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nous,

SAMARITAINS Le journal de l’Alliance suisse des samaritains

Imitations à s’y tromper 12 INTERVIEW

La stratégie de l’ASS bénéficie d’un large soutien

16 PANDÉMIE

Samaritaines et samaritains sur la brèche

32 EXPOSITION

La section de Baden célèbre ses 125 ans


Le secourisme a de nombreux visages

Merci pour votre don et votre aide.


ÉDITORIAL

« Le secourisme est une affaire de cœur » Chères samaritaines, chers samaritains, Le point fort de ce numéro parle de moulages. Après que ces objets tridimensionnels en cire sont pratiquement tombés dans l’oubli, ils ont été redécouverts et sont utilisés aujourd’hui dans la formation des futurs médecins. Les samaritains ont toujours cultivé ce savoir-faire. Il s’agit d’un bel exemple de la rigueur et du sens pratique qui caractérisent l’enseignement donné par les samaritains. Le Symposium des premiers secours, abordé dans un autre article de ce numéro, a mis en évidence le poids et l’importance des gestes effectués par les secouristes. Quant à la collaboration de l’association cantonale thurgovienne avec CURAVIVA, elle montre que de nouvelles tâches, qui gagneront sans doute en importance à l’avenir, attendent les samaritains. Les multiples champs d’action possibles pour les samaritaines et les samaritains sont ainsi mis en évidence, qu’il s’agisse de formation aux premiers secours, en tant que force d’appui en cas de crise ou de situation particulière ou tout simplement pour assister concrètement nos semblables. Inspiré par Henry Dunant et régi par les principes universels de la Croix-Rouge, le mouvement des samaritains est formidable. Grâce à leur puissant rayon-

nement, la Croix-Rouge et les samaritains recèlent le potentiel de rendre le monde un peu meilleur. Pour moi, après un peu plus de trois ans en tant que directeur de l’Alliance suisse des samaritains, le moment est venu de prendre congé. Dès le mois d’avril, j’assumerai de nouvelles responsabilités en tant que directeur de Caritas Suisse. Cela a été un privilège de conduire l’Alliance des samaritains pendant sa phase de repositionnement. Je suis reconnaissant de la confiance que vous m’avez accordée, des discussions critiques et constructives, de la recherche d’un objectif commun et durable. Le secourisme est une affaire de cœur, c’est ce que j’ai appris à mes débuts chez les samaritains. Aujourd’hui, je souhaite vous dire que le secourisme est aussi une affaire d’avenir. Je vous souhaite ainsi qu’à vos collègues, à l’ASS et au futur Samaritains Suisse de garder le regard tourné vers l’avenir en faisant preuve de persévérance et de constance en ces temps incertains – la pandémie nous a réappris ces vertus.

Votre Peter Lack nous, samaritains 1/2022  3


6 MAQUILLAGE ET MOULAGES

SOMMAIRE 10 EN SAVOIR PLUS Les plaies bien traitées guérissent plus vite 14 VIE MODERNE Le directeur Peter Lack quitte l’ASS, hommage 15 STRATÉGIE Le futur numérique de l’ASS

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16 PANDÉMIE Coursiers samaritains pour EMS thurgoviens 18 PANDÉMIE Samaritaines et samaritains au centre de vaccination de l’Hôpital cantonal de Lucerne

23 À VOUS DE JOUER Sudoku et Mot caché 24 SECTIONS ET ASSOCIATIONS Nouvelles des samaritains de Suisse romande 26 BOUTIQUE Nouveautés dans l’assortiment


IMPRESSUM 12 INTERVIEW Beatrice Stalder s’exprime au sujet de la stratégie 2024

nous, samaritains 1/2022 Parution : 9 février 2022

20 VIE MODERNE Le Symposium des premiers secours 2021 au KKL de Lucerne a fait le plein

Abonnements, changements d’adresse : par écrit à l’adresse ci-dessus

Organisation éditrice Alliance suisse des samaritains (ASS) Martin-Disteli-Strasse 27 Case postale, 4601 Olten Téléphone 062 286 02 00 Téléfax 062 286 02 02 redaction@samaritains.ch www.samaritains.ch

Prix de l’abonnement Abonnement individuel pour non-samaritains : CHF 33.– par an 4 numéros par an Tirage : 22 600 exemplaires

32 EXPOSITION Sur les traces de l’idée du secourisme au Musée historique de Baden

Rédaction Paolo D’Avino (pda) Matthias Zobrist (mzo) Suisse romande : Chantal Lienert (cli) Suisse italophone : Mara Zanetti Maestrani (m.z.) Téléphone 062 286 02 00 Téléfax 062 286 02 02 redaction@samaritains.ch Adresse postale : Rédaction « nous, samaritains » Case postale, 4601 Olten

28 SSC Coordination des services sanitaires à l’échelle de la Confédération 29 CERTIFICATION Reconduction de l’homologation par le Swiss Resuscitation Council

30 PARTENAIRES Parole à la Rega 34 RENCONTRE Journée des anciens

Annonces Fachmedien Zürichsee Werbe AG Laubisrütistrasse 44, 8712 Stäfa Téléphone 044 928 56 11 Téléfax 044 928 56 00 samariter@fachmedien.ch www.fachmedien.ch Mise en page, impression et expédition Stämpfli Communication, 3001 Berne staempfli.com Photos Couverture et sommaire : shutterstock

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POINT FORT L’ART DU MAQUILLAGE

LA MAGIE DE L’IMITATION Dans le domaine médical, l’art du moulage qui consiste à prendre une empreinte afin de reproduire un tableau pathologique en taille réelle a été largement développé dès la fin du XIX e siècle en dermatologie. En Suisse, c’est à Zurich que se trouve la plus belle collection de moulages ouverte au public. TEXTE : Paolo D’Avino | cli 6   nous, samaritains 1/2022


Comme au cinéma Pour que les exercices soient aussi réalistes que possible, les figurants sont maquillés à en tromper plus d’un. « Le maquillage me tient particulièrement à cœur », souligne l’instructrice zurichoise. À l’aide de faux sang, de cire et d’autres artifices, Susanne Angst prépare les blessures avant que les figurantes et les figurants entrent en scène. « C’est comme sur un tournage ou au théâtre. Avant que les acteurs fassent leur apparition, ils passent par le maquillage », explique la spécialiste avec conviction. Tout doit sembler juste et crédible. « Les personnes qui endossent les rôles des blessés reçoivent des instructions pour jouer leur rôle de façon appropriée quand les secouristes arrivent sur place », explique Susanne Angst. « Ce n’est qu’à condition de simuler la réalité au plus près que l’on peut se rendre compte à quoi il faut s’attendre si un accident se produisait vraiment. »

Exercices réalistes

Une blessure comme si elle était vraie. (Photo : shutterstock)

Son rêve serait de pouvoir préparer les cadavres et de les maquiller dans un épisode de la célèbre série de langue allemande Tatort. « Au pire, je pourrai me contenter d’un autre film policier », s’exclame Susanne Angst en riant. L’esthéticienne et visagiste est une samaritaine passionnée. Depuis plus de vingt ans, elle est membre de la section de Dübendorf et responsable du maquillage. Son terrain de jeu n’est pas des plateaux de tournage, mais les mises en scène samaritaines.

La mise en scène réaliste d’accidents est un élément clé de la formation pratique des samaritaines et des samaritains, Susanne Angst en est convaincue. Mais le maquillage des blessés n’est qu’une partie du puzzle. Le choix du site de l’accident et le placement des figurants sont tout aussi décisifs. « C’est l’ensemble qui rend la chose crédible. » En outre, les personnes qui entrent en scène doivent être bien formées et simuler les symptômes qui correspondent à leur lésion. « Si, par exemple, lors d’un exercice avec pour thème les brûlures, une blessure saigne abondamment, cela ne correspond pas à la réalité. » Les parallèles avec le cinéma sont frappants. Pour Susanne Angst, la mise en scène réaliste d’accidents est décisive pour garantir le succès de l’apprentissage. « Qu’il s’agisse d’un petit groupe ou d’une équipe plus conséquente lors d’un exercice catastrophe, les participants sont plus motivés s’ils ne doivent pas seulement s’imaginer les blessures dans la tête », explique la formatrice expérimentée, « lorsqu’elles sont imitées de façon à s’y tromper, ils prennent plus de plaisir et retiennent mieux la matière ».

Rayonnement international À Zurich, un musée présente une collection de moulages de réputation internationale. L’institution n’intéresse pas seulement les étudiants en médecine mais attire également environ 4000 visiteurs par an, dont beaucoup en provenance de l’étranger. « Ces pièces sont des reproductions de parties du corps atteintes de diverses pathologies, nous, samaritains 1/2022  7


POINT FORT L’ART DU MAQUILLAGE

maladies sexuellement transmissibles. Il devenait alors nécessaire de décrire avec le plus de détails possible les manifestations cutanées sous forme d’images et de reproductions.

Empreintes en plâtre et en silicone

Docteur Michael L. Geiges, conservateur du musée.

