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L'appropriation du littoral Marseillais - Mémoire

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L’APPROPRIATION DU LITTORAL MARSEILLAIS Rémy GIORDANO Mémoire de rapport d’études Encadré par Arlette Herat ENSA-Marseille 2021

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SOMMAIRE

01 02 03 04

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RÉSUMÉ

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PREFACE

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REMERCIEMENTS

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INTRODUCTION

10

METHODOLOGIE

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FORTIN DE CORBIÈRES - FORT SAINT-JEAN

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FORT SAINT-JEAN - PLAGE DES CATALANS

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PLAGE DES CATALANS - PLAGES DU PRADO

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PLAGES DU PRADO - CALANQUES

62

CONCLUSION

78

BIBLIOGRAPHIES

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RÉSUMÉ

L’étude du littoral marseillais offre l’oppor tunité de comprendre les mécanismes, les alternatives et les contraintes des choix d’urbanisme d’une grande ville côtière vis-à-vis des usages existants. Par l’analyse de plusieurs sites et aménagements choisis, le long de son trait de côte, du Fortin de Corbières aux Calanques, en s’appuyant sur l’iconographie des lieux et les grands bouleversements historiques, les réalisations prennent corps au fil du temps avec la réalité des enjeux économiques, touristiques, écologiques. Quelles options s’ouvrent aux villes côtières qui bénéficient d’un littoral dont elles veulent tirer profit ? A l’heure de la transition écologique et de la prise en compte de la fragilité de notre écosystème, et au travers de plusieurs exemples, l’étude met en lumière les règles et les choix qui valorisent le littoral, offrent un paysage attractif dans une dynamique économique et font évoluer les usages.

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PREFACE

Le littoral Marseillais est un sujet qui m’intéresse particulièrement car le milieu de la mer est l’un des endroits que je fréquente souvent par la navigation mais aussi par le spor t : l’apnée dynamique de poids constant. Je suis donc le premier témoin d’une transformation d’un territoire à la fois attractif mais aussi délicat vis-à-vis de la préservation environnementale. Le choix de la ville de Marseille s’est fait naturellement grâce à son histoire en rapport avec la mer. Son littoral, aujourd’hui, très urbanisé est en perpétuelle évolution. La position même de Marseille et de ses 57 kilomètres de côte dont 24 kilomètres de calanques la poussent naturellement à tirer profit de sa localisation. Des changements parfois radicaux ont été effectués au cours du temps et ont influencé le mode de vie de ses habitants et façonné son rivage du nord au sud. Aujourd’hui la question environnementale et la montée des eaux ouvrent la voie à d’autres défis et à repenser son accessibilité et sa protection. L’étude de l’évolution du littoral marseillais est donc l’opportunité d’analyser d’une façon plus générale la configuration des villes côtières.

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En parallèle de mes études, j’ai créé mon agence pour des missions de soustraitance auprès de cabinets d’Architecture. Aujourd’hui, je travaille essentiellement sur des villas dans le sud de la France souvent dans une relation avec la mer. Construire en littoral offre de grandes oppor tunités à l’architecture mais c’est un défi complexe. En effet, l’intervention sur le littoral est une performance à réaliser car l’impact architectural est important dans un environnement sensible et fragile, qu’il faut aussi anticiper dans le paysage côtier vu depuis la mer. Dans le futur, j’aimerais développer mon entreprise et tendre vers des projets où la question urbaine est plus prégnante avec une réflexion sur la configuration des villes côtières.

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REMERCIEMENTS

Avant tout développement, il me parait nécessaire de commencer par des remerciements à toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la rédaction de ce mémoire. Je voudrais tout d’abord remercier ma famille qui m’a soutenu et m’a toujours accompagné tout au long de mes années d’études. Je souhaite remercier également mes amis, et principalement Rémi Desbois, Théo Minet-Perez, et Ariane Michon, qui m’ont apporté leur soutien et avec lesquels l’entraide mutuelle a été importante. Je tiens à remercier Ondine Touja, ancienne élève diplômée, pour avoir relu et apporté un nouveau regard sur ma rédaction. Un grand merci à Arlette Herat, enseignante - chercheuse à l’ENSA Marseille et directrice de mémoire, pour le temps qu’elle m’a consacré et son aide précieuse durant toute l’élaboration de ce mémoire. Je souhaite la remercier pour la qualité de ses conseils et les connaissances qu’elle a su me transmettre.

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INTRODUCTION

Marseille est la ville la plus ancienne de France, fondée dans l’antiquité sous le nom de « Massalia » vers 600 av. JC par des marins et des marchands grecs originaires de Phocée. À certaines époques, elle fut même le premier port français et le premier por t méditerranéen. Grâce à une situation géographique stratégique, la ville s’est fortement développée autour de l’industrie et du transport maritime et s’est donc radicalement transformée pour répondre à ces grands enjeux économiques.

