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Interstellar

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Ré-imaginer la Terre

REBECCA BOURNIGAULT

GILLIAN BRETT

CHARLOTTE CHARBONNEL

CAROLINE CORBASSON

HUGO DEVERCHÈRE

CLÉMENT FOURMENT

ARTHUR GOSSE

CONSTANCE GUISSET

ILANIT ILLOUZ

CLARA IMBERT

PAULINE JULIER

SOPHIE KERAUDREN-HARTENBERGER

ASTRID KROGH

ANAÏS LELIÈVRE

CAROLINE LE MÉHAUTÉ

DAVID MUNOZ

SACHA TEBOUL

HONGJIE YANG

INTER STELLAR

Ré-imaginer la Terre

COMMISSARIAT : MARC DONNADIEU

Cette année 2026, le parcours artistique estival organisé par Le Voyage à Nantes inaugure un nouveau cycle thématique axé sur les quatre éléments. Il débute par la terre.

Dans cette perspective, la HAB Galerie, espace d’exposition que le VAN programme depuis 2012, et qui a également accueilli des expositions d’art contemporain produites par beaucoup d’autres acteurs nantais (le Lieu Unique, le Frac des Pays de la Loire, l’École des beaux-arts Nantes–Saint-Nazaire, le Musée d’arts…), s’invente à nouveau.

Elle devient le noyau du parcours estival, éclairant, de manière pédagogique, et en amont même du parcours, certains enjeux du thème. L’exposition « INTERSTELLAR », imaginée par Marc Donnadieu, est une exploration de la planète Terre comme point de jonction entre l’être humain et l’infiniment grand. Prenant comme point de départ le film de Ray et Charles Eames, Powers of Ten (1977), qui décrit — quelques années après la première expédition épique de l’homme sur la Lune (1969) — un voyage utopique qui traverse les échelles spatiales, de la cellule jusqu’à l’univers, le propos se déploie ensuite en six séquences : « Message au cosmos », « Interstellar 1 » qui parle de regard vers et depuis l’espace, « Interstellar 2 » qui évoque des œuvres produites par une imagination interstellaire, « Re/vivre le

vivant », « Un autre monde » où des figures cosmiques semblent importées sur Terre, et enfin, « La Bibliothèque » qui accueille archives, livres et spécimens très généreusement prêtés par des lieux de conservation nantais, parmi lesquels le fonds précieux de la Bibliothèque municipale, le musée Jules-Verne, le Muséum d’histoire naturelle, ainsi que des collections privées documentant ces relations d’observation, de collecte, de fascination et d’imagination qui fondent le lien que l’être humain tisse avec l’insondable immensité qui l’environne.

Sont réunies les œuvres de 18 artistes contemporains, Rebecca Bournigault, Gillian Brett, Charlotte Charbonnel, Caroline Corbasson, Hugo Deverchère, Clément Fourment, Arthur Gosse, Constance Guisset, Ilanit Illouz, Clara Imbert, Pauline Julier, Sophie Keraudren-Hartenberger, Astrid Krogh, Anaïs Lelièvre, Caroline Le Méhauté, David Munoz, Sacha Teboul et Hongjie Yang que nous souhaitons remercier pour leur participation.

Ainsi, et grâce à eux, l’île de Nantes est encore un peu plus ce site liminal à partir duquel on peut rêver en contemplant des espaces qui franchissent les limites de notre perception, tels l’océan et le ciel.

Sophie Lévy

Le Voyage à Nantes

David Munoz, Spectral Twilight (détail), 2025 © Courtesy de l’artiste et ADAGP, Paris 2026

OBJECTIF TERRE

« Univers : nom masculin (latin universum ). XII e  siècle, comme adjectif ; XVI e  siècle, comme substantif. Emprunté du latin universus , proprement « tourné de manière à faire un tout », puis « tout entier, total », lui-même composé à partir d’ unus , « un, un seul », et versus , participe passé de vertere , « tourner ».

