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nous,
SAMARITAINS Le journal de l’Alliance suisse des samaritains
Solidarité pendant la pandémie 12 EN SAVOIR PLUS Comment les virus utilisent notre corps
14 VIE MODERNE Le mouvement samaritain pendant la crise sanitaire
30 INTERVIEW
Roman Burkart et la stratégie nationale de réanimation
TOUT ENGAGEMENT NÉCESSITE UNE BASE SOLIDE
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PRÉSENTS QUAND ON NOUS DEMANDE Chère samaritaine, cher samaritain, Ces dernières semaines et ces derniers mois nous ont mis au défi et il n’est pas encore clair comment la situation va évoluer. Cependant, il est certain que nous, samaritains, contribuons de façon importante aux efforts pour maîtriser la pandémie.
torités tandis que d’autres se consacrent à soutenir leur voisinage. Des contacts réguliers par téléphone, une écoute attentive et de la disponibilité peuvent être d’un grand secours en ces temps tourmentés.
En tant qu’organisation de secouristes, nous savons que chacun et chacune peut sauvegarder des vies. C’est précisément ce à quoi nous nous employons actuellement, en respectant les prescriptions du Conseil fédéral, en pratiquant la distance sociale, en appliquant les mesures d’hygiène et en soutenant nos proches, les communes et les autorités. Montrons l’exemple et ne perdons jamais de vue l’importance de l’autoprotection, car ce n’est que si nous restons en bonne santé que nous pouvons aider les autres.
Je vous remercie de tout cœur de toutes ces bonnes actions samaritaines !
Nous disposons pratiquement tous du niveau IAS2 et avons de l’expérience en premiers secours. Certains ont également suivi le cours de soins aux malades en cas de risque de contagion et peuvent apporter une aide spécifique.
Aujourd’hui, je suis particulièrement fière d’être votre présidente et de cheminer à vos côtés. Car l’engagement samaritain est une affaire de cœur, quelles que soient les difficultés de l’existence. De tout cœur, je vous souhaite que tout aille bien et avant toute chose, restez en bonne santé.
Je sais que vous êtes nombreux à vous être engagés, que ce soit dans le cadre d’institutions de la santé, au sein de vos communes ou pour soutenir vos au-
En vous engageant ainsi, vous démontrez avant tout une chose : on peut compter sur les samaritains. Nous sommes là quand on a besoin de nous, aussi lorsque les temps sont difficiles. Ainsi se vit la solidarité et c’est ainsi que nous démontrons qu’ensemble, nous sommes les « Samaritains suisses ». L’union fait la force.
INGRID OEHEN Présidente de l’Alliance suisse des samaritains nous, samaritains 2/2020 3
6 MAINS SECOURABLES CONTRE LE VIRUS 12 LE MONDE DES VIRUS 14 LA COVID-19 FIXE L’AGENDA 22 DE LA FLAMBÉE À LA PANDÉMIE 38 À QUOI SERVENT SAVON, MASQUE ET CIE ?
SOMMAIRE 15 VIE MODERNE Nouvelle approche pour la recherche de fonds Formation en premiers secours, partenariat prometteur Jeu de premiers secours, appli plus ludique Cours d’introduction plébiscité par les membres de comités 4 nous, samaritains 2/2020
20 SECTIONS ET ASSOCIATIONS Samaritaine de l’année en Suisse orientale Brèves 26 DON DU SANG Le pays a besoin d’hommes jeunes 29 À VOUS DE JOUER Mot caché et Sudoku
30 AU CŒUR DU SUJET Arrêt cardiaque, une stratégie nationale s’impose 32 VIE MODERNE Système d’alarme aux origines tessinoises 34 EN SAVOIR PLUS Accident avec une voiture électrique, ce qu’il faut savoir
IMPRESSUM nous, samaritains 2/2020 Parution : 13 mai Organisation éditrice Alliance suisse des samaritains (ASS) Martin-Disteli-Strasse 27 Case postale, 4601 Olten Téléphone 062 286 02 00 Téléfax 062 286 02 02 redaction@samaritains.ch www.samaritains.ch Abonnements, changements d’adresse : par écrit à l’adresse ci-dessus Prix de l’abonnement Abonnement individuel pour non-samaritains : CHF 33.– par an 4 numéros par an Tirage : 22 600 exemplaires Rédaction Christoph Zehnder (cze) Matthias Zobrist (mzo) Stefanie Oehler (soe) Suisse romande : Chantal Lienert (cli) Suisse italophone : Mara Zanetti Maestrani (m.z.) Secrétariat : Monika Nembrini Téléphone 062 286 02 00 Téléfax 062 286 02 02 redaction@samaritains.ch Adresse postale : Rédaction « nous, samaritains » Case postale, 4601 Olten
36 SERVICE DES VENTES La pharmacie de voiture aussi a besoin d’un service 40 LA FAMILLE CROIX-ROUGE Eau propre pour le Ghana grâce à l’aide de la Suisse
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43 À VOTRE SERVICE
nous, samaritains 2/2020 5
POINT FORT SOLIDARITÉ PENDANT LA PANDÉMIE
AU CŒUR DES VALEURS DU SECOURISME La pandémie de Covid-19 met le mouvement samaritain à rude épreuve. En même temps, elle réveille le meilleur en chaque samaritaine et en chaque samaritain qui inventent mille manières de se montrer solidaires. TEXTE : Christoph Zehnder, Chantal Lienert et Mara Zanetti Maestrani PHOTOS : Remo Nägeli, ldd 6 nous, samaritains 2/2020
change rapidement. À la fin février, le premier cas de Covid-19 est confirmé au Tessin. Les mesures et recommandations de la Confédération ont d’importantes répercussions sur les activités des samaritains. De nouvelles règles sont annoncées pour les cours publics et pour entreprises. On renonce aux poignées de mains et aux exercices de réanimation. Les participants sont invités à se conformer strictement aux règles d’hygiène et sont renvoyés chez eux en cas de symptômes de maladie. De nombreux services médico-sanitaires tombent à l’eau dès le moment où les rassemblements importants sont interdits. Le 16 mars, le Conseil fédéral déclare la « situation extraordinaire » et dans la foulée, durcit les règles concernant les réunions de personnes. Les cours présentiels ont déjà été supprimés partout. Cela signifie que dès la mi-mars, toutes les activités des samaritains sont suspendues. Cours, exercices, formations continues ou réunions, tout est annulé ou reporté à des jours meilleurs.
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« Les personnes qui s’engagent sont des samaritains passionnés. »
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Solutions pragmatiques et initiatives spontanées
Les samaritains à l’œuvre au centre de test drive-in à Berne.
Au début janvier, rien ne laisse présager une année samaritaine exceptionnelle. Les premiers exercices ont lieu dans les sections, les préparatifs des Assemblées générales vont bon train, on planifie les services à venir et les cours publics se remplissent petit à petit. Le nouveau coronavirus semble encore bien loin. Toutefois, à la mesure de la hausse des infections dans les pays voisins, la situation
En très peu de temps, de larges pans de la vie publique sont mis à l’arrêt, par conséquent également ceux des sociétés. Seules les collectes de sang sont maintenues. Mais à ce niveau aussi, le virus SARS-CoV-2 a rebattu les cartes. Alors que dans beaucoup d’endroits, des donneurs doivent être refusés faute de possibilité de respecter les mesures de sécurité, ailleurs, des habitués manquent à l’appel parce qu’ils font partie d’un groupe à risque. Pour la même raison, de nombreux samaritains expérimentés ne peuvent fonctionner comme d’habitude et il s’y ajoute le fait que de nombreux locaux ne sont plus à disposition. Dans ces situations, il faut faire preuve de pragmatisme. « Nous avons organisé un pool cantonal pour lequel une bonne trentaine de samaritains se sont enregistrés », explique Véronique Stoller, présidente des samaritains vaudois. Quant à sa collègue genevoise, Ariane Chassot, elle s’innous, samaritains 2/2020 7
POINT FORT SOLIDARITÉ PENDANT LA PANDÉMIE
quiète du sort de l’équipe de formateurs permanents acculée au chômage forcé. L’association genevoise emploie au total huit personnes pour lesquelles une réduction des horaires de travail (RHT) doit être officialisée. Ailleurs en Roman-
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« Les personnes testées se sentent en sécurité avec les samaritains. »
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die, des sections ont été approchées pour prêter tensiomètres et oxymètres aux hôpitaux régionaux alors que les Valaisans ont posté des vidéos de sensibilisation aux gestes importants sur la grande Toile. Au Tessin, qui est le premier canton touché par l’épidémie de Covid-19, les samaritains aussi encaissent le coup. En raison des nombreuses restrictions, l’association cantonale a pris langue avec le centre de transfusion sanguine et lancé un appel s’adressant plus particulièrement aux jeunes samaritaines et jeunes samaritains, que ce soit pour l’accueil ou le transport des donneurs avec toutes les mesures de précaution requises. De nombreuses sections tessinoises ont spontanément contacté les autorités locales. Leurs membres se chargent de courses pour les personnes vulnérables. D’ailleurs, dans tout le pays, beaucoup de sections font de même. Elles prennent de nom-
Prise de frottis au centre de test bernois. À ce poste, une protection complète est de rigueur.
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breuses initiatives témoignant de leur solidarité en ces temps difficiles et proposent leur aide à leur entourage, par le biais de journaux, des réseaux sociaux et via d’autres canaux. Sans hésiter, elles prennent les devants et apportent leur soutien à la communauté pendant la crise sanitaire – à l’image du secours qu’elles portent aux personnes tombées subitement malades ou aux victimes d’un accident.
Samaritains dans des centres de tests Grâce à leur formation, les samaritains peuvent être appelés en renfort par les acteurs de la santé publique, les autorités le savent. C’est pourquoi, à divers niveaux, des collaborations ont été rapidement mises en place et dans plusieurs cantons, les samaritains ont été sollicités pour assister les professionnels. L’Hôpital cantonal de Lucerne, par exemple, s’est mis en mode « urgence » à la mi-mars et a développé ses capacités afin de pouvoir soigner des patients souffrant de Covid-19. Les samaritains y jouent un rôle important. « Ils font les frottis pour les tests rapides et relèvent les paramètres vitaux. En outre, ils complètent les équipes de nuit dans les services stationnaires », explique Claudia Schatzmann de l’association cantonale lucernoise. Elle coordonne l’engagement des samaritains et peut se reposer sur un pool d’environ nonate personnes dans tout le canton. Ce recours aux samaritains a été rapidement mis sur pied à l’initiative d’Ingrid Oehen, présidente centrale de l’ASS, qui est à la tête du service de la formation à l’Hôpital cantonal de Lucerne. « Tout est allé très vite, mais maintenant, les choses sont en place, bien qu’il faille toujours faire preuve de flexibilité, par exemple quand quelqu’un fait défaut de façon imprévue », raconte Claudia Schatzmann. La samaritaine loue toutefois l’empressement de ses collègues, car en général, il n’y a pas besoin de plus de deux appels pour trouver une personne prête à faire le remplacement. Tout le monde est très motivé. Pour elle, cette disponibilité est une caractéristique intrinsèque du secourisme. « Toutes les personnes qui s’engagent sont des samaritains passionnés. » Au début avril, les samaritains bernois se sont vu confier une tâche qui ressemble à celle de leurs collègues lucernois dans le cadre d’un centre de test drive-in installé dans la capitale. Jusqu’à mille tests peuvent être réalisés quotidiennement, sur préavis mais sans ordonnance médicale. Les samaritains font les frottis, enregistrent les don-
Les samaritains et les membres de la SSTS travaillent main dans la main.
