THÉOLOGIE AFRICAINE 7
Nicolas Cubaka Cishugi
Se réconcilier au nom de la vie Approche traditionnelle africaine de résolution des conflits au service de la réconciliation sociale et ecclésiale Préface de François-Xavier Amherdt
THÉOLOGIE AFRICAINE
Collection dirigée par François-Xavier Amherdt, Bénézet Bujo, Thierry Collaud et Albertine Tshibilondi
Volume 7
Nicolas Cubaka Cishugi
SE RÉCONCILIER AU NOM DE LA VIE Approche traditionnelle africaine de résolution des conflits au service de la réconciliation sociale et ecclésiale Cas du Ndaro chez les Bashi de la République démocratique du Congo
Préface de François-Xavier Amherdt
Schwabe Verlag
Thèse présenté à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg (Suisse), pour obtenir le grade de docteur. Approuvée par la Faculté de théologie sur la proposition des professeurs François-Xavier Amherdt (1er censeur), André-Marie Jerumanis (2ème censeur), Thierry Collaud et Hansjörg Schmid. Fribourg, le 17 novembre 2020, Prof. Mariano Delgado, Doyen de la Faculté et président du Jury. L’étape de la prépresse de cette publication a été soutenue par le Fonds national suisse de la recherche scientifique.
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Information bibliographique de la Deutsche Nationalbibliothek La Deutsche Nationalbibliothek a répertorié cette publication dans la Deutsche Nationalbibliografie; les données bibliographiques détaillées peuvent être consultées sur Internet à l’adresse http://dnb.dnb.de. © 2021 Schwabe Verlag, Schwabe Verlagsgruppe AG, Basel, Schweiz Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur. L’œuvre ne peut être reproduite de façon intégrale ou partielle, sous aucune forme, sans une autorisation écrite de la maison d’édition, ni traitée électroniquement, ni photocopiée, ni rendue accessible ou diffusée. Conception de la couverture: Kathrin Strohschnieder, Oldenburg Composition: Schwabe Verlag, Berlin Impression : CPI books GmbH, Leck Printed in Germany ISBN Livre imprimé 978-3-7965-4429-3 ISBN eBook (PDF) 978-3-7965-4430-9 DOI 10.24894/978-3-7965-4430-9 L’e-book est identique à la version imprimée et permet la recherche plein texte. En outre, la table des matières et les titres sont reliés par des hyperliens. rights@schwabe.ch www.schwabe.ch
À vous tous/toutes qui croyez à la vie perpétuelle et qui luttez constamment contre la mort après la vie terrestre, je dédie ce travail !
PRÉFACE La palabre en situations de conflits Le présent ouvrage reprend la thèse défendue à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg en novembre 2020. L’auteur a pu bénéficier des impulsions données par son premier accompagnateur, le professeur de théologie morale à la Faculté de théologie de l’Université de Lugano, André-Marie Jerumanis. Ce dernier a fourni des orientations utiles quant à l’enracinement du travail dans le contexte traditionnel local des Bashi de l’Est de la RDC, sur les plans sociologique, géographique, ethnologique, anthropologique, culturel et pastoral. En outre, le livre de Nicolas Cubaka Cishugi (NCC) constitue en quelque sorte un commentaire à l’ample paragraphe consacré par le professeur émérite de la Faculté de théologie de l’Université fribourgeoise, l’Abbé Bénézet Bujo, aux procédures palabriques en Afrique subsaharienne et à leur possible impact