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nous,
SAMARITAINS Le journal de l’Alliance suisse des samaritains
Premiers secours psychologiques 12 INTERVIEW
Cours pour entreprises, quelle est la suite ?
16 VIE MODERNE
Sauver c’est la classe ! Premiers secours dans les écoles
20 FORMATION
Cours et réunions en 2022, vue d’ensemble
Le secourisme a de nombreux visages
Merci pour votre don et votre aide.
ÉDITORIAL
Âmes en souffrance Chères samaritaines, chers samaritains, Il n’y a pas que les égratignures, les brûlures ou les fractures qui provoquent des douleurs, les bleus à l’âme aussi font mal. Les personnes qui ont déjà vécu des situations critiques ou des stress psychiques intenses savent que la vie peut être chamboulée d’une seconde à l’autre. Pertes, séparations, maladies subites, situations mettant la vie en danger ou violences ne sont que quelques exemples d’événements qui peuvent bouleverser une vie. Ces situations de tension mentale à la limite du supportable sont comparables aux urgences menaçant l’intégrité corporelle sous deux aspects. Premièrement, leur survenue subite provoque un choc. Leur caractère imprévu entre en collision avec notre besoin de contrôle. Tout à coup, nous ne tenons plus notre vie en main. Deuxièmement, les mécanismes de défense psychologique ressemblent à ceux qui se mettent en place en cas d’urgence physique. Par exemple, lors d’hémorragie aigüe, l’apport en oxygène indispensable à la survie se concentre sur le cerveau et le cœur. Ainsi, l’organisme peut fonctionner en mode survie. Les stratégies de défense psychique agissent de façon semblable. Elles servent à atténuer ou bloquer la douleur psychique afin de protéger l’âme. Pour l’observateur extérieur, des réactions classiques de
stress telles que le combat, la fuite ou la tétanie peuvent surprendre et déconcerter. C’est pourquoi, pour nous secouristes, il est important de comprende les mécanismes sous-jacents à une urgence mentale, pour que nous gardions notre calme et la tête claire en cas de crises et de situations stressantes. Cela fait un certain temps déjà que les premiers secours psychologiques et que les notions de Care ont fait leur entrée dans le monde samaritain. En songeant au principe d’humanité prôné par la Croix-Rouge, il s’agit peut-être d’une des tâches les plus importantes des secouristes : être présents en tant que personnes. Quand le sol semble se dérober sous les pieds, un contact humain, une écoute attentive et la chaleur d’un échange peuvent être salutaires, voire sauver des vies lors de la traversée du tunnel de l’abandon et de l’impuissance. Dans ce champ d’activité important, nous, samaritaines et samaritains, pouvons aussi apporter notre part. Je vous souhaite une excellente lecture et prenez soin de vous !
MATHIAS EGGER Vice-président de l’Alliance suisse des samaritains nous, samaritains 4/2021 3
6 PREMIERS SECOURS PSYCHO LOGIQUES
SOMMAIRE 10 EN SAVOIR PLUS Les commotions cérébrales sont plus fréquentes qu’on ne le croit 14 VIE MODERNE La police de Schaffhouse met à jour ses connaissances des premiers secours
4 nous, samaritains 4/2021
20 FORMATION Vue d’ensemble des cours et réunions en 2022 22 MARIA FISCHER Coup de pouce financier pour les sections et les associations en régions de montagne
23 COLLECTE Sondage sur la collecte 2021, partagez vos impressions 24 À VOUS DE JOUER Mot caché et Sudoku 25 NOUVEAUTÉS DU SERVICE DES VENTES Profitez des promotions jusqu’au 20 décembre 2021
IMPRESSUM 12 INTERVIEW Benjamin Kuoni fait le point sur l’état actuel du projet « Développement Business »
16 VIE MODERNE Sauver c’est la classe – un projet pour les écoles développé par l’ASS et la Rega
nous, samaritains 4/2021 Parution : 11 novembre 2021 Organisation éditrice Alliance suisse des samaritains (ASS) Martin-Disteli-Strasse 27 Case postale, 4601 Olten Téléphone 062 286 02 00 Téléfax 062 286 02 02 redaction@samaritains.ch www.samaritains.ch Abonnements, changements d’adresse : par écrit à l’adresse ci-dessus Prix de l’abonnement Abonnement individuel pour non-samaritains : CHF 33.– par an 4 numéros par an Tirage : 22 600 exemplaires
26 LA FAMILLE CROIX-ROUGE REDOG – jubilé pour des pionniers. Chiens de sauvetage et de recherche, un aperçu historique
Rédaction Paolo D’Avino (pda) Matthias Zobrist (mzo) Suisse romande : Chantal Lienert (cli) Suisse italophone : Mara Zanetti Maestrani (m.z.) Téléphone 062 286 02 00 Téléfax 062 286 02 02 redaction@samaritains.ch Adresse postale : Rédaction « nous, samaritains » Case postale, 4601 Olten
28 LE SAVIEZ-VOUS Oskar Bernhard, un pionnier des secours alpins 30 DON DU SANG Check vaccination pour savoir si on est éligible au don du sang 31 À VOTRE SERVICE Contacts et échéances
Annonces Fachmedien Zürichsee Werbe AG Laubisrütistrasse 44, 8712 Stäfa Téléphone 044 928 56 11 Téléfax 044 928 56 00 samariter@fachmedien.ch www.fachmedien.ch Mise en page, impression et expédition Stämpfli Communication, 3001 Berne staempfli.com Photos Couverture et sommaire: shutterstock
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POINT FORT PREMIERS SECOURS PSYCHOLOGIQUES
PREMIERS SECOURS PSYCHOLOGIQUES Comment garder la tête froide quand les secouristes sont confrontés à des personnes qui subissent un stress psychique ? Ou que faire quand les samaritaines et les samaritains atteignent euxmêmes leurs limites émotionnelles ? Gabi Ceric, membre de l’unité d’intervention spécialisée en premiers secours psychologiques du canton de St-Gall, et Roger Staub de la Fondation Pro Mente Sana expliquent l’importance des premiers secours psychologiques. TEXTE : Paolo D’Avino | cli 6 nous, samaritains 4/2021
Gestionnaires de crise efficaces Depuis 2006, Gabi Ceric fait partie de l’unité d’intervention spécialisée en premiers secours psychologiques de St-Gall et a été invitée par la section de Widnau pour apporter son expertise dans l’exercice consacré à ce sujet. L’unité d’intervention, créée à l’origine pour assister les victimes et les intervenants professionnels lors d’accidents majeurs, a été convertie à fin 2005 en une organisation pouvant intervenir en tout temps en cas d’événements traumatisants. Il s’agit d’une équipe bariolée, dont la cinquantaine de membres provient de métiers fort différents. Pour sa part, Gabi Ceric travaille pour l’église catholique à Oberriet et assume des tâches pastorales.
En faire un récit
Les premiers secours psychologiques consistent d’abord à être à l’écoute d’une personne qui a vécu un événement traumatisant. (Photo : shutterstock)
« C’est tout à fait normal de réagir comme ça face à l’extraordinaire de la situation. » Gabi Ceric s’adresse souvent ainsi aux personnes affectées par un événement stressant. Au début, cela permet aux gens de saisir l’insaisissable. Un accident est toujours imprévu et la plupart du temps, les personnes affectées sont dépassées psychiquement. « Les personnes subissent un stress psychique dont les symptômes apparaissent en l’espace de quelques minutes et peuvent durer des heures, voire plusieurs jours », explique la spécialiste au début de son exposé auprès de la section de samaritains de Widnau (SG).
