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Née en 1981 à Saint-Brieuc, Caroline Hinault est agrégée de Lettres modernes. Elle enseigne la littérature à Rennes où elle vit aujourd’hui. Son premier roman, Solak, a paru dans la collection Rouergue noir en 2021. Salué par la critique, il a reçu huit prix littéraires dont le prix Michel Lebrun 2021, le Trophée 813 du roman francophone 2022 et le prix Marie-Claire-Blais 2023. En 2022 a paru dans la collection la brune un récit : In carna, fragments de grossesse. Son deuxième roman, Traverser les forêts, paraît en 2024.
Le Fatum, un mystérieux virus qui s’attaque au langage et provoque l’aphasie, se répand dans la société. Les enseignants sont les premiers frappés. Pour les pouvoirs publics, il y a urgence à enrayer la progression de l’épidémie et à comprendre ce qui se joue à l’école.
Reverdy, fonctionnaire attaché au cabinet de la ministre de l’Éducation nationale, est envoyé en observation dans la classe de Monia Boukary, bouillonnante enseignante d’un lycée, berceau du patient zéro.
Dans ce texte éblouissant, plein d’humour et de panache, qui jongle avec toutes les ressources de l’écriture, passant de la prose à la poésie, du roman au théâtre, Caroline Hinault met au cœur de son intrigue la puissance protéiforme du langage. Dans quel monde vivrons-nous si nous ne possédons pas les mots pour le dire, l’imaginer et le comprendre ?
Comment se saisir soi-même et construire son rapport à l’autre sans langage ? Quels seront nos liens si nous cessons de tenir parole et détruisons le sens des mots ?
Sur ces enjeux brûlants, Caroline Hinault nous emporte avec jubilation dans un roman dont on sort plus éclairé et plus fort.


Ce qui se joue, Caroline Hinault
416 pages / 23 €
Un livre, c’est toujours une confluence, la rencontre de fleuves qui courent en nous depuis longtemps et qui, un jour, trouvent un estuaire. Une forme.
Revenons à la source.
J’enseigne le français depuis plus de vingt ans.
J’écris depuis au moins aussi longtemps.
Le langage est ma matière, doublement, passionnément.
Comme beaucoup aujourd’hui, je suis « sidérée » par la destruction dont il est l’objet : fake news, post-vérité, rhétoriques populistes, pulvérisation du sens, inversion des valeurs, instrumentalisation idéologique…
Le langage est malade (« empoisonné » écrirait Klemperer).
Dans ce roman, j’ai donc imaginé qu’il l’était littéralement et qu’un « virus » linguistique, le Fatum, s’abattait sur les enseignants, nécessitant la recherche d’antidotes et pourquoi pas, de contrerécits.
Quoi de mieux, pour mener à bien cette quête, qu’une salle de classe, laboratoire narratif, sociétal et haut lieu — certes très mal en point — de l’émancipation individuelle et collective ?
L’intrigue commence donc dans la salle de classe de Mme Boukary qui croit encore de toutes ses forces qu’à l’école, et notamment en cours de français, on est au cœur du réacteur poétique et politique (celui de la formation de sujets autonomes, d’esprits critiques, d’êtres humains aptes à changer la vie. Rien que ça.)
J’ai donc tenté de donner à voir des élèves et une prof là où, souvent, les représentations s’arrêtent, à savoir quand tout ce petit monde se met vraiment au travail.
Quand ça bosse. Sur des textes, des mots, du contenu, du vrai.
Quand ça lit, ça écrit, ça questionne le sens, l’interprétation, l’intention.
Quand ça dialogue, ça se marre, ça génère de la réflexion, des émotions, du débat.
J’ai voulu être là où ça vit, où le langage est une fête et où il faut sans cesse s’interroger sur d’où ça parle, comment ça parle, pourquoi ça parle.
Ce livre n’est donc pas, en tout cas pas uniquement, un livre sur l‘éducation (et les nombreuses problématiques auxquelles elle doit faire face) ni sur « les profs » : je l’ai plutôt pensé, vécu, écrit comme un hymne au langage depuis le langage, une célébration joyeuse de ses possibles, de ses effets, de sa réinvention permanente.
Il me semble en effet que la vie est tour à tour, et souvent concomitamment, poésie, théâtre, roman, fable, caricature, argumentation… J’ai donc eu envie de décloisonner les genres et formes littéraires, de jouer avec le langage pour mieux en approcher les enjeux ; j’ai ressenti la nécessité de dire mon amour de la littérature et de sa transmission, le génie des élèves, leur humour, leur verve mais aussi le plaisir et la difficulté mêlés de tisser un collectif là où l’altérité s’éprouve à chaque instant.
Écrire ce roman a été, d’une certaine façon, un moyen de sortir de la sidération, de lui opposer une résistance. Au langage pauvre, rigide, manichéen, infantile et dangereux des novlangues réactionnaires, ce texte cherche à opposer un langage incarné, vivant, complexe, qui interroge son propre fonctionnement, permette l’accès à la pensée et à la création, redevienne une matière qui nous lie et dont il faut prendre soin car il est le cœur de la démocratie et de notre humanité. »
Caroline Hinault, mars 2026
Vous savez, ça n’est pas parce que c’est une histoire que ça n’existe pas. Le truc, c’est d’en avoir conscience. L’imagination existe. Nos sentiments existent. Les liens humains existent.
Et je crois que cette histoire que je me raconte à propos de ce qui se joue dans une salle de classe existe. C’est fragile, certes, comme un scénario qui s’écrit au jour le jour et dont on ignore à chaque seconde quelle direction il va prendre. Je vois ça un peu comme s’obstiner à mettre des touches de lumière dans un monde outrenoir, à la Soulages. Alors c’est tout petit, c’est vulnérable, certes mais… oh et puis vous êtes comme tout le monde, M. Reverdy, vous aussi, vous vous racontez forcément des histoires ! »
Cequisejoue est non seulement l’un des immanquables de la rentrée littéraire 2026, mais aussi un texte particulièrement marquant et juste sur l’importance de l’éducation et du langage dans une société en crise et en perte de sens. Un grand roman.
SIMON, L’ASTROLABE
L’écriture est d’une grande créativité, mêlant et jouant avec les genres littéraires. c’est épatant […].
Jubilatoire, addictif, roboratif… Cequisejoue nous rappelle que la littérature, le langage, le partage et la transmission sont le coeur battant de nos existences.
VIRGINIE, LE FAILLER
[Je suis] intraitable sur les livres se passant dans les établissements scolaires, bien souvent ratés ou caricaturaux. Là, c’est impressionnant de justesse et d’observation […].
MÉLANIE, LA DROGUERIE
Caroline Hinault nous rappelle l’impact qu’un professeur peut avoir sur ses élèves à partir du moment où il les considère comme des personnes à part entière […].
VIRGINIE, LES BARONNES PERCHÉES
Cequisejoue tord le cou aux pensées les plus nauséabondes et replace la langue, l’expression sous toutes ses formes, la littérature et l’art en général au cœur de notre avenir.
Une véritable bouffée d’oxygène en ces temps tourmentés !
AMÉLIE, LA GRANDE ÉVASION
Un grand livre, engagé et nécessaire.
MURIELLE, UN FIL À LA PAGE
Sur la presqu’île de Solak, au nord du cercle polaire arctique, trois hommes cohabitent tant bien que mal. Grizzly est un scientifique idéaliste qui effectue des observations climatologiques ; Roq et Piotr sont deux militaires au passé trouble, en charge de la surveillance du territoire et de son drapeau. Une tension s’installe lorsqu’arrive la recrue, un jeune soldat énigmatique, hélitreuillé juste avant l’hiver arctique et sa grande nuit. Sa présence muette, menaçante, exacerbe la violence latente qui existait au sein du groupe. Quand la nuit polaire tombe pour plusieurs mois, il devient évident qu’un drame va se produire. Qui est véritablement la recrue ?
De quel côté frappera la tragédie ?