sur la vie des Églises catholiques locales, dans le dernier volume (n. 6) de la collection « Théologie africaine », que nous dirigeons avec lui et le moraliste de Fribourg, le professeur Thierry Collaud ainsi que la professeure Albertine Tshibilondi Ngoyi, philosophe et sociologue, du Centre d’Etudes Africaines et de Recherches Interculturelles (CEAF&RI) et de l’Institut International Lumen Vitae à Namur (Belgique) aux Éditions Schwabe de Bâle, intitulé Quelle Église pour un christianisme authentiquement africain ? Universalité dans la diversité (2021). 7
PRÉFACE
L’ouvrage de NCC est très marqué par l’expérience de l’auteur (A.) qui, durant son ministère pastoral au sein de l’Archevêché de Bukavu, a été témoin d’une série incommensurable de violences faites aux femmes et aux populations de cette région, de tensions entre familles au cœur d’un même village, appartenant parfois à la même Communauté Ecclésiale Vivante de Base (CEVB), et plus largement de conflits guerriers affligeant depuis des décennies son pays (et l’Afrique tout entière). D’où son ton parfois lyrique et quelque peu « homilétique ». D’où aussi et surtout ses questions de recherche très réalistes : « Dans les sociétés africaines en pleine dégénérescence tribale, une conception africaine de la cohésion sociale peutelle encore s’appuyer utilement sur la tradition africaine ? » Si NCC se concentre principalement sur le Ndaro chez les Bashi de la RDC, comme l’indique le 2ème sous-titre du livre, il élargit parfois le focus au reste du continent, notamment en spécifiant le Ndaro par rapport à d’autres procédures de justice traditionnelle africaines : Afrique du Sud, Rwanda, Burundi, République du Congo (Brazzaville), Ouganda et Sierra Leone, puis en situant le Ndaro dans le déploiement des étapes et courants de la théologie africaine depuis son indépendance aux alentours de 1960. Ce qui fait que la réflexion de l’A. a indéniablement une portée valable au-delà de la seule RDC pour l’ensemble de l’Afrique noire, surtout subsaharienne. D’où le 1er sous-titre « Approche traditionnelle africaine de résolution des conflits au service de la réconciliation sociale et ecclésiale ». Du reste, l’A. a tenu à faire précéder son 1er chapitre d’un « Prologue » qui établit un « Panorama général » de la situation socio-politique de l’Afrique, prise en tenaille entre guerres et pauvreté, la région des Grands Lacs ne constituant que l’un des foyers de terreur, particulièrement dramatique, parmi d’autres, à cause des questions ethniques, du poids de la colonisation et de la jeunesse de la population, et la RDC offrant comme un reflet en miniature de cet état de fait, avec la réalité paradoxale d’une extrême richesse du sous-sol mi8
PRÉFACE
nier qui ne profite quasiment pas à la population, du fait de l’instabilité politique chronique et des accointances des autorités, parfois contestables et corrompues avec les grandes puissances mondiales, notamment chinoise (« Un paradis où les anges meurent de faim »). Au-delà des conceptions selon lesquelles « l’Afrique, continent de détritus, serait mal partie », ou « l’Africain ne serait pas assez entré dans l’histoire », il est possible pour NCC d’envisager une Afrique qui ne rougisse pas de son passé, qui repousse les injustices et prenne en mains son destin.
