monsieur m partition d’orchestre
Nicolas Bacri
Monsieur M conte musical texte de Philippe Murgier
réf. MO4664
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31-33, rue Vandrezanne - 75013 Paris
UN CONTE MUSICAL EN HOMMAGE A CH. F. RAMUZ ET I. STRAVINSKY Comme comédien j’ai eu le plaisir de participer à plusieurs productions de « l’Histoire du Soldat » de Stravinsky – Ramuz. En ces différentes occasions j’ai pu interpréter alternativement les trois rôles (narrateur, soldat et diable), et souvent, avoir seul la charge complexe des trois personnages. Un soir, animant un débat avec de jeunes spectateurs, je leur demandais leur avis sur le dénouement subtil de cette histoire, et quelle morale ils en tiraient. Un garçon me répond très justement : « c’est le diable qui a gagné. » Et une fille enchaîne immédiatement : « de toute façon, le diable, il gagne toujours… » Je me suis promis ce jour-là d’écrire un conte musical où le diable ne gagnerait pas, et l’idée d’en faire une première partie à celui de Stravinsky s’est très naturellement imposée. La forme du conte devenait également évidente ainsi que sa structure : une histoire simple et courte, la plus universelle possible, écrite en vers libres, comme celle de Ramuz, mettant un naïf aux prises avec le diable. Pour la partie musicale, proposer à un compositeur de reprendre la formation de Stravinsky. Ayant eu la joie de travailler sur plusieurs projets avec Nicolas Bacri, fort de l’amitié qui nous lie et de l’admiration que je lui porte, sa collaboration était pour moi prioritaire. COMMENT ? Mettre en scène le diable dans une fiction au XXI siècle suppose une adroite mystification menée par l’auteur et tacitement acceptée par le spectateur. C’est ce jeu de dupes, pas dupes, qui en fait aussi son charme. Et la versification libre offre une « connivence » supplémentaire avec l’auditeur qui peut s’amuser de ces répliques au balancement prévisible, à la rime attendue, supposée, et je l’espère, quelquefois déroutante. Quant au mythe de Faust j’ai pu constater il y a quelques années qu’il n’avait pas vieilli… « T’AS PAS CENT BALLES … » Une jeune fille, en âge d’apprendre un métier, faisait la manche près de la fontaine St Michel à Paris. Ayant été sollicité plusieurs fois ce jour là, et agacé par le ton désinvolte et insolent de cette mignonne, qui n’était visiblement pas en situation précaire et considérait que la mendicité était une chose banale, j’ai eu envie de la déstabiliser. Je lui ai demandé ce qu’elle comptait me donner pour compenser mon éventuelle obole. Surprise par cette idée d’échange, elle la refuse avec mépris, arguant évidemment qu’elle ne possède rien. Je lui réponds qu’on peut toujours « offrir » quelque chose, ne serait-ce qu’un sourire. Immédiatement agressive, elle invective l’homme prêt à « marchander » un sourire. L’incompréhension et le ton montent entre nous. Puisqu’elle n’a décidément rien d’autre à échanger avec moi, je décide d’oser la provocation maximum et je lui propose de lui acheter son âme « pour cent balles ». Un peu « troublée » mais envisageant que cette proposition pouvait mettre un terme favorable à sa requête, elle l’accepte. Lorsque j’ai arraché une feuille de mon agenda, que je lui ai présenté notre « contrat » et le crayon pour qu’elle y appose son nom et sa signature, elle s’est heureusement enfuie, partagée entre la colère et une « certaine » terreur… Je ne l’ai jamais revue à la fontaine St Michel. C’est en repensant à ce « happening » cocasse, que j’ai écrit « Monsieur M. » Philippe Murgier
Monsieur M C ONTE
MUS ICAL E N UN TAB LEAU
MUSIQUE DE NICOLAS BACRI TEXTE DE PHILIPPE MURGIER
Personnages :
Le Narrateur Monsieur Jean Monsieur M.
