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_Ile_de_Re_Mag_2026

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PORTFOLIO

LUMIÈRES RÉTAISES

NATURE

ENTRE MARAIS ET FIER D’ARS, UNE BALADE AU GRAND AIR

PATRIMOINE

LA POINTE DES BALEINES, HAUT LIEU DU PATRIMOINE

MARITIME RÉTAIS

TERROIR

SILENCE, ÇA BUTINE !

ART DE VIVRE

COULEURS ET LUMIÈRE NATURELLES

VIVRE EN RÉ

L’INSOLITE RÉVEIL D’UN OUVRAGE MILITAIRE

LES GENS D’ICI

PLACE AUX JEUNES VIGNERONS

ÉDITO

L ' UNE ÎLE À PRÉSERVER

île de Ré a profondément évolué ces quarante dernières années, et la construction du pont est à l’origine de bien des bouleversements qu’elle a connus. Les nouvelles populations qui s'y installent cherchent à s’approprier au mieux l’âme d’un territoire oscillant entre traditions et modernité, entre activités du terroir et tourisme de masse. Et l’intégration se fait plutôt bien.

Île de Ré Mag’ s’attache à faire (re)découvrir à tous l’île de Ré que nous vivons toute l’année, qui se métamorphose au rythme des saisons et des flux de vacanciers. Parce que mieux connaître c’est aussi mieux préserver.

En feuilletant ces pages, en vous attardant sur les très beaux reportages photos, en prenant le temps de lire ces histoires authentiques d’une île profonde et sincère, nous espérons que vous vous approcherez au plus près de ce qui fait la quintessence de notre île, si forte et si fragile tout à la fois.

Forte de son identité préservée, de ses populations qui la font vivre hiver comme été, de ses activités du terroir, de son environnement exceptionnellement protégé, de son estran et des trésors de biodiversité qu’il découvre au fil des marées.

Fragile, car en partie située sous le niveau de la mer. Fragile aussi face aux appétits des activités humaines de toutes sortes, qui régulièrement la menacent. Fragile enfin, car voisine d’une agglomération qui pourrait être « gourmande ».

Tous ensemble, préservons notre île, celle que nous vous invitons à apprécier dans ces quatre-vingts pages de pur plaisir.

[ Nathalie Vauchez ]

VOYAGE

Toute l’année, l’équipe de Ré’Vasion , dirigée par Virginie Barbe , accompagnée de Laure et Aline , est à votre entière disposition dans ses locaux dont l’intérieur a été entièrement repensé pour le bien-être de sa clientèle : bureaux d’accueil chaleureux et espaces dédiés à l’échange.

L’équipe vous conseille et organise avec sérieux vos déplacements personnels et professionnels dans le monde entier.

LE CONSEIL

L’équipe vous accueille avec attention et le souci constant de la satisfaction client. Ré’Vasion défend l’idée d’un voyage personnalisé, adapté à chaque envie et accessible à tous.

LA SÉCURITÉ

Toutes les destinations proposées sont soigneusement sélectionnées afin de vous garantir des voyages en toute sérénité.

LA CONFIANCE

Laissez-vous guider et contactez cette agence qui sait tisser, au fil des voyages, une relation durable avec ses clients.

sommaire

7 PORTFOLIO

Lumières rétaises

15 NATURE

16 - Entre marais et Fier d’Ars, une balade au grand air

19 - L’île de Ré, terres de biodiversité

22 - Les veilleurs du rivage

24 - Les tortues marines : trente ans de retours à l’océan

27 HISTOIRE & PATRIMOINE

28 - La pointe des Baleines, haut lieu du patrimoine maritime rétais

30 - L’ancienne demeure des Seigneurs de Ré

33 - Les « soldats de pierre » de l’île de Ré

37 TERROIR

38 - Silence, ça butine !

Charte

42 - La pomme de terre primeur AOP

43 - Les vignerons de l’île de Ré

PEFC d'utilisation du logo Rochelaise, Imprimerie

45 ART DE VIVRE

Sur quel document puis-je apposer

47 - Couleurs et lumière naturelles

53 - L’île de Ré, musée à ciel ouvert

Le logo ne doit être apposé que sur un document réception de commande. La version du logo contenant du papier recyclé ou du papier FSC.

57 VIVRE EN RÉ

59 - L’insolite réveil d’un ouvrage militaire

63 - La librairie Quillet, un lieu de culture unique

Si rien n'est indiqué sur le devis et l'AR de commande, Les différentes variantes du logo PEFC sont commande, elles sont exclusivement destinées

66 - Marie-Ange Frey : balades poétiques

69 LES GENS D’ICI

Comment utiliser le logo et Le logo peut être utilisé en blanc sur fond coloré,

70 - Christelle Rivalland, favoriser l’ouverture culturelle

73 - Anthony Cordon, Tom Turbé & Rémi Carré, les jeunes vignerons face à l'avenir

76 - Jules Caspar, un maraîcher peu conventionnel

78 RÉPERTOIRE

Le texte peut être positionné à droite du logo

Île de Ré Mag’ est une publication annuelle gratuite éditée par Rhéa Marketing : 183 rue des Gros Peux - 17940 Rivedoux-Plage rhea@rheamarketing.fr 05 46 00 09 19 ilederemag.fr. Ce magazine vous est offert par les Annonceurs, nous les en remercions vivement. Il est mis à votre disposition par un réseau de commerçants et lieux professionnels que nous remercions / Edition 2025 / Editeur : Rhéa Marketing / Directrice de publication : Nathalie Vauchez / Rédaction : Aurélie Bérard, Catherine Bréjat, Mathieu Delagarde, Mathieu Latour, Jean-Roch Meslin, Julie Pertriaux, Nathalie Vauchez, Yann Werdefroy / Photographies : Yann Werdefroy, sauf mention contraire / Conception, graphisme, mise en page : Valérie Le Louer / Régie publicitaire : Rhéa Marketing, Nathalie Vauchez, Frédéric Pallot-Dubois / Impression : Imprimerie Rochelaise / N° ISSN : 1964-5538 / Distribution : Rhéa Marketing. Votre magazine est imprimé sur du papier écologique sans chlore et issu de forêts gérées durablement, avec des encres végétales, les déchets sont recyclés. Le logo Imprim’Vert et la certification PEFC de notre imprimeur le garantissent. Écolo, le journal s’engage pour un avenir positif et durable sur notre île !

Nous mettons à disposition 3 versions différentes Le logo pour la marque « certifié PEFC » minimum

Un espace correspondant à la hauteur de la 11 mm

Le numéro de chaîne de contrôle de l'imprimerie minimales indiquées sont obligatoires. Pour mm de large et pour le logo paysage avec filet

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MERCI À TOUS NOS ANNONCEURS
© Yann Werdefroy
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© DRFort La Prée

4 quai Launay Razilly 17410 Saint-Martin-de-Ré

RÉSERVATION

05 46 07 97 32 info@baleinebleue.com RestaurantLaBaleineBleue La Baleine Bleue www.baleinebleue.com

Ouvert d ’Avril à Octobre , LE BASTION VOUS ACCUEILLE DANS SON RESTAURANT, CLUB, ET POUR VOS ÉVÉNEMENTS ET MARIAGES.

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@lebastionclub www.lebastioniledere.com

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05 46 00 10 94

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50 Cours Pasteur, 17410 Saint-Martin de Ré

50 Cours Pasteur, 17410 Saint-Martin de Ré

PORTFOLIO

[ Textes et photos : Yann Werdefroy ]

Lumières rétaises

Au gré des saisons, l’île de Ré est baignée d’atmosphères bien différentes, qui changent parfois au fil de la journée. C’est sans doute l’un des charmes de ce territoire, dont les cieux peuvent être de couleur plomb, azur, rose-orangé ou parfois très blanchis en plein été. Sur une île dont le point culminant ne dépasse pas 19 mètres, une chose est sûre, le ciel est omniprésent dans le paysage et le décor, conférant à chaque endroit une tonalité bien particulière.

© Yann Werdefroy

Fin de journée à Saint-Martin-de-Ré, avec une lumière chaude éclairant les façades.

Fin de journée sur la baie de Rivedoux.

Une lumière chaude et orangée baigne l’abri du canot de sauvetage près du phare des Baleines.

Le phare de la Barbette éclairé par les derniers rayons du jour.

Ciel de plomb et mer émeraude lors d’une tempête hivernale sur la digue d’Ars-en-Ré.

Orange et étincelant, le soleil couchant le long de la piste cyclable entre Saint-Martin-de-Ré et La Couarde-sur-Mer.

PORTFOLIO

Le contraste d’une lumière d’orage sur le phare de la Barbette à Saint-Martin-de-Ré.

La silhouette du phare des Baleines se découpe sur un magnifique ciel orangé en fin de journée.

La douceur d’une fin d’été à Ars-en-Ré, quand le rose et le bleu se font pastels.

Les couleurs de la tempête baignant le phare de Chauveau à Rivedoux-Plage.

Lumière d’or sur la grève à Sainte-Marie-de-Ré, un soir d’été.

Le ciel et l’océan se parent d’un camaïeu de bleus.

Phénomène rare : la glace figeant l’eau au Martray sous un magnifique soleil hivernal.

La brume enveloppe les remparts de Saint-Martin-de-Ré et les célèbres baudets du Poitou.

PORTFOLIO

Le port de Saint-Martin-de-Ré salué par un magnifique arc-en-ciel.

Cette lumière douce est typique de la fin de l’été, quand la chaleur joue les prolongations.

Menaçant mais chaleureux, ce ciel de fin de journée à Sainte-Marie-de-Ré.

Entre marais et Fier d’Ars, une balade au grand air

Joyau de l’île de Ré, le Fier d’Ars est une baie intérieure riche de sa biodiversité. Ce site unique borde les marais salants et la réserve naturelle de Lilleau des Niges.

Un lieu privilégié pour observer la nature et les oiseaux tout en marchant.

[

Le point de départ de cette balade (durée d’1h30 environ, 8km) se situe aux Portes-en-Ré, tout au bout de la route qui part vers Trousse-Chemise. N’hésitez pas à vous munir d’une paire de jumelles pour observer les oiseaux. Tout au bout de la route de la Patache, se situe un parking. Continuez tout droit vers la côte en longeant une maison dont les murs sont faits de pierres rétaises. Vous voilà alors devant l’embouchure du Fier d’Ars. A marée basse vous apercevrez peut-être des ostréiculteurs venus travailler dans leurs parcs à huîtres avec leurs chalands, des petits bateaux en aluminium typiques de ce métier.

Engagez-vous vers la droite pour suivre la levée, cette digue qui borde l’intérieur du Fier d’Ars. Au loin, la silhouette du clocher d’Ars-en-Ré, peint en noir et blanc et élément iconique de l’île. Le long du chemin, quelques propriétés à l’emplacement exceptionnel se trouvent sur votre droite. Sur les berges vous pourrez observer des plantes typiquement rétaises, selon la saison, comme le maceron, la moutarde sauvage ou plus près de l’eau, des obiones et des tamaris.

Ecoutez aussi le chant des oiseaux : goélands, cormorans, sternes. Leurs cris vous indiqueront leur présence et vous ne tarderez pas à les apercevoir.

Le chant des oiseaux et le bruit du vent

Un peu plus loin, un panneau rouge signale la présence du golf de TrousseChemise, situé sur la droite, en contrebas. L’un des trous du parcours longe la digue. Puis un peu plus loin, un bâtiment apparaît, il s’agit d’une cabane ostréicole où il est possible de déguster des huîtres au milieu de ce décor naturel à la belle saison.

Poursuivez sur la levée, dont le tracé commence à épouser des courbes naturelles. Au loin, se détache la silhouette du Phare des Baleines. Sur la digue une écluse permet de laisser passer l’eau au rythme des marées, pour alimenter les marais.

En continuant votre chemin vous découvrirez un panneau explicatif qui permet d’en savoir plus sur le Fier d’Ars, les marais ou les oiseaux. Plusieurs panneaux rythment le parcours.

La digue serpente le long du Fier d’Ars et épouse le tracé naturel de la baie.
Un groupe de spatules blanches se repose près d’une colonie de goélands en train de nicher.
Texte et photos : Yann Werdefroy ]

Un peu plus loin, un panneau signale la limite de la réserve naturelle et le chemin oblique alors vers la droite. Suivez-le au milieu des marais et observez les oiseaux en train de nicher ou ceux perchés dans les arbustes alentours. Vous aurez peut-être la chance d’apercevoir un gorgebleue à miroir, des spatules blanches, des avocettes élégantes ou encore des tadornes de belon, et bien d’autres espèces d’oiseaux qui viennent se nourrir, se reposer ou nicher dans la réserve naturelle et dans les marais alentours. Le Fier d’Ars est aussi une source abondante de nourriture pour toutes ces espèces.

Le Fier d’Ars, un lieu de vie pour de nombreuses espèces d’oiseaux

Au bout du chemin, vous arriverez sur une piste cyclable. Tournez à droite et empruntez là jusqu’au hangar en bois visible à quelques centaines de mètres. Il s’agit là d’un ancien hangar à sel qui accueille notamment la Maison du Fier, un écomusée consacré aux oiseaux et à l’environnement.

Juste à côté de ce hangar en bois typique, un bassin dans lequel se trouve un bateau traditionnel de l’île, un Grand Cazavant : voici l’ancien port des Portesen-Ré, qui était autrefois accessible depuis le Fier d’Ars avant l’envasement des chenaux. C’est de ce port que partait le sel récolté dans les marais salants alentours.

Contournez le port en le laissant sur votre droite, le hangar à sel dans votre dos et continuez sur le chemin au ras des marais. Après quelques centaines de mètres vous vous retrouverez à nouveau sur la digue intérieure du Fier d’Ars. Tournez à gauche et revenez sur vos pas en passant devant la cabane à huîtres puis le golf, et vous voilà de retour à votre point de départ au bout de la route de la Patache. Et si vous souhaitez poursuivre cette balade, la plage de la Patache toute proche ou le bois de Trousse-Chemise sont deux incontournables de l’île de Ré.

Le vieux port des Portes qui servait autrefois aux voiliers venant charger le sel des marais salants.
Par cette écluse, l’eau circule jusque dans les marais en fonction des marées.
Un Grand Cazavant, bateau traditionnel rétais, dans l’ancien port des Portes-en-Ré.

L’ÎLE DE RÉ, TERRES DE BIODIVERSITÉ

L’île de Ré concentre une diversité de paysages et d’espaces remarquables. Oiseaux, plantes, insectes, mammifères ou crustacés y trouvent refuge grâce à la richesse des milieux naturels et à une politique de préservation de l’environnement engagée. Des villages aux marais, des forêts aux dunes, voici un tour d’horizon des habitats rétais et de la vie foisonnante qu’ils abritent.

[ Texte : Communauté de communes de l’île de Ré Photos : © sur photos ]

LES VILLAGES

Même au cœur des bourgs, la biodiversité s’invite. Dans les venelles du Bois-Plage-en-Ré ou de La Flotte, la Rose trémière surgit de quelques centimètres de terre, tandis que la Pariétaire officinale prend racine dans les fissures des murs. Ces plantes nourrissent une multitude d’insectes pollinisateurs, amorçant un cycle discret mais essentiel.

En descendant vers le port, à Ars-enRé par exemple, goélands robustes et mouettes plus fines se partagent l’espace. Et à la tombée de la nuit, les chauves-souris quittent combles et remparts de Saint-Martin-de-Ré pour réguler naturellement les populations de moustiques.

LES CHAMPS

La longue histoire viticole de l’île se lit dans ses paysages. Entre les vignes

©

de Sainte-Marie-de-Ré ou de La Couardesur-Mer, une faune discrète prospère. Le Héron garde-bœuf, reconnaissable à son plumage blanc et à sa touche orangée, s’est installé durablement dans ces espaces ouverts, profitant des sols fraîchement travaillés.

Dans les fourrés, les orties jouent un rôle clé : elles abritent les chenilles du Vulcain, de la Belle-Dame ou du Paon-du-jour, autant de papillons emblématiques dépendants de cette plante souvent mal aimée.

LES FORÊTS

Créés au milieu du XX e siècle, la forêt du Lizay aux Portes-en-Ré et le bois Henri IV à La Couarde-sur-Mer protègent l’île des vents et offrent fraîcheur et ombrage. Pins parasols, Chênes verts et Cyprès de Lambert structurent ces espaces où la vie foisonne du sol à la cime.

