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THAÏLANDE : DES MILLIERS DE DISPENSAIRES DOIVENT SE TRANSFORMER EN CLINIQUES D’ICI TROIS ANS

Après plusieurs années de boutiques illuminées au néon et une croissance fulgurante qui a captivé le monde entier, le gouvernement thaïlandais conduit le marché du cannabis vers une nouvelle phase de stabilité et de réglementation. En vertu d’une directive récente, des milliers d’entreprises ont désormais trois ans pour se convertir en cliniques médicales agréées : une étape décisive vers un modèle de soins de santé structuré.

Malgré le renforcement des contrôles gouvernementaux, le cannabis reste une composante essentielle du paysage thaïlandais. Résidents et touristes continuent d’en consommer, et la culture associée à la plante est loin d’avoir disparu. Ce qui change radicalement, en revanche, c’est sa visibilité commerciale. Le secteur passe de la vente au détail informelle à des services de bien-être supervisés.

En bref : moins d’ambiance festive et plus de prescription médicale.

En avril 2026, le ministère thaïlandais de la Santé publique a confirmé que les entreprises agréées disposeraient de trois ans pour se convertir en cliniques médicales si elles souhaitaient conserver leur agrément. Il s’agit du décret le plus important depuis la décriminalisation de 2022.

Au plus fort de cette expansion, des milliers de dispensaires ont fleuri un peu partout, des zones touristiques aux quartiers résidentiels. Cette croissance fulgurante a été rendue possible par

une légalisation intervenue avant la mise en place d’un cadre réglementaire complet. Aujourd’hui, les autorités estiment qu’environ 11 000 entreprises doivent se transformer en cliniques agréées, dotées d’un personnel qualifié, comme des médecins certifiés ou des praticiens de médecines alternatives.

L’objectif affiché est de garantir l’accès au cannabis, mais sous supervision professionnelle et non par le biais du libre-service.

« Nous sommes pleinement entrés dans la phase où le cannabis est utilisé exclusivement à des fins

médicales », a déclaré le ministre de la Santé, Pattana Promphat, dans un communiqué rapporté par le Bangkok Post. Pour le consommateur, l’expérience ressemblera de plus en plus à une consultation de bien-être plutôt qu’à une visite dans un bureau de tabac.

La politique thaïlandaise a évolué rapidement. Voici les points clés pour comprendre le cadre réglementaire actuel :

Usage médical vs. récréatif : Les fleurs de cannabis sont classées comme substance contrôlée. Leur accès est légalement autorisé uniquement à des fins médicales ou thérapeutiques. Encadrement médical : Les futures autorisations seront délivrées principalement en milieu clinique. La vente libre en pharmacie devrait progressivement disparaître.

Interdiction de consommer en public : Fumer dans la rue, dans les parcs ou les restaurants est strictement interdit et peut entraîner de lourdes amendes pour trouble à l’ordre public. Seuls les espaces privés restent des lieux sûrs.

Limites de THC : Les produits à faible teneur en THC (moins de 0,2 %), comme les huiles de CBD, restent les plus accessibles en vertu de la réglementation actuelle.

Interdiction d’importation/exportation : Le transport de cannabis à travers les frontières internationales est absolument interdit, quelle que soit sa légalité dans le pays d’origine ou de destination.

(Marco Ribechi)

*Artiste : Tiwony

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Comment démarrer rapidement votre culture de cannabis outdoor?

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Faire un pont d’or Comment utiliser l’espace creux à l’intérieur d’un pont pour cultiver?

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Réversion végétative Comment relancer une plante après floraison

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Sélection de variétés résistantes aux ravageurs et aux maladies

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Dust, le French Strain Hunter

FOURTWENTY FRIBOURG

Fourtwenty Fribourg est un nouveau lieu de référence pour le grow, le CBD, les vaporisateurs et les accessoires de qualité. Dans la boutique, la clientèle bénéficie d’une sélection de produits soigneusement choisie, de conseils honnêtes ainsi que d’une atmosphère agréable, adaptée aussi bien aux débutants qu’aux clients expérimentés. Une attention particulière a été portée à la création d’un espace où la qualité, la compétence et le service personnalisé occupent une place centrale.

Qu’il s’agisse d’équipements de culture, de produits CBD ou d’accessoires adaptés, chez Fourtwenty Fribourg, on trouve tout ce dont on a besoin pour son lifestyle. Les visiteurs sont invités à découvrir le nouveau shop à Fribourg et à faire eux-mêmes l’expérience de ce qui rend Fourtwenty unique. L’équipe Fourtwenty Fribourg se réjouit d’accueillir et de conseiller sa clientèle avec compétence.

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ROYAL QUEEN SEEDS

Près de trois consommateurs sur quatre sont très préoccupés par les pesticides dans le cannabis, alors que le soutien à

la culture à domicile

reste fort, révèlent

de nouvelles données d’enquête

Selon l’enquête, les jeunes consommateurs privilégient davantage le cannabis à l’alcool.

Découvrez

les autres tendances clés observées.

NEW YORK — 21 avril 2026 — Royal Queen Seeds (RQS) vient de publier sa troisième enquête annuelle sur la culture à domicile, et les données montrent clairement que, même si les consommateurs diffèrent dans leur façon de consommer le cannabis et dans leurs motivations, les préoccupations liées aux pesticides et à la transparence des produits restent constantes dans tous les groupes démographiques.

Alors que la consommation de cannabis continue d’augmenter régulièrement, près de trois consommateurs sur quatre (72 %) se disent très préoccupés par la présence de pesticides dans leurs produits à base de cannabis. Cette enquête a été menée en ligne par The Harris Poll, pour le compte de RQS, auprès d’adultes de plus de 21 ans aux États-Unis.

Elle révèle également que deux tiers des consommateurs de cannabis (67 %) choisiraient un cannabis cultivé sans pesticides, même s’il affichait un taux de THC plus faible — preuve qu’ils privilégient la qualité et la sécurité à la puissance. Cette priorité n’a rien d’étonnant, au vu de la récente série de

scandales liés aux pesticides sur le marché réglementé du cannabis. Dans l’enquête, 65 % des consommateurs de cannabis déclarent que la récente couverture médiatique sur le cannabis les incite davantage à vouloir cultiver leur cannabis chez eux plutôt que de l’acheter.

« Les consommateurs sont aujourd’hui mieux informés et plus attentifs à ce qu’ils mettent dans leur corps », a déclaré Shai Ramsahai, président de Royal Queen Seeds. « Acheter un produit les yeux fermés simplement parce qu’il affiche un fort pourcentage de THC est une tendance qui s’essouffle. Les gens veulent un cannabis digne de confiance, et beaucoup se tournent vers la culture à domicile pour mieux maîtriser la qualité et la sécurité. »

Pour beaucoup, cultiver chez soi est un moyen direct de mieux contrôler la qualité et de garantir un produit propre.

L’intérêt pour la culture à domicile progresse d’ailleurs en parallèle de ces préoccupations : 3 Américains de plus de 21 ans sur 5 (61 %) soutiennent le droit légal de cultiver cette

plante chez eux. L’enquête montre aussi que les consommateurs de cannabis préfèrent souvent le cannabis à l’alcool, tout en apportant un éclairage sur les raisons pour lesquelles les Américains en consomment.

Autres enseignements marquants : Plus d’Américains de plus de 21 ans consomment du cannabis aujourd’hui qu’il y a deux ans (43 %, contre 39 % en 2024). Plus de 3 consommateurs de cannabis sur 4 (76 %) affirment préférer le « high » du cannabis à l’effet grisant de l’alcool.

Chez les consommateurs de la génération Z (21–34 ans), ils sont 81 % à partager cet avis. Seuls 23 % des consommateurs disent utiliser le cannabis uniquement pour le plaisir ; tous les autres évoquent au moins certains bénéfices liés à la santé ou au bien-être.

39 % des Américains de plus de 21 ans (68 % des consommateurs de cannabis) déclarent qu’ils seraient plus impressionnés si quelqu’un apportait de l’herbe cultivée à domicile à un dîner qu’une bouteille de vin coûteuse. Les hommes sont plus susceptibles de

consommer du cannabis que les femmes (47 % contre 38 %). Plus de détails sont disponibles sur le site de Royal Queen Seeds, ici.

Méthode de l’enquête

Cette enquête a été menée en ligne aux États-Unis par The Harris Poll pour le compte de Royal Queen Seeds, du 17 au 19 mars 2026, auprès de 2 017 adultes âgés de 21 ans et plus, dont 851 consommateurs de cannabis (c’est-à-dire ayant déjà consommé du cannabis). La précision d’échantillonnage des sondages en ligne de Harris est mesurée à l’aide d’un intervalle de crédibilité bayésien. Pour cette étude, les données de l’échantillon présentent une marge de précision de +/- 2,7 points de pourcentage, avec un niveau de confiance de 95 %.

Cet intervalle de crédibilité est plus large pour certains sous-groupes de la population étudiée. Pour obtenir la méthodologie complète de l’enquête, y compris les variables de pondération et la taille des échantillons par sous-groupe, veuillez contacter:

royalqueenseeds@mygrasslands.com

Cannabis news

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Actualités cannabiques françaises

JUSTICE : FRANÇOIS THIERRY

CONDAMNÉ À UN AN DE PRISON AVEC SURSIS

Le commissaire François Thierry, est l’ancien patron de l’OCRTIS (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants). L’OCTRIS a depuis changé de nom et est devenu l’OFAST (Office anti-stupéfiants). François Thierry est à l’origine d’une affaire mettant en cause les méthodes employées dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. L’ancien policier était accusé de complicité de trafic de drogue et de destruction de preuves. Le parquet de Bordeaux avait demandé sa relaxe. Le 31 mars 2026, il a finalement été condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bordeaux.

L’affaire a commencé à Paris en 2015. Les services de douane ont découvert 7 tonnes de cannabis dans plusieurs fourgonnettes garées boulevard Exelmans dans le 16eme arrondissement. Sans informer l’autorité judiciaire, François Thierry, avec plusieurs de ses collègues, a autorisé l’entrée sur le territoire français de cette cargaison illicite. Selon François Thierry, alors numéro un de la lutte anti-drogue en France, l’objectif était de remonter la filière et de saisir des quantités encore plus importantes. Ces 7 tonnes de résine de cannabis faisaient partie d’une cargaison de 40 tonnes au total. Pour se défendre, il a affirmé que ses supérieurs hiérarchiques étaient informés de cette opération et de l’existence de son indicateur Sofiane Hambli qu’il avait recruté en 2009. Après 10 ans d’enquête, 70 tomes de procédure, 18 prévenus et presque un mois d’audience, trois magistrats du tribunal devaient se prononcer sur la culpabilité de l’ancien patron de l’OCTRIS. Le numéro un des stups a-t-il favorisé l’entrée de cette cargaison dans le but de récompenser son indicateur ?

Selon son avocate, Angélique Peretti, suite à sa condamnation à un an de prison avec sursis, François Thierry a décidé de faire appel.

« Vous aviez conscience d’apporter votre aide à un trafic », a expliqué la présidente du tribunal à François Thierry. Selon la magistrate, il aurait agi hors du cadre juridique et s’était « opposé aux investigations » d’autres services, ce qui aurait facilité le trafic. Durant son procès, François Thierry, qui était à la tête de l’ OCRTIS entre 2010 et 2016, a défendu une stratégie appelée « Myrmidon » dont le but était d’infiltrer les équipes de trafiquants et d’interpeller les chefs des réseaux. François Thierry n’a pas quitté la police. Il dirige depuis 2022 le service de transformation numérique de la police nationale. Le informations de Sofiane Hambli, l’indicateur de François Thierry, auraient dejà facilité de nombreuses saisies. En échange, l’informateur aurait pu récupérer une partie des stupéfiants. Sofiane Hambli n’était pas présent au procès. Il est actuellement en prison au Maroc. Conformément aux réquisitions, il a été condamné par défaut à vingt ans de prison ferme avec une période de sûreté des deux tiers.

LE GOUVERNEMENT PRÉSENTE

UN PROJET DE LOI CONTRE LE CANNABIS

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, la consommation de cannabis est systématiquement réprimée. Avant son élection, l’actuel président, qui se présentait comme libéral, se disait intéressé par la légalisation. Il avait ensuite présenté la contraventionnalisation comme un sorte de dépénalisation de l’usage alors qu’il s’agit en fait d’un outil répressif supplémentaire qui a permis d’intensifier la lutte contre le cannabis. La France est donc l’un des pays européens les plus répressifs mais ce n’est pas suffisant pour le gouvernement qui vient de présenter un nouveau projet de loi qui concerne entre autres le cannabis et les autres drogues illicites. Selon le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, l’objectif est de provoquer un « choc d’autorité. »

Laurent Nuñez a été nommé préfet de Paris le 20 juillet 2022 sur proposition de Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur. Le 12 octobre 2025, il est nommé à son tour au poste de ministre de l’intérieur dans le gouvernement Lecornu 2. Il succède à Bruno Retailleau. Comme ses prédécesseurs Darmanin et Retailleau, il se veut autoritaire est s’oppose à la consommation de cannabis et à la légalisation.

Le nouveau ministre de l’Intérieur vient de présenter un nouveau projet de loi anti-cannabis appelé Ripost (Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens.).

Le projet de loi s’articule autour de « 9 axes distincts » Il concerne des sujets très divers comme les rodéos motorisés ou le détournement des mortiers d’artifice.. La simple consommation de cannabis ne provoque pas de trouble à l’ordre public, contrairement à la consommation de certains produits comme l’alcool.

Le montant actuel de l’amende forfaitaire délictuelle pour usage de stupéfiants (AFD) est fixé à 200 euros et peut même être baissé à 150 euros si l’amende est payée dans les 2 semaines. Comme l’avait annoncé le président Macron, le projet de loi prévoit une augmentation à 500 euros. Le gouvernement veut responsabiliser le consommateur. Sur TF1, le 24 mars dernier, Laurent Nuñez également annoncé une mesure réglementaire qui ne fait pas partie du projet de loi Ripost. Si une personne est interpellé plusieurs fois pour usage sans être au volant de sa voiture, le préfet pourra suspendre ou annuler son permis de conduire sans passer par le tribunal. « On peut penser que ces gens là, finalement, quand ils consomment régulièrement des produits stupéfiants, ils sont toujours sous l’emprise de drogues et ne peuvent pas conduire », a déclaré Laurent Nuñez. « C’est une mesure extrêmement dissuasive. »

Le projet de loi Ripost a été présenté le 25 mars dernier devant le conseil des ministres. Il pourrait être voté avant la fin de l’année 2026.

Apricot Gorilla Auto de Ganja Farmer

Apricot Gorilla Auto de Ganja Farmer est une variété autoflorissante qui montre dès le départ son plus grand atout : elle est stable, prévisible et tout simplement agréable à cultiver. C’est une génétique qui ne demande ni installation compliquée ni corrections constantes pour offrir un résultat très solide. Ce grow report préparé par Jd1971 le confirme très bien.

Tout le cycle a été réalisé en terre, avec une approche simple et raisonnable. Un départ directement dans le substrat, un cycle lumineux de 18/6, un rythme tranquille et peu d’interventions inutiles ont suffi pour qu’Apricot Gorilla Auto se développe de manière régulière et sans problème. Dès les premières semaines, on voyait qu’il s’agissait d’une génétique bien travaillée : la plante poussait sainement, gardait une structure compacte et ne posait pas de difficulté particulière pendant la culture. C’est une caractéristique très importante, surtout pour les personnes qui commencent leur aventure dans la culture à domicile. Pendant la floraison, cette excellente variété de

Ganja Farmer a commencé à révéler tout son potentiel. Vers la cinquième semaine, le cultivateur est passé à un programme de nutrition simple : Bloom 4 ml/l, Boost 2 ml/l et Magne-Cal+ 1 ml/l. Ce schéma a été appliqué de manière régulière pendant les semaines suivantes et a clairement donné de bons résultats. La plante, comme c’est typique chez elle, a très bien réagi à la conduite, a développé une belle masse florale, et les têtes sont devenues de plus en plus denses, compactes et nettement plus résineuses. Lors de la onzième semaine, Jd1971 a utilisé Flush Finish à raison de 5 ml/l, afin de préparer la plante à la récolte. Le cycle complet s’est terminé après environ 79 jours à partir du semis, ce qui correspond très bien aux attentes envers une autoflorissante moderne. L’argument le plus fort reste cependant le résultat final. Avant le séchage, le cultivateur a obtenu environ 326 g de matière fraîche. Pour une seule plante autoflorissante, menée sans entraînement agressif, c’est un très bon résultat. Cela ne semble pas être un hasard, mais bien l’effet d’une génétique soigneusement travaillée. C’est aussi pour cette raison qu’Apricot Gorilla Auto reçoit d’excellentes notes dans les avis d’autres cultivateurs. Les commentaires qui reviennent le plus souvent parlent de grosses têtes denses et très givrées, d’une forte couverture de trichomes, ainsi que d’un arôme intense mêlant douceur fruitée et notes gazeuses marquées. Les cultivateurs qui

ont choisi ces graines de Ganja Farmer soulignent que l’odeur est tropicale, puissante et très caractéristique, et que les fleurs sont collantes, compactes et vraiment attrayantes visuellement. La variété se distingue aussi par son effet et la qualité de la récolte séchée. Les avis indiquent qu’Apricot Gorilla Auto peut offrir une puissance vraiment sérieuse, tout en proposant une fumée douce et agréable, ainsi qu’un profil fruité bien perceptible avec un fond carburant. C’est une variété qui fait bonne impression non seulement dans la tente de culture, mais aussi après la récolte, lorsque comptent la qualité des fleurs, l’intensité de l’arôme et la satisfaction liée au résultat final. Le témoignage de Jd1971 et les avis d’autres cultivateurs confirment qu’Apricot Gorilla Auto de Ganja Farmer est un excellent choix pour toute personne à la recherche d’une autoflorissante stable, facile à conduire et capable d’offrir un résultat final résineux et de qualité.

ALLEMAGNE: DES GRAINES DE CANNABIS VENDUES AU SUPERMARCHÉ

Depuis le 1er avril 2024, les Allemands adultes sont autorisés à cultiver jusqu’à trois plantes de cannabis à domicile. Cette décision a été prise malgré l’interdiction en vigueur de la vente de cannabis récréatif au niveau national par l’Union européenne, et alors même que les programmes pilotes allemands pour la vente aux adultes ne sont pas encore opérationnels. Pour de nombreux consommateurs, la possibilité de cultiver du cannabis chez soi est une option essentielle.

Récemment, des graines de cannabis de la marque Gutmut Saatgut sont devenues disponibles à l’achat dans 255 supermarchés discount Netto à Berlin et dans le nord-est de l’Allemagne. Il s’agit d’une avancée significative pour le secteur du cannabis en pleine croissance en Allemagne, et la Fédération allemande des entreprises du cannabis (BvCW) a salué cette étape importante.

Elle a accueilli favorablement la nouvelle, notamment au vu des critiques récentes adressées au Commissaire fédéral aux drogues, le professeur Hendrik Streeck.

Pourquoi la vente de graines de cannabis au détail est-elle importante?

Dirk Heitepriem, président de la BvCW, a souligné que la vente des graines représente un pas de géant pour la sécurité des consommateurs et un moyen de lutter contre le marché noir non réglementé.

Il a souligné que la culture à domicile peut protéger les consommateurs des additifs nocifs et contribuer à la santé et à la sécurité générales.

Heitepriem a déclaré: “Nous devons passer de politiques fondées sur la peur à des politiques axées sur un contrôle de qualité.” La disponibilité des semences dans les supermarchés Netto est perçue comme un progrès vers la normalisation de la consommation de cannabis, la réduction de la

stigmatisation et la garantie de la qualité des produits. Au lieu d’imposer des restrictions aux particuliers, il préconise une réglementation fondée sur des preuves et appelle à davantage de recherches sur la distribution réglementée du cannabis.

Le BvCW a également souligné que l’accès à des semences de qualité en magasin est essentiel pour promouvoir une culture à domicile sûre et lutter contre les marchés illégaux.

Il a exprimé l’espoir de voir les ventes réglementées liées à des initiatives de recherche scientifique. Cependant, il a reconnu que la réalisation de cet objectif se heurte à des difficultés,

car il n’existe actuellement pas de majorité politique au sein du gouvernement de coalition au pouvoir pour soutenir de tels changements.

(Liz Filmer)

PGPF TRICHODERMA

Les champignons favorisant la croissance des plantes (mycorhizes) forment un groupe hétérogène de champignons non pathogènes présents dans le sol, notamment dans la rhizosphère, à la surface des racines et à l’intérieur même des racines.

Ces champignons sont dans une relation mycorhizienne avec leurs plantes hôtes, leur procurant de nombreux avantages. Ils améliorent l’absorption des nutriments, stimulent le développement racinaire, augmentent la vigueur des plantes et les protègent des micro-organismes pathogènes. Parmi les champignons utilisés pour la culture du cannabis, le genre Trichoderma est le plus répandu.

QU’EST-CE QUE C’EST?

Le Trichoderma est un genre de champignons filamenteux appartenant à la famille des Hypocreaceae. Ce champignon cosmopolite est présent dans tous les types de sols à travers le monde. Il a été décrit pour la première fois par le mycologue Christian Hendrik Persoon en 1794. Depuis, 88 espèces différentes du genre Trichoderma ont été identifiées.

Ce type de champignon est capable de coloniser rapidement divers substrats dans des conditions environnementales variées. De nombreuses espèces du Trichoderma sont des champignons symbiotiques opportunistes et avirulents. Autrement dit, ils peuvent établir des relations mutualistes avec les plantes sans leur nuire. L’un des aspects les plus intéressants du Trichoderma est sa capacité à sécréter une large gamme de substances, telles que des enzymes hydrolytiques et des métabolites secondaires, bénéfiques aux plantes.

AVANTAGES DU TRICHODERMA

En agriculture, le Trichoderma est principalement utilisé comme agent de lutte biologique contre les maladies fongiques, notamment le Fusarium, le Pythium et le Rhizoctonia. L’efficacité du Trichoderma contre les champignons parasites repose sur plusieurs mécanismes: le mycoparasitisme, la compétition, l’activation du système de résistance systémique acquise (SRA) et l’antibiose.

Le mycoparasitisme est une méthode d’attaque directe des pathogènes par la sécrétion d’enzymes hydrolytiques qui endommagent leurs parois cellulaires et le développement du mycélium à l’intérieur de leur organisme, entraînant leur mort.