1. L’ensemble de tout ce qui existe. Souvent avec une majuscule. […]

Expr. fig. Se croire le centre de l’univers , rapporter tout à soi (on dit aussi Se croire le centre du monde ). […]

2. La Terre (souvent par exag.). […] Par métonymie. Ensemble des habitants de la Terre. […]

3. Fig. Ensemble de choses et d’êtres considérés comme un tout complexe ; milieu, environnement. […] Par analogie. Monde créé, imaginé par un auteur, un artiste, et qui est caractéristique de son œuvre. […]

4. Police de caractères inventée dans les années 1950 pour la photocomposition et qui reste aujourd’hui l’une des plus utilisées. […] » Dictionnaire de l’Académie française

« En cosmologie, je vous emmènerai là où Star Trek n’ose pas aller. »

Stephen Hawking 1

Comment un espace aussi inaccessible et longtemps indéchiffrable que l’univers a-t-il pu nourrir autant de mythes et de récits 2 , de figures et de formes ? Quand cette fascination indescriptible pour l’au-delà de l’horizon a-t-elle bien pu s’engendrer ? Et pourquoi toutes ces considérations — et beaucoup d’autres encore vers, autour et à partir du cosmos — ont-elles pu transformer profondément la façon dont nous envisageons la notion même d’existence sur notre planète Terre, que nous considérons par ailleurs comme nous appartenant en propre ?... Nul ne le saura jamais, tant il faudrait remonter aux prémices d’une histoire des civilisations dont quiconque n’aura pu — ou su — laisser un témoignage encore décryptable aujourd’hui… Je n’en établirais donc qu’une seule hypothèse : celle basée sur la présence des mains « positives » et « négatives » sur les parois des

grottes préhistoriques. Celles-ci sont caractéristiques de certaines phases de l’art pariétal et rupestre du paléolithique supérieur, notamment européen ; mais on les retrouve également, dans des périodes plus proches de notre ère, en Amérique du Sud, en Asie du Sud-Est et chez les aborigènes d’Australie. Elles peuvent être visibles ou cachées, isolées ou groupées, décorées de ponctuations ou de hachures, reliées entre elles, parfois même par des formes d’« arbres de vie »…

Les « positives » sont la plupart du temps peintes en appliquant une main enduite de colorant — l’hématite pour obtenir une teinte rouge, la limonite et la goethite pour les ocres jaunes et brunes, l’oxyde de manganèse ou le charbon de bois pour le noir, le talc pour le blanc — directement sur la paroi rocheuse.

Les « négatives » sont quant à elles, d’une part, réalisées en tamponnant du pigment autour d’une main — dont les doigts sont écartés — à l’aide de touffes de poils ou de fibres végétales, ancêtres du pinceau ; d’autre part, et surtout, en vaporisant ce pigment de l’intérieur de sa bouche vers la paroi rocheuse sur et autour de sa main posée sur le support. Dès lors s’instaure une prise de conscience de l’impact de cette projection fondatrice de l’intérieur du corps vers son extrémité ultime, voire au-delà, grâce à l’énergie qu’il contient et qui est utilisée de façon intuitive, selon un principe analogue à celui de la thermodynamique. Sans oublier l’effet produit sur la paroi rocheuse par le nuage de postillons colorés autour de la représentation de son propre corps — que l’être humain contemple soudain en position inversée et à distance —, qu’il peut — ou pas ?... — rapprocher de ces constellations de particules lumineuses qu’il admire dans le ciel. Au cœur de ce processus même des mains négatives, non seulement s’abolissent, d’une certaine manière, le temps et l’espace, mais se relie surtout l’extrêmement proche du monde que cet être humain est en train de représenter

quasi pour la première fois, et l’immensément lointain de l’espace qui l’environne et le domine 3

