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UNE PROPOSITION DE LOI POUR SANCTIONNER LA CONSOMMATION DE CANNABIS SUR LES PISTES DE SKI

La dĂ©putĂ©e Christelle d’Intorni a dĂ©posĂ© une proposition de loi pour interdire aux skieurs d’ĂȘtre sous l’emprise des drogues illicites, de l’alcool et mĂȘme du protoxyde d’azote. Cette nouvelle loi permettrait d’effectuer des tests salivaires sur les pistes, comme sur la route, ce qui n’est pas possible actuellement.

Christelle d’Intorni est membre du parti UDR (Union des Droites pour la RĂ©publique). Ce parti d’extrĂȘme droite anti-cannabis est dirigĂ© par Eric Ciotti, candidat Ă  la mairie de Nice. L’ancien prĂ©sident de LR a quittĂ© les RĂ©publicains pour se rapprocher du Rassemblement national.

La dĂ©putĂ©e Christelle d’Intorni s’est dĂ©jĂ  fait remarquer avec une proposition de loi de 2023 dont le but Ă©tait de sanctionner plus sĂ©vĂšrement les usagers de drogues illicites en augmentant l’amende forfaitaire dĂ©lictuelle (AFD). Emmanuel Macron voudrait l’augmenter jusqu’à 500 euros (au lieu de 200) Christelle d’Intorni est plus ambitieuse. Sa proposition de loi, qui n’a pas Ă©tĂ© approuvĂ©e, prĂ©voyait un montant allant de 10 000 euros Ă  15 000 euros

Christelle d’Intorni veut maintenant sanctionner les skieurs qui consomment de l’alcool, des drogues et du protoxyde d’azote. Ellle veut Ă©galement rendre obligatoire le port du casque, comme c’est dĂ©jĂ  le cas dans certaines stations. « En tant que maman et skieuse, je m’inquiĂšte sur la pratique du ski. Ce sont des comportements qui sont extrĂȘmement dangereux. Plusieurs personnes ont Ă©tĂ© percutĂ©es dans son entourage sur les pistes de ski. Il faut savoir se protĂ©ger et protĂ©ger les autres », a expliquĂ© la

dĂ©putĂ©e Ă  France 3 Provence Alpes CĂŽte d’Azur. Elle a prĂ©parĂ© pendant un an cette proposition de loi. Elle a travaillĂ© avec les instances nationales et rencontrĂ© des professionnels des sports d’hiver et des gendarmes.

ONE LESS THING TO WORRY ABOUT

L’annĂ©e derniĂšre, en France, 54 000 blessĂ©s ont Ă©tĂ© pris en charge aprĂšs des accidents de ski. 20 personnes ont perdu la vie l’annĂ©e derniĂšre sur les pistes. Selon France 3, « il existe peu de statistiques sur les accidents de ski mais la dĂ©putĂ©e a tout de mĂȘme rĂ©ussi Ă  faire un bilan. » Selon la dĂ©putĂ©e, l’alcool ou les drogues seraient impliquĂ©s dans un accident de ski sur quatre. Depuis quelques annĂ©es, les contrĂŽles anti-stups se sont multipliĂ©s dans les stations de ski françaises. Les gendarmes utilisent les chiens renifleurs pour repĂ©rer les skieurs qui ont du cannabis ou d’autres drogues sur eux. Ces opĂ©rations sont souvent mĂ©diatisĂ©es.

Les gendarmes dressent des Amendes forfaitaires pour usage de stupĂ©fiants. Mais il n’est pas possible de sanctionner la pratique du ski sous l’emprise de l’alcool ou de drogues illicites, qui n’est pas officiellement interdite. La dĂ©putĂ©e d’extrĂȘme droite aimerait combler ce vide juridique. Elle propose des amendes Ă  135 euros pouvant monter Ă  9000 euros et assorti de 4 annĂ©es de prison en cas de rĂ©cidive dans les 5 ans.

La proposition de loi pourrait ĂȘtre examinĂ©e Ă  l’assemblĂ©e Nationale en juin prochain, lors de la niche parlementaire du groupe UDR. (OF)

Nouvelle variĂ©tĂ© spĂ©ciale Ă  l’intĂ©rieur

Toutes les informations, le programme, les billets et les derniÚres actualités sur : www.cannatrade.ch

Page 10 Un succes souterrain

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Jean-Pierre Galland Interview

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L’origine des graines Vers oĂč se dirige le marchĂ© des semences?

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La fin de la phase végétative Une révolution dans la culture du cannabis

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Arjan Roskam, le “Roi du Cannabis” L’homme derriùre Green House et Strain Hunters

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Cannabis news

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Actualités cannabiques françaises

SELON L’OFDT, LE MARCHÉ DE LA COCAÏNE DÉPASSERAIT CELUI DU CANNABIS

L’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives) vient de publier un rapport sur les marchĂ©s des drogues illicites. Selon cette Ă©tude, le chiffre d’affaires du cannabis serait maintenant moins important que celui de la cocaĂŻne.

En France, le chiffre d’affaires total du marchĂ© des principales drogues est estimĂ© par l’OFDTentre 3,8 et 9,7 milliards d’euros avec une valeur centrale de 6,8 milliards d’euros en 2023. Le cannabis et la cocaĂŻne gĂ©nĂšrent 90 % du chiffre d’affaires des drogues illicites en 2023. La cocaĂŻne reprĂ©sente le premier marchĂ© en valeur. Cela signifie que la cocaĂŻne est la drogue illicite qui gĂ©nĂšre le plus d’argent en France, mĂȘme si les quantitĂ©s consommĂ©es sont nettement moins importantes que pour le cannabis. Un gramme de cannabis est en effet moins cher qu’un gramme de cocaĂŻne. 47,1 tonnes de cocaĂŻne et 397,4 de cannabis seraient consommĂ©es chaque annĂ©e.

Les chercheurs de l’OFDT constatent une augmentation des prix du cannabis au dĂ©tail. Le prix de la rĂ©sine de cannabis va de 6 Ă  11 euros par gramme avec une moyenne de 8 euros par gramme. Le prix de l’herbe de cannabis varie entre 8 et 12 euros par gramme avec une moyenne de 10 euros par gramme. Les estimations se basent sur les donnĂ©es de l’OFAST (Office anti-stupĂ©fiants) et du rĂ©seau Tendances rĂ©centes et nouvelles drogues (TREND) de l’OFDT.

Cette nouvelle Ă©tude concerne les quatre principales drogues illicites consommĂ©es en France : cocaĂŻne, cannabis, ecstasy/MDMA et hĂ©roĂŻne. Le marchĂ© de la MDMA occupe la troisiĂšme place devant l’hĂ©roĂŻne. Le marchĂ© de l’ecstasy/MDMA dĂ©passe le marchĂ© de l’hĂ©roĂŻne, que ce soit en volume ou en valeur. 65,6 tonnes d’ecstasy seraient consommĂ©es chaque annĂ©e pour un chiffre d’affaire de 312 ,5 millions d’euros (estimations centrales). L’hĂ©roĂŻne arrive en quatriĂšme position avec une estimation centrale de 8,2 tonnes pour 231,9 millions d’euros. Pour estimer la taille du marchĂ© des drogues, les chercheurs utilisent une mĂ©thode « bottom-up » en analysant les enquĂȘtes Ă©pidĂ©miologiques en population gĂ©nĂ©rale EROPP et ESCAPAD de l’OFDT. Pour le cannabis, trois estimations sont fournies par les chercheurs. L’estimation basse est de 261 tonnes par annĂ©e, l’estimation centrale est de 397,4 tonnes et l’estimation haute est de 533,6 tonnes. L’estimation basse pour le chiffre d’affaires du cannabis est de 1,7 milliards d’euros. L’estimation centrale est de 2,7 milliards et l’estimation haute, 3,6 milliards. Trois estimations sont Ă©galement fournies pour les quantitĂ©s et le chiffre d’affaires de la cocaĂŻne. Les rĂ©sultats peuvent donc varier grandement en fonction de l’estimation choisie et la cocaĂŻne n’a pas toujours la premiĂšre place. Les chercheurs Ă©mettent eux-mĂȘmes des rĂ©serves sur leur mĂ©thodes de travail : « Il faut noter

que ces estimations reposent sur des hypothĂšses fortes concernant les frĂ©quences d’usage, les quantitĂ©s consommĂ©es ou encore l’impact des traitements mĂ©dicamenteux comme les traitements agonistes des opiacĂ©s. Les rĂ©sultats doivent donc ĂȘtre lus comme des tendances indicatives, soulignant la nĂ©cessitĂ© de renforcer la collecte de donnĂ©es. »

MALAISIE :

TOM FÉLIX, LE FRANÇAIS ACCUSÉ DE TRAFIC, ENFIN LIBÉRÉ

Le français Tom FĂ©lix risquait la peine de mort en Malaisie. Il Ă©tait accusĂ© de dĂ©tention et de trafic de cannabis. Il a toujours clamĂ© son innocence et a finalement Ă©tĂ© acquittĂ© le 3 fĂ©vrier dernier. Tom FĂ©lix est un ancien directeur de projet chez Veolia ĂągĂ© de 34 ans, qui avait investi 40 000 euros dans un restaurant sur l’üle touristique de Langkawi. Il devait ouvrir cet Ă©tablissement en association avec un malaisien. Tom FĂ©lix habitait dans une maison avec son associĂ© malaisien. Le 9 aoĂ»t 2023, la police malaisienne est venu perquisitionner cette maison. Plusieurs centaines de grammes cannabis ont Ă©tĂ© dĂ©couverts dans les parties communes.. L’associĂ© a reconnu sa culpabilitĂ© et innocentĂ© Tom FĂ©lix qui a tout de mĂȘme Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©.

Le français a Ă©tĂ© emprisonnĂ© dans une prison de l’État de Perlis, dans le nord-ouest de la Malaisie, dans des conditions particuliĂšrement difficiles. Selon sa mĂšre, Sylvie FĂ©lix, Tom partageait sa cellule avec 37 autres dĂ©tenus. Ils dormaient Ă  mĂȘme le ciment, sur des tapis de yoga et sans ventilateur et n’avaient droit Ă  aucune promenade. Un comitĂ© de soutien, Free Tom FĂ©lix, qui dĂ©nonçait ses conditions de dĂ©tention inhumaines, a Ă©tĂ© créé. Les parents de Tom FĂ©lix ont Ă©tĂ© reçus par l’ambassadeur de France en Malaisie et par le ministre des affaires Ă©trangĂšres, Jean-NoĂ«l Barrot. Ils ont Ă©galement Ă©tĂ© soutenus par le prĂ©sident Emmanuel Macron, qui avait plaidĂ© leur cause auprĂšs du premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim au G20 de Rio en novembre 2024. Il les avait reçu lors d’une visite Ă  Singapour. Le mardi 3 fĂ©vrier 2026, Tom FĂ©lix a finalement Ă©tĂ© acquittĂ© et libĂ©rĂ© le soir mĂȘme. Il est apparu fatiguĂ© et amaigri « Dans cette affaire, le tribunal n’a pas rĂ©ussi Ă  Ă©tablir la preuve de la culpabilitĂ©. L’accusĂ© est donc acquittĂ© et libĂ©rĂ© », a expliquĂ© la juge Evawani Farisyta Mohamma de la Haute cour criminelle de Alor Setar. Tom FĂ©lix a passĂ© plus de 3 ans en prison « Nous sommes trĂšs heureux, soulagĂ©s. C’est la fin d’un cauchemar et nous sommes tellement heureux », a dĂ©clarĂ© Sylvie FĂ©lix, la mĂšre de Tom, Ă  l’Agence France-Presse.

« Immense soulagement. Tom Felix a Ă©tĂ© acquittĂ© par la justice malaisienne. PensĂ©es particuliĂšres pour ses parents, que j’avais rencontrĂ©s, qui n’ont jamais cessĂ© d’y croire et qui vont maintenant ĂȘtre rĂ©unis avec leur fils. », a dĂ©clarĂ© Emmanuel Macron sur le rĂ©seau social X.

Cannabis news

CANNABIS ET SYNDROME GILLES DE LA TOURETTE

Le syndrome de Gilles de La Tourette (SGT) est une maladie neurologique parfois héréditaire qui provoque des tics moteurs et vocaux. Elle atteint en particulier les enfants. Un récente étude a mis en avant les effets positifs du cannabis pour les patients atteints de ce syndrome.

Une nouvelle Ă©tude menĂ©e par des chercheurs allemands et publiĂ©e dans la revue Frontiers in Psychiatry, a rĂ©vĂ©lĂ© une Ă©volution favorable des symptĂŽmes chez deux enfants atteints du syndrome de Gilles de La Tourette. Les deux garçons, ĂągĂ©s de huit et douze ans au dĂ©but de l’étude, ont suivi un traitement de longue durĂ©e Ă  base de cannabis. Les patients ont Ă©tĂ© traitĂ©s avec des produits, qui contenaient principalement du THC, sous forme de fleurs vaporisĂ©s ou d’extraits par voie orale.

Chez l’un des deux patients, le traitement a Ă©tĂ© initiĂ© avec du THC pur, puis remplacĂ© par le traitement Ă  base d’un extrait de cannabis oral Ă  dominance THC (ratio THC / CBD 25 : < 0,5) La dose quotidienne allait de 12,5 Ă  15 mg de THC par jour.

L’autre patient a Ă©tĂ© traitĂ© par ses parents mĂ©decins, avec des fleurs de cannabis Ă  24 %. de THC. Les fleurs Ă©taient vaporisĂ©es une Ă  trois fois par jour, en fonction de la gravitĂ© des tics avec un dosage de 0,2 grammes, soit 48 Ă  144 mg de THC par jour.

Les deux enfants ont été suivis pendant une période de cinq à six ans Ils ont commencé à prendre un traitement avant la puberté et ont continué aprÚs la puberté.

Pendant la pĂ©riode de suivi, les chercheurs ont constatĂ© une importante rĂ©duction des tics moteurs et vocaux. Aucun effet indĂ©sirable, comme l’anxiĂ©tĂ© ou la psychose n’a Ă©tĂ© observĂ© pendant le traitement. Les patients qui ont participĂ© Ă  l’étude ont eu de bons rĂ©sultats scolaires et un bon dĂ©veloppement

cognitif. Les chercheurs ont constatĂ© une amĂ©lioration des comorbiditĂ©s psychiatriques souvent associĂ©es au syndrome de Gilles de La Tourette comme les troubles obsessionnels-compulsifs et les troubles de l’attention.

« Nous présentons deux cas de mineurs atteints du syndrome de La Tourette qui ont

commencĂ© un traitement au cannabis Ă  l’ñge de huit et douze ans respectivement, et ont poursuivi le traitement pendant cinq Ă  six ans, ce qui a entraĂźnĂ© une amĂ©lioration cliniquement pertinente des symptĂŽmes sans effets indĂ©sirables graves ni impact nĂ©gatif sur les performances cognitives et scolaires », ont conclu les chercheurs.

Mimosa Zkittlez Auto –Explosion fruitĂ©e de terpĂšnes

dans votre tente de culture

Chez Ganja Farmer, nous pensons que la culture du cannabis doit avant tout ĂȘtre une passion : une activitĂ© qui procure du plaisir et rĂ©compense le soin et l’engagement que vous y consacrez. Aujourd’hui, nous souhaitons vous prĂ©senter une variĂ©tĂ© qui incarne parfaitement cette philosophie. Si vous recherchez une gĂ©nĂ©tique non seulement facile Ă  gĂ©rer, mais aussi capable de jouer dans sa propre catĂ©gorie en matiĂšre de saveur, alors Mimosa Zkittlez Auto est faite pour vous.

Un dĂ©part plein d’énergie

Mimosa Zkittlez Auto est une gĂ©nĂ©tique qui ne fait aucun compromis. Peu aprĂšs la germination, on remarque dĂ©jĂ  la vitalitĂ© de cette plante. Elle est robuste et pardonne mĂȘme les petites erreurs, ce qui en fait un choix idĂ©al aussi bien pour les dĂ©butants que pour les cultivateurs expĂ©rimentĂ©s souhaitant rapidement complĂ©ter leur rĂ©serve de fleurs aromatiques. Contrairement Ă  de nombreuses sativas exigeantes en espace et en temps, cette automatique pousse de maniĂšre compacte et rapide, sans rien perdre de sa puissance ni de son caractĂšre Ă©nergisant.

Floraison : un festin pour les sens

Le moment le plus excitant du cycle de culture est sans doute le passage en phase de floraison. C’est lĂ  que Mimosa Zkittlez Auto rĂ©vĂšle son vĂ©ritable potentiel. En seulement 9 Ă  11 semaines de cycle de vie, elle se transforme en vĂ©ritable monstre de production florale. La plante se couvre rapidement de tĂȘtes denses et lourdes, littĂ©ralement saturĂ©es de rĂ©sine.

Mais la vĂ©ritable attraction reste son arĂŽme. Une « brise terpĂšnique » de premiĂšre classe vous attend. L’espace de culture se remplit d’un parfum intense d’oranges sucrĂ©es, d’agrumes rafraĂźchissants et d’une lĂ©gĂšre note diesel. Une fragrance qui Ă©voque instantanĂ©ment un cocktail de fruits fraĂźchement pressĂ© par une matinĂ©e ensoleillĂ©e.

Récolte et effets : puissance maximale

Au moment de la rĂ©colte, vous ne serez pas déçu. Avec un rendement potentiel pouvant atteindre 650 g/mÂČ, cette variĂ©tĂ© figure parmi les automatiques les plus productives de notre catalogue. Mais le volume n’est qu’un atout parmi d’autres. Avec un taux de THC atteignant un puissant 24 %, Mimosa Zkittlez Auto offre un effet intense et durable.

L’effet se fait sentir rapidement, avec une forte euphorie qui amĂ©liore immĂ©diatement l’humeur et stimule la crĂ©ativitĂ©. En parallĂšle, l’influence des gĂ©nĂ©tiques Indica procure une dĂ©tente physique agrĂ©able et prolongĂ©e. Un Ă©quilibre idĂ©al : suffisamment stimulant pour un aprĂšs-midi convivial, et assez relaxant pour laisser derriĂšre soi le stress du quotidien.

Conclusion

Mimosa Zkittlez Auto de Ganja Farmer prouve qu’il n’est pas nĂ©cessaire de recourir Ă  des systĂšmes de culture complexes pour obtenir une qualitĂ© supĂ©rieure. Elle est rapide, productive et diffuse un arĂŽme capable de faire saliver tous les amateurs de terpĂšnes. RELEASE THE TERPEN BREEZE

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UN SUCCÈS SOUTERRAIN, LA BASE D’UN RENDEMENT EXPLOSIF !

Les racines d’une plante constituent sans doute la fondation la plus essentielle de sa croissance et de sa floraison. Pourtant, elles reçoivent souvent moins d’attention car elles restent invisibles, dissimulĂ©es sous le substrat. De nombreux cultivateurs considĂšrent encore les racines comme Ă©tant principalement un systĂšme d’ancrage chargĂ© d’absorber l’eau et les nutriments. En rĂ©alitĂ©, leur rĂŽle va bien au-delĂ . Les racines sont le vĂ©ritable centre de rĂ©gulation de la plante. Elles rĂ©agissent en permanence Ă  leur environnement et dĂ©terminent en grande partie la vigueur et la santĂ© globale du vĂ©gĂ©tal.

Si vous souhaitez que vos plantes atteignent pleinement leur potentiel de croissance et de floraison, tout commence sous la surface. Comprendre le fonctionnement des racines et leurs besoins permet d’exploiter toute leur force et d’amĂ©liorer l’équilibre de l’ensemble de la plante.

Les différents types de racines et leurs fonctions

Le systĂšme racinaire du cannabis est plus complexe qu’il n’y paraĂźt. Il se compose de plusieurs Ă©lĂ©ments, chacun ayant un rĂŽle spĂ©cifique.

La racine pivot

La premiÚre racine qui émerge de la graine est la racine pivot. Elle assure la stabilité initiale et constitue la base à partir de laquelle se développent les autres racines. Chez le cannabis, elle est surtout présente durant les premiÚres phases de croissance.

Les racines latérales

Issues de la racine pivot, elles renforcent la stabilitĂ© de la plante et augmentent la surface d’absorption de l’eau et des nutriments. Les poils absorbants

Ces fines structures se dĂ©veloppent Ă  l’extrĂ©mitĂ© des racines principales. Elles assurent l’essentiel de l’absorption hydrique et minĂ©rale et constituent le cƓur fonctionnel du systĂšme racinaire.

Les racines adventives

En cas de blessure ou lors du bouturage, des racines adventives peuvent se former sous l’action d’hormones telles que l’auxine. Ces hormones stimulent la formation de nouvelles racines, permettant Ă  la plante de se rĂ©gĂ©nĂ©rer ou de produire un nouveau plant.

Les racines de réserve

Certaines plantes stockent de l’énergie dans des racines spĂ©cialisĂ©es. Ce n’est gĂ©nĂ©ralement pas le cas du cannabis, dont le systĂšme racinaire est

principalement orientĂ© vers l’absorption et le transport plutĂŽt que vers le stockage.

Les racines aériennes

Dans certaines conditions, des racines peuvent se dĂ©velopper au-dessus du substrat, au contact de l’air. Chez le cannabis, cela reste rare, mais peut apparaĂźtre dans des pots en tissu ou en culture hydroponique, lorsque la plante cherche davantage d’oxygĂšne. Ces racines participent surtout Ă  l’absorption d’oxygĂšne et d’humiditĂ©.

La vie autour des racines

Autour de chaque racine existe un micro-écosystÚme appelé rhizosphÚre. On y trouve bactéries, champignons et autres micro-organismes qui interagissent étroitement avec la plante.

Celle-ci libÚre des sucres par ses racines pour nourrir cette microflore. En échange, les micro-organismes facilitent la disponibilité de certains

Ă©lĂ©ments nutritifs autrement difficiles Ă  assimiler. Plus cette coopĂ©ration fonctionne efficacement, plus la plante se dĂ©veloppe de maniĂšre harmonieuse. Ce phĂ©nomĂšne est connu sous le nom de symbiose rhizosphĂ©rique. Dans des substrats comme la laine de roche, naturellement pauvres en vie microbienne, cette symbiose est limitĂ©e. Le cultivateur doit alors recrĂ©er cet Ă©quilibre, notamment Ă  l’aide de stimulateurs racinaires comme CANNA Rhizotonic, dont le nom fait directement rĂ©fĂ©rence Ă  la rhizosphĂšre et Ă  la stimulation d’une zone racinaire saine.

Les racines, moteur de la plante

Les racines ne se contentent pas d’absorber l’eau et les nutriments. Elles produisent Ă©galement des hormones de croissance qui influencent la vitesse de dĂ©veloppement, la formation des feuilles et la progression de la floraison. Leur activitĂ© conditi-

onne donc l’équilibre gĂ©nĂ©ral de la plante. Elles agissent aussi comme de vĂ©ritables capteurs. HumiditĂ©, tempĂ©rature, oxygĂšne, disponibilitĂ© nutritive : elles enregistrent en permanence les variations de leur environnement et orientent la croissance aĂ©rienne en consĂ©quence. Une croissance ralentie, des feuilles tombantes, des dĂ©colorations ou des extrĂ©mitĂ©s brĂ»lĂ©es sont souvent des signaux d’un systĂšme racinaire perturbĂ©.

Le cannabis se distingue par une croissance racinaire rapide et vigoureuse. Il exploite rapidement l’espace disponible dans le substrat, ce qui le rend particuliĂšrement sensible Ă  la structure du milieu, Ă  l’oxygĂ©nation et Ă  l’équilibre biologique.

Les facteurs déterminants du développement racinaire

Le développement des racines dépend de conditions physiques, chimiques et biologiques étroitement liées.

Conditions physiques

La structure du substrat, son humiditĂ© et sa tempĂ©rature constituent la base d’un systĂšme racinaire sain. Un milieu aĂ©rĂ© est essentiel. Un substrat compact et saturĂ© en eau limite l’oxygĂ©nation et ralentit la croissance. L’excĂšs d’arrosage reste l’une des erreurs les plus frĂ©quentes.

La tempĂ©rature idĂ©ale de la zone racinaire se situe entre 18 et 24 °C. Au-delĂ , l’oxygĂšne disponible diminue et le risque de pathogĂšnes augmente.

Conditions chimiques

L’équilibre nutritif et le pH influencent directement l’absorption. Une fertilisation excessive provoque plus souvent du stress racinaire qu’un gain de rendement. L’accumulation de sels, visible sous forme de dĂ©pĂŽts blanchĂątres, limite Ă©galement l’absorption et nĂ©cessite un rinçage rĂ©gulier.

Conditions biologiques

Une vie microbienne diversifiĂ©e favorise la rĂ©silience du systĂšme racinaire. Les mycorhizes augmentent la surface d’absorption, tandis que les bactĂ©ries bĂ©nĂ©fiques rendent les nutriments plus disponibles. Des enzymes peuvent accĂ©lĂ©rer la dĂ©composition de matiĂšres organiques et amĂ©liorer l’efficacitĂ© globale.

Évaluer la santĂ© des racines

MĂȘme invisibles, les racines envoient des signaux. L’observation de l’eau de drainage, de l’odeur du substrat ou de la vigueur gĂ©nĂ©rale de la plante permet d’évaluer leur Ă©tat.

Des racines saines sont blanches à crÚme clair, bien réparties et abondamment ramifiées. Une

odeur fraßche et neutre indique un environnement équilibré.

À l’inverse, des racines brunes, visqueuses ou malodorantes signalent un dĂ©ficit d’oxygĂšne ou un dĂ©sĂ©quilibre biologique. Ces troubles se rĂ©percutent rapidement sur la croissance aĂ©rienne.

Stress et déséquilibres

Le systĂšme racinaire peut supporter certains stress, notamment lors du rempotage. Mais un substrat trop humide ou trop sec perturbe rapidement son fonctionnement.