Susanne Angst, responsable du maquillage à Dübendorf.

confectionnées à partir de moules en plâtre ou en silicone. Les objets tridimensionnels, très détaillés et en taille réelle consistent en un mélange de cire et de résine », explique le docteur Michael Geiges. Le musée, sis à la Haldenbachstrasse 4 à Zurich, présente environ 600 exemplaires des plus de 2000 modèles que compte la collection. « Ils font partie des moulages les mieux conservés au monde », souligne le conservateur et directeur du musée avec fierté, en ajoutant que de nombreuses sections de samaritains viennent les admirer. « La qualité technique et artistique de ces reproductions surpasse toute représentation visuelle, même à l’ère du numérique. »

Illustrations en trois dimensions La collection zurichoise de moulages trouve son origine avec la création de la clinique de dermatologie. Elle fut ouverte en 1916. Le professeur de l’époque, spécialisé dans les maladies de la peau et sexuellement transmissibles, avait souhaité consacrer 3000 francs provenant du crédit d’équipement pour acheter du matériel permettant la fabrication de moulages avec pour justification, « les reproductions sont un moyen didactique important pour les cours ». En 1922, Bruno Bloch mettait par écrit qu’une clinique dermatologique sans sa propre collection de moulages, et sans disposer de moyens pour en confectionner à partir des cas qui se présentent chez elle, et qui revêtent un intérêt pratique ou théorique important, n’est pas complète. Les éruptions cutanées ont déjà été décrites il y a plus de 200 ans. « Mais elles n’étaient pas considérées comme des maladies de la peau », explique le conservateur. Ce n’est que vers la fin du XIXe siècle que la peau a été considérée comme un organe présentant des pathologies propres et qu’a émergé une discipline consacrée à la dermatologie et aux 8   nous, samaritains 1/2022

« Ainsi est née la médecine scientifique », souligne le docteur Geiges, conservateur du musée depuis 1999. « Bien que l’art de confectionner des moulages se soit presque perdu au fil des ans, nous sommes heureux de pouvoir conserver ces objets et d’être en mesure d’en fabriquer de nouveaux. » Lors du premier congrès international de dermatologie et de syphiligraphie à Paris en 1889, l’exposition de moulages avait connu un tel succès que de nombreuses cliniques constituèrent une collection. Ce fut également le cas à Zurich. « La plupart des

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« À l’aide de faux sang, de cire et d’autres artifices, les blessés sont préparés avant d’entrer en scène. »

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mouleurs ont développé leurs procédés personnels et leurs propres techniques en les gardant secrets comme les chefs étoilés leurs recettes. » Autrefois, les moules étaient fabriqués à partir d’empreintes en plâtre – aujourd’hui remplacé par du silicone – dans lesquels on coulait de la cire ou un mélange de cire et de résine. « Après leur durcissement, les modèles bruts étaient colorés et peints à la main. »

Précieux documents De cette façon sont nées des reproductions en trois dimensions et des images extrêmement réalistes. Mais les moulages n’étaient pas seulement utilisés comme moyens pédagogiques pendant les cours. Ils tenaient lieu de modèles pour l’impression de planches didactiques et de manuels, par exemple l’Atlas des maladies de la peau et des maladies vénériennes du Dr Jacobi ou encore pour sensibiliser la population et la mettre en garde. Après que les objets en cire de taille réelle sont presque tombés dans l’oubli au cours de la seconde moitié du XXe siècle et l’avènement de la photographie en couleur, ils sont aujourd’hui appréciés comme documents témoins de l’histoire médicale. Certains


Le Musée des moulages à Zurich présente des reproductions en trois dimensions de parties du corps atteintes de pathologies. Environ 600 pièces de la collection sont exposées. (Photo : UZH, Lindner)

illustrent des formes de maladies qui n’existent pratiquement plus aujourd’hui, par exemple la tuberculose cutanée, la variole ou des stades avancés de syphilis.

Maquillage en trois temps À Dübendorf, un jour de novembre, Susanne Angst aurait souhaité organiser un cours de maquillage pour débutants. Mais elle craignait l’adversité du coronavirus. « J’ai l’impression qu’en dépit de la règle ‹ vacciné, guéri, testé ›, les gens hésitent toujours à participer à des formations. » Elle aurait pourtant volontiers partagé ses connaissances. Le maquillage ne s’improvise pas et pendant le cours, les participants se seraient familiarisés avec les différents produits. Pâleur, visage en sueur, hématome, ongle arraché, plaie béante saignant abondamment ou fracture ouverte, tout peut être mis en scène pour les études de cas. « Dans un premier temps, il s’agit de préparer la peau, ensuite on modèle la plaie avant de la maquiller. »

s’amuse Susanna Angst. C’est par la pratique et en assistant Vreni Reh qui disposait d’un talent particulier qu’elle a ensuite fait ses armes. Le docteur Geiges aussi ne cache pas sa fascination pour les moulages. Il est très fier de la collection de son musée et des performances de son équipe. Depuis quelques années, le cours d’introduction en dermatologie et vénérologie de la Clinique universitaire de Zurich a lieu dans le Musée des moulages, explique son directeur en ajoutant : « Les collections ont toujours un rôle à jouer dans l’enseignement et la recherche. Les étudiants en médecine recourent fréquemment aux moulages pour préparer leurs examens. » Chez les samaritains, Susanne Angst s’engage pour transmettre son savoir-faire technique à la relève. En lui posant la question si son rêve de travailler pour la série Tatort se réalise un jour, elle répond avec des étoiles dans les yeux : « Qui sait, peut-être après cet article. »

Important pour la formation C’est par hasard que l’habitante de Dübendorf a rejoint le monde samaritain il y a une vingtaine d’années. « Cela fait un peu plus de dix ans que je suis responsable du maquillage. » Elle se souvient de son premier cours en la matière. « Le formateur de l’époque n’était pas tout à fait à la hauteur », nous, samaritains 1/2022  9


EN SAVOIR PLUS

Seule une plaie propre peut guérir Une petite plaie est vite arrivée : pendant le sport, à la maison ou au travail. Quelle est la meilleure façon de traiter ces blessures ? La doctoresse Sabine Heselhaus, chirurgienne, nous explique comment les prendre en charge. TEXTE : Paolo D’Avino PHOTOS : ldd Si seulement il n’y avait jamais d’accidents. Pourtant, un accident est vite arrivé, et on ne dispose pas toujours des connaissances nécessaires pour bien traiter une plaie. Que faire face à de telles blessures ? Sabine Heselhaus, chirurgienne spécialisée dans le traitement de plaies complexes, sait ce qu’il en est. La rédaction lui a demandé comment aborder les cas les plus fréquents. « Pour commencer, il faudrait toujours porter des gants lorsque l’on traite une plaie », explique la doctoresse. D’une part, en raison du risque important d’infection en cas de plaie ouverte et d’autre part, pour protéger la personne qui porte secours de toute contamination éventuelle par des virus tels que l’hépatite B ou le VIH. Dans son principe, la procédure est la même pour tout type de plaie, « nettoyer, désinfecter et couvrir d’un pansement stérile », souligne Sabine Heselhaus. Le traitement moderne des plaies tient compte du facteur suivant : une plaie guérit mieux et plus rapidement dans un milieu optimal, c’est-à-dire dans des conditions dans lesquelles elle n’est ni trop sèche, ni trop humide. Le pansement doit être adap-

té en fonction de l’évolution de la cicatrisation. Cependant, Sabine Heselhaus tient à rassurer : « Les plaies peuvent toujours être pansées à l’aide d’une gaze stérile imbibée de solution saline (sérum physiologique) comme auparavant. Mais dans ce cas, le pansement doit être changé tous les jours. Pour éviter qu’il sèche ou qu’il adhère à la plaie, on peut également appliquer un hydrogel sur la gaze. »

Écorchures Les écorchures se produisent le plus souvent lors d’une chute. Les genoux, la paume des mains, les coudes et le visage sont les plus exposés. La plupart du temps, ces blessures superficielles sont bénignes, « mais elles peuvent être très douloureuses », précise Sabine Heselhaus. Comment les traiter ? « Il faut nettoyer les écorchures de toute impureté. Pour cela, le mieux est d’utiliser des sérums physiologiques stériles ou des solutions antiseptiques et des compresses de gaze stériles. Les corps étrangers les plus volumineux, par exemple du gravier, peuvent être retirés à l’aide d’une pince ou à la main avec des gants. » Il ne faut rincer la blessure à l’eau cou-

La procédure est la même pour tout type de plaie : nettoyer, désinfecter et couvrir d’un pansement stérile.

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rante qu’en cas d’urgence et lorsque la plaie est très sale, car l’eau du robinet peut contenir des germes provenant de la tuyauterie et contaminer un peu plus la plaie. Il est donc important de toujours bien désinfecter une plaie après l’avoir nettoyée. Ensuite, on peut laisser les écorchures superficielles sécher à l’air libre. Il se forme une croûte qui protège la plaie et qui tombe généralement d’elle-même une fois la cicatrisation achevée. Les écorchures plus importantes, et surtout plus profondes doivent être recouvertes d’un pansement stérile non adhésif. Les gazes spéciales, imprégnées d’une pommade désinfectante, conviennent très bien.

Coupures, perforations Selon la profondeur des coupures ou des perforations, des structures telles que les vaisseaux sanguins, les nerfs ou les tendons peuvent également être atteintes et entraîner un saignement important. « Si une artère est touchée, des saignements pulsatiles surviennent. » En cas de saignement important, poser un pansement compressif et, en cas d’hémorragie

• « Pour commencer, il faudrait

toujours porter des gants lorsque l’on traite une plaie. »

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pulsatile, appeler l’ambulance. « Ces plaies doivent généralement être suturées. » Selon Sabine Heselhaus, les blessures provoquées par un couteau ou un autre objet tranchant sont délicates, car on ne sait jamais si des organes ont été touchés en profondeur. Ces blessures peuvent même s’avérer fatales ou évoluer vers de graves infections. « Les plaies profondes sont à recouvrir d’un pansement stérile, sans retirer le corps étranger, et il faut faire appel à un médecin. » Une coupure de la peau légèrement ouverte peut être refermée à l’aide de strips, les coupures plus importantes doivent être suturées dans les six heures.

Lacérations Un coup sec ou un choc violent peuvent lacérer la peau. « Ce type de blessures se produit de préférence là où la peau est en contact direct avec l’os, en particulier à la tête, au front, sur l’arcade sourcilière ou au coude », ajoute Sabine Heselhaus. Fréquemment, la lésion provoque un saignement important, en particulier au niveau du cuir chevelu. « Avant tout,

il faut arrêter l’hémorragie. Pour cela, il suffit en général d’appliquer fermement un pansement stérile, une gaze ou un tampon sur la plaie pendant plusieurs minutes. Parfois, la trousse de secours contient du coton hémostatique stérile que l’on peut poser directement sur la plaie et que l’on presse sur la blessure à l’aide d’une gaze. » Les blessures de ce type sont rarement dangereuses, sauf si le déroulement de l’accident et la violence du coup ont en plus entraîné une lésion au niveau des structures sousjacentes, par exemple des fractures osseuses ou une commotion cérébrale. Après désinfection, les petites lacérations peuvent être refermées à l’aide de strips et guérissent généralement bien.

Contusions Après un traumatisme provoqué par une chute ou l’impact d’un objet contondant, il peut se produire un épanchement de sang (hématome) en raison de lésions de tissus sous-cutanés. Il est également possible que de grandes quantités de sang se répandent dans les tissus sans qu’il y ait de gonflement notable au départ. La formation d’un hématome fluctuant de plus grande taille ou l’apparition d’un gonflement, par exemple sur le mollet, au niveau des loges musculaires, nécessitent parfois une intervention chirurgicale. Dans les extrémités, le gonflement ou l’hématome peuvent provoquer des troubles de la circulation, voire des paralysies dues à la pression exercée sur les vaisseaux sanguins ou les nerfs. Il est recommandé d’appliquer immédiatement des compresses froides ou des cold packs ainsi qu’éventuellement un léger bandage compressif. Le froid réduit les saignements et atténue la douleur.

