

Sommaire
Préface p. 5
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Introduction p. 9
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Les papillons p. 13
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Les coléoptères p. 75
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Les abeilles p. 113
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Les guêpes
(et dans une moindre mesure, les fourmis) p. 197
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Les mouches p. 229
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Les inattendus p. 259
Les papillons
Polyommatus icarus
Aglais io
Aglais urticae
Vanessa atalanta
Polygonia c-album
Gonepteryx rhamni
Anthocharis cardamines
Leptidea sinapis
Lycaena phlaeas
Lycaena tityrus
Polyommatus icarus
Glaucopsyche alexis
Lysandra bellargus
Phengaris arion
Cacyreus marshalli
Vanessa cardui
Limenitis reducta
Argynnis paphia
Carcharodus alceae
Thymelicus sylvestris
Pararge aegeria
Melanargia galathea
Maniola jurtina
Pyronia tithonus
Lasiommata megera
Iphiclides podalirius
Papilio
Pieris brassicae
Colias crocea
Zygaena lonicerae
Euplagia quadripunctaria
Thyris fenestrella
Macroglossum stellatarum
Hemaris fuciformis
Mimas tiliae
Saturnia pyri
Catocala
Les coléoptères
Coccinella septempunctata
Tropinota hirta
Meligethes
Chrysolina americana
Tropinota
Oxythyrea funesta
Cetonia aurata
Cetonia aurata Choisya
ternata
Cerambyx scopolii
Clytus arietis
Anthaxia suzannae
Psilothrix viridicoerulea
Trichodes alvearius
Trichius
Oedemera nobilis
Opsilia coerulescens
Tropinota squalida
Gnorimus nobilis
Cryptocephalus
Hoplia coerulea
Stictoleptura cordigera
Leptura aurulenta
Rutpela maculata
Chlorophorus varius
Potosia cuprea
Adalia bipunctata
Tetraloniella dentata
Lithurgus chrysurus
Tetralonia malvae
Dasypoda hirtipes
Colletes hederae
Stenoria analis
Epeolus fallax
Les abeilles
Apis mellifera
Bombus terrestris
Andrena bicolor
Osmia cornuta
Apis mellifera
Anthophora plumipes
Xylocopa violacea
Andrena vaga
Nomada lathburiana
Andrena vaga
Andrena cineraria
Andrena fulva
Bombus pascuorum
Bombus terrestris
Xylocopa
Osmia bicornis
Andrena haemorrhoa
Anthophora crinipes
Misumena vatia
Melecta albifrons
Eucera
Andrena nigroaenea
Andrena nigroaenea
Halictidae
Osmia aurulenta
Osmia rufohirta
Andrena florea
Andrena curvungula
Andrena nigroaenea
Osmia caerulescens
Anthophora crinipes
Seladonia subaurata
Halictidae
Lasioglossum
Hylaeus punctulatissimus
Megachile argentata
Andrena hattorfiana
Anthidium septemspinosum
Anthidium manicatum
Stelis punctulatissima
Amegilla albigena
Thyreus ramosus
Amegilla
Thyreus
Halictus scabiosae
Les guêpes
(et dans une moindre
mesure, les fourmis)
Holopyga fervida fleur
Polistes dominula
Polistes
Eumenes coronatus
Chrysis
Bembix rostrata
Parnopes grandior
Ectemnius
Episyrphus balteatus
Philanthus triangulum
Hedychrum rutilans
Chrysididae
Holopyga fervida
Sceliphron caementarium
Sceliphron
Leucospis dorsigera
Megalodontes
Rhogogaster chlorosoma
Abia sericea
Abia nitens
Corynis obscura
Fourmi
Les mouches
Volucella bombylans
Epysirphus balteatus
Erystalis tenax
Bombylius
Ectophasia crassipennis
Empis nigritarsis
Neottia ovata
Merodon equestris
Eristalinus sepulchralis
Spilomyia saltuum
Volucella zonaria
Volucella pellucens
Volucella bombylans var. plumata
Volucella bombylans var. bombylans
Milesia crabroniformis
Tachina grossa
Gymnosoma
Trichopoda pictipennis
Colletes hederae
Sarcophaga haemorrhoa
Callicera spinolae
Les inattendus
Chrysope
Spilostethus pandurus
Miris striatus
Forficula auricularia
Tettigonia viridissima
Carrhotus xanthogramma
Trochulus
Introduction
Ce sont les premières petites bêtes rencontrées de l’enfance, celles qui ne font pas peur parce qu’elles font partie du jardin et qu’on les voit passer d’une fleur à l’autre en menues trajectoires nacrées ou en glissades clignotantes de grandes ailes colorées. Des émerveillements venus de loin, relancés chaque année dès les premiers beaux jours.