Dans la baie, la navigation est un des éléments qui rythme la ville. En effet, on comptabilise 19 700 anneaux* sur la totalité de la métropole. Chaque année, plus de 5 millions de touristes viennent à Marseille et près de 2 millions de croisiéristes transitent par son port. Outre les ports, le littoral offre une forte activité balnéaire, d’aquaculture, de sports nautiques mais aussi de pêche avec environ 230 marins pêcheurs. Avec 870 000 habitants recensés en 2018, Marseille est actuellement la 2ème ville la plus peuplée de France. La métropole Aix-Marseille est également la plus grande de France avec pas moins de 92 communes dont 1/6 sont situées sur le littoral. Pour répondre à cet accroissement démographique, la ville a le choix entre la densification massive en centre-ville et augmenter son coefficient de surface au sol ou un étalement sur des zones naturelles sensibles. Aujourd’hui, On comptabilise 70% d’espaces naturels et agricoles, 28% d’espaces urbanisés et 2% de zones humides sur toute la commune de Marseille.

Marseille est une ville tournée vers la mer avec ses 30 kilomètres de littoral qui représentent une très large diversité en termes d’aménagement urbain : son port de commerce et son Vieux Port représentent à eux seuls une très grande partie du littoral (nord et centre) démontrant ainsi l’intérêt de la ville vis-à-vis des échanges maritimes. La partie plus au sud est très riche en mutation puisque de grands travaux ont été érigés au fil du temps qui ont petit à petit transformé le paysage côtier et ainsi fait évoluer les usages (Corniche Kennedy, Plages du Prado et Port de la Pointe Rouge). Aujourd’hui, le Parc National des Calanques qui délimite la ville au sud arrête toute possibilité d’urbanisation et vient « patrimonialiser » les cabanons et préserver l’environnement.

Par ce rapport, je souhaite révéler la diversité du littoral de la ville de Marseille et ainsi montrer comment les enjeux économiques et politiques ont eu une influence sur la transformation du littoral. Ici, l’économie est majoritairement en lien avec la mer, que ce soit par son port et par son tourisme balnéaire. Ainsi, j’ai décidé de me questionner sur le bouleversement des usages et les façons de vivre au cours du temps et de comprendre comment l’urbanisation redéfinit le rapport au littoral à Marseille. Cela pose nécessairement la question de l’accessibilité à la mer et au littoral, domaine public maritime, appropriable par tous. En prenant pleinement conscience de la fragilité de notre environnement, quelles options s’offrent à Marseille pour concilier des enjeux économiques puissants et des ambitions de développement de son littoral afin de recréer un cadre de vie attractif pour ses habitants et lui apporter sa dimension internationale ?

Anneau : terme nautique pour évoquer une place au port 10

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Estaque

MÉTHODOLOGIE

Trait de côte naturel

Plages de Corbières

2km

Port de Croisières

En parcourant la ligne du trait de côte du nord au sud, je montrerai l’impact de l’urbanisation sur le littoral en évoquant uniquement quelques projets marquants.

Grand Port Maritime

En effet, ce choix de ne conserver que quelques aménagements permet dans un premier temps de se concentrer sur les points essentiels déterminants dans l’évolution du littoral. C’est aussi pour moi la première étape d’un travail que je souhaite poursuivre en Master sur l’urbanisme côtier ou l’architecture en littoral pour approfondir ma réflexion.

Les Docks / Euro-Méditerranée

Vieux Port Plage des Catalans Vallon des Auffes Malmousque

Ainsi, dans cette première étude, au travers de chacun de ces projets et en m’appuyant sur l’iconographie des lieux, je tenterai d’analyser l’impact de l’évolution du trait de côte du littoral.

Corniche Kennedy

La méthodologie repose sur les questions concernant la nature de sa relation actuelle avec le rivage, son éventuelle incidence sur l’environnement, sa place dans l’évolution du paysage côtier et dans sa relation avec la ville. Parallèlement, l’histoire du lieu et de ses usages passés appor teront un éclairage qui permettra de mieux comprendre les mutations et la répercussion sur le mode de vie actuel des habitants.

Plages du Prado

La Pointe Rouge

Madrague de Montredon Massif des Calanques Les Goudes

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01 FORTIN DE CORBIÈRES FORT SAINT-JEAN

Mon étude débute au nord-ouest de Marseille, à la frontière de la Côte Bleue, au pied du Fortin. Elle se poursuit le long de toute la rade nord, jusqu’au Fort Saint-Jean à l’entrée du Vieux Port. Ce trait de côte est très ar tificialisé, et se concentre majoritairement sur l’enjeu économique du por t maritime. Cependant, des mutations récentes amènent aujourd’hui un angle nouveau pour améliorer le cadre de vie en redonnant l’espace public aux habitants, afin de recréer un lien essentiel entre la mer et la ville de Marseille.

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LES PLAGES DE CORBIÈRES Tunnel du Rove le long du littoral et offre ainsi la desserte de plusieurs villages. Les plages, créées artificiellement au début des années 90, ont modifié le paysage originellement industriel en lui appor tant une image pittoresque, touristique et un usage aujourd’hui balnéaire. Il permet de conserver une zone portuaire de plaisance proche du tunnel du Rove.