Ensemble instrumental :
un septuor Violon Contrebasse Clarinette en si b Basson Trompette en ut Trombone Percussion : grosse caisse caisse claire toms (3) triangle cymbales
Crée aux « Moments Musicaux de Touraine » le 28 septembre 2008 avec le soutien de la Fondation Beaumarchais de la Société des Auteurs. Pour la création, Philippe MURGIER a assuré les trois rôles : Narrateur, Monsieur Jean, Monsieur M. Violon Contrebasse Percussion Trombone Trompette Basson Clarinette
François PAYET LABONNE Eckhard RUDOLPH Adrien PERRUCHON Antoine GANAYE David GUERRIER Julien HARDY Olivier DERBESSE
Direction
Pierre ROULLIER
Ouvrage protégé Tous droits réservés
Monsieur M CONTE MUSICAL EN UN TABLEAU musique: Nicolas BACRI TEXTE: PHILIPPE MURGIER
Choral I
Clarinette (en sib)*
f non legato
Basson
Maestoso q = 64
f non legato
Trompette (en ut)
f non legato
Trombone
f non legato
Triangle
Grosse caisse
Toms-toms (3)
Caisse claire
Cymbales
Violon
Contrebasse
Maestoso q = 64
f arpeggiato sempre
f non legato
* score en sons réels © 2009 Les Editions du Chant du Monde - 31/33, rue Vandrezanne - 75013 PARIS Tel. 33 (0) 153 80 12 30 - www.chantdumonde.com
2 8
Clar.
Bn
Trp
Trb
15
Clar.
Trp
Vl
21
Clar.
Trp
Trb
mf
ff
p
p
ff con brutalità solo
ff
mf
p
ff
mf
mf
f
ff
ff
p
f
f
ff
f sub. espr.
ff non espr.
Vl
Vl C.b.
1
27
Clar.
Bn
Trp
Trb
C.b.
33
Clar.
Trp
Trb
Vl
C.b.
pp con sord.
pp con sord.
f
p
Narrateur (commencer au chiffre 2) Ce jour là, rue de la Tour des Dames, Entre Saint Lazare et Sainte Trinité, Monsieur Jean, qui ne croit pas à l’éternité, Fait la manche, avec les exclus, les infâmes. C’est un jeune déjà vieux qui pue et qui boîte. Mais il a gardé son galure et sa cravate, Des fois qu’un peu d’élégance dans la misère Ça la rendrait plus festive et plus hospitalière…
pp
Bn
Gr. C.
2 q = 64
f
f
ff
p
f
f
ff
f
f
ff
3
4
Jean Vous avez pas une pièce ?... M’sieur vous avez pas une p’tite pièce ? Vous pouvez pas m’donner un p’tit quelque chose ? Monsieur M. Peut-être… Oui, quelque chose… Et vous ? Quoi donc en retour ?
3 1
Vl
Narrateur L’homme qui a parlé est à contre jour. Jean ne voit pas son visage.
solo
p
Il voit…
7
Vl
Il devine…
un personnage ,
bien habillé surtout, des cheveux noir de geai.
grand,
Monsieur M. Sans rime ni raison, jamais nous ne donnons. Nous conseillons, nous échangeons. Jean Vous échangez ?! Ah ! Ah ! Contre quoi ? Voyons ? Contre mon odeur ? Mes morpions ? Contre les croûtes sur mon crâne ? Mes varices ? Ma canne ? Monsieur M. Que diable, Monsieur Jean, un peu d’idéalisme ! On échange un sourire ? Une promesse ? Quelques sophismes ? Jean Vous connaissez mon nom … ? J’vous ai pourtant jamais vu dans c’quartier maudit. Allez ! Passez votre chemin monsieur le Dandy Ça pourrait nuire à votre réputation. Monsieur M. Notre réputation… Ah ! Ah ! Si vous saviez… On nous dit débaucheur. Pourtant nous n’abusons jamais d’un pauvre cœur, Et nous détestons la misère. Pauvre diable qui désespère ! Sancta simplicitas ! Nous ne voulons que votre bonheur. Jean Nous voulons ? Nous abusons ?... Vous êtes plusieurs ?
bien fait.