« Se mettre à l’écoute d’une personne qui a vécu un événement traumatisant et entendre ses demandes », c’est ainsi que Gabi Ceric décrit sa mission. Pendant les premières heures, il s’agit de faire en sorte de protéger la victime qui a subi un choc, de lui permettre de se calmer et de l’aider à métaboliser ce qui s’est passé afin d’en faire un récit dont elle peut se souvenir. « Un tel récit personnel, composé de paroles et d’images, permet de mieux gérer les impressions », explique la conférencière. Les moyens de l’aide psychologique d’urgence sont multiples. Par exemple, existe-t-il des proches de la victime que l’on peut contacter ? On peut aussi lui donner à boire ou à manger. Mais, dans la plupart des cas, les personnes souhaitent parler. « Et je suis là pour elles, aussi longtemps qu’il le faut », précise Gabi Ceric. « Bien sûr, si la personne le souhaite, elle a aussi le droit de garder le silence ou de s’isoler. Le plus difficile est la patience », mais, au fil des ans, elle a appris à laisser libre cours aux expressions des victimes. « Les gens réagissent de façon très variable aux situations extraordinaires. Les uns piquent des crises de colère alors que d’autres se retirent dans leur coquille. » Tous ont droit au respect et il faut apprendre à le supporter.
Absorber le premier choc « Les situations les plus éprouvantes sont celles où des enfants, des adolescents ou des personnes que l’on connaît personnellement sont grièvement blessés ou perdent la vie », explique Gabi Ceric. Mais la prévention du suicide, la violence domestique ou l’assistance aux personnes victimes de viols ne font pas partie de son cahier des charges. Année après année, les interventions sur le territoire cantonal nous, samaritains 4/2021 7
POINT FORT PREMIERS SECOURS PSYCHOLOGIQUES
ont augmenté. « Non pas parce qu’il y a eu plus d’accidents graves ou de catastrophes naturelles », souligne l’oratrice, « mais parce que les premiers secours psychologiques assurés par des miliciens ont fait leurs preuves. Le fait que nous absorbions les premières vagues du choc émotionnel diminue le risque de troubles psychiques ultérieurs ». L’aide psychologique d’urgence peut être appelée en tout temps via le 144, elle intervient quand les forces présentes sur place atteignent leurs limites. La collaboration fonctionne très bien selon la spécialiste. La cellule d’intervention est sollicitée une centaine de fois par an.
Ne jamais laisser les personnes seules Quand Gabi Ceric reçoit un appel, elle sait ce qui l’attend. Les procédures avec les ambulanciers, les sapeurs-pompiers et la police sont bien rodées. Elle insiste sur le fait qu’il est important de ne jamais laisser les personnes seules. « C’est un facteur décisif », sinon le risque qu’un stress psychologique intense se mue en pathologie de longue durée augmente. « Malheureusement, cela se produit souvent », estime Roger Staub. Il est directeur de la fondation Pro Mente Sana qui a mis en place ensa, un programme de premiers secours pour la santé mentale dans toute la Suisse. « Des non-professionnels apprennent à donner rapidement les premiers secours quand des personnes de leur entourage traversent des crises ou des problèmes psychiques.» Les maladies mentales sont un tabou, on n’en parle pas, c’est pourquoi peu de personnes savent ce qu’il faut faire dans de telles situations. Roger Staub estime que le rôle des premiers secours psychologiques est
Sans préjugés Fréquemment, les symptômes se manifestent subrepticement. « On commence par mal dormir, des cauchemars apparaissent plus fréquemment et le manque de goût pour toute chose plombe l’humeur. Souvent, les personnes affectées ont du mal à répondre aux interrogations », ce qui est accablant pour l’entourage. Un entretien de premiers secours psychologiques ne s’improvise pas, cela s’apprend, selon Roger Staub. Après une formation, les participants savent comment s’adresser aux victimes, abandonnent distance et préjugés à leur égard et connaissent les instances de prise en charge. Avec plus de secouristes formés dans ce domaine, plus d’états de stress psychologique pourraient être détectés à temps et, en cas de besoin, être traités plus tôt et plus simplement par des professionnels.
Les secouristes ne sont pas à l’abri Personne n’est à l’abri d’événements traumatisants. Cela s’applique aussi aux samaritaines et aux samaritains, surtout lors d’engagements éprouvants. « Ce ne sont pas que les victimes d’ac-
• « Approcher les victimes
sans préjugé et ne pas les laisser seules. »
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primordial afin aussi d’encourager les personnes qui souffrent à solliciter une assistance professionnelle. « La société en bénéficie dans son ensemble, car si les personnes affectées cachent leur mal et ne demandent pas de l’aide de peur d’être stigmatisées, le traitement en sera d’autant plus lourd et les chances de guérison moins bonnes. » Penser que le temps soulage les plaies est une erreur. 8 nous, samaritains 4/2021
Gabi Ceric fait partie de l’unité d’intervention spécialisée en premiers secours psychologiques de St-Gall depuis 2006.
Les membres de la section de Widnau (SG) suivent l’exposé de l’oratrice avec attention.
cidents, de catastrophes et de violence qui courent le risque de vivre un traumatisme, les secouristes également », développe Gabi Ceric. L’évitement du lieu de l’accident ou une consommation en hausse de tranquillisants sont des indicateurs à prendre au sérieux. « En adoptant des stratégies d’évitement, le souvenir de l’événement s’incruste et n’est pas relayé par de nouvelles expériences. Les images restent imprimées dans la mémoire. » La spécialiste recommande l’auto-observation, car l’évitement n’apporte pas de réel soulagement. Dépressions, états anxieux, psychose, abus de substances ou modifications de la personnalité peuvent en être la conséquence. En prenant à temps les mesures de premiers secours psychologiques, on peut réduire le risque de pathologies mentales et pour les personnes particulièrement exposées, solliciter rapidement une assistance professionnelle. « Après une intervention, il convient d’échanger, de parler de ce que l’on a vécu, de décompresser et de se faire du bien. » Cela aide et est aussi efficace que la phrase prononcée d’entrée de jeu par la conférencière.
COMMENT RECONNAÎTRE UNE SITUATION DE STRESS PSYCHOLOGIQUE ? Des réactions de stress aiguës en réponse à des événements extraordinaires sont brèves, fréquentes et normales. • Comportement avant tout rationnel : les sentiments sont étouffés, insensibilité à la douleur et à la fatigue • Comportement avant tout impulsif : ignorer les dangers, fuite en avant, agitation, crises de larmes et de rires, logorrhée incessante • Comportement enfantin : bégaiement, balbutiement, gémissement, s’accrocher à l’entourage • Symptômes physiques : sueurs froides, tachycardie, bouche sèche, genoux qui se dérobent, tremblements, bourdonnement d’oreilles • Tétanie : impassibilité apparente, indifférence à l’environnement, sentiment de ne plus être soi, paralysie par la frayeur, apathie Instances qui peuvent apporter de l’aide • Pro Mente Sana : tél. 0848 800 858 (tarif normal) • La Main Tendue : tél. 143 • pour les enfants et les adolescents : tél. 147 • appel urgent et Care-Teams : tél. 144 Informations complémentaires • Cours de premiers secours en santé mentale (ensa) www.ensa.swiss • Réseau national d’aide psychologique d’urgence (RNAPU) www.nnpn.ch • Aumônerie d’urgence Suisse www.cns-cas.ch Source : premiers secours psychologiques du canton de St-Gall
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EN SAVOIR PLUS
« Les commotions cérébrales ne sont jamais anodines » La commotion cérébrale s’accompagne généralement de maux de tête ou de nausées. Il s’agit de la forme la plus légère de lésion craniocérébrale. Signes typiques : confusion, trous de mémoire et brève perte de connaissance. TEXTE : Paolo D’Avino | td La production Netflix diffusée récemment n’apporte aucun élément nouveau concernant l’état de santé de Michael Schumacher. Le septuple champion du monde de formule 1 a subi un grave traumatisme craniocérébral lors d’une chute à ski dans les Alpes françaises, malgré le port d’un casque. Un accident tragique, mais « toutes les blessures à la tête n’ont pas forcément des conséquences aussi graves et durables », rassure le neurologue Peter Zangger, cofondateur et membre d’honneur de FRAGILE Suisse. Mais le cas de Michael Schumacher montre comment la vie peut basculer soudainement et prendre un tour non désiré.