Les plages de Corbières situées dans la continuité de la Côte Bleue et dans le 16ème arrondissement de la ville annoncent le début de la rade de Marseille. On en dénombre trois : la plage de la Lave, la plage de la Batterie et la plage du Fortin. Le site est marqué par des éléments architecturaux historiques qui se détachent du paysage côtier. Tout d’abord, le viaduc du Fortin sur lequel passe la voie ferrée, le tout dans un relief topographique important. Réalisé en 1915, ce pont de 225 mètres de long par 9,5 mètres de large permet de faire circuler le train de la côte bleue

Village de l’Estaque

Plages de Corbières Massif de la Nerthe Photo du site de Corbières vers le viaduc du Fortin ©RG 16

Anse de l’Estaque 1km

Plan du territoire de l’Estaque 17


LES PLAGES DE CORBIÈRES 10m

Cette création s’est appuyée sur la présence des anciennes digues qui protégeaient notamment au début du XXe siècle les bateaux de transport à l’embouchure de l’Estaque, avant de rejoindre les usines chimiques du pourtour de l’étang de Berre. Le détournement de cet usage initial valorise un site balnéaire désormais très apprécié. Il redonne l’accès à la mer aux habitants de l’Estaque et valorise son rivage que Cézanne aimait tant peindre.

Hors saison, des pêcheurs et des jeunes apprenant la voile viennent profiter de la mer. En période estivale, les plages sont très souvent prises d’assaut et très investies par les touristes. La digue a été renforcée pour protéger les baigneurs. Les marseillais prennent pleine possession de ce territoire jusqu’à arpenter l’enrochement ar tificiel et investir chaque espace. L’accès facilité par la route départementale du Rove qui surplombe le site et qui relie l’Estaque à Martigues rend ces plages très populaires.

Situées dans la rade nord de Marseille, elles sont également très appréciées des habitants du nord de la ville, qui sont privés d’accès direct à la mer du fait des extensions du por t maritime.

LARGE

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PLAGE DE LA BATTERIE

Voie Ferroviaire

Route du Rove

Enrochements

Photo de la digue de la plage du Fortin et de la plage de la Batterie ©RG

MASSIF DE LA COTE BLEUE

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LE TUNNEL DU ROVE Située entre les plages et le village de l’Estaque, l’embouchure du tunnel du Rove représente l’oppor tunité possible d’une nouvelle vocation. La réouverture du tunnel, qui est en réflexion depuis les années 2000, pourrait ramener l’eau de mer dans l’étang de Berre pour permettre de développer à nouveau sa faune et sa flore. Cet usage, qui rompt littéralement avec son usage historique, répondrait à la volonté écologique et politique de lutter contre l’eutrophisation de l’étang de Berre par les algues vertes.

industrielle de ce secteur, montre la volonté de Marseille de développer le transport par les voies maritimes. En effet, ce tunnel reliant les bassins Nord de Marseille à l’étang de Berre, avait pour but de faire passer les bateaux et faire transiter les marchandises. Il s’agit d’un ouvrage d’une réelle prouesse technique pour l’époque. Commencé en 1903 et achevé en 1926, la construction est remarquable avec des dimensions impressionnantes : 7 kilomètres de distance, sur 22 mètres de large, et 15 mètres de hauteur de percement dans le massif de la Côte Bleue.

Le projet, pour l’heure pas encore acté, devrait alors réparer l’effondrement d’une partie de sa voute qui a eu lieu en 1963 obstruant la totalité du tunnel et empêchant sa traversée. Ce tunnel aujourd’hui trace de l’histoire

Un nouvel usage permettrait à la fois de lui valoriser son caractère traversant et de patrimonialiser cet ouvrage historique.

Photo du port de Corbières et l’entrée du Tunnel du Rove ©RG 20

2km

Plan du tunnel du Rove 21


LE VILLAGE DE L’ESTAQUE

Village de l’Estaque

L’Estaque, du nom provençal « Estaco » qui signifie l’attache, est un des 111 villages marseillais. C’est un ancien hameau isolé de pêcheurs et fabricants de tuiles. On compte aujourd’hui 6 000 habitants, avec une bonne réputation pour son ambiance de village. L’Estaque est divisée en plusieurs petits quartiers : le port, ses plages au nord, et son village. En appréhendant ce secteur de Marseille, on comprend mieux toute la complexité de la relation entre la mer et la vie des habitants.

Photo du parc Mistral à l’Estaque ©RG plusieurs fonctionnalités aux seuls espaces vacants. Ainsi, tous les samedis, la voie de la contre-allée du bord de mer accueille un marché. Ancien équipement spor tif fraichement rénové en Parc et récompensé du prix de l’aménagement urbain en 2009, le Parc du Mistral reprend de l’espace sur la voierie. Il est le seul et unique parc qui fait office d’espace public dans ce secteur.