Une fertilisation excessive complique l’absorption d’eau, tandis que des carences freinent le dĂ©veloppement.

Les additifs et biostimulants doivent ĂȘtre utilisĂ©s avec discernement. La diversitĂ© microbienne reste l’un des facteurs les plus importants pour la stabilitĂ© et la rĂ©silience de la zone racinaire.

Moins d’intervention, plus de rĂ©sultats

Construire un systÚme racinaire solide ne signifie pas multiplier les produits, mais adopter une approche réfléchie et équilibrée. Stabilité, observation et modération sont les véritables clés.

Ce qui se passe sous terre dĂ©termine la vigueur au-dessus. Un environnement racinaire bien maĂźtrisĂ© assure une croissance uniforme, une meilleure rĂ©sistance et un rendement fiable. Une base solide apporte toujours davantage que l’accumulation continue d’eau, d’engrais et d’additifs. Le vĂ©ritable succĂšs commence lĂ , sous la surface.

sudestfam@protonmail.com

CHOCOLAT MAGIQUE

Comment faire des barres chocolatées psychédéliques?

Les psychonautes et les consommateurs de champignons hallucinogĂšnes du monde entier s’accordent Ă  dire que l’ingestion de ces champignons n’offre pas la mĂȘme expĂ©rience que le trip qu’ils provoquent. En effet, le goĂ»t des champignons psychĂ©dĂ©liques est assez rebutant par la plupart des consommateurs.

Les barres de chocolat infusĂ©es Ă  la psilocybine constituent une alternative idĂ©ale pour consommer des champignons psychĂ©dĂ©liques sans avoir Ă  en subir le goĂ»t. Ces derniĂšres annĂ©es, leur popularitĂ© a explosĂ©, notamment aux États-Unis, oĂč leur illĂ©galitĂ© n’a pas empĂȘchĂ© l’émergence de nombreux producteurs de champignons psychĂ©dĂ©liques et de produits dĂ©rivĂ©s, facilement disponibles mĂȘme dans les bureaux de tabac.

Transformer les champignons psychĂ©dĂ©liques en barres chocolatĂ©e prĂ©sente plusieurs avantages. Pour la plupart des gens, le goĂ»t est meilleur et le dosage plus facile Ă  gĂ©rer, surtout en dehors de chez soi. Les barres de chocolat se conservent plus longtemps, Ă©vitant ainsi l’oxydation des champignons sĂ©chĂ©s mal conservĂ©s. De plus, on peut les enrichir avec d’autres ingrĂ©dients pour amplifier l’expĂ©rience psychĂ©dĂ©lique.

EXTRAIT VS CHAMPIGNONS SÉCHÉS

Pour fabriquer vous-mĂȘmes des barres chocolatĂ©e Ă  la psilocybine, deux mĂ©thodes s’offrent Ă  vous. La premiĂšre utilise des cristaux de psilocybine, une mĂ©thode d’extraction dĂ©jĂ  dĂ©crite dans Soft Secrets sous le titre “ Crystal of the Gods”. La

seconde est plus simple et plus rapide car elle ne nĂ©cessite aucune extraction prĂ©alable de psilocybine: vous utilisez uniquement des champignons sĂ©chĂ©s. Les extraits de psilocybine permettent un dosage plus constant du principe actif dans les barres. Les deux mĂ©thodes diffĂšrent uniquement par l’ingrĂ©dient magique de base, le reste des Ă©tapes est identique.

MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENTS

Voici ce dont vous aurez besoin pour fabriquer des barres psychédéliques:

‱ 200 g de chocolat

‱ 2 g de cristaux de psilocybine (mĂ©thode 1) 15 g de champignons psilocybes sĂ©chĂ©s (mĂ©thode 2)

Balance électronique

‱ Moulin Ă  cafĂ© Ă©lectrique Casserole en pyrex

‱ Casserole en inox

‱ 5 moules à barres de chocolat

‱ Louche

‱ Thermomùtre laser

‱ Couteau

‱ Mortier

Il est recommandĂ© d’utiliser du chocolat de bonne qualitĂ©. De nombreuses tablettes de chocolat haut de gamme sont disponibles Ă  des prix abordables. La quantitĂ© de champignons et de cristaux est indicative et basĂ©e sur la dose moyenne consommĂ©e par les usagers de drogues psychĂ©dĂ©liques. Des moules spĂ©ciaux seront utilisĂ©s pour crĂ©er les tablettes de chocolat. Nous recommandons l’utilisation de moules en silicone alimentaire. La taille des moules utilisĂ©s dans ce procĂ©dĂ© convient Ă  la rĂ©alisation de tablettes d’environ 40 grammes. Les moules peuvent ĂȘtre personnalisĂ©s selon vos goĂ»ts.

Étiquette d’une barre de chocolat psychĂ©dĂ©lique amĂ©ricaine

MÉTHODE

Tout d’abord, prĂ©parez l’ingrĂ©dient magique. La premiĂšre mĂ©thode consiste Ă  utiliser des cristaux

de psilocybine qui doivent ĂȘtre concassĂ©s en petits morceaux Ă  l’aide d’un mortier et d’un pilon. Avec la seconde mĂ©thode, les champignons sĂ©chĂ©s doivent ĂȘtre finement moulus Ă  l’aide d’un moulin Ă  cafĂ© jusqu’à l’obtention d’une poudre fine.

Ensuite, faites fondre le chocolat au bain-marie: coupez-le en petits morceaux Ă  l’aide d’un couteau, remplissez une casserole en inox d’eau et portez Ă  Ă©bullition. Une fois l’eau Ă  Ă©bullition, placez le plat en pyrex Ă  l’intĂ©rieur, en veillant Ă  ce que l’eau ne dĂ©borde pas. Enfin, ajoutez les pĂ©pites de chocolat. Attendez quelques minutes que le chocolat fonde, puis remuez avec une spatule pour Ă©viter qu’il ne brĂ»le, jusqu’à ce qu’il soit complĂštement fondu. Éteignez le feu et laissez le chocolat refroidir. ContrĂŽlez la tempĂ©rature avec un thermomĂštre laser. Lorsqu’elle atteint environ 35 °C, ajoutez l’ingrĂ©dient spĂ©cial.

Selon la mĂ©thode utilisĂ©e, versez les cristaux ou la poudre de champignons dans le chocolat fondu et mĂ©langez bien avec une spatule pendant quelques minutes, jusqu’à obtenir une consistance lisse. Versez le mĂ©lange de chocolat et de psilocybine dans les moules pour former les barres, en dosant selon les quantitĂ©s souhaitĂ©es Ă  l’aide d’une balance Ă©lectronique.

Enfin, placez les moules au réfrigérateur pendant environ 24 heures pour que le mélange se solidifie complÚtement et que vous puissiez démouler les barres de chocolat psychédéliques à base de psilocybine.

DOSAGE

Ce procĂ©dĂ© permet de rĂ©aliser cinq barres de chocolat de 40 grammes chacune. Chaque barre est conçue pour ĂȘtre consommĂ©e par deux personnes ; la dose par personne est donc d’une demi-barre. Comme il est impossible de dĂ©terminer avec prĂ©cision la quantitĂ© d’alcaloĂŻdes prĂ©sents dans chaque champignon chez soi, il est fortement recommandĂ© de commencer par de petites doses et de les augmenter progressivement en fonction des effets recherchĂ©s.

CONSERVATION ET SÉCURITÉ

Les tablettes de chocolat se conservent facilement dans du papier aluminium, à température ambiante, dans un endroit frais et sec, comme la plupart des aliments. Il est important de conserver le chocolat en lieu sûr, et surtout hors de portée des enfants. Une tablette de chocolat pourrait induire en erreur et amener une personne à consommer, à son insu, des substances psychédéliques.

Aux États-Unis, de nombreux cas d’intoxication accidentelle de mineurs par des produits comestibles contenant des stupĂ©fiants ont Ă©tĂ© recensĂ©s ; la plus grande prudence est donc de mise.

Botanique

RĂ©sistance variĂ©tale : l’avenir du cannabis face au HLVd

Le Hop latent viroid disease (HLVd) s’est imposĂ© en quelques annĂ©es comme l’un des principaux dĂ©fis phytosanitaires dans nos cultures. Contrairement Ă  un virus, le viroĂŻde n’est pas une particule enveloppĂ©e, mais un simple ARN circulaire de trĂšs petite taille, dĂ©pourvu de barriĂšre protectrice (la capside). Il est donc entiĂšrement dĂ©pendant de la machinerie cellulaire de la plante qu’il infecte. Cette simplicitĂ© contribue Ă  sa discrĂ©tion : l’infection peut rester asymptomatique pendant une pĂ©riode prolongĂ©e, facilitant sa diffusion silencieuse, notamment dans les systĂšmes clonaux intensifs.

La revue HLV: A Hidden Threat to the Cannabis Industry, (2023), prĂ©sente le HLVd comme une menace Ă©mergente majeure pour la filiĂšre. Les pertes de rendement, la diminution de la vigueur vĂ©gĂ©tative et l’altĂ©ration de la qualitĂ© florale sont des consĂ©quences frĂ©quentes, mais variables. Cette variabilitĂ© a nourri une question centrale : certains cultivars seraient-ils rĂ©sistants au HLVd ?

Les Ă©tudes expĂ©rimentales montrent que l’impact du HLVd varie sensiblement selon les cultivars de cannabis. Les travaux expĂ©rimentaux les plus solides proviennent des recherches menĂ©es par le phytopathologiste Zamir K. Punja. Dans une Ă©tude publiĂ©e en 2024 dans le Canadian Journal of Plant Pathology, son Ă©quipe a analysĂ© la relation entre infection confirmĂ©e par RT-qPCR et performances agronomiques. Les rĂ©sultats montrent une corrĂ©lation claire entre prĂ©sence du viroĂŻde et pertes mesurables. Toutefois, l’intensitĂ© de ces pertes varie sensiblement selon les gĂ©notypes en culture. Certaines lignĂ©es prĂ©sentent une rĂ©duction marquĂ©e du rendement et une dĂ©gradation rapide des plantes mĂšres. D’autres, bien que testĂ©es positives, conservent une productivitĂ© relativement stable et n’expriment que des symptĂŽmes discrets.

Cette hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© constitue un point essentiel : la rĂ©ponse au HLVd n’est pas uniforme selon les phĂ©notypes ou gĂ©nĂ©tiques ! Il est cependant crucial de distinguer deux concepts. La rĂ©sistance implique que la plante empĂȘche l’établissement ou limite fortement la rĂ©plication du pathogĂšne. La tolĂ©rance, en revanche, signifie que l’infection est bien prĂ©sente, mais que l’impact physiologique demeure limitĂ©. Les donnĂ©es actuellement publiĂ©es soutiennent clairement l’existence d’une variabilitĂ© de tolĂ©rance. En revanche, aucune dĂ©monstration d’une rĂ©sistance stricte, au sens phytopathologique, n’a encore Ă©tĂ© apportĂ©e.

Les travaux complĂ©mentaires publiĂ©s en 2025 dans la revue Plants confirment cette lecture. Ils montrent que la dynamique d’infection et la distribution tissulaire du viroĂŻde peuvent

varier selon le gĂ©notype, renforçant l’idĂ©e d’une interaction hĂŽte-pathogĂšne dĂ©pendante de la gĂ©nĂ©tique.

La perception d’une rĂ©sistance variĂ©tale dĂ©pend fortement des modalitĂ©s de transmission et du niveau de pression infectieuse. Le HLVd se transmet principalement par multiplication clonale et par voie mĂ©canique. Les outils de taille, les manipulations rĂ©pĂ©tĂ©es et certains systĂšmes hydroponiques favorisent sa propagation lorsque les protocoles sanitaires sont insuffisants. Les travaux de Punja & co. soulignent que le viroĂŻde, bien que relativement stable, reste sensible Ă  des procĂ©dures de dĂ©sinfection adaptĂ©es. L’usage d’hypochlorite de sodium (eau de javel) correctement dosĂ© permet de rĂ©duire significativement la transmission via les surfaces et les instruments. Dans un environnement oĂč la pression infectieuse est maĂźtrisĂ©e, un cultivar peut apparaĂźtre plus stable simplement parce qu’il est moins exposĂ© ou contaminĂ© plus tardivement.

Des approches expĂ©rimentales comparatives ont mis en Ă©vidence des diffĂ©rences mesurables entre cultivars face au HLVd. Une avancĂ©e notable dans l’analyse de la variabilitĂ© gĂ©nĂ©tique provient d’une Ă©tude publiĂ©e en 2025 dans Plant Cell, Tissue and Organ Culture par Torres et co. Les chercheurs y ont Ă©valuĂ© l’élimination du HLVd par thermothĂ©rapie (technique d’assainissement par exposition Ă  haute tempĂ©rature) et culture de mĂ©ristĂšme sur un panel de treize cultivars distincts (cf pic2).

Les chercheurs ont Ă©valuĂ© l’élimination du HLVd par thermothĂ©rapie (technique d’assainissement par exposition Ă  haute tempĂ©rature) et culture de mĂ©ristĂšme.

Le protocole, combinant traitement thermique, rĂ©gĂ©nĂ©ration in vitro et suivi molĂ©culaire, a rĂ©vĂ©lĂ© des taux d’assainissement variables selon les cultivars. Certains gĂ©notypes prĂ©sentaient une Ă©limination plus frĂ©quente du viroĂŻde aprĂšs traitement, tandis que d’autres conservaient une charge dĂ©tectable malgrĂ© des conditions identiques. L’étude incluait Ă©galement une analyse transcriptomique (Ă©tude de l’ensemble des ARN), suggĂ©rant que des diffĂ©rences d’expression gĂ©nĂ©tiques pourraient influencer la capacitĂ© de la plante Ă  limiter la persistance du viroĂŻde.

Ces rĂ©sultats confirment l’existence d’une interaction biologique diffĂ©renciĂ©e entre le HLVd et ses hĂŽtes. Ils ne dĂ©montrent toutefois pas qu’un cultivar puisse empĂȘcher l’infection initiale en conditions naturelles. L’expĂ©rience porte sur la capacitĂ© d’éradication aprĂšs infection confirmĂ©e, non sur l’immunitĂ© prĂ©alable.

Les données scientifiques disponibles montrent que la variabilité génétique dans la réponse au HLVd est réelle, ce qui en précise les limites en matiÚre de résistance.

Certains cultivars semblent mieux maintenir leurs performances malgrĂ© l’infection, et des diffĂ©rences mesurables existent dans la dynamique interne du viroĂŻde. Cependant, parler de rĂ©sistance au sens strict reste prĂ©maturĂ©. Aucune Ă©tude publiĂ©e n’a encore dĂ©montrĂ© qu’un cultivar commercial empĂȘche systĂ©matiquement l’établissement ou la rĂ©plication du

HLVd aprĂšs exposition contrĂŽlĂ©e. Le terme le plus appropriĂ©, Ă  ce stade, est celui de tolĂ©rance diffĂ©rentielle. Cette nuance n’est pas anodine. Elle implique que la gestion du HLVd repose autant sur des pratiques sanitaires rigoureuses que sur la sĂ©lection gĂ©nĂ©tique. À mesure que les outils molĂ©culaires et les approches transcriptomiques se dĂ©veloppent, il deviendra possible d’identifier plus prĂ©cisĂ©ment les mĂ©canismes impliquĂ©s et, peut-ĂȘtre, d’orienter la sĂ©lection vers des profils plus robustes.

Pour l’instant, la “rĂ©sistance variĂ©tale” relĂšve donc davantage d’une hypothĂšse en construction que d’un fait Ă©tabli. La prudence scientifique invite Ă  reconnaĂźtre les diffĂ©rences observĂ©es, tout en Ă©vitant d’attribuer trop rapidement Ă  certaines gĂ©nĂ©tiques un statut qu’aucune preuve expĂ©rimentale dĂ©finitive ne vient encore confirmer.

Culture tissulaire de plants de cannabis.

Saison 2026

QUELS SONT LES MEILLEURS POTS POUR PLANTER DU CANNABIS À L’EXTÉRIEUR?

Le printemps approche Ă  grands pas et c’est le moment idĂ©al pour penser Ă  vos cultures en plein air. Cultiver Ă  l’extĂ©rieur est un processus long qui dure plus de six mois et offrir Ă  vos plantes le meilleur dĂ©part possible, vous permettra d’obtenir une rĂ©colte abondante.

Dans cet article, je vous explique quels pots sont les mieux adaptĂ©s Ă  la culture en plein air et je dĂ©taille les avantages et les inconvĂ©nients de chacun d’eux afin de vous guider et de garantir le succĂšs de votre projet!

LES

DIFFÉRENTS TYPES DE POTS

Si vous dĂ©butez dans la culture du cannabis, vous ignorez peut-ĂȘtre l’importance d’utiliser des pots de qualitĂ©. De nombreuses options s’offrent Ă  vous: plastique, feutre, terre cuite, etc., comme nous le verrons ci-dessous.

POTS EN PLASTIQUE

Ce sont les pots les plus couramment utilisĂ©s car ils sont Ă©conomiques, disponibles sous toutes les formes et dans toutes les tailles, faciles Ă  trouver en magasin et en ligne, et trĂšs rĂ©sistants. Les pots en plastique sont parfaits Ă  condition d’ĂȘtre bien entretenus et correctement rangĂ©s quand ils ne sont pas utilisĂ©s.

Les avantages:

‱ Les petits pots, peu coĂ»teux Ă  l’achat, sont idĂ©aux pour dĂ©marrer les semis.

‱ Les pots en plastique existent en diffĂ©rentes formats de 0,25 L Ă  50 L, offrant ainsi un large choix aux cultivateurs.

‱ Ces pots sont lavables et rĂ©utilisables aprĂšs chaque rĂ©colte.

‱ On les trouve facilement dans les jardineries.

Les inconvénients:

‱ Certains pots sont fabriquĂ©s dans un plastique fin et cassant.

‱ Les pots en plastique peuvent chauffer au soleil et entraüner une surchauffe de la zone racinaire.

‱ Les plantes de cannabis ont tendance Ă  ĂȘtre Ă  l’étroit dans les pots en plastique.

‱ Les grands pots peuvent ĂȘtre chers, surtout en jardinerie.

POTS EN FEUTRE

Ma mĂ©thode prĂ©fĂ©rĂ©e pour cultiver du cannabis est d’utiliser des pots en feutre. L’avantage des pots en feutre est qu’ils laissent passer l’air. Les racines de la plante bĂ©nĂ©ficient ainsi d’une bonne oxygĂ©nation et peuvent se dĂ©velopper de maniĂšre optimale, ce qui permet une augmentation significative de la masse racinaire.

Les avantages:

‱ Les plantes de cannabis taillĂ©es Ă  l’air libre prĂ©sentent toujours un systĂšme racinaire plus dĂ©veloppĂ©.

‱ Les rendements peuvent ĂȘtre considĂ©rablement augmentĂ©s grĂące Ă  l’utilisation de pots en feutre.

‱ Les plantes de cannabis ont assez d’espace pour s’enraciner dans les pots en feutre.

‱ Les plantes dĂ©veloppent une tige plus Ă©paisse et plus robuste.

Les inconvénients:

‱ Les pots en feutre sont plus chers que les pots en plastique.

‱ Les pots sans poignĂ©es peuvent ĂȘtre difficiles Ă  dĂ©placer.

‱ Il est impĂ©ratif de rempoter les plantes en laissant le pot en feutre en place.

‱ Une commande importante de pots en feutre peut dĂ©passer le budget de la plupart des cultivateurs.

SEAUX EN PLASTIQUE

Au fil du temps, j’ai vu des cultivateurs utiliser des seaux en plastique percĂ©s au fond pour leurs plantes. Si vous prĂ©voyez de cultiver seulement une ou deux plantes et que cela vous Ă©vite d’acheter des pots, un seau peut convenir.

Les avantages:

‱ Les seaux sont munis de poignĂ©es, ce qui facilite leur transport.

‱ Les grands seaux de 30 litres et plus permettent d’obtenir des plantes d’extĂ©rieur de grande taille.

‱ Les seaux sont disponibles en blanc, ce qui les rend idĂ©aux pour la culture outdoor.

Les inconvénients:

‱ Les plantes risquent d’ĂȘtre Ă  l’étroit dans un seau trop petit.

‱ Percer des trous au fond peut s’avĂ©rer peu

pratique.

‱ Les bacs en plastique exposĂ©s aux variations de tempĂ©rature se fragilisent.

POTS EN TERRE CUITE

Vous possĂ©dez peut-ĂȘtre de jolis pots en terre cuite pour vos plantes d’intĂ©rieur ou de votre jardin. Ces pots sont trĂšs dĂ©coratifs et se dĂ©clinent en diffĂ©rentes tailles, couleurs et formes. Cependant, pour la culture du cannabis, ils ne constituent pas la meilleure option.

Les avantages:

‱ Les pots en terre cuite sont robustes, lourds et difficiles à renverser.

‱ On peut s’en procurer dans les jardineries ou les magasins de bricolage.

‱ Ils se rĂ©chauffent et conservent facilement la chaleur au soleil.

Les inconvénients :

‱ Les pots en terre cuite peuvent se briser en morceaux sous une force excessive.

‱ Le poids des pots en terre cuite quand la terre est humide peut ĂȘtre trĂšs important.

‱ Ils n’offrent pas une bonne oxygĂ©nation de la zone racinaire.

‱ Le drainage se limite gĂ©nĂ©ralement Ă  un seul trou de 20 mm.

‱ Les pots en terre cuite peuvent devenir froids pendant les mois les plus frais.

ET LA PLANTATION EN PLEINE TERRE?

Planter vos jeunes plants directement en pleine terre est une autre mĂ©thode pour obtenir des plantes de cannabis robustes. Certains cultivateurs utilisent le mĂȘme emplacement extĂ©rieur chaque annĂ©e. Il est important de veiller Ă  ce que le sol soit riche, bien drainĂ© et retienne bien l’eau.

Les avantages:

‱ Les plantes d’extĂ©rieur peuvent atteindre une taille imposante lorsqu’elles sont plantĂ©es en pleine terre.

‱ Cela permet d’économiser l’achat de pots et de terreau.

‱ L’ajout d’amendements organiques au sol est simple et Ă©conomique.

Les inconvénients:

‱ Un sol argileux peut entraver le dĂ©veloppement des racines.

‱ Le sol peut contenir des agents pathogùnes et des maladies transmises par le sol.

‱ Des parasites prĂ©sents dans le sol peuvent s’attaquer Ă  vos plantes.

‱ Les plantes en pleine terre sont plus vulnĂ©rables aux limaces et aux escargots.

Les pots en plastique peuvent ĂȘtre rangĂ©s et rĂ©utilisĂ©s chaque annĂ©e. Ce cultivateur utilise des pots en feutre de 30 L comme pots dĂ©finitifs.

Interview

Jean-Pierre Galland : « Nous Ă©tions persuadĂ©s qu’en l’an 2000, la prohibition ne serait plus qu’un mauvais souvenir »

Jean-Pierre Galland est l’une des personnalitĂ©s cannabiques les plus connues en France. Il y a plus de trente ans, JPG a publiĂ© un livre rĂ©volutionnaire appelĂ© FumĂ©e Clandestine. Il est l’un des fondateurs du CIRC (Collectif d’information et de recherche cannabique) avec lequel il a menĂ© des actions spectaculaires dans les annĂ©es 90. En 2026, 13 ans aprĂšs sa derniĂšre interview, Jean-Pierre Galland est de retour dans Soft Secrets France.

SSFR : Avant de commencer Ă  Ă©crire sur le cannabis, tu avais publiĂ© plusieurs livres. Quels Ă©taient les Ă©crivains qui t’ont influencĂ© Ă  l’époque ?

Jean-Pierre Galland : J’ai Ă©crit des polars, et quelques autres ouvrages que j’ai vite oubliĂ©s. J’ai toujours aimĂ© lire et j’ai Ă©tĂ© initiĂ© dans ma jeunesse par mon pĂšre qui avait dans sa bibliothĂšque tous les prix Nobel de littĂ©rature.

J’ai Ă©tĂ© influencĂ© par la lecture dans le dĂ©sordre de Knut Hamsun, Hermann Hesse, Gabriel Garcia Marquez, John Steinbeck, Mario Vargas Llosa, Ernest Hemingway, William Faulkner
 Mais aussi par les auteurs amĂ©ricains de romans policiers style Dashiell Hammett ou Raymond Chandler.

Combien de livres as-tu publié au total ?

Pas beaucoup, quatre romans policiers si je ne me trompe et six ouvrages illustrĂ©s consacrĂ©s au cannabis dans tous ses Ă©tats. Mon prĂ©fĂ©rĂ© « J’attends une rĂ©colte ». Quant aux romans, je les ai reniĂ©s Ă  l’exception de « Comme un vĂ©lo rouge », une parodie de polar avec des personnages dĂ©lirants qui se croisent et s’entrecroisent et finissent par se rencontrer.

Est-ce que tu continues d’écrire ?

Quand j’étais jeune, je rĂȘvais de devenir Ă©crivain, mais je me suis vite rendu compte que je ne le serai jamais. A part quelques rares textes sur le cannabis, je n’écris plus. AprĂšs un cancer « chopĂ© » en 2013, et aujourd’hui en rĂ©mission, j’ai l’impression d’avoir perdu un tas de neurones Ă  cause des chimios Ă  rĂ©pĂ©tition.

En 1991, tu as sorti un livre révolutionnaire, presque une encyclopédie du cannabis, «

FumĂ©e Clandestine » Comment as-tu eu l’idĂ©e d’écrire ce livre ?

Est-ce que je vous dis la vĂ©ritĂ©, toute la vĂ©ritĂ© ? Pourquoi pas d’autant plus qu’il y a prescription. Le jour oĂč j’ai fumĂ© mon premier joint, j‘ai arrĂȘtĂ© de boire immĂ©diatement de l’alcool, Je venais de dĂ©couvrir ma drogue. Et parce que la littĂ©rature ne nourrit pas son homme, je ravitaillais mes amis en haschich, du « bordeur pakistanais » Ă  l’époque.