Lésion cérébrale traumatique légère Les commotions cérébrales sont plus fréquentes qu’on ne le pense. Elles découlent d’accidents de sport ou de la circulation et surtout de chutes. Il s’agit de la forme la plus légère de traumatisme craniocérébral. Chaque année en Suisse, près de 40 000 personnes subissent une lésion de ce type. Ces traumatismes sont une conséquence courante d’accidents à laquelle les samaritaines et les samaritains sont également confrontés. « Les symptômes sont variables. La plupart du temps, on observe un état confusionnel de courte durée jusqu’à une brève perte de connaissance », explique le médecin fort de 35 ans d’expérience dans le traitement des lésions cérébrales. Des troubles de l’équilibre ou des amnésies pouvant durer jusqu’à un jour peuvent également survenir. Somnolence, vertiges ou troubles de la vision et de la mémoire sont des symptômes typiques. « On suspecte une lésion cé10 nous, samaritains 4/2021
rébrale lorsque le patient est inconscient, qu’il ne se souvient pas des circonstances de l’accident ou qu’il se plaint de maux de tête et de nausées. »
Surveillance requise « Les commotions cérébrales résultent d’un impact violent ou d’une accélération violente sur le cerveau », explique Peter Zangger. « Les tissus mous du cerveau peuvent être comprimés ou distendus jusqu’au déchirement. Le diagnostic est difficile, la gravité du traumatisme n’est pas perceptible au premier coup d’œil. » C’est pourquoi Peter Zangger recommande d’utiliser l’échelle de Glasgow (Glasgow Coma Score, GCS) pour évaluer l’état du patient. « L’évaluation de l’état de conscience se fonde sur trois critères. Il faut vérifier si le patient peut ouvrir les yeux spontanément, s’il émet des sons
• « Si une personne a subi
plusieurs commotions cérébrales, des complications peuvent survenir au cours du processus de guérison. »
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incohérents et dans quel état se trouvent ses capacités motrices. » Le neurologue est conscient qu’au moment de prodiguer les premiers secours, il n’est pas toujours possible de procéder à une telle évaluation. « Souvent », dit-il, « il suffit de mettre la
Les blessures à la tête sont une conséquence fréquente d'accidents. En Suisse, environ 40'000 personnes subissent de telles lésions chaque année. (Photo: shutterstock)
victime à l’abri dans un coin tranquille pendant quelques heures et d’organiser une surveillance légère. Lors de manifestations sportives, le patient doit rester à l’écart de la compétition. »
Prendre les choses au sérieux En général, une commotion cérébrale guérit en quelques jours sans conséquences durables. «Dans 85 % des cas, il n’y a aucune séquelle identifiable.» Le plus grand danger est qu’une personne se blesse à nouveau en tombant. Il faut alors être très vigilant. « Surtout si une personne a subi plusieurs commotions cérébrales, des complications peuvent survenir au cours du processus de guérison. » Souvent, les tests révèlent alors des déficits mineurs. Par exemple, au niveau de la motricité fine, de l’équilibre ou du système visuel. Cela peut conduire à « une légère hausse du risque de démence précoce ». Les commotions cérébrales ne doivent donc pas être prises à la légère et les signes d’alerte traités avec sérieux. « En cas de doute, l’hospitalisation est la meilleure solution », poursuit Peter Zangger, avant d’ajouter « les commotions cérébrales ne sont jamais anodines ! »
SIGNES INDIQUANT UNE C OMMOTION CÉRÉBRALE • maux de tête • nausées/vomissements • perte de connaissance • comportement inhabituel • perte de mémoire concernant l’accident FRAGILE Suisse Avez-vous des questions sur les commotions ou d’autres lésions cérébrales ? FRAGILE Suisse, l’organisation pour les personnes cérébrolésées et leurs proches, fournit de plus amples informations : www.fragile.ch.
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AU CŒUR DU SUJET
« Pour le moment, nous sommes numéro 1 » Depuis janvier 2021, Benjamin Kuoni est à la tête du service de la formation et du volontariat au secrétariat de l’ASS. Il conduit le sous-projet stratégique « Développement Business ». Le point sur l’état du projet. INTERVIEW : Matthias Zobrist | cli
Benjamin Kuoni veut que les samaritains restent les premiers prestataires des cours pour entreprises.
L’objectif stratégique est clair : être le cours très différents. Dès lors, nous ne pouvons prestataire no 1 pour les cours de pre- pas faire valoir notre avantage concurrentiel que miers secours pour entreprises. Où en représente la présence dans tout le pays. sont les samaritains aujourd’hui ? Benjamin Kuoni : Pour le moment, nous sommes Quels sont les plus grands défis ? les premiers et l’avantage est de notre côté. Nous sommes la seule organisation à même de proposer des cours pour entreprises dans toute la Suisse. Cependant, la concurrence ne dort pas comme nous l’avons constaté en procédant à une analyse de marché. Pour les cours IAS 1 à 3, nous avons une cinquantaine de concurrents, pour les cours BLS-AED environ 500. Certains comme S IRMED ou, depuis peu, l’École-club Migros sont déjà bien en place et sans doute que la concurrence s’intensifiera au cours des prochaines années. Si nous ne nous défendons pas contre cette évolution, nous ne serons bientôt plus no 1.
Vous avez souligné l’avantage d’une couverture nationale. Pourrait-on mieux l’exploiter ? Pour les cours de premiers secours, nous sommes au fond comme la Migros ou la Coop – avec de nombreuses filiales dans tout le pays. Pour les entreprises disposant de nombreuses succursales sur tout le territoire, nous sommes les seuls prestataires à même de proposer un produit identique partout, dans toutes les langues nationales, en anglais et, au besoin, dans d’autres langues. Mais nous avons tendance à dilapider cet avantage dans la mesure où chacun fait plus ou moins ce qu’il veut. Selon la région et l’organisation sollicitée, une entreprise se verra offrir des programmes et des 12 nous, samaritains 4/2021
Pour moi, la concurrence interne représente la plus grande difficulté. Un client ne peut pas comprendre pourquoi il n’obtient pas partout la même chose au même prix. Finalement, tout le monde arbore le logo samaritain. Cela crée la confusion et déstabilise le client. Nous devons nous mettre systématiquement dans la peau du client. Comment est-il organisé ? De quoi a-t-il besoin et qu’attend-il ? Si un client veut former ses collaborateurs en premiers secours, il doit trouver rapidement notre offre. Elle doit être énoncée clairement et nos prix doivent être aussi transparents que possible. Dans le domaine des cours pour entreprises, nous devons prendre conscience à tous les échelons de l’organisation que nous nous présentons en tant que « Samaritains Suisse » avec pour objectif de proposer la meilleure formation en premiers secours sur le marché.
Ces propos suggèrent l’économie de marché. N’est-ce pas en contradiction avec une organisation de volontaires comme le sont les samaritains ? Selon ma perception, les samaritains évoluent dans deux mondes. Concernant la formation et les services médico-sanitaires, nous nous trouvons sur un marché que se disputent de plus en plus de concurrents, ils travaillent également à but lucratif. Il s’agit donc de fournir des prestations de qualité à des prix conformes au marché. Je suis convaincu que nous
ne pourrons nous affirmer contre nos concurrents qu’à condition de nous conformer aux règles de l’économie de marché et de viser le profit. La grande différence avec nos concurrents est que nous ne cherchons pas à faire du bénéfice pour nous enrichir, mais pour assurer le financement du second monde dans lequel nous évoluons, celui d’utilité publique. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons continuer d’offrir des prestations pour des personnes nécessiteuses et entretenir l’esprit samaritain.