Vers de terre, champignons et insectes recyclent la matière organique, tandis que coléoptères aux reflets précieux comme la Cétoine dorée ou la Rosalie des Alpes colonisent le bois mort. Dans les hauteurs, Pics-épeiches, Hiboux moyen-ducs et passereaux se partagent les branches.

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LES PRAIRIES

Aux abords des vignes de Sainte-Marie-de-Ré, les pelouses à origan forment un habitat rare et précieux. Elles abritent l’Azuré du serpolet, un papillon dont le cycle de vie dépend à la fois de la plante et des fourmis Myrmica sabuleti.

Cette relation à trois illustre la fragilité des écosystèmes. Sans origan ni fourmi, le papillon disparaît. Observer son vol bleuté au-dessus d’une pelouse violette prend alors une dimension toute particulière.

LES MARAIS SALANTS

Emblématiques du nord de l’île à Ars-en-Ré, Loix ou Saint-Clément-des-Baleines, les marais salants ne sont pas seulement le domaine des sauniers. Salicornes et obiones colonisent les bosses qui délimitent les marais, tandis qu’Avocettes élégantes et Échasses blanches nichent à proximité des eaux peu profondes pour y trouver petits crustacés et vers de vase. Ces marais jouent aussi un rôle clé contre le changement climatique : véritables puits de carbone, ils captent et stockent le CO₂ grâce aux microalgues et au phytoplancton, rivalisant avec les forêts en efficacité.

LES ZONES HUMIDES D’EAU DOUCE

Au sud de l’île, après Rivedoux-Plage, le site du Défend dévoile un marais sauvage à la salinité variable, conditionnés par les apports ponctuels d’eau de mer ou de pluie. Ce milieu changeant accueille des espèces hautement adaptables. L’Obione, par exemple, tolère le sel en le cristallisant à la surface de ses feuilles.

Les Aigrettes garzettes fréquentent aussi ces zones peu profondes, riches en vers et petits crustacés, qu’elles détectent avec précision du bout de la patte.

L’Azuré du serpolet
L’Aigrette garzette

LES DUNES GRISES

À l’intérieur de l’île, les dunes grises correspondent à des espaces sableux stabilisés. La clairière des Évières, au Bois-Plage-en-Ré, en est un bel exemple. On y observe un tapis végétal étonnant : Tortules qui reverdissent à la première pluie, Orpins brûlants en coussins jaunes, Lichens discrets.

Ce milieu accueille de nombreux insectes, Hannetons, Carabes, Criquets, dont se nourrissent les Pipits rousselines, revenus d’Afrique subsaharienne pour nicher sur l’île.

LES DUNES BLANCHES

Le long des plages, notamment aux Portesen-Ré, les dunes blanches forment un milieu mobile et fragile, mais essentiel. Oyat, Euphorbe maritime ou Panicaut maritime s’y enracinent profondément, maintenant le sable en place et protégeant l’arrière-pays des vents et des tempêtes.

Sans cette végétation pionnière, la dune se disperserait rapidement, laissant l’île plus vulnérable.

L’ESTRAN

Soumis au rythme des marées, l’estran est un monde en perpétuel mouvement. Sur les côtes rocheuses de La Flotte ou de Saint-Martin-de-Ré, algues, anémones et éponges s’accrochent au substrat.

À Rivedoux-Plage ou Saint-Clément-desBaleines, les plages sableuses abritent vers et talitres, véritables garde-manger pour les bécasseaux.

Dans la fosse de Loix, l’estran vaseux dissimule arénicoles et palourdes. À marée haute, il devient une nurserie pour soles, bars et mulets, venus s’y nourrir à l’abri des vagues.

COMMUNAUTÉ

DE COMMUNES DE L’ILE DE RÉ

3 rue du Père Ignace

17410 Saint-Martin-de-Ré

Retrouvez toutes les animations du service environnement sur : www.cdciledere.fr

Le Pipit rousseline
L’Oyat
L’Euphorbe maritime

Les veilleurs du rivage

À l’aube, l’Île de Ré semble retenir son souffle.

La mer s’est retirée sans bruit, abandonnant sur le sable une lumière pâle, presque nacrée. Le vent glisse sur les dunes, efface les traces de la nuit, et déjà trois silhouettes avancent, lentes et attentives... Il n’y a ni empressement, ni mise en scène. Seulement une fidélité au rivage.

Depuis plus de trente ans, le Réseau National Échouages Rétais, composé de Patricia Caillaud, Grégory Ziebacz et Jean-Roch Meslin, au sein de l'association Ré Nature Environnement, veille sur ces terres mouvantes où la mer laisse parfois des créatures surprenantes. Leur action s’inscrit dans le travail plus vaste coordonné par l’Observatoire Pélagis, à La Rochelle - un réseau de femmes et d’hommes unis par la même passion des mammifères marins.

Mais ici, tout commence par une marche en hiver dans le froid.

Un dauphin repose à la lisière de l’eau...

Le monde alentour semble s’effacer.

Il y a d’abord l’émotion - sourde, contenue - puis le travail. S’agenouiller. Observer. Mesurer. Noter. Photographier. Les gestes sont précis, presque rituels. Ils sont empreints de respect pour l'animal.

Chaque corps échoué est un fragment d’histoire : la mer, les courants, les rencontres invisibles, les blessures parfois infligées par l’activité humaine. Chercher une trace, une marque, un indice - c’est tenter de traduire ce qui s'est passé.

Rien n’est spectaculaire. Pourtant tout est essentiel.

Car de ces relevés naît une connaissance patiente, qui éclaire les causes de mortalité, qui dessine l’état fragile des populations marines.

Le sable garde la mémoire de ces passages. Les correspondants du Réseau échouages en recueillent le sens...

D’autres jours, l’histoire n’est pas achevée

La marée s’est retirée trop vite. Dans un chenal étroit, des silhouettes grises tournent, désorientées. Des grands dauphins ont suivi un banc de poissons jusqu’à l’impasse. L’eau baisse et disparaît.

Les animaux sont échoués, tous encore en vie. Le temps se resserre.

Alors il faut entrer dans la vase.

Approcher sans brusquer. Soutenir ces masses vivantes, parfois trois cent cinquante kilos de puissance vulnérable. Maintenir l’évent libre. Verser de l’eau sur

[ Texte et photos : Jean-Roch Meslin ]
Phoque Gris (sub adulte femelle) - Ars-en-Ré été 2025.
Capture d'un jeune phoque gris blesséSaint-Clément-des-Baleines 2026.

la peau pour empêcher qu’elle ne se dessèche. Attendre...

Attendre que la mer revienne...

Dans ces instants, tout se réduit à la respiration - celle des animaux, celle des hommes. Puis l’eau remonte, imperceptiblement d’abord, puis plus franchement. Les dauphins retrouvent l’élan, glissent vers le large, disparaissent dans l’écume. Il reste le battement du cœur, encore un peu trop rapide.

Les hôtes du sable

Un phoque gris allongé sur la plage. Autour de lui, la curiosité humaine.

Il faut expliquer, rassurer, apprendre à regarder autrement. Un phoque sur le sable n’est pas un drame : c’est un besoin ancestral de repos, de régulation, de halte entre deux traversées.

Rester à distance.

Tenir les chiens en laisse.

Offrir le calme comme premier secours.

Si l’animal est blessé, affaibli, une action

de sauvetage se met en place avec l’Observatoire Pélagis, puis avec le centre de soins de l’ACMOM à Brest. Là-bas, d’autres veilleurs prennent le relais.

Protéger, c’est aussi transmettre cette délicatesse au public.

Et parfois pas que des mammifères

Un matin d’hiver, au Bois-Plage-en-Ré, une tortue caouanne - Caretta caretta - est découverte, engourdie par le froid, son corps alourdi de pouces-pieds agrippés à sa carapace.

Elle porte sur elle les stigmates du voyage. Avec précaution, elle est confiée à l’Aquarium La Rochelle, au Centre d’Étude et de Soins des Tortues Marines. Commence alors un autre rythme : celui des soins patients, de la chaleur retrouvée, de la force qui revient.

Un jour, lorsque le retour vers l’océan sera de nouveau possible, elle glissera entre les vagues. Et personne ne saura vraiment ce qu’elle emportera de cette parenthèse terrestre.

Reconnaître les fidèles des Pertuis

Il existe aussi des jours magiques.

En mer, la lumière danse sur les pertuis charentais. Soudain, des ailerons fendent la surface. Chaque encoche sur la nageoire dorsale est une signature, une cicatrice devenue identité.

Grâce à la photo-identification, près de quarante grands dauphins sont suivis depuis une décennie autour de l’île. Ils reviennent. Saison après saison. Fidèles au territoire, fidèles aux courants.

Les reconnaître, c’est éprouver une forme de continuité dans le mouvement perpétuel de l’océan.

Sauvetage d'une tortue caouanne en difficultéLe Bois-Plage-en-Ré 2026.

Veiller

Être correspondant du Réseau Échouages, c’est accepter l’appel imprévu, la pluie battante, le sable gelé sous les pas. C’est se tenir à la frontière de deux mondes, là où la mer touche la terre.

Il n’y a ni héroïsme affiché, ni éclat particulier. Seulement une présence. Une attention constante.

Sur l’Île de Ré, à chaque marée, quelqu’un veille.

Parce qu’au bord de l’océan, la protection commence souvent par un simple regard attentif et par la bienveillance envers tous les êtres vivants.

Pour tout mammifère marin, mort ou vivant

Observatoire Pélagis : 05 46 44 99 10

Pour une tortue marine

Aquarium La Rochelle : 05 46 34 00 00 EN CAS DE DÉCOUVERTE

Un groupe de Grands Dauphins (tursiops truncatus) - Pertuis Breton 2025.
Grand Dauphin (Tursiops truncatus) devant Saint-Martin de Ré - 2025.

Les tortues marines : trente ans de retours à l’océan

Voilà trente ans que le Centre d’Études et de Soins pour les Tortues Marines (CESTM) a ouvert ses portes au sein de l’Aquarium de la Rochelle. Sa mission première est de soigner et de réhabiliter les jeunes tortues de mer venues s’échouer sur nos côtes.

]

Il s’agit surtout de tortues caouannes que l’on différencie des six autres espèces par leur couleur très orangée. Durant l’hiver, les jeunes individus migrent dans l’Atlantique et peuvent être victimes de tempêtes ou de courants forts, combinés à des crises d’hypother-

mie dans des eaux trop froides. Un phénomène qui s’intensifie à mesure que le changement climatique fait fondre le pôle Nord. Beaucoup de tortues meurent d’épuisement mais certaines sont retrouvées par des promeneurs, le long des côtes de l’Atlantique et de la

Manche. Elles sont alors envoyées en soin à l'Aquarium.

Dans de très rares cas, on peut retrouver des gros individus semi-adultes et deux autres espèces de reptiles moins communes.

[ Texte et photos : Mathieu Latour
Jeunes tortues caouannes.

Reconnaissable à sa carapace noire, la tortue de Kemp est la plus menacée de toutes les tortues marines. La tortue verte est très répandue dans les récifs coralliens et peu présente chez nous. Seuls deux spécimens ont été relâchés depuis la création du centre.

Les tortues passent plusieurs mois à se rétablir. Puis, lorsque les soigneurs estiment qu’elles sont suffisamment guéries, le grand retour à l’océan a lieu. Il se déroule généralement en juin, sur la plage de la Conche des Baleines à marée descendante. Un rendez-vous annuel qui fait le bonheur des écoliers. Une fois posées sur le sable, l’instinct naturel reprend le dessus et une course s’engage pour se jeter dans les vagues

Et l’histoire ne s’arrête pas là puisque certains individus sont équipés de balises GPS. Le public peut alors suivre leurs déplacements sur le site de l'Aquarium. Une initiative scientifique menée par l’ONG Upwell . Ainsi, en connaissant les trajets migratoires des tortues, les chercheurs peuvent délimiter des zones à sanctuariser pour éviter que des bateaux ne viennent perturber ces reptiles.

Depuis sa création, le centre a recueilli, soigné et relâché plus de quatre cents pensionnaires. Et un nouveau retour à l’océan devrait avoir bientôt lieu. Si d’ordinaire une dizaine de tortues sont relâchées tous les ans, l’année 2024 a

été marquée par des échouages records avec plus de cent trente animaux sauvés. Rappelons que les tortues marines sont toutes gravement menacées. La pollution plastique, le braconnage, les filets-fantômes et les collisions navales tuent des milliers d’individus chaque année. Le réchauffement climatique aggrave la situation car, avec des températures trop chaudes, les œufs pondus ne donnent que des femelles.

Mais bonne nouvelle : la tortue verte n’est plus une espèce menacée grâce aux efforts de conservation. Et de plus en plus de tortues caouannes viennent pondre sur les côtes méditerranéennes françaises. L’espoir est donc permis.

Le portrait de la tortue caouanne.
Tortue verte équipée d’une balise GPS.
Soins apportés à la carapace.
Le centre de soin.

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HISTOIRE & PATRIMOINE

28 LA POINTE DES BALEINES, HAUT LIEU DU PATRIMOINE MARITIME RÉTAIS 33 LES « SOLDATS DE PIERRE » DE L’ÎLE DE RÉ 30 L’ANCIENNE DEMEURE DES SEIGNEURS DE RÉ

© Yann Werdefroy

La pointe des Baleines, haut lieu du patrimoine maritime rétais

La pointe des Baleines regorge de vestiges de notre passé couvrant une large période allant du Moyen Âge à la Seconde Guerre mondiale. Elle témoigne du lien particulier qu’a toujours entretenu l’île de Ré avec l’océan.

[ Texte : Aurélie Bérard - Photos : Yann Werdefroy et Collection Héraudeau avec la collaboration du Service patrimoine de la Communauté de Communes de l’île de Ré, porteur du Label Pays d’Art et d’Histoire ]

Située à l’extrême nord-ouest de l’île de Ré et au carrefour de deux courants contraires, celui du pertuis Breton et celui du pertuis d’Antioche, la pointe des Baleines est l’un des endroits les plus tempétueux, et peut-être les plus dangereux, de l’île de Ré. Mêmes les baleines en auraient été victimes : cette pointe rocheuse tirerait son nom des nombreux cétacés qui seraient venus s’y échouer.

Lieu stratégique

Avec l’intensification du transport maritime, le pointe des Baleines est vite devenue un enjeu majeur de la protection maritime. La Vieille Tour des Baleines, toujours debout et visible sur le site du phare, est érigée entre 1669 et 1682 par Vauban sur ordre de Colbert pour des raisons défensives. Coiffée d’une lanterne en pierre, ses petites ouvertures sont constamment encrassées par les fumées issues de la combustion de l’huile de poisson. En 1736, le dôme en pierre est remplacé par une couverture en fer forgé et le feu alimenté en charbon. Mais les ouvertures restent ténues et son efficacité est critiquée par les marins qui ne cessent de réclamer un vrai phare pour mieux sécuriser la navigation à l’approche de cette zone dangereuse.

Guidage des navires

La construction du phare des Baleines et celle du phare des Baleineaux débutent simultanément en 1849. Le chantier des Baleineaux, situé à trois kilomètres au large, est particulièrement difficile et nécessite l’édification d’une jetée de trois cents mètres de long pour permettre l’acheminement des matériaux. Tou s

Yann

Une vue aérienne de la pointe des Baleines.

deux sont mis en service en 1854. Haut de 57,10 mètres et éclairant l’océan à une portée de 53,7 kilomètres, le phare des Baleines est un repère de navigation classé de premier ordre. La pyramide de Chaume, située à six cents mètres à l’est du phare, venait compléter le dispositif. Cet amer d’une hauteur de quatre mètres cinquante, toujours visible au tout début de la plage de la Conche, servait de repère en plein jour pour les bateaux.

Le sémaphore, quant à lui, est construit dans les années 1860. Ce poste de guet de la Marine Nationale française surveille jour et nuit les côtes et coordonne d’éventuels sauvetages en mer. Il transmet également au continent des données

scientifiques, météorologiques et des informations sur la faune marine.

Canot de sauvetage

Au sud de ces deux phares et du sémaphore, l’abri du canot de sauvetage est un autre témoin de l’histoire maritime de la pointe des Baleines. Construit en 1869, cet édifice servait à abriter le canot de sauvetage en mer qui portait secours aux naufragés au large de la pointe des Baleines. Cette embarcation en bois était insubmersible : elle se vidait automatiquement de son eau et se redressait lorsqu’elle chavirait. Plusieurs canots furent utilisés à la pointe des Baleines, dont le

Cabiou-Charron, le Baron-Larrey ou encore l’Armand-Forquenot. Le concours de dix rameurs, d’un patron à la barre et d’un sous-patron à l’avant était nécessaire à son fonctionnement. Beaucoup étaient des cultivateurs qui possédaient des bateaux pour la récolte du varech et savaient donc manier la rame, mais ils n’étaient pas des marins professionnels.