5
Monsieur M. Pluriel de majesté. Mais on est tous plusieurs… Depuis qu’on s’amuse à se détester Je vous ai déjà vu trois visages. Jean Monsieur le beau parleur, j’ai faim, assez de bavardage.
Valse I
1
Clar.
Bn
Vl C.b.
4
Valse q = 108
p
p
mf in rilievo pizz.
mf in rilievo
(p)
(ricochet)
p
p
7
Clar.
p
Bn
mf in rilievo
Vl mp
C.b.
arco
pizz.
solo f
6
12
C.b.
Bn
p
Vl C.b.
Bn
p
p
p
f
p
mf in rilievo
p in rilievo
mp
f
p
poco dim.
Vl C.b.
mf in rilievo
mf espr.
pizz.
mf espr.
solo
p
24
Clar.
mf
arco
18
f
mf espr.
5
Clar.
mf espr.
3 3
Bn
Vl
Clar.
solo
ff sub.
pp pp
pp C. B. To
poco col legno
pp
7
6
Jean (soudainement agressif) Alors Monseigneur ? c’est oui ou c’est non ? Juste une p’tite pièce quoi ! Nom de nom !... Monsieur M. (pressé) Monseigneur t’offre un quadruple souverain blond. Soixante six grammes d’or pur, Avec sa patine d’origine, Pour s’apprécier à la valeur de sa prime. Le voilà, sans une égratignure. Narrateur L’homme fait tourner la pièce d’or entre ses doigts gantés de gris, Et la brandit sous le nez de Jean, ahuri. Jean allonge le geste pour la prendre, L’autre retire sa main sans attendre, Et fait disparaître le butin, comme un magicien. Monsieur M. Mais je veux un échange. Et je m’entête. Jean (ouvrant les bras) Vous voyez bien qu’j’ai rien. J’vais pas vous donner ma salopette ? Monsieur M. Monsieur Jean vous êtes un triste sire. Vous n’avez rien ? Vous avez peut-être… une âme.
Clar.
C.b.
7
Ponctuation I
f
Jean Quoi donc ? quoi donc, mon âme ? (à part) Il a sur la tronche un mauvais rire. Monsieur M. Vous ne savez pas si vous avez une âme ? (Il prononce le mot âme en exagérant la fermeture et l’allongement du â)
Jean Ah ! Ah ! C’est un mot d’riche. J’ai pas d’quoi nourrir mon corps, Si j’ai une âââme c’est un poids chiche. Une âââme… Pi quoi encore ! (Un temps long. La suite, très lentement, entre dérision et gravité.) Mais… oui, oui… Sûrement… J’la sens... Elle est là.
3
8
Elégie
1
Clar.
8 Adagio espressivo
Bn
p espr.
Trp
Vl
Vl
C.b.
in rilievo
Bn
Trp
Vl
pp
pp
pp
mf
pp
p
p
pp
p
Clar.
p
mf
12
C.b.
Trp
Bn
p espr.
7
Clar.
solo
9
9 18
Bn
Vl
C.b.
Clar.
Vl
C.b.
Toms
p
p legatissimo
10 Dolcissimo
Bn
p
p espr.
28
Clar.
11
Jean Elle est là ! Monsieur M.. Eh ! Bien voilà. Nous échangeons ce souverain qui vaut trois mille ducats, Et d’autres, qui pourraient venir après coup, Contre votre âme, qui ne vaut peut-être pas un clou. Jean Merci mon chou. Monsieur M. Puisque vous n’êtes pas sûr d’en avoir une, Elle ne peut pas valoir … la lune. (Jean change brusquement de visage et de ton. L’anarchiste rebelle devient un vieillard tourmenté.)