Aujourd’hui, l’accès à la mer est de plus en plus en compliqué sur ce site. Le village est situé sur le relief tandis que son port est en contrebas. De plus, la route départementale du Rove qui amène aux plages vient littéralement couper la liaison entre le port et son village. En coupe, on s’aperçoit mieux des divisions et de la place que prend le transport sur ce territoire, maritime mais aussi routier.

Dans une volonté nouvelle de repenser l’urbanisme en cohérence des besoins des habitants et pour retrouver enfin un lien avec la mer, une attention a été portée au stationnement de véhicules et un quai a été disposé pour l’amarrage des navettes vers le Vieux-Por t. Il permet ainsi aux actifs de stationner dans ce parking relais, et d’emprunter la navette pour rejoindre le centre-ville et leur bureau tout en évitant les bouchons, par une voie maritime directe et rapide très appréciable. Une nouvelle relation à la mer et un désenclavement de ce village qui fait le lien avec Marseille par le contournement du Grand Port Maritime.

La concentration urbaine et la place laissée aux voies pour relier la Côte Bleue a réduit les espaces publics, laissant cohabiter

Photo du marché de l’Estaque ©RG 22

Parc Mistral Port de plaisance

500m

Plan de situation de l’Estaque 23


LE VILLAGE DE L’ESTAQUE Cela renoue aussi avec ce lien à la mer qu’avaient les habitants jusqu’au milieu du XIXe siècle où le rivage était encore à l’état naturel, fait de petites plages et de quelques digues. La conquête de la mer, la présence de bateaux toujours plus nombreux et le développement du Grand Port Maritime de Marseille avaient fini par les priver de cet accès, le dédiant exclusivement à une zone portuaire pour pêcheurs et plaisanciers. Désormais, les habitants peuvent à nouveau jouir des lieux.

100m

Photo du port de plaisance de l’Estaque ©RG

Photo de l’accès à la mer des habitants de l’Estaque ©RG

LARGE

GRAND PORT MARITIME

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PORT DE L'ESTAQUE

VOIERIE

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VILLAGE DE L'ESTAQUE


1km

LE GRAND PORT MARITIME DE MARSEILLE

Port de croisières

Photo du port maritime de Marseille ©Grandemange Dominique - 4 vents Le grand port maritime de Marseille occupe une place impor tante sur toute la rade nord de Marseille qu’il s’est littéralement appropriée. Il représente à lui seul 11 532 mètres de linéaire de côte artificialisée selon le MEDAM*, soit plus de la moitié du littoral Marseillais. Dans la totalité de l’opération du port de Marseille, 745 ha ont été gagnés sur la mer, éloignant le rivage du trait de côte originel de 800 mètres en moyenne.

les nouveaux bassins à Fos-sur-Mer dès 1968, le bassin du port de Marseille conserve toujours une activité de transport maritime avec plus de 1,5 millions EVP (Equivalent Vingt Pieds) de conteneurs en 2019.

Aujourd’hui, le Grand Por t Maritime de Marseille, est le 1er port français, 5ème au rang européen et a accueilli plus de 3,20 millions de passagers en 2019 dont près de 1,3 millions de croisiéristes. Même si le grand port de Marseille a changé d’échelle en migrant la majorité de son exploitation vers

Digue du large

Les Docks Bassin de la Joliette Photo du port maritime de Marseille

MEDAM : Côtes MEDiterrannéennes françaises. Inventaire et impact des AMénagements gagnés sur le domaine marin 26

Esplanade J4 Vieux-Port

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LE GRAND PORT MARITIME DE MARSEILLE

Les grues bleues, les conteneurs et les blocs de béton sont les éléments les plus marquants qui se distinguent dans le paysage côtier depuis la mer. Tandis que les navires, l’épaisseur du por t et de ses diverses activités sont visibles depuis la passerelle de l’autoroute dès l’entrée de la ville de Marseille.

De plus, le port, domaine privé à usage public, constitue une véritable barrière entre la mer et la ville. Depuis 1966, un grillage disposé tout le long de sa limite avec la ville empêche l’accès du rivage pour ses habitants. Cependant, la digue du grand large a été dans le passé ouverte au public sous Napoléon III. Les Marseillais pouvaient alors arpenter cette promenade face à la mer. C’était l’un

La « bétonisation » du littoral a longtemps fait débat auprès des habitants voyant leur privilège d’accessibilité à la mer supprimé en contrepar tie de nuisances du por t évidentes, tant sur l’aspect visuel, que sur le plan de la pollution engendrée. Les bateaux amarrés à quai sont devenus si imposants qu’ils obstruent la vue et font désormais partie intégrante du paysage.

des spots prisés des joggeurs, des vététistes mais aussi des pêcheurs. Récemment fermé pour cause de plan Vigipirate, son accès a longtemps été controversé car il fallait pénétrer au sein du port autonome. Aujourd’hui, seules les personnes détentrices de la carte du port autonome de Marseille peuvent encore profiter de ces 7 km de digue.