nées des personnes et assument des tâches administratives. « Le travail est organisé par équipes de cinq à six personnes qui sont de service pendant quatre heures », commente André Roggli de l’association cantonale des sections bernoises. Plus de cent personnes provenant de diverses sections réparties dans tout le canton se sont annoncées à l’appel du canton. Il faut un certain temps pour s’habituer aux conditions de travail avec équipement de protection complet, mais il est indispensable pour la prise des frottis. « Si quelqu’un préfère renoncer à ce poste, cela ne pose aucun problème », explique André Roggli. Quoi qu’il en soit, les volontaires sont invités à changer régulièrement de tâche, ce qui rend le service aussi plus intéressant. Le samaritain et formateur OC bernois a participé à la conception du projet-pilote qui se déroule sur le site de BEA-Expo à Berne sur mandat de la Croix-Rouge suisse. À l’heure du bouclement de ce numéro, des négociations
étaient en cours dans plusieurs cantons afin de mettre sur pied des centres similaires. À l’image d’une intervention sur un site d’accident, l’autoprotection est prioritaire dans les centres de tests. Les mesures de sécurité sont sévères. À Lucerne, les instructions couvrent six pages alors qu’à Berne, le maniement du matériel de protection est expliqué à l’aide de vidéos qui ont été produites exprès par les autorités sanitaires. « Avant de commencer, tout le monde doit suivre une préparation », précise André Roggli. Des explications, un suivi attentif et des règles claires doivent permettre de réduire le risque d’infection au strict minimum. Cela rassure aussi les volontaires, ce qui est particulièrement important dans cette situation extraordinaire. C’est pourquoi à Lucerne, Claudia Schatzmann veille toujours à ce que les personnes nouvelles venues fassent équipe avec des collègues expérimentés. nous, samaritains 2/2020 9
POINT FORT SOLIDARITÉ PENDANT LA PANDÉMIE
s’apprécier mutuellement. Là où régnait une certaine concurrence, on travaille main dans la main pour lutter contre un problème supérieur auquel nous sommes tous confrontés.
À l’Hôpital cantonal de Lucerne, les samaritains secondent le personnel régulier. (Photo : ldd)
Quoi qu’il en soit, tout le monde tient à garder le virus à distance. « Si l’on respecte les règles de sécurité, le risque de contamination est moindre que lorsqu’on va faire ses courses », estime la samaritaine. Quant à André Roggli, il rappelle que le risque zéro n’existe pas. Mais tant que l’on travaille consciencieusement, il ne peut guère se passer grand-chose. Ni à Lucerne et ni à Berne, on a rencontré des cas de contamination par le SARS-CoV-2 dans le cadre des tests au moment d’écrire ces lignes.
La population aussi prend note de cet engagement. En premier, les personnes qui viennent se faire tester. « Le public nous témoigne une grande reconnaissance », se réjouit André Roggli, « et les gens remarquent que ce sont des samaritains qui sont à l’œuvre ». À Lucerne aussi, les échos sont positifs. Le personnel médical et les autorités se sont exprimés très favorablement à l’égard des samaritains, selon Claudia Schatzmann. « Les personnes qui doivent être testées font une grande confiance aux volontaires, elles se sentent en sécurité avec les samaritains et je pense que les samaritains eux-mêmes ressortiront soudés de cette épreuve », conclut-elle. Que ce soit à l’hôpital, dans le cadre du voisinage, pour le don du sang ou entre eux, avec les nombreuses initiatives prises pendant cette pandémie, les samaritains démontrent que la solidarité – un des sept principes de la Croix-Rouge – est plus qu’un slogan. Elle est au cœur des valeurs du secourisme et se révèle pleinement lorsque les temps sont difficiles.
Communauté de destin Lorsqu’ils effectuent ces services, les samaritains ne sont pas seuls. Ils sont toujours placés sous la responsabilité de professionnels de la santé auxquels ils peuvent s’adresser en cas de doute. À Lucerne, les hôpitaux ont aussi reçu du renfort de l’armée et à Berne, les samaritains travaillent avec
• « Le public nous témoigne une
grande reconnaissance. »
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des membres de la Société Suisse des troupes sanitaires (SSTS). Les querelles de clocher ne sont pas de mise, tout doit fonctionner et il faut pouvoir compter les uns sur les autres. Le service en commun a d’ailleurs un effet secondaire bienvenu, il permet aux organisations de se découvrir et de 10 nous, samaritains 2/2020
CORONAVIRUS, COVID-19 ET SARS-COV-2 La terminologie utilisée dans le contexte de la pandémie n’est pas toujours très claire. Souvent, il n’est question que de coronavirus. Les coronavirus sont cependant une grande famille dont le dernier venu est le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère ou en bref, le SARS-CoV-2 (SARS est l’acronyme de severe acute respiratory syndrome). Covid-19 est le nom abrégé de la maladie qui s’écrit en toutes lettres maladie à coronavirus 2019, le millésime rappelant qu’elle a été décrite pour la première fois l’année dernière (sources : Comité international de taxinomie des virus et Organisation mondiale de la Santé).
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EN SAVOIR PLUS
Le monde des virus Les virus sont à l’origine de nombreuses maladies infectieuses. Mais comment fonctionnent-ils et pourquoi sont-ils si actifs ? TEXTE : Christoph Zehnder | td
Les virus infectent les êtres humains, les animaux, les plantes, les champignons et les bactéries et sont donc présents à peu près partout. Leur structure est relativement simple et leurs astuces d’autant plus brillantes. Il semble qu’ils soient aussi vieux que la vie elle-même, mais en principe, ils ne sont pas considérés comme des êtres vivants. Parfois, ils nous rendent malades, et parfois, ils sont même utiles. On ne les voit qu’au microscope électronique. Nous sommes loin de tout connaître sur les virus, mais une chose est sûre : ils sont singuliers.
Un programme de copie qui évolue Les virus revêtent différentes formes et différentes tailles. Certains sont ronds, d’autres plutôt longilignes. Les sortes les plus étudiées mesurent en moyenne entre 20 et 300 nanomètres. En comparaison, un cheveu humain mesure environ 60 000 nanomètres. Les virus sont beaucoup plus petits que des bactéries et leur nombre fait l’objet de conjectures. À eux seuls, les mammifères en abriteraient plus de 300 000 sortes différentes. Jusqu’à présent, on en a identifié près de 3000. Les virus sont constitués pour l’essentiel de leur matériel génétique sous la forme d’acide nucléique et d’une capside protéique. On pourrait les considérer comme un programme de copie qui évolue dans un emballage. Certains possèdent également une enveloppe extérieure, à l’instar des coronavirus. Les protubérances sur leur enveloppe rappellent une couronne, corona en latin. Les virus ne possèdent pas de métabolisme propre et ne peuvent pas se multiplier seuls, ce qui les distinguent des bactéries. Pour se reproduire, ils ont besoin des cellules d’autres organismes. Les particules de virus en dehors de cellules sont appelées virions. Les virions s’accrochent aux cellules hôtes et font pénétrer leur patrimoine génétique à l’intérieur. Mais pour ce faire, ils ont besoin de la bonne 12 nous, samaritains 2/2020
clé. C’est pourquoi ils ne peuvent contaminer que certaines cellules. Si la clé ne rentre pas dans la serrure, il n’y a pas d’infection. Mais si le virus peut pénétrer dans la cellule, il la programme pour en faire une usine à virus. La cellule produit alors de nouvelles particules de virus qui contaminent à leur tour de nouvelles cellules. Un cercle vicieux s’installe, d’où la propagation rapide du virus. La plupart du temps, les cellules infectées meurent lors de ce processus et le corps tombe malade.
Un intrus plein de ressources Dès que le système immunitaire de l’organisme a identifié l’intrus, un mécanisme de défense se met en place. Les cellules infectées sont neutralisées et la production de virus est stoppée. Après une infection, le système immunitaire se souvient de l’agent pathogène. Le problème est tout de même que les virus ont une grande capacité d’adaptation et mutent
en permanence. Ainsi, le virus Influenza responsable de la grippe est très brillant. En modifiant sa surface, il trouve régulièrement une clé qui convient. C’est pourquoi il est nécessaire de fabriquer un nouveau vaccin à chaque épisode de grippe. La mutation permet aux virus de sauter la barrière des espèces. Il devient ainsi possible pour un virus animal de contaminer soudain également des êtres humains. Ce risque est plus important dans les endroits où hommes et animaux cohabitent étroitement. On soupçonne d’ailleurs que le nouveau coronavirus est passé du monde animal à l’homme. Pour se transmettre d’une personne à une autre, les virus empruntent différentes voies. Certains se répandent par gouttelettes. Libérés dans l’air par la toux, les éternuements ou encore l’air expiré au moment de parler, ils pénètrent ainsi dans un organisme à proximité. Le contact avec des personnes infectées ou des objets contaminés est également source d’infection. Certaines sortes de virus se frayent un chemin par le biais de piqûres d’insectes tandis que d’autres sont transmis par l’échange de fluides corporels.
Des virus pour soigner
Les conséquences d’une infection virale sont très variées. Alors qu’ils sont nombreux à entraîner une affection aiguë, d’autres causeront seulement des symptômes légers, voire aucun. Un herpès peut rester dormant pendant une longue période avant de se déclarer. Souvent, il se réveille lorsque le système immunitaire est affaibli. D’autres virus, par exemple le VIH, entraînent des infections chroniques. Aujourd’hui, on sait également que certains virus peuvent favoriser l’apparition de tumeurs, par exemple l’hépatite B et C.
Les virus ont plutôt mauvaise réputation, mais ils ont tout de même leurs côtés positifs. Dans la mer, ils veillent à ce que les algues ne prolifèrent pas à l’infini. Dans le corps, ils limitent les bactéries nocives. La médecine commence à tirer profit de leurs propriétés. Les virus ont donc, parallèlement à la souffrance qu’ils engendrent, le potentiel de devenir des outils efficaces dans la lutte contre d’autres maladies.
Il est difficile de savoir si une infection est due à des bactéries ou à des virus. Cependant, c’est important pour le traitement. Les antibiotiques, par exemple, sont inutiles pour lutter contre une infection virale (sauf si la situation évolue en infection secondaire causée par des bactéries). Les virostatiques sont le pendant des antibiotiques. Ces médicaments agissent sur le métabolisme et peuvent déclencher de très lourds effets secondaires. Par ailleurs, en raison de leur grande capacité d’adaptation, les virus peuvent rapidement développer une résistance. Il existe des vaccins efficaces contre un grand nombre d’affections virales. Ils permettent au système immunitaire de se défendre en cas d’infection. Grâce à une vaccination systématique, un virus peut être éradiqué. Cela a fonctionné avec la variole, plus aucun cas n’a été enregistré depuis 1977. Le développement de vaccins est toutefois coûteux. Les virus aux nombreuses ressources ne rendent pas la tâche facile aux scientifiques, on cherche toujours des vaccins efficaces contre le VIH.
Virus au microscope (de g. à d.) : influenza, rougeole, coronavirus. (Photos : CDC/Wikimedia)
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VIE MODERNE
La pandémie et ses conséquences Que signifie la situation de pandémie pour les activités des samaritains et les manifestations planifiées ? Questions et réponses. Quelles formations et quels perfectionnements sont touchés ? Tous les cours et perfectionnements s’adressant aux adultes et à la jeunesse ainsi que les réunions relatives à la formation ont été annulés jusqu’à la fin juillet 2020. Les travaux déjà réalisés, les stages ou les bilans de compétence gardent leur validité.
