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G. GARIBALDI, VIE ET AVENTURES 1807-1859

Page 1

~\ BIBLIOTHÈQUE FRANCO PUBLIÉE PAR

J.

-

ITALIEHBE

13RV

GARIBALDI

G.

VIE ET

AVENTURES

— 1807-1X59 — PAU ALFRED

DELIAI

S

l

50

60 PARIS- 1859

CENTIMES

LÉGRIVAIN ET TOUBON

CENTIMES pour

,

LIBRAIRES, RUEGIT-LE-COEUR

,

la

province

10

) No

1

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GARIBALDI VIE ET

AVENTURES

i

Quoi qu'en disent les sceptiques et c'est-à-dire les gens fatigués de tout, d'eux-mêmes, Don Quichotte est

—

type de

l'Homme par

excellence.

—

plus que sa fortune, sa vie, Vouer sa fortune, plus que sa vie, son honneur, à la recherche de la Vérité, à la défense du Droit, à la protection du Faible, c'est, en effet, le plus noble but auquel une créature humaine puisse tendre. Au delà et en

— les railleurs,

—

et surtout

et restera

le

deçà

il

—

n'y a rien qui puisse intéresser le

cœur

et


GARIRALDI.

2 l'intellieence.

c'est-à-dire

du Dcvoùment,

C'est la grande loi

de l'Amour.

L'admiration des

hommes ne

fait

pas long feu.

Elle se fatigue à suivre, dans toutes leurs évolutions

chevaleresques et vagabondes rales qu'on appelle des Héros.

,

ces comètes

Et puis,

il

mo-

y a quel-

que chose d'humiliant pour les niais et pour les lâches dans cette persistance grandiose, dans celte obstination sublime

à suivre l'unique

sentier

du

Devoir par ces aventuriers de cœur, qu'on applaudit exagérément quand ils réussissent, et qu'on bafoue outrageusement quand

échouent. La couar-

ils

pardonne pas plus au courage, que le vice ne pardonne à la vertu. Dans tous les temps, et dans tous les pays, on a été offusqué d'entendre appeler dise ne

Aristide le Juste.

pour rien que j'ai comparé les Don Quichotte aux comètes morales. Ils sont aussi rares que ces phénomènes célestes. Il en apparaît deux ou

Ce

trois

n'est pas

par siècle

par pays,

et

on reste quelques

siècles

—

et quelquefois

même

avant de signaler l'appari-

tion d'un seul héros. Dieu ne jette pas ses coquilles

:

un avare d'une espèce unique. Quand il a fait pousser un héros, un grand citoyen, un grand législateur, un grand homme, dans un sol quelcon-

c'est

que,

ne veut pas prodiguer

il

qui lui a servi contraire,

très

la

composer; soigneusement le

h

matière précieuse

en ramasse, au

il

les

rognures, afin

d'en composer d'autres personnages, encore impor-

mariano,

un illustre coquin, un noble détrousseur de grands chemins. Il avait exagéré l'esprit militaire de l'Italie, renouvelé au xv e siècle, et, bien loin do le fonder sur le point d'honneur, sur l'amour de la patrie, il le fondait sur l'amour du brigandage, était

sur l'assouvissement de nier

cupidité. Depuis le der-

la

de ses soldats jusqu'à

leur chef, tout ce

lui,

monde-là

travaillait

pour appauvrir

rançonner

les riches,

pour

piller, les

outrager les femmes. Quand

chemins

n'allaient pas,

ils

pauvres

hommes

les affaires

et

et

pour

des grands

se rejetaient sur d'autres

honorables

affaires aussi

les

:

ils

comme

se louaient,

spadassins, aux grands seigneurs qui avaient des injures privées à venger, des querelles particulières

une armée composée de tous les brigands de la Toscane, de la Romagne, de la Marche et du Patrimoine de Saint-Pierre il fut pendu le 46 mars 1591, et ce ne fut que justice. à vider. Piccolomini avait

;

—

Quel rapport ce chef de bravi qu'on appelait Piccolomini

avec ce chef de braves qu'on ap-

a-t-il

pelle Garibaldi

— quand on

? Il

faut aimer les rapprochements,

n'a pas autre

chose à aimer,

ne faut pas pousser cela jusqu'à la

— mais

il

l'injustice et jusqu'à

calomnie.

Puisque vous étiez en train de anecdotiers de

pas

fait

la

des parallèles,

presse, pourquoi n'en avez-vous

un entre Garibaldi

ou jamais. Pour ma

faire

et

Roland

part, toutes les fois

? C'était le cas,

que

bonne

j'ai la

premiers. Ceux-

fortune et l'honneur de rencontrer dans l'histoire

monnaie de ceux-ci, comme les pièces d'or sont la monnaie d'un lingot, comme les gros sous sont la monnaie des pièces d'or. C'est avec les

ou dans la rue un de ces valeureux champions du Droit, un de ces héroïques soldats de la petite armée du Dévoûment, qu'on lapide à coups de railleries et pour les remercier, je à coups de calomnies,

tants,

mais beaucoup moins que

sont

là

grands

les

la

hommes

qu'on

fait la

et la fortune d'une époque.

richesse d'une nation

y a des pays très

Il

Mais

il

importe peu que

les niais et les

comme

aboyent au dévouement,

les

cela les offusque

pour eux

ni offusqué ni ir-

ce serait de fermer les yeux, et, ne pouvant

:

lutter avec l'héroïsme,

rayonne adorent

le soleil.

de

le laisser

Les taupes

les ténèbres, et

il

rayonner

comme

et les chauve-souris

paraît qu'il y a des

mes-taupes et des hommes-chauve-souris, il

:

y aurait cependant

et les irrite. Il

un moyen bien simple de n'être rité

envieux

chiens aboyent

à la lune. C'est trop loin et trop éclatant

3

m'incline respectueux et attendri.

qu'on

pauvres.

hom-

— comme

y a des hommes-tigres' et des hommes-lions. ai-je besoin de le dire? Giuseppe Garibaldi

—

—

—

—

le

Il

peut, pratiquer les grandes

faut,

âmes

autant et

com-

cela vous fait mercer avec les meilleurs cœurs qui a si grand besoin d'être pardonner à la Vie, pardonnée, à cause des vilenies et des lâchetés dont elle est pavée. Laissons, ô mes amis, laissons la foule patauger dans ses ornières fangeuses, si cela lui plaît, et marchons, nous, dans nos chemins épi:

—

neux mais ensoleillés. Nous savons bien ce qui est au bout. C'est pour cela que je veux faire aujourd'hui pour Giuseppe Garibaldi ce que Cléobis et Riton firent autrefois pour le char de leur mère je vais m'atte:

ler à sa

renommée.

appartient à ces derniers. C'est le chevalier d'aventures, le preux des vieilles légendes, le

Don Qui-

chotte du patriotisme. C'est à tort qu'on a essayé

II

un rapprochement

impossible et injurieux entre lui et quelques aventuriers célèbres,

lomini...

rone

Ce ne

et

Alphonse Picco-

Pourquoi pas avec Fra Diavolo

?

et

Gaspa-

Giuseppe Garibaldi est né le 4 juillet 1807, à Nice, dans le golfe de Gènes, à quelques lieues de Fréjus, où débarqua Ronaparte à son retour d'Egypte, et à

Fra Moreale, on le sait. Piccolomini quelques lieues de Monaco, l'ancien refuse des Lic'est-à-dire à l'endroit même où la guère mieux. Piccolomini, duc de Monte- [guriens,

qu'était

valait

— Fra Moreale

—


VIE ET AVENTURES. deux sœurs, semblent se confondre. N'est-ce pas là comme un jeu de la Destinée, qui a voulu faire de Garibaldi, patriote italien, un soldat de l'armée française dans la guerre du France

— surtout devant

vocation,

la

comme

la

vocation irrésisti-

que maniiestait le jeune Giuseppe. L'enfant qui devait être un jour un illustre général fut élevé au bord de la mer parmi les pécheurs ble

engloutis dans les abîmes insondables de

et l'Italie, ces

Piémont contre l'Autriche? Sa famille le destinait à quelque profession libérale. Mais son tempérament le destinait à l'action, et, dans tous les temps, la famille a dû plier devant celle

et les matelots,

—

c'est-à-dire au milieu de la po-

—

arrivait par

hasard de prendre terre, pour renouve-

ou faire raccommoder ses filets, il ne savait plus dire un seul mot qui appartint à la langue humaine il ne s'exprimait plus que par ler ses provisions,

:

monosyllabes, lents et pénibles

comme

ceux d'un Qui oserait

devenu muet, en effet. parler en face de Dieu? On apprend bien des choses dans ce commerce incessant avec le grand X. Les natures les plus rudes muet.

était

Il

parti-

y a les milieux dans lesquels se dévelop-

autre. L'abîme a des séductions irrésistibles, et ce

même

n'est pas

monde. En dehors des aptitudes

qui soit au il

,

'

mer. J'ai connu à Yport, sur les côtes de Normandie, ua pêcheur qui avait vécu si familièrement avec l'Océan, et pendant de si longues années, que lorsqu'il lui la

cadenassés s'ouvrent et s'épanouissent dans ce milieu qui ne ressemble à aucun

pulation la plus indépendante et la plus courageuse

culières,

3

—

et les esprits les plus

tères et les individualités. Cette robuste nature s'a-

pour rien qu'on se fait anachorète dans cette Thébaïde mouvante on trouve une volupté

moindrira et se détendra dans l'atmosphère d'un

acre à y vivre,

pent

et

comme

comptoir,

souvent se forment

carac-

les

sous une machine pneumatique

:

où tant d'autres trouvent la vie, elle trouvera la mort. Cette chétive nature, au contraire, transplanlà

tée est

violemment de la serre-chaude des villes, où elle née, dans la pleine terre et dans le plein air des

contrées alpestres, n'aura pas des sants pour

consommer

l'âpre nourriture

phère des forêts ou de

La nature

poumons

la

suffi-

de l'atmos-

mer.

:

Car l'on

un charme amer à y mourir. y meurt beaucoup dans cette contrée

sans bornes visibles, où, pour quelques chemins tracés et frayés, il y a mille routes semées d'écueils!

On y meurt beaucoup,

et rien

n'apprend que l'on y

meurt nulle borne, nulle croix, nul monument Le sillon d'une barque se fait sur le sillon d'une autre barque qui y a péri, corps et biens, et les marins qui vont sombrer n'en sont avertis qu'au mo ment où ils sombrent. :

!

•

avait organisé le jeune Giuseppe

pour

de périls qui est celle des mer comme on aime son ber-

cette vie de fatigues et

pêcheurs.

Il

— un

aimait la

berceau qui peut être d'un instant à l'autre votre tombe. C'est une lutte grandiose que ceau,

l'homme,

cette lutte de

— atome

— avec

« Oh! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines» Dans ce morne horizon se sont évanouis Combien ont disparu, dure et triste fortune! !

géantes qui jouent avec des navires

Dans une mer sans fond par une nuit sans lune; Sous l'aveugle Océan à jamais enfouis

comme

avec des coquilles de noix, et qui les brisent

Combien de patrons morts avec leurs équipages!

avec

même

L'ouragan de leur vie a pris toutes

ces vagues

la

facilité!

Quand

ou vingt

pleine mer, à quinze

lui-même

le

invisible,

pêcheur se

voit en

lieues des côtes, seul

avec Dieu, avec sa pensée et avec sa conscience, avec son esprit et avec son à seul avec

cœur,

et

commence seulement

il

à respirer et à vivre.

Plus personne! Plus de ces bruits hideux et discordants que font, en

hommes! les flots

s'

entrechoquant, les passions des

Plus rien que les bruits solennels que font

en se heurtant contre sa barque,

comprend mieux que langages du inonde, avec leurs mots men-

d'une sublime horreur tous les

rien des spectacles

le et

à

no voit plus

Il

honteux que sp donnent eux-

eux-mêmes

les civilisés,

—

plus rien que

majestueux spectacle des vagues tumultueuses blanches d'écume comme des troupeaux de dau-

phins en gaîté!...

On

vage d'un élément mystérieux comme pêcheurs rêvent en jetant leurs filets ;

l'infini. ils

Les

rêvent et

chantent des chansons monotones, modelées sur flots,

total

il

Nul ne saura leur

fin

flots

!

saisi l'esquif, l'autre les

s'est

matelots

chargée; !

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues!

Vous roulez à travers

les

sombres étendues,

Heurtant de vos fronts morts des éeueils inconnus. Oh! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rêve, Sont morts en attendant tous los jours sur la grève,

Ceux qui ne sont pas revenus

On

!

s'entretient de vous parfois dans les veillées.

Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,

Mêle encor quelque temps vos noms d'ombre couverts Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures, Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

marins sombres dans les nuits noires? que vous savez de lugubres histoires flots Flots profonds, redoutés des mères à genoux Vous vous les racontez en montant les marées Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées

Où

sont-ils les

!

!

Que vous avez

le soir

quand vous venez vers nous!.

..

»

la

chanson mélancolique, qui resde soupirs, ceux des marins

—

pages,

dans l'abîme plongée.

Chaque vague en passant d'un butin L'une a

les

a tout dispersé sur les

!

ne parle pas en face de cette éloquence sau-

chanson des semble à un

Et d'un souffle

qu'il

teurs et leurs phrases hypocrites.

mêmes

— langage

1

Né dans une ville maritime,

sur un rocher,

comme

un goéland ami des vagues, avide d'espace, ambi-


GARIBALDÎ. tieux de liberté, Giuseppe Garibaldi

ne pouvait que

développer les qualités énergiques, les tendances aventureuses de son organisation peu commune. Enfant, il annonçait déjà ce qu'homme il serait, en

une ardeur, une

virilité

rieuse de Garibaldi? Faute de la lutte de l'indépen-

comme

des lâches et des méchants, tout

chez ces

grands enfants qu'on appelle des hommes, il faut bien qu'il y ait aussi des courageux et des bons, des vaillants et des dévoués. L'oiseau se devine à l'œuf.

Sancho Pança et Don Quichotte, jeunes, étaient exactement ce qu'ils devaient être, vieux. On peut changer de visage on ne change jamais de cœur. :

Giuseppe, fort et bon, fut donc, dès ces premières heures de la vie, du parti qui protège les victimes et qui châtie les bourreaux. Manin, le dictateur de Ve«

:

Toute

baldi ne le disait pas

injustice :

il

cier de la flotte.

sans exemple, protégeant

une

contre ses camarades forts. Car, puisqu'il y a déjà, dans ces petits hommes qu'on appelle des enfants,

nise, disait

la

fièvre,

travail

contre les grands, ses camarades faibles

les petits

que temps dans

Mais qu'était-ce que cette flotte tunisienne, et quel aliment pouvait-elle offrir à l'activité impé-

comme au

témoignant aux jeux

où il servit pendant quelmarine du Bey, en qualité d'offi-

Marseille et alla à Tunis,

le

me

regarde.

Gari-

»

prouvait. N'est-ce pas la

dance italienne,

—

but unique de sa

nom

au

battre,

l'unique objets de ses rêves,

—

vie,

des

il

le

au moins comidées, pour un autre

lui fallait

mêmes

pour Rio-Janeiro, et il y arriva précisément au moment où l'indépendance des provinces de l'Amérique du Sud était gravement compromise par la tyrannie de Rosas, le dictateur de Buenos-Ayres. La province de Rio-Grande-del-Sol s'était érigée en république Garibaldi alla à Montevideo et offrit son épée au gouvernement militaire de l'Uruguay. Son épée fut acceptée avec enthousiasme. Brave soldat et habile marin, c'était une précieuse recrue on lui confia le commandement en chef de l'escadre pays.

Il

partit bientôt

:

:

dirigée contre Buenos-Ayres.

même

chose? C'est un doux oreiller pour dormir son somme éternel, que cette conscience qu'on a d'avoir sauvé

la vie à

quelques-uns de ses semblables

IV !

Ici

commence sérieusement

la vie

aventureuse et

chevaleresque de Giuseppe Garibaldi. Le sol

III

foulait

pour

la

première

fois était

un

qu'il

étrange,

sol

qui ne ressemblait en rien au sol de l'ancien conti-

voué par lui-même au rude métier d'homme de mer, entra donc de bonne heure dans la marine sarde. En la capitale de l'ancienne 1834, il était à Gênes, au moment où la jeune république ligurienne, Garibaldi, élevé avec des pêcheurs, et

—

—

Italie levait le

part au

drapeau de l'indépendance

mouvement

insurrectionnel, et

fit

il

:

prit

ses pre-

nent. Sol volcanique, qui attend, pour se défricher, les

migrations des

rir

de faim dans

corondaïs;

hommes

la vieille

qui se plaignent de

Europe

pampas immenses,

gauchos espagnols et par des tribus indigènes; fleuves géants; torrents impétueux; rivières à lit de

mouvement, trop hâté, eut un fâcheux aboutissement. La police fit de nombreuses arresta-

montagnes arides

tions, et

—

comme

Garibaldi

n'aimait pas la cage,

dans Il

il

— en

sa qualité d'aigle

dut chercher

la liberté

la fuite.

partit à pied, ce chevalier-errant

de l'Indépen-

dance italienne. Mais, tout naturellement, au lieu de suivre la large et belle route qui va de Gênes à Turin et de Turin à Pignerol, il prit le chemin des

montagnes, longea

Apennins

les

ma-

et les Alpes

ritimes, et arriva à Nice, sa ville natale,

où

il

resta

caché pendant deux jours chez un sien ami. Au bout de ces deux jours, M. Geaume lui procura les habits d'un de ses fermiers et ribaldi était

en France,

excellence. L'exil lui pesait,

—

—

la

passer le Var

Gaterre hospitalière par

lui fit

:

Il

quitta

deux ans de séjour, pendant lesquels il s'était perfectionné dans l'étude des mathématiques, et pendant lesquels aussi il avait trouvé moyen de sauver un jeune homme qui se noyait. Il quitta

Marseille après

sol vierge

comme des

comme

déserts

!

des oasis;

Sol puissant,

!

Avant de se battre en guérillero, en chef de partisans, en aventurier de terre, Giuseppe Garibaldi dut se battre en chef d'escadre, en aventurier de mer. L'Uruguay est un des plus grands fleuves de l'Amérique méridionale. Il prend sa source sur le revers occidental des montagnes de Sainte-Catherine, dans la province de San-Paulo, au Brésil. Il parcourt, en décrivant un immense quart de cercle, plus de

700 milles géographiques de 60 au degré.

A

partir

de sa source, en suivant son cours d'orient en occident, il traverse d'abord une étendue de 250 milles que couvre presqu'en entier une vaste forêt de palmiers corondaïs

et aussi l'inaction.

de palmiers

plées de bisons et de buffalos, et habitées par des

caHloux dorés; vallées fleuries

le

forêts

plaines infinies peu-

mières armes de patriote.

Mais

;

mou-

crit

;

puis

il

continue vers

de nombreuses sinuosités, reçoit

le

midi, dé-

les

eaux de

plusieurs torrents et de plusieurs rivières considé-

déboucher en face de Buenosfond du large chenal du Rio de la

rables, et vient enfin

Ayres, dans le Plata.


VIE ET AVENTURES. Montevideo, guay,

— formée

province de

do

la capitale

la

république de l'Uru-

la

du démembrement de l'ancienne est situé sur la Bande Orientale,

portante capture, forcément remise au lendemain matin.

—

rive septentrionale

de

Plata, à quarante lieues

la

de l'Uruguay, qui sert de limites

de l'embouchure

naturelles à cet Etat indépendant, en le

séparant des

C'en était

fait

Pendant

froid.

de Garibaldi sans son intrépide

la nuit, le

brave

Italien, aidé

sa ng-

de ses

douze hommes, tire son bateau à terre, traverse un cap et va remettre l'embarcation à la mer de l'autre

provinces d'Entre-Rios, de Corrientes et des Missions, qui font partie de la République Argentine.

côté, afin d'attaquer la goélette à revers. Surpris

Ce fut donc à l'embouchure de l'Uruguay, en face de Buenos-Ayres, que vint prendre position l'escadre

à

montevidéenne commandée par Garibaldi. Ce dernier fit là des prodiges de courage

courte résistance, et Garibaldi rentre triomphant

science. Mais l'intervention anglo-française,

chassa les Argentins de

la Plata,

— mit

de

et

—

qui

un terme

aux fonctions de Garibaldi. Il quitta alors le pont de son navire, pour prendre le mousquet du tirailleur. Il avait inquiété Rosas à la tête de son escadre ; il l'inquiéta bien

lienne,

davantage à

de sa légion

la tête

composée d'hommes hardis

ita-

Pendant quelques années, ce corps franc, exclusivement italien, fit la guerre de partisans, harcelant l'ennemi au moment où il s'y attendait le moins, lui échappant au moment où il comptait le plus

comme les Parthes, héros vrais. Ah les

ùrant en fuyant

lui,

mourant en souriant comme

les

!

soldats de Rosas passèrent bien des nuits blanches et virent bien des

leur sang

!

Ils

journées rouges,

— rouges

de

nombreux, pourtant, et touphalange de vaillants hommes se

étaient

jours cette petite

trouvait debout, à peine diminuée.' Lutte héroïque,

digne d'un autre temps,

et

dont

le

souvenir est resté

fidèlement gravé dans tous les esprits et dans tous les

cœurs, à Montevideo. «

Ce

n'est

endormi de

,

c'est

un diable

!

»

—

monte

prisonnier après une

la goélette est fait

sur le navire

même

qui devait s'emparer de sa per-

sonne. Voilà l'homme! Plus tard, à anglo-française,

tervention

combat acharné dans

la

de

la suite

l'in-

Garibaldi soutient un

rivière

de l'Uruguay, dé-

met

barque ses blessés

et ses morts, puis

flotte, afin qu'elle

ne tombe pas au pouvoir de

le feu à sa l'a-

miral Brow...

mieux? roman de Feni-

Surcouf,

le glorieux corsaire, fit— il

Vous rappelez-vous l'intéressant more Coopcr, qui porte pour titre le Pilote? C'est l'histoire mélancolique et émouvante du fameux Paul Jones, que l'Amérique opposa avec tant de succès à l'Angleterre.

Eh

bien

ne trouvez-vous pas

!

une singulière ressemblance entre Surcouf, Paul Jones, Raousset-Boulbon et Giuseppe Garibaldi? dit L'influence de Garibaldi sur ses troupes a quelque chose de merencore son biographe

—

—

veilleux.

Sa

sa

taille,

force herculéenne, sa belle

tête énergique et expressive, tout, jusqu'à son pit-

toresque costume, contribue à augmenter tige

cents Il

homme

pas un

au

l'abordage et envahit le navire, l'équipage à moitié

et déterminés

comme lui.

s'emparer de

milieu de l'obscurité par une troupe qui

qu'il

exerce.

hommes par

A

Salta,

il

trois mille

est

le

pres-

cerné avec trois

ennemis. Que

fait-il?

essuie leur feu sans bouger, les laisse arriver à

bout portant, puis

il

s'élance sur eux à la baïonnette

du pays, à ce que raconte un de ses historiens. La superstition s'en était mêlée. On l'avait vu dans maintes ren-

met en déroute. Le gouvernement de Montevidéo décréta ce jour-là que la légion italienne avait bion mérité du pays, et qu'elle aurait la droite,

contres se jeter avec ses troupes au fort de la mêlée,

même

disaient de Garibaldi les naturels

puis sortir sain et sauf,

—

et toujours victorieux,

de ces engagements terribles, corps à corps.

Il

n'en

fallait

où

—

pas tant pour persuader

Un

surplus jusqu'où

allait

fait,

entre autres, montre au

l'audace

de cet

homme

extraordinaire.

Un

jour que, monté dans un petit bateau de pêche

avec les troupes indigènes, dans toutes les

rencontres.

Involontairement, en lisant cette belle vie toute

l'on combattait

que Garibaldi était invulnérable. Aussi, dans toute l'Amérique du Sud, son nom seul excitait la terreur de ses adversaires.

et les

comparaisons vous plume. Tout à l'heure, à propos de

fleurie d'héroïques actions, les

poussent sous la

la

prise de la goélette de Rosas par Garibaldi et ses

douze compagnons, nous songions à Surcouf, à Paul Jones et au comte Raousset-Boulbon à présent, voilà que nous songeons à ce Waterloo de Charlernagne qui s'appelle la bataille de Roncevaux, où le ;

naissance dans les eaux de l'escadre ennemie, le

valeureux Roland, avec vingt mille hommes, tint si longtemps tête à une armée de deux cent mille

brouillard, qui avait protégé son entreprise hardie,

Sarrasins. Garibaldi, n'est-ce pas encore Roland, le

se dissipa tout-à-coup et laissa Garibaldi pour ainsi

preux des preux

avec douze matelots,

il

venait d'opérer

une recon-

dire enveloppé au milieu de ses adversaires. Poursuivi

de très près par une goélette armée de

canons,

il

va se réfugier le soir dans une anse. La

goélette lui ferme

la sortie

de cette retraite

l'ancre à deux portées de fusil de

Tout

le

six

monde,

la Irêle

et jette

embarcation.

à bord, comptait déjà sur cette

im-

?

Puisqu'on aimait les rapprochements,

ce sont

ceux-là qu'on aurait dû faire, au lieu d'aller chercher

lesFra Moreale,

les Piccolomini, les

Gasparone,

les

Fra Diavolo, pour les comparer à Garibaldi. Les Montevidéens garderont longtemps le souvenir de

Garibaldi et de ses vaillants

compagnons


GARIBALDI.

—

et d'armes, a cause de leur admirable bravoure, aussi à cause d'autre chose, non moins rare et non

moins admirable Ni Garibaldi

hommes ne

ni ses

la

italiens

la

noms,

voulurent accepter

de

l'or

noble cause de

qu'on paie

la liberté.

dont Garibaldi avait composé

qui avait tant inquiété Rosas

accepter que des terres, aujourd'hui, pour

la

—

le

nombrer que du ciel. Oh!

sang

Les réfugiés

le

poussent

A

ne consentirent à

encore

!

Dans tes jours de bonheur, souviens-toi de moi, de moi qui souffre » lui avait murmuré l'Italie, l'avait quittée

A

cette sublime glaives,

—

l'Italie,

—

mère de douleurs, percée de tous

les

l'histoire

qu'il faut citer cette

de

navrante phrase de

Lamennais « L'histoire, qu'est-ce ? Le long procèsverbal du supplice de l'humanité. Le pouvoir tient hache, et

le

Je n'ai ni le droit ni l'espace nécessaire, on le faire ici

toutes les époques,

de

sol,

l'Italie

avait été

sortes

aux Apennins. Carbonari de toutes Frères artistes, les Fils de Mars, les

la Sicile :

les

un résumé, même

les

Adelphes, les Ermolaïstes, les Illuminés, les

Ma-

çons réformés, les Chevaliers européens, les Phila-

rapide,

sang. L'Italie ne se raconte pas en quelques pages.

secrètes.

Les événements glorieux et sinistres s'y accumulent: on croit avoir fini, qu'on n'a pas encore commencé. Italie

d'autres dont les

l'opprimaient, puisque les carbonari couvraient son

delphes, etc., etc., etc.

!

;

que les temps actuels, il fallait qu'il y eût bien de la honte à vivre sous les divers gouvernements qui

de cette histoire mouillée de larmes et tachée de

Italie

de l'Autriche ceux

Défenseurs de la patrie, les Tirailleurs américains,

prêtre exhorte le patient. »

comprend, pour

faut en joindre d'autres, qui

sont inscrits dans le martyrologe italien.

:

la

il

remuée. Je ne parle pas des guerres civiles, qui forment un côté particulier de son histoire. Je parle seulement de ses soulèvements contre ses oppresseurs. Jamais ils ne furent plus nombreux, en aucun autre temps et dans aucun autre pays. Sans remonter plus haut

accourait.

propos de

grandes actions, où

et les

les lauriers et les épines !...

tous ces noms,

noms

fuir la proscription. Garibaldi se souvenait, et

C'est surtout à

hommes

Charles Poërio et des milliers

!

dans son râle de mourante, lorsqu'il

jl

où pous-

du prêtre Andreoli, du chanoine deLuca,des frères Capozzoli, de Migliorati, de Carola, de Matlia, de Menotti, de Pepoli, du général Zucchi, de Borelli, des frères Bandicra, de Tola, de Jacques Ruflini, du procureur Vochicri, de Bressanini, de Meani, de Joseph Gardenghi, de Frédéric Confalonicri , de

«

pour

salut! salut! terre féconde

Moretti, de Vilh, d'Albertini, deMunari, dePanizzi,

N(N giorni tuoi felici,

:r—

A société

La France n'en

mauvaise, sociétés

a pas.

Après tant de tentatives avortées, et lugubrement réprimées, l'Italie se soulevait de nouveau en 1848.

Le 18 mars au matin,

—

dit

M. Giuseppe Ric-

!

ciardi dans son intéressante Histoire de l'Italie, Salve,

magna parens frugum,

Magna virum

grands

comte O'Donnel, vice-président du gouvernement de Lombardie, faisait afficher sur les murs do Milan une proclamation, dans laquelle on lisait, en-

!...

hommes

et des

grandes choses

mère des !

Salut

!

moderne est toujours l'Italie antique, l'Italie des hommes de cœur est toujours l'Italie des hommes de génie. Quelles constellations nombreuses et

L'Italie

brillantes, à ce ciel bleu,

Virgile,

Brutus,

— rouge de sang

Horace,

—

le

Salurnia Tellus,

Salut, terre féconde, terre de Saturne,

à

les étoiles

la

d'Andryane, de Félix Foresti, d'Ooboni, du colonel

:

me

difficiles

mer ou que

de

italienne, et des nobles victimes

Quant a Garibaldi, il n'accepta rien. La vieille Europe l'appelait son cœur le ramena en Italie, au moment où sa patrie se soulevait contre l'Autriche.

cli

en bataillons épais, aussi

sont ceux des martyrs modernes de l'indépendance

plupart.

Ricordati

des titres différents, qui se pressent

les sables

sent les grands

corps franc

qu'ils cultivent

illustres à

ma plume

sous

république de l'Uruguay. Ce

n'est pas, en effet, avec

Pagano, Palcstrina, Pergolèse, Ca-

nova, Rossini, Silvio Pellico, et des milliers d'autres

leur désintéressement.

:

For que leur offrait versé pour

ria, Filangieri,

parfois

Properce, Catulle,

!

les

Gracques, Plaute, Cicéron, balluste, César, Lucrèce, Pompée, Tite-Live, Caton, Juvénal, Tacite, Machia-

tre autres, ces paroles

:

Sa Majesté l'empereur a arrêté l'abolition de la censure et la publication, dans le plus bref délai, d'une loi sur la presse, ainsi que la convocation des «

:

Etats des provinces allemandes et Slaves, et des

congrégations centrales

du royaume Lombardo-

Vénitien. Cette réunion aura lieu au plus tard le

3

juillet. »

Giordano Bruno, Dante, Savonarole, Pétrarque, Galilée, Boccacc, Vico, Michel- Ange, Ferruccio,

ville

Raphaël, Masanicllo, Christophe Colomb, Guicciardini, le Tasse, l'Arioste, le Cortège, Léonard de Vinci, Muralori, Allieri, Volta, Spallanzani, Becca-

vernement aux abois. Aussi le maire de Milan, qui n'était autre que le comte Gabrio Casati, beau-frère de Confalonicri, suivi d'une foule immense, se rendit

vel,

On imaginera

facilement l'accueil trouvé dans la

par ces concessions dérisoires

faites

par un gou-


VIE ET AVENTURES. au palais du gouvernement pour présenter au nom de la ville, une série de demandes dont l'objet était plus en rapport avec la situation du moment. La

en revanche, quelques-unes des atrocités commises

nombreux citoyens arrêtés lors des massacres de janvier. Le gouvernement opposait un refus à cette demande,

Le 18 mars, après a^oir envahi l'hôtel de ville et mis la main sur un grand nombre de personnes

soudainement arboré dans les rues. Ce fut le signal de l'insurrection commencée, comme à Palerme, par un petit nombre de personnes très mal armées (dans toute la ville de

fusilla

y avait à peine trois cents fusils!) et terminée, au bout de cinq jours de combats, par l'expul-

route.

première de toutes

lorsque

Milan

sion

était la délivrance

drapeau tricolore

le

des

fut

il

du maréchal Radetzki,

que de ses quatorze

ainsi

mille soldats et de ses soixante pièces d'artillerie.