Le cœur de la nouvelle stratégie Business est un ensemble de prestations comprenant du conseil et de la formation. Quelles sont les réflexions sous-jacentes à cette approche ? De par la loi, tout employeur a l’obligation de protéger la santé des travailleurs. Concernant les premiers secours, trois conditions doivent être remplies : un plan de premiers secours, le matériel et l’infrastructure médico-sanitaire nécessaires ainsi qu’un certain nombre de secouristes formés. Avec notre nouvelle offre pour entreprises « Premiers secours en entreprise (SECO-TopTen) », nous voulons aider les entreprises du pays à se mettre en conformité en leur proposant des conseils, une assistance sur place et de la formation.
Concrètement, quelles sont les prestations de conseil ?
STRATÉGIE 2024
chir les connaissances de base. Le second, intitulé Advanced Individual Training, sert à affiner les connaissances et peut être aménagé en fonction de la demande du client. Les participants répètent et exercent les mesures de premiers secours en fonction de risques spécifiques à leur entreprise ou d’incidents survenus sur leur place de travail. Finalement, le dernier module consiste en un test. Une mise en scène avec des figurants permet aux secouristes de déployer leur savoir-faire qui sera apprécié et évalué.
En termes organisationnels aussi, des changements sont prévus. Qu’est-ce que cela signifie pour les associations et les sections de samaritains ? La stratégie prévoit que les entreprises disposant de succursales dans plusieurs cantons sont du ressort du secrétariat alors que celles qui ont plusieurs sites dans le même canton relèvent des associations. Les sections de samaritains se chargent de leur
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« Dans le domaine des cours pour entreprises, nous devons prendre conscience à tous les échelons de l’organisation que nous nous présentons en tant que ‹ Samaritains Suisse ›. »
Elles se déploient en trois temps. Au cours d’un premier entretien, on procède à une analyse de la situation, on détecte les lacunes et on établit une recommandation pour y remédier. Au cours de la seconde étape, notre spécialiste procède à une ins- côté des entreprises sises sur leur territoire. Sur ce pection sur place et assiste l’entreprise pour qu’elle point, rien ne change. Le secrétariat est en train se mette en règle. Le troisième temps consiste en de mettre sur pied un centre de clientèle dédié aux un service d’entretien. En échange d’un abonne- entreprises afin de proposer le nouveau produit ment, le client peut compter sur nous pour effectuer « Premiers secours en entreprise (SECO-TopTen) » régulièrement des contrôles d’infrastructure et de dès le mois de juillet 2022 et simultanément, de matériel, procéder aux adaptations nécessaires et soutenir les sections et les associations en cas de remplacer les consommables arrivés à échéance. besoin.
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Et la partie formation ?
Cela représente beaucoup de travail ?
Dans ses directives relatives à l’ordonnance légale, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a établi une liste des dix premières (TopTen) urgences médicales pour lesquelles les secouristes en entreprise doivent être capables de donner les premiers secours. Nous couvrons ces dix situations avec notre cours de base d’un jour. Selon l’ordonnance, les secouristes formés doivent ensuite participer régulièrement à des cours de répétition. Pour ce faire, nous proposons trois modules d’une demi-journée à choix. Le premier module sert à consolider et rafraî-
Oui. Afin d’y faire face, nous mettons une équipe en place qui sera chargée de l’acquisition de clientèle, de la partie conseils et de l’organisation des cours. Finalement, nous prévoyons un pool de monitrices et de moniteurs qualifiés qui procèderont aux visites sur place et donneront les cours. Si elles satisfont certaines conditions, les associations intéressées pourront ensuite utiliser le nouvel ensemble de prestations, l’infrastructure informatique ainsi que les procédures relatives aux conseils, à l’assistance et à la formation dans un système de franchise. nous, samaritains 4/2021 13
VIE MODERNE
La police fait du secourisme L’urgence exige une intervention rapide et pertinente. Cela s’applique aussi pour les mesures immédiates permettant de sauver la vie. Un cours pour entreprise permet à la police schaffhousoise de rafraîchir ses connaissances. TEXTE et PHOTOS : Paolo D’Avino | cli
Partenaires professionnels Accidents de la circulation ou du travail, vols, rixes ou violence domestique ne sont que quelques exemples des situations d’urgence avec lesquelles un corps de police est confronté. Dans ce type d’interventions, des connaissances en premiers secours sont souvent demandées. C’est pourquoi la police de Schaffhouse organise chaque année une formation continue sur le sujet. « La répétition BLS-AED en fait toujours partie alors que d’autres éléments varient », rapporte Ravi Landolt. Il peut s’agir d’une mise en scène avec composante médicale mais également de thèmes médicaux relevant du domaine tactique. « Pour certains sujets, nous recourons à des formateurs dans nos propres rangs, mais en ce qui concerne les mesures immédiates pour sauver la vie, par exemple la réanimation, nous avons besoin de partenaires professionnels qui disposent et des connaissances et du matériel nécessaire. »
Amélioration de la flexibilité
Manuela Greco explique comment placer une personne en position latérale de sécurité.
La police est sur place, l’ambulance a été appelée, chaque minute compte. « Les collaborateurs sur le terrain sont susceptibles d’être les premières personnes sur place », explique Ravi Landolt, chef de police secours auprès de la gendarmerie schaffhousoise. « Pour cette raison, on ne peut jamais exclure que les policiers et les policières doivent donner les premiers secours. Jusqu’à l’arrivée de l’ambulance, nous attendons d’eux qu’ils prennent les mesures qui s’imposent. » 14 nous, samaritains 4/2021
Les sections de samaritains du canton de Schaffhouse disposent des formateurs nécessaires. Environ 180 policières et policiers subdivisés par groupes de six personnes suivent la formation continue. Pour maîtriser un tel nombre, il a fallu changer de stratégie, nous explique Jürg Geiser, président de l’association cantonale schaffhousoise : « Nous avons embauché une personne avec un pensum de 10 % qui gère l’ensemble des demandes de cours pour entreprise. » La dissolution de la section de la ville de Schaffhouse a créé un vide qui se ressent au niveau de la collecte, des services médico-sanitaires et des cours. « Concernant les cours pour entreprises, nous devions trouver une solution, car certaines sections étaient dépassées. » Les monitrices et les moniteurs sont actifs
professionnellement et ne sont pas toujours disponibles pour enseigner pendant la journée.
Officiers très attentifs Ce matin de septembre, Manuela Greco est dans son élément. Les officiers de la Police de Schaffhouse écoutent l’instructrice avec attention. La formatrice ne semble pas impressionnée par son auditoire, bien au contraire. « C’est génial de pouvoir participer à l’entraînement des forces de police », estime Manuela Greco en expliquant aux officiers comment placer une personne en position latérale de sécurité et que faire en cas de risque d’étouffement. Vient ensuite le massage cardiaque, « il est très important de beaucoup répéter la réanimation cardio-pulmonaire et l’utilisation du défibrillateur sur les mannequins », déclare la spécialiste.
Prêts pour l’avenir Jürg Geiser estime que le potentiel de développement des cours pour entreprises est important. « Pour l’association, c’est une possibilité d’acquérir plus d’indépendance financière. » Personnellement, il souhaite unifier les pratiques et pérenniser ce champ d’activité. Par le passé, les entreprises sollicitaient des offres à plusieurs endroits, ce qui débouchait nécessairement sur des propositions différentes. « En créant le poste pour coordonner les demandes, nous cherchons à museler cette concurrence avant que d’autres désaccords ne s’installent entre sections », espère le président. Il ne doit y avoir qu’un seul interlocuteur pour les entreprises. « Nous voulons proposer une réelle alternative par rapport à d’autres institutions de formation avec comme leitmotiv ‹ Nous, samaritains, proposons le meilleur rapport qualité-prix ›. » Mais cela ne doit pas se faire au détriment des sections. « Les moniteurs de cours 2 des sections peuvent également enseigner sur le territoire de la ville. » En outre, les sections sont indemnisées quand elles mettent à disposition des moniteurs ou du matériel. Jürg Geiser et Manuela Greco espèrent pouvoir compter sur un important pool de moniteurs de cours 2 disposés à collaborer.