•• Il a également été nécessaire de trouver une date de remplacement pour la conférence d’automne, il s’agit du 23 janvier 2021. •• Le camp des jeunes de l’ASS qui devait se tenir le week-end de Pentecôte en Suisse romande et en Suisse alémanique a été annulé. Le prochain camp aura lieu du 22 au 24 mai 2021.
Qu’en est-il des certifications ? Des heures de perfectionnement sont perdues en raison de toutes les annulations. Les solutions ciaprès ont été convenues avec les instances de certification. •• SRC : le certificat demeure valide pendant six mois au-delà de l’échéance actuelle. •• IAS : le certificat de niveau demeure valide pendant six mois au-delà de l’échéance actuelle. Il est recommandé aux sections de maintenir les cours et les participants et d’en modifier la date, dès qu’elle sera définie. •• SGS : entre la date de reconduction de la certification jusqu’au 31.12.2020, la SGS établit un certificat de compétence temporaire pour les moniteurs concernés. Il s’agit d’une prolongation automatique s’il n’y a pas déjà eu de demande réglementaire de reconduction. Ensuite, un nouveau certificat officiel sera établi pour le temps restant.
Quels sont les effets de la crise sanitaire sur le secrétariat ? Le secrétariat se consacre en priorité aux tâches en rapport avec la maîtrise de la crise sanitaire. Cela signifie assistance aux associations cantonales, sections et samaritains dans l’exercice de missions supplémentaires ainsi qu’information et communication relative à la situation. Une autre tâche centrale consiste en la coordination des efforts pour faire face à la pandémie avec la CroixRouge suisse (CRS), les organisations affiliées et les organisations de sauvetage de la Croix-Rouge ainsi qu’avec les autorités (cantonales et fédérales). Aucune priorité n’est accordée pour le moment aux affaires qui n’ont pas de lien avec la pandémie. La direction et le Comité central ont créé une commission dédiée. Des lettres d’information spécifiques fournissent régulièrement des informations aux sections et aux associations. Toutes les informations sont également à disposition sur l’extranet. (ASS)
La collecte des samaritains aura-t-elle lieu ? En raison de la pandémie, la collecte aussi prend du retard. Elle n’aura pas lieu comme prévu entre le 24 août et le 5 septembre, mais probablement les semaines 39 et 40, soit du 21 septembre jusqu’au 3 octobre 2020. Quelles autres manifestations sont concernées ? •• La conférence des présidents qui aurait dû avoir lieu les 21 et 22 mars 2020 se tiendra le 22 août à Nottwil. •• L’Assemblée des délégués aussi a dû être reportée. Elle aura lieu le 21 novembre 2020 à Frauenfeld. 14 nous, samaritains 2/2020
NOTA BENE Les dates prévues et l’ensemble des informations correspondent à l’état de la situation au moment de boucler le journal. Selon les évolutions à venir, des changements peuvent intervenir rapidement. Merci de bien vouloir vérifier les dernières informations sur l’extranet.
VIE MODERNE
NOUVELLE APPROCHE POUR LA RÉCOLTE DE DONS Au mois d’avril, un appel aux dons a été envoyé à environ deux millions de ménages en Suisse romande et en Suisse alémanique. Le formidable engagement des samaritaines et des samaritains dans le cadre de la lutte contre la pandémie met en évidence l’importance de notre système de milice. Cependant, en temps normaux, on oublie trop souvent l’amplitude des tâches prises en charge par les samaritains. Leur engagement sans faille dans le domaine des premiers secours ainsi que les formations et les entraînements réguliers auxquels ils s’astreignent en sont les conditions. Les exemples relatifs à la lutte contre la pandémie rappellent l’utilité des samaritains et que, à tous les échelons de notre organisation, nous dépendons de dons. L’actualité joue un rôle central. En raison des préparatifs qu’elle exige, la collecte des samaritains n’a pas pu être mise en place plus rapidement. En outre, les mesures de protection ordonnées par la Confédération auraient empêché une partie des activités déployées par les sections au moment de la collecte. En outre, un mailing d’appel aux dons permet de toucher d’autres personnes.
L’élargissement de la base des donneurs est important pour l’avenir des samaritains. Depuis le début de la pandémie, ils assument des missions essentielles, soulagent les autorités et les établissements de santé et assistent des particuliers. Cependant, toutes les sections ou associations ne bénéficient pas de contrats de prestations avec les cantons ou les communes. Cela a aussi des répercussions sur les finances des sections. Pour cette raison et en vertu des échos reçus au cours des travaux autour de la stratégie, de nouvelles voies sont explorées pour la récolte de fonds dans le contexte de la situation particulière. Les dons profiteront directement et indirectement aux sections. Directement, car une part de l’argent récolté sera versée aux associations qui pourront redistribuer ces montants aux sections. Indirectement parce que grâce aux dons, la situation financière de l’Alliance suisse des samaritains s’en trouvera améliorée et qu’elle aura moins besoin de solliciter les sections et les associations. (ASS)
PARTENARIAT ENTRE LA CRS ET HELSANA La Croix-Rouge suisse et Helsana Assurances SA ont signé un partenariat. Les sections de samaritains et les associations cantonales en profiteront également. Helsana Assurances SA et la Croix-Rouge suisse (CRS) s’engagent tous deux en faveur de la santé. C’est la raison pour laquelle les deux organisations ont signé un partenariat de trois ans. Il porte notamment sur les thèmes des premiers secours et l’allègement des tâches des proches aidants. La partie consacrée aux premiers secours sera mise en œuvre avec le concours de l’Alliance suisse des samaritains, ce dont bénéficieront également les associations cantonales et les sections. •• Les clients de Helsana et ses collaborateurs seront encouragés à se former en premiers secours et obtiendront un rabais. Ce dernier est financé via le partenariat, les sections et les associations n’auront rien à débourser. •• La campagne de sensibilisation nationale braquera les projecteurs sur le sujet et partant, sur l’engagement des samaritains.
•• La communication et la gestion des rabais seront prises en charge par le secrétariat de l’Alliance suisse des samaritains.
Soutien des samaritains dans la lutte contre la pandémie Pour des raisons d’actualité, les partenaires contribuent ensemble également à la lutte contre la pandémie de Covid-19 en Suisse. Helsana fait un don d’un million de francs suisses à la CRS. Il permet de financer des équipements de protection pour les bénévoles de la CRS ainsi que des offres d’assistance de la CRS et des organisations de sauvetage. Les sections et associations qui s’engagent dans le cadre de la lutte contre la pandémie peuvent également solliciter une aide. (ASS)
POUR PLUS D’INFORMATIONS : redcross.ch/de/coronavirus/intervention nous, samaritains 2/2020 15
VIE MODERNE
Appli du cours de sauveteur en mieux Le jeu de premiers secours est un élément constitutif de la partie du cours e-sauveteur à étudier soi-même. Au cours des derniers mois, il a été entièrement révisé.
TEXTE : Matthias Zobrist | cli
En lançant le cours de sauveteur en apprentissage mixte en 2012, l’ASS a également édité un jeu de premiers secours. Quand ça les arrange et sur un mode ludique, les participants peuvent acquérir des connaissances en premiers secours sur leur smartphone ou leur tablette. La situation représentée est-elle réellement une urgence ? Où se cachent les dangers ? Comment donner l’alarme ? Les minijeux permettent de répondre à toutes ces questions. Afin de pouvoir achever le parcours, outre des connaissances de base en premiers secours, il faut également faire preuve d’habileté. Par exemple, en levant et en abaissant l’appareil nomade, le joueur doit réaliser un massage cardiaque chez un patient jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. Cela lui permet d’expérimenter le rythme et la fréquence recommandés pour la réanimation. Les objectifs d’apprentissage et les contenus des jeux ont été vérifiés par l’Office fédéral des routes (Ofrou). Il est donc reconnu comme faisant partie intégrante du cours de sauveteur, l’offre de cours en technique mixte est d’ailleurs certifiée par la Société générale de surveillance (SGS).
Feed-back du terrain La première version présentait quelques faiblesses. Une évaluation réalisée par l’ASS en 2018 auprès des participants au cours e-sauveteur l’avait mis en évidence. Si le cours dans son en16 nous, samaritains 2/2020
semble était bien noté, le jeu de premiers secours faisait l’objet de critiques. Il souffrait de défauts techniques, l’application était jugée trop gourmande en mémoire et le jeu lui-même était considéré comme peu convivial. Certains commentaires relevaient en plus qu’il ne transmettait pas assez de connaissances des premiers secours. Les moniteurs aussi avaient fait quelques suggestions. Les retours ont été analysés avant de procéder au remaniement du jeu. Notamment le graphisme et les animations ont été entièrement revus, ils avaient été jugés trop enfantins et vieillots par nombre d’utilisateurs.
Améliorations sur toute la ligne La nouvelle version est disponible depuis ce printemps dans les magasins d’applications de Google et d’Apple. Ce qui saute aux yeux est évidemment le nouveau graphisme. Toutes les illustrations et les animations ont été entièrement recréées et conviennent beaucoup mieux au public cible jeune. Une attention particulière a également été accordée à la facilité d’utilisation. Si, auparavant, certaines commandes pouvaient paraître lourdes ou compliquées, le jeu a gagné en fluidité. En outre, deux stations ont été entièrement révisées et plus de poids a été accordé à la transmission des connaissances. Finalement, le jeu a été renommé « Parcours des premiers secours ». Il exprime plus clairement que le joueur doit maîtriser
Une étape du parcours : Alice tombe sur une urgence.
chaque étape d’une situation : constater l’urgence, détecter les dangers, donner l’alarme, évaluer l’état du patient, porter secours. En réalisant la nouvelle version, l’avis des samaritains sur le terrain a été pris en compte. Par exemple, plusieurs moniteurs ont pu commenter les illustrations ou faire des suggestions quant au contenu. En outre, l’Ofrou a été intimement associé à la nouvelle conception afin de garantir que les travaux passent le cap de la certification.
Acquisition de connaissances : comment faire un pansement compressif.
Avec la nouvelle appli, le cours de sauveteur en version mixte gagne en attractivité. Et peut-être qu’en plus des participants au cours, d’autres personnes intéressées téléchargeront ce jeu gratuit et se familiariseront avec la façon de se comporter en cas d’urgence.
Terminé, tous les postes du parcours sont réussis.
nous, samaritains 2/2020 17
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VIE MODERNE
COUP DE POUCE POUR LES NOUVEAUX AU COMITÉ TEXTE : Matthias Zobrist | cli
Qui a fondé l’Alliance suisse des samaritains (ASS) ? Certains songent sans doute à Henry Dunant. Les membres méritants de l’ASS ne reçoivent-ils pas une médaille sur laquelle figure le portrait du père du Comité international de la Croix-Rouge ? Mais l’homme à l’origine du mouvement des secouristes en Suisse est nettement moins connu. Il s’agit d’Ernst Möckli. En 1884, il organisait le premier cours de samaritain et, quatre ans plus tard, quatorze sociétés de samaritains se regroupaient pour fonder l’ASS. C’est ce que rappelle le cours d’introduction pour nouveaux membres de comités.