« Témoin de la violence des flots, l’abri du canot de sauvetage des Baleines est aussi la marque de la solidarité insulaire », explique Hélène Gaudin, guide conférencière du service patrimoine de la Communauté de Communes. « Entre la fin du 18 e et le 20 e siècle, on compte près de trois cent quatre vingt-dix naufrages au large de l’île de Ré. Et si les naufrages se font moins nombreux au début du 20 e siècle, ils ne disparaissent pas totalement. Parmi eux, la disparition du paquebot l’Afrique en janvier 1920, avec ses six cents passagers. Seulement trente-cinq seront sauvés. »

La Moufette

Si l’océan est synonyme de danger pour les habitants de l’île de Ré, c’est aussi un garde-manger précieux. Sur l’île de Ré, cent quarante écluses à poissons étaient en activité au Moyen Âge. Ces gigantesques pièges à poissons positionnés sur l’estran rocheux couvraient pas moins de quatre cents hectares et permettaient aux paysans rétais de tirer une partie importante de leur subsistance. Les écluses sont construites selon un savoir-faire séculaire et les pierres sèches sont érigées sans liant. Mais elles sont

soumises à de fortes pressions, notamment lors des tempêtes d’hiver, et nécessitent un entretien permanent.

A la pointe des Baleines, juste en contrebas du phare, l’écluse Moufette est encore visible à marée basse. L’association  « L’Amicale de Moufette » s’évertue à la remettre en état. « Son nom, « Moufette », veut dire « Mal faite », ex-

Mur de l’Atlantique

Enfin, la pointe des Baleines nous replonge aussi dans une histoire plus contemporaine avec ses vestiges de la Seconde Guerre mondiale. L’armée allemande, présente sur l’île entre 1942 et 1944, y bâtit tout au long de ses côtes des ouvrages de défense rapprochée, des batteries anti-aériennes, des stations-radar de détection navale ainsi que des batteries d’artillerie de côte. Ces ouvrages forment des maillons du Mur de l’Atlantique. Un blockhaus est encore en place dans l’enceinte même du phare des Baleines, mais les vestiges les plus impressionnants se situent tout autour. Sur la Conche, notamment, à l’est du phare. Lieu éminemment stratégique, la Conche des Baleines offre une vue imprenable sur les côtes vendéennes et le pertuis Breton. Longue de près de trois kilomètres, les Allemands y redoutent un débarquement. Ils y installent deux points d’appui défensifs dont un seul a été conservé : la batterie Klara, constituée de trois casemates doubles et d’une casemate simple. Elles disposaient cha-

plique Hélène Gaudin. « Ça ne veut pas dire qu’elle a été mal construite, bien au contraire, mais en revanche, elle est située à un endroit où elle va forcément être défaite à cause des courants contraires des pertuis Breton et d’Antioche. Lors des grandes marées, les pressions sont très fortes et l’écluse souffre beaucoup. »

cune d’une plateforme de tir extérieure, et derrière la dune plusieurs abris et soutes en tôle assuraient la logistique. La Conche et ses blockhaus ont notamment inspiré le producteur du film « Le jour le plus long », dont les scènes de débarquement ont été tournées en 1961 sur les plages de la Conche.

Le canot de sauvetage de la pointe des Baleines a été utilisé de 1869 à 1940.
La Pyramide de Chaume située à proximité du phare permet de guider les marins en plein jour.

L’ancienne demeure des Seigneurs de Ré

L’Hôtel de Clerjotte, qui héberge actuellement le Musée Ernest Cognacq, est constitué d’un ensemble de bâtiments remarquables par leur élégance, dont la construction s’est étalée du XVe siècle à nos jours. Il a joué un rôle important dans l’histoire de Saint-Martin.

Dès le XVI e siècle, le port de Saint-Martin connaît une croissance spectaculaire en raison de la position stratégique de l’île de Ré face aux incartades des Anglais, grâce à la bonne santé économique de La Rochelle et à son sel et à sa vigne. Le pouvoir royal favorise l’installation dans l’île de grandes familles seigneuriales afin de mieux contrôler ce qu’il s’y passe. C’est ainsi que naissent alors les demeures dites de plaisance, dont l’Hôtel de Clerjotte qui accueillit des familles nobles ou servit de logement de fonction aux représentants du roi. Les actes notariés de la Renaissance

indiquent « Hôtel de Clergeatte », du nom de Louis Clergeat, qui initia sa construction vers 1470-1480. Au XVIe siècle, la propriété appartient aux Maroix, noble famille comprenant en son sein des officiers de la seigneurie de Ré, qui sont les premiers occupants connus. Après le décès du prévôt Jean Maroix (1540), puis de son épouse, leurs cinq héritiers procèdent au partage de la succession en plusieurs étapes et en morcelant « la maison de la Clergeatte » en cinq parts. L’Hôtel de Clerjotte ne représentait qu’une petite part de ce vaste ensemble englobant le sud de Saint-Martin depuis la rue des Gabaret jusqu’au cours Dechézeaux et la rue Baron de Chantal.

Parmi les propriétaires la célèbre famille des Gabaret

Jean Gabaret, lieutenant des armées navales du roi, acheta l’Hôtel de Clerjotte dans le cadre de la succession du couple Maroix. La famille des Gabaret, originaire de Gascogne, était très fortunée et ses membres s’illustrèrent dans la Marine royale. Le marquis de Gabaret, calviniste, devra, après la défaite des protestants en 1627, céder la propriété de Clerjotte à Jamon des Jarielles avant de s’expatrier aux Antilles afin d’éviter les représailles des catholiques. Celui-ci donnera en gérance la propriété, de 1675 à 1679, à la Fabrique, organisme qui administrait et entretenait des biens religieux. En 1684, Jean de Gabaret, lieutenant général des armées navales du roi devient propriétaire tant par héritage familial que par acquisition sur les créances de son beau-père Jean Jamon.

Une longue fonction militaire qui endommagea la propriété

A la fin du XVIIe, Louis XIV décide de renforcer les défenses des Pertuis et ordonne la construction d’une citadelle à Saint-Martin et d’une enceinte entourant la capitale. L’ampleur des travaux nécessitera la confiscation de nombreux bâtiments et en 1690 Clerjotte est réquisitionné par l’intendant Bégon pour servir d’arsenal. Cette fonction militaire, l’Hôtel de Clerjotte la conservera jusqu’après la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1949. Les bâtiments en souffriront beaucoup et la soldatesque, y compris allemande, ne le ménagera pas.

En 1955, Clerjotte est cédé à la ville de Saint-Martin qui, utilisant les dons

[ Texte : Catherine Bréjat - Photos : Yann Werdefroy ]
L’Hôtel de Clerjotte tel qu’il apparaît aujourd’hui depuis l’avenue Bouthillier à Saint-Martin.

d’Ernest Cognacq, le transforme en musée municipal. En effet, le fondateur de la Samaritaine, Rétais de souche et riche philanthrope, est à l’origine de la création du musée qui occupe de nos jours l’Hôtel Clerjotte. A la mort, en 1905, de René Phelipot, maire du Bois-Plage et érudit, il achète ses collections pour la somme de 12 000 Francs qu’il offre à la commune de Saint-Martin. Deux ans plus tard, il fait don de 50 000 francs pour l’acquisition de la maison des Cadets Gentilshommes dont une partie sera transformée en musée Phelipot (1907) avant de porter le nom de son mécène. Les finances de la com -

mune n’étant pas en mesure d’entretenir le musée, Ernest Cognacq ajoutera à ses précédents cadeaux une rente annuelle perpétuelle de 500 francs.

Classé monument historique en 1929, la restauration sera menée par Michel Mastorakis, Architecte en chef des Monuments Historiques qui s’était fixé pour objectif de redonner à l’endroit son aspect initial, rectifiant, entre autres, les malheureuses modifications de l’époque de l’arsenal. Débutée en 1960, elle prendra plusieurs années et comprendra également celle des jardins. Le musée Ernest Cognacq sera transféré dans l’Hôtel de Clerjotte en 1969.

Il y a peu d’exemples dans l’île de Ré d’hôtel particulier Renaissance. Construit au XVe siècle, Clerjotte a été profondément remanié au XVIe avec l’adjonction de deux ailes à arcades et d’une tour octogonale qui témoignent de la diffusion des nouveaux concepts architecturaux venus d’Italie. Au XVII e, réquisitionné comme arsenal, il n’évoluera plus sur le plan de son architecture avant 2006 et la création, très discutée à l’époque, d’une nouvelle aile moderne.

Aujourd’hui, l’Hôtel de Clerjotte est devenu indissociable du musée Ernest Cognacq qui s’épanouit dans ses murs.

Gargouille ponctuant l’arc supérieur d’une fenêtre.
Elégante fenêtre à meneau, typique de l’architecture du XVIe siècle.
Galerie couverte nord-est donnant sur la cour carrée du bâtiment et que l’on rencontre fréquemment à la Renaissance.
Un aperçu des jardins pleins de sérénité qui se cachent derrière les murs du musée.

L’ABBAYE DES CHÂTELIERS

Une vieille dame de 870 ans !

Érigée en 1156 à La Flotte par les abbés Isaac de Stella et Jean de Trizay, sur autorisation du seigneur Eble de Mauléon, l’abbaye cistercienne des Châteliers, initialement appelée Notre Dame de Ré, est considérée comme l’édifice religieux le plus ancien de l’île de Ré.

Classée au titre des monuments historiques depuis 1990, bien connue non seulement des Flottais et de tous les habitants de l’île de Ré, mais aussi des vacanciers de passage sur le territoire, l’abbaye des Châteliers, illuminée tout au long de l’année, sert aujourd’hui de décor naturel à de nombreuses animations : visites ou escape game organisés par le musée du Platin, point d’arrivée des marches solidaires pour Octobre rose, Tulipes contre le cancer, etc.

HISTOIRE & PATRIMOINE

Les « soldats de pierre » de l’île de Ré

Par sa position stratégique et la morphologie de ses côtes propices à un débarquement, l'île de Ré a toujours été un important poste militaire. Loin de se limiter à Vauban, ses fortifications révèlent une riche histoire, qui remonte au Moyen Âge. Découverte.

Les premiers indices de fortifications sur l’île de Ré apparaissent avec l’arrivée de la famille Mauléon 1, connue pour être à l’origine de la construction de l’abbaye des Châteliers en 1156. Si on trouve bien aujourd’hui une rue du Château des Mauléon à la Flotte, les historiens n’ont jamais trouvé la trace d’une forteresse. « On connait la présence d’un prieuré Saint-Eulalie, qui existe au moment de la construction de l’abbaye. Sur un document plus récent de 1565, il est décrit avec un bâtiment fortifié appelé le château » 2, explique

Jacques Boucard, historien local. Dans un autre document, il est aussi question d’une fortification, probablement une motte ou un châtelet, entre l’abbaye des Châteliers et la mer, vers la fin du 12 ème siècle. Ces mottes féodales, construites en terre et en bois, n’ont pas résisté à l’épreuve du temps, et les relevés topographiques n’ont pas permis de la localiser. En 1242, alors que l’île de Ré est anglaise, une autre archive a révélé que le roi Henri III d’Angleterre avait demandé la construction d’un château sur l’île de Ré, sans que l’on sache si ce projet s’est concrétisé 3

L’église comme refuge

Il faut attendre le 15ème siècle pour découvrir les premières fortifications avérées sur l’île, sur des édifices plutôt inattendus : les églises. « En cas d’attaques à cette époque, les populations se réfugient dans l’église, d’où l’intérêt de les fortifier », confie Jacques Boucard. Comme les vikings quelques siècles auparavant, les Anglais pratiquent les razzias sur nos côtes, et l’île de Ré est une cible de choix grâce à deux richesses qui s’exporten t

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[ Texte : Mathieu Delagarde - Photos : voir les crédits sur chaque photo ]
Le fort La Prée, construit en 1625 par l’ingénieur d’Argencourt, est le plus ancien « soldat de pierre » encore visible sur l’île de Ré.

Les églises, comme celle de Saint-Martin, étaient fortifiées et équipées de puits afin de tenir un siège. On distingue d’ailleurs des impacts d’arbalètes.

dans l’Europe entière : le sel et le vin. Les historiens n’ont pas été surpris de découvrir que la plupart des razzias avaient lieu en septembre et octobre, juste après les récoltes, au moment de l’année où les chais à vin et greniers à sel sont pleins. Les églises de Sainte-Marie, Ars et celle de Saint-Martin (dénommée le « Grand Fort » au 16 ème siècle) sont donc fortifiées à cette époque, comme l’attestent quelques rares documents. Dernièrement, une découverte considérable vient d’être faite4 : un tableau datant de la Révolution Française, jusqu’ici ignorée de tous (sauf de ses propriétaires), montre l’église Saint-Etienne d’Ars-en-Ré entourée d'un rempart . « Nous savions d’après certains plans qu’il y avait eu une fortification, mais c’est la première représentation d’une église fortifiée sur l’île de Ré », explique Jacques Boucard.

Premiers forts au 17 ème siècle

C’est au 17ème siècle, alors que le territoire est plongé dans les guerres de religions entre protestants et catholiques, que les premières forteresses modernes voient le jour.  « Ce sont des défenses solides, faites pour résister à une grosse attaque », explique Jacques Boucard. Suite à la bataille d’Ars du 16 septembre 1625, qui voit la victoire des troupes royales catholiques sur les protestants rétais, le chef catholique Toiras est nommé gouverneur de l’île de Ré par Louis XIII. Sa mission ? Protéger l’île d’un retour des protestants (soutenus par les Anglais) en établissant un système de fortifications dissuasif. Le grand ingénieur d’Argencourt, qui a déjà fortifié Brouage et le Château

d’Oléron, construit en 1625 le fort La Prée, seule construction encore visible de nos jours. Le fort était pourvu d'une double enceinte (détruite en 1680), d'un port au sud et de quatre bastions reliés par des courtines en demi-cercle. Dans la foulée, il édifie la première citadelle de Saint-Martin en moins de treize mois : elle se composait également de quatre bastions mais était dépourvue de port (voir illustration). Ces édifices abritaient des logements pour la garnison, une chapelle, des magasins aux vivres et des citernes afin de permettre aux soldats de subsister en cas de siège. Une autre redoute, disparue aujourd’hui, est édifiée en 1626 au Martray, autre endroit stratégique assurant la jonction entre les deux parties de l’île.

Lorsque les hostilités reprennent avec le débarquement le 21 juillet 1627 à Sablanceaux des troupes anglaises du Duc de Buckingham, certains travaux, notamment sur la citadelle, ne sont pas totalement achevés. « Toiras va profiter des cinq jours entre le débarquement et le début du siège de Saint-Martin pour faire entrer des vivres et faire fermer le seul accès à la citadelle », confie Jacques Boucard. Les troupes anglais, qui échouent à prendre la citadelle malgré un siège de plus de trois mois, sont finalement anéanties à la bataille du pont du Feneau du 8 novembre 1627. En perdant son allié anglais, La Rochelle, place forte du protestantisme, se retrouve désormais seule face aux armée royales. Après un terrible siège, la cité huguenote rend les armes face à Richelieu et aux forces royales le 29 octobre 1628.

Fortifications rasées

Après la capitulation des Rochelais, la citadelle de Saint-Martin connait le même sort que les fortifications de La Rochelle : elle est détruite et rasée sur les ordres du roi en 1629. « Richelieu et Louis XIII considèrent que si les protestants réussissaient à s’en emparer, cela constituerait une place forte difficile à reprendre », explique Jacques Boucard. Désormais privée de fortifications, à l’exception du fort La Prée, l’île n’est plus défendue que par des milices rétaises.

