~\ BIBLIOTHÈQUE FRANCO PUBLIÉE PAR
J.
-
ITALIEHBE
13RV
GARIBALDI
G.
VIE ET
AVENTURES
— 1807-1X59 — PAU ALFRED
DELIAI
S
l
50
60 PARIS- 1859
CENTIMES
LÉGRIVAIN ET TOUBON
CENTIMES pour
,
LIBRAIRES, RUEGIT-LE-COEUR
,
la
province
10
) No
1
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GARIBALDI VIE ET
AVENTURES
i
Quoi qu'en disent les sceptiques et c'est-à-dire les gens fatigués de tout, d'eux-mêmes, Don Quichotte est
—
type de
l'Homme par
excellence.
—
plus que sa fortune, sa vie, Vouer sa fortune, plus que sa vie, son honneur, à la recherche de la Vérité, à la défense du Droit, à la protection du Faible, c'est, en effet, le plus noble but auquel une créature humaine puisse tendre. Au delà et en
— les railleurs,
—
et surtout
et restera
le
deçà
il
—
n'y a rien qui puisse intéresser le
cœur
et
GARIRALDI.
2 l'intellieence.
c'est-à-dire
du Dcvoùment,
C'est la grande loi
de l'Amour.
L'admiration des
hommes ne
fait
pas long feu.
Elle se fatigue à suivre, dans toutes leurs évolutions
chevaleresques et vagabondes rales qu'on appelle des Héros.
,
ces comètes
Et puis,
il
mo-
y a quel-
que chose d'humiliant pour les niais et pour les lâches dans cette persistance grandiose, dans celte obstination sublime
à suivre l'unique
sentier
du
Devoir par ces aventuriers de cœur, qu'on applaudit exagérément quand ils réussissent, et qu'on bafoue outrageusement quand
échouent. La couar-
ils
pardonne pas plus au courage, que le vice ne pardonne à la vertu. Dans tous les temps, et dans tous les pays, on a été offusqué d'entendre appeler dise ne
Aristide le Juste.
pour rien que j'ai comparé les Don Quichotte aux comètes morales. Ils sont aussi rares que ces phénomènes célestes. Il en apparaît deux ou
Ce
trois
n'est pas
par siècle
par pays,
et
on reste quelques
siècles
—
et quelquefois
même
avant de signaler l'appari-
tion d'un seul héros. Dieu ne jette pas ses coquilles
:
un avare d'une espèce unique. Quand il a fait pousser un héros, un grand citoyen, un grand législateur, un grand homme, dans un sol quelcon-
c'est
que,
ne veut pas prodiguer
il
qui lui a servi contraire,
très
la
composer; soigneusement le
h
matière précieuse
en ramasse, au
il
les
rognures, afin
d'en composer d'autres personnages, encore impor-
mariano,
un illustre coquin, un noble détrousseur de grands chemins. Il avait exagéré l'esprit militaire de l'Italie, renouvelé au xv e siècle, et, bien loin do le fonder sur le point d'honneur, sur l'amour de la patrie, il le fondait sur l'amour du brigandage, était
sur l'assouvissement de nier
cupidité. Depuis le der-
la
de ses soldats jusqu'à
leur chef, tout ce
lui,
monde-là
travaillait
pour appauvrir
rançonner
les riches,
pour
piller, les
outrager les femmes. Quand
chemins
n'allaient pas,
ils
pauvres
hommes
les affaires
et
et
pour
des grands
se rejetaient sur d'autres
honorables
affaires aussi
les
:
ils
comme
se louaient,
spadassins, aux grands seigneurs qui avaient des injures privées à venger, des querelles particulières
une armée composée de tous les brigands de la Toscane, de la Romagne, de la Marche et du Patrimoine de Saint-Pierre il fut pendu le 46 mars 1591, et ce ne fut que justice. à vider. Piccolomini avait
;
—
Quel rapport ce chef de bravi qu'on appelait Piccolomini
avec ce chef de braves qu'on ap-
a-t-il
pelle Garibaldi
— quand on
? Il
faut aimer les rapprochements,
n'a pas autre
chose à aimer,
ne faut pas pousser cela jusqu'à la
— mais
il
l'injustice et jusqu'à
calomnie.
Puisque vous étiez en train de anecdotiers de
pas
fait
la
des parallèles,
presse, pourquoi n'en avez-vous
un entre Garibaldi
ou jamais. Pour ma
faire
et
Roland
part, toutes les fois
? C'était le cas,
que
bonne
j'ai la
premiers. Ceux-
fortune et l'honneur de rencontrer dans l'histoire
monnaie de ceux-ci, comme les pièces d'or sont la monnaie d'un lingot, comme les gros sous sont la monnaie des pièces d'or. C'est avec les
ou dans la rue un de ces valeureux champions du Droit, un de ces héroïques soldats de la petite armée du Dévoûment, qu'on lapide à coups de railleries et pour les remercier, je à coups de calomnies,
tants,
mais beaucoup moins que
sont
là
grands
les
la
hommes
qu'on
fait la
et la fortune d'une époque.
richesse d'une nation
y a des pays très
Il
Mais
il
importe peu que
les niais et les
comme
aboyent au dévouement,
les
cela les offusque
pour eux
ni offusqué ni ir-
ce serait de fermer les yeux, et, ne pouvant
:
lutter avec l'héroïsme,
rayonne adorent
le soleil.
de
le laisser
Les taupes
les ténèbres, et
il
rayonner
comme
et les chauve-souris
paraît qu'il y a des
mes-taupes et des hommes-chauve-souris, il
:
y aurait cependant
et les irrite. Il
un moyen bien simple de n'être rité
envieux
chiens aboyent
à la lune. C'est trop loin et trop éclatant
3
m'incline respectueux et attendri.
qu'on
pauvres.
hom-
— comme
y a des hommes-tigres' et des hommes-lions. ai-je besoin de le dire? Giuseppe Garibaldi
—
—
—
—
le
Il
peut, pratiquer les grandes
faut,
âmes
autant et
com-
cela vous fait mercer avec les meilleurs cœurs qui a si grand besoin d'être pardonner à la Vie, pardonnée, à cause des vilenies et des lâchetés dont elle est pavée. Laissons, ô mes amis, laissons la foule patauger dans ses ornières fangeuses, si cela lui plaît, et marchons, nous, dans nos chemins épi:
—
neux mais ensoleillés. Nous savons bien ce qui est au bout. C'est pour cela que je veux faire aujourd'hui pour Giuseppe Garibaldi ce que Cléobis et Riton firent autrefois pour le char de leur mère je vais m'atte:
ler à sa
renommée.
appartient à ces derniers. C'est le chevalier d'aventures, le preux des vieilles légendes, le
Don Qui-
chotte du patriotisme. C'est à tort qu'on a essayé
II
un rapprochement
impossible et injurieux entre lui et quelques aventuriers célèbres,
lomini...
rone
Ce ne
et
Alphonse Picco-
Pourquoi pas avec Fra Diavolo
?
et
Gaspa-
Giuseppe Garibaldi est né le 4 juillet 1807, à Nice, dans le golfe de Gènes, à quelques lieues de Fréjus, où débarqua Ronaparte à son retour d'Egypte, et à
Fra Moreale, on le sait. Piccolomini quelques lieues de Monaco, l'ancien refuse des Lic'est-à-dire à l'endroit même où la guère mieux. Piccolomini, duc de Monte- [guriens,
qu'était
valait
— Fra Moreale
—
VIE ET AVENTURES. deux sœurs, semblent se confondre. N'est-ce pas là comme un jeu de la Destinée, qui a voulu faire de Garibaldi, patriote italien, un soldat de l'armée française dans la guerre du France
— surtout devant
vocation,
la
comme
la
vocation irrésisti-
que maniiestait le jeune Giuseppe. L'enfant qui devait être un jour un illustre général fut élevé au bord de la mer parmi les pécheurs ble
engloutis dans les abîmes insondables de
et l'Italie, ces
Piémont contre l'Autriche? Sa famille le destinait à quelque profession libérale. Mais son tempérament le destinait à l'action, et, dans tous les temps, la famille a dû plier devant celle
et les matelots,
—
c'est-à-dire au milieu de la po-
—
arrivait par
hasard de prendre terre, pour renouve-
ou faire raccommoder ses filets, il ne savait plus dire un seul mot qui appartint à la langue humaine il ne s'exprimait plus que par ler ses provisions,
:
monosyllabes, lents et pénibles
comme
ceux d'un Qui oserait
devenu muet, en effet. parler en face de Dieu? On apprend bien des choses dans ce commerce incessant avec le grand X. Les natures les plus rudes muet.
était
Il
parti-
y a les milieux dans lesquels se dévelop-
autre. L'abîme a des séductions irrésistibles, et ce
même
n'est pas
monde. En dehors des aptitudes
qui soit au il
,
'
mer. J'ai connu à Yport, sur les côtes de Normandie, ua pêcheur qui avait vécu si familièrement avec l'Océan, et pendant de si longues années, que lorsqu'il lui la
cadenassés s'ouvrent et s'épanouissent dans ce milieu qui ne ressemble à aucun
pulation la plus indépendante et la plus courageuse
culières,
3
—
et les esprits les plus
tères et les individualités. Cette robuste nature s'a-
pour rien qu'on se fait anachorète dans cette Thébaïde mouvante on trouve une volupté
moindrira et se détendra dans l'atmosphère d'un
acre à y vivre,
pent
et
comme
comptoir,
souvent se forment
carac-
les
sous une machine pneumatique
:
où tant d'autres trouvent la vie, elle trouvera la mort. Cette chétive nature, au contraire, transplanlà
tée est
violemment de la serre-chaude des villes, où elle née, dans la pleine terre et dans le plein air des
contrées alpestres, n'aura pas des sants pour
consommer
l'âpre nourriture
phère des forêts ou de
La nature
poumons
la
suffi-
de l'atmos-
mer.
:
Car l'on
un charme amer à y mourir. y meurt beaucoup dans cette contrée
sans bornes visibles, où, pour quelques chemins tracés et frayés, il y a mille routes semées d'écueils!
On y meurt beaucoup,
et rien
n'apprend que l'on y
meurt nulle borne, nulle croix, nul monument Le sillon d'une barque se fait sur le sillon d'une autre barque qui y a péri, corps et biens, et les marins qui vont sombrer n'en sont avertis qu'au mo ment où ils sombrent. :
!
•
avait organisé le jeune Giuseppe
pour
de périls qui est celle des mer comme on aime son ber-
cette vie de fatigues et
pêcheurs.
Il
— un
aimait la
berceau qui peut être d'un instant à l'autre votre tombe. C'est une lutte grandiose que ceau,
l'homme,
cette lutte de
— atome
— avec
« Oh! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines» Dans ce morne horizon se sont évanouis Combien ont disparu, dure et triste fortune! !
géantes qui jouent avec des navires
Dans une mer sans fond par une nuit sans lune; Sous l'aveugle Océan à jamais enfouis
comme
avec des coquilles de noix, et qui les brisent
Combien de patrons morts avec leurs équipages!
avec
même
L'ouragan de leur vie a pris toutes
ces vagues
la
facilité!
Quand
ou vingt
pleine mer, à quinze
lui-même
le
invisible,
pêcheur se
voit en
lieues des côtes, seul
avec Dieu, avec sa pensée et avec sa conscience, avec son esprit et avec son à seul avec
cœur,
et
commence seulement
il
à respirer et à vivre.
Plus personne! Plus de ces bruits hideux et discordants que font, en
hommes! les flots
s'
entrechoquant, les passions des
Plus rien que les bruits solennels que font
en se heurtant contre sa barque,
comprend mieux que langages du inonde, avec leurs mots men-
d'une sublime horreur tous les
rien des spectacles
le et
à
no voit plus
Il
honteux que sp donnent eux-
eux-mêmes
les civilisés,
—
plus rien que
majestueux spectacle des vagues tumultueuses blanches d'écume comme des troupeaux de dau-
phins en gaîté!...
On
vage d'un élément mystérieux comme pêcheurs rêvent en jetant leurs filets ;
l'infini. ils
Les
rêvent et
chantent des chansons monotones, modelées sur flots,
total
il
Nul ne saura leur
fin
flots
!
saisi l'esquif, l'autre les
s'est
matelots
chargée; !
Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues!
Vous roulez à travers
les
sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des éeueils inconnus. Oh! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rêve, Sont morts en attendant tous los jours sur la grève,
Ceux qui ne sont pas revenus
On
!
s'entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encor quelque temps vos noms d'ombre couverts Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures, Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures Tandis que vous dormez dans les goémons verts !
marins sombres dans les nuits noires? que vous savez de lugubres histoires flots Flots profonds, redoutés des mères à genoux Vous vous les racontez en montant les marées Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Où
sont-ils les
!
!
Que vous avez
le soir
quand vous venez vers nous!.
..
»
la
chanson mélancolique, qui resde soupirs, ceux des marins
—
pages,
dans l'abîme plongée.
Chaque vague en passant d'un butin L'une a
les
a tout dispersé sur les
!
ne parle pas en face de cette éloquence sau-
chanson des semble à un
Et d'un souffle
qu'il
teurs et leurs phrases hypocrites.
mêmes
— langage
1
Né dans une ville maritime,
sur un rocher,
comme
un goéland ami des vagues, avide d'espace, ambi-
GARIBALDÎ. tieux de liberté, Giuseppe Garibaldi
ne pouvait que
développer les qualités énergiques, les tendances aventureuses de son organisation peu commune. Enfant, il annonçait déjà ce qu'homme il serait, en
une ardeur, une
virilité
rieuse de Garibaldi? Faute de la lutte de l'indépen-
comme
des lâches et des méchants, tout
chez ces
grands enfants qu'on appelle des hommes, il faut bien qu'il y ait aussi des courageux et des bons, des vaillants et des dévoués. L'oiseau se devine à l'œuf.
Sancho Pança et Don Quichotte, jeunes, étaient exactement ce qu'ils devaient être, vieux. On peut changer de visage on ne change jamais de cœur. :
Giuseppe, fort et bon, fut donc, dès ces premières heures de la vie, du parti qui protège les victimes et qui châtie les bourreaux. Manin, le dictateur de Ve«
:
Toute
baldi ne le disait pas
injustice :
il
cier de la flotte.
sans exemple, protégeant
une
contre ses camarades forts. Car, puisqu'il y a déjà, dans ces petits hommes qu'on appelle des enfants,
nise, disait
la
fièvre,
travail
contre les grands, ses camarades faibles
les petits
que temps dans
Mais qu'était-ce que cette flotte tunisienne, et quel aliment pouvait-elle offrir à l'activité impé-
comme au
témoignant aux jeux
où il servit pendant quelmarine du Bey, en qualité d'offi-
Marseille et alla à Tunis,
le
me
regarde.
Gari-
»
prouvait. N'est-ce pas la
dance italienne,
—
but unique de sa
nom
au
battre,
l'unique objets de ses rêves,
—
vie,
des
il
le
au moins comidées, pour un autre
lui fallait
mêmes
pour Rio-Janeiro, et il y arriva précisément au moment où l'indépendance des provinces de l'Amérique du Sud était gravement compromise par la tyrannie de Rosas, le dictateur de Buenos-Ayres. La province de Rio-Grande-del-Sol s'était érigée en république Garibaldi alla à Montevideo et offrit son épée au gouvernement militaire de l'Uruguay. Son épée fut acceptée avec enthousiasme. Brave soldat et habile marin, c'était une précieuse recrue on lui confia le commandement en chef de l'escadre pays.
Il
partit bientôt
:
:
dirigée contre Buenos-Ayres.
même
chose? C'est un doux oreiller pour dormir son somme éternel, que cette conscience qu'on a d'avoir sauvé
la vie à
quelques-uns de ses semblables
IV !
Ici
commence sérieusement
la vie
aventureuse et
chevaleresque de Giuseppe Garibaldi. Le sol
III
foulait
pour
la
première
fois était
un
qu'il
étrange,
sol
qui ne ressemblait en rien au sol de l'ancien conti-
voué par lui-même au rude métier d'homme de mer, entra donc de bonne heure dans la marine sarde. En la capitale de l'ancienne 1834, il était à Gênes, au moment où la jeune république ligurienne, Garibaldi, élevé avec des pêcheurs, et
—
—
Italie levait le
part au
drapeau de l'indépendance
mouvement
insurrectionnel, et
fit
il
:
prit
ses pre-
nent. Sol volcanique, qui attend, pour se défricher, les
migrations des
rir
de faim dans
corondaïs;
hommes
la vieille
qui se plaignent de
Europe
pampas immenses,
gauchos espagnols et par des tribus indigènes; fleuves géants; torrents impétueux; rivières à lit de
mouvement, trop hâté, eut un fâcheux aboutissement. La police fit de nombreuses arresta-
montagnes arides
tions, et
—
comme
Garibaldi
n'aimait pas la cage,
dans Il
il
— en
sa qualité d'aigle
dut chercher
la liberté
la fuite.
partit à pied, ce chevalier-errant
de l'Indépen-
dance italienne. Mais, tout naturellement, au lieu de suivre la large et belle route qui va de Gênes à Turin et de Turin à Pignerol, il prit le chemin des
montagnes, longea
Apennins
les
ma-
et les Alpes
ritimes, et arriva à Nice, sa ville natale,
où
il
resta
caché pendant deux jours chez un sien ami. Au bout de ces deux jours, M. Geaume lui procura les habits d'un de ses fermiers et ribaldi était
en France,
excellence. L'exil lui pesait,
—
—
la
passer le Var
Gaterre hospitalière par
lui fit
:
Il
quitta
deux ans de séjour, pendant lesquels il s'était perfectionné dans l'étude des mathématiques, et pendant lesquels aussi il avait trouvé moyen de sauver un jeune homme qui se noyait. Il quitta
Marseille après
sol vierge
comme des
comme
déserts
!
des oasis;
Sol puissant,
!
Avant de se battre en guérillero, en chef de partisans, en aventurier de terre, Giuseppe Garibaldi dut se battre en chef d'escadre, en aventurier de mer. L'Uruguay est un des plus grands fleuves de l'Amérique méridionale. Il prend sa source sur le revers occidental des montagnes de Sainte-Catherine, dans la province de San-Paulo, au Brésil. Il parcourt, en décrivant un immense quart de cercle, plus de
700 milles géographiques de 60 au degré.
A
partir
de sa source, en suivant son cours d'orient en occident, il traverse d'abord une étendue de 250 milles que couvre presqu'en entier une vaste forêt de palmiers corondaïs
et aussi l'inaction.
de palmiers
plées de bisons et de buffalos, et habitées par des
caHloux dorés; vallées fleuries
le
forêts
plaines infinies peu-
mières armes de patriote.
Mais
;
mou-
crit
;
puis
il
continue vers
de nombreuses sinuosités, reçoit
le
midi, dé-
les
eaux de
plusieurs torrents et de plusieurs rivières considé-
déboucher en face de Buenosfond du large chenal du Rio de la
rables, et vient enfin
Ayres, dans le Plata.
VIE ET AVENTURES. Montevideo, guay,
— formée
province de
do
la capitale
la
république de l'Uru-
la
du démembrement de l'ancienne est situé sur la Bande Orientale,
portante capture, forcément remise au lendemain matin.
—
rive septentrionale
de
Plata, à quarante lieues
la
de l'Uruguay, qui sert de limites
de l'embouchure
naturelles à cet Etat indépendant, en le
séparant des
C'en était
fait
Pendant
froid.
de Garibaldi sans son intrépide
la nuit, le
brave
Italien, aidé
sa ng-
de ses
douze hommes, tire son bateau à terre, traverse un cap et va remettre l'embarcation à la mer de l'autre
provinces d'Entre-Rios, de Corrientes et des Missions, qui font partie de la République Argentine.
côté, afin d'attaquer la goélette à revers. Surpris
Ce fut donc à l'embouchure de l'Uruguay, en face de Buenos-Ayres, que vint prendre position l'escadre
à
montevidéenne commandée par Garibaldi. Ce dernier fit là des prodiges de courage
courte résistance, et Garibaldi rentre triomphant
science. Mais l'intervention anglo-française,
chassa les Argentins de
la Plata,
— mit
de
et
—
qui
un terme
aux fonctions de Garibaldi. Il quitta alors le pont de son navire, pour prendre le mousquet du tirailleur. Il avait inquiété Rosas à la tête de son escadre ; il l'inquiéta bien
lienne,
davantage à
de sa légion
la tête
composée d'hommes hardis
ita-
Pendant quelques années, ce corps franc, exclusivement italien, fit la guerre de partisans, harcelant l'ennemi au moment où il s'y attendait le moins, lui échappant au moment où il comptait le plus
comme les Parthes, héros vrais. Ah les
ùrant en fuyant
lui,
mourant en souriant comme
les
!
soldats de Rosas passèrent bien des nuits blanches et virent bien des
leur sang
!
Ils
journées rouges,
— rouges
de
nombreux, pourtant, et touphalange de vaillants hommes se
étaient
jours cette petite
trouvait debout, à peine diminuée.' Lutte héroïque,
digne d'un autre temps,
et
dont
le
souvenir est resté
fidèlement gravé dans tous les esprits et dans tous les
cœurs, à Montevideo. «
Ce
n'est
endormi de
,
c'est
un diable
!
»
—
monte
prisonnier après une
la goélette est fait
sur le navire
même
qui devait s'emparer de sa per-
sonne. Voilà l'homme! Plus tard, à anglo-française,
tervention
combat acharné dans
la
de
la suite
l'in-
Garibaldi soutient un
rivière
de l'Uruguay, dé-
met
barque ses blessés
et ses morts, puis
flotte, afin qu'elle
ne tombe pas au pouvoir de
le feu à sa l'a-
miral Brow...
mieux? roman de Feni-
Surcouf,
le glorieux corsaire, fit— il
Vous rappelez-vous l'intéressant more Coopcr, qui porte pour titre le Pilote? C'est l'histoire mélancolique et émouvante du fameux Paul Jones, que l'Amérique opposa avec tant de succès à l'Angleterre.
Eh
bien
ne trouvez-vous pas
!
une singulière ressemblance entre Surcouf, Paul Jones, Raousset-Boulbon et Giuseppe Garibaldi? dit L'influence de Garibaldi sur ses troupes a quelque chose de merencore son biographe
—
—
veilleux.
Sa
sa
taille,
force herculéenne, sa belle
tête énergique et expressive, tout, jusqu'à son pit-
toresque costume, contribue à augmenter tige
cents Il
homme
pas un
au
l'abordage et envahit le navire, l'équipage à moitié
et déterminés
comme lui.
s'emparer de
milieu de l'obscurité par une troupe qui
qu'il
exerce.
hommes par
A
Salta,
il
trois mille
est
le
pres-
cerné avec trois
ennemis. Que
fait-il?
essuie leur feu sans bouger, les laisse arriver à
bout portant, puis
il
s'élance sur eux à la baïonnette
du pays, à ce que raconte un de ses historiens. La superstition s'en était mêlée. On l'avait vu dans maintes ren-
met en déroute. Le gouvernement de Montevidéo décréta ce jour-là que la légion italienne avait bion mérité du pays, et qu'elle aurait la droite,
contres se jeter avec ses troupes au fort de la mêlée,
même
disaient de Garibaldi les naturels
puis sortir sain et sauf,
—
et toujours victorieux,
de ces engagements terribles, corps à corps.
Il
n'en
fallait
où
—
pas tant pour persuader
Un
surplus jusqu'où
allait
fait,
entre autres, montre au
l'audace
de cet
homme
extraordinaire.
Un
jour que, monté dans un petit bateau de pêche
avec les troupes indigènes, dans toutes les
rencontres.
Involontairement, en lisant cette belle vie toute
l'on combattait
que Garibaldi était invulnérable. Aussi, dans toute l'Amérique du Sud, son nom seul excitait la terreur de ses adversaires.
et les
comparaisons vous plume. Tout à l'heure, à propos de
fleurie d'héroïques actions, les
poussent sous la
la
prise de la goélette de Rosas par Garibaldi et ses
douze compagnons, nous songions à Surcouf, à Paul Jones et au comte Raousset-Boulbon à présent, voilà que nous songeons à ce Waterloo de Charlernagne qui s'appelle la bataille de Roncevaux, où le ;
naissance dans les eaux de l'escadre ennemie, le
valeureux Roland, avec vingt mille hommes, tint si longtemps tête à une armée de deux cent mille
brouillard, qui avait protégé son entreprise hardie,
Sarrasins. Garibaldi, n'est-ce pas encore Roland, le
se dissipa tout-à-coup et laissa Garibaldi pour ainsi
preux des preux
avec douze matelots,
il
venait d'opérer
une recon-
dire enveloppé au milieu de ses adversaires. Poursuivi
de très près par une goélette armée de
canons,
il
va se réfugier le soir dans une anse. La
goélette lui ferme
la sortie
de cette retraite
l'ancre à deux portées de fusil de
Tout
le
six
monde,
la Irêle
et jette
embarcation.
à bord, comptait déjà sur cette
im-
?
Puisqu'on aimait les rapprochements,
ce sont
ceux-là qu'on aurait dû faire, au lieu d'aller chercher
lesFra Moreale,
les Piccolomini, les
Gasparone,
les
Fra Diavolo, pour les comparer à Garibaldi. Les Montevidéens garderont longtemps le souvenir de
Garibaldi et de ses vaillants
compagnons
GARIBALDI.
—
et d'armes, a cause de leur admirable bravoure, aussi à cause d'autre chose, non moins rare et non
moins admirable Ni Garibaldi
hommes ne
ni ses
la
italiens
la
noms,
voulurent accepter
de
l'or
noble cause de
qu'on paie
la liberté.
dont Garibaldi avait composé
qui avait tant inquiété Rosas
accepter que des terres, aujourd'hui, pour
la
—
le
nombrer que du ciel. Oh!
sang
Les réfugiés
le
poussent
A
ne consentirent à
encore
!
Dans tes jours de bonheur, souviens-toi de moi, de moi qui souffre » lui avait murmuré l'Italie, l'avait quittée
A
cette sublime glaives,
—
l'Italie,
—
mère de douleurs, percée de tous
les
l'histoire
qu'il faut citer cette
de
navrante phrase de
Lamennais « L'histoire, qu'est-ce ? Le long procèsverbal du supplice de l'humanité. Le pouvoir tient hache, et
le
Je n'ai ni le droit ni l'espace nécessaire, on le faire ici
toutes les époques,
de
sol,
l'Italie
avait été
sortes
aux Apennins. Carbonari de toutes Frères artistes, les Fils de Mars, les
la Sicile :
les
un résumé, même
les
Adelphes, les Ermolaïstes, les Illuminés, les
Ma-
çons réformés, les Chevaliers européens, les Phila-
rapide,
sang. L'Italie ne se raconte pas en quelques pages.
secrètes.
Les événements glorieux et sinistres s'y accumulent: on croit avoir fini, qu'on n'a pas encore commencé. Italie
d'autres dont les
l'opprimaient, puisque les carbonari couvraient son
delphes, etc., etc., etc.
!
;
que les temps actuels, il fallait qu'il y eût bien de la honte à vivre sous les divers gouvernements qui
de cette histoire mouillée de larmes et tachée de
Italie
de l'Autriche ceux
Défenseurs de la patrie, les Tirailleurs américains,
prêtre exhorte le patient. »
comprend, pour
faut en joindre d'autres, qui
sont inscrits dans le martyrologe italien.
:
la
il
remuée. Je ne parle pas des guerres civiles, qui forment un côté particulier de son histoire. Je parle seulement de ses soulèvements contre ses oppresseurs. Jamais ils ne furent plus nombreux, en aucun autre temps et dans aucun autre pays. Sans remonter plus haut
accourait.
propos de
grandes actions, où
et les
les lauriers et les épines !...
tous ces noms,
noms
fuir la proscription. Garibaldi se souvenait, et
C'est surtout à
hommes
Charles Poërio et des milliers
!
dans son râle de mourante, lorsqu'il
jl
où pous-
du prêtre Andreoli, du chanoine deLuca,des frères Capozzoli, de Migliorati, de Carola, de Matlia, de Menotti, de Pepoli, du général Zucchi, de Borelli, des frères Bandicra, de Tola, de Jacques Ruflini, du procureur Vochicri, de Bressanini, de Meani, de Joseph Gardenghi, de Frédéric Confalonicri , de
«
pour
salut! salut! terre féconde
Moretti, de Vilh, d'Albertini, deMunari, dePanizzi,
N(N giorni tuoi felici,
:r—
A société
La France n'en
mauvaise, sociétés
a pas.
Après tant de tentatives avortées, et lugubrement réprimées, l'Italie se soulevait de nouveau en 1848.
Le 18 mars au matin,
—
dit
M. Giuseppe Ric-
!
ciardi dans son intéressante Histoire de l'Italie, Salve,
magna parens frugum,
Magna virum
grands
comte O'Donnel, vice-président du gouvernement de Lombardie, faisait afficher sur les murs do Milan une proclamation, dans laquelle on lisait, en-
!...
hommes
et des
grandes choses
mère des !
Salut
!
moderne est toujours l'Italie antique, l'Italie des hommes de cœur est toujours l'Italie des hommes de génie. Quelles constellations nombreuses et
L'Italie
brillantes, à ce ciel bleu,
Virgile,
Brutus,
— rouge de sang
Horace,
—
le
Salurnia Tellus,
Salut, terre féconde, terre de Saturne,
à
les étoiles
la
d'Andryane, de Félix Foresti, d'Ooboni, du colonel
:
me
difficiles
mer ou que
de
italienne, et des nobles victimes
Quant a Garibaldi, il n'accepta rien. La vieille Europe l'appelait son cœur le ramena en Italie, au moment où sa patrie se soulevait contre l'Autriche.
cli
en bataillons épais, aussi
sont ceux des martyrs modernes de l'indépendance
plupart.
Ricordati
des titres différents, qui se pressent
les sables
sent les grands
corps franc
qu'ils cultivent
illustres à
ma plume
sous
république de l'Uruguay. Ce
n'est pas, en effet, avec
Pagano, Palcstrina, Pergolèse, Ca-
nova, Rossini, Silvio Pellico, et des milliers d'autres
leur désintéressement.
:
For que leur offrait versé pour
ria, Filangieri,
parfois
Properce, Catulle,
!
les
Gracques, Plaute, Cicéron, balluste, César, Lucrèce, Pompée, Tite-Live, Caton, Juvénal, Tacite, Machia-
tre autres, ces paroles
:
Sa Majesté l'empereur a arrêté l'abolition de la censure et la publication, dans le plus bref délai, d'une loi sur la presse, ainsi que la convocation des «
:
Etats des provinces allemandes et Slaves, et des
congrégations centrales
du royaume Lombardo-
Vénitien. Cette réunion aura lieu au plus tard le
3
juillet. »
Giordano Bruno, Dante, Savonarole, Pétrarque, Galilée, Boccacc, Vico, Michel- Ange, Ferruccio,
ville
Raphaël, Masanicllo, Christophe Colomb, Guicciardini, le Tasse, l'Arioste, le Cortège, Léonard de Vinci, Muralori, Allieri, Volta, Spallanzani, Becca-
vernement aux abois. Aussi le maire de Milan, qui n'était autre que le comte Gabrio Casati, beau-frère de Confalonicri, suivi d'une foule immense, se rendit
vel,
On imaginera
facilement l'accueil trouvé dans la
par ces concessions dérisoires
faites
par un gou-
VIE ET AVENTURES. au palais du gouvernement pour présenter au nom de la ville, une série de demandes dont l'objet était plus en rapport avec la situation du moment. La
en revanche, quelques-unes des atrocités commises
nombreux citoyens arrêtés lors des massacres de janvier. Le gouvernement opposait un refus à cette demande,
Le 18 mars, après a^oir envahi l'hôtel de ville et mis la main sur un grand nombre de personnes
soudainement arboré dans les rues. Ce fut le signal de l'insurrection commencée, comme à Palerme, par un petit nombre de personnes très mal armées (dans toute la ville de
fusilla
y avait à peine trois cents fusils!) et terminée, au bout de cinq jours de combats, par l'expul-
route.
première de toutes
lorsque
Milan
sion
était la délivrance
drapeau tricolore
le
des
fut
il
du maréchal Radetzki,
que de ses quatorze
ainsi
mille soldats et de ses soixante pièces d'artillerie.
Voici
proclamation que
la
des barricades adressait
des
villes et
le
le
comité de guerre sorti
20 mars aux habitants
des campagnes environnantes
:
par les Autrichiens, depuis
le
jour où éclata
l'in-
surrection jusqu'à celui de leur fuite.
marquantes,
la
troupe
les traîna
au château
quatre; puis, à sa retraite de Milan,
emmena une
et
en
elle
en
vingtaine enchaînés, en les accablant
un des prisonniers, passé par les armes pendant la
des plus indignes traitements
Hercule Durini, fut
Dans Milan, ce furent
:
les
Croates surtout qui
se distinguèrent par leur infâme cruauté. Partout où
marquaient leur passage par le massacre, sans respect pour l'âge ni le sexe. Dans une maison on trouva treize personnes égorgées, entraient,
ils
ils
parmi lesquelles une mère ayant dans ses bras deux enfants, dont l'un était décapité, tandis que l'autre
une baïonnette qui lui traversait le cou. Un Croate coupa un enfant en deux, et cloua chaque moitié contre un pan de mur. Un autre soldat empala une petite fille et la promena ainsi au bout de son fusil. On arracha du sein d'une femme un fœtus avait
«
Les Milanais se battent victorieusement depuis
mais
trois jours,
sont presque sans armes et en-
ils
tourés d'une masse de soldatesque qui,
nombre. murailles, pour
abattue, est toujours formidable par
Nous jetons
cet écrit par-dessus les
appeler les populations de toutes les les
campagnes,
le
comme on
fait
toire!
la
et
qui éliront
un intendant, pour accourir par-
commune
défense
Vive
dans
à Milan, et à se for-
mer en compagnies de cinquante hommes tout où
de toutes
villes,
à s'armer aussitôt, à se réunir
leurs paroisses,
un capitaine
quoique
l'Italie!
l'exigera.
