l’engouement énormes qui existent pour développer ces infrastructures.»
Aujourd’hui, Prime Energy Cleantech gère un parc solaire d’une puissance de six MW en Suisse et plus de 22 MW sur l’ensemble de l’Europe. Son objectif à court terme: atteindre une capacité de 100 MW. A titre d’exemple, l’entreprise a récemment financé la construction d’une centrale photovoltaïque dans la petite commune vaudoise de Gimel. Avec une surface de 4500m2 de panneaux solaires installés sur le toit d’une exploitation agricole, la centrale produit quelques 610 KW, ce qui représente 25% des besoins de la commune, qui compte un peu moins de 2000 habitants. Une démarche écologique et locale qui, si elle bénéficiait d’un cadre politique plus favorable, pourrait constituer un scénario réaliste pour se passer progressivement du nucléaire. Autre avantage: un rendement annuel compris entre 3,125 à 3,75% pour les investisseurs qui achètent des obligations valables sur une période de cinq à dix ans. Et comme les fonds sont investis dans des produits figés, à savoir des centrales solaires locales, le coupon n’est pas soumis aux fluctuations des marchés financiers.
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Systèmes solaires
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12 Construction durable
Un avenir durable à construire Leader de la construction en Suisse, la société Implenia s’est engagée il y a 7 dans une démarche de développement durable qui fait aujourd’hui partie intégrante de la stratégie et des valeurs de l’entreprise. En se fixant des objectifs ambitieux, elle entend également jouer un rôle pionnier au sein de la filière de la construction à travers des projets pilotes innovants. TEXTE ANNE WICK
Consciente du fort impact environnemental et sociétal de ses activités et de sa responsabilité en tant que leader du secteur en Suisse, Implenia a placé très tôt les enjeux du développement durable au cœur de sa stratégie. «Cette volonté s’est traduite par la mise en œuvre de partenariats significatifs dès 2009», explique François Guisan, Intégrateur Développement Durable chez Implenia. «Nous avons fait partie
du comité de pilotage du Standard de Construction Durable Suisse (SNBS) dès 2010, puis avons signé cette même année une convention avec le WWF afin de mettre au point la méthode de planification de quartiers durables One Planet Living pour la Suisse.» En parallèle, Implenia a établi le code de conduite de l’entreprise en collaboration avec la fondation Ethos. Forte de ces initiatives, la société a mis en place un réseau de référents du développement durable en interne et créé le Technical Center, une cellule dédiée qui sert d’appui aux divisions opérationnelles pour tous les enjeux liés à la durabilité. UNE ACTION CONCRÈTE SUR LE TERRAIN Veille technologique, développement et suivi de la qualité des protocoles, de la gestion des sites de production et des chantiers… les compétences
du Technical Center sont multiples. «Notre volonté en matière de durabilité s’exprime autant à travers la recherche et le développement de technologies innovantes qu’à travers l’accompagnement de nos équipes et la mise en place de solutions concrètes sur nos lignes opérationnelles», insiste François Guisan. «Nous passons près de 60 % de notre temps sur le terrain pour répondre aux problématiques des opérateurs.» Autant de solutions destinées à être ensuite systématisées, déployées, puis intégrées aux standards de durabilité de l’entreprise. «L’un de nos principaux défis environnementaux réside dans l’activité de nos chantiers», poursuit-il. «Implenia est la première société de construction suisse à avoir établi un diagnostic des flux de matière et d’énergie et développé des standards de chantiers portant sur la gestion des déchets, le gestion de l’eau, la qualité de l’air et le bruit.»
DES ACTIONS PIONNIÈRES Un système de bandes roulantes permettant d’évacuer les matériaux de terrassement et d’excavation sur un chantier des Transports Publics Genevois, ou encore la mise en place d’une plateforme logistique sur rails pour un chantier des CFF constituent deux exemples de projets pilotes récents, particulièrement encourageants en termes de résultats. «Ces aménagements nous ont permis d’économiser des dizaines de milliers de transports de camions en centre-ville», se félicite François Guisan qui voit en ces réussites un cap à suivre pour les pratiques futures d’Implenia. «Nous avons parcouru du chemin, mais il nous reste bien sûr encore beaucoup à faire pour répondre aux ambitions que nous nous sommes fixées afin d’accompagner les politiques de la COP21 et d’œuvrer en faveur d’une vraie durabilité pour tous», conclut-il.