La nécessité de protéger l’île contre un éventuel envahisseur ne tarde pas à refaire surface dès le début du règne de Louis XIV. Une nouvelle organisation défensive est mise en place afin de défendre l’arsenal de Rochefort,  nouveau port de guerre stratégique construit en 1666. « Si vous croyez avoir lieu de craindre les Anglais, songez à La Rochelle et à l’île de Ré, c’est une place aisée à fortifier dont la perte ferait plus de mal au roi que celle de tous ces pays ci », écrit Vauban 5 en 1677. Cet ingénieur du roi propose ainsi en 1674 de remanier le fort La Prée, de bâtir les redoutes de Sablanceaux et des Portes (lieux possibles de débarquement) et de reconstruire la redoute du Martray. Pour Saint-Martin, plusieurs plans sont proposés : celui de l’ingénieur de La Favelière, plus ambitieux mais trop couteux, préconise de fortifier l’ensemble du village et de construire un grand port. Vauban propose de construire la nouvelle citadelle sur les ruines de l’ancienne et d’édifier des remparts autour du village. Face à l’entrée de la citadelle, il décide d’ajouter un petit port, tel qu’on le voit aujourd’hui au niveau de l’entrée de la prison.

En 1678, Vauban est nommé Commissaire général des fortifications du royaume et dirige les travaux de la nouvelle citadelle, dont la première pierre est posée le 29 juin 1681. Vauban, qui n’aura cesse de dénigrer dans ses écrits le bâtisseur du début du siècle d’Argencourt, s’inspire donc très largement de l’oeuvre de son prédécesseur. Le fort La Prée, qu’il qualifie de « fort d’opérette », sera conservé et simplement réaménagé. « D’Argencourt est au moins aussi important que Vauban, mais il est peu connu. Il faut dire que le premier, qui fortifie l’île au moment où le trésor royal est vide, a eu beaucoup moins de moyens que Vauban », confie Jacques Boucard.

© Jacques Boucard

L’ancienne citadelle de Saint-Martin a été rasée en 1629 après le siège de Saint-Martin et de La Rochelle. Vauban construit la nouvelle sur les ruines de l’ancienne et ajoute un petit port.

Mur de l’Atlantique

Suite aux réalisations de Vauban, qui font aujourd’hui partie du patrimoine rétais6, l’île reste armée mais les défenses deviennent obsolètes dès le milieu du 19ème siècle. En cause ?

L’évolution technologique de l’artillerie. Conçus pour résister aux boulets de canons, les « soldats de pierre » ne peuvent plus grand- chose face aux obus qui font leur apparition vers 1850. Seul le béton est désormais capable de « protéger » les bâtiments militaires contre les bombardements. Et le béton, les Allemands vont en couler des millions de tonnes le long de nos côtes lors de la Seconde Guerre mondiale afin de construire le Mur de l’Atlantique. L’île de Ré, occupée depuis juillet 1940, représente une pièce maîtresse du dispositif défensif allemand et un poste avancé pour la protection du port de La Pallice.   « L’île de Ré garantit la défense de la base sous-marine, essentielle pour les Allemands », précise Jacques Boucard. Au total, plusieurs dizaines de blockhaus y seront construits, ainsi que les batteries Kora et Karola, composée, entre autres, de deux immenses tourelles qui en font le fleuron du secteur et la plus grosse puissance de feu entre la Vendée et Bordeaux. Finalement, l’île de Ré ne sera jamais attaquée. Au 21 ème  siècle, c’est désormais face à un ennemi invisible que l’île de Ré doit se protéger avec des murs en béton : la montée du niveau des mers, conséquence du réchauffe ment climatique.

1. On ne connait pas bien l’origine de cette famille, ni même de celle des Thouars qui s’implante sur l’île de Ré à la même époque, mais ils étaient proches des comtes de Poitiers.

2. Document découvert par Jean-Claude Bonnin mentionnant « la chapelle du chasteau dudit prieuré ».

3. Cela reste peu probable puisque l’île de Ré est redevenue une possession « française » en 1243, sous Saint Louis.

4. Révélée dans le dernier numéro du Tambour d’Ars.

5. Cité dans Histoire de l’île de Ré, des origines à nos jours. Boucard, Augeron, Even. Editions du Croît Vif. 2016.

6. Classées au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008.

de La Pallice.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands vont densément fortifier l’île de Ré, à l’image de la batterie Karola, afin de protéger la base sous-marine

La Fiancée du Pirate

SUR LE PORT DE LA FLOTTE

GALETTES ET CRÊPES BRETONNES, PLATS À L’ARDOISE, HUÎTRES DE L’ILE DE RÉ

05 46 09 52 46

Silence, ça butine !

Grâce à sa biodiversité unique, l’île de Ré représente un territoire privilégié pour les abeilles. Malgré les nombreuses difficultés du métier, les apiculteurs produisent ici un miel délicat, issu d’une multitude de fleurs.

[ Texte et photos : Mathieu Delagarde ]

Nous sommes en plein coeur des marais de Loix. Dans ce décor de carte postale, un petit bonhomme tout de blanc vêtu - lève-cadre dans une main, enfumoir dans l’autres’active autour de ses ruches. C’est une des premières visites après l’hiver, celle qui permet d’évaluer l’état des colonies et de lancer la saison apicole. Au grand étonnement du professionnel, les abeilles ont déjà rentré du nectar dans les alvéoles. Les marais, qui s’étendent à perte de vue, sont recouverts d’une plante typique de l’île de Ré : le maceron. Déjà en fleur, il donnera, une fois pollinisé par les abeilles, de petites graines noires connues sous le nom de « poivre de l’île de Ré ».

Abeilles sentinelles

C’est probablement ce nectar de maceron, qui donne un miel foncé et parfumé, que les premières butineuses de l’année ont commencé à stocker. A cette période de la saison, c’est presque inédit. « J’ai constaté un premier palier au niveau des années 2000, avec la canicule de 2003, puis une nouvelle accélération au niveau des années 2010. Et là, depuis trois ou quatre ans, on a l’impression de franchir un nouveau palier » , s’inquiète François-Xavier Chupin, apiculteur. Véritables sentinelles de l’environnement, les abeilles sont à l’avant-poste du changement climatique, et les apiculteurs en sont les premiers témoins. Ces floraisons, dès le mois de mars, se succèdent désormais à un rythme

ef f réné au printemps, provoquant des miellées simultanées difficile à gérer. « Sur le continent, la floraison des colzas n’est pas finie que fleurissent les acacias, puis les châtaigniers arrivent dans la foulée », confie l’apiculteur. Quand survient l’été, les sécheresses précoces tarissent les ressources en nectar, diminuant les récoltes.

Autre signe de cette précocité : les cadres de couvain, qui abritent les œufs et larves des futures abeilles, sont déjà bien remplis. Cette ponte régulière et précoce indique une bonne santé de la reine et de la colonie, qui possède à la sortie de l’hiver entre 20 000 et 30 000 abeilles. Dans quelques semaines, avec un rythme de 2000 œufs par jour, la colonie atteindra

En plein coeur des marais du nord de l’île, l’apiculteur François-Xavier Chupin effectue sa première visite de l’année. A cette saison, les abeilles butinent déjà le maceron, plante surnommée « poivre des marais ».

TERROIR

entre 60 000 et 80 000 individus. La ruche sera alors prête pour remplir de miel les hausses, ces petites boites contenant les cadres que l’apiculteur viendra récolter au fur et à mesure. L’apiculteur ne récolte que le miel présent dans les hausses, mais ne touche pas au miel stocké dans la ruche, des réserves indispensables pour passer l’hiver. Le miel n’est pas simplement la nourriture essentielle de la ruche, il est son « carburant » : quand la floraison est finie et que les températures baissent, les abeilles se mettent en grappe et se réchauffent mutuellement en produisant avec leur thorax des vibrations. En quelques minutes, le thorax d’une abeille peut atteindre les 43° ! Une dépense énergétique énorme qui exige de grosses consommations de miel.

Sur ce cadre de couvain, on voit que la reine (cercle rouge) a déjà bien commencé la ponte, qui peut atteindre 2000 œufs par jour en pleine saison. suite page 41

on sait que les abeilles butinent dans un rayon de trois kilomètres autour du rucher, la géographie de l’île, contrairement au continent, limite automatiquement le potentiel de nectar. « Une partie

du rayon de butinage se trouve en mer, ce qui fait d’autant moins de fleurs », explique le professionnel.

DE NOMBREUSES ACTIVITÉS À LOIX POUR DÉCOUVRIR L’APICULTURE

Dans la zone artisanale de Loix, l’Abeille de Ré propose de nombreuses activités autour des abeilles, destinées aussi bien aux enfants qu’aux adultes.

Tous les jours en haute saison (sauf le dimanche), un atelier « découverte des abeilles » permet aux familles de découvrir l’apiculture dans les locaux de l’entreprise à travers de nombreux outils pédagogiques (ruche connectée, panneaux, etc.). Après les explications, on assiste à l’extraction et on déguste le miel. Durée : environ 1h.

Tous les jeudis matin, une balade au rucher (tenue fournie) permet de découvrir la vie des abeilles. Après une randonnée de deux kilomètres en direction du rucher (pointe du Grouin), qui permet de découvrir quelques plantes mellifères, l’apiculteur ouvre les ruches et explique aux visiteurs le fonctionnement de la colonie. Un petit déjeuner, à base de produits de la ruche (pain d’épice) est organisé sur place avant un retour à la miellerie, où le public assiste à l’extraction puis à la dégustation du miel. Durée : environ 3h.

Coups de vent

On remarque ici que les toitures des ruches sont toutes lestées de lourdes pierres. « Sur l’île, nous avons parfois des gros coups de vent », explique François-Xavier Chupin. Quand les tempêtes surviennent en période de butinage, cela peut même compromettre les récoltes, car les embruns marins viennent arroser les fleurs sauvages, qui finissent par « griller » sous l’action du sel. Quand

Tous les jours à 14h (sauf le dimanche), un atelier « immersion » propose un peu l’équivalent de la balade au rucher, mais dans un format plus court, l’ouverture et la découverte d’une ruche ayant lieu juste derrière la boutique.

Pour les enfants (5-11 ans), de nombreux ateliers sont proposés autour du miel et des abeilles. Différents ateliers « créatifs » avec création d’une étiquette (aquarelle ou autre) pour réaliser un pot de miel personnalisé ou créations de bougies en cire d’abeilles.

Un atelier « pâtisserie » présente les recettes à base de miel et permet aux plus jeunes de fabriquer des sablés au miel, qu’ils ramènent chez eux.

Pour les tous petits (3-5 ans), un atelier théâtral, avec une animatrice, permet de découvrir le monde des abeilles à travers un jeu de rôles.

Marché de La Flotte

Sur le banc Les Nuages de Ré & dans la boulangerie Ô pain du pêcheur de 8h à 14h

Halles de Saint-Martin de Ré

Sur le banc Ô pain du pêcheur & sur le banc Les Nuages de Ré

de 8h à 14h & de 17h à 20h

Marché d’Ars-en-Ré

Place Carnot, 17590 Ars-en-Ré

On vous attend nombreux, et on s’encanaille d’avance

A part ces difficultés, produire du miel sur l’île de Ré procure uniquement des avantages, surtout quand on fait du miel bio comme François-Xavier Chupin, qui possède plusieurs centaines de ruches. Dans ces zones de marais du nord de l’île, la biodiversité est exceptionnelle : maceron, moutarde des marais, jussie, statice, lavande de mer… Dans le sud de l’île, les nombreux ronciers, souvent considérés comme des mauvaises herbes, sont une aubaine pour les abeilles, qui produisent un miel extrêmement délicat. Lors d’années exceptionnelles, il arrive même que les apiculteurs, à l’instar d’Aude Chupin, sœur de François-Xavier installée à Rivedoux (l’Abeille Réthaise), produisent du miel d’acacia de l’île de Ré. Si les abeilles sont victimes un peu partout des pesticides, elles le sont également d’une chute de la biodiversité florale. Sur l’île de Ré, peu de champs (à part les vignes que les abeilles ne butinent pas), donc quasiment pas de pesticides, et énormément d’espèces de fleurs différentes. Cela donne des miels polyfloraux rares et uniques.

TERROIR

Adaptation permanente

L’arrivée de l’été, où la flore se raréfie, signifie la transhumance des ruches sur le continent, où les champs de tournesol arrivent à maturité. « En tant que professionnel, on ne peut pas produire uniquement du miel sur l’île de Ré, où le territoire est trop restreint », concède François Xavier Chupin. Du côté de Loix, Aldo François, qui a créé l’Abeille de Ré en 2012, possède entre huit cents et mille ruches, dont un quart sur l’île. « On produit une moyenne d’une dizaine de kilos par ruche sur l’île de Ré, contre environ trente kilos sur le continent ».

L’apiculture sur l’île de Ré nécessite une adaptation permanente face au changement climatique et à la mondialisation des échanges, qui amène son lot de désagréments, comme le frelon asiatique, véritable fléau depuis une dizaine d’années. « Sur l’île, les pouvoirs publics ont été très réactifs pour faire détruire les nids de frelons asiatiques », reconnait François-Xavier Chupin. Malgré ça, cette espèce invasive continue de se propager et de faire des dégâts considérables

sur les ruches, obligeant même certains apiculteurs à transhumer des ruches dans des zones moins infestées, au moment où la pression du frelon est la plus forte. Face aux difficultés du métier, les apiculteurs cherchent à se diversifier. François-Xavier Chupin devrait bientôt ouvrir un rucher pédagogique à Saint-Martin, afin de faire découvrir aux visiteurs son métier.

A Loix, Aldo François, outre sa boutique vendant son miel et de nombreux produits dérivés, propose déjà de nombreuses activités, qui rencontrent un franc succès (voir encadré p.39). Grâce à l’activité touristique, la vente directe, sur les différents marchés de l’île, facilite la commercialisation du miel. « Nous n’avons pas besoin d’aller à l’autre bout de la France pour vendre notre miel, c’est une chance », conclut François-Xavier Chupin. Et qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : les apiculteurs rétais font des miracles, mais le miel de fleur de sel1 n’existe pas…

1 - Question souvent posée aux apiculteurs par les visiteurs de passage.

Aldo François a créé l’Abeille de Ré en 2012 à Loix. Outre son miel et de nombreux produits dérivés, il propose de nombreuses animations pour découvrir le monde de la ruche.

contrôlé par un jury de dégustation officiel et encadré par l’Institut national des appellations d’origine et de qualité.

Pour conserver leur caractère de primeur, les pommes de terre seront récoltées avant le 31 juillet et possèdent deux variétés précoces. La première Alcmaria arrive sur les marchés dès la mi-avril. Sa chair est fondante et elle est exquise à la vapeur tant elle est goûteuse. Puis, la Charlotte est présente de mi-mai à la fin juin. Une chair jaune et ferme lui permet d’être cuisinée de façons variées et elle convient parfaitement aux raclettes. Très fragile, la belle doit être conservée à l’abri de la lumière pour conserver ses qualités gustatives.

> LES MARAÎCHERS DE L’ÎLE DE RÉ - SCA UNIRÉ

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LA PRIMEUR RÉTAISE AOP, STAR DE VOS REPAS

Une chair délicate au goût raffiné très spécifique, un territoire balayé par les embruns et à l’exceptionnel ensoleillement, un climat doux et une appellation AOP, tels sont les atouts de la pomme de terre rétaise.

L'histoire de cette pomme de terre, bénéficiant d'une appellation protégée depuis 1998, la première décernée à une pomme de terre, est aussi une histoire d'hommes, celle d'une douzaine d'hommes passionnés, travaillant près de cent hectares en rotation sur les neuf cents hectares délimités en AOP, pour produire selon les années entre 1 500 à 2 000 tonnes du précieux tubercule.

[ Texte et photos : Uniré - Outdoo - Yoshi ]

pourrez déguster des huîtres autour d'un apéritif animé par les ostréiculteurs de notre île qui sera suivi d'un barbecue qui célèbrera notre belle pomme de terre ellemême sublimée par la Fleur de Sel de nos sauniers. Les réservations seront à faire au 05 46 09 23 09 et ce jusqu'au 7 mai. La balade en vélo est gratuite.

primeur rétaise, de vos repas d’été

AOP ET RESPECTUEUSE DE L’ENVIRONNEMENT

délicate au goût raffiné très spécifique, un balayé par les embruns et à l’exceptionnel un climat doux et une appellation AOP, atouts de la pomme de terre rétaise.