Vive Pie IX!
Aide
et vic-
»
Plusieurs exemplaires de cette proclamation furent envoyés au dehors à l'aide de petits ballons, qui allèrent porter
de Milan
au
loin la nouvelle des
et excitèrent,
partout où
soulèvements en masse.
ils
événements
parvinrent, des
Bientôt des milliers de
paysans, guidés par les notables du pays et quelquefois
par des prêtres, se dirigèrent à Milan.
de deux mois et on
cupé à
la
le
fit
cuire
!
Un
ouvrier était oc-
fabrique de boules de résine, quand ces as-
sassins couverts de l'uniforme autrichien
sur
lui,
tombèrent
l'éventrèrent, et, lui ayant rempli le ventre
de ces matières combustibles, y mirent la fabrique de soie de M. Fabris, tous
Dans
le feu.
les ouvriers
y rencontrèrent furent passés au fil de l'épée. Dans une auberge du faubourg de Santa-
que
les soldats
Croce, un père fut attaché corps à corps avec son
deux victimes furent tuées du même coup. Un autre père de famille fut lié à une poutre, et brûlé sous les yeux de sa femme et de ses enfants. Trois paysans, plongés dans un bain d'eau-de-vie, fils,
et les
subirent
Tous
Du haut
le
même
sort.
les raffinements
de barbarie
qu'il est possi-
des clochers, on voyait des masses compactes pour-
ble d'imaginer furent employés par les abominables
suivre la cavalerie autrichienne à coups de feu. Cinq
suppôts du plus détestable des gouvernements. Les Autrichiens partis, on trouva dans le château dos
cents volontaires de
montagnards du cette ville,
lac
la
Suisse italienne, réunis aux
de
Côme
et à la jeunesse
de
s'emparèrent de douze cents Croates.
cadavres horriblement mutilés. Des nez, des oreilles, des bras, jonchaient la cour, ot une odeur in-
murs de Monza, ils rencontrèrent deux autres colonnes, dont Tune avait fait trois cents prisonniers à Varèse. Une autre colonne partait des
fecte s'exhalant tout autour indiquait assez la
du Pô, en même temps qu'un comité organisé à Lccco soulevait la Valteline, la Valsassine, la Briance, et que les provinces de Brescia et de Ber-
seul
Arrivés sous les
rives
garne envoyaient à Milan plusieurs centaines de leurs
bourgeois et de leurs montagnards.
Tandis que les Milanais combattaient héroïque-
ment pour l'Autriche,
soustraire leur patrie au joug abhorré de ils
s'abstenaient de toute insulte et de
toute attaque contre les personnes et les biens de
ceux-là
mêmes dont
ils
avaient eu le plus à se plain-
dre, témoin la manière généreuse dont
ils
traitèrent
l'ex-directeur de la police Torresani et le
fameux
Bolza, tombés l'un et l'autre dans leurs mains. Voici,
quan-
des morts que l'on venait d'y enterrer.
tité
A
toutes ces horreurs, nous n'ajouterons qu'un fait.
Le nombre des victimes, de
h
part des
Milanais, atteignit le chiffre de mille environ. Or,
une centaine à peine avait péri en combattant Les pertes éprouvées par les Autrichiens furent bien autrement considérables, car on les évalua à près de quatre mille hommes; mais pas un d'entre eux ne fut tué ailleurs que sur le champ du combat. Leur retraite de Milan ressembla beaucoup à une débandade, et la panique qui s'était empalée d'eux était telle, que, sans le sang-froid de Radetzky et !
l'ascendant extraordinaire qu'il exerçait sur l'esprit
du
soldat,
ils
tombés tous dans les mains nombre ne faisait qu'augmen-
seraient
les insurgés, dont le
GARIBALDI.
8 ter à
chaque heure, au son du
tocsin, lequel, reten-
tissant désonnais d'un bout à l'autre
de
Lombar-
la
de ses anciens oppresseurs. Pendant que ces événements se passaient en Lombardie, Venise d'abord, puis ses anciennes provinces de Terre Ferme, arboraient le drapeau de l'indépendance, et les Autrichiens, frappés d'époubattaient en retraite
vante,
VI
une nouvelle terreur dans l'âme
die, venait porter
de toutes part, sans
presque brûler une amorce. La révolution de Ve-
Le 2 juillet 1848, Garibaîdi débarquait à Gènes. Quelques jours après il était à Roverbella, au quartier-général
du
roi Charles- Albert, et se mettait à
—
lui et sa poignée d'hommes hardis. Malheureusement, on ne crut pas à l'utilité de son concours on ne vit pas les immenses services qu'il pouvait rendre à la cause nationale par son audace sans pareille et par sa précieuse expérience de chef de partisans il quitta Roverbella, désolé de
sa disposition,
;
un caractère particulier. L'arrestation de Manin et de Tommaseo, qui avait eu lieu le 20 janvier 1848, la conduite postérieure du gouvernement autrichien, les nouvelles du reste de la nise présenta
Péninsule, tout avait concouru à préparer le terrain
pour une explosion, quand les événements de Vienne furent connus. Le 17 mars au soir, le cri de vive Ferdinand, roi constitutionnel! s'étant fait entendre au théâtre, de vive
celui
dans
l'Italie! retentit tout-à-coup
la
:
n'y avoir point réussi,
et se rendit à Milan pour au gouvernement provisoire. Là, Garibaîdi fut plus heureux. Le gouvernement
offrir ses services
milanais accepta ses offres et lui conféra le titre de général.
Esclavons, et
cris
[le
de Vive Manin
Tommaseo
et
!
aussitôt,
il
hommes
réunit trois mille
suivant les ordres qu'on lui donna,
et,
se dirigea
il
vers Bergame, à la rencontre des Autrichiens.
salle, et aussitôt mille voix le répétèrent à l'envi.
Le lendemain matin, un immense attroupement se forma devant l'église Saint-Marc et sur le quai des
Tout
Il
était trop tard
!
La situation de l'armée sarde n'était plus tenable. Des échecs successifs l'avaient démoralisée. L'abattement avait gagné tout le monde chefs et soldats. Alors Charles-Albert avait demandé une suspension :
ayant été proféré,
en brisa
le
peuple se porta à
prison et
la
sans que la force armée pût l'en
les portes,
empêcher. Manin et Tommaseo, délivrés ainsi furent promenés en triomphe dans la ville. Quarante-huit heures se passèrent sans que la constitution octroyée à Vienne fût proclamée, et
même
communiquée officiellement aux autorités municipales. Le 20 mars, la population se portait au palais du gouverneur, sans
que
la
nouvelle en fût
qui était alors le comte Palfy, en criant constitution
!
quand une voix tonnante
fit
ces paroles, aussitôt répétées par la foule
Autrichiens! Ce fut
le signal
de
Vive la
:
:
entendre
A
bas
la révolution.
les
Trois
cents Croates, rangés en bataille sur la place Saint-
Marc, ayant
feu sur le peuple, celui-ci les atta-
fait
que de toutes parts
et les force à se
l'ancien palais des doges. est
pris,
la
heures après
Le lendemain,
multitude est les
que leur nombre
renfermer dans l'arsenal
armée. Vingt-quatre
Autrichiens quittaient Venise, bien fût
de sept mille environ
et qu'ils
fussent maîtres de positions formidables.
!
fit
son entrée en Lombardie, à
tête d'environ trente mille
hommes, animés du
la
plus
ardent enthousiasme, et qui ne demandaient qu'à marcher en avant.
Ce Italie,
moment que Garibaîdi arriva en avec un certain nombre de ses vaillants lé-
fut en ce
gionnaires.
comme
ligne de séparation entre les
deux armées.
Le maréchal Radetzky, pour toute réponse, mis en marche pour Milan. Garibaîdi revint en toute hâte vers Milan
:
s'était
il
était
encore trop tard!
Radetzky, arrivé devant Milan dans
4 août, avait attaqué immédiatement
la ,
matinée du dans
le
but
ou bien de le forcer à continuer sa retraite. Un combat acharné avait eu lieu; les Piémontais s'étaient bravement batde refouler le roi sarde dans la ville
tus; mais la partie était inégale
de rendre Milan et
et
:
le roi avait offert
de se retirer derrière
le
Tessin,
Radetzky avait consenti. Milan apprit cette capitulation avec stupeur. Mais
enfin, elle était signée
mourir. Mourir,
la
:
il
fallait
se résigner
population le voulait
;
— ou
on com-
prima son élan. Une proclamation de patriotes fut affichée le matin du 5 août sur les murs de la ville. Elle disait
Après Milan et Venise, les autres villes de la Lombardie et de la Vénétie La révolution gagnait partout comme un incendie. Partout les volontaires se levaient pour la guerre de l'Indépendance italienne. Ce fut dans ces circonstances si propices que le roi Charles-Albert
d'armes au maréchal Radetzky, en proposant l'Oglio
«
:
L'enthousiasme incomparable avec lequel cette
population a protesté ce matin contre la capitulation consentie par le roi, a été digne des héros des cinq
journées. L'honneur est sauf, mais les choses sont
un tel point que nous sommes réduits à couvrir encore une fois d'un voile de deuil le drapeau tricolore, à baisser tristement la tête devant le déjà arrivées à
nous écriant nous aussi // est trop tard! « Citoyens, au milieu de la désorganisation des administrations, de la fuite des employés, les soussort, en
:
signés seuls sont restés pour remplir la tâche dou-
loureuse de vous adresser les paroles suprêmes au
VIE ET AVENTURES.
nom
de
la patrie.
vous annonçant
Citoyens, le
la capitulation
« 4°
cœur nous saigne en suivante
Son Excellence accorde
dront sortir de
:
à tous
la ville la libre sortie
ceux qui vou-
par
la
route de
Magenta, jusqu'à demain à huit heures du soir; « 5°
« 1°
«
La ville est épargnée; 2° Son Excellence le maréchal promet, en ce
qui dépend de
lui, d'avoir,
par rapport au passé,
Le mouvement de l'armée sarde se fera en deux jours d'étape, ainsi qu'il a été convenu entre généraux;
le
maréchal demande
vrance immédiate de tous
les
généraux,
ïa déli-
officiers et
lieu
Le transport des malades et des pendant les deux jours d'étape;
« 7°
«
l'honneur, la
la
la
soit
pas mensongère
«l'être rati-
par Sa Majesté Sarde
rons-nous sur
pour nous la L'Europe demeu-
la terre d'exil, qui sera
patrie, puisqu'elle sera italienne.
même pensée,
nous tiendrons haut avions arborée
vie,
fortune des citoyens. Plaise à Dieu que
promesse ne «
»
Vous voyez qu'on promet d'épargner
blessés aura
Toutes ces conditions ont besoin
dans une (Signé par le maire de Milan et par les chefs
d'état-major des deux armées.)
pour midi;
rera frappée de cette résolution énergique, puis,
employés autrichiens qui se trouvent à Milan. «
maréchal demande
l'entrée et l'occupation de la ville
fiées
Son Excellence
le
« 6°
« 3°
« 8°
,
l'occupation militaire de la porte Romaine, ainsi que
tous les égards qu'exige l'équité;
les
Par compensation
et
même
dans une
ferme
la
espérance,
bannière que nous en ne cessant de
sur les barricades,
protester contre une domination violente, et en gar-
dant
la
confiance qu'un jour viendra où nous arbo-
rerons de nouveau les trois couleurs sur les tours de
!
Mais vous, jeunes gens robustes, vous qui tous,
que vous êtes, pouvez encore porter un fusil et endurer les fatigues d'une marche, il vous reste à faire une protestation solennelle en faveur de la Lombardie. Non, la patrie ne périt pas avec les murailles non, la patrie italienne ne succombe pas tant
notre cité
!
heures du soir tous ceux qui sont dans l'intention d'émigrer se trouvent réunis sur la place d'armes, munis de leurs fusils et animés de de cou«
Qu'à
six
rage qui se retrempe dans
les
grandes épreuves. Le
roi quittera cette ville le dernier.
Nous serons avec
!
sous
la force
brutale qui s'intitule droit
tous avec nos armes.
A
la suite
de cette
Emigrons armée pié-
vous, et en faisant nos derniers adieux à cette terre
!
bien-aimée, nous nous écrierons et
montaise et ligurienne, qui s'éloigne tristement d'un pays qu'elle avait juré d'aider à s'affranchir, reti-
indépendante !
:
Vive l'Italie libre
»
Les Autrichiens entrèrent à Milan.
GARIBALDI.
10
n'aperçurent plus rien. Rien ne les empêcha de
ils
croire qu'ils avaient rêvé.
VII
Garibaldi l'avait échappé belle. Mais, après tout,
quoi donc servirait
à
Monga
Garibaldi avait appris à
Milan. Son rôle devenait inutile Il
Monga,
quitta
là,
a la tête de ses volontaires, et se
le théâtre *le ses glorieux exploits,
celer l'ennemi de sa patrie par
— aujourd'hui — pour y har-
—
Tyroî, toujours guerroyant,
même Ce «
dans
par
Dieu des
le
s'il
protégé
et
ne peut pas protéger
batailles, qui
et ses
hommes
Une poignée d'hommes contre une
armée! Et puis Garibaldi était enfermé dans un triangle qui ne permettait guère aux secours d'arriver jusqu'à lui lac
Majeur.
les
armes
De
Il
le
dut passer en Suisse, après avoir posé
à la frontière.
Suisse,
la
Autrichiens, la Suisse et
les
:
il
revint en Sardaigne, et se
élire
fit
député. C'était une halte dans sa vie agitée. Cette halte fut de courte durée. La Sardaigne et
se sente de la haine au était
pas de temps en temps récompensé
aussi inégale.
—
il
n'était
—
ne pouvaient continuer bien longtemps une lutte
Le 15 août, il prenait terre à Laveno, repoussait une première attaque des postes autrichiens établis aux environ du lac Majeur. Peu de temps après, il était à Gaviratc, à Varèsc, à 01giatc, a Côme, et livrait de nouveaux combats aux Autrichiens, les seuls êtres au monde pour lescœur. Puis, quelque temps après,
et surtout le
noble cause,
si
Malgré cette protection, Garibaldi
une guerre d'escar-
frontière lombarde.
il
—
éternellement les gros bataillons?
mouches. Le 14 août il occupait Arena, s'emparait des paquebots le San Carlo et le Vcrbano, levait une contribution de guerre et se dirigeait vers la
quels, de son propre aveu,
courage,
le
courage employé pour une
pour le moment.
mômes montagnes,
dans ces
retira
capitulation do
la
l'Autriche
le
de recommencer
venaient
la
guerre.
Charlcs-Albertavaità venger sa défaite de 1848;
et toujours avec le
précipita les événements
bonheur.
:
12 mars 1849,
le
il
il
dé-
nonçait l'armistice à Radelzky, alors à Milan, et son
en vain qu'on aime ainsi sa patrie d'un amour accumulé. » Tous les paysans lui n'est pas
armée
marche pour rencontrer l'armée
se mettait en
autrichienne.
donnaient refuge, ainsi qu'à sa vaillante phalange.
naient et interrogeaient sur leur passage ceux qu'ils
L'armée de Radetzky se composait de six corps un resta sur le Mincio et l'Adigc, dans la Vénétie, les cinq autres, ne laissant que des garnisons dans les châteaux de Milan, Brescia, Bergame et Modène, à la tête du pont de Brescello, et dans la citadelle de
soupçonnaient
Plaisance, dix mille
Et quand
il
« C'est
pour
nous!
»
que vous combattez c'est pour disaient-ils. Et quand les Autrichiens vel'Italie
les
:
complices,
par sympathie,
Garibaldi et de ses compagnons,
heureux payaient cher, souvent! La tête de Garibaldi était mise
que
est vrai; mais, outre
de
en recevaient
ils
— réponses que
des réponses déroutantes,
11
:
voulait payer, les pauvres refusaient.
vers l'angle du
mal-
les
prix,
proie assez
Un allait
il
a prix, les
cependant
gens auxquels était
une
!
cerné Garibaldi dans un étroit défilé d'où impossible qu'il
il
paraissait
sortît.
que l'armée piémontaise
eût su distinguer ce grand
mouvement convergent de
toutes les routes
Et pendant que l'armée autrichienne entrait
j
en Piémont, vers Pavie, l'armée piémontaise vers Butïalora,
dait
ou
la
César, Annibal et
Le 21 mars, eut
lieu le
combat de
le
baldi aussi.
coûta à l'armée sarde cinq cents
mourir
cria-t-il à ses
ici.
Soit!
En
soldats,
paraît
il
tout cas, tuons
le
plus
de Croates que nous pourrons. Ufl Croate de moins c'est un ennemi de moins pour l'Italie... Elle en a déjà bien assez
!
En
— En avant! répétèrent
ses
Se penchant alors sur
cou de son cheval
le
enfonçant ses éperons dans
compagnons...
le ventre,
il
et lui
se jeta sur
un passage au milieu d'eux.
les Autrichiens se
&%
eut lieu la sanglante affaire
plus do
dcuxmille prisonniers;
le
la
Sforzesca
;
de Morlara, qui
hommes
tués et
23, eut lieu
le
désastre de Novare.
moment dans
Bien que Garibaldi fût à ce
l'Italie
centrale, et qu'il ne se trouve pas mêlé, par consé-
eu trop de retentissement et de signification pour qu'elle soit ici passée sous silence. Tout en écrivant l'histoire de Garibaldi, nous ne pouvons elle a
et disparut, imité et suivi de sa vaillante troupe.
Quand
l'atten-
quent, à cette néfaste journée du 28 mars 1819,
avant!..
les Autrichiens, s'ouvrit
ainsi
croyait en retraite vers'
Napoléon avaient rayé de leur dictionnaire. Gari-
qu'il faut
Lombardie.
la
l'Adda!
mot que
Impossible! C'est un
— Compagnons,
moment où
|
avaient
Ils
concentrée autour
expirerait l'armistice, sans
qui se faisait par
enfin dans les mains.
la
était
et
de Pavie, prête à prendre l'offensive au
difficile à saisir.
tomber
et
bien prises, que, dans
si
de secret,
du 19 au 20, l'armée
nuit
!
jour les Autrichiens crurent que cette proie leur
du ïessin. Les ordres furent
toutes les précautions
que Garibaldi
faut ajouter
et
en tout, se dirigèrent
donnés avec tant de promptitude
s'adressaient les Croates ne l'eussent voulu livrer à
aucun
Pô
hommes
nous empêcher de
citer cette
d'hommes.
du
un historien qui
fut
Piémont.
retournèrent pour voir
quelle direction avaient prise ces diables
l'histoire
page de
«
Au sud de Novare,
—
dit
VIE ET AVENTURES. témoin oculaire de ce Waterloo de Charles-Albert, entre les torrents de l'Agogna et du Terdoppio,
—
une espèce de plateau ondulé, dont le village Bicoque, situé à deux kilomètres environ de la et traversé par la route de Mortara, occupe la
quelques retranchements à plus important de
s'élève
de
la
ville
Au
partie culminante.
levant des collines de la Bi-
coque, c'est-à-dire à gauche, quand on tournoie dos a
Novare,
rapidement vers
le sol s'abaisse
le
Ter-
coupé par deux petits canaux. A droite, au delà du ruisseau de l'Arbogna, qui coule à peu de distance de la Bicoque, il est peu accidenté et présente seulement quelques légères élévations vers le centre, mais il est couvert de vignes, d'arbres disposés en longues files, de maisons éparses, et doppio
est
et
11
Toutes
«
les
la
Bicoque,
le
point
le
la ligne.
troupes étaient à leur poste dès neuf
heures, prêtes à livrer bataille. Le total des forces
en ligne
de cinquante-trois mille hommes, avec cent onze bouches à feu. Vingt mille hommes avec quarante canons restaient impuissants au delà du était
Pô, et les combats de
que
ainsi
les
marches
la
Sforzesca et de Mortara,
et
contre-marches
faites de-
puis trois jours, avaient déjà diminué l'armée de sept à huit mille
hommes, dont
la
plupart avaient
abandonné volontairement leurs corps. Les soldats ne montraient point d'ardeur, et l'on pouvait voir
du mauvais début de la veille, les vivres manquaient
qu'ils avaient l'esprit frappé
campagne. Depuis
coupé aussi par un canal parallèle à l'Agogna. C'est dans cette position, dont le point important est la Bicoque, surtout contre un ennemi arrivant par la
en partie
route de Mortara, que Chrzanowski attendait les
passant devant
Autrichiens.
que d'assez faibles témoignages de dévoûment. Il ne s'agissait plus cependant de se battre pour la Lombardie, mais pour le Piémont, que la perte de la bataille devait mettre à la merci de l'Autriche. « Les Autrichiens, qui avaient fait si peu de chemin le 22, ne montrèrent pas plus d'activité le 23 ; ils se mirent tard en marche, et les troupes de l'Aspre ne parurent vers Olengo qu'entre dix et onze heures, alors que lesPiémontais étaient depuis longtemps en bataille. D'Asprc fit ici comme à Mortara sans se rendre compte des forces qu'il a de-
Le
«
front de bataille était
formé de
deux lignes,
sions rangées sur
et
trois divi-
occupait une
étendue d'environ trois kilomètres, depuis
le
canal
d'Olengo, voisin du Terdoppio, jusqu'au canal Dassi,
près de l'Agogna. La division Perrone, placée à
Bicoque, tenait
la
gauche;
la
la
division Bes occupait
Durando formait la droite. Six bataillons appuyaient le flanc gauche de Perrone, quatre la droite de Durando; trois bataillons de tile
centre, et la division
railleurs couvraient le front
du duc de Gênes réserve
:
de bataille. Les divisions
du duc de Savoie étaient en
et
première à gauche, derrière
la
la
Bicoque,
près du cimetière de San-Nazzaro;
la
droite, tout près de
place d'armes
et la
Novare, entre
route de Verceil
en colonnes.
;
la
seconde,
à
toutes deux étaient massées
En dehors de
toute
la
position, sur le
la
des pillages et des désordres de toute
;
espèce avaient été commis dans Novare. Le
roi,
des troupes, ne recueillait
le front
:
vant
entraîné par son ardeur et celle de ses
lui,
troupes, qui comptent sur un nouveau succès,
songe qu'à attaquer.
Il
Bicoque
et
de
ne
déploie la division de l'ar-
chiduc Albert des deux côtés de la
il
la division
la
route, en face de
de Perrone, prolonge sa
gauche avec une partie de la division Schaaffgolsche, en réserve, et met
flanc gauche, la brigade Solaroli à cheval sur les
dont
routes de Trécate et de Galliate, et couverte par le
en arrière des deux
Terdoppio, devait observer et contenir les forces ennemies qui se présenteraient de ce côté. Sur la
achève ses dispositions, et que le combat des tirailleurs et de l'artillerie est déjà engagé, il apprend qu'il est en face de toute l'armée
gauche du
coupé de fossés et fortement accidenté à droite l'Agogna et le canal offraient d'assez grands obstacles à l'attaquant, de front, le terrain ;
«
il
tient le reste
Pendant
ennemie fait
il
:
qu'il
envoie bien vite prévenir
par des mouvements très étendus, d'un côté sur
nir tête
En
outre, une grande partie de la division était
Durando
couverte par un fossé profond à rebords éle-
« C'était
donc
là
un ordre de
bataille excellent, et
maréchal,
et,
Thurn
espérant pouvoir te-
aux forces immenses qu'il va avoir sur les bras pendant qu'on va marcher à son secours, il engage résolument l'action. « Après une forte canonnade et un vif combat de tirailleurs,
vés.
le
dire à Appel de s'avancer en toute hâte, à
de revenir sur Novare,
route de Trécate, de l'autre sur celle de Verceil.
cavalerie
ailes.
sorte que la position ne pouvait être tournée que la
la
il
fait
dans lequel
les
Piômontais ont
le
dessous,
avancer son infanterie. Cette attaque met
le
brigade de Savone,
l'armée ainsi rangée se trouvait dans une position
désordre dans les rangs de
solide, le front bien
garni, les flancs assurés, les
qui forme la première ligne, et cette brigade cède
réserves dans une forte proportion, les troupes
débande en partie. Celle de Savoie, placée en seconde ligne, s'avance pour la remplacer, regagne le terrain perdu, perd et reprend successivement diverses positions, et fait un assez grand nombre de
toutes sous
la
main. Quelques précautions avaient
cependant été négligées; la
le
pont de l'Agogna, sur
route de Verceil, n'était pas gardé, quoique Ton
sût
montré vers Confienza on pas songé à interdire aux troupes l'accès de pendant la bataille enfin on aurait dû élever
que l'ennemi
n'avait la ville
s'était
;
;
la
et se
prisonniers dans les maisons éparses de la Bicoque.
D'Aspre
fait alors
avancer au soutien de l'archiduc
Albert les troupes qu'il tenait en réserve, et
comme
GARIBALDI.
12 craignait
il
un mouvement du centre
de
et
la droite
mence
à plier est bientôt tout-à-fait battu
de l'ennemi sur son flanc gauche, il cherchait à occuper et à contenir le centre par un combat de tirailleurs, et avait envoyé contre la droite un déta-
presse un peu vivement.
chement qui
faire
s'était
détaché sur
aussi
placé au Torrione
enfin
;
avait
il
extrême droite quelques
son
troupes légères pour inquiéter
la
brigade de Sola-
un
le
général habile doit toujours être prêt à saisir
moment mais Chrzanowski. En
tel
;
que ne voulut pas se plaçant sous Novare dans ne déployant que la moi-
c'est ce
une position rétrécie, tié de l'armée, et tenant
en réserve,
l'autre moitié
il
proposé de rester sur la défensive pendant une grande partie de la journée. Il avait compté que s'était
roli.
deuxième ligne de Perrone durèrent peu ; la brigade de Savoie ne put tenir contre les troupes fraîches entrées en action pour soutenir celles de l'archiduc ; elle recula bientôt et se décomposa comme la brigade de Savone. « Il n'était guère que midi, et déjà les Autrichiens étaient maîtres pour la seconde fois de la Bicoque toute la division Perrone était à peu près en déroute. Chrzanowski ordonna alcrs au duc de Gênes d'amener contre l'ennemi une de ses brigades, en la faisant suivre de la seconde à quelque distance. La brigade de Piémont s'avance le 3 e régiment à droite de la route, le 4 e à gauche. Le général Passalacqua, commandant de cette brigade, marche avec le 3 e Les succès de
«
Un
«
on
si
la
;
;
dans
la vallée
de l'Arbogna, attaque et prend plu-
sieurs positions autour de la Bicoque, fait
trois balles
à
tombe frappé mortelledans la poitrine. Le régiment
trois cents prisonniers,
ment de
deux
et
continue d'avancer, dépasse
la
Bicoque
et parvient
les Autrichiens, arrivant
par
route de Mortara,
la
tenteraient d'abord d'emporter la Bicoque, échoueraient dans leurs attaques de front et chercheraient alors à tourner la droite de la ligne piémontaise
aurait saisi ce
vement
moment pour
exécuter un fort
offensif avec la division
;
mou-
du duc de Gênes,
brigade Solaroli et une partie de
la division
il
la
de ré-
compte de la leur supposaient beaucoup
serve. Ces calculs, qui ne tenaient pas
nature des troupes et
plus de solidité qu'elles n'en pouvaient avoir, avaient été détruits dès le
commencement de
l'action;
mal-
gré cela, Chrzanowski s'attacha obstinément à l'exécution de son plan.
qu'imparfaitement
la
ignorait ou ne connaissait
Il
marche
vers corps autrichiens, car
ne savait pas
s'éclairer
s'était
pas non plus
les attaquants n'étaient
pas nombreux,
et surveiller l'ennemi.
aperçu que
il
et la position des di-
qu'il n'y avait là
11
ne
qu'un corps isolé
qu'il était facile
hauteur de Castellazzo ; mais là il se trouve sous un feu meurtrier, et il faut qu'il se ree plie. Le 13 de la brigade de Pignerol arrive à son
action les unes après les autres, et uniquement pour
A
ployées par plus fortes masses et plus vigoureuse-
jusqu'à
la
secours et réoccupe les environs de Castellazzo.
duc de Gênes, à la tête du 4 pousse vigoureusement l'ennemi, s'empare de Castellazzo, gauche,
s'y
e
le
,
maintient, en attendant l'arrivée
du 14 avec ces deux
vient l'appuyer à gauche, et
ments se porte hardiment sur chasse les Autrichiens et les
le village
fait
e
d'écraser. Aussi s'était-il contenté de faire entrer en
se maintenir à la Bicoque, des troupes qui,
ment, et secondées par auraient
«En même temps, les
centre et par
la droite,
en pièces d'Aspre avant l'arrivée
qui
d'Appel, peut-être ensuite Appel avant l'arrivée des
régi-
autres, et ces succès pouvaient être le prélude d'une
,
d'Olengo, en
suivre par les tirail-
victoire plus considérable qui aurait forcé
Radetzky
à repasser le Tessin...
une assez grande distance.
leurs à
taillé
le
em-
«Chrzanowski, bien loin de songer à une offensive
faibles
dont
tées sur le centre et les
démonstrations tenextrémités de la ligne pié-
montaise restaient sans
effet
d'immenses conséquences, crut ses troupes aventurées à Olengo et s'empressa d'envoyer l'ordre au duc de Gênes de les ramener en deçà de Castel-
occupé
le
;
Torrione, en face de
la
colonne qui avait
la division
Durando,
engagé de là un combat d'artillerie; mais elle n'avait pas tenu longtemps sous le feu d'une vingtaine de pièces 'dirigées contre elle, elle s'était retirée en arrière de l'église et des maisons voisines. De avait
l'autre
côté, la brigade Solaroli avait
repoussé et
même
facilement
assez loin les troupes venues
pour l'attaquer. «
11
était
deux heures,
la
position de d'Aspre,
battu de tous côtés, refoulé au delà d'Olengo, à trois kilomètres de la Bicoque, était des plus criti-
aucun secours ne lui arrivait encore. S'attendant à voir les Piémontais profiter de leurs succès, il faisait les plus grands efforts pour remettre ses troupes en ordre, sans trop se flatter de pouvoir
ques,
car
une attaque un peu vigoureuse. Celait, en un de ces moments décisifs, où celui qui com-
résister à effet,
le
succès était
si
probable et pouvait entraîner
que ce faux mouvement sauvait, n'en devint que plus audacieux ; il se reporta immédiate-
lazo. D'Aspre,
ment en
avant, ses troupes reprirent courage, et
il
vint réoccuper Castellazzo, sans toutefois pouvoir
Le combat continua autour de cette position, mais sans une grande ardeur de part et d'autre. Depuis le commencement de l'action, et s'y
maintenir.
pendant presque toute
la bataille, l'infanterie
mortaise se battait en désordre
et
pié-
d'une manière
Les bataillons obligés de céder se dispersaient, ne se ralliaient pas derrière ceux qui les irrégulière.
remplaçaient et ne tardaient pas à se fondre entière-
ment. Beaucoup de soldats courageux restaient au feu et combattaient isolés ; d'autres tiraient en arrière par-dessus les troupes qui étaient les inquiétaient
beaucoup;
il
en avant
et
se faisait très inutile-
VIE ET AVENTURES.
ment une immense consommation de munitions,
l'arrêter.
que cela arrive toujours avec de jeunes troupes et dans des engagements désordonnés. Le général Perrone, qui donnait l'exemple du courage et rame-
de près
lara, sur
nait sans cesse au combat quelques parties de sa di-
la
ainsi
peu de fermeté, reçut une blessure mortelle à la tête. Peu à peu l'avantage restait aux Autrichiens, ce qui obligea Ghrzanowski vision, qui avait
montré
si
1S
En même temps
le
la
réserve, qui avait suivi
corps d'Appel, arrivait vers Olengo. Ra-
detzky, qui se tenait à gauche de
la
route de Mor-
une élévation de terrain d'où il surveillait marche de la bataille, fit alors tout disposer pour frapper un grand coup.
à faire venir à la Bicoque, vers trois heures et de-
Les quatre divisions de d'Aspre et d'Appel, soutenues par une brigade de grenadiers de la réserve, furent formées en colonnes d'attaque en face de la
mie, trois nouveaux régiments, un de
Bicoque, tandis que
Bes
et
deux de
la division
de réserve
;
division
la
ces troupes
fraîches rétablirent le combat, et, gagnant rain, se portèrent assez loin
au delà de
la
du
ter-
Bicoque.