Sortie en mars 2024
192 pages
14 x 20,5 cm
20 €
ISBN : 978-2-8126-2559-6
Disponible en numérique

Sortie en mai 2021
128 pages 14 x 20,5 cm
16 €
ISBN : 978-2-8126-2186-4
Disponible en numérique

Trois femmes, une forêt aux confins de la Pologne. Un sanctuaire sauvage peuplé d’une grande faune disparue ailleurs. C’est là que vit Véra, journaliste biélorusse exilée depuis le printemps au milieu des arbres et des bêtes. C’est là qu’est revenue s’installer Nina, elle qui a rêvé que sa beauté lui ouvrirait les portes de l’Occident mais qui, remâchant ses illusions perdues, occupe avec son fils l’ancienne maison forestière de ses parents. C’est là, enfin, dans cette « zone rouge » où patrouillent désormais les militaires, qu’Alma tente de franchir la frontière. Sans qu’elles le sachent, la forêt va entremêler le destin de ces trois femmes. Mais comment traverser ce labyrinthe ?

Être enceinte. Raconter l’expérience particulière d’une incarnation aux sens multiples, mais aussi restituer les ambivalences et les différentes périodes de cette transformation, des premiers jours silencieux et secrets au climax de l’accouchement. Inventer un langage pour dire ce temps où le corps est singulier autant que pluriel. Où il est également l’enjeu d’innombrables tentatives d’appropriations –culturelles, sociales, religieuses, politiques.
En librairie le 19 août 2026
352 pages 12 x 18 cm 10 €
ISBN : 978-2-8126-2876-4
Disponible en numérique


Baptiste Travert n’en finit pas d’écrire un second roman. Il approche de la cinquantaine. Sa mère vient de mourir. Ses enfants entrent dans l’adolescence. Un jour de solitude il visionne Le Feu follet, film de Louis Malle dans lequel Maurice Ronet interprète un personnage inspiré de Jacques Rigaut. En même temps que renaît une obsession ancienne pour le dadaïste, Baptiste, en rupture avec sa famille, s’installe dans la maison de sa mère, à Tours.

Christophe Perruchas est né en 1972 à Nantes. Directeur de création, il a travaillé dans quelques grandes agences de publicité parisiennes. Il est l’auteur de trois romans publiés au Rouergue : Septgingembres (2020), Revenirfils (2021) et LaFabrique destimidités(2025).
23 €
14 x 20,5 cm
400 pages
978-2-8126-2882-5
EN LIBRAIRIE
LE 7 OCTOBRE 2026