Mais voilĂ  que ma copine est enceinte. Je dĂ©cide alors de mettre un terme Ă  mes activitĂ©s dĂ©linquantes et de passer de la pratique Ă  la thĂ©orie
 Je dĂ©couvrirai bientĂŽt qu’il est plus dangereux de parler du cannabis que d’en procurer Ă  ses amis. C’est vrai que « FumĂ©e clandestine » est devenu en quelques mois un Ă©tendard pour les partisans de la lĂ©galisation et a participĂ© au succĂšs de librairie de l’ouvrage.

A l’époque, il n’y avait bien sĂ»r pas d’internet. Comment as-tu pu trouver les infos et les documents pour Ă©crire le livre ?

J’ai beaucoup frĂ©quentĂ© le service des archives de LibĂ©ration, le seul journal Ă  rendre compte de l’actualitĂ© cannabique. C’était l’époque des procĂšs retentissants avec un grand nombre de prĂ©venus. En 1979, la France dĂ©couvre que le cannabis est partout et il fait la Une de la presse. « Drogue, les parents ont raison d’avoir peur » Ă©crit le Figaro. Quant Ă  Ici Paris, il titre : « H Connection au collĂšge ». Les grands titres et les procĂšs spectaculaires se multiplient dans tout l’hexagone.

A Montpellier ou encore Ă  Rennes sont créés les Calumed ou si vous prĂ©fĂ©rez les « ComitĂ©s d’Action pour la libĂ©ralisation de l’usage de marijuana et de ses dĂ©rivĂ©s ». GrĂące Ă  Christop-

he Gourmand, l’instigateur des Calumed Ă  qui je rends visite, je rĂ©cupĂšre de la documentation. Il m’a fallu un an de dur labeur, des nuits angoissantes sur l’ordinateur que me prĂȘtait des amis, des textes perdus Ă  jamais pour enfin remettre le manuscrit de « FumĂ©e clandestine ». Comme je l’ai dit, Ă©crire ce livre ce fut comme gravir l’Himalaya chaussĂ© de tongs
 En tout cas, merci Ă  toutes celles et ceux qui m’ont aidĂ© et soutenu au cours de cette Ă©bouriffante aventure.

La weed était elle meilleure ou moins bonne dans les années 90 ?

Je n’en pense pas grand-chose, il y a tellement

de variĂ©tĂ©s de cannabis qu’on s’y perd. Je fais confiance aux copains qui chaque annĂ©e m’offre des boutures. Un des arguments des prohibitionnistes, c’est que l’herbe des annĂ©es 90, Ă©tait moins forte que l’herbe actuelle qui dĂ©passe les 20% de THC. C’est un argument fallacieux, je me souviens avoir pris de « bonnes claques » avec de la beuh africaine.

Durant les derniÚres décennies, la consommation de cannabis a augmenté et la répression aussi. Mais il y a trÚs peu de militants pour la légalisation. Comment expliquer cette situation ?

Le char du Circ pour la Marche mondiale du cannabis de 1999.

Le cannabis, au fil des années est devenu populaire dans toutes les générations. Alors que presque tous les responsables politiques et autres experts officiels présentent le cannabis comme le fléau de la jeunesse, en témoigne les discours violents de Darmanin, Retailleau et quelques hurluberlus conservateurs.

A partir de 1997, les activistes du Circ, au nom de la rĂ©duction des risques, ont encouragĂ© les cannabinophiles Ă  produire leur propre consommation. Or comme dit l’adage « pour vivre heureux, vivons cachĂ©s » et les adhĂ©rents ont Ă©tĂ© nombreux Ă  dĂ©serter l’association. Et puis, la rĂ©pression de plus en plus stigmatisante au fil des annĂ©es, a freinĂ© les ardeurs militantes.

Dans les années 90, vous arriviez à mobiliser plusieurs milliers de personnes pour vos événements cannabiques. A présent, peu de gens se déplacent


A partir de 1993, les Circ fleurissent en rĂ©gion et les adhĂ©rents se multiplient. C’était une Ă©poque oĂč nous disposions d’une vraie force militante que nous mettions Ă  la disposition des Circs en rĂ©gion. Lors de « l’Appel du 18 joint », nous arrivions Ă  mobiliser sur les pelouses du parc de La Villette, de 2000 personnes. AprĂšs l’élection prĂ©sidentielle de 2002, les associations militantes nĂ©es dans les annĂ©es 90, sont fatiguĂ©es de prendre des risques pour des clopinettes. Les Circs en rĂ©gion capitulent les uns aprĂšs les autres (ne reste plus que le Circ Lyon).

Quant au Circ Paris, il ne dispose plus du soutien financier des Ă©ditions du LĂ©zard. Seul l’Appel du 18 joint et la Cannaparade attirent encore les amateurs de cannabis. Ce qui peut-ĂȘtre mobiliserait Ă  nouveau les amateurs, c’est que nous organisions une Cannabis Cup, mais nous n’avons ni la force, ni les moyens de notre politique.

Que penses-tu des associations antiprohibitionnistes actuelles comme NORML Police Contre la Prohibition ou Cannabis Sans FrontiĂšres ?

Elles partagent les mĂȘmes constats que le Circ sur l’échec de la prohibition et prĂ©conisent, comme le Circ, la dĂ©pĂ©nalisation de l’usage de

toutes les drogues, la lĂ©galisation de la production, de la distribution et de l’usage du cannabis.

Ce qui nous diffĂšre, c’est que les activistes du Circ revendiquent leur usage de cannabis et ne se contentent pas de produire des tracts, par ailleurs intĂ©ressants. Ils agissent, ils interpellent les politiques, ils provoquent les responsables les obligeant Ă  ouvrir le dĂ©bat. Au fil des ans, nous avons compris que les usagers, souvent dĂ©considĂ©rĂ©s, Ă©taient des experts et que la lĂ©galisation ne se ferait pas sans eux.

Ces derniĂšres annĂ©es, tu as participĂ© Ă  quelques manifestations. En mai 2025, le CIRC et d’autres associations ont organisĂ© un rassemblement Ă  Paris pour la Marche mondiale du cannabis. L’évĂ©nement a Ă©tĂ© trĂšs bien organisĂ© par Dominique Broc, le porte-parole du CIRC, mais il n y a pas eu suffisamment de monde. Avez-vous Ă©tĂ© déçus, voire mĂȘme dĂ©couragĂ©s ?

Avec Dominique Broc et quelques autres, nous avons jetĂ© toutes nos forces dans la bataille afin d’organiser le 5 mai 2025 un rassemblement place de la RĂ©publique devant une foule parsemĂ©e malgrĂ© la prĂ©sence d’Eric Coquerel, dĂ©putĂ© LFI et auteur d‘un projet de loi dĂ©posĂ© au Parlement.

Je voudrais profiter de l’espace qui m’est donnĂ© pour remercier sincĂšrement Dominique qui s’est beaucoup investi dans l’évĂšnement en pure perte, la majoritĂ© des associations que nous avons invitĂ©es Ă  prendre la parole pour redire l’urgence de lĂ©galiser le cannabis n’ayant pas rĂ©pondu Ă  nos sollicitations. Comment ne pas ĂȘtre déçu aprĂšs tant d’efforts consentis ?

Comment vois-tu l’avenir du CIRC ?

En 1991 lorsque nous avons créé le Circ, nous Ă©tions persuadĂ©s qu’en l’an 2000, la prohibition ne serait plus qu’un mauvais souvenir . En 2026, alors que le gouvernement s’en prend aux consommateurs de cannabis accusĂ©s injustement d’ĂȘtre les complices des trafiquants, que la rĂ©pression, 290 000 interpellations l’annĂ©e derniĂšre, est en hausse constante, que les flics sont en embuscade au bord des routes, que Darmanin rĂ©pĂšte sur tous les tons qu’on ne va

pas « lĂ©galiser cette merde », autant de signes que ce n’est pas demain la veille qu’on va rendre accessible une plante dont les vertus sont reconnues par de nombreux pays dans le monde.

Mais, comme l’a Ă©crit Georges Apap, procureur et parrain du Circ, « Il faut ĂȘtre optimiste, car l’histoire dĂ©montre que les abolitionnistes ont toujours triomphĂ©, et que chacun de ses triomphes a contribuĂ© , lentement mais concrĂštement , au progrĂšs de l’humanitĂ© ».

En 2013 , tu as sorti le tome 1 de « 40 ans de malentendus », un livre assez dense et Ă©pais, une sorte d’histoire de la prohibition du cannabis et de l’anti prohibitionnisme en France avec la reproduction de nombreux documents. Le tome 2 est sorti quelques annĂ©es plus tard mais le Tome 3 n’est jamais paru
.

Tout d’abord, je voudrais dire que je suis trĂšs fier de ses deux premiers tomes de « Cannabis, 40 ans de malentendus » Ă©crit dans la tourmente. On dĂ©couvre au fil des pages une grande partie en mots et en images de la petite et la grande histoire du cannabis.

Il n’y aura pas de troisiĂšme et dernier tome parce que Trouble-FĂȘte, la maison d’édition que j’ai créé avec quelques amis pour fĂȘter l’an

2000 n’est plus, que je n’ai pas trouvĂ© le temps et l’énergie pour collecter les documents


Penses-tu que le cannabis sera un jour légalisé en France ?

Oui, un jour, bientĂŽt j’espĂšre, le mur de la prohibition minĂ© de l’intĂ©rieur va s’écrouler, le lĂ©gislateur admettra enfin que la prohibition est un Ă©chec et qu’il faut changer radicalement de politique


Mais je ne suis pas certain, vu mon grand Ăąge, qu’un jour j’allumerais mon pĂ©tard Ă  la terrasse d’un cannabistrot.

AprĂšs avoir longtemps habitĂ© Paris, tu t’es retirĂ© Ă  la campagne. L’agitation de la capitale ne te manque pas trop ? Quelles sont tes activitĂ©s ?

Ah Paris ! Bien sĂ»r qu’il me manque, mais comme tant d’autres j’ai Ă©tĂ© obligĂ© de le quitter pour des raisons financiĂšres, dans le sud d’abord, puis dans les Deux SĂšvres ensuite.

Comme tant d’autres de ma gĂ©nĂ©ration, je cultive mon jardin, je promĂšne mes chiens, je lis Ă  l’ombre de mes plants de beuh, je regarde trop les mĂ©dias alternatifs et j’angoisse en pensant Ă  la sociĂ©tĂ© qu’on prĂ©pare Ă  mon petit fils.

Jean-Pierre Galland dĂ©guisĂ© en douanier pour le tournage d’un film qui n’est jamais sorti.

L’autre

plante du mois

Le micocoulier, arbre sacré et utilitaire : un cousin méconnu du cannabis

Il y a quelques annĂ©es, dans un champ de cannabis, je rencontrai un passionnĂ© revenu de Humboldt. Il tenait une canne façonnĂ©e Ă  partir d’un pied de cannabis particuliĂšrement vigoureux, et rĂ©vĂ©lant un bois insoupçonnĂ©. Pourquoi cette plante est-elle si rarement envisagĂ©e comme matĂ©riau d’outillage ? A L’inverse, un de ses cousins botanique mĂ©connus est depuis longtemps utilisĂ© dans la fabrication d’outils pour la qualitĂ© de son bois. Le micocoulier de Provence, baptisĂ© Celtis australis par le botaniste suĂ©dois Carl von LinnĂ© en 1753, est un arbre caduc caractĂ©ristique du bassin mĂ©diterranĂ©en. Il peut atteindre 30 mĂštres de hauteur et vivre 600 ans. Son nom associe racines latines et grecques : australis, dĂ©rivĂ© d’Auster (vent du sud), renvoie Ă  son implantation mĂ©ridionale. Le terme “micocoulier”, est quant Ă  lui issu du grec mikrokouli “petite baie”, en rĂ©fĂ©rence Ă  son fruit, la micocoule.

Longtemps classĂ© dans la famille des Celtidaceae, le genre Celtis est pourtant aujourd’hui intĂ©grĂ© aux Cannabaceae Ă  la suite d’analyses phylogĂ©nĂ©tiques molĂ©culaires (Sytsma et al., 2002 ; Yang et al., 2013 ; APG IV, 201). Cette reclassification a profondĂ©ment modifiĂ© la comprĂ©hension Ă©volutive du groupe, qui comprend dĂ©sormais des plantes annuelles comme Cannabis, des lianes comme Humulus et des arbres ligneux producteurs de bois comme Celtis. L’étude de Celtis australis permet ainsi d’articuler Ă©cologie, usages traditionnels et histoire Ă©volutive autour d’un ancĂȘtre commun. Le micocoulier est investi d’une dimension symbolique et sacrĂ©e depuis l’AntiquitĂ©. Dans

le Midi, il Ă©tait associĂ© aux Celtes austraux et plantĂ© sur des lieux de culte. Cette portĂ©e symbolique, maintenue Ă  l’époque chrĂ©tienne par sa plantation prĂšs des Ă©glises et le long des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle pour conjurer le mal, entraĂźna nĂ©anmoins son abattage massif durant la RĂ©volution en raison de son lien avec le clergĂ©. Dans l’ensemble du bassin mĂ©diterranĂ©en français, du Languedoc oriental Ă  la Provence, et notamment autour de NĂźmes, l’espĂšce fut largement plantĂ©e comme arbre d’ombrage et d’alignement. Cette prĂ©sence particuliĂšrement dense dans le sud-est de la France explique l’appellation “micocoulier de Provence”. Le

micocoulier se reconnaĂźt Ă  ses feuilles ovales, dentĂ©es dans leur moitiĂ© supĂ©rieure. Autrefois utilisĂ©es comme fourrage, leur surface rugueuse explique l’appellation anglaise “European nettle tree”. Son tronc gris cendrĂ© prĂ©sente une Ă©corce relativement lisse et rĂ©guliĂšre, qui se fissure modĂ©rĂ©ment avec l’ñge, conservant un aspect stable et garantissant une meilleure rĂ©sistance face aux parasites en comparaison avec de nombreux arbres mĂ©diterranĂ©ens. Ses fleurs, majoritairement hermaphrodites, sont pollinisĂ©es par le vent et les insectes.

Les fruits, mĂ»rs en septembre et persistants jusqu’en hiver, ressemblent Ă  de petites cerises noires. Leur pulpe Ă©tait consommĂ©e fraĂźche, en confiture ou en liqueur, tandis que le noyau pressĂ© fournissait une huile douce utilisĂ©e pour l’éclairage. Les jeunes feuilles et bourgeons, au goĂ»t lĂ©gĂšrement noisettĂ©, Ă©taient Ă©galement largement consommĂ©es. Le micocoulier est

et de cravaches. Sa ramification caractĂ©ristique facilitait en particulier la confection de fourches Ă  trois dents. À Sauve, dans le Gard, cette production spĂ©cialisĂ©e a durablement marquĂ© l’économie locale et demeure aujourd’hui un Ă©lĂ©ment du patrimoine artisanal rĂ©gional. Cependant, rĂ©duire le micocoulier Ă  ses seules qualitĂ©s morphologiques et Ă  ses usages traditionnels serait incomplet. Au-delĂ  de son ancrage culturel et utilitaire, il s’inscrit dans une histoire Ă©volutive plus vaste, que les outils de la biologie moderne ont permis de reconstituer avec prĂ©cision.

Phylogénie et signification évolutive

Avant la biologie molĂ©culaire, Celtis Ă©tait rattachĂ© aux Ulmaceae sur des critĂšres morphologiques. Les analyses d’ADN menĂ©es depuis les annĂ©es 1990 ont rĂ©visĂ© cette classification : les

notamment la plante hÎte du papillon Libythea celtis, observé dans le sud de la France, en particulier dans le Var. Ses fruits nourrissent de nombreux oiseaux, qui assurent en retour la dispersion des graines.

À ce titre, l’arbre participe activement Ă  la dynamique et Ă  la rĂ©gĂ©nĂ©ration des Ă©cosystĂšmes locaux. RĂ©sistant Ă  la sĂ©cheresse, aux sols calcaires et Ă  la pollution urbaine, le micocoulier constitue une alternative au platane, fragilisĂ© par le chancre colorĂ©, et s’impose comme une essence d’avenir pour les paysages mĂ©diterranĂ©ens.

Son bois, clair et durable, ainsi que ses rameaux naturellement flexibles, ont donnĂ© lieu Ă  de nombreux usages artisanaux. L’écorce, riche en tanins, Ă©tait employĂ©e en teinture et en tannerie. Le bois servait Ă  la fabrication d’urnes funĂ©raires, d’outils agricoles, de piĂšces de traction animale, d’avirons, ainsi que de fouets

Cannabaceae regroupent des herbes annuelles comme Cannabis, des lianes comme Humulus et des arbres comme Celtis, tous issus d’un ancĂȘtre commun (Sytsma et al. 2002, Yang et al. 2013). Cette rĂ©vision inscrit ces genres dans une histoire Ă©volutive ancienne, et confirme une intuition formulĂ©e dĂšs le XVIe siĂšcle par le botaniste italien Andrea Cesalpino, qui avait rapprochĂ© ces genres Ă  partir de similitudes morphologiques. Les donnĂ©es molĂ©culaires contemporaines viennent aujourd’hui Ă©tayer cette hypothĂšse issue de l’observation. Au-delĂ  du classement scientifique, cette synthĂšse rappelle que les usages et reprĂ©sentations culturelles peuvent masquer des parentĂ©s biologiques profondes. L’exemple du micocoulier montre l’intĂ©rĂȘt d’articuler donnĂ©es Ă©cologiques, ethnobotaniques et phylogĂ©nĂ©tiques pour comprendre l’évolution des plantes Ă  fleurs et Ă©clairer les enjeux contemporains de gestion durable et de conservation de la biodiversitĂ© mĂ©diterranĂ©enne.

Baies de micocoulier (photo : makamuki0).
Celtis Australis (illustration de Groupe de Recherches et d’Etudes du Clermontais).

Outdoor 2026

Stoney Tark

TOUTES LES RAISONS POUR LESQUELLES VOUS DEVRIEZ CULTIVER DES AUTOS OUTDOOR

Dans un mois ou deux, vous pourrez enfin faire pousser vos semis en plein air! Normalement, on sÚme les graines photopériodiques en mai et on attend patiemment la fin septembre pour les récolter.

Les autofleurissantes offrent aux cultivateurs un cycle de croissance rapide, des rĂ©coltes en continu, peu d’entretien et des cultures robustes. Dans cet article, je vous explique tout ce que vous devez savoir sur les autofleurissantes et pourquoi vous devriez envisager d’en cultiver dans votre jardin cette annĂ©e.

QUE SONT EXACTEMENT LES AUTOFLEURISSANTES ET COMMENT FONCTIONNENT-ELLES?

Les plantes de cannabis autofleurissantes contiennent le gĂšne Ruderalis. Cela signifie qu’elles fleuriront automatiquement aprĂšs 30 jours de croissance vĂ©gĂ©tative. Les autofleurissantes ne sont pas dĂ©pendantes de la photopĂ©riode; elles peuvent donc produire des tĂȘtes Ă  n’importe quel moment de l’annĂ©e et sont rĂ©sistantes aux climats froids.

Du semis Ă  la rĂ©colte, il faut gĂ©nĂ©ralement compter 10 Ă  11 semaines, bien que certaines autofleurissantes Ă  floraison plus rapide puissent fleurir en 10 semaines, voire moins. Les autofleurissantes produisent des tĂȘtes de qualitĂ© supĂ©rieure, tout aussi impressionnantes en termes de trichomes, de profil terpĂ©nique, de saveur, d’arĂŽme et d’effet.

‱ Les autofleurissantes sont des hybrides issus de variĂ©tĂ©s photopĂ©riodiques.

‱ Elles nĂ©cessitent peu d’entretien.

‱ Une autofleurissantes atteint une hauteur d’environ 80 à 100 cm.

‱ Les autofleurissantes sont des plantes discrùtes et peu volumineuses.

‱ De la graine Ă  la rĂ©colte, les autofleurissantes peuvent prendre entre 70 et 84 jours.

‱ Les autofleurissantes sont fĂ©minisĂ©es, elles ne produisent donc que des plantes femelles.

LES AUTOFLEURISSANTES SONT-ELLES UN BON CHOIX POUR LES CULTIVATEURS DÉBUTANTS?

Absolument, car elles poussent quasiment toutes seules. Il suffit de les planter dans un grand pot pour favoriser un bon dĂ©veloppement racinaire. GrĂące Ă  leur courte pĂ©riode de croissance, les autofleurissantes commencent Ă  fleurir et Ă  produire des pistils et des tĂȘtes, un mois aprĂšs la germination.

Les cultivateurs dĂ©butants peuvent utiliser les autofleurissantes pour apprendre le dĂ©veloppement d’une plante de cannabis et les diffĂ©rentes Ă©tapes de son cycle de vie.

Un projet de culture d’autofleurissantes de 12 semaines est bien plus simple qu’une culture de photopĂ©riodiques de 6 Ă  7 mois qui nĂ©cessite un palissage. Elle offre aux cultivateurs une rĂ©colte dans les 100 premiers jours.

POURQUOI CULTIVER DES AUTOFLEURISSANTES EN PLEIN AIR CETTE ANNÉE?

Ayant vĂ©cu plus de dix ans dans le sud de l’Espagne, j’ai une solide expĂ©rience de la culture d’ autofleurissantes. GrĂące au climat mĂ©diterranĂ©en espagnol, j’ai obtenu d’excellents rĂ©sultats avec des tĂȘtes autofleurissantes rĂ©sineuses. Voici toutes mes raisons pour lesquelles vous devriez vous aussi essayer les autofleurissantes. Vous serez agrĂ©ablement surpris!

RÉCOLTE TOUTES LES 10 À 11 SEMAINES

Si le temps est clĂ©ment, vous pouvez planter des autofleurissantes tous les 3 mois. Les autofleurissantes Ă  floraison rapide peuvent ĂȘtre prĂȘtes en 9 semaines. Si vous cultivez des photopĂ©riodiques en extĂ©rieur cette annĂ©e, plantez aussi des autofleurissantes; vous pourrez ainsi les rĂ©colter tous les 30 Ă  90 jours et avoir toujours de l’herbe bio de saison dans vos bacs.

LES AUTOS: DISCRÈTES ET COMPACTES

Le problĂšme des plantes photopĂ©riodiques, c’est qu’elles peuvent devenir trĂšs grandes. Vos voisins et la police risquent de dĂ©couvrir votre culture en plein air, ce qui peut engendrer panique et anxiĂ©tĂ©. Les autofleurissantes sont des plantes compactes qui ne deviennent ni hautes ni Ă©lancĂ©es. Si vous recherchez une plante discrĂšte et facile Ă  cultiver, les autofleurissantes sont faites pour vous!

LA MÉTHODE DU SEA OF GREEN POUR DES RÉCOLTES ABONDANTES

La mĂ©thode SOG consiste Ă  cultiver un grand nombre de plantes de petite taille trĂšs serrĂ©es. J’adore cultiver les autofleurissantes en SOG, car elles atteignent gĂ©nĂ©ralement environ 80 cm de hauteur. De plus, si vous plantez 9, 16, 25 ou 36 petites autofleurissantes dans un espace extĂ©rieur bien cachĂ©, les rĂ©coltes peuvent ĂȘtre exceptionnelles.

COURTE PÉRIODE VÉGÉTATIVE

Tout le monde aime voir ses plantes femelles fleurir, et avec les autofleurissantes, vous n’avez pas besoin d’attendre fin juillet pour la floraison.

Cela signifie non seulement qu’aucun palissage ni entretien n’est nĂ©cessaire, mais aussi que vous n’avez pas Ă  vous soucier de plantes trop grandes.

BONNE ADAPTATION AUX CLIMATS FROIDS

Le gĂšne Ruderlis a Ă©tĂ© dĂ©couvert en SibĂ©rie, rĂ©gion connue pour son climat froid et ses Ă©tĂ©s courts. GrĂące Ă  cette caractĂ©ristique gĂ©nĂ©tique, les hybrides autofleurissants sont rĂ©sistants aux climats froids, comme ceux de l’Europe du Nord. Vous pouvez obtenir d’excellents rĂ©sultats mĂȘme sans climat mĂ©diterranĂ©en grĂące Ă  la capacitĂ© de ce gĂšne Ă  supporter le froid.

CULTURE SUR BALCON OU TERRASSE

Les autofleurissantes se cultivent facilement sur une terrasse ou un balcon ensoleillé toute la journée. Inutile de faire pousser des plantes imposantes: elles resteront discrÚtes et ne dérangeront pas le voisinage.

MA CONCLUSION

Je recommande vivement la culture du cannabis autofleurissant, surtout si vous vivez dans un pays aux Ă©tĂ©s courts et aux hivers froids. Mon conseil: semez des autofleurissantes tous les 30 jours Ă  partir de mai. Vous pourrez ainsi rĂ©colter mois aprĂšs mois pendant que vos autres variĂ©tĂ©s se prĂ©parent Ă  fleurir plus tard dans l’annĂ©e.

Interview

CHARLOTTE S. DE NORML

FRANCE: “NOS DÉCIDEURS PRIVILÉGIENT LA MISE EN SCÈNE SÉCURITAIRE”

Issu du mouvement Chanvre & LibertĂ©s fondĂ© en 2011, NORML France [Ndr. Association Nationale pour la RĂ©forme des Lois sur le Cannabis] est l’acteur de rĂ©fĂ©rence d’une rĂ©gulation sociale et scientifique du cannabis depuis une dizaine d’annĂ©es. S’appuyant sur l’expertise transdisciplinaire de ses fondateurs (mĂ©decin, chercheur et expert international), l’association est un interlocuteur institutionnel majeur, auditionnĂ©e pour le Rapport d’information n. 974 sur les enjeux liĂ©s Ă  la rĂ©gulation de l’usage du cannabis en fĂ©vrier 2025, portĂ© par les dĂ©putĂ©s Ludovic Mendes (Renaissance) et Antoine LĂ©aument (LFI).