La compétition est un mécanisme de défense caractéristique de la rhizosphère, au cours duquel les champignons du genre Tri -

De nombreuses espèces de Trichoderma sont des champignons symbiotiques avirulents et opportunistes

choderma colonisent le substrat et extraient des nutriments essentiels au pathogène, le détruisant ainsi. L’antibiose est un système par lequel le Trichoderma libère des substances qui modifient le métabolisme des parasites et inhibent leur développement, les rendant inoffensifs pour les plantes.

Par la sécrétion de métabolites secondaires, le Trichoderma est également capable d’activer le système SRA (Résistance Systémique Acquise), un système de défense endogène qui mobilise la plante entière contre les attaques de pathogènes.

Le Trichoderma possède une capacité remarquable à influencer positivement l’architecture racinaire. On ignore encore précisément comment ce champignon agit, mais il est avéré que le Trichoderma colonise les racines des plantes et stimule leur développement.

Le système racinaire se développe alors vigoureusement, sa surface augmentant considérablement de même que le nombre et l’épaisseur des poils absorbants, ce qui accroît la capacité de la plante à absorber l’eau et les nutriments du sol.

L’un des atouts majeurs du Trichoderma réside dans sa capacité à rendre assimila -

de composés insolubles. Le Trichoderma est capable de libérer des enzymes et des acides organiques qui transforment le phosphore en formes solubles, le rendant ainsi disponible pour les plantes.

Les bienfaits du Trichoderma ne se limitent pas à la rhizosphère; appliqué aux parties aériennes de la plante (branches et feuilles), il peut stimuler la photosynthèse. Soyez prudent lors de l’application de pulvérisations foliaires; certaines études ont montré que ces micro-organismes persistent dans les inflorescences même après séchage, ce qui peut présenter un risque pour la santé.

MODE D’EMPLOI

Le Trichoderma peut être appliqué à n’importe quel stade de la culture du cannabis, mais son efficacité est optimale dès le début. Les champignons Trichoderma sont principalement vendus sous forme solide, plus précisément en poudre, mélangée à un matériau inerte. L’inoculation est la méthode la plus courante: lors du repiquage, la poudre est répartie au fond du trou de plantation, au contact des racines.

Une autre méthode consiste à mélanger le Trichoderma à l’ensemble du substrat lors de sa préparation. Il peut également être appliqué par irrigation, en le mélangeant à la

Le Trichoderma possède une capacité remarquable à influencer positivement l’architecture racinaire

bles une large gamme de nutriments grâce à divers processus biologiques tels que la chélation, la minéralisation et la solubilisation. Dans le premier cas, le Trichoderma produit des sidérophores, substances de faible poids moléculaire capables de se lier au fer et de le convertir en une forme absorbable par les plantes.

La minéralisation est un processus par lequel les nutriments sont libérés de la matrice organique et transformés en composés inorganiques simples, directement assimilables par les plantes.

La solubilisation du phosphore est un processus biologique essentiel, car les plantes ont besoin de grandes quantités de cet élément tout au long de leur cycle de vie. Le sol est riche en phosphore, mais sa disponibilité est limitée par sa fixation sous forme

solution nutritive. L’application foliaire est une autre option. La méthode la plus efficace consiste à saupoudrer directement les graines avant la germination. Les doses d’application varient selon le fabricant.

La variété de Trichoderma la plus couramment utilisée pour la culture du cannabis est le Trichoderma harzianum.

ÉCOLOGIE

L’utilisation du mycorhize dans la culture à haut rendement de plantes médicinales présente un grand potentiel, car elle peut remplacer intégralement les engrais et les pesticides de synthèse.

Sans impact environnemental, elle rend la culture du cannabis plus durable.

Écorce colonisée par du Trichoderma, photo de Thomas Laxton, via Wikimedia Commons.

S-FACTORY: SMOKE AND VAPE

S-Factory a été fondé en 2004 dans le département du Pas de Calais. Vingt ans d’histoire qui témoignent d’un engagement pionnier et d’un parcours qui reflète la volonté d’offrir au marché les produits les plus innovants de l’industrie du cannabis. Le nouveau site de S-Factory s’adresse aux particuliers, donc voici pour le passionnés : une source constamment renouvelée pour donner libre cours à votre passion.

Quelles sont les nouveautés sur votre nouveau site ?

La navigation a été clairement optimisée surtout pour le smartphone. La version précédente manquait de fluidité sur mobile ; le nouveau site offre désormais un bien meilleur confort d’utilisation.

Quels sont les produits les plus demandés par les passionnés français ?

Les grinders et les bangs restent des classiques mais la demande pour les vaporisateurs est croissante depuis ces dernières années. Et là tout dernièrement ce sont les produits CBD et notamment les gummies qui cartonnent !

Quelles sont les marques de grinders et de vaporisateurs les plus populaires sur le marché et pourquoi ?

Les grinders les plus vendus restent avant tout les modèles les plus abordables. Le grinder en aluminium avec tamis en 50 mm est un grand classique du marché. Cela dit, certaines marques se distinguent par leur qualité et leur innovation, comme SLX ou SWED. Bien qu’elles soient plus onéreuses, la différence se ressent immédiatement : revêtement anti-adhésif en céramique, systèmes à friction sans dents…on est clairement sur un autre niveau. Concernant les vaporisateurs, qu’il s’agisse de modèles de salon ou portables, Storz & Bickel reste la marque de référence. Elle est reconnue depuis des années pour la qualité supérieure de ses appareils ainsi que pour l’efficacité de son service après-vente. Ensuite des marques comme X-Max, Dynavap ou Pax se vendent très bien aussi.

Quelles sont les marques de gummies au CBD préférées de vos clients ?

Il n’y a pas réellement de marque qui se démarque nettement. L’ensemble des références se vend bien, avec une préférence naturelle pour les produits disponibles en stock.

En effet, depuis quelques semaines, tous les fournisseurs rencontrent des difficultés d’approvisionnement en raison de contrôles accrus, ce qui impacte directement la disponibilité des produits.

Quelle est votre politique d’expédition ?

Toutes les commandes sont préparées avec soin et expédiées le jour même si vous passez votre commande avant 15h. Pour le mode de livraison vous avez le choix : standard, express Chronopost, relais colis et livraison gratuite dès 40€ d’achat !

CT25 # Recherche 1 – Spectre lumineux – Royaume-Uni L’influence du spectre lumineux sur le développement des plantes

Avez-vous déjà utilisé des lampes de culture pour vos plantes ? Si oui, vous avez sans doute été impressionné par l’effet de la lumière sur leur développement. Cet article vous permettra d’aller plus loin en explorant l’influence de la lumière sur les plantes. Comme nous le verrons, le développement végétal ne se limite pas à la simple croissance. Nous expliquerons les principes fondamentaux de la lumière et son interaction avec les plantes, tout en vous proposant des conseils pratiques. Le choix de la bonne source lumineuse peut avoir un impact considérable sur la qualité et la quantité de votre récolte.

Tout le monde sait qu’une plante a besoin de lumière pour croître grâce à la photosynthèse, un processus impliquant la fixation de l’énergie et la production de sucres. Mais la lumière ne se limite pas à ce rôle énergétique : elle intervient également dans de nombreux autres processus, tels que la photomorphogenèse et le photopériodisme.

Ces processus sont influencés par le spectre lumineux, c’est-à-dire la distribution de la lumière dans le spectre électromagnétique. Pour comprendre les réponses des plantes à la lumière, il est donc essentiel de commencer par en examiner les bases physiques.

en effet qu’une fraction très réduite du spectre total : entre 400 et 700 nanomètres. Cela correspond à moins de 1 % de l’ensemble du spectre électromagnétique. Le rayonnement photosynthétiquement actif (PAR), ou densité de flux de photons photosynthétiques (PPFD), correspond à la portion du spectre utilisable par les plantes pour la photosynthèse.

Cependant, le PPFD étant une somme de tous les photons entre 400 et 700 nm, deux spectres très différents peuvent produire la même valeur de

PPFD. Il n’existe donc pas de relation directe entre PPFD et composition spectrale. Le PPFD s’exprime en µmol/m²/s et indique le nombre de photons atteignant une surface donnée par seconde. À titre indicatif, la plupart des plantes nécessitent un minimum de 30 à 50 µmol/m²/s pour survivre.

Comment une plante perçoit la lumière La lumière est non seulement une source d’énergie, mais aussi une source d’information pour la plante.

Principe de la lumière et de son spectre

La lumière est une forme de rayonnement se présentant sous forme d’ondes électromagnétiques capables de se propager dans l’air ou dans le vide. Elle peut être décrite selon trois propriétés physiques : l’intensité (amplitude), la fréquence (ou longueur d’onde) et la direction de vibration (polarisation).

L’ensemble de ces rayonnements constitue le spectre électromagnétique. Lorsqu’on parle de lumière, il est plus pertinent d’utiliser la notion de longueur d’onde plutôt que celle de couleur. La lumière visible ne représente

Différents spectres lumineux renseignent la plante sur son environnement et influencent sa manière de croître, de s’adapter et de se reproduire. La composition de la lumière est donc aussi importante que sa quantité.

Le spectre compris entre 300 et 800 nm déclenche des réponses de développement, tandis que les UV et les infrarouges jouent également un rôle dans la morphogenèse.

Les plantes perçoivent la lumière grâce à des pigments spécifiques appelés photorécepteurs, sensibles à différentes longueurs d’onde. On distingue trois groupes : Phototropines

• Cryptochromes

• Phytochromes

Les phototropines et cryptochromes sont actifs dans les longueurs d’onde courtes (UV-A et bleu). Les phototropines contrôlent le phototropisme

(orientation vers la lumière), le mouvement des chloroplastes et l’ouverture des stomates. Les cryptochromes interviennent dans l’inhibition de l’élongation des tiges, la synthèse des pigments et l’orientation des feuilles vers le soleil.

Les phytochromes, sensibles au rouge et au rouge lointain, jouent un rôle majeur dans la photomorphogenèse : croissance des tiges, évitement de l’ombre, synthèse de la chlorophylle et induction florale.

Lumière bleue (400–500 nm)

Une proportion élevée de lumière bleue limite l’élongation cellulaire, produisant des plantes plus compactes, avec des tiges courtes et des feuilles épaisses. À l’inverse, un manque de lumière bleue entraîne un allongement des tiges et une surface foliaire plus importante.

Un minimum de lumière bleue est indispensable : entre 5 et 30 µmol/m²/s selon les espèces.

Interaction entre lumière rouge et rouge lointain

La lumière rouge (600–700 nm) et rouge lointain (700–800 nm) joue un rôle clé dans le développement.

Les phytochromes existent sous deux formes : Pr et Pfr. Leur équilibre détermine la perception de l’environnement par la plante, appelé état photostationnaire (PSS).

Un excès de rouge lointain, typique des situations de compétition lumineuse, stimule l’élongation des tiges : c’est la réponse d’évitement de l’ombre. À l’inverse, un bon équilibre favorise une croissance plus compacte et une meilleure ramification.

Influence sur la floraison

La floraison dépend directement du rapport entre Pr et Pfr.

Le niveau de Pfr permet à la plante de mesurer la durée de la nuit. Une longue nuit réduit le Pfr, déclenchant la floraison des plantes de jours courts. Un faible ratio rouge/rouge lointain au début de la nuit favorise ce processus.

Effet de la lumière verte (500–600 nm)

Souvent sous-estimée, la lumière verte peut néanmoins contribuer à la photosynthèse. Des études montrent qu’un ajout de lumière verte à un spectre rouge-bleu peut améliorer la biomasse, même à PAR constant.

Lumière ultraviolette (300–400 nm)

La lumière UV favorise une croissance compacte avec des entre-nœuds courts et des feuilles épaisses. Cependant, en excès, elle peut endommager l’ADN et perturber la photosynthèse. Les effets négatifs apparaissent au-delà de 4 kJ/m²/jour.

Conclusion

Il n’existe pas de spectre lumineux universel idéal : tout dépend de la plante et du contexte de culture. Cependant, certaines lignes directrices s’appliquent :

Minimum de 30–50 µmol/m²/s de lumière photosynthétique

Apport minimal de lumière bleue (5–30 µmol/m²/s)

Proportion plus élevée de lumière rouge et rouge lointain

• Ratio rouge/rouge lointain inférieur à 2

• Quantité limitée d’UV (< 4 kJ/m²/jour)

À retenir également :

• Plus de bleu = plantes plus compactes Trop de rouge lointain = plantes allongées

• Le ratio rouge/rouge lointain influence la floraison

• La lumière verte contribue à la photosynthèse

La prochaine étape consiste à adapter le spectre lumineux à votre situation.

Si la lumière naturelle est insuffisante, les lampes horticoles — notamment les LED — permettent aujourd’hui un contrôle précis et efficace du spectre lumineux.

Terpènes

Terpinéol : cannabis et lilas

Le terpinéol est un alcool monoterpénoïde monocyclique de formule brute C10H18O.

Il existe sous quatre isomères principaux : l’α-terpinéol (le plus abondant), le β-terpinéol, le γ-terpinéol et le terpinén-4-ol. Ces isomères diffèrent principalement par la position de la double liaison ou de l’hydroxyle. L’α-terpinéol, qui domine dans la plupart des mélanges naturels, présente une odeur florale agréable rappelant le lilas, avec des notes légèrement boisées et citronnées. On le retrouve notamment dans le cannabis.

Naturellement présent dans de nombreuses huiles essentielles, le terpinéol est un composé volatil biosynthétisé via la voie du mévalonate dans les plantes. Il est souvent associé à d’autres terpènes comme le pinène ou le limonène. Dans le cannabis, il contribue au profil aromatique et aux effets d’entourage des cannabinoïdes, bien que ses concentrations restent généralement modérées (0,1 à 2 % selon les variétés).

Utilisations du terpinéol

Le terpinéol est largement employé en parfumerie pour ses notes florales (lilas, muguet, acacia). Il sert de fixateur dans les eaux de parfum, les déodorants et les cosmétiques, stabilisant les fragrances. Dans l’industrie alimentaire, il aromatise les boissons, les confiseries et les produits laitiers.

Ses propriétés de solvant et antimicrobiennes en font un ingrédient des produits de nettoyage, des désinfectants et des peintures. En pharmacie, il entre dans des formulations topiques ou

des huiles essentielles. L’industrie électrique l’utilise comme agent de nettoyage des circuits imprimés en raison de sa faible teneur en eau. Le marché mondial de l’α-terpinéol devrait atteindre 615 millions de dollars d’ici 2033, porté par la demande en produits naturels et durables.

Extraction du terpinéol

La production industrielle du terpinéol repose principalement sur l’hydratation acide de l’α-pinène issu de la térébenthine (huile de pin). Ce procédé en deux étapes consiste en une hydratation catalysée par un acide (souvent sulfurique) sous ultrasons ou chauffage, suivie d’une déshydratation du terpine diol intermédiaire pour obtenir un mélange riche en α-terpinéol. La purification finale se fait par distillation fractionnée sous vide, atteignant une pureté de 96-98 %.

Pour l’extraction naturelle, on procède par hydrodistillation ou distillation à la vapeur des huiles essentielles de plantes riches en terpinéol,

suivie d’une séparation chromatographique ou fractionnée. Des méthodes plus modernes, comme la synthèse en flux continu ou la biotransformation enzymatique, permettent d’obtenir des formes énantiopures avec un meilleur rendement et une empreinte environnementale réduite. Ces approches sont toutefois plus coûteuses et réservées à des applications haut de gamme.

Plantes qui contiennent du terpinéol

Le terpinéol est présent dans de nombreuses espèces végétales, principalement sous forme d’α-terpinéol dans les huiles essentielles de pin et de térébenthine. Ce sont des sources industrielles majeures.

On le trouve également dans les plantes suivantes : eucalyptus (Eucalyptus radiata), arbre à thé (Melaleuca alternifolia), romarin (Rosmarinus officinalis), basilic (Ocimum basilicum) et sauge sclarée (Salvia sclarea), citron vert (Citrus aurantifolia), mandarine, coriandre (Coriandrum sativum), anis étoilé et palo santo (Bursera graveolens), fleurs de lilas, narcisse et freesia.

Les concentrations varient de 5-10 % dans certaines huiles essentielles comme l’eucalyptus à des traces dans d’autres.

Variétés de cannabis qui contiennent du terpinéol

Dans le cannabis, l’α-terpinéol est présent en quantités variables, généralement moins de 1 % de l’ensemble des terpènes, parfois jusqu’à 2 %. Les variétés les plus riches en terpinéol sont notamment Girl Scout Cookies (GSC), White Widow, OG Kush, Skywalker OG, Jack Herer et Blue

Dream. Ces profils terpéniques sont influencés par la génétique, les conditions de culture et la maturation. Le terpinéol contribue à l’arôme piné et floral et potentialise les effets relaxants des cannabinoïdes.

Propriétés médicales du terpinéol

Les propriétés pharmacologiques du terpinéol, surtout de l’α-terpinéol, ont été largement étudiées in vitro et sur modèles animaux. Elles sont principalement attribuées à son interaction avec les membranes cellulaires et ses effets antioxydants.

Propriétés antibactériennes

L’α-terpinéol présente une activité antibactérienne à large spectre contre les bactéries Gram-positives et Gram-négatives, y compris des souches résistantes (ex. : Staphylococcus aureus résistant à la méticilline). Il perturbe la membrane cytoplasmique, inhibe la formation de biofilms et réduit la synthèse de protéines et d’ADN. Des études montrent une synergie avec des antibiotiques comme la céfazoline.

Propriétés antioxydantes

Le terpinéol agit comme piégeur de radicaux libres et inhibe la peroxydation lipidique. Il renforce les défenses cellulaires contre le stress oxydatif, ce qui le rend intéressant pour la prévention de maladies liées à l’inflammation chronique. Des tests in vitro confirment son pouvoir antiradicalaire comparable à certains antioxydants classiques.

Propriétés anti-inflammatoires

L’α-terpinéol réduit la production de médiateurs pro-inflammatoires (cytokines, NO, PGE2) via l’inhibition des voies NF-κB et COX-2. Des modèles animaux d’œdème et d’arthrite montrent une diminution significative de l’inflammation, sans toxicité notable aux doses thérapeutiques.

Propriétés antifongiques

Il inhibe la croissance de champignons comme Aspergillus ochraceus ou Candida spp. en provoquant une fuite cytoplasmique, une déformation des hyphes et une perturbation des membranes. Une étude de Kong et al. (2019) a démontré que l’α-terpinéol est le principal composant actif de l’huile de Melaleuca alternifolia contre les moisissures post-récolte.

Autres propriétés

D’autres effets (analgésique, anticonvulsivant, gastroprotecteur) ont été rapportés dans la revue de Khaleel et al. (2018), mais nécessitent des études cliniques supplémentaires. Dans le cannabis, le terpinéol pourrait contribuer à des effets sédatifs ou relaxants via l’effet d’entourage.

Comme les fleurs de cannabis, les fleurs de lilas contiennent du terpinéol.

Saison 2026

COMMENT DÉMARRER RAPIDEMENT VOTRE CULTURE DE CANNABIS OUTDOOR?

L’été approche à grands pas et c’est la saison préférée de tous. C’est le moment idéal pour installer votre culture de cannabis outdoor! Que vous soyez un cultivateur amateur avec quelques plants ou que vous souhaitiez remplir une serre entière, cet article vous guidera et augmentera vos chances de réussite.

Dans cet article, je couvrirai tout ce que vous devez savoir sur les premières étapes de la culture du cannabis outdoor. Je parlerai du matériel nécessaire, du choix des variétés, de la taille et du type de pot, de l’arrosage et des apports d’engrais, des erreurs courantes à éviter et donnerai mes meilleurs conseils. À la fin de cet article, vous disposerez de toutes les informations nécessaires pour démarrer votre culture outdoor de 2026 du bon pied!

POURQUOI CULTIVER DU CANNABIS OUTDOOR EST UNE BONNE IDÉE?

Cultiver du cannabis en plein air offre des avantages uniques. Bien sûr, nous apprécions tous la culture indoor, car nous pouvons contrôler les conditions environnementales et l’intensité lumineuse, ce qui permet d’obtenir des têtes résineuses et abondantes.

Cependant, les fleurs bio cultivées outdoor sont uniques et on ne peut plus naturelles. Certes, elles sont généralement inférieures aux fleurs indoors haut de gamme. Néanmoins, cultiver en plein air permet d’en apprendre beaucoup sur le cycle de vie naturel de la plante, qui dure de 6 à 7 mois selon sa génétique.

• Pas besoin de lampes horticoles et plus de factures d’électricité!

• La culture en plein air est économique et facile à mettre en place.

• Les plantes profitent du vent et de la brise.

• L’air extérieur est riche en dioxyde de carbone.

• Le soleil offre un spectre lumineux idéal.

• Les plantes sont exposées aux UV, ce qui stimule la production de résine.

• Les plantes d’extérieur peuvent atteindre une taille impressionnante grâce au palissage.

• Le rendement des cultures outdoors peut varier de 500 g à 1000 g par plante.

DE QUOI

Contrairement à la culture indoor qui nécessite un budget pour démarrer, la culture outdoor ne demande que peu de choses. Vous pouvez facilement vous équiper pour les 2 à 3 premières semaines avec un budget très limité. Voici la liste du matériel nécessaire pour commencer.

• Terreau bien drainé

• Inoculant de bactéries et de champignons bénéfiques

• Un ou plusieurs pots d’un litre

• Engrais liquide pour la croissance végétative

• Graines de cannabis

• Emplacement ensoleillé, face ouest

QUELLES SONT LES MEILLEURES VARIÉTÉS À CULTIVER OUTDOOR ET QUELLES SONT MES OPTIONS?

Cela dépend de votre lieu de résidence et du climat. Les résultats varient d’un cultivateur à l’autre et choisir la variété adaptée à la saison est essentiel.

• Europe du Nord: variétés photopériodiques avec 7 à 8 semaines de floraison ou variétés autofleurissantes.

• Europe du Sud: variétés photopériodiques avec 9 à 12 semaines de floraison ou variétés autofleurissantes.

DE COMBIEN DE SOLEIL ET DE NUTRIMENTS LES JEUNES PLANTS ONT-ILS BESOIN POUR LA CULTURE OUTDOOR?

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que les jeunes plants de deux semaines n’ont besoin que d’une faible intensité lumineuse et de peu de nutriments. Il est donc important de les exposer au maximum au soleil direct au début. Une fois les deux premières semaines passées, la plante entre en croissance végétative et concentre son énergie sur la croissance des feuilles, des branches, des racines et des nouveaux nœuds.