Voici

proclamation que

la

des barricades adressait

des

villes et

le

le

comité de guerre sorti

20 mars aux habitants

des campagnes environnantes

:

par les Autrichiens, depuis

le

jour où éclata

l'in-

surrection jusqu'à celui de leur fuite.

marquantes,

la

troupe

les traîna

au château

quatre; puis, à sa retraite de Milan,

emmena une

et

en

elle

en

vingtaine enchaînés, en les accablant

un des prisonniers, passé par les armes pendant la

des plus indignes traitements

Hercule Durini, fut

Dans Milan, ce furent

:

les

Croates surtout qui

se distinguèrent par leur infâme cruauté. Partout où

marquaient leur passage par le massacre, sans respect pour l'âge ni le sexe. Dans une maison on trouva treize personnes égorgées, entraient,

ils

ils

parmi lesquelles une mère ayant dans ses bras deux enfants, dont l'un était décapité, tandis que l'autre

une baïonnette qui lui traversait le cou. Un Croate coupa un enfant en deux, et cloua chaque moitié contre un pan de mur. Un autre soldat empala une petite fille et la promena ainsi au bout de son fusil. On arracha du sein d'une femme un fœtus avait

«

Les Milanais se battent victorieusement depuis

mais

trois jours,

sont presque sans armes et en-

ils

tourés d'une masse de soldatesque qui,

nombre. murailles, pour

abattue, est toujours formidable par

Nous jetons

cet écrit par-dessus les

appeler les populations de toutes les les

campagnes,

le

comme on

fait

toire!

la

et

qui éliront

un intendant, pour accourir par-

commune

défense

Vive

dans

à Milan, et à se for-

mer en compagnies de cinquante hommes tout où

de toutes

villes,

à s'armer aussitôt, à se réunir

leurs paroisses,

un capitaine

quoique

l'Italie!

l'exigera.

Vive Pie IX!

Aide

et vic-

»

Plusieurs exemplaires de cette proclamation furent envoyés au dehors à l'aide de petits ballons, qui allèrent porter

de Milan

au

loin la nouvelle des

et excitèrent,

partout où

soulèvements en masse.

ils

événements

parvinrent, des

Bientôt des milliers de

paysans, guidés par les notables du pays et quelquefois

par des prêtres, se dirigèrent à Milan.

de deux mois et on

cupé à

la

le

fit

cuire

!

Un

ouvrier était oc-

fabrique de boules de résine, quand ces as-

sassins couverts de l'uniforme autrichien

sur

lui,

tombèrent

l'éventrèrent, et, lui ayant rempli le ventre

de ces matières combustibles, y mirent la fabrique de soie de M. Fabris, tous

Dans

le feu.

les ouvriers

y rencontrèrent furent passés au fil de l'épée. Dans une auberge du faubourg de Santa-

que

les soldats

Croce, un père fut attaché corps à corps avec son

deux victimes furent tuées du même coup. Un autre père de famille fut lié à une poutre, et brûlé sous les yeux de sa femme et de ses enfants. Trois paysans, plongés dans un bain d'eau-de-vie, fils,

et les

subirent

Tous

Du haut

le

même

sort.

les raffinements

de barbarie

qu'il est possi-

des clochers, on voyait des masses compactes pour-

ble d'imaginer furent employés par les abominables

suivre la cavalerie autrichienne à coups de feu. Cinq

suppôts du plus détestable des gouvernements. Les Autrichiens partis, on trouva dans le château dos

cents volontaires de

montagnards du cette ville,

lac

la

Suisse italienne, réunis aux

de

Côme

et à la jeunesse

de

s'emparèrent de douze cents Croates.

cadavres horriblement mutilés. Des nez, des oreilles, des bras, jonchaient la cour, ot une odeur in-

murs de Monza, ils rencontrèrent deux autres colonnes, dont Tune avait fait trois cents prisonniers à Varèse. Une autre colonne partait des

fecte s'exhalant tout autour indiquait assez la

du Pô, en même temps qu'un comité organisé à Lccco soulevait la Valteline, la Valsassine, la Briance, et que les provinces de Brescia et de Ber-

seul

Arrivés sous les

rives

garne envoyaient à Milan plusieurs centaines de leurs

bourgeois et de leurs montagnards.

Tandis que les Milanais combattaient héroïque-

ment pour l'Autriche,

soustraire leur patrie au joug abhorré de ils

s'abstenaient de toute insulte et de

toute attaque contre les personnes et les biens de

ceux-là

mêmes dont

ils

avaient eu le plus à se plain-

dre, témoin la manière généreuse dont

ils

traitèrent

l'ex-directeur de la police Torresani et le

fameux

Bolza, tombés l'un et l'autre dans leurs mains. Voici,

quan-

des morts que l'on venait d'y enterrer.

tité

A

toutes ces horreurs, nous n'ajouterons qu'un fait.

Le nombre des victimes, de

h

part des

Milanais, atteignit le chiffre de mille environ. Or,

une centaine à peine avait péri en combattant Les pertes éprouvées par les Autrichiens furent bien autrement considérables, car on les évalua à près de quatre mille hommes; mais pas un d'entre eux ne fut tué ailleurs que sur le champ du combat. Leur retraite de Milan ressembla beaucoup à une débandade, et la panique qui s'était empalée d'eux était telle, que, sans le sang-froid de Radetzky et !

l'ascendant extraordinaire qu'il exerçait sur l'esprit

du

soldat,

ils

tombés tous dans les mains nombre ne faisait qu'augmen-

seraient

les insurgés, dont le


GARIBALDI.

8 ter à

chaque heure, au son du

tocsin, lequel, reten-

tissant désonnais d'un bout à l'autre

de

Lombar-

la

de ses anciens oppresseurs. Pendant que ces événements se passaient en Lombardie, Venise d'abord, puis ses anciennes provinces de Terre Ferme, arboraient le drapeau de l'indépendance, et les Autrichiens, frappés d'époubattaient en retraite

vante,

VI

une nouvelle terreur dans l'âme

die, venait porter

de toutes part, sans

presque brûler une amorce. La révolution de Ve-

Le 2 juillet 1848, Garibaîdi débarquait à Gènes. Quelques jours après il était à Roverbella, au quartier-général

du

roi Charles- Albert, et se mettait à

—

lui et sa poignée d'hommes hardis. Malheureusement, on ne crut pas à l'utilité de son concours on ne vit pas les immenses services qu'il pouvait rendre à la cause nationale par son audace sans pareille et par sa précieuse expérience de chef de partisans il quitta Roverbella, désolé de

sa disposition,

;

un caractère particulier. L'arrestation de Manin et de Tommaseo, qui avait eu lieu le 20 janvier 1848, la conduite postérieure du gouvernement autrichien, les nouvelles du reste de la nise présenta

Péninsule, tout avait concouru à préparer le terrain

pour une explosion, quand les événements de Vienne furent connus. Le 17 mars au soir, le cri de vive Ferdinand, roi constitutionnel! s'étant fait entendre au théâtre, de vive

celui

dans

l'Italie! retentit tout-à-coup

la

:

n'y avoir point réussi,

et se rendit à Milan pour au gouvernement provisoire. Là, Garibaîdi fut plus heureux. Le gouvernement

offrir ses services

milanais accepta ses offres et lui conféra le titre de général.

Esclavons, et

cris

[le

de Vive Manin

Tommaseo

et

!

aussitôt,

il

hommes

réunit trois mille

suivant les ordres qu'on lui donna,

et,

se dirigea

il

vers Bergame, à la rencontre des Autrichiens.

salle, et aussitôt mille voix le répétèrent à l'envi.

Le lendemain matin, un immense attroupement se forma devant l'église Saint-Marc et sur le quai des

Tout

Il

était trop tard

!

La situation de l'armée sarde n'était plus tenable. Des échecs successifs l'avaient démoralisée. L'abattement avait gagné tout le monde chefs et soldats. Alors Charles-Albert avait demandé une suspension :

ayant été proféré,

en brisa

le

peuple se porta à

prison et

la

sans que la force armée pût l'en

les portes,

empêcher. Manin et Tommaseo, délivrés ainsi furent promenés en triomphe dans la ville. Quarante-huit heures se passèrent sans que la constitution octroyée à Vienne fût proclamée, et

même

communiquée officiellement aux autorités municipales. Le 20 mars, la population se portait au palais du gouverneur, sans

que

la

nouvelle en fût

qui était alors le comte Palfy, en criant constitution

!

quand une voix tonnante

fit

ces paroles, aussitôt répétées par la foule

Autrichiens! Ce fut

le signal

de

Vive la

:

:

entendre

A

bas

la révolution.

les

Trois

cents Croates, rangés en bataille sur la place Saint-

Marc, ayant

feu sur le peuple, celui-ci les atta-

fait

que de toutes parts

et les force à se

l'ancien palais des doges. est

pris,

la

heures après

Le lendemain,

multitude est les

que leur nombre

renfermer dans l'arsenal

armée. Vingt-quatre

Autrichiens quittaient Venise, bien fût

de sept mille environ

et qu'ils

fussent maîtres de positions formidables.

!

fit

son entrée en Lombardie, à

tête d'environ trente mille

hommes, animés du

la

plus

ardent enthousiasme, et qui ne demandaient qu'à marcher en avant.

Ce Italie,

moment que Garibaîdi arriva en avec un certain nombre de ses vaillants lé-

fut en ce

gionnaires.

comme

ligne de séparation entre les

deux armées.

Le maréchal Radetzky, pour toute réponse, mis en marche pour Milan. Garibaîdi revint en toute hâte vers Milan

:

s'était

il

était

encore trop tard!

Radetzky, arrivé devant Milan dans

4 août, avait attaqué immédiatement

la ,

matinée du dans

le

but

ou bien de le forcer à continuer sa retraite. Un combat acharné avait eu lieu; les Piémontais s'étaient bravement batde refouler le roi sarde dans la ville

tus; mais la partie était inégale

de rendre Milan et

et

:

le roi avait offert

de se retirer derrière

le

Tessin,

Radetzky avait consenti. Milan apprit cette capitulation avec stupeur. Mais

enfin, elle était signée

mourir. Mourir,

la

:

il

fallait

se résigner

population le voulait

;

— ou

on com-

prima son élan. Une proclamation de patriotes fut affichée le matin du 5 août sur les murs de la ville. Elle disait

Après Milan et Venise, les autres villes de la Lombardie et de la Vénétie La révolution gagnait partout comme un incendie. Partout les volontaires se levaient pour la guerre de l'Indépendance italienne. Ce fut dans ces circonstances si propices que le roi Charles-Albert

d'armes au maréchal Radetzky, en proposant l'Oglio

«

:

L'enthousiasme incomparable avec lequel cette

population a protesté ce matin contre la capitulation consentie par le roi, a été digne des héros des cinq

journées. L'honneur est sauf, mais les choses sont

un tel point que nous sommes réduits à couvrir encore une fois d'un voile de deuil le drapeau tricolore, à baisser tristement la tête devant le déjà arrivées à

nous écriant nous aussi // est trop tard! « Citoyens, au milieu de la désorganisation des administrations, de la fuite des employés, les soussort, en

:

signés seuls sont restés pour remplir la tâche dou-

loureuse de vous adresser les paroles suprêmes au


VIE ET AVENTURES.

nom

de

la patrie.

vous annonçant

Citoyens, le

la capitulation

« 4°

cœur nous saigne en suivante

Son Excellence accorde

dront sortir de

:

à tous

la ville la libre sortie

ceux qui vou-

par

la

route de

Magenta, jusqu'à demain à huit heures du soir; « 5°

« 1°

«

La ville est épargnée; 2° Son Excellence le maréchal promet, en ce

qui dépend de

lui, d'avoir,

par rapport au passé,

Le mouvement de l'armée sarde se fera en deux jours d'étape, ainsi qu'il a été convenu entre généraux;

le

maréchal demande

vrance immédiate de tous

les

généraux,

ïa déli-

officiers et

lieu

Le transport des malades et des pendant les deux jours d'étape;

« 7°

«

l'honneur, la

la

la

soit

pas mensongère

«l'être rati-

par Sa Majesté Sarde

rons-nous sur

pour nous la L'Europe demeu-

la terre d'exil, qui sera

patrie, puisqu'elle sera italienne.

même pensée,

nous tiendrons haut avions arborée

vie,

fortune des citoyens. Plaise à Dieu que

promesse ne «

»

Vous voyez qu'on promet d'épargner

blessés aura

Toutes ces conditions ont besoin

dans une (Signé par le maire de Milan et par les chefs

d'état-major des deux armées.)

pour midi;

rera frappée de cette résolution énergique, puis,

employés autrichiens qui se trouvent à Milan. «

maréchal demande

l'entrée et l'occupation de la ville

fiées

Son Excellence

le

« 6°

« 3°

« 8°

,

l'occupation militaire de la porte Romaine, ainsi que

tous les égards qu'exige l'équité;

les

Par compensation

et

même

dans une

ferme

la

espérance,

bannière que nous en ne cessant de

sur les barricades,

protester contre une domination violente, et en gar-

dant

la

confiance qu'un jour viendra où nous arbo-

rerons de nouveau les trois couleurs sur les tours de

!

Mais vous, jeunes gens robustes, vous qui tous,

que vous êtes, pouvez encore porter un fusil et endurer les fatigues d'une marche, il vous reste à faire une protestation solennelle en faveur de la Lombardie. Non, la patrie ne périt pas avec les murailles non, la patrie italienne ne succombe pas tant

notre cité

!

heures du soir tous ceux qui sont dans l'intention d'émigrer se trouvent réunis sur la place d'armes, munis de leurs fusils et animés de de cou«

Qu'à

six

rage qui se retrempe dans

les

grandes épreuves. Le

roi quittera cette ville le dernier.

Nous serons avec

!

sous

la force

brutale qui s'intitule droit

tous avec nos armes.

A

la suite

de cette

Emigrons armée pié-

vous, et en faisant nos derniers adieux à cette terre

!

bien-aimée, nous nous écrierons et

montaise et ligurienne, qui s'éloigne tristement d'un pays qu'elle avait juré d'aider à s'affranchir, reti-

indépendante !

:

Vive l'Italie libre

»

Les Autrichiens entrèrent à Milan.


GARIBALDI.

10

n'aperçurent plus rien. Rien ne les empêcha de

ils

croire qu'ils avaient rêvé.

VII

Garibaldi l'avait échappé belle. Mais, après tout,

quoi donc servirait

à

Monga

Garibaldi avait appris à

Milan. Son rôle devenait inutile Il

Monga,

quitta

là,

a la tête de ses volontaires, et se

le théâtre *le ses glorieux exploits,

celer l'ennemi de sa patrie par

— aujourd'hui — pour y har-

—

Tyroî, toujours guerroyant,

même Ce «

dans

par

Dieu des

le

s'il

protégé

et

ne peut pas protéger

batailles, qui

et ses

hommes

Une poignée d'hommes contre une

armée! Et puis Garibaldi était enfermé dans un triangle qui ne permettait guère aux secours d'arriver jusqu'à lui lac

Majeur.

les

armes

De

Il

le

dut passer en Suisse, après avoir posé

à la frontière.

Suisse,

la

Autrichiens, la Suisse et

les

:

il

revint en Sardaigne, et se

élire

fit

député. C'était une halte dans sa vie agitée. Cette halte fut de courte durée. La Sardaigne et

se sente de la haine au était

pas de temps en temps récompensé

aussi inégale.

—

il

n'était

—

ne pouvaient continuer bien longtemps une lutte

Le 15 août, il prenait terre à Laveno, repoussait une première attaque des postes autrichiens établis aux environ du lac Majeur. Peu de temps après, il était à Gaviratc, à Varèsc, à 01giatc, a Côme, et livrait de nouveaux combats aux Autrichiens, les seuls êtres au monde pour lescœur. Puis, quelque temps après,

et surtout le

noble cause,

si

Malgré cette protection, Garibaldi

une guerre d'escar-

frontière lombarde.

il

—

éternellement les gros bataillons?

mouches. Le 14 août il occupait Arena, s'emparait des paquebots le San Carlo et le Vcrbano, levait une contribution de guerre et se dirigeait vers la

quels, de son propre aveu,

courage,

le

courage employé pour une

pour le moment.

mômes montagnes,

dans ces

retira

capitulation do

la

l'Autriche

le

de recommencer

venaient

la

guerre.

Charlcs-Albertavaità venger sa défaite de 1848;

et toujours avec le

précipita les événements

bonheur.

:

12 mars 1849,

le

il

il

dé-

nonçait l'armistice à Radelzky, alors à Milan, et son

en vain qu'on aime ainsi sa patrie d'un amour accumulé. » Tous les paysans lui n'est pas

armée

marche pour rencontrer l'armée

se mettait en

autrichienne.

donnaient refuge, ainsi qu'à sa vaillante phalange.

naient et interrogeaient sur leur passage ceux qu'ils

L'armée de Radetzky se composait de six corps un resta sur le Mincio et l'Adigc, dans la Vénétie, les cinq autres, ne laissant que des garnisons dans les châteaux de Milan, Brescia, Bergame et Modène, à la tête du pont de Brescello, et dans la citadelle de

soupçonnaient

Plaisance, dix mille

Et quand

il

« C'est

pour

nous!

»

que vous combattez c'est pour disaient-ils. Et quand les Autrichiens vel'Italie

les

:

complices,

par sympathie,

Garibaldi et de ses compagnons,

heureux payaient cher, souvent! La tête de Garibaldi était mise

que

est vrai; mais, outre

de

en recevaient

ils

— réponses que

des réponses déroutantes,

11

:

voulait payer, les pauvres refusaient.

vers l'angle du

mal-

les

prix,

proie assez

Un allait

il

a prix, les

cependant

gens auxquels était

une

!

cerné Garibaldi dans un étroit défilé d'où impossible qu'il

il

paraissait

sortît.

que l'armée piémontaise

eût su distinguer ce grand

mouvement convergent de

toutes les routes

Et pendant que l'armée autrichienne entrait

j

en Piémont, vers Pavie, l'armée piémontaise vers Butïalora,

dait

ou

la

César, Annibal et

Le 21 mars, eut

lieu le

combat de

le

baldi aussi.

coûta à l'armée sarde cinq cents

mourir

cria-t-il à ses

ici.

Soit!

En

soldats,

paraît

il

tout cas, tuons

le

plus

de Croates que nous pourrons. Ufl Croate de moins c'est un ennemi de moins pour l'Italie... Elle en a déjà bien assez

!

En

— En avant! répétèrent

ses

Se penchant alors sur

cou de son cheval

le

enfonçant ses éperons dans

compagnons...

le ventre,

il

et lui

se jeta sur

un passage au milieu d'eux.

les Autrichiens se

&%

eut lieu la sanglante affaire

plus do

dcuxmille prisonniers;

le

la

Sforzesca

;

de Morlara, qui

hommes

tués et

23, eut lieu

le

désastre de Novare.

moment dans

Bien que Garibaldi fût à ce

l'Italie

centrale, et qu'il ne se trouve pas mêlé, par consé-

eu trop de retentissement et de signification pour qu'elle soit ici passée sous silence. Tout en écrivant l'histoire de Garibaldi, nous ne pouvons elle a

et disparut, imité et suivi de sa vaillante troupe.

Quand

l'atten-

quent, à cette néfaste journée du 28 mars 1819,

avant!..

les Autrichiens, s'ouvrit

ainsi

croyait en retraite vers'

Napoléon avaient rayé de leur dictionnaire. Gari-

qu'il faut

Lombardie.

la

l'Adda!

mot que

Impossible! C'est un

— Compagnons,

moment où

|

avaient

Ils

concentrée autour

expirerait l'armistice, sans

qui se faisait par

enfin dans les mains.

la

était

et

de Pavie, prête à prendre l'offensive au

difficile à saisir.

tomber

et

bien prises, que, dans

si

de secret,

du 19 au 20, l'armée

nuit

!

jour les Autrichiens crurent que cette proie leur

du ïessin. Les ordres furent

toutes les précautions

que Garibaldi

faut ajouter

et

en tout, se dirigèrent

donnés avec tant de promptitude

s'adressaient les Croates ne l'eussent voulu livrer à

aucun

Pô

hommes

nous empêcher de

citer cette

d'hommes.

du

un historien qui

fut

Piémont.

retournèrent pour voir

quelle direction avaient prise ces diables

l'histoire

page de

«

Au sud de Novare,

—

dit


VIE ET AVENTURES. témoin oculaire de ce Waterloo de Charles-Albert, entre les torrents de l'Agogna et du Terdoppio,

—

une espèce de plateau ondulé, dont le village Bicoque, situé à deux kilomètres environ de la et traversé par la route de Mortara, occupe la

quelques retranchements à plus important de

s'élève

de

la

ville

Au

partie culminante.

levant des collines de la Bi-

coque, c'est-à-dire à gauche, quand on tournoie dos a

Novare,

rapidement vers

le sol s'abaisse

le

Ter-

coupé par deux petits canaux. A droite, au delà du ruisseau de l'Arbogna, qui coule à peu de distance de la Bicoque, il est peu accidenté et présente seulement quelques légères élévations vers le centre, mais il est couvert de vignes, d'arbres disposés en longues files, de maisons éparses, et doppio

est

et

11

Toutes

«

les

la

Bicoque,

le

point

le

la ligne.

troupes étaient à leur poste dès neuf

heures, prêtes à livrer bataille. Le total des forces

en ligne

de cinquante-trois mille hommes, avec cent onze bouches à feu. Vingt mille hommes avec quarante canons restaient impuissants au delà du était

Pô, et les combats de

que

ainsi

les

marches

la

Sforzesca et de Mortara,

et

contre-marches

faites de-

puis trois jours, avaient déjà diminué l'armée de sept à huit mille

hommes, dont

la

plupart avaient

abandonné volontairement leurs corps. Les soldats ne montraient point d'ardeur, et l'on pouvait voir

du mauvais début de la veille, les vivres manquaient

qu'ils avaient l'esprit frappé

campagne. Depuis

coupé aussi par un canal parallèle à l'Agogna. C'est dans cette position, dont le point important est la Bicoque, surtout contre un ennemi arrivant par la

en partie

route de Mortara, que Chrzanowski attendait les

passant devant

Autrichiens.

que d'assez faibles témoignages de dévoûment. Il ne s'agissait plus cependant de se battre pour la Lombardie, mais pour le Piémont, que la perte de la bataille devait mettre à la merci de l'Autriche. « Les Autrichiens, qui avaient fait si peu de chemin le 22, ne montrèrent pas plus d'activité le 23 ; ils se mirent tard en marche, et les troupes de l'Aspre ne parurent vers Olengo qu'entre dix et onze heures, alors que lesPiémontais étaient depuis longtemps en bataille. D'Asprc fit ici comme à Mortara sans se rendre compte des forces qu'il a de-

Le

«

front de bataille était

formé de

deux lignes,

sions rangées sur

et

trois divi-

occupait une

étendue d'environ trois kilomètres, depuis

le

canal

d'Olengo, voisin du Terdoppio, jusqu'au canal Dassi,

près de l'Agogna. La division Perrone, placée à

Bicoque, tenait

la

gauche;

la

la

division Bes occupait

Durando formait la droite. Six bataillons appuyaient le flanc gauche de Perrone, quatre la droite de Durando; trois bataillons de tile

centre, et la division

railleurs couvraient le front

du duc de Gênes réserve

:

de bataille. Les divisions

du duc de Savoie étaient en

et

première à gauche, derrière

la

la

Bicoque,

près du cimetière de San-Nazzaro;

la

droite, tout près de

place d'armes

et la

Novare, entre

route de Verceil

en colonnes.

;

la

seconde,

à

toutes deux étaient massées

En dehors de

toute

la

position, sur le

la

des pillages et des désordres de toute

;

espèce avaient été commis dans Novare. Le

roi,

des troupes, ne recueillait

le front

:

vant

entraîné par son ardeur et celle de ses

lui,

troupes, qui comptent sur un nouveau succès,

songe qu'à attaquer.

Il

Bicoque

et

de

ne

déploie la division de l'ar-

chiduc Albert des deux côtés de la

il

la division

la

route, en face de

de Perrone, prolonge sa

gauche avec une partie de la division Schaaffgolsche, en réserve, et met

flanc gauche, la brigade Solaroli à cheval sur les

dont

routes de Trécate et de Galliate, et couverte par le

en arrière des deux

Terdoppio, devait observer et contenir les forces ennemies qui se présenteraient de ce côté. Sur la

achève ses dispositions, et que le combat des tirailleurs et de l'artillerie est déjà engagé, il apprend qu'il est en face de toute l'armée

gauche du

coupé de fossés et fortement accidenté à droite l'Agogna et le canal offraient d'assez grands obstacles à l'attaquant, de front, le terrain ;

«

il

tient le reste

Pendant

ennemie fait

il

:

qu'il

envoie bien vite prévenir

par des mouvements très étendus, d'un côté sur

nir tête

En

outre, une grande partie de la division était

Durando

couverte par un fossé profond à rebords éle-

« C'était

donc

là

un ordre de

bataille excellent, et

maréchal,

et,

Thurn

espérant pouvoir te-

aux forces immenses qu'il va avoir sur les bras pendant qu'on va marcher à son secours, il engage résolument l'action. « Après une forte canonnade et un vif combat de tirailleurs,

vés.

le

dire à Appel de s'avancer en toute hâte, à

de revenir sur Novare,

route de Trécate, de l'autre sur celle de Verceil.

cavalerie

ailes.

sorte que la position ne pouvait être tournée que la

la

il

fait

dans lequel

les

Piômontais ont

le

dessous,

avancer son infanterie. Cette attaque met

le

brigade de Savone,

l'armée ainsi rangée se trouvait dans une position

désordre dans les rangs de

solide, le front bien

garni, les flancs assurés, les

qui forme la première ligne, et cette brigade cède

réserves dans une forte proportion, les troupes

débande en partie. Celle de Savoie, placée en seconde ligne, s'avance pour la remplacer, regagne le terrain perdu, perd et reprend successivement diverses positions, et fait un assez grand nombre de

toutes sous

la

main. Quelques précautions avaient

cependant été négligées; la

le

pont de l'Agogna, sur

route de Verceil, n'était pas gardé, quoique Ton

sût

montré vers Confienza on pas songé à interdire aux troupes l'accès de pendant la bataille enfin on aurait dû élever

que l'ennemi

n'avait la ville

s'était

;

;

la

et se

prisonniers dans les maisons éparses de la Bicoque.

D'Aspre

fait alors

avancer au soutien de l'archiduc

Albert les troupes qu'il tenait en réserve, et

comme


GARIBALDI.

12 craignait

il

un mouvement du centre

de

et

la droite

mence

à plier est bientôt tout-à-fait battu

de l'ennemi sur son flanc gauche, il cherchait à occuper et à contenir le centre par un combat de tirailleurs, et avait envoyé contre la droite un déta-

presse un peu vivement.

chement qui

faire

s'était

détaché sur

aussi

placé au Torrione

enfin

;

avait

il

extrême droite quelques

son

troupes légères pour inquiéter

la

brigade de Sola-

un

le

général habile doit toujours être prêt à saisir

moment mais Chrzanowski. En

tel

;

que ne voulut pas se plaçant sous Novare dans ne déployant que la moi-

c'est ce

une position rétrécie, tié de l'armée, et tenant

en réserve,

l'autre moitié

il

proposé de rester sur la défensive pendant une grande partie de la journée. Il avait compté que s'était

roli.

deuxième ligne de Perrone durèrent peu ; la brigade de Savoie ne put tenir contre les troupes fraîches entrées en action pour soutenir celles de l'archiduc ; elle recula bientôt et se décomposa comme la brigade de Savone. « Il n'était guère que midi, et déjà les Autrichiens étaient maîtres pour la seconde fois de la Bicoque toute la division Perrone était à peu près en déroute. Chrzanowski ordonna alcrs au duc de Gênes d'amener contre l'ennemi une de ses brigades, en la faisant suivre de la seconde à quelque distance. La brigade de Piémont s'avance le 3 e régiment à droite de la route, le 4 e à gauche. Le général Passalacqua, commandant de cette brigade, marche avec le 3 e Les succès de

«

Un

«

on

si

la

;

;

dans

la vallée

de l'Arbogna, attaque et prend plu-

sieurs positions autour de la Bicoque, fait

trois balles

à

tombe frappé mortelledans la poitrine. Le régiment

trois cents prisonniers,

ment de

deux

et

continue d'avancer, dépasse

la

Bicoque

et parvient

les Autrichiens, arrivant

par

route de Mortara,

la

tenteraient d'abord d'emporter la Bicoque, échoueraient dans leurs attaques de front et chercheraient alors à tourner la droite de la ligne piémontaise

aurait saisi ce

vement

moment pour

exécuter un fort

offensif avec la division

;

mou-

du duc de Gênes,

brigade Solaroli et une partie de

la division

il

la

de ré-

compte de la leur supposaient beaucoup

serve. Ces calculs, qui ne tenaient pas

nature des troupes et

plus de solidité qu'elles n'en pouvaient avoir, avaient été détruits dès le

commencement de

l'action;

mal-

gré cela, Chrzanowski s'attacha obstinément à l'exécution de son plan.

qu'imparfaitement

la

ignorait ou ne connaissait

Il

marche

vers corps autrichiens, car

ne savait pas

s'éclairer

s'était

pas non plus

les attaquants n'étaient

pas nombreux,

et surveiller l'ennemi.

aperçu que

il

et la position des di-

qu'il n'y avait là

11

ne

qu'un corps isolé

qu'il était facile

hauteur de Castellazzo ; mais là il se trouve sous un feu meurtrier, et il faut qu'il se ree plie. Le 13 de la brigade de Pignerol arrive à son

action les unes après les autres, et uniquement pour

A

ployées par plus fortes masses et plus vigoureuse-

jusqu'à

la

secours et réoccupe les environs de Castellazzo.

duc de Gênes, à la tête du 4 pousse vigoureusement l'ennemi, s'empare de Castellazzo, gauche,

s'y

e

le

,

maintient, en attendant l'arrivée

du 14 avec ces deux

vient l'appuyer à gauche, et

ments se porte hardiment sur chasse les Autrichiens et les

le village

fait

e

d'écraser. Aussi s'était-il contenté de faire entrer en

se maintenir à la Bicoque, des troupes qui,

ment, et secondées par auraient

«En même temps, les

centre et par

la droite,

en pièces d'Aspre avant l'arrivée

qui

d'Appel, peut-être ensuite Appel avant l'arrivée des

régi-

autres, et ces succès pouvaient être le prélude d'une

,

d'Olengo, en

suivre par les tirail-

victoire plus considérable qui aurait forcé

Radetzky

à repasser le Tessin...

une assez grande distance.

leurs à

taillé

le

em-

«Chrzanowski, bien loin de songer à une offensive

faibles

dont

tées sur le centre et les

démonstrations tenextrémités de la ligne pié-

montaise restaient sans

effet

d'immenses conséquences, crut ses troupes aventurées à Olengo et s'empressa d'envoyer l'ordre au duc de Gênes de les ramener en deçà de Castel-

occupé

le

;

Torrione, en face de

la

colonne qui avait

la division

Durando,

engagé de là un combat d'artillerie; mais elle n'avait pas tenu longtemps sous le feu d'une vingtaine de pièces 'dirigées contre elle, elle s'était retirée en arrière de l'église et des maisons voisines. De avait

l'autre

côté, la brigade Solaroli avait

repoussé et

même

facilement

assez loin les troupes venues

pour l'attaquer. «

11

était

deux heures,

la

position de d'Aspre,

battu de tous côtés, refoulé au delà d'Olengo, à trois kilomètres de la Bicoque, était des plus criti-

aucun secours ne lui arrivait encore. S'attendant à voir les Piémontais profiter de leurs succès, il faisait les plus grands efforts pour remettre ses troupes en ordre, sans trop se flatter de pouvoir

ques,

car

une attaque un peu vigoureuse. Celait, en un de ces moments décisifs, où celui qui com-

résister à effet,

le

succès était

si

probable et pouvait entraîner

que ce faux mouvement sauvait, n'en devint que plus audacieux ; il se reporta immédiate-

lazo. D'Aspre,

ment en

avant, ses troupes reprirent courage, et

il

vint réoccuper Castellazzo, sans toutefois pouvoir

Le combat continua autour de cette position, mais sans une grande ardeur de part et d'autre. Depuis le commencement de l'action, et s'y

maintenir.

pendant presque toute

la bataille, l'infanterie

mortaise se battait en désordre

et

pié-

d'une manière

Les bataillons obligés de céder se dispersaient, ne se ralliaient pas derrière ceux qui les irrégulière.

remplaçaient et ne tardaient pas à se fondre entière-

ment. Beaucoup de soldats courageux restaient au feu et combattaient isolés ; d'autres tiraient en arrière par-dessus les troupes qui étaient les inquiétaient

beaucoup;

il

en avant

et

se faisait très inutile-


VIE ET AVENTURES.

ment une immense consommation de munitions,

l'arrêter.

que cela arrive toujours avec de jeunes troupes et dans des engagements désordonnés. Le général Perrone, qui donnait l'exemple du courage et rame-

de près

lara, sur

nait sans cesse au combat quelques parties de sa di-

la

ainsi

peu de fermeté, reçut une blessure mortelle à la tête. Peu à peu l'avantage restait aux Autrichiens, ce qui obligea Ghrzanowski vision, qui avait

montré

si

1S

En même temps

le

la

réserve, qui avait suivi

corps d'Appel, arrivait vers Olengo. Ra-

detzky, qui se tenait à gauche de

la

route de Mor-

une élévation de terrain d'où il surveillait marche de la bataille, fit alors tout disposer pour frapper un grand coup.

à faire venir à la Bicoque, vers trois heures et de-

Les quatre divisions de d'Aspre et d'Appel, soutenues par une brigade de grenadiers de la réserve, furent formées en colonnes d'attaque en face de la

mie, trois nouveaux régiments, un de

Bicoque, tandis que

Bes

et

deux de

la division

de réserve

;

division

la

ces troupes

fraîches rétablirent le combat, et, gagnant rain, se portèrent assez loin

au delà de

la

du

ter-

Bicoque.