Se réconcilier au nom de la vie Devant cette situation de déchirements multiples et perpétuels, l’A. poursuit l’objectif de contribuer à la quête de la paix sans laquelle la vie, don par excellence et valeur suprême, serait menacée d’extinction. D’où le titre général de l’ouvrage « Se réconcilier au nom de la vie ». Il part des hypothèses suivantes : La pratique de la réconciliation n’est pas un invariant culturel mais s’enracine dans chaque contexte local de manière particulière. Le mécanisme traditionnel du Ndaro n’est pas anachronique. Il mérite d’être revalorisé, car il est lié à la vision africaine tridimensionnelle du monde (union des défunts, des vivants et des non-encorenés), encore partagée par la majorité de la population. L’étude vaut la peine d’être menée déjà au niveau ethnologique, car les approches sur la justice ancestrale, notamment chez les Bashi de la RDC, demeurent rares et insuffisantes. Devant le juridisme croissant et les règlements de comptes qu’affrontent les sociétés africaines et congolaises, le recours des citoyens à la sagesse ancestrale, détachée de ses scories, grâce à laquelle la libération de la parole, sa rumination et son impact performatif permettent de passer de la haine à l’amour, de l’isolement au vivre-ensemble, de la mort à la 9
PRÉFACE
vie, peut servir de soutien essentiel aux lois civiles et morales des sociétés africaines, avec leur sens aigu de la solidarité. Dans le contexte de l’agir ecclésial, le Ndaro, éclairé par la lumière de l’Évangile, peut également constituer un outil pastoral éminent dans la recherche de la paix et de la réconciliation pour une construction de l’Église communion, telle que voulue par le Christ Pasteur (Jn 17,21). À cet égard, les différentes structures communionnelles ecclésiales peuvent constituer des points d’appui, tout particulièrement les CEVB. Soulignons également que sur le plan méthodologique, le travail visant à mettre en relation l’arbre à Ndaro (à palabre) et la réconciliation dans la perspective chrétienne, l’interdisciplinarité est de mise selon un dialogue entre sociologie culturelle, ethnographie et anthropologie d’une part, théologie biblique, éthique et pastorale d’autre part. Sur le plan culturel, l’A. emprunte une approche sociologique et historico-herméneutique, qui prend en considération les données historiques relatives aux processus iréniques sur le continent africain et en offre une interprétation mettant en évidence la particularité de la signification du Ndaro et ses fonctions dans la recherche de la paix chez les Bashi. Sur le plan théologique, la méthode est de l’ordre de la corrélation herméneutique et critique inductivo-déductive. D’une part, l’A. part d’observations sur le terrain sous forme d’interviews qui alimentent l’ensemble de la présentation, auprès d’anciens (Bashamuka), de chefs coutumiers et garants de la coutume (Bami), de responsables de villages (Barhambo), ainsi que d’hommes et de femmes instruits de la culture des Bashi. NCC donne la liste des personnes contactées en Annexe 4, et le libellé des questionnaires soumis durant trois voyages en 2017, 2018 et 2019 (disponibles grâce à des enregistrements en audio et vidéo), réalisés malgré les difficultés d’approche dues à l’instabilité politique. À cette démarche inductive, NCC ajoute 10
PRÉFACE
une exposition de type déductif d’autres pratiques culturelles de résolution des conflits, pour éviter l’ethnocentrisme congolais, puis en inscrivant sa lecture renouvelée de la palabre au sein de la pratique « oikodomique » de l’Église famille de Dieu en Afrique. Ce qui lui permet en finale, dans une visée de théologie prospective, d’amener des perspectives nouvelles pour une revitalisation de la culture ancestrale et une « Église du Ndaro ».