GUIDE D’ACHAT D’UN BON TERREAU

Le terreau est essentiel à la croissance des plantes de cannabis. Il est riche en nutriments organiques à libération lente et contient des millions de bactéries bénéfiques. Une visite à la jardinerie vous permettra de découvrir un

large choix de terreaux en sacs de 5 à 50 litres. Voici quelques règles à suivre avant d’acheter du terreau:

• Le terreau doit être bien drainé et contenir de la perlite.

• La teneur en NPK indiquée sur l’emballage doit être faible.

• Évitez les terreaux contenant des additifs chimiques (20-20-20).

• Le terreau pour rempotage est idéal pour les semis.

• N’achetez pas de terreau bon marché, dense et poussiéreux.

• Le terreau doit dégager une odeur fraîche, terreuse et légèrement sucrée au toucher.

• Sa couleur doit être d’un noir brillant, composé de particules brun foncé.

FABRIQUER SON PROPRE TERREAU?

Si vous ne souhaitez pas prendre le risque d’acheter un terreau de mauvaise qualité pour vos semis, pourquoi ne pas le fabriquer vous-même? J’adore créer mes propres mélanges, car je contrôle parfaitement leur aération, leur légèreté, leur capacité de rétention d’eau et leur richesse en nutriments. Voici une liste de mes mélanges personnalisés pour un pot de 10 litres, qui conviennent parfaitement aux semis et aux boutures.

• Fibre de coco = 3 L

• Lombricompost = 2 L

• Compost = 3 L

• Perlite = 2 L

AUTOFLEURISSANTES OU PHOTOPÉRIODIQUES?

Si vous ne connaissez pas les différences entre les variétés autofleurissantes et photopériodiques, je vais les souligner afin que vous puissiez choisir celle qui vous convient le mieux. Vous trouverez ci-dessous les caractéristiques de chacune.

AUTOFLEURISSANTES

• Plantes de cannabis qui commencent à fleurir 28 jours après la germination

• Les autofleurissantes fleurissent quelle que soit la durée d’ensoleillement

• Ce sont des plantes de taille moyenne, robustes et fiables

• Les autofleurissantes offrent un bon rendement, notamment en culture Sea of Green

• Les plantes autofleurissantes s’adaptent bien aux climats froids

• La qualité des têtes produites par les autofleurissantes est très élevée

• Elles peuvent être récoltées en continu toutes les 10 à 12 semaines outdoor

• Les autofleurissantes sont des plantes faciles d’entretien, idéales pour les c ultivateurs débutants

• Les autofleurissantes peuvent être plantées plus tard dans l’année et donner d’excellents résultats

PHOTOPÉRIODIQUES

• Les variétés photopériodiques ne fleurissent que vers la fin juillet.

• Elles peuvent atteindre une taille et une hauteur considérables.

• Leur cycle de vie complet dure de 6 à 7 mois.

• Avec un palissage adapté et un apport d’engrais, vous pouvez obtenir une récolte abondante.

• Leurs racines nécessitent un pot plus grand pour se développer.

GRAINES DE CANNABIS RÉGULIÈRES OU FÉMINISÉES?

L’étape suivante consiste à choisir entre des graines de cannabis féminisées ou régulières. Chacune présente des avantages et des inconvénients. Cependant, les graines féminisées permettent d’optimiser l’espace de culture et le nombre de plantes.

QUELS POTS CHOISIR ET DE QUELLE TAILLE?

Si vous souhaitez faire germer des graines et

les planter dans des pots que vous poserez sur le rebord de votre fenêtre, un petit pot de 0,5 à 1 litre suffira. Cela suffira pour les 4 premières semaines, après quoi il faudra rempoter les plantes dans un pot de 3,5 à 5 litres pour favoriser un système racinaire dense et éviter que les racines ne s’entremêlent.

POTS EN PLASTIQUE

L’avantage principal des pots en plastique est leur disponibilité, leur faible coût et leur réutilisabilité. Leur seul inconvénient est qu’ils peuvent encourager un développement racinaire défavorable à la croissance du cannabis.

Cependant, si votre substrat est meuble, aéré et riche en poches d’air, et que vous arrosez régulièrement, les pots en plastique conviennent parfaitement.

POTS EN TISSU

Contrairement aux pots en plastique, les pots en tissu laissent passer l’air à travers le terreau ou le substrat. En cherchant l’humidité et l’air, les racines des plantes se développent et s’élaguent naturellement. Ce processus favorise un système racinaire plus fibreux et prévient l’entremêlement des racines. Les pots en tissu peuvent être assez chers, mais leur prix est justifié par la croissance optimale des plantes qu’ils permettent d’obtenir!

TROUVER L’EMPLACEMENT IDÉAL

Avoir la meilleure terre, les meilleurs nutriments et les variétés les plus récentes et performantes ne suffit pas. Sans conditions optimales, vos plantes ne pousseront pas et ne se développeront pas correctement. Trouver le bon emplacement ne signifie pas forcément vivre dans un endroit ensoleillé toute la journée; de nombreux autres facteurs sont à prendre en compte.

• La zone de culture doit être propre et débarrassée de toute saleté.

• Ne plantez pas trop près des autres plantes du jardin.

• Trouvez un emplacement discret, à l’abri des regards du voisin.

• Protégez les plantes des chats et des chiens.

• L’emplacement doit être facilement accessible.

• Vous devez pouvoir y travailler et vous déplacer confortablement.

• Choisissez un endroit exposé au soleil direct jusqu’au soir.

PUIS-JE PLANTER LE JEUNE PLANT DIRECTEMENT EN PLEINE TERRE DANS MON JARDIN?

Vous pouvez le faire si vous êtes certain que la terre est de bonne qualité en termes de nutriments, de drainage et de rétention d’eau. Je vous recommande de préparer un thé de compost aéré, riche en micro-organismes et en champignons, d’en imbiber la terre, puis de

la retourner. L’ajout de ces micro-organismes bénéfiques enrichira considérablement le sol et assurera la bonne croissance des plantes. Je vous recommande de retourner la vieille terre et même d’y ajouter du compost frais ou du lombricompost comme amendement organique.

ARROSAGE ET FERTILISATION

N’oubliez pas que durant les 2 à 3 premières semaines, vos plants de cannabis développeront progressivement leur système racinaire et s’acclimateront à l’environnement extérieur. Même si vous êtes tenté de leur donner 5 ml par litre de chaque engrais disponible, il est préférable d’en mettre moins.

• N’arrosez les pots que lorsque la terre est presque sèche.

• Avant d’arroser, le pot doit être léger.

• Versez l’eau lentement sur le pourtour du pot.

• Il est conseillé de vaporiser régulièrement vos plants avec une solution nutritive organique douce.

• Utilisez le même volume d’eau à chaque apport d’engrais.

• Arrosez vos jeunes plants aux heures les plus chaudes de la journée, au printemps.

• Un verre doseur vous permettra de respecter un programme de fertilisation régulier.

• Utilisez un pH-mètre pour vérifier que le pH de votre eau se situe entre 6.0 et 7.0.

ET LA LUTTE ANTI-RAVAGEURS?

Il n’y a rien de pire que de commencer sa culture en plein de air et de voir ses jeunes plants dévorés par les insectes. L’extérieur attire toutes sortes d’invités indésirables, comme les pucerons, les thrips, les sauterelles, les fourmis, les limaces, les escargots, les oiseaux et les chats errants. Il est essentiel de bien protéger vos jeunes plants pendant leur période la plus vulnérable. Voici quelques conseils pour protéger vos plantes des ravageurs:

• Inspectez quotidiennement vos plantes en recherchant les signes de dégâts causés par les insectes.

• Placez un gobelet en plastique d’un litre percé de petites fentes sur les jeunes plants pour les protéger.

• La nuit, rentrez les jeunes plants à l’intérieur pour les protéger des limaces et des escargots.

• Les oiseaux peuvent attraper les jeunes plants et anéantir toute votre récolte.

• Vous pouvez acheter des insectes déprédateurs pour lutter contre les ravageurs.

• Les savons insecticides bio ou l’huile de neem peuvent aider à repousser les insectes pendant la phase de semis.

ERREURS COURANTES À ÉVITER PENDANT LA PHASE DE SEMIS

En tant que jardiniers amateurs, nous devons être particulièrement vigilants et attentifs pendant la phase de semis lorsque nous cultivons outdoor.

Il existe de nombreuses erreurs cruciales qu’un cultivateur débutant peut commettre! Voici les plus courantes à éviter.

ACHETER UN TERREAU TROP RICHE EN NUTRIMENTS

Je l’ai moi-même fait sans le savoir. J’ai acheté ce que je pensais être du compost bio, mais il contenait en réalité des engrais chimiques avec un ratio NPK de 20-20-20. Mes plantes ont été gravement brûlées par cette forte concentration d’engrais, ce qui a sérieusement affecté leur développement et leur santé, jusqu’à ce que je les rempote dans mon propre terreau. Vérifiez toujours l’analyse des nutriments sur l’emballage lorsque vous choisissez un terreau.

pluies. J’en ai fait l’amère expérience: il m’est arrivé de me réveiller avec des semis rongés, voire dévorés, et souvent même arrachés du sol par un chat ou un oiseau.

J’ai même eu affaire à des fourmis qui m’ont causé bien des soucis en volant les graines en germination dans la terre pendant la nuit. Mes meilleurs conseils

Vous voulez offrir à vos graines le meilleur départ possible. Voici mes conseils pour les 4 premières semaines sans stress et des plantes vigoureuses et saines.

CULTIVER DANS UN ENVIRONNEMENT SALE

Il est important de maintenir votre espace extérieur aussi propre que possible. Que vous cultiviez sur une terrasse, un patio ou même un balcon ensoleillé, assurez-vous qu’il n’y ait pas de vieux pots, de flacons d’engrais vides ou de terreau au sol. Un environnement sale attire les parasites et complique le travail à mesure que les plantes grandissent.

PROTÉGER LES SEMIS DU FROID

Avec l’expérience, j’ai appris qu’il est préférable de rentrer les semis la nuit pour les protéger des ravageurs, du froid et des fortes

Amsterdam ou un social club social en Espagne, toutes les variétés ne sont pas adaptées aux conditions climatiques difficiles. Les cultivateurs d’Europe du Nord doivent être très sélectifs quant aux périodes de floraison. Privilégiez une photopériodique avec une floraison de 7 à 8 semaines. Les autofleurissantes sont également une excellente option, mais je recommande d’en planter 4 à 6 pour un rendement optimal.

LES GRAINES FÉMINISÉES SONT FACILES À CULTIVER

Acheter des graines féminisées signifie que vous n’avez pas à vous soucier de jeter les plants mâles et que vous pouvez choisir précisément le nombre de plants que vous souhaitez. Je recommande d’acheter des graines féminisées plutôt que des graines régulières, surtout si vous êtes un cultivateur débutant ou novice. Vous pouvez planter plusieurs variétés féminisées ensemble et obtenir ainsi un choix beaucoup plus large de saveurs et d’effets.

UN DOSEUR EN PLASTIQUE

En arrosant vos semis avec la même quantité d’eau à chaque fois, vous leur assurez un arrosage régulier, évitant ainsi le sur-arrosage et le sous-arrosage. Les semis utilisent l’eau

dont ils ont besoin et, comme leur feuillage est peu développé, ils se concentrent sur le développement de leurs racines. Veillez à ne pas détremper la terre, la saturer d’eau et la rendre lourde et compacte.

MA CONCLUSION FINALE

Cultiver en plein air est une expérience que tout cultivateur indoor devrait tenter, selon moi, car elle permet d’en apprendre beaucoup sur le cycle de vie de la plante. Vous n’aurez plus à vous soucier des coupures de courant ni des factures d’électricité exorbitantes.

Mon dernier conseil: travaillez dans un environnement propre, utilisez des graines féminisées, préparez votre propre mélange de terreau à base de lombricompost, de compost, de fibre de coco et de perlite, rentrez vos semis la nuit ou protégez-les avec un gobelet en plastique d’un litre. Une fois vos semis arrivés à maturité, vous pourrez vous préparer correctement à la phase de croissance végétative. C’est à ce moment-là que vous pourrez cultiver des plantes touffues et imposantes, capables de produire des récoltes exceptionnelles dans des conditions optimales.

Bonne chance pour vos cultures outdoors de 2026!

PRÉPAREZ-VOUS TÔT

L’organisation est essentielle pour la culture du cannabis en plein air. Préparez une liste de tout le matériel nécessaire pour démarrer votre culture, assurez-vous que l’espace soit aussi propre que possible, renseignez-vous sur les variétés les mieux adaptées à votre climat, déterminez les nutriments nécessaires et choisissez votre terreau. Tout préparer à l’avance vous simplifiera la vie.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES GÉNÉTIQUES

Même s’il est tentant d’acheter les génétiques d’une variété fumée dans un coffeeshop à

Des archives de Soft Secrets

Faire un pont d’or

Comment utiliser l’espace creux à l’intérieur d’un pont pour cultiver?

Le 18 février 2026, la police néerlandaise a découvert une plantation de cannabis dissimulée sous un pont enjambant l’autoroute A2 (E25) dans la province d’Utrecht. Environ 180 plantes ont été saisies et détruites. La culture clandestine a été découverte par des employés du Rijkswaterstaat (le ministère néerlandais des Infrastructures) en constatant que la serrure d’un local technique situé dans un pilier du pont avait été forcée. Cette découverte a également permis d’expliquer une forte augmentation de la consommation électrique du site. Un pont ne consomme généralement pas autant d’énergie! Un branchement électrique illégal alimentait l’éclairage, ce qui a entraîné une surconsommation. Le Rijkswaterstaat a donc, sans le vouloir, pris en charge les frais d’électricité de la plantation.

Soft Secrets ne serait pas Soft Secrets si nous ne partagions pas les secrets de l’utilisation d’un pont pour cultiver du cannabis. C’est pourquoi nous avons fouillé dans nos archives et retrouvé cette perle, écrite il y a plusieurs années par Daan, un cultivateur clandestin néerlandais. Cet article est, bien entendu, publié à des fins purement éducatives.

L’idée

Cette édition est consacrée à un pont tristement célèbre. L’affaire a éclaté en 2008 alors qu’une tentative d’installation d’une plantation de cannabis a été découverte dans le pont Willem-Alexander, dans la ville néerlandaise d’Echteld. Ce projet audacieux a échoué à cause d’un court-circuit sur un câble électrique à haute tension. Quand les cultivateurs ont tenté de mesurer le courant de 10 000 volts qui traversait le câble, le voltmètre qu’ils utilisaient a explosé, pro -

voquant une détonation assourdissante. La police a également déclaré qu’une tache d’urine retrouvée sur les lieux provenait de l’un des cultivateurs, pris de panique. L’idée derrière cette tentative ratée était pourtant ingénieuse: les constructions en béton comportent souvent des espaces creux inutilisés.

Ces espaces permettent d’alléger la structure et d’économiser du béton. Pour le coup du pont Willem-Alexander, deux espaces

d’environ 5 mètres de large et d’au moins 1 000 mètres de long ont été exploités. Cela représente un espace creux d’au moins 10 000 mètres carrés avec une hauteur d’environ 3 mètres. Nombre de cultivateurs doivent se contenter d’une fraction

Un contact fiable au sein du fournisseur d’électricité ou un ingénieur électricien spécialisé dans les installations à haute tension. Afin de prévenir tout risque d’explosion, la culture est équipée d’un transformateur qui abaisse la tension. Les cultivateurs pon -

Le pont Willem Alexander: un pont qui abritait autrefois l’une des plus grandes cultures de cannabis jamais découvertes aux Pays-Bas.

de cet espace. Les éléments essentiels à la culture se trouvaient déjà dans l’espace sous le pont, ou pouvaient y être facilement acheminés: l’énergie (lumière), la terre, l’eau et l’air. Voyons maintenant comment les cultivateurs se sont procuré ces éléments.

tés les moins bien connectés, ceux qui ne comptent pas de spécialiste en haute tension parmi leurs amis, se branchent parfois sur le réseau de l’éclairage public. Dans certains cas, cela peut même s’avérer la meilleure solution. Les cultivateurs les plus audacieux

Sachant pertinemment bien que cette opération est extrêmement dangereuse, les cultivateurs installés sous les ponts font généralement appel à des professionnels

Énergie

Les cultivateurs installés dans les ponts savent que ces derniers servent non seulement à la circulation, mais aussi au passage de canalisations et de câbles au-dessus des rivières. Cette solution est bien sûr plus économique et plus sûre que de les faire passer sous le lit de la rivière ou au-dessus avec des câbles à haute tension. Ils exploitent l’énergie présente dans le pont. Conscients des risques liés à cette opération, ils font généralement appel à des professionnels.

utilisent un agrégateur, l’option la moins risquée, mais aussi la plus délicate à mettre en œuvre.

Terre

Comme nos cultivateurs des ponts préfèrent rester aussi discrets que possible, ils se font passer pour des électriciens, des maçons ou autres professionnels du secteur. Pour cela, ils utilisent une camionnette et des vêtements de travail d’une entreprise de construction bien connue. De cette façon, ils

La culture de cannabis sous un pont en 2026 a fait la une des médias néerlandais.

peuvent transporter des centaines de kilos de terre et autres matériaux de culture sans éveiller les soupçons. Après tout, on ne sait jamais quand un pêcheur ou un randonneur pourrait être intrigué par ce qui se passe sous le pont. C’est pourquoi les cultivateurs ont toujours une bonne excuse en tête pour expliquer leur présence.

Eau

Les plantes ne peuvent pas survivre sans eau, et sous les ponts, il y en a en abondance. Les cultivateurs utilisent une pompe puissante pour s’approvisionner en eau à partir de la rivière qui coule dessous. Un tuyau passe à travers le béton et rejoint la rivière au niveau des piliers du pont. Ils vont opter pour un tuyau noir, fixé au pilier de

manière discrète afin d’éviter tout soupçon. La qualité de l’eau de la rivière étant inférieure à celle du réseau, les cultivateurs contrôlent régulièrement le pH et la conductivité électrique (CE) et, si nécessaire, effectuent les ajustements requis pour obtenir une eau aux niveaux optimaux, stockée dans une cuve.

Air

Avec une culture sous un pont, bon nombre des problèmes courants d’une culture traditionnelle ne se posent pas. Grâce à la circulation de l’air sous le pont, les nuisances olfactives sont quasi inexistantes. La circulation rapide empêche les automobilistes de percevoir les odeurs, et il y a généralement peu ou pas d’habitations à proximité. De

Pour éviter tout risque d’explosion électrique, la culture est équipée d’un transformateur qui abaisse la tension

plus, l’air sous le pont est beaucoup moins chaud que, par exemple, dans les combles d’une maison. Les cultivateurs doivent cependant gérer l’humidité ambiante. Afin de réduire les risques de pourriture des têtes. Pour ça, ils ont décidé d’aspirer l’air uniquement si l’air extérieur est suffisamment sec pendant la floraison. L’air est aspiré par une fente pratiquée dans le béton.

Visiteurs

Outre les quatre éléments indispensables à toute culture, un autre facteur doit être pris en compte: les visiteurs indésirables. Les cultivateurs clandestins savent pertinemment bien que même dans les endroits les plus isolés, des personnes peuvent parfois surgir à l’improviste. Sous un pont, il pourrait s’agir d’un sans-abri cherchant un endroit où passer la nuit ou d’un inspecteur des voies navigables effectuant ses contrôles.

Aux Pays-Bas, en tout cas, toutes les “constructions artificielles”, comme les ponts et les viaducs, sont inspectées plusieurs fois par an. Ces inspections portent principalement sur la chaussée et l’extérieur de l’ouvrage. Les cultivateurs installés sous les ponts font donc tout leur possible pour tenir les intrus à distance de leurs cultures. Par exemple, ils vont construire un faux mur supplémentaire muni d’une porte. Ils vont également installer un dispositif d’alerte électronique qui envoie un SMS si cette porte est ouverte. Comme ce dispositif ne

capte pas à l’intérieur du pont, son antenne est placée à l’extérieur. De cette façon, les cultivateurs savent s’ils peuvent reprendre leurs activités en toute sécurité.

Conclusion

Non seulement les ponts, mais aussi toutes les grandes constructions en béton, peuvent potentiellement servir à l’installation d’une culture de cannabis indoor. Une longue recherche est généralement nécessaire pour trouver une construction appropriée. En outre, des recherches approfondies sont nécessaires pour évaluer les risques de découverte et déterminer comment accéder en toute sécurité à une source d’énergie, ainsi qu’à l’eau et à la lumière. Les cultivateurs installés sous les ponts sont généralement des personnes débrouillardes et pragmatiques. Ils doivent également être prêts à faire un investissement conséquent pour mettre en place leur culture. Cet investissement sera certainement rentable, car le site sera utilisable pendant de longues périodes. Le risque que l’opération soit découverte à cause du faux mur est minime.

Le risque que les cultivateurs soient appréhendés, même en cas de découverte, est encore plus faible, car, hormis leurs visites, rien ne les relie à ce lieu. Ces cultivateurs peuvent espérer un rendement de 600 à 800 grammes par mètre carré et par culture. Et quatre récoltes par an sont tout à fait envisageables.

Cette coupe transversale permet de visualiser clairement l’espace occupé dans le pont.
Une immense plantation sous le nez des passants.

Botanique

Réversion végétative : comment relancer une plante après floraison

Au cours d’une culture, il arrive qu’une plante prometteuse atteigne la fin de floraison sans qu’aucune bouture n’ait été prélevée auparavant. Dans ce contexte, certaines observations ouvrent une alternative : en ajustant les conditions de culture, une plante ayant fleuri peut revenir en phase de croissance. Ce phénomène, appelé réversion végétative ou “reveg”, permet l’apparition de nouvelles pousses exploitables. À partir de celles-ci, il devient alors possible de bouturer et de conserver des génétiques qui auraient autrement disparu. La réversion végétative apparaît alors comme une solution de secours. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec le terme “reverse”, qui désigne l’inversion sexuelle des plantes pour produire des graines féminisées. Si ses résultats restent variables, sa réussite repose sur une mise en œuvre rigoureuse.

La réversion végétative doit s’anticiper dès la floraison et repose en grande partie sur la gestion de la récolte. Une plante entièrement coupée ne peut pas repartir : il est donc essentiel de conserver une partie de sa structure, notamment des feuilles actives et des zones florales basses. Ces tissus maintiennent une activité physiologique minimale, indispensable à l’émergence de nouvelles pousses, tout en conservant des réserves internes, notamment en azote, élément clé de la synthèse des protéines et de la reprise de croissance.

Leur quantité et leur niveau d’activité conditionnent directement la capacité de régénération. Le moment d’intervention est également déterminant : plus la floraison est avancée, plus les réserves de la plante sont mobilisées, réduisant ainsi son potentiel de reprise. Une récolte partiel-

le réalisée avant un affaiblissement trop marqué, en conservant suffisamment de matière vivante, constitue donc une base favorable à la reprise (Monthony et al., 2020 ; Taiz et al., 2015).