Engagement récompensé « En cherchant un partenaire compétent, le dévolu est tombé sur l’association de samaritains de Schaffhouse pour les formations de cette année », nous dit Ravi Landolt. « Une des raisons était que l’organisation dispose de suffisamment d’instructeurs dans la région ainsi que d’un matériel d’entraîne-
Les policiers répètent la réanimation cardio-pulmonaire.
ment moderne. Par ailleurs, les policiers qui en service tombent sur les samaritains ne manquent pas de souligner le sérieux et le dévouement avec lequel les secouristes s’acquittent de leur mission. Il s’agit d’un service important », souligne le policier, « pour la population mais aussi pour les forces d’intervention professionnelles telles que les ambulanciers ou la police ». Pour sa part, Manuela Greco savoure l’instant présent. « Normalement, on n’a pas de nombreuses occasions de rencontrer la police », dit-elle avec enthousiasme et se réjouissant déjà d’une prochaine collaboration. Bien qu’il n’existe pas d’accord de coopération à proprement parler, elle estime qu’il s’agit d’un excellent début pour les cours pour entreprises dans le canton de Schaffhouse. nous, samaritains 4/2021 15
VIE MODERNE
Apprendre pour la vie La Garde aérienne de sauvetage suisse Rega et l’Alliance suisse des samaritains ont relancé le programme « Sauver, c’est la classe – premiers secours dans les écoles » le 1er janvier 2021. Il s’agit d’initier les écoliers et les écolières aux premiers secours. TEXTE : Paolo D’Avino | cli PHOTOS : Gaëtan Bally Le nombre laisse songeur ... Chaque année, envi- Comprendre les bases ron 49 000 enfants et adolescents se blessent dans « Donner les premiers secours et agir rapidement les écoles selon le Bureau de prévention des acci- avec compétence n’est pas une question d’âge », dents (bpa). Une raison suffisante pour mettre sur souligne Melanie Fussen, spécialiste de la jeupied un programme de premiers secours. Selon le nesse et du volontariat à l’ASS. Des mesures principe « La seule erreur, c’est de ne rien faire», simples peuvent contribuer à empêcher des suites l’Alliance suisse des samaritains (ASS) a mis en fâcheuses, voire à sauver des vies. « Des séquences place le programme « écoliers samaritains » en col- simples et spécialement conçues pour les adoleslaboration avec la Rega en 2015 déjà. Il a été en- cents permettent aux écoliers et aux écolières de tièrement remanié pour mieux l’adapter aux condi- reconnaître des situations d’urgence et d’adopter tions scolaires et relancé en janvier 2021 sous le comportement qu’il convient. Le programme l’intitulé « Sauver, c’est la classe – premiers secours s’adresse aux enseignants et aux adolescents dès 12 ans. « Grâce à sa conception modulaire, le prodans les écoles ».
Une petite pause, l’entraînement sur mini-Anne n’est pas de tout repos.
16 nous, samaritains 4/2021
Florian Wohlwend : « ‹ Sauver, c’est la classe › propose une méthode d’enseignement très efficace. »
gramme peut être facilement intégré dans les cours », explique Melanie Fussen. Les unités didactiques sont construites de façon à pouvoir être déployées sans qu’il soit nécessaire de disposer de connaissances préalables en premiers secours.
associatifs ou se rendent à la piscine », développe Stefanie Häfliger. Dans ces contextes, ils seront peut-être une fois appelés à faire usage de leurs connaissances. C’est aussi ce qui a motivé Florian Wohlwend à intégrer le programme dans ses cours. « Les plans d’enseignement réguliers ne prévoient aucune place pour les premiers secours. Grâce au Proche de la réalité et moderne programme, je peux aborder le sujet sans trop de Le programme table sur les compétences des éco- préparation et proposer des leçons attractives et lières et des écoliers. « Sauver, c’est la classe – pre- permettant à tous de s’impliquer », estime l’enseimiers secours dans les écoles » ne cherche pas seu- gnant de Schaffhouse. lement à transmettre des notions de secourisme, mais vise également le renforcement du sens des responsabilités, la solidarité et les compétences Entraînement intensif sociales des jeunes filles et des jeunes garçons. Ste- Pour les écoles, le programme est gratuit. Le set fanie Häfliger, enseignante à l’école de Beromüns- mini-Anne et les pansements sont mis à disposition. « La seule condition est que les enseignants et les élèves retournent le formulaire de feed-back à l’ASS », précise Melanie Fussen. Sinon, le matériel sera facturé aux écoles. « Le matériel est excellent », admet l’enseignante lucernoise tout en concédant qu’il lui a tout de même fallu un certain temps de préparation. « Je voulais être parfaitement au clair et ai lu à fond toutes les informations complémenter (LU), et Florian Wohlwend, instituteur à l’école taires. » Les élèves étaient très motivés. « Les exerprimaire de Beringen (SH), en sont convaincus. cices pratiques ont été plébiscités », confirment les « Je trouve l’idée formidable ! Le programme est deux enseignants. « Grâce aux nombreux sets miniréaliste, engageant et moderne avec le livret élec- Anne, les élèves ont pu s’entraîner deux par deux, tronique. À l’issue du cycle primaire, les jeunes ce qui était intensif », se souvient Stefanie Häfliger, commencent à sortir, viennent à l’école en boguet et Florian Wohlwend d’ajouter « qu’il est très rare ou à vélo électrique, ils fréquentent des groupes de disposer d’autant de matériel en classe ».
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« Il est essentiel que les élèves puissent être actifs. »
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nous, samaritains 4/2021 17
VIE MODERNE
Expériences pratiques Les enseignants sont entièrement libres quant à la façon dont ils souhaitent intégrer le programme dans leurs cours. L’accent est mis sur les exemples pratiques, car « la transmission du savoir doit être un plaisir », affirme Melanie Fussen. Les connaissances théoriques nécessaires se trouvent dans le livret électronique, il contient l’ensemble des documents et informations. Aucune connaissance préalable n’est requise, en outre, le programme se distingue par sa flexibilité. « La mise en pratique a très bien fonctionné », se souvient Stefanie Häfliger. « Elle a mis en évidence la difficulté de travailler sous la pression du temps. » Son collègue de Beringen a fait des expériences semblables. « Il est essentiel que les enfants et les adolescents puissent entrer en action. » Par exemple, on ne peut jamais assez entraîner la pose d’un pansement compressif.
Une bonne centaine de classes « En Suisse alémanique, le programme a très bien démarré », se réjouit Melanie Fussen. Une bonne centaine de classes a utilisé le programme au cours du premier semestre 2021. « Cela a largement dépassé nos attentes. » Actuellement, des efforts sont consentis pour faire connaître le programme au Tessin et en Suisse romande. Stefanie Häfliger et Florian Wohlwend aussi sont enthousiastes. Les bienfaits dépassent le strict cadre scolaire. « Les élèves gagnent en assurance et prennent confiance en eux », déclarent les deux collègues. « De telles offres permettent d’intégrer dans l’enseignement des sujets qui requièrent beaucoup de matériel et croisent les compétences. »
La pose d’un pansement compressif fait partie de l’enseignement.
L’apprentissage par projet permet aux adolescents de traiter à fond un sujet dans un temps limité. C’est une méthode très efficace, estime l’instituteur. Le programme court encore jusqu’à fin 2022, c’est ce qu’ont décidé l’ASS et la Rega dans un premier temps.
POURQUOI ENCOURAGER LES PREMIERS SECOURS À L'ÉCOLE ?