Des apports originaux Parmi les principaux apports originaux de la recherche, il faut d’abord mentionner la présentation réussie de la codification spécifique au peuple Bashi de l’équilibre entre les êtres humains, la flore et la faune, d’où dépend la qualité de la vie, grâce à leur système totémico-tabou. À partir d’un cas particulier, NCC valorise ce sentiment inné dans l’univers négro-africain de participation par engendrement mutuel entre vivants, défunts et non-encore-nés, dont il n’est pas possible de séparer la croyance en l’être suprême et qui sert de substrat ontologique, si je puis dire, à la conception du rétablissement de ces divers liens par le Ndaro. Le deuxième résultat spécifique du travail relève de ce que l’A. a su inscrire le Ndaro sur l’arrière-fond des différentes modalités de réconciliation dans l’Afrique noire et en exposer les caractéristiques propres. Lieu où s’exerce la parole pour la restauration de la paix dans la communauté des Bashi, le Ndaro se présente comme un rassemblement populaire où tous s’expriment librement et sincèrement (par le biais de porte-parole), s’écoutent mutuellement, se disputent sans en venir aux mains, bref crèvent l’abcès pour en extirper le pus de la discorde et de la haine. À ce titre, le Ndaro se conçoit à la fois comme un espace parlementaire et sénatorial où siègent les érudits, les sages et le peuple ; comme une clinique où se soignent les blessures de l’offense et où se vivent des espèces de séances de thérapie communautaire pouvant mettre en lumière les coups portés dans le passé ; comme une véritable cour suprême chargée de réguler les 11
PRÉFACE
rapports interpersonnels et de définir certaines lois en lien avec la jurisprudence, puisqu’on tranche les différends en se référant aux solutions du passé. Tout cela est oral : on n’écrit pas, on retient ce qui est dit, c’est le germe de la parole et de la mémoire. NCC a le mérite d’exposer le Ndaro comme une authentique mise en scène, en ordre et en paroles, dont l’organisation, la qualité des juges, le rôle des autres protagonistes, le lieu où se tiennent les pourparlers, les procédures de conciliation, la valeur coercitive des sentences issues des assises font pleinement participer la communauté globale selon ses trois dimensions. À signaler, comme troisième point fort, le souci de l’A. que les démarches ndaroïques pénètrent les instances dialogales politiques, judiciaires et sociétales, celles de proximité comme celles du niveau régional ou national, selon une conception d’une démocratie délibérative. Car sans des institutions démocratiques fortes, les décisions du Ndaro ne peuvent être mises en œuvre ni stabilisées. Et sans dimension effectivement palabrique et populaire, les pratiques macro-politiques risquent de demeurer des efforts creux et vains. Aussi, quatrième résultat, le plaidoyer de NCC en faveur de la (re) création de centres d’initiation culturelle dans les grandes villes et agglomérations de l’Est du Congo sonnent particulièrement juste, à condition de coupler les apports de la tradition ancestrale avec les valeurs positives de la postmodernité dont la RDC est aussi marquée. Car la « cosmo-citoyenneté » (lien au cosmos et à l’univers) n’est pas incompatible avec les citoyennetés locales et nationales. Les écoles et les entités communautaires (familles, CEVB) peuvent aussi indéniablement servir de laboratoires d’inculturation ndaroïque. La partie théologique de la thèse est assez puissante, puisqu’elle s’articule autour de la venue dialogale du Fils de Dieu parmi les hommes, de sa figure de bon pasteur désirant rassembler ses brebis pour qu’elles obtiennent la vie en abondance, et de la réconciliation salvifique sur la croix qu’il est venu réaliser pour pérenniser en quelque sorte pleinement la paix obtenue dans le Ndaro. De même 12
PRÉFACE
que les sages savent que tant que les antagonistes ne se sont pas serré la main et n’ont pas bu au même Kabehe (la coupe, en mashi), le conflit n’est pas surmonté, de même c’est dans le sang de la nouvelle alliance que le pardon pour la multitude est établi dans une fraternité au-delà de toute justice primitive. L’A. peut donc à juste titre présenter l’Église-famille comme symbole réel de la présence réconciliatrice du Christ en faveur des victimes des violences et des guerres. La piste exposée par NCC, consistant à mettre en œuvre les divers organes de collaboration intra-ecclésiale (Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, instances de coordination diocésaines et paroissiales, CEVB) en tant que cercles palabriques, mérite de continuer d’être explorée, à la suite du Synode de l’archidiocèse de Bukavu et selon le vœu de son actuel pasteur. À cet égard, la spécificité ndaroïque selon laquelle les ancêtres peuvent s’y exprimer, notamment par l’intermédiaire du Mudawha (prêtre), peut être une occasion favorable pour développer la catéchèse sur la communion des saints et sur le service du prêtre dans la communauté.