Plusieurs millénaires plus tard, Pierre-Simon de Laplace 4 , dans son Exposition du système du monde 5 déclare en tout début de son ouvrage : « De toutes les sciences naturelles, l’Astronomie est celle qui présente la plus longue suite de découvertes 6. Il y a extrêmement loin, de la première vue du ciel, à la vue générale par laquelle on embrasse aujourd’hui, les états passés et futurs du systême du monde. Pour y parvenir, il a fallu observer les astres, pendant un grand nombre de siècles ; reconnoître dans leurs apparences, les mouvemens réels de la terre ; s’élever aux loix des mouvemens planétaires, et de ces loix, au principe de la pesanteur universelle ; redescendre enfin, de ce principe, à l’explication complète de tous les phénomènes célestes, jusques dans leurs moindres détails. Voilà ce que l’esprit humain a fait dans l’astronomie. L’exposition de ces découvertes, et de la manière la plus simple dont elles ont pu naître les unes des autres, aura le double avantage d’offrir un grand ensemble de vérités importantes, et la vraie méthode qu’il faut suivre dans la recherche des loix de la nature. »

Puis de conclure en toute fin : « L’Astronomie considérée dans son ensemble, est le plus beau monument de l’esprit humain, le titre le plus noble de son intelligence. Séduit par les illusions des sens et de l’amour-propre, il s’est regardé longtemps, comme le centre du mouvement des astres ; et son vain orgueil a été puni par les frayeurs qu’ils lui ont inspirées.

Enfin, plusieurs siècles de travaux ont fait tomber le voile qui couvroit le systême du monde. L’homme alors, s’est vu sur une planète presqu’imperceptible dans la vaste étendue du systême solaire qui lui-même, n’est qu’un point insensible dans l’immensité de l’espace. Les résultats sublimes auxquels cette découverte l’a conduit, sont bien propres à le consoler de l’extrême petitesse et du rang qu’elle assigne à la terre. Conservons avec soin, augmentons le dépôt de ces hautes connoissances, les délices des êtres pensans. Elles ont rendu d’importans services, à l’agriculture, à la navigation et à la géographie ; mais leur plus grand bienfait est

d’avoir dissipé les craintes occasionnées par les phénomènes célestes, et détruit les erreurs nées de l’ignorance de nos vrais rapports avec la nature, erreurs d’autant plus funestes, que l’ordre social doit reposer uniquement sur ces rapports. VÉRITÉ, JUSTICE : voilà ses loix immuables. Loin de nous, la dangereuse maxime, qu’il est quelquefois utile de s’en écarter, et de tromper ou d’asservir les hommes, pour assurer leur bonheur : de fatales expériences ont prouvé dans tous les temps, que ces lois sacrées ne sont jamais impunément enfreintes 7. » Il rejoint ainsi, dans cette conclusion méditative sur le comportement humain, l’une des méditations les plus célèbres de Blaise Pascal 8  : « Quand je considère la petite durée de ma vie absorbée dans l’éternité précédente et suivante, memoria hospitis unius diei prætereuntis , le petit espace que je remplis et même que je vois abîmé dans l’infinie immensité des espaces que j’ignore et qui m’ignorent, je m’effraie et m’étonne de me voir ici plutôt que là, car il n’y a point de raison pourquoi ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors. Qui m’y a mis ? Par l’ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi. […] Je ne sais qui m’a mis au monde, ni ce que c’est que le monde, ni que moi-même. Je suis dans une ignorance terrible de toutes choses. Je ne sais ce que c’est que mon corps, que mes sens, que mon âme et cette partie même de moi qui pense ce que je dis, qui fait réflexion sur tout et sur elle-même, et ne se connaît non plus que le reste. Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné à ce point plutôt qu’en un autre de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suit 9. »

On ne saurait envisager ici une histoire complète de cette histoire de l’astronomie, de ses desseins et de ses enjeux, qui va d’Hésiode 10 à Ptolémée 11 en passant par Thalès 12 , d’Al-Farghani 13 à Al-Kindi 14 , de Nicolas Copernic 15 à Johannes Kepler 16 , d’Isaac Newton 17 à Gottfried Wilhelm Leibniz 18 ,

14 Hugo Deverchère, Cosmorama , 2017 © Martin Argyroglo / LVAN

Introduction [Foreword]

L’exposition s’ouvre sur un long couloir blanc de « mise en condition ». Ce premier chapitre introductif présente trois photographies d’ Earthrises  ( Levers de Terre ) issues des missions états-uniennes

Lunar Orbiter 1  (1966), Apollo 8  (1968) et Apollo 11  (1969), ainsi que le film de Ray et Charles Eames, Powers of Ten  (1977). Elle laisse ensuite entrevoir, à travers une fente verticale aménagée dans la cloison faisant face à l’entrée, l’installation La Sphère , Le Télescope , Le Réflecteur , de Sophie KeraudrenHartenberger , relative à l’observation spatiale.