Les troupes de d'Aspre étaient alors entièrement épuisées et ne pouvaient plus tenir longtemps, mais le

moment

était

venu où

les

choses allaient changer

«

le reste

de

la

réserve se dé-

gauche pour contenir le centre et la droite des Piémontais, et qu'un faible détachement conti-

ployait à

nuait d'inquiéter la brigade Solaroli. «

Au même moment Ghrzanowski se décidait enfin non dans désormais im-

à faire avancer son centre et sa droite

de remporter une victoire,

l'espoir

,

une simple diversion en

de face.

possible, mais

Radetzky avait reçu à midi, à son quartier général de Lavezzaro, la nouvelle de la présence de l'armée piémontaise à Novare, que le bruit du combat lui avait déjà fait soupçonner. Il a ait mis aus-

faveur des défenseurs de la Bicoque, et tâcher de

«

sitôt

la

mouvement, envoyé

réserve en

à

Appel

au secours de d'Aspre, à Thurn et à Wratislau celui de revenir sur leur droite dans la direction de Novare ; ces ordn s l'ordre de

marcher au plus

vite

et toutes les dispositions prises,

il

s'était

champ de bataille. Le corps d'Appel, qui avait passé

nombreuses qui se trouvaient en face d'eux, et Ghrzanowski, venu vers le centre avec le roi pour diriger ce mouvement, retournait en toute hâte à la Bicoque, mais à ce

une telle masse, avaient abandonné la Bicoque. Ghrzanowski voulut essayer de la reprendre, 'et donna l'ordre au duc de Gênes de faire un dernier effort. Le jeune s'avancer, et les Piémontais, cédant à

prince ne put mettre en ordre que trois bataillons,

marchant à pied à leur tête, les reporta en avant; mais accueilli par un feu terrible d'artillerie et de et

mousqueterie,

se plaçant au centre, et la seconde resta en réserve

Bicoque.

devint alors plus animé;

ces nouvelles troupes échouèrent dans leurs pre-

miers

efforts,

mais

ne tardèrent pas à prendre feu de l'artillerie de la division

elles

l'avantage, malgré le

moment même

l'ennemi y entrait. Les quatre divisions autrichiennes, lancées vigou-

rière, et

Le combat

Bes et Durando

n'eurent pas de peine à faire reculer les troupes peu

première entra aussitôt en ligne

derrière elle.

bataille.

à Ves-

la nuit

deux heures de chemin d'Olengo, mais entre lui et le corps de d'Aspre se trouvait un nombreux équipage de pont et beaucoup de bagages qui encombraient la route et retardèrent tellement la marche des troupes, qu'elles ne purent paraître sur le lieu du combat avant quatre heures. Le corps d'Appel était composé des divisions Lichla

champ de

reusement, ayant emporté rapidement Gastellazzo et toutes les positions voisines , avaient continué de

polate, n'était pas à plus de

nowsky et Taxis;

le

faire

transporté

sur le «

conserver

pour

il

fut bientôt obligé

de revenir en ar-

l'ennemi resta définitivement maître de

la

ne restait d'autre parti aux Piémontais que de gagner au plus vite Novare; cette retraite, inquiétée par l'ennemi, qui attaquait vivement en « 11

queue

et sur les flancs, fut bientôt soutenue par la

Bes, qui se croisait sur elle avec celui de la gauche

cavalerie, mais dans l'infanterie le désordre fut ex-

combattant de front à

trême;

la

Bicoque

;

l'artillerie

de Du-

grande portée sur quelques détachements qui, ayant appuyé à gauche dans leur marche sur Novare, se reportaient à droite, en rando, de son côté,

tirait à

défilant devant le front des Piémontais. «

On ne

faisait

point d'efforts décisifs d'un côté ni

de l'autre, parce que Chrzanowski ne cherchait toujours qu'à se maintenir à

la

Bicoque, et que Ra-

detzky attendait l'approche de Thurn pour prendre plus résolument l'offensive. Thurn, arrivé à Confienza vers midi, avait entendu la

canonnade sur sa droite, et sachant que l'ennemi n'avait pas paru sur la route de Verceil, il avait marché sur Novare, sans attendre l'ordre du maréchal. Vers cinq heures, son avant-garde arriva au pont de l'Agogna, où elle ne trouva qu'un détachement de cavalerie qui ne put

les soldats couraient

pêle-mêle vers Novare,

et l'ennemi était si près qu'il vint

mettre ses pièces

au milieu des fuyards de î'arrière-garde.

A

la

porte

y eut une confusion et un encombrement énorme dont heureusement l'ennemi, qui s'ar-

de

la ville

il

rêta à quelque distance,

ne sut pas profiter; à huit heures toutes les troupes qui avaient combattu aux environs de la Bicoque étaient entrées en ville...

La perte des Piémontais était de quatre mille hommes tués ou blessés deux mille prisonniers et «

,

douze canons; celle des Autrichiens, qui portait presque uniquement sur le corps de d'Aspre, de trois mille hommes hors de combat et d'un millier de prisonniers. Ces pertes étaient assez peu

diffé-

nombre des hommes mis hors de combat que se mesure Fini-

rentes, mais ce n'est pas seulement par le


GARIBALDI.

14

portance d'une défaite. Pour les armées mal constipiémontaise, débandée et démoralisée, se trouvait

Montée sur un petit cheval très ardent, elle marchais quelles que fussent les circonstances, à côté de Garibaldi, stimulant au besoin les soldats par sa voix

entièrement hors d'état de réparer ses revers;

et son

tuées, tout échrc a de graves conséquences; l'armée

le

donc vaincu

Piémont et désarmé, et la fortune de l'Autriche l'emportait encore celte fois. était

« Chprles-Albert avait assisté à tous les

de

la

Bicoque, et ne

garde;

il

avait

s'était retiré

grondement du canon Celte Annita,

et

au sifflement des

courageuse

si

au

ni pâlir,

balles.

dévouée,

et si

si

femme et si patriote, ne vous rappelle-t-olle pas madame Rosclti, dont M. Michelet a raconté l'hé-

combats

qu'avec l'arrière-

pu juger par lui-même des

exemple, sans jamais reculer

roïque histoire en quelques pages éloquentes? L'une

disposi-

tions et de la qualité de l'armée, et ne pouvait plus

l'emporte sur l'autre, cependant,

se dissimuler, après la perte de la bataille, que tout

dangereux de se prononcer en celte délicate occurrence, je ne craindrai pas de le faire en faveur de la

inutile. En rentrant à Novare, envoya demander un armistice au maréchal, qui répondit qu'il ne l'accorderait qu'à la condition d'occuper le pays situé entre le Tessin et la Sesia et

effort était

désormais

il

de tenir

d'Alexandrie, et laissa

la citadelle

entendre que, ne pouvant se il

fier à la

femme

I

même

plusieurs reprises

à

pas

avant tout,

Italien

gle et obstinée

de

abdiqua et proclama

roi le

duc de Savoie...

Une plume

française ne

à la patrie

qu'il

campagne de Rome. Il obéissait menacée de toutes parts, et qui, au mi-

lieu des périls

il

dont

elle était

entourée, n'avait guère

temps de distinguer ses amis de ses ennemis, Français des Autrichiens, bien que les uns et

»

ne

se devait à la défense aveu-

peut pas applaudir à l'énergie et à l'habileté

était impraticable, et, sur ces

réponses unanimes,

il

l'Italie.

.déploya pendant la

était possible

elle

fait.

de se retirer sur Alexandrie; tous furent d'avis qu'une telle retraite s'il

fait

certes, été

Annita, — mais

Revenons à Garibaldi.

voulait avoir le duc de Savoie en otage. Charles-

demanda

Madame Rosetti eût,

capable de faire ce qu'a l'a

parole du roi,

Albert réunit alors les généraux et leur

deGaribaldi.

bien qu'il soit

cl,

le

—

les les

autres fussent sur le sol italien dans des vues bien différentes.

VIII

La partie

On ne peut que

constater, avec les historiens im-

partiaux, cette audace et cette habileté témoignées

—

par

durant celte courte période des affaires de

perdue pour le Piémont, jusqu'à la prochaine revanche. L'assemblée constituante romaine avait répondu à l'appel que lui avait fait Charles-Albert, en donnant Tordre de départ à tou-

impossible de tirer un meilleur parti des faibles res-

tes les forces disponibles

sources dont disposaient les assiégés.

était

;

des troupes s'étaient mises

lui

Rome. De aveu

fait

l'aveu

môme du

— adversaire, —

général Vaillant,

à propos d'un loyal

lojal

il

On

étail

se défen-

en marche pour porter secours à l'Italie du Nord, menacée par l'Autriche mais elles avaient dû re-

dra toujours bien, lorsqu'on défendra sa patrie.

brousser chemin, à

mains. Les triumvirs dépêchèrent une partie de leurs

Un

:

la

nouvelle du désastre de

vare. Les triumvirs avaient,

du

No-

reste, besoin d'elles

pour protéger l'Italie centrale que menaçait le même ennemi, puisque, déjà, le 18 féviier 1849, le général Haynau avait envahi soudainement Feiraro,

—

hommes

avec six mille

et

vingt-deux pièces de ca-

non.

qui l'avaient suivi partout depuis son retour rique, Garibaldi était parvenu à

armée de deux divisée, à la et décuries.

Sur sa

les

mode Il

d'Amécomposer une petite

mille soldats intrépides, qu'il avait

antique, en cohortes, centuries

avait en outre quelques cavaliers.

cadres de

femme Annita,

héros

troupes contre Ferdinand

la

—

quatrième centurie figurait une héroïne digne de ce

était

une grande

et

superbe créole brési-

lienne d'une trentaine d'années, qui avait suivi son mari partout, et qui devait le suivre jusqu'au bout,

— sûr de

de Naples, qui

le

suivre sur le

chemin de l'héroïsme.

s'é-

avancé jusqu'à Palestrina, à la lête d'un corps d'armée composé d'environ seize mille hommes. Garibaldi avait le là,

commandement de

ces troupes-

— peu nombreuses, comme toujours. Le 9 mai,

ples,

quelle

roi

faire retraite jusqu'à

avec ses seize mille hommes,

comme

— déconcer-

lui.

Velletri était

nand Pour

II, et le battit.

ne s'attendait pas, dut

il

Velletri,

tées

Le

de Naun peu empêché par cette démonstration à la-

rencontra Ferdinand

une position importante, où Ferdi-

II

se croyait à l'abri de l'atteinte do Garibaldi.

le

déloger de

là,

il

fallait

disposer de plus de

forces que n'en avait le chef de partisans.

Il

fallait,

surtout, avoir plus d'artillerie qu'il n'en avait,

regard de

l'artillerie

— en

formidable de l'armée napoli-

taine.

Le 19 mai, Garibaldi délogeait Ferdinand

!

Annita

II, roi

tait

il

Giu3eppe Garibaldi avait offert ses services au gouvernement provisoire des Etats-Romains qui l'avait chargé de former un corps de partisans. Et, au bout de quelque temps, avec le noyau d'hommes

armistice eut lieu entre les Français et les Ro-

II

do

Velletri.

Qui

ment

encore? Ce fut assuréroi de Naples. Une heure encore, et son

fut le

étonné cette

étonnement se

serait

fois

mêlé de honte, l'ennemi

le


VIE ET AVENTURES. poursuivant de près, de très près,

dans

les reins.

armée de volontaires l'accompagnèrent, décidés

baïonnette

la

eût différé d'une heure sa re-

S'il

— d'une heure seulement, —

bonne ou

mains de son adversaire. Voyez-vous de Naples prisonnier de l'aventurier Garibaldi ? Pourquoi pas? L'empereur Charlcmagne fut bien, une fois, le prisonnier de Renaud de Montauban! Et Garibaldi valait bien Renauj. Ferdinand II s'échappa à temps. Ce combat de Velletri, dont tout l'honneur revient

C'était

il

tre les

d'ici le

contre

comme

paraît exagérée, au premier abord. l'équilibre,

il

fut blessé

il

suffit d'ajouter,

que

En

en cette ren-

quittant

Rome,

se rendre à Venise,

le projet

—

le

très disposée en faveur d'un

comme

d'aller à

rage? Achille

Où

serait, alors, le

—

l'était,

mérite du cou-

talon excepté. Achille,

le

d'une déesse, pouvait se battre impunément

fils

sur de n'être pas atteint,

était

son plongeon dans

le

— de par

:

il

vertu de

la

Styx, et aussi de par celle du

bouclier que Thétis avait

fait

fabriquer à son inten-

mortelles, et qui se battait la poitrine découverte, s'exposait naturellement à être blessé,

Au

siège de Troie

il

eût

poursuivit Ferdinand

Il

Mais

le roi

de Naples

était

II

Il

était

de

l'in-

apprit que la Toscane était

mouvement

:

il

résolut

Florence au lieu d'aller à Venise. C'était plus audacieux, partant, plus digne de lui. C'était audacieux,

mais inopportun aussi. Que la Toscane désirât se soulever et reconquérir son indépendance, cela ne faisait pas doute. Biais la glorieuse des lagunes réclamait plus impérieusement la présence et le concours de Garibaldi. Il ne vit pas ville

cela.

Le 2

tion par Vulcain. Garibaldi, qui était né d'entrailles

tué.

italienne.

de Garibaldi

—

invulnérable.

Invulnérable?

l'infériorité

dernier boulevard de

raient sur son compte, se trompaient en ce point,

Garibaldi n'était pas

du côté de

rétablir

les bataillons.

dépendance

:

Pour

l'intrépidité,

cédentes, et assez grièvement- Les légendes qui cou-

sur quelques autres

une phalange

l'amour de la patrie, la haine de l'étranger. Les grands courages font plus

en des rencontres pré-

l'avait été

il

numérique,

coûta une bonne part de ses vaillants

compagnons. Lui-même,

mauvaise fortune. peu, assurément. Mais

sa

comme celle-là valait bien des bataillons autrichiens. Un contre deux; deux contre dix: la propoition

roi

à Garibaldi, lui

à

suivre sa route, quelle qu'elle fût, et à partager sa

tombait en-

traite,

15

et

même

merveille.

fait

et

—

son corps d'armée.

bon marcheur,

— surtout

juillet,

il

donna

le signal

du départ.

—

—

Compagnons, dit-il à ses soldats, nous partons pour la Toscane qui réclame le secours de «

nos bras. Allons lui payer cette dette sacrée Mais, avant de me suivre, il faut que vous sachiez ce qui vous attend vous ne serez pas payés, vous n'aurez pas d'abris, vous serez à peine nourris, et si vous ne !

:

à cheval

:

Garibaldi ne put le rejoindre.

Il

se con-

tenta de faire

une pointe dans les Abruzzes. Après avoir passé une journée à Rocca d'Acre, dont la population l'avait accueilli avec un enthousiasme facile à comprendre, il dut retourner a Rome, où le rappelait un ordre des triumvirs. Les hostilités venaient d'être reprises. Pendant un mois, Garibaldi, chargé de pourvoir à la

défense de

Rome,

soutint les attaques savantes

hardies de l'armée française. L'épisode du bastion

et

—

—

8 peint et exposé par Horace Vernet peut donner une idée exacte de l'habileté, du sangfroid, n°

de

la

science, de l'énergie qui présidèrent à

défense.

enlevé

cette

Avec d'autres assiégeants, Garibaldi eût

la position.

La dernière heure du gouvernement provisoire romain sonna. La ville éternelle se rendit.

Rome,

— mais non

Garibaldi.

Il

l'exil

et de l'inconnu, à travers

étrangères dont était hérisse

ment où larmée en

Cela convenait à merveille, en

effet, à ces cohortes de vaillants aventuriers rompus aux fatigues et aux misères. Une fatigue de plus, une misère de plus,

qu'est-ce donc que cela peut faire à des hommes qui ont fait le sacrifice de leur vie sur l'autel de la Patrie?...

Celte proclamation de Garibaldi fut donc accueillie comme elle devait l'être, c'est-à-dire avec enthou-

siasme,

— l'enthousiasme

que n'ont pas les Argonautes qui vont en Californie, où-ailleurs, à la conquête d'une Toison d'or quelconque.

On

dans

la nuit du 2 au 3 juillet 1849. Cette petite armée, divisée en deux légions, était

partit

—

les baïonnettes

composée de fantassins et de cavaliers, ces derniers, moins nombreux que les premiers. Il y a^aii

Au mo-

quatre mille des uns et sept cents des autres. La

Garibaldi

première légion était commandée par Garibaldi ; la seconde, par le lieutenant-colonel Sacchi. Les sept

le sol italien.

française entrait à

balle, vous mourrez de faim, de de chaleur. Tout cela, par amour de l'Italie. Voyez si cela vous convient!... » soif et

se refusa à toute

espèce de capitulation, et préféra reprendre

de

mourez pas d'une

Rome,

la

route

sortait.

cents cavaliers obéissaient à Bueno, officier américain dont Garibaldi avait eu occasion d'apprécier le IX.

courage.

A

lavant-garde chevauchait Annita, l'amazone enceinte de six mois. Madame Rosettj,

italienne, Il

n'eu sortit pas seul. Les débris de sa petite

sa

—

Lyby dans

les bras, fuyait le

long des glaciales


OARIRALDI.

16

du Danube, pour échapper aux Russes, aux

rives

aux Autrichiens, et reconquérir son mari, prisonnier. La femme de Garibaldi, sa Liby dans le sein, marchait à travers une foret d'ennemis, pour

Turcs

et

Deux deux femmes nos contempo-

reconquérir un lambeau delà liberté italienne.

femmes

antiques, ces

Ange

côté d'Annita marchaient le père Bassi,

n'avaient pas voulu

deux

et ses

Ciccrovacchio,

Brunetti, dit

Rome

assister à

la

qui

fils,

de

capitulation

associer leur destinée à

et avaient préféré

Le 20

juillet,

il

repartait de Cétona et allait faire

— où

il

un mani-

rédigeait

sommairement, mais clairement, aux libéraux toscans, le pourquoi de son arrivée en Toscane à la tête d'une armée de trois mille feste expliquant

hommes. Les libéraux comprirent bien; mais

de Garibaldi.

celle

après.

étape à Montepulciano,

raines.

A

Le 18, il était à Cetona, en Toscane. C'était dans ce bourg qu'il avait fixé le rendez-vous général. Ce fut là, en effet, que sa petite armée se trouva réunie deux ou trois jours repartir le lendemain.

ment toscan ne comprit

pas, et

le

gouverne-

s'arrangea de

il

façon à ameuter contre Garibaldi les populations

des campagnes, qui obéirent

X

rance.

Il

est

si

facile

comme

obéit l'igno-

de faire croire tout ce qu'on

veut à de braves gens qui ne sont occupés que des Cette petite armée, toujours sur l'offensive, tra-

versa ainsi une partie de

de

Au bout

centrale.

l'Italie

jours de marche à travers des chemins

six

à Terni

ciles, elle arriva

embuscades

évité les

,

diffi-

après avoir heureusement

et les

manœuvres des armées

ennemies, qui, mises en éveil par cette retraite soudaine, cherchaient à l'empêcher et à en connaître le

Terni, les troupes garibaldiennes trouvèrent

neuf cents

hommes commandés

ardeur

par un

officier

cause de l'indépendance italienne et

la

vaillamment battu pour

commandement de

elle.

s'était

bâton

hommes pauvres

semer la dans un terrain qu'on arrose à coups de les

Allez

!

!

C'était là

un ennemi de plus pour

des patriotes italiens,

— comme

cœurs n'en avaient déjà pas assez

la petite

armée

ces vaillants

si !

XI

comme

de cette petite armée,

— qui

de désertions,

— mais

ils

venaient

réconforter les cœurs et fortifier les espérances.

De

hommes que

furent les bien-venus.

appauvrie de jour en jour par suite de malaet aussi

dies,

leur territoire. Pauvres

signalait la présence sur

Garibaldi lui confia le

pas qu'ils ajoutassent quelque chose à l'effectif

Le gou-

vernement toscan cria au loup en criant au Garibaldi, et les payans prirent leurs fourches et leurs faux pour traquer cette bête fauve dont on leur

du lieutenant-colonel Sacchi.

hommes

Ces neuf cents

s'était

!

de ses légions; l'autre

l'une

resta sous les ordres

nombre

an-

Forbes, qui avait embrassé avec

glais, le colonel

Non

de bien dormir après avoir bien travaillé

liberté

but.

A

choses des champs, et qui n'ont d'autre souci que

A

cet obstacle, sur lequel Garibaldi avait le droit

de ne pas compter, vinrent se joindre d'autres ob-

Le

Terni, Garibaldi se dirigea vers Todi, où

il

— plus sérieux encore, même général d'Aspre, —

stacles,

s'il

est possible.

le

à qui Charles-

Albert avait dû sa défaite de Novare,

— comman-

en Toscane. Supposant

arriva le 13 juillet, avec trois mille soldats seule-

dait les forces autrichiennes

ment. Le reste

que Garibaldi et sa troupe avaient l'intention de s'embarquer sur les navires américains que l'on voyait courir des bordées le long des côtes, il avait concentré à Sienne un corps de troupes sous les ordres du général Stadion, chargé par lui d'empê-

depuis Spolète. cile

sur les chemins,

s'était éparpillé

Que voulez -vous

de trouver cinq ou

six mille

!

Il

est assez diffi-

hommes

qui con-

sentent à jouer longtemps le rôle de héros!

Il

faut

pour cela, et avoir le cœur de l'emploi. C'est un rude métier que celui-là! C'est un lourd

être taillé

fardeau le

Beaucoup

!

s'en débarrassent aussitôt qu'ils

peuvent, après en avoir tâté à leurs risques et

quelque chose, sans doute, mais

périls. C'est déjà

cela

ne

suffit pas.

pour arriver à Todi, c'est

Il

faut bien des gens

faire la

courageux

monnaie d'un héros!...

la frontière.

Garibaldi divisa sa petite

armée en plusieurs détachements, en recommandant à chacun d'eux de suivre dos chemins différents et

de bien se garder d'approcher des routes pos-

tales qui

vont de

Cela convenu,

chements

Rome il

16

juillet à Orvieto,

la

fuite des garibaldiens. Garibaldi

pour en

—

mort, l'Autriche respirait; Garibaldi vivant, même à mille lieues de sa patrie opprimée, c'était une épée de Damoclès incessamment suspendue au-dessus de la tête de l'armée autrichienne. On ne revient jamais de la Mort, on revient souvent de

—

—

l'Amérique.

En même temps que trait

mille

un corps d'armée

hommes

le

général d'Aspre concen-

à Sienne,

il

envoyait trois

conduits par l'archiduc Ernest à

rencontre de l'armée expéditionnaire

à Florence.

se mit à la tête d'un de ses déta-

et arriva le

cher à tout prix

la

commandée

par Giuseppe Garibaldi.

Ce dernier

n'était resté

qu'un jour à Montepul-


VIE ET AVENTUHES. ciano. Arrive le 21 juillet dans cette ville, partait le

1

il

î,

il

en re-

22 pour Castiglion-Fiorentino, d'où,

s'acheminait vers

—

d'Arezzo,

la ville

le

cette

au milieu de témoignages de sympathie tels, de la part des populations, que les Autrichiens n'osèrent point l'attaquer. Et cependant, si je sais bien compter, les trois mille soldats commandés par l'arfois

chiduc Ernest et les cinq mille

commandés par

le

général Stadion, — qui avaient opéré jonction, — un de huit hommes opleur

cela faisait

mille

total

à

.

pour était

lui, l'autre

contre

moitié

juillet*,

Le 26,

il

il

le parti

grand-ducal

—

route de

la

Romagne,

Monterchi

;

et,

et,

pour quelque chose. Et

meilleure occasion pour les défaire.

A

Arezzo, Garibaldi trouva les portes de la ville fermées. Passer outre, c'était la guerre civile qu'il allumait là; parce que si la moitié des habitants était

vie mortelle.

Comment

la

Le 28

cendit des Apennins et

où

la rejoignit

Quoique

nuit sui-

inférieurs en

chiens. Plusieurs

Le 27, aux premières lueurs du jour, les garibaldiens étaient sur le sommet des Apennins et pou-

quels les

vaient contempler le pays qu'ils voulaient affranchir. Ici et là, à droite et à

gauche, partout, à leurs pieds,

des villages,

— des

nids

humains mena

ces par les oiseleurs autrichiens!

créatures asservies! Dieu a donné

l'homme, mais il ne lui a donné que cela. che ton pain, » lui a-t-il dit. « Ton pain

—

berté!

«

—

nombre,

la lutte

avec

les volontaires

—

taient il

—

courageusement, mais qui redou-

seulement l'Inconnu. Garibaldi savait bien où marchait, et il y marchait sans subir un seul in-

stant de défaillance, parce qu'il combattait,

cherche. C'est ainsi que se passe notre

de

les soldats autri-

mêla de nouveau, et les rangs s'éclaircirent tristement. La foi, ce levier puissant, irrésistible, la foi manquait à quelques-uns de ces hommes qui ne redoutaient pas les périls, certes, puisqu'ils s'é-

Cher-

»

L'homme

armée de volontaires desentra dans la Romagne,

à Saint-Angelo, entre autres. Puis la désertion s'en

taient battus déjà

li-

la vie

?

engagements eurent lieu, dans lespatriotes italiens perdirent de leur monde,

la vie

et la

—

bientôt l'armée autrichienne.

Giustina.

à

se passera l'autre,

juillet, la petite

Garibaldi entamèrent

Que de

preuve, c'est que l'armée

—

vante, dans les Apennins, en passant par Santa-

villes,

la

autrichienne les laissa s'avancer jusqu'à Arrezzo sans les inquiéter, dans l'espoir de retrouver une

le

de ce bourg, qu'en-

touraient les Autrichiens, se retirait,

des

de Garibaldi! Mais

l'enthousiasme des populations au milieu desquelles passaient ces trois mille patriotes, comptait bien

immortelle dont nos âmes ont faim

occupait les hauteurs de Giterna.

était à

hommes

poser aux trois mille

S3"*

lui.

Garibaldi prit la

25

—

i

17

au

nom

du Devoir, en faveur de l'affranchissement del'Ita%


GARIBALDI.

18 Biais ses soldats n'avaient

lie.

Le but leur paraissait trop éloigné.

lile.

d'aller vers

nue

pas tous sa nature d'é-

la

montagne,

montage

la

ils

vint à eux,

Au

lieu

aimaient mieux attendre

—

et

s'arrêtaient fa-

ils

ligués et découragés.

En lace ries

hôtes, la sympathie et le respect dûs au

malheur

persécuté.

A

«

moment,

dater de ce

devoir d'obéissance à

mon

je vous délie de tout

égard, et vous laisse

li-

bres de rentrer dans vos foyers.

soldats, Garibaldi comprit qu'il s'agissait désormais

Avant de vous quitter, cependant, je vous rappellerai que nous n'abdiquons pas, mais que nous faisons seulement une halte. L'Italie ne doit pas rester dans l'opprobre et nous lui devons à son éman-

d'assurer le salut des débris de son armée,

cipation jusqu'à

dans

désertions qui, aidées des pertes subies

préeédentes rencontres avec

les

chiens, diminuaient de

non de l'exposer

beaucoup

Autri-

les

nombre de

le

ses

—

et

à être décimée jusqu'au dernier

homme fallait

dans des combats désastreux. Pour cela, il gagner le territoire de la République de Saint-

Blarin,

—

territoire neutre,

vaient trouver

où

les Garibaldiens

du moins un refuge

«

jusqu'au dernier battement de notre cœur. La mort est préférable mille fois à l'odieux «

Vive

l'Italie!... »

«

Vive

l'Italie! »

pou-

et des secours

— ceux,

naires,

provisoires.

dernière goutte de notre sang,

la

joug de l'étranger.

répétèrent les courageux légion-

du moins, dont

le

cœur

battait à

à l'unisson de celui de leur chef.

Rien n'est plus navrant que ces séparations, volontaires ou involontaires.

y a toujours quelque chese qui se brise en vous, quand il s'agit de se

XII

quitter, après s'être

attendue de

1

au fourreau

et le stutzt

remettre l'épée

Il fallait

n au

râtelier,

— jusqu'à

nouvel ordre et jusqu'à meilleurs jours. Il

en coûtait au

loyal et brave

cœur de

de s'avouer cela mais, à moins d'être fou et de vouloir à lui seul repousser l'Autrichien de l'Italie, il fallait bien qu'il convînt avec lui-même que l'abdi;

nécessaire. Un chef cation — momentanée — d'armée a charge d'âmes, — comme un chef de peuétait

ples. Qu'il risque sa vie, cela le

pas le droit de risquer

regarde; mais

imprudemment

la vie

tres.

Et, cependant, Garibaldi avaitavec

—

lui

il

n'a

des au-

— en dehors

une poignée de vaillants hommes qui n'eussent pas demandé mieux que de jouer cette dernière partie, perdue d'avance, tu risque de laisser leurs os dans les champs de la Romagne. Garibaldi le savait. Il les connaissait tous presque aussi bien que lui-même; c'étaient des hommes robustes au mal et réfractaires à la lâcheté des soldats recrutés ça et

là,

:

des descendants purs des antiques légions romaines, si

redoutables et

redoutées

si

!

Mais, plus ces preux étaient disposés à jouer

une

dernière fois leur vie et à verser une dernière fois leur sang,

moins

inutile, hélas

il

devait accepter ce sacrifice,

—

donc en introduire

l'autorisation

les

la

proclamation suivante

«

ter,

Garibaldi établit son quar-

de traverser

le territoire

de

la

Répu-

L'aide-de-camp

partit.

Quelques heures après , il revint. Sa démarche avait été mal comprise. Refus lui avait été fait, sur

deux points importants de son message. Le lendemain Garibaldi envoya le père Ugo Bassi. mais sur un point Le docteur Belzoppi céda, seulement. Le gouvernement de Saint-Marin consentait bien à donner à la petite armée de volontai-

les

—

res les provisions dont elle pouvait avoir besoin,

parce que ce sont de ces choses qui ne se refusent

—

à moins que ce paysdans aucun pays du monde, là ne soit sous une domination autrichienne quelcon-

que. Quant au second point,

—

—

plus essentiel

le

:

refus complet, sous prétexte de neutralité à ob-

server.

Bassi revint au quartier-général de Gari-

de

la

nouvelle qu'il avait à lui appren-

république de Saint-Marin. Une

au sommet du mont Titan,

«

la vie?...

montagnes de Garpagna, qui forment une

des limites de fois

faite,

dans

blique.

dre.

dans

avec ses compagnons,

ainsi d'autres

Pourquoi

vernement, avec mission de demander des vivres d'abord, pour ses hommes et pour lui, et ensuite

baldi, triste

était,

il

même

deux pas du gouvernement de SaintMarin, et envoya un de ses aides-de-camp auprès du docteur Belzoppi, le premier magistrat de ce gou-

Le 81

1849

linceul dans le

tier général à

Garibaldi résolut de licencier sa légion. juillet

même

paration forcée qui s'appelle la mort?

Le père

!

le

drapeau. N'est-ce donc pas assez, déjà, de cette sé-

Sa proclamation Garibaldi

Il

promis de rester ensemble jus-

qu'au bout, et d'avoir

L'heure n'était pas sonnée encore, —l'heure tant indépendance.

—

il

leur adressa

la

X11I :

Compagnons!

Nous

voici

en pays sûr et

libre.

Sachons méri-

par notie irréprochable conduite envers nos

La

petite république

de Saint-Marin

nière dis républiques italiennes

—

—

n'était

la

der-

pas de


VIE ET AVENTURES. force à lutter contre l'Autriche.

A

Elle voulait agir

humainement à l'égard des garibaldiens; mais gement et prudemment à son égard.

sa-

d'autres temps, elle n'eût pas hésité, certes, à ouvrir ses bas et son territoire à ces proscrits qui

demander une

lui

complète.

hospitalité

—

Mais les Autrichiens étaient à ses portes,

qui tombait des étoiles,

par groupes sombres, endormis sur les

pavés.

— Quel

En

venaient

la pâle clarté

les vit,

il

10

et elle

réveil

ils

vont avoir! rnurmura-t-il avec

mélancolie. Quelques-uns parmi eux m'eussent suivi

peut-être

Peut-être...

!

de ne pas arriver...

et

Non

ils

;

sont las de marcher

auront

Ils

sauve, c'est

la vie

ne voulait pas disparaître.

tout ce qu'ils veulent avoir... la vie sauve et le droit

Les Autrichiens, en effet, avaient suivi de près les débris de l'armée de Garibaldi. Le général Gorzkoffsky était accouru en toute hâte de Bologne pour

d'aller

coûter

la retraite

Rimini,

à

il

aux patriotes

avait été investi

italiens; et,

une

fois

du commandement en

chef des forces autrichiennes.

Il

n'y avait pas à plai-

santer avec cela!

Tout ce que purent

faire les magistrats

de

la

ré-

que

où bon leur semblera...

la liberté... C'est

Ils

aiment

d'une conquête

si

la

vie plus

amère

et

si

difficile, la liberté!...

du départ,

Garibaldi donna l'ordre

et la petite

— composée de Garibaldi, de sa femme, du père de Cicerovacchio, d'environ deux cents légionnaires, — se mit aussitôt en route, prétroupe,

Bassi,

cédée des

et

trois guides

avec lesquels

s'était

il

entre-

publique de Saint-Marin, ce fut de s'interposer auprès du général Gorzkoffsky pour obtenir de lui

tenu pendant une heure, au sujet des chemins à

une capitulation honorable en faveur des proscrits. Voici quelle fut la réponse du général Gorzkoffsky « Les légionnaires rentreront librement chez eux,

les

prendre pour gagner

la

mer

sans être surpris par

ennemis.