Des origines jusqu’à aujourd’hui Si ces informations ne sont pas vitales pour gérer le quotidien des sections de samaritains, il n’est pas inutile de comprendre l’origine du mouvement et son développement pour en saisir la structure actuelle et consolider le sentiment d’appartenance. « C’est un effet accessoire bienvenu », estime Roger Hayoz, le chargé de formation, « mais je pense que, pour les participants, l’utilité première du cours est de se familiariser avec l’organisation actuelle de l’Alliance suisse des samaritains et le secrétariat
à Olten. En outre, il constitue une excellente occasion d’échanger avec d’autres samaritains et d’établir des relations. » Les diverses prestations à disposition des sections font partie de la présentation du secrétariat, par exemple le Printshop, la plate-forme didactique ou l’extranet qui contient une foule de documents et de modèles utiles pour les membres des comités de sections. Un autre chapitre du cours est consacré à une difficulté à laquelle de nombreuses sections sont confrontées : comment gagner de nouveaux membres et quel accueil leur réserver ? Par petits groupes, les participants discutent des manières de faire et des stratégies adoptées dans leurs sections, évaluent les diverses solutions et s’inspirent les uns des autres.
Un public très intéressé Le cours-pilote a été réalisé pour la première fois en 2018. Depuis lors, il a eu lieu trois fois. Une quatrième session prévue en avril a dû être annulée en raison du coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère. Tous les cours ont été très bien suivis, ce qui montre qu’il a trouvé son public. La cible principale sont les présidents et présidentes de sections, mais également les autres membres des comités. Parmi la soixantaine de personnes qui l’ont déjà suivi, on a constaté avec surprise qu’il y avait de nombreux moniteurs qui disposent déjà de beaucoup d’expérience et de solides connaissances du mouvement samaritain. Les échanges en ont été d’autant plus riches.
Le fondateur du mouvement samaritain en Suisse : Ernst Möckli.
nous, samaritains 2/2020 19
SECTIONS ET ASSOCIATIONS
Désignation de la samaritaine de l’année Ruth Bischofberger a été désignée « Samaritaine de l’année » par l’association des samaritains de St-Gall et de la principauté de Liechtenstein. Elle a sauvé la vie à un jeune lutteur et consacre ses loisirs aux samaritains depuis quarante-trois ans. En raison de la maladie Covid-19, la remise de prix a eu lieu dans l’intimité. TEXTE et PHOTO : Ralph Dietsche Selon son habitude, l’association des samaritains de St-Gall et de la principauté de Liechtenstein a décerné le titre de « Samaritaine de l’année » au mois de mars. Il est allé à Ruth Bischofberger d’Oberriet, samaritaine de longue date. Depuis vingt-et-un ans, elle est présidente de section, monitrice depuis plus de quarante et, rien que l’année dernière, elle a effectué une centaine d’heures de service médico-sanitaire, cela à titre volontaire. Dans son éloge, Mike Egger, conseiller national st-gallois et représentant de Micarna, a souligné les mérites de Ruth Bischofberger : « Elle se donne corps et âme pour la cause samaritaine. Pour le jury, le critère décisif est le fait qu’avec deux autres personnes, elle a sauvé la vie d’un jeune lutteur lors d’une compétition sportive. C’est précisément parce qu’il se produit de telles situations que les samaritains s’entraînent inlassablement, toujours avec l’espoir de ne jamais devoir appliquer ce qu’ils ont appris. Mais dans le cas dont il est question, l’entraînement a valu la peine. » À côté de Ruth Bischofberger, quatre autres samaritains avaient été nominés pour le titre : Regina Krohn (Bronschhofen), Margrit Zürcher (Ebnat-Kappel), Daniel Beck (Triesenberg) et Roland Wetli (Au-Heerbrugg).
temps, elle déclare que les quatre autres candidats étaient tout aussi méritants : « Eux aussi se sont énormément engagés pour la cause du secourisme. » L’objectif du titre est avant tout de braquer les projecteurs sur les activités des samaritains, souligne Ursula Forrer, membre du Comité central et présidente des samaritains de St-Gall et de la principauté de Liechtenstein : « La plupart du temps, les samaritains accomplissent leur tâche dans les coulisses, sans faire de bruit. Cela complique la publicité. C’est pourquoi nous profitons de manifestations comme l’élection de la samaritaine de l’année pour présenter les accomplissements des samaritains. »
Fête simplifiée À l’origine, on avait prévu une cérémonie dans les règles en invitant de nombreux représentants du monde politique, de la santé publique, des milieux économique et sociétaux chez Micarna à Bazenheid. En raison de l’épidémie de Covid-19, la manifestation publique a été annulée. La remise du prix a eu lieu dans un cercle restreint. Outre les personnes nominées et le conseiller national Mike Egger, Roman Habrik, président de la commune de Kirchberg y a participé. Il s’est réjoui que « sa » commune ait été choisie pour la célébration et a offert à la samaritaine de l’année un bon pour un petit-déjeuner commun sur le « Hoher Kasten », un sommet de la région apprécié par les excursionnistes.
Heureuse gagnante Pour Ruth Bischofberger, l’année 2020 semble être placée sous le signe du bonheur. Quelques jours avant la remise du prix, le 20 février, la samaritaine a épousé Peter Hutter, son collègue de section et partenaire de longue date. « J’ai été surprise par ma nomination qui m’a bien sûr réjouie. Mais je n’ai pas imaginé que j’allais gagner le titre », nous confie-t-elle, visiblement émue. En même 20 nous, samaritains 2/2020
Ruth Bischofberger se consacre corps et âme aux samaritains.
SECTIONS ET ASSOCIATIONS
REGROUPEMENT DE TROIS SECTIONS HERZNACH (AG) Le 24 janvier 2020, la section de samaritains Staffeleggtal a vu le jour. La nouvelle société est née du regroupement des trois sections de Densbüren, Herznach et Ueken. Au cours des deux dernières années, la quarantaine de membres actifs des trois sociétés ont eu le loisir de s’apprivoiser et de faire connaissance lors d’exercices communs. Ce rapprochement progressif a trouvé son aboutissement avec la création de la nouvelle section entérinée par trente-deux membres actifs et en présence de sept membres d’honneur ainsi que de représentants du conseil communal, des sapeurs-pompiers et de l’association cantonale. Monica Rubin a été élue première présidente de la nouvelle section et le programme annuel a été accepté sans hésiter. Les exercices mensuels auront toujours lieu alternativement dans les trois communes. Grâce au regroupement des forces, la section compte désormais quatre monitrices et moniteurs dans ses rangs et pourra également proposer des cours publics dans la vallée de Staffelegg. (Monica Rubin)
Le comité et les moniteurs de la section Staffeleggtal.
Les nouveaux membres d’honneur et le comité de la section de Giswil.
ANNIVERSAIRE ROND POUR LA SECTION DE SAMARITAINS DE GISWIL GISWIL (OW) Au mois de février, la section de samaritains de Giswil célébrait ses septante ans. Le conseiller communal Peter Burch ainsi que Roland Zeidler, président cantonal des samaritains d’Unterwald, nous ont fait l’honneur d’assister à l’Assemblée générale anniversaire. La décoration de table – des voiliers et un phare sur la table du comité – annonçait déjà un changement à la tête de la section. Il s’agissait d’élire un nouveau « capitaine » prêt à piloter l’embarcation des samaritains vers l’avenir. C’est Bruno Abächerli qui a été désigné. Outre le regard jeté vers l’avenir, la longue histoire de la section a également été évoquée. Six membres engagés de longue date ont été particulièrement honorés, dont Friede Lüthi, membre fondateur, qui vibre pour la section de samaritains de Giswil depuis septante ans ! (Renate Peter)
VOS COMMUNIQUÉS Adressez le texte et les photos séparément à redaction@samaritains.ch, de préférence des communiqués n’excédant pas 1000 signes (espaces compris). La rédaction se réserve la possibilité de couper dans les textes ou de ne pas les publier. nous, samaritains 2/2020 21
EN COULISSES
De la première flambée à la pandémie Entre le signalement de premiers cas jusqu’à la pandémie, cela peut aller très vite, comme en témoigne la maladie à coronavirus 2019. À quel moment une épidémie se transforme-t-elle en pandémie et quelles sont les différences ?
souches de salmonelles ou des norovirus sont à l’origine de maladies récurrentes. En général, la suppression de la source de la pathologie met également fin à la flambée.
Endémie, un risque permanent
Dans quelques régions, certaines maladies constituent un problème permanent. Le nombre de maTEXTE : Christoph Zehnder | cli lades demeure élevé pendant un long moment. Dans ces cas, on parle d’endémie. La malaria est Les maladies infectieuses sont vieilles comme le souvent citée comme exemple typique de maladie monde. Aujourd’hui, virus et bactéries voyagent endémique. La maladie, causée par des parasites avec nous dans tous les coins de la Terre. Le risque unicellulaires, est surtout présente dans les régions que des maladies se propagent largement est per- tropicales et est transmise par des moustiques. Il manent. Épidémie ou pandémie, qu’est-ce qui les s’agit de la maladie infectieuse la plus répandue au différencie et de quoi s’agit-il quand on parle d’en- monde, chaque année, environ 200 millions de démie ? personnes en sont affectées. On parle d’endémisme en cas de présence naturelle d’un groupe biologique Lorsqu’une maladie infectieuse apparaît subite- – il peut s’agir d’animaux comme de végétaux – exment à une fréquence inhabituelle au sein d’une clusivement dans une zone géographique délimitée. communauté, dans une région ou au cours d’une saison, on parle de flambée subite. Un seul cas peut représenter une flambée si la maladie semblait avoir L’épidémie – une hausse brusque disparu depuis un certain temps. La réapparition À l’instar de l’endémie, l’épidémie aussi est limitée est souvent à mettre en relation avec de l’eau ou des à une région spécifique ou un groupe de personnes. aliments souillés. En Suisse par exemple, des Cependant, le nombre de cas augmente rapidement.
PANDÉMIES ET ÉPIDÉMIES DANS L’HISTOIRE Peste antonine Propagation : Empire romain Morts : 7-10 millions
Variole Propagation : Mexique Morts : 5-8 millions
IIe siècle 1346-1353
1519/1520 1918-1920
Peste Propagation : Europe Morts : 25 millions
22 nous, samaritains 2/2020
Grippe asiatique Propagation : mondiale Morts : 1-2 millions
VIH (depuis 1980) Propagation : mondiale Morts : 39 millions
1957/1958 1968-1970 depuis 1980 2002/2003
Grippe espagnole Propagation : mondiale Morts : 25-50 millions
Grippe de Hong-Kong Propagation : mondiale Morts : 1 million
SARS Propagation : mondiale Morts : 774
H1N1 Propagation : mondiale Morts : 18 449
2009/2010 depuis déc. 2019
COVID-19 Propagation : mondiale
Si l'on ne prend pas tout de suite des mesures efficaces, les maladies se propagent parfois rapidement autour de la planète. (Photo : Shutterstock)
Les épidémies surviennent lorsqu’un agent pathogène nouveau ou muté fait son apparition. Les virus influenza responsables de la grippe saisonnière y parviennent hélas presque chaque hiver. Comme ils mutent en permanence, ils réussissent toujours à surprendre notre système immunitaire. En Suisse, la grippe est à l’origine de 112 000 à 275 000 consultations médicales chaque année. Par le passé, des agents pathogènes transportés par des migrants ont provoqué des épidémies dévastatrices. Ainsi, les maladies des colonisateurs européens ont été fatales à nombre de populations indigènes des continents américains.
