6 POINT FORT
Comment réussir une succession dynamique
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Le journal de Samaritains Suisse
18 VIE MODERNE Sauver une vie peut-il être punissable ?
22 EN SAVOIR PLUS Maladies tropicales en Europe
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18 VIE MODERNE Sauver une vie peut-il être punissable ?
22 EN SAVOIR PLUS Maladies tropicales en Europe

Faire de bonnes actions ensemble.
Le 30 mai 2026, en famille, avec des ami·e·s ou votre association, œuvrez au bien de toutes et tous par de petits gestes ou de grandes actions. journee-de-la-bonne-action.ch
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« La jeunesse d’aujourd’hui aime le luxe, a de mauvaises manières et méprise l’autorité. » On dit souvent du mal de la génération Z. On la prétend paresseuse, rétive à l’engagement et égoïste. Mais les critiques adressées à la jeunesse sont aussi anciennes que l’humanité. La citation qui figure en tête de ce texte est de Socrate qui vécut entre 470 et 399 avant notre ère.
Même si les écarts entre générations sont parfois prononcés et que leurs visions du monde divergent, il est important de savoir dépasser ces obstacles et de continuer à faire vivre le secourisme et l’esprit samaritain. Dans ce numéro, il est question de trois sections qui, chacune à sa manière, y sont parvenues de façon exemplaire.
Nous avons participé à un exercice de la section de Widnau dans la vallée du Rhin saint-galloise. Grâce à l’intégration réussie d’une nouvelle génération issue du groupe Help, cette section respire la jeunesse. Pour conduire une section, « il faut être sensible à l’autre, avoir les idées claires et un sens de la dynamique de groupe », estime Norbert Segmüller, son président (voir en p. 6). En revanche, la section de Hildisrieden (LU) n’en est pas là et le vieillissement des effectifs fait souci à la présidente Sandra Bucher. C’est ce qui a incité trois membres du comité à suivre le cursus de base en gestion associative et une coach de section les accompagne dans leur quête de changement (voir en p. 10).
Quant à la section Chablais VD & Pays d’Enhaut, elle a opté pour une troisième voie. Issue de la fusion de bouts de sections en déréliction, elle vit une véritable renaissance dans l’Est vaudois (voir en p. 12).
L’intégration des jeunes et des anciens dans les processus de transformation est également essentielle pour Doris Wolf, présidente de l’Association cantonale bernoise et membre du Comité central (interview en p. 16). Plus de poids doit être accordé à la jeunesse au Comité central. C’était une exigence de leurs représentants lors de la conférence des présidents du mois de mars dernier. Quant aux autres thèmes abordés, vous en saurez plus en consultant la page 17.
Peut-on être punissable en sauvant une vie ? Marc Thommen, professeur de droit pénal et de procédure pénale à l’Université de Zurich, expose les tenants et les aboutissants juridiques de la réanimation (voir en p. 18). Et finalement, nous avons recueilli le témoignage d’une samaritaine et d’un samaritain qui ont participé aux opérations de secours lors de la catastrophe de Crans-Montana (p. 30).
Nous vous souhaitons une excellente lecture !
ANITA SIMEON LUTZ Rédactrice en chef

SOMMAIRE
6 CHANGEMENT DE GÉNÉRATION
Comment réussir une succession dynamique, la section de Widnau (SG) en guise d’exemple
10 INTERVIEW
Le cursus de base en gestion associative a été bénéfique à la section de Hildisrieden (LU).
12 RENAISSANCE
Les membres de la nouvelle section Chablais VD & Pays d’Enhaut ont pour la plupart entre 25 et 35 ans.
14 JEUNES ET ENGAGÉS
Les plus jeunes moniteurs samaritains viennent de Frauenfeld (TG). Ils se présentent.
16 INTERVIEW
Doris Wolf, présidente de l’association cantonale bernoise et membre du Comité central, nous confie sa vision du changement d’époque.
17 VIE MODERNE
Conférence des présidents, un compte rendu

Après les exercices, la section de Widnau (SG) cultive la convivialité (reportage dès la page 6). Jeunes et moins jeunes ont ainsi l’occasion de discuter ensemble.
nous, samaritains 2/2026
Parution : 27 mai 2026
Organisation éditrice
Samaritains Suisse
Martin-Disteli-Strasse 27
Case postale, 4601 Olten
Téléphone 062 286 02 00 redaction@samaritains.ch www.samaritains.ch
Abonnements, changements d’adresse : par écrit à l’adresse ci-dessus
Prix de l’abonnement
Abonnement individuel pour non-samaritains : CHF 33.– par an
4 numéros par an Tirage : 16 800 exemplaires
Rédaction
Anita Simeon Lutz (asi)
Suisse romande : Chantal Lienert (cli)
Suisse italophone : Mara Zanetti Maestrani (m.z.)
Téléphone 062 286 02 00 redaction@samaritains.ch
Adresse postale :
Rédaction « nous, samaritains »
Case postale, 4601 Olten
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Téléphone 055 418 82 22
Sauver une vie peut-il être punissable ?
des infections provoquées par des moustiques.
Portable 079 407 46 06 samariter@bwmedien.ch www.bwmedien.ch
Mise en page, impression et expédition
Stämpfli Communication, 3001 Berne staempfli.com
Photos Première de couverture et sommaire : Marion Nitsch
Éditorial : Mike Peter

La société de samaritains de Widnau (SG) compte parmi les mieux connues et les plus actives de la vallée du Rhin saint-galloise. Selon son président, « il faut être sensible à l’autre, avoir des idées claires et un sens de la dynamique de groupe » pour conduire une section avec succès. Nous avons assisté à un exercice sur place au mois de mars.
TEXTE : Anita Simeon Lutz | cli
PHOTOS : Marion Nitsch

Un poste abordait l’hypothermie. Chacune et chacun a pu éprouver l’effet d’une couverture de survie. La soirée bien conçue et bien organisée a été plebiscitée par les participantes et les participants.
C’est à l’invitation de Jonas Näf que je me suis rendue à Widnau (SG). Je l’avais rencontré, avec d’autres collègues du même âge, en août de l’année passée, lors de la journée des samaritains de Suisse orientale (ns 4/25), et j’avais été séduite par la fraîcheur, le dynamisme et la jeunesse de sa section. Il m’avait proposé d’assister à un exercice et rendez-vous a été pris pour le 4 mars dernier. Je suis tombée sur une équipe enthousiaste et ai apprécié l’animation de la soirée à laquelle a participé un public très mélangé. Au préalable, Jonas Näf, le plus jeune moniteur, et Norbert Segmüller, le président de la section, m’ont accordé un entretien.
L’exercice a lieu au-dessus du dépôt de la brigade du feu, dans un local partagé avec la société de musique. « Parfois, nous travaillons avec les sapeurs-pompiers », explique le moniteur. « Nos organisations sont très proches », dit-il avec un sourire. Plus tard, j’apprendrai que le jeune homme est non seulement moniteur chez les samaritains, mais qu’il exercice aussi comme sous-officier et moniteur jeunesse chez les sapeurs-pompiers.
La commune de Widnau (SG) compte un peu plus de 10 000 habitantes et habitants et les générations y sont également réparties. Cela signifie qu’il y a plus ou moins le même nombre d’individus dans les classes d’âge de 1-20, 20-40, 40-60 et 60-80 ans. La vie associative y est très développée et il n’est pas rare que, à l’image de Jonas Näf, des personnes soient membres de deux, voire trois sociétés.
Le jeune homme aura 25 ans cette année. Il a rejoint les samaritains par le biais du groupe Help. Dès la troisième primaire (5e Harmos), il a appris avec ses collègues ce qu’il fallait faire en cas d’accident. « J’étais passionné par les cours de premiers secours et la cohésion entre camarades était très forte », se souvient le moniteur. Son enthousiasme pour le secourisme a également contaminé sa mère qui intervient comme formatrice et monitrice jeunesse depuis quelques années dans le cadre de la section.
Quant à Norbert Segmüller, c’est une aventure personnelle qui l’a conduit au secourisme. « Une fois, alors que je m’affairais dans mon atelier pendant mes loisirs, je me suis blessé trop grièvement pour qu’un sparadrap suffise. Comme je travaillais à l’époque chez Leica Geosystems, que je savais qu’il y avait une infirmerie dans l’entreprise et que j’habitais à un jet de pierre, je m’y suis rendu et me suis fait soigner par un collègue. Le sanitaire d’entreprise qui était aussi samaritain m’a demandé si cela ne pouvait pas m’intéresser, et c’est comme cela que j’ai rejoint la section. »
Norbert Segmüller la préside depuis 16 ans et a su gagner les faveurs de deux générations après lui. Il aimerait bien passer le flambeau, mais deux membres du comité l’ont pris de court en présentant leur démission juste avant lui. Heureusement, deux personnes plus jeunes ont repris leur poste. « Je suis le prochain sur la liste », opine le président, certain qu’il existe des candidates et des candidats,