10
12 Jean (commencer le texte à la mesure 41)
40
Toms
13
Qu’est-ce que c’est qu’cette embrouille ? A savoir si j’ai une âme au dessus de la tête, Et si elle vaut son pesant de cacahuètes ? Vl’a - t - y pas qu’ j’ai la trouille ? C’est qu’on parle pas d’nos âmes dans l’infortune. Mais si Monseigneur veut l’acheter… c’est qu’j’en ai une.
p répétition ad libitum jusqu'à la fin du texte ci-dessus
J’ai la bouche drôlement sèche. Vous auriez pas… un verre d’eau fraîche ? Monsieur M. On ne sert pas ça ici. Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Tenez ! Voici ! Narrateur Monsieur M. fait au ciel un grand geste, Et tend un verre d’eau à Jean, Qui le boit avidement Sans demander son reste. Monsieur M. Alors ? Qu’est-ce que vous en pensez ? Jean J’vous suis très honoré, et j’suis un peu pressé. Monsieur M. Marché conclu ? Jean (vite et pour en finir) Marché conclu. Par ici la marchandise ! Et qu’on s’achète des friandises ! Narrateur Jean regarde enfin cette figure au fond des yeux. Il y voit une lueur étrange, Comme un cercle de feu Qui tourbillonne et qui dérange. Jean Vous êtes sérieux au moins ? Monsieur M. Pour qui nous prenez-vous ? Jean Ben justement … j’sais pas trop bien…
14 Maestoso q = 64
1
Clar.
Bn
Trb
p non legato
C.b.
p non legato
p non legato
Bn
Trp
Trb
C.b. 16 Clar.
(p)
Trp
Vl 21
(p)
Clar.
p
mf
ff
cresc.
non cresc.
non cresc.
non cresc.
non cresc.
mf non legato
f
mf
f
poco f
Vl
Trp
ff
non legato ma sempre espr.
pp
p
15
(p)
mp in rilievo ed espr.
9
Clar.
11
Choral II
p
f sub.
p
f sub.
16
12
Monsieur M. (immédiatement) Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Vous n’avez pas peur de l’orage ? Jean A part vous, j’ai peur de rien. Monsieur M. Ça va secouer très fort dans les parages. Comptez jusqu’à cinq. Jean Ben voyons ! (il ricane pendant deux secondes puis compte et montre les chiffres avec ses doigts) trois… quatre… cinq… (Monsieur M. pointe son index vers le ciel. Très violent coup de tonnerre.)
17 Adagio 25
Clar.
Tonnerre I
flatterzunge
Trb
Gr. C. f
ff
ff
Jean Diable ! Monsieur M. Vous croyez ? Jean Ça a vraiment percuté ! Monsieur M. Sur la croix de la Sainte Trinité… Quand les forces du ciel sont en rivalité, Quel cadeau ! Les charges négatives d’en haut, Entrent en conflit avec les charges positives d’en bas. Et les contraires s’attirent… Et c’est le grand fracas ! Jean Vous êtes météoro… gologue ? Monsieur M. Allez savoir ! Ou simplement… démagogue ? C’est mon pécher mignon, Spéculer sur mes intuitions.
3
p
ppp
13
Valse II (Monsieur M. est très satisfait de lui. Il fait son numéro. Il fait son métier, son petit métier…)
18 Moderato sveglio
mf Bn p gliss. pizz. C.b. 1
Clar.
p
f
3 Clar. 3 Bn gliss. gliss. gliss. ss. li g C.b. 7
19
12
Clar.
Bn
C.b.
3
3
3 ss. i l g C.b. Bn
18
3
solo
3
3
gliss.
mf
14
20
Monsieur M. (rapide) Revenons à nos promesses ! Voilà cher ami, une pièce gravée par Phistophel Melès. On signe notre contrat, elle est à vous. Et ce n’est qu’un début, le début du grand tout. Jean (inquiet) Un contrat ? Monsieur M. Pour votre âme… Il faut bien faire un contrat. Cette pièce est bien réelle. Mais votre âme, pour l’heure, elle est… virtuelle. J’ai donc besoin d’une garantie, Pour équilibrer la partie. Jean (perdu) Mais… vous voulez qu’on signe quoi ? comment ?