The exhibition begins with a long white corridor meant to function as a preparatory space. This introductory chapter presents three Earthrise photographs from the U.S. missions Lunar Orbiter 1 (1966), Apollo 8 (1968) and Apollo 11 (1969), together with the film Powers of Ten (1977) by Ray and Charles Eames . It then offers visitors a glimpse, through a vertical opening in the wall opposite the entrance, of Sophie Keraudren-Hartenberger ’s installation Sphere, Telescope, Reflector , which investigates observations of the heavens. 1.

Message au cosmos [A Beginning]

À travers l’installation de  Négociation 34 — Porter surface  de  Caroline Le Méhauté  et de la vidéo  Atacama  de  Caroline Corbasson , ce deuxième chapitre s’attache aux protocoles d’échanges de la Terre vers l’univers interstellaire, des signaux que nous émettons régulièrement en direction de l’espace aux substances cosmiques que nous recevons en permanence. Il présente également la sculpture murale  Palais d’argile  d’ Edgard et Sacha Teboul , forme inédite de message cryptique pour les temps futurs.

Focusing on the installation Negotiation 34 — Holding Surface by Caroline Le Méhauté and the video Atacama by Caroline Corbasson , this second chapter examines protocols for communication between Earth and the interstellar universe, from the signals we regularly send out into space to the cosmic substances we continually receive. It also presents the wall sculpture Clay Palace by Edgard and Sacha Teboul , an unprecedented form of cryptic message for future times.

CONSTANCE GUISSET APOLLO , 2017

PLÂTRE GRG HAUTE DENSITÉ, LED, STRUCTURE MÉTALLIQUE

50 × 50 × 14,5 CM

Lampe en mystère céleste, Apollo est née des nombreuses recherches sur les effets de matière, les textures et les mises en lumière de son relief. Derrière son atmosphère intrigante se cachent ainsi des années de réflexion et de prototypage afin de lier poésie, savoir-faire et technique.

En applique ou en lampe à poser, elle prend vie et vient créer un univers particulier, telle une roche lunaire ou une autogenèse de concrétions souterraines.

HIGH-DENSITY GRG PLASTER, LEDS, METAL STRUCTURE

50 × 50 × 14.5 CM

A lamp of celestial mystery, Apollo resulted from extensive research into material effects, textures and the lighting of relief. Behind its intriguing atmosphere lie years of reflection and prototyping carried out to bring together poetry, craftsmanship and technique. Whether as a wall-mounted light or a table lamp, it comes to life and creates a distinctive universe, like a lunar rock or a self-generated formation of subterranean concretions.

Constance Guisset, Apollo , 2017 © Constance Guisset Studio et ADAGP, Paris 2026

REBECCA BOURNIGAULT ÉTHER , 2025

VIDÉO, 16 MIN 55 S DIMENSIONS VARIABLES

Éther a tout d’abord été élaborée comme support vidéo pour le morceau Jiddu du groupe de musique Rue des Garderies. Enregistré en une seule prise la nuit du 11 au 12 juillet 2025, Jiddu prend la forme d’un essai sonore complexe mais enchanteur. Il évoque surtout des mondes intermédiaires, riches en couleurs et en textures organiques et analogiques, qui se superposent, s’étirent, se plissent et s’étendent en nappes spatiales ; par ce travail fusionnel entre le son et l’image, il nous invite à les rejoindre et à les traverser. Le groupe Rue des Garderies est issu de l’association spontanée de Désiré Bonaventure et de Zach, deux musiciens évoluant sur les scènes alternatives parisiennes, et ainsi nommé en hommage à un haut lieu de la musique alternative, la Rue des Gardes, aujourd’hui disparu. Désiré Bonaventure est membre du duo Euphonic Alliances Ltd. et de R.A.F. ; Zach évolue, quant à lui, dans divers registres musicaux (beatmaking, mastering) depuis plus de quinze ans.