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Article Sponsorisé Recyclage 13
Nos déchets électriques sont d’une grande valeur! Votre contribution à eRecycling 9.6 kilogrammes – c’est la quantité moyenne de déchets électroniques produits par personne en Suisse qui est réintroduite dans le cycle SENS eRecycling. À l’échelle mondiale, les déchets électriques sont les principaux contributeurs aux montagnes d’ordures, devant tous les autres types de déchets. TEXTE SMA
Telle est la conclusion tirée par le forum européen WEEE (Waste Electronical and Electric Equipment). Si les appareils électriques sont déposés dans une décharge, des substances toxiques provenant de leurs piles, condensateurs, batteries et unités de refroidissement peuvent être libérées dans la nature. En plus, des matières premières d’une grande valeur sont ainsi perdues. En
effet, plus de 75 pour cent des éléments des appareils électriques et électroniques peuvent être recyclés. Il s’agit notamment de métaux comme le cuivre, l’aluminium, le zinc, le laiton et le fer, mais aussi du plastique et du verre. En Suisse, au cours des vingt-cinq dernières années, et rien qu’au travers de la fondation SENS eRecycling, ce sont 17 000 tonnes d’aluminium, 530 000 tonnes de fer et d’acier, 28 000 tonnes de cuivre et 103 kilogrammes d’or qui ont pu être réintroduits dans le cycle des matières. TOUT LE MONDE NE CONTRIBUE PAS AU CYCLE DES MATIÈRES En Suisse, un réseau dense, constitué de 585 points de collecte SENS et plus de 600 fabricants, importateurs et points de vente spécialisés,
Votre contribution à eRecycling Ramenez les appareils électriques usagés gratuitement auprès du revendeur ou à un point de collecte SENS. Vous trouverez ici facilement le point de reprise le plus proche de vous: www.erecycling.ch Lors de l’achat d’un appareil électrique chez un revendeur spécialisé, assurez-vous que la taxe de recyclage anticipée (TAR) est bien incluse dans le prix. Lors d’achats à l’étranger ou en ligne, la TAR n’est pas incluse. Toutefois, vous pouvez payer depuis votre portable une TAR volontaire d’un montant de 5 francs (SMS: VRG au 488) Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.erecycling.ch
veille à ce qu’environ 95 pour cent des appareils usagés soient rejetés de façon appropriée - un record à l’échelle mondiale qui fait notre fierté. En dépit de cette performance remarquable, une ombre subsiste au tableau: tous les constructeurs, importateurs et revendeurs ne sont pas disposés à s’acquitter de la taxe anticipée de recyclage et à contribuer ainsi au cycle des matières qui permet d’économiser des ressources. Évidemment, leurs appareils sont
également éliminés de façon appropriée - aux frais de ceux qui payent leur taxe. Rien que dans les pays de l’Union européenne, environ deux tiers de déchets électriques sont soit exportés vers des pays tiers, soit recyclés de manière non professionnelle ou jetés dans les ordures ménagères. La Suisse tire profit à plus d’un titre de l’élimination et du recyclage à l’intérieur de ses frontières: cela permet de réduire l’importation de matières premières
ainsi les coûts et les émissions liés au transport.
Smart Facts Depuis plus de 25 ans, la Fondation SENS eRecycling définit des normes pour un recyclage durable des appareils électriques et électroniques usagés, des lampes et des luminaires. SENS eRecycling gère un système de reprise présent partout en Suisse et financé via la taxe anticipée de recyclage (TAR).