Pandémie – au-delà des frontières Quand la propagation d’une épidémie s’étend de plus en plus et franchit les frontières des pays, voire des continents, on parle de pandémie. La maladie n’est plus circonscrite à un lieu et peut toucher de vastes pans de la population mondiale. La pandémie la plus connue était sans doute la grippe dite espagnole de 1918 et 1919. Le Sida aussi est souvent considéré comme une pandémie. Une vague de grippe conventionnelle en revanche ne dégénère par nécessairement en pandémie, en dépit du fait qu’elle soit répandue autour du globe, car son incidence est avant tout saisonnière. Les expressions endémie, épidémie et pandémie sont utilisées dans le contexte de maladies infectieuses, mais pas seulement. Elles ne disent rien non plus sur le risque lié à une maladie, mais seulement sur sa diffusion. C’est l’Organisation mon-
diale de la Santé (OMS) qui décide quand une épidémie devient une pandémie. Le 11 mars 2020, elle a déclaré que le virus SARS-CoV-2 était à l’origine d’une pandémie. À cette date, plus 120 000 personnes dans 114 pays étaient déjà contaminées par le virus.
Le pouvoir des mots Il y a de bonnes raisons pour lesquelles les spécialistes en charge de veiller sur la santé du monde se sont montrés réticents à utiliser le mot fatidique. Lorsqu’en 2009, la grippe porcine (H1N1) avait été classée comme pandémie, cela avait déclenché une certaine panique. Plus tard, l’OMS avait essuyé des critiques, on lui reprochait d’avoir alarmé de façon inutile la communauté humaine. L’organisation est très consciente de l’effet des mots : « ‹ Pandémie › n’est pas un mot que l’on doit utiliser de façon légère ou imprudente », déclarait Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l’OMS, lorsqu’il a déclaré le changement de statut. Mal utilisé, le mot peut susciter des souffrances et des morts inutiles. Selon l’OMS, il n’existe pas de délimitation exacte entre épidémie et pandémie et cela ne change rien quant au degré d’urgence lié à une pathologie. La déclaration de pandémie devrait en revanche alerter les pays qui, jusqu’à cette date, n’avaient pas suffisamment entrepris pour faire face à ce virus aux yeux de l’OMS.
Sources: Office fédéral de la santé publique (OFSP), OMS nous, samaritains 2/2020 23
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LES PARTENAIRES ONT LA PAROLE
DON DE CELLULES SOUCHES DU SANG : LE PAYS A BESOIN D’HOMMES JEUNES… Le Registre suisse des donneuses et donneurs de cellules souches du sang a modifié ses critères d’inscription au 1er avril. Ce sont avant tout des hommes jeunes qui sont recherchés. TEXTE et PHOTOS : Transfusion CRS Pour les personnes atteintes de leucémie ou d’une autre maladie sanguine grave, la transplantation de cellules souches du sang représente souvent la seule chance de guérison. Le Registre suisse des donneuses et donneurs de cellules souches du sang, géré par Transfusion CRS Suisse, réunit plus de 145 000 personnes inscrites, dont 35 % d’hommes et 65 % de femmes. Lorsque des caractéristiques tissulaires enregistrées conviennent à celles d’une patiente ou d’un patient, leur détentrice ou détenteur entre alors en ligne de compte pour un don et ses cellules souches du sang peuvent être transplantées sur un malade.
Recherchés : hommes entre 18 et 25 ans Des découvertes médicales révèlent que les trans plantations de cellules souches du sang de donneurs non apparentés jeunes offrent de meilleures chances de survie aux patientes et aux patients. 26 nous, samaritains 2/2020
« JOURNÉE D’ACTION » LE 19 SEPTEMBRE La Journée d’action, soit la journée mondiale du don de cellules souches du sang, connaîtra sa 7 e édition cette année. Tous les ans, Transfusion CRS Suisse a pu compter sur l’appui indéfectible de samaritaines et de samaritains qui ont sensibilisé au don de cellules souches du sang au cours de cette journée spéciale. Le prochain numéro de nous, samaritains vous révélera tout ce que nous avons prévu cette année. Réservez dès maintenant la date du 19 septembre 2020 !
C’est pourquoi le Registre suisse adapte sa stratégie de recrutement. D’autres registres dans le monde se proposent également de remanier leurs critères. Ce sont avant tout des hommes jeunes âgés entre 18 et 25 ans qui sont recherchés. L’âge limite supérieur à l’enregistrement est désormais fixé à 40 ans au lieu de 55 ans comme jusqu’à présent. Ce qui ne change pas, c’est que les personnes déjà enregistrées restent inscrites au registre jusqu’à leur 60e anniversaire. Les femmes peuvent et doivent continuer de s’enregistrer. Transfusion CRS Suisse souhaiterait néanmoins élever la proportion d’hommes enregistrés à 50 %.
La League for Hope en faveur du don de cellules souches du sang Dès ce printemps, le Registre suisse se présente sous une nouvelle image : la League for Hope, mouvement collectif visible auquel doivent pouvoir s’identifier les personnes les plus diverses ; celles qui ont reçu une transplantation de cellules souches du sang et leurs proches ; celles qui se sont inscrites au registre et sont disposées à donner leurs cellules souches du sang en cas de besoin et celles qui soutiennent financièrement l’extension du registre. Leurs efforts conjoints font naître une vague d’espoir à travers tout le pays. Transfusion CRS Suisse se fixe ainsi pour objectif, à l’avenir aussi, de trouver le don approprié à chaque patiente et chaque patient. Le cœur en couleur de la League for Hope symbolise tout cela et doit aider à sensibiliser au don de cellules souches du sang. Plus d’informations : www.leagueforhope.ch
SITE INTERNET REMANIÉ Transfusion CRS Suisse dispose d’un nouveau site internet dont le design et le contenu ont été revus. Actualisé et rafraîchi, le graphisme se démarque par sa clarté. Près de 70 % des utilisatrices et des utilisateurs accédant au site sur leur portable, la version mobile en particulier a été optimisée. Le baromètre du don de sang et le système de réservation de dates sont particulièrement utiles aux samaritaines et aux samaritains. De plus, ces innovations vont simplifier encore la recherche d’un centre de transfusion sanguine pour toutes les donneuses et tous les donneurs. Le site www.transfusion.ch porte le label AA+ car il observe à la lettre les directives relatives aux sites internet accessibles.
par des fonds de donatrices et donateurs. Outre les collectes de fonds classiques, Transfusion CRS Suisse innove par un programme de contributions possibles. Chaque personne verse une contribution de soutien par année civile, soutenant ainsi le développement du registre des donneuses et donneurs de cellules souches du sang. La contribution annuelle se monte à CHF 45.– pour un adulte, CHF 80.– pour un couple, CHF 120.– pour une famille. Ce nouveau programme de contributions possibles de Transfusion CRS Suisse prévoit également que la contributrice ou le contributeur recevra une aide financière en cas de maladie qui nécessiterait le recours à une transplantation allogénique de cellules souches du sang. L’aide immédiate se monte à CHF 10 000.–.
De jeunes hommes se font « héros discrets » Dans le cadre de la campagne « héros discrets » lancée sur les réseaux sociaux sous l’enseigne de la League for Hope, Transfusion CRS Suisse recherche de jeunes hommes désireux de s’enregistrer. Héros confirmés dans leurs domaines respectifs, ils sont 18 jeunes hommes à intervenir comme ambassadeurs : poète slameur, lutteur, danseur ou encore champion de VTT. Ces héros discrets sont des donneurs de cellules souches du sang convaincus.
Contribuer par une aide financière Quelque 12 000 personnes s’inscrivent annuellement au registre des donneuses et donneurs de cellules souches du sang. Chaque enregistrement coûte CHF 140.–. Ces frais doivent être couverts
Celles et ceux qui soutiennent activement la League for Hope reçoivent un badge personnel.
nous, samaritains 2/2020 27
Le secourisme a de nombreux visages
Merci pour votre don et votre aide.
 VOUS DE JOUER
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Solutions en page 43 nous, samaritains 2/2020 29
AU CŒUR DU SUJET
« Il faut un système pour sauver des vies » Une stratégie nationale doit permettre d’améliorer les chances de survie en cas d’arrêt cardiorespiratoire. Roman Burkart, président du SRC (Swiss Resuscitation Council) et co-initiant, s’exprime au sujet des objectifs poursuivis et la manière d’y parvenir. INTERVIEW : Christoph Zehnder | cli
À qui s’adresse cette stratégie ? Tous les acteurs importants du domaine des premiers secours sont autour de la table. Mais sur le fond, cette stratégie concerne tout le monde. Afin d’améliorer les chances de survie, nous avons besoin de toutes et de tous. La stratégie de survie se présente comme un fil conducteur national permettant à chacun de s’orienter.
Roman Burkart : président du SRC et directeur de l’IAS.
Pourquoi faut-il une stratégie nationale de survie en cas d’arrêt cardiaque ? Roman Burkart : En Suisse, environ 8000 personnes meurent chaque année après un arrêt cardiaque subit. Cela correspond au public d’un stade de hockey. En plus, l’âge moyen des personnes concernées est de 68 ans, ce qui est relativement jeune. C’est pourquoi nous devons entreprendre quelque chose, surtout pendant l’intervalle précédant l’arrivée des secours professionnels, afin d’améliorer les chances de survie.
SWISS RESUSCITATION COUNCIL Le Swiss Resuscitation Council (SRC) se donne pour objectif d’améliorer la qualité de la réanimation en Suisse et fixe les directives nationales dans ce domaine. Les cours de l’Alliance suisse des samaritains relatifs à la réanimation sont certifiés par le SRC. Roman Burkart est président du SRC et directeur de l’Interassociation de sauvetage (IAS). 30 nous, samaritains 2/2020
Dans ce contexte, quel est le rôle des secouristes non professionnels comme les samaritains ou les réseaux de premiers répondants ? On distingue entre secours spontanés et secours organisés. Dans les premiers instants, il n’est pas tellement important de savoir si les secours orga-
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« Les samaritains sont très importants pour nous. »
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nisés sont le fait de non-professionnels ou de professionnels. Ce qui compte est la rapidité. C’est pourquoi les samaritains sont très importants pour nous. D’une part, ils sont répartis dans l’ensemble de la population et d’autre part, ils disposent des connaissances nécessaires. En fait, il est décisif que des secouristes non professionnels formés, comme le sont les samaritains, puissent, le cas échéant, être mobilisés.
Où en sommes-nous aujourd’hui des divers objectifs de la stratégie nationale de survie et que convient-il de faire ? Dans le domaine clinique, nous saurons bientôt où nous en sommes. Nous analysons pour le moment
les données de Swissreca, le registre à long terme pour les arrêts cardiorespiratoires préhospitaliers. Notre devise est : « Il faut un système pour sauver des vies. » Et, afin de l’améliorer, nous devons savoir où nous en sommes. D’autres objectifs, par exemple une meilleure connaissance du numéro d’appel 144, sont plus compliqués à vérifier. Cela exige plus de temps. En outre, le SARS-CoV-2 a bousculé les priorités dans le domaine de la santé publique.
Un but est notamment que 90 % des témoins d’un arrêt cardiaque entreprennent la réanimation en l’espace de moins de trois minutes. L’objectif est ambitieux. Il est ambitieux, mais il doit aussi être stimulant. Théoriquement, c’est faisable. Prenons l’exemple du Tessin, nous sommes déjà relativement proches avec notre système de premiers répondants. C’est comme ça parce que cela fait déjà un certain temps que nous avons réfléchi à la question. Voilà pourquoi le Tessin joue un rôle de précurseur et sert d’exemple pour beaucoup de cantons.
un canton de montagne. Il y a de la place pour des solutions régionales. Concernant la formation et l’équipement en revanche, nous devrions avoir les mêmes standards dans l’ensemble du pays.