Encore faut-il s’accorder un temps de disponibilité curieuse, d’attention accrue pour commencer à apprécier le nombre, la diversité de ces existences butineuses. Et comme le jardin serait vide s’il ne contenait, en ses limites et plus largement, cette abondance d’agitation fébrile, toute vibrante de reflets lumineux et de sonorités subtiles auprès des inflorescences.
C’est qu’il s’agit là d’une véritable multitude d’espèces avec, pour chacune, son aspect composé de brillances, de couleurs incroyables, de taille, d’attitude, d’habitudes comme d’horaires et de préférences alimentaires sans oublier leur étrange double vie, d’adulte, bien sûr, mais aussi celle, presque toujours très différente et beaucoup plus secrète, de larve. Et donc aussi du grand mystère des métamorphoses.
Bien sûr, plus les fleurs sont visitées, mieux elles produiront fruits et graines, offrant au jardinier et à son entourage les meilleures récoltes possibles. Comme partout, plus les insectes, qu’ils soient pollinisateurs ou non, seront diversifiés et nombreux à œuvrer dans les plates-bandes, plus les équilibres seront stables, ajustés en permanence par des multitudes d’interactions presque toujours invisibles et donc souvent ignorées mais précises et fragiles. La moindre trace de biocide provoque ainsi un train de conséquences dont la seule résultante certaine est une soudaine perturbation qui, à moyen ou long terme, s’avérera contre-productive. On gagnera donc tous à réserver l’immédiateté des
réactions aux émerveillements et à l’observation plutôt qu’aux épandages de biocides et à leurs effets dévastateurs. Il convient aussi de se méfier de la tentation de « faire propre », une trompeuse façon de croire pouvoir tout simplifier et maîtriser qui mène assez sûrement à l’effet contraire tout en garantissant une perte de temps, voire d’argent, discutablement pertinente.
Le jardin peut alors devenir un havre accueillant pour tous les insectes qui trouveront manière à y séjourner plus ou moins durablement, possiblement s’y reproduire et même y passer leur vie larvaire jusqu’à la nymphose ou la chrysalidation. Nous verrons aussi comment retenir les butineurs de passage puisque la majorité de ce petit monde proviendra des environs proches, si ces alentours ne sont pas, malheureusement, trop malmenés et appauvris… Comme par la raréfaction des fleurs, il n’y a encore pas si longtemps abondantes et diversifiées autant dans les prairies sèches et rases des coteaux maigres où régnaient les orchidées sauvages ou l’anémone pulsatille et maintenant réduites à peau de chagrin (ou surpâturées) que dans celles, humides, des vallées et des confluences, aux opulences végétales foisonnantes aujourd’hui drainées et devenues d’immenses et tristes monocultures industriellement corrompues. Par toujours plus de molécules, de nouveautés délétères qui s’accumulent dans les sols, les eaux et se dispersent même par les airs. Une corruption que l’on voit soutenue par les fabricants de poisons, bien sûr, mais aussi par les tenants d’une agriculture qualifiée de « conventionnelle », les grands exploitants et leurs syndicats qui, sous couvert de progrès et de compétitivité ne trouvent rien à redire d’autre que de réclamer un peu moins de « contraintes », une liberté que ne rechignent pas à leur accorder nombre de personnalités politiques modérément compétentes mais étonnamment convaincues. Malgré la multitude d’études scientifiques irréfutables dénonçant depuis des décennies cet écocide généralisé et les cris d’alarme de ces mêmes scientifiques.