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50’800 tonnes de fer
Matières premières récupérées
1’900 tonnes d'aluminium
2’500 tonnes de cuivre
95% des appareils usagés sont éliminés de façon appropriée
Partenaires TAR Commerces spécialisés Fabricants Importateurs
Recyclage
26’100 Petits appareils électroménagers
630’000 Grands appareils électroménagers
410’000 Appareils frigorifiques
9,6 kg de déchets électroniques collectés par personne
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14 Gaz naturel
Mobilité verte: les atouts du gaz naturel Rouler au gaz naturel offre de multiples avantages. Écologiques, ces véhicules permettent également de réaliser de belles économies par rapport aux voitures classiques. En Suisse, les stations permettant de faire le plein de gaz naturel sont déjà bien implantées. TEXTE THOMAS PFEFFERLÉ
Si les véhicules fonctionnant au gaz naturel constituent un choix éthique et écologique par rapport aux véhicules à essence ou au diesel, les avantages économiques sont également à souligner. En effet, le gaz naturel, principalement constitué de méthane, s’avère bien moins cher que les carburants utilisés habituellement. Pour donner un ordre d’idée, on parcoure aisément entre 300 à 350 km avec une somme de 10 à 15 francs en utilisant cette énergie. De quoi faire pencher la balance en faveur de ce carburant propre pour ceux qui hésiteraient encore. Sans compter qu’avec le réservoir à essence dont sont équipées toutes les voitures, l’autonomie peut monter jusqu’à 1000km selon les modèles. Respectueux de l’environnement, le gaz naturel utilisé dans les voitures se forme dans les couches géologiques du sous-sol suite à un lent processus de décomposition de micro-organismes végétaux et animaux qui se
déroulent pendant des millions d’années. Energie largement disponible et sûre, le gaz naturel est considéré comme étant l’énergie fossile la plus propre. Ses émissions de gaz à effet de serre sont en effet très faibles puisque il ne rejette presque aucune particule polluante dans l’atmosphère lors de sa combustion. Ainsi, les émissions de CO2 sont de 25 à 30% inférieures à celles du fioul et d’au moins 40 à 50% plus basses que celles du charbon. «Pour l’instant, ce type de véhicules représente encore un marché de niche, indique Carmelo Todaro, qui dirige le Garage Moderne à Epalinges, où des automobiles au gaz naturel sont proposées. Ce sont surtout les entreprises qui franchissent le pas. Et pour un garagiste, il faut savoir que vendre ces véhicules implique de former son personnel et de se munir de l’outillage adéquat. Mais à mes yeux, cette alternative aux voitures à essence constitue l’option la plus sûre et performante parmi toutes les technologies qui sont développées dans la mobilité verte.» Ce faible engouement n’a pourtant pas empêché Giuseppe Dalla Valle, directeur de l’entreprise familiale DVG, située à Crissier et active dans la construction sanitaire et la construction d’installations de gaz médicaux, à avoir franchi le pas il y a dix ans. «Nous nous sommes tournés vers cette énergie en 2006.
Aujourd’hui, nous avons une flotte de dix véhicules fonctionnant au gaz naturel. En tant qu’entreprise, nous voulions nous démarquer en montrant notre engagement en faveur de l’environnement. Financièrement parlant, nous avons pu économiser 40’000 francs de carburant depuis que nous sommes passés au gaz naturel.» Encore frileuses, les entreprises helvétiques pourraient pourtant s’inspirer de La Poste ou encore du géant de la publicité extérieure APG|SGA, qui n’ont pas hésité à se munir de véhicules
fonctionnant au gaz naturel depuis plusieurs années déjà. En Suisse romande, la société Gaznat, établie à Vevey, assure l’approvisionnement en gaz naturel en anticipant la croissance de la demande tout en gérant la maintenance et la sécurité de son réseau de gazoducs. Et pour soutenir les utilisateurs dans l’achat d’un véhicule fonctionnant au gaz naturel, elle accorde des primes de 2000 francs, voire plus durant des campagnes promotionnelles comme c’est le cas actuellement avec Amag et Fiat.