La photopériode joue un rôle central dans la régulation des phases de développement. Son ajustement permet de réorienter l’état physiologique de la plante et marque le point de départ de la réversion végétative. Celle-ci repose sur une modification du cycle lumineux, en repassant du régime de floraison (12/12) à un cycle de croissance, généralement de 16/8 ou 18/6. Cette transition relance progressivement la croissance, à condition de maintenir un environnement stable et cohérent avec la phase végétative (Grover, 2025 ; Tabatabaei, 2024). Le retour à la croissance nécessite un ajustement progressif de la nutrition. Une fertilisation plus riche en azote favorise

le développement du feuillage et des tiges, mais doit rester maîtrisée afin de ne pas fragiliser le système racinaire. L’irrigation doit également être adaptée : après la récolte, la réduction de la masse végétale diminue les besoins en eau, et un excès peut nuire à l’oxygénation des racines et favoriser les moisissures. Un substrat aéré, com-

qu’une tige soit suffisamment vigoureuse avant tout prélèvement, car une intervention trop précoce compromet les chances d’obtenir une bouture viable. Une seule pousse bien développée peut suffire, à condition que le bouturage soit réalisé correctement, ce qui contribue à préserver la plante d’origine.

biné à des apports modérés et à des conditions stables de température et d’humidité, permet de soutenir efficacement la reprise, ces paramètres influençant directement l’activité racinaire et la croissance végétative (Taiz et al., 2015).

Après ces ajustements, la plante entre dans une phase de transition lente et atypique. Les nouvelles pousses peuvent apparaître à partir des anciennes fleurs, et les feuilles présentent souvent une morphologie simplifiée (cf. Photo 1). Ces caractéristiques traduisent une reprogrammation progressive du développement. Cette phase peut durer plusieurs semaines et varie selon l’état initial de la plante (Tabatabaei et al., 2024).

Durant cette période, il est préférable de limiter les interventions. Les tailles, rempotages ou changements brusques peuvent perturber la reprise. Une fois la plante de nouveau en croissance, elle développera progressivement des pousses adaptées au bouturage. Il est essentiel d’attendre

Cette pratique reste généralement envisagée comme une intervention corrective, pour la plupart des cultivateurs qui préfèrent néanmoins prendre des boutures avant de passer en floraison. La réversion végétative permet cependant de réactiver le potentiel méristématique d’une plante après floraison et de rouvrir une fenêtre de multiplication végétative.

Cette approche témoigne de la plasticité phénotypique du cannabis face aux conditions de culture et souligne le rôle déterminant de l’environnement dans la reprogrammation développementale de la plante. Cette approche s’inscrit dans l’évolution des pratiques culturales, où la maîtrise du cycle végétatif devient un levier stratégique pour préserver des génotypes qui auraient autrement été perdus (Alter et al., 2024).

Elle rappelle enfin que, même en fin de cycle, le potentiel d’une plante reste exploitable pour qui sait en maîtriser les mécanismes.

Strawberry Croissant en phase de régénération (photo : Rising Moon Medicinals).
D’autres plantes considérées comme annuelles sont également capables de ce tour de force, comme ce plant de piment Capsicum annuum (photo : Muséum de Toulouse).

Douleur chronique et cannabis

LE MODÈLE FRANÇAIS SELON LE DR GÉRARD MICK

Le Dr Gérard Mick est un neurologue français qui depuis plus de 30 ans travaille dans un centre de la douleur relié au centre hospitalier universitaire CHU Grenoble-Alpes-Voiron spécialisé dans les douleurs neuropathiques et les céphalées. L’ayant rencontré en marge d’une réunion parisienne sur l’avenir du cannabis médical en France, où il a présenté son engagement à prescrire du cannabis à ses patients participant au projet expérimental, ses connaissances et son attitude m’ont intrigué, d’où l’interview qui a résulté de notre rencontre.

Que signifie travailler au quotidien avec des patients souffrant de douleurs neuropathiques ?

Le problème de la douleur neuropathique c’est son caractère réfractaire et chronique. C’est une problématique aussi qui est liée aux effets indésirables des médicaments et au fait que même quand les médicaments sont efficaces, cette efficacité peut être modérée, modeste. Et donc, la qualité de vie reste, malheureusement, peu améliorée par de nombreuses prises en charge thérapeutiques. Le problème aujourd’hui, pour moi, qui est plutôt intéressé par les traitements innovants et qui participe à l’expérimentation du cannabis médical en France, c’est quels sont les patients auxquels je peux faire bénéficier du cannabis médical dans le cadre d’une douleur neuropathique réfractaire au traitement de référence disponible ?

Combien de vos patients ont fait partie de l’expérimentation ?

Une quarantaine, mais dans cette quarantaine, aujourd’hui, il y en a 4 qui sont sous traitement depuis trois ans : un traitement continu et sans modification de posologie. Alors, 4 sur 40, c’est 10%. C’est 10% des patients les plus réfractaires à tous les autres traitements disponibles. Donc, c’est déjà énorme d’avoir amélioré 10% de ces patients qui résistent à tout.

De plus, ces 10% de patients, ils n’ont pas augmenté leur posologie et donc ils ne sont pas en situation d’addiction. Deuxièmement, ils ont été améliorés de façon significative, au point de garder leur traitement de façon chronique depuis 3 ans. Alors que l’on sait que dans le domaine de la douleur neuropathique, les patients gardent rarement leur traitement plus de 18 mois. Donc là, on a quand même une belle démonstration d’une

fraction, certes minoritaire, mais d’une fraction substantielle de gens qui répondent à ce traitement dans des conditions encadrées et avec justification.

Lors de la conférence Cannabis Paris, votre présentateur vous a indiqué comme un docteur qui prescrivait du cannabis depuis 20 ans. Est-ce que c’est exact ? Oui, parce qu’en France, on avait accès à une formulation de cannabis médical qui était le Marinol. Le Marinol, c’est du THC pur. Et donc ce THC, c’est quand même tout simplement un cannabinoïd synthétique. Donc j’ai une expérience car depuis l’an 2000 je prescris ça et donc pour moi, ce n’est pas nouveau d’utiliser du cannabis extrait de fleurs ou extrait de plantes plus généralement.

Il y a quand même une sacrée différence entre un cannabinoïde isolé et l’effet entourage qui vient avec les extractions de la fleur...

Oui, alors justement, on s’attend à avoir une meilleure tolérance, une meilleure adaptation possible, une meilleure adaptabilité du traitement lorsqu’on prend les extraits full spectrum que de prendre du THC pur où vous êtes sûr que là, vous avez à faire face quand même aux effets secondaires potentiels du THC qui ne peuvent pas être réduits par la coadministration de CBD ou les effets d’entourage.

Quand on parle d’effets secondaires, pourriez-vous comparer les effets secondaires d’un médicament comme le cannabis face à toute l’orthodoxie de l’offre médicale ? Dans la réalité, il n’y a pas tant d’effets secondaires que ça par rapport à la morphine, par exemple, par rapport au gabapentinoi de, par rapport au tricyclique. Si on prend tous les traitements de référence de la douleur neuropathique, les cannabinoïdes n’ont pas à rougir en termes d’effets secondaires, d’autant plus que les effets secondaires sont beaucoup moins dangereux ou problématiques.

Avec les tricycliques, vous avez des troubles du rythme, des troubles cognitifs sévères qui apparaissent rapidement. Vous avez des troubles urinaires qui peuvent apparaître

extrêmement rapidement. Je ne vous parle pas des troubles digestifs systématiques avec les morphiniques et des troubles cognitifs également. Je ne vous parle pas de l’instabilité locomotrice de presque un patient sur trois avec les gabapentinoïdes. Quand vous traitez des gens de 50, 60, 70 ans, parfois avec ces médicaments, vous avez des risques non négligeables d’effets secondaires avec des complications. Donc, le cannabis médical n’a absolument pas à rougir, au contraire.

C’est les autres qui doivent rougir, j’ai envie de dire... Je pense que oui, sincèrement, oui.

Partant de cette comparaison sur les effets secondaires, évaluez-vous que ce serait mieux, de commencer tout de suite avec le cannabis évitant ainsi de nombreux effets secondaires chez les patients souffrant déjà de leur pathologie ?

En théorie, bien sûr. En pratique, c’est plus compliqué. Et si on essaie de mêler la pratique, la théorie, la sécurité, la politique, l’économie, pour l’instant, c’est difficile d’imaginer le cannabis médical en première, deuxième ligne. On peut l’imaginer en troisième ligne ou quatrième ligne, mais pas en dernière ligne. Après, c’est sur un plan à la fois scientifique, institutionnel, réglementaire qu’on se dit que les médicaments arrivent les uns derrière les autres.

C’est-à-dire que le plus ancien, c’est celui qui est le mieux connu. On en connaît la sécurité d’emploi. On en connaît la tolérabilité. On en connaît l’efficacité. Donc, on peut la mesurer. Il y a des essais comparatifs éventuellement. Et puis, on a un tel niveau de référence historique.

Donc, le cannabis médical, nous, on ne le maîtrise pas aussi bien. On ne le connaît pas aussi bien. Même si on pense qu’en théorie, il pourrait se mesurer ou se placer presque au même niveau que les autres, déjà, il faut beaucoup de recul. On n’en a pas assez. Ensuite, il faut beaucoup de pratique. On n’en a pas assez.

Oui, mais il est clair que les effets secondaires du cannabis ne sont pas comparables à ceux

au sens large du terme, c’est la même. C’est ça le sujet. Le sujet, c’est que le cannabis, il n’agit probablement pas sur l’intensité douloureuse, mais sur le niveau de désagréabilité, de tolérabilité de la douleur. Et ce n’est même pas avec un effet psychotrope, dans le sens où les gens sont à moitié « stone » et puis de ce fait, ils se plaignent moins. Ce n’est absolument pas ça.

Pourquoi ?

Puisqu’on peut mesurer que ces gens (mais ça, ce n’est pas assez bien fait dans les études cliniques, parce que ça coûte de l’argent et ça prend du temps) sont parfaitement bien. Ils ne sont pas altérés sur le plan cognitif, ils ne sont pas altérés sur le plan affectif, ils ne sont pas altérés sur le plan comportemental, et ils disent clairement, moi, je dors mieux, je tolère mieux cette douleur, dont l’intensité ne me paraît pas avoir changé.

Quand vous avez ça, quand les gens vous disent ça, et ils ne se connaissent pas, et ils disent la même chose, franchement, c’est que ça a du sens.

Quel était le raisonnement qui sous-tendait la décision d’évaluer la perception subjective de la douleur d’une manière plutôt que d’une autre ?

Vous regardez l’historique de l’évaluation de la douleur, et vous voyez qu’il y a longtemps, on évaluait la désagréabilité de la douleur au même niveau que l’intensité. Alors que les essais cliniques, depuis 20 ans, et ça c’est sous la pression de l’industrie pharmaceutique, ont étudié l’intensité de la douleur, on ne s’est pas occupé du tout des autres dimensions de la douleur.

positifs de ce modèle et quels sont les éventuels points critiques potentiels ?

L’aspect positif c’est qu’on va avoir dans le droit commun l’accès à un traitement qui peut nous aider et qui peut aider un certain nombre de patients. Après, c’est très encadré, il y a cinq indications, c’est une dernière ligne, c’est une prescription hospitalière initiale, c’est une formation des médecins-prescripteurs. Pourquoi pas ? Il y a des niveaux de contraintes, mais ça, ce n’est pas la première fois.

Donc ça, c’est les aspects positifs. Enfin, on peut avoir accès à ce produit. En tout cas, on espère, ça sera autour du printemps 2027. L’aspect négatif potentiel, c’est les modalités de contraintes qu’on va nous imposer. Et puis, il y a un deuxième élément qui est négatif : c’est qu’il va y avoir plusieurs fabricants, plusieurs fournisseurs. Les produits ne seront pas substituables l’un à l’autre pour les raisons qu’on comprend.

C’est qu’il va y avoir des produits qui sont des full spectrum, donc qui viennent de certaines plantes, et puis le concurrent qu’il a un autre plan, donc il va avoir un full spectrum d’un autre plan, et donc, a priori, sur un plan théorique, ils ne sont pas comparables. Même si je peux vous dire aujourd’hui qu’il y a des arguments pharmacologiques, ou en tout cas des arguments chimiques, pour dire que si les plants peuvent être différents à partir du moment où ils ont un certain nombre de communautés génétiques, on peut avoir des profils qui sont quasiment identiques sur le plan des composés, des 200 composés cannabinoïdes.

les cannabinoïdes n’ont pas à rougir en termes d’effets secondaires

des autres médicaments et en considérant que la première règle du serment d’Hippocrate exige, avant tout, de ne pas nuire à ses patients...

C’est vrai, c’est un point important, il faudra faire des comparaisons. Et c’est là où ça devient compliqué pour le cannabis, car c’est que les autres médicaments agissent sur l’intensité de la douleur perçue ou ressentie. Le cannabis, probablement non. On mesure autant dans la douleur, l’intensité de la douleur que la désagréabilité de la douleur.

Quand vous regardez, par exemple, les études faites il y a 20 ou 25 ans, on voit bien qu’on mesure deux paramètres. Quand on mesure la douleur, on évalue l’intensité et puis on évalue la désagréabilité. Pourquoi ?

C’est très simple. Il y a des gens qui ont une intensité, par exemple, de 7 sur 10 et qui ont une désagréabilité de 4 sur 10. Et il y a des gens qui ont une intensité de 3 sur 10 et une désagréabilité de 7 sur 10. Ces deux personnes, on va les retrouver de façon identique à la consultation, mais ils n’ont pas la même attente. Ils ne vont pas avoir exactement le même ressenti.

Et pourtant, on leur donnerait les mêmes médicaments parce qu’en gros, la douleur,

En plus, on voit très bien que quand on évalue une douleur chronique, on n’évalue pas une intensité de la douleur. On évalue plein de paramètres, plein de dimensions, et l’une d’entre elles, au niveau de la dimension du ressenti douloureux lui-même, c’est la désagréabilité. Nulle part, c’est fait dans les essais cliniques. Quand vous avez quelqu’un qui a l’asthme depuis trois ans, il n’est plus simplement quelqu’un qui a une douleur neuropathique réfractaire. Il est quelqu’un qui en a marre, qui a perdu du temps, qui n’a plus de patience, qui dort mal, qui en a plein.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce n’est plus la douleur chronique, c’est une situation douloureuse chronique. On n’évalue pas ça dans les essais cliniques. C’est la raison pour laquelle les essais cliniques en douleur chronique sont difficiles, parce que les gens sont hétérogènes sur toutes ces dimensions, et puis ce n’est pas l’intensité qui compte, c’est plein d’autres paramètres.

La France met en place, finalement, un système national d’accès au cannabis thérapeutique. Quels sont les aspects

Donc, quand on fait ce qu’on appelle de la chromatographie en phase liquide, on voit que c’est quasiment les mêmes pics. On voit à peu près la même composition. Donc, on pourrait même aller plus loin, quand on a un médicament générique, l’exception, ce n’est pas le même, donc ce n’est pas exactement le même que l’autre médicament générique d’un autre laboratoire. Mais ça, on l’oublie.

Donc, avec cette deuxième contrainte, à un moment donné, on va prendre un produit d’un laboratoire avec certaines formes galéniques, certaines posologies disponibles. Et on va rester avec ce produit. On va tenter d’ajuster la posologie.

Et puis, peut-être qu’on aurait pu faire mieux, aller plus vite avec un autre produit, mais on ne le saura jamais. C’est ça, le sujet. Et ça, ça dérange énormément les médecins car ils sont habitués à avoir un médicament ou bien son générique et à se dire qu’ils sont tous équivalents. Donc, c’est ça qui est un problème. Ça, ce n’est pas facile.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le site softsecrets.com/fr

L’autre plante du mois

L’Ackee : de l’Afrique aux Caraïbes, histoire d’un fruit apprivoisé

Fruit national de la Jamaïque, l’ackee s’est progressivement imposé comme l’un des symboles les plus marquants de l’identité de l’île depuis son indépendance. Derrière ce statut se dessine une histoire singulière, révélatrice des interactions entre contraintes biologiques et constructions culturelles. Son introduction dans les Caraïbes au XVIIIe siècle a poussé ce fruit à traverser les routes de l’histoire avant de s’ancrer durablement dans le paysage Caraibéen. Son nom lui-même porte la trace de ce voyage : «ackee» dérive des termes ankye ou akye-fufuo, issus de la langue twi parlée au Ghana. Au fil de sa diffusion dans les Caraïbes, il adopte d’autres appellations : « arbre à fricassé » en Haïti, « yeux de crabe » en Martinique, avant que ce nom jamaïcain ne s’impose. L’ackee n’est pas qu’un symbole : c’est aussi un fruit à apprivoiser. Potentiellement toxique s’il est consommé trop tôt, il illustre la manière dont des savoirs empiriques, transmis de génération en génération puis confirmés par la science, ont permis de transformer un risque biologique en ressource alimentaire et culturelle.

L’ackee est originaire des régions tropicales d’Afrique de l’Ouest, et plus spécifiquement de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Bénin et du Nigeria. Il pousse à l’état semi-sauvage et s’intègre aux systèmes agroforestiers traditionnels (Morton, 1987). Au XVIIIe siècle, l’espèce traverse l’Atlantique et est introduite en Jamaïque en 1778 par Thomas Clarke (Royal Botanic Gardens, Kew). En 1793, William Bligh transporte des spécimens

vers l’Angleterre. Officier de la marine britannique, il est resté célèbre pour la mutinerie du HMS Bounty, survenue lors d’une expédition dans le Pacifique. Bligh poursuit sa carrière en participant à des missions d’introduction de plantes telles que l’arbre à pain, dans les colonies britanniques. En reconnaissance, l’ackee sera finalement formellement identifié en 1806 sous le nom de Blighia sapida. Avant cette reconnaissance, il était déjà utilisé localement, mais restait peu documenté dans les classifications scientifiques occidentales.

Sur le plan botanique, l’ackee est un arbre tropical atteignant 10 à 15 mètres de hauteur, au feuillage dense et aux feuilles composées. (Cf photo 1). Il produit des fruits en capsules de 7 à 10 cm, passant du rouge au jaune à maturité, puis s’ouvrant naturellement en trois parties. Cette ouverture, appelée déhiscence, révèle des graines noires entourées de structures charnues de couleur crème, appelées arilles, qui constituent les seules parties comestibles de la plante. La production est saisonnière, avec deux périodes principales de récolte, généralement entre janvier et mars, puis entre juin et août. L’ouverture naturelle du fruit constitue un indicateur fiable de sa maturité et détermine le moment optimal de sa consommation (Morton, Ackee, Fruits of Warm Climates, 1987).

La particularité de l’ackee réside dans sa toxicité en fonction de son stade de développement. Les fruits non ouverts contiennent de l’hypoglycine A.

Identifiée et isolée dans les années 1950 par le biochimiste jamaïcain Derrick R.C. Brown, cette molécule peut provoquer le syndrome des « vomissements jamaïcains », caractérisé par des vomissements, une léthargie, des sueurs, des convulsions, pouvant évoluer vers le coma, voire entraîner la mort. Bien que sa concentration diminue fortement lors de l’ouverture naturelle du fruit, sa consommation exige le respect de pratiques rigoureuses.

Seules les arilles sont consommées, après élimination des parties toxiques, puis bouillies dans une eau qui doit ensuite être jetée. La domestication de l’ackee repose ainsi plus sur la maîtrise de ces savoir-faire plutôt que sur une altération des caractéristiques de l’espèce (Bowen-Forbes & Minott, 2011). Certaines parties de la plante ont d’autres usages : les graines, par exemple, servent de « noix de lavage » chez le peuple Krobo du Ghana, grâce à leurs propriétés saponifiantes.

L’ackee possède également des usages médicinaux : les feuilles, l’écorce et les racines sont utilisées en décoction en médecine traditionnelle et contiennent des composés bioactifs aux propriétés antioxydantes et potentiellement antiparasitaires (Oyelola et al., 2014). Sur le plan écologique, l’arbre s’intègre aux systèmes agroforestiers tropicaux, contribuant à la biodiversité et à la stabilité des sols. Il est classé parmi les produits forestiers non ligneux, importants pour les économies rurales (Ekué et al., 2010).

Sur le plan culinaire, l’ackee est au cœur du plat national jamaïcain, “ackee and saltfish”: littéralement “ackee et morue salée”. Sa texture, souvent comparée à celle d’œufs brouillés, en fait une

préparation distinctive, aujourd’hui considérée comme un élément central de l’identité culinaire jamaïcaine (Cf photo 2).

L’ackee offre un exemple de l’intégration d’une contrainte biologique dans des usages culturels maîtrisés. Il témoigne ainsi de dynamiques historiques faites de circulations, d’adaptations et d’appropriations. Son usage repose sur une connaissance fine de sa maturation et sur des gestes transmis de génération en génération, qui ont permis de transformer un fruit potentiellement dangereux en une ressource alimentaire. Au-delà de son ancrage jamaïcain, l’ackee invite à porter un autre regard sur des espèces végétales longtemps perçues comme contraignantes. Leur valorisation constitue un levier économique pour les territoires qui les cultivent, tout en contribuant à la préservation des écosystèmes grâce aux services qu’elles rendent. Leur mise en valeur repose sur la reconnaissance et la transmission des savoirs locaux, indispensables pour en assurer un usage durable.

Ackee non mature (photo : Jesper Rautell Balle).
Timbre jamaïcain : ackee ouvert à maturité aux côtés de la reine d’Angleterre (photo : Morgan Mark).

Sélection de variétés résistantes aux ravageurs et aux maladies

Les interactions des organismes parasites avec leur hôte, la plante, sont complexes, bien plus qu’il n’y paraît au premier abord et engendre une course évolutive entre l’organisme parasite et les défenses de la plante.

Les plantes ont développé une grande variété de stratégies pour se défendre contre les herbivores, principalement les insectes et autres petits arthropodes qui se nourrissent fréquemment de la même variété. Cependant, les populations de ces organismes, qui se reproduisent généralement en très grand nombre, génèrent constamment des individus dotés de nouvelles caractéristiques capables de contourner les défenses des plantes. Dans

la nature, cela se traduit par un équilibre avec des fluctuations modérées, tant au niveau de la population végétale que de ses ravageurs. Mais chez les plantes cultivées, cet équilibre est complètement perturbé. Ceci s’explique non seulement par le fait que les groupes de plantes d’une même espèce sont plus sensibles aux attaques de ravageurs, mais aussi par le fait que de nombreuses variétés actuelles n’ont pas été sélectionnées principa-

lement pour leur résistance, mais plutôt pour d’autres caractéristiques agronomiques telles que la vigueur, le rendement ou la précocité. C’est pourquoi on s’intéresse de plus en plus aux collections de variétés traditionnelles ainsi qu’aux espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées, car elles constituent des réservoirs de gènes résistants à de nombreux arthropodes et maladies.