Les troupes de d'Aspre étaient alors entièrement épuisées et ne pouvaient plus tenir longtemps, mais le
moment
était
venu où
les
choses allaient changer
«
le reste
de
la
réserve se dé-
gauche pour contenir le centre et la droite des Piémontais, et qu'un faible détachement conti-
ployait à
nuait d'inquiéter la brigade Solaroli. «
Au même moment Ghrzanowski se décidait enfin non dans désormais im-
à faire avancer son centre et sa droite
de remporter une victoire,
l'espoir
,
une simple diversion en
de face.
possible, mais
Radetzky avait reçu à midi, à son quartier général de Lavezzaro, la nouvelle de la présence de l'armée piémontaise à Novare, que le bruit du combat lui avait déjà fait soupçonner. Il a ait mis aus-
faveur des défenseurs de la Bicoque, et tâcher de
«
sitôt
la
mouvement, envoyé
réserve en
à
Appel
au secours de d'Aspre, à Thurn et à Wratislau celui de revenir sur leur droite dans la direction de Novare ; ces ordn s l'ordre de
marcher au plus
vite
et toutes les dispositions prises,
il
s'était
champ de bataille. Le corps d'Appel, qui avait passé
nombreuses qui se trouvaient en face d'eux, et Ghrzanowski, venu vers le centre avec le roi pour diriger ce mouvement, retournait en toute hâte à la Bicoque, mais à ce
une telle masse, avaient abandonné la Bicoque. Ghrzanowski voulut essayer de la reprendre, 'et donna l'ordre au duc de Gênes de faire un dernier effort. Le jeune s'avancer, et les Piémontais, cédant à
prince ne put mettre en ordre que trois bataillons,
marchant à pied à leur tête, les reporta en avant; mais accueilli par un feu terrible d'artillerie et de et
mousqueterie,
se plaçant au centre, et la seconde resta en réserve
Bicoque.
devint alors plus animé;
ces nouvelles troupes échouèrent dans leurs pre-
miers
efforts,
mais
ne tardèrent pas à prendre feu de l'artillerie de la division
elles
l'avantage, malgré le
moment même
l'ennemi y entrait. Les quatre divisions autrichiennes, lancées vigou-
rière, et
Le combat
Bes et Durando
n'eurent pas de peine à faire reculer les troupes peu
première entra aussitôt en ligne
derrière elle.
bataille.
à Ves-
la nuit
deux heures de chemin d'Olengo, mais entre lui et le corps de d'Aspre se trouvait un nombreux équipage de pont et beaucoup de bagages qui encombraient la route et retardèrent tellement la marche des troupes, qu'elles ne purent paraître sur le lieu du combat avant quatre heures. Le corps d'Appel était composé des divisions Lichla
champ de
reusement, ayant emporté rapidement Gastellazzo et toutes les positions voisines , avaient continué de
polate, n'était pas à plus de
nowsky et Taxis;
le
faire
transporté
sur le «
conserver
pour
il
fut bientôt obligé
de revenir en ar-
l'ennemi resta définitivement maître de
la
ne restait d'autre parti aux Piémontais que de gagner au plus vite Novare; cette retraite, inquiétée par l'ennemi, qui attaquait vivement en « 11
queue
et sur les flancs, fut bientôt soutenue par la
Bes, qui se croisait sur elle avec celui de la gauche
cavalerie, mais dans l'infanterie le désordre fut ex-
combattant de front à
trême;
la
Bicoque
;
l'artillerie
de Du-
grande portée sur quelques détachements qui, ayant appuyé à gauche dans leur marche sur Novare, se reportaient à droite, en rando, de son côté,
tirait à
défilant devant le front des Piémontais. «
On ne
faisait
point d'efforts décisifs d'un côté ni
de l'autre, parce que Chrzanowski ne cherchait toujours qu'à se maintenir à
la
Bicoque, et que Ra-
detzky attendait l'approche de Thurn pour prendre plus résolument l'offensive. Thurn, arrivé à Confienza vers midi, avait entendu la
canonnade sur sa droite, et sachant que l'ennemi n'avait pas paru sur la route de Verceil, il avait marché sur Novare, sans attendre l'ordre du maréchal. Vers cinq heures, son avant-garde arriva au pont de l'Agogna, où elle ne trouva qu'un détachement de cavalerie qui ne put
les soldats couraient
pêle-mêle vers Novare,
et l'ennemi était si près qu'il vint
mettre ses pièces
au milieu des fuyards de î'arrière-garde.
A
la
porte
y eut une confusion et un encombrement énorme dont heureusement l'ennemi, qui s'ar-
de
la ville
il
rêta à quelque distance,
ne sut pas profiter; à huit heures toutes les troupes qui avaient combattu aux environs de la Bicoque étaient entrées en ville...
La perte des Piémontais était de quatre mille hommes tués ou blessés deux mille prisonniers et «
,
douze canons; celle des Autrichiens, qui portait presque uniquement sur le corps de d'Aspre, de trois mille hommes hors de combat et d'un millier de prisonniers. Ces pertes étaient assez peu
diffé-
nombre des hommes mis hors de combat que se mesure Fini-
rentes, mais ce n'est pas seulement par le
GARIBALDI.
14
portance d'une défaite. Pour les armées mal constipiémontaise, débandée et démoralisée, se trouvait
Montée sur un petit cheval très ardent, elle marchais quelles que fussent les circonstances, à côté de Garibaldi, stimulant au besoin les soldats par sa voix
entièrement hors d'état de réparer ses revers;
et son
tuées, tout échrc a de graves conséquences; l'armée
le
donc vaincu
Piémont et désarmé, et la fortune de l'Autriche l'emportait encore celte fois. était
« Chprles-Albert avait assisté à tous les
de
la
Bicoque, et ne
garde;
il
avait
s'était retiré
grondement du canon Celte Annita,
et
au sifflement des
courageuse
si
au
ni pâlir,
balles.
dévouée,
et si
si
femme et si patriote, ne vous rappelle-t-olle pas madame Rosclti, dont M. Michelet a raconté l'hé-
combats
qu'avec l'arrière-
pu juger par lui-même des
exemple, sans jamais reculer
roïque histoire en quelques pages éloquentes? L'une
disposi-
tions et de la qualité de l'armée, et ne pouvait plus
l'emporte sur l'autre, cependant,
se dissimuler, après la perte de la bataille, que tout
dangereux de se prononcer en celte délicate occurrence, je ne craindrai pas de le faire en faveur de la
inutile. En rentrant à Novare, envoya demander un armistice au maréchal, qui répondit qu'il ne l'accorderait qu'à la condition d'occuper le pays situé entre le Tessin et la Sesia et
effort était
désormais
il
de tenir
d'Alexandrie, et laissa
la citadelle
entendre que, ne pouvant se il
fier à la
femme
I
même
plusieurs reprises
à
pas
avant tout,
Italien
gle et obstinée
de
abdiqua et proclama
roi le
duc de Savoie...
Une plume
française ne
à la patrie
qu'il
campagne de Rome. Il obéissait menacée de toutes parts, et qui, au mi-
lieu des périls
il
dont
elle était
entourée, n'avait guère
temps de distinguer ses amis de ses ennemis, Français des Autrichiens, bien que les uns et
»
ne
se devait à la défense aveu-
peut pas applaudir à l'énergie et à l'habileté
était impraticable, et, sur ces
réponses unanimes,
il
l'Italie.
.déploya pendant la
était possible
elle
fait.
de se retirer sur Alexandrie; tous furent d'avis qu'une telle retraite s'il
fait
certes, été
Annita, — mais
Revenons à Garibaldi.
voulait avoir le duc de Savoie en otage. Charles-
demanda
Madame Rosetti eût,
capable de faire ce qu'a l'a
parole du roi,
Albert réunit alors les généraux et leur
deGaribaldi.
bien qu'il soit
cl,
le
—
les les
autres fussent sur le sol italien dans des vues bien différentes.
VIII
La partie
On ne peut que
constater, avec les historiens im-
partiaux, cette audace et cette habileté témoignées
—
par
durant celte courte période des affaires de
perdue pour le Piémont, jusqu'à la prochaine revanche. L'assemblée constituante romaine avait répondu à l'appel que lui avait fait Charles-Albert, en donnant Tordre de départ à tou-
impossible de tirer un meilleur parti des faibles res-
tes les forces disponibles
sources dont disposaient les assiégés.
était
;
des troupes s'étaient mises
lui
Rome. De aveu
fait
l'aveu
môme du
— adversaire, —
général Vaillant,
à propos d'un loyal
lojal
il
On
étail
se défen-
en marche pour porter secours à l'Italie du Nord, menacée par l'Autriche mais elles avaient dû re-
dra toujours bien, lorsqu'on défendra sa patrie.
brousser chemin, à
mains. Les triumvirs dépêchèrent une partie de leurs
Un
:
la
nouvelle du désastre de
vare. Les triumvirs avaient,
du
No-
reste, besoin d'elles
pour protéger l'Italie centrale que menaçait le même ennemi, puisque, déjà, le 18 féviier 1849, le général Haynau avait envahi soudainement Feiraro,
—
hommes
avec six mille
et
vingt-deux pièces de ca-
non.
qui l'avaient suivi partout depuis son retour rique, Garibaldi était parvenu à
armée de deux divisée, à la et décuries.
Sur sa
les
mode Il
d'Amécomposer une petite
mille soldats intrépides, qu'il avait
antique, en cohortes, centuries
avait en outre quelques cavaliers.
cadres de
femme Annita,
héros
troupes contre Ferdinand
la
—
quatrième centurie figurait une héroïne digne de ce
était
une grande
et
superbe créole brési-
lienne d'une trentaine d'années, qui avait suivi son mari partout, et qui devait le suivre jusqu'au bout,
— sûr de
de Naples, qui
le
suivre sur le
chemin de l'héroïsme.
s'é-
avancé jusqu'à Palestrina, à la lête d'un corps d'armée composé d'environ seize mille hommes. Garibaldi avait le là,
commandement de
ces troupes-
— peu nombreuses, comme toujours. Le 9 mai,
ples,
quelle
roi
faire retraite jusqu'à
avec ses seize mille hommes,
comme
— déconcer-
lui.
Velletri était
nand Pour
II, et le battit.
ne s'attendait pas, dut
il
Velletri,
tées
Le
de Naun peu empêché par cette démonstration à la-
rencontra Ferdinand
une position importante, où Ferdi-
II
se croyait à l'abri de l'atteinte do Garibaldi.
le
déloger de
là,
il
fallait
disposer de plus de
forces que n'en avait le chef de partisans.
Il
fallait,
surtout, avoir plus d'artillerie qu'il n'en avait,
regard de
l'artillerie
— en
formidable de l'armée napoli-
taine.
Le 19 mai, Garibaldi délogeait Ferdinand
!
Annita
II, roi
tait
il
Giu3eppe Garibaldi avait offert ses services au gouvernement provisoire des Etats-Romains qui l'avait chargé de former un corps de partisans. Et, au bout de quelque temps, avec le noyau d'hommes
armistice eut lieu entre les Français et les Ro-
II
do
Velletri.
Qui
ment
encore? Ce fut assuréroi de Naples. Une heure encore, et son
fut le
étonné cette
étonnement se
serait
fois
mêlé de honte, l'ennemi
le
VIE ET AVENTURES. poursuivant de près, de très près,
dans
les reins.
armée de volontaires l'accompagnèrent, décidés
baïonnette
la
eût différé d'une heure sa re-
S'il
— d'une heure seulement, —
bonne ou
mains de son adversaire. Voyez-vous de Naples prisonnier de l'aventurier Garibaldi ? Pourquoi pas? L'empereur Charlcmagne fut bien, une fois, le prisonnier de Renaud de Montauban! Et Garibaldi valait bien Renauj. Ferdinand II s'échappa à temps. Ce combat de Velletri, dont tout l'honneur revient
C'était
il
tre les
d'ici le
contre
comme
paraît exagérée, au premier abord. l'équilibre,
il
fut blessé
il
suffit d'ajouter,
que
En
en cette ren-
quittant
Rome,
se rendre à Venise,
le projet
—
le
très disposée en faveur d'un
comme
d'aller à
rage? Achille
Où
serait, alors, le
—
l'était,
mérite du cou-
talon excepté. Achille,
le
d'une déesse, pouvait se battre impunément
fils
sur de n'être pas atteint,
était
son plongeon dans
le
— de par
:
il
vertu de
la
Styx, et aussi de par celle du
bouclier que Thétis avait
fait
fabriquer à son inten-
mortelles, et qui se battait la poitrine découverte, s'exposait naturellement à être blessé,
Au
siège de Troie
il
eût
poursuivit Ferdinand
Il
Mais
le roi
de Naples
était
II
Il
était
de
l'in-
apprit que la Toscane était
mouvement
:
il
résolut
Florence au lieu d'aller à Venise. C'était plus audacieux, partant, plus digne de lui. C'était audacieux,
mais inopportun aussi. Que la Toscane désirât se soulever et reconquérir son indépendance, cela ne faisait pas doute. Biais la glorieuse des lagunes réclamait plus impérieusement la présence et le concours de Garibaldi. Il ne vit pas ville
cela.
Le 2
tion par Vulcain. Garibaldi, qui était né d'entrailles
tué.
italienne.
de Garibaldi
—
invulnérable.
Invulnérable?
l'infériorité
dernier boulevard de
raient sur son compte, se trompaient en ce point,
Garibaldi n'était pas
du côté de
rétablir
les bataillons.
dépendance
:
Pour
l'intrépidité,
cédentes, et assez grièvement- Les légendes qui cou-
sur quelques autres
une phalange
l'amour de la patrie, la haine de l'étranger. Les grands courages font plus
en des rencontres pré-
l'avait été
il
numérique,
coûta une bonne part de ses vaillants
compagnons. Lui-même,
mauvaise fortune. peu, assurément. Mais
sa
comme celle-là valait bien des bataillons autrichiens. Un contre deux; deux contre dix: la propoition
roi
à Garibaldi, lui
à
suivre sa route, quelle qu'elle fût, et à partager sa
tombait en-
traite,
15
et
même
merveille.
fait
et
—
son corps d'armée.
bon marcheur,
— surtout
juillet,
il
donna
le signal
du départ.
—
—
Compagnons, dit-il à ses soldats, nous partons pour la Toscane qui réclame le secours de «
nos bras. Allons lui payer cette dette sacrée Mais, avant de me suivre, il faut que vous sachiez ce qui vous attend vous ne serez pas payés, vous n'aurez pas d'abris, vous serez à peine nourris, et si vous ne !
:
à cheval
:
Garibaldi ne put le rejoindre.
Il
se con-
tenta de faire
une pointe dans les Abruzzes. Après avoir passé une journée à Rocca d'Acre, dont la population l'avait accueilli avec un enthousiasme facile à comprendre, il dut retourner a Rome, où le rappelait un ordre des triumvirs. Les hostilités venaient d'être reprises. Pendant un mois, Garibaldi, chargé de pourvoir à la
défense de
Rome,
soutint les attaques savantes
hardies de l'armée française. L'épisode du bastion
et
—
—
8 peint et exposé par Horace Vernet peut donner une idée exacte de l'habileté, du sangfroid, n°
de
la
science, de l'énergie qui présidèrent à
défense.
enlevé
cette
Avec d'autres assiégeants, Garibaldi eût
la position.
La dernière heure du gouvernement provisoire romain sonna. La ville éternelle se rendit.
Rome,
— mais non
Garibaldi.
Il
l'exil
et de l'inconnu, à travers
étrangères dont était hérisse
ment où larmée en
Cela convenait à merveille, en
effet, à ces cohortes de vaillants aventuriers rompus aux fatigues et aux misères. Une fatigue de plus, une misère de plus,
qu'est-ce donc que cela peut faire à des hommes qui ont fait le sacrifice de leur vie sur l'autel de la Patrie?...
Celte proclamation de Garibaldi fut donc accueillie comme elle devait l'être, c'est-à-dire avec enthou-
siasme,
— l'enthousiasme
que n'ont pas les Argonautes qui vont en Californie, où-ailleurs, à la conquête d'une Toison d'or quelconque.
On
dans
la nuit du 2 au 3 juillet 1849. Cette petite armée, divisée en deux légions, était
partit
—
les baïonnettes
composée de fantassins et de cavaliers, ces derniers, moins nombreux que les premiers. Il y a^aii
Au mo-
quatre mille des uns et sept cents des autres. La
Garibaldi
première légion était commandée par Garibaldi ; la seconde, par le lieutenant-colonel Sacchi. Les sept
le sol italien.
française entrait à
balle, vous mourrez de faim, de de chaleur. Tout cela, par amour de l'Italie. Voyez si cela vous convient!... » soif et
se refusa à toute
espèce de capitulation, et préféra reprendre
de
mourez pas d'une
Rome,
la
route
sortait.
cents cavaliers obéissaient à Bueno, officier américain dont Garibaldi avait eu occasion d'apprécier le IX.
courage.
A
lavant-garde chevauchait Annita, l'amazone enceinte de six mois. Madame Rosettj,
italienne, Il
n'eu sortit pas seul. Les débris de sa petite
sa
—
Lyby dans
les bras, fuyait le
long des glaciales
OARIRALDI.
16
du Danube, pour échapper aux Russes, aux
rives
aux Autrichiens, et reconquérir son mari, prisonnier. La femme de Garibaldi, sa Liby dans le sein, marchait à travers une foret d'ennemis, pour
Turcs
et
Deux deux femmes nos contempo-
reconquérir un lambeau delà liberté italienne.
femmes
antiques, ces
Ange
côté d'Annita marchaient le père Bassi,
n'avaient pas voulu
deux
et ses
Ciccrovacchio,
Brunetti, dit
Rome
assister à
la
qui
fils,
de
capitulation
associer leur destinée à
et avaient préféré
Le 20
juillet,
il
repartait de Cétona et allait faire
— où
il
un mani-
rédigeait
sommairement, mais clairement, aux libéraux toscans, le pourquoi de son arrivée en Toscane à la tête d'une armée de trois mille feste expliquant
hommes. Les libéraux comprirent bien; mais
de Garibaldi.
celle
après.
étape à Montepulciano,
raines.
A
Le 18, il était à Cetona, en Toscane. C'était dans ce bourg qu'il avait fixé le rendez-vous général. Ce fut là, en effet, que sa petite armée se trouva réunie deux ou trois jours repartir le lendemain.
ment toscan ne comprit
pas, et
le
gouverne-
s'arrangea de
il
façon à ameuter contre Garibaldi les populations
des campagnes, qui obéirent
X
rance.
Il
est
si
facile
comme
obéit l'igno-
de faire croire tout ce qu'on
veut à de braves gens qui ne sont occupés que des Cette petite armée, toujours sur l'offensive, tra-
versa ainsi une partie de
de
Au bout
centrale.
l'Italie
jours de marche à travers des chemins
six
à Terni
ciles, elle arriva
embuscades
évité les
,
diffi-
après avoir heureusement
et les
manœuvres des armées
ennemies, qui, mises en éveil par cette retraite soudaine, cherchaient à l'empêcher et à en connaître le
Terni, les troupes garibaldiennes trouvèrent
neuf cents
hommes commandés
ardeur
par un
officier
cause de l'indépendance italienne et
la
vaillamment battu pour
commandement de
elle.
s'était
bâton
hommes pauvres
semer la dans un terrain qu'on arrose à coups de les
Allez
!
!
C'était là
un ennemi de plus pour
des patriotes italiens,
— comme
cœurs n'en avaient déjà pas assez
la petite
armée
ces vaillants
si !
XI
comme
de cette petite armée,
— qui
de désertions,
— mais
ils
venaient
réconforter les cœurs et fortifier les espérances.
De
hommes que
furent les bien-venus.
appauvrie de jour en jour par suite de malaet aussi
dies,
leur territoire. Pauvres
signalait la présence sur
Garibaldi lui confia le
pas qu'ils ajoutassent quelque chose à l'effectif
Le gou-
vernement toscan cria au loup en criant au Garibaldi, et les payans prirent leurs fourches et leurs faux pour traquer cette bête fauve dont on leur
du lieutenant-colonel Sacchi.
hommes
Ces neuf cents
s'était
!
de ses légions; l'autre
l'une
resta sous les ordres
nombre
an-
Forbes, qui avait embrassé avec
glais, le colonel
Non
de bien dormir après avoir bien travaillé
liberté
but.
A
choses des champs, et qui n'ont d'autre souci que
A
cet obstacle, sur lequel Garibaldi avait le droit
de ne pas compter, vinrent se joindre d'autres ob-
Le
Terni, Garibaldi se dirigea vers Todi, où
il
— plus sérieux encore, même général d'Aspre, —
stacles,
s'il
est possible.
le
à qui Charles-
Albert avait dû sa défaite de Novare,
— comman-
en Toscane. Supposant
arriva le 13 juillet, avec trois mille soldats seule-
dait les forces autrichiennes
ment. Le reste
que Garibaldi et sa troupe avaient l'intention de s'embarquer sur les navires américains que l'on voyait courir des bordées le long des côtes, il avait concentré à Sienne un corps de troupes sous les ordres du général Stadion, chargé par lui d'empê-
depuis Spolète. cile
sur les chemins,
s'était éparpillé
Que voulez -vous
de trouver cinq ou
six mille
!
Il
est assez diffi-
hommes
qui con-
sentent à jouer longtemps le rôle de héros!
Il
faut
pour cela, et avoir le cœur de l'emploi. C'est un rude métier que celui-là! C'est un lourd
être taillé
fardeau le
Beaucoup
!
s'en débarrassent aussitôt qu'ils
peuvent, après en avoir tâté à leurs risques et
quelque chose, sans doute, mais
périls. C'est déjà
cela
ne
suffit pas.
pour arriver à Todi, c'est
Il
faut bien des gens
faire la
courageux
monnaie d'un héros!...
la frontière.
Garibaldi divisa sa petite
armée en plusieurs détachements, en recommandant à chacun d'eux de suivre dos chemins différents et
de bien se garder d'approcher des routes pos-
tales qui
vont de
Cela convenu,
chements
Rome il
16
juillet à Orvieto,
la
fuite des garibaldiens. Garibaldi
pour en
—
mort, l'Autriche respirait; Garibaldi vivant, même à mille lieues de sa patrie opprimée, c'était une épée de Damoclès incessamment suspendue au-dessus de la tête de l'armée autrichienne. On ne revient jamais de la Mort, on revient souvent de
—
—
l'Amérique.
En même temps que trait
mille
un corps d'armée
hommes
le
général d'Aspre concen-
à Sienne,
il
envoyait trois
conduits par l'archiduc Ernest à
rencontre de l'armée expéditionnaire
à Florence.
se mit à la tête d'un de ses déta-
et arriva le
cher à tout prix
la
commandée
par Giuseppe Garibaldi.
Ce dernier
n'était resté
qu'un jour à Montepul-
VIE ET AVENTUHES. ciano. Arrive le 21 juillet dans cette ville, partait le
1
il
î,
il
en re-
22 pour Castiglion-Fiorentino, d'où,
s'acheminait vers
—
d'Arezzo,
la ville
le
cette
au milieu de témoignages de sympathie tels, de la part des populations, que les Autrichiens n'osèrent point l'attaquer. Et cependant, si je sais bien compter, les trois mille soldats commandés par l'arfois
chiduc Ernest et les cinq mille
commandés par
le
général Stadion, — qui avaient opéré jonction, — un de huit hommes opleur
cela faisait
mille
total
à
.
pour était
lui, l'autre
contre
moitié
juillet*,
Le 26,
il
il
le parti
grand-ducal
—
route de
la
Romagne,
Monterchi
;
et,
et,
pour quelque chose. Et
meilleure occasion pour les défaire.
A
Arezzo, Garibaldi trouva les portes de la ville fermées. Passer outre, c'était la guerre civile qu'il allumait là; parce que si la moitié des habitants était
vie mortelle.
Comment
la
Le 28
cendit des Apennins et
où
la rejoignit
Quoique
nuit sui-
inférieurs en
chiens. Plusieurs
Le 27, aux premières lueurs du jour, les garibaldiens étaient sur le sommet des Apennins et pou-
quels les
vaient contempler le pays qu'ils voulaient affranchir. Ici et là, à droite et à
gauche, partout, à leurs pieds,
des villages,
— des
nids
humains mena
ces par les oiseleurs autrichiens!
créatures asservies! Dieu a donné
l'homme, mais il ne lui a donné que cela. che ton pain, » lui a-t-il dit. « Ton pain
—
berté!
«
—
nombre,
la lutte
avec
les volontaires
—
taient il
—
courageusement, mais qui redou-
seulement l'Inconnu. Garibaldi savait bien où marchait, et il y marchait sans subir un seul in-
stant de défaillance, parce qu'il combattait,
cherche. C'est ainsi que se passe notre
de
les soldats autri-
mêla de nouveau, et les rangs s'éclaircirent tristement. La foi, ce levier puissant, irrésistible, la foi manquait à quelques-uns de ces hommes qui ne redoutaient pas les périls, certes, puisqu'ils s'é-
Cher-
»
L'homme
armée de volontaires desentra dans la Romagne,
à Saint-Angelo, entre autres. Puis la désertion s'en
taient battus déjà
li-
la vie
?
engagements eurent lieu, dans lespatriotes italiens perdirent de leur monde,
la vie
et la
—
bientôt l'armée autrichienne.
Giustina.
à
se passera l'autre,
juillet, la petite
Garibaldi entamèrent
Que de
preuve, c'est que l'armée
—
vante, dans les Apennins, en passant par Santa-
villes,
la
autrichienne les laissa s'avancer jusqu'à Arrezzo sans les inquiéter, dans l'espoir de retrouver une
le
de ce bourg, qu'en-
touraient les Autrichiens, se retirait,
des
de Garibaldi! Mais
l'enthousiasme des populations au milieu desquelles passaient ces trois mille patriotes, comptait bien
immortelle dont nos âmes ont faim
occupait les hauteurs de Giterna.
était à
hommes
poser aux trois mille
S3"*
lui.
Garibaldi prit la
25
—
i
17
au
nom
du Devoir, en faveur de l'affranchissement del'Ita%
GARIBALDI.
18 Biais ses soldats n'avaient
lie.
Le but leur paraissait trop éloigné.
lile.
d'aller vers
nue
pas tous sa nature d'é-
la
montagne,
montage
la
ils
vint à eux,
Au
lieu
aimaient mieux attendre
—
et
s'arrêtaient fa-
ils
ligués et découragés.
En lace ries
hôtes, la sympathie et le respect dûs au
malheur
persécuté.
A
«
moment,
dater de ce
devoir d'obéissance à
mon
je vous délie de tout
égard, et vous laisse
li-
bres de rentrer dans vos foyers.
soldats, Garibaldi comprit qu'il s'agissait désormais
Avant de vous quitter, cependant, je vous rappellerai que nous n'abdiquons pas, mais que nous faisons seulement une halte. L'Italie ne doit pas rester dans l'opprobre et nous lui devons à son éman-
d'assurer le salut des débris de son armée,
cipation jusqu'à
dans
désertions qui, aidées des pertes subies
préeédentes rencontres avec
les
chiens, diminuaient de
non de l'exposer
beaucoup
Autri-
les
nombre de
le
ses
—
et
à être décimée jusqu'au dernier
homme fallait
dans des combats désastreux. Pour cela, il gagner le territoire de la République de Saint-
Blarin,
—
territoire neutre,
vaient trouver
où
les Garibaldiens
du moins un refuge
«
jusqu'au dernier battement de notre cœur. La mort est préférable mille fois à l'odieux «
Vive
l'Italie!... »
«
Vive
l'Italie! »
pou-
et des secours
— ceux,
naires,
provisoires.
dernière goutte de notre sang,
la
joug de l'étranger.
répétèrent les courageux légion-
du moins, dont
le
cœur
battait à
à l'unisson de celui de leur chef.
Rien n'est plus navrant que ces séparations, volontaires ou involontaires.
y a toujours quelque chese qui se brise en vous, quand il s'agit de se
XII
quitter, après s'être
attendue de
1
au fourreau
et le stutzt
remettre l'épée
Il fallait
n au
râtelier,
— jusqu'à
nouvel ordre et jusqu'à meilleurs jours. Il
en coûtait au
loyal et brave
cœur de
de s'avouer cela mais, à moins d'être fou et de vouloir à lui seul repousser l'Autrichien de l'Italie, il fallait bien qu'il convînt avec lui-même que l'abdi;
nécessaire. Un chef cation — momentanée — d'armée a charge d'âmes, — comme un chef de peuétait
ples. Qu'il risque sa vie, cela le
pas le droit de risquer
regarde; mais
imprudemment
la vie
tres.
Et, cependant, Garibaldi avaitavec
—
lui
il
n'a
des au-
— en dehors
une poignée de vaillants hommes qui n'eussent pas demandé mieux que de jouer cette dernière partie, perdue d'avance, tu risque de laisser leurs os dans les champs de la Romagne. Garibaldi le savait. Il les connaissait tous presque aussi bien que lui-même; c'étaient des hommes robustes au mal et réfractaires à la lâcheté des soldats recrutés ça et
là,
:
des descendants purs des antiques légions romaines, si
redoutables et
redoutées
si
!
Mais, plus ces preux étaient disposés à jouer
une
dernière fois leur vie et à verser une dernière fois leur sang,
moins
inutile, hélas
il
devait accepter ce sacrifice,
—
donc en introduire
l'autorisation
les
la
proclamation suivante
«
ter,
Garibaldi établit son quar-
de traverser
le territoire
de
la
Répu-
L'aide-de-camp
partit.
Quelques heures après , il revint. Sa démarche avait été mal comprise. Refus lui avait été fait, sur
deux points importants de son message. Le lendemain Garibaldi envoya le père Ugo Bassi. mais sur un point Le docteur Belzoppi céda, seulement. Le gouvernement de Saint-Marin consentait bien à donner à la petite armée de volontai-
les
—
res les provisions dont elle pouvait avoir besoin,
parce que ce sont de ces choses qui ne se refusent
—
à moins que ce paysdans aucun pays du monde, là ne soit sous une domination autrichienne quelcon-
que. Quant au second point,
—
—
plus essentiel
le
:
refus complet, sous prétexte de neutralité à ob-
server.
Bassi revint au quartier-général de Gari-
de
la
nouvelle qu'il avait à lui appren-
république de Saint-Marin. Une
au sommet du mont Titan,
«
la vie?...
montagnes de Garpagna, qui forment une
des limites de fois
faite,
dans
blique.
dre.
dans
avec ses compagnons,
ainsi d'autres
Pourquoi
vernement, avec mission de demander des vivres d'abord, pour ses hommes et pour lui, et ensuite
baldi, triste
était,
il
même
deux pas du gouvernement de SaintMarin, et envoya un de ses aides-de-camp auprès du docteur Belzoppi, le premier magistrat de ce gou-
Le 81
1849
linceul dans le
tier général à
Garibaldi résolut de licencier sa légion. juillet
même
paration forcée qui s'appelle la mort?
Le père
!
le
drapeau. N'est-ce donc pas assez, déjà, de cette sé-
Sa proclamation Garibaldi
Il
promis de rester ensemble jus-
qu'au bout, et d'avoir
L'heure n'était pas sonnée encore, —l'heure tant indépendance.
—
il
leur adressa
la
X11I :
Compagnons!
Nous
voici
en pays sûr et
libre.
Sachons méri-
par notie irréprochable conduite envers nos
La
petite république
de Saint-Marin
nière dis républiques italiennes
—
—
n'était
la
der-
pas de
VIE ET AVENTURES. force à lutter contre l'Autriche.
A
Elle voulait agir
humainement à l'égard des garibaldiens; mais gement et prudemment à son égard.
sa-
d'autres temps, elle n'eût pas hésité, certes, à ouvrir ses bas et son territoire à ces proscrits qui
demander une
lui
complète.
hospitalité
—
Mais les Autrichiens étaient à ses portes,
qui tombait des étoiles,
par groupes sombres, endormis sur les
pavés.
— Quel
En
venaient
la pâle clarté
les vit,
il
10
et elle
réveil
ils
vont avoir! rnurmura-t-il avec
mélancolie. Quelques-uns parmi eux m'eussent suivi
peut-être
Peut-être...
!
de ne pas arriver...
et
Non
ils
;
sont las de marcher
auront
Ils
sauve, c'est
la vie
ne voulait pas disparaître.
tout ce qu'ils veulent avoir... la vie sauve et le droit
Les Autrichiens, en effet, avaient suivi de près les débris de l'armée de Garibaldi. Le général Gorzkoffsky était accouru en toute hâte de Bologne pour
d'aller
coûter
la retraite
Rimini,
à
il
aux patriotes
avait été investi
italiens; et,
une
fois
du commandement en
chef des forces autrichiennes.
Il
n'y avait pas à plai-
santer avec cela!
Tout ce que purent
faire les magistrats
de
la
ré-
que
où bon leur semblera...
la liberté... C'est
Ils
aiment
d'une conquête
si
la
vie plus
amère
et
si
difficile, la liberté!...
du départ,
Garibaldi donna l'ordre
et la petite
— composée de Garibaldi, de sa femme, du père de Cicerovacchio, d'environ deux cents légionnaires, — se mit aussitôt en route, prétroupe,
Bassi,
cédée des
et
trois guides
avec lesquels
s'était
il
entre-
publique de Saint-Marin, ce fut de s'interposer auprès du général Gorzkoffsky pour obtenir de lui
tenu pendant une heure, au sujet des chemins à
une capitulation honorable en faveur des proscrits. Voici quelle fut la réponse du général Gorzkoffsky « Les légionnaires rentreront librement chez eux,
les
prendre pour gagner
la
mer
sans être surpris par
ennemis.