:

après avoir déposé leurs armes dans les mains des

XIV

magistrats de Saint-Marin. >

Garibaldi recevra un passe-port autrichien, à la

condition de s'embarquer, dans le plus bref délai,

pour l'Amérique, dans un port delà Méditerranée. » Lorsque ces propositions furent apportées à Garibaldi, sa petite armée campait sur la place de Saint-Marin et dans les rues avoisinantes. Ses légionnaires,

— qui avaient

tant de fatigues en

si

fait

tant de

peu de jours,

chemin

et subi

— dormaient

—

—

Gorzkoffsky, toujours à Rimini, apprit que son re-

doutable ennemi

lui

échappait.

Sa colère fut terrible.

ça

Il

la

manifesta par une

étaient de-

proclamation sauvage, dans laquelle

veillait Garibaldi,

déclarèrent

venait de passer

mort quiconque oserait fournir du pain, de l'eau ou du feu à Garibaldi et à sa bande. C'était déjà odieux. Mais une fois sur cette pente, on ne s'arrête pas. Gorzkoffsky ne craignit pas de signaler aussi la courageuse Annita aux délateurs, en faisant mention de sa grossesse de six mois. Cicero-

étudier la

vacchio et

harassés, sur les pavés.

là,

comme

bout, veillant

qu'ils n'acceptaient

pas cet ultimatum du général

Gorzkoffsky, et qu'is préféraient s'ouvrir par les

armes

le

chemin dont on leur défendait

l'accès.

Vers minuit, Garibaldi réveilla ses aides-de-camp.

à

que deux heures après ce départ de Saint-Marin, exécuté dans le plus grand ordre et avec la plus grande prudence, que le général fut

Ceux qui

et

Il

Ce ne

une heure sur une carte d'Italie, route à prendre pour échapper aux dix

mille Autrichiens qui le cernaient.

Il

avait interrogé

aussi trois suides expérimentés qui lui avaient indi-

qué celte route dune façon précise. Pour que cette retraite ne fût contrecarrée par rien ni par personne, il fallait l'opérer immédiatement et profiter de cette nuit qui n'avait plus que quelques heures. Garibaldi

commanda

à ses aides-

de-camp de tout préparer pour un départ immédiat.

cents légionnaires, réveillés, consentirent à

suivre la fortune de leur chef.

— De

nouvelles souffrances attendent ceux qui

— sinon

partent,

— leur

Mais

pourront dire avec orgueil

ils

dit-il,

transité avec l'ennemi

— Partons

!

l'exil :

ou "

la

mort

!

Je n'ai pas

Cela était digne d'un gouvernement qui fouette

femmes, n'est-ce pas ? Les Autrichiens se mirent

les

tifs,

s'éloigner, Garibaldi jeta

nier regard sur ceux de ses

comme

suivant à

un der-

compagnons qui res-

taient là, sur la place de Saint-Marin.

à la poursuite des fugi-

des chasseurs de bêtes fauves, en les

la piste, et

en se promettant d'avance une

plantureuse curée.

En

sortant

du

territoire

de Saint-Marin,

les fugi-

avaient pris les défilés qui bordent la Marecchia,

gagné les grands bois qui s'étendent entre Rimini et Ravenne. De là, ils s'étaient dirigés vers le petit port de Cesenalico, où ils arrivèrent dans la et avaient

nuit

du

l

er

au°2 août.

Quelques heures après, treize barques de pêcheurs vaillants proscrits.

Elles

étaient

dirigées par des marins experts, la plupart anciens

répondirent ses légionnaires.

Au moment de

père Bassi ne furent pas oubliés par

emmenaient ces

!... »

menaçait de

lui.

tifs

Deux

le

il

compagnons de

Un

vent

flottille,

Garibaldi.

frais favorisa la

marche de

pendant presque toute

la

cette petite

journée. Venise,'


GABIBALDI.

20

glorieuse ville des lagunes, apparaissait dans le

la

Les

lointain. l'état

Liby qu'elle

que tant d'émotions et et qui, à chaque instant,

haletante l'avaient tuée déjà. Et à ces fatigues ve-

d' Annita,

qui

consternaient ses

amis.

naient encore s'ajouter des

angoisses horribles

devenir Garibaldi?

qu'allait

aimait

Elle

:

l'Italie,

femme. Mais elle aimait avec plus de passion encore l'homme, le héros en qui certes, cette vaillante

— Venise

!

Venise

!

Venise

!

criaient les fugitifs,

qui se croyaient sauvés.

nom

Dulmate du

commandé par un

de Kopinovich,

— qui —

autant que Garibaldi l'aimait,

haïssait

fut signalé

à quelque distance. le salut

était

que de faire diversion à l'attention de l'ennemi et de diviser ses forces, de manière à pouvoir passer très rapidement au milieu de son feu pour aller rejoindre le cap de Maestra, d'où il eût été facile aux treize barques d'aller se placer sous la protection de la croisière possible encore.

11

moment

Et

elle l'Italie.

à l'autre,

il

elle savait

que, d'un

pouvait tomber dans une

ne

em-

buscade autrichienne, être pris et fusillé! Ce double glaive, cette double douleur lui perçait les entrailles, y perçait aussi l'enfant qui y remuait, ne devait jamais voir le jour et

présence de ce navire,

la

pour

s'incarnait

brick autrichien, YOrcslc,

Malgré

et avec elle la

portait dans son sein. Les fatigues de cette fuite

de fatigues avaient brisée, éprouvait des défaillances

l'Italie

—

fugitifs se seraient réjouis, n'avait été

douloureux

Un

Annila se mourait,

—

et qui

!

Si Annita souffrait ainsi, Garibaldi n'en souffrait

s'agissait

pas moins. Car ce preux, cet

femme

aimait sa

pour

sentait

d'un amour égal à celui

l'Italie.

Amour

femme

agonisait

!

antique, qu'il res-

ardent, enthousiaste,

dévoué jusqu'au tombeau! Et sa

homme

agonisait! Et

l'Italie

L'Italie pouvait ressusciter

un

vénitienne.

jour; les nations ont de ces résurrections-là. Mais

Malheureusement les pêcheurs qui montaient les barques ne voulaient pas les exposer à être prises ou coulées bas. Us obéirent mal aux manœuvres commandées par Garibaldi et cinq barques seulement

Annita? Morte,

;

purent atteindre

la

plage de Mesola.

nombre de

très petit

Pendant

—

—

trois jours!

ces trois

errèrent en plein soleil, à travers plaines et à

fugitifs

trouver les secours qu'il leur plaignait pas,

légionnaires.

vait

les proscrits qu'elles portaient furent aussitôt

la

d'outrages et chargés de chaînes, pour être

navale de Pola.

femme! —

— l'héroïque

Annita ne se et cela

prou-

précisément l'intensité des souffrances qu'elle

ne se plaignait pas mais Garibaldi voyait perler sur son beau visage la sueur suprême, la sueur des mourants. Elle ne luttait pas contre

—

acca-

fallait.

ressentait. Elle

tombèrent enfin au pouvoir des Autrichiens. Tous

la station

trois jours,

et

—

conduits ensuite à

!

sa

Les huit autres, après avoir essuyé une canonnade acharnée, ainsi que les cinq précédentes,

blés

jamais

travers bois, de cabane en cabane, sans pouvoir

Sur ces cinq barques, il y avait Garibaldi, femme, le père Bassi, Gicerovacchio, ses deux fils,

un

réveillât

ne pouvait plus espérer qu'elle se

il

mort;

;

elle luttait

mertume ne

seulement contre l'amour. L'a-

venait en l'âme que parce qu'elle

lui

savait qu'il allait falloir quitter Garibaldi, son soleil,

flamme, sa joie, pour entrer dans la nuit, dans le froid, dans le deuil éternels! Heureux ceux qui ne se voient pas mourir Heusa

XV.

!

reux ceux qui meurent sans rien regretter en ce

monde! Après avoir touché terre à Mesola avec ses vailcompagnons, Garibaldi comprit que leur salut à tous était dans la fuite mais dans une fuite opérée isolément, par des chemins différents. Les fugitifs s'embrassèrent en se promettant de lants

v

—

un jour. Hélas Il en coûtait beaucoup au père Bassi, à Gicerovacchio, à ses deux fils, et au capitaine Livraghi, de se revoir

!

se séparer de Giuscppe

Garibaldi.

bien qu'ils ne se reverraient plus

Ils

devinaient

taigne,

—

La mort c'est le

—

n'est rien,

mourir

!

dit le vieux

aidé de temps en temps par son

compagnon dévoué

charmes pour

Le

Calvaire

lui.

du

Christ

—

sublime crucifié

le

dura qu'une journée. Et Christ dernière station de son Calvaire

Le

soir

du troisième

connaissance.

Il

jour,

était

fallut s'arrêter

plus faible tressaillement qui pût

— —

fois,

Garibaldi,

et l'on se sépara.

suivi

seulement d'un de ses compa-

gnons, qui l'aida à porter sa

femme mourante, —

s'achemina sur-le-champ vers Ravcnne. Quel Calvaire! Quelles stations douloureuses

cœur

se brise en les racontant.

Le

la

dans une chau-

disposé à

la

hâte.

Garibaldi s'agenouilla auprès d'elle, épiant sur son visage, envahi déjà par les ténèbres éternelles, le

permettre

lui

d'espérer encore.

Annita

était

blanche sur ce !

lit

bien las à

Annita perdit tout-

dernière

fallait fuir,

— ne

!

mière, et l'étendre sur un

il

femme,

dans cette fonction douloureuse, pleine d'âpres

chacun de son côté. Autrement cette fuite en masse n'eût abouti qu'à faire prendre tout le monde. On s'embrassa donc une Mais enfin

Mon-

»

Pendant trois jours, Garibaldi porta sa

à-fait

!

«

toujours lit

évanouie

de misère

,

immobile

comme une

et

statue sur

un tombeau.

Quelques instants après, un paysan

vint avertir


VIE ET AVENTURES. nous réveillerons toutes deux un jour...

l'approche d'un détachement autri-

Garibaldi de

21

plus heureuse, se réveillera avant moi... Vis pour

chien.

Vis pour assister à sa résurrection

Annita morte, Garibaldi se serait laissé prendre. Mais elle respirait encore; il venait de surprendre un souffle, un battement de cœur il ne voulait pas

elle

que sa eompagne tombât vivante, lui vivant, entre les mains de ses odieux ennemis. sans se Il la prit alors dans ses bras et l'emporta,

nelle!... »

demander où

pouvait aller ainsi,

il

sans doute capable de

la

robuste cœur. Mais

maines

il

succomba sous

Ces retours sur

si

Par bonheur, une voiture se trouvait

là,

dant

— une

enfant.

et

arrivèrent à quelque distance d'un

Il

visage de sa

elle

les

—

avait tenu parole, en franchissant les Alpes, à

il

et

en vainquant ses en-

où précisément

l'Italie,

Autrichiens sont vaincus aujourd'hui par les arfrançaise et piémontaise réunies.

mées

Garibaldi tiendra sa parole aussi bien que le

un cri, se pencha avec désespoir compagne, colla ses lèvres contre

les siennes et recueillit

la joie.

ennemi des Autrichiens. juré d'être celui des Romains,

de ses Carthaginois, nemis dans cette partie de

s'évanouit de nouveau.

Garibaldi poussa

comme

jura, sur le cadavre d' Annita, d'être tant

la tête

ils

prême. On descendit Annita avec précaution, pour conduire ensuite vers cet abri sauveur. Mais

complut, cepen-

s'y

plongea avec un amer contentement. La

Annibal avait

comptaient demander et obtenir l'hospitalité su-

le

s'y

Il

qu'il vivrait l'irréconciliable

d'Autrichiens.

sur

il

;

!

—

son compagnon y placèrent Annita, et la voiture roula dans des chemins qui pouvaient être bordés

d'un chalet appartenant au marquis Guiccioli, où

mort char-

Seulement, au sortir de ces âpres méditations, le serment d'Annibal Garibaldi fit un serment,

grossière voiture. Biais qu'importait ? Garibaldi et

le soir, ils

re-

passé, en face de ce présent na-

douleur a aussi son ivresse,

de son précieux fardeau.

Vers

le

dernière

la

vrant, lui déchirèrent l'âme.

poids

le

la

me

l'entend toujours resonner, cette première

heure, lorsque sonne

y a une limite aux forces hu-

Garibaldi, épuisé,

:

On

heur.

donnaient de nouvelles

un

Vis pour

Les souvenirs lui revinrent en foule. Il se reberça dans les rêves de ses amours d'autrefois. Il entendit sonner à son cœur la première heure de son bon-

et se croyant

forces, à ce robuste corps dans lequel battait

!

Vis pour

!

m'aimer encore au delà de

gretter et

porter au bout du monde.

et le désespoir lui

L'amour

—

!

préparer et hâter sa délivrance

:

la

L'Italie,

fils

d'Amilcar-Barca.

son dernier soupir.

XVII

XVI

Un

pénible devoir restait à accomplir pour Giu-

seppe Garibaldi.

Sans le

la

présence de son compagnon, qui

bras, Garibaldi se serait tué.

Il

auxquels on ne survit pas. L'Italie

!

lui retint

!

ses

ses

!

de ses deux idoles,

— Annita

et

pleura, cet

sards de

la vie,

homme

—

:

il

pleura.

qui avait couru tous les ha-

qui, cent fois, avait intrépidement

présenté sa poitrine pour cible aux balles de ses

ennemis, — qui

ne

s'était

jamais laissé émouvoir

par aucun danger, par aucune menace de mort, par rien,

il

mées.

pleura

!

On ne

aux premiers vers venus de sa femme ou de son ami.

passa une partie de la nuit, pâle et sombre, auprès de sa chère morte, dont le beau visage un instant convulsé par la douleur

dépouille

mor-

Aidé de son compagnon, Garibaldi fit un trou dans un coin de la plaine, sous un bouquet d'arbres, et

lorsque ce trou fut assez grand,

religieusement

la

ils

pauvre Annita. Puis

y placèrent la

terre re-

couvrit tout.

Comprenez-vous? Ensevelir de ses propres mains lui creuser son tombeau la femme qu'on a aimée de ses propres mains Quelle lamentable chose Quel épouvantable supplice du cœur! Jusqu'ici, je n'avais vu cela que dans un roman, vrai, d'ail-

—

—

avait repris cette

!

comme

merveilleuse sérénité que les justes et les bons ont

leurs,

seuls à cette heure solennelle. Elle semblait lui sou-

enterrant

— par

la

!

Il

rire,

de terre

profane pas l'âme immortelle, en con-

fiant ainsi telle

Garibaldi ne se tua pas

— pas

Les cimetières sont partout où il y a de la terre et où l'on peut faire un trou assez profond pour y ensevelir les restes périssables des créatures qu'on a ai-

!

Liberté.

Il

n'y avait pas de cimetière là,

Il

deux

Annita

passa dans l'âme de cet héroïque proscrit qui survi-

la

enterrer Annita.

consacrée, pas de terre bénite. Mais qu'importait?

!

vait ainsi à la ruine

fallait

y a des désas res

deux saintes mortes Ah! ceux qui aiment comprendront ce qui se

adorations

Il

delà de cette frontière qu'on ne repasse

jamais, une fois qu'on

l'a

franchie,

—

et lui dire

:

Rien ne meurt ici-bas. Nous nous reverrons Je ne suis pas morte. L'Italie n'est pas morte. Nous «

:

.

.

.

.

la

vérité,

!

—

—

le chevalier

Manon Lescaut dans un

Desgrieux

désert. Je croyais

cela impossible, au-dessus des forces

me

semblait que

la

humaines. Il tentation devait vous venir, ir-

résistiblement, de vous enterrer

morte. C'est horrible

!

vous-même avec

la

*


g2

r.ABIBALDI.

ù> douloureux devoir accompli, Garibaldi se rendit sous un déguisement, à Ravenne, d'où il gagna la Toscane et les États sardes, à travers des

chaque pas. Sa tête avait été mais, en dépit de l'atroce proclama-

avaient préféré chercher leur salut dans s' efforçant

de gagner,

périls renaissants à

là,

mise à prix

des bêtes fauves par

;

du général Gorzkoffsky, qui défendait aux habitants sous peine de mort, de lui donner le pain et le sel, il avait rencontré sur son chemin des sympathies sans nombre, et ce n'était que grâce aux tion

,

travestissements qu'on lui avait procurés avec

pressement

qu'il avait

pu gagner

em-

Piémont.

le

soit isolément, soit

en

par bandes,

du grand-duché de Toscane, pour, de

frontière

la

la fuite,

se rendre en Piémont,

ils

comme

furent traqués

Quelques-uns

les Autrichiens.

s'échappèrent; les autres furent pris et

fusillés.

Parmi ces martyrs de l'indépendance il faut compter neuf cavaliers qui avaient eu l'imprudence de se reposer un instant dans un bois, près de Macerata Feltria. Des chasseurs tyroliens étaient survenus et les avaient massacrés. ,

Sur les huit barques capturées par YOresle, il y avait une centaine de légionnaires, parmi lesquels le colonel anglais Forbes. Retenus à Pola pendant un mois, puis après traînés de prison en prison en Lombardie, ils avaient été enfin dirigés les uns sur le Piémont, les autres sur la Suisse. C'était peut-être la première fois que l'Autriche montrait de la mansuétude. Il lui aurait été si facile de

—

XVIII

sauvé.

(jaribaldi était l'ois

échappait encore une

Il

à l'Autriche.

Malheureusement il ne devait pas en être ainsi de ses compagnons. Ceux qui étaient restés sur le territoire de Sain tMarin, après

le

départ de leur chef, s'étaient dis-

persés dans différentes directions, après avoir dé-

posé leurs armes entre

mains des magistrats de la petite république. Gomme ils avaient obéi aux injonctions de l'ultimatum imposé par le général Gorzkoffsky,

ils

supposaient avec raison que

le

gé-

—

c'est-à-dire qu'il leur permettrait de se

Braves gens qui croyaient en

la

!...

le

fils,

père Bassi,

le capi-

taine Livraghi et quatre autres de leurs

avaient été fusillés, et

fils,

les

compagnons eux. Cicerovacchio, ses deux

quatre garibaldiens l'avaient été sans

aucune forme de procès. Mais on avait fait au père Bassi et au capitaine Livraghi, à Bologne, l'honneur d'un conseil de guerre. Conseil de guerre dérisoire, je le veux bien, mais, enfin, conseil de guerre. Ah! cela coûte cher décidément de trop

—

aimer

retirer sains et saufs.

tous ces patriotes-là

Cicerovacchio, ses deux

les

néral Gorzkoffsky, de son côté, obéirait a cet ulti-

matum,

faire fusiller

—

—

la patrie et la liberté !...

parole de l'Au-

triche!

Malgré l'assurance formelle donnée par un

du généralissime autrichien, offerte à Garibaldi vrai, taires

—

et

que

les conditions

dédaignées par

— seraient observées

à

lui,

de Saint-Marin, que, cernés par

envoyés

ils

il

est

leur égard, les volon-

garibaldiens sortaient à peine du

chiduc Ernest,

XIX

officier

les

territoire

troupes de

l'ar-

il

était parti,

—

Mantoue.

Prisonniers, cela n'était rien encore.

Ils

effet, ils

avaient été délivrés,

— mais après

avoir

été fustigés jusqu'au sang.

Qui donc a prétendu que tigeaient

que

les

les

Cette fois encore, s'exila

il

Autrichiens ne fus-

femmes? Vous voyez bien que

c'est

inactif,

Malgré mei, je songe aux rapprochements y a à faire entre ce

—

m'y connais pas. Mais peut-être que je ne m'y connais pas.

Quant aux compagnons de Garibaldi, qui, ne se fiant pas aux promesses du général Gorzkoffsky,

comparé

ques-uns, déjà. Pourquoi ne

comparerais-je pas

le

à quel-

Gênes pour l'Amérique. N'était-ce pas aussi de Gènes qu'était parti, au xv e siècle, cet aventurier de génie qu'on appelle encore à d'autres.

de

presque tous dans des régiments autrichiens. C'est là un raffinement d'ironie et de cruauté, ou je ne

y

la liberté et

l'ai

rien; tués, ce n'était rien

furent incorporés

Don Quichotte de

qu'il

d'autres illustres aventuriers. Je

Christophe Colomb

!

ils

pouvant rester

en Amérique.

une calomnie Ceux d'entre les volontaires de Garibaldi qui appartenaient aux provinces lombardo-vénitiennes furent plus malheureux encore. Fouettés, ce n'était :

— ne

pouvaient

espérer être mis en liberté un jour ou l'autre. Et,

en

quinze ans auparavant, pour l'Améri-

que.

étaient traînés à Rimini, et, de là,

comme prisonniers à

— d'où

Garibaldi était parvenu à gagner Gênes,

Ce la

n'est pas

Il

partit de

?

pour rien qu'on

mer. Elle vous appelle,

né sur

est

vous

elle

vous entraîne sans cesse. La mer

les

bords

attire, elle

attirait

Christo-

—

qu'il avait dephe Colomb ; la mer et l'Amérique, vinée. La mer aussi appelait Garibaldi. L'Amérique le

réclamait. Il

y

alla.

Il fit

d'abord du commerce,

—

je

ne

sais plus le-


VIE ET AVENTURES.

23

quel. Mais cette loyale nature n'était pas organisée

de confiance dans

pour cela. Garibaldi renonça au commerce. Après un assez long séjour à New-York, rendit en Californie. Là,

en

bientôt après,

il

entre M. l'ambassadeur d'Angleterre et le gouver-

de Caprera, entre

la

se

il

navire péruvien, le conduisit en Chine, vers l'année 1852, et le ramena au Pérou, où il reçut le com-

mandement supérieur des troupes. La guerre cessa.

Europe, à Nice,

Il

Pérou

quitta le

sa ville natale, et,

se retira avec ses

fils

dans

l'île

— où

Sicile et la Madeleine,

il

fit

et revint

de l'agriculture

riez pas

éléments de négociation. «

de voir ce lion changé en berger, cet

étaient de nature à fournir des

nement autrichien

sur une grande échelle.

Ne

sentiments de S. M. Britanni-

que aussi bien que dans les lumières de son ambassadeur à Paris, le gouvernement de l'Empereur a sincèrement applaudi à la mission que M. le comte de Cowley est allé remplir à Vienne comme à une première tentative propre à préparer un rapprochement, et il s'est félicité avec une satisfaction non moins réelle, d'apprendre que les idées échangées

devint capitaine d'un

il

les

La proposition de se réunir en Congrès, présen-

tée dans le

même moment

par

Russie, répondait

la

aventurier transformé en agronome. Cincinnatus,

à cette situation de la manière la plus heureuse, eu

dictateur romain, ne retourna-t-il pas à sa charrue,

appelant les cinq Puissances à participer également

après avoir noblement porté les armes en l'honneur

à la discussion

de son pays ?

ment de l'Empereur

Giuseppe Garibaldi agriculteur.

Il

s'était

donc

fait

industriel et

exploitations, et, il

de vastes

aux heures de méditation

songeait à

de

et

;

chez

créés dans toutes les classes de la société,

les riches et

humbles

chez

et

chez

—

pauvres, chez les plus

les

un cœur

dans lequel

il

avait lu certains regrets et certaines

espérances,

il

s'écriait

— L'heure de

la

mélancoliquement

« 1°

délivrance sonncra-t-elle

L'état de l'Italie, aggravé par les

Le gouvernement de l'Empereur

n'a

pu

voir

occupé des conséquences qu'elles pouvaient avoir pour la paix de l'Europe. N'étant point dans le cas d'intervenir directement pour proposer

moyens de

les prévenir,

les

moyens par

lesquels la paix et la

Sar-

«

2° Etablir

comment

l'évacuation des Etats ro-

mains par les troupes françaises peut être le mieux effectué. 3°

Examiner

s'il

autrichiennes

et

convient d'introduire des ré-

formes dans l'administration intérieure de ces Etats et des autres Etats de l'Italie dont l'administration des défauts qui tendraient évidemment à

4° Substituer

aux

traités entre l'Autriche et les

il

Le gouvernement de l'Empereur

quiescer sans réserve à ces bases de le

même empressement

la

proposition d'un Congrès.

qu'il avait

la

a mis à ac-

négociation

montré

à

accepter

Le gouvernement autrichien avait de son côté donné son assentiment à la réunion d'un Congrès,

surgir ces difficultés sans se montrer vivement pré-

les

:

«

:

plus sérieuses inquiétudes. «

les

qu'extérieure.

mesures administratives adoptées dans le royaume lombardvénitien, avait déterminé le gouvernement autrichien à faire, dès le mois de décembre dernier, des armements qui n'ont pas tardé à présenter un caractère assez menaçant pour éveiller en Piémont les «

du Congrès. Ces bases sont

Duchés une Confédération des Etats de l'Italie entre eux pour leur protection mutuelle tant intérieure

le

l'exposé suivant

bases des délibé-

de mécontentement, et quelles seraient ces réformes;

comte Walewski, ministre des affaires étrangères, communiquait au Sénat et au Corps Législatif, par ordre de l'Empereur NaIII,

les

daigne;

«

poléon

gouvernement an-

créer un état permanent et dangereux de trouble et

?

XX 1859, M.

le

peut être maintenue entre l'Autriche

«

avril

de préciser

utile

Déterminer

offrirait

:

Cette heure sonna enfin.

Le 11

jugé

rations éventuelles

«

avait rencontré

il

n'a pas hésité à faire connaître

En y adhérant de même,

glais a

les plus élevés.

Quelquefois, quand

gouverne-

le

adhérait à cette proposition.

suivantes

l'Italie.

De temps en temps, on l'apercevait dans le port de Nice, monté sur un petit cutter, frété par lui et quelquefois il descendait à terre pour serrer la main à de vieux compagnons et aux nouveaux amis qu'il s'était

«

défrichait les terrains incultes, éle-

vait des constructions rurales destinées à

repos,

qu'il

d'un intérêt européen;

lui-même

s'est toutefois

empressé

d'accueillir les ouvertures qui lui ont été faites. Plein

en l'accompagnant de quelques observations, mais sans y mettre de conditions formelles et absolues, et tout devait faire espérer que les négociations pourraient s'ouvrir dans

un

délai rapproché.

Le cabinet de Vienne avait parlé du désarmement préalable de la Sardaigne comme d'une mesure indispensable pour assurer le calme des délibérations, et il en fit plus tard une condition absolue de sa participation au Congrès. Cette demande «

ayant soulevé des objections unanimes,

le

cabinet

de Vienne y substitua la proposition d'un désarmement général et immédiat, en l'ajoutant comme un

cinquième point aux bases des négociations. f Ainsi, messieurs, tandis que la France avait


GARIBALDT.

24

successivement accepté, sans hésitation, toutes

les

1

propositions qui lui avaient été présentées,

l

Autri-

che, après avoir paru disposée à se prêter aux négociations, soulevait des difficultés inattendues.

Le gouvernement de l'Empereur n'en a pas moins persévéré dans les sentiments de concilation qu'il avait pris pour règle de sa conduite. «

Le cabinet

«

avec

la

anglais, continuant de s'occuper

plus loyale sollicitude des

disparaître les retards

que

la

moyens de

faire

à la

d'en régler l'exécution à l'ouverture

même des déli-

bérations des plénipotentiaires. « Le gouvernement de Sa Majesté a consenti à

accepter cette combinaison.

terminer

si,

Il

isolément à l'Autriche ce qu'il a déjà accordé aux

Puissances sous

avec

question du désarme-

réunion du Congrès, avait pensé que l'on satisferait au cinquième point mis en avant par l'Autriche, si l'on admettait immédiatement le principe du désarmement général, en convenant

ment apportait

Pendant que d'un côté le cabinet de Vienne persiste à ne pas consentir à l'admission des Etats italiens au Congrès, dont il rend ainsi la réunion impossible, de l'autre, il demande au Piémont de s'engager à mettre son armée sur le pied de paix et à licencier les volontaires, c'est-à-dire à concéder sans délai et

restait toutefois à dé-

dans cet état de choses,

il

était

néces-

que la Sardaigue elle-même souscrivît préalablement au principe du désarmement général. Il ne paraissait pas qu'une pareille condition pût être imposée au gouvernement sarde, s'il était laissé en dehors des délibérations du Congrès; mais cette considération même offrait les éléments d'une combinaison nouvelle qui, entièrement conforme aux prinsaire

cipes de l'équité, ne semblait pas devoir soulever

Le gouvernement de l'Empereur déclara au gouvernement anglais qu'il était disposé à engager le cabinet de Turin à donner lui-même son assentiment au principe du désarmement général, italiens fussent invités à

elles.

Je n'ai pas besoin de faire ressortit le caractère

«

de cette démarche,

longuement pour mettre en lumière les sentiments de modération dont le gouvernement de l'Empereur n'a cessé au contraire de se montrer animé. Si les efforts réitérés des quatre Puissances pour sauvegarder la ni d'insister plus

paix ont rencontré des obstacles,

notre conduite

hautement, ces obstacles ne sont point venus de la France. Enfin, messieurs, si la guerre doit sortir des complications présentes, le gouvernement de Sa Majesté aura la ferme conviction d'avoir fait

l'atteste

tout ce que. sa dignité lui permettait pour préverur cette extrémité, et ce n'est point sur lui qu'on pourra

en

faire

peser

la

responsabilité. Les protestations

gouvernements de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Prusse ont adressées à la cour d'Autriche attestent qu'on nous rend déjà à cet que

les

égard une entière justice. «

d'objections.

pourvu que fous les Etats faire partie du Congrès.

seule réserve de s'en entendre

la

En présence de cet état de choses, si la Sardaigne menacée,

est

si,

comme

territoire est envahi, la

tout le

présumer, son

France ne peut pas hésiter à

répondre à l'appel d'une nation l'unissent des intérêts

fait

communs

traditionnelles, rajeunies par

alliée,

et des

à laquelle

sympathies

une récente confra-

Vous savez déjà, messieurs, que, modifiant cette suggestion de manière à concilier toutes les susceptibilités, le gouvernement de S. M. Britannique a présenté une dernière proposition basée sur le principe du désarmement général simultané et immédiat. L'exécution devait en être réglée par une commission dans laquelle le Piémont serait représenté. Les plénipotentiaires se réuniraient aussitôt que cette

ternité d'armes et par l'union contractée entre les

elle-même rassemblée, et les Etats italiens seraient invités par le Congrès à siéger avec les représentants des cinq grandes Puissances,

l'assentiment

«

commission

de

la

même

serait

«

Le gouvernement de l'Empereur

de conciliation dont il n'a jamais cessé de s'inspirer, attend avec calme le cours des événements, ayant la

confiance que sa conduite, dans les différentes

péripéties qui viennent de se succéder, rencontrera

rope.

unanime de

la

France et de l'Eu-

»

comte Walewski adressait suivante aux agents diplomatiques de

Dix jours après, M. circulaire

la

a voulu mani-

Aussi, messieurs, le gouvernement de l'Empe-

reur, fort de la constante modération et de l'esprit

manière qu'au Congrès de Laybach

en 1821. «

deux maisons régnantes.

le

l'Empereur des Français

de nouveau ses dispositions conciliantes en adhérant à celte proposition, qui a été de même ac-

:

fester

ceptée sans délai par les cours de Prusse et de Russie, et à laquelle le gouvernement piémontais s'est

également déclaré prêt à se conformer. « Toutefois, au moment même où le gouvernement de l'Empereur croyait pouvoir nourrir l'espoir d'une entente définitive, nous avons appris que

«

Monsieur,

La communication qui a été faite, par ordre de Sa Majesté Impériale, au Sénat et au Corps législa«

tif,

me

dispense de revenir sur les incidents dont

l'opinion publique s'était préoccupée depuis quel-

ques semaines et qui ont

fait l'objet

res dépêches. La gravité de

de mes derniè-

cour d'Autriche refusait d'accepter la proposition du gouvernement de S. M. Britannique, et adressait

devenue extrême et le dénoûment qui s'annonce ne serait malheureusement pas celui que de loyaux et persé-

une sommation directe au gouvernement sarde.

vérants efforts s'étaient appliqués à préparer. Dans

la

la situation est


VIE ET AVENTURES. des conjonctures aussi sérieuses, c'est un grand sou-

lagement pour

gouvernement de l'Empereur de

le

25

France. Non-seulement

elle

porte du Congrès, mais

ferme à

pouvoir soumettre sans crainte à l'appréciation de l'Europe la question de savoir à quelle puissance in-

de

s'y voir contraindre

les

armes sans condition aucune

combe la responsabilité des événements. « Que l'état. des choses en Italie fût anormal, que

trois jours.

le

malaise et

la

un danger pour tout

constituassent la

sourde agitation qui en résultaient

monde; que

le

une saine préce que l'Angle-

raison conseillât de conjurer, par

voyance, une crise inévitable, voilà terre,

Prusse et

la

Russie ont pensé en

la

«

la

la force,

et

de mettre bas

dans un délai de

Un

formidable appareil de guerre se déploie en temps sur les rives du Tessin, et c'est, à vrai

même

au milieu d'une armée en marche, que le général en chef autrichien attend la réponse du cabinet de Turin. dire,

même

France. L'unanimité des appréhen-

Sardaigne

somme, sous peine

elle la

par

la

«

Vous connaissez, monsieur, l'impression causée

sions a aussitôt créé la conformité des sentiments et

Londres, à Rerlin et à Saint-Pétersbourg par la résolution si inopportune et si fatale du cabinet de

des démarches. La mission du comte Cowley à

Vienne. L'étonnement et

temps que

Vienne,

la

la

émanée de

proposition d'un Congrès,

Saint-Pétersbourg, l'appui prêté par

la

Prusse à ces

d'accommodement, l'empressement de la adhérer aux combinaisons qui se sont suc-

tentatives

France à

cédées jusqu'à

la

dernière heure; tous ces actes, en

même

un mot, ont été inspirés par un le vif et

mobile, par

sincère désir de consolider la paix en ne fer-

niant plus les yeux sur

une

difficulté qui

menaçait

si

évidemment de la troubler. « Dans cette phase de l'affaire, monsieur, le gouvernement de l'Empereur a eu sa part d'initiative et mais cette part, je tiens à le constater, toujours confondue dans une œuvre collective.

d'action s'est

;

La France a simplement

offert

son concours, en qua-

de grande puissance européenne, pour régler,

lité

dans un esprit d'entente et de confiance avec

une question qui

tres cabinets, thies, je vait

ne

le

les

au-

sympa-

excitait ses

dissimule pas, mais où elle n'aperce-

encore ni des devoirs particuliers, ni des intérêts

Le jour où

pressants à défendre.

le

cabinet de

Vienne avait promis, par des déclarations solennelles, de ne pas commencer les hostilités, il avait lui-

même

paru pressentir

infailliblement

au

Une semblable

En

effet,

la

la

mé-

l'Angleterre venait de déterminer,

avec l'assentiment de

la

France, de

la

Prusse et de

Russie, les dernières conditions de la réunion de

où la place que la justice et la raison assignaient aux États italiens leur était accordée. La Sardaigne, de son côté, adhérait au principe du désarmement simultané et préalable de toutes cette assemblée,

les

Puissances qui, depuis quelque temps, avaient

augmenté leur

effectif militaire.