Markus Reichenbach, Chef des ambulanciers de la Rega
Après un accident ou en cas de maladie subite, c’est souvent une ou un non-professionnel qui assiste la personne jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. Pendant ce laps de temps, les gestes appropriés peuvent faire la différence et sauver des vies. Plus tôt les enfants apprennent à faire les bons gestes en cas d’urgence et à donner les premiers secours, plus cela ira de soi qu’ils le fassent à l’âge adulte.
On apprend mieux à plusieurs.
18 nous, samaritains 4/2021
Donner l’alarme en fait partie. Comment alerte-t-on les sauveteurs professionnels ? Quand est-il indiqué d’appeler la Rega via l’appli ou le numéro 1414 ? Les élèves apprennent aussi qu’à l’autre bout du fil, ce sont des chefs d’intervention compétents qui leur répondent. Ils mobiliseront la bonne équipe et sauront assister les secouristes sur place.
Là pour vous porter secours. Pour vous, nous intervenons jour et nuit.
Devenir donateur : rega.ch/donateur
FORMATION
Formations et conférences 2022 Kick-off Formation Kick-off Kick-off Kick-off
Date
Lieu
Langue
19.01.2022 04.04.2022 29.06.2022
online online online
DE DE/FR/IT DE/FR
Moniteur de cours Date
Lieu
Langue
Moniteur de cours 1 IAS Cours I, 4 jours de présence
Formation
23/24.04.2022 25/26.06.2022
Nottwil
DE
Moniteur de cours 1 IAS Cours II, 4 jours de présence Moniteur de cours 1 IAS Cours III, 4 jours de présence Moniteur de cours 1 IAS Cours IV, 4 jours de présence Moniteur de cours 1 IAS Cours V, 4 jours de présence Moniteur de cours 1 IAS Cours VI, 4 jours de présence Moniteur de cours groupes cibles Cours I, 6 jours de présence
11/12.06.2022 10/11.09.2022 11/12.06.2022 10/11.09.2022 27/28.08.2022 29/30.10.2022 03/04.09.2022 05/06.11.2022 10/11.09.2022 26/27.11.2022 09/10.04.2022 10-12.06.2022 02.07.2022 27/28.08.2022 07-09.10.2022 03.12.2022 27/28.08.2022 07-09.10.2022 03.12.2022
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Moniteur de cours groupes cibles Cours II, 6 jours de présence Moniteur de cours groupes cibles Cours III, 6 jours de présence
Moniteur samaritain ASS Formation Moniteur samaritain ASS Cours I, 7 jours de présence Moniteur samaritain ASS Cours II, 7 jours de présence Moniteur samaritain ASS Cours III, 7 jours de présence Samariterlehrer SSB Cours IV, 7 jours de présence
Date
Lieu
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19/20.03.2022 13-15.05.2022 02/03.07.2022 18/19.06.2022 16-18.09.2022 19/20.11.2022 18/19.06.2022 16-18.09.2022 19/20.11.2022 20-21.08.2022 21-23.10.2022 03/04.12.2022
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Instructeur samaritain Formation Instructeur samaritain Cours I, 4 jours de présence Instructeur samaritain Cours I, 4 jours de présence Instructeur samaritain Cours I, 4 jours de présence
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Date
Lieu
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10-13.11.2022
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10-13.11.2022
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10-13.11.2022
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Passerelles Formation
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Passerelle de moniteur de cours 1 IAS à moniteur samaritain ASS Cours I, 5 jours de présence
06-08.05.2022 25/26.06.2022
online*
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Passerelle de moniteur de cours 1 IAS à moniteur samaritain ASS Cours I, 5 jours de présence
12-14.08.2022 15/16.10.2022
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Passerelle de moniteur de cours 1 IAS à moniteur samaritain ASS Cours I, 5 jours de présence
12-14.08.2022 15/16.10.2022
online*
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Passerelle de moniteur de cours 1 IAS à moniteur samaritain ASS Cours I, 5 jours de présence
16-18.09.2022 05/06.11.2022
Nottwil
DE
BLS-AED SRC Generic Instructor** BLS-AED SRC Generic Instructor** BLS-AED SRC Generic Instructor** BLS-AED SRC Generic Instructor**
25.06.2022 29.10.2022 05.11.2022 05.11.2022
Nottwil Nottwil Nottwil Bellinzone
DE DE FR IT
* Les connaissances préalables pour participer à la manifestation en ligne sont réputées acquises. ** Passerelle de moniteur samaritain à moniteur de cours 1 IAS et de formateur jeunesse à moniteur de cours 1 IAS
Cours d’une journée Formation Maquillage Maquillage Visualisation Visualisation Travailler avec des enfants et des jeunes Travailler avec des enfants et des jeunes
Date
Lieu
Langue
12.11.2022 13.11.2022 12.11.2022 13.11.2022 03.12.2022 03.12.2022
Nottwil Nottwil Nottwil Nottwil Olten Lausanne
DE FR DE DE DE FR
Formation de la jeunesse Formation Moniteur jeunesse module 1 ASS Moniteur jeunesse module 2 ASS Moniteur jeunesse module 1 ASS Formateur jeunesse ASS
Date
Lieu
Langue
15-18.04.2022 15-18.04.2022 26-28.05.2022 26-28.05.2022
Les Paccots Les Paccots Wislikofen Wislikofen
FR/IT FR/IT DE DE
Conférences Date
Lieu
Langue
Cours préliminaire de cadres Journée pour les formateurs de l’organisation centrale, adultes + jeunesse
Conférences
28.01.2022 29.01.2022
Nottwil Nottwil
DE/FR/IT DE/FR/IT
Journée pour les cadres I Conférence des mandataires jeunesse cantonaux Journée pour les cadres II Journée pour les cadres III Conférence pour la formation et la formation continue
12.02.2022 26.02.2022
Nottwil Olten
DE DE
05.03.2022 12.03.2022 20.05.2022
Nottwil Nottwil non défini
DE FR DE/FR/IT
Conférence des mandataires jeunesse cantonaux
29.10.2022
Olten
DE sous réserve de modifications
nous, samaritains 4/2021 21
VIE MODERNE
Améliorer les secours en région de motagne Améliorer la desserte médicale dans les régions de montagne, tel était l’objectif de Maria Fischer. En guise d’exemple, voici comment deux sections et une association cantonale ont su tirer profit du soutien financier provenant de la succession de la doctoresse. TEXTE : Paolo D’Avino Il s’agit d’un cadeau offert par une alpiniste passionnée à la population montagnarde suisse. Lors de ses multiples excursions alpines, la doctoresse Maria Fischer (1904-1995) avait constaté à de nombreuses reprises que les habitants des régions de montagne ne disposaient parfois même pas d’une desserte médicale de base, contrairement à la population en plaine. Quand un médecin de famille implanté dans une commune ou une région d’altitude prend sa retraite, il est souvent très difficile, voire impossible de trouver une personne pour lui succéder.
Constitution d’une équipe de secouristes de premier recours Pour Edith Sprecher, section de Vättis (SG), la situation est familière. Le village se trouve au fond de la vallée Tamina et en cas d’urgence, il faut compter 30 à 40 minutes jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. C’est trop long pour la samaritaine. « Bien que les blessures soient différentes les unes des autres et qu’il ne soit pas toujours nécessaire d’appeler des secours, la section de samaritains est la seule instance à laquelle s’adresser en cas de lésions et de maux en tout genre. » En cas d’urgence, il n’y a pas d’autre centre de compétence sur place. C’est pourquoi la section a soumis une demande auprès du secrétariat de l’Alliance suisse des samaritains (ASS) pour obtenir le matériel nécessaire à la constitution d’une unité de premiers répondants. L’objectif est de couvrir l’ensemble de la vallée et les trois villages de Vättis, Valens et Pfäfers, et d’apporter une assistance à tous ses habitants », détaille Edith Sprecher. 22 nous, samaritains 4/2021
Sacs de premiers secours pour le Valais romand La demande de l’Association des sections de samaritains du Valais romand (ASSVR) correspondait entièrement aux critères d’attribution. Depuis longtemps, l’association souhaite remédier à quelques points faibles détectés parmi les sections, dont un certain manque d’unité, l’identité visuelle
• « L’équipe de premier recours
founira une assistance à tous les habitants de la vallée. »
•
et la qualité des soins. Une piste était d’équiper les sections avec des sacs à dos à l’aide des moyens mis à disposition par le fonds Maria-Fischer. « Cet équipement moderne permet d’améliorer la qualité des soins et, partant, celle des services médico-sanitaires », explique Yvan Besse, président des samaritains du Valais romand, en précisant que 509 samaritains vont bénéficier des nouveaux sacs. Seules quatre communes sur vingt-et-une ne font pas partie de la région de montagne couverte par l’ASSVR.