NOTRE INTERLOCUTRICE La doctoresse Sabine Heselhaus travaille depuis 1999 en tant que chirurgienne. Elle s’est spécialisée dans le traitement de plaies complexes et chroniques. Depuis 2015, elle a son propre cabinet à Adligenswil (LU) et traite également des patients à domicile ou dans des établissements médico-sociaux. Cela nécessite une collaboration interdis­ciplinaire avec les médecins généralistes et spécialistes, les services de soins et d’aide à domicile, ainsi que d’autres professionnels de la santé tels que les podologues, les techniciens orthopédistes et les diététiciennes. Dans cette optique, elle a cofondé une association en 2015 dont elle est la présidente. Pour plus d’informations à ce sujet : www.wundnetzwerk.ch/www.komplexe-wunden.ch nous, samaritains 1/2022  11


AU CŒUR DU SUJET

« La stratégie est soutenue par une large base » Béatrice Stalder accompagne l’Alliance suisse des samaritains dans sa démarche de développement stratégique en tant que consultante externe. Une bonne année après l’approbation de la stratégie par l’Assemblée des délégués, elle fait le point sur les acquis et apporte un éclairage sur ce qui doit encore être fait. INTERVIEW : Matthias Zobrist | cli Madame Stalder, cela fait deux bonnes avant que tout soit fixé de années que vous accompagnez l’ASS façon définitive. dans le développement de sa stratégie. Comment cela s’est-il passé jusqu’à au- Des groupes très hétéjourd’hui ? rogènes se sont impliBéatrice Stalder : Nous avons démarré en été 2019 qués dans le développeet avons conçu la stratégie en l’espace d’un peu plus ment de la stratégie : des d’une année. Cela s’est fait en étroite collaboration collaborateurs du secrétaavec la base. La présidente centrale, Ingrid Oehen, riat, des membres du Comité avait donné des directives claires. Elle ne voulait central et des représenpas une approche théorique, mais une stratégie tants des associaformulée dans une langue que tout le monde com- tions et des secprend. Nous nous sommes donc lancés avec un tions. Un défi ? groupe très diversifié et avons travaillé par ateliers. Il faut aussi rappeler qu’en 2019, le secrétariat était en mauvaise posture comparé avec aujourd’hui. La collaboration ne fonctionnait pas toujours bien, l’ambiance n’était pas au beau fixe et son image auprès de tiers était parfois négative. Cela a beaucoup changé.

Comment obtient-on un si large soutien pour une stratégie aussi complète qui permet à chaque échelon d’avancer ? D’une part, il y avait un excellent groupe de travail composé de samaritaines et de samaritains provenant de plusieurs régions qui disposaient d’une très bonne connaissance de la base. Ensemble, nous avons procédé à une analyse critique et surtout, développé un projet. Il y a eu beaucoup de rétroactions avec le Comité central qui pilotait le tout. Le second élément important était que le projet a été rapidement soumis aux représentants des associations lors de conférences de présidents et de réunions spécifiques. La discussion était très ouverte 12   nous, samaritains 1/2022

L’écart entre les attentes, désirs et besoins des différents acteurs – du secrétariat jusqu’aux sections – était plus important que ce que j’ai connu avec d’autres institutions que j’ai pu accompagner précédemment. Pour ma part, cela a mis un piment particulier dans ce projet. Lors des séances, Ingrid Oehen et Peter Lack ont parfois émis des idées très visionnaires et la base y a réagi. C’était un magnifique aller et retour de propositions, réponses, objections, critiques et nouvelles propositions. Mon rôle était d’en extraire les éléments dont on pouvait dire qu’il s’agit d’un objectif stratégique que nous voulons poursuivre.

Où voyez-vous la principale force de la nouvelle stratégie ? Dans le fait qu’elle est soutenue par une large base et qu’elle va aider l’Alliance suisse des samaritains dans sa marche vers l’avenir. L’Alliance sait ce qu’elle veut et où elle veut aller. Les priorités sont claires : une bonne formation pour les samaritaines


et les samaritains, le volontariat et les cours pour entreprises qui doivent participer au financement de l’ensemble de l’organisation. Mais également un secrétariat allégé et réactif pour une organisation ramifiée, à la fois riche de tradition et faisant preuve du dynamisme nécessaire pour vivre avec son temps.

La stratégie a été officiellement adoptée en novembre 2020. Qu’est-ce qui s’est passé depuis ? L’équipe responsable de la réalisation des six projets stratégiques s’est organisée. La progression est variable. Le développement du domaine Business est le plus avancé, y compris la nouvelle offre de cours. Du côté du volontariat et de la jeunesse, des concepts existent et l’on sait où on veut aller. À ce sujet, le financement par la fondation humanitaire de la CRS est assuré depuis le mois de novembre 2021. Le projet le plus important entre tous est le développement de l’organisation. Il s’agit de dynamiser les structures et les processus. Sans développement de l’organisation, le futur n’est pas possible. Ici aussi, Ingrid Oehen a insisté pour que nous collaborions étroitement avec la base en incluant

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« Sans développement de l’organisation, le futur n’est pas possible. »

invitées à se rapprocher et à ne pas rivaliser. Ce processus doit se mettre en route de façon positive.

STRATÉGIE 2024

Où voyez-vous les plus importants obstacles ? Pour moi, le plus grand risque est que l’on ne parvienne pas à se mettre d’accord. Nous devons commencer à établir des standards identiques dans de nombreux domaines comme avec les cours pour entreprises : même programme, même prix, même procédure. Une présentation uniforme, une marque unique et un logo unique. Ce processus d’unification est important. Nous ne voulons perdre personne. Tous et toutes doivent se sentir intégrés dans l’organisation. C’est un objectif clé.

Y a-t-il des choses qui vous ont particulièrement marquée au cours des deux dernières années ? La première réunion d’échange du 23 novembre 2019 à Lucerne. Le groupe de travail a présenté la stratégie à la tribune. Puis les objectifs proposés ont été l’objet d’intenses discussions. La base a fait de nombreuses propositions et émis des critiques. Ensuite, la stratégie a été retravaillée en tenant compte des observations. Pour moi, cette étape a été décisive et m’a permis de comprendre comment les samaritains fonctionnent, comment ils discutent et la façon concrète et proche des réalités avec laquelle ils abordent les problèmes. C’était fantastique.

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tout le monde. Le secrétariat a beaucoup bougé. Il s’est préparé opérationnellement à la réalisation des objectifs et des mesures. Le recours aux ressources externes et l’offre de prestations ont été soumis à un examen critique. La numérisation du secrétariat a bien avancé, ce point mérite des éloges particuliers.

La consultante Quelles sont les étapes les plus impor- Béatrice Stalder est consultante en management indépendante depuis 1995. Elle s’est spécialisée tantes pour les prochains mois ? Les réunions de discussion d’Ingrid Oehen avec la base au sujet du développement de l’organisation sont essentielles. Nous voulons que tout le monde participe à la simplification des structures et des processus en imaginant de nouveaux modèles et en intensifiant la collaboration. Il faut aussi se poser la question de la création de secrétariats régionaux qui se chargeraient de la gestion administrative de façon efficace. Les associations cantonales sont

en développement stratégique et organisationnel et travaille pour de nombreuses organisations ainsi que des administrations à l’échelon de la Confédération, de cantons ou de communes. La spécialiste a étudié la psychologie du travail et des organisations ainsi que l’économie d’entreprise et dispose d’une longue expérience en formation d’adultes, coaching et promotion de la relève. Elle vit avec sa famille à Liebefeld Berne. nous, samaritains 1/2022  13


CHER PETER, Le mouvement permet de garder la forme, physique et mentale. Et lorsque l’on est en forme, on ne perd pas si vite son souffle. Pendant ta période à sa direction, l’Alliance suisse des samaritains (ASS) aussi est restée en mouvement. Il y a trois ans et demi, à peine avais-tu fait tes premiers pas chez nous, que nous devions ensemble redresser la barre et corriger le cap afin de sortir le navire ASS de la tourmente. Cela n’a pas été une mince affaire. Aujourd’hui, je peux dire que grâce à ton adresse et à une stratégie 2024 équilibrée, mise en place avec les associations, l’ASS a retrouvé des eaux plus calmes. Avec cette nouvelle stratégie, il s’agit de trouver un équilibre viable entre les associations cantonales, les sections de samaritains et l’association faîtière et de repositionner la marque samaritain. Dans les premiers temps, tu as surtout dû veiller à joindre les deux bouts pour les douze ou vingt-quatre mois à venir. Rien que cela était déjà très difficile et tu l’as mené à bien avec le Comité central, l’équipe du secrétariat, les sections et les associations. À ce moment, il était clair pour tout le monde que certaines choses ne pouvaient plus fonctionner comme avant. Les modifications envisagées ont suscité des discussions et des controverses, au sein même de l’Alliance ainsi qu’auprès de participants au cours, de la Confédération ou des partenaires du service sanitaire coordonné. Tu y as toujours fait face de manière souveraine et tu as su te montrer fiable lorsqu’il s’agissait de négocier. J’ai commencé quatre mois avant toi en tant que présidente centrale et je me souviens encore très bien de nos premiers entretiens. Il s’agissait alors de définir la voie à suivre et quelles devaient être les prochaines étapes pour sauver l’avenir de l’ASS. Cette période éprouvante a été plus que tur14   nous, samaritains 1/2022

bulente. Nous avions souvent l’impression de nous trouver dans un tunnel sans en apercevoir le bout. Sans ton infatigable engagement, sans ta capacité à tisser des réseaux et à en tirer parti et sans ta prudence, il n’est pas certain que nous ayons retrouvé une lueur d’espoir aujourd’hui encore. Nous assumons tous deux des responsabilités à différents niveaux de notre organisation. Toi en tant que directeur, moi en tant que présidente. Je suis convaincue que l’interaction avec l’autre et le regard critique du vis-à-vis sont tous deux nécessaires. Ce n’est qu’ainsi qu’une organisation peut avancer. Je suis heureuse d’avoir pu jouer le rôle de partenaire. En tant que lien entre le Comité central et la direction du secrétariat, tu as toujours été pour moi plus qu’un simple bâtisseur de ponts. À mon goût, le chemin parcouru ensemble a été beaucoup trop court. Mais aujourd’hui, tu as décidé de relever un nouveau défi. Ton prochain mouvement te conduit chez Caritas Suisse. Nous perdons ainsi – et je n’hésite pas à m’exprimer au nom de l’ensemble du Comité central – un directeur visionnaire, réfléchi et apprécié. Tu vas nous manquer. Bouger avec toi a été passionnant et enrichissant. Le Comité central te souhaite le meilleur dans ta nouvelle activité. Et pour finir, je t’adresse un vœu personnel : reste toujours en mouvement dans tes nouvelles fonctions !