A

ces présages de

paix, le cabinet de Vienne oppose tout-à-coup

acte qui, pour le caractériser

comme

est l'équivalent d'une déclaration «

il

un

doit l'être,

de guerre.

Ainsi l'Autriche détruit isolément, et de parti

avec tant de patience par l'An* gleterre, secondé avec tant de loyauté par la Russie

pris, le travail suivi

et la Prusse, facilité avec tant

dans toutes «

de l'Europe. Si l'Angleterre, la Prusse et la Russie, par les parties

la

démarche qu'elles se sont hâtées d'accomplir, ont pu dégager pleinement leur responsabilité morale et satisfaire aux exigences de leur dignité offensée, le gouvernement de l'Empereur, mu d'ailleurs par des considérations analogues, avait à marquer davan-

tage son attention, et d'autres obligations

imposées. Rien ne modifie établie trices

au début entre nous

;

la

la

lui étaient

solidarité qui s'était

et les Puissances

question demeure au fond la

média-

même, mais

nous avons une trop grande confiance dans les dispositions dont ces Puissances nous ont fourni d'é-

pour douter un seul instant se méprennent sur le sens de la politique

clatants témoignages, qu'elles

que d'anciennes traditions et des nécessités impérieuses de position géographique nous indique si naturellement.

sent de leur vie propre et n'eussent dans leurs affai-

mettait d'espérer la prochaine convocation grès.

sances se sont produits par une protestation dont l'opinion publique s'est aujourd'hui rendue l'écho

du Con-

assurance, en donnant à

temps de

des trois Puis-

s'exercer, per-

que commanderait gouvernement de l'Empereur l'attitude

diation des Puissances le

le déplaisir

La France, depuis un demi-siècle, n'a jamais prétendu exercer en Italie une influence intéressée, et ce n'est pas elle assurément que l'on peut accuser d'avoir tenté de réveiller le souvenir de luttes anciennes et de rivalités historiques. Tout ce qu'elle a demandé jusqu'ici, et les traités sont d'accord avec ses vœux, c'était que les Etats de la Péninsule vécus-

toute agression dirigée contre le Piémont. «

à

de modération par

la

«

comme

dans leurs rapports avec l'étranger, qu'à compter avec eux-mêmes. Je ne sares intérieures,

che pas à cet égard qu'on pense à Londres, à Rerlin et à Saint-Pétersbourg d'une autre façon qu'à Paris; quoi qu'il en

soit, les

circonstances ont investi l'Au-

triche, vis-à-vis des diverses Puissances

de

l'Italie,

d'une situation jugée unanimement prépondéiante. « La Sardaigne seule a échappé jusqu'à présent à

une action qui a

de l'aveu général, dans une partie importante de l'Europe, le système d'équilialtéré,

bre qu'on avait voulu y établir. Partout ailleurs ce fait était fort grave ; mais, quels que fussent nos sentiments intimes,

il

pouvait nous suffire, avec

les

opinions que nous connaissons aux autres cabinets,

de leur signaler «

Une

le

mal

telle réserve,

à corriger.

monsieur, lorsqu'il

s'agit

de


GARIBALDÏ.

26

nent des effets de

Sardaigne, dettëfldfàîl un oubli de nos intérêts les plus essentiels. Ce n'est pas la configuration du la

ses extrémités.

la lutte

qui peut surgir à l'une de

La Russie, nous en avons

la

profonde

couvre, de son côté, une des frontières de la les passages des Alpes ne sont pas entre France nos mains, et il nous importe au plus haut point que

conviction, sera toujours prête à diriger ses efforts

en resté à Turin, uniquement à Turin. Des considérations françaises, mais des considérations également européennes, tant que le respect des

dès l'origine de

sol qui

vers le

:

but.

Quant

à la Prusse, l'esprit tout à

impartial et conciliant dont elle a

la fois

la clef

même

preuve

un sûr-garant de ses négliger pour en circonscrire est

la crise,

dispositions à ne rien

fait

l'explosion.

Nous souhaitons, d'une façon toute

con-

«

tinueront à servir de règle à leurs rapports réciproques, ces considérations, dis-je, ne permettent pas

que

au gouvernement de l'Empereur d'hésiter sur la conduite qu'il a à tenir quand un Etat aus?i considérable que l'Autriche prend envers le Piémont le ton de la menace et se prépare ouvertement à lui dicter des lois. Cette obligation emprunte une gra-

La France ne peut voir qu'avec peine l'agitation qui s'est emparée de quelques Etats de l'Allemagne. Elle ne comprend

au refus de l'Autriche de discuter avant d'agir. Nous ne voulons, à aucun prix, nous trouver en "face d'un fait accompli, e* c'est ce fait que le

puisse croire sa sécurité

droits et des intérêts légitimes des Puissances

germanique ne se souvenirs d'une époque

nes,

une récente

la

communauté des

origi-

et héréditaire

menacée par des événe-

provoquée.

nous unissent à la Sardaigne. Ce sérieuses de sympathie et que nous apprécions à toute leur valeur, mais qui ne suffiraient peut-être pas à nous décider. Ce qui nous trace sûrement no-

permanent

si

d'eux-mêmes de contribuer à limiter l'étendue et la durée d'une guerre que la France, s'il lui faut la soutenir, aura du moins la conscience de n'avoir pas

sont là des raisons

tre voie, c'est l'intérêt

différente.

ments dont le théâtre doit rester éloigné de son territoire. Le gouvernement de l'Empereur veut donc penser que les hommes d'Etat de l'Allemagne reconnaîtront bientôt qu'il dépend en grande partie

Maisons souveraines

alliance des

Confédé-

calme et si patriotiquement imbu du sentiment de sa force,

ment. souvenirs,

la

laissent pas égarer par les

pas que ce grand pays, d'ordinaire

gouvernement de l'Empereur est résolu à empêcher. Ce n'est donc pas une attitude offensive, c'est une mesure de défense que nous adoptons en ce mo-

De vieux

Puissances qui composent

ration

vité nouvelle

«

les autres

particulière,

«

Je vous invite, monsieur, à vous inspirer des

considérations développées dans cette dépêche dans votre plus prochain entretien avec M... et à lui en laisser

vous tiens

de

du langage que je par ordre de l'Empereur et qui im-

copie. Devant la netteté ici

plique, dans la pensée de Sa Majesté, le désir d'of-

France, c'est l'impossibilité absolue pour le gouvernement de l'Empereur d'admettre qu'un coup de la

force établisse au pied des Alpes, contrairement aux

aux autres cabinets toutes les garanties possibles pour les amener à une appréciation vraie de la

vœux d'une

situation et les rassurer, en ce qui les concerne, sur

verain,

entière

nation amie et à

la

frir

volonté de son sou-

un état de choses qui livrerait à une influence étrangère.

l'Italie

ses conséquences,

tout

difficile

de supposer que

gourvernement de... n'accueille pas nos explications avec une confiance égale à celle qui me les a

Sa Majesté Impériale, strictement fidèle aux paroles qu'elle a prononcées lorsque le peuple français l'a appelée au trône du chef de sa dynastie,

dictées. »

En même temps,

animée d'aucune ambition personnelle, d'aucun désir de conquête. Le temps n'est pas éloigné où l'Empereur a prouvé, dans une crise européenne, que la modération était l'âme de sa politique. Cette n'est

qu'il est,

m'est

le

«

modération, à l'heure

il

préside avec

la

c'est-à-dire le

Victor-Emmanuel adressait

à

30

avril, le roi

son peuple cette pro-

clamation.

même

«

L'Autriche, qui proteste de son

amour pour

la

paix, nous attaque en refusant de se soumettre à un

force à ses desseins, et, tout en sauvegardant les

ne songe pas, vous pouvez en donner autour de vous

Congrès européen; elle viole les promesses faites à l'Angleterre ; elle nous demande de diminuer notre

l'assurance la plus positive, à séparer ses vues de

armée

intérêts

celles «

que

de ses

Loin de

la

Providence

lui a confiés,

Sa Majesté

d'abandonner ces braves volontaires accourus de tous les côtés de l'Italie pour défendre le

alliés. là,

et

drapeau sacré de l'indépendance italienne. Je confie le soin du gouvernement à mon cousin, et je re-

son gouvernement, en se référant

aux incidents qui ont marqué les négociations des semaines précédentes, nourrit le ferme espoir que le gouvernement de Sa Majesté Britannique conti-

prends l'épée. «

A

nos soldats combattront pour la justice les vaillantes troupes de l'Empe-

côté de

nuera à persévérer dans une attitude qui, en unissant par un lien moral la politique des deux pays,

liberté et la

permet aux cabinets de Paris et de Londres de s'expliquer sans réserve et de combiner, selon les éventualités, une entente destinée à préserver le conti-

l'Autriche attaque le Piémont parce qu'il a soutenu

reur Napoléon,

la |

cause de

l'Europe et

la

mon généreux allié.

patrie

qu'il n'a

Peuples

commune dans

d'Italie

les conseils

!

de

pas été insensible à vos cris de


VIE ET AVENTURES. douleur; l'Autriche brise maintenant ouvertement les traités, qu'elle n'a jamais respectés. Aujour-

les

d'hui, en droit, la nation italienne est libre, et je

vénitien.

puis accomplir consciencieusement le fait «<

vœu que j'ai

tombeau de mon auguste père. Ayons confiance dans la Providence, dans notre

sur

le

valeur des soldats italiens, dans

27

plus déloyaux, une agitation dangereuse pour

repos et

mon royaume lombard-

bien-être de

le

le

Sachant bien ce que je dois à la paix, ce bien précieux pour mes peuples et pour l'Europe, je supportai patiemment ces nouvelles attaques. Ma «

liance de la noble nation française; confions-nous à

patience n'était pas encore épuisée lorsque les mesures de sûreté plus étendues que m'a forcé de

la justice

de l'opinion publique. Je n'ai d'autre ambition que d'être le premier soldat de l'indépendance

prendre en ces derniers temps l'excès des provocations sourdes qui se produisaient aux frontières

italienne.

et à l'intérieur

union, dans

«

Vive

la

l'al-

même

de mes provinces italiennes, furent de nouveau exploitées par la Sardaigne pour

l'Italie! »

une conduite plus hostile encore. « Tout disposé à tenir compte de la médiation bienveillante des grandes Puissances amies pour le maintien de la paix, je consentis à prendre part à un tenir

En regard de cette proclamation du roi VictorEmmanuel, il me paraît intéressant de placer le manifeste

de

l'empereur

d'Autriche, François-

congrès des cinq grandes Puissances.

Joseph.

Quant aux quatre points proposés par le gouvernement anglais et transmis au mien comme base des délibérations du congrès, je les ai acceptés, à la «

donné l'ordre à ma vaillante et fidèle armée de mettre un terme aux attaques, récemment arrivées au plus haut point, que dirige depuis une série « J'ai

d'années l'Etat voisin de Sardaigne contre les droits incontestables de

ma couronne mon

accompli ainsi

paix vraie, sincère et durable.

de

et l'inviolabilité

l'empire que Dieu m'a confié. « J'ai

condition qu'ils pourraient faciliter l'œuvre d'une

«

n'a

devoir pénible, mais

inévitable, de chef de l'Etat.

La conscience en paix, je puis élever mes regards vers le Dieu tout-puissant et me soumettre à «

Je livre avec confiance

résolution au juge-

ment. Lorsque,

il

y a plus de dix ans,

nemi, violant toutes

de tous

les règles

usages de

les

la

du

le

même

en-

la

royaume lombard-vénitien, sans qu'on lui en eût donné aucun motif et dans le seul but de s'en emparer; lorsque, dans deux combats glorieux, armes sur

il

le

eut été battu par

voix de

mon

générosité, je

la

armée, je n'écoutai que lui tendis la

main

la

et lui

offris la réconciliation.

me

un seul pouce de son territoire; je n'ai porté atteinte à aucun des droits qui appartiennent à la couronne de Sardaigne dans la famille des peuples européens; je n'ai exigé aucune garantie contre le retour de semblables évé«

Je ne

suis pas approprié

nements ; dans la main qui vint presser, en signe de réconciliation, celle que j'avais sincèrement offerte et qui fut acceptée, j'avais cru ne trouver que la réconciliation. « J'ai sacrifié

armée pour

à la paix le sang qu'avait versé

mon

défendre l'honneur et les droits de l'Au-

triche. «

Gomment

être unique

dans l'histoire?

suite à faire

preuve

On recommença de

d'une inimitié

qui

croissait

d'année en année; on provoqua, par tous les moyens

Enfin, sur les instances des Puissances amies,

mement

mon

adhésion

à la proposition

d'un désar-

général.

La médiation vint échouer contre les conditions inacceptables que mettait la Sardaigne à son consen«

tement. « Il

ne

maintenir

restait plus alors

qu'un seul moyen de

immédiatement adresser au gouvernement du roi de Sardaigne une sommation d'avoir à mettre son armée sur le pied de paix et de la

paix. Je

fis

licencier ses volontaires.

La Sardaigne n'ayant pas obtempéré à cette demande, le moment est venu où le droit ne peut plus être maintenu que par la force des armes. « J'ai donné à mon armée l'ordre d'entrer en «

Sardaigne. Je connais

portée de cette démarche, et si jamais les soucis du pouvoir ont pesé lourdement sur moi, c'est en ce moment. La guerre est un des «

la

fléaux de l'humanité

à tant de milliers de

mon cœur s'émeut

en pensant mes fidèles sujets dont ce fléau ;

menace et la vie et les biens; je sens profondément combien sont douloureuses pour mon empire les épreuves de suit il

répondit-on à cette générosité, peut-

désordre et du danger qui menace

le

paix.

je donnai

droit des gens et

guerre, vint se jeter en

aucune démarche capable de conduire

cause de tout

«

ma

ment impartial des contemporains et de la postérité. Quant à mes peuples, je suis sûr de leur assenti«

fait

mon gouvernement

même de très loin, à la rupture de la paix, j'exigeai en même temps le désarmement préalable, qui est

son arrêt. «

Mais étant convaincu que

la

guerre au

moment même où

il

pour-

avec ordre son développement intérieur, et où

aurait besoin, pour l'accomplir,

que

la

paix fût

maintenue. «

Mais

le

cœur du monarque

l'honneur et «

le

doit se taire lorsque

devoir seuls commandent.

L'ennemi se

tient

en armes sur nos frontières;


GARIBALDI.

28

En même temps que l'empereur

au parti du bouleversement général, avec le projet hautement avoué de s'emparer des possessions de l'Autriche en Italie. Il est soutenu par le

il

est allié

souverain de

la

qui n'existent pas, s'immisce dans les affaires de

Péninsule qui sont réglées par les traités, et

ce manifeste, et qu'il entassait une armée de

bliait

hommes dans

°200,000

France, lequel, sous des prétextes

d'Autriche pu-

Lombardo-Vénétie, il enbaron Kellerberg, chargé de re-

voyait à Turin le

la

mettre un ultimatum au gouvernement sarde.

la

Cet ultimatum demandait au Piémont, sous forme

fait

marcher son armée au secours du Piémont. Déjà des divisions de cette armée ont franchi la frontière

impérative, le désarmement de ses troupes et

sarde.

pour sauvegarder

cenciement des volontaires accourus de toutes parts

La couronne, que mes aïeux m'ont transmise

«

met en

les

péril les biens les plus précieux

:

à

d'une de

la veille

ces époques où les doctrines subversives de tout l'ordre existant ne sont plus prêchées seulement par

des sectes, mais lancées sur

le

monde du haut

«

de

ont dissipé ces ombres.

Nous sommes de nouveau

«

tion

ombres d'une révo-

l'humanité menaçaient de s'étendre sur l'Europe, la Providence s'est servie de l'épée de l'Autriche, dont les éclairs

commune.

glorieuse histoire de notre patrie

la

prouve que souvent, lorsque lution qui

la patrie

Victor-Emmanuel répondit par cette proclama-

sans tache, a eu déjà de bien mauvais jours à traverser; mais

le li-

des

trônes.

Soldats

L'Autriche, qui, sur nos frontières, grossit ses

«

armées

et

menace d'envahir notre

qu'ici la liberté la

!

territoire,

parce

règne avec l'ordre, parce que, non

force, mais la concorde et l'affection entre le

peuple et

souverain, régissent

le

ici

l'Etat,

parce

que les cris de douleur de l'Italie opprimée trouvent ici de l'écho, l'Autriche ose nous enjoindre de nous désarmer et de nous mettre à sa merci !

« Si je suis

contraint à tirer l'épée, cette épée est

consacrée à défendre l'honneur et le bon droit de l'Autriche, les droits de tous les peuples et de tous les Etats, et les biens les plus sacrés

de l'humanité.

Mais c'est à vous, mes peuples, qui, par votre

«

«

Cette outrageante injonction devait recevoir

réponse qu'elle méritait

:

je

l'ai

poussée. Soldats, je vous en

vous prendrez pour vous

dédaigneusement re-

l'insulte faite à votre roi,

L'annonce que je vous donne

à la nation.

armée, j'envoie, moi leur capitaine, mon salut de guerre ; vous devez les contempler avec fierté, entre leurs mains l'aigle d'Autriche portera bien

Pastrongo, de Santa-Lucia, de

mon

haut son vol glorieux. « La lutte que nous soutenons est juste. Nous l'acceptons avec courage et confiance.

Nous espérons n'être pas seuls dans cette lutte. « Le terrain sur lequel nous combattons est. aussi arrosé du sang des peuples d'Allemagne, nos frè«

res;

il

a été conquis et conservé jusqu'à ce jour

comme un

de leurs remparts; c'est par

que toujours ont

les

commencé

là

que pres-

ennemis astucieux de l'Allemagne

l'attaque lorsqu'ils voulaient briser

sa puissance à l'intérieur.

Le sentiment de ce dan-

ger est répandu aujourd'hui dans l'Allemagne en-

certain que

fais part,

pour vos souverains légitimes, êtes le modèle des peuples de la terre, c'est à vous que s'adresse mon appel. Apportez-moi, dans la lutte qui s'engage, votre fidélité dès longtemps éprouvée, votre abnégation, votre dévoûment. « A vos fils, que j'ai appelés dans les rangs de

fidélité

la

est

une

annonce de guerre. Aux armes, soldats!

Vous trouverez en face de vous un ennemi qui n'est pas nouveau pour vous. Mais s'il est brave et «

vous ne craignez pas

discipliné,

la

comparaison,

et

vous pouvez vous vanter des journées de Goito, de de Gustosa

même, où

Sommacampagna,

quatre brigades seulement ont

lutté pendant trois jours contre cinq corps d'armée.

Je serai votre chef. Déjà, à diverses reprises, nous

nous sommes connus; une grande partie d'entre vous et moi combattions aux côtés de mon magnanime père, dans l'ardente mêlée où j'ai admiré avec orgueil votre bravoure. «

Sur

le

champ de l'honneur

et

de

la

gloire,

vous saurez, j'en suis certain, conserver, même accroître , votre renom de bravoure. Vous aurez pour compagnons ces intrépides soldats de la France, vainqueurs en tant de signalées batailles, dont vous fûtes les frères d'armes à la Tchernaïa, et que Na-

poléon

III,

que

l'on trouve toujours là

où

il

y a une

à

juste cause à défendre et la civilisation à faire pré-

Confédération germa-

danger commun, que je

généreusement à notre aide en nombreux bataillons. Marchez donc confiants dans la victoire et ornez de lauriers fraîchement cueillis

vous rappelle ces jours glorieux où l'Europe dut sa

votre drapeau, ce drapeau qui, avec ses trois cou-

délivrance à l'unanimité de notre enthousiasme»

leurs et avec la jeunesse d'élite accourue de toutes

tière,

de

la

cabane au trône, d'une frontière

valoir, envoie

l'autre. « C'est

comme

prince de

nique que je vous signale

«

«

mon

Avec Dieu pour

Donné

la

à Vienne,

empire, ce 28

le

la

patrie

les parties

de

l'Italie et

groupée sous ses

plis,

vous

!

indique que vous avez pour tâche l'indépendance de

ma

avril

résidence et

1859.

»

la

capitale de

l'Italie,

cri

cette

de guerre.

œuvre

juste et sainte qui sera votre


VIE ET AVENTURES. Il

XXI C'est à ce

manuel

de

Victor-Em-

du nord,

l'Italie

—

y

des

a

pas.

Garibaldi était prêt depuis longtemps,

jour où sa

le

à

il

— depuis

femme était morte dans un coin de bois,

prix, et son authenticité n'est pas contestée.

corps des chasseurs

le

:

campagne, sans plus attendre. Le

premier coup de feu de cette guerre a été tiré par lui, il faut lui rendre cette justice. L'armée autriétait sur la défensive

:

Garibaldi prit l'of-

fensive.

La

:

tion.

mier soin, en entrant sur ce territoire, fut d'adresser

aux Lombards

cette proclamation

:

Lombards!

Vous

une nouvelle

êtes appelés à

comme

devez répondre à l'appel

vie et

le firent

vous

vos pères

Ponsida et à Legnano. L'ennemi est encore

même

:

le

atroce assassin, impitoyable et pillard. Vos

frères de toutes les provinces ont juré de vaincre

ou

de mourir avec vous. C'est à nous à venger les insultes, les outrages, la servitude

tions passées, c'est à

trimoine pur de

nous

de vingt généra-

à laisser à

souillure de la

la

un padomination du nos

fils

soldat étranger.

Victor-Emmanuel, que la volonté nationale a choisi pour notre chef suprême, m'envoie au milieu de vous pour vous organiser dans les batailles pa«

touché de

triotiques. Je suis

m'est confiée et

un

fier

la

sainte mission qui

le

Mo-

:

Si des partis de troupes piémontaises

«

çaises, des patrouilles, des espions, des

ou franenvoyés ou

deux armées ennemies,

Aux armes, donc! Le servage doit

«

Qui peut

saisir

qu'ils soient

en uniforme ou

déguisés, paraissent, sous quelque prétexte que ce

dans l'espace de terrain occupé par les troupes R., il est expressément ordonné à toute com-

soit,

et

I.

conséquemment

à chacun de ses habitants en particulier, d'en prévenir le commandement de et

dans

la station, et,

les

cas où le pays ne serait pas

le

troupes

commandant du poste

I. et

le

R., ce serait alors au

plus voisin qu'il devrait en

donner avis. « Toute commune dans l'enceinte de laquelle il sera découvert, soit par un détachement, soit par un seul individu de l'armée I. et R. autrichienne, un semblable parti de troupes ennemies, une patrouille,

un

ou un espion, sans qu'elle en à temps la déclaration prescrite,

particulier

d'avance et

même

que ce

tants, cette

aux

lois les

serait

par

commune

le fait

ait fait

et lors

d'un seul de ses habi-

sera soumise sans rémission

plus sévères de la guerre.

Sous peine d'être livrée au pillage, toute la commune devra payer une contribution de guerre le pays compromis sera incendié et l'individu coupable sera passé par les armes. « Les communes sont invitées à faire publier cette «

;

proclamation dans toutes les églises, en chaire et par l'organe du clergé, comme aussi par tout autre

moyen

qui sera plus opportun.

de vous commander.

«

une arme

et

ne

«

cesser.

la saisit

Le

commandant du

7 e corps d'armée

1. et

R.,

pas est «

ZoiîEL.

»

traître. « L'Italie,

avec ses enfants unis et affranchis de

domination étrangère, saura reconquérir

que

la

Providence

lui a

Ne sentez-vous pas

le

la

rang XXII

assigné parmi les nations. » là,

à cette énergie de senti-

ments, à cet accent convaincu, l'implacable ennemi

de l'Autriche,

le patriote, le

héros ?

Aussi cet appel fut entendu partout

écho dans tous il

donc

occupé par

Garibaldi se précipita en Lombardie, et son pre-

à

voici

mune,

Les sauterelles autrichiennes avaient envahi la Lombardie il fallait bien commencer leur destruc-

«

texte

des particuliers appartenant à l'une ou à l'autre des

entra en

«

Le

de cette proclamation a paru dans

italien

organisa un corps de volontaires, com-

des Alpes.

chienne

corps d'armée. Elle ne vaut

niteur.

engagés dignes des anciens

il

7

e

—

posé d'anciens compagnons d'armes et de nouveaux

Puis

proclamation du général Zo-

la

peut-être pas celle du général Giulay, qu'on a révoquée en doute, par humanité; mais elle a son

deux pas de Ravenne. Aussitôt

à

un autre document, non moins précieux. un autre titre.

commandant du

bel, ita-

lienne qui avait Il

de mettre en regard de cette pro-

Je veux parler de

qu'il

songea à cet intrépide soldat de l'indépendance

nom Garibaldi. hommes qu'on n'oublie

l'histoire,

— mais couronne, —

le roi

jouer les destinées de sa

et aussi les destinées

est curieux

clamation de Garibaldi, document précieux pour

moment suprême où

allait

29

les

cœurs;

les

;

il

trouva un

provinces auxquelles

s'adressait, et qui supportaient

impatiemment un

joug anti-national, odieux par conséquent, crièrent Liberté!

:

Le 29

l'armée autrichienne, qui jusque-là était restée sur la défensive , prit l'offensive elle avril,

passa le Tessin, fut effectué

en

—

:

limite

trois jours,

du Piémont. Ce passage par cinq des corps com-

posant l'armée de l'Empereur François-Joseph le

3

2

e ,

:

par

commandé par le prince Lichtenstein par commandé par le prince Schwarzenberg par e

,

;

le

;

le


GARIBALUI.

30

e 5 e , aux ordres du comte Stadion; par le 7 , aux ordres du baron Zobel, et par le 8% commandé par le

celte place, le transférait alors à

à Occimiano, entre Valenza et Casale.

L'armée franco-piémonlaise se

général Benedek.

Ces cinq corps d'armée, aussitôt formèrent leurs lignes sur

chi,

Tessin fran-

le

la

long du

au nord, jusqu'à San Nazzaro, et à Pô. Le comte Giulay, généralissime, établit ses ayant-postes à Verceil, et tout le pays nord du Pô occupé par

l'ouest ceil, ils

,

ainsi qu'à la

— périmètre dans

Novare, Mortara

de nos avant-postes,

Scrivia,

la

France accourait au secours du

H mai

Le

il

était à

de

Vive

:

l'Italie

Bonaparte et Lannes remportaient sur les

Le

Soldats

Je viens

traire

la

9 juin 1800,

même

victoire

adversaires.

du combat du 9 juin 1800,

se trouve

du combat du 20 mai 1859 se trouve dans rapport du général Forey transmis à l'Empereur récit

le

En

!

maréchal Baraguay-d'Hilliers. voici les phases principales

:

me

à l'oppression

sainte, qui a les «

récit

Le le

:

mettre à votre tète pour vous conduire au combat. Nous allons seconder la lutte d'un peuple revendiquant son indépendance, et le sous«

mêmes

le

dans l'Histoire de M. Thiers.

!

par «

droite du

corps de cavalerie Sonnaz,

le

Cinquante-neuf ans auparavant,

roi

Gênes, et publiait cet ordre du

jour à nôtre vaillante armée

le

française sur l'armée autrichienne.

Victor-Emmanuel. Le 10 mai l'Empereur Napoléon III quittait Paris au milieu d'un enthousiasme indescriptible et des cris mille fois répétés

la rive

et

campé à Gasteggio. De là le combat de Montebello, gagné par l'armée

Vo-

ghera, Ponte Gurone et Tortone. Pendant que les Autrichiens envahissaient ainsi

Piémont,

dioite,

Sladion, le 5 e corps, se jetait inopinément sur l'un

bio, l'autre à Gornale, ce qui leur permit d'occuper

le

donc

Cam-

jetèrent deux ponts sur le Pô, l'un près de

la

la

Ensuite

à

lequel se trouvent Ver-

momentanément Gastelnuovo sur

centre à Alexandrie;

le

Pô depuis Valenza jusqu'à la Dora Baltea. Quant aux Autrichiens, ils occupaient la ligne de la Sesia et la rive gauche du Pô, jusqu'au confluent du Tessin. Le °U) mai, une forte partie du corps autrichien

Dora Baltea

et toute la Lomelline.

:

corps d'armée piémontais, bordait

les Autrichiens jusqu'à Biella et

Graglia au nord-ouest,

ainsi disposée

trouvait

composée des deux corps Baraguay-d'Hilliers Mac-Mahon, s'appuyait sur Gênes, et la gauche,

rivière d'Ogogno,

Test le

fut ainsi

San Salvador, puis

étrangère. C'est une cause

sympathies du monde

voie sacrée de l'ancienne dressaient sur le

Rome,

victoire.

Dans

:

la

les inscriptions se

marbre pour rappeler au peuple

ses hauts faits; de

même

chienne, avec.du canon

avait

,

aujourd'hui, en rassant

par Mondovi, Marengo, Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, vous marcherez dans une autre voie sacrée,

au milieu de ces glorieux souvenirs.

Conservez cette discipline sévère qui est l'honneur de l'armée. Ici, ne l'oubliez pas, il n'y a d'en«

occupé Gasteggio

et

avait repoussé de Montebello les grand' gardes de

cavalerie piémontaise, le

civilisé.

Je n'ai pas besoin de stimuler votre ardeur

chaque étape vous rappellera une

Averti à midi et demi qu'une forte colonne autri-

«

général Forey se porta

immédiatement aux avant-postes, sur la route de Montebello, avec deux bataillons du 74% destinés à e relever deux bataillons du 84 cantonnés sur cette route, en avant de Voghera, à la hauteur de Madura. « Pendant ce temps, le reste de la division prenait e e les armes; une batterie d'artillerie (6 du 8 régiment) marchait en tête. « Arrivé au pont jeté sur le ruisseau dit Fossagazzo, extrême limite de nos avant-postes, il fit mettre en batterie une section d'artillerie, appuyée e gauche par deux bataillons du 84 , bor-

nemis que ceux qui se battent contre vous. Dans la bataille, demeurez compactes et n'abandonnez pas vos rangs pour courir en avant. Défiez-vous d'un

à droite et à

trop grand élan; c'est la seule ch se que je redoute.

tebello sur Ginestrello, et ayant été informé qu'il se

Les nouvelles armes de précision ne sont dangereuses que de loin ; elles n'empêcheront pas la

dirigeait sur lui en

«

baïonnette d'être,

comme

autrefois, l'arme terrible

de l'infanterie française. «

Soldats! faisons tous notre devoir, et mettons

en Dieu notre confiance. La patrie attend beaucoup de vous. Déjà, d'un bout de la France à l'autre, retentissent

nouvelle

aînée!

ces paroles d'un heureux augure

armée

d'Italie

sera

digne de sa

La sœur :

»

Quelques jours après, l'Empereur se rendait Alexandrie, où

il

établissait

à

son quartier général.

Victor-Emmanuel, qui avait d'abord eu

le sien

dans

dant «

le

ruisseau avec leurs tirailleurs.