Alpinistes en herbe Des groupes de jeunes samaritains aussi ont profité du fonds, par exemple dans le canton de Glaris, où une vingtaine de jeunes alpinistes ont été formés en premiers secours. « La première leçon a eu lieu le 3 octobre 2021 », confirme Verena Kubli
Environ 20 jeunes alpinistes du canton de Glaris ont été formés aux premiers secours. (Photo: Thomas Kubli)
de la section de Netstal. L’enseignement a été assuré par de jeunes secouristes, car la relève est parfaitement au courant des risques liés à la varappe, à l’escalade et à la randonnée. « La grimpe n’est pas sans risque et il n’y a pas toujours des adultes à proximité immédiate. En outre, les moniteurs aussi peuvent être victimes d’accidents, il est donc d’autant plus important que les jeunes soient instruits et sachent ce qu’il faut faire en cas de nécessité », souligne Verena Kubli en ajoutant : « À l’avenir, cette formation sera maintenue et sera régulièrement intégrée au programme annuel des alpinistes en herbe. »
Pour en savoir plus berghilfe@samariter.ch
RÉGIONS DE MONTAGNE En Suisse, tous les terrains situés au-dessus de 800 m sont considérés comme régions de montagne. Sur les 2212 communes que compte le pays, 814 se situent en régions de montagne et environ deux millions de personnes y résident. Le fonds Maria Fischer a libéré la somme de 100 000 francs en faveur de projets des sections de samaritains dans les régions de montagne.
SONDAGE AU SUJET DE LA COLLECTE 2021 « Ma maman est samaritaine ! », c’était le thème de la collecte de cette année. Le secrétariat de l’ASS a imprimé des brochures, des guides et des affiches à l’intention des associations et des sections et conçu un modèle de lettre d’appel au don. L’entreprise Engelberger Druck AG a produit et expédié ce matériel. Pour mieux répondre à vos attentes, nous avons besoin de votre collaboration. Avez-vous déjà répondu au sondage ? Si ce n’est pas le cas, nous vous remercions de bien vouloir encore le faire. Vos réponses nous fourniront de précieuses indications quant aux modifications et adaptations souhaitées concernant le matériel des futures collectes et les prestations désirées. nous, samaritains 4/2021 23
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24 nous, samaritains 4/2021
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LA FAMILLE CROIX-ROUGE
REDOG : 50 ans déjà REDOG fête ses 50 ans en 2021, l’occasion de revenir sur la mue d’une petite organisation pionnière en un pilier de la recherche et du sauvetage. Les secouristes vêtus d’orange et leurs chiens symbolisent à eux seuls la localisation de personnes disparues ou ensevelies. TEXTE : Dagmar Wurzbacher PHOTOS : REDOG Ceux qui ont connu Urs Ochsenbein évoquent son souvenir avec le plus grand respect. Et pour cause, c’est à lui que l’on doit l’existence de REDOG, la Société suisse des chiens de recherche et de sauvetage. À la fin des années 1960, des maîtres-chiens ont eu l’idée de faire appel aux chiens d’avalanches pour rechercher des personnes ensevelies sous les décombres. La cheville ouvrière du projet : Urs Ochsenbein, journaliste et grand spécialiste de la relation entre l’homme et le chien. Il pouvait jauger rapidement le potentiel d’un animal et son jugement, positif ou négatif, s’avérait toujours infaillible. Le groupe bricolait sans relâche des scénarios d’entraînement, déplaçait des gravats pour reproduire des décombres ou utilisait des maisons en démolition afin de s’exercer dans des conditions aussi réelles que possible. Mais d’où est venue l’idée de former des chiens à intervenir dans les dé-
1979 : l’armée introduit la formation des chiens de recherche.
26 nous, samaritains 4/2021
combres ? Peter Kradolfer, compagnon de route d’Ochsenbein, note humblement : « Rechercher quelqu’un sous une avalanche ou sous des gravats, ce n’est pas très différent. »
L’avènement d’une organisation de sauvetage Peter Kradolfer, aujourd’hui âgé de 82 ans, a été le premier président de la Société suisse pour la formation des chiens de catastrophe (SVKA), créée en 1971 et rebaptisée plus tard REDOG. L’ancien formateur de chiens de recherche en avalanche puis de chiens de catastrophe raconte, les yeux brillants : « Évoluer sur un terrain jonché de poutres, de pans de murs, d’armatures et souvent de bris de verre est un exercice difficile pour le chien. Mais il est toujours émouvant de le voir arpenter les dé-
La technologie en appoint de la truffe : la localisation technique introduite en 1982 se modernise.
Sans lui, REDOG n’existerait pas : Urs Ochsenbein en 1984.
combres et se mettre à chercher. » Peter Kradolfer a œuvré pour que l’Armée suisse forme des maîtreschiens aux secours en cas de catastrophe. Les recrues ont toujours la possibilité de suivre cette formation, au terme de laquelle elles deviennent membres de REDOG. Si les chiens accompagnent les hommes depuis des millénaires, il a fallu attendre le début du XXe siècle pour les voir à l’œuvre dans le sauvetage : pour secourir des victimes d’avalanche, des soldats blessés ou des personnes ensevelies sous les décombres lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. « Nous apprenions par la pratique », explique Peter Kradolfer. Chaque nouvelle mission apportait son lot d’enseignements. Peter Kradolfer et Urs Ochsenbein sont intervenus deux fois avant que l’organisation ne voie le jour : après un accident dans l’usine d’explosifs de Dottikon (AG) et après un éboulement dans le Wägital (SZ). Dans les deux cas, les chiens Gary et Ari sont parvenus à flairer les victimes : le duo cynophile était sur la bonne voie. Peu après, des groupes locaux ont organisé des entraînements dans toute la Suisse. Fédérés sous la bannière de la SVKA, germanophones et francophones ont œuvré à l’avènement d’un dispositif cynotechnique national, rejoint en 1974 par le groupe tessinois.
Percée internationale En 1985, REDOG a acquis une renommée internationale à Mexico City. Neuf personnes ensevelies sous des gravats étaient retrouvées vivantes par ces équipes cynophiles engagées dans la Chaîne suisse de sauvetage. Toni Frisch, alors à la tête de celle-ci,
Yémen du Nord, 1982 : première intervention avec la Chaîne suisse de sauvetage.