Photos Uniré et Outdoo ]

goût raffiné très balayé par les embruns ensoleillement, un climat AOP, telles sont les terre rétaise. de terre, bénéficiant protégée depuis 1998, la pomme de terre, d’hommes, celle de 22 travaillant 120 ha en délimités en AOP pour de 2 000 tonnes à 2 tubercule. Tous les ans, célèbrent durant un la pomme de terre gourmandes et des découverte des producteurs. alors régulièrement dégustation officiel et national des appellations

Après les retours des journées des REgalades en 2024 et 2025 ; cette année, pour 2026, les REgalades auront lieu le vendredi 8 mai. Pour les plus courageux, une balade à vélo est proposée au départ de la coopérative Uniré au Bois Plage à 10 heures. Puis à partir de 11 heures, vous

Son goût inimitable est régulièrement contrôlé par un jury de dégustation officiel et encadré par l'Institut National des Appellations d'Origine et de qualité. (INAO).

CHÂTEAU, ALCMARIA ET CHARLOTTE TROIS VARIÉTÉS PRÉCOCES

Pour conserver leur caractère primeur, les pommes de terre seront récoltées avant le 31 juillet et concernent cette année trois variétés précoces. La première Alcmaria

Les experts lui trouvent de douces senteurs de légumes printaniers, de beurre, de fruits secs, avec des notes sucrées, parfois salées et une extraordinaire texture fondante. De plus, elle est riche en glucides, minéraux et vitamines. Il n’est donc pas étonnant que les grands Chefs créent des recettes originales pour ce produit emblématique que l’on retrouve sur toutes les tables gastronomiques de la région et même de Paris.

« Saveurs en Ré » organisé conjointement chaque année avec la Communauté de Communes de l’île de Ré, célèbrera le 13 mai 2017 la pomme de terre AOP ainsi que tous les produits du terroir. Cette journée d’animations et de dégustation sera suivie par la Fête de la pomme de Terre, le soir même, proposée par le Comité des Fêtes du Bois-Plage en Ré. Deux belles occasions d’apprécier à sa juste valeur la pomme de terre AOP de l’île de Ré !

arrive sur les marchés dès le début Avril. Sa chair est fondante et elle est exquise à la vapeur tant elle est goûteuse. La charlotte et la château seront présentes à compter de fin Mai. Leur chair jaune et ferme leur permettent d'être cuisinées de façon variée et elles conviennent parfaitement pour des cuissons au four ou à la poêle. Très fragiles, les belles doivent être conservées à l'abri de la lumière pour conserver leurs qualités gustatives. Les experts leur trouvent de douces senteurs de légumes printaniers, de beurre, de fruits secs avec des notes parfois sucrées, parfois salées et une extraordinaire texture fondante.

De plus, elles sont riches en glucides, minéraux et vitamines. Il n'est donc pas étonnant que les grands chefs créent des recettes originales pour ces produits emblématiques que l'on retrouve sur toutes les tables gastronomiques de la région et même de Paris.

> LES MARAÎCHERS DE L’ÎLE DE RÉ - SCA UNIRÉ

Route de Sainte-Marie 17580 Le Bois-Plage-en-Ré 05 46 09 71 61 www.ilederepommedeterre.com

LES VIGNERONS UNIRÉ : SAVEURS

LOCALES ET PAYSAGES PRÉSERVÉS

De la vigne à la bouteille, les vins rétais sont élaborés dans le respect de l’environnement.

Les Vignerons Uniré vous accueillent dans leur cellier entièrement dédié aux vins, Pineau et Cognac de l’île de Ré.

[ Texte et photos : Uniré - Outdoo - Yoshi ]

La vigne fait partie de l’histoire de l’île de Ré, elle date de l’arrivée des moines cisterciens. Si avec le phylloxéra, les Rétais se tournent vers de nouvelles activités maraichères, notamment la pomme de terre, ils n’en oublient pas pour autant de replanter de la vigne. Au début des années 80, une partie du vignoble fut développée en vins de pays Charentais, avec plantation de différents cépages qualitatifs : Chardonnay, Sauvignon, Merlot & Cabernet. Les Vignerons Uniré cultivent 520 ha, dont la moitié plantée en Ugni blanc pour le Cognac et le Pineau des Charentes. La coopérative s’est lancée dans une réflexion sur ses méthodes agricoles dès le début des années 2000.

DES VINS ÉLABORÉS DANS LE RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT RÉTAIS

De la vigne à la bouteille, tous les vins sont élaborés dans le respect de l’environnement, afin de préserver la biodiversité et le caractère de nos terroirs. L’ensemble du vignoble rétais est nettement moins traité depuis de nombreuses années maintenant (2010) grâce à la méthode dite de la « confusion sexuelle » sur laquelle les Vignerons Uniré furent précurseurs. Souhaitant aller au-delà, plusieurs vignerons ont engagé leur exploitation dans une conversion bio partielle ou totale. Et tous les vignerons adhérents se sont progressivement engagés dans une démarche Haute Valeur Environnementale, accompagnés par la cave coopérative, qui vise la labellisation HVE pour 2026.

L’AZURÉ, LE PREMIER VIN BIOLOGIQUE

CERTIFIÉ AB DE L’ÎLE DE RÉ

Les Vignerons Uniré ont lancé il y a neuf ans leur première cuvée rosée issue de vignobles inscrits dans un processus de conversion vers l’agriculture biologique. Aujourd’hui la gamme « Azuré » est certifiée biologique depuis 2019 pour son vin rosé, 2020 pour son vin rouge et 2021 pour le blanc. La coopérative produit bien sûr son fameux Pineau des Charentes, en rouge et en blanc, sous la marque Ilrhéa. Uniré est la seule entreprise du littoral rochelais à produire du Cognac de A à Z, du raisin à la bouteille, qu’elle commercialise sous le nom de Cognac Isle de Ré, un Cognac permettant de découvrir les VS, VSOP et XO à des prix raisonnables.

DES ACTIVITÉS OENOTOURISTIQUES

Avec l’ouverture de leur nouveau cellier de 350 m2, Les Vignerons Uniré ont fait le choix de promouvoir au mieux leur métier, leurs produits, leur mode de travail et l’histoire rétaise liée à la vigne depuis des siècles. Pour vraiment connaître tous les secrets de fabrication des deux spiritueux charentais que sont le Cognac et le Pineau des Charentes, une visite s’impose. Celle-ci s’oriente autour de la distillerie, des chais de vieillissement du Cognac et du Pineau des Charentes. Vous y découvrirez leurs secrets d’élaboration, avant un instant dégustation ! Une découverte du vignoble à vélo est aussi possible...

Pour plus de renseignements : https://www.vigneronsiledere. com/visites-degustations-vinsile-de-re.html

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ART DE VIVRE

© Yann Werdefroy

Couleurs et lumière naturelles

Située dans un quartier calme du village de La Flotte, cette villa s’habille de couleurs naturelles rappelant l’environnement de l’île de Ré. Une douce lumière filtre à travers les baies vitrées, qui s’ouvrent sur un jardin paisible et des patios apportent des perspectives amplifiant la sensation d’espace.

Le patio d’accueil de cette demeure flottaise donne une sensation de cocon dès les premiers pas, les visiteurs y sont accueillis par un olivier. Les premiers jeux de perspective se dessinent, le regard porte jusqu’au jardin situé de l’autre côté de la maison, guidé par le couloir qui mène à la pièce principale. Sur le flanc de la maison, un second patio prend place, donnant accès au garage, avec une terrasse surélevée pour épouser la pente naturelle du terrain. Cet espace s’ouvre sur le jardin et permet de circuler le long de la villa en créant là aussi une perspective. L’ensemble a été conçu par l’agence Ré Team Design.

Atmosphère douce dans le patio.
Les baies vitrées peuvent s’effacer entièrement pour prolonger l’espace intérieur à l’extérieur.

Dans l’entrée, un grand banc imbriqué dans une structure géométrique crée une niche soulignée par un trait de lumière. La cuisine à l’aspect simple et esthétique s’habille notamment de bois recyclé qui n’est pas sans rappeler le bois flotté que l’on trouve sur les côtes.

Elle s’ouvre sur une grande pièce à vivre regroupant le salon et la salle à manger, un espace bordé de vastes baies vitrées qui laissent pénétrer la lumière en toute saison. Les murs s’habillent d’une teinte naturelle rappelant la douceur du sable.

Les effets de perspective sont amplifiés par les ouvertures sur le patio, tout en transparence.

Dans le jardin, la maison se prolonge sur la terrasse à travers les vastes baies vitrées. Le mariage du bois exotique et du bardage crée un contraste.

L’impression d’espace et de lumière est renforcée par les plafonds blancs et hauts.

Quand les grandes baies s’effacent, le jardin et le salon ne font plus qu’un, permettant de circuler en toute liberté de l’intérieur à l’extérieur, dès que les beaux jours apparaissent. Dans un angle de la pièce principale, une cheminée moderne promet des moments confortables en toute saison. Les luminaires ont été choisis avec soin, ils apportent une touche de légèreté et de modernité.

Séparant la partie nuit des pièces à vivre, un patio habillé de pierre et de bois peint en noir permet de s’isoler, de profiter du soleil ou de partager un moment convivial. Les volets coulissants apportent une touche élégante et sont revêtus d’un vert très doux, inspiré de la végétation locale.

La cuisine se pare de couleurs naturelle et de bois recyclé.
Dans le patio, la pierre et le bois créent une harmonie naturelle.

ART DE VIVRE

L’accès à la chambre principale se fait par un sas peint en noir, créant une rupture entre les espaces. Cette suite comprend un dressing et une salle d’eau, là aussi le noir vient créer une atmosphère apaisante et contraste avec la décoration aux teintes douces. Les autres chambres jouent la carte du confort et des couleurs inspirées des teintes rétaises, l’une d’entre elles dispose d’une mezzanine accessible par un élégant escalier qui accueille des rangements sur-mesure

La perspective vers l’entrée, bordée d’ouvertures, permet au regard de porter loin et de ressentir l’espace.
Le dressing noir tranche avec les lambris clairs, le linge de maison vient apporter une touche d’énergie.

L’île de Ré, musée à ciel ouvert

Parti des grandes villes, le street art s’est implanté depuis une vingtaine d’années sur l’île de Ré, notamment sur les bunkers du mur de l’Atlantique. Mais c’est dans un village d’artistes, à Ars-en-Ré, qu’on trouve la plupart des œuvres majeures. Découverte.

Sur l’ancien embarcadère de Sablanceaux, Bobby sifflait en septembre 2023 la fin des vacances…

Àpeine le pont franchi, l’île de Ré offre un spectacle inattendu. L’ancien embarcadère de Sablanceaux, lieu à l’abandon depuis l’inauguration du pont, fait le bonheur des street artistes, comme Yose et son petit phoque jouant au ballon. En septembre 2024, l’artiste Super Bourdi y avait fait sensation en placardant son personnage en slip rouge « Bobby » 1, sifflant la fin de la récré, enfin des vacances… et de la baignade ! « Le fait de montrer de l’art dans la rue, que ça soit de l’art sauvage, interdit, toléré ou organisé dans certains lieux, c’est de l’art urbain »,

explique Dominick Pagès, spécialiste d’art urbain. Du street art sur l’île de Ré ? A première vue, le sujet pourrait paraître incongru. Associé aux paysages urbains, on imagine mal ce mode d’expression artistique s’implanter sur un territoire rural comme celui de l’île de Ré. C’est oublier que les cultures urbaines se diffusent partout où il y a des jeunes... et des réseaux sociaux. Pour que le street art s’exprime, il a besoin de supports très courants dans les grandes villes : les murs ! Or sur l’île de Ré, difficile de trouver des murs disponibles, et encore moins des sites industriels à l’abandon, paradis traditionnel des artistes de rue. Sans parler des politiques de protection de l’île et de ses villages, où on imagine mal les façades blanches

recouverte de graffitis… « Toléré » à certains endroits, le graff est immédiatement effacé par les municipalités quand le lieu ne s’y prête pas.

C’est pourtant à Ars-en-Ré, la « carte postale » par excellence, qu’on trouve la plus grande diversité d’oeuvres. La batterie Karola, située dans la forêt de la Combe à l’eau, offre le « tableau » le plus impressionnant de toute l’île. Sur cette tourelle en béton faisant partie du Mur de l’Atlantique (voir encadré), on y découvre, au coeur d’une lisière, une série d’œuvres remarquables. On est saisi par une mystérieuse chouette, extraordinaire par son envergure et ses lignes, présente depuis longtemps mais dont on connait peu de choses. En faisant le tour du bâtiment, on rencontre les étranges soucoupes volantes de l’artiste Yoze, une baleine de Nute visiblement tombée amoureuse d’une tortue, et deux lièvres dont le corps a été recouvert par un blaze (nom de l’artiste stylisé sous forme de graff) du Rochelais Wate.

Les trésors d’Ars

Si le spot Karola - à l’instar de nombreux bunkers - offre un lieu propice au street art, c’est dans lieu beaucoup plus

suite page 54

SUR LES BUNKERS, DES ŒUVRES EN PÉRIL

Sur Ré, il y a un terrain de jeu exceptionnel pour les graffeurs : les bunkers du Mur de l’Atlantique, qu’on pourrait renommer Mur d’expression de l’Atlantique. « C’est un paradis pour les graffeurs, il y en a partout et ce sont des murs qui se graffent très bien », confirme Dominick Pagès. Les plus beaux exemples se trouv(ai)ent au bout de l’île, à Saint-Clément, plage de la Grande Conche (batterie Klara) ou côte sauvage (batterie Karla). Mais ces oeuvres sont de plus en plus éphémères, en raison de la disparition des blockhaus, soumis aux assauts de l’océan. Avec l’érosion, les bunkers finissent par basculer, et sont détruits par les autorités en raison de leur dangerosité.

[ Texte : Mathieu Delagarde - Photos : Mathieu Delagarde et Dominick Pagès ]
© Dominick
Pagès

inattendu que se cachent de véritables trésors : le centre-bourg d’Ars -en-Ré ! A commencer par le port, où une fresque géante, posée sur une large façade, représente un enfant accroupi qui semble mimer avec ses mains le cri de cinq oiseaux… volants ! Réalisée par le célèbre artiste parisien Jef Aérosol, il s’agit d’une œuvre majeure du street art sur l’île de Ré. « Cet artiste, reconnu à l’international, est une pointure. Ici, il a utilisé de multiples pochoirs pour obtenir ce résultat semblable à de la dentelle », explique Dominick Pagès. En 2014, Jef Aérosol, issu de la première vague de street art des années 80, était venu initier les détenus de la Centrale de Saint-Martin aux techniques du pochoir, réalisant notamment une fresque sur un mur de la cour intérieure de la prison 2. Il avait également participé à un projet de fresque au port Atlantique : c’est à cette occasion qu’il était venu poser son immense « kid » sur le port d’Ars-en-Ré. Un autre artiste majeur, Jérôme Mesnager, avait également réalisé un pochoir de son célèbre « corps blanc » au début des années 2000 sur la porte noire d’une venelle au Grignon. Mondialement reconnu, cet artiste fut l’un des premiers peintres de rue parisiens au début des années 80, inventant ces « corps blancs » qu’on retrouvera partout dans le Monde, et jusqu’à la muraille de Chine !

Comme elle fut un repère d’anarchistes à la fin du 19 ème siècle sous la houlette

du peintre Barbotin, Ars-en-Ré est devenu un foyer important du street art dans la région. Comment l’expliquer ? Historiquement, Ars-en-Ré a toujours été un village d’artistes attirés par la lumière, le calme et la beauté des lieux. Ainsi, beaucoup de street artistes, notamment de la première vague sont venus y passer leurs vacances et ont même fini par y acheter des maisons. En 2004, le « 20 », bar alternatif situé le long de la route de Saint-Clément, devient un véritable repère de street artistes sous la houlette de son propriétaire,

lui-même pochoiriste sous le nom de Sun Eyes. La galerie Xin Art, installée juste à côté, flaire très tôt l’opportunité de faire entrer dans son catalogue des œuvres d’artistes de rue. « Notre métier, c’est de sentir les tendances et de proposer l’art du moment. A l’époque, nous avons fait le pari de miser sur cet art totalement illicite dans les années 80 mais qui commençait à être reconnu », confie Alexandra Planas, directrice de la galerie. Pari gagnant qui montre au passage comment cet art clandestin s’est « institutionnalisé », suscitant l’intérêt des plus grands collectionneurs d’art contemporain. La galerie révèle au grand public de nombreux artistes, comme Gregos, génial artiste parisien qui décline ses émotions sous forme de masques en plâtre, que l’on retrouve, comme par hasard, dans les rues de La Rochelle… ou d’Ars-en-Ré ! Plus récemment, Noarnito, artiste rochelais découvert par la galerie, a réalisé un magnifique pochoir à Sablanceaux.