:
après avoir déposé leurs armes dans les mains des
XIV
magistrats de Saint-Marin. >
Garibaldi recevra un passe-port autrichien, à la
condition de s'embarquer, dans le plus bref délai,
pour l'Amérique, dans un port delà Méditerranée. » Lorsque ces propositions furent apportées à Garibaldi, sa petite armée campait sur la place de Saint-Marin et dans les rues avoisinantes. Ses légionnaires,
— qui avaient
tant de fatigues en
si
fait
tant de
peu de jours,
chemin
et subi
— dormaient
—
—
Gorzkoffsky, toujours à Rimini, apprit que son re-
doutable ennemi
lui
échappait.
Sa colère fut terrible.
ça
Il
la
manifesta par une
étaient de-
proclamation sauvage, dans laquelle
veillait Garibaldi,
déclarèrent
venait de passer
mort quiconque oserait fournir du pain, de l'eau ou du feu à Garibaldi et à sa bande. C'était déjà odieux. Mais une fois sur cette pente, on ne s'arrête pas. Gorzkoffsky ne craignit pas de signaler aussi la courageuse Annita aux délateurs, en faisant mention de sa grossesse de six mois. Cicero-
étudier la
vacchio et
harassés, sur les pavés.
là,
comme
bout, veillant
qu'ils n'acceptaient
pas cet ultimatum du général
Gorzkoffsky, et qu'is préféraient s'ouvrir par les
armes
le
chemin dont on leur défendait
l'accès.
Vers minuit, Garibaldi réveilla ses aides-de-camp.
à
que deux heures après ce départ de Saint-Marin, exécuté dans le plus grand ordre et avec la plus grande prudence, que le général fut
Ceux qui
et
Il
Ce ne
une heure sur une carte d'Italie, route à prendre pour échapper aux dix
mille Autrichiens qui le cernaient.
Il
avait interrogé
aussi trois suides expérimentés qui lui avaient indi-
qué celte route dune façon précise. Pour que cette retraite ne fût contrecarrée par rien ni par personne, il fallait l'opérer immédiatement et profiter de cette nuit qui n'avait plus que quelques heures. Garibaldi
commanda
à ses aides-
de-camp de tout préparer pour un départ immédiat.
cents légionnaires, réveillés, consentirent à
suivre la fortune de leur chef.
— De
nouvelles souffrances attendent ceux qui
— sinon
partent,
— leur
Mais
pourront dire avec orgueil
ils
dit-il,
transité avec l'ennemi
— Partons
!
l'exil :
ou "
la
mort
!
Je n'ai pas
Cela était digne d'un gouvernement qui fouette
femmes, n'est-ce pas ? Les Autrichiens se mirent
les
tifs,
s'éloigner, Garibaldi jeta
nier regard sur ceux de ses
comme
suivant à
un der-
compagnons qui res-
taient là, sur la place de Saint-Marin.
à la poursuite des fugi-
des chasseurs de bêtes fauves, en les
la piste, et
en se promettant d'avance une
plantureuse curée.
En
sortant
du
territoire
de Saint-Marin,
les fugi-
avaient pris les défilés qui bordent la Marecchia,
gagné les grands bois qui s'étendent entre Rimini et Ravenne. De là, ils s'étaient dirigés vers le petit port de Cesenalico, où ils arrivèrent dans la et avaient
nuit
du
l
er
au°2 août.
Quelques heures après, treize barques de pêcheurs vaillants proscrits.
Elles
étaient
dirigées par des marins experts, la plupart anciens
répondirent ses légionnaires.
Au moment de
père Bassi ne furent pas oubliés par
emmenaient ces
!... »
menaçait de
lui.
tifs
Deux
le
il
compagnons de
Un
vent
flottille,
Garibaldi.
frais favorisa la
marche de
pendant presque toute
la
cette petite
journée. Venise,'
GABIBALDI.
20
glorieuse ville des lagunes, apparaissait dans le
la
Les
lointain. l'état
Liby qu'elle
que tant d'émotions et et qui, à chaque instant,
haletante l'avaient tuée déjà. Et à ces fatigues ve-
d' Annita,
qui
consternaient ses
amis.
naient encore s'ajouter des
angoisses horribles
devenir Garibaldi?
qu'allait
aimait
Elle
:
l'Italie,
femme. Mais elle aimait avec plus de passion encore l'homme, le héros en qui certes, cette vaillante
— Venise
!
Venise
!
Venise
!
criaient les fugitifs,
qui se croyaient sauvés.
nom
Dulmate du
commandé par un
de Kopinovich,
— qui —
autant que Garibaldi l'aimait,
haïssait
fut signalé
à quelque distance. le salut
était
que de faire diversion à l'attention de l'ennemi et de diviser ses forces, de manière à pouvoir passer très rapidement au milieu de son feu pour aller rejoindre le cap de Maestra, d'où il eût été facile aux treize barques d'aller se placer sous la protection de la croisière possible encore.
11
moment
Et
elle l'Italie.
à l'autre,
il
elle savait
que, d'un
pouvait tomber dans une
ne
em-
buscade autrichienne, être pris et fusillé! Ce double glaive, cette double douleur lui perçait les entrailles, y perçait aussi l'enfant qui y remuait, ne devait jamais voir le jour et
présence de ce navire,
la
pour
s'incarnait
brick autrichien, YOrcslc,
Malgré
et avec elle la
portait dans son sein. Les fatigues de cette fuite
de fatigues avaient brisée, éprouvait des défaillances
l'Italie
—
fugitifs se seraient réjouis, n'avait été
douloureux
Un
Annila se mourait,
—
et qui
!
Si Annita souffrait ainsi, Garibaldi n'en souffrait
s'agissait
pas moins. Car ce preux, cet
femme
aimait sa
pour
sentait
d'un amour égal à celui
l'Italie.
Amour
femme
agonisait
!
antique, qu'il res-
ardent, enthousiaste,
dévoué jusqu'au tombeau! Et sa
homme
agonisait! Et
l'Italie
L'Italie pouvait ressusciter
un
vénitienne.
jour; les nations ont de ces résurrections-là. Mais
Malheureusement les pêcheurs qui montaient les barques ne voulaient pas les exposer à être prises ou coulées bas. Us obéirent mal aux manœuvres commandées par Garibaldi et cinq barques seulement
Annita? Morte,
;
purent atteindre
la
plage de Mesola.
nombre de
très petit
Pendant
—
—
trois jours!
ces trois
errèrent en plein soleil, à travers plaines et à
fugitifs
trouver les secours qu'il leur plaignait pas,
légionnaires.
vait
les proscrits qu'elles portaient furent aussitôt
la
d'outrages et chargés de chaînes, pour être
navale de Pola.
femme! —
— l'héroïque
Annita ne se et cela
prou-
précisément l'intensité des souffrances qu'elle
ne se plaignait pas mais Garibaldi voyait perler sur son beau visage la sueur suprême, la sueur des mourants. Elle ne luttait pas contre
—
acca-
fallait.
ressentait. Elle
tombèrent enfin au pouvoir des Autrichiens. Tous
la station
trois jours,
et
—
conduits ensuite à
!
sa
Les huit autres, après avoir essuyé une canonnade acharnée, ainsi que les cinq précédentes,
blés
jamais
travers bois, de cabane en cabane, sans pouvoir
Sur ces cinq barques, il y avait Garibaldi, femme, le père Bassi, Gicerovacchio, ses deux fils,
un
réveillât
ne pouvait plus espérer qu'elle se
il
mort;
;
elle luttait
mertume ne
seulement contre l'amour. L'a-
venait en l'âme que parce qu'elle
lui
savait qu'il allait falloir quitter Garibaldi, son soleil,
flamme, sa joie, pour entrer dans la nuit, dans le froid, dans le deuil éternels! Heureux ceux qui ne se voient pas mourir Heusa
XV.
!
reux ceux qui meurent sans rien regretter en ce
monde! Après avoir touché terre à Mesola avec ses vailcompagnons, Garibaldi comprit que leur salut à tous était dans la fuite mais dans une fuite opérée isolément, par des chemins différents. Les fugitifs s'embrassèrent en se promettant de lants
v
—
un jour. Hélas Il en coûtait beaucoup au père Bassi, à Gicerovacchio, à ses deux fils, et au capitaine Livraghi, de se revoir
!
se séparer de Giuscppe
Garibaldi.
bien qu'ils ne se reverraient plus
Ils
devinaient
taigne,
—
La mort c'est le
—
n'est rien,
mourir
!
dit le vieux
aidé de temps en temps par son
compagnon dévoué
charmes pour
Le
Calvaire
lui.
du
Christ
—
sublime crucifié
le
dura qu'une journée. Et Christ dernière station de son Calvaire
Le
soir
du troisième
connaissance.
Il
jour,
était
fallut s'arrêter
plus faible tressaillement qui pût
— —
fois,
Garibaldi,
et l'on se sépara.
suivi
seulement d'un de ses compa-
gnons, qui l'aida à porter sa
femme mourante, —
s'achemina sur-le-champ vers Ravcnne. Quel Calvaire! Quelles stations douloureuses
cœur
se brise en les racontant.
Le
la
dans une chau-
disposé à
la
hâte.
Garibaldi s'agenouilla auprès d'elle, épiant sur son visage, envahi déjà par les ténèbres éternelles, le
permettre
lui
d'espérer encore.
Annita
était
blanche sur ce !
lit
bien las à
Annita perdit tout-
dernière
fallait fuir,
— ne
!
mière, et l'étendre sur un
il
femme,
dans cette fonction douloureuse, pleine d'âpres
chacun de son côté. Autrement cette fuite en masse n'eût abouti qu'à faire prendre tout le monde. On s'embrassa donc une Mais enfin
Mon-
»
Pendant trois jours, Garibaldi porta sa
à-fait
!
«
toujours lit
évanouie
de misère
,
immobile
comme une
et
statue sur
un tombeau.
Quelques instants après, un paysan
vint avertir
VIE ET AVENTURES. nous réveillerons toutes deux un jour...
l'approche d'un détachement autri-
Garibaldi de
21
plus heureuse, se réveillera avant moi... Vis pour
chien.
Vis pour assister à sa résurrection
Annita morte, Garibaldi se serait laissé prendre. Mais elle respirait encore; il venait de surprendre un souffle, un battement de cœur il ne voulait pas
elle
que sa eompagne tombât vivante, lui vivant, entre les mains de ses odieux ennemis. sans se Il la prit alors dans ses bras et l'emporta,
nelle!... »
demander où
pouvait aller ainsi,
il
sans doute capable de
la
robuste cœur. Mais
maines
il
succomba sous
Ces retours sur
si
Par bonheur, une voiture se trouvait
là,
dant
— une
enfant.
et
arrivèrent à quelque distance d'un
Il
visage de sa
elle
les
—
avait tenu parole, en franchissant les Alpes, à
il
et
en vainquant ses en-
où précisément
l'Italie,
Autrichiens sont vaincus aujourd'hui par les arfrançaise et piémontaise réunies.
mées
Garibaldi tiendra sa parole aussi bien que le
un cri, se pencha avec désespoir compagne, colla ses lèvres contre
les siennes et recueillit
la joie.
ennemi des Autrichiens. juré d'être celui des Romains,
de ses Carthaginois, nemis dans cette partie de
s'évanouit de nouveau.
Garibaldi poussa
comme
jura, sur le cadavre d' Annita, d'être tant
la tête
ils
prême. On descendit Annita avec précaution, pour conduire ensuite vers cet abri sauveur. Mais
complut, cepen-
s'y
plongea avec un amer contentement. La
Annibal avait
comptaient demander et obtenir l'hospitalité su-
le
s'y
Il
qu'il vivrait l'irréconciliable
d'Autrichiens.
sur
il
;
!
—
son compagnon y placèrent Annita, et la voiture roula dans des chemins qui pouvaient être bordés
d'un chalet appartenant au marquis Guiccioli, où
mort char-
Seulement, au sortir de ces âpres méditations, le serment d'Annibal Garibaldi fit un serment,
grossière voiture. Biais qu'importait ? Garibaldi et
le soir, ils
re-
passé, en face de ce présent na-
douleur a aussi son ivresse,
de son précieux fardeau.
Vers
le
dernière
la
vrant, lui déchirèrent l'âme.
poids
le
la
me
l'entend toujours resonner, cette première
heure, lorsque sonne
y a une limite aux forces hu-
Garibaldi, épuisé,
:
On
heur.
donnaient de nouvelles
un
Vis pour
Les souvenirs lui revinrent en foule. Il se reberça dans les rêves de ses amours d'autrefois. Il entendit sonner à son cœur la première heure de son bon-
et se croyant
forces, à ce robuste corps dans lequel battait
!
Vis pour
!
m'aimer encore au delà de
gretter et
porter au bout du monde.
et le désespoir lui
L'amour
—
!
préparer et hâter sa délivrance
:
la
L'Italie,
fils
d'Amilcar-Barca.
son dernier soupir.
XVII
XVI
Un
pénible devoir restait à accomplir pour Giu-
seppe Garibaldi.
Sans le
la
présence de son compagnon, qui
bras, Garibaldi se serait tué.
Il
auxquels on ne survit pas. L'Italie
!
lui retint
!
ses
ses
!
de ses deux idoles,
— Annita
et
pleura, cet
sards de
la vie,
homme
—
:
il
pleura.
qui avait couru tous les ha-
qui, cent fois, avait intrépidement
présenté sa poitrine pour cible aux balles de ses
ennemis, — qui
ne
s'était
jamais laissé émouvoir
par aucun danger, par aucune menace de mort, par rien,
il
mées.
pleura
!
On ne
aux premiers vers venus de sa femme ou de son ami.
passa une partie de la nuit, pâle et sombre, auprès de sa chère morte, dont le beau visage un instant convulsé par la douleur
dépouille
mor-
Aidé de son compagnon, Garibaldi fit un trou dans un coin de la plaine, sous un bouquet d'arbres, et
lorsque ce trou fut assez grand,
religieusement
la
ils
pauvre Annita. Puis
y placèrent la
terre re-
couvrit tout.
Comprenez-vous? Ensevelir de ses propres mains lui creuser son tombeau la femme qu'on a aimée de ses propres mains Quelle lamentable chose Quel épouvantable supplice du cœur! Jusqu'ici, je n'avais vu cela que dans un roman, vrai, d'ail-
—
—
avait repris cette
!
comme
merveilleuse sérénité que les justes et les bons ont
leurs,
seuls à cette heure solennelle. Elle semblait lui sou-
enterrant
— par
la
!
Il
rire,
de terre
profane pas l'âme immortelle, en con-
fiant ainsi telle
Garibaldi ne se tua pas
— pas
Les cimetières sont partout où il y a de la terre et où l'on peut faire un trou assez profond pour y ensevelir les restes périssables des créatures qu'on a ai-
!
Liberté.
Il
n'y avait pas de cimetière là,
Il
deux
Annita
passa dans l'âme de cet héroïque proscrit qui survi-
la
enterrer Annita.
consacrée, pas de terre bénite. Mais qu'importait?
!
vait ainsi à la ruine
fallait
y a des désas res
deux saintes mortes Ah! ceux qui aiment comprendront ce qui se
adorations
Il
delà de cette frontière qu'on ne repasse
jamais, une fois qu'on
l'a
franchie,
—
et lui dire
:
Rien ne meurt ici-bas. Nous nous reverrons Je ne suis pas morte. L'Italie n'est pas morte. Nous «
:
.
.
.
.
la
vérité,
!
—
—
le chevalier
Manon Lescaut dans un
Desgrieux
désert. Je croyais
cela impossible, au-dessus des forces
me
semblait que
la
humaines. Il tentation devait vous venir, ir-
résistiblement, de vous enterrer
morte. C'est horrible
!
vous-même avec
la
*
g2
r.ABIBALDI.
ù> douloureux devoir accompli, Garibaldi se rendit sous un déguisement, à Ravenne, d'où il gagna la Toscane et les États sardes, à travers des
chaque pas. Sa tête avait été mais, en dépit de l'atroce proclama-
avaient préféré chercher leur salut dans s' efforçant
de gagner,
périls renaissants à
là,
mise à prix
des bêtes fauves par
;
du général Gorzkoffsky, qui défendait aux habitants sous peine de mort, de lui donner le pain et le sel, il avait rencontré sur son chemin des sympathies sans nombre, et ce n'était que grâce aux tion
,
travestissements qu'on lui avait procurés avec
pressement
qu'il avait
pu gagner
em-
Piémont.
le
soit isolément, soit
en
par bandes,
du grand-duché de Toscane, pour, de
frontière
la
la fuite,
se rendre en Piémont,
ils
comme
furent traqués
Quelques-uns
les Autrichiens.
s'échappèrent; les autres furent pris et
fusillés.
Parmi ces martyrs de l'indépendance il faut compter neuf cavaliers qui avaient eu l'imprudence de se reposer un instant dans un bois, près de Macerata Feltria. Des chasseurs tyroliens étaient survenus et les avaient massacrés. ,
Sur les huit barques capturées par YOresle, il y avait une centaine de légionnaires, parmi lesquels le colonel anglais Forbes. Retenus à Pola pendant un mois, puis après traînés de prison en prison en Lombardie, ils avaient été enfin dirigés les uns sur le Piémont, les autres sur la Suisse. C'était peut-être la première fois que l'Autriche montrait de la mansuétude. Il lui aurait été si facile de
—
XVIII
sauvé.
(jaribaldi était l'ois
échappait encore une
Il
à l'Autriche.
Malheureusement il ne devait pas en être ainsi de ses compagnons. Ceux qui étaient restés sur le territoire de Sain tMarin, après
le
départ de leur chef, s'étaient dis-
persés dans différentes directions, après avoir dé-
posé leurs armes entre
mains des magistrats de la petite république. Gomme ils avaient obéi aux injonctions de l'ultimatum imposé par le général Gorzkoffsky,
ils
supposaient avec raison que
le
gé-
—
c'est-à-dire qu'il leur permettrait de se
Braves gens qui croyaient en
la
!...
le
fils,
père Bassi,
le capi-
taine Livraghi et quatre autres de leurs
avaient été fusillés, et
fils,
les
compagnons eux. Cicerovacchio, ses deux
quatre garibaldiens l'avaient été sans
aucune forme de procès. Mais on avait fait au père Bassi et au capitaine Livraghi, à Bologne, l'honneur d'un conseil de guerre. Conseil de guerre dérisoire, je le veux bien, mais, enfin, conseil de guerre. Ah! cela coûte cher décidément de trop
—
aimer
retirer sains et saufs.
tous ces patriotes-là
Cicerovacchio, ses deux
les
néral Gorzkoffsky, de son côté, obéirait a cet ulti-
matum,
faire fusiller
—
—
la patrie et la liberté !...
parole de l'Au-
triche!
Malgré l'assurance formelle donnée par un
du généralissime autrichien, offerte à Garibaldi vrai, taires
—
et
que
les conditions
dédaignées par
— seraient observées
à
lui,
de Saint-Marin, que, cernés par
envoyés
ils
il
est
leur égard, les volon-
garibaldiens sortaient à peine du
chiduc Ernest,
XIX
officier
les
territoire
troupes de
l'ar-
il
était parti,
—
Mantoue.
Prisonniers, cela n'était rien encore.
Ils
effet, ils
avaient été délivrés,
— mais après
avoir
été fustigés jusqu'au sang.
Qui donc a prétendu que tigeaient
que
les
les
Cette fois encore, s'exila
il
Autrichiens ne fus-
femmes? Vous voyez bien que
c'est
inactif,
Malgré mei, je songe aux rapprochements y a à faire entre ce
—
m'y connais pas. Mais peut-être que je ne m'y connais pas.
Quant aux compagnons de Garibaldi, qui, ne se fiant pas aux promesses du général Gorzkoffsky,
comparé
ques-uns, déjà. Pourquoi ne
comparerais-je pas
le
à quel-
Gênes pour l'Amérique. N'était-ce pas aussi de Gènes qu'était parti, au xv e siècle, cet aventurier de génie qu'on appelle encore à d'autres.
de
presque tous dans des régiments autrichiens. C'est là un raffinement d'ironie et de cruauté, ou je ne
y
la liberté et
l'ai
rien; tués, ce n'était rien
furent incorporés
Don Quichotte de
qu'il
d'autres illustres aventuriers. Je
Christophe Colomb
!
ils
pouvant rester
en Amérique.
une calomnie Ceux d'entre les volontaires de Garibaldi qui appartenaient aux provinces lombardo-vénitiennes furent plus malheureux encore. Fouettés, ce n'était :
— ne
pouvaient
espérer être mis en liberté un jour ou l'autre. Et,
en
quinze ans auparavant, pour l'Améri-
que.
étaient traînés à Rimini, et, de là,
comme prisonniers à
— d'où
Garibaldi était parvenu à gagner Gênes,
Ce la
n'est pas
Il
partit de
?
pour rien qu'on
mer. Elle vous appelle,
né sur
est
vous
elle
vous entraîne sans cesse. La mer
les
bords
attire, elle
attirait
Christo-
—
qu'il avait dephe Colomb ; la mer et l'Amérique, vinée. La mer aussi appelait Garibaldi. L'Amérique le
réclamait. Il
y
alla.
Il fit
d'abord du commerce,
—
je
ne
sais plus le-
VIE ET AVENTURES.
23
quel. Mais cette loyale nature n'était pas organisée
de confiance dans
pour cela. Garibaldi renonça au commerce. Après un assez long séjour à New-York, rendit en Californie. Là,
en
bientôt après,
il
entre M. l'ambassadeur d'Angleterre et le gouver-
de Caprera, entre
la
se
il
navire péruvien, le conduisit en Chine, vers l'année 1852, et le ramena au Pérou, où il reçut le com-
mandement supérieur des troupes. La guerre cessa.
Europe, à Nice,
Il
Pérou
quitta le
sa ville natale, et,
se retira avec ses
fils
dans
l'île
— où
Sicile et la Madeleine,
il
fit
et revint
de l'agriculture
riez pas
éléments de négociation. «
de voir ce lion changé en berger, cet
étaient de nature à fournir des
nement autrichien
sur une grande échelle.
Ne
sentiments de S. M. Britanni-
que aussi bien que dans les lumières de son ambassadeur à Paris, le gouvernement de l'Empereur a sincèrement applaudi à la mission que M. le comte de Cowley est allé remplir à Vienne comme à une première tentative propre à préparer un rapprochement, et il s'est félicité avec une satisfaction non moins réelle, d'apprendre que les idées échangées
devint capitaine d'un
il
les
La proposition de se réunir en Congrès, présen-
tée dans le
même moment
par
Russie, répondait
la
aventurier transformé en agronome. Cincinnatus,
à cette situation de la manière la plus heureuse, eu
dictateur romain, ne retourna-t-il pas à sa charrue,
appelant les cinq Puissances à participer également
après avoir noblement porté les armes en l'honneur
à la discussion
de son pays ?
ment de l'Empereur
Giuseppe Garibaldi agriculteur.
Il
s'était
donc
fait
industriel et
exploitations, et, il
de vastes
aux heures de méditation
songeait à
de
et
;
chez
créés dans toutes les classes de la société,
les riches et
humbles
chez
et
chez
—
pauvres, chez les plus
les
un cœur
dans lequel
il
avait lu certains regrets et certaines
espérances,
il
s'écriait
— L'heure de
la
mélancoliquement
« 1°
délivrance sonncra-t-elle
L'état de l'Italie, aggravé par les
Le gouvernement de l'Empereur
n'a
pu
voir
occupé des conséquences qu'elles pouvaient avoir pour la paix de l'Europe. N'étant point dans le cas d'intervenir directement pour proposer
moyens de
les prévenir,
les
moyens par
lesquels la paix et la
Sar-
«
2° Etablir
comment
l'évacuation des Etats ro-
mains par les troupes françaises peut être le mieux effectué. 3°
Examiner
s'il
autrichiennes
et
convient d'introduire des ré-
formes dans l'administration intérieure de ces Etats et des autres Etats de l'Italie dont l'administration des défauts qui tendraient évidemment à
4° Substituer
aux
traités entre l'Autriche et les
il
Le gouvernement de l'Empereur
quiescer sans réserve à ces bases de le
même empressement
la
proposition d'un Congrès.
qu'il avait
la
a mis à ac-
négociation
montré
à
accepter
Le gouvernement autrichien avait de son côté donné son assentiment à la réunion d'un Congrès,
surgir ces difficultés sans se montrer vivement pré-
les
:
«
:
plus sérieuses inquiétudes. «
les
qu'extérieure.
mesures administratives adoptées dans le royaume lombardvénitien, avait déterminé le gouvernement autrichien à faire, dès le mois de décembre dernier, des armements qui n'ont pas tardé à présenter un caractère assez menaçant pour éveiller en Piémont les «
du Congrès. Ces bases sont
Duchés une Confédération des Etats de l'Italie entre eux pour leur protection mutuelle tant intérieure
le
l'exposé suivant
bases des délibé-
de mécontentement, et quelles seraient ces réformes;
comte Walewski, ministre des affaires étrangères, communiquait au Sénat et au Corps Législatif, par ordre de l'Empereur NaIII,
les
daigne;
«
poléon
gouvernement an-
créer un état permanent et dangereux de trouble et
?
XX 1859, M.
le
peut être maintenue entre l'Autriche
«
avril
de préciser
utile
Déterminer
offrirait
:
Cette heure sonna enfin.
Le 11
jugé
rations éventuelles
«
avait rencontré
il
n'a pas hésité à faire connaître
En y adhérant de même,
glais a
les plus élevés.
Quelquefois, quand
gouverne-
le
adhérait à cette proposition.
suivantes
l'Italie.
De temps en temps, on l'apercevait dans le port de Nice, monté sur un petit cutter, frété par lui et quelquefois il descendait à terre pour serrer la main à de vieux compagnons et aux nouveaux amis qu'il s'était
«
défrichait les terrains incultes, éle-
vait des constructions rurales destinées à
repos,
qu'il
d'un intérêt européen;
lui-même
s'est toutefois
empressé
d'accueillir les ouvertures qui lui ont été faites. Plein
en l'accompagnant de quelques observations, mais sans y mettre de conditions formelles et absolues, et tout devait faire espérer que les négociations pourraient s'ouvrir dans
un
délai rapproché.
Le cabinet de Vienne avait parlé du désarmement préalable de la Sardaigne comme d'une mesure indispensable pour assurer le calme des délibérations, et il en fit plus tard une condition absolue de sa participation au Congrès. Cette demande «
ayant soulevé des objections unanimes,
le
cabinet
de Vienne y substitua la proposition d'un désarmement général et immédiat, en l'ajoutant comme un
cinquième point aux bases des négociations. f Ainsi, messieurs, tandis que la France avait
GARIBALDT.
24
successivement accepté, sans hésitation, toutes
les
1
propositions qui lui avaient été présentées,
l
Autri-
che, après avoir paru disposée à se prêter aux négociations, soulevait des difficultés inattendues.
Le gouvernement de l'Empereur n'en a pas moins persévéré dans les sentiments de concilation qu'il avait pris pour règle de sa conduite. «
Le cabinet
«
avec
la
anglais, continuant de s'occuper
plus loyale sollicitude des
disparaître les retards
que
la
moyens de
faire
à la
d'en régler l'exécution à l'ouverture
même des déli-
bérations des plénipotentiaires. « Le gouvernement de Sa Majesté a consenti à
accepter cette combinaison.
terminer
si,
Il
isolément à l'Autriche ce qu'il a déjà accordé aux
Puissances sous
avec
question du désarme-
réunion du Congrès, avait pensé que l'on satisferait au cinquième point mis en avant par l'Autriche, si l'on admettait immédiatement le principe du désarmement général, en convenant
ment apportait
Pendant que d'un côté le cabinet de Vienne persiste à ne pas consentir à l'admission des Etats italiens au Congrès, dont il rend ainsi la réunion impossible, de l'autre, il demande au Piémont de s'engager à mettre son armée sur le pied de paix et à licencier les volontaires, c'est-à-dire à concéder sans délai et
restait toutefois à dé-
dans cet état de choses,
il
était
néces-
que la Sardaigue elle-même souscrivît préalablement au principe du désarmement général. Il ne paraissait pas qu'une pareille condition pût être imposée au gouvernement sarde, s'il était laissé en dehors des délibérations du Congrès; mais cette considération même offrait les éléments d'une combinaison nouvelle qui, entièrement conforme aux prinsaire
cipes de l'équité, ne semblait pas devoir soulever
Le gouvernement de l'Empereur déclara au gouvernement anglais qu'il était disposé à engager le cabinet de Turin à donner lui-même son assentiment au principe du désarmement général, italiens fussent invités à
elles.
Je n'ai pas besoin de faire ressortit le caractère
«
de cette démarche,
longuement pour mettre en lumière les sentiments de modération dont le gouvernement de l'Empereur n'a cessé au contraire de se montrer animé. Si les efforts réitérés des quatre Puissances pour sauvegarder la ni d'insister plus
paix ont rencontré des obstacles,
notre conduite
hautement, ces obstacles ne sont point venus de la France. Enfin, messieurs, si la guerre doit sortir des complications présentes, le gouvernement de Sa Majesté aura la ferme conviction d'avoir fait
l'atteste
tout ce que. sa dignité lui permettait pour préverur cette extrémité, et ce n'est point sur lui qu'on pourra
en
faire
peser
la
responsabilité. Les protestations
gouvernements de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Prusse ont adressées à la cour d'Autriche attestent qu'on nous rend déjà à cet que
les
égard une entière justice. «
d'objections.
pourvu que fous les Etats faire partie du Congrès.
seule réserve de s'en entendre
la
En présence de cet état de choses, si la Sardaigne menacée,
est
si,
comme
territoire est envahi, la
tout le
présumer, son
France ne peut pas hésiter à
répondre à l'appel d'une nation l'unissent des intérêts
fait
communs
traditionnelles, rajeunies par
alliée,
et des
à laquelle
sympathies
une récente confra-
Vous savez déjà, messieurs, que, modifiant cette suggestion de manière à concilier toutes les susceptibilités, le gouvernement de S. M. Britannique a présenté une dernière proposition basée sur le principe du désarmement général simultané et immédiat. L'exécution devait en être réglée par une commission dans laquelle le Piémont serait représenté. Les plénipotentiaires se réuniraient aussitôt que cette
ternité d'armes et par l'union contractée entre les
elle-même rassemblée, et les Etats italiens seraient invités par le Congrès à siéger avec les représentants des cinq grandes Puissances,
l'assentiment
«
commission
de
la
même
serait
«
Le gouvernement de l'Empereur
de conciliation dont il n'a jamais cessé de s'inspirer, attend avec calme le cours des événements, ayant la
confiance que sa conduite, dans les différentes
péripéties qui viennent de se succéder, rencontrera
rope.
unanime de
la
France et de l'Eu-
»
comte Walewski adressait suivante aux agents diplomatiques de
Dix jours après, M. circulaire
la
a voulu mani-
Aussi, messieurs, le gouvernement de l'Empe-
reur, fort de la constante modération et de l'esprit
manière qu'au Congrès de Laybach
en 1821. «
deux maisons régnantes.
le
l'Empereur des Français
de nouveau ses dispositions conciliantes en adhérant à celte proposition, qui a été de même ac-
:
fester
ceptée sans délai par les cours de Prusse et de Russie, et à laquelle le gouvernement piémontais s'est
également déclaré prêt à se conformer. « Toutefois, au moment même où le gouvernement de l'Empereur croyait pouvoir nourrir l'espoir d'une entente définitive, nous avons appris que
«
Monsieur,
La communication qui a été faite, par ordre de Sa Majesté Impériale, au Sénat et au Corps législa«
tif,
me
dispense de revenir sur les incidents dont
l'opinion publique s'était préoccupée depuis quel-
ques semaines et qui ont
fait l'objet
res dépêches. La gravité de
de mes derniè-
cour d'Autriche refusait d'accepter la proposition du gouvernement de S. M. Britannique, et adressait
devenue extrême et le dénoûment qui s'annonce ne serait malheureusement pas celui que de loyaux et persé-
une sommation directe au gouvernement sarde.
vérants efforts s'étaient appliqués à préparer. Dans
la
la situation est
VIE ET AVENTURES. des conjonctures aussi sérieuses, c'est un grand sou-
lagement pour
gouvernement de l'Empereur de
le
25
France. Non-seulement
elle
porte du Congrès, mais
ferme à
pouvoir soumettre sans crainte à l'appréciation de l'Europe la question de savoir à quelle puissance in-
de
s'y voir contraindre
les
armes sans condition aucune
combe la responsabilité des événements. « Que l'état. des choses en Italie fût anormal, que
trois jours.
le
malaise et
la
un danger pour tout
constituassent la
sourde agitation qui en résultaient
monde; que
le
une saine préce que l'Angle-
raison conseillât de conjurer, par
voyance, une crise inévitable, voilà terre,
Prusse et
la
Russie ont pensé en
la
«
la
la force,
et
de mettre bas
dans un délai de
Un
formidable appareil de guerre se déploie en temps sur les rives du Tessin, et c'est, à vrai
même
au milieu d'une armée en marche, que le général en chef autrichien attend la réponse du cabinet de Turin. dire,
même
France. L'unanimité des appréhen-
Sardaigne
somme, sous peine
elle la
par
la
«
Vous connaissez, monsieur, l'impression causée
sions a aussitôt créé la conformité des sentiments et
Londres, à Rerlin et à Saint-Pétersbourg par la résolution si inopportune et si fatale du cabinet de
des démarches. La mission du comte Cowley à
Vienne. L'étonnement et
temps que
Vienne,
la
la
émanée de
proposition d'un Congrès,
Saint-Pétersbourg, l'appui prêté par
la
Prusse à ces
d'accommodement, l'empressement de la adhérer aux combinaisons qui se sont suc-
tentatives
France à
cédées jusqu'à
la
dernière heure; tous ces actes, en
même
un mot, ont été inspirés par un le vif et
mobile, par
sincère désir de consolider la paix en ne fer-
niant plus les yeux sur
une
difficulté qui
menaçait
si
évidemment de la troubler. « Dans cette phase de l'affaire, monsieur, le gouvernement de l'Empereur a eu sa part d'initiative et mais cette part, je tiens à le constater, toujours confondue dans une œuvre collective.
d'action s'est
;
La France a simplement
offert
son concours, en qua-
de grande puissance européenne, pour régler,
lité
dans un esprit d'entente et de confiance avec
une question qui
tres cabinets, thies, je vait
ne
le
les
au-
sympa-
excitait ses
dissimule pas, mais où elle n'aperce-
encore ni des devoirs particuliers, ni des intérêts
Le jour où
pressants à défendre.
le
cabinet de
Vienne avait promis, par des déclarations solennelles, de ne pas commencer les hostilités, il avait lui-
même
paru pressentir
infailliblement
au
Une semblable
En
effet,
la
la
mé-
l'Angleterre venait de déterminer,
avec l'assentiment de
la
France, de
la
Prusse et de
Russie, les dernières conditions de la réunion de
où la place que la justice et la raison assignaient aux États italiens leur était accordée. La Sardaigne, de son côté, adhérait au principe du désarmement simultané et préalable de toutes cette assemblée,
les
Puissances qui, depuis quelque temps, avaient
augmenté leur
effectif militaire.