Monsieur M. Un p’tit bout d’papier. On va s’asseoir là, sur ce banc. Je vais écrire, vous n’aurez plus qu’à parafer. Voilà, j’ai tout ce qu’il faut : crayon, papier au format. Vous n’avez jamais signé de contrat ? Jean J’ai signé mon livret militaire. Monsieur M. (tendre et paternel) Et on l’a envoyé à la guerre… Laissons le remords, Ensevelir le remords.
Nocturne
21 Adagio dolce cantabile
1
Clar.
Vl
p espr.
p
8
Clar.
15
p espr.
(Monsieur M.) Vous vous appelez comment ? (Jean) Delacroix, Jean. (Monsieur M.) (ému) De la Croix, en trois mots ?...
Vl
(Jean) (agacé et bourru) J’ sais pas. Comme ça vous vient sur le mot.
p
Clar.
22
15
pp
(Monsieur M.) Delacroix… Vous seriez parent avec le peintre ?
cresc. poco a poco
(Jean) Quel peintre ? (Monsieur M.) Vous êtes une âme simple. Le bon choix ! Une âme subordonnée, une âme à claire-voie, Sans a priori, prête à l’emploi. (il rêve un instant…) Alors on écrit : « moi, Jean Delacroix, Confie… mon âme à Monsieur M.…»
Vl
mf il basso in rilievo
23
22
Clar.
poco mf
poco f
p
cresc. poco a poco
24
p espr.
(Jean) (regardant le papier) Pourquoi M ? Pourquoi la lettre M ? Vous n’avez pas de nom ? (Monsieur M.) M. c’est un nom. C’est même le plus beau des noms, C’est l’impératif du verbe aimer. Or donc… « confie mon âme à Monsieur M. Pour un quadruple souverain qui devient ma propriété. Je lui dois pour toujours, obéissance, respect, fidélité. Paraphé et signé à l’ombre de la sainte Trinité En ce mardi 6 juin de l’an de grâce …06. »
Vl
poco mf
poco f
p
p
16 29
Clar.
L’église sonne 6 heures
(Jean) Ah !… Vous avez écrit 06-06-06 ? (Monsieur M.) Et l’église vient de sonner six heures. Et quand vous aurez touché au bonheur Il sera même six heures six. Tout est pour le mieux. Vous paraphez, vous signez.
Vl
25 36
Clar.
pp
poco mf
cresc. poco a poco
poco f
(Jean) Mais… (Monsieur M.) Mais ? (Jean) Mais après, qu’est ce qui va m’arriver ? (Monsieur M.) Le pauvre Jean devient riche. On va pleurer.
Vl
mf il basso in rilievo
43
Clar.
p
cresc. poco a poco
poco mf
(Jean) Et après qu’ je serai riche ? (Monsieur M.) Encore plus riche. (Jean) (après un temps de réflexion) Devant mes pauvres frères qui triment ?
Vl
(Monsieur M.) Pauvre est un mot si vilain qu’il n’a aucune rime.
p
poco f
17
(Jean) Et après ? C’est quoi la prime ? (Monsieur M.) Après je m’occupe de Monsieur Jean Comme c’est écrit sur le document.
Ponctuation II
26 Adagio 50
Clar.
Bn
Trb
Vl
molto accel.
p
p
non cresc.
non cresc.
p
p
senza espr.
non cresc.
cresc. molto
f ff
p mf
f
ff
5
27
Monsieur M. Attention vous saignez du nez ! Prenez mon mouchoir, il n’a jamais servi. Jean J’crois que j’vais pas signer… Monsieur M. (méchant) Vous voulez faire monter les prix ? Vous croyez qu’on peut marchander ? Jean (tendre et démuni) Monsieur M., j’ai faim. J’ai just’ besoin d’un morceau d’pain, Et d’un p’tit acompte, pour demain. Mais avec tous vos ducats, j’aurais trop à vous rendre. Et depuis qu’j’ai une âme… elle est plus à vendre. Vu qu’elle a jamais servi, Elle f’ra sûrement l’affaire, et ma survie. Et c' soir, emballé dans mes cartons, J' vais rêver à ma Jeanneton, A ses yeux doux qui sont ma fortune. Adieu monsieur le Dandy, sans façon et sans rancune. (Monsieur M. lève le poing. Violent coup de tonnerre. Plus violent que le précédent.)