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de parler avec Charlotte S., militante depuis 2023. FormĂ©e en relations internationales, elle Ă©crit au sein du collectif des articles qui traitent du cannabis thĂ©rapeutique et de l’actualitĂ© du cannabis en France et dans le monde.

Donc Charlotte, en France, concernant la rĂ©glementation du cannabis, la propagande et l’idĂ©ologie conservatrices prĂ©dominent. Dans ce contexte, quelle est la mission de votre association ?

L’objectif de NORML France est de substituer Ă  la prohibition un modĂšle de rĂ©gulation responsable axĂ© sur la santĂ© publique, la rĂ©duction des risques et l’accompagnement des patients en impasse thĂ©rapeutique. En 2026, face Ă  une rĂ©pression record et Ă  la dĂ©sinformation persistante autour du cannabis, l’association veut briser l’isolement social des usagers et dĂ©fendre une rĂ©forme pragmatique fondĂ©e sur la science et le respect des droits humains.

Pourquoi le prohibitionnisme est-il Ă©troitement liĂ© au respect des droits humains ? Que nous apprend l’affaire El Hacen Diarra ?

Le 15 janvier dernier, El Hacen Diarra, travailleur mauritanien de 35 ans, est dĂ©cĂ©dĂ© en garde Ă  vue Ă  Paris Ă  la suite d’une interpellation d’une violence extrĂȘme. Le motif initial du contrĂŽle ? Selon les policiers, il Ă©tait « en train de rouler un joint ». La prohibition, ancrĂ©e dans la loi nÂș 70-1320 du 31 dĂ©cembre 1970, n’est pas qu’une rĂšgle de santĂ© publique mais un levier de contrĂŽle social qui fragilise nos droits fondamentaux. L’affaire de M. Diarra illustre tragiquement comment la pĂ©nalisa-

tion alimente les contrĂŽles au faciĂšs et les violences policiĂšres. Nous adressons notre soutien le plus sincĂšre Ă  sa famille.

Ce drame nous rappelle que la stigmatisation des usagers de cannabis fait partie intĂ©grante de la prohibition. Elle est structurelle et historique : du BrĂ©sil, oĂč la plante Ă©tait surnommĂ©e la « cigarette de l’Indien », aux campagnes de propagande nausĂ©abonde dans les États-Unis des annĂ©es 30 visant Ă  mettre au ban de la sociĂ©tĂ© immigrĂ©s hispaniques et afro-amĂ©ricains, la “guerre Ă  la drogue” a toujours servi de moteur Ă  la persĂ©cution des minoritĂ©s et Ă  la rupture de l’égalitĂ© rĂ©publicaine.

Dans quelle mesure peut-on considérer la politique française de réglementation du cannabis comme un échec du prohibitionnisme ?

C’est un Ă©chec cuisant et ce n’est pas une simple opinion militante : c’est un constat reconnu par les institutions elles-mĂȘmes. Le rapport technique du SSMSI (MinistĂšre de l’IntĂ©rieur) de dĂ©cembre 2025 confirme que le « tout rĂ©pressif » ne remplit aucun de ses objectifs. Économiquement, c’est un gouffre. On mobilise des ressources colossales - 1,8 milliard d’euros par an - pour une rĂ©pression qui rapporte peu et qui, systĂ©matiquement, cible les populations les plus prĂ©carisĂ©es.

À l’opposĂ©, le Conseil d’Analyse Économique (CAE) estime que la lĂ©galisation du cannabis rapporterait entre 2 et 2,8 milliards d’euros de recettes fiscales par an. RĂ©guler, ce n’est pas « capituler », c’est enfin soulager nos forces de l’ordre et notre justice pour les recentrer sur de rĂ©elles prioritĂ©s.

Et d’un point de vue politique et sanitaire ?

Sur le plan politique, nous touchons au sommet de l’hypocrisie. En Ă©rigeant l’usager en bouc Ă©missaire — l’accusant d’avoir « du sang sur les mains » — le pouvoir dĂ©tourne l’attention d’échecs sociaux profonds, du coĂ»t de la gestion de la crise Covid, au manque de moyens dans l’éducation ou la santĂ©.

Cette stigmatisation est d’autant plus rĂ©voltante quand on connaĂźt la banalisation de substances bien plus nocives, comme la cocaĂŻne, dans les sphĂšres dĂ©cisionnelles. Pour

les Ă©lites, c’est un adjuvant de performance ; pour le citoyen, c’est la mort sociale. Enfin, l’échec est sanitaire et humain. En ce dĂ©but d’annĂ©e 2026, l’expĂ©rimentation mĂ©dicale est une promesse trahie qui menace de rester lettre morte.

Entre les manƓuvres administratives pour enterrer le programme et l’arrĂȘt de l’accĂšs aux fleurs, on laisse des patients dans une situation de dĂ©tresse absolue. Nous en sommes au point oĂč des personnes malades envisagent

l’euthanasie Ă  l’étranger faute d’accĂšs Ă  un soin naturel. Comme le soulignait trĂšs bien le Dr Olivier Bertrand dans sa thĂšse Les reprĂ©sentations des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes concernant le cannabis, l’alcool et le tabac (2014), le blocage est culturel : trop de mĂ©decins voient encore la plante comme une simple drogue. Il est temps que la science reprenne le dessus sur la bureaucratie : le cannabis, qu’il soit riche en THC ou en CBD, reste la mĂȘme plante. On ne peut pas accepter lĂ©galement des substances mortifĂšres comme l’alcool ou le tabac tout

LA FRANCE CHOISIT L’IMPASSE IDÉOLOGIQUE

AU DÉTRIMENT DE LA SANTÉ PUBLIQUE ET DES DROITS HUMAINS

de vente marchand classique. Pour nos agriculteurs, c’est l’opportunitĂ© historique de diversifier leurs cultures vers une filiĂšre biologique d’excellence en circuit court. Sur le plan rĂ©galien, cette structure sanctuarise la protection des mineurs et permet Ă  la police

en criminalisant une plante qui n’a jamais tuĂ© personne.

De ce point de vue, comment Ă©valuez-vous l’amende forfaitaire de 500 € ?

L’augmentation de l’Amende Forfaitaire DĂ©lictuelle (AFD) Ă  500 € est un non-sens absolu. Alors que les rapports officiels de fin 2025 actent l’échec de la rĂ©pression sur la consommation, le gouvernement rĂ©pond par une surenchĂšre budgĂ©taire. L’AFD n’est pas un outil de santĂ© publique, c’est une politique du rendement statistique. En court-circuitant le juge, elle transforme l’agent de police en collecteur d’impĂŽts et l’usager en simple variable d’ajustement comptable. Cette mesure privilĂ©gie le sensationnalisme politique Ă  l’efficacitĂ© de terrain : on multiplie les contrĂŽles routiers et la pression sur les quartiers populaires pour saturer l’espace mĂ©diatique, sans jamais assĂ©cher les rĂ©seaux du marchĂ© noir, ni protĂ©ger ses victimes. Pire, cette “matraque au portefeuille” est profondĂ©ment inĂ©galitaire. Pour un cadre supĂ©rieur, 500 € est une contrariĂ©tĂ© mais pour un Ă©tudiant ou un travailleur prĂ©caire, c’est une condamnation Ă  l’exclusion. En s’obstinant dans cette «policiarisation » Ă  outrance alors que nos voisins rĂ©gulent, la France ne combat pas la drogue, elle fabrique de la prĂ©caritĂ© et de la dĂ©fiance envers ses propres institutions.

Comment Ă©valuez-vous le dĂ©bat public sur ce sujet et pourquoi pensez-vous que la lĂ©galisation du cannabis par les voisins allemands, gĂ©nĂ©rant des recettes fiscales supplĂ©mentaires, ne semble pas avoir d’incidence sur le discours gouvernemental ?

Le dĂ©bat français est aujourd’hui verrouillĂ© par une impasse idĂ©ologique : nos dĂ©cideurs

privilĂ©gient la mise en scĂšne sĂ©curitaire aux preuves factuelles. Le modĂšle allemand privilĂ©gie l’autoculture et les clubs associatifs non lucratifs pour assĂ©cher le marchĂ© noir. Si le succĂšs pragmatique, financier de l’Allemagne reste ici lettre morte, c’est que le gouvernement prĂ©fĂšre prĂ©server des intĂ©rĂȘts privĂ©s et des monopoles pharmaceutiques au dĂ©triment de la santĂ© publique. En 2026, il est historiquement aberrant de voir le gouvernement s’arc-bouter sur une culture de la sanction jugĂ©e inefficace par l’OFDT [Ndr. Observatoire français des drogues et des tendances addictives], alors que les ÉtatsUnis — architectes de la prohibition mondiale dĂšs les annĂ©es 60 — reconnaissent dĂ©sormais l’utilitĂ© mĂ©dicale de la plante au niveau fĂ©dĂ©ral. En ignorant le pragmatisme allemand ou le modĂšle helvĂ©tique, qui protĂšge dĂ©jĂ  13 000 usagers via sept projets pilotes, la France choisit dĂ©libĂ©rĂ©ment l’impasse idĂ©ologique au dĂ©triment de la santĂ© publique et des droits humains.

NORML soutient un modĂšle rĂ©glementaire basĂ© sur les clubs sociaux de cannabis. De quoi s’agit-il ?

En 2026, la France doit absolument rejeter le « Big Business » pour privilĂ©gier les Cannabis Social Clubs (CSC). Ce modĂšle d’Économie Sociale et Solidaire portĂ© par NORML France se distingue des modĂšles ultra-libĂ©raux nord-amĂ©ricains et du systĂšme allemand par son ADN sanitaire : le club est un pĂŽle de santĂ© et de prĂ©vention, pas un simple point de distribution. En circuit fermĂ© et sans but lucratif, des usagers majeurs y assurent une production collective, garantissant traçabilitĂ© et qualitĂ©. C’est le moteur d’un dĂ©ploiement Ă©conomique rĂ©gional sans prĂ©cĂ©dent. En favorisant la revitalisation rurale, le CSC gĂ©nĂšre jusqu’à trois fois plus d’emplois locaux qu’un systĂšme

de se recentrer sur la grande criminalitĂ©. Elle assure aussi une cohĂ©sion sociale inĂ©dite en intĂ©grant les travailleurs du marchĂ© noir vers l’horticulture lĂ©gale. C’est un vĂ©ritable pacte rĂ©publicain qui transforme un enjeu de sĂ©curitĂ© en un succĂšs Ă©cologique et social. Un dossier complet, Ă©laborĂ© avec des experts du droit et de la santĂ©, est disponible sur notre site.

Que savez-vous du modĂšle d’accĂšs au cannabis mĂ©dical qui sera dĂ©veloppĂ© ? Y a-t-il des points critiques Ă  souligner ?

Le gouvernement va enfin dĂ©voiler le cadre officiel qui fixe les prix et les rĂšgles de remboursement du cannabis mĂ©dical aprĂšs des annĂ©es d’attente. C’est crucial car cela dĂ©termine si ce traitement sera considĂ©rĂ© comme un vrai mĂ©dicament ou comme un produit de luxe. Or, au lieu d’une prise en charge totale pour les patients gravement malades, l’État semble s’orienter vers un remboursement partiel (seulement 30 % ou 60 %). Le point le plus critique reste la fermeture du programme d’expĂ©rimentation Ă  de nouveaux patients et l’interdiction des fleurs sĂ©chĂ©es au profit de formats industriels comme les huiles ou les gĂ©lules. En agissant ainsi, on prive les malades d’un mode d’action rapide et efficace pour soulager leurs crises, tout en favorisant les intĂ©rĂȘts des grands laboratoires. Pour nous, ce n’est pas une gĂ©nĂ©ralisation du soin, c’est une mĂ©dicalisation au rabais qui laisse encore des milliers de patients sur le bord de la route.

Frosty’s Auto Freak

GÉNÉTIQUE:

Guavalato Auto x Frosty’s Purple Freak (Auto)

MOIS DE RÉCOLTE:

Autofloraison

CYCLE DE VIE TOTAL

EN SEMAINES:

11 semaines de la graine à la récolte

HAUTEUR DE LA PLANTE:

60 Ă  90 centimĂštres

PRODUCTION EN INTÉRIEUR:

30 Ă  60 g/plante. ExtrĂȘmement givrĂ©e.

PRODUCTION EN EXTÉRIEUR:

30 Ă  60 g/plante

GOÛT/ARÔME:

Un bouquet complexe mĂȘlant des baies sauvages sucrĂ©es Ă  une saveur fermentĂ©e caractĂ©ristique de « viande pourrie », sur fond de bois de cĂšdre profond. Un spectre terpĂ©nique inhabituellement rare, riche en cĂ©drĂšne, guaĂŻol, phytol et farnĂ©sĂšne.

EFFET:

Une montĂ©e cĂ©rĂ©brale vive et stimulante qui amĂ©liore l’humeur, puis s’installe progressivement dans une relaxation physique puissante et durable qui devient profondĂ©ment apaisante vers la fin, tout en restant douce et Ă©quilibrĂ©e.

www.khalifagenetics.com

Fruit Bomb PunchÂź

GÉNÉTIQUE:

Erdbeer IBL x (Tangie x Cherry Pie)

BX1 x Sugar Bomb Punch

FLORAISON: 9 semaines

MOIS DE RÉCOLTE: Mi/fin octobre

HAUTEUR DE LA PLANTE:

Sativa dominante, 1 m+

PRODUCTION EN INTÉRIEUR: 550-600+ grammes par mÂČ

PRODUCTION EN EXTÉRIEUR: 750-1000 grammes

GOÛT/ARÔME:

Une avalanche de fruits mĂ»rs et sucrĂ©s. Selon le phĂ©notype, vous dĂ©couvrirez des notes subtiles de crĂšme, de bonbon ou mĂȘme quelques accents chimiques/diesel en arriĂšre-plan.

EFFET:

Un high joyeux et sociable qui convient Ă©galement aux fumeurs plus expĂ©rimentĂ©s en raison de sa puissance intense. L’impact du high est fort et durable. L’effet est principalement cĂ©rĂ©bral, joyeux, stimulant et trĂšs sociable, idĂ©al pour les rĂ©unions entre amis. C’est la variĂ©tĂ© parfaite pour les fĂȘtes, les activitĂ©s crĂ©atives ou le plaisir en journĂ©e.

www.dutch-passion.com

Frittella

GÉNÉTIQUE: Fruit Joy x CrĂȘpes

FLORAISON: 8/9 semaines

MOIS DE RÉCOLTE: Fin septembre - dĂ©but octobre en extĂ©rieur

HAUTEUR DE LA PLANTE: 80/120 cm

PRODUCTION EN INTÉRIEUR: 350/450 mÂČ

PRODUCTION EN EXTÉRIEUR: 450/550 mÂČ

GOÛT/ARÔME:

Parfum doux et crĂ©meux avec une explosion de mangue, de pĂȘche mĂ»re et de pĂąte sucrĂ©e.

EFFET:

LĂ©gĂšre euphorie initiale suivie d’une dĂ©tente douce et enveloppante.

www.seedfinder.eu/en/ database/breeder/old-j-seeds

Mimosa Zkittlez Auto

GÉNÉTIQUE:

Zkittlez x Mimosa XL Auto

CYCLE DE VIE TOTAL

EN SEMAINES: 9-11 semaines

HAUTEUR DE LA PLANTE: 55-135 cm

PRODUCTION EN INTÉRIEUR:

450-650 g/mÂČ

PRODUCTION EN EXTÉRIEUR: 50-200 g par plante

GOÛT/ARÔME:

ArÎme intense, citronné et fruité avec une note de diesel

EFFET:

Puissant, stimulant, favorisant la crĂ©ativitĂ© et amĂ©liorant l’humeur.

The clash

GÉNÉTIQUE:

(Apple Fritter x Jealousy) x (KM x Tropicana)

CYCLE DE VIE TOTAL EN SEMAINES: 9 MOIS DE RÉCOLTE: octobre

HAUTEUR DE LA PLANTE: 190

PRODUCTION EN INTÉRIEUR: 400-450 g/mÂČ

PRODUCTION EN EXTÉRIEUR: 800

GOÛT/ARÔME:

MĂ©lange sucrĂ© avec des notes d’essence.

EFFET:

Elle offre une puissance Ă©levĂ©e avec une touche joyeuse et cĂ©rĂ©brale, parfaite pour les moments sociaux ou crĂ©atifs, toujours accompagnĂ©e d’une forte relaxation corporelle caractĂ©ristique de sa base indica.

Spritzer x Rainbow Sherbert

GÉNÉTIQUE:

40% indica / 60% sativa

FLORAISON: 60 Ă  65 jours

MOIS DE RÉCOLTE:

Entre fin septembre et début octobre

CYCLE DE VIE TOTAL

EN SEMAINES: 9 semaines

HAUTEUR DE LA PLANTE:

90 cm en intérieur / 2 m en extérieur

PRODUCTION EN INTÉRIEUR: 500/600 grammes par mĂštre carrĂ©

PRODUCTION EN EXTÉRIEUR: 600/700 grammes par plante

GOÛT/ARÔME:

On remarque son goĂ»t doux et sucrĂ© Ă  l’expiration, ses notes sucrĂ©es et fruitĂ©es, avec des touches de menthe, qui la font ressembler Ă  une sorbet aux fruits.

EFFET:

Ses effets sont généralement euphorisants et provoquent un high cérébral rapide, idéal pour la créativité, la concentration et la bonne humeur. Elle peut également procurer une légÚre relaxation corporelle sans pour autant entraßner de sédation.

Tutankhamon x Cookies USA

GÉNÉTIQUE:

Cookies USA X Tutankhamon

FLORAISON:

8 Ă  9 semaines

MOIS DE RÉCOLTE: mi-septembre

CYCLE DE VIE TOTAL EN SEMAINES: 6 Ă  7 mois

PRODUCTION EN INTÉRIEUR: Lampe LED 730 W jusqu’à 1 kg avec 20 plantes

PRODUCTION EN EXTÉRIEUR: 500 g à 1,5 kg

GOÛT/ARÔME:

Douceur intense et crémeuse, avec des notes rappelant les biscuits fraßchement cuits, héritées de Cookies USA.

EFFET:

Un dĂ©but Ă©nergique et euphorique, typique de Tutankhamon, suivi d’une relaxation progressive et agrĂ©able grĂące Ă  la gĂ©nĂ©tique de Cookies USA. Parfait pour Ă©quilibrer stimulation mentale et repos physique.

www.exclusiveseedsbank.com

Interview

CANNABIS MÉDICAL:

QUI A OUBLIÉ LES PATIENTS ? INTERVIEW DE FABIENNE LOPEZ

Fabienne Lopez, Presidenten de l’Association Princips Actifs (qui rassemble les utilisateurs de cannabis pour des buts de santĂ©) est un amie de longue date de notre journal. Nous Ă©changeons depuis des annĂ©es, en partageant grace Ă  elle, le point de vue des celles et des ceux qui utilisent le cannabis Ă  des fins thĂ©rapeutique. Aujourd’hui, nous redonnons

la parole Ă  notre chĂšre Fabienne afin qu’elle puisse exprimer ses inquiĂ©tudes concernant le systĂšme d’accĂšs au cannabis mĂ©dical qui est en train d’ĂȘtre mis en place.

Avez-vous une idĂ©e du modĂšle d’accĂšs qui se met en place en France ?

Les malades pourront avoir accĂšs Ă  ces traitements sur prescription du mĂ©decin traitant, qui devra Ă©tablir une ATU (Autorisation Temporaire d’Utilisation) tous les 28 jours, le cannabis Ă©tant classĂ© comme stupĂ©fiant... Le mĂ©decin devra suivre une E-formation, rapide, pour pouvoir prescrire. Normalement les producteurs(trices) devraient pouvoir accĂ©der Ă  ce marchĂ©, qui est ouvert Ă  tous, mais ils ont eu aussi des problĂšmes dus au retard entre autres de la validation de ces dĂ©crets. Le souci, plus le temps passe, est qu’ils devront faire face Ă  la concurrence Ă©trangĂšre, qui, elle, est dĂ©jĂ  en place.

Savez-vous actuellement si les inflorescences de cannabis feront partie de l’offre mĂ©dicale ?

Non, les fleurs ont Ă©tĂ© retirĂ©es Ă  la demande du ministre de l’IntĂ©rieur en 2023 par manque de sĂ©curitĂ©. Nous avons envoyĂ© Ă  la Haute AutoritĂ© de SantĂ© et Ă  l’ANSM des modĂšles d’appareils qui permettent de sĂ©curiser les traitements, sous forme de petites dosettes scellĂ©es. Nous l’avons aussi rappelĂ© au Conseil d’État.

BEAUCOUP DE PATIENT(E)S

ONT FINI PAR CULTIVER LEUR TRAITEMENT

Pourquoi serait-ce une farce si les fleurs n’étaient pas autorisĂ©es ?

Une trùs mauvaise farce. Ce traitement, le plus rapide dans son utilisation par vaporisation, est le plus efficace pour les malades qui souffrent de douleurs chroniques, par exemple. L’ingestion demande beaucoup plus de temps pour en ressentir les effets.

Et puis il y a un fait qui nous choque, c’est un ministre de l’IntĂ©rieur qui se mĂȘle de santĂ© ! C’est tout de mĂȘme assez extraordinaire qu’un(e) ministre de la SantĂ© ne puisse pas prendre cette dĂ©cision, cette question ne devrait concerner que le ministĂšre de la SantĂ©.

Mais les politiques qui sont contre la légalisation du cannabis ne souhaitent pas que le cannabis

thĂ©rapeutique le soit, car pour eux ce serait un risque, celui de « banaliser » et donc d’aller vers une lĂ©galisation. On peut prendre pour exemple la politique hyper rĂ©pressive menĂ©e par la France et accusant les usagers d’ĂȘtre responsables du trafic.

Outre l’absence des fleurs dans l’offre mĂ©dicale, quels autres points importants pensez-vous qu’il soit prĂ©fĂ©rable de commencer Ă  mettre en avant ?

La liste restrictive basée sur 5 critÚres [Ndr. Douleurs neuropathiques réfractaires, spasticité de la sclérose en plaques, épilepsies pharmaco-résistantes, effets secondaires liés au cancer ou aux traitements anticancéreux et situations palliatives] et la prescription en derniÚre intention

sont des problĂšmes. EnormĂ©ment de pathologies ne rentrent pas dans les prescriptions et le fait de devoir tester tous les traitements affĂ©rents Ă  nos pathologies veut dire qu’il va falloir convaincre son mĂ©decin, et s’il est prohibitionniste ça va ĂȘtre compliquĂ© pour les patient(e)s. Il nous a Ă©tĂ© dit, au moment de l’expĂ©rimentation, que cette liste sera Ă©largie mais difficile de le croire, Ă©tant donnĂ© les difficultĂ©s rencontrĂ©es pour les 5 critĂšres.

Et puis de nombreux patient(e)s n’ont pu ĂȘtre inclus parce-que leur mĂ©decin refusait sous prĂ©texte que le cannabis est une drogue...

Dans quelle mesure une législation conçue sans consultation concrÚte des associations de patients pourrait-elle se retourner contre elles ?

L’expĂ©rimentation a fait connaĂźtre le cannabis mĂ©dical, et beaucoup de patient(e)s qui n’ont pu entrer dans l’expĂ©rimentation ont fini par « cultiver » leur traitement, ce qui est plus sĂ©curisant que d’aller sur le marchĂ© clandestin, il y a aussi les mĂ©decins qui ne veulent pas prescrire.

Plus les traitements seront difficiles d’accĂšs, plus les malades se tourneront vers l’autoproduction, sachant que ce n’est pas une mauvaise chose tant au niveau qualitatif que sanitaire. Le seul problĂšme Ă©tant la rĂ©pression, l’option de l’autoproduction est plus sĂ©cure.

Depuis prĂšs de 30 ans j’ai rencontrĂ© des malades qui cultivaient leur cannabis, et ils n’ont pas l’intention d’arrĂȘter. Ils savent quelles variĂ©tĂ©s consommer, et contrairement Ă  ce qui est dit : la qualitĂ© est la mĂȘme, sinon meilleure, que celles cultivĂ©es par les trusts...

Quelles seraient vos prioritĂ©s si vous deviez contribuer Ă  l’élaboration d’un cadre rĂ©glementaire sĂ©curisĂ©, cohĂ©rent et respectueux du droit Ă  la continuitĂ© des soins ?

Tout reste encore Ă  faire. D’abord, il faudrait communiquer vers le corps mĂ©dical car il y a encore trop de professionnels de santĂ© qui ne sont pas du tout informĂ©s et ne savent pas comment ils peuvent prescrire.

En tant que patient(e)s ce qui nous conviendrait serait une liste des pathologies moins restrictives, ne pas l’avoir en derniĂšre intention : ce qui reviendrait Ă  simplifier les prescriptions, le retour des fleurs serait aussi nĂ©cessaire.

Histoire du cannabis

Le cannabis chez les Scythes

Les Scythes Ă©taient un peuple nomade d’origine iranienne orientale. Les Scythes ont parcouru les steppes d’Eurasie entre le IXe et le IIIe siĂšcle avant J. -C. Originaires d’Asie centrale, ils se sont dĂ©placĂ©s vers l’ouest entre les VIIIe et VIIe siĂšcles avant notre Ăšre. AprĂšs avoir repoussĂ© des groupes comme les CimmĂ©riens, ils s’imposent comme les maĂźtres de la steppe pontique-caspienne, une vaste rĂ©gion herbeuse qui couvrait une partie de l’Ukraine actuelle, du sud de la Russie et du Kazakhstan. Les Scythes excellaient dans le tir Ă  l’arc Ă  cheval, ce qui leur permettait de contrĂŽler de vastes territoires s’étendant de la mer Noire jusqu’aux confins de la Chine. Ils Ă©taient Ă©galement des consommateurs de cannabis.