A
ces présages de
paix, le cabinet de Vienne oppose tout-à-coup
acte qui, pour le caractériser
comme
est l'équivalent d'une déclaration «
il
un
doit l'être,
de guerre.
Ainsi l'Autriche détruit isolément, et de parti
avec tant de patience par l'An* gleterre, secondé avec tant de loyauté par la Russie
pris, le travail suivi
et la Prusse, facilité avec tant
dans toutes «
de l'Europe. Si l'Angleterre, la Prusse et la Russie, par les parties
la
démarche qu'elles se sont hâtées d'accomplir, ont pu dégager pleinement leur responsabilité morale et satisfaire aux exigences de leur dignité offensée, le gouvernement de l'Empereur, mu d'ailleurs par des considérations analogues, avait à marquer davan-
tage son attention, et d'autres obligations
imposées. Rien ne modifie établie trices
au début entre nous
;
la
la
lui étaient
solidarité qui s'était
et les Puissances
question demeure au fond la
média-
même, mais
nous avons une trop grande confiance dans les dispositions dont ces Puissances nous ont fourni d'é-
pour douter un seul instant se méprennent sur le sens de la politique
clatants témoignages, qu'elles
que d'anciennes traditions et des nécessités impérieuses de position géographique nous indique si naturellement.
sent de leur vie propre et n'eussent dans leurs affai-
mettait d'espérer la prochaine convocation grès.
sances se sont produits par une protestation dont l'opinion publique s'est aujourd'hui rendue l'écho
du Con-
assurance, en donnant à
temps de
des trois Puis-
s'exercer, per-
que commanderait gouvernement de l'Empereur l'attitude
diation des Puissances le
le déplaisir
La France, depuis un demi-siècle, n'a jamais prétendu exercer en Italie une influence intéressée, et ce n'est pas elle assurément que l'on peut accuser d'avoir tenté de réveiller le souvenir de luttes anciennes et de rivalités historiques. Tout ce qu'elle a demandé jusqu'ici, et les traités sont d'accord avec ses vœux, c'était que les Etats de la Péninsule vécus-
toute agression dirigée contre le Piémont. «
à
de modération par
la
«
comme
dans leurs rapports avec l'étranger, qu'à compter avec eux-mêmes. Je ne sares intérieures,
che pas à cet égard qu'on pense à Londres, à Rerlin et à Saint-Pétersbourg d'une autre façon qu'à Paris; quoi qu'il en
soit, les
circonstances ont investi l'Au-
triche, vis-à-vis des diverses Puissances
de
l'Italie,
d'une situation jugée unanimement prépondéiante. « La Sardaigne seule a échappé jusqu'à présent à
une action qui a
de l'aveu général, dans une partie importante de l'Europe, le système d'équilialtéré,
bre qu'on avait voulu y établir. Partout ailleurs ce fait était fort grave ; mais, quels que fussent nos sentiments intimes,
il
pouvait nous suffire, avec
les
opinions que nous connaissons aux autres cabinets,
de leur signaler «
Une
le
mal
telle réserve,
à corriger.
monsieur, lorsqu'il
s'agit
de
GARIBALDÏ.
26
nent des effets de
Sardaigne, dettëfldfàîl un oubli de nos intérêts les plus essentiels. Ce n'est pas la configuration du la
ses extrémités.
la lutte
qui peut surgir à l'une de
La Russie, nous en avons
la
profonde
couvre, de son côté, une des frontières de la les passages des Alpes ne sont pas entre France nos mains, et il nous importe au plus haut point que
conviction, sera toujours prête à diriger ses efforts
en resté à Turin, uniquement à Turin. Des considérations françaises, mais des considérations également européennes, tant que le respect des
dès l'origine de
sol qui
vers le
:
but.
Quant
à la Prusse, l'esprit tout à
impartial et conciliant dont elle a
la fois
la clef
même
preuve
un sûr-garant de ses négliger pour en circonscrire est
la crise,
dispositions à ne rien
fait
l'explosion.
Nous souhaitons, d'une façon toute
con-
«
tinueront à servir de règle à leurs rapports réciproques, ces considérations, dis-je, ne permettent pas
que
au gouvernement de l'Empereur d'hésiter sur la conduite qu'il a à tenir quand un Etat aus?i considérable que l'Autriche prend envers le Piémont le ton de la menace et se prépare ouvertement à lui dicter des lois. Cette obligation emprunte une gra-
La France ne peut voir qu'avec peine l'agitation qui s'est emparée de quelques Etats de l'Allemagne. Elle ne comprend
au refus de l'Autriche de discuter avant d'agir. Nous ne voulons, à aucun prix, nous trouver en "face d'un fait accompli, e* c'est ce fait que le
puisse croire sa sécurité
droits et des intérêts légitimes des Puissances
germanique ne se souvenirs d'une époque
nes,
une récente
la
communauté des
origi-
et héréditaire
menacée par des événe-
provoquée.
nous unissent à la Sardaigne. Ce sérieuses de sympathie et que nous apprécions à toute leur valeur, mais qui ne suffiraient peut-être pas à nous décider. Ce qui nous trace sûrement no-
permanent
si
d'eux-mêmes de contribuer à limiter l'étendue et la durée d'une guerre que la France, s'il lui faut la soutenir, aura du moins la conscience de n'avoir pas
sont là des raisons
tre voie, c'est l'intérêt
différente.
ments dont le théâtre doit rester éloigné de son territoire. Le gouvernement de l'Empereur veut donc penser que les hommes d'Etat de l'Allemagne reconnaîtront bientôt qu'il dépend en grande partie
Maisons souveraines
alliance des
Confédé-
calme et si patriotiquement imbu du sentiment de sa force,
ment. souvenirs,
la
laissent pas égarer par les
pas que ce grand pays, d'ordinaire
gouvernement de l'Empereur est résolu à empêcher. Ce n'est donc pas une attitude offensive, c'est une mesure de défense que nous adoptons en ce mo-
De vieux
Puissances qui composent
ration
vité nouvelle
«
les autres
particulière,
«
Je vous invite, monsieur, à vous inspirer des
considérations développées dans cette dépêche dans votre plus prochain entretien avec M... et à lui en laisser
vous tiens
de
du langage que je par ordre de l'Empereur et qui im-
copie. Devant la netteté ici
plique, dans la pensée de Sa Majesté, le désir d'of-
France, c'est l'impossibilité absolue pour le gouvernement de l'Empereur d'admettre qu'un coup de la
force établisse au pied des Alpes, contrairement aux
aux autres cabinets toutes les garanties possibles pour les amener à une appréciation vraie de la
vœux d'une
situation et les rassurer, en ce qui les concerne, sur
verain,
entière
nation amie et à
la
frir
volonté de son sou-
un état de choses qui livrerait à une influence étrangère.
l'Italie
ses conséquences,
tout
difficile
de supposer que
gourvernement de... n'accueille pas nos explications avec une confiance égale à celle qui me les a
Sa Majesté Impériale, strictement fidèle aux paroles qu'elle a prononcées lorsque le peuple français l'a appelée au trône du chef de sa dynastie,
dictées. »
En même temps,
animée d'aucune ambition personnelle, d'aucun désir de conquête. Le temps n'est pas éloigné où l'Empereur a prouvé, dans une crise européenne, que la modération était l'âme de sa politique. Cette n'est
qu'il est,
m'est
le
«
modération, à l'heure
il
préside avec
la
c'est-à-dire le
Victor-Emmanuel adressait
à
30
avril, le roi
son peuple cette pro-
clamation.
même
«
L'Autriche, qui proteste de son
amour pour
la
paix, nous attaque en refusant de se soumettre à un
force à ses desseins, et, tout en sauvegardant les
ne songe pas, vous pouvez en donner autour de vous
Congrès européen; elle viole les promesses faites à l'Angleterre ; elle nous demande de diminuer notre
l'assurance la plus positive, à séparer ses vues de
armée
intérêts
celles «
que
de ses
Loin de
la
Providence
lui a confiés,
Sa Majesté
d'abandonner ces braves volontaires accourus de tous les côtés de l'Italie pour défendre le
alliés. là,
et
drapeau sacré de l'indépendance italienne. Je confie le soin du gouvernement à mon cousin, et je re-
son gouvernement, en se référant
aux incidents qui ont marqué les négociations des semaines précédentes, nourrit le ferme espoir que le gouvernement de Sa Majesté Britannique conti-
prends l'épée. «
A
nos soldats combattront pour la justice les vaillantes troupes de l'Empe-
côté de
nuera à persévérer dans une attitude qui, en unissant par un lien moral la politique des deux pays,
liberté et la
permet aux cabinets de Paris et de Londres de s'expliquer sans réserve et de combiner, selon les éventualités, une entente destinée à préserver le conti-
l'Autriche attaque le Piémont parce qu'il a soutenu
reur Napoléon,
la |
cause de
l'Europe et
la
mon généreux allié.
patrie
qu'il n'a
Peuples
commune dans
d'Italie
les conseils
!
de
pas été insensible à vos cris de
VIE ET AVENTURES. douleur; l'Autriche brise maintenant ouvertement les traités, qu'elle n'a jamais respectés. Aujour-
les
d'hui, en droit, la nation italienne est libre, et je
vénitien.
puis accomplir consciencieusement le fait «<
vœu que j'ai
tombeau de mon auguste père. Ayons confiance dans la Providence, dans notre
sur
le
valeur des soldats italiens, dans
27
plus déloyaux, une agitation dangereuse pour
repos et
mon royaume lombard-
bien-être de
le
le
Sachant bien ce que je dois à la paix, ce bien précieux pour mes peuples et pour l'Europe, je supportai patiemment ces nouvelles attaques. Ma «
liance de la noble nation française; confions-nous à
patience n'était pas encore épuisée lorsque les mesures de sûreté plus étendues que m'a forcé de
la justice
de l'opinion publique. Je n'ai d'autre ambition que d'être le premier soldat de l'indépendance
prendre en ces derniers temps l'excès des provocations sourdes qui se produisaient aux frontières
italienne.
et à l'intérieur
union, dans
«
Vive
la
l'al-
même
de mes provinces italiennes, furent de nouveau exploitées par la Sardaigne pour
l'Italie! »
une conduite plus hostile encore. « Tout disposé à tenir compte de la médiation bienveillante des grandes Puissances amies pour le maintien de la paix, je consentis à prendre part à un tenir
En regard de cette proclamation du roi VictorEmmanuel, il me paraît intéressant de placer le manifeste
de
l'empereur
d'Autriche, François-
congrès des cinq grandes Puissances.
Joseph.
Quant aux quatre points proposés par le gouvernement anglais et transmis au mien comme base des délibérations du congrès, je les ai acceptés, à la «
donné l'ordre à ma vaillante et fidèle armée de mettre un terme aux attaques, récemment arrivées au plus haut point, que dirige depuis une série « J'ai
d'années l'Etat voisin de Sardaigne contre les droits incontestables de
ma couronne mon
accompli ainsi
paix vraie, sincère et durable.
de
et l'inviolabilité
l'empire que Dieu m'a confié. « J'ai
condition qu'ils pourraient faciliter l'œuvre d'une
«
n'a
devoir pénible, mais
inévitable, de chef de l'Etat.
La conscience en paix, je puis élever mes regards vers le Dieu tout-puissant et me soumettre à «
Je livre avec confiance
résolution au juge-
ment. Lorsque,
il
y a plus de dix ans,
nemi, violant toutes
de tous
les règles
usages de
les
la
du
le
même
en-
la
royaume lombard-vénitien, sans qu'on lui en eût donné aucun motif et dans le seul but de s'en emparer; lorsque, dans deux combats glorieux, armes sur
il
le
eut été battu par
voix de
mon
générosité, je
la
armée, je n'écoutai que lui tendis la
main
la
et lui
offris la réconciliation.
me
un seul pouce de son territoire; je n'ai porté atteinte à aucun des droits qui appartiennent à la couronne de Sardaigne dans la famille des peuples européens; je n'ai exigé aucune garantie contre le retour de semblables évé«
Je ne
suis pas approprié
nements ; dans la main qui vint presser, en signe de réconciliation, celle que j'avais sincèrement offerte et qui fut acceptée, j'avais cru ne trouver que la réconciliation. « J'ai sacrifié
armée pour
à la paix le sang qu'avait versé
mon
défendre l'honneur et les droits de l'Au-
triche. «
Gomment
être unique
dans l'histoire?
suite à faire
preuve
On recommença de
d'une inimitié
qui
croissait
d'année en année; on provoqua, par tous les moyens
Enfin, sur les instances des Puissances amies,
mement
mon
adhésion
à la proposition
d'un désar-
général.
La médiation vint échouer contre les conditions inacceptables que mettait la Sardaigne à son consen«
tement. « Il
ne
maintenir
restait plus alors
qu'un seul moyen de
immédiatement adresser au gouvernement du roi de Sardaigne une sommation d'avoir à mettre son armée sur le pied de paix et de la
paix. Je
fis
licencier ses volontaires.
La Sardaigne n'ayant pas obtempéré à cette demande, le moment est venu où le droit ne peut plus être maintenu que par la force des armes. « J'ai donné à mon armée l'ordre d'entrer en «
Sardaigne. Je connais
portée de cette démarche, et si jamais les soucis du pouvoir ont pesé lourdement sur moi, c'est en ce moment. La guerre est un des «
la
fléaux de l'humanité
à tant de milliers de
mon cœur s'émeut
en pensant mes fidèles sujets dont ce fléau ;
menace et la vie et les biens; je sens profondément combien sont douloureuses pour mon empire les épreuves de suit il
répondit-on à cette générosité, peut-
désordre et du danger qui menace
le
paix.
je donnai
droit des gens et
guerre, vint se jeter en
aucune démarche capable de conduire
cause de tout
«
ma
ment impartial des contemporains et de la postérité. Quant à mes peuples, je suis sûr de leur assenti«
fait
mon gouvernement
même de très loin, à la rupture de la paix, j'exigeai en même temps le désarmement préalable, qui est
son arrêt. «
Mais étant convaincu que
la
guerre au
moment même où
il
pour-
avec ordre son développement intérieur, et où
aurait besoin, pour l'accomplir,
que
la
paix fût
maintenue. «
Mais
le
cœur du monarque
l'honneur et «
le
doit se taire lorsque
devoir seuls commandent.
L'ennemi se
tient
en armes sur nos frontières;
GARIBALDI.
28
En même temps que l'empereur
au parti du bouleversement général, avec le projet hautement avoué de s'emparer des possessions de l'Autriche en Italie. Il est soutenu par le
il
est allié
souverain de
la
qui n'existent pas, s'immisce dans les affaires de
Péninsule qui sont réglées par les traités, et
ce manifeste, et qu'il entassait une armée de
bliait
hommes dans
°200,000
France, lequel, sous des prétextes
d'Autriche pu-
Lombardo-Vénétie, il enbaron Kellerberg, chargé de re-
voyait à Turin le
la
mettre un ultimatum au gouvernement sarde.
la
Cet ultimatum demandait au Piémont, sous forme
fait
marcher son armée au secours du Piémont. Déjà des divisions de cette armée ont franchi la frontière
impérative, le désarmement de ses troupes et
sarde.
pour sauvegarder
cenciement des volontaires accourus de toutes parts
La couronne, que mes aïeux m'ont transmise
«
met en
les
péril les biens les plus précieux
:
à
d'une de
la veille
ces époques où les doctrines subversives de tout l'ordre existant ne sont plus prêchées seulement par
des sectes, mais lancées sur
le
monde du haut
«
de
ont dissipé ces ombres.
Nous sommes de nouveau
«
tion
ombres d'une révo-
l'humanité menaçaient de s'étendre sur l'Europe, la Providence s'est servie de l'épée de l'Autriche, dont les éclairs
commune.
glorieuse histoire de notre patrie
la
prouve que souvent, lorsque lution qui
la patrie
Victor-Emmanuel répondit par cette proclama-
sans tache, a eu déjà de bien mauvais jours à traverser; mais
le li-
des
trônes.
Soldats
L'Autriche, qui, sur nos frontières, grossit ses
«
armées
et
menace d'envahir notre
qu'ici la liberté la
!
territoire,
parce
règne avec l'ordre, parce que, non
force, mais la concorde et l'affection entre le
peuple et
souverain, régissent
le
ici
l'Etat,
parce
que les cris de douleur de l'Italie opprimée trouvent ici de l'écho, l'Autriche ose nous enjoindre de nous désarmer et de nous mettre à sa merci !
« Si je suis
contraint à tirer l'épée, cette épée est
consacrée à défendre l'honneur et le bon droit de l'Autriche, les droits de tous les peuples et de tous les Etats, et les biens les plus sacrés
de l'humanité.
Mais c'est à vous, mes peuples, qui, par votre
«
«
Cette outrageante injonction devait recevoir
réponse qu'elle méritait
:
je
l'ai
poussée. Soldats, je vous en
vous prendrez pour vous
dédaigneusement re-
l'insulte faite à votre roi,
L'annonce que je vous donne
à la nation.
armée, j'envoie, moi leur capitaine, mon salut de guerre ; vous devez les contempler avec fierté, entre leurs mains l'aigle d'Autriche portera bien
Pastrongo, de Santa-Lucia, de
mon
haut son vol glorieux. « La lutte que nous soutenons est juste. Nous l'acceptons avec courage et confiance.
Nous espérons n'être pas seuls dans cette lutte. « Le terrain sur lequel nous combattons est. aussi arrosé du sang des peuples d'Allemagne, nos frè«
res;
il
a été conquis et conservé jusqu'à ce jour
comme un
de leurs remparts; c'est par
que toujours ont
les
commencé
là
que pres-
ennemis astucieux de l'Allemagne
l'attaque lorsqu'ils voulaient briser
sa puissance à l'intérieur.
Le sentiment de ce dan-
ger est répandu aujourd'hui dans l'Allemagne en-
certain que
fais part,
pour vos souverains légitimes, êtes le modèle des peuples de la terre, c'est à vous que s'adresse mon appel. Apportez-moi, dans la lutte qui s'engage, votre fidélité dès longtemps éprouvée, votre abnégation, votre dévoûment. « A vos fils, que j'ai appelés dans les rangs de
fidélité
la
est
une
annonce de guerre. Aux armes, soldats!
Vous trouverez en face de vous un ennemi qui n'est pas nouveau pour vous. Mais s'il est brave et «
vous ne craignez pas
discipliné,
la
comparaison,
et
vous pouvez vous vanter des journées de Goito, de de Gustosa
même, où
Sommacampagna,
quatre brigades seulement ont
lutté pendant trois jours contre cinq corps d'armée.
Je serai votre chef. Déjà, à diverses reprises, nous
nous sommes connus; une grande partie d'entre vous et moi combattions aux côtés de mon magnanime père, dans l'ardente mêlée où j'ai admiré avec orgueil votre bravoure. «
Sur
le
champ de l'honneur
et
de
la
gloire,
vous saurez, j'en suis certain, conserver, même accroître , votre renom de bravoure. Vous aurez pour compagnons ces intrépides soldats de la France, vainqueurs en tant de signalées batailles, dont vous fûtes les frères d'armes à la Tchernaïa, et que Na-
poléon
III,
que
l'on trouve toujours là
où
il
y a une
à
juste cause à défendre et la civilisation à faire pré-
Confédération germa-
danger commun, que je
généreusement à notre aide en nombreux bataillons. Marchez donc confiants dans la victoire et ornez de lauriers fraîchement cueillis
vous rappelle ces jours glorieux où l'Europe dut sa
votre drapeau, ce drapeau qui, avec ses trois cou-
délivrance à l'unanimité de notre enthousiasme»
leurs et avec la jeunesse d'élite accourue de toutes
tière,
de
la
cabane au trône, d'une frontière
valoir, envoie
l'autre. « C'est
comme
prince de
nique que je vous signale
«
«
mon
Avec Dieu pour
Donné
la
à Vienne,
empire, ce 28
le
la
patrie
les parties
de
l'Italie et
groupée sous ses
plis,
vous
!
indique que vous avez pour tâche l'indépendance de
ma
avril
résidence et
1859.
»
la
capitale de
l'Italie,
cri
cette
de guerre.
œuvre
juste et sainte qui sera votre
VIE ET AVENTURES. Il
XXI C'est à ce
manuel
de
Victor-Em-
du nord,
l'Italie
—
y
des
a
pas.
Garibaldi était prêt depuis longtemps,
jour où sa
le
à
il
— depuis
femme était morte dans un coin de bois,
prix, et son authenticité n'est pas contestée.
corps des chasseurs
le
:
campagne, sans plus attendre. Le
premier coup de feu de cette guerre a été tiré par lui, il faut lui rendre cette justice. L'armée autriétait sur la défensive
:
Garibaldi prit l'of-
fensive.
La
:
tion.
mier soin, en entrant sur ce territoire, fut d'adresser
aux Lombards
cette proclamation
:
Lombards!
Vous
une nouvelle
êtes appelés à
comme
devez répondre à l'appel
vie et
le firent
vous
vos pères
Ponsida et à Legnano. L'ennemi est encore
même
:
le
atroce assassin, impitoyable et pillard. Vos
frères de toutes les provinces ont juré de vaincre
ou
de mourir avec vous. C'est à nous à venger les insultes, les outrages, la servitude
tions passées, c'est à
trimoine pur de
nous
de vingt généra-
à laisser à
souillure de la
la
un padomination du nos
fils
soldat étranger.
Victor-Emmanuel, que la volonté nationale a choisi pour notre chef suprême, m'envoie au milieu de vous pour vous organiser dans les batailles pa«
touché de
triotiques. Je suis
m'est confiée et
un
fier
la
sainte mission qui
le
Mo-
:
Si des partis de troupes piémontaises
«
çaises, des patrouilles, des espions, des
ou franenvoyés ou
deux armées ennemies,
Aux armes, donc! Le servage doit
«
Qui peut
saisir
qu'ils soient
en uniforme ou
déguisés, paraissent, sous quelque prétexte que ce
dans l'espace de terrain occupé par les troupes R., il est expressément ordonné à toute com-
soit,
et
I.
conséquemment
à chacun de ses habitants en particulier, d'en prévenir le commandement de et
dans
la station, et,
les
cas où le pays ne serait pas
le
troupes
commandant du poste
I. et
le
R., ce serait alors au
plus voisin qu'il devrait en
donner avis. « Toute commune dans l'enceinte de laquelle il sera découvert, soit par un détachement, soit par un seul individu de l'armée I. et R. autrichienne, un semblable parti de troupes ennemies, une patrouille,
un
ou un espion, sans qu'elle en à temps la déclaration prescrite,
particulier
d'avance et
même
que ce
tants, cette
aux
lois les
serait
par
commune
le fait
ait fait
et lors
d'un seul de ses habi-
sera soumise sans rémission
plus sévères de la guerre.
Sous peine d'être livrée au pillage, toute la commune devra payer une contribution de guerre le pays compromis sera incendié et l'individu coupable sera passé par les armes. « Les communes sont invitées à faire publier cette «
;
proclamation dans toutes les églises, en chaire et par l'organe du clergé, comme aussi par tout autre
moyen
qui sera plus opportun.
de vous commander.
«
une arme
et
ne
«
cesser.
la saisit
Le
commandant du
7 e corps d'armée
1. et
R.,
pas est «
ZoiîEL.
»
traître. « L'Italie,
avec ses enfants unis et affranchis de
domination étrangère, saura reconquérir
que
la
Providence
lui a
Ne sentez-vous pas
le
la
rang XXII
assigné parmi les nations. » là,
à cette énergie de senti-
ments, à cet accent convaincu, l'implacable ennemi
de l'Autriche,
le patriote, le
héros ?
Aussi cet appel fut entendu partout
écho dans tous il
donc
occupé par
Garibaldi se précipita en Lombardie, et son pre-
à
voici
mune,
Les sauterelles autrichiennes avaient envahi la Lombardie il fallait bien commencer leur destruc-
«
texte
des particuliers appartenant à l'une ou à l'autre des
entra en
«
Le
de cette proclamation a paru dans
italien
organisa un corps de volontaires, com-
des Alpes.
chienne
corps d'armée. Elle ne vaut
niteur.
engagés dignes des anciens
il
7
e
—
posé d'anciens compagnons d'armes et de nouveaux
Puis
proclamation du général Zo-
la
peut-être pas celle du général Giulay, qu'on a révoquée en doute, par humanité; mais elle a son
deux pas de Ravenne. Aussitôt
à
un autre document, non moins précieux. un autre titre.
commandant du
bel, ita-
lienne qui avait Il
de mettre en regard de cette pro-
Je veux parler de
qu'il
songea à cet intrépide soldat de l'indépendance
nom Garibaldi. hommes qu'on n'oublie
l'histoire,
— mais couronne, —
le roi
jouer les destinées de sa
et aussi les destinées
est curieux
clamation de Garibaldi, document précieux pour
moment suprême où
allait
29
les
cœurs;
les
;
il
trouva un
provinces auxquelles
s'adressait, et qui supportaient
impatiemment un
joug anti-national, odieux par conséquent, crièrent Liberté!
:
Le 29
l'armée autrichienne, qui jusque-là était restée sur la défensive , prit l'offensive elle avril,
passa le Tessin, fut effectué
en
—
:
limite
trois jours,
du Piémont. Ce passage par cinq des corps com-
posant l'armée de l'Empereur François-Joseph le
3
2
e ,
:
par
commandé par le prince Lichtenstein par commandé par le prince Schwarzenberg par e
,
;
le
;
le
GARIBALUI.
30
e 5 e , aux ordres du comte Stadion; par le 7 , aux ordres du baron Zobel, et par le 8% commandé par le
celte place, le transférait alors à
à Occimiano, entre Valenza et Casale.
L'armée franco-piémonlaise se
général Benedek.
Ces cinq corps d'armée, aussitôt formèrent leurs lignes sur
chi,
Tessin fran-
le
la
long du
au nord, jusqu'à San Nazzaro, et à Pô. Le comte Giulay, généralissime, établit ses ayant-postes à Verceil, et tout le pays nord du Pô occupé par
l'ouest ceil, ils
,
ainsi qu'à la
— périmètre dans
Novare, Mortara
de nos avant-postes,
Scrivia,
la
France accourait au secours du
H mai
Le
il
était à
de
Vive
:
l'Italie
Bonaparte et Lannes remportaient sur les
Le
Soldats
Je viens
traire
la
9 juin 1800,
même
victoire
adversaires.
du combat du 9 juin 1800,
se trouve
du combat du 20 mai 1859 se trouve dans rapport du général Forey transmis à l'Empereur récit
le
En
!
maréchal Baraguay-d'Hilliers. voici les phases principales
:
me
à l'oppression
sainte, qui a les «
récit
Le le
:
mettre à votre tète pour vous conduire au combat. Nous allons seconder la lutte d'un peuple revendiquant son indépendance, et le sous«
mêmes
le
dans l'Histoire de M. Thiers.
!
par «
droite du
corps de cavalerie Sonnaz,
le
Cinquante-neuf ans auparavant,
roi
Gênes, et publiait cet ordre du
jour à nôtre vaillante armée
le
française sur l'armée autrichienne.
Victor-Emmanuel. Le 10 mai l'Empereur Napoléon III quittait Paris au milieu d'un enthousiasme indescriptible et des cris mille fois répétés
la rive
et
campé à Gasteggio. De là le combat de Montebello, gagné par l'armée
Vo-
ghera, Ponte Gurone et Tortone. Pendant que les Autrichiens envahissaient ainsi
Piémont,
dioite,
Sladion, le 5 e corps, se jetait inopinément sur l'un
bio, l'autre à Gornale, ce qui leur permit d'occuper
le
donc
Cam-
jetèrent deux ponts sur le Pô, l'un près de
la
la
Ensuite
à
lequel se trouvent Ver-
momentanément Gastelnuovo sur
centre à Alexandrie;
le
Pô depuis Valenza jusqu'à la Dora Baltea. Quant aux Autrichiens, ils occupaient la ligne de la Sesia et la rive gauche du Pô, jusqu'au confluent du Tessin. Le °U) mai, une forte partie du corps autrichien
Dora Baltea
et toute la Lomelline.
:
corps d'armée piémontais, bordait
les Autrichiens jusqu'à Biella et
Graglia au nord-ouest,
ainsi disposée
trouvait
composée des deux corps Baraguay-d'Hilliers Mac-Mahon, s'appuyait sur Gênes, et la gauche,
rivière d'Ogogno,
Test le
fut ainsi
San Salvador, puis
étrangère. C'est une cause
sympathies du monde
voie sacrée de l'ancienne dressaient sur le
Rome,
victoire.
Dans
:
la
les inscriptions se
marbre pour rappeler au peuple
ses hauts faits; de
même
chienne, avec.du canon
avait
,
aujourd'hui, en rassant
par Mondovi, Marengo, Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, vous marcherez dans une autre voie sacrée,
au milieu de ces glorieux souvenirs.
Conservez cette discipline sévère qui est l'honneur de l'armée. Ici, ne l'oubliez pas, il n'y a d'en«
occupé Gasteggio
et
avait repoussé de Montebello les grand' gardes de
cavalerie piémontaise, le
civilisé.
Je n'ai pas besoin de stimuler votre ardeur
chaque étape vous rappellera une
Averti à midi et demi qu'une forte colonne autri-
«
général Forey se porta
immédiatement aux avant-postes, sur la route de Montebello, avec deux bataillons du 74% destinés à e relever deux bataillons du 84 cantonnés sur cette route, en avant de Voghera, à la hauteur de Madura. « Pendant ce temps, le reste de la division prenait e e les armes; une batterie d'artillerie (6 du 8 régiment) marchait en tête. « Arrivé au pont jeté sur le ruisseau dit Fossagazzo, extrême limite de nos avant-postes, il fit mettre en batterie une section d'artillerie, appuyée e gauche par deux bataillons du 84 , bor-
nemis que ceux qui se battent contre vous. Dans la bataille, demeurez compactes et n'abandonnez pas vos rangs pour courir en avant. Défiez-vous d'un
à droite et à
trop grand élan; c'est la seule ch se que je redoute.
tebello sur Ginestrello, et ayant été informé qu'il se
Les nouvelles armes de précision ne sont dangereuses que de loin ; elles n'empêcheront pas la
dirigeait sur lui en
«
baïonnette d'être,
comme
autrefois, l'arme terrible
de l'infanterie française. «
Soldats! faisons tous notre devoir, et mettons
en Dieu notre confiance. La patrie attend beaucoup de vous. Déjà, d'un bout de la France à l'autre, retentissent
nouvelle
aînée!
ces paroles d'un heureux augure
armée
d'Italie
sera
digne de sa
La sœur :
»
Quelques jours après, l'Empereur se rendait Alexandrie, où
il
établissait
à
son quartier général.
Victor-Emmanuel, qui avait d'abord eu
le sien
dans
dant «
le
ruisseau avec leurs tirailleurs.
Pendant ce temps, l'ennemi avait poussé de Mondeux colonnes, l'une par la par la chaussée du chemin de
grande route, l'autre fer, le général Forey ordonna au bataillon de gauche du 74 e de couvrir la chaussée à Gascina Nuova. et à l'autre bataillon de se porter à droite de la route, e en arrière du 84
.