Haut : assembler des cartes postales sous forme de puzzle pour constituer des groupes. Bas : application d’un pansement compressif.
mais qu’il leur faut peut-être encore un peu de temps pour s’en persuader eux-mêmes. Il a bon espoir que lors de la prochaine assemblée générale, une personne soit élue à sa place.
Mais comment conduit-on une section avec succès ? « Il faut être sensible à l’autre, avoir les idées claires et un sens de la dynamique de groupe », estime Norbert Segmüller. « Il est important de savoir détecter les personnes qui sauront transmettre la passion des premiers secours, aussi à l’extérieur de


Haut : détection et traitement d’un choc anaphylactique. Bas : les bons figurants se prêtent au rinçage de l’œil après contact avec un liquide corrosif.
la section. Chacune et chacun apporte ses propres compétences, notamment son expérience professionnelle, et souvent un membre entraîne quelqu’un d’autre dans la section. Notre groupe Help qui fonctionne bien constitue aussi une base solide ».
« La dynamique de groupe est particulièrement décisive chez les jeunes. Souvent, ils et elles se connaissent de l’école et il est important de maintenir leur cohésion aussi en dehors », affirme Jonas Näf. Pour la section de samaritains de Widnau (SG), le groupe Help n’est pas un élément séparé. Une fois par an, un exercice commun est organisé
au cours duquel les élèves de 3 e primaire sont sollicités au même titre que les jeunes retraitées et retraités. En outre, les membres du groupe Help donnent un coup de main lors du don du sang et de la collecte. Le passage du groupe Help à la section commence par une année de probation au cours de laquelle les jeunes peuvent participer aux exercices et aux services sanitaires en tant que stagiaires et suivre les cours (IAS 1 et 2, cours de base) permettant d’adhérer de plein droit à la section. Après une année, ils sont admis en bonne et due forme.
« Les jeunes peuvent participer tôt aux services médico-sanitaires, ce qui augmente l’attrait de la section. Un des points culminants chaque année est le dispositif médico-sanitaire de la kermesse Rhema qui a lieu sur quatre jours dans la commune voisine d’Altstätten », explique le moniteur. Et le président de surenchérir : « Dans notre section, il n’y a au fond personne qui ne participe pas aux services médico-sanitaires, bien sûr, avec la formation et les connaissances nécessaires. Nous ne sommes pas une section ronronnante, mais un groupe de personnes aux compétences attestées, actives et engagées. »
Exercices intéressants
Le 1er janvier 2026, la section comptait 53 membres, le groupe Help 19 jeunes secouristes plus quelque 8 à 9 enfants participant à l’essai après avoir annoncé leur intérêt lors d’une soirée d’information. Le soir du 4 mars, plus de 36 personnes avaient répondu à la convocation pour accomplir la répétition IAS 2 et il y avait aussi quelques curieux intéressés. Trois moniteurs et une monitrice étaient là pour guider les participantes et les participants.
Des exercices pratiques d’évaluation de patients selon la méthode xABCDE et l’échelle AVPU étaient au programme ainsi que les mesures de premiers secours qui en découlent. Hypothermie, contact avec des liquides corrosifs, hémorragies et choc anaphylactique étaient abordés dans diverses mises en scène. Les groupes avaient été établis à l’aide d’un jeu permettant de mélanger les âges. Tout le monde était motivé et l’enthousiasme était perceptible. Personnellement, je me suis essayée à actionner le stylo injecteur EpiPen et à appliquer pansement compressif et tourniquet.
La soirée s’est conclue autour d’un buffet avec boissons et amuse-bouche. « Nous nous rendons au restaurant seulement une fois sur deux après les
exercices, car pour les jeunes, cela peut représenter un obstacle de taille », explique le président.
En résumé, pour avoir du succès, il est important de sensibiliser les jeunes le plus tôt possible, de profiter de la dynamique de groupe, de garder l’œil ouvert concernant des personnes susceptibles de devenir membres, de communiquer et de ne pas rester dans l’ombre et, finalement, de préparer des exercices attrayants sans oublier la convivialité. « Mais le plus important est d’aller à la rencontre les uns des autres et de prendre les besoins des membres au sérieux », explique Norbert Segmüller.
Pour en savoir plus au sujet de la société de samaritains de Widnau (SG), consulter le site à l’adresse : www.samariter-widnau.ch

La section de Hildisrieden (LU) est en pleine transition. Trois membres du comité ont suivi le cursus de base en gestion associative proposé par Samaritains Suisse et en ont tiré des conclusions pour la pratique. La présidente, Sandra Bucher, nous a accordé une interview.
INTERVIEW : Anita Simeon Lutz | cli
La section de Hildisrieden existe depuis 1988. Quelle est son histoire ?
Un habitant de Hildisrieden, samaritain actif dans la localité voisine de Beromünster, y a suivi la formation de moniteur. Il a pensé qu’il serait bon de disposer d’une section dans sa propre commune et il a convoqué une assemblée constitutive. Une trentaine de personnes s’y sont rendues et la plupart ont adhéré à la section. Ma mère en a été la première présidente.
Quand avez-vous rejoint la section ?
En 1994, alors que j’avais seize ans. J’avais toujours participé comme figurante pour les cours de sauveteur et de fil en aiguille, je suis entrée dans la section. En 2000, quand j’avais vingt-deux ans, je l’ai quittée pour revenir vingt-quatre mois plus tard, cette fois directement au comité.
Comment la section s’est-elle développée au cours de la dernière décennie ?
Il y a dix ans, notre monitrice enseignait depuis 25 ans déjà et la section n’était plus très dynamique. Les cours de sauveteurs étaient un peu vieillots et la motivation des participantes et des participants en pâtissait.
Nous avions pu convaincre une personne de se former au monitorat afin d’apporter un nécessaire coup de jeune. Cependant, la monitrice en titre ne voulait pas lâcher prise et l’ambiance était mauvaise.
Comment les activités ont-elles évolué depuis ?
Le programme annuel est resté plus ou moins le même, mais les exercices sont devenus plus attrac -

tifs et on a senti souffler un vent nouveau. Il s’agit moins d’un monologue sur un sujet, les sessions sont devenues interactives et exigent plus d’engament de la part des personnes qui y participent.
Qu’en est-il de la collaboration des sections dans la région ?
La collaboration dans la région a été intensifiée ces dernières années. Une fois par an, nous réalisons un exercice avec les sections de Rickenbach et de Beromünster. Nous entretenons également un groupe de maquillage suprarégional.
Quelle est la pyramide des âges dans la section de Hildisrieden ?
Le membre le plus ancien a 82 ans et le plus jeune 22, mais la majorité a dépassé l’âge AVS. Quand j’ai repris la présidence il y a quatre ans, il y a eu un changement de génération au sein du comité. Nous cherchons à rajeunir et à rafraîchir l’image de la section, bien que nous n’ayons plus non plus vingt ans.
C’est pourquoi une partie du comité a suivi la formation abordant la gestion associative l’année dernière.
Qu’en avez-vous retiré ?
Les soirées étaient toujours très captivantes. Par moments, certains thèmes étaient un peu répétitifs, car les cours s’emboitent les uns dans les autres. Mais cette formation nous a ouvert les yeux. Nous savons maintenant que d’autres sections rencontrent les mêmes difficultés. En outre, les enseignants nous ont fait sortir de notre zone de confort et nous ont motivés à aborder les problèmes et à chercher des solutions. Le fait d’être trois à suivre les cours était un avantage, car nous pouvions encore échanger sur la route du retour et appliquer directement ce que nous avions appris dans notre section.
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« L’atelier stratégique a renforcé notre sentiment d’appartenance. »
Qu’est-ce que vous avez déjà pu mettre en œuvre ?
Nous avons systématiquement appliqué l’adage « seul ne rien faire est une erreur ». Nous avons appris à recueillir des feed-back, même si les retours sont minces. Plus nous nous adressons aux membres, plus nous développons une culture de l’échange. La communication était également au cœur de l’atelier stratégique que nous avons mis sur pied en février. Nous avons fait comprendre que nous sommes ouverts à la critique, mais que nous préférons la recevoir en direct plutôt que par-derrière et le détour d’une personne tierce.
Comment se passe un atelier stratégique ?
Esther Fehlmann, coach de section, nous a donné un coup de main pour cet atelier. Elle nous a guidés
au cours du processus et a présidé la soirée. La première discussion stratégique a eu lieu au sein du comité. Il s’agissait d’analyser la section et de définir quels étaient nos objectifs. Nous avons constaté avec satisfaction que l’analyse des membres du comité était identique à celle des membres de la section. Cela nous a rassurés. Les problématiques suivantes ont été mises au jour : le recrutement de nouveaux membres, le vieillissement de la section, la communication et les services médico-sanitaires qui sont toujours assurés par les mêmes personnes. Nous avons compris que c’était aussi parce que certains membres manquaient d’assurance. Dès lors, nous avons décidé de programmer les répétitions IAS un samedi, afin d’avoir le temps d’aborder les questions en profondeur et de remédier à ce point faible.
Quelles sont les mesures prises pour contrer le problème du vieillissement ?
En première ligne, nous devons trouver de nouveaux membres. Nous devons renforcer notre présence dans les médias locaux, dans le cadre de conférences de présidents dans le village ou de fêtes, etc. En outre, nous devons nous activer dans les réseaux sociaux. Pendant l’atelier, une équipe de jeunes s’est créée qui est à l’aise dans ces canaux et qui les gère. Dans l’ensemble, l’atelier nous a permis de consolider notre sentiment d’appartenance et je suis confiante que cela portera ses fruits.
Pour en savoir plus
Pour plus d’informations sur le cursus de base en gestion associative, il suffit de se rendre sur le portail du site de Samaritains Suisse.