Ingrid Oehen, présidente centrale ASS


STRATÉGIE 2024

Modernisation numérique Les systèmes informatiques de l’Alliance suisse des samaritains (ASS) ont vieilli et ne correspondent plus aux exigences du moment. Une modernisation complète est en cours afin que les samaritaines et les samaritains profitent pleinement des avantages du numérique. La stratégie 2024 de Samaritains Suisse pose pour objectif de s’appuyer sur la numérisation pour évoluer à tous les niveaux. Pour y parvenir, l’Alliance suisse des samaritains doit revoir ses systèmes de fond en comble. Par exemple, l’extranet qui permet à tous les samaritains actifs de trouver des informations au sujet des cours ou de la gestion associative n’a pas bougé depuis quinze ans. C’est pourquoi l’année dernière, l’ASS a procédé à une analyse complète des systèmes informatiques et des applications qu’elle utilise. Outre la mise à niveau, le but était aussi de réduire le nombre de systèmes, de les désenchevêtrer et d’accroître la convivialité pour tous les usagers. La rationalité économique a également été prise en compte.

Une solution sectorielle qui a fait ses preuves Le logiciel Tocco est au cœur de la transformation. Il est structuré autour de deux axes : la gestion associative et l’administration des cours et de la formation continue. Il couvre ainsi deux aspects essentiels des activités de l’Alliance suisse des samaritains, c’est pourquoi il est sorti gagnant lors de l’évaluation. Des processus qui, pour le moment, nécessitent le recours à des outils différents seront gérés d’un seul tenant à l’avenir. Ce sera plus efficace et limitera les interfaces. En plus, cette solution est flexible et peut être développée. Les associations cantonales et les sections de samaritains pourront aussi en bénéficier, il leur sera possible de gérer leurs bases de données dans un espace réservé. L’accès au monde informatique samaritain se fera à l’avenir via un nouveau portail intranet qui fait partie intégrante de Tocco. À l’image de l’extranet actuel, il s’agit d’une plate-forme d’information, mais nettement plus moderne et plus claire. Outre la publication d’informations, de nouveautés et

d’annonces de cours, la solution propose un autre avantage important : chaque association cantonale, chaque section et chaque samaritain disposera d’un accès spécifique pour procéder à des modifications et annoncer des cours ou pour téléverser et gérer qualifications et certifications. Grâce à la connexion directe avec Tocco, ces informations parviennent instantanément à la base de données centrales du secrétariat.

Du pain sur la planche en 2022 Jusqu’à ce que la transition soit achevée, il y a encore fort à faire. Bien sûr, les samaritaines et les samaritains ne seront pas abandonnés. Des formations et des instructions expliqueront les principales étapes et la logique des nouvelles applications. Ainsi, le coup d’envoi devrait pouvoir être donné en 2023. Nous nous réjouissons de cette nouvelle solution et nous impliquons dans ce projet avec enthousiasme. Une étape clé sera la formation de la vingtaine de milliers de samaritaines et de samaritains afin que le coup d’envoi puisse être donné au début de 2023. Pour y parvenir, nous devons pouvoir compter sur le soutien et la collaboration des samaritains sur le terrain. C’est pourquoi nous cherchons des personnes qui disposent d’affinités avec l’informatique et qui seraient prêtes à assister leurs collègues dans les sections afin qu’ils se familiarisent avec le nouvel environnement numérique.

Les personnes intéressées peuvent s’annoncer auprès de sonja.dombois@samariter.ch. Merci de préciser la mention Key user dans la rubrique « Objet » de votre courriel. nous, samaritains 1/2022  15


PANDÉMIE

Mission inédite pour les samaritains En dépit de multiples mesures de lutte contre la pandémie, le coronavirus SARS-CoV-2 continue d’infecter de nombreuses personnes avec, parfois, une issue fatale. C’est pourquoi dans les foyers et EMS, on continue de beaucoup tester. Mais comment acheminer les prélèvements dans les meilleurs délais jusqu’au laboratoire ? En Thurgovie, des samaritains se sont mis à disposition pour jouer les coursiers. TEXTE : Hans Suter (Thurgauer Zeitung) PHOTOS : ldd C’était le lundi matin 8 mars 2021 quand Susanne Henle s’est rendue pour la première fois à l’EMS Sulgen, au cœur du canton de Thurgovie, pour chercher des prélèvements et les acheminer au laboratoire de Tägerwilen. Après huit mois, à la fin octobre, elle avait parcouru 10 791 kilomètres entre divers sites de prélèvement et le laboratoire.

Susanne Henle est une des cinq personnes membres des samaritains qui se sont mises à disposition pour ce service de coursier. Elles le font à titre strictement bénévole, seuls les kilomètres parcourus sont indemnisés. Actuellement, 14 foyers et EMS et 22 entreprises sont visités régulièrement du lundi au vendredi pour chercher des prélèvements et les acheminer à Tägerwilen. « De mars à fin octobre 2021, 27 967 kilomètres ont été parcourus », déclare Hansjörg Steffen, membre du comité de l’association de samaritains de Thurgovie, « et on n’en voit pas le bout ».

Un service devenu indispensable « Pour de nombreux établissements, il n’est tout simplement pas possible de réaliser ces courses avec leurs propres collaborateurs », s’exclament Claudia Fichtner, secrétaire de Curaviva Thurgovie, et Hansjörg Steffen, responsable du marketing chez les samaritains. C’est la raison pour laquelle

À l’EMS de Sulgen, Matthias Beier, coresponsable des soins, prépare le conteneur avec les tests avant de le remettre à la samaritaine Susanne Henle qui l’apportera au laboratoire. (Photo : Donato Caspari)

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la branche thurgovienne de Curaviva, l’association sectorielle des EMS, a pris contact avec l’association cantonale des samaritains. « Une collaboration très fructueuse en est née », constatent avec satisfaction les représentants des deux organisations après plus de huit mois de pratique. Les coursiers bénévoles se rendent trois à cinq fois par semaine dans les différents établissements. « Les samaritains nous rendent un immense service », estime Claudia Fichtner. « Ils sont fiables et très rapides – c’est ce qui est le plus important. » Bien qu’elle ne connaisse pas le nombre de cas positifs détectés grâce à cette méthode, elle sait qu’il est primordial de pouvoir compter sur les samaritains.

Coordinatrice malade Tanýa Bauer se charge de la coordination des interventions. La collaboratrice du secrétariat des samaritains thurgoviens organise également les tournées. « Les chauffeurs décident eux-mêmes dans quel ordre ils se rendent auprès de divers établissements », précise la coordinatrice en confirmant les propos de Claudia Fichtner : « L’important est que les prélèvements parviennent en temps utile au laboratoire de Tägerwilen. » Ce dernier communique les résultats des tests par voie électronique aux divers établissements.

Claudia Fichtner, secrétaire générale de Curaviva Thurgovie.

Tanýa Bauer, association des samaritains thurgoviens.

Personnel testé régulièrement Selon Claudia Fichtner, s’il faut encore autant de tests, c’est parce que même vacciné on peut être porteur du virus. De janvier à mars, tous les pensionnaires qui le souhaitaient ont reçu le vaccin. Maintenant, il s’agit de rappels. Les pensionnaires ne sont testés que si quelqu’un tombe malade. En revanche, selon leur horaire de travail, les collaborateurs doivent se soumettre une à deux fois par semaine à un test, même s’ils sont vaccinés. Il s’agit de protéger les résidents, car la covid-19 ne naît pas dans les établissements, elle est importée de l’extérieur. Ce sont les collaborateurs et les visiteurs qui constituent les vecteurs de la maladie.

Étude sur la vaccination

Tanýa Bauer se charge de sa mission avec passion. Non seulement parce que de nouvelles demandes lui sont régulièrement adressées, mais également parce qu’au mois de juin de cette année, elle a attrapé une forme sévère de la covid-19 et a vécu de près les souffrances que peut provoquer le virus. Elle en a encore des séquelles. Mais comment estce arrivé ? À son étonnement, elle a été contaminée malgré l’application stricte des gestes barrières. Elle ne s’en est aperçue que par hasard. « J’avais mal au dos et j’ai consulté mon médecin de famille. Je n’avais aucun symptôme classique, mais le médecin a voulu faire le test et quand j’ai su que le résultat était positif, j’ai eu un choc ! »

Selon une étude du docteur Hans Groth, de mars 2020 à mars 2021, au total 1107 infections au SARS-CoV-2 ont été annoncées par les 51 EMS de Thurgovie. Au total, 237 (37,1 %) sur 639 personnes positives et une collaboratrice en sont décédées. Ces morts se rapportent à 24 établissements sur les 30 interrogés. Ce qui frappe est que la mortalité plus élevée de la deuxième vague a presque exclusivement concerné les résidents de plus 80 ans. Il convient en outre de relever que selon les déclarations des établissements, il ne s’est pas agi de personnes particulièrement vulnérables.

Elle n’aurait jamais pensé qu’elle pouvait tomber aussi sérieusement malade. « J’avais perdu toutes mes forces, je ne pouvais plus me lever sans aide, n’ai rien mangé pendant cinq jours et il fallait me forcer pour boire. » Elle a été en arrêt maladie pendant deux mois, puis à 50 % pendant les deux mois et demi suivants. Elle ne se sent toujours pas d’attaque à 100 %. « Face à deux volées de marches, il y en a encore une de trop aujourd’hui, le chemin de la récupération est long », nous confie-t-elle songeuse.

Au moment de l’étude, 81,7 % des résidents interrogés étaient vaccinés deux fois, aujourd’hui ce sont environ 90 %. Le taux de vaccination des collaboratrices et des collaborateurs était de 52,9 %, il a passé à environ 75 %. Marlene Schadegg n’admet pas le reproche que les collaborateurs rechignent à se faire vacciner. « Pourquoi ne reflèteraient-ils pas l’état d’esprit de la société ? », a-t-elle déclaré lors d’une récente présentation de l’étude en ajoutant, « mais le fait est que la vaccination a beaucoup aidé ».

Une large majorité vaccinée

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Les samaritaines et les samaritains travaillent main dans la main avec les professionnels, à l'instar de Karin Fischer.