Mais la chimie n’est hélas pas la seule à l’œuvre, on y ajoutera l’arasement des talus, l’arrachage des haies, la « correction » du cours des rivières ou les gyrobroyages inutilement répétés et seulement rendus possibles par une mécanisation flatteuse, nourrie d’un pétrole encore accessible. Une soudaine revanche, moderne et brutale, l’emportait finalement sur des siècles et des siècles de contraintes durant lesquels la réflexion et l’économie de moyens composaient les paysages.
Voilà donc la diversité des insectes pollinisateurs, souvent spécialisés et bien moins mobiles que ce que l’on pourrait croire, brusquement confrontée à une misère florale artificielle et sans précédent, encore aggravée par le réchauffement climatique. On mesure alors mieux l’importance que peuvent avoir des jardins diversifiés, préservés qui, de proche en proche, forment un réseau de relais où chaque courtil prend des allures de sanctuaire où peuvent se réfugier pollinisateurs et autres rescapés, des petits pensionnaires que le jardinier saura accueillir et choyer autant que possible, c’est-à-dire, le plus souvent, en ne faisant rien de particulier si ce n’est observer en se régalant de cette poésie changeante, sensuelle et vivante.

Polyommatus icarus
Le « Petit Bleu » le plus commun du jardin
Les papillons
Ce sont ceux que l’œil découvre en premier et dont l’esprit s’étonne, dès le plus jeune âge et depuis certainement la nuit des temps. Des couleurs vives sur de grandes ailes de part et d’autre d’un corps tout fin, de gracieuses antennes, des pattes si discrètes qu’on les oublie et des habitudes absolument pacifiques. Un ensemble parfait pour passer élégamment d’une fleur à l’autre dans la lumière et la douceur des beaux jours. Nous avons là toutes les conditions réunies, dans une heureuse légèreté, pour aborder, sans appréhension aucune, le monde tout à fait merveilleux des butineurs des jardins et de leurs environs.
L’hiver est encore bien là et tandis que les jours rallongent à peine voilà qu’à la suite d’un radoucissement les premières fleurs de pissenlit constellent d’un jaune vif l’herbe humide et rase du jardin. Pour certains papillons qui patientaient immobiles, engourdis, les ailes refermées dans quelque arbre creux, grenier ou cave des alentours, c’en est assez pour se dégourdir les ailes et voleter dans la lumière pâle d’un premier soleil. Et découvrir la primeur de nouveaux nectars, ressentir une énergie neuve raviver les muscles de ses ailes tout en les inclinant pour capter au mieux la tiédeur solaire. C’est ainsi qu’apparaît en tout début d’année le tout à fait remarquable Paon-du-jour (Aglais io) affichant, sur un sublime fond de carmin velouté, ses grands ocelles marqués de bleu, cernés de sombre et soulignés de points blancs simulant un curieux double regard bien vivant, attentif et méfiant. Une livrée merveilleusement unique captant immédiatement l’attention des plus petits et qui renouvelle à chaque rencontre, d’année en année, une émotion qui lui est propre. Ce grand papillon, de la vivement colorée famille des Nymphalidae (que nous retrouverons sans tarder), est un territorial très attaché à son coin de jardin ce qui facilite son observation car, dérangé, il revient rapidement, d’un vol vif
et précis, se poser là où il se tenait, au bord d’un chemin ou au coin d’un banc. Mais s’il veut se faire discret, il lui suffit de refermer ses ailes et, instantanément, il n’est plus qu’un vague triangle d’ombre, un bout de feuille morte. C’est que le revers de ses ailes est un obscur mélange de noir satiné, irrégulièrement moiré de gris sombre le faisant se fondre et disparaître dans toutes les situations. Le jardinier avisé, aussi soucieux de ses tourtes et de ses soupes que de la sauvegarde de ce papillon – et de bien d’autres – saura préserver un carré d’orties où ses chenilles, sombres et grégaires, grignoteront de concert, jusqu’à leur chrysalidation, l’ultime métamorphose avant leur vie d’adulte.