Notre interlocutrice
Sandra Bucher, 48 ans, employée de commerce et pédagogue de la petite enfance, fait partie de la section de samaritains de Hildisrieden (LU) depuis 1994 et la préside depuis trois ans. samariter-hildisrieden.ch
Il y a un peu plus d’une année, une nouvelle société de samaritains voyait le jour en terres vaudoises : la section Chablais
VD & Pays d’Enhaut. Cependant, pour être tout à fait honnête, il ne s’agit pas d’une création de toutes pièces, mais d’une prometteuse renaissance.
TEXTE ET PHOTOS : Chantal Lienert

(De g. à d.) Nila Davit, secouriste ; Suzanne Räz, monitrice de Vevey ; Alexandra Baillif, secouriste et instructrice BLS-AED (ancienne présidente d’Ollon) ; Maude Duc-Brunner, présidente ; Jannis Bruecker, responsable matériel site Ollon lors du dernier Festival des ballons à Châteaux-d’Œx.

Une fondeuse prise de malaise est secourue sous le regard attentif d’une évaluatrice.
Pendant longtemps, cinq sections assuraient une présence samaritaine dans l’Est vaudois. En plaine, sur la rive droite du Rhône, les cités de Villeneuve, d’Aigle et de Bex en hébergeaient chacune une. Celle d’Ollon, située un brin plus haut, couvrait également la station de Villars alors que la destination touristique de Leysin disposait de sa propre section. Mais au fil du temps et des aléas de la vie, trois sociétés ont disparu et les deux restantes étaient en mauvaise posture, faute de suffisamment de membres et de relève.
C’était sans compter sur Maude Duc-Brunner, native de Leysin, secouriste de longue date et présidente de section, qui n’avait pas l’intention d’abandonner la partie. Elle tenait à maintenir une présence samaritaine dans la région et finalement, après un patient travail de persuasion, elle est parvenue à convaincre les membres de la section d’Ollon de repartir sur d’autres bases en fusionnant avec les samaritains leysenouds afin de créer une nouvelle section destinée à couvrir le Chablais vaudois et le Pays d’Enhaut.
Le projet ne manquait pas d’audace, car le territoire dévolu à la nouvelle société de samaritains est particulièrement étendu. De Villeneuve (375 m), au bord du Léman, à Lavey (431 m) situé juste en face de St-Maurice (VS), en passant par Leysin (1252 m), il réunit lac et montagne et couvre l’entier du district d’Aigle auquel il convient d’ajouter le Pays d’Enhaut (env. 1000 m) qui correspond à la partie vaudoise de la vallée de la Sarine, bordée par le canton de Berne à l’est et le canton de Fribourg au nord-ouest. Il fut un temps, il y avait des samaritains à Château-d’Œx, mais cela faisait déjà longtemps qu’ils avaient mis la clé sous la porte.
Une section très sollicitée
Actuellement, la nouvelle section compte une quinzaine de membres actifs (IAS 2 et IAS 3) dont la majorité ont entre 25 et 35 ans.
À l’image du territoire de la section, ils viennent d’un peu partout dans la région, certains étant même domiciliés dans les cantons voisins. Les exercices mensuels ont lieu à Aigle, chez les sapeurs-pompiers. Elle y dispose d’un stock de matériel pour les exercices. Les sites d’Ollon et de Leysin sont dévoués aux services médico-sanitaires. Depuis octobre dernier, la formation interne est assurée par une nouvelle monitrice, ambulancière de métier, ce qui est très apprécié par les membres. Ils ont d’ailleurs intérêt à être à jour, car leurs services sont demandés. La région viticole et touristique abrite de nombreuses manifestations sportives de premier plan et l’année dernière, les samaritains ont assuré 740 heures de service sur 18 dispositifs médico-sanitaires (DMS). Pour 2026, le carnet de commandes se remplit à vue d’œil, 10 DMS étant déjà agendés uniquement au premier semestre.
Été comme hiver
Festival international des ballons à fin janvier, Désalpe de l’Étivaz à la fin de l’été et Meeting international des Coccinelles en automne au Pays d’Enhaut ; Championnats romands et fribourgeois de ski de fond aux Diablerets et Semi-marathon des Alpes Aigle-Leysin en été sont quelques exemples du type de manifestations qui se déroulent pendant toute l’année dans la région. Pour assurer les nombreuses heures de service, les effectifs de la section ne suffisent pas. Heureusement, elle peut compter sur l’aide de secouristes venus d’ailleurs. Une monitrice de Vevey, des membres des sections voisines du Chablais valaisan et fribourgeoises de la Haute Gruyère ainsi que des samaritaines et des samaritains venus de plus loin viennent régulièrement prêter main-forte.
Trois samedis par an, un exercice plus important est organisé en extérieur auquel d’autres sections sont invitées à participer. Le samedi 28 février, c’était au tour de la section d’Orbe dans le Nord vaudois, dont les membres s’étaient levés aux aurores afin d’arriver à l’heure à Leysin où le début de l’exercice était fixé à 8 h du matin. Enchantés à l’idée de travailler dans la neige, ils s’étaient déplacés en nombre. Une fondeuse prise d’un malaise, des lugeurs sortis de piste, un skieur blessé et un accident de voiture étaient les quatre situations sur lesquelles les secouristes étaient appelés à déployer leur savoir-faire. L’après-midi, un trio de sauveteurs du Secours alpin romand (SARO) a expliqué comment étaient organisés les secours en montagne et initié les samaritaines et les samaritains à la recherche de personnes ensevelies sous la neige à l’aide d’un détecteur de victimes d’avalanches (DVA).
Après une année d’existence, la section Chablais VD & Pays d’Enhaut est sur les rails. L’équipe est motivée, l’encadrement mène fermement la barque et au-delà des DMS, la section donne aussi passablement de cours. L’objectif désormais est de recruter de nouveaux membres. C’est pourquoi, pour la première fois, la section participera à la Journée de la bonne action le 30 mai prochain. Souhaitons-lui longue vie et plein succès !

Explication du fonctionnement d’un détecteur de victimes d’avalanches.


À la recherche d’une personne ensevelie sous la neige.