La stratégie de survie nationale en cas d’arrêt cardiorespiratoire a été lancée en automne 2019. Comment cela continue-t-il ? Nous avons reçu beaucoup de réactions positives et nombreux sont ceux qui s’y réfèrent. Pour le moment, il s’agit de collecter des données et de les évaluer. Cela nous permettra d’établir des comparaisons et de tirer les bonnes conclusions. En automne auront lieu les 3es entretiens de réanimation. D’ici là, nous disposerons de plus d’informations et on pourra décider comment avancer.
Pour plus d’informations : www.resuscitation.ch
Où en est la Suisse en termes de réanimation par des non-professionnels en comparaison internationale ? Elle occupe une place honorable, selon des études précédentes. Cependant, seules certaines parties du pays y étaient représentées. Il convient donc de veiller à ne pas comparer des choux et des carottes. Pour un tableau pertinent, il nous faut encore d’autres données. Par exemple, le suivi du patient après sa sortie de l’hôpital. Pour cette raison, nous avons complété la chaîne de sauvetage en lui ajoutant deux maillons : Preparedness & Readiness (pré- La stratégie comprend 27 objectifs dans les domaines paration et disponibilité) et After Care (suivi post suivants : hospitalier). • éviter
STRATÉGIE NATIONALE DE SURVIE EN CAS D’ARRÊT CARDIORESPIRATOIRE
La stratégie de survie nationale se réfère à un concept similaire en provenance d’Écosse. Quelles sont ses particularités ? Il y a quelques années, nous avons réalisé au Tessin la European Resuscitation Academy à laquelle des Écossais ont participé. Ils en ont tiré des enseignements et développé une stratégie nationale. Nous en avons repris de nombreux éléments.
La structure fédéraliste de la Suisse, avec des systèmes de santé cantonaux, est-elle un obstacle pour une stratégie nationale ? Parfois, elle nous met au défi, mais c’est aussi un enrichissement. Chaque région a ses propres besoins et ses propres ressources. À Genève ou à Bâle, la situation est complètement différente que dans
• détecter • réanimation cardiopulmonaire • défibrillation • mesures de réanimation étendues • soins postréanimation • soins posthospitaliers • culture et contexte Chaque objectif est assorti de mesures possibles ainsi que le degré d’atteinte visé. Par exemple, au moins 50 % de la population devrait avoir une formation BLS-AED. Dans ce dessein, la stratégie envisage des directives de formation, la promotion de cours ou des campagnes de sensibilisation. La stratégie complète est disponible en ligne sur www.resuscitation.ch. nous, samaritains 2/2020 31
VIE MODERNE
SECOURIR AU-DELÀ DES FRONTIÈRES CANTONALES Grâce à la nouvelle appli CH Responder développée par l’entreprise tessinoise DOS Group SA TEXTE : Mara Zanetti Maestrani | cli
Les premiers répondants domiciliés dans le canton de Berne qui, chaque jour, se rendent à Olten pour leur travail, pourront recevoir une alarme pour une intervention même quand ils séjournent dans le canton de Soleure et ainsi, contribuer activement à améliorer le taux de survie après une crise cardiaque grâce à la nouvelle application CH Responder. Cette nouvelle application est une extension de l’appli Momentum – déjà adoptée par treize cantons, à commencer par le Tessin grâce à la Fondation Ticino Cuore – développée par DOS Group SA, une entreprise établie à Mendrisio active dans la création de logiciels et d’écosystèmes informatiques. En pratique, cette nouvelle application, déjà mise en œuvre au cours des derniers mois dans les cantons-pilotes de Soleure et de Berne, permet aux premiers répondants enregistrés et certifiés dans leur canton de domicile qui disposent déjà de Momentum, d’être repérables également en dehors des frontières cantonales. En d’autres termes, si le premier répondant le désire, il peut télécharger la nouvelle application nationale et se mettre à disposition pour secourir des personnes victimes d’un arrêt cardiaque également hors de son canton. « L’ambition de l’appli CH Responder », nous explique Roberto Rinaldi, responsable marketing de l’équipe de développement du logiciel, « est d’augmenter les chances de survie des personnes qui subissent un arrêt cardiaque. Chaque année, on recense dans les 8000 cas et pour le moment, moins de 5 % des personnes survivent. En outre, dans trop peu de cas les secours parviennent en temps utile. L’appli a pour but de permettre de combler cette lacune. »
Un duo de choix Dans le canton du Tessin, la clairvoyance de la Fondation Ticino Cuore et la rencontre quasi fortuite avec Stefano Doninelli (président de DOS 32 nous, samaritains 2/2020
Group SA, secouriste et président de la section tessinoise du Secours alpin) ont permis en 2014 la création de la première version de Momentum. Sa mise en œuvre a été une réussite grâce au bon réseau de premiers répondants sur le territoire et a permis une hausse du taux de survie de l’ordre de 60 %. Le Tessin s’est ainsi hissé à la une des journaux et a fait figure de modèle pour toute la Suisse. « La fondation voulait mettre en œuvre les nouvelles technologies pour venir en aide aux personnes victimes d’un arrêt cardiaque », nous raconte Stefano Doninelli. « Nous avons conjugué cette volonté avec mon expérience d’informaticien et de secouriste actif depuis 1984 au sein de la colonne de secours du Sottoceneri. » Ce double bagage a débouché sur la mise au point d’une application utilisée également par les principales organisations de secours professionnels, dont les corps de police et de pompiers, les hôpitaux et les services d’ambulance. Grâce à son efficacité, l’appli a été adoptée dans plusieurs cantons, le plus récent étant un des demi-cantons bâlois qui a introduit Momentum il y a seulement une année et qui, depuis, a enregistré une hausse du taux de survie de 10 % à 40 % des personnes ayant subi un arrêt cardiaque.
Comment fonctionne l’alarme Aujourd’hui, l’objectif est d’élargir la portée territoriale et de créer une communauté de premiers répondants en Suisse que pourront rejoindre les personnes déjà actives à l’échelle cantonale. À l’instar de la version actuelle de l’application, l’alarme sera toujours transmise par la centrale d’appel 144 qui dispose de la base de données des premiers répondants actifs sur le territoire cantonal et qui fait un premier triage au téléphone. L’appli CH Responder est non seulement à disposition des
secouristes non professionnels, tels les samaritains, mais également à celle du personnel médical et paramédical. Plus grand sera le nombre de personnes formées en mesure de porter secours, plus les chances de sauver des personnes subissant un arrêt cardiaque augmenteront. Dans les cantons de Soleure et de Berne, où l’appli est en service depuis le 13 janvier, elle a déjà été activée environ 300 fois pour alarmer près de 1500 premiers répondants. D’ici la fin de l’année, d’autres cantons, dont le Tessin et les deux demi-cantons de Bâle, s’y joindront alors que Vaud, Lucerne, Uri, Unterwald et Argovie ont déjà annoncé leur intérêt.
Et pour le futur proche ? Nous développons des systèmes de secours novateurs proposant de nouvelles fonctionnalités. Par exemple Drive on Street : une application qui, au moyen d’une tablette installée à bord d’une ambulance, permet de gérer les moyens mis en œuvre et les missions de secours en quelques clics. De surcroît, en nous servant de technologies telles que la réalité virtuelle, nous sommes en mesure de simuler des interventions et de réaliser des exercices « grandeur nature » pour les intervenants. Il s’agit d’une tâche très motivante selon Stefano Doninelli, d’autant plus qu’il s’agit de faire quelque chose
L’application a déjà été activée environ 300 fois pour alarmer près de 1500 premiers répondants.
d’utile pour les autres. « Il m’est également arrivé d’intervenir grâce à ‹ mon › appli ! C’était un peu étrange, mais j’ai ainsi pu percevoir la vraie importance de notre travail. »
Contrer le SARS-CoV-2
DOS GROUP SA À MENDRISIO
Pendant la phase critique de l’épidémie de Covid-19, l’entreprise a créé un groupe ad hoc qui permet aux fondations de n’alerter que les premiers répondants à même d’arriver chez une personne dont on soupçonne une contamination avec le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère munis d’un masque et de l’équipement nécessaire pour ne pas se contaminer eux-mêmes. Ce nouveau groupe a pu être mis en place grâce à la Fondation Ticino Cuore.
Comment télécharger l’appli ?
Fondée en 2001, l’entreprise qui a créé l’application Momentum en 2014 déploie ses activités dans quatre secteurs : services informatiques, développements web et pour appareils nomades, solutions électriques et finalement, implémentation d’applicatifs de réalité virtuelle et de réalité augmentée. Le groupe emploie une quarantaine de personnes. Le site web de l’entreprise fournit des informations en italien : https://www.dos-group.com/
Les indications pour télécharger l’appli Momentum, puis, lorsqu’elle sera opérationnelle, l’appli CH Responder, seront fournies aux samaritains intéressés à l’issue d’un cours de formation BLS-AED, par leur section ou par l’association cantonale.
nous, samaritains 2/2020 33
EN SAVOIR PLUS
Voiture électrique, source de dangers ? Les non-professionnels sont souvent les premiers sur place après un accident de la circulation. Lorsque des voitures électriques sont impliquées, il convient d’en connaître quelques particularités. TEXTE : Matthias Zobrist | td Les voitures à entraînement alternatif sont dans l’air du temps. Les véhicules hybrides et les voitures purement électriques surtout connaissent une forte progression. En 2019, plus d’une voiture neuve sur dix croisées sur les routes de Suisse était déjà au moins en partie électrique et cette part augmentera sans doute encore au cours des années à venir. Mais, les voitures électriques sont-elles sûres ou la carrosserie entière est-elle sous tension après un accident ? Et que penser des articles de presse faisant état de véhicules en feu quasiment impossibles à éteindre ? Ces questions concernent également les secouristes. Une raison suffisante pour se pencher plus en détail sur les particularités en cas d’accident avec des voitures électriques.
Pas de panique Mettons les choses au point, statistiquement, les voitures électriques ne sont pas moins sûres que les voitures conventionnelles, ni pour les occupants, ni
Après un violent accident de la circulation, la plus grande prudence est de mise pour les secouristes, quelle que soit la motorisation des voitures impliquées. (Photo : Shutterstock)
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pour les secouristes. Mais quelques différences sont à prendre en compte, bien que le risque d’électrisation n’en fasse pas partie, du moins pour les secouristes. « La personne qui touche la carrosserie d’un véhicule électrique accidenté ne doit pas craindre l’électrocution. Un tel scénario est extrêmement improbable et aucun cas de ce genre nous a été rapporté, ni en Suisse, ni à l’étranger », rassure Michael Derungs, spécialiste des systèmes d’entraînement modernes chez Schutz & Rettung Zurich. Une électrisation provoquée par le système à haute tension nécessaire à la motorisation du véhicule serait dévastatrice, car, contrairement à l’électronique embarquée pour la ventilation, le GPS ou les lèveglaces qui exige une tension de 12 volts, celle de la motorisation peut aller de 200 à 800 volts. C’est pourquoi l’un des principaux mécanismes de sécurité sur une voiture électrique est la coupure du système à haute tension quelques millisecondes après que l’airbag est déclenché. En outre, afin de la protéger au mieux, la batterie, qui constitue le cœur du système, est logée au centre de la voiture ou sous le plancher sur la plupart des modèles. La situation devient dangereuse si une voiture est carbonisée et que l’isolation des composants à haute tension a été détruite dans l’incendie, mais cela n’est plus l’affaire des secouristes non professionnels. Un certain risque pourrait résider dans des composants à haute tension détachés ou projetés à l’extérieur en cas de choc violent. Dans la plupart des véhicules, ils sont reconnaissables à leur couleur orange et ne doivent en aucun cas être retirés ou touchés sans gants de protection. Toutefois, cela ne concerne que des accidents graves lors desquels la plus grande prudence est de toute façon de mise. « Après une collision très violente, il n’y a lieu de s’approcher d’un véhicule que si une intervention
sur place est réellement requise. Par exemple, sur un véhicule conventionnel, des liquides peuvent s’enflammer subitement », observe Michael Derungs, à la fois ambulancier et sapeur-pompier professionnel.
