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Vol. XXXXVI - N° 182 - juin 2019 - ISSN 0249-6380


vol. XXXXvI - n° 182 - JUIn 2019 - Issn 0249-638

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Dépôt légal juin 2019 Imprimeries de Champagne Chaumont-Langres

Directeur de la publication : C. Offrey Rédacteur en chef : Docteur J-J. Legrand Comité de Rédaction : Docteur L. Cariel Docteur J-J. Deutsch Docteur H. Cartier Docteur A. Lorcy Docteur J-C. Scialom Rédaction : Société Française de Médecine Esthétique 154, rue Armand-Silvestre 92400 Courbevoie http:/www.sfme.info e-mail : info@sfme.info Fax : 01 43 33 95 99 Publicité : SFME Fax : 01 43 33 95 99 www.sfme.info Abonnements : 4 numéros par an France : Membre de la S.F.M.E : 28 € Non membre de la S.F.M.E. : 55 € Etranger : Europe : Outremer :

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Sommaire

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Programme du 40ème Congrès National de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique Palais des Congrès de Paris, 13 et 14 septembre 2019 ............................................ 67 Photobiomodulation LED et cheveux F. Michel (Vichy) ....................................................................................................................................... 81 Poches malaires : options thérapeutiques médicales d’une série de 80 cas C. de Goursac (Paris) ........................................................................................................................... 87 Le «foot lift» à la Française, ou coment gérer la douleur des pieds consécutive au port de talons hauts en alternative ou en complément des traitements traditionnels E. Essayagh (Cap d’Antibes) .......................................................................................................... 97 Abstracts et Comptes-rendus du 39ème Congrès National de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique 7 et 8 septembre 2018, Palais des Congrès, Paris (2e partie) F. Michel (Vichy) ................................................................................................................................... 103 Sommaire des numéros du Journal de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique encore disponibles ........................................ 117

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L

a photobiomodulation LED est surtout connue pour ses effets réparateurs, mais elle suscite également un espoir dans le domaine des alopécies, surtout auprès du grand public. Voici où nous en sommes actuellement.

1 Photobiomodulation LED et cheveux F. MICHEL* Vichy

HISTORIQUE ET TERMINOLOGIE DE LA PHOTOBIOMODULATION

Les lampes LED (Low Emitting Diode) émettent une lumière non thermique, non collimatée, qui donc, se disperse dans toutes les directions. Les lasers LLLT (Low Level Laser Therapy) émettent une lumière non thermique, mais collimatée. L’exemple le plus répandu est le pointeur laser. Dans tous les cas, les lumières sont dans un spectre allant, selon les appareils, du bleu à l’infrarouge proche, et il est important de savoir que ces longueurs d’onde ont été utilisées avec les lampes dites infrarouges, avec des énergies similaires, mais groupées, alors que les lampes LED et LLLT émettent en général une longueur d’onde isolée ou parfois trois. Ces lampes infrarouges ont été utilisées depuis bientôt un siècle sur environ 30 millions de personnes, ce qui donne à ces lumières, quand elles sont utilisées dans ce niveau d’énergie, un recul et un gage de sécurité exceptionnels en médecine. Des études ont été réalisées en grand nombre avec les lasers pour des raisons pratiques, car les lumières et les effets sont faciles à modéliser. En pratique médicale esthétique ou en dermatologique, les panneaux des lampes LED sont beaucoup plus fonctionnels, mais quoi qu’il en soit, les effets biologiques sont les mêmes, ce qui permet de transposer aux lampes les résultats obtenus avec les lasers.

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LES DIFFÉRENTES APPROCHES

A - LE CAS PARTICULIER DU LASER ExCIMER

* Email : drfrancoismichel@orange.fr

Il s’agit d’un laser ultraviolet à 308 nanomètres qui est utilisé dans le traitement de la pelade avec une bonne efficacité (1). Mais, bien entendu, tous les autres appareils veillent bien à ne pas émettre d’ultraviolets et sont utilisés dans des indications plus larges.