Le point de départ de travaux ultérieurs Le présent ouvrage constitue donc un point de référence et de départ pour des travaux ultérieurs destinés à montrer davantage comment procéder pour insérer les démarches du Ndaro dans les mécanismes (post)modernes de justice transitionnelle et comment les articuler effectivement dans le fonctionnement d’une démocratie de type représentatif et électif. Loin de toute nostalgie des procédures traditionnelles, il conviendrait ainsi d’aller encore plus loin dans l’élaboration de stratégies concrètes pour faire du Ndaro un acquis habituel de toutes les entités ecclésiales et des paroisses, où juridisme, règlements de comptes, vols, conflits fonciers, empoisonnements et tueries surviennent encore régulièrement, comme l’A. le dit lui-même. 13
PRÉFACE
Et il vaudrait la peine, ce que NCC commence déjà du reste à proposer, d’établir en quoi les pratiques ndaroïques peuvent s’avérer fructueuses dans la proposition d’une anthropologie chrétienne relationnelle et solidaire, centrée sur la vie donnée et partagée, telle que le pape François l’appelle de ses vœux, notamment dans son encyclique Fratelli tutti (2020), et qui pourrait s’avérer compatible avec la conception anthropologique tridimensionnelle Bashi autour du Christ Proto-Ancêtre. Avec ses trois « vagues » socio-politique, théologico-ecclésiologique et pastorale-propositionnelle, le livre de NCC fournit des perspectives prometteuses pour la résolution des conflits et les démarches de réconciliation, non seulement dans son archidiocèse de Bukavu mais pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne et de l’Église universelle. Puissent-elles être mises effectivement en œuvre et porter du fruit !
Abbé François-Xavier AMHERDT Professeur de théologie à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg
14
TABLE DES MATIÈRES PRÉFACE DE FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT
7
REMERCIEMENTS
23
ABRÉVIATIONS
27
INTRODUCTION GÉNÉRALE
31
1. Avant-propos
31
2. Motivations, problématique et objectifs du travail
39
3. État des lieux et chronologie de la recherche en cours
45
4. Démarche méthodologique et délimitation du travail
52
5. Structure de l’ouvrage
58
PROLOGUE PANORAMA DE LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN AFRIQUE
65
1. L’Afrique aujourd’hui : entre guerres et pauvretés
65
2. L’Afrique des pays des Grands Lacs : foyer de terreur
76
2.1
La question ethnique
78
2.2
Le poids de la colonisation
80
2.3
Le piège démographique
82
3. La République démocratique du Congo : « un paradis où les anges meurent de faim » ?
85
3.1
Le territoire congolais et sa population
86
3.2
Sur le plan économique
87
3.3
Sur le plan politique
89
15
TABLE DES MATIÈRES
CHAPITRE 1 LES NÉGRO-AFRICAINS ET LEUR VISION DU MONDE : QUELQUES DONNÉES CULTURELLES CHEZ LES BASHI
97
1. Les Bashi et leur milieu de vie
98
1.1
Aire géographique des Bashi : le BUSHI
98
1.2
La population du Bushi
105
1.2.1
Subdivision tripartite
105
1.2.1.1 Les Barhwa
105
1.2.1.2 Les Bashi
106
1.2.1.3 Les Baluzi
107
1.2.2 La division binaire
108
1.2.2.1 Les Barhwa
108
1.2.2.2 Les Bashi
109
2. Les Barhwa ou la civilisation de la flèche
109
2.1 Les Barhwa, un peuple aux dimensions universelles
109
2.2
Organisation sociale des Barhwa 111
2.3
Organisation politique des Barhwa
2.4 Situation actuelle des Barhwa
2.5
117 119