«Ce mouvement
était à
peine terminé qu'une vive
fusillade s'engageait sur toute la ligne entre
nos
ti-
ceux de l'ennemi qui marchait sur nous, soutenant ses tirailleurs par des tètes de colonne débouchant de Ginestrello. L'artillerie ouvrit son railleurs et
feu sur elles avec succès; l'ennemi y riposta. «
Le général ordonna
alors à sa droite de se porter
VIE ET AVENTURES.
de nos n'y avait qu'un
en avant. L'ennemi se retira devant troupes
mais, s'apercevant qu'il
;
l'élan
gauche de contre lui une forte colonne. Grâce à la vigueur et à la fermeté de ce bataillon, commandé parle colonel Gambriels, et à des charges heureuses de la cavalerie piémontaise, admirablement conduite par le gé-
bataillon français à la
la
route,
il
combat de Montebello du 9 juin 1800. Même théâtre et
une de ces charges qu'a malheureusement été blessé à mort le brave colonel Marelli, des chevau-légers de Montferrat. e « A ce moment, le général Blanchard, suivi du 98 e et d'un bataillon du 91 (les deux autres étaient reseu un engagement), rejoignait
général Forey et recevait l'ordre d'aller relever le
bataillon
du 74% chargé de défendre
chemin de Nuova. «
fer et
de
s'établir
à Lannes de se porter rapidement sur Turin, n'était pas
cevante sécurité.
Après
tance sérieuse, de
le
la
protégée par
la
non sans une
résis-
position de Ginestrello. Ju-
gros de l'infanterie
le
Il
il
du général
bataillon de chasseurs, soutenu par le
84
e
s'engagea alors un combat corps, à corps dans
le
général
mortellement, aux côtés du géné-
Après une résistance opiniâtre,
le
général au-
vainement pressé par Mêlas de lever le blocus de Gênes et de marcher sur ce point. Pen-
trichien Ott,
dant ce temps, sur
gros de l'armée française passait
le
la rive
droite
du Pô
Le
même
jour, Lannes
sance.
et
Murât
la division
entrait dans Plai-
passer
fit
les Autrichiens
le fleuve à
Walrin, qui parvinrent et,
secou-
rus à temps, rejetèrent l'ennemi sur Stradella.
Bonaparte, en quittant,
fut blessé
précéda
malgré une vive attaque,
Forey. «
il
à s'y maintenir
maison. C'est pendant ce combat que ral
où
organisa ainsi
e
Beuret
garde duquel avaient brigué l'honneur de faire partie tous ceux de l'armée, avait exécuté cette in-
s'empare-
il
rues du village, qu'il fallut enlever maison par
les
et
de
74 disposés en échelons, s'élancèrent sur la partie sud de Montebello, où l'ennemi s'était fortifié. «
la
:
Le 17
et le
de flanquer en même temps droite de l'armée. Lannes, avec le corps d'avant-
du Piémont
fortes
trois bataillons
cavalerie piémontaise,
plus facilement de Montebello,
e
cet
ordre fut modifié en ce sens que Lannes dut suivre la rive gauche du Pô, afin de menacer les places
chaient à passer le fleuve, et s'était avancé sans
ses colonnes d'attaque sous les ordres
«
Chiusella,
la
fortement à Gascina
ligne des crêtes, et la route avec son artillerie
Beuret
combat heureux de
struction en repoussant tous les partis qui cher-
la
général poussa de nouveau
geant alors qu'en suivant avec
rait
le
obstacle jusqu'à Pavie
Rassuré de ce côté,
où
encore Mêlas, livré à une funeste et dé-
chaussée du
sa droite en avant, et s'empara,
la
acteurs.
Bonaparte, après le passage du mont Saint-Bernard, l'attaque et la prise d'Ivrée, avait donné ordre
C'est dans
le
mêmes
dirigea
néral de Sonnaz, les Autrichiens durent se retirer.
tés à Oriolo, oùilsont
31
s'était
et
là
7 juin, Milan où il peu arrêté, porta son quartier général à Pavie, il apprit que le général Ott enfin parti de le
,
Gênes après la reddition de cette ville, s'était rapidement porté sur Tortone et avait pris une bonne au bourg de Casteggio
position
et à
Montebello sur
deux lignes qui coupaient à un mille de distance la route de Tortone; mais il se trouvait séparé du corps de Mêlas et hors d'état d'agir de concert avec lui,
par suite de
la célérité
que
les
Français avaient
durent céder devant l'élan de nos troupes, et bien
mise
que vigoureusement retranchés dans
étant sur la rive droite et pouvant se donner la
dernière position, aux cris mille
l'Empereur « 11 était
gea
fois
répétés de vive
!
alors six heures et
qu'il était
succès de
rière le le
cimetière,
se virent encore arracher à la baïonnette cette
ils
le
le
la
demie
;
le
général ju-
prudent de ne pas pousser plus loin journée, et
mouvement de
cimetière, garnissant
il
arrêta ses troupes der-
terrain sur lequel est situé la
crête avec quatre pièces
de canon et de nombreux tirailleurs qui refoulèrent les dernières colonnes autrichiennes dans Casteggio. «
Peu de temps après, on
vit les
colonnes autri-
chiennes évacuer Casteggio, en y laissant une arrière-garde, et se retirer parla route de Casatisma. » Voilà le
traverser le Pô. Lannes,
à
main,
Murât
et
Victor
Premier Consul n'hésita pas à donner pour lendemain, 9 juin, l'ordre d'attaquer. Il ne s'agissait de rien moins que de combattre avec des troupes le
le
pour
kl
plupart nouvelles, les vétérans et
l'infanterie autrichienne,
l'élite
de
encore aguerris par leur
campagne de l'Apennin. Le 9 juin, l'avant-garde du général Lannes se mit en mouvement dès la pointe du jour pour se porter sur Casteggio. Le général Watrin, gui la commandait, se trouva, à dix heures du matin, en présence des avant-postes du corps d'armée du gérécente
néral Ott près de Santa-Giuletta.
Il
les
Rivetta, sur la route de Tortone, où
poussa jusqu'à
commençait
la
ligne autrichienne.
«Le général
combat de Montebello.
Ott, plein de confiance dans la valeur troupes qu'il avait sous ses ordres, les avait formés en avant de Casteggio, n'ayant à Mon-
des
Gomme
chacun des événements d'aujourd'hui a, pour ainsi dire, son écho dans le passé, nos lecteurs nous sauront eré de remettre sous leurs veux, n regar.l du combat de Montebello du 20 mai 1859, le <
vieilles
tebello
qu'une
faible réserve.
Les forces ennemies
pouvaient monter à 16,000 hommes, en y comprenant un détachement de 4,000, récemment envoyé
GARIBALDf.
32 par
général Mêlas quelques jours auparavant.
le
nombreuse
artillerie
et bien servie était
Une
en batterie
sur les hauteurs à droite de Casteggio. «
Le général Watrin
avait ordre d'engager le
bat avec sa seule division.
Il
fit,
com-
en conséquence,
déployer deux bataillons d'infanterie légère sur
la
ennemie, tandis que le troisième bataillon de la même demi-brigade e légère (la 6 e ), et les trois bataillons de la 40 de ligne se formèrent sur la gauche, et s'avancèrent au pas de charge pour déposter les Autrichiens des hauteurs où leur aile droite était appuyée. Les Français s'étant rendus maîtres de ces hauteurs après un combat opiniâtre, se préparaient à tourner le bourg de Gasteggio, lorsqu'ils se virent débordés eux-mê-
pour déborder
droite,
l'artillerie
mes par une forte colonne ennemie. Le général Watrin, qui dirigeait la colonne du centre de sa division, et qui
ne
s'était
ébranlé que lorsque
la
colonne
de gauche se fut emparée des hauteurs, voyant celleci menacée, détacha un bataillon de la ^"demibrigade de ligne pour
nemi reprenait
soutenir; mais déjà l'en-
la
les hauteurs, et le bataillon
pressé vigoureusement, eût été
fait fait
de
la
°2°2
e ,
prisonnier,
40 e de ligne (delà colonne de gauche), se rejetant brusquement à gauche, ne l'eût pas dégagé. Le e général Watrin fit avancer alors la 28 demi-brigade que commandait le brave Valhubert, pour renforcer les troupes engagées. Le combat devint très vif; les si la
au pas de charge, avec le troisième, formé en colonne et l'arme au bras. Les tirailleurs faisant un feu très vif, et gagnant insensilons, et s'avança,
blement du terrain, dérobaient la force et la profondeur de cette petite colonne qui semblait les soutenir, et
dont
les
Autrichiens n'apercevaient que
la
L'ennemi s'arrêta; les bataillons du général Watrin, cessant d'être poursuivis et se voyant setête.
courus reprirent de
la
confiance, et chargèrent avec
d'autant plus d'impétuosité, qu'ils étaient furieux d'avoir été obligés de céder. Les Autrichiens furent
de toutes
successivement
dépostés
qu'ils tentèrent
désordre
de défendre,
et obligés
de Goppo, sur
le torrent
les
de passer en
éprouvèrent une perte considérable. rèrent sur les hauteurs de Montebello où les poursuivit
duquel
les rives
ils
Rivaud
hauteurs
Ils
se reti-
le
général
encore en leur enlevant
le
châ-
teau de Dordone.
Pendant que l'aile gauche du corps français se trouvait ainsi engagée avec la droite du général Ott, le général Lannes conduisant la colonne du centre s'était avancé par la grande route et directement sur Gasteggio; sa droite était également engagée d'une manière sérieuse. Le général Ott faisait des efforts extraordinaires pour soutenir les troupes de sa gauche.
avait rallié à plusieurs reprises son in-
Il
fanterie derrière l'artillerie tirant à mitraille l'artillerie
de
la
;
mais
garde des consuls répondant avec
Français repoussés deux fois des hauteurs, les réoc-
vigueur à ce feu, suivait constamment â trente pas
cupèrent.
de distance. Le village de Gasteggio fut pris et repris
«
du
Cependant
les
Autrichiens étaient restés maîtres
Watrin chargea avec rejeta l'ennemi une troi-
terrain, lorsque le général
le reste
sième
de ses troupes, et
fois
un égal acharnement. La cavaautrichienne formée à gauche du village et
plusieurs fois avec lerie
couverte par de fortes haies où l'on avait pratiqué des ouvertures, combattait avec avantage, par
sur Gasteggio.
Ce villa ge'se trouvait occupé par des renforts que venait d'envoyer le général Ott pour soutenir son
facilité qu'elle avait
Ces troupes, derrière lesquelles se rallièrent celles que les Français avaient repoussées
où
«
aile droite.
des hauteurs, s'avancèrent sur les bataillons du général Watrin, les chargèrent à la baïonnette et les e
mirent en désordre. La 28 demi-brigade, chargée de soutenir la retraite, s'acquitta de cette mission avec
la
plus grande bravoure et le plus entier dé-
voûment,
afin
de donner aux autres troupes
le
temps
de se reformer. Il
était trois
heures du
et la division
soir,
trin, très maltraitée, continuait,
mouvement
rétrograde, lorsque
Wa-
en désordre, son le
général Lannes
de se
rallier
et
la
de renouveler
au moyen de cette espèce de rempart se retirait lorsqu'elle était poussée trop vive-
ses charges, elle
ment par
la cavalerie française.
Cependant, après cinq heures de combat, lage de Gasteggio resta aux Français rallia les
:
le
le vil-
général Ott
troupes de sa première ligne dans
la
posi-
tion de Montebello,
où un nouveau combat, non
moins opiniâtre que
le
premier, s'engagea bientôt.
Les troupes autrichiennes, ayant à cœur de soutenir les efforts de leur général, commençaient à prendre l'avantage
:
mais Ronaparte,
qui venait
champ de bataille, fit avancer une bataillons, commandée par le général
d'arriver sur le
réserve de six
envoya au secours de celte aile gauche de son corps d'armée la division Chambarlhac arrivant à l'instant
Victor, et cette troupe se porta au pas de charge
de Stradella. Le général Rivaud, qui conduisait
gea
tête
de cette nouvelle colonne
chiens par la
racha
manœuvre
la victoire
n'avait avec lui
qu'ils
que
la
,
étonna
les
la
Autri-
plus hardie, et leur ar-
se flattaient d'obtenir.
Il
trois bataillons; et s'apercevant
que l'ennemi s'abandonnait avec trop de sécurité à la poursuite de la division Watrin, il dispersa en tirailleurs, à droite et à gauche, deux de ces batail-
sur le centre de l'ennemi. Ce puissant renfort chanla face
du combat.
L'élite
des troupes autri-
chiennes défendit opiniâtrement un pont garni d'une artillerie
formidable. Les soldats français s'élan-
cèrent trois fois sous le feu de enlever les pièces à
la
la mitraille,
pour
baïonnette, et furent repous-
Le général Gency, qui avait enfin réussi la gauche des Autrichiens, passa le tor-
sés trois fois. à faire plier
rent au-dessous de Gasteggio avec cinq bataillons et
VIE ET AVENTURES.
un régiment de hussards, tourna la batterie, et se réunit à l'attaque centrale dans le même temps, le général Rivaud, qui n'avait cessé de combattre depuis la prise du chcâteau de Dordone, s'avança jusque ;
dans
le village
deMontebello;
le
corps autrichien
presque enveloppé, et le général Ott se décida, un peu tardivement peut-être, à la retraite. Les Français poursuivirent leurs adversaires jusqu'à Voghera, où le général ennemi ne s'arrêta qu'une heure pour continuer ensuite sa marche s:irJTortone.'Il jeta'une garnison de deux se trouvait ainsi
:
33
mille
hommes dans
ville,
passa
liano.
La
y
vit
de Montebello avait duré depuis
du matin jusqu'à huit heures du de jeunes conscrits
glorieusement contre celle des Autrichiens, plus aguerrie et plus nombreuse; et l'artillerie, cette
arme
si
perfectionnée depuis les guerres de
tesse et la précision de ses
passant la rivière,
bandes autri-
chiennes. Celles-ci avaient perdu trois mille tués sur les deux Ht
champs de
hommes
de Casteggio
bataille
de Montebello, cinq mille prisonniers,
six pièces
de canon et plusieurs drapeaux.
la
révolution, s'était surpassée elle-même par la jus-
été remportée par des troupes presque toutes nouvieilles
rivaliser d'intrépidité
lutté
Sesia, mettait en
vellement exercées sur les
soir, et
avec de vieux soldats. La cavalerie française avait
remarquable, qu'elle avait
toire était d'autant plus
de cette dernière vint s'établir à San-Giu-
citadelle
la Scrivia, et
bataille
dix heures l'on
la
colonnes
manœuvres. Cette
mouvement deux colonnes qui. se réunissaient au delà. Une de ces
était alors assaillie, à Villata,
nombre d'Autrichiens embusqués, bat très
vif, elle
vic-
et,
par un grand après un com-
mettait les ennemis en pleine dé-
route et s'établissait à Borgo-Vercelli, pendant que la
seconde colonne
distance de
là, à
s'établissait,
de son côté, à peu de
Torrione, après avoir surpris deux
compagnies d'Autrichiens. XXIII
N'est-ce pas dans ces plaines que les Cimbres furent taillés en pièces par Marius?
Le
même jour,
—
c'est-à-dire le
20 mai,
général Cialdini, voulant s'emparer de
che du pont de Verceil, rompu par et
protéger
la
la tête
—
le
gau-
les Autrichiens,
construction d'un autre pont sur
la
Les événements, on
la
cam-
Les Français d'un côté, les Piémontais de tre. Restait l'action de Garibaldi.
l'au-
le voit, se pressaient
;
pagne s'ouvrait glorieusement.
3
GAMBA LDI.
34
I
le talon
de
fer pesait
brutalement sur
cent soixante ans. Elle était libre, elle s'appartenait
XXIV
— même au temps des Guelfes des Giappartenait Depuis l'année 1700, — nuit nuit sur et
autrefois, lins.
Le 23 mai, Giuseppe GaribaMi,
du corps Romagnano, ve-
à la tète
des chasseurs des Alpes, arrivait à
—
maine,
de Sabino et
et
-la
Autrichiens
le lac
rapidement vers
dirigea
se
il
!
—
Luino, Maccagno, Olgiate, Gavirate,
Borgosesia. DeBorgogesia, le lac
elle,
le deuil.
foudre!
De Romagnano,
s'était faite
Garibaldi chassait les ténèbres en chassant les
une avalanche armée, une trombe huc'était la
à
qu'elle
l'Autriche, la
nant de Camandona. C'était
depuis
elle
il
Arona, entre
atteignit
Majeur, franchit
Tessin
le
pays compris entre
le lac
Majeur
et le lac
tout le
de Gôme,
— se levèrent avec enthousiasme en apprenant que Le
Garibaldi venait d'arriver à Varèse.
comme
tocsin reten-
un peu au-dessous de ce dernier lac, et entra en Lombardie, le 24 mai, entre Soma et Sesto-Ca-
de résurrection, et l'effervescence populaire devint si menaçante que les doua-
lende.
ne purent s'échapper qu'à grand' peine en se réfugiant en costume civil sur le territoire
sur le territoire lombard, Garibaldi ira
fois
plus à s'arrêter.
11
—
n'en a ni le temps
ni l'envie.
gagner sont des victoires de surprise. Il ne recherche pas les batailles rangées; il ne les fuirait pas, si elles se présentaient mais il ne
Les victoires
Ce
les recherche pas.
son
n'est pas
affaire.
l'imprévu, la soudaineté, la fantaisie.
— mais
au renom d'habile, s'inquiète pas
Il
du nombre de
fond sur eux.
il
ses
déroute,
De
il
leur
étonne,
les
Il
peur
fait
aime
Il
ne tient pas
à celui de hardi.
ennemis
seulement que ce sont des Autrichiens les
il
;
Il il
ne sait
cela lui suf-
;
les harcèle,
il
Sesto-Calende, Garibaldi se dirigea sur Va-
cinquante kilomètres
Quarante ou
Ces diables de patriotes ont
!
des bottes de sept lieues
!...
deux pas. En avant On ne raconte pas cette marche triomphale de Garibaldi à travers bourgs et villages, à travers bois Les Autrichiens sont
et à travers plaines.
Il
à
!
faut essayer de se l'imaginer.
Partout, sur son passage, les paysans poussaient
des hurrahs frénétiques Garibaldi.
«
Varèse est une petite
:
Vive Garibaldi
« !
au milieu desquelles
la
ville
de huit mille âmes, sur
route de Milan au lac Majeur f au point de jonc-
tion de cette route et de celle de
Gôme.
C'était,
par
conséquent, un endroit stratégique important. Aussi les Autrichiens s'émurent. Le colonel Bon-
temps rapprocha ses troupes de la frontière. La brigade OU et la brigade Gauzcubach se portèrent rapidement du côté de Mendrisio mais elle ne purent que constater les progrès toujours croissants de :
l'insurrection.
!
rèse, directement, en quelques heures.
tions
cri
suisse.
qu'il doit
;
:
partout,
niers autrichiens
Une
fit
tit
Vive
!
»
criait
criaient les popula-
» il
l'Italie
passait, l'épée nue,
Les habitants de Varèse, municipalité eu tète, avaient à peine eu le temps de féliciter les vaillants chasseurs des Alpes et leur intrépide général, qui avaient fait prisonnière la garnison autrichienne de
—
que l'on signalait l'approche d'un corps d'armée de trente mille hommes aux ordres du général Urban. La situation était critique. Garibaldi avait des soldats déterminés, armés de sliilzcns, avec quelques munitions dans leurs cartouchières; mais il cette ville,
n'avait pas
— Ce
un
seul canon.
n'est rien! s'écria-t-il.
Les Autrichiens en
flamboyante, vengeresse, sur son cheval fumant,
ont!
comme un personnage
Les Autrichiens en avaient, en effet, et ils le lui prouvèrent bien. Mais Garibaldi leur prouva autre chose. Il se barricada dans Varèse et fit jouer les
légendaire.
L'Italie se réveillait enfin.
au cœur, avec siasme. Cet
Le sang
l'espoir, avec la foi,
homme,
lui
revenait
avec l'enthou-
ce héros pâle, aux yeux ar-
fusils.
au front superbe recouvert du rouge capettino dalmate, au costume pittoresque emprunté aux
Les Autrichiens n'en approchèrent pas moins. Alors Garibaldi commanda à ses hommes une charge
mœurs d'autrefois,
à la baïonnette.
deiits,
Vive Garibaldi
hommes
Les de
—
,
Cette
!
s^armaient, les
femmes pleuraient
eux-mêmes
voulaient suivre ce
joie, les enfants
preux
c'est l'Italie, c'est la Liberté!...
ce mâle apôtre de l'indépendance italienne.
Et quand
il
avait disparu, avec sa petite
composée d'aventuriers comme
lui,
—
armée
c'est-à-dire
de dévoués patriotes, jeunes gens pour
la
plupart,
nobles et roturiers, riches et pauvres,
— quand
avait disparu, les villages arboraient le
drapeau aux
il
drapeau italien. La Lombardie ne voulait plus de l'Autriche, dont
trois couleurs, le
fois, les
Autrichiens furent forcés de re-
culer.
Cela se passait le °20 mai, à quatre heures du
matin.
A deux
heures de l'après-midi,
revinrent pour reprendre Varèse cette
,
les
—
Autrichiens autorisés à
imprudence par leur nombre. Leur
artillerie
joua d'une façon terrible contre les barricades de pierre et de chair qui leur étaient opposées. Ils auGaribaldi n'avait pas employé les grands moyens, c'est-à-dire s'il n'avait pas lancé raient réussi,
si
—
VIE ET ses volontaires sur
corps d'année du
lo
AVENTURES
général
Urban.
35
l'Italie qu'il
avait repris l'épée,
lombardes,
Après
le
heures d'un combat acharné, Gatï-
mandé
le signal
baldi rentra à Varèse avec des prisonniers et des
manité
et
canons.
la
trois
de ne pas se do dire « Je
avait bien raison, n'est-ce pas?
Il
mettre en peine
à ce dernier sujet, et
pas de canons, mais
n'ai
les
:
Autrichiens en ont
!
»
vernement du
première
ville
lui les
çant pour
lombarde dont
le
gou-
de Sardaigne prit possession. Voici, à ce propos, deux pièces intéressantes qui constatent cette prise de possession. L'une est une proclamation du maire de Varèse. L'autre est une proclamation du comte Emile Visconti-Venosta, commissaire extraordinaire de Victor-Emmanuel près du corps des chasseurs des Alpes, chargé de l'administration civile de Varèse. Commençons par celle du maire de Varèse roi
:
En
«
vertu des pouvoirs à lui conférés par décret
d'aujourd'hui du général Giuseppe Garibaldi,
mandant
les
chasseurs des Alpes,
savoir ce qui suit
le
com-
soussigné
fait
:
le Tessin,
ont de-
de l'insurrection. Des motifs d'hu-
que vous avez accepté, parce qu'à présent tout est discipline en Italie, le calme comme l'action. Mais aujourd'hui, plus de retards! Le brave général Garibaldi est venu nous l'annoncer, et sur-le-champ
ment du
la
populations
délai
la
*
Varèse fut
les
de prudence et les nécessités générales de guerre nous ont engagés à vous conseiller un
devant
XXV
que
regard tourné vers
populations se soulèvent, se prononcause nationale et pour le gouverne-
Victor-Emmanuel. « Commissaire de Sa Majesté sarde, je viens prendre le gouvernement civil de ce mouvement roi
spontané. Citoyens, l'insurrection lombarde sera .
animée de ce nouvel et admirable esprit italien qui, avec le secret de la coneorde, nous fait retrouver le secret de la fortune. Aucun désordre ne viendra troubler
le
sublime spectacle de
la liberté
;
aucune
impétuosité aveugle ne viendra désordonner l'orga-
nisme
du pays; aucun esprit d'imprévoyante réaction ne voudra considérer comme le triomphe d'un parti celui qui est le triomphe d'une société civil
tout entière.
Les guerres de l'indépendance ne doivent leur succès qu'à de grands efforts. Vous avez devant vous l'exemple du généreux Piémont qui, depuis «
Le gouvernement autrichien est déclaré déchu; il est remplacé par celui du magnanime roi Victor-Emmanuel de Sardaigne, au nom duquel les autorités gouverneront désormais, conformément aux instructions qui leur seront données; « 2° Les mesures d'ordre public et pour la défense du pays sont concentrées dans les mains du soussigné, et confiées, pour l'exécution, au patriotisme
grands sacrifices, soutenu par cette haute espérance, devenue désormais une
de
nous demande la formation d'un Etat fort, rempart de la nation, acheminement à ses. nouvelles destinées. Les vœux incessants du pays vont être exaucés vous pouvez vous soulever dans la certitude de cette
» 1°
la
population et de
la
garde nationale qui va être
organisée. «
Que
les habitants aient pleine
confiance et qu'ils
comptent sur le soussigné, qui tâchera de répondre dignement aux bonnes intentions du magnanime roi représente et de son général, qui
qu'il
ces pouvoirs extraordinaires, pour le bien et
de
l'Italie,
dans
les
conféré
lui a
« N
Varèse,
district.
mai 1859.
le -24
Le maire, commissaire
roj/al
Notre œuvre
réalité.
est assurée.
secours. L'Italie s'organise pour soutenir
de l'indépendance. Napoléon lance des destinées l'épée de l'alliée
sarde extraordinaire^
la
a jeté
guerre
dans
la
ba-
France, notre sœur,
;
union désirée, criant constitutionnel!..
:
Vive Victor-Emmanuel
,
roi
»
Après
la
prise et la reprise de Varèse par Gari-
eut autre chose. Les victoires se suivent et ne se ressemblent pas. Garibaldi ne pouvait pas
baldi,
il
et
lendemain,
reprendre éternellement Varèse. Dès il
d
Un combat
le
poursuivit les Autrichiens, qu'il ren-
contra à Borgo-Vico, près de Carcaiso.
III
la
naturelle des causes généreuses. Toutel'Italie
prendre
«
La brave armée
piémontaise, sous les ordres du roi, vient à notre
graves circonstances actuelles.
de l'ancien commissariat du
les plus
du pays
La résidence du commissaire royal sarde sera dans le local
onze ans, supporte
la ville
terrible s'engagea.
Le
de Corne. tocsin sonna à
toutes volées et mêla son glas formidable aux éclats Voici, maintenant, la proclamation saire extraordinaire
de S. M.
le roi
du commis-
de Sardaigne
à
Varèse et à ses environs. «
A
Citoyens
!
Victor-Emmanuel, premier soldat de l'indépendance nationale, a-t-il eu annoncé à «
peine
du canon. Les paysans accoururent en foule se ranger sous les drapeaux de l'indépendance, et les Autrichiens, menacés partout, prirent la fuite pour se rallier à Camerlata, la tête de ligne du chemin de fer de Milan, où une nouplus formidables encore
—
—
velle bataille fut livrée.
le roi
•
Après ce combat, Garibaldi, toujours victorieux.
GARIBALDI
;iô
fit
son entrée dans
la ville
de Gônie. Les illumina-
tions étaient prêtes d'avance
:
toutes les fenêtres
resplendirent.
votre valeur les frontières de
nos adversaires devaient les menacer, vous leur ferez sentir qu'elles renferment toujours le même peuple fidèle qui, de même que ses pères,
XXVI «
1
de Montebello
er
combattre et vaincre pour Dieu et sa patrie.
Donné dans mon quartier-général de Vérone,
journée de Varèse. Gela promet pour l'avenir Garibaldi ne perdait pas de temps. Pendant que des renforts d'hommes et de matériel s'acheminaient
le
juin 1859.
journée de Vercelli,
,
cher pays du Ty-
rol. Si
sait
Journée
mon
«
François-Joseph, M. P.
»
!
vers son corps de volontaires,
Gôme
son
il
faisait
de
la ville
de
quartier général et établissait ses avant-
postes à Gantu, sur la route de Milan. Les volontaires accouraient de tous côtés se ran-
ger sous ses drapeaux. L'insurrection allumée par lui se propageait dans la Valteline. Sondrio, chef-lieu de délégation de cette province,
proclamait Victor-Emmanuel, dont la royauté était déjà reconnue à Varèse, à Angera, à Gôme. Des commissaires sardes constituaient des municipalités, créaient
une garde nationale, levaient des
de volontaires. Après avoir pris Varèse et Gôme, Garibaldi preplace forte située sur la rive lomnait Laveno, barde, et qui était restée jusque-là au pouvoir des bataillons
—
Autrichiens. Il
s'apprêtait à
de la personne
— qu'on
marcher sur Milan, pour s'emparer
même de l'empereur François-Joseph,
disait arrivé
dans cette capitale,
que l'empereur Napoléon
qu'il apprit
Victor-Emmanuel
—
lors-
III et le roi
dans
même
le
sens.
Nous avons donné le premier donnons le second. ;
Sa Majesté Apostolique ayant cru le moment venu de faire un appel aux armes aux braves habi«
du Tyrol et du Vorarlberg, ce sera maintenant une affaire d'honneur de tout brave Tyrolien et Vorarlbergeois de contribuer de toutes ses forces à l'organisation des compagnies de tirailleurs.
tants
Les commissaires de défense auront à faire de huit en huit jours des rapports sur le progrès de «
compagnies aux comités de qui auront à m'en faire connaî-
l'organisation de ces
défense des cercles,
Pour être plus près des frontières menacées et pour pouvoir, au besoin, exercer une influence personnelle sur l'organisation des compagnies de tirailleurs, je me rendrai demain à Botzen, tre les résultats.
et y resterai
quelque temps.
Aux paroles généreuses et partant réellement du cœur que vous a dites l'empereur, j'ajoute que «
en son temps, à chacune des vingt compagnies qui se trouveront les premières prêtes à marcher à l'effectif de cent quatre-vingts hommes
l'avaient devancé.
je donnerai
XXVII
au moment, un souvenir permanent pour le drapeau de la compagnie. L'ordre, et le temps du départ se-
Aujourd'hui, les Autrichiens, qui étaient venus comme une marée formidable, se retirent vers leurs places fortes, -r consternés et démoralisés.
L'empereur d'Autriche ne
Après l'empereur d'Autriche, l'archiduc CharlesLouis a adressé aux mêmes montagnards un appel
ront déterminées par moi. «
Inspruck, le 2 juin 1859. «
croit pas la partie per-
due, cependant. Il vient d'adresser aux montagnards du Tyrol cet appel in extremis :
Archiduc Charles-Louis, gouverneur du Tyrol et Vorarlberg. »
Malheureusement pour l'Autriche
,
ce double ap-
pel n'a guère chance d'être entendu. A MES FIDÈLES PEUPLES DU TYROL ET DU VORARLBERG.
En 1848,
Je vous appelle aux armes Je vous appelle à prouver de nouveau à vos contemporains et à la postérité votre fidélité et votre virilité, votre senti«
!
plein d'inspirations divines. Je vous ap-
ment pieux pelle
pour
la
cause
la
plus juste qui ait jamais
fait
Prenez en main l'arme du pays que vous connaissez si bien ; réunissez-vous en corps de tirail frontière, leurs, et allez au-devant de l'ennemi à la pour la couvrir de votre fidélité et de votre courage contre cet ennemi qui a si souvent payé de son sang contre la tentative de pénétrer dans vos montagnes, tirer l'épée.
cet
ennemi qui se
fait l'allié
de
la rébellion
contre
confiera l'autorité légitime instituée par Dieu. Je
Tyrol,
—
et
qu'à Trente,
lorsque les corps francs menaçaient le étaient arrivés jusqu'à Rion et jus
ils
—
tout ce peuple allemand s'était mis
en marche pour
les repousser.
Peuple de monta-
gnards, aimant leur pays, leurs bois, leurs vierges, et détestant les
Français,
— sur
leur en avait faite. Aujourd'hui,
pas tout-à-fait,
En
tout cas,
ils
ils
la
réputation qu'on
s'ils
ne
les
aiment
du moins à les haïr. marcher contre eux.
se refusent
se refusent à
Le 24 mai dernier, l'archiduc Charles-Louis, gouverneur du Tyrol, avait publié une loi qui demandait vingt-deux mille
quarante ans, pour
mées
alliées, et
montagnards, de dix-sept à
aller
défendre
combattre contre la
patrie menacée.
les ar-
L'em-
VIE ET AVENTURES. pressement n'a pas été grand, vouer, puisque c'est vrai.
Et encore, passe pour
mand. Mais pour
le
le
—
il
faut bien l'a-
Tyrol purement alle-
force dans le cadre de la Confédération germanique, il
est et reste italien,
—
Les nations,
Que
Tridentino, qu'on a englobé par
de
italien d'esprit, italien
ou que dit
que douteux que l'appel du 1 juin plus entendu du Tyrol que celui du 24 mai. Il
est plus
comme les hommes,
celles
de l'Autriche s'accomplissent donc!
l'Italie soit libre
l'Empereur Napoléon
—
infatigable,
il
a juré
la patrie italienne.