Leur mode de vie Ă©tait axĂ© sur la mobilitĂ©. Les familles voyageaient dans des chariots, vivaient dans des tentes en feutre et subsistaient grĂące Ă  lâ€˜Ă©levage de bĂ©tail et de chevaux et, occasionnellement, Ă  des raids ou au commerce avec des voisins sĂ©dentaires comme les Grecs et les Perses.

La sociĂ©tĂ© Ă©tait trĂšs hiĂ©rarchisĂ©e .Elle Ă©tait dirigĂ©e par les « Scythes royaux » aristocratiques qui gouvernaient les tribus pastorales. Les sĂ©pultures de lâ€˜Ă©lite contenaient des ornements en or, des armes, des sacrifices de chevaux et des objets reprĂ©sentant des animaux.

LA CONSOMMATION DE CANNABIS CHEZ LES SCYTHES

Le cannabis occupait une place importante dans les coutumes scythes, en particulier dans les rites de purification post-funĂ©raires. AprĂšs les funĂ©railles, souvent suivies d‘un deuil prolongĂ© et de festins, les participants recherchaient la purification par des sĂ©ances intenses d‘inhalation de vapeur plutĂŽt que par des bains d‘eau. Ils dressaient des petites tentes en assemblant des poteaux et en les recouvrant dâ€˜Ă©pais feutres de laine pour crĂ©er des espaces clos.

À l‘intĂ©rieur, ils creusaient une fosse peu profonde, chauffaient des pierres jusqu‘à ce qu‘elles rougissent, et y dispersaient des matiĂšres vĂ©gĂ©tales issues du cannabis, probablement des graines et des sommitĂ©s fleuries. La fumĂ©e dense et parfumĂ©e qui en rĂ©sultait emplissait la tente, produisant une vapeur puissante qui provoquait l’euphorie et l’enthousiasme collectif.

Les hommes et les femmes participaient Ă  ces rituels, et l‘on trouve parfois, dans les tombes, des appareils portables pour brĂ»ler du cannabis. Cette pratique rĂ©pondait Ă  des besoins spirituels. Les vapeurs

enivrantes permettaient d‘honorer les morts, favorisaient des Ă©tats de transe et aidaient les devins Ă  communiquer avec les esprits. La plante poussait abondamment Ă  lâ€˜Ă©tat sauvage dans les steppes et Ă©tait aussi cultivĂ© pour ses fibres robustes utilisĂ©es dans la confection de vĂȘtements.

L’HISTORIEN HÉRODOTE

HĂ©rodote Ă©tait un historien et gĂ©ographe nĂ© vers 484 av. J.-C. Ă  Halicarnasse, une ville grecque d‘Asie Mineure sous domination perse. Il a Ă©tĂ© surnommĂ© le « PĂšre de

l‘Histoire » pour son rĂŽle de pionnier dans lâ€˜Ă©criture historique systĂ©matique. Issu d‘une famille aisĂ©e, il reçut une solide Ă©ducation qui Ă©veilla en lui une grande curiositĂ© pour les contrĂ©es et les peuples lointains.

Les troubles politiques l‘obligĂšrent Ă  l‘exil, ce qui l‘amena Ă  voyager longuement Ă  travers la MĂ©diterranĂ©e, l‘Égypte, la Perse et la rĂ©gion de la mer Noire, oĂč il recueillit des tĂ©moignages, des traditions orales et des observations. Il vĂ©cut ensuite Ă  AthĂšnes, frĂ©quentant des intellectuels, avant de rejoindre une colonie Ă  Thurii, dans le sud

de l‘Italie, vers 443 av. J.-C., oĂč il mourut probablement vers 425 av. J.-C. Son Ɠuvre majeure, les Histoires, relate les guerres mĂ©diques entre les Grecs et les Perses tout en y intĂ©grant des dĂ©tails ethnographiques sur des cultures comme celle des Scythes. RĂ©digĂ© dans une prose grecque ionienne, l‘ouvrage mĂ©lange rĂ©cit et analyse.

Son engagement envers la recherche, la vĂ©rification croisĂ©e des sources et la description objective des coutumes a jetĂ© les bases de l‘historiographie.

LE TEXTE D‘HÉRODOTE SUR LE CANNABIS CHEZ LES SCYTHES

Dans le livre IV des Histoires, HĂ©rodote dĂ©crit les coutumes scythes, notamment leur usage particulier du cannabis pour la purification aprĂšs les funĂ©railles (chapitres 73 Ă  75). S‘appuyant sur des observations rĂ©alisĂ©es prĂšs des Ă©tablissements grecs de la mer Noire, il explique le contexte et le dĂ©roulement du rituel.

« Tel est donc le mode de sĂ©pulture des rois : quant au peuple, lorsqu‘un homme meurt, ses plus proches parents le placent sur un chariot et le font voyager jusqu‘à tous ses amis. » nous explique HĂ©rodote. Chacun reçoit les dĂ©funts Ă  tour de rĂŽle et leur offre un banquet, au cours duquel le dĂ©funt reçoit une portion de tout ce qui est disposĂ© devant les autres ; cela se poursuit pendant quarante jours, au terme desquels a lieu l’enterrement.

« Le chanvre pousse en Scythie : il ressemble beaucoup au lin ; seulement, c’est une plante beaucoup plus grossiĂšre et plus haute : il pousse Ă  l’état sauvage dans la campagne, il est cultivĂ© : les Thraces en font des vĂȘtements qui ressemblent beaucoup au lin
 », poursuit l’historien.

En parlant de graines de chanvre, Herodote dĂ©signait peut-ĂȘtre les graines entourĂ©es des fleurs : « Les Scythes, comme je l‘ai dit, prennent des graines de chanvre et, se glissant sous les couvertures de feutre, les jettent sur des pierres rougies au feu ; aussitĂŽt, elles fument et dĂ©gagent une vapeur si puissante qu‘aucun bain de vapeur grec ne saurait Ă©galer ; ravis, les Scythes poussent des cris de joie, et cette vapeur leur sert de bain, car ils ne se lavent jamais Ă  l‘eau. Leurs femmes prĂ©parent un mĂ©lange de bois de cyprĂšs, de cĂšdre et d‘encens, qu‘elles pilent en pĂąte sur une pierre brute, en y ajoutant un peu d‘eau. Avec cette substance Ă©paisse, elles s‘enduisent le visage et mĂȘme tout le corps.

L’histoire de la gĂ©nĂ©tique

L’origine des graines Vers oĂč se dirige le marchĂ© des semences?

Pour la plupart des cultivateurs de cannabis amateurs, la culture commence par le choix des graines. Ce choix est crucial car, quand tout se passe bien, vous profitez de la rĂ©colte quelques mois plus tard. Cet article vous prĂ©sente l’état actuel du marchĂ© des semences de cannabis psychoactives et mĂ©dicinales.

La graine est considĂ©rĂ©e par les biologistes comme l’adaptation ultime du rĂšgne vĂ©gĂ©tal au milieu terrestre. Elle contient l’embryon d’une plantule, ainsi que ses nutriments et une enveloppe protectrice, lui permettant de se dĂ©velopper dans des conditions optimales.

La production de graines est un processus agricole fondamental qui a permis la domestication des plantes, les adaptant aux conditions environnementales et aux besoins des cultivateurs.

La vente légale de graines de cannabis, qui a débuté dans les années 1980 aux Pays-Bas, connaßt actuellement son apogée. Outre la disponibilité de graines de haute qualité, de nouvelles variétés et de nouvelles banques de semences apparaissent chaque jour.

LES BANQUES DE SEMENCES, C’EST QUOI?

Avant l’apparition des banques de semences, les cultivateurs ne pouvaient se procurer des graines qu’en se rendant dans les pays producteurs de variĂ©tĂ©s traditionnelles, par l’intermĂ©diaire d’une personne ayant voyagĂ© sur place, ou, plus frĂ©quemment, en rĂ©cupĂ©rant des graines trouvĂ©es dans du cannabis commercial.

Aujourd’hui, les producteurs de semences de cannabis destinĂ©es Ă  la vente sont appelĂ©s banques de semences. Au sein de ces banques, des breeders sont chargĂ©s de sĂ©lectionner les meilleures variĂ©tĂ©s – celles qui produisent un cannabis de la plus haute qualitĂ© – et de les croiser afin d’obtenir des variĂ©tĂ©s rĂ©pondant aux besoins des cultivateurs.

Bien entendu, les goĂ»ts et les besoins des cultivateurs varient, qu’il s’agisse des prĂ©fĂ©rences concernant les effets, les saveurs, les arĂŽmes et l’apparence, ou encore de plantes qui doivent ĂȘtre adaptĂ©es Ă  la culture indoor ou en outdoor, de pĂ©riodes de floraison courtes, etc. Cette diversitĂ© a conduit au dĂ©veloppement d’un grand nombre de variĂ©tĂ©s.

OÙ ACHETER DES GRAINES?

Les graines peuvent ĂȘtre achetĂ©es directement auprĂšs d’une banque de semences ou dans un growshop. En matiĂšre de qualitĂ©,

jours.

ces 20 derniĂšres annĂ©es, les growshops ont rĂ©alisĂ© des progrĂšs considĂ©rables dans la conservation des semences. Il n’y a plus de diffĂ©rence entre acheter des graines au growshop ou directement auprĂšs d’une banque de semences.

En ce qui concerne le prix, les banques de semences, qui vendent Ă©galement leurs semences aux distributeurs et aux magasins, ont une marge de manƓuvre plus limitĂ©e pour proposer des remises. En revanche, les producteurs qui vendent directement au consommateur final peuvent baisser leurs prix et proposer des rĂ©ductions comme stratĂ©gie marketing. Ils proposent donc gĂ©nĂ©ralement des prix plus avantageux.

COMMENT SONT PRODUITES LES GRAINES DE CANNABIS COMMERCIALES?

Les banques de semences produisent leurs graines indoor dans un local spĂ©cifique afin d’éviter la pollinisation croisĂ©e qui peut survenir en plein air. Il existe diffĂ©rentes mĂ©thodes pour crĂ©er une variĂ©tĂ© de cannabis commer-

ciale. La mĂ©thode classique consiste Ă  utiliser un plant mĂąle et un plant femelle stables, c’est-Ă -dire possĂ©dant des caractĂ©ristiques qui se maintiennent de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Une fois les plants mĂąles et femelles de la plus haute qualitĂ© sĂ©lectionnĂ©s, ils sont croisĂ©s, sĂ©lectionnĂ©s et stabilisĂ©s sur plusieurs gĂ©nĂ©rations en culture indoor. Quand plants sont homogĂšnes, ils sont prĂȘts Ă  ĂȘtre commercialisĂ©s. Ce processus est long; il faut savoir que chaque gĂ©nĂ©ration nĂ©cessite plusieurs mois de dĂ©veloppement, sans compter le temps consacrĂ© aux tests et Ă  la sĂ©lection.

Cependant, les progrÚs qui ont permis le développement des graines féminisées, comme nous le verrons plus loin, ont également modifié les méthodes de production.

TYPES DE GRAINES DE CANNABIS

L’essor de la culture Ă  domicile au cours des trente derniĂšres annĂ©es a fortement stimulĂ© la crĂ©ation de variĂ©tĂ©s de cannabis de haute qualitĂ© destinĂ©es Ă  la commercialisation. On trouve aujourd’hui des variĂ©tĂ©s fĂ©minisĂ©es,

autofleurissantes et riches en cannabinoĂŻdes autres que le THC. Ces diffĂ©rentes caractĂ©ristiques se combinent de telle sorte qu’il est possible, par exemple, de trouver des graines fĂ©minisĂ©es autofleurissantes riches en CBD.

GRAINES FÉMINISÉES

Les graines féminisées ne produisent que des plantes femelles, qui sont les spécimens psychoactifs et thérapeutiques. Leurs avantages sont évidents: gain de place, essentiel en culture urbaine ou indoor, économies sur le terreau et les engrais auparavant utilisés pour la culture de plantes mùles qui sont ensuite jetées, et surtout, sécurité accrue, les interventions sur les cultures étant généralement basées sur le nombre de plantes cultivées.

Il existe deux mĂ©thodes pour obtenir des graines fĂ©minisĂ©es: la rodĂ©lisation et l’inversion sexuelle de la plante par des inducteurs chimiques.

La rodélisation consiste à laisser la plante femelle se développer quelques semaines de plus aprÚs sa maturation. Ce stress la pousse

Premiers

GRAINES AUTOFLEURISSANTES

afin d’éviter un stress hydrique qui pourrait freiner le dĂ©veloppement et entraĂźner une croissance trop faible. La meilleure pĂ©riode pour cultiver ces variĂ©tĂ©s s’étend de mai Ă  aoĂ»t.

GRAINES

RICHES EN CBD ET NOUVEAUX CANNABINOÏDES

L’émergence des banques de semences a permis le dĂ©veloppement de variĂ©tĂ©s de cannabis commerciales. Au dĂ©but, l’accent Ă©tait mis sur la crĂ©ation de variĂ©tĂ©s toujours plus savoureuses et puissantes, adaptĂ©es Ă  la culture indoor comme en outdoor. La dĂ©couverte des effets thĂ©rapeutiques du CBD a donnĂ© un nouvel Ă©lan Ă  cette recherche, menant au dĂ©veloppement de variĂ©tĂ©s Ă  faible ratio CBD/

THC, Ă  teneur Ă©quilibrĂ©e en CBD et Ă  teneur plus Ă©levĂ©e en CBD pour rĂ©pondre aux besoins des utilisateurs de cannabis mĂ©dicinal. Ces derniĂšres annĂ©es, l’identification d’autres cannabinoĂŻdes naturels et de leurs propriĂ©tĂ©s bĂ©nĂ©fiques a stimulĂ© le dĂ©veloppement de nouvelles variĂ©tĂ©s commerciales.

GRAINES POUR LA CULTURE INDOOR ET OUTDOOR

Trois facteurs déterminent si une graine est plus adaptée à la culture indoor ou outdoor:

La taille de la plante.

La forme des tĂȘtes.

La durée de floraison (en semaines), en fonction du climat de la région.

UNE SATIVA PURE, AVEC UN LONG ESPACEMENT INTERNODAL, PEUT ÊTRE DIFFICILE À GÉRER INDOOR OU DONNER UNE FAIBLE RÉCOLTE

Les variĂ©tĂ©s autofleurissantes ont la particularitĂ© de fleurir Ă  maturitĂ©, indĂ©pendamment de la durĂ©e d’ensoleillement (photopĂ©riode). Ceci est dĂ» Ă  leur patrimoine gĂ©nĂ©tique Ruderalis. Les souches Ruderalis ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes par les botanistes russes Dimitri

Ă  produire des fleurs mĂąles pour se reproduire. C’est une mĂ©thode naturelle et accessible Ă  tous pour obtenir des graines fĂ©minisĂ©es. Certains cultivateurs rĂ©coltent uniquement les tĂȘtes supĂ©rieures les plus grosses, laissant les tĂȘtes infĂ©rieures quelques semaines de plus pour obtenir des graines fĂ©minisĂ©es. Cependant, cette mĂ©thode peut parfois produire des plantes hermaphrodites. L’inversion sexuelle est obtenue par l’application de produits chimiques tels que l’acide gibbĂ©rellique, le nitrate d’argent et le thiosulfate d’argent. Ce dernier, le plus efficace, est obtenu en combinant du nitrate d’argent et du thiosulfate de sodium.

La plante est pulvérisée avec cette solution puis, la photopériode est modifiée pour induire la floraison. En quelques semaines, des fleurs mùles apparaissent. Ces fleurs mùles possÚdent des gÚnes femelles.

Ainsi, quand elles sont croisĂ©es avec une plante femelle, elles ne produisent que des descendants femelles. L’inversion sexuelle est aujourd’hui la mĂ©thode la plus efficace et la plus rĂ©pandue pour obtenir des semences.

E.rastovich Yanishevski et Nikolai Vavilov lors de recherches sur la biodiversitĂ© en URSS. Dans les annĂ©es 1970, elles sont arrivĂ©es aux États-Unis et au Canada, puis aux Pays-Bas.

Du fait de leur faible concentration en cannabinoĂŻdes et de leur faible rendement, les breeders ont croisĂ© les Ruderalis avec des variĂ©tĂ©s commerciales puissantes afin d’obtenir des plantes prĂȘtes Ă  ĂȘtre rĂ©coltĂ©es entre 60 et 90 jours aprĂšs la germination.

Leur courte pĂ©riode vĂ©gĂ©tative explique leur petite taille, un avantage qu’il est possible de compenser en cultivant plusieurs plantes.

Il est important de veiller à ce que les températures ne descendent pas en dessous de 10 degrés pendant la période de croissance

50% de mùles avec des graines réguliÚres.
Féminisée outdoor.
Une tĂȘte trĂšs dense ne convient pas Ă  la culture outdoor.

Une sativa pure, avec de longs entre-nƓuds, peut ĂȘtre difficile Ă  gĂ©rer en intĂ©rieur ou donner une faible rĂ©colte. Une plante aux tĂȘtes trĂšs denses est particuliĂšrement vulnĂ©rable aux attaques fongiques Ă  l’extĂ©rieur, oĂč il est impossible de contrĂŽler l’humiditĂ©, la pluie, la rosĂ©e, etc.

Il est important de noter qu’une variĂ©tĂ© prĂȘte Ă  ĂȘtre rĂ©coltĂ©e mi-octobre peut ĂȘtre prĂ©sentĂ©e comme une variĂ©tĂ© indoor dans un catalogue de banque de semences nĂ©erlandaise, alors qu’elle convient parfaitement Ă  la culture indoor comme outdoor dans le sud de l’Espagne.

DIFFÉRENTS TYPES DE BANQUES DE SEMENCES

On peut identifier au moins trois stratégies distinctes parmi les banques de semences:

Créer des variétés originales. Commercialiser des variétés reconnues à des prix compétitifs. Reproduire les meilleurs clones par inversion sexuelle.

Chaque banque de semences s’adapte aux diffĂ©rents besoins des cultivateurs. Qu’il s’agisse de cultivateurs indoors sĂ©lectionnant une plante mĂšre parmi plusieurs graines d’une mĂȘme variĂ©tĂ© ou de cultivateurs ne possĂ©dant que quelques plantes outdoor, en tenant compte de budgets et de compĂ©tences variĂ©s. Il est impossible, Ă  ce niveau, d’affirmer qu’une banque de semences est meilleure qu’une autre, car leurs stratĂ©gies diffĂ©rentes ne conviennent pas Ă  tous les cultivateurs.

VARIÉTÉS LOCALES: UN ENJEU NON RÉSOLU

Les variĂ©tĂ©s locales traditionnelles, Ă©galement appelĂ©es variĂ©tĂ©s natives, constituent un patrimoine gĂ©nĂ©tique d’une valeur inestimable pour les breeders.

Certaines de ces variĂ©tĂ©s, accessibles aux cultivateurs prĂȘts Ă  voyager il y a encore quelques dĂ©cennies, sont aujourd’hui menacĂ©es. La concurrence de variĂ©tĂ©s plus rapides, plus productives et plus puissantes, conjuguĂ©e aux

conflits politiques et militaires, Ă  la prohibition et Ă  d’autres facteurs, sont les principaux problĂšmes auxquels elles sont confrontĂ©es. Le cultivateur amateur moyen ne peut pas faire grand-chose, car ces variĂ©tĂ©s, de par leurs caractĂ©ristiques, ne lui sont gĂ©nĂ©ralement pas

attrayantes. On ne peut pas non plus exiger des cultivateurs locaux des pays possĂ©dant des variĂ©tĂ©s natives qu’ils ne cultivent que leurs variĂ©tĂ©s ancestrales. Il incombe aux États eux-mĂȘmes de prĂ©server ces variĂ©tĂ©s comme un patrimoine culturel liĂ© Ă  leurs traditions.

UNE BANQUE DE SEMENCES EST-ELLE UNE RÉSERVE GÉNÉTIQUE?

Bien qu’en pratique, les banques de semences fonctionnent comme une rĂ©serve gĂ©nĂ©tique, du moins tant qu’elles conservent votre variĂ©tĂ© prĂ©fĂ©rĂ©e dans leur catalogue, ce n’est pas nĂ©cessairement leur fonction premiĂšre. Une banque de semences est une entreprise et, Ă  ce titre, elle peut choisir de prĂ©server son patrimoine gĂ©nĂ©tique, de modifier ses cata-

logues en fonction des ventes, de commercialiser des variĂ©tĂ©s en Ă©dition limitĂ©e, voire de se spĂ©cialiser exclusivement dans les Ă©ditions limitĂ©es. Cela peut s’avĂ©rer contraignant pour certains cultivateurs outdoor qui prĂ©fĂ©reraient que les banques de semences constituent une rĂ©serve gĂ©nĂ©tique permanente Ă  laquelle se rĂ©fĂ©rer Ă  chaque saison.

Cependant, c’est la rĂ©alitĂ©, car le marchĂ© est dictĂ© par la majoritĂ© des clients: les cultivateurs indoors qui sĂ©lectionnent une plante mĂšre et la conservent. Une option pour ces cultivateurs serait de se lancer et de conserver des plantes mĂšres pour la culture outdoor.

Une petite tente de culture Ă©quipĂ©e de lampes basse consommation pourrait ĂȘtre la solution.

LES VARIÉTÉS LOCALES TRADITIONNELLES, ÉGALEMENT APPELÉES VARIÉTÉS NATIVES, CONSTITUENT UNE RÉSERVE GÉNÉTIQUE D’UNE VALEUR INESTIMABLE POUR LES BREEDERS

QUELLE EST L’ÉVOLUTION DU MARCHÉ?

Nous parlons du marchĂ©, et non de l’évolution des banques de semences, car nous savons que ces derniĂšres ne sont pas libres de produire toutes les variĂ©tĂ©s de semences qu’elles souhaitent, mais seulement celles qu’elles peuvent vendre. La raison d’ĂȘtre des banques de semences, et ce qui les fait vivre, c’est le commerce.

Une banque de semences spĂ©cialisĂ©e dans les variĂ©tĂ©s Ă  floraison trĂšs longue ou Ă  faible concentration en cannabinoĂŻdes a moins de chances de survie qu’une banque proposant des variĂ©tĂ©s fĂ©minisĂ©es puissantes et disponibles dans le commerce. Les banques de semences s’adaptent aux besoins des cultivateurs ou en crĂ©ent de nouveaux. Par exemple, l’apparition des semences fĂ©minisĂ©es a fait disparaĂźtre les versions non fĂ©minisĂ©es de nombreuses variĂ©tĂ©s.

L’essor de la culture commerciale indoor pour approvisionner les clubs, les dispensaires et les coffee shops, conjuguĂ© Ă  l’empressement des cultivateurs amateurs Ă  planter les variĂ©tĂ©s qu’ils testent dans ces Ă©tablissements, accĂ©lĂšre la production de semences Ă  partir de clones sĂ©lectionnĂ©s, rĂ©duisant ainsi le dĂ©lai d’obtention d’une variĂ©tĂ© commercialisable.

D’un point de vue strictement Ă©conomique, les banques de semences ont un avenir prometteur. Les cabinets d’études de marchĂ© et de conseil comme Allied Market Research prĂ©voient un taux de croissance annuel (TCAC) de 18,4 % pour le secteur, ce qui signifie que le marchĂ©, actuellement Ă©valuĂ© Ă  1,3 milliard de dollars atteindrait 6,5 milliards de dollars d’ici 2031. Le marchĂ© mondial des semences de cannabis devrait quant Ă  lui atteindre 1,21213 milliard de dollars sur la mĂȘme pĂ©riode, avec un TCA de 14,7 %. Les perspectives sont donc prometteuses pour les producteurs de semences.

LA GERMINATION DES GRAINES DE CANNABIS UN GUIDE COMPLET

Faire germer des graines de cannabis est un processus qui paraĂźt simple, mais qui ne l’est pas toujours, surtout lorsqu’il s’agit de la rĂ©ussite d’une culture ou du dĂ©veloppement et de la prĂ©servation de variĂ©tĂ©s de marijuana de plus en plus coĂ»teuses. Cet article prĂ©sente l’une des mĂ©thodes les plus efficaces, ainsi qu’une analyse des facteurs les plus importants et des conseils pour obtenir un taux de germination de 100 %.

COMMENT PROCÉDER

La premiĂšre Ă©tape avant de planter des graines de cannabis est la scarification. Ce procĂ©dĂ© permet de ramollir l’enveloppe de la graine et de faciliter la pĂ©nĂ©tration de l’eau, stimulant ainsi son ouverture. Pour scarifier la graine, vous aurez besoin d’une petite boĂźte, comme une boĂźte d’allumettes, et d’une feuille de papier de verre Ă  grain fin.

Voici comment procéder:

1. Videz la boüte d’allumettes.

2. DĂ©coupez un morceau de papier de verre de la mĂȘme taille que la boĂźte d’allumettes.

3. Placez le papier de verre au fond de la boüte d’allumettes.

4. Placez les graines Ă  l’intĂ©rieur de la boĂźte d’allumettes et secouez-la pendant environ 10 secondes.

Le mouvement des graines Ă  l’intĂ©rieur de la boĂźte permet au papier de verre de frotter leur surface, crĂ©ant ainsi des microfissures.

L’étape suivante consiste Ă  lever la dormance des graines:

1. Remplissez un verre d’eau osmosĂ©e ou distillĂ©e.

2. Retirez les graines de la boüte et immergez-les dans l’eau.

3. Laissez tremper les graines pendant environ 12 heures.

4. Égouttez l’eau du verre à l’aide d’un chinois.

5. Récupérez les graines au fond du chinois.

La qualitĂ© de l’eau utilisĂ©e lors de cette Ă©tape est importante afin d’éviter toute contamination.