Ravageurs: Perspective agronomique vs. écologique

En agronomie, la définition la plus large d’un ravageur englobe tout organisme vivant qui réduit la production, la qualité ou endommage une culture. Cependant, d’un point de vue écologique, les ravageurs sont généralement associés aux relations parasitaires, car il s’agit du cas le plus fréquent. Il est important de rappeler que la définition agronomique d’un ravageur inclut d’autres relations écologiques que le parasitisme.

Les adventices, par exemple, entraînent une baisse de la production par la compétition, tandis que les prédateurs herbivores consomment de nombreux individus d’une même espèce tout au long de leur vie. C’est la principale différence avec les parasites, qui se nourrissent généralement d’un seul hôte, assurant ainsi sa survie.

Bien que les cas mentionnés ci-dessous soient inclus dans la définition agronomique d’un ravageur, puisqu’ils causent tous des dommages, leurs modes d’action requièrent des approches différentes. Par exemple, l’effet de

la compétition avec les adventices est étudié en malherbologie. Cet article se concentre sur les bases génétiques de l’interaction entre les défenses des plantes et les ravageurs, les arthropodes et les maladies les plus courants qui les parasitent, car ces organismes sont la cause la plus fréquente de dommages et les espèces végétales ont développé une série de défenses génétiques contre eux.

Résistance des plantes

Nombre de stratégies de défense développées par les plantes sont communes à un large éventail de ravageurs et de maladies. Cependant, lorsque la coévolution entre l’organisme parasite et l’espèce végétale est ancienne, des réponses beaucoup plus spécifiques apparaissent. Malgré une forte variabilité, ces défenses peuvent être regroupées en trois grandes catégories.

Barrières physiques

Ce type de défense, plus général, entrave la capacité du ravageur à achever son cycle de vie, que ce soit en l’empêchant de se nourrir, de pondre ou de se déplacer à la surface de la plante.

Parmi les exemples courants, on peut citer la présence de poils, glandulaires (comme les trichomes) et non glandulaires, qui entravent les mouvements et l’alimentation. Une cuticule épaisse ou cireuse empêche les arthropodes piqueurs-suceurs, tels que les thrips et les acariens, d’accéder facilement à la sève. Par ailleurs, une teneur accrue en cellulose et en lignine rend les tissus végétaux plus durs et plus difficiles à digérer pour les insectes piqueurs comme les chenilles.

Dans le cas du cannabis, la quasi-totalité de la variabilité mentionnée dans cette section s’observe, car tous les éléments précédents sont présents au sein de l’espèce, avec une intensité variable selon la variété et le plant.

Défense par composés chimiques

Ce type de défense est généralement plus spécifique que les barrières physiques, bien qu’il existe également des molécules à large spectre avec une action insecticide, comme les pyréthrines.

Parmi les exemples de défense par composés chimiques, on peut citer la production d’alcaloïdes toxiques pour les insectes: de composés phénoliques aux effets fongicides et bactéricides, tels que les tanins et les phytoalexines ainsi que les terpènes, bien connus.

Ces derniers forment un groupe très diversifié et possèdent des propriétés différentes selon le type de terpène, la plante et le ravageur ciblés. Leurs effets peuvent être toxiques, répulsifs, voire attractifs pour les insectes prédateurs du ravageur (Boncan et al., 2020).

Dans ce type de lutte biologique, les plantes peuvent même empêcher les insectes de digérer correctement leur nourriture en utilisant des molécules qui inhibent l’action d’enzymes digestives telles que les protéases. Elles produisent également plusieurs composés très intéressants de la famille des terpènes, appelés phytoecdysones (ecdystéroïdes). Ces

Tous les champignons ne sont pas pathogènes.
L’absence de ravageurs est essentielle au bon développement de la fleur.

substances imitent les hormones de mue des insectes, provoquant une mue précoce ou anormale.

Réactions génétiques aux attaques de ravageurs

Les stratégies décrites dans les deux groupes précédents peuvent se manifester chez les plantes même en l’absence d’attaques de ravageurs ou de maladies, notamment physiques. Elles sont également modulées par la

espèce. L’identification des gènes codant pour ces protéines R présente aujourd’hui un intérêt particulier pour l’amélioration génétique, car, comme mentionné précédemment, les plantes ont traditionnellement été sélectionnées contre certaines de ces caractéristiques défensives (Chen et al., 2015).

Comment les pathogènes contournent-ils les défenses des plantes?

Les mécanismes utilisés par les organismes pathogènes pour échapper aux défenses des plantes sont nombreux et parfois complexes, mais ils reposent souvent sur un principe simple: la reproduction massive qu’ils engendrent, créant constamment de nouveaux individus aux comportements et aux habitudes alimentaires légèrement différents.

Deux des ravageurs les plus courants, et sans doute les plus importants pour le cannabis, sont les acariens et les thrips, illustrent parfaitement ce phénomène. Quiconque a observé attentivement leur comportement sur la plante constatera que, bien que la plupart des individus se trouvent sur les feuilles matures, certains se nourrissent des cellules du pétiole, de la tige, voire de la base des racines – des zones où les barrières physiques de la plante sont moins uniformes.

être conçu pour identifier un mécanisme de résistance et l’introduire ou le stabiliser dans une variété. Le point de départ consiste à trouver des individus résistants, idéalement au sein de la même variété à améliorer, bien qu’il soit souvent nécessaire d’utiliser des

présence et l’action d’organismes phytophages. Ce système de réaction génétique repose sur les protéines R, qui détectent les motifs moléculaires associés aux pathogènes (PAMP) ou aux micro-organismes (MAMP) et déclenchent une série de réponses spécifiques.

Lorsqu’une de ces séquences spécifiques est reconnue par la protéine R, une cascade de signaux est déclenchée, via des hormones impliquées dans la réaction au stress biotique, comme l’acide salicylique. La plante produit alors, ou augmente la production, d’un ou plu-

La résistance aux composés chimiques s’acquiert de manière similaire. Par exemple, dans le cas des inhibiteurs de protéases, il suffit que la population de ravageurs contienne des individus possédant différentes protéases insensibles aux inhibiteurs pour que le génotype résistant de l’insecte prospère et se multiplie rapidement. C’est le cas d’une espèce (Helicoverpa zea), étroitement apparentée à un ravageur du cannabis, la noctuelle de la pomme de terre, qui a développé des varian-

sieurs des composés chimiques mentionnés précédemment, ainsi que d’autres composés étroitement liés aux processus de stress, tels que les espèces réactives de l’oxygène (ROS).

À l’instar du système immunitaire des animaux, ce système de défense des plantes présente une importante variabilité génétique entre les variétés et les individus d’une même

tes de protéases résistantes aux inhibiteurs présents dans la pomme de terre (Bayés et al., 2005).

Sélection de la résistance aux pathogènes

Une fois connus les différents modes de résistance, un programme de sélection peut

variétés étroitement apparentées ou des espèces sauvages apparentées. Lorsque des individus résistants ont été identifiés, l’origine génétique de la résistance doit être déterminée, car elle dictera les étapes

observée, avec très peu d’individus colonisant ou se développant sur la plante, cela pourrait être dû à la production accrue d’un composé chimique, très probablement codé par un ou quelques gènes.

En pratique, cela signifie que pour un caractère codé par un ou quelques gènes, des méthodes telles que le rétrocroisement, qui impliquent un faible nombre de générations et d’individus, peuvent être utilisées. Ce serait le cas du gène PM1, récemment identifié comme responsable de la résistance au mildiou chez le cannabis (Mihalyov & Garfinkel, 2021). Pour les caractères polygéniques, plus le nombre de gènes impliqués est élevé, plus il est avantageux d’utiliser des programmes avec un grand nombre d’individus et de générations (Ordás López & Malvar Pintos, 2012).

Concept de résistance horizontale et verticale

La résistance horizontale désigne une résistance générique à plusieurs types de pathogènes similaires, aboutissant à un caractère quantitatif (polygénique), car il existe une large gamme de niveaux de résistance. Ce type de résistance n’est pas total, mais il est plus difficile à contourner pour les ravageurs (Burbano-Figueroa, 2020).

La résistance verticale est conférée par un ou quelques gènes, généralement associés à la reconnaissance du pathogène par les protéines R mentionnées précédemment. Ces gènes confèrent des résistances plus spécifiques et qualitatives, car, étant codés

Le stress peut favoriser la production de certains composés aromatiques d’intérêt, mais ceux-ci doivent être produits de manière abiotique et non par des ravageurs.

suivantes du programme de breeding. Si l’insecte a des difficultés à se nourrir en raison d’une barrière physique, il s’agit probablement d’un caractère polygénique, car des structures telles que les poils ou les trichomes sont codées par plusieurs gènes. Lorsqu’une relation de répulsion ou de toxicité est

par un petit nombre de gènes, la variation au sein de la population est limitée aux plantes résistantes et sensibles. Cette résistance est plus facile à introduire et aussi plus efficace à court terme, mais elle peut être facilement surmontée par des générations successives d’agents pathogènes.

Thrips adultes observés au microscope, montrant leurs ailes frangées caractéristiques.
Larve de thrips en gros plan.
Dégâts causés par les larves de thrips.

ROSIN DROP COMMENT PRÉPARER UN LIQUIDE À BASE DE ROSIN?

Les préparations liquides de cannabinoïdes constituent depuis longtemps un secteur important du marché des dérivés du cannabis. L’administration orale offre une alternative plus saine et plus facile à contrôler que l’inhalation, notamment par vaporisation, dabbing et combustion.

Historiquement, les teintures à l’alcool, comme la célèbre huile de Rick Simpson, ont fait office de référence pour ce type d’extraction. Cependant, ces dernières années, les méthodes et les bases utilisées pour créer les préparations liquides ont connu une évolution significative.

Tout d’abord, voyons de quoi il s’agit. Une préparation liquide de cannabinoïdes est composée d’un extrait des principes actifs du cannabis, tels que le THC et le CBD, dissous dans un support liquide pour faciliter le dosage, l’administration et la conservation.

TEINTURE À L’ALCOOL VS. NOUVELLES MÉTHODES

À l’origine, les préparations liquides étaient obtenues exclusivement par macération d’inflorescences de cannabis dans de l’alcool éthylique. Les fleurs et les résidus de manucure préalablement décarboxylés sont placés dans un bocal en verre rempli d’alcool alimentaire jusqu’à immersion complète. Le bocal est agité une à deux fois par jour pendant environ deux semaines. Lorsque le liquide semble saturé, la macération est terminée. On le filtre ensuite à travers un tamis pour éliminer les matières végétales. Bien que très simple, cette méthode présente certaines limites:

• Le cannabis doit être complètement immergé et nécessite une grande quantité d’alcool.

• La teneur en cannabinoïdes peut être excessivement diluée, ce qui nécessite l’évaporation du solvant pour la concentrer.

• L’alcool est un solvant polaire qui extrait également d’autres substances végétales comme la chlorophylle.

• Le processus d’extraction est long.

• Il est difficile de standardiser le résultat.

Les techniques de nouvelle génération privilégient l’utilisation d’autres types de solvants, tels que l’huile d’olive, l’huile de coco et l’huile TCM.

Cette dernière, la plus couramment utilisée, est composée principalement de triglycérides à chaîne moyenne, comme l’indique l’acronyme TCM. Les triglycérides sont des acides gras généralement obtenus par fractionnement de l’huile de coco. Sa composition la rend idéale

Agitateur magnétique en fonctionnement.

De nouvelles méthodes remplacent les inflorescences traditionnelles par des concentrés comme le rosin

pour dissoudre et transporter des substances liposolubles comme les cannabinoïdes. L’huile TCM se caractérise par une grande stabilité à l’oxydation, contrairement à d’autres huiles qui se dégradent en quelques mois et rancissent. Son profil organoleptique quasi neutre n’affecte que très peu la qualité de l’extrait final. Les préparations liquides utilisant l’huile comme support sont appelées oléolats.

La véritable évolution réside cependant dans la matière première: les méthodes les plus récentes remplacent les inflorescences traditionnelles par des concentrés comme le rosin, ce qui facilite leur manipulation et permet un meilleur contrôle du processus d’extraction ainsi qu’une standardisation du produit final.

Le rosin est un extrait obtenu par chauffage et pression d’inflorescences ou d’autres concentrés, comme le haschisch à sec ou le haschisch à l’eau. On obtient ainsi une résine riche en cannabinoïdes et en terpènes, totalement exempte de

solvant. Le rosin est un extrait très polyvalent; il permet de préparer aussi bien une teinture à l’alcool qu’une huile infusée. Quand on utilise un extrait de cannabis comme le rosin pour réaliser des préparations liquides à base de cannabinoïdes, on parle de solubilisation, et non de macération. Les cannabinoïdes et les terpènes, substances lipophiles (c’est-à-dire qu’ils ont une forte affinité pour les graisses, les huiles et les solvants non polaires), se transfèrent spontanément dans l’huile ou se dissolvent complètement dans l’alcool.

Contrairement aux inflorescences, la matière végétale n’est pas macérée. Dans ce cas, le liquide porteur est mélangé à la résine de cannabis jusqu’à l’obtention d’une solution homogène, prête à l’emploi.

QUALITÉ SU ROSIN

La qualité du rosin destiné aux préparations liquides influence considérablement la stabilité et le profil organoleptique de la préparation finale. Le choix de la matière première est donc primordial. Le rosin obtenu par pression de haschisch frais

congelé est la meilleure option. La pureté du concentré est un facteur essentiel: un rosin très pur se dissout plus facilement dans le liquide porteur. Le choix de la variété influe également directement sur le profil de la préparation liquide, en déterminant sa composition et son effet global.

DÉCARBOXYLATION

Avant de commencer le processus, le rosin doit être décarboxylé. Les cannabinoïdes sous leur forme naturelle, tels que le THCA et le CBDA, sont liés à un groupe carboxyle. Cette liaison doit être rompue par décarboxylation afin de transformer les cannabinoïdes en formes biologiquement actives, c’est-à-dire assimilables par l’organisme. Ce processus peut être réalisé par différentes méthodes: application contrôlée de chaleur, combustion, vaporisation et dégradation induite par des facteurs environnementaux. Pour réaliser la décarboxylation contrôlée, vous aurez besoin des outils suivants:

• Un bocal Mason avec un couvercle herméti que en deux parties

• Un four de cuisine

• Un thermomètre laser

• Une manique en silicone

Voici comment procéder:

1. Placez le rosin dans le bocal Mason et fermez-le hermétiquement.

2. Préchauffez le four à 105 °C (221 °F).

3. Placez le bocal Mason dans le four.

4. Surveillez constamment le contenu du bocal Mason.

5. Contrôlez la température à l’aide du thermomètre laser.

6. Le rosin va commencer à se liquéfier et à bouillir, libérant du dioxyde de carbone.

7. Lorsque les bulles cessent, la décarboxylation est terminée.

8. Retirez le bocal du four à l’aide de la manique en silicone.

9. Laissez le rosin refroidir à température ambiante avant d’ouvrir le bocal.

Le processus de décarboxylation dure généralement entre 30 et 60 minutes, selon la température et la quantité de produit traité. À la fin du processus, le rosin acquiert une consistance plus fluide.

SOLUBILISATION DU ROSIN

La meilleure méthode pour solubiliser le rosin dans le liquide porteur, ici l’huile MCT, consiste à

Flacons compte-gouttes de 10 et 30 ml.

utiliser un agitateur magnétique chauffant, un outil spécialement conçu à cet effet et facilement accessible pour quelques centaines d’euros. L’agitateur magnétique permet une dissolution complète du rosin et produit une solution homogène. Vous pouvez également utiliser un simple mixeur ou un mini-mixeur. Voici la marche à suivre:

1. Peser la quantité de rosin souhaitée.

2. Remplir le bécher d’huile MCT.

3. Régler l’agitateur magnétique à 74 °C et le mettre en marche à vitesse maximale.

4. À l’aide d’un dabber, verser le rosin dans le bécher contenant l’huile MCT.

5. Attendre que le rosin soit complètement dissout.

6. Laisser refroidir la solution avant de la manipuler.

La solubilisation est terminée lorsque le liquide est parfaitement homogène, sans traces, sans variations de couleur, sans particules visibles et

sans résidus au fond ou sur les parois du bécher. Une à deux heures d’agitation continue peuvent être nécessaires pour obtenir une homogénéité stable.

TAUX DE DILUTION

La quantité de rosin et de liquide porteur à mélanger dépend de la concentration souhaitée. Deux méthodes sont possibles: analyser le rosin pour déterminer la quantité de cannabinoïdes présents ou faire une estimation approximative.

Bien que l’analyse soit certainement la méthode la plus fiable, l’idéal est d’analyser le rosin après la décarboxylation pour obtenir des résultats encore plus précis. Pour calculer la concentration de la solution, vous pouvez utiliser la formule suivante:

Total de THC (mg) / Volume total d’huile (mL) = mg/mL

Lorsque la résine est utilisée pour la préparation de cannabinoïdes liquides, le procédé est appelé solubilisation

Exemple pratique:

Un gramme de colophane contenant 70 % de THC, soit 700 milligrammes de principe actif, est dissout dans 30 millilitres d’huile MCT; la concentration finale sera donc de 700 ÷ 30, soit environ 23 mg de THC par mL.

En considérant une valeur moyenne de 20 gouttes par millilitre, chaque goutte contiendra environ 1,15 mg de THC, bien que cette valeur puisse varier selon le type de compte-gouttes.

CONSERVATION ET POSOLOGIE

La solution de rosin dans du TCM peut être conservée dans un flacon en verre muni d’un compte-gouttes. Les flacons foncés sont idéaux pour la conservation du contenu. Selon la taille du compte-gouttes, le nombre de gouttes varie de vingt à trente par millilitre.

Après avoir calculé la concentration de chaque goutte, commencez par de faibles doses et augmentez-les en fonction de l’effet recherché.

MODE D’ADMINISTRATION

La voie d’administration la plus directe et la plus efficace est la voie sublinguale: la solution est appliquée sous la langue afin que les principes actifs soient absorbés par la muqueuse buccale. L’administration orale, c’est-à-dire par ingestion, est plus lente à agir car la solution doit traverser

le système digestif avant d’être absorbée. Une autre voie d’administration consiste à ajouter la solution de rosin dans du TCM aux aliments et aux boissons.

SPECTRE COMPLET VS. LARGE SPECTRE

L’expression “spectre complet” désigne une préparation qui préserve l’intégralité du complexe phytochimique de la plante, incluant les cannabinoïdes majeurs et mineurs, les terpènes et autres métabolites secondaires, garantissant ainsi l’effet d’entourage potentiel, ou la synergie créée entre les différentes molécules.

À l’inverse, l’expression “large spectre” désigne un extrait dont un ou plusieurs composants ont été retirés.

La solution de rosin dans l’huile MCT est un véritable extrait à spectre complet, préservant ainsi le profil phytochimique original de la plante.

Les préparations liquides à base de cannabinoides offrent plusieurs avantages au consommateur: elles garantissent des effets plus durables que les méthodes d’ingestion traditionnelles, comme l’inhalation, sont discrètes et plus faciles à utiliser.

Le Rosin Drop représente une approche moderne de l’ingestion de cannabinoïdes, un extrait MCT à spectre complet qui préserve l’identité originale de la plante.

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Nouvelles

LES ENJEUX DU CANNABIS EN FRANCE ET DANS LE MONDE

Rencontre avec Farid Ghehioueche

Farid Ghehioueche est Président de l’ENCOD, Porte Parole de Cannabis Sans Frontières et Membre du Collectif pour une Nouvelle Politique des drogues (CNPD).

De 2017 à 2020, avec la FAAAT [Ndr. Forum Drugs Mediterranean] il a suivi les travaux de l’OMS sur le cannabis qui ont conduit à sa reclassification par l’ONU et, plus récemment, il a contribué à l’émergence de l’Ambassade du Cannabis. Aujourd’hui, nous vous proposons ses réflexions sur la situation actuelle du cannabis en France et dans le monde.

Lors du salon Spannabis, vous avez présenté une exposition créée par ENCOD sur le thème du pragmatisme face au prohibitionnisme. Quel était le sujet de l’exposition ?

ENCOD est une organisation pan européenne, fondée en 1993, qui promeut des politiques drogues basées sur le respect des droits humains et des preuves scientifiques. Avec l’ENCOD, nous défendons une réforme du système de contrôle actuel basé sur des prémices racistes et coloniales.

Cette exposition a pour but de tirer un constat empirique en comparant les évolutions politiques dans deux pays fondateurs de l’Union européenne, entre un modèle hollandais basé sur la tolérance et le pragmatisme, et celui français d’une répression bête et méchante.

Concrètement, quel dispositif législatif a été plus efficace pour protèger la jeunesse, contenir le niveau de consommation, lutter contre l’insécurité liée aux trafics de rue, diminuer la pression sur la chaîne pénale ? Au bout de 50 ans, entre l’Appel du 18 joint lancé en France par le journal Libération et le décret du ministre de la Justice des Pays Bas en 1976, il est plus aisé de suivre le modèle néerlandais que de prendre la France en exemple.

Au cours des 50 dernières années, qu’est-ce qui a spécifiquement différencié la politique relative au cannabis développée aux Pays-Bas par rapport à celle mise en œuvre en France ?

La politique de tolérance à l’égard des coffeshops, permettant un accès réservé aux adultes, où l’on ne peut pas nous proposer

d’autres drogues, offrant aux personnes qui consomment du cannabis un lieu pour le faire en toute quiétude, c’est ce qui a permis d’endiguer ce qui aujourd’hui pose d’énormes problèmes de sûreté publique en France avec les “fours”, les fameux “points de deal” de la vente de rue où l’on ne sait jamais ce qui peut arriver, tant l’arrestation policière que l’arnaque ou de se voir proposer autre chose…

La France a souvent pointé du doigt le laxisme des Pays Bas, alors que c’est le statu quo, voire le retour en arrière des Français qui est ridicule.

Les Néerlandais ont su faire évoluer leur politique tout récemment avec une expérimentation lancée dans 80 coffeeshops dans dix villes.