— A moins que beau chemin. ne en un mort La mort des braves cœurs, — Il
heure sera remise au
France
a
de ne remettre l'épée au fourreau que lorsqu'il n'y aura plus un seul soldat autrichien sur le sol sacré
Piémont ont "tirée, sur les provocations de l'empereur François-Joseph. Il y a des choses fatales en ce monde. la
—
dans sa proclamation
III,
Quant à Garibaldi, l'homme
soit
tiendra son serment.
l'arrête
fourreau cette épée que
»
au peuple Français avant son départ pour Gênes.
de
à quelle
jusqu'à l'Adriatique;
L'Italie sera libre jusqu'à l'Adriatique.
XXVIII
Nous ignorons tous
ont leurs destinées.
que l'Autriche domine jusqu'aux Alpes,
faut
« Il
sentiments, italien d'origine, italien de traditions. er
37
Une noble
vie
mort
si
glorieuse!
la
et le
la
si
noblement remplie ne peut avoir qu'une
fin.
Alfred Delvau.
APPENDICE surmontable
i
:
l'Empereur résolut de
le
tourner, et
donna le change aux Autrichiens en massant son armée sur la droite et en lui faisant occuper Casteggio et même Bobbio sur la Trebia. « Le 31 mai, l'armée reçut l'ordre de marcher par il
la
Les événements se succèdent avec la rapidité de et les victoires. foudre les événements
—
;
On
a eu à peine le temps de rédiger
le bulletin
de
la la victoire d'hier, qu'il
faut rédiger celui de la vic-
toire d'aujourd'hui,
à peine celui
faut écrire celui
du
—
soir
du matin,
paraître
Victoire
«
:
!
était resté
»
s'agit
de
la victoire
Donnons d'abord
allait
crient les échos qui nous
de Magenta.
la bataille
de Magenta. Les au-
tres viendront après.
L'armée française, réunie autour d'Alexandrie, avait devant elle de grands obstacles à vaincre. Si «
elle
marchait sur Plaisance,
elle avait à faire le siège
de cette place et à s'ouvrir de vive force le passage du Pô, qui, en cet endroit, n'a pas moins de neuf cents mètres de largeur, et cette opération cile devait être
si diffi-
exécutée en présence d'une armée
ennemie de plus de deux cent mille hommes. « Si l'Empereur passait le fleuve à Valence, trouvait l'ennemi concentré sur la rive gauche Mortara
,
et
il
à Gasale, dont le pont
en notre possession
;
elle prit aussitôt la
il
à
ne pouvait l'attaquer dans cette posi-
la Sesia fut
opéré
pour protéger et couvrir notre marche rapide sur Novare. Les efforts de l'armée furent dirigés vers la droite sur Robbio, et deux combats glorieux pour les troupes sardes, livrés de ce côté, eurent encore pour effet de faire croire à l'ennemi que nous marchions sur Mortara. Mais, pendant ce temps, l'armée française s'était portée vers Novare, et elle y avait pris position sur le même emplacement où dix ans auparavant le roi Charles- Albert avait combattu. Là, elle pouvait faire tête à l'ennemi
s'il
se présen-
tait.
marche hardie avait été protégée par cent mille hommes campés sur notre flanc droit à Olengo, en avant de Novare. Dans ces circonstan«
Ainsi cette
ces, c'était
que par des colonnes séparées, manœuvrant au milieu d'un pays coupé de canaux et de rivières. I) y avait donc des deux côtés un obstacle presque in-
tion
Pô
route de Vercelli, où le passage de
arrivent d'au-delà les Alpes. Il
le
qu'il
!
Ainsi, notre brochure était achevée, elle
gauche, et franchit
donc
à la réserve
confier l'exécution arrière de la ligne «
Le 2
juin,
une
que l'Empereur devait
du mouvement qui de
se faisait en
bataille.
division
de la garde impériale
fut
dirigée vers Turbigo, sur le Tessin, et, n'y trouvant
aucune résistance, «
elle
y jeta trois ponts.
L'Empereur, ayant recueilli des renseignements
GARIBALDI.
38 qui s'accordaient à lui faire connaître
que l'ennemi
gauche du fleuve, fit passer le Tessin en cet endroit par le corps d'armée du général de Mac-Malion, suivi le lendemain par une division de l'armée sarde. se retirait sur
«
la
rive
Nos troupes avaient
a
lombarde, qu'elles
v furent
rive
peine pris position sur
attaquées par un
corps autrichien venu de Milan par Elles le
la
chemin de fer. repoussèrent victorieusement sous les yeux le
de l'Empereur.
Dans
«
la
même
journée du 2 juin,
Milan jusqu'à Trecate, d'où
la
elle
la
division
retranchements
gauche en
se replia sur la rive
de pierre qui traverse complet, et
le
sur ce point, et
faisant sauterie
fleuve en cet endroit.
l'ennemi
C'est les
que la division des grenadiers de la garde impériale s'emparerait de la tête du pont de Boffalora sur la rive gauche, et que le corps d'armée du maréchal Canrobert s'avancerait sur la rive droile pour passer le Tessin au même point.
appris, dans la nuit
fait
manœuvre eurent
faite. Lorsqu'ils
que l'armée française du Tessin à Turbigo, ils
juin,
repasser rapidement ce fleuve, à Vige-
du gé-
néral
souffrit
aussi des retards, et, d'un autre côté, lorsque le
corps du maréchal Canrobert sortit de Novare pour rejoindre l'Empereur, qui s'était porté de sa personne à la tête du pont de Boffalora, ce corps trouva la route tellement encombrée, qu'il ne put arriver
ils
étaient
devant l'Empereur au nombre de cent vingt-cinq
hommes,
et c'est
portionnées que
la
contre ces forces
si
dispro-
division des grenadiers de la
garde, avec laquelle se trouvait l'Empereur, avait
Dans cette circonstance critique, le général Regnaud de Saint-Jean-d'Angély fit preuve de la plus grande énergie, ainsi que les généraux qui commandaient sous ses ordres. Le général de division Mellinet eut deux chevaux tués sous lui le général Clerc tomba mortellement frappé; le général Wimpffen fut blessé à la tête les commandants Desmé et Maudhuy, des grenadiers de la garde, furent tués les zouaves perdirent deux cents hommes, et les grenadiers subirent des pertes non moins con«
;
;
;
res,
«
Enfin, après une longue attente de quatre
heu-
pendant laquelle la division Mellinet soutint sans reculer les attaques de l'ennemi, la brigade Picard, le maréchal Canrobert en tête, arriva sur le lieu du combat. Peu après parut la division Vinoy, du corps du général Niel, que l'Empereur avait fait appeler, puis enfin les divisions Renault et Trochu, du corps
du maréchal Canrobert.
En même temps, le canon du général de MacMahon se faisait de nouveau entendre dans le loin«
à Boffalora, lorsque,
Le corps du général, retardé dans sa marche, et moins nombreux qu'il n'aurait dû l'être, s'était avancé en deux colonnes sur Magenta et Boffalora. « L'ennemi ayant voulu se porter entre ces deux colonnes pour les couper, le général de Mac-Mahon
entendit une vive fusillade
avait rallié celle de droite sur celle de gauche, vers
au Tessin.
Telle était la situation des choses, et l'Empereur attendait, non sans anxiété, le signal de l'arrivée du «
corps du général deMac-Mahon
« C'était le
d'expliquer la
ponts derrière eux. Le 4 au matin,
les
compter à la guerre. L'armée du roi fut retardée dans son passage de la rivière, et une seule de
faut
il
du 2
avait surpris le passage
sidérables.
une canonnade
moment
le
ici
Autrichiens avaient
L'exécution de ce plan d'opérations fut troublée par quelques-uns de ces incidents avec lesquels il «
et
de
vano, par trois de leurs corps d'armée, qui brûlèrent
lora et Magenta, tandis
vers les deux heures,
allait-
Tou-
garde impériale et suivi de toute l'armée du roi de Sardaigne, devait se porter de Turbigo sur Boffa-
fort tard
garde
?
seule à lutter.
que
avait-elle été repous-
soutenir, à elle seule, tout l'effort
La journée du 4 avait été fixée par l'Empereur pour la prise de possession définitive de la rive gauche du Tessin. Le corps d'armée du général de MacMahon, renforcé de la division des voltigeurs de la
division Espinasee
la
avaient
«
la
d'un autre côté,
et,
sée, et la division des grenadiers de la
mille
«
corps d'armée du maréchal Can-
La colonne du général
cessé.
proposé de renverser s'étant seulement affaissées sur elles-mêmes sans s'écrouler, le passage ne fut pas interrompu.
deMac-Mahon. La marche de
le
pont
de ses fourneaux de mine ne fut pas les deux arches de pont qu'il s'était
ses divisions put suivre d'assez loin le corps
et
canonnade et la fusillade qui avaient signalé l'arrivée du général de Mac-Mahon avaient complètement
que
qu'il avait établis
se trouvèrent en face de
robert ne se montrait point,
de
pont de Boffalora, l'ennemi évacua précipitamment
tefois, l'effet
Cependant
«
route de Novare à la tête
elles
qui arrêtèrent leurs progrès.
«
menaçait
mais
;
masses considérables qu'elles ne purent enfoncer
elle avoir à
Espinasse s'étant avancée sur
les
nos troupes
très-vives.
moment de
le
Le général
arrivait.
soutenir en marchant
vers Magenta. L'Empereur lança aussitôt la brigade Wimpffen contre les positions formidables occupées
par les Autrichiens en avant du pont;
tain.
Magenta,
et c'est ce qui explique
comment
avait cessé, dès le début de l'action,
le
du côté de
feu
Bof-
falora. «
En
effet, les
Autrichiens se voyant pressés sur
Clerc suivit le
leur front et sur leur gauche, avaient évacué le village de Boffalora et porté la plus grande partie de
dent
leurs forces contre le général de
la
brigade
mouvement. Les hauteurs qui borNaviglio (grand canal) et le village de Boffalora furent promptement emportés par l'élan de le
Mac-Mahon, en
e avant de Magenta. Le 45 de ligne s'élança avec in-
VIE ET AVENTURES.
ferme de Cascina-Nuova, qui précède le village, et qui était défendue par deux régiments hongrois. Quinze cents hommes de l'entrépidité à l'attaque
de
la
nemi y déposèrent
les
drapeau
fut en-
levé sur le cadavre
du colonel. Cependant la
division
armes, et
le
:]i
son chef d'état-major, fut tué à ses côtés;
du 90
Charlier,
coups de feu,
e
le
mortellement atteint de cinq plusieurs officiers de la division Re,
et
fut
nault furent mis hors de combat, pendant, que le village
de
de Ponte
di
Magenta
était pris et repris sept
Motterouge se trouvait pressée par des forces considérables qui menaçaient de la séparer de la
fois
division Espinasse.
mée française restait maîtresse du champ de
de
la
«
Le général de Mac-Mahon
conde ligne
les treize bataillons
garde, sous
le
mou,
avait disposé en se-
des voltigeurs de
commandement du brave
qui, se portant en
la
général Ca-
première ligne, soutint au
centre les efforts de l'ennemi et permit aux divisions
de
Motterouge
la
reusement
et
Espinasse de reprendre vigou-
l'offensive.
Dans ce moment d'attaque générale, le général Auger, commandant l'artillerie du 2 e corps, fil mettre en batterie, sur la chaussée du chemin de fer, quarante bouches à feu, qui, prenant en flanc et d'éles Autrichiens, défilant
en grand désordre,
en firent un carnage affreux. «
A
Magenta,
le
combat
part et d'autre que c'était s'en
fut terrible.
là la clef
On de
L'ennemi sentait
de
la position.
emparèrent maison par maison, en
aux Autrichiens des pertes énormes. de dix mille des leurs furent mis hors de comet le général de Mac-Mahon leur fit environ mille prisonniers, parmi lesquels un régiment e entier, le 2 chasseurs à pied, commandé par
faisant subir
Plus bat,
cinq tout le
Enfin, vers huit heures et demie
du
et l'ennemi se retirait en laissant entre
soir, l'ar-
bataille,
nos mains
quatre canons, dont un pris par les grenadiers de garde, deux drapeaux et sept mille prisonniers.
peut évaluer à vingt mille environ
On
Autrichiens mis hors de combat.
champ de
bataille
douze mille
le
la
On
nombre des
a trouvé sur le
fusils et trente mille
colonel Hauser. Mais le corps du général eut lui-
môme
«
Les corps autrichiens qui ont combattu contre
nous sont ceux de Clam-Gallas, Zobcl, Schwartzen-
berg
Le feld-maréehal Giulay com-
et Lichtenstein.
mandait en chef. «
Ainsi, cinq jours après le départ d'Alexandrie,
l'armée alliée avait livré trois combats, gagné une
défendit le village avec acharnement.
Nos troupes
«
suite.
sacs.
«
charpe
colonel
beaucoup à souffrir quinze cents hommes furent tués ou blessés. A l'attaque du village, le gé:
néral Espinasse et son officier d'ordonnance, le lieu-
bataille,
Piémont des Autrichiens et portes de Milan. Depuis le combat de
débarrassé
onvert les
le
Montebello, l'armée autrichienne a perdu vingt-cinq mille
hommes
tués ou blessés, dix mille urisonniers
canons.
et dix-sept
Après Magenta,
»
voici
venir Malegnano, Pavie,
Lodi, Bergame. Les Autrichiens sont en pleine déroute. Garibaldi d'un côté, l'armée franco-piémon-
de l'autre, ne les laissent pas respirer un instant. Ils abandonnent leurs positions, ils évacuent
taise
n'ont pas
les villes, ils
morts, —
le
temps d'enterrer leurs
fuient!..
ils
tenant Froidefond, étaient tombés frappés à mort.
Comme bés les
de leurs troupes, étaient tomcolonels Drouhot, du 65 e de ligne, et de lui, à la tête
Chabrière, du «
°2 e
D'un autre côté,
les divisions
faisaient des prodiges
Vinoy
de valeur, sous
les
et
Renault
ordres du
maréchal Canrobertet du général Niel. La division de Vinoy, partie de Novare dès le matin, arrivait à peine à Trecate, où
elle
devait bivouaquer,
quand
appelée par l'Empereur. Elle marcha au pas de course jusqu'à Ponte di Magenta, en chassant elle fut
l'ennemi des positions qu'il occupait et en lui faisant plus de mille prisonniers; mais, engagée avec des forces supérieures, elle eut à subir
pertes
:
onze
officiers furent tués et
beaucoup de
cinquante bles-
cinquante sous-officiers et soldats fue rent mis hors de combat. Le 85 de ligne eut surtout
sés
;
six cent
à souffrir
se
fit
:
le
II
régiment étranger.
commandant
bravement tuer
les autres officiers
Delort, de ce régiment,
à la tête
de son bataillon,
et
supérieurs furent blessés. Le gé-
Qui resterait froid devant de telles victoires, qui font
un phare glorieux, sur
rayonner
le
monde
de l'Empire
Le cœur de d'un seul
la
Senneville,
émerveillé?
nation tout entière bat
homme. On
comme on
comme celui
s'avoue Chauvin sans rougir,
rougissait jadis.
Les nouvelles du théâtre de la guerre sont attendues avec une impatience fébrile. Partout, de la mansarde à l'hôtel du riche, de la rue Mouffetard au
commente les bulletins journaux du soir, comme on com
boulevart des Italiens, on
mentait jadis les bulletins de
Le colonel de
comme
!
conduisant sa brigade. dos pertes regrettables.
France,
grandes choses, de ces combats de géants qui renouvellent si bien pes combats de la République et
que donnent
Les troupes du maréchal Canrobert firent aussi
la
noms, devant de
Les plus réfractaires à l'enthousiasme se laissent envahir par l'émotion du patriotisme, en face de ces
néral Martimprey fut atteint d'un coup de feu en
«
tels
les
aussi,
armée
d'Italie
cette vaillante
Grande-Armée. une Grande- Armée, qui compte dans ses
la
N'est-elle pas, elle
GARIBALDI.
4«
—
des vétérans rangs des vétérans et des conscrits, hier, des conscrits qui seront qui étaient conscrits
Ne
vétérans demain?
sont -ce pas
d'Afrique et les soldats de
acclamations
la
tête de laquelle est notre roi.
Officiers, sous-officiers et soldats,
«
il
du de-
est
montrer que la discipline et l'ordre régnent parmi nous avec la véritable attitude militaire de soldats honorables; elles prouvent que, tout en accomplissant scrupuleusement notre devoir dans ce classique et beau pays, nous sommes prêts aussi, dans les rangs des braves de Curtatone et Nontonura, à combattre à outrance l'ennemi comvoir de tous de
qui leur
l'Italie,
pagnons
donne de
valeureux
si
com-
!
III
Nous avons
déjà donné plusieurs documents offi-
importants.
En
voici d'autres, qu'il serait re-
mun
de notre indépendance.
l'indépendance de «
grettable d'omettre. C'est d'abord l'ordre
du jour adressé par
Napoléon au 5* corps d'armée
le
— Vive
le roi
vive
!
l'Italie!
Le major commandant,
prince
«
Annibalbi Biscossi.
»
:
que le au général de Sonnaz Puis
«
les
voient en nous les représentants de l'armée nationale à
!
Vive
ciels
que
ainsi
enthousiastes des habitants, nous prouvent qu'ils
vive la France, qui fait naître de pareils
Ah! héros
soldats
les
là
Crimée?
monumentales,
tres et
e Soldats du 5 corps de l'armée
d'Italie!
L'Empereur m'appelle à l'honneur de vous commander. Plusieurs d'entre vous sont mes anciens camarades de l'Aima et d'Inkermann. Comme en Crimée, comme en Afrique, vous serez dignes de votre glorieuse réputation. Discipline, courage, ténacité, voilà les vertus militaires que vous mon-
la lettre
roi
Victor-Emmanuel
a écrite
:
«
nouveau à l'Europe, attentive aux grands événements qui se préparent. Le pays qui fut le berceau de la civilisation antique et de la renaistrerez de
sance moderne va vous devoir sa liberté ; vous le délivrer à jamais de ses dominateurs, de ces éterallez
nels
ennemis de
la
France dont
dans notre histoire, avec luttes et
le
le
nom
se confond,
«
Excellence,
«
la
Occimiano,
le
18 mai 1859.
noble, patriotique et brave atti-
tude que Votre Excellence a tenue ces jours der-
où la capitale étant menacée d'une invasion ennemie, vous vous êtes réuni à la tête de quelques niers,
troupes à celles de
la
division de cavalerie
nir tête à l'invasion, a été par
approuvée
moi
pour
entièrement
si
que j'éprouve le vif besoin de vous en témoigner ma grande satisfaction, et de vous offrir en même temps mes plus sincères reet louée,
mercîments.
souvenir de toutes nos
Cet acte spontané et résolu est une nouvelle
«
preuve du constant dévoûment au trône dont
de toutes nos victoires.
te-
mon
que les peuples italiens font à leurs libérateurs témoigne de la justice de la cause dont
père
et!
dans
le
l'Empereur a pris
services de Votre Excellence, qui lui ont valu toute
«
«
L'accueil
la
défense.
Vive l'Empereur
pendance italienne
vive la France
!
!
vive l'indé-
Le prince commandant en chef le 5 corps de l'armée d'Italie, «
Napoléon (Jérôme).
»
du jour du commandant des marine sarde en Toscane, en date du
Puis, voici l'ordre
soldats de la
10 mai
bienveillance, et vous ont acquis tant de droits
à l'estime et à la reconnaissance
!
e
«
ma
moi nous avons reçus tant de témoignages passé, et un titre de plus ajouté aux éclatants
et
de
l'ar-
mée. Aujourd'hui que le péril dont la capitale était menacée a cessé, Votre Excellence pourra reprendre le commandement de la division militaire de Turin, et j'ai la ferme confiance que s'il survenait d'autres graves événements, la patrie et le roi pourront toujours compter sur le bras et le cœur de Votre Excellence qui ne vieillissent jamais.
:
«
«
du pays
Commandant
des soldats de
la
comme
par suite du
sorti
cri
de guerre
de Victor-Emmanuel, notre
étrangère
;
mais,
des augustes lèvres
roi,
»
marine royale Puis une circulaire du commissaire royal extraor-
sarde en Toscane, nous voici sur une terre que tout à l'heure nous regardions
Victor-Emmanuel.
dinaire pour les divisions de Novare, Ivrée,
Verceil
et
aux habitants de Verceil.
nous saluons au-
jourd'hui notre sœur en liberté, et à ces nobles en-
«
Votre
ville,
sans défense naturelle ou
artificielle,
Les événements de ces derniers jours disent au monde que le Toscan n'a jamais menti à l'Italie, et
dû subir une criminelle invasion. Les lois et les usages de la guerre donnaient un caractère sacré à vos propriétés. Le général ennemi avait publiquement promis de les respecter; mais quelle chose ou
l'accueil cordial à notre entrée
quelle promesse,
fants de l'Italie
nous tendons
la
main droite en signe
d'alliance impérissable. «
dans ces
villes illus-
a
même
la
plus sacrée, n'est pas
V[E ET AVENTURES. aux pieds par l'Autrichien?
41
dix-sept jours sur votre territoire, jours de spolia-
hordes ennemies l'assurance ou le prétexte de se livrer à des sévices. Les magistrats impassibles ont continué à rendre la justice au nom du roi qui a ga-
tion et de rapine!
gné
violée, n'est pas foulée
Les soldats de
la
maison de Habsbourg sont restés
mon cœur ne saignait pas me réjouirais de ce que
« Si
pensée de vos
à la
souffrances, je
ces énormi-
détrompé ceux qui s'obstinaient encore compter l'Autriche au nombre des puissances ci-
tés ont enfin
à
vilisées. «
Habitants de Verceil, vous avez supporté les
maux
haut et
le front
La municipalité prudente
et
le
ferme
cœur a
assuré.
enlevé aux
étrangère, et j'ai la certitude que la nation entière vous tiendra compte de vos douleurs et de votre constance Vive le roi! vive l'Italie :
De
!
Verceil, le 2-2
Vous avez tous donné la preuve irrécusable qu'il de menace pas de violence qui puisse triompher du courage d'une population qui a foi en-
«
,
dans
le
sceptre et l'épée de son monarque, dans
bravoure de son armée, dans sa destinée qui mûJe vous rends grâces solennelles pour cette
la
rit.
preuve
si
difficile
à
donnner
Signé ïecchio.
»
de l'invasion
vis-à-vis
droite, il voulait empêcher la jonction de nos soldats avec ceux du maréchal Canrobert. Le moment était suprême. Notre force était numériquement bien in-
férieure à celle de l'adversaire. Mais
mai 1859.
l'al-
«
n'est pas
tière
plus grands
«
à la croix de Savoie les affections de l'Italie, liance de la France, l'admiration du monde.
de
lui les
braves troupes de
la
il
avait en face
e
4 division, sous
les
ordres du général Gialdini, et l'incomparable 3 e réPuis une proclamation du roi de Piémont aux troupes :
•
Du
quartier général principal à Torrione,
le 31
mai 1859.
giment de zouaves (l'imparegginbile 3° regi.nento dei zuavi), qui, combattant en ce jour avec l'armée sarde, a puissamment contribué à la victoire. «
pes «
Soldats!
Aujourd'hui un nouvel et éclatant fait d'armes été signalé par une nouvelle victoire. L'ennemi «
a
nous a vigoureusement attaqués dans
la
position de
Palestro; portant de puissantes forces contre notre
La
lutte a été meurtrière
alliées
mais à la fin les trouont repoussé l'ennemi après lui avoir fait :
subir des pertes très sérieuses parmi lesquelles figurent un général et plusieurs officiers. Les prisonniers autrichiens s'élèvent à 1,000 environ; 8 canons ont été pris à la baïonnette, 5 par les zouaves,
3 par les nôtres. Pendant que se livrait
le
combat de
GARIBALDI.
43
un égal succès, redes troupes de sa division une at-
Paleslro, le général Fanti, avec
qu'on sort de Turbigo, par deux chemins pratica-
poussait a la tête
bles à l'artillerie
taque des Autrichiens contre Confienza. S. M. l'Empereur, en visitant ses félicitations les
le
champ de
mieux
bataille,
senties,
et
il
exprimé
a
œuvre
si
la partie
sud du village, l'autre par
la
par-
tie ouest.
a apprécié
l'immense avantage de cette journée. Soldats! persévérez dans votre conduite sublime, et je vous assure que le ciel couronnera votre
rues par
de ses
l'un qui aboutit à l'une
:
«
Le chemin qui vient de Magenta
de Boffalora
et
y pénètre par la partie est. C'est ce dernier que suivait la colonne autrichienne.
coura-
«
J'ordonnai au général de
Motterouge,
la
ui
i
(
izensement commencée.
n'avait alors avec lui «
Victor -Emmanuel.
»
que
le
régiment des
tirailleurs
algériens, ses autres régiments étant encore sur la
gauche de la rivière, de porter ses trois bataillons de tirailleurs sur Robecchetto et de les disposer rive
Puis enfin léon
III
par
rapport adressé à l'Empereur Napo-
le
Mac-Mahon
général
le
en trois colonnes d'attaque de
:
« •
«
Au
quartier général, à Turbigo, le 3 juin 1859.
que j'ai eu l'honneur d'en instruire Votre Majesté par un premier rapport que je lui ai adressé ce matin, l'ennemi a fait sauter le pont de San-Marlino hier, vers cinq heures du soir, en se retirant sur la rive gauche du Tessin. « Ce matin, à la pointe du jour, le général Espinasse s'est porté, avec une brigade, sur
la tète
de
son
à
y a trouvé trois obusiers, deux canons
de campagne et plusieurs chariots de munitions. D'après
les
ordres de Votre Majesté, le 2 e corps
quant par «
Le 3 bataillon formant
môme
l'attaquant par l'oues! «
des
Le 2 e 1
er
et
appuyer
impériale.
de
mon
arrivée à Turbigo,
j'ai
trouvé une brigade de celte division sur
la
du Tessin, occupant de manière à nous assurer
le village et ses
abords
pont, et surveillant
en aval du
droite
la vallée
L'autre brigade de
la
libre possession
la division
rive
du
village.
Camou
était sur
la rive droite.
«
La
tête de colonne de la l re division
une heure et
du 2 e corps demie. Au mo-
ment où, m'étant porté en avant de Turbigo,
je re-
connaissais le terrain et que je visitais les hauteurs
de Robecchetto pour y établir les troupes, je m'aperçus tout-à-coup que j'avais à quelque 500 mètres de moi une colonne autrichienne qui paraissait venir de Boffalora, marchait sur Robecchetto avec l'intention évidente d'occuper ce village.
Robecchetto se trouve sur
la
rive
gauche du
Tessin, à l'est et à 2 kilomètres de Turbigo. C'est un village considérable qui peut être
chercher à
était aussi
dis-
Heurs.
tira
le
le
en y pénétrant par traverse de 1 ouest à l'est, et,
tourner aussi par
partie est, de
la
ma-
menacer la retraite de l'ennemi. « Pendant que le général de la Motterouge se mettait en mesure d'exécuier ces mouvements avec
le
régiment des chasseurs algériens, je prenais moi-
même
les dispositions nécessaires
pour
faire arriver
régiments de sa division. Le 45 e de re ligne, seeond régiment de la l brigade, recevait à lui les autres
l'ordre de
marcher dans
les traces
du régiment des
tirailleurs algériens.
La 2 e brigade, composée des 65 e et 70 e de ligne recevait, un peu plus tard, l'ordre de se porter sur
aisément défendu
le village
afin
la
vallée
du Tessin. On y
arrive, lors-
de Robecchetto par
la
route de Casteno,
de flanquer l'attaque convergente
faite
par
les
tirailleurs algériens.
Vers deux heures,
«
le
général de
la
Motterouge
marchait avec ses trois bataillons sur Robecchetto, suivi d'une batterie de la réserve générale de l'ar-
mée, dirigée par le général Auger en personne. « Les colonnes de tirailleurs algériens, enlevé. -s avec la plus grande vigueur à la voix du général de la Motterouge et à celle de leur colonel, marchèrent résolument sur Robecchetto sans faire usage de leur «
20 mètres
arrière
échelon en réserve, prêt à
deux autres bataillons,
rue principale qui
fortement pour un corps ennemi qui viendrait de Milan ou de Magenta avec l'intention de barrer le passage du Tessin à Turbigo. Ce village est assis sur un vaste plateau horizontal qui domine de 15 à
2% formant un
converger sur Robecchetto,
feu.
c
un peu en
Les trois colonnes, marchant à intervalles de déploiement, devaient, au commandement général,
incontestablement très utile d'occuper
et qu'il serait
;
bataillon, au centre et
les
la
«
franchissait le pont vers
«
gauche, disposé de
«
nière à
le
Au moment
la
posé en colonne et précé éde
pont qui y a été jeté la nuit dernière, sous la protection de la division des voltigeurs de la garde
«
tirail-
destiné à pénétrer dans le village en
façon,
la
«
en colonne
sud;
le
e
Novare ce matin, à huit heures et demie, pour se porter sur Turbigo et y franchir le Tessin a quitté
sur
,
!
pont que les Autrichiens avaient abandonnée
«
bataillon formant la droite
:
leurs, destinées à se porter sur le village en l'atta-
Sire,
Il
1
manière suivante
par division, précédé de deux compagnies de
« Ainsi
approche.
Le
er
la
Accueillis à rentrée
fusillade,
nos
du
village par
une
très vive
tirailleurs se précipitèrent tête baissée
sur les Autrichiens qui en défendaient les abords.
Dans
l'intérieur
de leur feu,
du
village seulement,
et puis
ils fire:it
usage
aussitôt se précipitèrent a
la
VIE ET AVENTURES.
43
baïonnette sur tous ceux qui essayaient de résister
militaire, mérite
de leur barrer le passage. En dix minutes, l'ennemi était délogé du village et en retraite sur la route par laquelle ils étaient venus. A la sortie du
l'armée;
et
village,
voulut user de son artillerie, et nous en-
il
voya une douzaine de coups à mitraille qui n'arrêtèrent en rien l'élan de nos soldats.
sheureux qui ébranlèrent tout-à-fait les colonnes ennemies et les mirent alors dans une déroute complète. Les tirailleurs les poursuivirent au pas de course jusqu'à deux kilomètres en avant de Robecchetto, et en tuèrent un grand nombre. Le général Auger, en faisant prendre à la batterie quatre positions successives et très heureusement choisies , leur fit aussi beaucoup de mal. « C'est dans une de ces positions que le général Auger, croyant apercevoir dans les blés une pièce «Notre
artillerie riposta
par des
cour.
vement de
retraite
de l'ennemi, se précipita au ga-
lop sur elle et s'en empara. Près de la pièce gisait à terre le
commandant de
la batterie,
coupé en deux
par un de nos boulets.
Le champ de
pour
la
bataille est couvert
de ses morts
et
d'une quantité considérable d'effets de toute nature qu'il
mains
a laissés entre nos
ment, sacs complets
:
effets
de campe-
qu'il a jetés sur le lieu
du com-
pour fuir avec plus d'agilité. Nous avons ramassé des armes, carabines et fusils. Nous avons
bat,
peu de prisonniers, ce qui s'explique par la nature du terrain sur lequel l'engagement a eu lieu. fait
De
«
notre côté, nous avons eu un capitaine tué
M. Vanéechout), 4 officiers blessés, dont un colo-
Je suis avec le plus profond respect, Sire, de Votre Majesté, le très humble, très obéissant et très «
fidèle sujet, «
h* général de division, commandant en chef le 2 corps, e
«
»
III
aux
Italiens.
« Italiens, «
La fortune de
guerre nous conduisant aujour-
la
d'hui dans la capitale de la Lombardie, je viens vous dire pourquoi j'y suis.
y a des hommes qui ne comprennent pas leur époque, je ne suis pas du nombre. Dans l'état « S'il
«
Je ne viens pas
pour déposséder
les
ici
la
garde, qui
a
eu ses
engagés avec l'ennemi en arrière de Ro-
est plus
avec un système préconçu
souverains ni pour vous imposer
choses
des voltigeurs de
on
grand aujourd'hui par l'influence morale qu'on exerce que par des conquêtes stériles, et cette influence morale, je la recherche avec orgueil en contribuant à rendre libre une des plus belles parties de l'Europe. Votre accueil m'a déjà prouvé que vous m'avez compris. éclairé de l'opinion publique,
tués et trente-huit blessés, parmi lesquels quatre,
tirailleurs
De Mac-Mauon.
Proclamation de l'Empereur Napoléon
ma volonté mon armée
dit,
a conduit ses bataillons
à l'ennemi.
nel d'état-major (M. de Laveaucoupet), sept soldats
m'a-t-on
il
éprouvé des pertes considérables.
suffirent
précipitamment. a
intelligente avec laquelle
que je ne faisais la guerre que par ambition personnelle, ou pour agrandir le territoire de la France.
Deux boulets
L'ennemi
reçu un coup de baïonnette à la tête; le colonel Laure, des tirailleurs algériens, pour l'impulsion a
décider
portai un bataillon du G5 e et deux pièces de canon à
«
com-
Lorsque l'Autriche attaqua injustement le Piémont, je résolus de soutenir mon allié le roi de Sardaigne, l'honneur et les intérêts de la France m'en faisant un devoir. Vos ennemis, qui sont les miens, ont tenté de diminuer la sympathie universelle qu'il y avait en Europe pour votre cause, en faisant croire
présentait sur notre gauche, venant de Castano. Je
à se retirer
colonel de Laveaucoupet, qui, en
le
«
Pendant que ceci se passait vers Robecchetto, une tête de colonne de cavalerie autrichienne se «
sa rencontre.