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Responsabilité sociale 15
Pensée latérale pour le futur
La durabilité a besoin de terrains d’exercice «Et si l’art nous aidait à avancer?» Voici le titre de la sixième édition de notre série d’expositions intitulée «Art et durabilité». Il y a tout juste trois ans, nous lancions cette série depuis le siège de la Mobilière à Berne, afin de diriger perception et réflexion vers la vision d’un futur responsable - et ce, en collaboration avec divers artistes. Nous soulevons ainsi la question de comment et avec quelles méthodes nous pourrions nous préparer pour les défis des temps à venir, et du rôle que l’art peut y jouer. TEXTE DOROTHEA STRAUSS, DIRECTRICE CORPORATE SOCIAL RESPONSIBILITY, LA MOBILIÈRE
Tout le monde parle de durabilité, mais où cette conscience peut-elle se développer? Où pouvons-nous apprendre à manier des environnements complexes ou à trouver des réponses à certains questionnements possédant de multiples facettes? Les sujets brûlants de notre temps exigent de chacun un positionnement. Pour cela, il vaut le coup de remettre en question nos conceptions de ce qu’est pour nous une bonne façon de vivre - dans la prospérité et la sécurité. Quelles possibilités avons-nous et quelles possibilités voulons-nous emprunter afin de travailler à la construction de notre futur? Sommes-nous prêts à partager ou à renoncer à quelque chose? D’où nous viennent de nouvelles idées? Qu’est ce qui nous inspire à changer et à développer notre pensée? Et à quoi ressemblent ces alternatives? Nous sommes tous d’accord sur le fait que la durabilité nécessite une concentration sur l’essentiel, en d’autres termes, une réduction. Pour
autant la durabilité nécessite aussi une abondance - à savoir une abondance de nouvelles idées, de nouveaux modes de vie, de nouvelles perspectives. Dans notre travail, nous nous penchons sur la façon de soutenir et encourager une attitude qui se rapproche de la durabilité sur plusieurs plans. La pensée latérale ne fait absolument pas partie des domaines de l’économie créative et de la publicité! Tout au contraire: entre temps, beaucoup de chercheurs et de représentants économiques se mettent à élargir leurs propres champs de vision et ce, en se plongeant dans le bouillonnement créatif de la culture. Mais les artistes euxmêmes, veulent-ils assumer à travers leurs œuvres cette mission de mouvoir notre société, pour la seule raison qu’il existe de grands défis sur cette terre? Pas tous - mais beaucoup. Toujours plus d’artistes sont des joueurs en équipe, interdisciplinaires et connectés,qui veulent aider à la conception de notre futur. La Suisse possède
déjà assez d’exemples prouvant que les artistes portent conseil et que recherche, économie et art peuvent s’accorder afin de développer une nouvelle conscience pour des ordres d’idées et thématiques complexes. C’est ce genre de processus que la Mobilière souhaite soutenir et animer, afin que l’art et la pensée artistique se trouve reconnue comme médiateur et surprenante force motrice, et ainsi activement associée à un développement durable et positif de notre société. Car les artistes ont depuis toujours démontré leur esprit pionnier: l’Art rassemble les Hommes, l’Art nous provoque, l’Art ouvre de nouvelles perspectives. Notre série d’expositions “Art & durabilité” crée un cadre parfait pour cela. Nous apprenons par une confrontation à l’art à découvrir des environnements, nous apprenons à être attentifs et à cultiver une relation lucide et ouverte avec autrui. Ce sont d’importantes conditions préalables à la
mise en place du développement d’un futur responsable. Un agissement durable présuppose la compréhension de certains contextes, car seulement ainsi peuvent se tirer les conclusions appropriées. C’est dans ce genre de processus que la collaboration avec des artistes peut être d’une aide extraordinaire. Beaucoup de ce que nous nous souhaitons, ne se réalise pas. Parfois c’est le souhait qui est trop grand ou alors la
patience qui est trop petite. Celui qui possède des souhaits a besoin d’énergie, car il doit pouvoir attendre leur réalisation. Et si un souhait semble finalement ne pas se réaliser, qu’adapte-t-on? Soi-même, le souhait, ou le contexte? L’un ou l’autre pourrait demander: a-t-on besoin d’art dans notre monde? Contre-question: a-t-on besoin du monde dans l’art? Et si l’art nous aidait à avancer? Nous sommes persuadés que c’est bien le cas.
Smart Facts L’engagement sociétal de la Mobilière Dorothea Strauss dirige le département de la responsabilité sociale organisationnelle de la coopérative Mobilière. L’entreprise, coopérative depuis 1826, soutient des projets de recherche à l’Université de Berne, l’ETH Zürich et l’EPF Lausanne. Elle rend possible de nouveaux dialogues entre art et société, encourage des projets de prévention pour la protection face aux dangers naturels dans plusieurs régions de la Suisse et renforce la force d’innovation des entreprises Suisses. Plus d’informations sur mobiliar.ch/engagement Visitez notre exposition «Art et durabilité Vol. 6 - Et si l’art nous aidait à avancer?»: mobiliere.ch/la-mobiliere/ engagement/art-et-culture/les-expositions-au-siege-dela-direction-de-la-mobiliere-a-berne
Le groupe Mobilière En Suisse, un ménage sur trois est assuré à la Mobilière. L’assureur toutes branches présente un volume de primes de 3,3 milliards de francs. 79 agences avec un service des sinistres propre garantissent la proximité sur 160 emplacements à 1,7 millions de clients. La Mobilière emploie sur les marchés nationaux de Suisse et de la principauté du Liechtenstein 4900 salariés et propose 308 postes de formation.
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ONE CREATION Cooperative www.onecreation.org ISIN CH0211420010