Chez les monitrices et les moniteurs jeunesse actifs auprès des groupes de Kids et d’autres secouristes en herbe, on compte de nombreux représentants de la jeune génération. En revanche, parmi les moniteurs samaritains, seules trois personnes sont nées en 2005. Deux de ces benjamins parmi les formateurs d’adultes résident en Thurgovie.
INTERVIEW : Hansjörg Steffen
PHOTOS : ldd


Cette année, Frederik Winter et Nik Müller fêteront tous deux leur 21e anniversaire. En automne dernier, ils ont bouclé avec brio leur formation de moniteur samaritain. Au cours d’un entretien, ils nous ont raconté ce qui les motive et comment ils souhaitent partager leurs connaissances au sein de leur section.
Voulez-vous bien vous présenter ?
F. W. : Je m’appelle Frederik Winter, j’ai 21 ans et j’habite à Frauenfeld. Pour le moment, je suis en formation pour devenir infirmier. Pendant mes loisirs, je m’engage chez les samaritains et les sapeurs-pompiers.
N. M. : Je m’appelle Nik Müller, j’ai 20 ans et suis un fervent membre de la section de samaritains de Frauenfeld depuis treize ans. J’ai commencé chez les Help dans un groupe qui venait d’être réactivé. J’ai fréquenté le gymnase pédagogique à Kreuzlingen et y ai fait mes premiers pas dans l’enseignement et le travail en groupe, ce qui m’aide grandement dans mon activité de moniteur samaritain.
Quels ont été vos premiers contacts avec les samaritains ?
F. W. : Une voisine active au sein de la section de Frauenfeld a relancé le groupe de jeunes. J’étais curieux de savoir de quoi il en retournait et comme vous pouvez le constater, cela m’a plu.
N. M. : Je ne sais pas exactement quand est né mon enthousiasme pour le secourisme. Quand j’étais en troisième primaire (5e Harmos), j’ai fait connaissance avec le groupe de jeunes samaritains dans le cadre du passeport vacances de la ville de Frauenfeld. Je me suis inscrit pour une journée découverte et ne suis plus reparti.
Quelle a été votre principale motivation pour rester chez les Help ?
F. W. : Depuis l’enfance, je me suis toujours intéressé au secourisme, et comme chez les Help, j’étais avec des camarades du même âge, je me suis tout de suite senti à l’aise.
N. M. : Après le passeport vacances qui m’avait permis de familiariser avec les samaritains, j’ai très vite su que je voulais en faire partie. J’ai surtout aimé que l’on nous confie des responsabilités et apprendre à aider les autres.
Comment s’est passé le passage des Help aux samaritains ?
F. W. : C’est moi qui ai exprimé le désir de passer chez les « grands ». En 2022, j’ai pu suivre les formations IAS 1 et 2 ainsi que le cours sur les services médico-sanitaires avant de servir pour la première fois sur un poste en 2023, à l’âge de 18 ans.
N. M. : La transition vers la section s’est passée très rapidement en raison de la pandémie de coronavirus. Pendant que nous étions confinés, la section avait organisé des cours en ligne auxquels les membres du groupe Help étaient aussi invités à participer. Après la levée des mesures de prévention et la reprise des exercices réguliers, nous avons été progressivement intégrés aux exercices des samaritains. Cela nous a permis de récolter des expériences nouvelles et après avoir suivi les formations requises, nous avons pu intégrer les équipes des dispositifs médico-sanitaires à l’âge de 18 ans.
Quand et pour quelle raison avez-vous décidé de suivre la formation de moniteur samaritain ?
F. W. : On m’a demandé si cela m’intéresserait de devenir moniteur samaritain. Je n’ai pas hésité, car j’aime bien apprendre et transmettre mon savoir. En plus, l’idée que je pourrais participer à la conception des exercices et faire des suggestions me plaisait bien.
N. M. : C’est au cours d’un exercice que notre présidente nous a demandé si nous pouvions nous imaginer devenir moniteurs. Pendant une année, nous avons pu voir de plus près en quoi consistait la préparation technique, ce qui nous a donné le temps de réfléchir. Finalement, j’ai décidé de me lancer dans la formation parce que j’aime enseigner et que j’apprécie la possibilité de participer au développement de notre section.
Comment avez-vous vécu la formation ?
F. W. : L’investissement était important, beaucoup de cours, des examens et des préparations. Mais j’y ai aussi pris du plaisir. J’ai acquis beaucoup de connaissances. En outre, j’ai rencontré de nouvelles personnes et ai découvert du pays, par exemple Vaduz pour la formation d’instructeur BLS-AED.
N. M. : La formation de moniteur samaritain et de moniteur de cours est un enrichissement sur le plan des connaissances et sur le plan personnel. On répète et approfondit la matière, ce qui me semble indispensable. En tant que moniteur, nous avons la responsabilité de transmettre ces connaissances de façon correcte et pratique, mais cela ne marche que si on dispose soi-même d’un bagage sérieux et si l’on comprend vraiment la matière. C’est pourquoi j’ai apprécié l’intensité du cursus et l’espace accordé à l’approfondissement et au perfectionnement.
Maintenant, vous avez achevé votre formation et faites partie des plus jeunes moniteurs en Suisse, quels sont vos prochains objectifs ?
F. W. : Pour le moment, je souhaite exercer comme moniteur samaritain et moniteur de cours. Je peux m’imaginer que plus tard, je souhaite devenir instructeur pour pouvoir donner des cours IAS 3 et partager des expériences provenant de mon activité professionnelle.
N. M. : Faire mes premières armes et récolter des expériences sont au premier plan, que ce soit comme moniteur samaritain ou comme moniteur de cours. En outre, la section me tient très à cœur. J’aimerais contribuer activement à la vie associative et participer à son développement en imaginant des exercices ou en perfectionnant le matériel et la formation.
Cela fait plus de 15 ans que Doris Wolf est à la tête de l’Association cantonale bernoise et elle a déjà vécu nombre d’évolutions parmi les sections. Depuis l’été dernier, elle siège également au Comité central de Samaritains Suisse et se charge plus particulièrement des questions de formation et de jeunesse. Nous l’avons interrogée au sujet de la relève au sein des sections.
INTERVIEW : Anita Simeon Lutz | cli
Comment réussir le changement de génération au sein des associations et des sections ?
Dans l’association bernoise, nous cherchons le dialogue avec les sections et nous enquerrons de leurs besoins et demandes sans nous limiter au présent, mais en pensant aussi à l’avenir. Au niveau de l’association aussi, il est important de savoir où nous voulons être dans dix ans et avec quels moyens nous pouvons y parvenir. L’implication des jeunes est bien entendu un aspect essentiel.
Comment voyez-vous l’avenir du secourisme ?
Le monde des samaritains continuera à se transformer. Dans dix ans, l’environnement sera très compétitif et nous existerons avec moins de sections et moins de membres actifs. C’est pour cela qu’il est important de proposer des formations et des perfectionnements et d’apporter notre soutien aux sections. Cela signifie qu’il faut prendre les préoccupations des gens au sérieux. Une communication ouverte et transparente est indispensable. Il y a toujours eu des sections en perdition qui ont su renaître. Certaines sont très bien dotées alors que d’autres se débrouillent bien avec 15 à 20 membres. Leurs situations sont différentes. Dans notre association, nous parvenons souvent à trouver des solutions pour les sociétés fragilisées à l'aide des coaches de section. Mais cela uniquement à condition que nous ayons connaissance de leurs difficultés, avant que le bateau ne soit déjà en train de couler.
Lors de la conférence des présidents du mois de mars, des émissaires de la jeune génération ont demandé à être représentés au sein du Comité central (voir en p. 17). Qu’en pensez-vous ?
Nous avons pris note de la demande et la mettrons à l’ordre du jour d’une prochaine séance du Comité central. Il y a cependant des représentants de la jeunesse qui font de l'excellent travail chez Samaritains Suisse et dans le canton de Berne. La voix des jeunes ne passe pas inaperçue.