Photo du terminal de croisières Ils représentent au quotidien une pollution de l’air et de l’eau par leurs émanations d’oxyde d’azote, fioul et gaz d’échappement supérieure de 1,5 fois les seuils maximums préconisés de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), sans oublier le risque évident de catastrophe écologique en cas d’accident. Afin de réduire les émissions polluantes, la ville de Marseille s’est engagée à installer des bornes électriques directement sur les quais afin que les bateaux puissent couper leurs moteurs lorsqu’ils sont amarrés.

Photo du port maritime vu depuis le large ©RG

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Ancienne carte postale de la digue du large datant du XIXe siècle

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TRAIT DE COTE NATUREL

Enjeu économique majeur de la région, le port s’est considérablement développé depuis le XIXe siècle et a fortement impacté le trait de côte du littoral et le paysage côtier.

nord de Marseille. Pascal de Montricher, en infléchissant la courbe de la digue vers le large suit parallèlement le trait de côte et permet d’envisager une continuité linéaire. Ce principe consistera simplement à prolonger les quais et à réaliser de nouvelles darses encadrées par des traverses. La distance visà-vis du trait de côte a été remise en question dès l’extension du bassin Mirabeau en 1912 avec des propositions qui consisteraient à recréer une digue plus au large.

BASSIN DE LA MADRAGUE BATARD-RAZELIERE 15 JUILLET 1909

TRAIT DE COTE NATUREL

BASSIN DE LA MADRAGUE BATARD-RAZELIERE 15 JUILLET 1909

Au courant du XIXe siècle, la mer devient progressivement un territoire plus sûr, grâce à la démocratisation de la navigation à vapeur et aux digues qui permettent de protéger les ports. Les échanges maritimes fascinent par le potentiel économique qu’ils représentent.

BASSIN DE LA JOLIETTE TOUSSAINT DE MONTLUISANT 5 AOUT 1844 BASSIN MIRABEAU BATARD-RAZELIERE 15 MARS 1912

BASSIN DE LA JOLIETTE TOUSSAINT DE MONTLUISANT 5 AOUT 1844 BASSIN MIRABEAU BATARD-RAZELIERE 15 MARS 1912

En 1820, avec la saturation du VieuxPort, la ville décide d’engager des travaux pour l’agrandissement du por t. Après plusieurs projets envisagés, le Conseil général des Ponts et Chaussées autorise la construction du bassin de la Joliette en 1844. Le développement du port au Nord de la rade de Marseille n’est pas un hasard. Plusieurs fois envisagé sur le secteur des plages du Prado par son accès direct à la mer, ce projet n’a finalement pas abouti. Pour causes, son éloignement de tout chemin ferré mais aussi et surtout la nécessité de laisser l’accès au rivage à la bourgeoisie. Ce dernier argument de privilège a contribué à générer une dualité entre nord et sud.

D’années en années, le port ne cesse de se moderniser face à l’accroissement incessant du trafic maritime et ce malgré la crise mondiale. Le bassin de la Joliette et les môles des quais sont réaménagés pour recevoir des navires toujours plus grands. Une gare maritime est construite pour faciliter l’accès des passagers. De nouveaux bassins sont érigés jusqu’à l’Estaque dans les années qui suivent jusqu’au début du XXe siècle. Les bateaux affluent sans cesse, c’est le début de l’ère de la productivité. Le bateau représente le moyen de transport international dans les années 30 et plusieurs compagnies maritimes voient le jour tel que SGTM, Fabre Line, Paquet ou encore Freyssinet. L’extension du port vers Fossur-Mer, dont les premiers bassins sont inaugurés en 1968, permet les infrastructures pour le traitement des hydrocarbures.

BASSIN NAPOLEON PASCAL DE MONTRICHER 19 JANVIER 1856 BASSIN MIRABEAU / BASSINS SUD BEZAULT / SAINFLOU 24 OCTOBRE 1924

BASSIN NAPOLEON PASCAL DE MONTRICHER 19 JANVIER 1856

BASSIN MIRABEAU / BASSINS SUD BEZAULT / SAINFLOU 24 OCTOBRE 1924

BASSIN IMPERIAL PASCAL 4 OCTOBRE 1861 BASSIN MIRABEAU / BASSIN DU PHARO GOURRET / BEZAULT 3 MAI 1935

BASSIN IMPERIAL PASCAL 4 OCTOBRE 1861

BASSIN MIRABEAU / BASSIN DU PHARO GOURRET / BEZAULT 3 MAI 1935

Pour abriter les infrastructures et les navires, une digue est édifiée dans la mer. La jetée du large, qu’accompagne l’extension des bassins, représente à l’époque une véritable prouesse technique qui améliore la stabilité de l’ouvrage tout en économisant des matériaux. Celle-ci est entièrement construite sur la mer.

GUERARD / ROBERT 12 JUILLET 1890 SITUATION EN 1990

GUERARD / ROBERT 12 JUILLET 1890

Ici seule compte la ressource économique des flux maritimes, le lien des habitants à ce secteur n’est qu’un lien de travail puisqu’il représente près de 45000 emplois directs. Il n’y a plus de repères visuels avec le trait de côte initial.