VIDEO, 16 MIN 55 S VARIABLE DIMENSIONS

Ether was first developed as a music video for ‘Jiddu’ by the band Rue des Garderies. Recorded in a single take in the night between 11 and 12 July 2025, ‘Jiddu’ is a complex but spellbinding essay in sound form. Above all, it evokes intermediary worlds rich both in colour and in organic and analogue textures that overlap, stretch, fold and expand into spatial layers; with this fusion of sound and image, it invites us to join and traverse them.

Rue des Garderies emerged from a spontaneous collaboration between Désiré Bonaventure and Zach, two musicians active on the alternative music scene in Paris, and was named in tribute to a landmark of that scene, Rue des Gardes, which has since disappeared. Bonaventure is a member of the duo Euphonic Alliances Ltd and RAF, while Zach has been engaged in a range of musical pursuits (including beatmaking and mastering) for over fifteen years.

Rebecca Bournigault, É ther (détails) 2025

ILANIT ILLOUZ ÉVAPORITES II , 2025

BACS EN ACIER INOXYDABLE, 130 × 180 CM CHACUN

TIRAGES PIGMENTAIRES NOIR ET BLANC, 100 × 150 CM CHACUN

SOLUTION DE SEL ET DE CENDRES

PRODUCTION TRANSFO — CENTRE CULTUREL D’EMMAÜS SOLIDARITÉ.

Le dispositif d’ Évaporites II explore le processus de métamorphose de deux images — impressions pigmentaires — due à l’évaporation de l’eau et à la cristallisation du sel, contenus dans chaque bac en acier inoxydable. Chaque image évolue ainsi au fil de l’exposition, incarnant la fragilité et la puissance du temps, provoquant une forme de tension inédite entre mémoire, disparition et matière.

Le dialogue entre le minéral et le métal évoque également le lien particulier qui existe entre deux photographies représentant l’intérieur d’une grotte volcanique — matrice figée par la lave —, et la rouille qui se forme lentement dans chaque bac, signe d’une altération organique, naturelle et sensible. Il entre de même en résonance avec le monde du vivant — humain comme non-humain —, en symbolisant la mutation des organismes au cœur d’un cycle commun de la vie, de la dégradation, de la renaissance.

STAINLESS STEEL TRAYS, 130 × 180 CM EACH BLACK AND WHITE PIGMENT PRINTS, 100 × 150 CM EACH SOLUTION OF SALT AND ASH

A PRODUCTION OF TRANSFO — CENTRE CULTUREL D’EMMAÜS SOLIDARITÉ.

The installation Evaporites II explores the step-by-step metamorphosis of two images — pigment prints — caused by the evaporation of water and the crystallisation of salt contained in each stainless-steel tray. Each image therefore changes over the course of the exhibition, embodying the fragility and power of time and generating an unprecedented tension between memory, disappearance and matter.

The dialogue between mineral and metal also evokes the special connection between two photographs depicting the interior of a volcanic cave — a matrix frozen by lava — and the rust that slowly forms in each tray, a sign of a natural and sensitive organic alteration.

It also comes into resonance with the living world (human and non-human alike), symbolically representing the transformation of organisms in a common cycle of life, deterioration and rebirth.

Un autre monde

[A New Beginning]

À partir de la vidéo  Cosmorama  d ’Hugo Deverchère , ainsi que l’installation d’Anaïs Lelièvre et la suite de six photographies de Sacha Teboul (dont quatre créées spécialement pour l’exposition), ce sixième chapitre « ré-imagine » autrement l’espace terrestre en employant des outils spatiaux ( Hugo Deverchère ), les nouvelles technologies numériques ( Sacha Teboul ) ou les techniques de la céramique ( Anaïs Lelièvre ).