Pendant ce temps, l'ennemi avait poussé de Mondeux colonnes, l'une par la par la chaussée du chemin de

grande route, l'autre fer, le général Forey ordonna au bataillon de gauche du 74 e de couvrir la chaussée à Gascina Nuova. et à l'autre bataillon de se porter à droite de la route, e en arrière du 84

.

«Ce mouvement

était à

peine terminé qu'une vive

fusillade s'engageait sur toute la ligne entre

nos

ti-

ceux de l'ennemi qui marchait sur nous, soutenant ses tirailleurs par des tètes de colonne débouchant de Ginestrello. L'artillerie ouvrit son railleurs et

feu sur elles avec succès; l'ennemi y riposta. «

Le général ordonna

alors à sa droite de se porter


VIE ET AVENTURES.

de nos n'y avait qu'un

en avant. L'ennemi se retira devant troupes

mais, s'apercevant qu'il

;

l'élan

gauche de contre lui une forte colonne. Grâce à la vigueur et à la fermeté de ce bataillon, commandé parle colonel Gambriels, et à des charges heureuses de la cavalerie piémontaise, admirablement conduite par le gé-

bataillon français à la

la

route,

il

combat de Montebello du 9 juin 1800. Même théâtre et

une de ces charges qu'a malheureusement été blessé à mort le brave colonel Marelli, des chevau-légers de Montferrat. e « A ce moment, le général Blanchard, suivi du 98 e et d'un bataillon du 91 (les deux autres étaient reseu un engagement), rejoignait

général Forey et recevait l'ordre d'aller relever le

bataillon

du 74% chargé de défendre

chemin de Nuova. «

fer et

de

s'établir

à Lannes de se porter rapidement sur Turin, n'était pas

cevante sécurité.

Après

tance sérieuse, de

le

la

protégée par

la

non sans une

résis-

position de Ginestrello. Ju-

gros de l'infanterie

le

Il

il

du général

bataillon de chasseurs, soutenu par le

84

e

s'engagea alors un combat corps, à corps dans

le

général

mortellement, aux côtés du géné-

Après une résistance opiniâtre,

le

général au-

vainement pressé par Mêlas de lever le blocus de Gênes et de marcher sur ce point. Pen-

trichien Ott,

dant ce temps, sur

gros de l'armée française passait

le

la rive

droite

du Pô

Le

même

jour, Lannes

sance.

et

Murât

la division

entrait dans Plai-

passer

fit

les Autrichiens

le fleuve à

Walrin, qui parvinrent et,

secou-

rus à temps, rejetèrent l'ennemi sur Stradella.

Bonaparte, en quittant,

fut blessé

précéda

malgré une vive attaque,

Forey. «

il

à s'y maintenir

maison. C'est pendant ce combat que ral

où

organisa ainsi

e

Beuret

garde duquel avaient brigué l'honneur de faire partie tous ceux de l'armée, avait exécuté cette in-

s'empare-

il

rues du village, qu'il fallut enlever maison par

les

et

de

74 disposés en échelons, s'élancèrent sur la partie sud de Montebello, où l'ennemi s'était fortifié. «

la

:

Le 17

et le

de flanquer en même temps droite de l'armée. Lannes, avec le corps d'avant-

du Piémont

fortes

trois bataillons

cavalerie piémontaise,

plus facilement de Montebello,

e

cet

ordre fut modifié en ce sens que Lannes dut suivre la rive gauche du Pô, afin de menacer les places

chaient à passer le fleuve, et s'était avancé sans

ses colonnes d'attaque sous les ordres

«

Chiusella,

la

fortement à Gascina

ligne des crêtes, et la route avec son artillerie

Beuret

combat heureux de

struction en repoussant tous les partis qui cher-

la

général poussa de nouveau

geant alors qu'en suivant avec

rait

le

obstacle jusqu'à Pavie

Rassuré de ce côté,

où

encore Mêlas, livré à une funeste et dé-

chaussée du

sa droite en avant, et s'empara,

la

acteurs.

Bonaparte, après le passage du mont Saint-Bernard, l'attaque et la prise d'Ivrée, avait donné ordre

C'est dans

le

mêmes

dirigea

néral de Sonnaz, les Autrichiens durent se retirer.

tés à Oriolo, oùilsont

31

s'était

et

là

7 juin, Milan où il peu arrêté, porta son quartier général à Pavie, il apprit que le général Ott enfin parti de le

,

Gênes après la reddition de cette ville, s'était rapidement porté sur Tortone et avait pris une bonne au bourg de Casteggio

position

et à

Montebello sur

deux lignes qui coupaient à un mille de distance la route de Tortone; mais il se trouvait séparé du corps de Mêlas et hors d'état d'agir de concert avec lui,

par suite de

la célérité

que

les

Français avaient

durent céder devant l'élan de nos troupes, et bien

mise

que vigoureusement retranchés dans

étant sur la rive droite et pouvant se donner la

dernière position, aux cris mille

l'Empereur « 11 était

gea

fois

répétés de vive

!

alors six heures et

qu'il était

succès de

rière le le

cimetière,

se virent encore arracher à la baïonnette cette

ils

le

le

la

demie

;

le

général ju-

prudent de ne pas pousser plus loin journée, et

mouvement de

cimetière, garnissant

il

arrêta ses troupes der-

terrain sur lequel est situé la

crête avec quatre pièces

de canon et de nombreux tirailleurs qui refoulèrent les dernières colonnes autrichiennes dans Casteggio. «

Peu de temps après, on

vit les

colonnes autri-

chiennes évacuer Casteggio, en y laissant une arrière-garde, et se retirer parla route de Casatisma. » Voilà le

traverser le Pô. Lannes,

à

main,

Murât

et

Victor

Premier Consul n'hésita pas à donner pour lendemain, 9 juin, l'ordre d'attaquer. Il ne s'agissait de rien moins que de combattre avec des troupes le

le

pour

kl

plupart nouvelles, les vétérans et

l'infanterie autrichienne,

l'élite

de

encore aguerris par leur

campagne de l'Apennin. Le 9 juin, l'avant-garde du général Lannes se mit en mouvement dès la pointe du jour pour se porter sur Casteggio. Le général Watrin, gui la commandait, se trouva, à dix heures du matin, en présence des avant-postes du corps d'armée du gérécente

néral Ott près de Santa-Giuletta.

Il

les

Rivetta, sur la route de Tortone, où

poussa jusqu'à

commençait

la

ligne autrichienne.

«Le général

combat de Montebello.

Ott, plein de confiance dans la valeur troupes qu'il avait sous ses ordres, les avait formés en avant de Casteggio, n'ayant à Mon-

des

Gomme

chacun des événements d'aujourd'hui a, pour ainsi dire, son écho dans le passé, nos lecteurs nous sauront eré de remettre sous leurs veux, n regar.l du combat de Montebello du 20 mai 1859, le <

vieilles

tebello

qu'une

faible réserve.

Les forces ennemies

pouvaient monter à 16,000 hommes, en y comprenant un détachement de 4,000, récemment envoyé


GARIBALDf.

32 par

général Mêlas quelques jours auparavant.

le

nombreuse

artillerie

et bien servie était

Une

en batterie

sur les hauteurs à droite de Casteggio. «

Le général Watrin

avait ordre d'engager le

bat avec sa seule division.

Il

fit,

com-

en conséquence,

déployer deux bataillons d'infanterie légère sur

la

ennemie, tandis que le troisième bataillon de la même demi-brigade e légère (la 6 e ), et les trois bataillons de la 40 de ligne se formèrent sur la gauche, et s'avancèrent au pas de charge pour déposter les Autrichiens des hauteurs où leur aile droite était appuyée. Les Français s'étant rendus maîtres de ces hauteurs après un combat opiniâtre, se préparaient à tourner le bourg de Gasteggio, lorsqu'ils se virent débordés eux-mê-

pour déborder

droite,

l'artillerie

mes par une forte colonne ennemie. Le général Watrin, qui dirigeait la colonne du centre de sa division, et qui

ne

s'était

ébranlé que lorsque

la

colonne

de gauche se fut emparée des hauteurs, voyant celleci menacée, détacha un bataillon de la ^"demibrigade de ligne pour

nemi reprenait

soutenir; mais déjà l'en-

la

les hauteurs, et le bataillon

pressé vigoureusement, eût été

fait fait

de

la

°2°2

e ,

prisonnier,

40 e de ligne (delà colonne de gauche), se rejetant brusquement à gauche, ne l'eût pas dégagé. Le e général Watrin fit avancer alors la 28 demi-brigade que commandait le brave Valhubert, pour renforcer les troupes engagées. Le combat devint très vif; les si la

au pas de charge, avec le troisième, formé en colonne et l'arme au bras. Les tirailleurs faisant un feu très vif, et gagnant insensilons, et s'avança,

blement du terrain, dérobaient la force et la profondeur de cette petite colonne qui semblait les soutenir, et

dont

les

Autrichiens n'apercevaient que

la

L'ennemi s'arrêta; les bataillons du général Watrin, cessant d'être poursuivis et se voyant setête.

courus reprirent de

la

confiance, et chargèrent avec

d'autant plus d'impétuosité, qu'ils étaient furieux d'avoir été obligés de céder. Les Autrichiens furent

de toutes

successivement

dépostés

qu'ils tentèrent

désordre

de défendre,

et obligés

de Goppo, sur

le torrent

les

de passer en

éprouvèrent une perte considérable. rèrent sur les hauteurs de Montebello où les poursuivit

duquel

les rives

ils

Rivaud

hauteurs

Ils

se reti-

le

général

encore en leur enlevant

le

châ-

teau de Dordone.

Pendant que l'aile gauche du corps français se trouvait ainsi engagée avec la droite du général Ott, le général Lannes conduisant la colonne du centre s'était avancé par la grande route et directement sur Gasteggio; sa droite était également engagée d'une manière sérieuse. Le général Ott faisait des efforts extraordinaires pour soutenir les troupes de sa gauche.

avait rallié à plusieurs reprises son in-

Il

fanterie derrière l'artillerie tirant à mitraille l'artillerie

de

la

;

mais

garde des consuls répondant avec

Français repoussés deux fois des hauteurs, les réoc-

vigueur à ce feu, suivait constamment â trente pas

cupèrent.

de distance. Le village de Gasteggio fut pris et repris

«

du

Cependant

les

Autrichiens étaient restés maîtres

Watrin chargea avec rejeta l'ennemi une troi-

terrain, lorsque le général

le reste

sième

de ses troupes, et

fois

un égal acharnement. La cavaautrichienne formée à gauche du village et

plusieurs fois avec lerie

couverte par de fortes haies où l'on avait pratiqué des ouvertures, combattait avec avantage, par

sur Gasteggio.

Ce villa ge'se trouvait occupé par des renforts que venait d'envoyer le général Ott pour soutenir son

facilité qu'elle avait

Ces troupes, derrière lesquelles se rallièrent celles que les Français avaient repoussées

où

«

aile droite.

des hauteurs, s'avancèrent sur les bataillons du général Watrin, les chargèrent à la baïonnette et les e

mirent en désordre. La 28 demi-brigade, chargée de soutenir la retraite, s'acquitta de cette mission avec

la

plus grande bravoure et le plus entier dé-

voûment,

afin

de donner aux autres troupes

le

temps

de se reformer. Il

était trois

heures du

et la division

soir,

trin, très maltraitée, continuait,

mouvement

rétrograde, lorsque

Wa-

en désordre, son le

général Lannes

de se

rallier

et

la

de renouveler

au moyen de cette espèce de rempart se retirait lorsqu'elle était poussée trop vive-

ses charges, elle

ment par

la cavalerie française.

Cependant, après cinq heures de combat, lage de Gasteggio resta aux Français rallia les

:

le

le vil-

général Ott

troupes de sa première ligne dans

la

posi-

tion de Montebello,

où un nouveau combat, non

moins opiniâtre que

le

premier, s'engagea bientôt.

Les troupes autrichiennes, ayant à cœur de soutenir les efforts de leur général, commençaient à prendre l'avantage

:

mais Ronaparte,

qui venait

champ de bataille, fit avancer une bataillons, commandée par le général

d'arriver sur le

réserve de six

envoya au secours de celte aile gauche de son corps d'armée la division Chambarlhac arrivant à l'instant

Victor, et cette troupe se porta au pas de charge

de Stradella. Le général Rivaud, qui conduisait

gea

tête

de cette nouvelle colonne

chiens par la

racha

manœuvre

la victoire

n'avait avec lui

qu'ils

que

la

,

étonna

les

la

Autri-

plus hardie, et leur ar-

se flattaient d'obtenir.

Il

trois bataillons; et s'apercevant

que l'ennemi s'abandonnait avec trop de sécurité à la poursuite de la division Watrin, il dispersa en tirailleurs, à droite et à gauche, deux de ces batail-

sur le centre de l'ennemi. Ce puissant renfort chanla face

du combat.

L'élite

des troupes autri-

chiennes défendit opiniâtrement un pont garni d'une artillerie

formidable. Les soldats français s'élan-

cèrent trois fois sous le feu de enlever les pièces à

la

la mitraille,

pour

baïonnette, et furent repous-

Le général Gency, qui avait enfin réussi la gauche des Autrichiens, passa le tor-

sés trois fois. à faire plier

rent au-dessous de Gasteggio avec cinq bataillons et


VIE ET AVENTURES.

un régiment de hussards, tourna la batterie, et se réunit à l'attaque centrale dans le même temps, le général Rivaud, qui n'avait cessé de combattre depuis la prise du chcâteau de Dordone, s'avança jusque ;

dans

le village

deMontebello;

le

corps autrichien

presque enveloppé, et le général Ott se décida, un peu tardivement peut-être, à la retraite. Les Français poursuivirent leurs adversaires jusqu'à Voghera, où le général ennemi ne s'arrêta qu'une heure pour continuer ensuite sa marche s:irJTortone.'Il jeta'une garnison de deux se trouvait ainsi

:

33

mille

hommes dans

ville,

passa

liano.

La

y

vit

de Montebello avait duré depuis

du matin jusqu'à huit heures du de jeunes conscrits

glorieusement contre celle des Autrichiens, plus aguerrie et plus nombreuse; et l'artillerie, cette

arme

si

perfectionnée depuis les guerres de

tesse et la précision de ses

passant la rivière,

bandes autri-

chiennes. Celles-ci avaient perdu trois mille tués sur les deux Ht

champs de

hommes

de Casteggio

bataille

de Montebello, cinq mille prisonniers,

six pièces

de canon et plusieurs drapeaux.

la

révolution, s'était surpassée elle-même par la jus-

été remportée par des troupes presque toutes nouvieilles

rivaliser d'intrépidité

lutté

Sesia, mettait en

vellement exercées sur les

soir, et

avec de vieux soldats. La cavalerie française avait

remarquable, qu'elle avait

toire était d'autant plus

de cette dernière vint s'établir à San-Giu-

citadelle

la Scrivia, et

bataille

dix heures l'on

la

colonnes

manœuvres. Cette

mouvement deux colonnes qui. se réunissaient au delà. Une de ces

était alors assaillie, à Villata,

nombre d'Autrichiens embusqués, bat très

vif, elle

vic-

et,

par un grand après un com-

mettait les ennemis en pleine dé-

route et s'établissait à Borgo-Vercelli, pendant que la

seconde colonne

distance de

là, à

s'établissait,

de son côté, à peu de

Torrione, après avoir surpris deux

compagnies d'Autrichiens. XXIII

N'est-ce pas dans ces plaines que les Cimbres furent taillés en pièces par Marius?

Le

même jour,

—

c'est-à-dire le

20 mai,

général Cialdini, voulant s'emparer de

che du pont de Verceil, rompu par et

protéger

la

la tête

—

le

gau-

les Autrichiens,

construction d'un autre pont sur

la

Les événements, on

la

cam-

Les Français d'un côté, les Piémontais de tre. Restait l'action de Garibaldi.

l'au-

le voit, se pressaient

;

pagne s'ouvrait glorieusement.

3


GAMBA LDI.

34

I

le talon

de

fer pesait

brutalement sur

cent soixante ans. Elle était libre, elle s'appartenait

XXIV

— même au temps des Guelfes des Giappartenait Depuis l'année 1700, — nuit nuit sur et

autrefois, lins.

Le 23 mai, Giuseppe GaribaMi,

du corps Romagnano, ve-

à la tète

des chasseurs des Alpes, arrivait à

—

maine,

de Sabino et

et

-la

Autrichiens

le lac

rapidement vers

dirigea

se

il

!

—

Luino, Maccagno, Olgiate, Gavirate,

Borgosesia. DeBorgogesia, le lac

elle,

le deuil.

foudre!

De Romagnano,

s'était faite

Garibaldi chassait les ténèbres en chassant les

une avalanche armée, une trombe huc'était la

à

qu'elle

l'Autriche, la

nant de Camandona. C'était

depuis

elle

il

Arona, entre

atteignit

Majeur, franchit

Tessin

le

pays compris entre

le lac

Majeur

et le lac

tout le

de Gôme,

— se levèrent avec enthousiasme en apprenant que Le

Garibaldi venait d'arriver à Varèse.

comme

tocsin reten-

un peu au-dessous de ce dernier lac, et entra en Lombardie, le 24 mai, entre Soma et Sesto-Ca-

de résurrection, et l'effervescence populaire devint si menaçante que les doua-

lende.

ne purent s'échapper qu'à grand' peine en se réfugiant en costume civil sur le territoire

sur le territoire lombard, Garibaldi ira

fois

plus à s'arrêter.

11

—

n'en a ni le temps

ni l'envie.

gagner sont des victoires de surprise. Il ne recherche pas les batailles rangées; il ne les fuirait pas, si elles se présentaient mais il ne

Les victoires

Ce

les recherche pas.

son

n'est pas

affaire.

l'imprévu, la soudaineté, la fantaisie.

— mais

au renom d'habile, s'inquiète pas

Il

du nombre de

fond sur eux.

il

ses

déroute,

De

il

leur

étonne,

les

Il

peur

fait

aime

Il

ne tient pas

à celui de hardi.

ennemis

seulement que ce sont des Autrichiens les

il

;

Il il

ne sait

cela lui suf-

;

les harcèle,

il

Sesto-Calende, Garibaldi se dirigea sur Va-

cinquante kilomètres

Quarante ou

Ces diables de patriotes ont

!

des bottes de sept lieues

!...

deux pas. En avant On ne raconte pas cette marche triomphale de Garibaldi à travers bourgs et villages, à travers bois Les Autrichiens sont

et à travers plaines.

Il

à

!

faut essayer de se l'imaginer.

Partout, sur son passage, les paysans poussaient

des hurrahs frénétiques Garibaldi.

«

Varèse est une petite

:

Vive Garibaldi

« !

au milieu desquelles

la

ville

de huit mille âmes, sur

route de Milan au lac Majeur f au point de jonc-

tion de cette route et de celle de

Gôme.

C'était,

par

conséquent, un endroit stratégique important. Aussi les Autrichiens s'émurent. Le colonel Bon-

temps rapprocha ses troupes de la frontière. La brigade OU et la brigade Gauzcubach se portèrent rapidement du côté de Mendrisio mais elle ne purent que constater les progrès toujours croissants de :

l'insurrection.

!

rèse, directement, en quelques heures.

tions

cri

suisse.

qu'il doit

;

:

partout,

niers autrichiens

Une

fit

tit

Vive

!

»

criait

criaient les popula-

» il

l'Italie

passait, l'épée nue,

Les habitants de Varèse, municipalité eu tète, avaient à peine eu le temps de féliciter les vaillants chasseurs des Alpes et leur intrépide général, qui avaient fait prisonnière la garnison autrichienne de

—

que l'on signalait l'approche d'un corps d'armée de trente mille hommes aux ordres du général Urban. La situation était critique. Garibaldi avait des soldats déterminés, armés de sliilzcns, avec quelques munitions dans leurs cartouchières; mais il cette ville,

n'avait pas

— Ce

un

seul canon.

n'est rien! s'écria-t-il.

Les Autrichiens en

flamboyante, vengeresse, sur son cheval fumant,

ont!

comme un personnage

Les Autrichiens en avaient, en effet, et ils le lui prouvèrent bien. Mais Garibaldi leur prouva autre chose. Il se barricada dans Varèse et fit jouer les

légendaire.

L'Italie se réveillait enfin.

au cœur, avec siasme. Cet

Le sang

l'espoir, avec la foi,

homme,

lui

revenait

avec l'enthou-

ce héros pâle, aux yeux ar-

fusils.

au front superbe recouvert du rouge capettino dalmate, au costume pittoresque emprunté aux

Les Autrichiens n'en approchèrent pas moins. Alors Garibaldi commanda à ses hommes une charge

mœurs d'autrefois,

à la baïonnette.

deiits,

Vive Garibaldi

hommes

Les de

—

,

Cette

!

s^armaient, les

femmes pleuraient

eux-mêmes

voulaient suivre ce

joie, les enfants

preux

c'est l'Italie, c'est la Liberté!...

ce mâle apôtre de l'indépendance italienne.

Et quand

il

avait disparu, avec sa petite

composée d'aventuriers comme

lui,

—

armée

c'est-à-dire

de dévoués patriotes, jeunes gens pour

la

plupart,

nobles et roturiers, riches et pauvres,

— quand

avait disparu, les villages arboraient le

drapeau aux

il

drapeau italien. La Lombardie ne voulait plus de l'Autriche, dont

trois couleurs, le

fois, les

Autrichiens furent forcés de re-

culer.

Cela se passait le °20 mai, à quatre heures du

matin.

A deux

heures de l'après-midi,

revinrent pour reprendre Varèse cette

,

les

—

Autrichiens autorisés à

imprudence par leur nombre. Leur

artillerie

joua d'une façon terrible contre les barricades de pierre et de chair qui leur étaient opposées. Ils auGaribaldi n'avait pas employé les grands moyens, c'est-à-dire s'il n'avait pas lancé raient réussi,

si

—


VIE ET ses volontaires sur

corps d'année du

lo

AVENTURES

général

Urban.

35

l'Italie qu'il

avait repris l'épée,

lombardes,

Après

le

heures d'un combat acharné, Gatï-

mandé

le signal

baldi rentra à Varèse avec des prisonniers et des

manité

et

canons.

la

trois

de ne pas se do dire « Je

avait bien raison, n'est-ce pas?

Il

mettre en peine

à ce dernier sujet, et

pas de canons, mais

n'ai

les

:

Autrichiens en ont

!

»

vernement du

première

ville

lui les

çant pour

lombarde dont

le

gou-

de Sardaigne prit possession. Voici, à ce propos, deux pièces intéressantes qui constatent cette prise de possession. L'une est une proclamation du maire de Varèse. L'autre est une proclamation du comte Emile Visconti-Venosta, commissaire extraordinaire de Victor-Emmanuel près du corps des chasseurs des Alpes, chargé de l'administration civile de Varèse. Commençons par celle du maire de Varèse roi

:

En

«

vertu des pouvoirs à lui conférés par décret

d'aujourd'hui du général Giuseppe Garibaldi,

mandant

les

chasseurs des Alpes,

savoir ce qui suit

le

com-

soussigné

fait

:

le Tessin,

ont de-

de l'insurrection. Des motifs d'hu-

que vous avez accepté, parce qu'à présent tout est discipline en Italie, le calme comme l'action. Mais aujourd'hui, plus de retards! Le brave général Garibaldi est venu nous l'annoncer, et sur-le-champ

ment du

la

populations

délai

la

*

Varèse fut

les

de prudence et les nécessités générales de guerre nous ont engagés à vous conseiller un

devant

XXV

que

regard tourné vers

populations se soulèvent, se prononcause nationale et pour le gouverne-

Victor-Emmanuel. « Commissaire de Sa Majesté sarde, je viens prendre le gouvernement civil de ce mouvement roi

spontané. Citoyens, l'insurrection lombarde sera .

animée de ce nouvel et admirable esprit italien qui, avec le secret de la coneorde, nous fait retrouver le secret de la fortune. Aucun désordre ne viendra troubler

le

sublime spectacle de

la liberté

;

aucune

impétuosité aveugle ne viendra désordonner l'orga-

nisme

du pays; aucun esprit d'imprévoyante réaction ne voudra considérer comme le triomphe d'un parti celui qui est le triomphe d'une société civil

tout entière.

Les guerres de l'indépendance ne doivent leur succès qu'à de grands efforts. Vous avez devant vous l'exemple du généreux Piémont qui, depuis «

Le gouvernement autrichien est déclaré déchu; il est remplacé par celui du magnanime roi Victor-Emmanuel de Sardaigne, au nom duquel les autorités gouverneront désormais, conformément aux instructions qui leur seront données; « 2° Les mesures d'ordre public et pour la défense du pays sont concentrées dans les mains du soussigné, et confiées, pour l'exécution, au patriotisme

grands sacrifices, soutenu par cette haute espérance, devenue désormais une

de

nous demande la formation d'un Etat fort, rempart de la nation, acheminement à ses. nouvelles destinées. Les vœux incessants du pays vont être exaucés vous pouvez vous soulever dans la certitude de cette

» 1°

la

population et de

la

garde nationale qui va être

organisée. «

Que

les habitants aient pleine

confiance et qu'ils

comptent sur le soussigné, qui tâchera de répondre dignement aux bonnes intentions du magnanime roi représente et de son général, qui

qu'il

ces pouvoirs extraordinaires, pour le bien et

de

l'Italie,

dans

les

conféré

lui a

« N

Varèse,

district.

mai 1859.

le -24

Le maire, commissaire

roj/al

Notre œuvre

réalité.

est assurée.

secours. L'Italie s'organise pour soutenir

de l'indépendance. Napoléon lance des destinées l'épée de l'alliée

sarde extraordinaire^

la

a jeté

guerre

dans

la

ba-

France, notre sœur,

;

union désirée, criant constitutionnel!..

:

Vive Victor-Emmanuel

,

roi

»

Après

la

prise et la reprise de Varèse par Gari-

eut autre chose. Les victoires se suivent et ne se ressemblent pas. Garibaldi ne pouvait pas

baldi,

il

et

lendemain,

reprendre éternellement Varèse. Dès il

d

Un combat

le

poursuivit les Autrichiens, qu'il ren-

contra à Borgo-Vico, près de Carcaiso.

III

la

naturelle des causes généreuses. Toutel'Italie

prendre

«

La brave armée

piémontaise, sous les ordres du roi, vient à notre

graves circonstances actuelles.

de l'ancien commissariat du

les plus

du pays

La résidence du commissaire royal sarde sera dans le local

onze ans, supporte

la ville

terrible s'engagea.

Le

de Corne. tocsin sonna à

toutes volées et mêla son glas formidable aux éclats Voici, maintenant, la proclamation saire extraordinaire

de S. M.

le roi

du commis-

de Sardaigne

à

Varèse et à ses environs. «

A

Citoyens

!

Victor-Emmanuel, premier soldat de l'indépendance nationale, a-t-il eu annoncé à «

peine

du canon. Les paysans accoururent en foule se ranger sous les drapeaux de l'indépendance, et les Autrichiens, menacés partout, prirent la fuite pour se rallier à Camerlata, la tête de ligne du chemin de fer de Milan, où une nouplus formidables encore

—

—

velle bataille fut livrée.

le roi

•

Après ce combat, Garibaldi, toujours victorieux.


GARIBALDI

;iô

fit

son entrée dans

la ville

de Gônie. Les illumina-

tions étaient prêtes d'avance

:

toutes les fenêtres

resplendirent.

votre valeur les frontières de

nos adversaires devaient les menacer, vous leur ferez sentir qu'elles renferment toujours le même peuple fidèle qui, de même que ses pères,

XXVI «

1

de Montebello

er

combattre et vaincre pour Dieu et sa patrie.

Donné dans mon quartier-général de Vérone,

journée de Varèse. Gela promet pour l'avenir Garibaldi ne perdait pas de temps. Pendant que des renforts d'hommes et de matériel s'acheminaient

le

juin 1859.

journée de Vercelli,

,

cher pays du Ty-

rol. Si

sait

Journée

mon

«

François-Joseph, M. P.

»

!

vers son corps de volontaires,

Gôme

son

il

faisait

de

la ville

de

quartier général et établissait ses avant-

postes à Gantu, sur la route de Milan. Les volontaires accouraient de tous côtés se ran-

ger sous ses drapeaux. L'insurrection allumée par lui se propageait dans la Valteline. Sondrio, chef-lieu de délégation de cette province,

proclamait Victor-Emmanuel, dont la royauté était déjà reconnue à Varèse, à Angera, à Gôme. Des commissaires sardes constituaient des municipalités, créaient

une garde nationale, levaient des

de volontaires. Après avoir pris Varèse et Gôme, Garibaldi preplace forte située sur la rive lomnait Laveno, barde, et qui était restée jusque-là au pouvoir des bataillons

—

Autrichiens. Il

s'apprêtait à

de la personne

— qu'on

marcher sur Milan, pour s'emparer

même de l'empereur François-Joseph,

disait arrivé

dans cette capitale,

que l'empereur Napoléon

qu'il apprit

Victor-Emmanuel

—

lors-

III et le roi

dans

même

le

sens.

Nous avons donné le premier donnons le second. ;

Sa Majesté Apostolique ayant cru le moment venu de faire un appel aux armes aux braves habi«

du Tyrol et du Vorarlberg, ce sera maintenant une affaire d'honneur de tout brave Tyrolien et Vorarlbergeois de contribuer de toutes ses forces à l'organisation des compagnies de tirailleurs.

tants

Les commissaires de défense auront à faire de huit en huit jours des rapports sur le progrès de «

compagnies aux comités de qui auront à m'en faire connaî-

l'organisation de ces

défense des cercles,

Pour être plus près des frontières menacées et pour pouvoir, au besoin, exercer une influence personnelle sur l'organisation des compagnies de tirailleurs, je me rendrai demain à Botzen, tre les résultats.

et y resterai

quelque temps.

Aux paroles généreuses et partant réellement du cœur que vous a dites l'empereur, j'ajoute que «

en son temps, à chacune des vingt compagnies qui se trouveront les premières prêtes à marcher à l'effectif de cent quatre-vingts hommes

l'avaient devancé.

je donnerai

XXVII

au moment, un souvenir permanent pour le drapeau de la compagnie. L'ordre, et le temps du départ se-

Aujourd'hui, les Autrichiens, qui étaient venus comme une marée formidable, se retirent vers leurs places fortes, -r consternés et démoralisés.

L'empereur d'Autriche ne

Après l'empereur d'Autriche, l'archiduc CharlesLouis a adressé aux mêmes montagnards un appel

ront déterminées par moi. «

Inspruck, le 2 juin 1859. «

croit pas la partie per-

due, cependant. Il vient d'adresser aux montagnards du Tyrol cet appel in extremis :

Archiduc Charles-Louis, gouverneur du Tyrol et Vorarlberg. »

Malheureusement pour l'Autriche

,

ce double ap-

pel n'a guère chance d'être entendu. A MES FIDÈLES PEUPLES DU TYROL ET DU VORARLBERG.

En 1848,

Je vous appelle aux armes Je vous appelle à prouver de nouveau à vos contemporains et à la postérité votre fidélité et votre virilité, votre senti«

!

plein d'inspirations divines. Je vous ap-

ment pieux pelle

pour

la

cause

la

plus juste qui ait jamais

fait

Prenez en main l'arme du pays que vous connaissez si bien ; réunissez-vous en corps de tirail frontière, leurs, et allez au-devant de l'ennemi à la pour la couvrir de votre fidélité et de votre courage contre cet ennemi qui a si souvent payé de son sang contre la tentative de pénétrer dans vos montagnes, tirer l'épée.

cet

ennemi qui se

fait l'allié

de

la rébellion

contre

confiera l'autorité légitime instituée par Dieu. Je

Tyrol,

—

et

qu'à Trente,

lorsque les corps francs menaçaient le étaient arrivés jusqu'à Rion et jus

ils

—

tout ce peuple allemand s'était mis

en marche pour

les repousser.

Peuple de monta-

gnards, aimant leur pays, leurs bois, leurs vierges, et détestant les

Français,

— sur

leur en avait faite. Aujourd'hui,

pas tout-à-fait,

En

tout cas,

ils

ils

la

réputation qu'on

s'ils

ne

les

aiment

du moins à les haïr. marcher contre eux.

se refusent

se refusent à

Le 24 mai dernier, l'archiduc Charles-Louis, gouverneur du Tyrol, avait publié une loi qui demandait vingt-deux mille

quarante ans, pour

mées

alliées, et

montagnards, de dix-sept à

aller

défendre

combattre contre la

patrie menacée.

les ar-

L'em-


VIE ET AVENTURES. pressement n'a pas été grand, vouer, puisque c'est vrai.

Et encore, passe pour

mand. Mais pour

le

le

—

il

faut bien l'a-

Tyrol purement alle-

force dans le cadre de la Confédération germanique, il

est et reste italien,

—

Les nations,

Que

Tridentino, qu'on a englobé par

de

italien d'esprit, italien

ou que dit

que douteux que l'appel du 1 juin plus entendu du Tyrol que celui du 24 mai. Il

est plus

comme les hommes,

celles

de l'Autriche s'accomplissent donc!

l'Italie soit libre

l'Empereur Napoléon

—

infatigable,

il

a juré

la patrie italienne.