SITUATION EN 1990

Après la création du bassin de la Joliette en 1844, le bassin de Napoléon, aussi appelé bassin d’Arenc, marque en 1856 le début des extensions sur toute la rade

BASSIN DE LA MADRAGUE BATARD-RAZELIERE 15 JUILLET 1909

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Plans des différents projets d’agrandissement du port

BASSIN DE LA MADRAGUE BATARD-RAZELIERE 15 JUILLET 1909

2km

2km

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LA RECONQUÊTE URBAINE DU PORT

Hangar J1 Les Terrasses du Port

Conscient de la mise à l’écar t du rivage de la ville, le projet EuroMéditerranée tend à aménager et transformer les infrastructures existantes en de véritables équipements et espaces publics dédiés aux habitants afin d’inverser le déclin démographique et économique de la ville et devenir le centre de la Métropole. Ce site étudié, qui va du Silo d’Arenc au Fort SaintJean est une illustration des transformations architecturales du paysage côtier et des mutations d’usages à la limite des espaces privés du port.

Les Docks

FUTUR PROJET J1 Le projet Euro-Méditerranée se développe petit à petit dans la partie Nord de la ville et en particulier le long de l’ancien port de commerce. De nouveaux projets sont à l’étude, notamment la transformation du hangar du J1 en équipement culturel tourné vers le loisir. Toutes ces transformations sont l’expression même de la volonté de changement de Marseille pour redonner un espace public dédié aux Marseillais pour améliorer leur qualité de vie, tourné vers la culture, et la mer. Ils offrent aussi un nouveau rapport à la ville en permettant un étalement sur de nouveaux territoires que le centre très urbanisé ne permet plus. De plus, Marseille est devenue Capitale de la culture en 2013. Cela a une réelle portée communicative pour porter Marseille dans une dimension de ville internationale à l’attrait incontestable.

Photo réaliste du projet du hangar J1

Esplanade J4 Vieux-Port Plan de situation des nouveaux équipements du port 32

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1km


LE SILO D’ARENC

Le CEPAC Silo est situé dans le 2ème arrondissement de Marseille dans les anciens quartiers du port. Il s’agit d’une salle de spectacles qui accueille des pièces de théâtre, des concerts, des colloques et évènements et qui contient également un espace avec des bureaux. La taille de la salle de spectacle est comparable à l’Olympia (Paris). Le bâtiment est remarquable par son architecture imposante et ses dimensions impressionnantes. La réhabilitation de ce bâtiment a été gérée par Roland Carta et Eric Castaldi dont la volonté était de préserver le silo d’Arenc labélisé au patrimoine du XXe

siècle. On aperçoit encore clairement les grandes cuves en façade qui témoignent de son ancienne fonction. En effet, il a été utilisé par les activités portuaires pendant le XIXe siècle et permettait de puiser le grain contenu dans les cales des bateaux avant d’être chargé dans les camions ou les trains de marchandises. Abandonné dans les années 80 du fait de la décroissance de cette activité portuaire, le bâtiment du Silo reprend tout son intérêt depuis 2011 sous un autre usage. Il est aujourd’hui un vrai équipement culturel pour la ville et symbole de la modernité de son passé industriel. Photo du Silo d’Arenc ©RG

GRAND PORT MARTIME

VILLE

SILO D'ARENC

Autoroute A55 Espace public

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Voierie

Espace piéton


LES DOCKS

Petit à petit, l’espace public grignote sur le port et améliore la qualité de vie des habitants. Derrière les ferrys se cache le quartier de la Joliette qui s’est considérablement transformé avec le Centre Commercial des Terrasses du Por t et la réhabilitation des docks.

Construit pour poursuivre l’extension du port au nord sous le second empire. Les Docks sont une suite de 5 bâtiments sur 7 niveaux avec 4 cours et 52 portes sur 365 mètres de long, comme un rapport parfait incarné par la nature (7 jours, 4 saisons, 52 semaines, 365 jours) bien que cela ne soit pas confirmé par l’architecte. Ce bâtiment est essentiellement composé de pierre, de métal et de brique. Il est construit sur un terrain de 10 hectares en partie gagné sur la mer. Le premier bâtiment côté place de la 25m Joliette était nommé hôtel de direction et accueillait les bureaux tandis que les 4 autres servaient de stockage pour les marchandises arrivées par bateaux et faisait le lien avec la gare de Fret attenante. Les Docks étaient l’un des premiers bâtiments

Dans l’axe du Silo, les Docks accueillent aujourd’hui 220 entreprises, 3000 personnes travaillant dans les bureaux et commerces. Toujours dans une volonté de réhabilitation du patrimoine, l’aménagement s’appuie sur les structures métalliques por teuses, et mettent en valeur la maçonnerie de pierres et briques. Une rénovation sur 7 niveaux avec une galerie piétonne centrale en RDC.

équipés d’ascenseurs hydrauliques et qui montre la modernité pour l’époque.

vision sur le port de commerce depuis son étage supérieur sans réelle proximité avec l’eau. Ce seul point de vue sur la mer est en réalité conditionné aux horaires d’ouverture du centre commercial. Cette promenade est présentée comme une continuité de l’espace public sur les espaces du port.