With the video Cosmorama by Hugo Deverchère , as well as an installation by Anaïs Lelièvre and a series of six photographs by Sacha Teboul (four of which were created specifically for this exhibition), this sixth chapter ‘reimagines’ terrestrial space using spatial tools ( Hugo Deverchère ), new digital technologies ( Sacha Tebou l) and ceramic techniques ( Anaïs Lelièvre ).

CLÉMENT FOURMENT

SPACE LIBRARY , 2025

ENSEMBLE DE 45 CÉRAMIQUES (GRÈS ET PORCELAINE), BOIS ET CLOUS DIMENSIONS VARIABLES

Composée de quarante-cinq éléments en céramique (grès et porcelaine) répartis dans trois tables-vitrines, Space Library a été produite dans le cadre du programme de résidence « Avant-Poste » initié par l’Observatoire de l’Espace, laboratoire culturel du Centre national d’études spatiales (CNES). À travers une approche singulière de la céramique, Clément Fourment élabore des objets-dessins où la forme et le motif ne sont plus soumis au strict cadre de la représentation

mais aux métamorphoses du support durant la cuisson. Aussi, chacun d’entre eux se retrouve-t-il comme mis en suspension dans un état qui dépasse celui de la feuille de papier ou de la photographie d’origine. Mais cela apporte surtout à cette encyclopédie d’images relatives à la pensée et aux représentations du cosmos un sentiment de « déjà-vu » qui place le spectateur dans un moment de perplexité face à ce que l’artiste lui donne à voir et à comprendre de sa propre mémoire d’événements iconiques de l’histoire du monde.

SET OF 45 CERAMIC OBJECTS (STONEWARE AND PORCELAIN), WOOD AND NAILS VARIABLE DIMENSIONS

Composed of forty-five ceramic elements (stoneware and porcelain) distributed across three display-case tables, Space Library was produced as part of the ‘Avant-Poste’ residency programme spearheaded by the Observatoire de l’Espace, the cultural laboratory of the Centre national d’études spatiales (CNES).

Clément Fourment approaches the ceramic medium in a unique way, creating drawingobjects in which form and pattern are no longer subject to the strict framework of representation

but rather to the metamorphoses the material undergoes during firing. Each element therefore seems suspended in a state going beyond that of the original sheet of paper or photograph. Above all, his process brings a sense of déjà vu to this encyclopaedia of images associated with theories and depictions of the cosmos, inducing confusion in viewers as they try to make sense of what is shown to them from his own memory of iconic moments from world history.

INTER STELLAR Ré-imaginer la Terre

HAB Galerie / 23 mai — 27 septembre 2026 dans le cadre du Voyage à Nantes. Catalogue coédité par Le Voyage à Nantes et les Éditions 303, dans le cadre des Carnets du Voyage à Nantes. Édition bilingue français / anglais

LA SPL LE VOYAGE À NANTES

Direction générale

Sophie Lévy

Commissariat

Marc Donnadieu

Le Voyage à Nantes, SPL présidée par Aymeric Seassau, assure la promotion du dispositif culturel mis en place par Nantes et plus généralement de la destination Nantes Métropole.

Son actionnariat rassemble Nantes Métropole, la Ville de Nantes, la Région Pays de la Loire, le Département de Loire-Atlantique, la Ville de Saint-Nazaire, les communautés de communes Estuaire et Sillon et Sud Estuaire et la communauté d’agglomération

Clisson Sèvre et Maine Agglo.

Le Voyage à Nantes est une société publique locale. Délégations de service public pour la gestion des sites : Château des ducs de Bretagne, parcours artistiques (Voyage à Nantes permanent, Estuaire Nantes < > Saint-Nazaire, Voyage dans le vignoble), Machines de l’île, Mémorial de l’abolition de l’esclavage, Hab Galerie, Parc des Chantiers. Mise en œuvre de la politique touristique à l’échelle de la métropole par le développement de projets : Le Voyage à Nantes événement estival, Les Tables de Nantes, Traversée Bretonne.