Ce carré d’orties sera d’ailleurs indispensable aux chenilles de nombreuses autres espèces de papillons comme la Petite tortue (Aglais urticae) et le Vulcain (Vanessa atalanta), eux aussi membres des Nymphalidae et tous deux hibernant à la façon du Paon-de-jour. La Petite tortue connaît une large répartition puisqu’elle est présente de l’Europe à l’Extrême-Orient et, peu frileuse, peut être observée jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. Dans nos contrées ce papillon compte généralement deux générations annuelles et chacune des pontes est constituée d’environ 300 œufs. Les jeunes chenilles restent groupées durant près d’un mois – ce qui fait les affaires des oiseaux du jardin – avant que les rescapées se dispersent pour finir leur croissance et se nymphosent.
À la différence de l’espèce précédente, les chenilles du Vulcain (Vanessa atalanta, cf. p. 16) se développent solitairement et se protègent des regards et des appétits extérieurs en s’entourant de feuilles d’orties qu’elles grignotent alors, relativement bien à l’abri. C’est ainsi protégées qu’elles s’y chrysalident durant les deux à trois semaines nécessaires à leur métamorphose en adultes. Une astuce qui n’abuse qu’assez modérément certaines guêpes parasites spécialisées sachant fort bien les localiser pour y pondre leurs œufs d’où sortiront des larves qui, elles aussi protégées des tourments du monde, les dévoreront de l’intérieur. Une fois sa nymphose terminée, le Vulcain adulte affiche une livrée contrastée immédiatement reconnaissable et vole avec aisance – planés maîtrisés, accélérations soudaines et changements de direction abrupts – comme tous ceux de sa famille.
Des aptitudes aériennes et une tendance affirmée à la migration qui lui ont permis une large présence en Europe, en Afrique du Nord et plus ponctuellement

des

Fréquentes au jardin, les Petites tortues apprécient particulièrement les fleurs de nepeta
Aglais urticae
Aglais io
Un Paon-du-jour reprenant
forces au sortir de son hibernation

Vanessa atalanta
Un Vulcain profitant de la floraison printanière du romarin

Fermer les ailes et se reposer dans les indispensables bourraches du
Vulcain
jardin
au Gabon et au Kenya, mais aussi en Amérique du Nord et centrale, ainsi qu’à Hawaï ou en Asie, Indonésie et jusqu’au nord-est de l’Australie. Dans nos contrées l’espèce est facilement visible dès les premières tiédeurs printanières jusqu’aux derniers jours d’octobre. On peut aussi noter que le Vulcain est un des gourmets présents, vers la fin de l’été, sur les fruits blets ou très mûrs pour se goberger de leurs jus fermentés.
J’ajouterai que si le dessus de ses ailes est visible de loin, le revers de celles-ci lui offre, lorsqu’elles sont refermées, un très efficace camouflage en même temps que, pour l’œil attentif du jardinier, une aussi subtile qu’originale gamme de nébulosités étrangement sophistiquées. Comme, peut-être, l’écho des lointains horizons si longtemps fréquentés.
Lui aussi tributaire des orties au stade larvaire, également printanier et lui aussi membre de la famille des Nymphalidae, voici qu’arrive d’un vol rapide soutenu par des ailes curieusement découpées le Robert-le-Diable (Polygonia c-album, cf. p. 20). Le mâle, légèrement plus petit que Madame, est un territorial vigilant qui se précipite pour chasser tout autre potentiel concurrent de son espèce mais pas seulement, son sens de la propriété s’étendant à tous ceux de sa famille et même au-delà. D’aucuns certifient ainsi l’avoir vu harceler une feuille morte le temps de sa tournoyante dégringolade. Il est d’ailleurs possible que le jardinier fasse l’objet d’une brève et toute pacifique visite lors de leur première rencontre, ce papillon étant d’un naturel assez peu farouche. Les deux copropriétaires du jardin auront donc le loisir de se croiser au fil de la belle saison d’autant que le Robert-leDiable compte le plus souvent deux générations par an (les entomologistes qualifient l’espèce de bivoltine).