Un danger silencieux On y pense moins, mais une caractéristique technique propre aux voitures électriques recèle un risque invisible : les moteurs de ces véhicules n’émettent aucun bruit. Imaginez que vous vouliez extraire une personne d’une voiture accidentée et que la victime appuie sur la pédale d’accélérateur de la voiture dont le moteur tourne silencieusement. C’est pourquoi, en premier lieu, il faut impérativement actionner le frein à main et retirer la clé de contact ou appuyer sur le bouton ON/OFF. Ceci vaut bien entendu aussi pour les véhicules thermiques. Cependant, le ronronnement des moteurs de ces derniers nous rappelle à l’ordre, ce qui n’est pas inutile dans des situations stressantes. Et qu’en est-il des voitures électriques qui prennent feu et que l’on ne parvient pas à éteindre ? Le fait est qu’un véhicule électrique ne prend pas feu plus rapidement qu’un véhicule thermique. Mais si un incendie se produit, les sapeurs-pompiers doivent suivre une autre procédure. Généralement, la batterie est à l’origine du feu. Selon le modèle, celle-ci se compose de centaines de petits éléments. Si l’un de ces éléments est endommagé, il peut se produire une réaction en chaîne sous forme de courts-circuits permanents passant d’un élément à l’autre. L’incendie est ainsi constamment entretenu. C’est la raison pour laquelle l’extinction d’un incendie sur une voiture électrique représente un défi pour les sapeurs-pompiers. Selon le constructeur, il faut près de 11 000 litres d’eau pour éteindre totalement une Tesla en feu. Cependant, un fourgon tonne-pompe n’en transporte en moyenne que 2000 litres. Étant donné que le feu dans la batterie peut reprendre pendant de nombreuses heures, voire plusieurs jours après l’accident, ce type de véhicules doit également être stocké dans des conditions particulières. Pour les secouristes, ces faits sont certes intéressants, mais ils n’affectent pas leur intervention. Une voiture en feu est toujours extrêmement dangereuse, quel que soit son type de motorisation. Sur un véhicule électrique, le risque que des flammes se propagent très rapidement en raison d’un écoulement de carburant n’existe pas. En revanche, la réaction d’une batterie en feu peut être très violente parce qu’une grande quantité d’énergie est libérée très rapidement. De plus, avant
qu’elle ne brûle, la batterie peut dégager des vapeurs sous forme de fumée blanche. Ces gaz sont combustibles et s’enflamment facilement. L’association avec du liquide, par exemple de l’eau d’extinction ou les muqueuses d’une personne, génère de l’acide fluorhydrique – un produit chimique très corrosif et hautement toxique. Donc, si de la fumée blanche s’échappe d’un véhicule électrique, la plus grande prudence s’impose.
Déterminer la motorisation, identifier les risques En cas d’urgence, les secouristes sont appelés à identifier les possibles sources de danger, également s’il s’agit d’un accident de voiture. C’est pourquoi ils devraient si possible déterminer le type de motorisation d’une voiture accidentée. À ce sujet, le conducteur du véhicule est souvent la meilleure source d’information. Dans le meilleur des cas, on peut trouver sous le pare-soleil ce que l’on appelle une fiche de secours. Ce document indique tout de suite de quel type de véhicule il s’agit et où se trouvent les composants importants pour les forces d’intervention. Si l’on ne peut toujours pas déterminer le type de motorisation de la voiture, les règles appliquées par les sapeurs-pompiers peuvent être utiles (voir encadré). Michael Derungs observe toutefois qu’il ne faut pas en faire une obsession. Cependant, les informations sur le type de motorisation de la voiture accidentée obtenues par le conducteur, la fiche de secours ou des caractéristiques spécifiques identifiées soi-même peuvent être extrêmement utiles pour les forces d’intervention et doivent par conséquent être communiquées au moment de donner l’alarme.
LES RÈGLES DES SAPEURS-POMPIERS • Écoulement de combustibles – écouter, sentir, voir p. ex. sifflements ou cliquetis, odeur de gaz, formation de flaques ou de brouillard • Explorer le plancher, le coffre, le capot p. ex. contrôler les réservoirs de gaz ou les câbles à haute tension de couleur orange • Ouvrir le bouchon du réservoir p. ex. trouver le code QR, identifier les systèmes de remplissage de carburant/de charge, plusieurs bouchons de réservoir • Inspecter la surface p. ex. absence d’échappement, inscriptions ou signes distinctifs voyants, présence de valves de surpression nous, samaritains 2/2020 35
SERVICE DES VENTES
LA PHARMACIE DE VOITURE AUSSI MÉRITE UN SERVICE La trousse de secours a sa place dans la voiture, à l’instar du gilet de sécurité et du triangle de panne. Quels sont les articles à faire figurer dans la pharmacie de voiture et à quoi le détenteur d’une voiture doit faire particulièrement attention.
d’urgence, tout soit prêt. Les professionnels recommandent un contrôle annuel et un renouvellement complet après cinq ou six ans. Le Service des ventes propose une pharmacie de voiture selon la norme DIN 13164 ainsi qu’un jeu complet d’articles de remplacement. Le plus sûr est de remplacer tout le contenu et d’apposer l’autocollant avec la nouvelle date de péremption au dos.
TEXTE : Christoph Zehnder | cli
Prête à l'usage En voiture, la trousse de secours devrait toujours être disponible. Le coffre n’est donc pas forcément l’endroit idéal, et encore moins si la trousse se trouve au fond, derrière des sacs et des colis. En outre, après un accident, il n’est plus toujours possible d’ouvrir le coffre. Placée sur la plage arrière, la trousse peut se transformer en dangereux projectile en cas de freinage brusque. Le mieux est de la placer dans l’habitacle, par exemple sous un siège ou à l’arrière d’un dossier.
Chaque automobiliste devrait être préparé à donner rapidement les premiers secours après un accident de voiture et il devrait pouvoir disposer d’une trousse de secours avec des articles essentiels. Elle devrait contenir au minimum une couverture de sauvetage, des gants à usage unique, des ciseaux et des bandages et pansements en diverses tailles. La plupart des pharmacies pour voitures disponibles chez nous correspondent à la norme de sécurité DIN 13164 et contiennent cet équipement de façon standard.
Autres pays, autres règles
Dates de péremption
La pharmacie de voiture DIN 13164, y compris gilet de secours et triangle de panne, est disponible auprès du Service des ventes de l’Alliance suisse des samaritains. Un jeu de pansements permettant de renouveler son contenu figure également au catalogue. Les samaritains profitent d’un rabais. Pour une offre détaillée, voir ci-contre.
Heureux celles et ceux qui n’ont jamais dû utiliser la trousse de secours de la voiture. On a d’ailleurs tendance à l’oublier. Et sans que l’on y prenne garde, certains articles dépassent la date limite de fonctionnalité, les variations de température parfois importantes auxquels ils sont exposés n’arrangeant rien. Les pansements rapides n’adhèrent plus, les gants deviennent secs et friables et les emballages perdent leur étanchéité, leur contenu n’est plus stérile. En utilisant un tel matériel, on risque une infection. Les médicaments n’ont pas leur place en voiture, si ce n’est pour des besoins personnels. Eux aussi sont sensibles aux variations de température et perdent leur efficacité en cas de grosses chaleurs et eux aussi ont une date de péremption. À l’image de la voiture, la trousse de secours qui s’y trouve a besoin d’un service de temps à autre. Les produits utilisés, présentant des défauts ou échus doivent être remplacés afin qu’en cas 36 nous, samaritains 2/2020
Une pharmacie de secours, un gilet de sécurité et un triangle de panne font partie de l’équipement de base de toute voiture. Si en Suisse, la pharmacie n’est pas obligatoire, elle l’est dans de nombreux pays de l’Union européenne et la police effectue des contrôles. Mais ce qui vaut chez nous comme ailleurs est l’obligation de porter secours à une personne blessée, dans la limite du possible. Une formation appropriée et une trousse de secours bien équipée y contribuent.
POUR MÉMOIRE • Pharmacie de voiture, gilet de sécurité et triangle de panne sont obligatoires dans de nombreux pays de l’UE. • Le contenu de la pharmacie de voiture devrait être vérifié régulièrement et remplacé le cas échéant. • Le matériel de premiers secours devrait toujours être à portée de main.
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Pharmacie de voiture avec gilet de sécurité et triangle de panne PHARMACIE DE VOITURE DIN 13164 Contenu • 1 pochette avec jeux de pansements DIN 13164 • 1 triangle de panne « Euro-Mini XS » • 1 gilet de sauvetage en polyester DIN EN ISO 20471 • 1 brochure de premiers secours en trois langues
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OUTILS
Comment agissent savons, masques et produits désinfectants La protection personnelle est le commandement suprême pour les secouristes et les soignants. La protection contre les maladies infectieuses en fait également partie. Nous savions cela bien avant l’apparition du SARS-CoV-2. Trois mesures d’hygiène et de protection et leur action. TEXTE : Christoph Zehnder | td
Savon Le secret du savon réside dans sa structure. Les molécules de savon sont hydrofuges à une extrémité, et hydrophiles à l’autre. Dans l’eau, elles forment de minuscules bulles qui sont capables d’absorber les particules de saleté. Lors du lavage des mains, les molécules se coincent dans l’enveloppe du virus, la brisent et rendent ainsi la particule virale inoffensive. Sans son enveloppe, le coronavirus ne peut pas se fixer sur la cellule hôte. Dans le même temps, le savon dissout les liaisons chimiques qui permettent aux micro-organismes d’adhérer à la peau. Lors du rinçage, les corps étrangers endommagés ou isolés sont éliminés. Autre avantage : le savon abîme moins la peau que de nombreux produits désinfectants contenant de l’alcool, par exemple. Lorsque la peau est très sollicitée, la fonction protectrice en pâtit et de minuscules fissures apparaissent, ce qui constitue une invitation pour les micro-organismes nocifs. On savait déjà avant l’apparition du coronavirus que se laver fréquemment les mains est important pour empêcher la propagation de maladies. La situation actuelle nous rappelle que des moyens extrêmement simples permettent souvent d’obtenir un très bon résultat. Le bon vieux savon reste en effet l’un des moyens les plus efficaces contre les agents pathogènes. À condition de l’utiliser fréquemment et soigneusement.