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Photobiomodulation LED et cheveux B - ENCORE à LA MARGE, LA LUMIèRE BLEUE Étudiée par la Société Philips, elle a fait l’objet d’études poussées en laboratoire, mais n’a pas donné lieu, pour l’instant, à un appareil commercialisé. Ces études ont permis la mise en évidence de photorécepteurs : les OPN2 (Rhodopsin) et les OPN3 (Panopsin, Encephalopsin). Les paramétrages adoptés ont été : 3.2 J/cm2 à 453 nm, et l’effet escompté est de prolonger la phase anagène. C - LES TRAITEMENTS COMBINÉS : PHOTOBIOMODULATION LED ET MÉSOTHÉRAPIE D’une part, on se souvient de la très belle publication de G. Beilin dans cette revue. D’autre part, on citera le mémoire pour le diplôme DU de médecine morphologique et anti-âge « Image corporelle et prévention dans le vieillissement 2013. À propos de l’association mésothérapie et LED dans le traitement de l’alopécie androgénétique, soutenu par E. Jeanson. Méthodologie et protocole : à chaque séance, 3ml de NCTF 135 HA® et photobiomodulation LED utilisant le jaune 590 nm à 12 J/cm2 et le rouge 625 nm à 14 J/cm2. Pour les 10 patients traités, on a noté un arrêt rapide de la chute des cheveux à 1 mois, et une repousse visible dès 2 mois. Deuxième étude pilote de S. Boisnic avec l’utilisation d’un roller : une séance tous les 15 jours pendant 3 mois, puis une par mois pendant 5 mois. On constate un arrêt de la chute des cheveux, une repousse et une amélioration de la qualité des cheveux. D - LA PHOTOBIOMODULATION LED ROUGE ET/OU INFRAROUGE Nous sommes ici dans la situation la plus fréquente et c’est en particulier le cas avec les appareils vendus directement aux particuliers, également appelés « home device ». Lorsque l’on regarde la littérature, une analyse (2) met en cause la totalité des études faites jusqu’ici. Mais comme il s’agit d’un travail issu des équipes de la Société Philips qui développent la lumière bleue, cela relativise les choses, même si bien sûr, les études concernant la photobiomodulation ont souvent du mal

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à se hisser au niveau de celles réalisées par les grands laboratoires pharmaceutiques et avec celles faites par la Société Philips. Une méta analyse (3) concerne les études sur les appareils LLLT validés par l’administration américaine FDA (Food and Drugs Administration). Elle recouvre 21 études valables et une bonne mise en évidence de l’efficacité et de la sécurité, même si certains critères, tels que le nombre de séances nécessaires restent flous. Une autre méta analyse (4) publiée par le très prestigieux Journal de l’Académie Américaine de Dermatologie (JAAD), établit qu’avec le Finastéride® et le Minoxidil®, la photobiomodulation fait partie des seuls traitements médicaux ayant une efficacité prouvée sur l’alopécie androgénique. Si l’on considère les études en double aveugle, l’une d’entre elles (5) montre une amélioration de 51 % de l’alopécie androgénique avec des LLLT, à 650 nm, alors qu’une autre (6) avec LLLT et LED à 655 nm, montre 37 % d’augmentation des cheveux par rapport au groupe contrôle chez les femmes, tandis que la même équipe avec le même protocole, retrouve 35 % de repousse chez les hommes (7). Enfin, une autre étude évalue les performances des « home devices », validés par la FDA (8) et constate une efficacité et une sécurité établies, mais un manque de suivi à long terme. Alors, qu’en disent les grands Maîtres ? Daniel Barolet à Montréal est actuellement la référence en ce qui concerne la photobiomodulation par lampes LED. Il constate (8) que le mécanisme d’action est identifié avec la photobiomodulation à 660 nm et à 830 nm. Kim et coll. ont rapporté l'induction de la prolifération et de la migration de hORSC et l’inhibition de l'apoptose in vitro, associée à la stimulation directe de la voie de signalisation Wnt5a/β-caténine et Erk dans les cellules de la gaine externe du follicule pileux humain. Une autre étude de Carrasco et coll. a montré que la production de dérivés oxydés in situ dans la peau de la souris active la prolifération cellulaire dans la région du bulge, favorisant la croissance des cheveux. Et il rappelle que la photobiomodulation fait maintenant partie des trois méthodes non-chirurgicales validées dans l’alopécie androgénique, avec le Finastéride® et le Minoxidil®. Michael Hamblin à Harvard, USA, est plus réservé. Il rappelle (9) que l’amélioration visible est modérée et en particulier, dans l’étude faite chez les hommes et chez les femmes qui a été citée plus haut, les observateurs n’ont pas pu, sur photos, voir de différences entre le groupe traité et le groupe témoin. Pour lui, l’avenir est aux infrarouges et aux « home devices ». Donc ces deux avis convergent pour dire que l’effet est indéniable, mais que l’amélioration des paramétrages est nécessaire.