Tandis que la “tolerance zéro” affichée par la France depuis Sarkozy en 2002, les tests salivaires imposées en 2005, en passant par les Amendes Forfaitaires Délictuelles (AFD) de Macron en 2019, toutes ces mesures de répression nous mènent à un constat sans appel : la France joue un rôle délétère en Europe et son influence est néfaste auprès de trop nombreux pays.

La 69e session de la Commission des stupéfiants des Nations Unies s’est tenue à Vienne en mars. Quels sujets ont été abordés et quelle a été l’approche adoptée ?

Le principal sujet d’inquiétude des Nations Unies est aujourd’hui centré sur les évolutions des Nouveaux Produits de Synthèse (NPS), avec d’un côté la crise des opioïdes en Amérique du Nord -une épidémie de surdosage notamment liée au Fentanyl, de l’autre l’apparition régulière sur les marchés de nouvelles molécules mimant les effets de telle ou telle substance sur le cerveau, et sont produites dans les marges du système de contrôle international ainsi devenu caduc.

L’autre sujet majeur était la désignation d’un groupe d’experts indépendants chargé de formuler des recommandations d’évolution du cadre international d’ici 2029, avec l’adoption d’une nouvelle stratégie de l’ONU.

Quels défis attendent la réglementation du cannabis à l’échelle mondiale ?

Comme pour la coca et le pavot, le cannabis est une plante “pilier” dans la Convention unique, il est donc impossible de la sortir de la classification des stupéfiants. A l’échelle mondiale, il faut surtout comprendre que désormais le Cannabis sativa L. a une utilité pharmacologique reconnue et qu’il est indispensable de le mettre partout, et pour de nombreuses indications thérapeutiques, à disposition des patients.

Plus largement, c’est une question d’interprétation de la Convention unique de 1961 : Il faut sortir des blocages idéologiques pour répondre aux nombreux défis auxquels

l’humanité fait face, en recourant à l’article 2 paragraphe 9 permettant aux Etats de réguler le marché de la consommation adulte non-médicale.

Enfin, c’est surtout l’émergence des NPS, en particulier les néocannabinoïdes, qui doit motiver ces changements, car ces nouvelles molécules - pour lesquelles nous n’avons pas de recul sur leur utilisation et qui devraient rester strictement dans le domaine de la recherche médicale - sont en train de bouleverser les modes de consommation et détériorer l’image du cannabis quasi anodin et inoffensif.

Deux nouvelles variétés de chanvre françaises enregistrées au catalogue européen

Kevin Ceret est un agriculteur et entrepreneur français spécialisé dans le chanvre. Avec ses associés, il a collaboré avec le ministère de l’Agriculture français, pour la rédaction d’un nouveau protocole pour la culture des variétés de chanvre féminisées destinées au marché du chanvre bien-être ou cannabis light. Ils ont pu inscrire deux nouvelles variétés de chanvre françaises aux catalogues français et européens.

SSFR : Pourquoi t’es tu intéressé à la botanique ?

Kevin : La botanique est venue à moi. A la base, je suis agriculteur. La première entreprise que j‘ai créé produisait des cyanobactéries. J‘ai été intéressé très tôt par le chanvre et par la plante de cannabis sativa en général. Et puis, j‘ai fait à peu près tout ce que l‘on peut imaginer dans cette filière : production de clones, production de semences, consulting, mise en place de process de production dans plusieurs pays.

On a monté des boîtes qui tournent toujours. On a nos boîtes en Suisse. On a nos boîtes en France. Il y a France Botanique Service et également Swiss Agro Service. On a eu un partenariat universitaire avec l’HEPIA. Avec mon associé, on a développé notre programme in vitro pendant des années à l‘HEPIA.

Vous vous êtes aperçus qu’il n y avait qu’une catégorie de chanvre légal et que les critères pour l’enregistrement des variétés de chanvre au catalogue français étaient uniquement ceux du chanvre industriel…

Nous, à la base, on est distributeurs. A un moment, on s‘est rendu compte de différents points faibles de la génétique et des variétés du catalogue européen. Et donc, on a commencé à s‘intéresser au système d‘enregistrement. Là, on s‘est rendu compte qu‘en fait, ces nouvelles variétés féminisées étaient enregistrées totalement comme des variétés à fibre. Il n‘y avait qu‘une catégorie et ça ne nous convenait pas.

On a donc commencé à prendre contact avec différents acteurs de la filière, notamment des syndicats, des professionnels, des semenciers… L’objectif était de demander collectivement au ministère un changement du statut de la graine féminisée et des variétés féminisées. Les organismes qui s’occupent des semences n‘ont pas une expertise très poussée sur les variétés de chanvre féminisées.

Donc, ils nous ont demandé de les aider techniquement à rédiger quelque chose qui avait du sens et qui pouvait être en adéquation avec le cadre actuel de la réglementation européenne.

Quel a été exactement votre rôle auprès du ministère de l’Agriculture français ?

Cette nouvelle variété de chanvre, la Serenity CBG, a été enregistrée aux catalogues français et européen sous le protocole des féminisées.

Ils nous ont demandé de les aider à rédiger un règlement technique, c‘est le terme, pour cette production spécifique. On a établi un protocole avec eux. Le protocole a été rédigé et il est passé en commission au ministère de l‘Agriculture français. Il faut comprendre un peu le schéma européen des semences.

Chaque pays européen a le droit de faire ce qu‘il veut. Mais il y a quand même une petite prérogative de certains pays sur certaines espèces. Parce que, historiquement, ils sont les meilleurs

dans telle ou telle espèce. En France, du fait du non-alignement du général de Gaulle, on a continué à cultiver du chanvre. A l‘inverse des autres pays européens qui, notamment, sont rentrés dans l‘OTAN et dans l‘Atlantisme à l‘époque et qui ont dû se conformer à la prohibition de la culture du chanvre. Donc, la France a gardé une certaine expertise dans ce domaine au sein du schéma européen des semences. Le protocole a été approuvé en commission par le ministère de l‘Agriculture et tous les organismes liés à l’enregistrement des semences.

Quels sont les différences entre les deux protocoles ?

Le mode de contrôle, les exigences sont differents. Il y a plein de petits détails techniques qui vont changer, que ce soit au niveau du contrôle, au niveau des surfaces de culture, au niveau des échantillonnages… Pour le chanvre à actifs, on doit vérifier que les graines germent bien et que la plante est exempte de pathogènes, d‘envahisseurs, de certains parasites spécifiques… Pour le contrôle de certification sur l‘industriel, on parle de 1,2 kg, ou 1,6 kg de graines. Pour les variétés féminisées 1,6 kg de graines, c‘est beaucoup. Ça représente 150 000 graines. Aujourd‘hui, sur un contrôle de certification et un contrôle variétal, ils vous prennent 140 g. Sur les normes de distance d‘isolement, par exemple, vous devez avoir, suivant les cultures que vous faites, de 4 à 8 km de distance entre les champs. Quand vous produisez 100 m² ou 200 m² de graines de graines en indoor ou que vous les produisez en serre avec des filets antipollens, les isolements peuvent être différents. Donc, tous ces petits détails, on les a rendu rationnels et compréhensibles pour le régulateur également.

Vous avez donc pu enregistrer deux variétés de chanvre féminisées aux catalogues français et européens ?

Ce ne sont pas les premières variétés féminisées enregistrées aux catalogues mais les autres avaient ét enregistrées sous le protocole fibre / graine. Les nôtres sont les premières à être enregistrées sous le protocole des variétés féminisées. La Revelation est une variété robuste résistante à l’oïdium et au botrytis au gout terreux avec des notes de menthol et de basilic. La Serenity CBG est une variété CBG avec des notes d’agrumes.

La Revelation est une autre variété de chanvre française féminisée.

Dryas / dryas.420@gmail.com

Variétés locales “natives”: préservation ou évolution?

Les variétés indigènes ou traditionnelles de plantes cultivées revêtent une importance capitale pour les breeders,

car elles constituent l’une des principales ressources génétiques

Ces variétés de cannabis possèdent des caractéristiques uniques, dues principalement à l’adaptation et à l’évolution de la plante dans son environnement, mais aussi des pratiques culturales des communautés qui les cultivent.

On imagine souvent les natives comme des variétés ou sous-variétés isolées dans une vallée montagneuse reculée, presque inconnues des humains et encore plus de la science. En réalité, il ne s’agit pas d’une native, car les variétés locales résultent de l’interaction de la plante avec son environnement, toujours influencée par les pratiques et usages agricoles locaux.

L’exemple de la vallée mentionné précédemment pourrait être décrit plus précisément comme une variété sauvage indigène ou naturalisée. Les différences entre ces concepts et celui de variété locale, ainsi que les caractéristiques de chacun, seront abordées ci-dessous.

VARIÉTÉS NATIVES INDIGÈNES

Ce sont des plantes natives de la région, dont l’origine et l’évolution sont le fruit de l’écosystème caractéristique de cette région, sans intervention humaine. Il est très facile de les identifier pour toutes les plantes qui, bien que connues des humains, n’ont pas été cultivées ni utilisées, et pour lesquelles l’homme n’est donc pas intervenu pour leur expansion ou leur évolution. On peut citer comme exemples l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) ou le nerprun méditerranéen (Rhamnus alaternus), pour ne citer que des espèces végétales à distribution plus large que les espèces endémiques des îles et des massifs montagneux, exemples classiques de variétés sauvages indigènes.

Dans le cas du cannabis, comme pour de nombreuses autres espèces cultivées, il est difficile d’établir l’existence de variétés qui, bien que sauvages, n’aient pas subi d’hybridation, récente ou passée, avec des variétés cultivées. Quoi qu’il en soit, il est généralement admis au sein de la communauté scientifique que le cannabis est originaire d’Asie centrale, de l’ouest de la Chine (plateau tibétain) et des contreforts

de l’Himalaya. Par conséquent, sauf surprise majeure, on ne peut s’attendre à trouver des populations indigènes de cannabis en dehors de ces régions.

L’étude des ancêtres des principales cultures mondiales – les variétés de plantes sauvages et indigènes à l’origine des arbres fruitiers, des légumes et des céréales – a conduit Nikolaï Vavilov, au XXe siècle, à proposer la théorie des centres d’origine des plantes cultivées (Vavilov, 1926). Ce biologiste soviétique a identifié une série de centres d’origine pour de nombreuses espèces cultivées, situés aux mêmes endroits que nombre de

leurs parents sauvages. C’est également le cas du cannabis; ses plus proches parents sauvages (famille des Cannabaceae) se trouvent dans les régions d’Asie centrale mentionnées précédemment.

Ces variétés originelles sont d’une importance capitale pour les breeders, ainsi que pour les espèces elles-mêmes, car elles représentent un immense réservoir de gènes susceptibles d’améliorer la résistance aux maladies, aux ravageurs et aux stress environnementaux, sans parler des mutations, bénéfiques ou délétères, qui peuvent faire l’objet de recherches. Le meilleur moyen

de préserver cette diversité génétique est de respecter l’étendue et l’intégrité de leurs habitats.

VARIÉTÉS SAUVAGES INTRODUITES

Il s’agit de plantes introduites ou cultivées par l’homme, mais qui poussent à l’état sauvage et persistent sans intervention humaine. Dans de nombreux cas, il est difficile de les distinguer des plantes indigènes sans une connaissance approfondie de la flore et de l’histoire botanique locales. L’identification correcte de l’espèce est généralement nécessaire, car toutes les plantes introduites

Variété native vietnamienne à usage médicinal.

du cannabis comme fibre en Asie du Sud-Est.

ne sont pas aussi caractéristiques que l’herbe de la pampa (Cortaderia selloana) ou la ficoïde glaciale (Carpobrotus edulis), exemples classiques de plantes envahissantes introduites comme plantes ornementales dans la péninsule Ibérique. Cependant, toutes les plantes introduites ne se comportent pas comme des espèces envahissantes.

Dans le cas du cannabis, ce phénomène s’observe dans les régions européennes où le chanvre était cultivé pour ses fibres ou à des fins médicinales et où il pousse désormais à l’état sauvage. Bien qu’éloigné de son lieu d’origine, le cannabis a fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation, prospérant sans intervention humaine dans des climats continentaux (aux hivers froids, semblables à ceux de sa région d’origine) comme la Sibérie et la Roumanie. Il prospère également dans les climats méditerranéens et subtropicaux, comme en Inde et au nord du Vietnam. Dans la péninsule Ibérique, une étude récente met en évidence trois introductions de cannabis: au Paléolithique, au Néolithique et au Moyen Âge, les deux dernières étant très probablement dues à l’activité humaine (Rull et al., 2023). Ceci corrobore la théorie communément admise selon laquelle le cannabis présent en Europe est constitué de variétés cultivées ou de variétés de chanvre introduites.

Les variétés de plantes introduites présentent généralement peu d’intérêt pour le breeding ou la conservation, car une grande partie de la diversité génétique de la variété d’origine est éliminée lors du processus de sélection pour la culture et les améliorations ultérieures. En revanche, lorsqu’une variété ou certains individus se naturalisent, ils perdent, au fil des générations, leurs caractéristiques améliorées (taille des fruits, saveur, précocité, etc.) et retrouvent des propriétés qui leur permettent de survivre à l’état sauvage (toxicité, défenses telles que les épines, etc.).

VARIÉTÉS LOCALES OU NATIVES

Les variétés indigènes de plantes cultivées peuvent aujourd’hui sembler presque exotiques, fruits des efforts de certains peuples

Ces variétés originelles sont d’une importance capitale pour les breeders ainsi que pour l’espèce elle-même, car elles constituent un immense réservoir de gènes potentiellement intéressants

et régions pour développer leurs propres variétés végétales et animales. La réalité est pourtant plus prosaïque, car la principale motivation de nombreuses communautés ayant créé ces variétés était tout simplement la survie. Il est important de se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, les serres, la mécanisation, l’irrigation et les innombrables

Chez les plantes comme le cannabis, où il existe de nombreuses variétés traditionnelles, la richesse du patrimoine génétique résultant du croisement de toutes ces variétés locales peut être bien supérieure à celle des populations sauvages

intrants qui nous permettent aujourd’hui d’étendre considérablement la culture de nombreuses plantes n’existaient pas. Autrefois, les espèces végétales capables de bien s’adapter à un territoire donné étaient peu nombreuses, et posséder une variété végétale ou animale mieux adaptée, plus précieuse ou présentant des caractéristiques uniques était synonyme de survie, voire de prospérité, pour une région. Cela reste très visible pour les cultures à haute valeur ajoutée, comme les cépages, les fruits et légumes de grande valeur tels que les asperges et les artichauts, le safran, le houblon, et bien d’autres.

Le cannabis compte de nombreuses variétés locales en raison du grand nombre de lieux et de cultures qui l’ont cultivé. Parfois, plusieurs variétés ont même été développées dans la même région, en fonction de leurs différents usages, tels que les fibres, l’alimentation (graines et aliments pour animaux) et les usages médicinaux — chose rare chez les autres plantes.

Utilisation
Culture traditionnelle dans le nord du Vietnam.

Comparaison entre une sativa commerciale et une variété locale cambodgienne.

EXEMPLES DE VARIÉTÉS LOCALES

NATIVES

Parmi les exemples de véritables variétés locales de cannabis, classées selon leur usage, figurent les variétés européennes issues de semences, les variétés africaines utilisées à des fins rituelles et médicinales (où la fleur entière est employée, souvent fermentée), les variétés d’Asie du Sud-Est pour la production de fibres textiles et l’alimentation animale, et bien sûr, les variétés indigènes “Kush” d’Inde pour l’extraction de leur résine.

Ces exemples sont innombrables, mais il est important de noter que, parmi toutes les régions mentionnées, seules les dernières pourraient provenir directement de variétés naturelles originales. Dans les autres cas, le cannabis a été introduit par l’homme, très probablement à partir d’une variété locale cultivée antérieurement par d’autres peuples. En ce qui concerne les Amériques, l’introduction du cannabis sur le continent est plus controversée, depuis les premiers humains ayant traversé le détroit de Béring jusqu’aux différentes cultures ayant foulé le sol américain à l’époque précolombienne (Holmes, 1896).

VALEUR GÉNÉTIQUE DES VARIÉTÉS TRADITIONNELLES OU LOCALES

La principale valeur de ces variétés réside dans le fait qu’elles constituent une réserve génétique précieuse pour les breeders. Chez les plantes comme le cannabis, où l’on trouve de nombreuses variétés traditionnelles, la richesse du patrimoine génétique résultant du croisement de toutes ces variétés locales peut être bien supérieure à celle des variétés sauvages. De plus, du fait même du processus de sélection et de culture des variétés traditionnelles (méthodes de sélection impliquant le croisement de nombreux individus), celles-ci présentent généralement une variabilité importante. Les breeders exercent

une pression de sélection relativement modérée sur quelques caractéristiques (comme la couleur et la maturation), tandis que d’autres sont peu ou pas sélectionnées. Par conséquent, la génération suivante comprend des individus de tailles, de niveaux de résistance et de productivité variés, etc. Ce phénomène ne se produit pas chez les

Même sans considérer la valeur génétique de ces variétés, il existe une valeur qui dépasse le simple aspect matériel, car en modifiant les plantes sauvages, l’humanité s’est adaptée aux besoins de chaque organisme avec lequel elle travaille. L’histoire d’un peuple et de nombreuses familles ne peut être comprise sans les cultures auxquelles elles sont liées: les festivités, les coutumes et même le paysage et la terre elle-même nous rappellent constamment pourquoi nous sommes sur ce territoire.

VARIÉTÉS LOCALES: PRÉSERVATION OU ÉVOLUTION?

Nombreux sont les cultivateurs de cannabis qui ont déjà eu l’occasion de semer des graines de variétés traditionnelles. Avant de donner des conseils sur la culture de ces variétés, il est important de préciser que l’expérimentation et le croisement de variétés ne sont pas fondamentalement mauvais, pourvu qu’ils soient réalisés avec discernement et honnêteté.

Par exemple, si vous décidez de raccourcir la période de floraison d’une variété sativa tropicale locale en la croisant avec une variété à floraison plus précoce, l’intérêt réside déjà dans le fait de rendre une variété difficile à cultiver plus accessible au cultivateur moyen. Il n’est ni nécessaire ni conseillé de dissimuler la légère modification ou adaptation de la variété locale, car cela complique le travail des breeders ultérieurs. De nombreuses variétés traditionnelles souffrent d’hermaphrodisme et certaines banques de semences spécialisées dans les variétés traditionnelles n’autorisent que ce type de sélection, car il s’agit d’un problème très difficile à résoudre pour la grande majorité des cultivateurs.

Si l’objectif est de préserver la variété traditionnelle aussi fidèlement que possible, le breeder (dont le rôle se limite ici à la préservation) doit cultiver le plus grand nombre possible de plantes par lot, au moins 100 individus, et permettre leur croisement libre sans pratiquer de sélection.

cultivars modernes, où l’on recherche la plus grande uniformité possible sous tous ses aspects, dans le but de standardiser les processus de l’industrie, mais au détriment de l’adaptabilité des cultures.

VALEUR CULTURELLE DES VARIÉTÉS TRADITIONNELLES

Gestion d’une variété vietnamienne pour la production de fibres. Les variétés modernes n’auraient pas été possibles sans l’existence préalable de variétés traditionnelles.

Si, de plus, un nombre similaire d’individus peut être prélevé dans la population d’origine pour être croisé avec notre échantillon, nous incorporerons des gènes qui auraient pu être omis dans l’échantillon initial. De cette manière, la banque de semences conserve une portion aussi fidèle que possible à la réalité d’une population, ou d’un groupe d’individus, qui, il ne faut jamais l’oublier, constitue une entité vivante et en constante évolution.

Bibliographie

1. Vavilov, N. I. (1926). Études sur l’origine des plantes cultivées, Institut de Botanique Appliquée et d’Amélioration des Plantes.

2. Rull, V., Burjachs, F., Carrión, J. S., Ejarque, A., Fernández, S., López-Sáez, J. A., ... & Rodríguez, S. (2023), Biogéographie historique du cannabis dans la péninsule Ibérique: une approche probabiliste fondée sur des données palynologiques, Perspectives in Plant Ecology, Evolution and Systematics, 58, 125704.

3. Holmes, W. H. (1896), Art textile préhistorique de l’est des États-Unis (Vol. 13).

Cultivez

Par Jorge Cervantes en collaboration avec Matthew Gates (Zenthanol Consulting) jorge@marijuanagrowing.com

L’essaim éternel Les ravageurs évoluent, votre stratégie aussi?

Les insectes et les moisissures de votre jardin ne restent jamais inactifs. Ils s’adaptent aux traitements phytosanitaires, aux méthodes de lutte biologique et même aux variétés résistantes et cela, bien plus rapidement que la plupart des jardiniers ne le pensent. Voici ce que vous devez savoir pour garder une longueur d’avance.

L’ennemi qui ne dort jamais

Je cultive du cannabis depuis plus de quarante ans et je peux vous l’affirmer avec certitude: j’ai perdu plus de récoltes à cause des ravageurs que de la police. Acariens, pourriture des têtes, pucerons, chenilles… chaque cultivateur, du simple amateur au professionnel agréé, connaît le désespoir de découvrir que ses belles plantes sont envahies. La plupart

insectes et les moisissures sur le cannabis, les roses, les poivrons et le thé sur trois continents – cette approche est vouée à l’échec.

Matt appelle sa philosophie “l’Everswarm”, l’essaim éternel. L’idée est simple, mais troublante: les populations de ravageurs évoluent, s’adaptent et trouvent toujours de nouvelles façons de contourner les traitements. Votre spray a fonctionné la dernière fois? Tant

d’entre nous réagissons de la même façon face aux ravageurs: on constate le problème, on panique, on pulvérise un produit et on espère que ça disparaîtra.

Mais selon Matthew Gates, spécialiste de la lutte intégrée contre les ravageurs (LIR) – un homme qui a passé 17 ans à combattre les

mieux! Mais les survivants ont simplement engendré une génération résistante. Ce n’est pas de la paranoïa, c’est de la biologie élémentaire.

Quels sont les véritables fléaux qui s’attaquent à vos plantes?

Une importante enquête américaine de 2023 sur les ravageurs du cannabis a dressé un tableau sans équivoque: les champignons sont le principal ennemi. Dans le centre-nord des États-Unis, 83 % des agents pathogènes recensés étaient d’origine fongique. Les principaux responsables qui figurent en tête de liste: la pourriture grise (Botrytis) et l’oïdium. Si vous cultivez du cannabis, ces deux maladies sont toujours à prévoir.

de l’intérieur, créant ainsi un environnement propice au développement de la pourriture des têtes.