En 2015, les docks sont transformés et accueillent des bureaux et commerces. Ce parallèle est intéressant, deux époques et deux dimensions de la modernité, du commerce et du « business » d’aujourd’hui, offrant dans un même lieu des usages différents dans un objectif commun.

La Joliette est aujourd’hui un des quartiers d’affaires de la ville mais aussi un des lieux les plus fréquenté de la ville par ses habitants grâce à ces nouveaux équipements.

Le quartier est ainsi devenu plus vivant et dynamique avec la présence de nombreuses entreprises, de bars et restaurants, du marché et également grâce à son accès au port. Le centre commercial des Terrasses du Port qui lui fait face offre une promenade et une

40m

Plan et elevation des Docks

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FORT SAINT-JEAN / ESPLANADE NOUVEAU J4 (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée), il accueille des expositions permanentes et éphémères dans ses jardins. Son accès a été retravaillé du fait de ses fortifications. Deux passerelles le relient respectivement aux quartiers du Vieux Port et à l’ancienne darse du hangar portuaire J4. Le parcours et la déambulation piétonne recrée une continuité avec la ville, La réhabilitation du Fort Saint-Jean assure le lien entre le quartier du Vieux port et le nouveau centre culturel, entre le passé et le présent sans qu’il y ait de rupture. Les passerelles qui

ont été créés permettent de passer d’un lieu à l’autre et donnent des points de vue sur la ville et la mer. Le Fort Saint-Jean offre aussi à Marseille un nouveau site touristique majeur en ancrant Marseille dans la modernité et une dimension culturelle et architecturale. Une passerelle de 130m surplombant la mer permet de rejoindre le nouveau J4. Le site de l’esplanade accueille aujourd’hui de nouveaux équipements : le MuCEM et la villa Méditerranée. Ces deux bâtiments impactent l’environnement proche et transforment le paysage côtier. Une enveloppe de béton grise aux formes découpées inspirées de la mer, le MuCEM contraste avec les pierres du Fort Saint-Jean en arrière-plan. De l’autre, la Villa Méditerranée faite de verres et de métal, exprime une technicité architecturale.

Photo du parc du Fort Saint-Jean ©RG Jouxtant le bassin de la Joliette au Nord et situé au Sud à l’entrée du Vieux Port, le Fort Saint-Jean est transformé en espace public. Elément intégrant du MuCEM

20M

Photo de la circulation autour du Fort ©RG

ESPLANADE J4

GRAND PORT MARITIME

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Photo de la Villa Méditerranée un accès à la mer en créant un espace public de promenade, qui profite pleinement de sa position avancée sur la mer. Cet endroit fait partie de l’ancien domaine public maritime, et était occupé pendant longtemps par le hangar J4 du por t de Marseille. Cette reconquête urbaine de la ville et les choix politiques for ts engendrés prouvent une fois de plus l’envie de moderniser l’image de Marseille.

En 1995, l’ancienne esplanade du J4 a été décrétée établissement public d’aménagement faisant par tie du projet Euro-méditerranée. Il permet de redonner

DARSE

FORT SAINT-JEAN

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VOIERIE

LE PANIER


02 FORT SAINT-JEAN PLAGE DES CATALANS

Le Vieux-Port est le cœur de Marseille d’où s’articulent tous les axes majeurs de la ville. C’est un lieu de transit par excellence vers la mer mais aussi le lieu de passage entre les quartiers nord et les quartiers sud. En modernisant ses infrastructures routières et piétonnes, la ville repense la mobilité de ses flux et s’oriente vers la requalification d’espaces piétons dédiés à ses habitants tout en préservant certaines traditions. L’éloignement du trait de côte se réduit grandement mais la privatisation des espaces de plaisance fait apparaitre des inégalités d’accessibilité.

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Le tissu existant de la vieille ville

LE QUAI NORD DU VIEUX-PORT

Sur sa rive Nord, Le Panier est l’un des quartiers historiques de Marseille, reconnaissable par ses ruelles étroites. Visibles depuis le port, les immeubles du quai du port de Fernand Pouillon nous évoquent l’époque de la reconstruction.

Depuis le quai, un espace de carénage de bateaux situé entre l’Hôtel de ville et le Fort Saint-Jean éloigne le trait de côte et rend son accès strictement réservé aux plaisanciers. Tout comme le quai sud, le quai nord possède des pontons fermés par un portail qui interdit le passage des visiteurs. L’accès de la rive par tous est concentré sur le quai Est.

En effet, le quar tier, détruit par l’armée allemande en 1943, a été reconstruit à la demande du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme. Plusieurs architectes tels que André Devin (1905-1983), André Leconte (1894-1966), Auguste Perret (1874-1954) et Fernand Pouillon (1912-1986) ont travaillé sur le tout nouveau plan masse.