À ce stade, les graines sont prĂȘtes Ă  germer. Pour favoriser la levĂ©e des plantules, un environnement chaud et humide est nĂ©cessaire.

Procédez comme suit:

1. Placez une feuille d’essuie-tout sur une assiette.

2. Humidifiez l’essuie-tout avec de l’eau osmosĂ©e ou distillĂ©e.

3. Égouttez l’excĂ©dent d’eau sur l’assiette.

4. Disposez les graines sur l’essuie-tout en les espaçant lĂ©gĂšrement.

5. Repliez le papier de façon à recouvrir

complĂštement les graines.

6. Placez l’assiette dans un endroit sombre Ă  une tempĂ©rature d’environ 21 °C.

AprĂšs 24 heures, les graines commenceront Ă  germer. Lorsque la radicule blanche qui sort de la coque mesure au moins 2 millimĂštres, il est temps de les planter dans du terreau.

Manipulez les graines nouvellement germĂ©es avec prĂ©caution Ă  l’aide d’une pince Ă  Ă©piler. Vous pouvez les planter directement dans des pots remplis de terreau ou dans des mini-serres. Le pot est prĂ©fĂ©rable car les plantes y auront plus d’espace pour se dĂ©velopper correctement et pousser vigoureusement. Les mini-serres sont idĂ©ales pour les espaces rĂ©duits, mais les jeunes plantes risquent de s’étioler et de s’affaisser sous leur propre poids. Plantez les graines Ă  1 cm de profondeur maximum, la pointe de la radicule vers le bas. Ainsi, les pousses Ă©mergeront plus facilement du substrat. Il est important d’arroser le terreau avant de planter les graines; l’eau pourrait les dĂ©loger et, dans le pire des cas, les faire tomber.

Tout d’abord, arrosez le terreau avec la solution nutritive. Une fois l’eau infiltrĂ©e, faites un petit trou en surface et dĂ©posez-y les graines. Enfin, recouvrez le trou d’une petite poignĂ©e de terre.

En dĂ©but de germination, les graines disposent de tous les nutriments nĂ©cessaires Ă  leur dĂ©veloppement et nĂ©cessitent peu d’engrais; une solution Ă  base de stimulateurs racinaires et d’un complexe de vitamines B est idĂ©ale.

Pour les variĂ©tĂ©s de cannabis autofleurissante, il est recommandĂ© de planter les graines germĂ©es directement dans le contenant qu’elles utiliseront tout au long de leur cycle de vie.

TEMPÉRATURE ET HUMIDITÉ

Pour une germination rĂ©ussie, la tempĂ©rature idĂ©ale se situe autour de 21 °C et l’humiditĂ© relative de 80 %. Certains cultivateurs utilisent des tapis chauffants pour atteindre la tempĂ©rature optimale, mais ces derniers ont l’inconvĂ©nient d’assĂ©cher l’environnement. Pour obtenir le taux d’humiditĂ© adĂ©quat, vous pouvez utiliser des mini-serres Ă  dĂŽme ou un humidificateur Ă©quipĂ© d’un hygrostat. Un thermo-hygromĂštre numĂ©rique avec sonde est idĂ©al pour surveiller les conditions climatiques.

ÉCLAIRAGE

L’éclairage est un paramĂštre crucial pour le bon dĂ©veloppement des graines; une source lumineuse de qualitĂ© est essentielle Ă  leur croissance.

En cas d’éclairage insuffisant, les jeunes plantules auront tendance Ă  filer pour capter la lumiĂšre. La meilleure solution consiste Ă  utiliser des rampes LED. Pendant la germination, environ 200 watts sont nĂ©cessaires pour Ă©clairer correctement un mĂštre carrĂ©.

CONSEILS

Pour amĂ©liorer la germination et le taux de survie des graines, faites-les tremper 24 heures dans une solution d’eau distillĂ©e contenant 1 % de peroxyde d’hydrogĂšne (30 volumes).

Graines fraßchement germées, repiquées dans des pots de 0,2 litre.
BoĂźte contenant du papier de verre pour la scarification.

Cultivez

LA FIN DE LA PHASE VÉGÉTATIVE

Une révolution dans la culture du cannabis

J’ai passĂ© prĂšs de cinquante ans Ă  arpenter les jardins de cannabis, des cultures clandestines du Triangle d’Émeraude aux installations indoors de pointe des Pays-Bas. Durant tout ce temps, une rĂšgle d’or a Ă©tĂ© scrupuleusement respectĂ©e par tous les cultivateurs que j’ai rencontrĂ©s: l’indispensable phase vĂ©gĂ©tative. On nous a tous appris que cette phase est la base du rendement.

On prend ses semis ou ses clones, on les expose Ă  18 ou 24 heures de lumiĂšre, et on passe des semaines Ă  laisser se dĂ©velopper leurs racines, leurs tiges Ă©paisses et leur canopĂ©e luxuriante. On les taille, on les palisse, on les fait passer dans des filets SCROG
 et on attend. Deux semaines, quatre semaines, parfois six, Ă  payer l’électricitĂ©, les nutriments et la main-d’Ɠuvre, sans que la plante ne produise un seul gramme de fleur.

Et si tout ce que nous pensions savoir sur la phase végétative était faux?

Qu’est-ce que la culture “No-Veg”?

J’ai rĂ©cemment analysĂ© des donnĂ©es rĂ©volutionnaires provenant des Pays-Bas, berceau de l’horticulture indoor. Un consortium regroupant Innexo, Fluence et Grodan mĂšne des essais contrĂŽlĂ©s qui remettent en question les fondements mĂȘmes de nos mĂ©thodes de culture. Ils appellent cela la technique “No-Veg”.

L’idĂ©e est radicale dans sa simplicitĂ©: prendre un clone enracinĂ© ou une graine germĂ©e et la placer immĂ©diatement – dĂšs le premier jour – sous un cycle lumineux de floraison de 12 heures de lumiĂšre et 12 heures d’obscuritĂ©. Pas un seul jour de 18 heures de lumiĂšre et 6 heures d’obscuritĂ©.

Aucune transition vĂ©gĂ©tative. Le cycle de floraison lui-mĂȘme assure la structure de la plante: racines, tiges et canopĂ©e se dĂ©veloppent sous un cycle 12h/12h. La croissance est pilotĂ©e par l’irrigation, la fertilisation et le climat, sans passer par la phase vĂ©gĂ©tative.

Les chiffres qui m’ont fait changer d’avis

Sur le papier, la croissance vĂ©gĂ©tative classique semble toujours prometteuse: les essais ont montrĂ© qu’une culture avec deux semaines en veg produisait environ 712 g/mÂČ par rĂ©colte, contre environ 622 g/mÂČ pour la mĂ©thode sans veg, soit environ 13 % de moins par cycle. Nombre de cultivateurs s’arrĂȘtent lĂ . Mais si l’on prend en compte une annĂ©e complĂšte, les chiffres s’inversent. Un programme de culture avec veg classique permet environ quatre rĂ©coltes. La mĂ©thode sans veg en permet six, plus courtes, sur la mĂȘme surface. Le rendement annuel passe d’environ 4 111 g/mÂČ/an Ă  environ 4 621 g/mÂČ/an, soit environ 12 % de fleurs en plus par mĂštre carrĂ© et par an. La consommation d’énergie lumineuse diminue d’environ 30 % et la main-d’Ɠuvre d’environ 37 %. On rĂ©colte ainsi plus de fleurs commercialisables

avec moins d’électricitĂ© et moins d’heures de travail. Comme me l’a expliquĂ© Dominique van Gruisen, PDG d’Innexo: «“Maintenir les plantes en phase vĂ©gĂ©tative pour produire du feuillage destinĂ© ensuite Ă  ĂȘtre jetĂ© est contre-productif. La phase vĂ©gĂ©tative consomme environ 50 %

d’heures de lumiĂšre en plus que la floraison, ce qui reprĂ©sente un coĂ»t Ă©nergĂ©tique important pour le cultivateur.”

Renverser la pyramide de qualité

Les grandes plantes à longue phase végétative

À mi-chemin de l’expĂ©rimentation de la technique No-Veg au centre de recherche d’Innexo.

dĂ©veloppent une pyramide de qualitĂ©: une fine couche supĂ©rieure de fleurs de qualitĂ© A, une couche intermĂ©diaire de qualitĂ© B et une large base de feuillage lĂ©ger et aĂ©rĂ© que personne ne souhaite tailler. Le feuillage dense se fait de l’ombre Ă  lui-mĂȘme ; seule la strate supĂ©rieure bĂ©nĂ©ficie d’une lumiĂšre optimale.

La No-Veg inverse la pyramide traditionnelle. Au lieu de buissons tentaculaires, on obtient des colonnes hautes et Ă©lancĂ©es aux canopĂ©es ouvertes, permettant Ă  la lumiĂšre d’atteindre chaque tĂȘte. Lors des essais, le pourcentage de fleurs de qualitĂ© A est passĂ© de 20 % Ă  35 %, tandis que celui des fleurs de qualitĂ© C a chutĂ© de 25 % Ă  seulement 5 %. L’indice de rĂ©colte – le poids des fleurs en pourcentage de la biomasse totale de la plante – se situe entre 60 % et 80 %. On rĂ©duit les dĂ©chets de taille et on obtient davantage de tĂȘtes de premiĂšre qualitĂ©. MaĂźtriser l’étirement plutĂŽt que le combattre Comment une plante qui saute la phase vĂ©gĂ©tative peut-elle atteindre une taille suffisante pour produire? La rĂ©ponse rĂ©side dans l’étirement – cette poussĂ©e de croissance verticale explosive que connaĂźt chaque plante de cannabis lors de son passage en floraison. Dans les cultures traditionnelles, on la combat; avec la No-Veg, on l’encourage.

Comme les plantes n’ont pas dĂ©veloppĂ© un buisson complexe de branches latĂ©rales, l’énergie se concentre sur la tige et sur quelques tĂȘtes principales, formant ainsi une colonne haute et nette. DĂšs le premier jour, la lumiĂšre pĂ©nĂštre plus profondĂ©ment et la plante Ă©quilibre naturellement son feuillage et sa floraison, ne nĂ©cessitant qu’un minimum d’entretien. La nature se charge de la taille. À partir de graines: semez directement dans un grand pot dĂ©finitif – idĂ©alement de 11 Ă  12 litres. La racine pivotante s’enfonce profondĂ©ment, exploite tout cet espace et envoie un signal d’abondance au reste de la plante. MĂȘme si le cycle lumineux de 12 h/12 h annonce l’arrivĂ©e de l’hiver, ce signal racinaire compense le stress et stimule une croissance vigoureuse.

Des racines parfaites ou rien

S’il y a une leçon Ă  tirer des essais, c’est celle-ci: vos racines doivent ĂȘtre irrĂ©prochables. Frank Janssen de Grodan l’exprime sans dĂ©tour: “Il n’y a aucune marge d’erreur possible durant les deux premiĂšres semaines. Le moindre problĂšme survenant Ă  ce stade aura des rĂ©percussions sur le reste du cycle” Les chercheurs utilisent un systĂšme de notation des racines (0 Ă  5) pour les clones placĂ©s dans des pastilles de laine de roche. L’idĂ©al se situe entre 2 et 3: les racines ont colonisĂ© la pastille, avec 10 Ă  30 pointes blanches et brillantes qui se dĂ©veloppent vers l’extĂ©rieur, sans toutefois s’enrouler ni dĂ©pĂ©rir. Trop peu de racines et la plante ne survivra pas. Trop de racines indiquent un stress racinaire. Conseil de Jorge: Commencez toujours avec

De droite Ă  gauche, Dominique van Gruisen d’Innexo BV prĂ©sente Ă  Jorge Cervantes et Ă  Xavier Gaya (Avitas) les dĂ©tails de ses recherches sur la culture sans croissance vĂ©gĂ©tative lors des Acceleration Days dans le sud des Pays-Bas.

20 Ă  30 % de clones de plus que nĂ©cessaire et Ă©liminez impitoyablement tout ceux qui ne sont pas parfaits. L’uniformitĂ© souterraine garantit l’uniformitĂ© aĂ©rienne.

Votre feuille de route hebdomadaire pour la culture sans phase

une précision chirurgicale. Au début, vous facilitez la croissance des racines (faible concentration de nutriments, humidité abondante). Ensuite, vous augmentez progressivement le stress (engrais plus concentrés, périodes de sécheresse nocturnes) pour stimuler la floraison. Voici comment se déroule un cycle typique:

végétative

La culture sans veg n’est pas une solution de facilitĂ© pour les cultivateurs paresseux; elle exige une gestion prĂ©cise de l’eau, des nutriments et du climat. Dans les substrats inertes comme la laine de roche, ce que vous apportez est ce que les racines reçoivent. Vous contrĂŽlez donc la plante avec

Semaine 1 — Tout ou rien: LumiĂšre modĂ©rĂ©e (cycle 12/12), forte humiditĂ©, tempĂ©rature Ă©levĂ©e (25-26 °C). Ne pas arroser les premiers jours pour laisser les racines chercher l’humiditĂ©. Si une plante semble faible au 3e jour, arrachez-la. Elle ne s’en remettra pas.

Semaine 2 — DĂ©but de la croissance: Augmenter

l’intensitĂ© lumineuse. Arroser frĂ©quemment et lĂ©gĂšrement. La plante devrait visiblement pousser chaque jour.

Semaine 3 — Croissance maximale: LumiĂšre Ă  pleine puissance. À la fin de cette semaine, augmenter la concentration d’engrais pour que la plante cesse de s’étioler et commence Ă  se fortifier. Laisser le substrat sĂ©cher davantage pendant la nuit.

Semaine 4 — Floraison finale: Les plantes atteignent leur hauteur finale (70-120 cm) avec la formation de pistils blancs Ă  chaque nƓud. Ne pas retirer les feuilles. Ces petites feuilles en Ă©ventail, parfaitement positionnĂ©es, sont les rĂ©serves de sucre qui alimentent les tĂȘtes.

Semaines 5 Ă  7 — Croissance: Arroser plus abondamment mais moins frĂ©quemment. Laisser sĂ©cher le substrat pendant la nuit. Baisser la tempĂ©rature pour prĂ©server les terpĂšnes et rĂ©duire l’humiditĂ© pour Ă©viter les moisissures.

Semaines 8 à 9 — Maturation: Diminuer l’apport en nutriments pour permettre à la plante d’uti-

prĂ©fĂ©rable de privilĂ©gier les grandes variĂ©tĂ©s avec une longue phase vĂ©gĂ©tative. Lorsqu’elle est adaptĂ©e, ses avantages sont indĂ©niables. Six rĂ©coltes par an garantissent un flux de trĂ©sorerie toutes les huit semaines et une rotation plus rapide des variĂ©tĂ©s. Des plantes plus petites sont plus faciles Ă  gĂ©rer, les coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques et de main-d’Ɠuvre diminuent, et les cycles plus courts laissent moins de temps aux ravageurs et aux maladies pour s’installer. Dominique van Gruisen prĂ©voit que cette approche deviendra la norme du secteur d’ici cinq ans pour tous les producteurs non limitĂ©s par le nombre de plantes: “Environ 2 000 professionnels du secteur ont visitĂ© notre centre de dĂ©monstration et tous ceux qui ont vu cette approche en action sont repartis convaincus qu’il s’agit de la voie Ă  suivre.”

L’avenir est Ă  l’efficacitĂ©

L’industrie du cannabis Ă©volue, passant des caves aux salles de rĂ©union, de l’art Ă  la science. La technique No-Veg exige d’ĂȘtre un meilleur cultivateur: maĂźtriser ses racines, son climat et son irrigation. Ce n’est pas une solution miracle. Mais si vous y parvenez, les avantages sont indĂ©niables: plus de rĂ©coltes, une meilleure qualitĂ©, des coĂ»ts rĂ©duits.

liser ses rĂ©serves. Observer les trichomes: une coloration laiteuse avec une lĂ©gĂšre teinte ambrĂ©e indique qu’il est temps de rĂ©colter.

La technique No-Veg est-elle faite pour vous?

Soyons clairs, cette technique ne convient pas Ă  tous. Il n’y a pas le temps de rĂ©cupĂ©rer des erreurs: une erreur commise dĂšs la premiĂšre semaine se rĂ©percute inĂ©vitablement sur le rendement final. De plus, la technique No-Veg repose sur une densitĂ© de plantation plus Ă©levĂ©e (8 Ă  10 plantes par mĂštre carrĂ©). Si la rĂ©glementation locale limite le nombre de plantes, il est

L’avenir de la culture est Ă  l’efficacitĂ©. La question est: ĂȘtes-vous prĂȘt Ă  abandonner la phase vĂ©gĂ©tative?

Cultivez intelligemment. Cultivez efficacement. Et comme toujours, visez haut!

Jorge Cervantes

Source: Innexo, Essais contrÎlés Fluence & Grodan.

Pour plus d’information: innexo.nl | jorge-cervantes.com

De droite Ă  gauche: Dominique van Gruisen, Jorge Cervantes et l’abondante rĂ©colte de No-Veg!
La technique du No-Veg exploite l’étirement naturel du cannabis en floraison pour favoriser la croissance des fleurs tout en rĂ©duisant la masse foliaire.
Cycle de culture de sept semaines selon la technique No-Veg au centre de recherche Innexo.
Quelqu’un peut dire que cette culture est en No-Veg?

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Les plantes utilisentelles la lumiĂšre verte pour la photosynthĂšse?

La culture sous Ă©clairage artificiel a connu une transformation radicale au cours de la derniĂšre dĂ©cennie. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles tant de mythes persistent concernant l’éclairage horticole. L’une des affirmations les plus tenaces est que les plantes n’utilisent pas la lumiĂšre verte pour la photosynthĂšse. Mais est-ce vraiment le cas?

C’est prĂ©cisĂ©ment ce que cet article explore.

L’idĂ©e que les plantes “ne voient pas” la lumiĂšre verte semble logique: nous percevons les plantes comme vertes, ce qui nous amĂšne Ă  supposer qu’elles rĂ©flĂ©chissent la lumiĂšre verte et ne l’utilisent donc pas pour la photosynthĂšse. Cependant, la physiologie vĂ©gĂ©tale est bien plus complexe. Les recherches modernes montrent clairement que la partie verte du spectre lumineux n’est pas inutile; elle fonctionne diffĂ©remment chez les plantes par rapport Ă  la lumiĂšre bleue et rouge.

LUMIÈRE VERTE ET PAR

Les plantes absorbent la lumiĂšre grĂące Ă  trois principaux types de pigments. Chaque type est plus sensible Ă  certaines longueurs d’onde. Les pigments les plus connus sont les chlorophylles, qui prĂ©sentent des pics d’absorption dans les rĂ©gions bleue (environ 430-470 nm) et rouge (environ 640-680 nm) du spectre lumineux. Cela signifie que la lumiĂšre Ă  ces longueurs d’onde a l’influence la plus forte sur la photosynthĂšse.

Cependant, nous savons que d’autres parties du rayonnement photosynthĂ©tiquement actif (RPA), dĂ©fini comme Ă©tant compris entre 400 et 700 nm, contribuent Ă©galement Ă  la photosynthĂšse. La rĂ©gion verte du spectre (environ 500-570 nm) prĂ©sente une absorption plus faible que la lumiĂšre bleue et rouge, mais elle constitue nĂ©anmoins une composante Ă  part entiĂšre du RPA, comme l’ont Ă©tabli les travaux de Keith J. McCree en 1972. MalgrĂ© cela, on a longtemps cru que la lumiĂšre verte n’avait que peu ou pas d’effet significatif sur la photosynthĂšse du cannabis.

La culture sous Ă©clairage artificiel est Ă©nergivore, ce qui explique pourquoi les fabricants d’éclairage horticole — qu’il s’agisse de lampes Ă  dĂ©charge Ă  haute intensitĂ© ou de systĂšmes LED — ont cherchĂ© Ă  produire des luminaires optimisant l’efficacitĂ© photosynthĂ©tique.

Ceci a conduit au dĂ©veloppement des panneaux LED “blurple” reconnaissables Ă  leur lueur violette, obtenue par la combinaison des longueurs d’onde bleues et rouges correspondant aux pics d’absorption de la chlorophylle.

L’idĂ©e que la lumiĂšre verte est inutile car les plantes ne l’utilisent pas a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme un fait Ă©tabli. Or, il s’avĂšre que ce n’est pas tout Ă  fait vrai.

NE NÉGLIGEZ PAS LA LUMIÈRE VERTE

En 2017, David S. Smith et ses collĂšgues ont publiĂ© un article de synthĂšse dans le Journal of Experimental Botany, intitulĂ© “Ne nĂ©gligez pas la lumiĂšre verte”, qui a contribuĂ© de maniĂšre significative Ă  la réévaluation du rĂŽle de la lumiĂšre verte dans la photosynthĂšse. Dans cet article, les auteurs rĂ©sument des donnĂ©es expĂ©rimentales issues de la physiologie foliaire, de mesures optiques et d’études de la canopĂ©e, dĂ©montrant que la lumiĂšre verte n’est pas nĂ©gligeable pour la photosynthĂšse, contrairement Ă  ce que l’on avait souvent dĂ©duit des seuls spectres d’absorption de la chlorophylle.

Les auteurs prĂ©sentent des preuves montrant que, mĂȘme si la lumiĂšre verte est moins fortement absorbĂ©e par la chlorophylle Ă  la surface de la feuille, une part importante des photons verts pĂ©nĂštre plus profondĂ©ment dans le mĂ©sophylle et peut stimuler efficacement la photosynthĂšse dans les couches infĂ©rieures de la feuille et dans les parties infĂ©rieures de la canopĂ©e. L’étude souligne la diffĂ©rence entre le spectre d’absorption de la chlorophylle et l’efficacitĂ© photosynthĂ©tique rĂ©elle au sein des tissus foliaires et des couverts vĂ©gĂ©taux. Elle dĂ©montre que la lumiĂšre verte contribue davantage Ă  l’assimilation totale du carbone qu’on ne le supposait auparavant, sur base de mesures simplifiĂ©es en laboratoire. Cet article a ainsi permis de faire Ă©voluer la perspective, passant des courbes d’absorption de la chlorophylle Ă  une comprĂ©hension plus rĂ©aliste de la distribution de la lumiĂšre dans les feuilles et les couverts vĂ©gĂ©taux denses.

Ces rĂ©sultats aident Ă  expliquer pourquoi les plantes rĂ©flĂ©chissent une partie de la lumiĂšre verte tout en Ă©tant capables de l’utiliser pour la photosynthĂšse. Alors que les photons bleus et rouges sont fortement absorbĂ©s dans les couches supĂ©rieures du mĂ©sophylle, la lumiĂšre verte est absorbĂ©e moins intensĂ©ment et une plus grande proportion pĂ©nĂštre plus profondĂ©ment dans le tissu foliaire, lĂ  oĂč la lumiĂšre bleue et rouge atteint nettement moins de particules. GrĂące Ă  cette pĂ©nĂ©tration plus profonde, la lumiĂšre verte peut activer les chloroplastes dans les couches infĂ©rieures de la feuille. ParallĂšlement, une partie de la lumiĂšre verte est rĂ©flĂ©chie et une autre est transmise Ă  travers la feuille, ce qui explique

L’éclairage LED bleu-violet se concentre sur les parties du spectre lumineux oĂč l’absorption de la chlorophylle est la plus Ă©levĂ©e.
La lumiĂšre verte pĂ©nĂštre profondĂ©ment dans la canopĂ©e, lĂ  oĂč la lumiĂšre bleue et rouge pĂ©nĂštrent beaucoup moins.

LA LUMIÈRE VERTE EST PEUT-ÊTRE MOINS EFFICACE PAR PHOTON, MAIS ELLE CONTRIBUE À LA PHOTOSYNTHÈSE LÀ OÙ LA LUMIÈRE ROUGE ET BLEUE NE PEUVENT PAS ATTEINDRE

pourquoi nous percevons les feuilles comme vertes. Une feuille absorbe généralement 70 à 85 % de la lumiÚre verte, le reste étant réfléchi ou transmis.

LUMIÈRE VERTE SOUS COUVERT

VÉGÉTAL DENSE

En culture sous Ă©clairage artificiel, on travaille souvent avec des couverts vĂ©gĂ©taux denses. Dans ces conditions, les feuilles supĂ©rieures absorbent fortement la lumiĂšre bleue et rouge. De ce fait, les couches infĂ©rieures reçoivent un rayonnement plus diffus, une proportion relativement plus Ă©levĂ©e de photons de longueur d’onde verte et une part accrue de lumiĂšre rouge lointain. Si la lumiĂšre verte contribue Ă  la photosynthĂšse grĂące Ă  sa meilleure pĂ©nĂ©tration Ă  travers la feuille, le rouge lointain agit comme un puissant facteur de signalisation via le systĂšme phytochromique, influençant la morphologie et le dĂ©veloppement de la plante en conditions d’ombrage.

Or, c’est loin d’ĂȘtre le cas. La lumiĂšre verte a un rendement quantique infĂ©rieur Ă  celui de la lumiĂšre rouge. Si elle Ă©tait la composante dominante du spectre, l’efficacitĂ© photosynthĂ©tique globale serait considĂ©rablement rĂ©duite. NĂ©anmoins, le rĂŽle et l’efficacitĂ© du spectre vert confortent l’idĂ©e que la tendance actuelle vers un Ă©clairage Ă  spectre complet constitue un progrĂšs judicieux et pertinent.

Ignorer la composante verte serait une erreur, car son influence sur les plantes est loin d’ĂȘtre nĂ©gligeable. Contrairement Ă  la lumiĂšre rouge lointaine, qui signale clairement Ă  la plante qu’elle est Ă  l’ombre et qu’elle doit s’étioler, la lumiĂšre verte agit de maniĂšre beaucoup plus subtile. Il ne s’agit pas d’un signal de croissance puissant, mais plutĂŽt d’un ajustement fin de la façon dont la plante rĂ©agit aux autres parties du spectre.