à l'ordre général de
battant corps à corps avec les tirailleurs autrichiens,
mou-
autrichienne ayant quelque peine à suivre le
une citation
ne s'occupera que de deux combattre vos ennemis et maintenir l'ordre ;
:
intérieur; elle ne mettra
aucun obstacle à
vœux
manifestation de vos
la libre
légitimes.
plus depuis notre entrée en campagne, montre tout
La Providence favorise quelquefois les peuples comme les individus, en leur donnant l'occasion de grandir tout-à-coup mais c'est à la condition qu'ils sachent en profiter. Profitez donc de la fortune qui
ce qu'elle peut attendre de nos braves soldats.
s'offre à
Je n'ai point encore reçu les rapports particuliers qui doivent signaler ceux qui se sont plus par-
temps exprimé, si souvent déçu, se vous en montrez dignes.
becchetto.
«
Je ne puis encore, Sire, donner à Votre Majesté
«
des détails précis sur cette affaire, qui, une fois de
«
ticulièrement distingués. Tous ont et
dignement leur devoir; mais
présent, à Votre Majesté,
rouge ble
;
comme
le
ayant
fait
le
fait
bravement
je signalerai, dès à
général de
la
preuve d'un élan
général Auger, pour
le fait
que
Motte-
irrésisti-
j'ai relaté
plus haut, et qui, aux termes de notre législation
;
«
vous! Votre désir d'indépendance,
si
réalisera
Unissez-vous donc dans un seul but
:
si
long-
vous
l'affran-
chissement de votre pays. Organisez-vous militairement. Volez sous les drapeaux du roi Victor-Emma-
noblement montré la voie de l'honneur. Souvenez-vous que sans discipline, il n'y a pas d'armée, et, animés du feu sacré de la nuel, qui vous a déjà
si
GARIBALDI.
44
ne soyez aujourd'hui que soldats; demain, vous serez citoyens libres d'un grand pays.
patrie,
«
Fait au quartier impérial de Milan, 8 juin 1859.
Napoléon.
«
Soldats,
a
un mois, confiant dans
Le maréchal Baraguey-d'Hilliers, arrive à quatre heures devant la position, l'a fait immédiatement attaquer de front par les divisions Bazaine et Ladmirault, pendant que la division Forey devait la tourner. Ce combat n'a pas duré moins de trois heures. «
»
Proclamation de l'Empereur à l'armée française
«
Malegnano, pour couvrir leur retraite, avaient profité des restes de fortifications que présente cette ville, et s'y étaient solidement retranchés.
:
opposé la résistance la plus énergique aux efforts de nos soldats. Enfin, chassé à la baïonnette de retranchement en retranchement, de
L'ennemi
«
« Il
y
de
les efforts
la
diplomatie, j'espérais encore la paix, lorsque tout-
à-coup l'invasion du Piémont par les troupes autrichiennes nous appela aux armes. Nous n'étions pas prêts. Les hommes, les chevaux, le matériel, les approvisionnements manquaient, et nous devions, pour secourir nos alliés, déboucher à la hâte, par au delà des Alpes, devant un ennemi redoutable et préparé de longue main. « Le danger était grand; l'énergie de la nation et votre courage ont suppléé à tout. La France a retrouvé ses anciennes vertus, et, unie dans un petites fractions,
—
même
but
comme
en un seul sentiment,
elle a
mon-
de ses ressources et la force de son patriotisme. Voici dix jours que les opérations ont commencé, et déjà le territoire piémontais est dé-
a
maison en maison,
il
s'est retiré vers sept heures,
laissant le terrain couvert
de ses morts, et abandon-
nant entre nos mains un canon et un millier de prisonniers.
Un
«
si
beau succès ne pouvait être que chèrement
acheté.
Nous avons eu environ cinquante
«
officiers et
huit cents soldats hors de combat.
Nous apprenons
«
à l'instant
que
les Autrichiens
ont évacué Pavie et Lodi, et repassé l'Adda en détruisant les ponts. »
tré la puissance
Nous empruntons en outre au journal donné sur
Constitution
barrassé de ses envahisseurs.
l'intéressant travail qu'il a
L'armée alliée a livré quatre combats heureux et remporté une victoire décisive qui lui ont ouvert les portes de la capitale delà Lombardie. Vous avez mis hors de combat plus de trente-cinq mille Autrichiens, pris dix-sept canons, deux drapeaux, huit mille prisonniers ; mais tout n'est pas terminé nous
de l'armée piémontaise à l'ouverture de
«
;
aurons encore des luttes à soutenir, des obstacles à vaincre.
gne
Au moment où
«
gne,
il
importe de savoir quelle est sa composition,
commandent. Le roi de Sardaigne, comme on le sait déjà, en pris le commandement en chef. Victor-Emmanuel quels sont les chefs qui la
champ de
vous contemplent avec orgueil
brigades des Gardes et
!
« «
Napoléon.
Fait au quartier général de Milan, le 8 juin
fait
ses preuves sur le
a
comman-
de réserve, formée des de Coni. Bien jeune alors, le
la division dite
Santa Lucia et de Goïto, où
de Custoza, où
il
fut blessé, et à la
ba-
il
couvrit la retraite.
Marmora, qui suit le roi comme ministre de la guerre ad latus, est chargé du commandement de l'aile droite de l'armée, composée des 2 e et 3 e divisions. Sa fortune militaire date de 1848; il était alors lieutenant-colonel d'artillerie re e et commandait les l et 2 batteries de bataille; il
Le général Alphonse de
Milan,
Le major général à
le
9 juin 1859, 9 h.
S. Exe.
guerre.
—
M.
le
du
soir.
ministre de la
Paris. •
Milan, 9 juin.
Après la victoire de Magenta, les Autrichiens ont évacué Milan en toute hâte, laissant dans la citadelle quarante-un canons en bronze, des munitions et des vivres en abondance. Ils se sont mis en pleine retraite sur Lodi et Pavie.
Le 8, l'Empereur a donné
la
passa ensuite, avec le grade de colonel, à
«
«
Il
»
«
«
1848
bataille.
a
prince se distingua particulièrement aux affaires de
taille
1859.
campa-
l'armée active entre en campa-
dait en
Je
la
:
compte sur vous. Courage donc, braves soldats de l'armée d'Italie! Du haut du ciel, vos pères «
la
le Siècle,
sion de l'armée
Gênes.
Nommé
ral (général
bardie,
une
il
comme
au maréposition de
chal Baraguey-d'Hilliers d'occuper la
4 e divi-
chef d'état major du duc de
ministre delà guerre et major géné-
de brigade) après
la retraite
de
Lom-
commanda, au commencement de 1849,
division qui, détachée dans les duchés, ne put
assister à la bataille
l'ordre
la
levée à faite,
il
la
de Novare. Gênes s'étant sou-
nouvelle de l'armistice qui suivit cette dé-
fut
chargé de
la
réduire, mission qui aurait
Malegnano (Marignan), d'où nous menacions à la fois deux lignes de retraite de l'ennemi. Mais les Autri-
été tort difficile
chiens, qui avaient compris toute l'importance de
place aussi forte. Après avoir réduit Gênes, Alphonse
si
les
insurgés eussent su tirer parti
des avantages que leur offrait
la
possession d'une
VIE ET
Marmora
nommé
lieutenant général (géné-
de
la
ral
de division). Ministre de
fut
AVENTURES
la
guerre dans
le
cabinet
occupé avec zèle et intelligence de la réorganisation de l'armée piémontaise. Ce fut lui
Cavour,
il
s'est
commanda
qui
Grimée.
A
corps expéditionnaire sarde en
le
son retour,
de
fut élevé à la dignité
il
général d'armée, le maréchalat piémontais.
Le lieutenant-général Hector Gerbaix de Sonna est chargé du commandement de l'aile gauche, fore des 4 et 5 e divisions. Cet officier général a
mée
avec distinction
campagne de 1848, où
la
fait
com-
il
mandait également la gauche de l'armée. preuve, dans les derniers combats des 21, 22
Il
lit
et
23
de cette année, d'une courageuse fermeté et d'un tact militaire très remarquable. Le lieutenant-général Morozzo délia Rocca est 1848, serve
il
était
chef d'état-major de
la division
commandée par Victor-Emmanuel,
de ré-
alors
duc
de Savoie. l'artillerie est
con-
au major général Pastore, et celui du génie au major général Menabrea, député de la droite au parlement sarde. C'est lui qui a si rapidement élevé, fié
en quelques jours,
les lignes
pour couvrir
de défense de
la capitale
la
Dora
contre toute tenta-
fut
nommé
d'artillerie
Alexandre délia Rovere est
général
destitution de
Romarino. Chargé, en 1855, du come la 2 brigade de la l re division du corps expéditionnaire de Crimée, il fut, à son retour, promu au grade de lieutenant-général.
mandement de
3 e division,
commandée par
le
lieutenant-général
Durando; chef d'état-major, le colonel Avogadro de Casonova, qui, en Crimée, a rempli les mêmes fonctions auprès du même général. Cette division se compose de la brigade de Coni(7 e et 8 e régiments de Reine (9 e et 10 e de ligne). Le général Durando porte un nom déjà célèbre; a servi avec distinction la cause constitutionnelle
ligne)
il
,
et
de
en Portugal
la
brigade
la
en Espagne. Placé, en 1848, à la tête du corps d'armée que le pape, contraint de faire des démonstrations contre l'Autriche, avait réuni dans et
Durando eut assez de cœur pour ne aucun compte de l'ordre qu'il reçut de Pie IX
les légations
,
de ne pas participer à la guerre nationale, et il franchit le Pô avec dix-sept mille hommes pour venir au secours des provinces vénitiennes. Ses troupes, pleines de
bonne volonté
de courage, mais peu exercées au métier des armes, à l'exception d'une brigade de quatre mille Suisses, soutinrent quelques et
combats honorables à Montebelluno, à
tive des Autrichiens.
Le colonel
Il
membre du comité de défense de Milan, et, en 1849, il commanda la division lombarde après la
et
tenir
Le commandement en chef de
Baltea,
accourut en Lombardie.
lie,
juillet
chef d'état-major général de l'armée. Colonel en
45
et
Gornuda
devant Trévise.
N'ayant pu empêcher
intendant général de l'armée. Cet officier avait été
la
la
jonction de l'armée au-
spécialement chargé, en Crimée, d'étudier l'organi-
trichienne avec Radetzki, et forcé de se renfermer
sation de notre intendance militaire et d'en appli-
dans Vicence, Durando y repoussa, le 31 mai 1848, avec neuf mille hommes seulement, dont moitié de
quer
les principes
aux services administratifs de
volontaires, toutes les attaques
l'armée sarde.
Voyons maintenant sions de cette armée
la
composition des cinq divi-
:
l
Te
division (dite de réserve),
commandée par
lieutenant-général Castelbergo, qui a
comme
fait la
le
campa-
du régiment (VAostccavalerie. Cette division a pour chef d'état-major le major Francesco-Borson elle est composée de la er brigade des grenadiers de Sardaigne (1 et 2 régier e ments) et de la brigade de Savoie (I et 2 régiments gne de 1848
colonel
;
e
du comte de Thunn,
qui disposait de dix-huit mille soldats et de quarante
canons contre cette ville ouverte. Assailli de nouveau le 10 juin par Radetzki, à la tête de trente-cinq mille hommes et d'une formidable artillerie, le
commandant des troupes romaines sou-
énergiquement la lutte la plus inégale jusqu'à ce que les positions dominantes des Monti Berici tint
eussent été enlevées, non sans des pertes considérables,
par
les Autrichiens.
pour épargnera Vicence un bombardement et une dévastation générale, Durando souscrivit à une capitulation qui lui permettait de quitter la ville avec armes et bagages et enseignes déployées, sous condition de ne pas servir pendant trois mois contre Alors,
de ligne).
2 division, commandée par le lieutenant-général Manfred Fanti. Elle a pour chef d'état-major le lieutenant-colonel A. Porsino,quia fait la campagne de Crimée. Cette division est composée de la brigade e e de Piémont (3 et 4 régiments de ligne) et de la e
e
e
l'Autriche. Radetzki,
de son côté, s'engageait à
brigade d'Aoste (5 et 6 de ligne.) Le général Fanti, qui la commande, est élève de l'Athénée militaire de Modène. Compromis dans les
n'exercer aucune représaille contre les habitants de la valeureuse cité; mais, comme il était facile de le
événements de 1831, il se réfugia en France, où il fut, pendant deux ans, attaché au général du génie chargé des fortifications de Lyon. Passé ensuite en Espagne au service de la cause libérale, il se distingua dans les diverses campagnes de 1834 à 1842. Colonel d'état-major dans l'armée espagnole en 1848, Fanti, à la nouvelle du soulèvement de l'Ita-
violé.
prévoir, cet article de
la
capitulation fut bientôt
Durando, délié par ce manque de foi, voulut alors rentrer sur le territoire lombard et venir prêter à Charles-Albert son appui, qui n'eût pas été sans importance à ce moment décisif de la campagne. Mais le
pape, dont les
vœux
secrets appelaient le triom-
phe de l'Autriche, s'opposa à cette résolution,
et
GAKIBALDl.
4fl
Durando, no voulant pas rester plus longtemps au service d'uneeause antinationale, vint offrir son épéc au
deSardaigne.
roi
Charles-Albert, qui se préparait à tenter de nou-
veau
des armes,
le sort
mandement de
la 1
,T
en 1849,
lui confia,
com-
le
division de l'armée sarde, avec
une part active et glorieuse aux batailles de Mortara et de Novare. Le lieutenant-général Jean Durando, qu'il ne faut pas confondre avec son frère Jacques Durando, également lieutenantgénéral dans l'armée sarde, et aide-de-camp de Victor Emmanuel, a fait en outre la campagne de Crire mée, en qualité de chef de la l division du corps
laquelle
il
prit
de toutes
volontaires
moment
six mille
hommes
struits et disciplinés,
ont
parfaitement équipés, in-
commandés par des
leurs preuves de bravoure et de capacité en
fait
848 et \ 849, pleins de confiance dans leur intrépide général. Avec ce dernier corps, l'armée italienne peut présenter en ligne environ soixante mille com1
battants, qui ne dépareilleront certes pas l'année
un jour de
bataille.
Comme complément
mée piémontaise, nous croyons
bataille italiens en 1849. Son chef d'état-major est
de l'armée toscane.
le
le lieutenant-colonel Cadorna. Cette division se
de
la
5
e
là
brigade de Casalc (11
brigade de Pignerol (15
commandée
division,
Cialdini,
e
e
et
12 e de ligne),
14 e de
et
par
comet
ligne).
On
ayant pour chef d'état-major
utile
nisé l'armé toscane.
le lieutenant-
D'après
mera une
les
termes du décret, l'armée toscane for-
division de deux, trois
ou quatre brigades,
campagne de 1848 en Lombardic. e Cette division comprend la brigade de Savone (15 et
rôlements volontaires.
a fait la
16 de ligne)
brigade d'Acqui (17
et la
e
18° de
et
ligne).
Cialdini est
en Espagne. En 1845,
dre part
la
à.
guerre nationale.
il
que Maxime
Nommé
A
Vicence,
guidait
il
la
commandement du 23
chef de
la
2
brigade de
corps expéditionnaire en Crimée,
campagne,
nommé
la l
il
re
e
régi-
division
fut, à la fin
du
de
la
major- général. C'est une capa-
cité militaire.
divisions
comprend en outre
:
un
deux batteries d'artillerie, un détachement du génie, un détachement de carabiniers royaux ou gendarmes, et quelques pelotons de cavalerie. Chaque division présente ainsi une force de dix mille hommes au moins.
bataillon de bersaglieri (tirailleurs),
Réserve de cavalerie
,
commandée par
le
général
Berton de Sambay. Elle se compose de deux régiments de dragons et de deux régiments de chevaule
ensemble
trois mille
hommes.
Si l'on ajoute
parc d'artillerie de réserve, les services adminis-
tratifs
et
Enfin l'artillerie est portée à quatre batteries et le
génie à deux compagnies. Ainsi, d'après sa nouvelle organisation, l'année
toscane forme un division mixte ayant vingt-quatre pièces d'artillerie. dix mille
hommes
Son
de santé,
le train et les
équipages, on a
l'ensemble de l'armée actuellement en campagne.
effectif actuel est
d'environ
sous les armes, mais les enrôle-
ments ouverts augmenteront en force dans une proportion qu'on peut sans exagération porter à la moitié
de son chiffre actuel; une population d'un mil-
lion cinq cent mille
Chacune de ces
légers,
major.
défense
y fut blessé en même temps d'Azeglio, qui combattait à côté de lui.
e
dans l'armée française.
gendarmerie devient un corps de guides d'état-
il
en 1849 au
comme
vint en Italie pren-
ses
ment, composé de Modénais, Cialdini conduisit parfaitement ce corps à la bataille de Novare. Désigné
comme
;
a servi la cause
il
une des brigades de Jean Durando dans des Monti-Bérici, et
Chaque brigade comptera
La cavalerie se compose d'un régiment à cinq escadrons, dont quatre de guerre; l'escadron de
compatriotes Fantis et Cucchiari, libérale
Comme
Modénais.
nombre des en-
deux régiments d'infanterie chaque régiment sera divisé en quatre bataillons, dont trois actifs et un de dépôt,
Le général
celle
qu'un décret du gouvernement provisoire
sait
selon le chiffre auquel s'élèvera le
e
de donner
de Florence, eu date du 28 avril dernier, a réorga-
major-général
le
à cette constitution de l'ar-
colonel Efisio Cugia, officier d'artillerie très distin-
gué, qui
chefs qui
commandée par le major-général Cuc-
né dans
pose de
de
parties
Le commandement en a été donné à Garibaldi par un décret du 23 avril dernier, qui lui reconnaît le grade de major-général. C'est une division dont la force s'accroît tous les jours; elle compte en ce
duché de Modène, ayant servi avec distinction en Espagne et sur les champs de chiari,
les
l'Italie.
française
expéditionnaire. e 4 division,
composé de
âmes
doit facilement
donner
quinze mille soldats. Cette armée est placée sous le le
commandement du brave
nom
est identifié
avec
le
général Ulloa, dont
souvenir de
la belle
dé-
fense de Venise.
Sous
la
conduite d'un
tel chef, et
inspirés par leur
patriotisme, les Toscans se montreront les dignes
émules de leurs concitoyens du Piémont et des au 1res provinces de l'Italie. Ils n'auront pour cela qu'à se rappeler un passé qui n'est pas bien éloigné encore et qui ne fut pas sans gloire. En 1848, l'armée toscane, bien moins fortement organisée qu'elle ne l'est aujourd'hui, envoya une
•
petite division de six mille
hommes, dont deux
mille
Lom-
Enfin, à côté de ces divisions de l'armée piémon-
volontaires, combattre dans les plaines de
taise
bardie. Cette division fut chargée de défendre
la
proprement dite, il existe un corps qui a reçu dénomination de chasseurs des Alpes, et qui est
ligne
de l'Ausone
et d'observer illantoue.
la
la
VIE ET AVENTURES.
Quand Radelzki en mai i848,
fois
comme
toue
pour
prit l'offensive
la
première
en se servant de Man-
et voulut,
de débouché, déborder l'armée pié-
montaise en remontant feld- maréchal
comme
rencontra
du Mincio,
le
premier obstacle
la
droite
la rive
précédents; les vivants n'auront
moins de patriotisme que leurs devanciers, et cette fois, nous l'espérons, leurs efforts ne seront pas ni
vains
la
:
patrie italienne sera constituée.
ligne de l'Ausone.
IV
Le 29 mai au matin,
premier corps de l'armée
le
hommes,
autrichienne, fort de seize mille
assaillit
de Gurtatone et de Montanara, placés
les villages
sur cette ligne et défendus par six mille Toscans,
du 10 e de
renforcés d'un seul bataillon qui
litain,
ligne napo-
des merveilles ce jour-là.
fit
De onze heures
heures après midi,
à trois
les ef-
Pouvons-nous mieux clore cette rapide esquisse de la vie Garibaldi, et ce non moins rapide récit des derniers événements auquels il se trouve mêlé qu'en parlant de cette éloquente brochure que George Sand vient de faire paraître à la Librairie
—
—
Nouvelle, et qui porte pour titre
On devine comment peut en
forts des Autrichiens vinrent se briser contre l'hé-
roïque résistance de cette phalange italienne. Là se
un
trouvait au premier rang
formé par les jeunes gens des universités de Pise et de Lucques; ils avaient pour capitaines leurs professeurs, et tous apportaient à
après
vie,
avoir
donné
le tribut
de leur
gence. Ce fut dans cette affaire et sur ce bataille
que
de leur
que mourut
géologue
l'illustre
fut blessé notre glorieux
dont nous annoncions
ami
le
intelli-
champ de
Pilla
;
c'est là
poëteMontanelli,
départ, et qui est allé re-
le
on
:
«
En
Ces enfants effet, si
me
font perdre
une journée
!
L'espace nous manque pour faire des extraits
nombreux de
écrasés par des forces triples des leurs,
temps do se concentrer. Ceux-ci se trouvèrent le lendemain en nombre suffisant à Goïto pour accepter une bataille où les Autrichiens furent Si
mouvement
offensif
de Radelzki déjoué.
jamais défaite a été glorieuse pour
c'est bien celle
de Curtatoln
les vaincus,
Aussi, le souvenir de
1 .
si
digne
—
Le poète
— c'est-à-dire George Sand
malade;
est
et
il
elle-même
rêve.
marcher une armée dans une nuit zébrée d'éclairs. Cette armée marche par cette nuit sans lune sur une route sans fin. Ses rangs sont pressés Il
voit
comme
les flots
de l'Océan un jour de tempête,
et,
d'hommes armés,
le
défaits et le
—
de ses aînés.
à
cette journée fut-il consacré à Florence par des ta-
—
— sables
Où
me
chait,
fatigué,
—
dit le poète,
reposer ne pouvait pas
et des
marcher,
fallait
il
à l'œuvre,
il
y avait de
et, la
mots. L'un disait
peinons
y a des soldats,
Un
:
me
— mais venir.
la
pensée
Tout mar-
dans cette foule sérieuse
gaîté française, des rires
— Ce
le plus, c'est la terre
de monde, et pourtant «
il
!
va cette armée?
« J'étais
de
épis vivants
vivants,
D'un boitt de l'horizon à l'autre, une forêt de sabres et de fusils.
l'ennemi; leur vaillante défense avait donné aux
Piémontais
cet entraînant plaidoyer,
»
que soutenaient des réserves encore plus nombreuses, les Toscans durent abandonner leurs positions à
parler l'illustre écri-
dit-
Radelzki, exaspéré de cette résistance,
rendant justice à tant de bravoure, s'écria,
et
La Guerre.
chaque heure, ils s'accroissent encore de bataillons nouveaux, plus épais encore que les premiers. Les sables de la mer, les épis des plaines, sont moins nombreux que ce gigantesque troupeau
prendre sa place aux avant-gardes. Ces étudiants combattirent avec l'intrépidité et l'aplomb des vieilles troupes.
:
vain à qui nous devons tant de chefs-d'œuvre.
bataillon
la patrie italienne le sacrifice
lui
moins de courage
ni
elle
ne
n'est pas
nous qui
forcée de porter tant dit rien.
autre s'adressant à moi:
— Tu
jambes en mouvement ont
vois bien
que
bles funéraires qu'on plaça dans l'église de Santa-
tant de
Croce; sur ces marbres étaient inscrits les noms des combattants qui avaient succombé dans la lutte hé-
une armée. Et, dans
roïque. Pendant les mauvais jours qui accompa-
que
gnèrent ou suivirent l'occupation autrichienne, ces
beaucoup de j ami tes portant beaucoup de cœurs, une légion marchait en effet plus vite et mieux qu'un seul homme.
tables de marbre, par
portées dans un coin
due
à
sacrilège inouï, furent dé-
fortifié
elle-même, Florence
rentrer dans ses les
un
noms de
murs
s'est
cause de l'indépendance.
la
peine ren-
empressée de
moururent pour
Un
du nouveau gouvernement dépôt à
A
la sainte
des premiers décrets
a restitué ce précieux
basilique de Santa-Croce.
De
plus,
une
la
force déporter
rêve, je trouvais
un sens
vagues plaisanteries. Je sentais
force active s'impose fièrement à la force
inerte, et que,
«
faire
d'honorer publiquement
et
ses enfants qui
du pays.
clair et juste à ces
le
la
A
plusieurs reprises,
je m'éveillai et
me
de
mandai pourquoi, pour qui, avec qui j'avais lait tant de chemin. Le dormir et le rêver me répondaient un instant après Va toujours, tu es un soldat. La nuit est longue et noire, la route se perd dans les ténèbres, mais là-bas, là-bas, au pointer du jour, :
—
cérémonie commémorative aura lieu, cette année, h jour anniversaire des combats de Gurtatone et de Montanara, dont nous venons de rappeler les prin-
nements de toutes
cipaux incidents.
n'aperçoit plus alors que des horizons ensoleillés.
L'armée toscane
a,
comme on
le voit,
de glorieux
lu verras l'Italie. » L'Italie
Le
!
ciel est
A
ce
nom
—
si
gros de choses et d'évé-
sortes, le rêveur se réveille
bleu, au lieu d'être noir.
Le calme
et
s'est
iUHIBAU)!.
v*:
où roulaient tout à l'heure les phalanges sombres. La nuit a pleuré sur les fleurs, qui sont humides et parfumées. fait
dans
la
plaine,
Le rêveur
est réveillé,
toujours. Seulement
il
— mais son rêve continue
songe
les
yeux grands ou-
de fierté, l'ange des rémunésecoué le sommeil de l'égoïste, j'ai sus-
de
lutte et
rations, j'ai
Tout-a-coup, une voix jette en passant, à
j'ai
—
demande
le poëte.
Je suis
la
guerre,
vais franchir les Alpes.
— répond Tu me
l'oreille
vite?
si
soldat,
voix,
la
connais. Je
—
et je
bercé
t'ai
au cœur du peuple
comme
la foi.
les bluets et
marcher dans
cheveux blanchissent et que ton pas se ralentit, tu veux quelque chose de plus qu'un mot sonore pour me comprendre et me saluer comprends et
s'arrêtent sur
vivre en paix, :
la
les
Puis
mieux que
hommes
toi,
moi qui
doivent
ai
tant
!
contre les
fleurs des
Alpes et
C'est
que
hommes,
les riches
le fort a
arroser de sang les
guérets de
voulu écraser
la
Lombardie.
le faible, et
Pans
Imp. do
ou qu'il se
voix de la France
garde çà et
réso-
mais que ton
terrible;
flétrisse
comme le
figuier
»
là,
comme une
voix se perd. Cette voix,
!
Il
re-
tous les rêveurs, et ses yeux
petite plante qu'il avait arrachée
jadis dans les sentiers
du Piémont
et qui avait repris
racine.
comme
celui
de
l'Italie
cœur
l'heure lui parlait la il
faut le lire dans
sanglant,
—
!
au poëte, voix. Ce qu'elle
Elle "parle à son tour
comme lui
tout à
murmure,
pages merveilleuses de
les
nouvelle brochure de George Sand.
la
Nous ne pou-
vons citer tout, mais nous avons lu tout.
Jamais George Sand n'a eu d'accents plus entraînants, plus irrésistibles
moi,
BRY
l'éclair,
Le poëte retombe alors dans ses songeries.
qu'une
de victimes humaines. Eh bien c'est pour cela qu'aujourd'hui je suis debout; c'est pour cela que je vais embraser le monde et armer encore les
sacrifié
hommes
comme
Toi, pauvre poëte, regarde fleurir
la vision disparaît, la
c'était la
redevenir lui-même.
Cette fleur a la forme d'un
gloire sans l'équité n'est
je le sais
qui veut
mon chemin
suive,
de l'Evangile.
salue, je suis la fraternité sublime!
Les peuples sont frères,
rendre une
courir les nuages, puisque tu ne peux
cœur me
:
France,
et je vais défendre le
:
Adieu, je suis pressée, rapide
champs de bataille, au bruit de mes tonnerres et de mes fanfares. Enfant de ce siècle, tu es né au son du canon, et les premiers morts que tu as vus avaient des balles ennemies dans le cœur ou dans la tête. Dans ce temps-là, on m'appelait la gloire, et tu bégayas ce mot sans l'entendre. Aujourd'hui que tes
la
terre volée à ses légitimes possesseurs, je vais se-
lue
sur des
chimère
armé
j'ai
parlé à l'intelligence des riches, à l'héroïsme du
courir un peuple
du poëte, de mystérieuses paroles. Qui es-tu? Où vas-tu, toi qui passes
«
des puissants,
cité le vouloir
faible, je vais délivrer l'opprimé, je vais
verts.
«
l'esprit
aîné, boulevari MonlparnisSL", Si.
:
elle a été inspirée!
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LA DIRECTION
une
Société
de
Gens
de
Lettres
llUIREn nn.VAD
PROSPECTUS Le succès de la Bibliothèque Bleus a dépassé toutes nos espérances. Nous n'avons encore publié que six romans de celte collection (les Quatre Fils Aymon, Huon de Bordeaux, Pierre de Provence Tristan de Léonois, Gérard de Nevers, et Guérin de Mont,
glave), et déjà les plus nombreuses et les plus vives marques de sympathie sont venues nous encourager à taire plus encore, c'est-à-dire à publier quatre romans
par mois au
lieu de deux ou y étions engagés tout d'abord.
trois
,
,
comme nous nous •
Ce succès, peut-être sans précédent dans l'histoire de librairie, nous l'expliquons par le soin que nous avons apporté à la mise en oeuvre de ces romans de chela
valerie, texte, illustrations, lettres ornées, format, caractère, etc. Nous l'expliquons surtout par l'à-propos merveilleux de cette publication.
la même soif de gloire, le même bonheur aussi, faut le dire avec empressement. Là et là, ce sont des
mort, il
héros qui combattent et qui vainquent. Le Moniteur inscrit les noms des champions modernes la Bibliothèque Bleue enregistre les titres des champions d'autrefois. C'est le Livre d'or de la chevalerie El puis, à côté de ces luttes gigantesques, de ces combats homériques, auxquels prennent part les Lancelot du Lac, les Guérin, les Tristan, les Roland, les Olivier, les Gérard de Nevers, les Ogier, les Fils Aymon, les Gérard de Roussillon, les Perceforest, tous les preux du roi Artus et tous les vaillants chevaliers du roi Charlemagne robustes cœurs dans de solides armures, il y a tout une série de fées et d'enchanteurs, de belles filles et de nains aimables, Morgane et Merlin, Mélusine et Obéron, Viviane et Esterelle, fabricateurs d'élixirs de longue vie, sirènes et provimarchandes de philtres amoureux dences, abîmes et paradis !... Nous ne savons pas beaucoup de livres aussi attrayants, aussi merveilleux, aussi amusants , car le rire s'y mêle à h terreur, les grands coups de vin aux grands coups d'épée, les gaberies aux malédictions les baisers d'amoureux aux incantations fantastiques, et l'on sort de ces romans-là comme on sort d'un rêve !... :
!
,
,
Où pourrait-on
en effet, une plus grandiose analogie qu'entre les prouesses épiques des chevaliers du Moyen-Age dos preux du roi Artus et du roi Charlcmagne, et les héroïques faits d'armes de nos soldats, qui continuent si bien les traditions glorieuses des soldats de la République et de l'Empire ? C'est la même fougue, la même vaillance, le même mépris de la voir,
,
,
EN VENTE N° N° N°
1.
2.
3.
— Les Quatre Fils Atmon, — Huon de Bordeaux,
50 50 50
— Pierre de Phovkmce.
N°4. N°5. >"6.
cent.
— —
Tristan de Léonois, Gérard de Nevers,
Guérin de Montglave,
En cours de publication
— — — — — — —
—
—
-
50 50 50
cent.
— —
i
—
— — —
MÉLUSIME, OGIER LE DANOIS, PERCEVAL LE GALLOTS, LANCELOT DU LAC, PERCEFOREST, GIGLAR FIL DE GAUVA1N , GTRON LE COURTOIS ISAÏE-LE-TRISTE MESSIRE CLERIADUS MÉLADIUS DE LÉONNOTS TURPIN, D0OLIN DE MATENCE MEURVIN LE CHEVALIER MABRIAN GERARD D'EUPHRATE, FIER-A-BRAS. GAL1EN RÉTHORÉ, JUDAS MACHABÉUS, JOURDAIN DE BLAVES, PONTHUS, BEUVES DE HANTONNE, HECTOR MERLIN AMADIS DE GAULE ROLAND AMOUREUX OLIVIER DE CASTILLE LA COMTESSE DE PONTBIEU JEAN DE PARIS, GERARD DE ROUSSILLON, DOM URSINO LE FLORE ET BLANCHE-FLEUR, LES NEUF PREUX, NAVARIN, REGNER LODBROG LES CHEVALIERS DU SOLEIL, etC, etC, etc. ,
— — — ,
,
,
,
Prix du roman complet
— —
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«lot. tiouUvirt Montparna<r,«, Il
,
,
,
,
—
,
,
10.
1
6 pages
— — —