Doris Wolf est membre du Comité central de Samaritains Suisse et préside l’association bernoise depuis 2011.
Comment enthousiasmer les jeunes pour le secourisme ?
Je pense qu’il faudrait à nouveau nous rapprocher des écoles. Les enfants se passionnent rapidement et quand ils ont pris goût à quelque chose, ils y tiennent mordicus. Selon notre expérience, les filles et les garçons qui se sont familiarisés avec les premiers secours à l’école rejoignent souvent nos groupes Help avant de passer dans les sections. Ces dernières soutiennent d'ailleurs grandement la jeunesse, également financièrement.
Depuis l’année dernière, vous êtes membre du Comité central de Samaritains Suisse. Comment voyez-vous l’avenir de l’organisation faîtière ?
Nous devons faire corps et nous présenter unis, de la plus petite section logée au fond d'une vallée jusqu'à l'organisation centrale à Olten. Cela implique ouverture et transparence, mais également de la constance. Il me semble que nous sommes sur la bonne voie.
Merci de nous avoir accordé cet entretien.
La conférence des présidents du printemps sert traditionnellement à préparer l’Assemblée des délégués (AD) qui se tiendra le 20 juin à Schwyz. Les nouvelles concernant le bouclement financier et la mise en place de la stratégie 2029 de Samaritains Suisse sont bonnes.
TEXTE & PHOTO : Anita Simeon Lutz | cli
ILLUSTRATION : Samaritains Suisse
La conférence des présidents du 21 mars s’est à nouveau déroulée au centre hôtelier Sempachersee à Nottwil, mais cette fois dans la salle de l’ancien bâtiment avec lumière du jour et accès vers l’extérieur, ce qui a du éveiller de nombreux souvenirs chez les vétéranes et les vétérans présents. L’ambiance correspondait à la luminosité ambiante et la plupart des objets ont été approuvés à une large majorité par les représentantes et les représentants des associations. Ils ont agréée l’ordre du jour de l’Assemblée des délégués et le procès-verbal de celle de l’année dernière avant de prendre connaissance avec bienveillance du rapport d’activités 2025. Concernant les comptes 2025 aussi, les nouvelles sont bonnes. Sur le plan opérationnel, l’année 2025 a été un succès en dépit de revenus inférieurs. Les mesures d'économies, notamment du côté du personnel, ont permis un meilleur résultat d’exploitation.
Le budget 2926 reprend les postes de charges et de revenus de l’année 2025 et table sur des montants plus ou moins équivalents. Le programme d’activité du secrétariat de Samaritains Suisse met l’accent sur les grands axes de la stratégie 2029. Leur mise en œuvre tient également compte des résultats du sondage Stabilità . Un outil spécifique a été mis en place au secrétariat central censé faciliter la saisie des mesures et des tâches ainsi que le relevé de l’avancement du projet.
Après le repas de midi et des informations au sujet de nouveaux imprimés, de partenariats et de collaborations (nous en reparlerons en temps oppor -
Vision 2029
Champs d’action stratégiques
Axes stratégiques
Objectifs stratégiques
Objectifs 2026 et années suivantes
Opérationnalisation et mesures
tun) l’assemblée a pris congé de Véronique Stoller, présidente de l’association des samaritains vaudois sur le départ. En adressant des remerciements aux pesonnes présentes, cette dernière a notamment salué les efforts entrepris par le secrétariat à l'égard des associations romandes. Au cours de la conférence, les participantes et les participants pouvaient noter questions et demandes sur des panneaux prévus à cet effet. La voix de la jeunesse, qui réclame une représentation au Comité central, a particulièrement retenu l’attention. Le Comité central examinera la question avec bienveillance (voir en p. 16 l'interview de Doris Wolf). Dans l’ensemble, la conférence s’est déroulée dans une ambiance constructive et de bon augure pour l’avenir.

Sauver une vie peut-il être punissable ? Quiconque pratique une réanimation en situation d’urgence est soumis à de fortes pressions. Des études empiriques indiquent que certains secouristes hésitent à intervenir par crainte de conséquences juridiques. Toutefois, cette appréhension est infondée.
TEXTE : Marc Thommen, docteur en droit et professeur, Zurich (traduction) | PHOTO : ldd
Lors d’une réanimation, on agit toujours sous stress et pression du temps. Les enquêtes montrent que de nombreux profanes, mais aussi des professionnels, redoutent les conséquences juridiques. Que se passe-t-il si la personne que je tente de réanimer décède malgré tout ? Que se passe-t-il si elle survit en gardant des séquelles de l’intervention ? Que se passe-t-il si la personne ne voulait pas être secourue ? Ou encore si on décide de ne pas réanimer ?
Le Swiss Resuscitation Council (SRC) a demandé à l’auteur de cet article de répondre à ces questions dans le cadre d’une expertise. Nous pouvons conclure d’emblée que le risque de poursuite pénale sera très faible si les sauveteurs respectent deux lignes de conduite : en cas de doute, il convient de

Marc Thommen est professeur de droit pénal et de droit de procédure pénale à l’Université de Zurich. Dans le cadre de sa thèse ainsi que de divers autres articles, il a abordé les questions de droit pénal médical. De 2018 à 2021, il a participé en tant que membre de la sous-commission à la révision des directives de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) relatives aux décisions de réanimation. À la fin de l’été 2025, il a réalisé pour le Swiss Resuscitation Council (SRC) une expertise juridique complète sur les « risques de poursuites pénales pour les secouristes dans le cadre d’interventions de réanimation de base (BLS-AED) ».
réanimer (1. in dubio pro rea !). Dans des cas exceptionnels, il convient de respecter tout refus clair d’être réanimé (2. non, c’est non !).
Décès malgré la réanimation
Si une personne décède malgré des mesures prises sans délai, le sauveteur ne pourra être poursuivi pour homicide par négligence (art. 117 Code pénal [CP]) que s’il a manifestement manqué au devoir de diligence (art. 12, al. 3 CP). Il convient cependant de ne pas appliquer des exigences trop strictes a posteriori. La responsabilité ne pourra être engagée que si le mode d’intervention était d’emblée inacceptable, même en tenant compte de la situation extrême. Ce serait par exemple le cas si un sauveteur qui a détecté la présence d’un arrêt cardiaque ne commençait la réanimation qu’après un délai de cinq minutes.
Les fractures de côtes ou les lésions cérébrales hypoxiques font partie des possibles conséquences d’une réanimation. D’un point de vue juridique, elles sont certes considérées comme des lésions corporelles (art. 122 et suivants du CP), mais elles sont généralement justifiées parce que le sauveteur peut partir du principe que le patient accepterait ces conséquences. S’il n’est pas certain que la réanimation soit souhaitée, le geste du sauveteur peut être justifié parce qu’il tente de sauver une vie.
Réanimation non désirée
Si le patient ou la patiente refuse expressément toute réanimation, par exemple par le biais de directives anticipées ou d’une demande documentée de ne pas réanimer, cette volonté doit être respec -