Face au clocher !

Un autre spot casseron incontournable se trouve… sur la place Carnot, au pied du célèbre clocher ! Sur la façade de l’hôtel-restaurant le Clocher, un gros matou de l’artiste Monsieur Chat, réalisé il y a environ sept ans. A l’intérieur de l’établissement, on retrouve un autre chat « jaune » de cet artiste dont on ne connait que le pseudonyme. Sur cette même façade, on découvre une

Sur le port d’Ars-en-Ré, la fresque de « l’enfant », de Jef Aérosol, est une œuvre majeure du street art sur l’île.
La façade de l’hôtel-restaurant du clocher accueille une oeuvre de Monsieur Chat, et une mosaïque originale Space invaders.
© Dominick
Pagès
© Mathieu
Delagarde

œuvre majeure du street art mondial : un Space invaders , petit personnage en mosaïque du célèbre artiste Franck Slama (alias Invader) qui a colonisé depuis 1996 les grandes métropoles internationales. « Comme il y a eu beaucoup de faux, il y a un site qui répertorie tous les Space Invaders à travers le Monde. Celui-ci est un original, contrairement à celui se trouvant à la Rochelle », explique Dominick Pagès. En empruntant la rue du havre, on découvre, sur la façade d’un commerce, un âne de l’île de Ré également sous forme de mosaïque : c’est un réalisation de Tag Lady, une artiste d’Orléans qui a posé plusieurs mosaïques de « Tintin et ses amis » à La Rochelle, en avril 2023.

En regagnant le continent, on découvre que l’art urbain est partout. On en trouve énormément sur les skateparks, traditionnellement associés aux cultures urbaines, comme à La Couarde. Ces dernières années, c’est un autre type de surface bétonnée qui fait le bonheur des graveurs : les digues comme celle du Boutillon. Un artiste de La Réunion, Jace, a peint sur le déversoir de l’ouvrage un « gouzou », son petit personnage orange et sans visage qu’on retrouve également sur l’ancien embarcadère de Sablanceaux. Nute, artiste local connu pour ses fameuses « Jolies baleines », a collaboré avec Jace, puisqu’on retrouve sur la baleine du Boutillon un petit gouzou. « Ses premières baleines, intitulées ‘Save the big

Le déversoir de la digue du Boutillon accueille notamment une des nombreuses « jolies baleines » de l’artiste Nute, ainsi qu’un « gouzou », le personnage emblématique de Jace.

fat whales’, ont été faites en réaction à la pêche aux cétacés commente Dominick Pagès. Depuis, il en a fait beaucoup : à chaque fois que je viens sur l’île, j’en découvre de nouvelles ». Souvent humoristique, l’art urbain possède cette capacité à délivrer avec poésie des messages universels. Et même s’il est moins subversif qu’à ses débuts, il contribue à faire tomber les murs, ici et ailleurs.

1. Apparu pour la première fois à la Rochelle en 2018 rue Saint-Nicolas, où se trouve le studio de création graphique Conscience, véritable « nid » de street artistes, le malicieux Bobby s’est depuis taillé une belle réputation.

2. La galerie d’art contemporain Xin Art d’Ars-en-Ré avait monté un projet « dehorsdedans » autour de l’isolement du monde carcéral.

De nombreux lieux, évoqués ici, sont interdits d’accès pour des questions de sécurité ou de propriété privée. Cette présentation des œuvres du street art sur l’île de Ré n’est bien-sûr pas exhaustive.

Au cœur de la forêt de la Combe à l’eau, la tourelle de la batterie Karola est recouverte de fresques splendides.
© Mathieu
Delagarde
© Mathieu Delagarde

“LES CORSAIRES” : UNE BELLE PALETTE DE PRESTATIONS

Neuf magasins se sont installés voilà près de six ans autour d’Intermarché Saint-Martin de Ré, composant un centre commercial attractif toute l’année. Sport, santé, beauté et bien-être, téléphonie ou encore produits du terroir... « Les Corsaires » complètent parfaitement la vaste offre de la grande surface.

[ Texte et photo : © Nathalie Vauchez ]

Sur un espace de 600 m 2 , Decathlon propose une offre dédiée aux univers du vélo, de l’eau, du camping mais aussi golf, running, glisse. Il est possible de commander 100 % de l’offre disponible sur decathlon.fr et de se faire livrer gratuitement au magasin de Saint-Martin. Sur deux étages, l’enseigne Beauty Success offre une large gamme de produits de parfumerie et prestations d’institut de beauté. Spacieux et lumineux, l’espace parfumerie du rez-de-chaussée est accrédité par Chanel. A l’étage, l’espace beauté dispose de trois belles cabines.

Enseigne désormais nationale, le salon de coiffure Addict Paris propose son concept d’abonnement personnalisé. Maryline et toute son équipe accueillent toute la famille en horaires continus et dispensent leurs conseils pour vos soins, coupes ou barbes.

A côté du Drive Intermarché, sous le préau, un distributeur réfrigéré d’huîtres Neveu , issues de l’exploitation ostréiculture voisine, permet de se fournir en huîtres de plusieurs calibrages et différentes tailles de bourriches, 24h/24 et 7j/7. Des huîtres de pleine mer, affinées en marais, sur l’île de Ré.

Dans la vaste pharmacie Ré La Blanche , vous trouverez du matériel médical de qualité, permettant notamment votre maintien à domicile.

Déjà forte de ses treize boutiques de location de vélos essaimées sur toute l’île, Beach Bikes dispose d’un show-room de vente. Vélos classiques, sportifs ou électriques que l’enseigne livre gratuitement à votre domicile.

Boutique de référence en téléphonie sur l’île, La Clinique du Mobile répare, achète et vend des mobiles neufs et reconditionnés, des tablettes, ainsi que des accessoires et propose ses forfaits mobiles et data, ainsi que son service d’accompagnement personnalisé.

Ayant déménagé de quelques centaines de mètres, Biocoop L’Île au Bio propose : fruits & légumes de saison, pains frais et fromages à la coupe, espace de vrac, épicerie, cosmétiques, produits d’hygiène et écoproduits pour la maison.

Et bien sûr Intermarché Saint-Martin entièrement rénové en 2020 autour d’espaces par familles de produits, privilégie la proximité et le service. L’enseigne fait la part belle aux produits régionaux et propose un beau choix de services (voir page 68).

SAINT-MARTIN
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VIVRE EN RÉ

© Yann Werdefroy

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L’insolite réveil d’un ouvrage militaire

2006 est une année charnière pour le plus ancien ouvrage militaire de l’île de Ré.

Le Fort La Prée, ramené progressivement à la vie depuis 2016 par des animations ludiques, accueille, une nouvelle direction qui a la charge de faire du neuf dans la continuité de ce qui existe et de préparer le 400e anniversaire de l’ancienne place forte construite en 1626.

Pour comprendre l’histoire de l’île de Ré, il faut intégrer que son destin politique, et pas seulement économique, est lié à celui de La Rochelle, toutes deux étant des places fortes du protestantisme. Huit guerres de religion opposèrent, durant trentesix ans, protestants et catholiques avec des accalmies certes, mais le plus souvent des tensions et des batailles communes aux deux lieux. L’île est l’indispensable base arrière au futur siège que le roi projette de faire mener par Richelieu, afin de vaincre La Rochelle. En 1625, à un moment où l’île est sous domination protestante et Toiras,

gouverneur de l’île, en mauvaise position depuis plusieurs mois, Louis XIII prendra la décision de faire ériger le fort La Prée dont la construction prendra un an. Le célèbre siège, qui laissera La Rochelle ruinée et dépeuplée par la famine, se déroula de septembre 1627 à octobre 1628.

Un rôle du fort sera capital dans l’histoire de la France

Le 7 octobre 1627, Louis XIII ayant pris les dispositions pour faire ravitailler Toiras, lui adresse également mille trois cents hommes

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Jour d'animation et de dégustation au Fort La Prée.
© DRFort La Prée
Vue aérienne du Fort La Prée.
© Yann
Werdefroy

VIVRE EN RÉ

qui, débarquant par une nuit sans lune, se cacheront dans le fort La Prée avant de rejoindre Toiras toujours assiégé et de prendre à revers, sous son commandement, les soldats de Buckingham. Il faut visiter le fort, qui se trouve à la sortie de Rivedoux en direction de La Flotte, pour réaliser l’exploit qui a été accompli cette nuit-là : le port dans lequel les bateaux arrivent est minuscule et les installations autour de la place d’Armes ne sont en aucune manière prévue pour héberger autant de soldats ni même les nourrir. Ils resteront cachés plusieurs jours avant de rejoindre la citadelle

de Saint-Martin où créant un effet de surprise, ils permettront à Toiras de l’emporter sur les Anglais. Le gouverneur offre ainsi à la France une victoire décisive, car si Buckingham avait réussi à s’emparer de la citadelle, La Rochelle n’aurait pas été prise par Richelieu, ni l’Édit de Nantes révoqué !

Un anniversaire historique

Le fort connaîtra des remaniements sous le règne de Louis XIV. Vauban le qualifiera de « fort d’opérette » à cause de défauts de construction et de sa petite taille. Mais il a eu le mérite d’exister et sans lui Toiras n’aurait pas réussi à retourner la dramatique situation dans laquelle il se trouvait. C’est donc un anniversaire important que l’équipe du fort célèbrera les 22 juillet et 12 août. Des animations animeront les lieux  dès 14h : démonstration équestre, spectacle théâtral, reconstitution historique

et chaque soir un diner-spectacle à 20h et un concert à 21h30, dignes de l’événement. Ces jours-là, l’entrée sera gratuite.

Des événements marquants pour 2026

Reprise par le CNOSAP (Comité national des œuvres sociales de l’administration pénitentiaire), la noble architecture militaire du fort va connaître un destin fort différent.

Depuis 2016, le fort propose des divertissements qui peuvent paraître insolites entre ses murs centenaires et austères, mais qui lui ont redonné vie. Timides au début, les événements et les activités proposés couvrent désormais la plus grande partie de l’année. Le fort ouvrira ses portes pour Pâques, le dimanche 5 avril. Une chasse à l’œuf géante aura lieu, le jour même à 16h. Il s’agit là d’une nouveauté gourmande destinée aux enfants qui sera certainement bien accueillie ! Une brocante, accessible gratuitement, s’installera dans les lieux le 3 mai, de 9h30 à 18h30, avec buvette et petite restauration. La Fête de la Musique, célébrée au Fort en décalé, résonnera haut et fort le vendredi 19 juin. Au programme de la musique pour tous, un concert du groupe Flash Gordon et du karaoké pour tout le monde. Les soirées consacrées à la musique des années 80 et 90 seront encore au nombre de deux cette année : les 15 juillet et 19 août, de 19h à une heure du matin. Du 3 au 7 août, une reconstitution historique transformera le fort en campement américain de la Seconde Guerre mondiale. Un diner est prévu le 5 août dans une atmosphère chaleureuse en compagnie des soldats. Les 10 et 11 octobre, de 10h à 18h30, il sera possible de découvrir la totalité du fort dans le cadre des journées « Portes Ouvertes ». Les 30 et 31 octobre, on célèbrera Halloween avec chasse aux bonbons à 15h pour les plus courageux. Du 18 au 20 décembre, marché de Noël à l’entrée gratuite, avec chaque jour à 17h la présence du père Noël. Vin et jus de pomme chaud pour ne pas avoir froid ! Par ailleurs, le fort a développé un ensemble de visites guidées, avec audio-guide en plusieurs langues, et quatre jeux sont proposés : « A la recherche d’Aramis » pour les 3/6 ans, le « Rally e Photos » pour les 7/10 ans, « Sur les traces de Gaspard » pour les

Le petit port dans lequel arrivèrent les 800 soldats envoyés en renfort par Louis XIII.
Fort La Prée s’anime aussi en hiver, pour le marché de Noël.
© Nathalie
Vauchez
© DRFort
La Prée

plus grands et les adultes. En juillet et en août, la « Chasse au Trésor », à partir de 11 ans, les mardis et jeudis à compter de 14h30, est une visite ludique permettant de découvrir le fort devenue un incontournable de l’été. L’escape-game, à partir de 13 ans, est aussi très prisé et bénéficie cette année d’un tout nouveau scénario.

Dormir au Fort La Prée

Dormir dans un fort, s’y réveiller et prendre son petit déjeuner est le fan -

Les brocantes de Fort La Prée rencontrent toujours un grand succès.

tasme de visiteurs de tous âges. C’est possible, depuis 2025, d’avril à fin septembre. Deux suites d’officiers, une suite nuptiale et un salon pour les petits déjeuners, ont été créés dans les bâtiments donnant sur la place d’Armes, Spacieuses, disposant de tout le confort moderne, les suites d’officiers sont décorées avec une élégante sobriété qui convient parfaitement à l’architecture du bâtiment, alors que la suite nuptiale est plus romantique. Très apprécié, en raison de son cadre exceptionnel en bord de mer, le fort peut être privatisé

pour des mariages le week-end, de l a mi-mai à fin septembre.

Les responsables du fort ont fait en sorte de préparer à l’attention de leur public une saison hors du commun pour ce 400e anniversaire que grands et petits seront heureux de découvrir.

+ d’infos : @ www.fort-la-pree.com

Réservation :

Soirée La Prée 80' durant l'été 2024.

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX

La librairie Quillet, un lieu de culture unique

Depuis les brocantes et bouquinistes des quais de Seine qu’il fréquentait jeune adolescent avec son père jusqu’à l’actuel établissement de patrimoine vivant et de culture

- Atelier, librairie, café littéraire - qu’il a construit, développé et fait évoluer ces trente-neuf dernières années, Lionel Quillet a construit un lieu insolite et unique, qui lui ressemble. Un incontournable de l’île de Ré, à découvrir absolument, sur la presqu’île de Loix.

[ Texte : Nathalie Vauchez - Photos : voir les crédits sur chaque photo ]

L'ouverture de la librairie d’ouvrages anciens et de l’atelier de restauration d’affiches anciennes dans la cour de l’ancien cinéma de Saint-Martin à la fin des années 1980 a marqué le point de départ de cette aventure entrepreneuriale rétaise. Tout s’est construit au fil des années, de déménagements en agrandissements. Avec toujours cette envie chevillée au corps de proposer une librairie ancienne et d’occasion, ouverte à l’année.

« Les livres m’aspirent »

Qui n’a pas rencontré un jour Lionel Quillet dans son entreprise, au milieu de ses livres, ne peut mesurer l’intense passion qui l’anime dès qu’il parle de son univers professionnel, de ses corps de métiers, de ses équipes et de ses projets : « L’Atelier, les livres c’est ma passion, comme c’était celle de mon père qu’il m’a transmise très jeune puisqu’à 17 ans je sillonnais déjà les brocantes et les routes avec lui le week-end. Les ouvrages sont mon refuge, mon évasion, je m’y plonge, ils m’aspirent. Le dimanche

matin vous me trouverez toujours à la librairie, même si elle est fermée, au milieu de mes livres, c’est là que je me ressource ».

Après la création de différents ateliers et le fort développement de l'activité de restauration d'ouvrages anciens entre 1987 et 2001, le chef d’entreprise fait le choix de regrouper toutes ses activités sur un même lieu, au sein du village artisanal de Loix. En 2008, un véritable atelier de 1000 m² voit le jour à côté de la petite librairie de 20 m 2

suite page 64

Concert Butterflies Trio. © DRLibrairie Quillet
Nicolas Bellon
Lecture l'Homme qui plantait des arbres - 2023.

Les métiers de la restauration d’ouvrages anciens

L’entreprise devient le premier atelier de France en restauration et reliure de documents artisanaux sur 1000 m2 avec quatre corps de métiers : corps d’ouvrage, la reliure, la dorure et tout ce qui est lié à la restauration de documents iconographiques. Le premier corps de métier concerne les restaurateurs du corps de l’ouvrage qui se penchent sur la déchirure des pages, l’acidité du papier ou encore le problème des encres anciennes. Vient ensuite le métier de relieur, avec une palette complète de savoir-faire depuis le 15è siècle jusqu’au 21è

siècle, une couture du 17è siècle étant très différente de celle du 20è siècle. Les professionnels sont ainsi très spécialisés. Viennent ensuite les doreurs, sans oublier les restaurateurs de documents iconographiques non reliés, tels les cartes, affiches ou plans anciens : ce sont des spécialistes du parchemin qui interviennent.