ÉDITIONS 303

Espace Sèvre 12, boulevard Georges-Pompidou 44200 Nantes contact@editions303.com www.editions303.com

Direction

Aurélie Guitton

Édition

Carine Sellin

Diffusion

Élise Gruselle

Éva Colombe

Correction

Edwige Fontaine

Traduction et correction langue anglaise

Elisabeth Lyman

Photogravure

Pascal Jollivet

Auteur

Marc Donnadieu

Conception graphique et réalisation de la maquette

Jean Depagne

Impression

Edicolor

Papier

Arctic Volume High White

Typographies

Sang Bleu Empire & Suisse Int’l

Crédits photographiques

Vues d’exposition © Martin Argyroglo / LVAN

Couverture

Hugo Deverchère, Cosmorama (détail), 2017 © Hugo Deverchère

Les Éditions 303 reçoivent un financement de la Région Pays de la Loire.

Toute reproduction même partielle est interdite.

Dépôt légal : juin 2026

ISBN : 978-2-487296-21-3 © Le Voyage à Nantes et les Éditions 303, 2026 Tous droits réservés.

Remerciements

Marc Donnadieu tient tout particulièrement à remercier l’ensemble des artistes de l’exposition, leurs studios et leurs galeries pour le soutien constant et généreux qu’elles et ils ont apporté à ce projet d’exposition :

— Rebecca Bournigault et le groupe Rue des Garderies

— Gillian Brett

— Charlotte Charbonnel

— Caroline Corbasson

— Hugo Deverchère, ainsi que Vincent Sator et Lise Traino de la galerie Vincent Sator

— Clément Fourment

— Arthur Gosse

— Constance Guisset, ainsi que Fabien Simon du studio Constance Guisset

— Ilanit Illouz, ainsi que la galerie Anne-Laure Buffard

— Clara Imbert

— Pauline Julier, ainsi que Margot Sparkes du studio Pauline Julier

— Sophie Keraudren-Hartenberger

— Astrid Krogh, ainsi que Maria Wettergren et Lara Blanchy de la galerie Maria Wettergren

— Anaïs Lelièvre

— Caroline Le Méhauté

— David Munoz

— Sacha Teboul, ainsi qu’Edgard Teboul

— Hongjie Yang

— Tauni Western du Eames Office, LLC

La Bibliothèque municipale de Nantes, le musée Jules-Verne, le Muséum d’Histoire naturelle de Nantes, le Planétarium de Nantes, ainsi que toutes leurs équipes respectives.

Il souhaite également remercier pour leur précieuse collaboration : Gérard Azoulay, Alan Bogana, Denis et Laura Durand-Capazza, Stéphane Cecconi, Liliane Chan, Marc Ming Chan, Gaël Charbeau, Marco Costantini, Yves Christen, Domitille d’Orgeval, Evelyne et Jacques Deret, Clara Djian, Gilles Harvengt, Yvon Le Mignan, Nicolas Leto, Scott Longfellow, Stéphanie Pécourt, Guillaume Piens, Philippe Piguet, Pascale Pronnier, Vincent Sabourin, Rafaël Santianez, Nora Togni, Pascale Viscardy, Elora Weill-Engerer, ainsi que l’Aargauer Kunsthaus (Aarau, Suisse), la galerie Capazza (Nançay), le Centre Wallonie-Bruxelles (Paris), la Collection d’art contemporain de la Ville de Genève, le Fresnoy — Studio national des arts contemporains (Tourcoing), le Mudac — Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporains (Lausanne), l’Observatoire de l’Espace du CNES, l’espace Topographie de l’art (Paris), le Transfo — centre culturel d’Emmaüs Solidarité (Paris).

Sans oublier, et surtout, l’ensemble des équipes de production et de montage du Voyage à Nantes : Hedi Belhamiti, Adrien Bordeau, Clément Bouron, Kévin Cardesa, Jenna Darde, Romain Decroix, Rémy Drouard, Solange Dupé, Julie Grobost, Pierre-Yves Hélou, Christophe Launay, Nicolas Masson, Loïc Merlin, Jonathan Nussli, Pierre Pouillet, Yoan Robin, Florent Tessier.

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