Seulement ne rien faire est une erreur, cela s’applique aussi à la réanimation.
tée, même si l’intervention a des chances objectives de réussir. Une réanimation contre la volonté d’une personne peut être punie pour cause de lésion corporelle (art. 122 ss CP) ou de contrainte (art. 181 CP).
C’est finalement l’inaction qui présente le plus grand risque de poursuites pénales. Les secouristes non professionnels et les premiers répondants qui s’abstiennent de procéder à une réanimation requise et voulue s’exposent à une condamnation pour non-assistance à personne en danger (art. 128 CP). Les professionnels soumis à une obligation contractuelle d’assistance – c’est-à-dire les médecins et les ambulanciers – peuvent, dans un cas extrême, encourir une inculpation pour homicide par omission (art. 11 et 111 CP). Ici aussi, la nécessité de porter secours et les possibilités de sauvetage doivent avoir été clairement identifiées dès l’apparition de la situation d’urgence.
Le droit tient compte du fait que les humains ne sont pas infaillibles. Les situations d’urgence et les possibilités de sauvetage peuvent être mal évaluées. Il peut arriver, en particulier chez les non-professionnels, qu’ils n’identifient pas un arrêt cardiaque comme tel ou qu’ils ne comprennent pas que les compressions thoraciques entraînent souvent des fractures de côtes. Tous les secouristes sont confrontés au fait qu’en cas d’urgence, ils ne sont généralement pas en mesure de savoir, et encore
moins de vérifier, si une réanimation est désirée. Les professionnels sont également confrontés à cette question quand ils interviennent lors d’une tentative de suicide. Une personne qui a essayé de s’ôter la vie doit-elle être secourue ou doit-on la laisser mourir ? Dans ces situations, l’appréciation du sauveteur est déterminante, car c’est sur la base de celle-ci qu’il sera jugé si elle lui est favorable (art. 13, al. 1 CP). S’il part du principe que la personne souhaite être secourue, mais que cette supposition s’avère finalement erronée, il sera tout de même protégé. La responsabilité pour négligence ne peut être engagée qu’en cas d’erreur d’appréciation grossière, manifestement évidente pour tout le monde dès le départ (art. 13, al. 2 CP). Ce serait par exemple le cas si, lors d’une réanimation dans un cadre hospitalier, le sauveteur clairement informé d’une demande de non-réanimation de la part du patient procède tout de même à la réanimation.
L’application des deux lignes de conduite ci-après permet de réduire quasiment à zéro le risque d’être poursuivi pénalement. En cas de doute, il convient de réanimer (1. in dubio pro rea !). Ce n’est que dans des cas exceptionnels, par exemple en présence de directives anticipées qui indiquent clairement que la réanimation n’est pas souhaitée, que la victime ne doit pas être réanimée (2. non, c’est non !).
Cet article a été rédigé en exclusivité pour la revue professionnelle star of life et y a été publié pour la première fois dans le numéro 1/26.
Deux équipes de samaritaines et de samaritains ont participé aux opérations de secours lors de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana. Stéphanie Mottier, présidente de la section locale, et Yvan Vuilloud, chef de la formation, nous ont raconté ce qu’ils ont vécu et quels enseignements ils en ont tirés-enus.
TEXTE : Chantal Lienert
PHOTO : copyright ©PatrickGüller
Lorsque, une dizaine de minutes avant 2 h du matin le 1er janvier 2026, la centrale du 144 demande aux quatre samaritains en train de boucler leur poste de la St-Sylvestre installé sur la place Victoria de se rendre à quelque 800 mètres de là en raison d’une « explosion dans un restaurant », ils sont un peu déroutés. Ils n’ont rien entendu et la nuit semblait calme. Cependant, à proximité du bar Le Constellation , l’ambiance est fébrile. Les sapeurs-pompiers sont à pied d’œuvre et il y a beaucoup de monde.
Patients à même la chaussée
Un médecin du GRIMM* officie comme chef de poste. La mission des samaritains est de réceptionner les blessés que les sapeurs-pompiers munis de protection respiratoire évacuent de l’établissement en feu. Une partie des victimes peut être installée dans un pub situé en face. Mais bientôt, la place manque et les patients, légèrement vêtus, sont allongés sur l’asphalte, à même le sol. Avec leurs sacs d’intervention prévus pour des temps ordinaires,
* Le GRIMM, Groupe d’intervention médicale en montagne, regroupe des médecins et d’autres professionnels de la santé spécialement formés pour des interventions en conditions particulières. Il est le pendant valaisan du SARO, Secours alpin romand (voir en pages 12 et 13).
** Le Détachement poste médical avancé (DPMA) de l’Organisation cantonale valaisanne des secours 144 est un corps composé de professionnels de la santé et de secouristes formés pour intervenir en cas de situations d’urgence.
les samaritains se sentent vite démunis. Heureusement, la population vient à la rescousse, apporte couvertures et matériel et propose son aide. Ainsi, il est possible d’attribuer une personne à chaque victime en lui demandant de veiller sur elle. Plus tard, la Banque cantonale du Valais ouvrira ses locaux, et tout le monde pourra être mis à l’abri.
« L’entraînement et le fait d’être bien drillé permet de ne pas perdre le nord dans l’urgence. »
En parallèle, Stéphanie Mottier, présidente et membre du DPMA**, reçoit également une demande de renfort, à peu près en même temps que le quatuor qui assurait le poste de la St-Sylvestre. Quatre samaritains supplémentaires répondent à l’alarme. Ils sont priés de se rendre sur le site de la Moubra, où un hôpital de fortune a été installé. Les cas les plus graves y sont acheminés avant d’être transférés dans des hôpitaux, par ambulance ou hélicoptère. La présidente se chargera de l’enregistrement des patients, tandis que les quatre autres samaritains assisteront et les intervenants professionnels et les médecins.

Une organisation impressionnante
L’événement a exigé la mobilisation d’un nombre exceptionnel de forces de secours, bien au-delà des frontières du canton. La matinée était déjà bien entamée lorsque les dernières personnes ont pu être dispatchées vers diverses structures hospitalières, en Suisse et à l’étranger. Dans l’ensemble, environ 150 personnes ont été soignées, et Stéphanie Mottier se dit admirative du bon fonctionnement de l’organisation. À la question de savoir si les samaritains étaient préparés pour une telle d’intervention, Yvan Vuilloud répond : « On n’est ja-
Issue de la fusion en 2018 des sections de Crans-Montana et environs et de Flanthey-Lens, la société de samaritains du Grand-Bisse compte 36 membres actifs et un groupe de 35 Bibi’sKids. Stéphanie Mottier la préside, Yvan Vuillod est chef de la formation et une monitrice et un moniteur assurent cours et exercices. Chaque année, été comme hiver, les services des samaritains sont sollicités pour une cinquantaine de manifestations de portée locale à internationale, ce qui implique une centaine de postes. La section collabore régulièrement avec celles de Grône, de Nendaz et du Haut-Lac.
mais préparé, mais on est samaritain et on fait le job ». L’entraînement et le fait d’être bien drillé permet de ne pas perdre le nord dans l’urgence et de trouver rapidement sa place parmi les autres intervenants. Il est difficile de se préparer à une catastrophe, mais dans la nécessité, les gestes viennent naturellement. « Le fait qu’on se connaît tous nous a aussi beaucoup aidés », relève Stéphanie Mottier.
Après l’événement, les samaritains qui ont participé aux secours ont été pleinement intégrés aux forces d’intervention lors des commémorations et ont cheminé aux côtés des sapeurs-pompiers. Toutes et tous ont également assisté à la séance de débriefing du DPMA organisée avec un médecin et un psychologue. En outre, les pharmacies de la station ont mis un kit homéopathique à disposition de tous les intervenants. Ensuite, chacune et chacun suit son propre parcours, mais on reste vigilant et attentif les uns aux autres.
Aujourd’hui, quelques blessés ou proches de blessés sont encore en contact avec les secouristes. Leur présence était essentielle ne serait-ce que pour que les victimes ne se sentent pas abandonnées.
Le moustique-tigre ne cesse de se propager en Europe, y compris en Suisse. Les zones les plus touchées sont celles où il est introduit de façon répétée, comme c’est le cas dans le canton du Tessin depuis l’Italie voisine. Mais désormais, les villes de Genève et de Bâle aussi les échangent avec les régions limitrophes. Pour la première fois, le laboratoire cantonal de BâleVille vient de détecter le virus de la dengue chez des moustiques-tigres au nord des Alpes.
TEXTE : Anita Simeon Lutz (traduction) PHOTO : Pixabay
Il n’y a pas si longtemps, les maladies transmises par les moustiques étaient limitées à certaines aires géographiques. Les personnes qui ne se trouvaient pas dans ces zones à risque étaient en principe à l’abri. Il fallait donc surtout craindre de contracter l’une de ces maladies lorsque l’on vivait ou se rendait dans un endroit où elle était fréquente. Cependant, le changement climatique modifie constamment la donne, car les zones de propagation de certains insectes vecteurs de maladies s’étendent. Par ailleurs, l’augmentation des déplacements fait que des touristes tombant malades pendant leur voyage introduisent de nouveaux agents pathogènes dans leur pays d’origine, ou que des insectes ou leurs œufs sont importés via des marchandises dans de nouvelles régions où ils sont susceptibles de se propager.
Nouvelles maladies infectieuses
Actuellement, trois espèces de moustiques invasifs qui n’étaient pas encore présentes en Suisse ont été identifiées. Il s’agit du moustique-tigre asiatique (Aedes albopictus), du moustique coréen (Aedes koreicus) et du moustique japonais (Aedes japonicus). Parmi ces trois espèces, c’est surtout la présence du moustique-tigre qui est préoccupante, car il peut transmettre des agents pathogènes tels que les virus du chikungunya , de la dengue et du zika . Pour les personnes vivant en Suisse, les maladies dues à ces virus étaient jusqu’à présent surtout associées à des voyages dans des zones à risque. Personne n’avait à craindre de contracter l’une d’elles dans notre pays. Mais maintenant que le moustique vec -
teur a été détecté chez nous, il convient d'être plus attentifs.
La dengue est sans doute la maladie virale la plus dangereuse parmi celles qui sont transmises par les moustiques-tigres. Cependant, toutes les personnes infectées par ce virus ne tombent pas malades. Les statistiques actuelles montrent que seule une personne sur quatre développe des symptômes de gravité variable. En revanche, iI est possible de contracter la dengue plusieurs fois et une deuxième infection par le virus peut s’avérer mortelle. Les symptômes d’une dengue sévère se manifestent souvent 24 à 48 heures après un accès de fièvre. Il peut s’agir de vomissements (au moins trois fois en 24 heures), de douleurs abdominales, de sang dans les selles ou de vomissements de sang, de saignements des gencives ou du nez, d’irritabilité ou d’agitation. En cas d’apparition d’un de ces symptômes, une consultation médicale est impérative.
Lutte contre le moustique-tigre asiatique
De nombreux cantons ont déclaré la guerre au moustique-tigre asiatique. Dans le canton de BâleVille, cette lutte est de la compétence des autorités dans les espaces publics et de celle des propriétaires sur les terrains privés. Comme on y trouve de nombreux lieux de reproduction potentiels, tels que les soucoupes de pots de fleurs et les récupérateurs d’eau de pluie, le laboratoire cantonal met à dispo -