Découvrez le “méga-ravageur”

La noctuelle de l’épi de maïs (Helicoverpa zea) est un fléau en soi. Elle peut parcourir jusqu’à 2 000 km, se nourrit de plus de 300 espèces

Du côté des insectes, une étude menée en Floride en 2024 a recensé plus de 100 espèces d’arthropodes se nourrissant de cannabis. Près de la moitié appartiennent à un seul groupe: les suceurs de sève – pucerons, aleurodes, cochenilles et pucerons farineux.

Ces insectes ne sont pas seulement gênants, ils sont porteurs de maladies. Les aleurodes propagent le virus de la chlorose de la laitue. Les pucerons transmettent divers virus végétaux. Chaque insecte qui pique votre plante est une minuscule seringue susceptible d’y injecter une maladie.

Les papillons et les chenilles représentent la deuxième menace la plus importante et leur population est en augmentation. La noctuelle de l’épi de maïs, à elle seule, peut détruire une tige entière en la creusant et en la dévorant

de plantes et chaque femelle pond environ 1 000 œufs. Mais les scientifiques ont découvert quelque chose de bien pire encore: elle s’hybride avec son cousin afro-asiatique, la noctuelle de la capsule du cotonnier, créant ce que les chercheurs ont officiellement nommé un “méga-ravageur”.

Cet hybride a développé un ensemble alarmant de résistances. Il est insensible aux pyréthrinoïdes. Il a développé une résistance au Bt (Bacillus thuringiensis), pilier de la lutte biologique contre les ravageurs, certaines populations présentant une résistance plus de 6 000 fois supérieure. Il peut même survivre aux hivers rigoureux grâce à un mécanisme de dormance spécialisé.

La leçon à retenir? Aucun produit ne vous sauvera à lui seul. Ni le Bt seul. Ni l’huile de neem

Infestation d’acariens du chanvre. Crédit: Zenthanol Consulting / Jorge Cervantes.
Matthew Gates (à droite) examine des plantes de cannabis. Crédit: Zenthanol Consulting / Jorge Cervantes.

de 2024 a révélé qu’une seule bactérie isolée de graines de cannabis sauvage (Peribacillus frigoritolerans) peut faire tripler la biomasse des plantes, augmentant le diamètre des tiges de 96 % et leur hauteur de 43 % lors d’essais en plein champ. Un microbiome du sol sain ne se limite pas aux nutriments, il fait partie intégrante du système immunitaire des plantes. Les cultivateurs outdoors et en serre qui

La prévention d’abord: assainissement, moustiquaires, sélection génétique intelligente, inoculation microbienne. Mais ayez également vos outils prêts pour réagir rapidement.

3. Pratiquez la rotation des cultures.

Différentes variétés de Bt, différents agents de lutte biologique, différentes formules de

Les guerriers victorieux gagnent d’abord, puis ils partent en guerre

utilisent un sol vivant, bénéficient d’un avantage naturel. Mais même les cultivateurs indoor, utilisant de la fibre de coco ou de la laine de roche, peuvent tirer profit des inoculants microbiens lors de la transplantation.

Les larves de coccinelles consomment de 50 à 200 pucerons par jour. Les guêpes parasitoides détruisent les œufs des ravageurs avant même leur éclosion. Le champignon Beauveria bassiana infecte les chenilles par contact. Ce sont des outils efficaces, étayés par des preuves scientifiques, et non des remèdes de grand-mère.

Une surprise issue de la recherche sur les cannabinoïdes: les scientifiques ont découvert que les plantes de cannabis riches en CBDVA (acide cannabidivarinique) abritent 17 fois moins de pucerons que les plantes pauvres en CBDVA. Curieusement, le CBD lui-même n’a aucun effet anti-pucerons. Ceci ouvre la voie à la sélection de variétés résistantes aux ravageurs grâce aux profils des cannabinoïdes: un pesticide naturel.

Cinq étapes pour garder une longueur d’avance sur les infestations

1. Connaissez votre environnement.

pulvérisation. Les ravageurs s’adaptent à tout ce que vous utilisez de façon répétée.

4. Surveillez et notez vos observations avec précision.

Pièges collants, inspections hebdomadaires, notes écrites. Les données collectées cette saison vous permettront de remporter la bataille de la saison prochaine.

5. Faites confiance, mais vérifiez.

Un conseil trouvé sur un forum ne remplace pas une étude scientifique validée par des pairs. Suivez les chercheurs qui citent leurs sources. La chaîne YouTube Zenthanol de Matt (youtube.com/@zenthanol) est un excellent point de départ.

Gagner avant le combat

seule. Ni aucun produit pris isolément. Il vous faut une défense multicouche: des moustiquaires pour empêcher les mites d’entrer, des guêpes Trichogramma pour parasiter les œufs avant leur éclosion, le champignon Beauveria bassiana combiné au Bt en alternance et une surveillance régulière de vos fleurs en fin de floraison.

Oïdium : La guerre sans fin

Si les chenilles sont l’armée d’invasion, l’oïdium en est le QG. Le cannabis et l’oïdium sont engagés dans une bataille évolutive depuis des dizaines de millions d’années. Le génome de l’oïdium est composé de 60 à 80 % d’éléments génétiques mobiles qui lui permettent de muter à une vitesse extraordinaire. Chaque génération de spores est une version légèrement différente, optimisée contre le traitement précédent.

L’histoire nous montre ce qui arrive lorsqu’on compte uniquement sur la résistance génétique. Dans la culture du melon, les sélecti-

onneurs diffusent des variétés résistantes à l’oïdium depuis les années 1930, mais le champignon a réussi à les anéantir presque toutes, parfois en une seule saison de croissance. La résistance aux fongicides peut se développer en un à trois ans.

La bonne nouvelle: les sélectionneurs ont désormais identifié trois gènes de résistance chez le cannabis (PM1, CsMLO1 et PM2). Le choix du cultivar est donc primordial. Mais la leçon à tirer du melon est sans équivoque: aucune protection n’est éternelle. Il est indispensable d’alterner les fongicides, de diversifier les variétés et de ne jamais considérer ses plantes comme protégées simplement parce qu’elles paraissaient saines la semaine dernière.

Vos armes secrètes

Tout n’est pas perdu. Vos plantes ont de puissants alliés qu’il suffit de savoir utiliser. Micro-organismes bénéfiques: Une étude

Quels ravageurs dominent dans votre région? À l’intérieur ou à l’extérieur? Établissez un profil des menaces avant de commencer et non après avoir constaté un problème.

2. Soyez proactif ET réactif.

Jorge

Matt a conclu sa présentation sur Everswarm par une citation de L’Art de la guerre de Sun Tzu: “Les guerriers victorieux gagnent d’abord, puis ils partent en guerre.” Pour un cultivateur, ce sera: la meilleure gestion des ravageurs se fait avant même de les apercevoir, lorsque vous choisissez vos variétés, installez vos protections et élaborez une stratégie qui anticipe l’adaptation de l’ennemi.

Car l’essaim éternel ne dort jamais. Mais si vous le comprenez, vous pouvez garder une longueur d’avance.

Cultivez librement, cultivez bien.

Cervantes, Matthew Gates & Stefan Meyer

Jorge Cervantes est l’auteur The Cannabis Encyclopedia et de We Grow Cannabis, deux ouvrages disponibles gratuitement sur marijuanagrowing.com. Ses livres et ses vidéos sont publiés en 11 langues. Retrouvez-le sur jorge-cervantes.com.

Matthew Gates est spécialiste en lutte intégrée contre les ravageurs et fondateur de Zenthanol Consulting (zenthanol.com). Sa chaîne YouTube (youtube.com/@zenthanol) propose des guides complets sur les ravageurs à destination des cultivateurs de cannabis. Suivez-le sur Instagram : @Synchangel.

L’oïdium colonise la feuille de cannabis. Quand vous voyez les taches blanches, le champignon produit déjà des milliers de spores par jour. Crédit : Zenthanol Consulting / Jorge Cervantes.

Festivals du Cannabis

Spannabis 2026

Depuis 2002, les portes du Spannabis, l’un des plus importants salons mondiaux du cannabis, s’ouvrent chaque printemps. Cette année, un changement inhabituel s’est toutefois produit: au lieu de Barcelone, le centre névralgique de l’événement s’est déplacé à Bilbao. Bien entendu, la rédaction de Soft Secrets ne pouvait manquer ce rendez-vous mythique.

Bien que Bilbao et Barcelone ne soient qu’à un peu plus d’une heure de vol l’une de l’autre, elles représentent culturellement deux mondes radicalement différents. La capitale catalane regorge de clubs, sa vie nocturne est trépidante et l’odeur de cannabis y est monnaie courante. Bilbao, au Pays basque, offre une ambiance bien différente, même si la consommation de cannabis y est également très répandue. Des habitants locaux m’ont confié que, malgré un nombre plus faible de clubs officiels à Bilbao, on y trouve encore de nombreux endroits où on peut se rouler un joint tranquillement, sans que personne ne s’en offusque.

Le Spannabis est probablement le plus ancien salon du cannabis d’Europe, voire d’ailleurs. L’événement se tient chaque printemps depuis 2002, avec une seule interruption due à la COVID-19 – et cette annulation est intervenue la veille de l’ouverture. Pour cette édition du Spannabis, la 23e, le déménagement à Bilbao a été officiellement justifié par le projet de réaménagement du parc des expositions

Fira de Cornellà, qui accueillait le Spannabis depuis longtemps. Cependant, d’après mes informations, le bâtiment est toujours en place, ce qui laisse penser que sa démolition a probablement été reportée.

Nouveau lieu, nouvelle énergie

À Bilbao, le Spannabis s’est déroulé au Parc des Expositions et je dois dire qu’en termes d’organisation et de professionnalisme, ce changement a été très positif. Le hall d’exposition est spacieux, permettant aux visiteurs de circuler aisément entre les stands. Dans l’ancien lieu, il fallait parfois se frayer un chemin à travers la foule et l’atmosphère pouvait être étouffante. Grâce à la hauteur sous plafond, la qualité de l’air à Bilbao est nettement meilleure. Les conditions sont tout simplement parfaites pour passer une journée entière –voire un week-end entier – au salon.

Tous les exposants sont regroupés dans un seul hall, ce qui permet de se repérer rapidement. J’étais un peu inquiet quant à l’installa-

tion de la scène musicale – un élément incontournable du Spannabis – dans ce nouveau lieu, mais c’était tout le contraire. Depuis le hall, les visiteurs peuvent accéder de part et d’autre à de vastes espaces ouverts. Ils y trouvent des zones de détente, des boissons et de nombreux stands proposant une grande variété de street food. Le tout est animé par la musique de DJs, de rappeurs et d’autres artistes locaux. Impossible de s’ennuyer! L’événement était parfaitement organisé et, à mon avis, le nouveau lieu lui a donné une toute autre dimension.

Bien que l’industrie européenne du cannabis traverse actuellement une période difficile –certains exposants habituels étaient absents et les budgets semblaient plus serrés –, cela n’a en rien altéré l’ambiance générale du salon.

Une fois de plus, le Spannabis a confirmé son statut d’événement majeur du cannabis à l’échelle mondiale ainsi que de point de rencontre privilégié pour les professionnels

du secteur et les passionnés. Je crois pouvoir affirmer sans risque que le déménagement de Barcelone à Bilbao a dépassé toutes les attentes. J’attends avec impatience sa prochaine édition.

1 CBD SHOP, HEAD SHOP, SEED SHOP

THE POT COMPANY DIJON

31 rue Guillaume Tell 21000 DIJON 03.80.56.47.16

@thepotcompanydijon

THE POT COMPANY BESANÇON

3 rue Proudhon 25000 BESANÇON 03.81.81.14.37

@thepotcompanybesancon

THE POT COMPANY NANTES

77 Boulevard Victor Hugo 44200 NANTES 02.28.20.21.65

@thepotcompanynantes

LE MUSÉE DU FUMEUR

7 rue pache 75011 Paris

Ouvert du lundi au samedi, 12h30 - 19h30. https://boutique.museedufumeur.net/

3

2 GROW SHOP, HEAD SHOP & CBD SHOP

19 rue des Trois Rois, 13006 Marseille 04 96 12 63 11 lesjardinssuspendusmarseille.fr

Horaires : Lundi au Samedi de 10h00 à 19h00

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FOX SEEDS LILLE

“SEEDS SHOP-GROWSHOP-CBD SHOP & HEADSHOP”

2 Rue Colson 59800 LILLE Tel: 09 51 41 64 51

Ouvert du Lundi au Samedi 12-19h www.foxseedslille.com WEEDIVORE CROQUEUR DE FLEURS

5 -15% code promo : SOFTSECRETS www.weedivore.fr

SEED SHOP & CBD SHOP

Le + vaste choix de variétés en France

2 bis rue Carnot 61300 L’AIGLE

horaires : 10h - 19h non stop Fermé les mercredis et dimanches weedivore CBD Shop weedivorecbd 06.25.60.38.38

Grow & Seeds en France

JARDIN’PONIE

Zc de la croix Blanche, 19600 Nespouls Jardinponie.com 10h à 18h30 non stop Fermé le mercredi et dimanche. 06.09.43.41.96

TRÉGOR-INDOOR LANNION 11 rue Hélène Boucher 22300 LANNION Mardi au Samedi 10h–12h30/14h–19h 02.96.13.89.04 contact@tregor-indoor.bzh www.facebook.com/Tregorindoor

Shop indépendant Breton depuis 2017 250 m2 + de 3000 références!

8

LA SERRE À COLAS

CBD, ZERO MOLECULE DE SYNTHÈSE, SEEDS SHOP. 3621 route d’Albertville 74320 SEVRIER

Téléphone 09 87 01 04 11

Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 13h, et de 14h30 à 19h www.laserreacolas.fr | @laserreacolas

JARDINERIE TCHOUKAR

Pros: www.tchoukar.fr 9

16 Rue du Grand Veymont, 38320 Eybens, France +33476526200

187 Rte de la Féclaz, 73230 Saint-Alban-Leysse, France +33479254431 www.tchoukarshop.com

POCHON VERT

120 route de Paris, 76240 LE MESNIL ESNARD (En Normandie à côté de ROUEN)

De 10h à 13h30 puis de 15h30 à 19h du mardi au samedi

Tél Boutique : 09 73 28 12 69 Tél Livraison : 07 85 25 35 81

Livraisons à domicile tous les soirs et week-ends.

www.pochonvert.fr

Cultivateurs légaux des Pays-Bas

Texte et photos: Derrick Bergman

HOLIGRAM DES RACINES PROFONDÉMENT ANCRÉES

DANS LE MONDE DU CANNABIS HOLLANDAIS

Holigram, producteur légal néerlandais, est profondément ancré dans le paysage cannabique des Pays-Bas. L’entreprise collabore avec des cultivateurs locaux expérimentés et avec Jetze de Raad, fondateur du fabricant d’engrais BioBizz. Leur collaboration a donné naissance à une installation de culture unique en son genre.

Jetze de Raad, ancien étudiant de l’Université de Wageningen dans les années 1990 (une prestigieuse université d’agronomie des Pays-Bas), a travaillé chez Positronics, le légendaire growshop de Wernard Bruining à Amsterdam. À l’arrière du magasin, il a mis au point un engrais organique pour le cannabis. Après la faillite de Positronics, De Raad a fondé BioBizz à Groningue et en a fait une multinationale générant des millions de dollars de chiffre d’affaires. Il collabore désormais avec Holigram pour la production de cannabis légal.

Le siège de Holigram est situé à l’extrême nordest des Pays-Bas, à deux pas de la frontière allemande, dans le village de Nieuw Beerta. Le développement durable est une priorité absolue pour l’entreprise. Elle n’utilise pas de gaz naturel, les toits sont recouverts de panneaux solaires et l’éclairage LED ainsi que le recyclage de l’eau contribuent à réduire son empreinte écologique. La pépinière est unique à plusieurs égards. La municipalité n’a pas autorisé la construction d’un bâtiment cubique, mais a exigé des toits en pente, à l’image des fermes de la région. L’installation de culture est attenante à une magnifique ferme et s’intègre parfaitement au paysage. Autre particularité: Holigram cultive sur deux niveaux afin d’optimiser l’espace disponible. Sur les dix-huit cellules de culture, dix étaient utilisées lors de notre visite.

John, un cultivateur local renommé qui travaille désormais exclusivement pour Holigram, nous fait visiter les lieux en compagnie de l’un de ses maîtres cultivateurs italiens. Nous commençons par la salle de culture où est récoltée la Sub Zero. Les plantes sont spectaculaires. Leurs fleurs compactes sont si gorgées de trichomes qu’elles paraissent blanches et contrastent magnifiquement avec leurs feuilles pourpres foncées. Leur

arôme intense présente des notes rappelant la Tangie. John observe avec fierté les employés en tenue de travail rouge couper les plantes et les suspendre sur des supports de transport.

Bacs à résidus

Holigram a testé différents substrats et a choisi la fibre de coco. Toutes les fleurs de cannabis sont taillées à la main. Les tailleurs utilisent des bacs à résidus pour récupérer les trichomes tombés. Cette poudre est ensuite pressée pour former des plaques de haschisch classiques. Holigram propose également des joints, mais pas encore de produits comestibles. L’objectif principal est d’optimiser la culture. Les produits comestibles ne seront proposés que lorsque celle-ci sera parfaitement maîtrisée.

Comme tous les cultivateurs de cannabis expérimentaux, Holigram constate que pour la plupart des consommateurs, le taux de THC est le critère le plus important. Les variétés avec moins de 20 % de THC sont difficiles à vendre, explique Patrick, responsable financier depuis le début et vétéran du secteur. “C’est vraiment dommage, car le THC seul ne dit pas grand-chose sur une variété. Le profil terpénique est plus important. Et l’effet d’entourage, l’interaction entre les cannabinoïdes et les terpènes, est le facteur déterminant.”

FOMO

Patrick observe que les coffeeshops participant à l’expérience souffrent de FOMO: la peur de rater quelque chose. “C’est pourquoi ils achètent toutes les variétés disponibles. Mais cela crée une surabondance de choix chez les clients, qui se rabattent alors sur les variétés qu’ils connaissent déjà. Alors qu’il y a tellement de produits délicieux disponibles actuellement. Pas seulement chez nous, mais chez tous les producteurs.”

John, cultivateur, inspecte les plantes de Sub Zero.
Les étagères sont coulissantes pour faciliter l’accès aux plantes.
La culture sur deux niveaux optimise l’espace disponible.
La station de préparation des solutions nutritives.

L’écran de l’ordinateur de la station de préparation des solutions nutritives.

HOLIGRAM: INFORMATIONS ET CHIFFRES

Localisation: Nieuw Beerta

Nombre d’employés: 75

Surface cultivée nette: 3 000 m²

Nombre de variétés de cannabis: 10 (65 variétés au catalogue)

Nombre de plantes: environ 12 000

Substrat: Noix de coco

Variétés connues: Koolato, Wilson Zero, Chauffeur, OG Kush Breath 2.1

Un employé prélève des boutures sur les plantes mères.
L’atelier de clonage.
L’espace réservé aux plantes mères.
Quelques produits conditionnés. La salle de séchage.
Un conteneur rempli d’AMG Haze (Amnesia Mac Ganja).
Des sachets de Neville’s Haze, une des grandes variétés Haze classiques.
Tous les tailleurs utilisent un bac à déchets pour récupérer les trichomes.
La pépinière est attenante à une ferme monumentale.
Plaques de Holigram Hasj.
Les trichomes sont placés dans un moule puis pressés pour former une plaque.

Interview

DUST, LE FRENCH STRAIN HUNTER

Dust est un cultivateur et breeder français installé en Espagne.

Il fait partie des célèbres Strain Hunters, un groupe de passionnés qui parcourt le monde à la recherche des meilleurs variétés de cannabis landraces.

Le concept des Strain Hunters a été créé par le célèbre entrepreneur cannabique, propriétaire de Green House Seeds, Arjan Roskam et le regrétté breeder Franco Loja. Une dizaine de documentaires passionnants sur leurs expéditions dans différents pays d’Asie, d’Afrique d’Amérique de Sud et des Caraïbes sont disponibles sur YouTube. Leur dernier documentaire a été tourné au Kirghizistan. Dust a déjà participé à trois expéditions avec les Chasseurs de variétés.

SSFR : A quel âge as-tu fumé ton premier joint ?

Dust : Mon premier joint, je devais avoir 12 ou 13 ans. C’était la première fois que j’ai essayé, mais je n’ai pas continué directement. C’était même pas un vrai joint. J’avais récupéré une feuille sur une plante, je l’avais fait sécher. J’avais roulé la feuille et je l’avais fumée. Vers l’âge de 14 ans, j’ai commencé à fumer, pas régulièrement, mais les weekends avec les potes, de temps en temps.

D’où te vient le surnom Dust ?

De Counter-Strike. C’était mon nom de joueur en ligne. Quand je jouais en ligne, il y avait une « map » sur Counter-Strike qui s’appelait The Dust. Et du coup, c’était une de mes maps préférées.

Comment as-tu commencé à cultiver ?

Je travaillais dans le secteur de la construction en région parisienne. J’ai découvert des graines en hibernation sur le chantier d’une maison dans les Yvelines où un trou avait été creusé pour les fondations.

Les pelleteuses sont venus pour creuser le trou et le lendemain, il y avait déjà des plantes qui poussaient sur le tas de terre. Donc, quelqu’un avait dû faire pousser une année

antérieure et les graines en hibernation ont été retournées, sont remontées à surface et ont germé. Parce qu’elles étaient vraiment sur les monticules de terre, où il n’y avait aucune raison qu’elles soient là, les plantes. J’en avais déraciné, pour essayer de les replanter chez moi, mais elles n’ont pas duré très longtemps.

Ça, c’était mon introduction à la culture. Après, j’ai commencé à regarder vraiment en ligne. Comment ça fonctionnait, les nutriments, le cycle de lumière… Je n’avais pas vraiment de notion à l’époque.

Tu as rencontré les Strain Hunters Hunters pour la première fois à l’Ex -

pogrow d’Irun en 2013 mais tu les connaissais déjà virtuellement…

C’est ça. J’avais beaucoup travaillé sur le forum avec eux. Je faisais beaucoup les live reports. Quand ils partaient en expédition, ils nous envoyaient des photos pour qu’on fasse des posts sur le forum, en direct. Je m’occupais de la modération du forum, et de répondre un peu au customer service, au service clientèle. Donc, oui, je faisais un peu de tout. Je faisait tout ce qui pouvait se faire en ligne depuis chez moi… Je travaillais toujours à l’époque, et à un moment, j’ai eu six mois de chômage, je crois. Et je me suis mis encore plus à fond sur le forum.