Des recherches suggĂšrent que la lumiĂšre verte peut partiellement contrebalancer l’effet de la lumiĂšre bleue, qui favorise une croissance compacte. Il peut en rĂ©sulter une forme de plante plus naturelle et un dĂ©veloppement foliaire plus harmonieux. La lumiĂšre verte pĂ©nĂštre plus profondĂ©ment dans les feuilles et dans les parties infĂ©rieures de la canopĂ©e, contribuant ainsi Ă  stimuler des zones de la plante qui, autrement, recevraient moins d’énergie.

La source de lumiÚre naturelle pour les plantes est, bien sûr, le Soleil. Les plantes se sont

adaptĂ©es Ă  son spectre lumineux depuis des centaines de millions d’annĂ©es. La distribution spectrale de la lumiĂšre solaire est incontestablement un spectre complet. Logiquement, l’objectif de l’éclairage horticole artificiel devrait ĂȘtre de reproduire la lumiĂšre solaire aussi fidĂšlement que possible.

Cependant, la consommation d’énergie doit Ă©galement ĂȘtre prise en compte. Si l’on souhaite Ă©largir le spectre pour inclure des longueurs d’onde supplĂ©mentaires tout en maintenant l’intensitĂ© des bandes dĂ©jĂ  couvertes, il faut augmenter le flux lumineux total, ce qui entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une consommation d’énergie plus importante.

La tĂąche des chercheurs et des fabricants d’éclairage, qui consiste Ă  amĂ©liorer encore l’efficacitĂ© de l’éclairage pour la photosynthĂšse et la morphologie des plantes, implique sans aucun doute de poursuivre les recherches sur les longueurs d’onde moins explorĂ©es et de mieux comprendre comment les plantes les traitent et y rĂ©agissent. GrĂące aux progrĂšs rapides de la technologie LED, les scientifiques disposent dĂ©sormais d’un outil puissant pour faire de nouvelles dĂ©couvertes dans ce domaine.

Une chose est cependant dĂ©jĂ  claire aujourd’hui: la composante verte de la lumiĂšre joue indĂ©niablement un rĂŽle dans la photosynthĂšse, ainsi que dans d’autres processus se dĂ©roulant au sein de la feuille.

Des Ă©tudes plus rĂ©centes montrent qu’à des intensitĂ©s lumineuses Ă©levĂ©es (PPFD Ă©levĂ©), l’efficacitĂ© photosynthĂ©tique de la lumiĂšre verte peut ĂȘtre Ă©tonnamment proche de celle de la lumiĂšre rouge, prĂ©cisĂ©ment en raison d’une distribution plus homogĂšne de l’énergie au sein des tissus foliaires.

Une mĂ©ta-analyse de 2024 publiĂ©e dans le Journal of Experimental Botany indique par ailleurs que, dans certaines conditions, la lumiĂšre verte peut amĂ©liorer l’efficacitĂ© photosynthĂ©tique, influencer la morphologie de la plante et optimiser l’utilisation de l’eau. Ceci rĂ©fute clairement l’affirmation selon laquelle les plantes seraient incapables d’utiliser la lumiĂšre verte.

DEVRIONS-NOUS CULTIVER SOUS

LUMIÈRE VERTE?

D’aprĂšs les informations prĂ©sentĂ©es jusqu’ici, on pourrait conclure qu’il suffirait de cultiver des plantes exclusivement sous lumiĂšre verte.

Un éclairage à spectre complet permet une évaluation visuelle fiable de la culture.
La lumiùre du soleil fournit un spectre lumineux complet. Elle convient aussi bien aux plantes qu’à l’Ɠil humain.

Outdoor Saison 2026

Les meilleurs conseils de Stoney pour cultiver outdoor en 2026

À l’approche du printemps, les tempĂ©ratures remontent et l’humiditĂ© augmente. C’est le moment idĂ©al pour planifier votre culture en plein air pour 2026. Cultiver du cannabis en plein air est simple, mais il est facile de prendre de mauvaises habitudes qui peuvent nuire Ă  la croissance. Dans cet article, je vous livre mes meilleurs conseils pour un dĂ©marrage serein et pour assurer le meilleur dĂ©part possible Ă  vos semis !

L’emplacement idĂ©al

La premiĂšre chose Ă  faire est de trouver l’emplacement idĂ©al pour vos plantes. Pensez Ă  l’ensoleillement, Ă  l’intimitĂ© (situĂ© Ă  l’abri des regards indiscrets), Ă  la protection contre les animaux et les oiseaux, et Ă  l’espace disponible pour travailler. En Europe, privilĂ©giez une exposition ouest, car c’est dans cette direction que le soleil se couche. Il sera parfois nĂ©cessaire de dĂ©placer les plantes pour optimiser l’ensoleillement. Enfin, prĂ©voyez un emplacement dĂ©finitif pour vos plantes une fois arrivĂ©es Ă  maturitĂ©.

Commencez avec des petits pots

Bien que le repiquage direct d’une graine dans un grand pot simplifie la tĂąche, il est conseillĂ© de dĂ©marrer les semis dans de petits pots. Des pots de seulement 0,5 L suffisent et facilitent la culture simultanĂ©e de plusieurs jeunes plantes. Le rempotage est bĂ©nĂ©fique pour obtenir des semis et des jeunes plantes aux racines bien dĂ©veloppĂ©es et pour Ă©viter qu’ils ne soient Ă  l’étroit dans leur pot. Un semis cultivĂ© dans un petit pot devra ĂȘtre rempotĂ© dans un pot plus grand toutes les 2 Ă  3 semaines.

Photopériodiques et autofleurissantes

Les plantes photopĂ©riodiques restent en croissance vĂ©gĂ©tative jusqu’à fin juillet, date Ă  laquelle elles commencent Ă  fleurir. La rĂ©colte des plantes photopĂ©riodiques n’est possible que de septembre Ă  dĂ©but octobre. Cela signifie qu’il faut attendre plus de 6 mois avant de pouvoir rĂ©colter, sĂ©cher et consommer. Un excellent moyen d’augmenter le nombre de rĂ©coltes pendant cette pĂ©riode est de planter des graines de cannabis autofleurissantes en mĂȘme temps que les plantes photopĂ©riodiques. Les autofleurissantes ne prennent que 11 Ă  12 semaines de la graine Ă  la rĂ©colte, et peuvent ĂȘtre cultivĂ©es dans le mĂȘme espace que les plantes photopĂ©riodiques sans problĂšme. Pour les cultivateurs d’Europe du Nord, il est prĂ©fĂ©rable d’opter pour des variĂ©tĂ©s Ă  floraison rapide.

Les pots en feutre sont parfaits

J’adore utiliser des pots en feutre pour le rempotage dĂ©finitif car ils laissent passer l’air, oxygĂšnent les racines et favorisent leur dĂ©veloppement. De ce fait, la masse racinaire d’une plante de cannabis cultivĂ© en pot de feutre est bien supĂ©rieure Ă  celle d’une plante cultivĂ©e en pot plastique. Mon conseil: commencez vos semis dans un petit pot en plastique, puis, au moment du rempotage dĂ©finitif, utilisez un pot en feutre de 50 litres. Vous n’aurez pas Ă  vous soucier du problĂšme de racines Ă  l’étroit et vous obtiendrez un bien meilleur rendement avec les pots en feutre.

Un terreau de qualité

L’offre de terreaux est vaste et il existe de nombreuses marques. Savoir quelle marque est la meilleure ou si la terre de votre jardin est bonne pour la culture du cannabis peut s’avĂ©rer complexe. Les facteurs les plus importants pour dĂ©terminer la qualitĂ© de votre terreau sont le drainage, la capacitĂ© de rĂ©tention d’eau, la teneur en nutriments, sa texture aĂ©rĂ©e et spongieuse, ainsi que son odeur. Un terreau de mauvaise qualitĂ©, contaminĂ© par des maladies, dĂ©gage une odeur nausĂ©abonde et est dĂ©pourvu de ce doux parfum de sous-bois. Je recommande d’investir dans une marque rĂ©putĂ©e et d’éviter les terreaux bon marchĂ© des jardineries ainsi que tout produit susceptible de contenir des engrais chimiques.

Arrosoir de 5 L

Un arrosoir est idĂ©al pour doser l’eau apportĂ©e Ă  vos plantes. En avoir un Ă  l’extĂ©rieur vous aidera Ă  trouver le bon Ă©quilibre et Ă  Ă©viter le sous-arrosage ou le sur-arrosage. Quand le sol est saturĂ©, le taux d’oxygĂšne diminue et la terre devient lourde et compacte, favorisant ainsi la prolifĂ©ration de bactĂ©ries nuisibles. Achetez un petit arrosoir de 5 L et veillez Ă  le remplir avec la mĂȘme quantitĂ© d’eau Ă  chaque fois. À mesure que vos plantes grandissent, vous pouvez augmenter le volume d’eau. Cependant, n’arrosez que lorsque la terre est sĂšche au toucher.

Récolte continue avec les autofleurissantes

Si vous prĂ©voyez de cultiver uniquement des plantes de cannabis autofleurissantes en plein air cette annĂ©e, je vous recommande d’en planter une nouvelle tous les 30 jours. Vous pourrez ainsi rĂ©colter 3 Ă  4 fois de suite. Les autofleurissantes Ă  floraison rapide sont les plus pratiques pour les cultivateurs europĂ©ens, car elles ont beaucoup plus de chances de fleurir et de mĂ»rir avec d’excellents rĂ©sultats. Les autofleurissantes sont des plantes robustes et rĂ©sistantes qui s’épanouissent mĂȘme sous des climats froids et lors de courtes saisons estivales. Leur performance, supĂ©rieure Ă  celle des plantes photopĂ©riodiques, vous surprendra. Il est donc judicieux de les rĂ©colter rĂ©guliĂšrement.

Inoculer des micro-organismes et des champignons

Les bactĂ©ries et les champignons bĂ©nĂ©fiques permettent aux plantes de cannabis d’accĂ©der aux nutriments et de lutter contre les bactĂ©ries et les agents pathogĂšnes. Vous pouvez acheter des inoculants en ligne et les prĂ©parer vous-mĂȘmes Ă  l’aide d’une pompe Ă  air, d’une pierre Ă  air et d’un seau. Les sols vieux et appauvris seront ainsi enrichis, favorisant une relation symbiotique entre les racines de vos plantes. Je recommande d’inoculer votre sol tous les 14 jours. Les thĂ©s de compost oxygĂ©nĂ©s constituent une autre solution pour apporter au sol

tous les nutriments et micro-organismes bénéfiques nécessaires. Pendant les phases de germination et de croissance végétative, ils stimulent une croissance vigoureuse et saine et ils représentent un excellent complément à tout programme de fertilisation en floraison.

Serres recouvertes de plastique

Il existe une vaste gamme de serres disponibles en ligne, allant de grandes serres de plusieurs mĂštres aux petites serres adaptĂ©es Ă  la taille de vos plantes. Si vous souhaitez protĂ©ger vos plantes des oiseaux, des insectes, du froid et des vents violents, les serres recouvertes de plastique sont une excellente solution, que je recommande vivement. Pour les cultivateurs soucieux de prĂ©server l’intimitĂ© de leurs plantes, une serre recouverte de plastique est une solution idĂ©ale. Les serres sont parfaites pour maintenir une tempĂ©rature et une humiditĂ© ambiantes optimales et pour protĂ©ger les semis et les jeunes plants des rayons UV et de la lumiĂšre intense.

Plantes compagnes

Les plantes compagnes peuvent ĂȘtre plantĂ©es Ă  proximitĂ© des plantes de cannabis pour les aider Ă  repousser les insectes et les parasites. Elles agissent en produisant des terpĂšnes dont le profil est rĂ©pulsif pour les insectes courants. Ces petites plantes prennent peu de place et peuvent ĂȘtre plantĂ©es Ă  cĂŽtĂ© de vos plantes photopĂ©riodiques ou autofleurissantes. Le souci, la digitale pourpre, la coriandre, la menthe poivrĂ©e, l’ail, l’aneth, le basilic, la roquette, le chrysanthĂšme, le tournesol et l’achillĂ©e millefeuille sont tous peu coĂ»teux, faciles Ă  trouver et trĂšs efficaces pour protĂ©ger vos plantes des insectes et des larves.

Semer Ă  l’intĂ©rieur

Au fil des ans, j’ai eu du mal Ă  faire germer mes semis Ă  l’extĂ©rieur Ă  cause du froid, des oiseaux qui mangeaient les graines, du chat du voisin qui les dĂ©terrait les pots, des fourmis et de nombreux autres problĂšmes. Une solution pour Ă©viter tous ces dĂ©sagrĂ©ments est de semer Ă  l’intĂ©rieur sous une lampe fluocompacte ou une LED basse consommation. RĂ©glez le cycle lumineux sur 18 heures de lumiĂšre et 6 heures d’obscuritĂ©. Une fois que les semis ont entre 14 et 21 jours, vous pouvez les repiquer Ă  l’extĂ©rieur en toute sĂ©curitĂ©, en sachant qu’ils se dĂ©velopperont bien. DĂ©couvrir que vos plantes ont Ă©tĂ© mangĂ©es ou dĂ©truites peut vous faire perdre des semaines, voire des mois. Semer Ă  l’intĂ©rieur vous garantit que vos plantes bĂ©nĂ©ficient des meilleures conditions de dĂ©part et sont totalement exemptes de stress.

Évitez de semer directement en pleine terre

À moins que la terre de votre jardin ne soit fertile et bien drainĂ©e, il peut ĂȘtre risquĂ© de semer directement en pleine terre. En effet, la plupart des plates-bandes contiennent des cailloux et sont mal aĂ©rĂ©es. Il est prĂ©fĂ©rable de bĂȘcher la terre et de la remplacer par un mĂ©lange frais de lombricompost, de compost, de perlite et de terre. Ainsi, les racines pourront se dĂ©velopper librement en profondeur et vous n’aurez pas Ă  vous soucier d’un retard de croissance.

Surveillez réguliÚrement vos plantes

Inspectez quotidiennement vos plantes d’extĂ©rieur, en examinant le dessus et le dessous des feuilles pour dĂ©tecter toute trace d’insectes. Vous seriez surpris de la rapiditĂ© avec laquelle les thrips et les pucerons peuvent s’installer et Ă©lire domicile sur vos plantes. Il est Ă©galement conseillĂ© de vĂ©rifier les racines de vos plantes: elles doivent ĂȘtre d’un blanc

Ă©clatant et duveteuses. Des racines fines, cassantes et dĂ©colorĂ©es indiquent gĂ©nĂ©ralement une attaque bactĂ©rienne au niveau des racines. Inoculer votre sol est la mĂ©thode la plus simple pour favoriser le dĂ©veloppement d’une population dominante de bactĂ©ries aĂ©robies.

ProtĂ©ger les jeunes plants avec des gobelets en plastique AprĂšs la germination de vos graines de cannabis, les jeunes plants sont particuliĂšrement vulnĂ©rables au vent et aux prĂ©dateurs durant les deux premiĂšres semaines. Utiliser des petits pots en plastique fendus sur le dessus est une solution Ă©conomique et efficace pour les protĂ©ger. Recouvrez la base du pot de terre pour Ă©viter qu’il ne se renverse sous l’effet du vent ou de la pluie. Si vos plantes sont attaquĂ©es par des insectes, l’utilisation de dĂ©prĂ©dateurs est une bonne solution. Il suffit de placer un sachet sur la plante: les dĂ©prĂ©dateurs pĂ©nĂ©treront dans le sol et combattront les insectes nuisibles. Les insectes dĂ©prĂ©dateurs constituent une solution naturelle et sans produits chimiques pour lutter contre ce problĂšme potentiellement dangereux. Il faut gĂ©nĂ©ralement compter 2 Ă  3 semaines avant de constater la disparition des dĂ©gĂąts causĂ©s par les insectes ou des larves.

Pots surélevés

Utiliser une palette en bois pour surĂ©lever vos pots permet de protĂ©ger les racines du gel, d’amĂ©liorer le drainage et d’accroĂźtre la circulation de l’air Ă  la base des pots. Un sol froid et humide peut crĂ©er une zone racinaire froide et gorger la terre d’eau. C’est pourquoi l’utilisation de pots en tissu est idĂ©ale pour aĂ©rer le substrat et assurer une croissance et un dĂ©veloppement racinaires optimaux. Vous seriez surpris de la diffĂ©rence que peut faire le simple fait de surĂ©lever la base des pots de quelques centimĂštres.

Mes réflexions finales

Prenez le temps de bien planifier votre projet de culture extĂ©rieure Ă  l’avance et ne nĂ©gligez aucun dĂ©tail concernant le choix de l’emplacement, des variĂ©tĂ©s, du substrat, des pots et des nutriments. Ne vous prĂ©cipitez pas et n’oubliez pas que la culture outdoor de plantes photopĂ©riodiques prend plus de six mois! Les graines de cannabis autofleurissantes sont faciles Ă  cultiver et nĂ©cessitent trĂšs peu d’entretien. Elles peuvent aider Ă  garder vos bocaux de sĂ©chage remplis en attendant la rĂ©colte des photopĂ©riodiques. Je recommande l’achat d’une petite serre, surtout pendant les 4 Ă  6 premiĂšres semaines, jusqu’à ce que vos plantes soient robustes et rĂ©sistantes au vent et aux nuits froides. Les bactĂ©ries, champignons et micro-organismes bĂ©nĂ©fiques jouent un rĂŽle crucial dans l’absorption des nutriments et la santĂ© du sol. Prenez l’habitude d’inoculer le sol toutes les deux semaines et de prĂ©parer des thĂ©s de compost oxygĂ©nĂ©s toutes les quatre semaines.

Cette petite serre est idéale pour la culture des autofleurissantes.
Faire germer les semis Ă  l’intĂ©rieur les protĂšge des insectes et du vent.
Une plante d’extĂ©rieur cultivĂ©e dans un pot en feutre de 30 L.

Per aspera ad astra* : Grow & Seeds en France

4

THE POT COMPANY DIJON

31 rue Guillaume Tell 21000 DIJON 03.80.56.47.16 @thepotcompanydijon

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2

LE MUSÉE DU FUMEUR

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Co-Authors

Chief ScientiïŹc OfïŹcer, Dr. Gary Yates

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Table of Contents

‱ Cannabis Botany

‱ Life Cycle of Cannabis

‱ Cannabis Seeds & Seedlings

‱ Plan Your Garden

‱ Grow Room Setup

‱ Twelve-week Garden

‱ Harvest, Manicuring, Drying, Curing & Storage

‱ Diseases, Pests & Problems

JORGE CERVANTES

Author Marijuana Horticulture.

Legendary Jorge Cervantes, published in eight languages sold over a million copies worldwide.

Cultivateurs légaux des Pays-Bas

Texte et photos: Derrick Bergman

Q-FARMS COLLABORE AVEC L’HÉRITAGE DES CULTIVATEURS EUROPÉENS

Q-Farms, l’un des dix producteurs de cannabis agréés dans le cadre de l’expĂ©rimentation nĂ©erlandaise, collabore avec des cultivateurs historiques et des producteurs de haschisch de France, d’Espagne, d’Italie, du Royaume-Uni et des Pays-Bas.

La province de Groningen, au nord des PaysBas, compte de nombreux cultivateurs de cannabis à titre expérimental: Holigram à Nieuw Beerta, Q-Farms à Veendam et bientÎt une seconde installation de Leli Holland/Village Farms.

Avec les pionniers du chanvre Hempflax et DunAgro, Groningen Ă©tait dĂ©jĂ  la capitale nĂ©erlandaise du chanvre, mais elle devient aujourd’hui de plus en plus la capitale du cannabis rĂ©glementĂ©. Groningen offre de vastes espaces et le foncier y est relativement bon marchĂ©.

Pendant une visite chez Q-Farms, on remarque immĂ©diatement l’immense logo qui orne l’établissement, face Ă  l’autoroute. Cette approche directe est caractĂ©ristique du PDG et cofondateur, Claas van Os. C’est un nouvel arrivant dans le monde du cannabis, aprĂšs avoir travaillĂ© dans l’horticulture.

C’est un homme qui n’a pas peur de la confrontation, passionnĂ© et profondĂ©ment engagĂ©. “Ma directrice financiĂšre ne me laisse plus parler Ă  la NVWA”, dit Van Os. “C’est elle qui s’en occupe maintenant. J’y suis allĂ© un peu fort.” L’AutoritĂ© nĂ©erlandaise de sĂ©curitĂ© des aliments et des produits de consommation (NVWA) vĂ©rifie que les cultivateurs de cannabis participant aux essais respectent scrupuleusement la rĂ©glementation en vigueur.

La rĂ©glementation n’est qu’un des dĂ©fis auxquels Q-Farms est confrontĂ©. Le principal obstacle est le financement, explique Van Os. L’entreprise a Ă©galement dĂ» faire face au tristement cĂ©lĂšbre viroĂŻde latent du houblon, extrĂȘmement nocif pour le cannabis.

Depuis, le protocole d’hygiĂšne a Ă©tĂ© renforcĂ©: avant d’ĂȘtre autorisĂ©e Ă  entrer dans la salle de culture, je dois me dĂ©shabiller jusqu’à rester en sous-vĂȘtements et chaussettes.

On me fournit des vĂȘtements blancs propres, puis la combinaison jetable habituelle, des couvre-chaussures, une charlotte et des gants en caoutchouc.

Juste avant d’entrer dans une piĂšce oĂč se trouvent de jeunes plantes, je dois changer

cette seconde couche de vĂȘtements. Les installations de Q-Farms sont entiĂšrement construites sur mesure. Le bĂątiment compte deux Ă©tages et une surface totale de 11 000 mÂČ, dont 5 000 mÂČ sont dĂ©diĂ©s Ă  la culture. Sur les 28 salles de culture, trois sont utilisĂ©es pour le bouturage (sur quatre niveaux), deux pour les plantes mĂšres et deux pour la phase vĂ©gĂ©tative et 21 pour la phase de floraison.

Chaque chambre possĂšde sa propre alimentation Ă©lectrique, ce qui permet de l’adapter aux variĂ©tĂ©s cultivĂ©es.

En avril 2025, Q-Farms a commencĂ© Ă  approvisionner les coffee shops participant Ă  l’expĂ©rimentation. La premiĂšre rĂ©colte a Ă©tĂ© entiĂšrement utilisĂ©e pour produire du haschisch: tamisage Ă  sec, extraction Ă  l’iceolator et rosin.

Ce choix a Ă©tĂ© largement influencĂ© par l’équipe d’extraction de Q-Farms, issue du cannabis club social italien La Kalada, basĂ© Ă  Barcelone.

Chaque joint est roulĂ© et scellĂ© Ă  la main, sans miettes – contrairement Ă  la plupart des coffee shops – uniquement des tĂȘtes de cannabis. La qualitĂ© des installations est irrĂ©prochable, des vestiaires aux sanitaires, en passant par les Ɠuvres d’art sur le thĂšme du cannabis rĂ©alisĂ©es par Peter Klashorst.

La propretĂ© des salles de culture est Ă©galement remarquable; Ă  peine une feuille au sol. Fait surprenant, le ventilateur d’extraction est placĂ© sous les plantes, et non au-dessus comme c’est gĂ©nĂ©ralement le cas.

Claas van Os pense qu’à la fin de l’expĂ©rimentation, la moitiĂ© des produits vendus par Q-Farms seront sans fumĂ©e: produits comestibles, vaporisateurs et bientĂŽt un autre produit sans fumĂ©e.

Actuellement, l’entreprise fabrique quatre types de biscuits et des bonbons gĂ©lifiĂ©s ainsi que les “pepernoten”, ces petits biscuits ronds typiquement nĂ©erlandais.

Surtout, ne le dites pas à la NVWA (Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation)...

Sunsetz de La ChanvriĂšre ; chaque boĂźte contient un mini-dĂ©pliant d’information sur la variĂ©tĂ©.
De l’Iceolator frais est sĂ©chĂ© dans un systĂšme de lyophilisation. L’équipe de coupe prĂ©lĂšve des tĂȘtes.
Service de coupe humide.

Q-FARMS: INFORMATIONS ET CHIFFRES CLÉS

Localisation: Veendam

Nombre d’employĂ©s: 115

Surface cultivĂ©e nette: 5 000 mÂČ

Nombre de variétés de cannabis: 16 (28 variétés en collection)

Nombre de plantes: environ 35 000

Substrat: Blocs de laine de roche (Grodan)

Variétés connues: Zkittlez, Sunsetz, Kensington Kush, Super Orange Glue, Diezel, ZoZ, Runtzbert

Du cannabis est suspendu à sécher dans la salle de séchage.
Trois contenants de rosin Lemon Papaya.
Rens Hoppebrouwers, le maütre de l’ambiance, avec un baril de marijuana Q-Farms.
Service de coupe sĂšche.
Service d’emballage avec balances à cannabis.
Un grand tas de rosin.
Ventilation par le bas.
Collecte de rosin dans le laboratoire de haschisch.
Preroll Mike au travail ; tous les joints pré-roulés sont remplis et roulés à la main.
Pesage et remplissage de contenants avec du haschisch Dry Sift.
Salle de culture avec des plantes Sunsetz de La ChanvriĂšre.
Grape Frost de La ChanvriĂšre.

SOFT SECRETS SELECTION

JIM MORRISON - STRANGE DAYS À PARIS ENQUÊTE SUR LE CHANTEUR DES DOORS

Yves Bigot est un animateur et journaliste qui a occupĂ© des postes importants Ă  la radio et Ă  la tĂ©lĂ©vision. Il a notamment Ă©tĂ© directeur adjoint de France TĂ©lĂ©vision Ă  partir de 2005, directeur des programmes de RTBF et d’Arte Belgique, directeur gĂ©nĂ©ral de la radio RTL et prĂ©sident de TV5 Monde. Mais c’est avant tout un passionnĂ© de musique. En 1972, Yves Bigot, alors ĂągĂ© de 17 ans, a ouvert son propre magasin de disques Ă  Saint-Tropez, « Disque Import », aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă©mancipĂ©. Il est l’auteur de plusieurs livres sur la musique, notamment sur les Beatles et Michel Berger. De nombreux livres sur le lĂ©gendaire groupe californien The Doors et son cĂ©lĂšbre chanteur Jim Morrison ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© publiĂ©s. Mais ce nouveau livre d’Yves Bigot s’intĂ©resse Ă  une pĂ©riode particuliĂšre. Jim Morrison s’est installĂ© Ă  Paris le 12 mars 1971. Il y a vĂ©cu jusqu’à sa mort, le 3 juillet de la mĂȘme annĂ©e.