Avec le changement climatique, les zones de propagation de certains insectes vecteurs de maladies s’étendent et pour la première fois, on a détecté le virus de la dengue chez des moustiques-tigres au nord des Alpes.
sition des informations visant à sensibiliser la population. Un produit biologique est distribué gratuitement pour traiter les lieux de reproduction que l’on ne peut pas supprimer. Le laboratoire a également inspecté les espaces extérieurs d’entreprises et d’établissements sensibles (p. ex. des hôpitaux, des maisons de retraite, des écoles) ainsi que d’immeubles d’habitation. La quarantaine de contrôles effectués a révélé que, dans presque tous les cas, aucune mesure n’avait été prise contre le moustique-tigre ou que celles-ci étaient insuffisantes. Pour contrecarrer la prolifération des moustiques, tous les récipients où pourrait s’accumuler de l’eau stagnante doivent être entièrement recouverts de mai à septembre, ou au minimum vidés et nettoyés une fois par semaine.
Sur les 1628 moustiques capturés en 2025 dans le canton de Bâle-Ville, la grande majorité était des moustiques indigènes. Seuls 2 % appartenaient à l’espèce Aedes, dont fait partie le moustique-tigre asiatique. Les insectes ont été analysés par pools (groupes) et le virus d’Usutu , peu dangereux pour
les humains, a été détecté dans 24 des 163 pools
En outre, des échantillons issus d’un monitoring datant de 2024 ont été analysés à l’aide de méthodes supplémentaires de séquençage d’ADN ainsi que par un laboratoire indépendant. Cela a permis de confirmer la surprenante découverte du virus de la dengue dans un pool d’Aedes. Il s’agit de la première détection de ce virus chez des moustiques au nord des Alpes. Compte tenu des conditions climatiques locales, cette découverte isolée suggère une prévalence probablement très faible d’Aedes au sein de la population locale, sans toutefois permettre de tirer des conclusions définitives quant à sa présence réelle. Il convient donc de rester vigilant !
Sources :
• Swiss Tropical and Public Health Institute (Swiss TPH), Allschwil (BS), www.swisstph.ch
• Université de Zurich, centre de médecine de voyage Zurich, www.reisemedizin.uzh.ch
• Laboratoire cantonal de Bâle-Ville, www.bs.ch/gd/kantonslabor
• Office fédéral de l’environnement OFEV, Berne, www.bafu.admin.ch
Le marathon de réanimation organisé par la section Croce Verde de Bellinzone a rencontré un franc succès et permis de sensibiliser un nombreux public.
TEXTE et PHOTOS : Mara Zanetti Maestrani | cli
Comment impliquer le grand public et l’attirer afin qu’il s’attarde devant le stand des samaritains ? Une idée géniale, et sans doute une première à l’échelle cantonale, a germé dans la tête de Lisa Mombelli, 23 ans, et depuis cinq ans membre de la section de la Croce Verde de Bellinzone. « Pourquoi ne pas réaliser un marathon de réanimation ? » Elle en a immédiatement fait part à sa collègue Isabella et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’idée s’est concrétisée.
Le samedi 21 mars passé, pendant le traditionnel marché hebdomadaire bien fréquenté au cœur de Bellinzone, les deux jeunes femmes ont organisé, avec le soutien de leur section, une manifestation de sensibilisation et d’information et préparé le nécessaire pour réaliser le marathon de réanimation. Un mannequin d’entraînement et un grand écran permettant d’afficher la durée totale du massage étaient installés à proximité d’un stand d’information proposant des imprimés présentant les cours et les autres activités samaritaines.
Le massage devait se dérouler en continu, avec des personnes qui se relayaient sans jamais interrompre les compressions thoraciques. Le tout avec l’assistance bienveillante des monitrices présentes.
Contre toute attente – Lisa nous a confessé que le soir d’avant elle était tendue et très anxieuse quant au succès de sa proposition – plus de 120 personnes ont participé au massage cardiaque, certaines pendant deux minutes, d’autres un peu moins. Parmi elles et parmi les premiers, Mario Branda, le syndic de Bellinzone était de la partie. « Plusieurs enfants s’y sont aussi essayés », nous raconte Lisa le jour d’après, encore tout émue du succès rencontré. « Tenir deux minutes pour un enfant est une gageure, ils faisaient donc ce qu’ils pouvaient. En guise d’encouragement, ils suivaient attentivement à l’écran la progression du temps de réanimation. Il s’agissait en quelque sorte d’un défi symbolique ouvert à toutes et à tous qui a permis de mobiliser les gens de façon active et concrète. » À la fin de la matinée, l’écran affichait un total impressionnant de 4 heures et 10 minutes de massage en continu.


Un élément important est qu’avant de commencer à masser, les personnes intéressées et les curieux pouvaient voir comment se déroule un massage cardiaque fait correctement. Dans un second temps, si elles le désiraient, elles pouvaient s’y essayer elles-mêmes. « Beaucoup nous ont avoué n’avoir jamais pratiqué de massage cardiaque et que le fait de s’y être essayé les a conscientisés », nous précise Lisa. Et qui sait, ajoutons-nous, peut-être que cela aura incité l’une ou l’autre à suivre une formation. Sans aucun doute, le marathon a permis de sensibiliser le public au fait qu’en cas d’arrêt cardiaque, chaque minute est décisive pour tenter d’augmenter les chances de survie de la victime. Et Lisa de conclure : « Nous sommes très satisfaits et nous pensons déjà reconduire la manifestation l’année prochaine. »
Une importante manifestation a été organisée au mois d’avril à Giubiasco par la section de samaritains Croce Verde de Bellinzone dans le but d’intéresser et de recruter des jeunes pour les organisations de secours.
TEXTE : Mara Zanetti Maestrani | cli PHOTOS : ldd
« Comme d’autres, notre section aussi est confrontée à la problématique du renouvellement générationnel », nous confie Lisa Mombelli, jeune membre enthousiaste de la société de samaritains Croce Verde de Bellinzone. « C’est pourquoi, depuis environ deux ans, l’idée d’organiser quelque chose pour montrer notre activité et se rapprocher des jeunes trottait dans ma tête. » Lisa pensait à un grand événement, en mesure d’attirer un vaste public et, surtout, les nouvelles générations. C’est pourquoi, avec sa collègue samaritaine et amie Isabella Ducommun, elle a présenté son idée au comité. Petit à petit et avec l’aide d’autres personnes, la manifestation « Samaritains, qui ? quoi ? pourquoi ? » a pris forme et s’est déroulée le samedi 11 avril au marché couvert de Giubiasco. Six sections de samaritains y ont participé ainsi que sept organisations partenaires. Outre celle de Bellinzone, les sections de Lugano, Coldrerio, Tenero-Contra, Acquarossa-Serravalle et Agno étaient de la partie. Parmi les partenaires qui disposaient aussi d’un stand d’information, il y avait la centrale d’alarme 144 du Tessin, la Care Team Ticino, Nez Rouge Ticino, le Service de transfusion CRS de suisse italienne, le service d’ambulance Croce Verde de Bellinzone, Redog Ticino et la Société suisse de sauvetage (SSS).

Qui sont les samaritains, que font-ils et pourquoi ? Les personnes intéressées ont reçu toutes les réponses qu’elles cherchaient pendant la manifestation installée dans le marché couvert de Giubiasco dont on aperçoit quelques stands sur la droite.
« L’ambiance était formidable. Il s’est créé une espèce d’union fraternelle et une force commune pour présenter ce que nous faisons en faveur de la communauté », se souvient Lisa avec enthousiasme. « Le public est venu nombreux et il y avait beaucoup d’enfants. Nous avons mis sur pied un parcours d’ateliers ludiques et les enfants qui arrivaient au bout recevaient un timbre sur leur carte. Le jeu était instructif et divertissant, beaucoup de familles s’y sont essayées. »
Quant à savoir si la manifestation a porté ses fruits sous forme de nouvelles recrues pour la section, on ne le saura qu’après un certain temps. Mais quoi qu’il en soit, toutes les personnes présentes ont exprimé leur satisfaction, organisateurs compris ! Au cours de la journée, de brèves conférences publiques abordant des sujets des plus divers étaient également au programme : réanimation cardio-pulmonaire, intelligence artificielle, importance du système immunitaire, gestion de la peur du feu, burnout et stress, don du sang, Care Team et comment grandir dans un monde hyperconnecté. Les exposés suivis par un public attentif étaient donnés par des personnes qualifiées, représentant les organisations présentes. « Une manifestation à refaire », s’exclame avec joie et visiblement satisfaite Lisa Mombelli.


