



Myren Duval a bénéficié du soutien du Département de la Somme – Centre culturel départemental de Saint-Riquier.
Emma Constant a bénéficié du soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
L’éditeur tient à remercier le Centre national du livre pour son aide précieuse.
Graphisme de couverture : Aela Lebreton
Illustration de couverture : Emma Constant © Éditions du Rouergue, 2026

tant pis pour les fantômes
textes Myren Duval
illustrations Emma Constant

Pour mes parents, André et Dominique. Myren Duval




Timi
Elles sont peut-être à l’envers
Elles sont peut-être à l’envers mes baskets. Je n’ai pas eu le temps de regarder.
Titou a collé une gommette pour m’aider. Il a dit : « La chaussure avec l’autocollant, tu la portes du même côté que ta montre, OK ? C’est le côté droit, mais je ne sais pas pourquoi je te le dis puisque tu ne t’en souviendras pas. »
Je m’en souviens, gommette bleue, montre bleue, ça rime. Côté droit, ça ne rime pas. Ah oui, elles sont à l’envers, je touche au bout.
Il m’emmène voir maman, je suis trop content.
La montre, c’est lui qui me l’a donnée. Elle est bleue, je l’ai déjà dit, mais plusieurs bleus différents. Il y a un bonhomme au milieu avec un cheveu, un bras en l’air et une seule dent. En vrai je ne sais pas lire l’heure. Mais sur la mienne je sais. Là, il est une heure zéro quatre exactement. Il est toujours
une heure zéro quatre parce que les aiguilles restent au même endroit tout le temps. Elles ne sont pas cassées, elles n’aiment pas bouger c’est tout. Tu sais que c’est très fatigant d’être une aiguille ? Tu cours, tu tournes, tu cours, tu tournes, tu cours, tu attrapes le tournis, tu vomis, et tu continues, même dans le noir, et tu n’arrives jamais nulle part.