Jusque tard dans la nuit Pour la troisième fois le 6 janvier, l’Hôpital cantonal de Lucerne a ouvert son centre de vaccination jusque tard dans la nuit pour permettre de se faire vacciner en dehors des heures de bureau. Des samaritaines et des samaritains étaient de la partie.

lons qu’un maximum de gens puissent accéder au vaccin sans complications ». Depuis une année, le centre de vaccination de l’hôpital est ouvert du lundi au samedi. Avec l’opération Late Night, une fenêtre supplémentaire est à disposition du public. Des samaritaines et des samaritains en font aussi partie.

TEXTE : Paolo D’Avino | cli PHOTOS : Hôpital cantonal Lucerne

Intégrés dans l’équipe

Avant de s’adresser à l’équipe, Ingrid Oehen, l’initiatrice et directrice du centre de vaccination de l’Hôpital cantonal de Lucerne jette un dernier coup d’œil sur la salle encore vide. Ensuite, elle adresse quelques mots d’encouragement aux personnes de service ce jeudi soir pour la troisième nuit de vaccination. Débutée à 18h, la Late Night s’achèvera bien après minuit.

Accès facilité La salle de gymnastique de l’ancienne école de soins infirmiers a été spécialement aménagée pour recevoir les candidats et candidates au vaccin. Outre les 460 personnes inscrites, Ingrid Oehen s’attend à voir arriver au moins 200 personnes supplémentaires ce soir. La forte fréquentation lors des deux autres nuits de vaccination semble indiquer que « nous répondons à un besoin. Nous vou18   nous, samaritains 1/2022

Karin Fischer vient de la section de Zell. Elle se charge de tâches administratives et enregistre les personnes qui se présentent. « C’est comme à l’aéro­ port », plaisante-t-elle. « Parmi les candidats au vaccin du soir, il y a beaucoup de gens qui sont réfractaires à une inscription via l’internet ou qui ne trouvent pas le temps de venir pendant la journée. » Il y a aussi de nombreux collaborateurs de l’hôpital. Karin Fischer explique le déroulement des opérations. Si les données personnelles correspondent à celles qui ont été enregistrées au HelpPoint près du bâtiment principal de l’hôpital, elle invite les personnes à se rendre dans les cabines. Elles y seront peut-être vaccinées par Sarah Doswald (section de Cham) ou Roger Kronenberg (section de Rickenbach). « Tous deux ont reçu une formation spéciale pour piquer les gens », explique Ingrid Oehen, en précisant que les samaritains embauchés dans l’équipe de vaccination doivent disposer du niveau IAS 2 et de la formation BLS-AEDSRC. « En cas d’urgence, les samaritains doivent pouvoir réagir de façon appropriée. »


PANDÉMIE

Mélange hétérogène Pour accomplir d’autres tâches, ces connaissances ne sont pas absolument nécessaires. Dans l’espace qui fait office de salle d’attente, on rencontre Lydia Flaviano (section d’Emmen) qui veille à éviter les embouteillages et dirige les gens vers les guichets libres alors qu’Urs Bischof (section d’Adligenswil Udligenswil) encadre les personnes fraîchement vaccinées. En tant que présidente centrale de l’Alliance suisse des samaritains, Ingrid Oehen est heureuse et fière qu’environ la moitié des huitante personnes qui animent le centre de vaccination soient des samaritains. Mais bien entendu, il faut L’objectif était d’augmenter le taux de vaccination. aussi du personnel médical qualifié. De nombreux soignants professionnels à la retraite ont été recrutés. En outre, Ingrid Oehen peut compter sur des paration des vaccins et à l’encadrement des percollaborateurs de l’hôpital. Par exemple l’infir- sonnes qui doivent encore patienter après la piqûre. mière Zamire Mazreku qui, outre se charger des Et bien sûr, il s’y ajoute des tâches en coulisses. urgences, donne un coup de main quand un conseil « Avec notre équipe, nous nous occupons également professionnel est requis. Il y a aussi Marco Rossi, de la hotline cantonale et de la plate-forme numémédecin-chef en infectiologie et hygiène hospita- rique sur laquelle les candidats au vaccin s’inslière, qui vaccine à tour de bras pendant la Late crivent », précise Ingrid Oehen. Night. Il ne tarit pas d’éloges sur l’équipe. « Ils font un excellent boulot. » Et quand il ne vaccine pas, il est à disposition pour des conseils et des renseigne- Équipe bien rodée ments. « L’opération Late Night a été instituée pour augmenter le taux de vaccination », souligne la présidente centrale. Il s’agit d’une approche inédite Polyvalence mais très bienvenue avec le variant Omicron parLes samaritaines et les samaritains travaillent avec ticulièrement contagieux. À l’hôpital, la vaccinales professionnels main dans la main. Ils sont là où tion se poursuit du lundi au samedi et l’évolution il faut et quand il le faut. En règle générale, le pro- de la pandémie décidera s’il faut une nuit supplécessus complet dure une vingtaine de minutes dé- mentaire. Rien n’est pas exclu. Peu avant minuit, taille Ingrid Oehen et les samaritains sont engagés le centre de vaccination se vide et de longues mien fonction de leurs capacités. Quatre tâches es- nutes plus tard, les collaborateurs et les collaborasentielles permettent de faire tourner le centre trices prennent congé. « Sans une équipe bien rode vaccination. Ce qui semble simple a priori exige dée, une telle mission ne pourrait pas être toutefois un savant équilibre. Depuis plus d’une accomplie », confie Ingrid Oehen avant de rentrer année, les samaritains sont à l’œuvre au tri à l’ac- chez elle. Elle jette un dernier coup d’œil sur la cueil, pendant la vaccination en cabine, à la pré- salle désormais vide, manifestement satisfaite.

Crédits relais

ASSISTANCE FINANCIÈRE POUR SECTIONS ET ASSOCIATIONS En 2021 aussi, la pandémie a grevé les finances des sections et des associations de samaritains. Moins de cours et moins de dispositifs médico-sanitaires signifient moins de recettes. Comme en 2020, la Croix-Rouge suisse a prévu des crédits relais pour les sections et les associations en posture financière

délicate. Selon les critères définis par le Conseil de la Croix-Rouge, des demandes à hauteur de 86000 francs ont pu être honorées. Ces versements généreux ont été possibles grâce au partenariat de longue date que la Croix-Rouge entretient avec les milieux économiques. nous, samaritains 1/2022  19


Stefan Künis, organisateur et président de l'ASSE, a ouvert le Symposium devant une salle comble.

Première réussie La manifestation de l’Association suisse des sanitaires d’entreprise (ASSE) et de pharmaciedentreprise.ch avait lieu pour la première fois. Les blessures oculaires, dorsales et dues à l’électricité et les premiers secours à apporter dans ces situations étaient au programme. TEXTE : Paolo D’Avino | cli PHOTOS : Jonas Weibel, ASSE Stefan Kühnis était joyeux, et pour cause. « Cela fait un bien fou de pouvoir à nouveau se présenter devant un public », explique le président de l’Association suisse des sanitaires d’entreprise (ASSE), d’autant plus que la manifestation affichait complet. Deux cent septante participants se sont rendus au KKL à Lucerne pour acquérir de nouvelles connaissances relatives aux premiers secours.

Audience tenue en haleine L’enthousiasme était palpable à la fin du symposium. Philipp Bosshard, invité spécial, a été ovationné par le public. En 2014, lors d’un accident 20   nous, samaritains 1/2022

du travail, il avait subi de graves brûlures qui lui ont coûté 88 % de sa peau. L’auditoire était comble et l’audience retenait son souffle en écoutant son récit. Il parla de sa longue souffrance, de sa guérison physique et mentale, de son entraînement pour l’Iron Man et de ses projets d’avenir. « De très nombreuses personnes m’ont soutenu et donné de la force au cours de mon long cheminement vers une vie normale. Ou plutôt, elles ont cru en mes forces. Cette expérience m’a transformé, peut-être plus que tout le reste », nous confie Philipp Bosshard. « Je veux montrer qu’il est possible de recommencer et que cela vaut la peine de repartir après un coup du sort. »


VIE MODERNE

Impressions

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VIE MODERNE

Sauver des vies Si des tiers n’étaient pas intervenus, Philipp Bosshard ne serait plus en vie. Ses propos mettent en évidence l’essence du secourisme. « Les premiers secours peuvent sauver des vies. Sans l’intervention de secouristes, une histoire comme celle qu’a vécue Philipp Bosshard n’existerait pas », Stefan Kühnis en est convaincu. Le symposium se concentrait sur les gestes à faire en cas de brûlures, de lésions aux yeux et au dos, et en cas d’électrisation. Trois orateurs et une oratrice ont abordé ces sujets en braquant les projecteurs sur les aspects importants pour les sanitaires d’entreprise, secouristes, ambulanciers et premiers intervenants. Il a été question de situations d’urgence moins rares qu’on ne le pense mais qui déstabilisent et suscitent souvent des craintes chez les premiers intervenants et les personnes touchées.

couristes. « C’est dans la nature de la chose. Une lésion irréversible de la colonne vertébrale a d’immenses répercussions pour les personnes concernées. Mais en dépit de tout le respect, les premiers secours appropriés sont d’autant plus importants », a souligné l’orateur qui cherchait à lever la peur des intervenants dans ces situations. Le courant électrique en revanche est invisible, silencieux, inodore et dangereux ! Ce qui est particulièrement sournois est que les lésions dues à une électrisation ne sont pas toujours immédiatement perceptibles. Cependant, l’équilibre électrolytique peut être perturbé et les impulsions cardiaques deviennent instables. Cela peut durer plusieurs heures. « Soudain, le cœur a des à-coups, une fibrillation s’installe ou les battements cessent tout simplement. » Anja Oehen a expliqué ce qu’il fallait faire après un accident électrique.

Urgences oculaires, lésions dorsales et électrisations

Brûlures : garder son calme

Le docteur Dietmar Thumm a pris la parole en premier pour parler des accidents oculaires. Il a expliqué qu’en Suisse, chaque année, on enregistrait environ 43 500 urgences de ce type. « Les bons gestes appliqués en connaissance de cause peuvent sauver la vue », a souligné l’ophtalmologue. Le docteur Michael Krapf aussi a fourni des chiffres dans son exposé. « De nombreuses lésions du dos irréparables sont attribuables à des accidents de la route », a relaté le spécialiste en ajoutant que ce type de blessures inspirait beaucoup de respect aux se-

Brûlures et échaudages comptent parmi les accidents domestiques les plus fréquents. Mais ils peuvent également survenir au travail ou en plein air. Pour les secouristes, la première règle est : garder son calme et ne pas se mettre en danger. Les mesures de premiers secours à mettre en œuvre pour favoriser la guérison dépendent du degré de brûlure. Le docteur Peter Steiger en a donné un aperçu. C’est après son exposé qu’il a invité l’invité spécial à monter sur scène – et l’auditoire a retenu son souffle.