— A moins que beau chemin. ne en un mort La mort des braves cœurs, — Il

heure sera remise au

France

a

de ne remettre l'épée au fourreau que lorsqu'il n'y aura plus un seul soldat autrichien sur le sol sacré

Piémont ont "tirée, sur les provocations de l'empereur François-Joseph. Il y a des choses fatales en ce monde. la

—

dans sa proclamation

III,

Quant à Garibaldi, l'homme

soit

tiendra son serment.

l'arrête

fourreau cette épée que

»

au peuple Français avant son départ pour Gênes.

de

à quelle

jusqu'à l'Adriatique;

L'Italie sera libre jusqu'à l'Adriatique.

XXVIII

Nous ignorons tous

ont leurs destinées.

que l'Autriche domine jusqu'aux Alpes,

faut

« Il

sentiments, italien d'origine, italien de traditions. er

37

Une noble

vie

mort

si

glorieuse!

la

et le

la

si

noblement remplie ne peut avoir qu'une

fin.

Alfred Delvau.

APPENDICE surmontable

i

:

l'Empereur résolut de

le

tourner, et

donna le change aux Autrichiens en massant son armée sur la droite et en lui faisant occuper Casteggio et même Bobbio sur la Trebia. « Le 31 mai, l'armée reçut l'ordre de marcher par il

la

Les événements se succèdent avec la rapidité de et les victoires. foudre les événements

—

;

On

a eu à peine le temps de rédiger

le bulletin

de

la la victoire d'hier, qu'il

faut rédiger celui de la vic-

toire d'aujourd'hui,

à peine celui

faut écrire celui

du

—

soir

du matin,

paraître

Victoire

«

:

!

était resté

»

s'agit

de

la victoire

Donnons d'abord

allait

crient les échos qui nous

de Magenta.

la bataille

de Magenta. Les au-

tres viendront après.

L'armée française, réunie autour d'Alexandrie, avait devant elle de grands obstacles à vaincre. Si «

elle

marchait sur Plaisance,

elle avait à faire le siège

de cette place et à s'ouvrir de vive force le passage du Pô, qui, en cet endroit, n'a pas moins de neuf cents mètres de largeur, et cette opération cile devait être

si diffi-

exécutée en présence d'une armée

ennemie de plus de deux cent mille hommes. « Si l'Empereur passait le fleuve à Valence, trouvait l'ennemi concentré sur la rive gauche Mortara

,

et

il

à Gasale, dont le pont

en notre possession

;

elle prit aussitôt la

il

à

ne pouvait l'attaquer dans cette posi-

la Sesia fut

opéré

pour protéger et couvrir notre marche rapide sur Novare. Les efforts de l'armée furent dirigés vers la droite sur Robbio, et deux combats glorieux pour les troupes sardes, livrés de ce côté, eurent encore pour effet de faire croire à l'ennemi que nous marchions sur Mortara. Mais, pendant ce temps, l'armée française s'était portée vers Novare, et elle y avait pris position sur le même emplacement où dix ans auparavant le roi Charles- Albert avait combattu. Là, elle pouvait faire tête à l'ennemi

s'il

se présen-

tait.

marche hardie avait été protégée par cent mille hommes campés sur notre flanc droit à Olengo, en avant de Novare. Dans ces circonstan«

Ainsi cette

ces, c'était

que par des colonnes séparées, manœuvrant au milieu d'un pays coupé de canaux et de rivières. I) y avait donc des deux côtés un obstacle presque in-

tion

Pô

route de Vercelli, où le passage de

arrivent d'au-delà les Alpes. Il

le

qu'il

!

Ainsi, notre brochure était achevée, elle

gauche, et franchit

donc

à la réserve

confier l'exécution arrière de la ligne «

Le 2

juin,

une

que l'Empereur devait

du mouvement qui de

se faisait en

bataille.

division

de la garde impériale

fut

dirigée vers Turbigo, sur le Tessin, et, n'y trouvant

aucune résistance, «

elle

y jeta trois ponts.

L'Empereur, ayant recueilli des renseignements


GARIBALDI.

38 qui s'accordaient à lui faire connaître

que l'ennemi

gauche du fleuve, fit passer le Tessin en cet endroit par le corps d'armée du général de Mac-Malion, suivi le lendemain par une division de l'armée sarde. se retirait sur

«

la

rive

Nos troupes avaient

a

lombarde, qu'elles

v furent

rive

peine pris position sur

attaquées par un

corps autrichien venu de Milan par Elles le

la

chemin de fer. repoussèrent victorieusement sous les yeux le

de l'Empereur.

Dans

«

la

même

journée du 2 juin,

Milan jusqu'à Trecate, d'où

la

elle

la

division

retranchements

gauche en

se replia sur la rive

de pierre qui traverse complet, et

le

sur ce point, et

faisant sauterie

fleuve en cet endroit.

l'ennemi

C'est les

que la division des grenadiers de la garde impériale s'emparerait de la tête du pont de Boffalora sur la rive gauche, et que le corps d'armée du maréchal Canrobert s'avancerait sur la rive droile pour passer le Tessin au même point.

appris, dans la nuit

fait

manœuvre eurent

faite. Lorsqu'ils

que l'armée française du Tessin à Turbigo, ils

juin,

repasser rapidement ce fleuve, à Vige-

du gé-

néral

souffrit

aussi des retards, et, d'un autre côté, lorsque le

corps du maréchal Canrobert sortit de Novare pour rejoindre l'Empereur, qui s'était porté de sa personne à la tête du pont de Boffalora, ce corps trouva la route tellement encombrée, qu'il ne put arriver

ils

étaient

devant l'Empereur au nombre de cent vingt-cinq

hommes,

et c'est

portionnées que

la

contre ces forces

si

dispro-

division des grenadiers de la

garde, avec laquelle se trouvait l'Empereur, avait

Dans cette circonstance critique, le général Regnaud de Saint-Jean-d'Angély fit preuve de la plus grande énergie, ainsi que les généraux qui commandaient sous ses ordres. Le général de division Mellinet eut deux chevaux tués sous lui le général Clerc tomba mortellement frappé; le général Wimpffen fut blessé à la tête les commandants Desmé et Maudhuy, des grenadiers de la garde, furent tués les zouaves perdirent deux cents hommes, et les grenadiers subirent des pertes non moins con«

;

;

;

res,

«

Enfin, après une longue attente de quatre

heu-

pendant laquelle la division Mellinet soutint sans reculer les attaques de l'ennemi, la brigade Picard, le maréchal Canrobert en tête, arriva sur le lieu du combat. Peu après parut la division Vinoy, du corps du général Niel, que l'Empereur avait fait appeler, puis enfin les divisions Renault et Trochu, du corps

du maréchal Canrobert.

En même temps, le canon du général de MacMahon se faisait de nouveau entendre dans le loin«

à Boffalora, lorsque,

Le corps du général, retardé dans sa marche, et moins nombreux qu'il n'aurait dû l'être, s'était avancé en deux colonnes sur Magenta et Boffalora. « L'ennemi ayant voulu se porter entre ces deux colonnes pour les couper, le général de Mac-Mahon

entendit une vive fusillade

avait rallié celle de droite sur celle de gauche, vers

au Tessin.

Telle était la situation des choses, et l'Empereur attendait, non sans anxiété, le signal de l'arrivée du «

corps du général deMac-Mahon

« C'était le

d'expliquer la

ponts derrière eux. Le 4 au matin,

les

compter à la guerre. L'armée du roi fut retardée dans son passage de la rivière, et une seule de

faut

il

du 2

avait surpris le passage

sidérables.

une canonnade

moment

le

ici

Autrichiens avaient

L'exécution de ce plan d'opérations fut troublée par quelques-uns de ces incidents avec lesquels il «

et

de

vano, par trois de leurs corps d'armée, qui brûlèrent

lora et Magenta, tandis

vers les deux heures,

allait-

Tou-

garde impériale et suivi de toute l'armée du roi de Sardaigne, devait se porter de Turbigo sur Boffa-

fort tard

garde

?

seule à lutter.

que

avait-elle été repous-

soutenir, à elle seule, tout l'effort

La journée du 4 avait été fixée par l'Empereur pour la prise de possession définitive de la rive gauche du Tessin. Le corps d'armée du général de MacMahon, renforcé de la division des voltigeurs de la

division Espinasee

la

avaient

«

la

d'un autre côté,

et,

sée, et la division des grenadiers de la

mille

«

corps d'armée du maréchal Can-

La colonne du général

cessé.

proposé de renverser s'étant seulement affaissées sur elles-mêmes sans s'écrouler, le passage ne fut pas interrompu.

deMac-Mahon. La marche de

le

pont

de ses fourneaux de mine ne fut pas les deux arches de pont qu'il s'était

ses divisions put suivre d'assez loin le corps

et

canonnade et la fusillade qui avaient signalé l'arrivée du général de Mac-Mahon avaient complètement

que

qu'il avait établis

se trouvèrent en face de

robert ne se montrait point,

de

pont de Boffalora, l'ennemi évacua précipitamment

tefois, l'effet

Cependant

«

route de Novare à la tête

elles

qui arrêtèrent leurs progrès.

«

menaçait

mais

;

masses considérables qu'elles ne purent enfoncer

elle avoir à

Espinasse s'étant avancée sur

les

nos troupes

très-vives.

moment de

le

Le général

arrivait.

soutenir en marchant

vers Magenta. L'Empereur lança aussitôt la brigade Wimpffen contre les positions formidables occupées

par les Autrichiens en avant du pont;

tain.

Magenta,

et c'est ce qui explique

comment

avait cessé, dès le début de l'action,

le

du côté de

feu

Bof-

falora. «

En

effet, les

Autrichiens se voyant pressés sur

Clerc suivit le

leur front et sur leur gauche, avaient évacué le village de Boffalora et porté la plus grande partie de

dent

leurs forces contre le général de

la

brigade

mouvement. Les hauteurs qui borNaviglio (grand canal) et le village de Boffalora furent promptement emportés par l'élan de le

Mac-Mahon, en

e avant de Magenta. Le 45 de ligne s'élança avec in-


VIE ET AVENTURES.

ferme de Cascina-Nuova, qui précède le village, et qui était défendue par deux régiments hongrois. Quinze cents hommes de l'entrépidité à l'attaque

de

la

nemi y déposèrent

les

drapeau

fut en-

levé sur le cadavre

du colonel. Cependant la

division

armes, et

le

:]i

son chef d'état-major, fut tué à ses côtés;

du 90

Charlier,

coups de feu,

e

le

mortellement atteint de cinq plusieurs officiers de la division Re,

et

fut

nault furent mis hors de combat, pendant, que le village

de

de Ponte

di

Magenta

était pris et repris sept

Motterouge se trouvait pressée par des forces considérables qui menaçaient de la séparer de la

fois

division Espinasse.

mée française restait maîtresse du champ de

de

la

«

Le général de Mac-Mahon

conde ligne

les treize bataillons

garde, sous

le

mou,

avait disposé en se-

des voltigeurs de

commandement du brave

qui, se portant en

la

général Ca-

première ligne, soutint au

centre les efforts de l'ennemi et permit aux divisions

de

Motterouge

la

reusement

et

Espinasse de reprendre vigou-

l'offensive.

Dans ce moment d'attaque générale, le général Auger, commandant l'artillerie du 2 e corps, fil mettre en batterie, sur la chaussée du chemin de fer, quarante bouches à feu, qui, prenant en flanc et d'éles Autrichiens, défilant

en grand désordre,

en firent un carnage affreux. «

A

Magenta,

le

combat

part et d'autre que c'était s'en

fut terrible.

là la clef

On de

L'ennemi sentait

de

la position.

emparèrent maison par maison, en

aux Autrichiens des pertes énormes. de dix mille des leurs furent mis hors de comet le général de Mac-Mahon leur fit environ mille prisonniers, parmi lesquels un régiment e entier, le 2 chasseurs à pied, commandé par

faisant subir

Plus bat,

cinq tout le

Enfin, vers huit heures et demie

du

et l'ennemi se retirait en laissant entre

soir, l'ar-

bataille,

nos mains

quatre canons, dont un pris par les grenadiers de garde, deux drapeaux et sept mille prisonniers.

peut évaluer à vingt mille environ

On

Autrichiens mis hors de combat.

champ de

bataille

douze mille

le

la

On

nombre des

a trouvé sur le

fusils et trente mille

colonel Hauser. Mais le corps du général eut lui-

môme

«

Les corps autrichiens qui ont combattu contre

nous sont ceux de Clam-Gallas, Zobcl, Schwartzen-

berg

Le feld-maréehal Giulay com-

et Lichtenstein.

mandait en chef. «

Ainsi, cinq jours après le départ d'Alexandrie,

l'armée alliée avait livré trois combats, gagné une

défendit le village avec acharnement.

Nos troupes

«

suite.

sacs.

«

charpe

colonel

beaucoup à souffrir quinze cents hommes furent tués ou blessés. A l'attaque du village, le gé:

néral Espinasse et son officier d'ordonnance, le lieu-

bataille,

Piémont des Autrichiens et portes de Milan. Depuis le combat de

débarrassé

onvert les

le

Montebello, l'armée autrichienne a perdu vingt-cinq mille

hommes

tués ou blessés, dix mille urisonniers

canons.

et dix-sept

Après Magenta,

»

voici

venir Malegnano, Pavie,

Lodi, Bergame. Les Autrichiens sont en pleine déroute. Garibaldi d'un côté, l'armée franco-piémon-

de l'autre, ne les laissent pas respirer un instant. Ils abandonnent leurs positions, ils évacuent

taise

n'ont pas

les villes, ils

morts, —

le

temps d'enterrer leurs

fuient!..

ils

tenant Froidefond, étaient tombés frappés à mort.

Comme bés les

de leurs troupes, étaient tomcolonels Drouhot, du 65 e de ligne, et de lui, à la tête

Chabrière, du «

°2 e

D'un autre côté,

les divisions

faisaient des prodiges

Vinoy

de valeur, sous

les

et

Renault

ordres du

maréchal Canrobertet du général Niel. La division de Vinoy, partie de Novare dès le matin, arrivait à peine à Trecate, où

elle

devait bivouaquer,

quand

appelée par l'Empereur. Elle marcha au pas de course jusqu'à Ponte di Magenta, en chassant elle fut

l'ennemi des positions qu'il occupait et en lui faisant plus de mille prisonniers; mais, engagée avec des forces supérieures, elle eut à subir

pertes

:

onze

officiers furent tués et

beaucoup de

cinquante bles-

cinquante sous-officiers et soldats fue rent mis hors de combat. Le 85 de ligne eut surtout

sés

;

six cent

à souffrir

se

fit

:

le

II

régiment étranger.

commandant

bravement tuer

les autres officiers

Delort, de ce régiment,

à la tête

de son bataillon,

et

supérieurs furent blessés. Le gé-

Qui resterait froid devant de telles victoires, qui font

un phare glorieux, sur

rayonner

le

monde

de l'Empire

Le cœur de d'un seul

la

Senneville,

émerveillé?

nation tout entière bat

homme. On

comme on

comme celui

s'avoue Chauvin sans rougir,

rougissait jadis.

Les nouvelles du théâtre de la guerre sont attendues avec une impatience fébrile. Partout, de la mansarde à l'hôtel du riche, de la rue Mouffetard au

commente les bulletins journaux du soir, comme on com

boulevart des Italiens, on

mentait jadis les bulletins de

Le colonel de

comme

!

conduisant sa brigade. dos pertes regrettables.

France,

grandes choses, de ces combats de géants qui renouvellent si bien pes combats de la République et

que donnent

Les troupes du maréchal Canrobert firent aussi

la

noms, devant de

Les plus réfractaires à l'enthousiasme se laissent envahir par l'émotion du patriotisme, en face de ces

néral Martimprey fut atteint d'un coup de feu en

«

tels

les

aussi,

armée

d'Italie

cette vaillante

Grande-Armée. une Grande- Armée, qui compte dans ses

la

N'est-elle pas, elle


GARIBALDI.

4«

—

des vétérans rangs des vétérans et des conscrits, hier, des conscrits qui seront qui étaient conscrits

Ne

vétérans demain?

sont -ce pas

d'Afrique et les soldats de

acclamations

la

tête de laquelle est notre roi.

Officiers, sous-officiers et soldats,

«

il

du de-

est

montrer que la discipline et l'ordre régnent parmi nous avec la véritable attitude militaire de soldats honorables; elles prouvent que, tout en accomplissant scrupuleusement notre devoir dans ce classique et beau pays, nous sommes prêts aussi, dans les rangs des braves de Curtatone et Nontonura, à combattre à outrance l'ennemi comvoir de tous de

qui leur

l'Italie,

pagnons

donne de

valeureux

si

com-

!

III

Nous avons

déjà donné plusieurs documents offi-

importants.

En

voici d'autres, qu'il serait re-

mun

de notre indépendance.

l'indépendance de «

grettable d'omettre. C'est d'abord l'ordre

du jour adressé par

Napoléon au 5* corps d'armée

le

— Vive

le roi

vive

!

l'Italie!

Le major commandant,

prince

«

Annibalbi Biscossi.

»

:

que le au général de Sonnaz Puis

«

les

voient en nous les représentants de l'armée nationale à

!

Vive

ciels

que

ainsi

enthousiastes des habitants, nous prouvent qu'ils

vive la France, qui fait naître de pareils

Ah! héros

soldats

les

là

Crimée?

monumentales,

tres et

e Soldats du 5 corps de l'armée

d'Italie!

L'Empereur m'appelle à l'honneur de vous commander. Plusieurs d'entre vous sont mes anciens camarades de l'Aima et d'Inkermann. Comme en Crimée, comme en Afrique, vous serez dignes de votre glorieuse réputation. Discipline, courage, ténacité, voilà les vertus militaires que vous mon-

la lettre

roi

Victor-Emmanuel

a écrite

:

«

nouveau à l'Europe, attentive aux grands événements qui se préparent. Le pays qui fut le berceau de la civilisation antique et de la renaistrerez de

sance moderne va vous devoir sa liberté ; vous le délivrer à jamais de ses dominateurs, de ces éterallez

nels

ennemis de

la

France dont

dans notre histoire, avec luttes et

le

le

nom

se confond,

«

Excellence,

«

la

Occimiano,

le

18 mai 1859.

noble, patriotique et brave atti-

tude que Votre Excellence a tenue ces jours der-

où la capitale étant menacée d'une invasion ennemie, vous vous êtes réuni à la tête de quelques niers,

troupes à celles de

la

division de cavalerie

nir tête à l'invasion, a été par

approuvée

moi

pour

entièrement

si

que j'éprouve le vif besoin de vous en témoigner ma grande satisfaction, et de vous offrir en même temps mes plus sincères reet louée,

mercîments.

souvenir de toutes nos

Cet acte spontané et résolu est une nouvelle

«

preuve du constant dévoûment au trône dont

de toutes nos victoires.

te-

mon

que les peuples italiens font à leurs libérateurs témoigne de la justice de la cause dont

père

et!

dans

le

l'Empereur a pris

services de Votre Excellence, qui lui ont valu toute

«

«

L'accueil

la

défense.

Vive l'Empereur

pendance italienne

vive la France

!

!

vive l'indé-

Le prince commandant en chef le 5 corps de l'armée d'Italie, «

Napoléon (Jérôme).

»

du jour du commandant des marine sarde en Toscane, en date du

Puis, voici l'ordre

soldats de la

10 mai

bienveillance, et vous ont acquis tant de droits

à l'estime et à la reconnaissance

!

e

«

ma

moi nous avons reçus tant de témoignages passé, et un titre de plus ajouté aux éclatants

et

de

l'ar-

mée. Aujourd'hui que le péril dont la capitale était menacée a cessé, Votre Excellence pourra reprendre le commandement de la division militaire de Turin, et j'ai la ferme confiance que s'il survenait d'autres graves événements, la patrie et le roi pourront toujours compter sur le bras et le cœur de Votre Excellence qui ne vieillissent jamais.

:

«

«

du pays

Commandant

des soldats de

la

comme

par suite du

sorti

cri

de guerre

de Victor-Emmanuel, notre

étrangère

;

mais,

des augustes lèvres

roi,

»

marine royale Puis une circulaire du commissaire royal extraor-

sarde en Toscane, nous voici sur une terre que tout à l'heure nous regardions

Victor-Emmanuel.

dinaire pour les divisions de Novare, Ivrée,

Verceil

et

aux habitants de Verceil.

nous saluons au-

jourd'hui notre sœur en liberté, et à ces nobles en-

«

Votre

ville,

sans défense naturelle ou

artificielle,

Les événements de ces derniers jours disent au monde que le Toscan n'a jamais menti à l'Italie, et

dû subir une criminelle invasion. Les lois et les usages de la guerre donnaient un caractère sacré à vos propriétés. Le général ennemi avait publiquement promis de les respecter; mais quelle chose ou

l'accueil cordial à notre entrée

quelle promesse,

fants de l'Italie

nous tendons

la

main droite en signe

d'alliance impérissable. «

dans ces

villes illus-

a

même

la

plus sacrée, n'est pas


V[E ET AVENTURES. aux pieds par l'Autrichien?

41

dix-sept jours sur votre territoire, jours de spolia-

hordes ennemies l'assurance ou le prétexte de se livrer à des sévices. Les magistrats impassibles ont continué à rendre la justice au nom du roi qui a ga-

tion et de rapine!

gné

violée, n'est pas foulée

Les soldats de

la

maison de Habsbourg sont restés

mon cœur ne saignait pas me réjouirais de ce que

« Si

pensée de vos

à la

souffrances, je

ces énormi-

détrompé ceux qui s'obstinaient encore compter l'Autriche au nombre des puissances ci-

tés ont enfin

à

vilisées. «

Habitants de Verceil, vous avez supporté les

maux

haut et

le front

La municipalité prudente

et

le

ferme

cœur a

assuré.

enlevé aux

étrangère, et j'ai la certitude que la nation entière vous tiendra compte de vos douleurs et de votre constance Vive le roi! vive l'Italie :

De

!

Verceil, le 2-2

Vous avez tous donné la preuve irrécusable qu'il de menace pas de violence qui puisse triompher du courage d'une population qui a foi en-

«

,

dans

le

sceptre et l'épée de son monarque, dans

bravoure de son armée, dans sa destinée qui mûJe vous rends grâces solennelles pour cette

la

rit.

preuve

si

difficile

à

donnner

Signé ïecchio.

»

de l'invasion

vis-à-vis

droite, il voulait empêcher la jonction de nos soldats avec ceux du maréchal Canrobert. Le moment était suprême. Notre force était numériquement bien in-

férieure à celle de l'adversaire. Mais

mai 1859.

l'al-

«

n'est pas

tière

plus grands

«

à la croix de Savoie les affections de l'Italie, liance de la France, l'admiration du monde.

de

lui les

braves troupes de

la

il

avait en face

e

4 division, sous

les

ordres du général Gialdini, et l'incomparable 3 e réPuis une proclamation du roi de Piémont aux troupes :

•

Du

quartier général principal à Torrione,

le 31

mai 1859.

giment de zouaves (l'imparegginbile 3° regi.nento dei zuavi), qui, combattant en ce jour avec l'armée sarde, a puissamment contribué à la victoire. «

pes «

Soldats!

Aujourd'hui un nouvel et éclatant fait d'armes été signalé par une nouvelle victoire. L'ennemi «

a

nous a vigoureusement attaqués dans

la

position de

Palestro; portant de puissantes forces contre notre

La

lutte a été meurtrière

alliées

mais à la fin les trouont repoussé l'ennemi après lui avoir fait :

subir des pertes très sérieuses parmi lesquelles figurent un général et plusieurs officiers. Les prisonniers autrichiens s'élèvent à 1,000 environ; 8 canons ont été pris à la baïonnette, 5 par les zouaves,

3 par les nôtres. Pendant que se livrait

le

combat de


GARIBALDI.

43

un égal succès, redes troupes de sa division une at-

Paleslro, le général Fanti, avec

qu'on sort de Turbigo, par deux chemins pratica-

poussait a la tête

bles à l'artillerie

taque des Autrichiens contre Confienza. S. M. l'Empereur, en visitant ses félicitations les

le

champ de

mieux

bataille,

senties,

et

il

exprimé

a

œuvre

si

la partie

sud du village, l'autre par

la

par-

tie ouest.

a apprécié

l'immense avantage de cette journée. Soldats! persévérez dans votre conduite sublime, et je vous assure que le ciel couronnera votre

rues par

de ses

l'un qui aboutit à l'une

:

«

Le chemin qui vient de Magenta

de Boffalora

et

y pénètre par la partie est. C'est ce dernier que suivait la colonne autrichienne.

coura-

«

J'ordonnai au général de

Motterouge,

la

ui

i

(

izensement commencée.

n'avait alors avec lui «

Victor -Emmanuel.

»

que

le

régiment des

tirailleurs

algériens, ses autres régiments étant encore sur la

gauche de la rivière, de porter ses trois bataillons de tirailleurs sur Robecchetto et de les disposer rive

Puis enfin léon

III

par

rapport adressé à l'Empereur Napo-

le

Mac-Mahon

général

le

en trois colonnes d'attaque de

:

« •

«

Au

quartier général, à Turbigo, le 3 juin 1859.

que j'ai eu l'honneur d'en instruire Votre Majesté par un premier rapport que je lui ai adressé ce matin, l'ennemi a fait sauter le pont de San-Marlino hier, vers cinq heures du soir, en se retirant sur la rive gauche du Tessin. « Ce matin, à la pointe du jour, le général Espinasse s'est porté, avec une brigade, sur

la tète

de

son

à

y a trouvé trois obusiers, deux canons

de campagne et plusieurs chariots de munitions. D'après

les

ordres de Votre Majesté, le 2 e corps

quant par «

Le 3 bataillon formant

môme

l'attaquant par l'oues! «

des

Le 2 e 1

er

et

appuyer

impériale.

de

mon

arrivée à Turbigo,

j'ai

trouvé une brigade de celte division sur

la

du Tessin, occupant de manière à nous assurer

le village et ses

abords

pont, et surveillant

en aval du

droite

la vallée

L'autre brigade de

la

libre possession

la division

rive

du

village.

Camou

était sur

la rive droite.

«

La

tête de colonne de la l re division

une heure et

du 2 e corps demie. Au mo-

ment où, m'étant porté en avant de Turbigo,

je re-

connaissais le terrain et que je visitais les hauteurs

de Robecchetto pour y établir les troupes, je m'aperçus tout-à-coup que j'avais à quelque 500 mètres de moi une colonne autrichienne qui paraissait venir de Boffalora, marchait sur Robecchetto avec l'intention évidente d'occuper ce village.

Robecchetto se trouve sur

la

rive

gauche du

Tessin, à l'est et à 2 kilomètres de Turbigo. C'est un village considérable qui peut être

chercher à

était aussi

dis-

Heurs.

tira

le

le

en y pénétrant par traverse de 1 ouest à l'est, et,

tourner aussi par

partie est, de

la

ma-

menacer la retraite de l'ennemi. « Pendant que le général de la Motterouge se mettait en mesure d'exécuier ces mouvements avec

le

régiment des chasseurs algériens, je prenais moi-

même

les dispositions nécessaires

pour

faire arriver

régiments de sa division. Le 45 e de re ligne, seeond régiment de la l brigade, recevait à lui les autres

l'ordre de

marcher dans

les traces

du régiment des

tirailleurs algériens.

La 2 e brigade, composée des 65 e et 70 e de ligne recevait, un peu plus tard, l'ordre de se porter sur

aisément défendu

le village

afin

la

vallée

du Tessin. On y

arrive, lors-

de Robecchetto par

la

route de Casteno,

de flanquer l'attaque convergente

faite

par

les

tirailleurs algériens.

Vers deux heures,

«

le

général de

la

Motterouge

marchait avec ses trois bataillons sur Robecchetto, suivi d'une batterie de la réserve générale de l'ar-

mée, dirigée par le général Auger en personne. « Les colonnes de tirailleurs algériens, enlevé. -s avec la plus grande vigueur à la voix du général de la Motterouge et à celle de leur colonel, marchèrent résolument sur Robecchetto sans faire usage de leur «

20 mètres

arrière

échelon en réserve, prêt à

deux autres bataillons,

rue principale qui

fortement pour un corps ennemi qui viendrait de Milan ou de Magenta avec l'intention de barrer le passage du Tessin à Turbigo. Ce village est assis sur un vaste plateau horizontal qui domine de 15 à

2% formant un

converger sur Robecchetto,

feu.

c

un peu en

Les trois colonnes, marchant à intervalles de déploiement, devaient, au commandement général,

incontestablement très utile d'occuper

et qu'il serait

;

bataillon, au centre et

les

la

«

franchissait le pont vers

«

gauche, disposé de

«

nière à

le

Au moment

la

posé en colonne et précé éde

pont qui y a été jeté la nuit dernière, sous la protection de la division des voltigeurs de la garde

«

tirail-

destiné à pénétrer dans le village en

façon,

la

«

en colonne

sud;

le

e

Novare ce matin, à huit heures et demie, pour se porter sur Turbigo et y franchir le Tessin a quitté

sur

,

!

pont que les Autrichiens avaient abandonnée

«

bataillon formant la droite

:

leurs, destinées à se porter sur le village en l'atta-

Sire,

Il

1

manière suivante

par division, précédé de deux compagnies de

« Ainsi

approche.

Le

er

la

Accueillis à rentrée

fusillade,

nos

du

village par

une

très vive

tirailleurs se précipitèrent tête baissée

sur les Autrichiens qui en défendaient les abords.

Dans

l'intérieur

de leur feu,

du

village seulement,

et puis

ils fire:it

usage

aussitôt se précipitèrent a

la


VIE ET AVENTURES.

43

baïonnette sur tous ceux qui essayaient de résister

militaire, mérite

de leur barrer le passage. En dix minutes, l'ennemi était délogé du village et en retraite sur la route par laquelle ils étaient venus. A la sortie du

l'armée;

et

village,

voulut user de son artillerie, et nous en-

il

voya une douzaine de coups à mitraille qui n'arrêtèrent en rien l'élan de nos soldats.

sheureux qui ébranlèrent tout-à-fait les colonnes ennemies et les mirent alors dans une déroute complète. Les tirailleurs les poursuivirent au pas de course jusqu'à deux kilomètres en avant de Robecchetto, et en tuèrent un grand nombre. Le général Auger, en faisant prendre à la batterie quatre positions successives et très heureusement choisies , leur fit aussi beaucoup de mal. « C'est dans une de ces positions que le général Auger, croyant apercevoir dans les blés une pièce «Notre

artillerie riposta

par des

cour.

vement de

retraite

de l'ennemi, se précipita au ga-

lop sur elle et s'en empara. Près de la pièce gisait à terre le

commandant de

la batterie,

coupé en deux

par un de nos boulets.

Le champ de

pour

la

bataille est couvert

de ses morts

et

d'une quantité considérable d'effets de toute nature qu'il

mains

a laissés entre nos

ment, sacs complets

:

effets

de campe-

qu'il a jetés sur le lieu

du com-

pour fuir avec plus d'agilité. Nous avons ramassé des armes, carabines et fusils. Nous avons

bat,

peu de prisonniers, ce qui s'explique par la nature du terrain sur lequel l'engagement a eu lieu. fait

De

«

notre côté, nous avons eu un capitaine tué

M. Vanéechout), 4 officiers blessés, dont un colo-

Je suis avec le plus profond respect, Sire, de Votre Majesté, le très humble, très obéissant et très «

fidèle sujet, «

h* général de division, commandant en chef le 2 corps, e

«

»

III

aux

Italiens.

« Italiens, «

La fortune de

guerre nous conduisant aujour-

la

d'hui dans la capitale de la Lombardie, je viens vous dire pourquoi j'y suis.

y a des hommes qui ne comprennent pas leur époque, je ne suis pas du nombre. Dans l'état « S'il

«

Je ne viens pas

pour déposséder

les

ici

la

garde, qui

a

eu ses

engagés avec l'ennemi en arrière de Ro-

est plus

avec un système préconçu

souverains ni pour vous imposer

choses

des voltigeurs de

on

grand aujourd'hui par l'influence morale qu'on exerce que par des conquêtes stériles, et cette influence morale, je la recherche avec orgueil en contribuant à rendre libre une des plus belles parties de l'Europe. Votre accueil m'a déjà prouvé que vous m'avez compris. éclairé de l'opinion publique,

tués et trente-huit blessés, parmi lesquels quatre,

tirailleurs

De Mac-Mauon.

Proclamation de l'Empereur Napoléon

ma volonté mon armée

dit,

a conduit ses bataillons

à l'ennemi.

nel d'état-major (M. de Laveaucoupet), sept soldats

m'a-t-on

il

éprouvé des pertes considérables.

suffirent

précipitamment. a

intelligente avec laquelle

que je ne faisais la guerre que par ambition personnelle, ou pour agrandir le territoire de la France.

Deux boulets

L'ennemi

reçu un coup de baïonnette à la tête; le colonel Laure, des tirailleurs algériens, pour l'impulsion a

décider

portai un bataillon du G5 e et deux pièces de canon à

«

com-

Lorsque l'Autriche attaqua injustement le Piémont, je résolus de soutenir mon allié le roi de Sardaigne, l'honneur et les intérêts de la France m'en faisant un devoir. Vos ennemis, qui sont les miens, ont tenté de diminuer la sympathie universelle qu'il y avait en Europe pour votre cause, en faisant croire

présentait sur notre gauche, venant de Castano. Je

à se retirer

colonel de Laveaucoupet, qui, en

le

«

Pendant que ceci se passait vers Robecchetto, une tête de colonne de cavalerie autrichienne se «

sa rencontre.