En pratique quotidienne : C’est le moment de rappeler que la photobiomodulation est un traitement réparateur. Et d’ailleurs, pourquoi ce terme de photobiomodulation ? Parce que l’effet biologique peut être apaisant en cas d’inflammation ou stimulant en cas de fibrose. On va vers le retour à l’équilibre physiologique, d’où le terme modulation. Et les appareils actuellement disponibles sur le marché, malgré leurs grandes disparités de couleur et surtout de puissance, ont cet effet modulateur constaté par tous les utilisateurs, à condition toutefois de rester sur des fluences basses, surtout en cas d’inflammation, mais lors de fibrose, l’irradiance devra être plus élevée.

Photobiomodulation LED et cheveux

Personnellement, j’utilise une combinaison de rouge et d’infrarouge à 4 Joules et 99 Hz. En cas d’inflammation du cuir chevelu, l’amélioration sera au rendez-vous, par exemple dans le cas des pseudo pelades (photos 1 et 2). Bien sûr, il est tout à fait logique de proposer la photobiomodulation en accompagnement de la chirurgie du cuir chevelu, puisqu’elle améliore toujours les cicatrisations, et d’ailleurs, son utilisation se répand dans les Services de chirurgie plastique. Et dans ce cas, on aura en prime l’amélioration de la repousse des cheveux.

Photos 1 et 2.

Lors des pelades, en l’absence de traitement d’efficacité constante, on peut légitimement proposer la photobiomodulation, même si l’efficacité n’est pas constante, elle est parfois spectaculaire, comme on le voit sur les photos 3 et 4, avec l’effet à 2 mois d’une seule séance. Sur les photos 5, 6, 7, on voit un excellent résultat après échec des corticoïdes locaux et des UVB, avec une séance tous les deux mois.

Photos 3 et 4.

ϯϭ Ϭϱ Ϭϵ

Ϭϭ ϭϬ ϭϬ ϬϮ Ϭϴ ϭϬ

Photos 5, 6 et 7.

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06 05 09

Photobiomodulation LED et cheveux Sur les photos 8, 9, 10, 11, on voit une très bonne amélioration dans une situation compliquée d’alopécie avec un retentissement majeur des dermocorticoïdes. L’effet réparateur joue alors à plein. Enfin, je n’ai pas résisté à la tentation de tester l’appareil sur ma propre alopécie. Avec 1 séance par semaine ou parfois tous les 15 jours, mais sur une longue durée. On voit sur les photos 12, 13, 14, 15, 16, que l’alopécie a régressé de façon visible et photographiable, mais après un long intervalle, puisque entre le 30/09/09 et le 02/02/10, on n’a pas de différence. Par contre, il est intéressant de savoir que les séances ont été arrêtées le 01/04/11 et que le 30/11/17, l’alopécie ne s’était pas réaggravée, ce qui correspond à un effet durable. Notons par ailleurs que, compte tenu des incertitudes des paramétrages, je ne traite pas habituellement les alopécies androgéniques par photobiomodulation sur mes patients et donc, je ne peut donc donner d’avis sur une moyenne de résultats personnels.