RÉCOMPENSE ASSE La récompense ASSE 2019 a été remise à Manuela Greco, membre du comité de l’association des samaritains de Schaffhouse. En procédant à une réanimation sur un marché de sapins de Noël en 2019, elle a sauvé la vie d’un homme. En raison de la pandémie, la récompense ne lui a été remise que cette année. La récompense ASSE 2020 a honoré les sanitaires d’entreprise d’IBM Research Europe – Zurich qui sont parvenus lors d’une intervention exemplaire à préserver la vue d’une personne ayant subi un accident avec de la soude caustique. 22   nous, samaritains 1/2022


À VOUS DE JOUER

MOT CACHÉ

SUDOKU FACILE

MOYEN

Solutions en page 35 nous, samaritains 1/2022  23


SECTIONS ET ASSOCIATIONS

Samedi festif à Vaumarcus Enfin, les samaritains neuchâtelois se retrouvent pour leur journée cantonale 2020 reportée deux fois à cause du coronavirus. TEXTE et PHOTOS : Stéphane Ansermet Elle aurait dû se dérouler en novembre 2020 déjà. Organisée par la section de Milvignes – La Grande Béroche pour marquer les 110 ans de sa fondation à Colombier (NE) en 1910, elle a été reportée à deux reprises à cause de la situation sanitaire. Soixante samaritain(e)s neuchâtelois(e)s se sont retrouvés samedi 20 novembre 2021 après-midi, au Camp de Vaumarcus, pour une présentation de l’activité et du véhicule des First Responders de La Béroche, suivie d’une conférence du Dr Roland Grossen, ancien médecin de l’équipe nationale suisse de football, consacrée à la traumatologie du sport. Au cours de son exposé, le médecin a passé en revue, avec des images parlantes, les différentes blessures sportives et a fait part de ses recommandations et attentes vis-à-vis des samaritains. Alarmés par SMS en même temps que l’ambulance lors d’un appel au 144, les First Responders de La Béroche (Ouest du Littoral neuchâtelois) sont les premiers sur les lieux, en moyenne en six minutes depuis l’alarme – l’ambulance mettant 15 à 20 minutes depuis Neuchâtel. Leur rôle est, sur les lieux d’un malaise ou d’un accident, de sécuriser la zone, de récolter des informations et de prodiguer les premiers soins (CPR par exemple) avant l’arrivée de l’ambulance. Ils sont

Gilles Pizzotti présentant le matériel à disposition dans le véhicule d’intervention des First Responders de La Béroche.

ensuite à disposition des professionnels, si nécessaire. Ils interviennent 24 heures sur 24 et 365 jours par année depuis le hangar des pompiers de Saint-Aubin-Sauges, où est parqué leur véhicule d’intervention. L’équipe est formée de 18 secouristes volontaires non professionnels. Ils interviennent quelque 130 fois par année et sont actifs depuis treize ans. Ils sont financés, formés et contrôlés par le Service communal de la sécurité de Neuchâtel (ambulances). Dans le canton de Neuchâtel, de tels groupes existent aussi au Val-de-Travers et aux Ponts-de-Martel. Au cours de la partie officielle, la présidente cantonale, Stéphanie Lehmann, a eu le plaisir de remettre la médaille Henry-Dunant à quatre samaritains, Denis Croset et Christian Moreau, de la section du Locle, ainsi que David Mariller et Fabrice Chappuis, de la section de la CôteBoudry.

Trois des quatre samaritains honorés de la médaille Henry-Dunant, accompagnés de la présidente de l’Association cantonale, Stéphanie Lehmann, tout à gauche ; de gauche à droite, Christian Moreau, Denis Croset et Fabrice Chappuis (manque David Mariller, absent).

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Une soirée conviviale a clôturé la rencontre. Le repas fut agrémenté d’intermèdes d’improvisation théâtrale, vivement appréciés par l’assistance.


LES SAMARITAINS DE SION ÉCRIVENT UN CONTE DE NOËL ville de Sion sur un site de la protection civile. Dans les cercles samaritains du Valais romand, l’animosité entre secouristes Sédunois était devenue légendaire.

tion de samaritains des Sédunes. Il s’en est montré d’autant plus heureux que la ville apprécie les samaritains et compte fermement sur leur concours lors de nombreuses manifestations.

Heureusement, les mauvaises histoires aussi ont une fin et le samedi 4 décembre 2021, les sections de Sion et de Sion Deux collines ont voté leur dissolution et enterré les vestiges du passé afin de permettre une naissance.

Une bonne cinquantaine de samaritaines et de samaritains ont approuvé d’une seule voix la création et les statuts de leur nouvelle section et élu son comité. Estelle Vuignier, présidente de la désormais défunte section des Deux collines, leur a proposé « d’élire comme président Stéphane Witschard pour diriger la symphonie qui démarre ce soir ». Ainsi fut fait.

Avec plus de bonheur que Pendant de longues années, une ini- Frère Laurent, dont les plans en faveur mitié digne des Capulets et des Mon- de Juliette et de Roméo avaient été mis taigus régnait entre les deux sections en échec par une épidémie de peste, le de samaritains sédunoises. Une porte coronavirus n’a pas empêché Philippe solidement verrouillée, à ne surtout Varone, président de la Ville de Sion, pas franchir, séparait les locaux mis à de célébrer avec entrain l’assemblée la disposition des deux sociétés par la constituante de la belle et grande sec-

Un grand bravo aux artisans qui ont su renouer les liens et, grâce à un patient travail de rapprochement, panser les vieilles blessures et avoir l’audace d’envisager un avenir commun. Soigner les âmes est une tâche un peu plus compliquée que de poser un pansement compressif.

Entouré de Philippe Varone, président de la Ville de Sion, à gauche et Yvan Besse, président des samaritains du Valais romand, à droite, le comité de la section des Sédunes. De gauche à droite Nathalie Reichenbach, Stéphane Witschard, Estelle Vuignier, Luis Lopes, Carine Coppey, Yannick Aymon (manque Raphaelle Frank, absente).

GENÈVE, IMAGINER LES SAMARITAINS DE DEMAIN Ébranlée par une série de turbulences auxquelles la crise du coronavirus n’a rien arrangé, l’Association genevoise des sections de samaritains (AGSS) est en pleine reconstruction. Un groupe de travail dédié a reçu la mission de clarifier la vision et le rôle de l’association à moyen terme. En prenant appui sur la stratégie de l’ASS et les quatre piliers former, pérenniser, soutenir et sensibiliser qui portent la maison samaritaine, en un temps record, le groupe a développé pour chaque champ d’action une série d’objectifs qui doivent permettre à l’AGSS de se redéployer. Une journée de travail, ouverte à toutes et à tous, avait été convoquée le samedi 27 novembre. Les participants étaient invités à choisir les objectifs qu’ils estiment prioritaires et, pour les

plus importants, proposer un plan d’action selon la méthode « retour vers le futur ». Elle consiste à partir de la date supposée d’atteinte de l’objectif et à remonter dans le temps en se remémorant tout ce qui a été nécessaire pour parvenir au succès. Dans une ambiance animée et constructive, les personnes présentes ont retenu : former les cadres au leadership bienveillant, devenir leader des cours publics, recruter des personnes compétentes, favoriser la collaboration intersections, développer les liens avec les autorités cantonales en matière de santé, créer une commission communication et imaginer le cheminement pour la réalisation. Le programme est ambitieux et les délais sont brefs. L’AD 2022 est la date

Allant et esprit positif ont marqué les discussions des samaritains appelés à préparer le futur proche de leur association.

butoir communément définie. La balle est à nouveau dans le camp du groupe de travail appelé à proposer la suite. Heureux et satisfaits de l’implication de la quinzaine de personnes présentes, les organisateurs regrettent uniquement la faible mobilisation des samaritains genevois. nous, samaritains 1/2022  25


LE SERVICE DES VENTES RECOMMANDE

SÉCURITÉ DES SECOURISTES Urgence vitale ou bobologie, apporter les premiers secours est la mission première de tout service médico-sanitaire. Il ne faut cependant pas perdre de vue la sécurité des secouristes. Une tenue d’intervention appropriée y contribue. Le règlement sur les services médico-sanitaires est vaste et aborde des questions organisationnelles qui vont de l’infrastructure à l’indemnisation. Il contient aussi des prescriptions explicites au sujet de la tenue d’intervention et recommande les vêtements de sécurité de la boutique samaritaine. Ils correspondent aux normes EN ISO 20471. En outre, pour éviter les blessures provoquées par un faux pas, une glissade ou un piétinement, les chaussures devraient être robustes, fermées et tenir la cheville. Le label de qualité slip stop du Bureau de prévention des accidents constitue un bon point de repère.

Visibilité = sécurité Pour travailler en toute confiance, une tenue bien visible est importante. La norme de haute visibilité EN ISO 20471 répond aux critères les plus exigeants. Elle concerne plus spécifiquement les vêtements à porter dans des situations à haut risque.

Cela peut sembler un peu excessif pour les samaritains, par exemple en songeant à un tournoi de foot en salle. Mais les choses se présentent différemment si l’on est appelé à intervenir lors d’une course cycliste sur route ou de nuit sur une route principale pendant une fête villageoise. Pour savoir si les vêtements sont certifiés selon la norme EN ISO 20471, il suffit de vérifier s’ils sont munis d’un pictogramme représentant un gilet de sécurité avec des bandes horizontales et verticales.

Tenue reconnaissable La visibilité est une chose, mais les caractéristiques et la qualité des vêtements sont également essentielles pour la sécurité. Il faut s’y sentir à l’aise et pouvoir s’agenouiller sur un sol dur pendant plusieurs minutes auprès d’un patient sans que le pantalon soit complètement râpé. Et avec les bonnes chaussures, on posera le pied avec assurance quelle que soit la situation, par exemple s’il s’agit de transporter une personne sur une civière à travers un terrain accidenté. En plus des aspects sécuritaires, d’autres éléments sont à prendre en considération concernant la tenue d’intervention. Une tenue uniforme simplifie la vie aux personnes qui cherchent de l’aide. En outre, elle renforce la marque « samaritains ». Les femmes et les hommes qui sont équipés de vestes et de pantalons bleu et jaune, ornés d’un S et d’une croix rouges, seront du premier coup d’œil reconnus comme les secouristes compétents qu’ils sont. La page ci-contre fournit un aperçu du choix de vêtements proposé par la boutique samariter.shop. L’ensemble de l’assortiment est présenté sur le site web de la boutique et à Gerlafingen, il est possible d’essayer les habits et les chaussures dans un showroom.