à l'ordre général de

battant corps à corps avec les tirailleurs autrichiens,

mou-

autrichienne ayant quelque peine à suivre le

une citation

ne s'occupera que de deux combattre vos ennemis et maintenir l'ordre ;

:

intérieur; elle ne mettra

aucun obstacle à

vœux

manifestation de vos

la libre

légitimes.

plus depuis notre entrée en campagne, montre tout

La Providence favorise quelquefois les peuples comme les individus, en leur donnant l'occasion de grandir tout-à-coup mais c'est à la condition qu'ils sachent en profiter. Profitez donc de la fortune qui

ce qu'elle peut attendre de nos braves soldats.

s'offre à

Je n'ai point encore reçu les rapports particuliers qui doivent signaler ceux qui se sont plus par-

temps exprimé, si souvent déçu, se vous en montrez dignes.

becchetto.

«

Je ne puis encore, Sire, donner à Votre Majesté

«

des détails précis sur cette affaire, qui, une fois de

«

ticulièrement distingués. Tous ont et

dignement leur devoir; mais

présent, à Votre Majesté,

rouge ble

;

comme

le

ayant

fait

le

fait

bravement

je signalerai, dès à

général de

la

preuve d'un élan

général Auger, pour

le fait

que

Motte-

irrésisti-

j'ai relaté

plus haut, et qui, aux termes de notre législation

;

«

vous! Votre désir d'indépendance,

si

réalisera

Unissez-vous donc dans un seul but

:

si

long-

vous

l'affran-

chissement de votre pays. Organisez-vous militairement. Volez sous les drapeaux du roi Victor-Emma-

noblement montré la voie de l'honneur. Souvenez-vous que sans discipline, il n'y a pas d'armée, et, animés du feu sacré de la nuel, qui vous a déjà

si


GARIBALDI.

44

ne soyez aujourd'hui que soldats; demain, vous serez citoyens libres d'un grand pays.

patrie,

«

Fait au quartier impérial de Milan, 8 juin 1859.

Napoléon.

«

Soldats,

a

un mois, confiant dans

Le maréchal Baraguey-d'Hilliers, arrive à quatre heures devant la position, l'a fait immédiatement attaquer de front par les divisions Bazaine et Ladmirault, pendant que la division Forey devait la tourner. Ce combat n'a pas duré moins de trois heures. «

»

Proclamation de l'Empereur à l'armée française

«

Malegnano, pour couvrir leur retraite, avaient profité des restes de fortifications que présente cette ville, et s'y étaient solidement retranchés.

:

opposé la résistance la plus énergique aux efforts de nos soldats. Enfin, chassé à la baïonnette de retranchement en retranchement, de

L'ennemi

«

« Il

y

de

les efforts

la

diplomatie, j'espérais encore la paix, lorsque tout-

à-coup l'invasion du Piémont par les troupes autrichiennes nous appela aux armes. Nous n'étions pas prêts. Les hommes, les chevaux, le matériel, les approvisionnements manquaient, et nous devions, pour secourir nos alliés, déboucher à la hâte, par au delà des Alpes, devant un ennemi redoutable et préparé de longue main. « Le danger était grand; l'énergie de la nation et votre courage ont suppléé à tout. La France a retrouvé ses anciennes vertus, et, unie dans un petites fractions,

—

même

but

comme

en un seul sentiment,

elle a

mon-

de ses ressources et la force de son patriotisme. Voici dix jours que les opérations ont commencé, et déjà le territoire piémontais est dé-

a

maison en maison,

il

s'est retiré vers sept heures,

laissant le terrain couvert

de ses morts, et abandon-

nant entre nos mains un canon et un millier de prisonniers.

Un

«

si

beau succès ne pouvait être que chèrement

acheté.

Nous avons eu environ cinquante

«

officiers et

huit cents soldats hors de combat.

Nous apprenons

«

à l'instant

que

les Autrichiens

ont évacué Pavie et Lodi, et repassé l'Adda en détruisant les ponts. »

tré la puissance

Nous empruntons en outre au journal donné sur

Constitution

barrassé de ses envahisseurs.

l'intéressant travail qu'il a

L'armée alliée a livré quatre combats heureux et remporté une victoire décisive qui lui ont ouvert les portes de la capitale delà Lombardie. Vous avez mis hors de combat plus de trente-cinq mille Autrichiens, pris dix-sept canons, deux drapeaux, huit mille prisonniers ; mais tout n'est pas terminé nous

de l'armée piémontaise à l'ouverture de

«

;

aurons encore des luttes à soutenir, des obstacles à vaincre.

gne

Au moment où

«

gne,

il

importe de savoir quelle est sa composition,

commandent. Le roi de Sardaigne, comme on le sait déjà, en pris le commandement en chef. Victor-Emmanuel quels sont les chefs qui la

champ de

vous contemplent avec orgueil

brigades des Gardes et

!

« «

Napoléon.

Fait au quartier général de Milan, le 8 juin

fait

ses preuves sur le

a

comman-

de réserve, formée des de Coni. Bien jeune alors, le

la division dite

Santa Lucia et de Goïto, où

de Custoza, où

il

fut blessé, et à la

ba-

il

couvrit la retraite.

Marmora, qui suit le roi comme ministre de la guerre ad latus, est chargé du commandement de l'aile droite de l'armée, composée des 2 e et 3 e divisions. Sa fortune militaire date de 1848; il était alors lieutenant-colonel d'artillerie re e et commandait les l et 2 batteries de bataille; il

Le général Alphonse de

Milan,

Le major général à

le

9 juin 1859, 9 h.

S. Exe.

guerre.

—

M.

le

du

soir.

ministre de la

Paris. •

Milan, 9 juin.

Après la victoire de Magenta, les Autrichiens ont évacué Milan en toute hâte, laissant dans la citadelle quarante-un canons en bronze, des munitions et des vivres en abondance. Ils se sont mis en pleine retraite sur Lodi et Pavie.

Le 8, l'Empereur a donné

la

passa ensuite, avec le grade de colonel, à

«

«

Il

»

«

«

1848

bataille.

a

prince se distingua particulièrement aux affaires de

taille

1859.

campa-

l'armée active entre en campa-

dait en

Je

la

:

compte sur vous. Courage donc, braves soldats de l'armée d'Italie! Du haut du ciel, vos pères «

la

le Siècle,

sion de l'armée

Gênes.

Nommé

ral (général

bardie,

une

il

comme

au maréposition de

chal Baraguey-d'Hilliers d'occuper la

4 e divi-

chef d'état major du duc de

ministre delà guerre et major géné-

de brigade) après

la retraite

de

Lom-

commanda, au commencement de 1849,

division qui, détachée dans les duchés, ne put

assister à la bataille

l'ordre

la

levée à faite,

il

la

de Novare. Gênes s'étant sou-

nouvelle de l'armistice qui suivit cette dé-

fut

chargé de

la

réduire, mission qui aurait

Malegnano (Marignan), d'où nous menacions à la fois deux lignes de retraite de l'ennemi. Mais les Autri-

été tort difficile

chiens, qui avaient compris toute l'importance de

place aussi forte. Après avoir réduit Gênes, Alphonse

si

les

insurgés eussent su tirer parti

des avantages que leur offrait

la

possession d'une


VIE ET

Marmora

nommé

lieutenant général (géné-

de

la

ral

de division). Ministre de

fut

AVENTURES

la

guerre dans

le

cabinet

occupé avec zèle et intelligence de la réorganisation de l'armée piémontaise. Ce fut lui

Cavour,

il

s'est

commanda

qui

Grimée.

A

corps expéditionnaire sarde en

le

son retour,

de

fut élevé à la dignité

il

général d'armée, le maréchalat piémontais.

Le lieutenant-général Hector Gerbaix de Sonna est chargé du commandement de l'aile gauche, fore des 4 et 5 e divisions. Cet officier général a

mée

avec distinction

campagne de 1848, où

la

fait

com-

il

mandait également la gauche de l'armée. preuve, dans les derniers combats des 21, 22

Il

lit

et

23

de cette année, d'une courageuse fermeté et d'un tact militaire très remarquable. Le lieutenant-général Morozzo délia Rocca est 1848, serve

il

était

chef d'état-major de

la division

commandée par Victor-Emmanuel,

de ré-

alors

duc

de Savoie. l'artillerie est

con-

au major général Pastore, et celui du génie au major général Menabrea, député de la droite au parlement sarde. C'est lui qui a si rapidement élevé, fié

en quelques jours,

les lignes

pour couvrir

de défense de

la capitale

la

Dora

contre toute tenta-

fut

nommé

d'artillerie

Alexandre délia Rovere est

général

destitution de

Romarino. Chargé, en 1855, du come la 2 brigade de la l re division du corps expéditionnaire de Crimée, il fut, à son retour, promu au grade de lieutenant-général.

mandement de

3 e division,

commandée par

le

lieutenant-général

Durando; chef d'état-major, le colonel Avogadro de Casonova, qui, en Crimée, a rempli les mêmes fonctions auprès du même général. Cette division se compose de la brigade de Coni(7 e et 8 e régiments de Reine (9 e et 10 e de ligne). Le général Durando porte un nom déjà célèbre; a servi avec distinction la cause constitutionnelle

ligne)

il

,

et

de

en Portugal

la

brigade

la

en Espagne. Placé, en 1848, à la tête du corps d'armée que le pape, contraint de faire des démonstrations contre l'Autriche, avait réuni dans et

Durando eut assez de cœur pour ne aucun compte de l'ordre qu'il reçut de Pie IX

les légations

,

de ne pas participer à la guerre nationale, et il franchit le Pô avec dix-sept mille hommes pour venir au secours des provinces vénitiennes. Ses troupes, pleines de

bonne volonté

de courage, mais peu exercées au métier des armes, à l'exception d'une brigade de quatre mille Suisses, soutinrent quelques et

combats honorables à Montebelluno, à

tive des Autrichiens.

Le colonel

Il

membre du comité de défense de Milan, et, en 1849, il commanda la division lombarde après la

et

tenir

Le commandement en chef de

Baltea,

accourut en Lombardie.

lie,

juillet

chef d'état-major général de l'armée. Colonel en

45

et

Gornuda

devant Trévise.

N'ayant pu empêcher

intendant général de l'armée. Cet officier avait été

la

la

jonction de l'armée au-

spécialement chargé, en Crimée, d'étudier l'organi-

trichienne avec Radetzki, et forcé de se renfermer

sation de notre intendance militaire et d'en appli-

dans Vicence, Durando y repoussa, le 31 mai 1848, avec neuf mille hommes seulement, dont moitié de

quer

les principes

aux services administratifs de

volontaires, toutes les attaques

l'armée sarde.

Voyons maintenant sions de cette armée

la

composition des cinq divi-

:

l

Te

division (dite de réserve),

commandée par

lieutenant-général Castelbergo, qui a

comme

fait la

le

campa-

du régiment (VAostccavalerie. Cette division a pour chef d'état-major le major Francesco-Borson elle est composée de la er brigade des grenadiers de Sardaigne (1 et 2 régier e ments) et de la brigade de Savoie (I et 2 régiments gne de 1848

colonel

;

e

du comte de Thunn,

qui disposait de dix-huit mille soldats et de quarante

canons contre cette ville ouverte. Assailli de nouveau le 10 juin par Radetzki, à la tête de trente-cinq mille hommes et d'une formidable artillerie, le

commandant des troupes romaines sou-

énergiquement la lutte la plus inégale jusqu'à ce que les positions dominantes des Monti Berici tint

eussent été enlevées, non sans des pertes considérables,

par

les Autrichiens.

pour épargnera Vicence un bombardement et une dévastation générale, Durando souscrivit à une capitulation qui lui permettait de quitter la ville avec armes et bagages et enseignes déployées, sous condition de ne pas servir pendant trois mois contre Alors,

de ligne).

2 division, commandée par le lieutenant-général Manfred Fanti. Elle a pour chef d'état-major le lieutenant-colonel A. Porsino,quia fait la campagne de Crimée. Cette division est composée de la brigade e e de Piémont (3 et 4 régiments de ligne) et de la e

e

e

l'Autriche. Radetzki,

de son côté, s'engageait à

brigade d'Aoste (5 et 6 de ligne.) Le général Fanti, qui la commande, est élève de l'Athénée militaire de Modène. Compromis dans les

n'exercer aucune représaille contre les habitants de la valeureuse cité; mais, comme il était facile de le

événements de 1831, il se réfugia en France, où il fut, pendant deux ans, attaché au général du génie chargé des fortifications de Lyon. Passé ensuite en Espagne au service de la cause libérale, il se distingua dans les diverses campagnes de 1834 à 1842. Colonel d'état-major dans l'armée espagnole en 1848, Fanti, à la nouvelle du soulèvement de l'Ita-

violé.

prévoir, cet article de

la

capitulation fut bientôt

Durando, délié par ce manque de foi, voulut alors rentrer sur le territoire lombard et venir prêter à Charles-Albert son appui, qui n'eût pas été sans importance à ce moment décisif de la campagne. Mais le

pape, dont les

vœux

secrets appelaient le triom-

phe de l'Autriche, s'opposa à cette résolution,

et


GAKIBALDl.

4fl

Durando, no voulant pas rester plus longtemps au service d'uneeause antinationale, vint offrir son épéc au

deSardaigne.

roi

Charles-Albert, qui se préparait à tenter de nou-

veau

des armes,

le sort

mandement de

la 1

,T

en 1849,

lui confia,

com-

le

division de l'armée sarde, avec

une part active et glorieuse aux batailles de Mortara et de Novare. Le lieutenant-général Jean Durando, qu'il ne faut pas confondre avec son frère Jacques Durando, également lieutenantgénéral dans l'armée sarde, et aide-de-camp de Victor Emmanuel, a fait en outre la campagne de Crire mée, en qualité de chef de la l division du corps

laquelle

il

prit

de toutes

volontaires

moment

six mille

hommes

struits et disciplinés,

ont

parfaitement équipés, in-

commandés par des

leurs preuves de bravoure et de capacité en

fait

848 et \ 849, pleins de confiance dans leur intrépide général. Avec ce dernier corps, l'armée italienne peut présenter en ligne environ soixante mille com1

battants, qui ne dépareilleront certes pas l'année

un jour de

bataille.

Comme complément

mée piémontaise, nous croyons

bataille italiens en 1849. Son chef d'état-major est

de l'armée toscane.

le

le lieutenant-colonel Cadorna. Cette division se

de

la

5

e

là

brigade de Casalc (11

brigade de Pignerol (15

commandée

division,

Cialdini,

e

e

et

12 e de ligne),

14 e de

et

par

comet

ligne).

On

ayant pour chef d'état-major

utile

nisé l'armé toscane.

le lieutenant-

D'après

mera une

les

termes du décret, l'armée toscane for-

division de deux, trois

ou quatre brigades,

campagne de 1848 en Lombardic. e Cette division comprend la brigade de Savone (15 et

rôlements volontaires.

a fait la

16 de ligne)

brigade d'Acqui (17

et la

e

18° de

et

ligne).

Cialdini est

en Espagne. En 1845,

dre part

la

à.

guerre nationale.

il

que Maxime

Nommé

A

Vicence,

guidait

il

la

commandement du 23

chef de

la

2

brigade de

corps expéditionnaire en Crimée,

campagne,

nommé

la l

il

re

e

régi-

division

fut, à la fin

du

de

la

major- général. C'est une capa-

cité militaire.

divisions

comprend en outre

:

un

deux batteries d'artillerie, un détachement du génie, un détachement de carabiniers royaux ou gendarmes, et quelques pelotons de cavalerie. Chaque division présente ainsi une force de dix mille hommes au moins.

bataillon de bersaglieri (tirailleurs),

Réserve de cavalerie

,

commandée par

le

général

Berton de Sambay. Elle se compose de deux régiments de dragons et de deux régiments de chevaule

ensemble

trois mille

hommes.

Si l'on ajoute

parc d'artillerie de réserve, les services adminis-

tratifs

et

Enfin l'artillerie est portée à quatre batteries et le

génie à deux compagnies. Ainsi, d'après sa nouvelle organisation, l'année

toscane forme un division mixte ayant vingt-quatre pièces d'artillerie. dix mille

hommes

Son

de santé,

le train et les

équipages, on a

l'ensemble de l'armée actuellement en campagne.

effectif actuel est

d'environ

sous les armes, mais les enrôle-

ments ouverts augmenteront en force dans une proportion qu'on peut sans exagération porter à la moitié

de son chiffre actuel; une population d'un mil-

lion cinq cent mille

Chacune de ces

légers,

major.

défense

y fut blessé en même temps d'Azeglio, qui combattait à côté de lui.

e

dans l'armée française.

gendarmerie devient un corps de guides d'état-

il

en 1849 au

comme

vint en Italie pren-

ses

ment, composé de Modénais, Cialdini conduisit parfaitement ce corps à la bataille de Novare. Désigné

comme

;

a servi la cause

il

une des brigades de Jean Durando dans des Monti-Bérici, et

Chaque brigade comptera

La cavalerie se compose d'un régiment à cinq escadrons, dont quatre de guerre; l'escadron de

compatriotes Fantis et Cucchiari, libérale

Comme

Modénais.

nombre des en-

deux régiments d'infanterie chaque régiment sera divisé en quatre bataillons, dont trois actifs et un de dépôt,

Le général

celle

qu'un décret du gouvernement provisoire

sait

selon le chiffre auquel s'élèvera le

e

de donner

de Florence, eu date du 28 avril dernier, a réorga-

major-général

le

à cette constitution de l'ar-

colonel Efisio Cugia, officier d'artillerie très distin-

gué, qui

chefs qui

commandée par le major-général Cuc-

né dans

pose de

de

parties

Le commandement en a été donné à Garibaldi par un décret du 23 avril dernier, qui lui reconnaît le grade de major-général. C'est une division dont la force s'accroît tous les jours; elle compte en ce

duché de Modène, ayant servi avec distinction en Espagne et sur les champs de chiari,

les

l'Italie.

française

expéditionnaire. e 4 division,

composé de

âmes

doit facilement

donner

quinze mille soldats. Cette armée est placée sous le le

commandement du brave

nom

est identifié

avec

le

général Ulloa, dont

souvenir de

la belle

dé-

fense de Venise.

Sous

la

conduite d'un

tel chef, et

inspirés par leur

patriotisme, les Toscans se montreront les dignes

émules de leurs concitoyens du Piémont et des au 1res provinces de l'Italie. Ils n'auront pour cela qu'à se rappeler un passé qui n'est pas bien éloigné encore et qui ne fut pas sans gloire. En 1848, l'armée toscane, bien moins fortement organisée qu'elle ne l'est aujourd'hui, envoya une

•

petite division de six mille

hommes, dont deux

mille

Lom-

Enfin, à côté de ces divisions de l'armée piémon-

volontaires, combattre dans les plaines de

taise

bardie. Cette division fut chargée de défendre

la

proprement dite, il existe un corps qui a reçu dénomination de chasseurs des Alpes, et qui est

ligne

de l'Ausone

et d'observer illantoue.

la

la


VIE ET AVENTURES.

Quand Radelzki en mai i848,

fois

comme

toue

pour

prit l'offensive

la

première

en se servant de Man-

et voulut,

de débouché, déborder l'armée pié-

montaise en remontant feld- maréchal

comme

rencontra

du Mincio,

le

premier obstacle

la

droite

la rive

précédents; les vivants n'auront

moins de patriotisme que leurs devanciers, et cette fois, nous l'espérons, leurs efforts ne seront pas ni

vains

la

:

patrie italienne sera constituée.

ligne de l'Ausone.

IV

Le 29 mai au matin,

premier corps de l'armée

le

hommes,

autrichienne, fort de seize mille

assaillit

de Gurtatone et de Montanara, placés

les villages

sur cette ligne et défendus par six mille Toscans,

du 10 e de

renforcés d'un seul bataillon qui

litain,

ligne napo-

des merveilles ce jour-là.

fit

De onze heures

heures après midi,

à trois

les ef-

Pouvons-nous mieux clore cette rapide esquisse de la vie Garibaldi, et ce non moins rapide récit des derniers événements auquels il se trouve mêlé qu'en parlant de cette éloquente brochure que George Sand vient de faire paraître à la Librairie

—

—

Nouvelle, et qui porte pour titre

On devine comment peut en

forts des Autrichiens vinrent se briser contre l'hé-

roïque résistance de cette phalange italienne. Là se

un

trouvait au premier rang

formé par les jeunes gens des universités de Pise et de Lucques; ils avaient pour capitaines leurs professeurs, et tous apportaient à

après

vie,

avoir

donné

le tribut

de leur

gence. Ce fut dans cette affaire et sur ce bataille

que

de leur

que mourut

géologue

l'illustre

fut blessé notre glorieux

dont nous annoncions

ami

le

intelli-

champ de

Pilla

;

c'est là

poëteMontanelli,

départ, et qui est allé re-

le

on

:

«

En

Ces enfants effet, si

me

font perdre

une journée

!

L'espace nous manque pour faire des extraits

nombreux de

écrasés par des forces triples des leurs,

temps do se concentrer. Ceux-ci se trouvèrent le lendemain en nombre suffisant à Goïto pour accepter une bataille où les Autrichiens furent Si

mouvement

offensif

de Radelzki déjoué.

jamais défaite a été glorieuse pour

c'est bien celle

de Curtatoln

les vaincus,

Aussi, le souvenir de

1 .

si

digne

—

Le poète

— c'est-à-dire George Sand

malade;

est

et

il

elle-même

rêve.

marcher une armée dans une nuit zébrée d'éclairs. Cette armée marche par cette nuit sans lune sur une route sans fin. Ses rangs sont pressés Il

voit

comme

les flots

de l'Océan un jour de tempête,

et,

d'hommes armés,

le

défaits et le

—

de ses aînés.

à

cette journée fut-il consacré à Florence par des ta-

—

— sables

Où

me

chait,

fatigué,

—

dit le poète,

reposer ne pouvait pas

et des

marcher,

fallait

il

à l'œuvre,

il

y avait de

et, la

mots. L'un disait

peinons

y a des soldats,

Un

:

me

— mais venir.

la

pensée

Tout mar-

dans cette foule sérieuse

gaîté française, des rires

— Ce

le plus, c'est la terre

de monde, et pourtant «

il

!

va cette armée?

« J'étais

de

épis vivants

vivants,

D'un boitt de l'horizon à l'autre, une forêt de sabres et de fusils.

l'ennemi; leur vaillante défense avait donné aux

Piémontais

cet entraînant plaidoyer,

»

que soutenaient des réserves encore plus nombreuses, les Toscans durent abandonner leurs positions à

parler l'illustre écri-

dit-

Radelzki, exaspéré de cette résistance,

rendant justice à tant de bravoure, s'écria,

et

La Guerre.

chaque heure, ils s'accroissent encore de bataillons nouveaux, plus épais encore que les premiers. Les sables de la mer, les épis des plaines, sont moins nombreux que ce gigantesque troupeau

prendre sa place aux avant-gardes. Ces étudiants combattirent avec l'intrépidité et l'aplomb des vieilles troupes.

:

vain à qui nous devons tant de chefs-d'œuvre.

bataillon

la patrie italienne le sacrifice

lui

moins de courage

ni

elle

ne

n'est pas

nous qui

forcée de porter tant dit rien.

autre s'adressant à moi:

— Tu

jambes en mouvement ont

vois bien

que

bles funéraires qu'on plaça dans l'église de Santa-

tant de

Croce; sur ces marbres étaient inscrits les noms des combattants qui avaient succombé dans la lutte hé-

une armée. Et, dans

roïque. Pendant les mauvais jours qui accompa-

que

gnèrent ou suivirent l'occupation autrichienne, ces

beaucoup de j ami tes portant beaucoup de cœurs, une légion marchait en effet plus vite et mieux qu'un seul homme.

tables de marbre, par

portées dans un coin

due

à

sacrilège inouï, furent dé-

fortifié

elle-même, Florence

rentrer dans ses les

un

noms de

murs

s'est

cause de l'indépendance.

la

peine ren-

empressée de

moururent pour

Un

du nouveau gouvernement dépôt à

A

la sainte

des premiers décrets

a restitué ce précieux

basilique de Santa-Croce.

De

plus,

une

la

force déporter

rêve, je trouvais

un sens

vagues plaisanteries. Je sentais

force active s'impose fièrement à la force

inerte, et que,

«

faire

d'honorer publiquement

et

ses enfants qui

du pays.

clair et juste à ces

le

la

A

plusieurs reprises,

je m'éveillai et

me

de

mandai pourquoi, pour qui, avec qui j'avais lait tant de chemin. Le dormir et le rêver me répondaient un instant après Va toujours, tu es un soldat. La nuit est longue et noire, la route se perd dans les ténèbres, mais là-bas, là-bas, au pointer du jour, :

—

cérémonie commémorative aura lieu, cette année, h jour anniversaire des combats de Gurtatone et de Montanara, dont nous venons de rappeler les prin-

nements de toutes

cipaux incidents.

n'aperçoit plus alors que des horizons ensoleillés.

L'armée toscane

a,

comme on

le voit,

de glorieux

lu verras l'Italie. » L'Italie

Le

!

ciel est

A

ce

nom

—

si

gros de choses et d'évé-

sortes, le rêveur se réveille

bleu, au lieu d'être noir.

Le calme

et

s'est


iUHIBAU)!.

v*:

où roulaient tout à l'heure les phalanges sombres. La nuit a pleuré sur les fleurs, qui sont humides et parfumées. fait

dans

la

plaine,

Le rêveur

est réveillé,

toujours. Seulement

il

— mais son rêve continue

songe

les

yeux grands ou-

de fierté, l'ange des rémunésecoué le sommeil de l'égoïste, j'ai sus-

de

lutte et

rations, j'ai

Tout-a-coup, une voix jette en passant, à

j'ai

—

demande

le poëte.

Je suis

la

guerre,

vais franchir les Alpes.

— répond Tu me

l'oreille

vite?

si

soldat,

voix,

la

connais. Je

—

et je

bercé

t'ai

au cœur du peuple

comme

la foi.

les bluets et

marcher dans

cheveux blanchissent et que ton pas se ralentit, tu veux quelque chose de plus qu'un mot sonore pour me comprendre et me saluer comprends et

s'arrêtent sur

vivre en paix, :

la

les

Puis

mieux que

hommes

toi,

moi qui

doivent

ai

tant

!

contre les

fleurs des

Alpes et

C'est

que

hommes,

les riches

le fort a

arroser de sang les

guérets de

voulu écraser

la

Lombardie.

le faible, et

Pans

Imp. do

ou qu'il se

voix de la France

garde çà et

réso-

mais que ton

terrible;

flétrisse

comme le

figuier

»

là,

comme une

voix se perd. Cette voix,

!

Il

re-

tous les rêveurs, et ses yeux

petite plante qu'il avait arrachée

jadis dans les sentiers

du Piémont

et qui avait repris

racine.

comme

celui

de

l'Italie

cœur

l'heure lui parlait la il

faut le lire dans

sanglant,

—

!

au poëte, voix. Ce qu'elle

Elle "parle à son tour

comme lui

tout à

murmure,

pages merveilleuses de

les

nouvelle brochure de George Sand.

la

Nous ne pou-

vons citer tout, mais nous avons lu tout.

Jamais George Sand n'a eu d'accents plus entraînants, plus irrésistibles

moi,

BRY

l'éclair,

Le poëte retombe alors dans ses songeries.

qu'une

de victimes humaines. Eh bien c'est pour cela qu'aujourd'hui je suis debout; c'est pour cela que je vais embraser le monde et armer encore les

sacrifié

hommes

comme

Toi, pauvre poëte, regarde fleurir

la vision disparaît, la

c'était la

redevenir lui-même.

Cette fleur a la forme d'un

gloire sans l'équité n'est

je le sais

qui veut

mon chemin

suive,

de l'Evangile.

salue, je suis la fraternité sublime!

Les peuples sont frères,

rendre une

courir les nuages, puisque tu ne peux

cœur me

:

France,

et je vais défendre le

:

Adieu, je suis pressée, rapide

champs de bataille, au bruit de mes tonnerres et de mes fanfares. Enfant de ce siècle, tu es né au son du canon, et les premiers morts que tu as vus avaient des balles ennemies dans le cœur ou dans la tête. Dans ce temps-là, on m'appelait la gloire, et tu bégayas ce mot sans l'entendre. Aujourd'hui que tes

la

terre volée à ses légitimes possesseurs, je vais se-

lue

sur des

chimère

armé

j'ai

parlé à l'intelligence des riches, à l'héroïsme du

courir un peuple

du poëte, de mystérieuses paroles. Qui es-tu? Où vas-tu, toi qui passes

«

des puissants,

cité le vouloir

faible, je vais délivrer l'opprimé, je vais

verts.

«

l'esprit

aîné, boulevari MonlparnisSL", Si.

:

elle a été inspirée!

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llUIREn nn.VAD

PROSPECTUS Le succès de la Bibliothèque Bleus a dépassé toutes nos espérances. Nous n'avons encore publié que six romans de celte collection (les Quatre Fils Aymon, Huon de Bordeaux, Pierre de Provence Tristan de Léonois, Gérard de Nevers, et Guérin de Mont,

glave), et déjà les plus nombreuses et les plus vives marques de sympathie sont venues nous encourager à taire plus encore, c'est-à-dire à publier quatre romans

par mois au

lieu de deux ou y étions engagés tout d'abord.

trois

,

,

comme nous nous •

Ce succès, peut-être sans précédent dans l'histoire de librairie, nous l'expliquons par le soin que nous avons apporté à la mise en oeuvre de ces romans de chela

valerie, texte, illustrations, lettres ornées, format, caractère, etc. Nous l'expliquons surtout par l'à-propos merveilleux de cette publication.

la même soif de gloire, le même bonheur aussi, faut le dire avec empressement. Là et là, ce sont des

mort, il

héros qui combattent et qui vainquent. Le Moniteur inscrit les noms des champions modernes la Bibliothèque Bleue enregistre les titres des champions d'autrefois. C'est le Livre d'or de la chevalerie El puis, à côté de ces luttes gigantesques, de ces combats homériques, auxquels prennent part les Lancelot du Lac, les Guérin, les Tristan, les Roland, les Olivier, les Gérard de Nevers, les Ogier, les Fils Aymon, les Gérard de Roussillon, les Perceforest, tous les preux du roi Artus et tous les vaillants chevaliers du roi Charlemagne robustes cœurs dans de solides armures, il y a tout une série de fées et d'enchanteurs, de belles filles et de nains aimables, Morgane et Merlin, Mélusine et Obéron, Viviane et Esterelle, fabricateurs d'élixirs de longue vie, sirènes et provimarchandes de philtres amoureux dences, abîmes et paradis !... Nous ne savons pas beaucoup de livres aussi attrayants, aussi merveilleux, aussi amusants , car le rire s'y mêle à h terreur, les grands coups de vin aux grands coups d'épée, les gaberies aux malédictions les baisers d'amoureux aux incantations fantastiques, et l'on sort de ces romans-là comme on sort d'un rêve !... :

!

,

,

Où pourrait-on

en effet, une plus grandiose analogie qu'entre les prouesses épiques des chevaliers du Moyen-Age dos preux du roi Artus et du roi Charlcmagne, et les héroïques faits d'armes de nos soldats, qui continuent si bien les traditions glorieuses des soldats de la République et de l'Empire ? C'est la même fougue, la même vaillance, le même mépris de la voir,

,

,

EN VENTE N° N° N°

1.

2.

3.

— Les Quatre Fils Atmon, — Huon de Bordeaux,

50 50 50

— Pierre de Phovkmce.

N°4. N°5. >"6.

cent.

— —

Tristan de Léonois, Gérard de Nevers,

Guérin de Montglave,

En cours de publication

— — — — — — —

—

—

-

50 50 50

cent.

— —

i

—

— — —

MÉLUSIME, OGIER LE DANOIS, PERCEVAL LE GALLOTS, LANCELOT DU LAC, PERCEFOREST, GIGLAR FIL DE GAUVA1N , GTRON LE COURTOIS ISAÏE-LE-TRISTE MESSIRE CLERIADUS MÉLADIUS DE LÉONNOTS TURPIN, D0OLIN DE MATENCE MEURVIN LE CHEVALIER MABRIAN GERARD D'EUPHRATE, FIER-A-BRAS. GAL1EN RÉTHORÉ, JUDAS MACHABÉUS, JOURDAIN DE BLAVES, PONTHUS, BEUVES DE HANTONNE, HECTOR MERLIN AMADIS DE GAULE ROLAND AMOUREUX OLIVIER DE CASTILLE LA COMTESSE DE PONTBIEU JEAN DE PARIS, GERARD DE ROUSSILLON, DOM URSINO LE FLORE ET BLANCHE-FLEUR, LES NEUF PREUX, NAVARIN, REGNER LODBROG LES CHEVALIERS DU SOLEIL, etC, etC, etc. ,

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— — —


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G. GARIBALDI, VIE ET AVENTURES 1807-1859 by Biblioteca Militare - Issuu