En guise de conclusion : un plaidoyer pour les Barhwa 122
3. Les Bashi ou la civilisation de la houe et de la vache
125
125
3.1
Le vocable « Bashi »
3.2 Les Bashi racontent leur histoire
126
130
3.3
L’anthropologie des Bashi
3.3.1 Le « MuNTU » 132
3.3.2 Le Muntu et l’union vitale
134
3.3.2.1 La hiérarchie des forces selon les Négro-Africains
136
3.3.2.2 Les lois de la causalité vitale chez les Bashi
140
3.4 Les Bashi et la nature
142
16
TABLE DES MATIÈRES
3.4.1
La nature dans les contes
143
3.4.2
La nature dans les proverbes
145
3.4.3
La nature dans les totems
147
3.4.4
La nature dans le travail
149
3.5
Le Dieu des Bashi
153
4. Conclusion partielle
161
CHAPITRE 2 LES POLITIQUES DE PARDON, DE JUSTICE TRANSITIONNELLE ET DE RÉCONCILIATION EN AFRIQUE 165 1. Organisation et pouvoir de la justice traditionnelle : cas du Ndaro chez les Bashi de la République démocratique du Congo 166
1.1
Aire juridictionnelle traditionnelle
166
1.1.1 Le Mwami et ses attributions
167
1.1.2 Les Bajinji
172
1.1.3 Les Barhambo
172
1.1.4 Les Bashamuka
173
1.2 Le Ndaro : nature, déroulement et finalité
174
1.3
Conditions et caractères généraux du Ndaro
182
1.3.1
Les conditions
182
1.3.2
Les fonctions principales du Ndaro
184
1.3.2.1 Sur les plans culturel et éthique
185
1.3.2.2 Sur les plans spirituel et philosophique
185
1.3.2.3 Sur les plans social et politique
187
1.3.2.4 Sur les plans thérapeutique et judiciaire 187
1.3.2.5 Sur les plans intellectuel et esthétique
189
2. La paix et la réconciliation dans le reste de l’Afrique
190
2.1
La justice transitionnelle en Afrique du Sud
190
2.2
Rwanda : les juridictions Gacaca
192
2.3
Burundi : institution des Bashingantahe
196
17
TABLE DES MATIÈRES
2.4
République du Congo (Brazzaville) : Otwere chez les Mbosi 200
2.5
Ouganda : le rite de réconciliation Mato oput
202
2.6
Sierra Leone : les institutions chez les Kpaa-Mendé
205
3. Autres mécanismes de régulation des tensions
209
3.1
La parenté à plaisanteries
209
3.2
Le pacte de sang
211
3.3
Le mariage
214
3.4
La salutation et le repas
215
4. Conclusion partielle
217
CHAPITRE 3 DU DIALOGUE PALABRIQUE AU DIALOGUE POLITIQUE
219
1. Sens et but du dialogue en politique
219
2. La figure du chef traditionnel, promotrice de la bonne gouvernance
226
3. Les Conférences nationales souveraines (CNS)
231
4. Les accords politiques comme pratiques du Ndaro
235
5. Conclusion partielle
239
CHAPITRE 4 LE NDARO DANS LE CONTEXTE DE LA THÉOLOGIE AFRICAINE
243
1. Le christianisme africain
244
2. La théologie africaine
246
2.1
Survol historique de la théologie africaine
246
2.1.1
La théologie de la fondation de la chrétienté (jusqu’en 1959/60)
247
2.1.2
La théologie de l’adaptation (fin des années 1960-1970)
247
2.1.3
La théologie de l’inculturation/incarnation (1970-1980)
249
18
TABLE DES MATIÈRES
2.1.4
La théologie de la libération historique (1980-1990)
351
2.1.5
La théologie de la reconstruction (1990-2000)
254
2.1.6
La théologie négro-africaine de la libération holistique (2000 à nos jours/2020)
255
2.2
Le Christ des Négro-Africains
257
3. Le Christ Proto-Ancêtre, fondement du Ndaro chez les chrétiens
261
4. Conclusion partielle
262
CHAPITRE 5 LA DIMENSION PROPHÉTIQUE DE L’ÉGLISE EN AFRIQUE COMME CONTEXTE PORTEUR DU NDARO : CAS DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO 265 1. Fondements dogmatiques et canoniques du rôle prophétique de l’Église