Une tenue vestimentaire appropriée fait également partie du service sanitaire.

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UN APERÇU DE NOTRE ASSORTIMENT

NOUVEAU DANS L’ASSORTIMENT

Veste softshell femme La veste softshell est disponible en tailles XS à 4XL. Qualité du tissu et exécution sont identiques que pour le modèle homme. Les différences : • longueur des manches : 4 à 5 cm de moins • tour de taille : 2 à 6 cm de plus • longueur du dos : 5 à 6 cm de moins Le tableau de mesure exact est disponible sur samariter.shop

Chaussures de sécurité HAIX pour le service médico-sanitaire De bonnes chaussures sont essentielles pour aborder tout service médico-sanitaire. La boutique samariter.shop propose trois modèles de chaussures de sécurité de la marque HAIX.

HAIX Nevada Mid

HAIX Rescue One

HAIX Airpower XR1

Vous trouverez également les accessoires tels que chaussettes, produit d’entretien et aérosol pour l’imperméabilisation dans l'assortiment. Les samaritaines et les samaritains bénéficient d’un rabais sur tous les produits HAIX. Pour obtenir des informations détaillées sur les produits, les accessoires et les prix, tapez samariter.shop ou appelez le 032 566 71 71. nous, samaritains 1/2022  27


SSC

Coordination des services sanitaires à l’échelle nationale Bien que le Service sanitaire coordonné (SSC) fasse partie de l’état-major de l’armée, ses activités ne sont pas cantonnées à des tâches militaires. Il coordonne les ressources humaines, matérielles et en équipement des instances militaires et civiles responsables de la desserte sanitaire.

La pandémie de coronavirus l’a mis en évidence : il est parfois nécessaire d’échanger et de coordonner ses actions au-delà des frontières cantonales et organisationnelles. Dans ce contexte, le service sanitaire coordonné (SSC) joue un rôle clé. Sa mission : assurer les meilleurs soins possibles pour tous les patients, quelle que soit la situation. La pandémie qui se prolonge depuis environ deux ans représente un défi important, explique Peter Trachsel, chef du SSC : « Le SSC n’a de cesse de s’entraîner pour être prêt si une situation exigeant son intervention se présentait. Pour la première fois, l’équipe s’est vue confrontée à la réalité et a pris conscience que des gens allaient souffrir ou mourir si nous prenions de mauvaises décisions. »

•• Fournir des services Par exemple, le Système d’information et d’intervention (SII) fournit un aperçu des capacités hospitalières et des services de sauvetage ou une cartographie électronique d’une situation aux instances de conduite et d’engagement. •• Former Le SCC forme des spécialistes de diverses organisations sur des thèmes médicaux à l’occasion de manifestations, de cours spécifiques ou via du e-learning. •• Rassembler Consolider le réseau dans le domaine médico-sanitaire en prenant appui sur les structures cantonales est un autre objectif du SSC.

Vaste champ d’action

Liens avec les samaritains

Mais le SCC n’est pas uniquement actif en cas de crise. Ses compétences relèvent de quatre champs d’action. •• Planifier et coordonner Le SSC développe des plans et coordonne des projets. Il conçoit par exemple une plate-forme numérique pour améliorer l’efficacité des exercices sanitaires ou examine les plans catastrophe des hôpitaux et les affine.

Déjà avant la pandémie, le SSC entretenait des contacts réguliers avec la Croix-Rouge suisse (CRS) et ses organisations de sauvetage. La crise les a encore rapprochés. Le système de santé suisse outillé pour une situation normale atteignait ses limites. Des membres de l’armée, de la protection civile et du service civil ainsi que des samaritaines ont largement contribué à la lutte contre les effets du coronavirus. « Avec leur formation, les samaritaines et les samaritains constituent une réserve importante pouvant être engagée à divers niveaux : pour les soins de base dans les hôpitaux ou dans les EMS ou comme renfort dans des centres de vaccination », estime Stefan Trachsel. La collaboration entre le SSC et l’ASS sera renforcée en 2022. Un sous-projet dans la nouvelle stratégie y est consacré. L’objectif est de clarifier dans quelle mesure et avec quelles prestations les samaritaines et les samaritains pourraient à l’avenir contribuer à désamorcer la pénurie de personnel soignant. Ce sont surtout des tâches d’encadrement, des soins de base ou une aide ménagère qui sont envisagés. (ASS)

Un engagement typique en temps de pandémie : des samaritains dans un centre de test drive-in à Berne. (Photo : Remo Nägeli)

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CERTIFICATION

Label de qualité SRC Le 23 octobre 2021, le Swiss Resuscitation Council (SRC) a reconduit l’homologation de l’Alliance suisse des samaritains (ASS).

Que dit le label ? Le label de qualité SRC indique que la documentation et les qualifications des instructeurs d’une organisation qui propose des formations ont été examinées par le SRC et qu’elles ont été jugées conformes aux directives. Si d’aventure le SRC s’apercevait de lacunes quant au respect de ces directives, il demanderait des explications à l’institution formatrice en lui enjoignant de remédier aux défauts. Le cas échant, le SRC a le droit d’effectuer des visites sur place pour vérifier si ses recommandations ont été suivies. En cas de récidive, la BLS-Faculty décide quant à la marche à suivre et à l’éventuel retrait du label de qualité. Le nom des organisations qui ont perdu le label figure sur la page d’accueil du SRC.

Quels sont les formats de cours SRC ? Le SRC distingue les formats de cours ci-après depuis l’entrée en vigueur des directives 2010. 1. BLS-AED-SRC quick sans certificat de participation 2. BLS-AED-SRC compact formation de base à la réanimation = Basic Provider 3. BLS-AED-SRC complet approfondissement du savoir-faire et applications dans diverses situations = Generic Provider 4. BLS-AED-SRC instructeur formateurs = Generic Instructor

Quels cours ont subi des modifications ? 1. BLS-AED-SRC compact Participants : 1 moniteur pour 8 participants Âge minimum : 12 ans Matériel : 1 mannequin + 1 DAE pour 2-3 part., 1 masque d’insufflation par part. Remarque : mannequin avec feed-back sur les critères HPCPR Contenu : nouveau plan de déroulement avec position latérale de sécurité, séquence PowerPoint complétée avec instructions 2. BLS-AED-SRC complet Participants : 1 moniteur pour 8 participants Âge minimum : 12 ans Matériel : 1 mannequin + 1 DAE pour 2-3 part., 1 junior/nourrisson pour 8 part., 1 masque d’insufflation par part. Remarque : mannequin avec feed-back sur les critères HPCPR Contenu : plan de déroulement adapté pour 3 heures, suppression de la respiration agonale, séquence PowerPoint complétée avec instructions, cas « Réanimation par passant » supprimé 3. BLS-AED-SRC instructeur Âge minimum : 18 ans 4. BLS-AED-SRC complet refresher supprimé

Plate-forme didactique Les supports de formation ont été adaptés dans toutes les langues. Les nouvelles affiches sont disponibles sur l’extranet sous formation / cours / affiches. nous, samaritains 1/2022  29


LES PARTENAIRES ONT LA PAROLE

En sécurité dans la neige Progresser dans les étendues blanches et redécouvrir la nature font de plus en plus d’adeptes. De nombreuses régions touristiques proposent des chemins de randonnée hivernale et des itinéraires balisés pour raquettes à neige. Préparer soigneusement ses promenades dans la neige permet d’éviter les situations d’urgence. TEXTE et PHOTO : Rega Qu’il s’agisse d’une randonnée en raquettes à neige ou d’une balade hivernale, il faut planifier soigneusement sa course. Renseignez-vous sur les conditions sur place, évaluez vos capacités de manière réaliste et planifiez vos itinéraires en conséquence. Partez avec du matériel adéquat et, idéalement, un équipement d’urgence pour les accidents d’avalanche comprenant un détecteur de victimes d’avalanche (DVA), une sonde et une pelle.

Randonnée hivernale – Mode d’emploi Ce type de randonnée peut se pratiquer sur des sentiers balisés (panneaux indicateurs roses avec un pictogramme de randonneur), aménagés autant que possible loin des routes et, la plupart du temps, recouverts de neige. Si les chemins de randonnée hivernale demandent attention et prudence en raison de la neige et du risque de glissade, ils n’exigent pas de compétences particulières et ils ne sont techniquement pas plus difficiles qu’un chemin de randonnée pédestre signalisé en jaune.

Au cœur de la magie hivernale Vous préférez traverser les étendues blanches en raquettes ? Si vous avez peu l’habitude des randonnées en raquettes, l’idéal est d’emprunter les itinéraires balisés (panneaux indicateurs roses avec pictogramme de raquette) qui sont protégés contre les avalanches par les exploitants et, en général, sécurisés sur les passages délicats. Ces parcours ne sont pas aussi bien tassés que les chemins de randonnée hivernale : ils sont prévus pour la marche avec des raquettes. Si vous envisagez des tours hors des itinéraires sécurisés, veillez à évaluer correctement vos capacités techniques et votre condition physique. Avoir de l’expérience aide à estimer les risques, cela vaut notamment pour les dangers d’avalanche. 30   nous, samaritains 1/2022

N’hésitez pas en cas d’urgence : donner l’alerte à temps via l’application Rega ou le numéro d’urgence 1414.

Lorsque vous pratiquez les raquettes à neige, renseignez-vous sur les conditions du moment : consultez le bulletin d’avalanches (https://www.slf.ch) et informez-vous sur les conditions sur place.

Porter des chaussures et des vêtements adaptés Pour la randonnée hivernale ou en raquettes, il convient de se vêtir de façon adéquate. Choisissez des chaussures de montagne imperméables à semelle profilée qui assurent un bon maintien en plus de tenir vos pieds au sec. Adaptez votre tenue en fonction de la météo et prévoyez toujours une protection contre la pluie. Pensez également à emporter des cartes analogiques ou numériques (p. ex., carte de randonnée en papier) et assez de nourriture. Complétez votre équipement par une pharmacie de poche, une couverture de survie et votre téléphone portable.