3
18
Tonnerre II
28 q = 80 circa
56
Clar.
ff
Bn
3
9
3
ff
ff
Trb
Triangle
Gr. C.
Vl
C.b.
29
ff
ff
ff
fp
p
f
3
ff
Gr. C.
f
Narrateur Tournant le dos à l’orage, envisageant l’éternité, Jean Delacroix s’est enfui, sans boiter. Et il pensait Et il savait Qu’il était beaucoup plus riche qu’il ne l’avait jamais été.
ad libitum
3
19
Final I
30 Moderato con fuoco (q = 80 ca)
1
Clar.
Bn
ff legato espr.
mf
C.b.
mf
Trb
Vl
Trp
mf
ff legato espr.
ff legato espr.
4
Clar.
Bn
Trp
Trb
ff legato espr.
Vl C.b.
ff legato espr.
ff legato espr.
20 7
Clar.
Bn
Trp
Trb
Vl
C.b.
31 10
Clar.
Bn
Trp
Trb
f
f
Vl
meno forte
mf
mf
mf
meno forte C.b. meno forte
21 13
Clar.
Bn
mf
p
mf
p
p
Trp
Trb
p
C. cl. Vl
p
mf
C.b. mf
fp
p
mf
p
p
mf
p
Monsieur M. Je ne gagne pas toujours. Sonnez trompettes, battez tambours ! Mais attention ! Je reprends la partie tous les jours. Avide comme un pou, plus fervent qu’un mystique. Et ces temps-ci j’ai une chance… méphistophélique !
C. cl.
15
22
Final II
32 Tempo di marcia (q =120 ca)
1
Clar.
Trp
Trb
3 3 3 f non legato 3
solo
C. cl.
f
3 3
f non legato
33 8
Clar.
Trp
Trb
Vl 15
Clar.
Trp
Vl
C. cl.
3
3
3
ff marc.
3
3
3
3 3
3 3
mf
f
3
3
ff
marcato agressivo
19
Clar.
3
Trp
Trb
Bn
Vl
Trp
Trb
Gr. C.
Vl
C.b.
Trb
ff ff
ff
35
solo f f f
ff
solo
ff
23
f
ff
pizz.
ff
3 3 3
34
Trp
3
Bn
26
Clar.
34
senza rall.
3
3
3
f
36
24 41
Trb
ff marc.
3
Vl
47
Clar.
3
f
Vl
3
3
Trp
3 3
Trp
Clar.
ff
allarg.
mf
marc., agressivo
3
3
37 Più largo (q = 92 ca)
51
Clar.
ff legato espr.
Bn
mf
Trb
Vl
C.b.
Trp
mf
mf
ff legato espr.
ff legato espr.
25 54
Clar.
Bn
Trp
Trb
Vl
C.b.
ff legato espr.
ff legato espr.
ff legato espr.
57
Clar.
Bn
Trp
Trb
Triangle
Vl
Cymb.
C.b.
38
26 60
Clar.
Bn
fff
Trb
6
3 3
ff
Trp
ff
ff
6
fff
C.b.
fff
Bn
Trb
Triangle Gr. C.
mf
mf
Vl
C.b.
ff ff
Trp
ff
6
ff
pizz.
6
ff
6
legato espr.
ff
6
Più largo
6
9
6
63
Clar.
6
ff
Vl
ff
Cymb.
ff
ff
ff
Bruxelles, juin 2008
Editions Le Chant du Monde