267
2. L’Église prend la parole en RDC : quelques grandes lignes historiques
275
3. L’Église catholique en République démocratique du Congo : une Église de martyrs
280
3.1
Mgr Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo : le prophète du dialogue
280
3.2
Mgr Emmanuel Kataliko, le prophète enchaîné
285
4. Conclusion partielle
288
CHAPITRE 6 PERSPECTIVE ECCLÉSIOLOGIQUE DU NDARO
293
1. L’Église Famille de Dieu
294
1.1
Particularité de la famille négro-africaine
295
1.2
Articulation de la triple famille négro-africaine
297
2. Le Synode de 1994 et l’Église Famille de Dieu
302
3. Le Synode de 2009 face aux défis du pardon et de la réconciliation
306
19
TABLE DES MATIÈRES
4. L’Archidiocèse de Bukavu réconcilie ses enfants : cas du Synode diocésain
308
5. Du dialogue ndaroïque au dialogue synodal dans l’Église
318
6. Conclusion partielle
320
CHAPITRE 7 PLAIDOYER POUR UNE THÉOLOGIE PASTORALE BASÉE SUR LE RENOUVEAU CULTUREL ET UNE RÉAPPROPRIATION DE LA CULTURE ANCESTRALE EN AFRIQUE. OBSERVATIONS GÉNÉRALES ET PROPOSITIONS POUR UNE ÉGLISE DU NDARO 325 1. Perspectives ethnologiques et sociales
328
1.1 L’identité humaine en Afrique : pour la réconciliation de la famille humaine
329
1.2
La culture africaine : au service d’une identité unifiée
330
1.3
L’identité culturelle africaine et son sens du Ndaro
335
1.4 L’initiation à la sagesse africaine : l’entrée dans la communauté tridimensionnelle unifiée
336
1.4.1
En famille
337
1.4.2
À l’école, dans les instituts supérieurs et les universités
337
1.4.3
Dans le cadre de la tradition
339
1.5 La culture africaine, une culture ouverte au dialogue de paix
339
1.6 Favoriser l’appropriation des valeurs traditionnelles africaines du savoir-vivre dans la culture contemporaine
342
1.6.1
Le caractère sacré de la vie
342
1.6.2
La solidarité
342
1.6.3
Le travail
344
1.6.4
Le temps
344
1.6.5
La patience
345
1.7 Sauver et vivifier les mécanismes traditionnels de transformation/résolution pacifiques des conflits
346
1.7.1
348
Revaloriser et réinventer l’autorité coutumière
20
TABLE DES MATIÈRES
1.7.2
Renforcer la justice coutumière
1.7.3
Renforcer l’autorité des chefs de quartiers/villages 353
1.7.4
Accorder aux femmes une place de choix dans la résolution pacifique des conflits
354
1.7.5
Renforcer la participation des jeunes aux débats ndaroïques
358
2. Perspectives pastorales
368
360
2.1 Pour une Église en Afrique et en RDC en tant que Peuple et Famille de Dieu 360 2.2 La Parole de Dieu au cœur de l’agir pastoral pour la miséricorde et la réconciliation
362
2.3 De l’Église pyramidale à l’Église-souche : l’Église du Ndaro, une Église de communion 368 2.4 L’Église Famille, une Église de la diaconie et de la miséricorde
370
374
2.5
L’Église Famille, une Église au service de la réconciliation
2.6 Les communautés ecclésiales vivantes de base, lieux de réconciliation endogène
376
2.7 L’Église au service du dialogue éducatif : le cas des écoles catholiques
380
3. Conclusion partielle
382
CONCLUSION GÉNÉRALE
385
Annexe 1 : Table des schémas
391
Annexe 2 : Petit lexique
393
Annexe 3 : Questionnaire d’enquête sur terrain
399
Annexe 4 : Liste représentative des personnes interrogées
401
Annexe 5 : Carte géographique du Bushi
403
Annexe 6 : Hymne de la nation shi
405
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE
407
21