Alerter la Rega Même avec la meilleure des préparations et une grande prudence sur le terrain, un accident ou un problème médical peuvent toujours survenir. Dans ce cas, n’hésitez pas à donner l’alerte avec l’application Rega ou en composant le 1414. Ne tardez pas à demander de l’aide en situation d’urgence, car le mauvais temps, l’obscurité ou une mauvaise visibilité sont susceptibles de retarder, voire d’empêcher le sauvetage.


Là grâce aux donateurs. Nos donateurs nous maintiennent dans les airs et nous permettent de venir en aide à plus de 11’000 personnes chaque année.

Devenir donateur : rega.ch/donateur


EXPOSITION

Premiers secours plus actuels que jamais À l’occasion du 125e anniversaire de la section de samaritains locale, une expo­ sition a lieu au Musée historique de la ville de Baden relatant les origines et l’histoire de l’idée du secourisme. Elle se tient du 28 janvier au 7 août 2022. TEXTE : Paolo D’Avino | cli Porter secours sans distinction, ainsi s’exprimait historique de la ville de Henry Dunant (1828-1910) dans ses souvenirs de Baden. En temps de la bataille de Solferino à la vue des grandes souf- pandémie, la notion de frances qu’il y avait rencontrées. Le Samaritain de « solidarité » est plus acl’Évangile de Luc qui a sauvé la vie d’un homme tuelle que jamais. « Les roué de coups par des bandits de grand chemin visiteurs auront le loisir avait aussi agi sans se poser la question de l’origine d’y réfléchir et d’approde la victime. Amour du prochain et compassion – fondir le sujet », détaille ces valeurs sont sous-jacentes à la parabole du bon la directrice. Chacune Samaritain et au principe voulu par Henry Dunant. et chacun est invité à se Elles sont à l’origine du mouvement de la Croix- confronter avec les réRouge auquel les sections de samaritains suisses cits du passé. appartiennent.

Humanité et amour du prochain

« Sur les traces de l’idée du secourisme ». Exposition au Musée historique de Baden, du 28 janvier au 7 août 2022.

En haute estime

Par le passé, l’entraide émanant de milieux ecÀ l’occasion du 125e anniversaire de la section de clésiaux jouait un rôle important et dès le départ, samaritains de Baden (AG), le Musée historique l’engagement des femmes était essentiel. Toutefois, local explore le poids sociétal des valeurs du secou- les expériences de la guerre, les avancées de l’inrisme dans le contexte du mouvement de la Croix- dustrialisation et de la médecine moderne ont enRouge, sur les plans national et international. traîné la sécularisation progressive des soins. Des « L’exposition rappelle l’histoire quelque peu tom- associations non confessionnelles de bénévoles, des bée dans l’oubli de l’esprit d’humanité, de la com- « sociétés des samaritains » se formèrent pour porpassion et de l’amour du prochain et pose la ques- ter secours de façon désintéressée à des personnes tion de l’avenir des valeurs du secourisme », en détresse. La fondation de la section de samariexplique Carol Nater Cartier, directrice du Musée tains de Baden en 1897 remonte à une époque où

Exercice de terrain, 1943. (Archives de la section de samaritains de Baden)

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Grippe espagnole 1918/19, soins aux malades. (Photo: ldd)


il n’y avait pas encore beaucoup de médecins. Les samaritaines et les samaritains étaient les seules personnes formées à même de donner les premiers secours dans les usines, sur les chantiers ou lors de grandes manifestations. Ils étaient tenus en haute estime et largement soutenus par la population, d’autres sociétés et les pharmacies.

Au fil du temps Au cours du temps, d’autres acteurs ont émergé. La médecine d’urgence et les soins préhospitaliers se sont développés et de nombreux prestataires, publics et privés, évoluent sur ce marché. Au cours des années 1980, l’Alliance suisse des samaritains est devenue membre corporatif de la Croix-Rouge suisse. Les premiers secours désintéressés sont toujours au cœur de sa mission. Les samaritaines et les samaritains obéissent aux principes de la

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« L’exposition rappelle l’histoire de l’esprit d’humanité et de la compassion et pose la question de l’avenir des valeurs du secourisme. »

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Croix-Rouge et portent secours indépendamment du rang de la personne, de sa nationalité, de son origine, de sa foi ou de ses convictions politiques. Seule la situation de détresse médicale est déterminante. L’engagement volontaire est une tradition en Suisse. L’histoire de la section de samaritains est exemplaire pour de nombreuses organisations d’entraide en Suisse qui fonctionnent selon le principe de milice. « Les personnes qui s’engagent à titre volontaire aujourd’hui ne sont plus nécessairement membres d’une société. De nouvelles formes de solidarité vécue prennent naissance, comme l’a montré la pandémie de coronavirus », estime Carol Nater Cartier. Le système de milice est en pleine transformation, mais l’idée du secourisme n’est pas dépassée, elle est intemporelle et universelle.

Source Dossier de l’exposition, Musée historique de Bâle, 2021 DEM SAMARITERGEDANKEN AUF DER SPUR 28 janvier au 7 août 2022 Informations : www.museum.baden.ch

QUESTIONS À SUSANNE FREI, PRÉSIDENTE DE LA SECTION DE BADEN La section de samaritains de Baden a 125 ans, en êtes-vous fière ? Oui, bien sûr, surtout en considérant tout ce qui s’est passé au cours de 125 ans, à l’échelle du monde, de la ville de Baden et de la petite section de samaritains qui était présente là où elle pouvait pour aider ses semblables. La Badenfahrt, grande fête populaire locale (cf. nous, samaritains 9/2017), d’importants services médico-sanitaires, l’encadrement de réfugiés, des dispensaires dans des quartiers décentrés ainsi que les efforts pour contrer des pandémies ne sont que quelques-uns des points évoqués. Nous sommes particulièrement fiers de la formation de dizaines de milliers de personnes du district de Baden aux gestes qui sauvent et aux premiers secours.

Où en est la section de Baden aujourd’hui ? Comme de nombreuses autres sociétés, nous souffrons d’un manque d’effectifs, bien que dans un passé récent, nous ayons accueilli des stagiaires et quelques nouveaux membres. Jusqu’à il y a peu, nous nous posions la question de la survie de la section. De concert avec les membres, le comité a pris des mesures et exploré de nouvelles voies afin de stabiliser notre section et qu’elle puisse continuer à proposer des services. L’anniversaire des 125 ans et l’exposition au Musée historique nous ont fourni la dose de motivation nécessaire et nous nous réjouissons de notre année de festivités et de la Badenfahrt 2023.

La visite de l’exposition intéressera sans doute de nombreux samaritains. Que recommandez-vous ? Il s’agit de l’idée du secourisme – porter secours à ceux qui en ont besoin. Le message est illustré en détail et en recourant à des moyens multimédias modernes, à la portée d’un vaste public. L’histoire du bon Samaritain et la pensée d’Henry Dunant sont présentées ainsi que des déclarations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de la Croix-Rouge et de l’Alliance suisse des samaritains. nous, samaritains 1/2022  33


JOURNÉE DES ANCIENS

Grandes retrouvailles

Pour Ingrid Oehen, présidente centrale, l’année touchant à sa fin a été bonne.

Une cinquantaine de samaritaines et de samaritains se sont retrouvés à l’occasion de la journée des anciens.

Au début de décembre 2021, l’Alliance suisse des samaritains avait invité les anciens. Une cinquantaine de samaritaines et de samaritains ont échangé informations et souvenirs. TEXTE et PHOTOS : Paolo D’Avino | cli Le discours de la présidente centrale, Ingrid Oehen, était un des moments forts de la réunion des anciens de l’Alliance suisse des samaritains (ASS). Non seulement elle s’est réjouie de pouvoir faire le point sur une bonne année, mais elle était heureuse de saluer personnellement les invités. « Enfin, car pendant les deux ans qui se sont écoulés depuis la dernière rencontre, il s’est passé beaucoup de choses et beaucoup de choses positives », a-t-elle souligné. « L’embarcation ASS a retrouvé des eaux plus calmes et plus sereines. » L’Assemblée des délégués 2020 a permis de poser la première pierre du développement futur du mouvement samaritain. « Un changement de direction a été amorcé qui nous sollicite à tous les niveaux », a expliqué la présidente. Elle s’est montrée très fière qu’au sein de l’Alliance des samaritains, on ait su trouver un langage commun. « Ce n’est qu’ensemble que l’avenir peut être construit et nous sommes parvenus à inclure les associations cantonales et les sections dans le processus de développement de la nouvelle stratégie. » 34   nous, samaritains 1/2022

Benjamin Kuoni a fourni un aperçu du concept de formation 2023.

En route vers 2024 C’est par la voix de Peter Lack, le directeur du secrétariat, que les anciens ont appris comment se passait la mise en pratique. Il a rejoint l’assemblée en ligne. « Nous sommes tiraillés entre des activités rémunérées et le monde non marchand du volontariat et du développement de l’organisation qu’il s’agit de concilier sous l’égide de l’ASS d’ici 2024 », a développé le directeur avant de conclure en remerciant tout le monde de tirer à la même corde, les volontaires et les collaborateurs du secrétariat. Quant à Benjamin Kuoni, il a fourni un aperçu du concept de formation 2023. Il a intéressé l’auditoire en décrivant comment il souhaite insérer la formation dans un système global, efficace et apte à affronter l’avenir. Il est convaincu qu’il est possible de fournir d’excellentes prestations à des prix conformes au marché, qu’il s’agisse de formation ou de services médico-sanitaires. « Mais nous n’y parviendrons que si nous appliquons systématiquement les règles de l’économie de marché. » Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de faire avancer l’idée samaritaine d’utilité publique et de financer les activités bénévoles. En dehors des explications et des discours, les invités ont eu le loisir d’échanger lors de l’apéritif et du repas au restaurant Aarhof à Olten. En effet, que serait une rencontre d’anciens si l’on ne pouvait pas aussi se parler du bon vieux temps.


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Lettres de lecteurs Rédaction nous, samaritains, case postale, 4601 Olten ; redaction@samaritains.ch Merci d’adresser vos missives par courrier électronique ou postal à l’adresse de la rédaction. La prochaine édition de nous, samaritains paraîtra le 11 mai 2022, la clôture rédactionnelle est fixée au 8 avril 2022.

NOUS SOMMES TOUT OUÏE Vous avez une idée originale pour un exercice, un projet de collaboration avec une autre institution ou vous organisez un événement qui sort de l’ordinaire ? Nous sommes tout ouïe. Nous relatons volontiers la vie des samaritains sur le terrain pour autant que nous soyons au courant. N’hésitez pas à nous contacter afin de partager vos préoccupations et vos succès avec tous les samaritains.

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