Jim Morrison est venu Ă  Paris pour rejoindre sa compagne, Pamela Courson. Connue pour sa consommation de drogues, Pamela avait un autre amant, le cĂ©lĂšbre dealer Jean De Breuteil. A cette Ă©poque, Jim Morrison est l’une des plus grandes stars internationales du rock. ConsidĂ©rĂ© comme un « poĂšte maudit », influencĂ© par Rimbaud et Baudelaire, il n’a plus aucune limite lorsqu’il se produit sur scĂšne. Il consom-

me toutes sortes de drogues, dont l’alcool, le LSD, la cocaĂŻne et le cannabis. « Au Concertgebouw d’Amsterdam, Jim, dĂ©foncĂ© aprĂšs avoir aprĂšs avoir avalĂ© tout le haschich libanais qu’on lui a offert dans la rue un peu auparavant, monte sur scĂšne pendant le passage de Jefferson Airplane
 » A Paris, Jim Morrison frĂ©quente l’un des clubs les plus rĂ©putĂ©s en Europe, le Rock’n’roll Circus. C’est dans ce club qu’il rencontre le chanteur Johnny Halliday et le comĂ©dien Richard Bohringer.

Jim Morisson est retrouvĂ© mort dans sa baignoire dans la nuit du 3 juillet 1971. Selon le rapport du mĂ©decin lĂ©giste, il serait officiellement dĂ©cĂ©dĂ© d’un infarctus du myocarde. Il existe plusieurs versions et de nombreuses zones d’ombre. Jim Morrison serait mort d’une overdose d’hĂ©roĂŻne. La drogue, trĂšs puissante et pas coupĂ©e, aurait Ă©tĂ© fournie par les dealers de la French Connection.

YOUTHIE : WILD VIBES

LE NOUVEL ALBUM DE LA MULTI-INSTRUMENTISTE

Un vent de fraicheur souffle sur la scÚne reggae dub française. Youthie, Juliette de son vrai prénom, est une compositrice multi-instrumentiste qui a sorti son premier album, Nomad Skank en 2019.

Youthie a commencĂ© Ă  jouer de la trompette Ă  l’ñge de 6 ans. Elle a Ă©tudiĂ© la musique classique et le jazz au conservatoire de Paris. Elle joue Ă©galement de la flute, de l’accordĂ©on et de la cornemuse et chante sur certains morceaux. A l’ñge de 17 ans, elle a rejoint le groupe de reggae Natty Princess en tant que trompettiste et choriste. Elle a ensuite créé son propre label et sorti plusieurs albums et EPs sous son nom. Youthie sort aujourd’hui son 5eme album, Wild Vibes, sur son propre label, Youthie Records. L’album a

THE RIP

UN NOUVEAU THRILLER SUR NETFLIX

Ce film d’action, rĂ©alisĂ© par Joe Carnahan est diffusĂ© sur la plateforme Netflix. Le film met en scĂšne Matt Damon et Ben Affleck.

Joe Carnahan est un réalisateur, scénariste et producteur américain. En 2002, il réalise le film Narc avec Jason Patric et Ray Liotta et se fait remarquer par les critiques. En 2010, il réalise le film Agence tous risques, adapté de la série télévisée des années 80. Liam Neeson et Bradley Cooper font partie des acteurs principaux. Depuis 1998, Joe Carnahan a réalisé 15 films ou séries.

The Rip raconte l’histoire d’un groupe de policiers de Floride qui doivent rĂ©cupĂ©rer une importante somme d’argent issue du trafic de drogues. Qui sont rĂ©ellement les flics corrompus dans cette histoire ? Le suspense est prĂ©servĂ© jusqu’à la fin du film.

« Ce rĂ©cit reprend l’enquĂȘte, confronte les tĂ©moignages, explore le contexte des diffĂ©rents protagonistes de l’histoire, de la guerre menĂ©e par la CIA Ă  la contre-culture et des relations troubles qu’entretenait Jean de Breteuil avec la French Connection
 »

Yves Bigot : Jim Morrison - Strange days à Paris, Editions Le mot et le reste, 192 pages, 19 €

Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© en collaboration avec Macca dread, guitariste, bassiste, claviĂ©riste, batteur et percussionniste. Le guitariste Kubix est Ă©galement invitĂ© sur Wild Vibes. L’album vous permettra de voyager. Youthie s’inspire du reggae et de la word music et en particulier de la musique de Balkans. L’artiste pratique une fusion originale entre plusieurs univers avec de belles compositions.

Youthie: Wild Vibes (Youthie Records)

AprĂšs l’assassinat d’une capitaine de police du Miami-Dade Police Department, Jackie Velez, par deux hommes cagoulĂ©s, des membres de son unitĂ©, le Tactical Narcotics Team, sont soupçonnĂ©s d’avoir braquĂ© des planques de trafiquants. Un SMS avertit le lieutenant Dane Dumars de la prĂ©sence d’une grosse somme d’argent dans une planque. Toute l’équipe se rend sur place. Mais combien d’argent y a-t-il rĂ©ellement dans cette maison ?

Le film s’inspire partiellement d’une histoire vraie, celle de Chris Casiano, de la police du comtĂ© de Miami-Dade, ami du rĂ©alisateur. Lors d’une opĂ©ration, il avait dĂ©couvert plus de 20 millions de dollars cachĂ©s dans un mur.

The Rip de Joe Carnahan, disponible sur Netflix (abonnement à partir de 7,99 € par mois)

Histoire du Cannabis

ARJAN ROSKAM, LE “ROI DU CANNABIS” L’HOMME DERRIÈRE GREEN HOUSE ET STRAIN HUNTERS

Arjan Roskam (55 ans) est l’un des entrepreneurs du cannabis les plus cĂ©lĂšbres et les plus prospĂšres au monde. Ses documentaires “Strain Hunters” touchent des millions de personnes et avec ses coffee shops “Green House”, il a bĂąti un vĂ©ritable empire du cannabis au niveau mondiale. Celui qui se proclame le “Roi du cannabis” compte de nombreux adeptes, mais son style et ses mĂ©thodes suscitent Ă©galement des rĂ©ticences. Soft Secrets dresse son portrait.

Roskam est nĂ© le 4 avril 1970 en Afrique du Sud. Citoyen nĂ©erlandais, il a passĂ© son enfance en Afrique. Adolescent, il commence Ă  cultiver du cannabis Ă  partir de graines rapportĂ©es de contrĂ©es lointaines par des amis. Il raconte souvent aux journalistes comment, Ă  dix-sept ans, il a voyagĂ© seul Ă  travers l’Asie. En ThaĂŻlande, cherchant un endroit oĂč dormir, il s’est retrouvĂ© dans un centre de dĂ©sintoxication dirigĂ© par un homme ĂągĂ© qui utilisait des plantes mĂ©dicinales.

“J’y suis restĂ© sept jours”, a-t-il confiĂ© Ă  Honeysucklemag en 2024. “À mon dĂ©part, il m’a donnĂ© des graines de cannabis et m’a dit: Emporte-les et fais-les pousser. Cet homme ne m’a pas seulement transmis des gĂšnes ; il m’a confiĂ© une mission.” Un beau rĂ©cit, racontĂ© avec la bravade caractĂ©ristique de Roskam. En 1992, Ă  seulement 22 ans, il ouvre son premier coffeeshop rue Tolstraat Ă  Amsterdam. Il l’a baptisĂ© Green House.

UN NOUVEAU VENU EN VILLE

Nous vivons l’ñge d’or des coffeeshops aux Pays-Bas. Chaque semaine, une nouvelle

boutique ouvre ses portes quelque part. La Nederwiet est en plein essor et les politiciens et la police sont prĂ©occupĂ©s par d’autres sujets. Roskam est le petit nouveau, vingt ans plus jeune que les grands pionniers comme Henk de Vries (The Bulldog), Ben Dronkers (Sensi Seeds) et le parrain du cannabis, Wernard Bruining. Roskam est ambitieux et possĂšde un sens commercial infaillible. Son premier coffeeshop est conçu comme un grand cafĂ© luxueux, avec un souci du dĂ©tail mĂ©ticuleux.

ET IL A DE LA BONNE HERBE


Lors de sa premiÚre participation à la High Times Cannabis Cup de 1993, Green House a remporté le deuxiÚme prix de la Coffeeshop Cup.

Sur plus de 1 500 coffeeshops aux Pays-Bas en 1993, seuls 22 étaient en lice. La valeur de la récompense est donc relative mais Roskam comprend mieux que quiconque que cet événement américain est un formidable outil de marketing.

DES AMÉRICAINS À AMSTERDAM

La High Times Cup a vu le jour en 1987 avec une poignĂ©e d’experts en cannabis amĂ©ricains, dont le spĂ©cialiste de la culture Ed Rosenthal. Aux alentours de Thanksgiving, ils se sont rendus Ă  Amsterdam, tous frais payĂ©s par le magazine High Times, pour juger le cannabis provenant des premiĂšres banques de semences des Pays-Bas.

Le magazine a largement couvert l’évĂ©nement et, Ă  partir de 1991, a offert Ă  ses lecteurs la possibilitĂ© de devenir eux-mĂȘmes juges. Ce fut une opportunitĂ© en or: Ă  son apogĂ©e, des centaines d’AmĂ©ricains affluent Ă  Amsterdam pour la compĂ©tition.

Roskam a choyĂ© les juges: ils ont reçu des cadeaux et des Ă©chantillons, et un service de navette gratuit Green House assurait la liaison entre le siĂšge de la High Times Cup et son coffeeshop. Il s’est mĂȘme autoproclamĂ© King du Cannabis, car “c’est ce que les AmĂ©ricains adorent”, comme il me l’a expliquĂ© des annĂ©es plus tard. Lors de la septiĂšme Ă©dition, en 1994, Green House a remportĂ© le premier prix de la Coffeeshop Cup, de la Bio Cup et de la Hash Cup.

GREEN HOUSE SEED CO.

La mĂȘme annĂ©e, Roskam fonde la Green House Seed Co. avec le breeder australien Scott Blakey, alias Shantibaba. L’entreprise avait accĂšs aux gĂ©nĂ©tiques que David Watson (“Sam the Skunkman”) avait rapportĂ©es des États-Unis lors de son installation aux Pays-Bas dans les annĂ©es 1980.

Des classiques comme la Skunk #1, l’Original Haze et la Durban Poison. Blakey avait amassĂ© une vaste collection de graines lors de ses voyages en Asie et avait Ă©galement créé et stabilisĂ© lui-mĂȘme des croisements.

La collaboration fut de courte durĂ©e ; Blakey fut rachetĂ© en 1998. Depuis, la paternitĂ© de la White Widow et d’autres croisements populaires fait dĂ©bat. Les critiques accusent Roskam de s’approprier des variĂ©tĂ©s dĂ©veloppĂ©es par d’autres. Il a commentĂ© ces accusations dans le documentaire de VICE, Kings of Cannabis (2013): “C’est un groupe de personnes qui ne nous aiment pas. Aux Pays-Bas, on dit: tant qu’on parle de vous, tout va bien. Il faut s’inquiĂ©ter si on arrĂȘte d’en parler.”

Texte et photos: Derrick Bergman
Arjan à la High Times Cup d’Amsterdam.

STRAIN HUNTERS

Ces controverses n’ont eu que peu d’impact sur le succĂšs de Green House. Le nombre de coffeeshops Green House est passĂ© Ă  quatre, chacun plus beau que le prĂ©cĂ©dent. Une plĂ©iade de stars internationales s’y font photographier, de Rihanna Ă  Snoop Dogg, en passant par Eminem et Woody Harrelson. Et Roskam continue de remporter des High Times Cups, avec plus de quarante titres Ă  son actif, un record.

GrĂące Ă  Strain Hunters, lancĂ© en 2008, Arjan Roskam et Green House font encore plus parler d’eux. Les vidĂ©os de ses expĂ©ditions

au Malawi, au Maroc, en Inde, en Colombie, au Congo et dans d’autres pays ont cumulĂ© des millions de vues sur YouTube. L’objectif de ces voyages est de collecter des semences de variĂ©tĂ©s locales pures.

Le passionnĂ© italien Franco Loja contribue sans aucun doute au succĂšs de Strain Hunters. Il a appris son mĂ©tier auprĂšs de James Burton, un vĂ©tĂ©ran du Vietnam rĂ©fugiĂ© aux Pays-Bas et fondateur de la Stichting Institute of Medical Marijuana (SIMM) en 1993. Loja a travaillĂ© Ă  la SIMM pendant quatre ans, puis pour Green House jusqu’à sa mort subite en 2017.

TOUT LE MONDE EN PRISON!

“Un de nos meilleurs amis et une personne formidable”, a dĂ©clarĂ© Roskam Ă  propos de Loja dans le podcast High Tea Potcast de 2021. “Au dĂ©but de Strain Hunters, tout le monde pensait que j’étais fou. On allait tous finir en prison. Franco Ă©tait le seul Ă  dire: Allons-y! Ça a Ă©tonnamment bien fonctionnĂ©. La suite, vous la connaissez.”

“La raison pour laquelle j’ai lancĂ© Strain Hunters est que je suis originaire d’Afrique. Autour de l’équateur, 200 millions de personnes dĂ©pendent du cannabis. Elles cultivent de petits champs pour vivre. Elles donnent l’huile et les graines aux bĂ©bĂ©s pour soulager leurs coliques. C’est un mode de vie, une philosophie. Il y a beaucoup de cho -

AprĂšs l’échec d’une collaboration avec la sociĂ©tĂ© canadienne Canopy Growth, Roskam a dĂ©cidĂ© de poursuivre son expansion en ThaĂŻlande. “En 2018, nous avons Ă©tĂ© contactĂ©s par l’UniversitĂ© de Bangkok et plusieurs partis politiques thaĂŻlandais”, a-t-il dĂ©clarĂ© fin 2025 lors du CongrĂšs PCN sur le cannabis Ă  Eindhoven. “Ils nous ont invitĂ©s Ă  prĂ©senter notre projet de cannabis mĂ©dicinal.”

Roskam a conseillĂ© aux ThaĂŻlandais, selon ses propres termes: “Si vous vous ouvrez, ne reproduisez pas les erreurs des Pays-Bas, du Canada et des États-Unis: ouvrez tout.” Et c’est ce qu’ils ont fait. En ThaĂŻlande, oĂč il rĂ©side la majeure partie de l’annĂ©e depuis 2023, Roskam peut cultiver du cannabis en toute lĂ©galitĂ© et Ă  faible coĂ»t. Le 20 mai 2023, Green House Thailand, son premier coffee

ses derriĂšre tout cela, qui ont Ă©tĂ© occultĂ©es en Occident.”

Roskam est convaincu que les films Strain Hunters sont porteurs de changement: “Nous montrons la rĂ©alitĂ© d’un pays et nous disons: agissez! Dans presque tous les pays que nous avons visitĂ©s, le gouvernement a fait Ă©voluer les choses en quelques annĂ©es. Nous en sommes extrĂȘmement fiers.”

COLLABORATION INFRUCTUEUSE

Le Strain Hunters Club est installé dans une rue adjacente aux Ramblas à Barcelone depuis 2014. Amsterdam compte quatre coffee shops Greenhouse et un Strain Hunters Club. On y trouve également le Green House Feeding, un engrais en poudre à base de cannabis, et le GH Medical.

shop en ThaĂŻlande, a inaugurĂ© ses locaux Ă  Bangkok. Son rĂȘve d’intĂ©gration verticale est devenu rĂ©alitĂ© ce jour-lĂ .

INTÉGRATION VERTICALE COMPLÈTE

InterrogĂ© sur les leçons que l’Europe peut tirer de la ThaĂŻlande en matiĂšre de cannabis, Roskam a rĂ©pondu: “La libertĂ©, avant tout. Laissons faire les entrepreneurs. Ainsi, chacun a la libertĂ© de crĂ©er sa propre usine et d’opĂ©rer une chaĂźne de valeur entiĂšrement intĂ©grĂ©e. Il peut ainsi approvisionner directement ses propres points de vente depuis son site de production.

Et mĂȘme exporter, si son activitĂ© et ses certifications sont en rĂšgle. C’est le modĂšle dont j’ai toujours rĂȘvĂ©. C’est pourquoi j’ai choisi cette voie.”

Arjan Roskam en couverture du magazine High Times (mai 1995).
De gauche Ă  droite: Franco Loja, Arjan Roskam et Mila Jansen lors d’une cĂ©rĂ©monie de la High Times Cup.
Arjan Roskam à la Green House d’Energrow en Thaïlande (Photo Green House).
Dispensaire Green House de Nuanchan en ThaĂŻlande (Photo Green House).

Culture Outdoor

Des Africaines dans le Sud Berry

Manu cultive du cannabis depuis plus de 40 ans. Ce cultivateur old-school a longtemps habitĂ© en rĂ©gion parisienne avant de dĂ©mĂ©nager dans le Sud Berry. Manu est passionnĂ© par les variĂ©tĂ©s africaines de type sativa qu’il a rĂ©ussi Ă  adapter Ă  un terroir exceptionnel.

Le Berry est une rĂ©gion historique du centre de la France. C’est l’un des terroirs agricoles français les plus anciens.

AprĂšs avoir habitĂ© dans la banlieue ouest de Paris, Manu s’est retirĂ© dans le Sud Berry oĂč il cultive du cannabis en outdoor. Manu s’occupe lui-mĂȘme de sa plantation. « J’étais rejoint par quelques amis pour la manucure, jusqu’à l’annĂ©e derniĂšre oĂč j’ai rĂ©cupĂ©rĂ© la machine Ă  dĂ©feuiller ma rĂ©colte », explique le cultivateur.

La plantation se situe Ă  environ 300 mĂštres d’altitude. Le cultivateur bĂ©nĂ©ficie d’un climat tempĂ©rĂ© : « La tempĂ©rature est trĂšs variable avec des amplitudes entre jour et nuit pouvant dĂ©passer les 15 Ă  20°. » Le taux d’humiditĂ© est inconstant. La rosĂ©e du matin, mĂȘme en Ă©tĂ©, est un avantage certain pour le cultivateur.

La culture commence chaque annĂ©e au mois d’avril. Manu cultive Ă  partir de graines et de boutures. Certaines plantes sont cultivĂ©es en pots et d’autres en pleine terre. Il n’utilise pas d’éclairage artificiel pour le dĂ©marrage. Les plantes sont placĂ©es sous une vĂ©randa sans lampes.

Pour la germination, Manu pratique la mĂ©thode classique : « Sopalin, coton puis en pots jusqu’à ce que les pieds aient une capacitĂ© Ă  rĂ©sister aux intempĂ©ries et autres animaux qui passent dans mon jardin et les mangent ou les piĂ©tinent. »

Le cultivateur a commencĂ© avec des graines rĂ©guliĂšres : « Au dĂ©but, les fĂ©minisĂ©es n’existaient pas et mes graines provenaient d’herbes Africaines que j’achetais sur Paris, puis de ThaĂŻlandaises provenant des achats de ThaĂŻ stick Ă  Amsterdam. »

Les boutures sont rĂ©alisĂ©es avec du gel de bouturage comme le Clonex. Manu ne fait aucune bouture aprĂšs le mois de juin. Manu cultive chaque annĂ©e entre 10 et 20 plantes en extĂ©rieur. Il utilise certaines techniques de taille et de palissage pour optimiser la rĂ©colte : « Tailles au dĂ©but de la croissance, puis tressage au dĂ©but de la floraison, afin de soutenir le poids supplĂ©mentaire des fleurs et de l’humiditĂ©, qui dĂ©marre en septembre. »

Le voisinage ne pose pas de problĂšme. Les voisins sont eux-mĂȘmes consommateurs et Ă©changent volontiers leurs fruits et lĂ©gumes contre des fleurs. La terre est particuliĂšrement fertile et Ă©tonnamment, le cultivateur n’utilise

ni engrais, ni additif, ni terreau acheté dans le commerce : « 100% terroir depuis que je suis dans le Sud Berry. »

Quels sont les maladies et les prĂ©dateurs ? « Escargots, limaces, moisissures, rien d’autre pour le moment. » Pour combattre ces invasions ou ces maladies, le grower dispose de la cendre de bois autour des plantes. En 2025, la floraison a Ă©tĂ© prĂ©coce. Elle a commencĂ© dĂšs le 15 aoĂ»t. La plupart du temps, la floraison dĂ©bute fin aoĂ»t, aux alentours du 25 et au plus tard, le 10 septembre. Le plantes en pots peuvent atteindre une hauteur de 80 cm Ă  1,50 m. La hauteur des plantes pleine terre va de 1,80 Ă  4,40 m. En largeur, les pantes peuvent atteindre 2 m. La date de rĂ©colte est trĂšs variable : « Au plus tĂŽt dĂ©but octobre, au plus tard fin novembre. » Sur chaque plante, Manu peut rĂ©colter entre 200 grammes pour les plantes en pot, et 1,5 kg pour les plantes en pleine terre les plus grandes. Le poids total de la rĂ©colte varie selon les annĂ©es.

Pour le sĂ©chage, « deux techniques, sur filets pour les sommitĂ©s taillĂ©es et sur pieds tĂȘte en bas pour les branches dĂ©jĂ  manucurĂ©es. »

Quelles sont exactement les variétés cultivées ? « Mes variétés préférées sont Durban Poison, Congo, Thaï et Smile (sativa). Il y également la Critical et un croisement Jamaïque / Amérique du sud avec des Haze. »

De nombreuses personnes ont essayĂ© de cultiver Ă  partir de graines africaines mais le climat français ne convient pas toujours Ă  ce type de gĂ©nĂ©tique. La floraison est trĂšs longue et pour rĂ©colter, il faut attendre jusqu’en dĂ©cembre ou mĂȘme janvier. Comment Manu a t-il fait pour adapter ces variĂ©tĂ©s africaines au centre de la France ?

« Ayant commencĂ© de cultiver en aquarium des graines africaines courant des annĂ©es 80, j’ai pris certaines habitudes. Depuis mon dĂ©mĂ©nagement et deux, trois foirades en arrivant, j’ai trouvĂ© une astuce en fin de floraison pour Ă©viter l’humiditĂ©, je mets au sol des couvertures de survie qui reflĂštent le peu de soleil et ainsi accompagnĂ© du vent, j’évite les moisissures de fin d’automne. Je n’ai jamais rĂ©coltĂ© aprĂšs fin novembre. »

Manu extrait de l’huile mĂ©dical pour une association de patients. Pour fabriquer cette huile Ă  consommer par voie orale, il mĂ©lange du cannabis avec de l’alcool d’eau de vie Ă  95°, achetĂ© en Italie : « Trempage de 48h Ă  72h, filtrage et Ă©vaporation naturelle Ă  l’air libre en hauteur sous tempĂ©rature intĂ©rieure, autour de 22° »

Il prĂ©pare Ă©galement du beurre de Marrakech, « pour faire des gĂąteaux, sur tartine ou sur viande rouge grillĂ©e, comme beurre maĂźtre d’hĂŽtel. »

Grape Frost de La ChanvriĂšre. Cette plante de Durban Poison a atteint la hauteur de 4,40 m.
Congo, OG Kush et Lemon Tree.

Soft Secrets est une Ă©dition de Discover Publisher BV, Bruistensingel 400 5232 AG ‘s Hertogenbosch, Pays-Bas

Tél: +31 (0)6 13 00 65 33

E-mail: info@softsecrets.nl

Web: www.softsecrets.com

Rédaction en chef: Cliff Cremer

Ont collaboré a ce numéro : Jorge Cervantes, Olivier F, Stoney Tark, Fabrizio Dentini, Hortizan, Mr José, Derrick Bergman, Sudestfam, Bosterix, Matth et autres.

Adresse rédaction:

E-mail: info@softsecrets.nl

Annonces: Fabrizio

E-mail: fabrizio@softsecrets.nl

Tel: +31(0)39 - 36 65 44 66 94

Soft Secrets is printed by Coldset Printing Partners, Paal-Beringen, Belgium www.coldsetprintingpartners.be

PrĂ©face de l’editeur

Soft Secrets est un magazine bimestriel gratuit publiĂ© aux Pays Bas (Highlife), en Allemagne, France, Italie, Espagne, Royaume Uni, Pologne, TchĂ©quie et Chili. Dans le monde entier, un processus de relative libĂ©ralisation de l’usage du cannabis est en cours, que ce soit pour des

raisons mĂ©dicales ou rĂ©crĂ©atives. Plusieurs pays ont lĂ©galisĂ© le cannabis et ont distinguĂ© les drogues douces des drogues dures, comme la Hollande. D’autres pays ont lĂ©galisĂ© l’usage mĂ©dicinal du cannabis, y compris le droit Ă  cultiver des plantes de cannabis pour un usage personnel. L’éditeur soutient ce processus de normalisation de l’usage du cannabis mais cela ne signifie pas qu’il est forcĂ©ment en accord avec tout ce qui apparait dans les articles et les annonces. Il se distancie par exemple explicitement des dĂ©clarations ou images qui pourraient donner l’impression qu’il approuve et encourage la consommation et/ou la production de cannabis.

Ni les publications ni des extraits de celles-ci peuvent ĂȘtre copies ou reproduites, quel qu’en soit le format, sans l’autorisation prĂ©alable de l’éditeur ou d’autres dĂ©tenteurs des droits.

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