L’Atelier emploie des professionnels spécialisés, formés dans l’une des trois écoles publiques ou dans des écoles privées. La restauration complète d’un ouvrage s’étale en moyenne sur

deux à trois mois, il faut laisser reposer l’ouvrage pour voir comment il évolue, avant d’achever le travail.

En 2014, c’est la construction du second atelier de 1000 m², avec toute la qualité de sécurité, d’hygrométrie et de confort de travail.

Une librairie ancienne et d’occasion d’échelle nationale

Alors que nombre de librairies disparaissent en France celle de l’établissement Quillet continue elle de s’agrandir, d’abord sur 60 m2. En avril 2022, lors de l’inauguration de la nouvelle librairie de 300 m2, Lionel Quillet est aux anges : « Je réalise mon rêve, une librairie où je peux présenter tous les livres et BD, 30 000 de chaque (et 150 000 livres en réserveNDLR). On se dote d’une belle librairie

à l’échelle nationale avec un véritable espace pour les affiches anciennes, le tout pensé par un architecte de qualité. Enfin, mon fils Olivier m’a rejoint il y a quelques années et cela devient une entreprise familiale, ce qui est l’esprit depuis l’origine. Mon rêve est complet, on a tout ce qu’il faut. »

Entre autres nouveautés, ce sont dorénavant de vrais espaces dédiés qui sont proposés avec notamment cette salle « régionalisme » où la catégorie « Île de Ré » est impressionnante avec des cartes postales anciennes, des cartes marines, des ouvrages anciens et contemporains… Le vaste espace de bandes dessinées anciennes et d’occasion attire nombre de visiteurs, parmi

Bacs et rayons de livres jouxtent le bar du café littéraire.
La salle d'exposition présente de nombreuses affiches.
Nouveauté 2026, le "Jardin d'été" pour se prélasser, en feuilletant un bon livre.

lesquels les enfants qui se régalent. Mais aussi toute la section mangas, comics et romans graphiques drainant un autre type de public. Le grand écart est bien réel entre le plus vieil ouvrage qui date du XVII e siècle et la littérature moderne. La librairie est aussi désormais complétée d’une salle d’exposition et d’un café littéraire.

Café littéraire et animations

Un café littéraire qui est de plus en plus animé, sous l’œil attentif de Lionel Quillet. La volonté d’Olivier Quillet et Juliette Merlaud, aidés de Pierre-Antoine Galmiche et Sarah Desgorce, équipe permanente de quatre personnes, renforcée en saison par Nicolas Quillet, le benjamin de la famille, est de proposer des temps forts et très qualitatifs, pour plus de par-

tages et de convivialité au milieu des livres et affiches. Concerts, expositions, lectures rythment ainsi le printemps et l’été, la programmation des animations étant concoctée sur toute l’année. « Nous souhaitons faire de ce café un lieu de rencontres, de partages et de culture autour de l’amour du livre, un lieu de vie pour les Rétais, les Rochelais et les vacanciers, de plus en plus nombreux à venir ici », expliquent de concert Juliette et Olivier. « La programmation des concerts, lectures, pièces de théâtres, rencontres avec les auteurs, résidences d’artistes se fait en partenariat avec Le Radeau de la Méduse, association très professionnelle en la matière. »

Au-delà de toutes ces animations, le café littéraire

Quillet constitue un lieu de vie chaleureux, où il est possible de venir se poser, seul ou en groupe, autour d’une boisson et d’un livre, pour feuilleter des ouvrages parmi les milliers proposés, ou tout simplement avec son ordinateur pour un temps de travail, dans une ambiance calme et cosy, tout à la fois.

des rayons d’ouvrages allemands, espagnols, italiens, hollandais, japonais, russes, portugais, tchèques, suédois...

Nouveauté 2026, un « jardin d’été » situé devant la boutique et le café littéraire vient d’ouvrir en avril 2026 : il est possible de venir y découvrir un ouvrage déniché à la librairie, en buvant un verre ou déguster un encas, assis sur un transat, les pieds dans le sable, entouré de bambous et à l’ombre d’un parasol.

la librairie.

La librairie Quillet est ouverte tous les jours d’avril à octobre (6 jours sur 7 de novembre à mars), l’atelier est ouvert du lundi au vendredi. Il serait dommage de ne pas en profiter !

En cette année 2026, au-delà des rayons habituels, une bibliothèque spéciale livres étrangers a fait son apparition au niveau du café : on y trouve

Atelier, librairie et café littéraire Quillet Village Artisanal de Loix

7 chemin du Corps de garde 17111 Loix

05 46 29 04 25

librairie@quillet.fr / atelier@quillet.fr

Visites de l’Atelier de restauration le mardi et le jeudi

Journée d’animation le jeudi 23 avril à partir de 18h : Inauguration du jardin d’été, de l’affiche 2026 de l’association des Amis de l’île de Ré et vernissage d’une nouvelle grande exposition d’une centaine d’œuvres d’artistes rétais ou ayant trait à l’île de Ré : peintures, gravures, aquarelles... Entrée libre.

Le jeudi de l’Ascension (14 mai 2026) une journée d’animation est prévue.

Les 14 & 15 août 2026, les Booking Days proposeront 10 000 livres de poche à 1 € et 10 000 BD à 2 €, ainsi que des affiches et papiers anciens.

En juillet & août la librairie Quillet est présente sur le marché de Loix avec BD et livres de poche.

La programmation complète des animations 2026 (en cours de finalisation lors de notre bouclage) est disponible sur www.quillet.fr

Aperçu d'une petite partie de la salle de BD.
Une sélection d'ouvrages et affiches de
© Nathalie
Vauchez
De Lionel à Olivier, la relève Quillet est assurée pour cette Entreprise du Patrimoine Vivant.

Marie-Ange Frey : balades poétiques dans le respect de la nature

Ré est une île aux fées pour ceux dont l’âme d’enfant est encore capable de s’émerveiller. C’est le cas de Marie-Ange Frey, conteuse, baladeuse passionnée de nature et dont les balades signifient découverte, émerveillement et protection de l’environnement.

Après des études de langues étrangères appliquées à la Sorbonne et différentes expériences culturelles à la galerie Art & Antiquités Camoin Demachy, puis au service littérature étrangère de l’éditeur Robert Laffont, à l’agence photographique nature Jacana et des incursions dans le journalisme, Marie-Ange trouve le moyen d’exprimer sa passion pour les contes lorsqu’elle s’installe définitivement dans notre région, dans les années 90. Elle était plus familière des paysages et de la flore de la Méditerranée que de ceux de la côte atlantique et les premiers souvenirs olfactifs de l’île qui la marquent à tout jamais seront les immortelles et le goût poivré de la roquette sauvage, dont elle raffole.

Les balades contées de Marie-Ange

Elle adore la botanique et a effectué une formation continue de neuf ans en botanique-apiculture qu’elle poursuit encore aujourd’hui. Elle continue d’apprendre à cuisiner les plantes sauvages pour les déguster en toute sécurité. Pour Marie-Ange, le conte est un moyen de servir la nature. Elle embarque son public dans des balades où se mêlent magie des contes, langage des plantes et des abeilles, appel de la nature. Elle aime particulièrement les forêts où elle s’imprègne de l’odeur de terre humide et boisée et de l’univers propice aux contes. Son auditoire installé dans une une clairière, elle le tient sous son charme prêtant sa voix au vent et aux arbres. Elle aime les bois et les champs de l’île et entraîne depuis une douzaine d’années des promeneurs adultes, à vélo et à pied,

[ Texte : Catherine Bréjat - Photo : Yann Werdefroy ]
La conteuse Marie-Ange Frey est aussi passionnée de nature.

dans les bois de Sainte-Marie. Ce sont des moments d’évasion, de marche silencieuse, de partage durant lesquels elle aborde le respect et la protection de la nature.

Et puis un jour elle a découvert ces aires saunantes, foisonnantes de plantes, d’oiseaux et d’insectes que sont les marais d’Ars et elle a créé pour un public d’adolescents et d’adultes une balade contée et gourmande. « Trois heures de balade le long de la digue du Fier à la découverte de l’histoire de l’île, de contes merveilleux, de poésie, des secrets de la flore locale et … de quelques surprises délicieuses » explique-t-elle en décrivant ce voyage gustatif.

Dans la forêt des émotions

Les balades que Marie-Ange propose évoluent au fil des années. A la suite d’une animation qu’elle avait réalisé au Muséum d’Histoire Naturelle de La

PISCINE

Depuis 35 ans nous sommes à la disposition de nos clients pour leur piscine et/ou leur jardin

Rochelle pour les Nuits au Musée en 2021, est née O’Z’ANIMOS, une balade spéciale pour les petits de 3 à 6 ans, qui découvriront la forêt avec leurs parents en se promenant dans les sous-bois. A la fin de la promenade, les enfants se posent et racontent, avec les objets, marionnettes et instruments de musique qu’on a mis à leur disposition, leur ressenti, ce qu’ils ont compris, ce qui leur a plu ou pas. Marie-Ange, s’adaptant à son auditoire, cherche à leur enseigner à « écouter, voir, toucher, goûter, sentir ces balades sensorielles au cœur de la forêt » et ouvrir leur imaginaire à ce qui les entoure.

La fileuse d’ortie

Il arrive à Marie-Ange lorsqu’elle rencontre des personnes partageant son univers de monter des balades contées en duo, comme La Fileuse d’Ortie, née en avril 2025 pour le Mois de l’Environne-

ment avec Caroline Cartalas (1), qui rentrait d‘Allemagne où elle avait effectué des stages en plein air de techniques de filage des plantes. L’ortie possède apparemment bien des secrets à nous révéler. Il n’en fallait pas plus à Marie-Ange pour imaginer une balade contée révélant ces secrets et ceux d’autres plantes autour du site de l’École Buissonnière à Sainte-Marie. Ces balades s’accompagnent d’ateliers créatifs de filage et de confection de bijoux à partir des tiges d’orties et d’autres plantes.

Conteuse généreuse, Marie-Ange Frey propose de nombreuses balades sur des thèmes différents et le mieux est sans doute d’aller jeter un coup d’œil sur son site pour découvrir les richesses qu’elle propose cette saison.

(1) Caroline Cartalas, fondatrice de L’Ecole Buissonnière, basée sur la pédagogie par la nature.

@ www.marieangefrey.fr

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LES GENS D’ICI

Une dynamique directrice de musée, trois jeunes vignerons sur les terres de leurs ancêtres, un maraîcher peu conventionnel, nous vous proposons ces portraits qui reflètent l'authenticité et le dynamisme des "gens d'ici".

CHRISTELLE RIVALLAND 1 favoriser l’ouverture culturelle

CORDON, TOM TURBÉ & RÉMI CARRÉ 2 les jeunes vignerons face à l’avenir

JULES CASPAR 3 un maraîcher peu conventionnel

ANTHONY

Christelle Rivalland

favoriser l’ouverture culturelle

Recrutée en 1996 pour réaliser l’inventaire de la bibliothèque du Musée Ernest Cognacq (MEC), Christelle Rivalland en est devenue la directrice en 2020 et l’a doté, trente ans plus tard, d’une équipe solide et compétente ainsi que d’un rayonnement culturel allant au-delà de l’île de Ré.

LES GENS D’ICI

Vive, intelligente, munie d’une culture impressionnante, Christelle Rivalland s’est totalement investie dans les missions permanentes du Musée Ernest Cognacq et dans sa modernisation lorsqu’elle arrive à la direction du musée en 2020, après en avoir pratiqué tous les métiers depuis conservateur du patrimoine jusqu’à commissaire d’exposition. Son premier challenge avait alors été de prendre la direction en main. Et ce n’est pas si simple lorsque l’on a travaillé plusieurs années au sein d’une équipe qu’on va devoir apprivoiser d’une nouvelle manière, tout en procédant au réajustement des positions de chacun. Christelle Rivalland doit montrer d’autant plus de doigté qu’elle tient à cette équipe en raison de sa qualité humaine et intellectuelle. Son second challenge consistera à mettre en place sa propre forme de management, différente de ce qui a pu exister jusque-là. Elle ne se sent pas tenue de « faire comme » la précédente directrice même si celle-ci avait donné un premier élan au musée. Elle se posera de nombreuses questions et finalement se fera confiance. Christelle grandira et s’épanouira au sein de cette direction en appliquant ses propres idées et en convaincant son équipe du bien-fondé de celles-ci. Elle gardera toujours en tête l’intérêt du service avec à ses côtés une équipe motivée et bienveillante et réussira ainsi à avancer sans heurt.

Contourner les difficultés qu’il était impossible de prévoir

Cette nouvelle direction va s’installer en pleine crise sanitaire et les fermetures des établissements culturels considérés comme « non essentiels » par le gouvernement vont s’enchaîner. Une fois absorbé ce choc qui en dit long sur l’importance accordée à la culture et à sa transmission, la difficulté pour l’équipe sera de maintenir le lien avec le public. Christelle fait alors preuve d’imagination pour alimenter la communication et faire vivre les réseaux.

L’année 2022 sera particulièrement difficile. Christelle perd sa mère. Elle est touchée en plein cœur. Ce décès provoque un véritable séisme dans sa vie, même si l’onde de choc s’atténue quelque peu, le chagrin est douloureusement présent. Et pour compliquer la situation, Léa, collaboratrice en charge de la communication, quitte le musée à la veille de la saison et doit être rempla-

cée en urgence. Evéhanne la remplace en septembre 2022 stabilisant l’équipe, qui, depuis, n’a plus bougé.

Faire du musée la porte d’entrée du territoire rétais

La conception de la culture selon Christelle est vaste et généreuse, et en relation avec la nature et le monde environnant. Elle aimerait que le musée devienne la porte d’entrée du territoire et qu’il donne aux visiteurs les clés pour mieux comprendre l’île.

Ainsi la refonte du parcours scénographique du musée a été effectuée dans l’aile contemporaine, consacrée à l’histoire de l’île de Ré. La programmation des expositions diversifiée, alternant l’historique et l’artistique, a été mise en place et la spécialité du Musée Ernest Cognacq d’avoir une collection Beaux-Arts lui a insufflé une nouvelle dynamique.

L’amélioration de la communication a donné plus de visibilité au musée et les résultats se sont rapidement faits sentir. Le musée plafonnait habituellement entre onze mille et treize mille visiteurs l’an, il en reçoit maintenant seize mille et la courbe est ascendante. Christelle insiste cependant : « Ce n’est pas que de mon fait. L’élan avait été donné par Julia DumoulinRulié et par la force de l’équipe sans laquelle je ne fais rien et je tiens vraiment à ce qu’ils soient salués et reconnus pour leur investissement et leur engagement. »

a lité et dans la nécessité de ce qui doit être fait ». Elle a mis en place un partenariat culturel soutenu avec la Maison Centrale de Saint-Martin, qui a abouti à des ateliers artistiques permettant à des détenus de réaliser des œuvres exposées ensuite au musée, le dernier en date de ces événements étant l’exposition « Portraits » en 2025. Christelle participe également à des conférences et activités menées en milieu carcéral, autour de thèmes historiques ou artistiques (comme l’histoire de l’art ou la scénographie d’expositions), marquant son

engagement pour une action culturelle « hors les murs » qui dépasse la simple exposition en salle. Elle intervient régulièrement lors d’événements associatifs et culturels, témoignant de l’ancrage du musée dans la vie locale.

Avoir envie

Donner du sens à ce qu’elle fait, un impératif vital

Son plus grand bonheur, Christelle le trouve dans les retours du public. Ses commentaires notés sur le livre d’or et les réseaux lui permettent ainsi de suivre ses réactions. Le soutien de ses collègues, parfois dubitatifs quant à ses propositions et qui finissent par être convaincus, fait aussi partie de ses profondes satisfactions.

Aller au contact de publics empêchés, comme par exemple les détenus de la Maison Centrale de Saint-Martin de Ré est  « une activité qui l’ancre dans la ré -

Christelle Rivalland fourmille d’idées pour offrir toujours plus et mieux aux visiteurs du musée. Elle a des projets mais manque de moyens pour les réaliser. Les trouver est une partie importante de son activité. Elle collabore à cet effet étroitement avec des partenaires susceptibles de l’aider, parmi lesquels l’AAMEC* dont le soutien a permis l’achat ou la restauration de nombreuses pièces. Consciente que le poste qu’elle occupe demande un gros investissement personnel et de se renouveler sans cesse, elle se sent toujours animée par la même envie d’aller plus loin, de faire sauter les verrous et préjugés qui rendent le public aveugle et de prendre du plaisir à le faire.