Produits désinfectants Depuis l’apparition du SARS-CoV-2, les produits désinfectants sont également très plébiscités. Les sprays ou gels faciles d’utilisation sont pratiques, 38 nous, samaritains 2/2020
notamment lorsqu’il n’est pas possible de se laver les mains avec de l’eau et du savon. Le principal composant de la plupart des produits est l’alcool dans une concentration située entre 60 et 80 %. Des désignations telles que « antibactérien » donnent souvent l’impression d’être particulièrement nettoyants. Cependant, il ne faut pas hésiter à multiplier les utilisations, sinon ces produits seront peu efficaces. Il est important de frotter le produit sur toute la surface de ses deux mains, jusqu’à ce que celles-ci soient sèches. Des études ont montré que les produits désinfectants pour les mains sont un instrument efficace contre la propagation de germes dans les hôpitaux et les cabinets médicaux. Dans ces lieux, si les mains entrent en contact avec des agents pathogènes, elles ne sont en général pas très sales. La situation est différente quand les mains sont vraiment sales, par exemple lorsque l’on cuisine, que l’on jardine ou que l’on fait du sport. Comme l’ont montré des études, les désinfectants sont moins efficaces sur des mains très sales ou grasses. Au quotidien, l’eau et le savon constituent presque toujours la meilleure solution.
Masques Jusque très récemment, nous avions cette image venue des métropoles asiatiques : des personnes marchant dans la rue avec un masque. Aujourd’hui, ces articles sont très prisés également chez nous. Selon certains médias, les masques de protection sont achetés, stockés, voire volés en masse, dans l’espoir de faire rapidement des affaires. Experts et autorités sanitaires sont réservés en ce qui concerne
les masques pour les personnes en bonne santé. Principalement parce qu'ils véhiculent un sentiment d’insécurité et parce que leur utilisation fait oublier les règles d’hygiène et comportementales. Un masque est surtout indiqué lorsqu’une personne est déjà malade. Les minuscules gouttelettes sont capturées à l’intérieur. L’important est que le masque soit bien en place et échangé avant de devenir lui-même propagateur de virus. Un avantage souvent sous-estimé : le masque nous empêche de nous toucher la bouche et le nez, ce que nous faisons presque toutes les trois minutes sans nous en rendre compte. Des masques de protection sont également portés dans les établissements de soins et d’accueil où le personnel est exposé à un risque accru de contamination. En l’occurrence, on distingue plusieurs types de masques aux effets protecteurs différents. Les masques nez-bouche multicouches offrent la protection la plus élémentaire. Ils doivent être éliminés après avoir servi une fois. Ce que l’on appelle les masques FFP sont plus raffinés. L’abréviation vient de Filtering Face Piece. Ces masques filtrent également de petites particules d’air, ce que ne font pas les masques simples. Certains modèles disposent en outre d’une soupape qui facilite l’expiration. Les masques de protection FFP sont divisés en trois classes de protection : FFP1, FFP2 et FFP3. Plus le chiffre est élevé, plus le filtre est puissant.
Utilisation correcte du masque 1. Avant de poser le masque, se laver les mains à l’eau et au savon ou avec un produit désinfectant. 2. Poser le masque avec précaution de manière à couvrir le nez et la bouche, puis le serrer de manière à ce qu’il soit bien ajusté au visage. 3. Ne plus toucher le masque après l’avoir mis. Après chaque contact avec un masque usagé, par exemple en l’enlevant, se laver les mains avec de l’eau et du savon ou avec un produit désinfectant. 4. Les masques peuvent être portés entre 2 et 4 heures (jusqu’à 8 heures), même s’ils sont humides. 5. Remplacer ensuite le masque usagé par un exemplaire propre et sec. 6. Les masques jetables ne doivent pas être réutilisés. 7. Une fois utilisé, jeter le masque tout de suite après l’avoir enlevé. Source : Office fédéral de la santé publique (OFSP)
L’Office fédéral de la santé publique indique sur son site web : « Lorsque vous voyez quelqu’un qui porte un masque, cela ne veut pas dire que cette personne est infectée par le nouveau coronavirus. Il existe différentes raisons de porter un masque. Restez aimable avec les personnes qui portent un tel masque. »
nous, samaritains 2/2020 39
LA FAMILLE CROIX-ROUGE
L’urgence dans les écoles
En Afrique, le Ghana fait figure de modèle. Mais en matière d’approvisionnement en eau et d’hy giène, la situation de cet État d’Afrique de l’Ouest est peu réjouissante. Tout particulièrement dans le nord-est du pays, où plus de 90 % de la population doit faire ses besoins en plein air, sans pou voir se laver les mains. Et les infrastructures manquent aussi dans les établissements publics tels que les écoles et les dispensaires. TEXTE : Franziska Bundi, CRS PHOTOS : Bernard van Dierendonck
Après le dîner, Margaret, 16 ans, et les autres filles de sa classe font leur vaisselle au réservoir. De toutes les directions affluent des centaines de jeunes. Nous sommes à la Awe Senior High Technical School, dans une région rurale du nord-est du Ghana, un établissement fréquenté par quelque 1700 élèves. Contrairement à la plupart d’entre eux, Margaret est externe. Ses journées sont donc particulièrement remplies, et elle n’a que peu de temps pour étudier. Étant l’aînée de sa fratrie, elle assume en effet un grand nombre de tâches ména40 nous, samaritains 2/2020
gères. Notamment la corvée d’eau, qui, au Ghana comme dans beaucoup de régions d’Afrique, incombe aux femmes et aux filles. Sitôt l’école finie, Margaret va chercher l’eau dont sa famille a besoin pour boire, cuisiner, se laver et nettoyer. Le sentier qui la conduit au puits du village traverse des champs de millet et de maïs, de piment et d’arachide. Une fois à destination, elle pompe l’eau dans une grande bassine métallique. S’il lui faut de l’aide pour hisser cette dernière sur sa tête, c’est ensuite d’un pas sûr qu’elle porte les 25 kg d’eau jusqu’à la
maison. Margaret arrive généralement chez elle après la tombée de la nuit ; le soleil se couche tôt dans les tropiques. Puis elle assiste sa mère dans la préparation du repas et s’occupe de ses petits frères. La jeune fille volontaire ne recule devant aucun sacrifice pour trouver du temps pour apprendre : « Je me lève à 3 h du matin, ainsi je peux étudier une heure. » Le village n’est pas approvisionné en électricité. Toutefois, Margaret peut bénéficier de la lumière d’une lampe grâce à la cellule photovoltaïque que son père a installée sur le toit. « C’est un rythme fatigant, admet-elle, mais apprendre est important
• « Je me lève à 3 h du matin, ainsi je peux étudier une heure. »
Margaret (2e depuis la gauche), 16 ans, vit avec sa tante (à gauche), ses deux frères et ses parents dans une petite maison à l’écart, au milieu des champs.
•
pour moi. » Elle rêve de devenir enseignante et d’aider sa communauté en transmettant ses connaissances. Avant que le jour ne se lève, la jeune fille va chercher de l’eau. Puis, pour ne pas être en retard à l’école, elle quitte la maison à 5 h avec son vélo et roule pendant une heure. Elle ne déjeune pas, car, comme de nombreux habitants de la région, sa famille fait un usage parcimonieux de la nourriture.
Des écoles qui manquent d’eau et de toilettes
Margaret va chercher de l’eau pour sa famille plusieurs fois par jour. À chaque trajet, ce ne sont pas moins de 25 litres qu’elle transporte.
L’école de Margaret accueille chaque jour environ 2000 personnes. Et pourtant, les seules toilettes disponibles se trouvent dans un bâtiment des années 1950 qui menace de s’effondrer et qui dégage une odeur pestilentielle. À l’intérieur, six trous sont creusés dans le sol, trois pour les garçons et trois pour les filles. Margaret et son amie Patience sourient, gênées, et pointent en direction des buissons : « C’est là que nous allons quand nous devons nous soulager. » Les élèves, le corps enseignant et le personnel de cuisine – tous doivent faire leurs besoins dehors. Et sans avoir la possibilité de se laver les mains avec du savon après. Le risque de contracter une bactérie ou un virus dangereux est élevé. L’approvisionnement en eau pose également de grandes difficultés. Certes, le réservoir, d’une capacité de 3000 litres, contient pour l’heure de l’eau
Élève consciencieuse et curieuse, Margaret étudie beaucoup.
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LA FAMILLE CROIX-ROUGE
Premier repas de la journée pour Margaret – tous les midis, un repas simple est proposé au réfectoire de l’école, où il règne une chaleur étouffante.
en abondance. Mais chaque année, la nappe phréatique, située à 20 m de profondeur, reste asséchée pendant trois mois. Aujourd’hui si vert, le paysage devient brun et aride. L’école doit alors acheter de l’eau. Malheureusement, les quantités restent insuffisantes. Et les internes doivent faire leur toilette et laver leurs vêtements dans un étang marécageux à quinze minutes de là.
Risque important de choléra Dans la cuisine de l’école, le dîner mijote dans de grandes marmites. L’odeur de la fumée se mêle aux effluves d’un plat traditionnel de riz. Les innombrables mouches qui se posent partout sans être dérangées constituent elles aussi un problème d’hygiène. En effet, passant des excréments humains à la nourriture, elles transmettent des maladies, comme le choléra. « Dans cette école, le risque de choléra est énorme, explique Princella Agesine, infirmière de la Croix-Rouge ghanéenne. Si une épidémie devait se déclarer ici, les conséquences seraient dramatiques. »
Une meilleure protection à l’avenir Avec l’aide de la Croix-Rouge suisse (CRS), la Croix-Rouge ghanéenne améliore progressivement les installations sanitaires, l’accès à l’eau potable et les comportements en matière d’hygiène dans trois écoles de différents districts. Quinze dispensaires doivent en outre être dotés d’eau courante et de latrines. Dans ces centres de santé où les femmes 42 nous, samaritains 2/2020
Dans un dispensaire comme celui-ci, où les femmes viennent pour accoucher en présence d’une sage-femme, une bonne hygiène est indispensable.
se rendent pour accoucher, une bonne hygiène est particulièrement importante. Au total, la CroixRouge s’engage dans vingt communes pour garantir l’accès à une eau salubre et à des toilettes. De plus, elle encourage résolument la population à suivre les nouvelles mesures d’hygiène. « Nous sommes face à une grande urgence », insiste Thomas Okollah-Oyugi, coordinateur pays de la CRS au Ghana, en contemplant le réservoir de l’école. Dans cet établissement, il serait possible, avec relativement peu de moyens, d’assurer un approvisionnement en eau et de construire des installations sanitaires. En effet, des forages existent déjà. « Mais seule, l’infrastructure ne suffit pas, rappelle-t-il. Pour qu’elle serve et que les comportements changent durablement, des mesures de sensibilisation efficaces sont nécessaires. » Portant son regard au loin, il ajoute : « La CroixRouge veut montrer l’exemple et améliorer l’hygiène dans les écoles de la région. » Ce qui per mettrait de mieux protéger des élèves comme Margaret contre les maladies et de leur faciliter un peu leur quotidien.
Plus d'informations : redcross.ch/ghana-fr
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Lettres de lecteurs Rédaction nous, samaritains, case postale, 4601 Olten ; redaction@samaritains.ch Merci d’adresser vos missives par courrier électronique ou postal à l’adresse de la rédaction . La prochaine édition de nous, samaritains paraîtra le 12 août 2020, la clôture rédactionnelle est fixée au 10 juillet 2020.
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S M ZO N E A B E A L IL R TE T TE O TE S R S T F IO D U N E S H E E IE N N A IT IA T IV V EN TE E R E PRO C E
B A IE L A E N A V M NG E S P E S
Y E S SC U LN A M IE AR S M E S O R A U R R IT SU S
VOLONTARIAT
Message clé « Nous avons appris à porter secours, nous le faisons, nous vous l’ensei gnons. Nous assurons le service médico-sanitaire lors de manifestations de toute envergure. » Vous trouverez tous les messages clé sur www.samaritains.ch > information > textes de promotion > messages clé
nous, samaritains 2/2020 43
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