se souvient du travail fantastique mené par les conducteurs de chien, de concert avec les autres intervenants. Au nombre des membres fondateurs de la Chaîne suisse de sauvetage en 1981, REDOG est devenue en 1984 une organisation de sauvetage de la CroixRouge suisse (CRS). Dans son discours prononcé à l’occasion du jubilé, Thomas Heiniger, président de la CRS, se montre reconnaissant : « REDOG s’illustre dans la recherche et la localisation de personnes, autant grâce à ses chiens qu’à son savoir-faire technique. »
Un rôle pionnier aujourd’hui encore Au vu des conséquences possibles du réchauffement climatique, la collaboration fait figure d’enjeu majeur. Linda Hornisberger, responsable du domaine Recherche de personnes ensevelies, le sait mieux que quiconque. En 2019, elle est mobilisée avec son border collie lorsque deux personnes sont emportées par un torrent lors d’un orage. « Nous devons être prêts à affronter ce genre de phénomènes naturels, dont la fréquence promet d’augmenter. » Aujourd’hui encore, REDOG est animée par l’esprit pionnier des origines. Dans les années 1980, elle a été une des premières organisations à tester l’utilisation de dispositifs techniques modernes tels que caméras et géostéréophones en complément du flair des chiens. Depuis cinq ans, elle recourt à des drones pour repérer des personnes sur de vastes étendues. Les dons permettent à REDOG de maintenir son professionnalisme et d’adapter la qualité de ses prestations aux exigences nouvelles. nous, samaritains 4/2021 27
LE SAVIEZ-VOUS
Oskar Bernhard, pionnier du sauvetage en montagne À l’occasion du jubilé de la section locale du Club alpin italien, une exposition est consacrée au médecin et samaritain engadinois Oskar Bernhard (1861-1939) à Romano di Lombardia. Nominé plusieurs fois pour le prix Nobel, le médecin fut également parmi les premiers à reconnaître la nécessité de secours alpin. TEXTE : Mara Maestrani | cli PHOTOS : archives ASS
« Samaritains en montagne, secours alpin – une exposition de lithographies de la fin du XIXe », c’est l’intitulé de l’exposition qui se tient du 16 octobre au 14 novembre au Musée d’art et de culture sacrée de Romano di Lombardia à l’occasion des festivités organisées par la section locale du Club alpin italien (CAI) pour célébrer le jubilé de l’association. En réalité, l’anniversaire remonte à l’an dernier mais n’est fêté que cette année pour les raisons que l’on sait. L’exposition présente 40 lithog raphies. Il s’agit de tableaux descriptifs des techniques de secours en montagne dont certains ont été reproduits dans nous, samaritains 3/2015 (p. 4 et ss) dans un article relatant la vie de leur auteur.
Mais qui était Oskar Bernhard ? Ce médecin clairvoyant, fils de pharmacien, naquit à Samedan (GR), en 1861 et fut un fervent promoteur des soins infirmiers, d’abord aux Grisons où, en 1895, il fut parmi les initiateurs du premier hôpital engadinois, à Samedan même. C’est là qu’en tant que médecin-chef, il mit au point l’héliothérapie pour le traitement de la tuberculose osseuse. Une découverte qui lui valut six nominations pour le prix Nobel de médecine entre 1920 et 1930. De surcroît, en qualité de guide et de président de la section Bernina du Club alpin suisse (CAS), le praticien s’est rendu compte qu’il était nécessaire de développer les secours en montagne. À cette époque, le
Portrait d’Oskar Bernhard.
Transposition artistique des premiers secours.
28 nous, samaritains 4/2021
tourisme commençait à se développer dans l’arc alpin et de plus en plus de personnes s’aventuraient dans des ascensions plus ou moins maîtrisées. Conséquence inévitable, les accidents étaient en hausse.
L’art d’enseigner les premiers secours En 1891 – à l’occasion des cours consacrés aux « Premiers secours en cas de blessures et manifestations imprévues de maladie en montagne », destinés principalement aux guides du CAS – le docteur Bernhard créa les planches didactiques
• « Quand, en cas de malheur, vous avez agi avec sagesse et rectitude, la plus belle des récompenses sera celle de votre conscience, soit le sentiment d’avoir fait ce qui était bon pour votre prochain. »
Planches didactiques d’Oskar Bernhard pour l’enseignement des secours en montagne.
Oskar Bernhard
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de grand format pour illustrer les techniques qu’il enseignait. Les 55 planches originales – dont 40 sont exposées à Romano di Lombardia – comprennent 173 dessins assortis d’instructions. Des dessins qui, alliant qualités artistiques et précision anatomique, firent littéralement fureur. Leur auteur fut récompensé d’un diplôme de l’école des arts et métiers de la ville de Zurich ainsi que d’une médaille d’or à l’exposition sur l’hygiène de Munich. Ce succès l’incita à publier en 1896 un bref guide des secours en haute montagne qui fut traduit en français, en italien et en anglais et réimprimé plusieurs fois avec le soutien du CAS, de l’Association alpine allemande et autrichienne, de l’Alliance suisse des samaritains et de la Croix-Rouge. En 1903, grâce à une collaboration entre la CroixRouge et le CAS, les guides de montagne furent appelés à suivre les cours dispensés par les sections de la CRS ou de l’Alliance des samaritains.
L’EXPOSITION – ORIGINE ET INTENTION Nous avons voulu en savoir plus sur l’exposition lombarde et avons pris contact avec un de ses promoteurs, Achille Piacentini, auteur d’un article intitulé « Le secours alpin à la fin du XIXe » publié dans l’annuaire 2019 du CAI de Bergame (pp. 229-232). « L’origine de l’exposition est curieuse », nous a-t-il confié. « En juin 2019, Massenzio Salinas, responsable du recensement des archives de la bibliothèque de la section bergamasque du CAI, est tombé par hasard sur un carton contenant 73 lithographies, dont 49 en couleur, avec les illustrations dessinées et utilisées par le docteur Bernhard pour ses cours au Club alpin. C’était une découverte exceptionnelle ! Des recherches ont permis de conclure qu’il s’agissait des originaux qui avaient été montrés pour la première fois à St-Moritz en 1895. » C’est ainsi qu’est née l’idée d’organiser une exposition dans le but de faire connaître celui qui a ouvert la voie aux premiers secours en montagne. Le jubilé de la section du CAI Romano di Lombardia était une occasion toute trouvée. nous, samaritains 4/2021 29
LES PARTENAIRES ONT LA PAROLE
C’est tout simple : il suffit de prendre son carnet de vaccination et de saisir les vaccins dans l’application.
CHECK VACCINATION EN LIGNE AVANT LE DON DE SANG Grâce au check vaccination en ligne, les donneuses et les donneurs peuvent vérifier s’ils sont admissibles au don de sang ou s’ils doivent observer un délai d’attente. Cet outil complète la checklist et le travelcheck en ligne.
Délais variables
TEXTE et PHOTO : Transfusion CRS Suisse
D’autres vaccins en revanche requièrent un délai plus long, il peut s’étendre jusqu’à quatre semaines. Il s’agit notamment des vaccins contre le typhus et la fièvre jaune, souvent recommandés, voire imposés, pour certaines destinations extra-européennes.
Le but est d’éviter que des donneurs potentiels se voient refuser l’accès au don parce qu’ils viennent de se faire vacciner et qu’ils en perdent leur motivation et leur enthousiasme. Désormais, en consultant le check vaccination, les donneuses et les donneurs peuvent vérifier en ligne la date à laquelle le don de sang leur est permis.
Quelque 200 vaccins répertoriés L’outil numérique affiche le délai d’attente à respecter après une vaccination pour tous les vaccins autorisés par Swissmedic. Un comité d’experts de Transfusion CRS Suisse est chargé de fixer le délai d’attente entre l’administration du vaccin et le prochain don de sang, la nature du vaccin constituant le facteur déterminant. 30 nous, samaritains 4/2021
Pour nombre de vaccins courants, par exemple contre l’hépatite A, la méningo-encéphalite à tiques ou la grippe, le délai d’attente est de 48 heures. Ce délai s’applique également aux vaccins à ARNm de Moderna et Pfizer/BioNTech autorisés en Suisse contre la covid-19.
Facilité d’utilisation Une fois le check vaccination ouvert, on saisit le nom du vaccin reçu ou le motif de vaccination. L’application indique immédiatement si l’on peut donner son sang ou s’il faut attendre encore quelque temps. Associée à la check-list et au travelcheck en ligne, elle permet de se préparer au mieux au prochain don de sang. Aidez-nous à faire connaître ce service aux donneuses et aux donneurs de sang.
En savoir plus : www.transfusion.ch/transfusion
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