*Association des Amis du Musée Ernest Cognacq

[ Texte : Catherine Bréjat - Photos : Yann Werdefroy ]
Christelle Rivalland dirige le musée Ernest Cognacq depuis 2020 avec compétence et ouverture et prend grand plaisir à le faire. On la voit ici devant l’une des vitrines du musée.

Les jeunes vignerons face à l’avenir

Face au changement climatique et aux risques économiques, la jeune génération de vignerons rétais expérimente diverses stratégies pour s’adapter et se diversifier.

La coopérative s’est concentrée, avec succès, au début des années 2000 sur l’amélioration de la qualité de ses vins et spiritueux, créant même un vin Bio l’Azuré. Mais la nouvelle génération de vignerons rassemblés en son sein est confrontée à d’inédits challenges auxquels elle doit trouver des solutions pour survivre : le réchauffement climatique en

est un, la baisse de la consommation d’alcool en est un autre. Un certain nombre de producteurs ont pris leur retraite ou sont sur le point de la prendre. Tous n’ont pas des descendants prêts à prendre la suite et vendent leurs hectares, qui viennent s’ajouter aux exploitations existantes les agrandissant d’autant. Des propriétés de plus en plus grandes demandent plus de travail et de personnel

avec les problèmes inhérents à celui-ci qui ne trouve pas à se loger sur l’île.

Nous avons rencontré trois jeunes vignerons, passionnés par leur métier et fiers de cultiver les terres de leurs ancêtres, pour voir comment ils faisaient face à ces nouveaux défis.

suite page 74

© Yann
Werdefroy
Anthony Cordon, Tom Turbé et Rémi Carré : une équipe dynamique et soudée.
[ Texte : Catherine Bréjat - Photos : Yann Werdefroy ]

Tom Turbé

LES GENS D’ICI - SAGAS DE VIGNERONS

« Nous devons chercher de nouvelles pistes »

Issu d’une famille de vignerons couardais, Tom Turbé a fait son apprentissage chez son père et son oncle avant de prendre son envol et de devenir, en 2018, adhérent à titre personnel à la coopérative. Il possédait 35 hectares qu’il augmentera deux ans plus tard de 15 ha et se trouve à la tête d’une exploitation de 50 ha. Ce qui dans le cadre de l’île est une grande exploitation. Tom a fait le choix de travailler en agriculture conventionnelle. En réalité, il doit être en Bio à 80 ou 90%, mais il se laisse la possibilité d’utiliser un traitement chimique si cela lui permet de sauver une récolte. Il possède la certification Haute Valeur Environnementale (HVE), objectif demandé par la coopérative à tous ses adhérents. Tom fait partie des premiers vignerons à avoir utilisé les engrais verts pour retirer les amendements chimiques. Il plante des « couverts végétaux » dans l’entrerang des vignes, technique qui apporte de la matière organique, de l’azote, permet une vie microbienne et ne nuit ni aux insectes ni aux abeilles. Dans le même ordre d’idée, la coopérative ne fournit plus de CMR (substances cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) qui ne sont donc plus utilisés sur les exploitations. L’objectif est de tendre vers des pratiques respectueuses de l’environnement protégeant la santé des vignerons. Commercialement, cela permet

de communiquer sur une image positive qui à terme facilite la valorisation du vin.

Tom explique aussi pourquoi il est nécessaire de diversifier. « Toutes nos pratiques et en particulier les vins tranquilles (rouge, blanc, rosé) ainsi que le vin Bio Azuré sont un axe majeur à développer, car ils nous permettent de faire face aux crises que nous rencontrons. Grâce à eux, nous accédons à de nouveaux marchés que nous n’obtiendrions pas s’ils n’existaient pas. Nous avons besoin de dynamisme et devons chercher de nouvelles pistes. Cette année, nous proposerons du jus de raisin en plus de nos autres produits. Nous réfléchissons à des vins sans alcool et sommes ouverts à tout ce qui peut amener du développement et tenir le coup lorsque nous traversons des crises comme celle du Cognac actuellement. »

Rémi Carré

« Nous sommes attachés à nos traditions tout en nous tournant vers l’avenir »

Rémi représente la cinquième génération à faire ce métier sur la terre de ses ancêtres où il cultive 23 hectares au BoisPlage. Selon lui, les jeunes vignerons n’ont rien inventé. « Nos anciens n’étaient pas bêtes ! Nous avons simplement optimisé leurs pratiques. Le désherbage en est un bon exemple. Nos grands parents désherbaient à la main. Aujourd’hui nous employons une technique identique, mais avec du matériel performant qui nous fait gagner du temps ».

Modifier les méthodes, interdire certaines pratiques comme les CMR, préconiser des traitements confinés est une nécessité. « 70% de nos vignes sont aux abords des pistes cyclables et on ne peut se permettre de diffuser des produits hautement toxiques à proximité de lieux où il passe tant de monde. » Quant au remplacement des CMR par exemple, il utilise, au grand étonnement de son grand-père, de l’extrait d’écorce d’orange et ça marche !  Depuis une dizaine d’années, les vignerons emploient la technique de la confusion sexuelle, qui cible le papillon ravageant leurs récoltes en l’empêchant de se reproduire et avec laquelle ils obtiennent d’excellents résultats

Rémi explique que la jeune génération se tourne vers l’avenir tout en restant attachée à ses traditions. Il apprécie la performance du matériel qui permet de faire beaucoup plus en moins de temps et qui solutionne partiellement les problèmes de personnel, mais déclare « Heureusement qu’il y a l’investissement de nos épouses et de nos familles qui n’ont pas d’heure pour venir aider. La solidarité des collègues est aussi très présente. »

Ce métier de vigneron est un métier de passion qui s’empare totalement d’un individu, ne lui laisse plus de vie privée et encore moins de vacances, nécessite qu’il soit en permanence à l’écoute de la météo et capable de s’adapter pour que survive son exploitation.

Le climat a changé, les tempêtes sont plus fréquentes, la température augmente et l’on doit tenir compte de son nouvel impact sur les cépages : certains, s’épanouissent à la chaleur, d’autres moins. Des décisions s’imposent quant à ce qui doit être privilégié et sur le plan du soutien et des conseils, Rémi apprécie d’avoir à ses côtés les techniciens et œnologues de la coopérative.

Anthony Cordon : « Notre principal marché est l’île de Ré, nous devons le travailler en profondeur »

Anthony Cordon a repris les terres de son père lors du départ en retraite de ce dernier il y a une quinzaine d’années et exploite aujourd’hui 18 hectares en Bio entre Rivedoux et Sainte-Marie.

Tom Turbé se bat pour des pratiques saines en faveur de l’environnement et pour la santé du vigneron.
Rémi Carré aime à répéter, à l’image de son grand-père : nous sommes des cultivateurs, nous n’exploitons pas la terre.

Son maître mot : l’adaptation. Avant il y avait un décalage dans la maturité des cépages ; de nos jours ils sont mûrs en même temps et les vendanges doivent être organisées en fonction. A l’époque où Anthony s’est installé celles-ci avaient lieu d’octobre à novembre. En 2025, elles ont commencé le 25 août ! Les vignerons sont aussi à la recherche de nouveaux cépages. Des essais ont été menés, il y a cinq ans, sur treize variétés de cépages résistants qui permettent d’utiliser moins de pesticides. Cette année, ce sont des cépages rouges existants qui ont été surgreffés avec de nouvelles variétés afin de tenter de découvrir un cépage rouge pour les années à venir. L’avantage de ces nouveaux cépages est de réduire le nombre de traitements phytosanitaires à deux ou trois par an et de réduire l’impact nocif des interventions sur l’environnement.

Elu président de la coopérative Uniré en décembre 2025, Anthony est conscient de l’importance vitale pour les vignerons de se former. Les nouvelles technologies sont nombreuses mais les vignerons peuvent y accéder via la coopérative ou la Chambre d’Agriculture. Il recommande à ses ouailles d’aller voir ce qui se passe ailleurs, d’assister aux Salons des vins et du matériel. « Nos filières export se portent mal et nous vendons essentiellement sur l’île à l’heure actuelle. Pour l’instant nous ne savons pas où nous allons avec le Co -

gnac et les mesures prises par Pékin quant à la suppression de la consommation d’alcool dans les repas officiels ne rassurent pas sur l’avenir de nos relations avec ces pays. Notre principal marché est l’île de Ré et nous devons le travailler en profondeur en nous diversifiant et en communiquant plus ».

Que la diversification soit une nécessité, les vignerons en sont conscients. On sait déjà qu’ils proposeront cet été à la consommation un jus de raisin, des vins sans alcool sont à l’étude ainsi que d’autres projets élaborés dans la discrétion. Une équipe renforcée pour la communication et le tourisme fait partie

d’un plan de développement de la coopérative. Les vignerons vont se mettre en avant en tant que producteurs, participeront à un maximum d’événements sur l’île à longueur d’année et établiront des partenariats avec les ostréiculteurs, les sauniers, etc.

La jeune génération de vignerons rétais met tout en œuvre, avec la passion qui la caractérise, pour éviter le déclin en combinant innovation agronomique, transition écologique, valorisation territoriale et diversification économique. Leur stratégie n’est pas de produire plus mais de produire autrement et de mieux vendre l’identité du vignoble insulaire.

Les fameux « couverts végétaux » qui remplacent les engrais chimiques et ne nuisent en aucune manière à la biodiversité.
Anthony Cordon, nouveau président de la coopérative Uniré depuis décembre 2025.

Jules Caspar un maraîcher peu conventionnel

« Les graines d’aubergine sont semées dans du terreau et maintenues à une température minimum de 17°C, grâce à une plaque chauffante, afin qu’elles puissent germer », rapporte Jules Caspar....

Jules Caspar cultive des légumes à La Couarde depuis cinq ans. Il est labellisé bio mais il va au-delà du cahier des charges : il produit ses plants et ne travaille qu’avec des variétés anciennes. Double actif, il sera désormais sur le marché de la commune à partir de juillet.

[ Texte et photos : Julie Pertriaux ]

Jules Caspar, maraîcher à La Couarde, fait partie de ceux que l’on peut qualifier de puristes. Installé en bio, il n’utilise pas d’engrais ni de produits phytosanitaires, et va plus loin que ce qu’exige le cahier charges du label : « mon sol est toujours couvert et je le travaille le moins possible. J’ai des verres

de terre à gogo ». Et surtout, « je produis mes propres plants de légumes. Je recherche ainsi l’autonomie de ma ferme vis-à-vis des fournisseurs extérieurs », rapporte l’homme de 34 ans et enfant du pays rétais. Il assume « des choix politiques contre l’asservissement du monde agricole » et en faveur de « légumes vraiment bons pour la santé ».

En Inde et dans le Lot-et-Garonne

Au départ, « rien ne me destinait à aller vers le maraîchage », reprend Jules Caspar, qui pense plutôt au métier de thérapeute depuis l’adolescence. Passé l’âge de 18 ans, il bosse comme saunier l’été à l’île de Ré et vagabonde l’hiver.

Et c’est en Inde qu’il découvre le maraîchage, « chez un Anglais qui pratiquait la permaculture. Je suis resté six mois chez lui, puis un an. J’ai adoré le contact avec la nature, être en extérieur et travailler avec des convictions ». En parallèle, Jules Caspar se forme à la psychothérapie hors cursus d’Etat. Il apprend « dans le privé » et s’oriente vers des approches moins conventionnelles, se forme à des outils psycho-corporels ainsi qu’à l’accompagnement avec les états modifiés de conscience tels que l’hypnose. « Vers mes 22-23 ans, j’ai ouvert mon cabinet et j’ai travaillé en maraîchage dans le Lot-et-Garonne. J’ai aussi beaucoup appris là-bas. »

LES GENS D’ICI

graines sont fertiles, sont créées pour s’adapter au territoire et elles favorisent la biodiversité. Elles sont reconnues pour leur qualité gustative et surtout, ce qui me plait, leur potentiel nutritionnel ».

Jules Caspar achète ses semences d’aubergine, poivrons, courges, carottes, betteraves, mesclun, salade, blette, poireaux, persil, ciboulette, basilic, artichaut et piment chez un artisan semencier labellisé bio. En revanche, « je fais mes semences de tomates moi-même, car je veux faire ma propre sélection de variétés, dont j’en ai une quinzaine. » Tous légumes confondus, Jules Caspar compte « cent cinquante variétés ».

VERS UNE COOPÉRATIVE DE SEMENCES

Les variétés de population, dont les graines sont fertiles et donc reproductibles à la ferme, « sont créées pour s’adapter au territoire », rapporte Jules Caspar. Alors, plutôt que de les acheter sur catalogues à des artisans semenciers pas forcément du coin, et à la suite du contact de l’association Graines de troc, il lance un essai avec des maraîchers de La Rochelle, Ré et Oléron. « Nous voulons créer une coopérative de semences. Mais la production de semences demande beaucoup de temps et de surveillance, surtout au moment de la récolte, car il faut trier les graines pour ne garder que les propres. Alors, nous nous sommes dispatché les légumes. Moi, je m’occupe des tomates et je teste les oignons. » Projet à suivre.

Quelques années plus tard, on lui propose de reprendre un cabinet à Sainte-Mariede-Ré. L’enfant du pays, où il est arrivé à l’âge de 6 ans, saute sur l’occasion. « J’ai fait les aller-retours tous les quinze jours entre le Lot-et-Garonne et l’île de Ré. Je pensais que trouver un terrain ici pour du maraîchage serait mission impossible. Et finalement, j’ai eu une opportunité ici, à la tour des Prises, avec un logement. C’était un vrai bon alignement des planètes. »

Qualité nutritionnelle et autonomie

« J’entame mon cinquième été ici en tant que maraîcher », retrace Jules Caspar. En quelques années, il a mis ses choix à l’épreuve et rodé son système. Jules Caspar refuse ainsi chez lui toutes les variétés hybrides, largement majoritaires en France, qui sont reconnues pour être productives, uniformes mais dont les graines sont non reproductibles. « Je cultive uniquement des variétés anciennes », aussi appelées variétés de population. « Ces variétés, dont les

Un sol vivant, même en été

Une fois les graines achetées, le maraîcher produit les plants. Exemple avec les aubergines : « j’achète les graines en fin d’année. Je les sème début février, en conditions maîtrisées sous serre. Je dispatche chaque variété dans du terreau. Au bout de trois semaines, les graines sortent de terre. Lorsqu’elles sont au stade 3-4 cm, je les place dans un godet individuel. Puis, lorsque j’obtiens un plant de 15 cm, je les plante en extérieur, souvent autour de mi-avril, pour une récolte l’été ».

Une fois les plants en terre, Jules Caspar applique le principe du maraîchage sol vivant : non travail du sol, un sol couvert et alimenté en continu. Pour la couverture, il utilise des bâches plastiques ou tissées. « Cela évite l’enherbement et garde l’humidité du sol et donc son activité, même l’été. » Pour l’alimentation, il apporte du fumier de cheval, qu’il récupère auprès d’un centre équestre rétais. « En échange, j’aide à curer les boxes. » La combinaison des techniques favorise ainsi la vie bactériologique du sol : « j’ai plein de vers de terre qui travaillent et aèrent le sol. Ils mangent certaines bactéries, qu’ils transforment en d’autres bactéries assimilables par les légumes, apprécie-t-il. Je ne passe surtout pas d’outil, pour ne pas casser la structure du sol ».

Sur le marché de La Couarde, l’été

Jules Caspar vend 75 % de ses légumes sur le marché de La Couarde. Et le reste à la Biocoop (15%) et à des restaurateurs (5%). « Un pied de tomates en variété de population va donner environ 3,5 kg, contre une vingtaine de kilos en variété hybride en culture biologique », estime Jules Caspar. Pour autant, « ma ferme fonctionne financièrement, elle est viable ». Il justifie : « je n’ai pas fait de gros investissements de structure et je n’ai pas de charges de matériel ni de mécanisation. Mis à part le terreau et les graines, je suis autonome en tout ». « Jusqu’à l’année dernière, j’étais présent sur le marché à partir de début avril. Mais j’ai décidé d’arrêter les légumes de printemps à la suite d’une demande importante au cabinet », informe le double actif. « Je serai désormais sur le marché trois fois par semaine en juillet & août et une fois par semaine en septembre & octobre. »

...Ensuite, elles grandissent et deviennent ce qu’on appelle des plants, cultivés en pleine terre.

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