La section de samaritains Croce Verde de Bellinzone qui a été entraînée par deux jeunes membres pour organiser une journée de rencontre avec le public à Giubiasco.
Dans une belle unanimité, les samaritains vaudois réunis à Prilly, dans l’Ouest lausannois, ont applaudi deux médaillés, acclamé trois nouveaux membres d’honneur et élu un président ainsi que deux nouvelles personnes au comité cantonal, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de la vie de leur association.
TEXTE : Chantal Lienert | PHOTOS : Loïc Gex et cli
Le 25 avril dernier, après huit ans de présidence, c’était la dernière fois que Véronique Stoller ouvrait l’Assemblée des délégués (AD) de Samaritains Vaud. Mais en fait, c’était la deuxième fois qu’elle remettait son mandat à la tête de l’association cantonale, car elle avait déjà fait un tour de piste au début des années 2000, avant de prendre du recul pour se consacrer à sa tâche de jeune maman. Quelques années plus tard, sa fille ayant grandi, elle avait repris contact avec les samaritains pour tomber sur une association en pleine crise. N’écoutant que son cœur de secouriste, elle s’était déclarée disponible pour aider à sortir de la tourmente et c’est ainsi qu’elle avait rempilé comme présidente en 2018, pratiquement au pied levé.
Le monde change
En faisant le point sur les huit années de son deuxième mandat, la présidente sortante n’a pas caché que le voyage n’avait pas toujours été de tout repos. Hormis les turbulences internes, il a aussi fallu faire face à un monde qui change. Tout va plus vite, la concurrence des professionnels se fait rude et il est plus difficile d’obtenir des soutiens. Mais s’il a fallu encaisser la perte de quelques sections, elle s’est aussi

réjouie du nouvel essor qui en anime d’autres que l’on croyait moribondes.
Les affaires statutaires de l’AD ont été votées rapidement et sans complication par les délégués. Ils ont également élu deux nouveaux membres au Comité cantonal en les personnes de Gérard Séchaux et Ander Lopez et ont porté Patrick Brossy à la présidence. Après une riche carrière comme volontaire, puis comme directeur de la structure professionnelle de Samaritains Vaud, ce dernier connaît l’organisation des secouristes comme sa poche et se réjouit de continuer de servir une cause à laquelle il est très attaché.
Honneurs et reconnaissances
Cette année, deux personnes ont reçu la médaille Henry Dunant en la présence remarquée et appréciée de Fabio Poncioni, représentant du Comité central. Par ailleurs, deux personnes ont été nommées membres d’honneur de Samaritains Vaud en reconnaissance de leur indéfectible loyauté et des immenses services rendus à la cause samaritaine. Dans l’hommage appuyé rendu à la présidente sortante, Thierry Barraud, vice-président, a souligné l’énergie avec laquelle elle avait assumé son mandat : « … elle fonce, trouve

Le nouveau comité de Samaritains Vaud (de g. à d.) : Ander Lopez, Gérard Séchaux, Patrick Brossy, Jérémie Rey, Emmanuel Brito, Thierry Barraud, manque sur la photo Florian Cherix.
de nouveaux membres, donne des cours, invente des solutions inédites et défend les Romands auprès de Samaritains Suisse. » Sa proposition de nommer Véronique Stoller membre d’honneur de Samaritains Vaud a été accueillie avec des applaudissements nourris. Puis c’est dans une ambiance sereine que la présidente a clos l’assemblée et invité les délégués à partager le verre de l’amitié.








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Mollusque aussi appelé couteau
Chanteuse irlandaise
Relative à l’expression orale
Officier à la cour d’un roi 2
Sérail, logement des femmes
D’une hygiène douteuse
Hypotenseur naturel
Justice interne ou externe
Il chanta Amsterdam
Ville connue pour son savon Au goût âpre
Peuple de la Côte d’Ivoire Rivière suisse Article allemand féminin Et ainsi de suite Arbre menacé
Tissu très souple 4
Prénom de West (actrice) Discipline de l’aérobic
Cité portuaire sur la Manche
Garçonnet (fam.) 6
Imprégner de liquide coloré
1 2 3 4 5 6 7 raetsel.ch
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Gymnase, en France
Accumulations de bilirubine Col d’Autriche
Société à but financier 1
S’exprimer tel un cerf
Célèbre arbalétrier
Accueillit mal le spectacle
Mère de Zeus 3
Penseurs chimériques
Épopée scandinave
Envoyez-nous le mot caché à concours@samaritains.ch et participez au tirage au sort de trois paniers cadeau Ächt Schwyz d’une valeur de CHF 113.– chacun. Pour plus d’informations, consultez la page 29.
Le mot caché de nous, samaritains 1/2026 était
Relatif aux bateaux
Sensibilité en photo
La gagnante de deux nuitées et d’un menu dégustation à l’Hôtel des Horlogers dans la vallée de Joux est : Carmen Wicki, Schötz (LU)

L’Assemblée des délégués de Samaritains Suisse aura lieu le 20 juin à Schwyz, au MythenForum. Voici en mots et en images de quoi vous familiariser avec le canton de Suisse centrale.
TEXTE et PHOTOS : schwyz.tourismus
Falaises abruptes et gras pâturages : la trilogie de Lidernen compte sans conteste parmi les parcours alpins les plus séduisants de Suisse.

Soyons francs, les Schwytzoises et les Schwytzois vivent dans un endroit rare qui propose une grande diversité et une nature haute en couleur. Des paysages montagneux, des lacs, beaucoup d’histoire, de la culture, de riches traditions et des saveurs locales sont à découvrir aux quatre coins du canton de Suisse centrale. Il serait dommage de se limiter à un aperçu de la salle des congrès, on se priverait de bien des plaisirs.
Randonnées, VTT, grimpe ou autre sport de plein-air pour s’aérer les méninges, tout est à proximité immédiate. Le portail outdoor-schwyz.ch fourmille d’idées et de renseignement pour des activités en extérieur et il existe aussi une application gratuite à emporter avec soi pour ne jamais se sentir abandonné. www.outdoor-schwyz.ch
Guillaume Tell, le serment du Grütli ou Morgarten, qu’il s’agisse de mythes ou de faits historiques, ces récits entretiennent des liens étroits avec notre région. Musées et sites mythiques nous interpellent sur nos origines.

1 Transmission du savoir au Forum de l’histoire suisse à Schwyz. 2 Ächt Schwyz : la ferme Bürgis à Euthal.
Ächt Schwyz (authentiquement schwytzois) est le label des produits du terroir en vente directe, en magasin ou au restaurant. Ils sont fabriqués sur place à partir de ressources locales. Bons et paniers cadeaux sont une solution idéale pour offrir des attentions originales et authentiques. À commander en ligne à l’adresse : www.aechtschwyz.ch
Avec un peu de chance, vous pourrez gagner un des trois paniers cadeaux d’une valeur de 113 francs chacun. Il suffit de nous envoyer la solution du mot caché de la page 28. D’ailleurs, le MythenForum, l’établissement qui accueillera l’AD du 20 juin aussi arbore le label Ächt Schwyz.
Pour en savoir plus : www.schwyz-tourismus.ch
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Rédaction « nous, samaritains », Case postale, 4601 Olten, redaction@samaritains.ch
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Les allergies au venin d’insectes font peur.
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Plus sur aha.ch
Avec l‘arrivée des premières journées ensoleillées et la hausse des températures, la saison des activités de plein air commence. Si l‘énergie renouvelée et le plaisir de bouger en plein air sont au cœur de cette période, les risques typiques, tels que les piqûres de tiques ou les troubles liés à la chaleur, augmentent également. Avec nous, vous êtes parfaitement préparé: sur Samariter.shop, vous trouverez une gamme complète de produits de protection et de premiers secours pour réagir avec compétence et fiabilité à tout moment.

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DermaPlast® ACTIVE bande rafraîchissante
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