Tu as donc continué de travailler avec les Strain Hunters…

En 2014, on a ouvert le Strain Hunters Social Club avec Mister X à Barcelone… Franco habitait lui aussi à Barcelone, en Espagne. Comme moi, c’était un grand fan de hardcore et de musique techno. Et en Hollande, ils ont les énormes festivals. C’était des points communs, les motos, la bonne musique… Et donc, on a pas mal travaillé avec Franco sur plein de choses. J’ai pas mal voyagé avec lui aussi dans plein de pays.

Donc, c’était une chouette expérience de pouvoir être aussi proche au début et de pouvoir apprendre comme une éponge de tous ces gens qui ont tant d’expériences, parce que quand tu les écoutes parler, tu peux apprendre des trucs qu’ils ont appris au bout de 40 ans. À force de rencontres, et à force de traîner avec eux, tu récupères plein d’informations qui sont importantes et qui ne sont pas accessibles à plein de gens.

Quelle était ta première expédition ?

Ma première expédition était en Afrique du Sud. Avant ça, on a beaucoup travaillé au Congo, et dans plein d’autres pays, en Afrique et en en Amérique du Sud, au Canada aussi, pendant quelques années. Avant l’expédition, je m’occupais surtout de culture, et vu que Franco était mort récemment, ça a pris un peu de temps aussi avant de reprendre les expéditions. Pendant ce temps-là, on a travaillé un petit peu partout dans le monde sur des projets... On a travaillé dans le cannabis médicinal. Quand on est allé au Canada, c’était pour le cannabis récréatif. On était au Canada, le jour de la légalisation. C’est le genre d’expérience qui est vraiment cool pour un passionné.

Quelles étaient vos activités au Canada ?

Dust fait partie des Strain Hunters.

d’Arjan. Ça ferait plaisir qu’il soit là aussi, qu’il continue avec nous.

Quelle est ta variété préférée ?

C’est un petit peu compliqué d’en choisir une seule. Mais je peux t’en citer quelques unes. L’Exodus Chesse est toujours dans le top. J’aime beaucoup la Chocolope Je suis très fan de la Shoreline. Évidemment, la Skittles aussi est dans ce top-là. Je suis plutôt dans le côté skunk. J’aime bien la skunk. C’est pour ça que je citerais la Fullgas aussi. C’est un des premiers croisements que j’ai fait. C’est comme une version sous stéroïdes de l’Exodus. Il y a aussi La Riri Cut qui a été sélectionnée par un Français.

Tu préfères les fleurs, le hasch ou les extractions ?

J’ai plus tendance à fumer du hasch quotidiennement, mais quand il y a des très bonnes fleurs qui sont disponibles, j’ai toujours beaucoup de plaisir à en fumer.

Quelle est actuellement la situation des Cannabis social clubs à Barcelone ?

On a 6 coffeeshops, il me semble. On en a 4 ou 5 à Bangkok et un à Koh Samui, sur une île qui est dans le sud. Et on essaiera certainement d’en ouvrir quelques-uns en plus dans les zones où les gens passent, à Phuket, à Pattaya... Mais ça, ce sera dans le futur. On a un complexe, avec des serres, avec des intérieurs et du outdoor. On a une zone GMP (Good Manufacturing Practices). Et on a l’usine de graines.

Le marché des graines est actuellement en difficulté. Est st-ce qu’il y a encore un avenir pour les graines ?

Le rêve, je pense, de toutes ces banques, est de pouvoir offrir la graine, le clone ou la fleur à son client. C’est pour ça que pour nous, la Thaïlande c’est vraiment idéal, parce que quelqu’un qui veut acheter un pack de graines, il peut essayer la fleur cultivée par la compagnie, le vrai produit. Il essaie avant d’acheter le paquet. Après, tu peux avoir l’option aussi d’acheter le clone, parce qu’on vend aussi des clones en Thaïlande.

On avait une collaboration avec Canopy pendant deux ans. Il y avait trop de différences culturelles. La façon dont les grosses compagnies sont gérées ne convient pas toujours aux passionnés qui veulent vraiment un produit de qualité. Donc on a préféré arrêter, et on espère qu’un jour, on pourra y retourner. Mais pour l’instant, on est focus sur la Thaïlande à 100%, pour pouvoir mettre nos fleurs sur le marché européen, légalement partout, en Allemagne, en Angleterre, là où ils nous laissent le faire. Et ça, c’est le « main focus » pour l’instant.

Quel est le meilleur souvenir de tes expéditions ?

Il y a des moments incroyables dans toutes les expéditions. Même dans les voyages qu’on a pu faire qui ne sont pas des expéditions, par exemple, quand on est allé au Congo tous les mois avec Arjan, après la mort de Franco. On a vécu plein de situations au Congo qui sont tellement uniques, et que tu ne peux pas vivre dans d’autres endroits du monde. Donc c’est juste plein de souvenirs qui sont gravés et dont tu profites. Tu essayes de les absorber au maximum, tu les vis.

En Afrique du Sud, par exemple, on était sur une rivière que personne n’avait descendue en rafting. Pendant 5 jours, sans réseau mobile, sans rien, on faisait des campements tous les soirs et on regardait les étoiles… Tout l’environnement est majestueux. C’est la nature qui te frappe. Et au Kirghizistan, c’était pareil. La descente avec les chevaux, c’était tellement raide. Les chevaux sont en drift tout le temps. Tu es en stress, en pression pendant toute la descente. Et tout ça, une fois que ça passe, c’est le relâchement... C’est le soulagement quand tu arrives en bas et que tout s’est bien passé. Après, il y a la montée suivante et la descente suivante…

Et ton pire souvenir ?

Le pire que j’ai vécu dans les expéditions, c’est quand je me suis fait mal aux côtes en Afrique du Sud, le deuxième jour, je pense.

J’ai toujours mal à la côte. Heureusement, on n’a jamais eu d’accident ou de mauvaise expérience avec le gouvernement ou la police pendant un expédition. Pas ds trucs vraiment dangereux pour l’instant.

Qui sont actuellement les membres des Strain Hunters ?

L’équipe principale, c’est Arjan, Mr X et moi. J’espère que Simon pourra revenir dans la prochaine expédition. Et maintenant, il y aussi la nouvelle génération avec Dax, le fils

C’est toujours la même situation. A Barcelone, plus ou moins tous les deux ans, ils font des opérations, des descentes dans les clubs. Jusqu’à ce que Madrid dise que c’est bon. En gros, personne ne peut rien faire. La police ne sait pas trop quoi faire. Les politiciens ne savent pas trop quoi faire.

Tu t’occupes également de la Thaïlande. Combien de magasins de cannabis avez-vous là bas ?

Tu peux même acheter une sélection qui a été faite par nous, ou essayer de faire ta propre sélection. C’est un peu la situation idéale pour pouvoir vendre ta génétique. Le marché des graines est en pleine évolution,. Il y a beaucoup de clones qui sont disponibles sur le marché maintenant. Ça dépend où tu vis.

Dans des pays comme la France, je pense qu’il y aura toujours de la vente de graines, jusqu’à ce que le cannabis soit légalisé. Il y aura toujours des gens passionnés qui voudront cultiver à partir de graines et faire des sélections.

Une culture de cannabis en Thaïlande.
Les Strain Hunters en expédition.

CANNABIS TRIPLOIDE

GÉNÉTIQUE ET APPLICATION PRATIQUE

La triploïdie, sujet central et de plus en plus débattu dans la sélection du Cannabis sativa ces dernières années, ouvre de nouvelles perspectives en introduisant une nouvelle dynamique dans la génétique et la production du cannabis.

CANNABIS POLYPLOÏDE

La polyploïdie est l’une des altérations génétiques les plus intéressantes pouvant survenir chez le Cannabis sativa. À l’état naturel, le cannabis est diploïde, possédant deux jeux de chromosomes (2n), un exemplaire hérité de chaque parent. Dans certains cas, des erreurs peuvent se produire lors de la division cellulaire, entraînant la formation de trois jeux de chromosomes (triploïdie) ou de quatre jeux (4n) (tétraploïdie). Cette modification de l’équilibre chromosomique peut influencer la taille des cellules, la morphologie de la plante et son comportement reproductif, conférant certains avantages en matière de breeding, tels qu’une biomasse et une vigueur végétative accrues, une densité plus élevée de trichomes glandulaires et, chez les triploïdes, une diminution drastique de la fertilité, un aspect controversé aux effets à la fois positifs et négatifs sur la culture.

COMMENT APPARAÎT LA TÉTRAPLOIDIE?

La tétraploïdie survient lorsque, lors de la division cellulaire, les chromosomes ne se séparent pas correctement. Plus précisément, lors de la méiose, processus essentiel à la reproduction sexuée au cours duquel une cellule diploïde produit quatre cellules haploïdes possédant un seul jeu de chromosomes, lesquelles donneront naissance au pollen chez les plantes mâles et aux ovules chez les plantes femelles.

Si le bon fonctionnement du fuseau méiotique, structure responsable de la distribution de chaque chromosome dans les nouvelles cellules, est perturbé, les chromosomes restent à l’intérieur de la cellule mère, donnant naissance à des cellules tétraploïdes. Cette altération peut être induite, aussi bien chez le cannabis que chez d’autres espèces végétales, par des traitements avec des substances capables de perturber le fonctionnement du fuseau méiotique. Les méthodes permettant d’induire la tétraploïdie seront expliquées ultérieurement.

CANNABIS TRIPLOÏDE

Les plantes de cannabis triploïdes possèdent trois jeux de chromosomes (3n), une caractéristique qui peut influencer considérablement l’architecture de la plante. Certains breeders et banques de semences étudient depuis longtemps les avantages des plantes triploïdes et à produire les premières lignées de semences. Actuellement, peu de variétés sont disponibles, mais l’offre devrait augmenter. Les avantages observés jusqu’à présent chez les plantes de cannabis triploïdes,

comparées aux plantes diploïdes similaires, sont les suivants:

• biomasse accrue

• activité photosynthétique accrue

• espacement internodal réduit et taille plus compacte

• vigueur supérieure

• surface accrue recouverte de trichomes glandulaires

• stomates plus grands, mais moins nombreux

• teneur en terpènes accrue

• fertilité extrêmement faible

Cependant, malgré ces avantages potentiels, il existe également des limitations et des points critiques à prendre en compte. Tout d’abord, il est important de préciser que ces caractéristiques ne se manifestent pas automatiquement lors de la culture d’une plante triploïde; cela dépend fortement du génotype et du patrimoine génétique de départ. Un autre aspect mis en évidence par certaines études est que les niveaux de cannabinoïdes restent pratiquement inchangés par rapport aux variétés diploïdes correspondantes. Un autre facteur critique est le faible pourcentage de clones issus de plantes triploïdes qui s’enracinent avec succès, ce qui rend très difficile la création de cultures homogènes composées uniquement de clones triploïdes ou la conservation de plantes mères pendant de longues périodes. Ce facteur, combiné à la fertilité réduite typique des triploides, ouvre des perspectives qui méritent une analyse plus approfondie. Mais voyons d’abord comment on obtient une plante triploïde.

COMMENT CRÉER UNE PLANTE TRIPLOÏDE

L’introduction de cultures triploïdes n’est ni nouvelle ni artificielle: il s’agit simplement d’une question de sélection et de croisements.

dans un verre doseur gradué, en remuant constamment jusqu’à obtention d’une solution parfaitement homogène. La concentration idéale varie selon la plante traitée, chaque espèce réagissant différemment. Certains tests ont démontré l’efficacité d’une concentration comprise entre 0,05 % et 0,2 %. Pour préparer 10 ml de solution, vous aurez besoin de 5 à 20 mg de colchicine. Attention: Le port d’équipements de protection individuelle (gants, masque et lunettes de protection) est indispensable pendant toute la durée de la procédure, car la colchicine est toxique pour l’homme et peut être absorbée par inhalation ou contact cutané. Selon le type de traitement appliqué, on peut obtenir des plantes partiellement ou totalement tétraploïdes. L’application de la solution aux graines nouvellement germées favorise la production d’individus tétraploïdes, tandis que le traitement de la seule zone apicale peut induire une transformation partielle de la plante, pouvant aboutir à un mélange de parties diploïdes et tétraploïdes.

Les variétés sans pépins de diverses espèces végétales, comme les bananes et les pastèques, sont cultivées depuis longtemps. Les plantes triploïdes proviennent du croisement d’une plante diploïde (2n) avec une plante tétraploïde (quatre jeux de chromosomes). On obtient ainsi des graines possédant trois jeux de chromosomes. Par conséquent, pour produire des graines de cannabis triploïdes, il est nécessaire d’obtenir une plante tétraploïde. Les plantes tétraploïdes servent généralement de parents collecteurs de pollen. Dans la nature, l’apparition d’une plante de cannabis tétraploïde est rare et les chances d’en identifier une par phénotypage sont minimes. C’est pourquoi des protocoles spécifiques sont nécessaires pour induire la polyploïdie chez les plantes souhaitées.

PROTOCOLE D’INDUCTION DE LA POLYPLOIDISME

La polyploïdie chez une plante de cannabis peut être induite à l’aide de colchicine, un alcaloïde extrait du colchique d’automne. Dans cet article, nous décrirons le procédé d’utilisation de cette substance, en commençant par la préparation de la solution de traitement des plantes.

Voici la liste du matériel nécessaire:

• Comprimés de colchicine à 1 mg

• Eau distillée

• Seringue

• Verre doseur gradué

• Agitateur

• Boîte de Pétri ou récipient similaire

• Gaze

• Équipement de protection

La première étape consiste à dissoudre la quantité requise de colchicine dans de l’eau distillée,

Pour traiter les graines germées, placez-les dans une boîte de Pétri dont le fond est recouvert de gaze. La solution doit être administrée par petites doses à l’aide d’une seringue sur une durée d’environ 12 heures. Rincez ensuite abondamment les graines à l’eau afin d’éliminer tout résidu de colchicine susceptible de nuire à leur développement. Toutes les graines traitées ne survivront pas et ne deviendront pas tétraploïdes. Pour traiter des plantes déjà développées, enveloppez le méristème sélectionné dans une gaze imbibée de colchicine et placez-le dans un sac afin de maintenir une humidité constante pendant environ 24 heures. Rincez abondamment à l’eau après le traitement. Au début de leur croissance, les plantes tétraploïdes se développent plus lentement que les diploïdes, mais après quelques semaines, les différences sont clairement visibles. Dans un programme de sélection, il n’est pas idéal de partir de graines nouvellement germées pour obtenir des tétraploïdes, car les caractéristiques de la future plante mère sont encore inconnues. La tétraploïdie doit être confirmée par une analyse cytométrie afin de vérifier le doublement des chromosomes et d’exclure tout individu qui ne serait pas entièrement tétraploïde.

La procédure décrite a été adoptée par l’équipe de La Huerta del Diablo, dont les travaux constituent une référence importante. Elle est disponible, enrichie de ressources multimédias, sur le site web supercannabis.ar.

LE FACTEUR CRITIQUE

Les plantes de cannabis triploïdes ont une fertilité extrêmement faible, due à leur composition chromosomique inégale, ce qui génère des gamètes non viables. Cela peut constituer un avantage, notamment pour la culture à grande échelle outdoor, où la dispersion du pollen est problématique, comme au Maroc. Cependant, l’incapacité à polliniser les plantes engendre des problèmes qui affectent négativement l’équilibre des écosystèmes et réduisent la variabilité génétique, créant ainsi un terrain propice à d’éventuels monopoles.

Programme de sélection de plantes triploïdes.

SOFT SECRETS SELECTION

PARCELS : LOVED

LE TROISIÈME ALBUM STUDIO DES AUSTRALIENS

Le groupe Parcels est originaire de la station balnéaire de Byron Bay. Il s’agit de la ville la plus à l’est de l’Australie. Le groupe a été formé en 2014 en Australie et s’est installé à Berlin en Allemagne la même année. Les Parcels ont signé sur le label français Kitsuné et collaboré avec Daft Punk sur le single Overnight en 2017.

Le groupe a sorti 3 albums studio et 2 albums live. Après deux EP et plusieurs singles, il a sorti en octobre 2018 son premier album intitulé Parcels. Le groupe décrit lui-même sa musique comme un mélange d’electropop et de disco-soul. On trouve parmi ses influences, Steely Dan, Marvin Gaye, Toto et d’autres artistes des années 70 et 80. Ils ont été comparés au Beatles ou aux Bee Gees pour leurs harmonies vocales. Leur nouvel album, sur le thème de l’amour, été composé entre Berlin, l’Australie et le Mexique.

« Dans ce monde de digitalisation, d’IA et tout ce qui arrive, la musique live ne pourra jamais être remplacée. Ce sera toujours le summum, heureusement, parce que je pense que les humains s’intéresseront toujours les uns aux autres. Ça existera toujours. Il y aura toujours quelque chose à vivre, à faire évoluer, à améliorer. » a déclaré Noah Hill, bassiste et chanteur de Parcels sur le site Face B.

Parcels : Loved (Because Music)

TRUST ME : LE FAUX PROPHÈTE

IMMERSION CHEZ LES POLYGAMES

On se souvient de la série de fiction Big Love, diffusée sur la chaine HBO entre 2006 et 2011, qui racontait l’histoire d’un entrepreneur polygame de l’Utah qui vivait avec ses trois femmes. Mais il existe également dans la réalité des communautés de polygames qui

sont de véritables sectes dirigées par des prophètes particulièrement dangereux. Le célèbre gourou Warren Jeffs a dirigé une secte de fondamentalistes Mormon appelée l’Église fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Le gourou avait au total 78 femmes dont 24 âgées de 12 à 17 ans. Il est le père de plus de 50 enfants Accusé de viol et d’abus sexuels sur mineurs, Warren Jeffs a été arrêté en 2026 après deux ans de cavale et condamné à la prison à perpétuité.

En 2022, la série documentaire « Keep Sweet : Prie et tais-toi », qui raconte l’histoire de Warren Jeffs, a été réalisé par Rachel Dretzin. C’est cette même réalisatrice que l’on retrouve aujourd’hui pour la série documentaire en 4 épisodes diffusée sur Netflix. Cette nouvelle série contient des images exceptionnelles. Le successeur de Warren Jeffs, Samuel Bateman, en est le personnage principal. Christine Marie, une spécialiste de sectes et ancienne mormone, et son mari Tolga Katas ont réussi à gagner la confiance du gourou Samuel Bateman et des autres

membres de la secte. Le couple est installé à Short Creek dans l’Utah ou se trouve la secte. Suite à l’incarcération de Warren Jeffs, l’Église fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours (FLDS) s’est divisée en plusieurs branches et Bateman, autoproclamé prophète, a créé sa propre secte. Il aurait eu 20 épouses dont au moins 10 mineurs. Le documentaire nous permet de suivre de près le prophète et on assiste même à son arrestation. En 2024, il a été condamné à 50 ans de prison.

Trust Me : Le Faux Prophète Disponible sur Netflix

DON WINSLOW : LE CASSE ULTIME LE RETOUR DE DON WINSLOW

En 2022, après la sortie du dernier volume de sa trilogie, « La cité sous le flammes», Don Winslow avait annoncé prendre sa retraite et en plus sortir de livres. Il devait venir cette année à Lyon pour le festival quai du polar mais il a finalement annulé. « L’auteur américain, pourtant très attendu, a été contraint d’annuler ses apparitions publiques en raison de menaces portées à son encontre et celle de ses proches. Ses positions vis-à-vis du gouvernement américain étant à l’origine de ces menaces »,ont expliqué les organisateurs sur Facebook.

4X20: QUICK HITS UNE

SÉRIE DOCUMENTAIRE SUR LE CANNABIS

Jimmy Kimmel est un humoriste, producteur et animateur TV américain. Il est surtout connu pour son « late show », le Jimmy Kimmel Live. Il s’intéresse depuis longtemps au cannabis. En 2024, il a produit l’émission High Hopes, qui montrait le vie quotidienne dans un dispensaire de marijuana. A l’occasion du 4/20, la fête internationale du cannabis, il vient de produire 4 documentaires sur le sujet, disponibles sur la plateforme Hulu depuis le 20 avril. Chaque documentaire dure seulement 20minutes. Highly Unlikely, réalisé par Brent Hodge, raconte l’histoire de la comédie de stoners sortie en 2004, « Harold & Kumar Go to White Castle » High Times de Kyle Trash relate l’histoire de Tom Forcade, fondateur du magazine High Times en 1974. Forcade aurait vendu du cannabis sur le marché noir pour financer le lancement du magazine. The Legend of Ganjasaurus Rex d’Alex Ross Perry, rend hommage à un film culte réalisé par des cultivateurs californiens.

Bong Voyage, réalisé par Todd Kapostasy raconte l’histoire de l’artiste verrier, fan du Grateful Dead, Jason Harris.

4X20: Quick Hit, disponible sur Hulu

Don Winslow est tout simplement le meilleur auteur actuel de livres sur les narcos et la mafia. Il est l’auteur de nombreux livres dont « Savage », adapté au cinéma par Oliver Stone. La trilogie de « La Griffe du chien » est à lire absolument. Ses livres, très documentés, sont de véritables « pages turners ».

Son dernier livre, « Le Casse Ultime » regroupe six nouvelles qui pourraient être développées pour en faire de vériatbles romans. Selon Bruno Corty du Figaro Littéraire, « six nouvelles remarquables d’intensité, d’humour et d’humanité composent ce volume, qui place l’auteur de “Cartel” bien au-dessus de la mêlée. »

Le Casse ultime, Harper Collins, 384 pages, 22,50 €

Soft Secrets est une édition de Discover Publisher BV, Bruistensingel 400 5232 AG ‘s Hertogenbosch, Pays-Bas

Tél: +31 (0)6 13 00 65 33

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Web: www.softsecrets.com

Rédaction en chef: Cliff Cremer

Ont collaboré a ce numéro : Jorge Cervantes, Olivier F, Stoney Tark, Fabrizio Dentini, Hortizan,Derrick Bergman, Mr José, Sudestfam, Dryas, Matth, Guerilla Daan et autres.

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pays ont légalisé le cannabis et ont distingué les drogues douces des drogues dures, comme la Hollande. D’autres pays ont légalisé l’usage médicinal du cannabis, y compris le droit à cultiver des plantes de cannabis pour un usage personnel. L’éditeur soutient ce processus de normalisation de l’usage du cannabis mais cela ne signifie pas qu’il est forcément en accord avec tout ce qui apparait dans les articles et les annonces. Il se distancie par exemple explicitement des déclarations ou images qui pourraient donner l’impression qu’il approuve et encourage la consommation et/ou la production de cannabis.

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Prochaine édition

Le 3 Juillet 2026

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