Un autre hibernant, un qui a passé les frimas caché dans la végétation persistante des lierres et des ronces ou bien, à la façon des Nymphalidae précédents, dans les – trop rares – cavités des vieux arbres ou dans les greniers, les cabanes de jardin mais qui est, lui, membre de la famille des Pieridae. Une famille modérément appréciée au potager pour quelques-uns de ses représentants dont les chenilles, il est vrai, ont une appétence prononcée pour certaines crucifères cultivées, nous y reviendrons. Mais qui compte aussi de remarquables espèces dont la présence au jardin enchante la pupille comme le Citron (Gonepteryx rhamni, cf. p. 21) qui, en plus de son allure unique, possède la plus étonnante longévité des papillons européens avec, en comptant les
semaines d’hibernation, onze à douze mois d’espérance de vie. Sa chenille se développe dans le feuillage des nerpruns et des bourdaines, deux arbustes fréquents dans les haies.
Et il y a cet autre Pieridae, un véritable printanier celui-là, un qui a passé tout l’hiver dans sa chrysalide et qui, en ces premiers jours de mars, vient d’en émerger, tout neuf pour s’empresser de découvrir, à peu de distance du sol et d’un vol rapide aux trajectoires imprévisibles, sa nouvelle condition et son environnement immédiat. C’est l’Aurore (Anthocharis cardamines, cf. p. 22) dont les mâles sont immédiatement reconnaissables à l’extrémité de leurs ailes antérieures marquées d’orange vif alors que celles de la femelle sont juste sobrement assombries. Le jardinier désireux de profiter à plein de la dynamique présence de l’Aurore pourra lui proposer quelques pieds de cardamine, sa plante éponyme, une habituée des sols humides et ensoleillés ou bien, par défaut mais tout de même très appréciée et fort décorative, de lunaire annuelle (ou monnaie-du-pape). Mais attention, le charme de l’Aurore est aussi de n’être visible que de mars à mai, en une seule génération…
Et encore aussi celui-là, la Piéride du lotier – ou de la moutarde, au choix –(Leptidea sinapis, cf. p. 22), un assez discret au vol plutôt nonchalant qui égaie tout en douceur les prés et les prairies lumineuses dès avril et jusqu’en plein été. Les adultes visitent toutes sortes de fleurs avec, peut-être, une préférence pour les légumineuses. Ils ne rechignent pas à compléter leurs rasades de nectar par des sels minéraux qu’ils pompent dans la boue ou bien, et ce ne sont pas les seuls papillons à le faire, sur les bouses ou les crottins (mais pas nécessairement au jardin).
Visible dès mars et parfois même avant, le Cuivré commun (Lycaena phlaeas, cf. p. 24) premier petit représentant de l’assez turbulente famille des Lycaenidae, trace ses courtes trajectoires clignotantes d’orange brillant en passant d’une fleur à l’autre ou surveillant son pré carré car le mâle est territorial. Cet habitué des jardins et des prairies dont les mâles et les femelles sont semblables peut compter jusqu’à quatre générations annuelles et voler encore aux premiers jours de novembre. La chenille du Cuivré commun grignote discrètement les oseilles sauvages (petite oseille et oseille des prés). Le jardinier, même prêt à partager, n’a donc pas grand-chose à craindre de son modeste appétit. C’est aussi elle qui passera l’hiver pour finir sa croissance après les frimas.

Les ailes curieusement découpées du Robert-le-Diable
Polygonia c-album