3

CONCLUSION

L’effet réparateur de la photobiomodulation est constant, et elle sera toujours indiquée sur un cuir chevelu inflammatoire ou fibreux. Le rouge et l’infrarouge ont un effet cliniquement prouvé dans l’alopécie androgénique, mais avec une grande irrégularité des réponses et des protocoles.

22 03 13

Si l’on veut résumer les indications, on pourrait dire : - En cas d’inflammation du cuir chevelu : OK - En cas de chirurgie du cuir chevelu : OK - En cas de pelade : pourquoi pas ? - En cas d’alopécie androgénique : prudence avec les promesses faites aux patients Et à l’avenir, il semble que les « home devices » vont se répandre et compte tenu du très grand nombre de sujets qui seront ainsi traités, les retours, même s’ils sont difficiles à obtenir dans ces cas-là, nous aiderons à cerner les meilleurs paramétrages.

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Photos 8, 9, 10 et 11.


ϯϬ Ϭϵ Ϭϵ

Photobiomodulation LED et cheveux Conflit d’intérêt : l’Auteur indique ne pas avoir de conflit d’intérêt en rapport avec cet article.

ϬϮ ϬϮ ϭϬ

ϯϬ ϭϭ ϭϳ

Ϭϭ Ϭϰ ϭϭ

Photos 12, 13, 14 et 15.

BIBLIOGRAPHIE 1 - DARWIN E, ARORA H, HIRT PA, WIKRAMANAYAKE C. A review of monochromatic light devices for the treatment of alopecia areata . Lasers Med . Sci. 2018 Feb;33 (2): 435-44. 2 - Exp Dermatol. 2016 Oct;25(10):745-9. Photobiomodulation devices for hair regrowth and wound healing: a therapy full of promise but a litterature full of confusion. 3 - Low level laser therapy and hair regrowth: an evidence-based review : https://www.ncbi.nlm.nih. 4 - ADIL A, GODWIN M. The effectiveness of treatments for androgenetic alopecia: A systematic review and meta-analysis. J. Am. Acad .Dermatol. 2017 Jul; 77(1) 5 - FRIEDMAN S, SCHNOOR P. Novel Approach to Treating Androgenetic Alopecia in Females with Photobiomodulation (Low-Level Laser Therapy). Dermatol. Surg.2017 Jun; 43(6): 856-867. 6 - LANZAFAME RJ, BLANCHE RR, CHIACCHIERINI RP, KAZMIREK ER, SK.LAR JA .The growth of human scalp hair in females using visible red light laser and LED sources. Lasers Surg . Med. 2014 Oct; 46(8):601-7. 7 - LANZAFAME RJ1, BLANCHE RR, BODIAN AB, CH IACCH I E R I N I R P, F E R NAN DEZ - OB R EGON A, KAZMIREK ER. The growth of human scalp hair mediated by visible red light laser and LED sources in males. Lasers Surg . Med. 2013 Oct; 45(8): 487-95. 8 - DODD EM, WI NTER MA, HORDI N S KY M K, SADICK NS, FARAH RS. Photobiomodulation therapy for androgenetic alopecia: A clinician's guide to homeuse devices cleared by the Federal Drug Administration. J. Cosmet.Laser Ther. 2018 Jun; 20(3): 159-167. 9 - BAROLET D.: Harnessing Light from Visible to Near Infrared for Medical and Aesthetic Purposes. Medical Research Archives vol 6 Issue 1. January Issue. Photobiomodulation in Dermatology. 10 - PINAR AVCI, MD, GAURAV K. GUPTA, MD, PHD, JASON CLARK, MD, NORBERT WIKONKAL, MD, PHD, AND MICHAEL R. HAMBLIN, PHD. Low-Level Laser (Light) Therapy (LLLT) for Treatment of Hair Loss. Lasers Surg. Med. 2014 Feb; 46(2): 144-51.

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