10M

Un large trottoir permet aux piétons d’occuper un espace vaste avec quelques mobiliers urbains. Ses dimensions lui permettent de recevoir des évènements tels que le marché de Noël et d’avoir un usage d’espace public. Depuis 2013, un nouveau plan de circulation a été mis en place pour le contournement du Vieux-Port. Dans une démarche de réduction de l’automobile dans les quartiers du centreville, la voierie accueille deux voies de bus. La ville privilégie les modes de transport doux.

secteur aprèsde la démolition Le tissu existant la vieille ville

Le plan de après masselade l'urbaniste André Leconte secteur démolition

Photo des bâtiments de F. Pouillon ©RG 25m

Le plan quartier reconstruit dans son environnement de masse de l'urbaniste André Leconte 100m

LE PANIER

VIEUX-PORT

25m

Terrasse Restaurant

Voierie

Espace Public

Carénage Plaisance

Pontondans son environnement Le quartier reconstruit privatif 100m

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LE QUAI EST DU VIEUX-PORT Son usage actuel est pourtant éloigné de son passé. Il a notamment été occupé par l’arsenal des galères avec une flotte de 47 navires qui ont été ensuite réunis au port de Toulon. D’autres traces historiques datant de la fondation de la ville ont également été retrouvées à plus de 200 mètres de l’actuel quai des Belges et montrent la conséquente avancée du rivage.

A l’Est, Le quai des Belges sur lequel aboutit la Canebière borde le front du Vieux-Port. Les vestiges archéologiques d’aménagements architecturaux des fortifications grecques de Marseille, retrouvés en 1967 derrière l’actuel Centre Bourse nous rappellent le trait de côte originel de l’anse naturelle du Lacydon. Ce quai émane donc d’une ancienne ar tificialisation du rivage. Autrefois, il était possible de toucher l’eau depuis l’actuelle place du Général de Gaulle.

Photo du Vieux-Port depuis le quai ©RG

Photo du marché aux poissons ©RG

Auparavant appelé Quai de la Fraternité, toujours utilisé par les Marseillais, l’actuel Quai des Belges fait le lien entre le Quai du Port, au Nord et le Quai de Rive-Neuve, au Sud. Situé dans un carrefour stratégique entre la Rue de la République, La Canebière et le Cours Jean Ballard, cet espace public est un lieu de brassage considérable à la réunion des quartiers de l’Opéra, de Noailles et de Belsunce et accessible par le métro M1. C’est un large quai piétonnier qui permet d’accueillir des évènements. Chaque matin, des pêcheurs rapportent la pêche du jour sur des stands éphémeres pour procéder à la vente de poissons. C’est aussi d’où partent les navettes du transport maritime vers les iles du Frioul, le Nord et le sud de la ville mais aussi à la découverte des calanques. Avec l’installation d’une ombrière miroir réalisée par l’architecte Norman Foster en 2013, le quai des Belges affirme désormais son statut de vaste zone piétonne.

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Ancienne photo du quai de la Fraternité

Jusqu’au XIXe siècle, ce site fut un lieu de transit où les navires marchands accostaient et débarquaient directement leurs marchandises. L’extension du port vers les Bassins de la Joliette a modifié l’activité principale du quartier. Le port, outre les navettes d’excursions et de transport est dédié à la plaisance et aux pêcheurs et compte près de 3500 anneaux.

en aménagement piétonnier semblait impossible autrefois tant l’intensité du trafic routier était importante à ce carrefour des axes stratégiques de la ville. Ce fut possible grâce à l’amélioration de la circulation par le tunnel du Vieux-Port. Aujourd’hui il relie l’autoroute au Nord jusqu’aux quartiers du Prado au Sud et à l’autoroute Est. En effet, la transformation du tunnel du Prado - Carénage abritant une ancienne voie ferrée a permis de prolonger le tracé jusqu’à l’autoroute.

Ce lieu est aussi une toute nouvelle carte postale de Marseille dont la vision était avant totalement obstruée par la présence de véhicules. En effet, cette transformation

Afin de rendre la ville plus moderne, ce fut un projet porté par l’ancien député maire, monsieur Gaston Deferre afin d’améliorer la mobilité de la ville et de relier l’autoroute Nord à l’autoroute Est. Il a permis ainsi de palier à la croissance de l’automobile dans les années 1960 et d’améliorer le trafic au niveau du quai de la Fraternité. Par ailleurs, le chantier du tunnel a considérablement modifié le bassin du carénage et fait apparaitre u n i m p r e s s i o n n a n t é c h a n g e u r.

Image de l’arsenal des galères ©DR

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LE QUAI SUD DU VIEUX-PORT Traverser le Vieux Por t est un enjeu pour le développement économique de la ville. Tous les modes de transports sont exploités. Ainsi, pour passer de la rive nord à la rive sud, sans en faire le contournement par le quai des Belges, une solution maritime s’offre à nous par le FerryBoat, qui assure la traversée de 7h30 à 20h30 toute les 10 minutes. La ligne maritime, longue de 283 mètres, la plus petite du monde, remplace les anciens bateaux mouches qui assuraient déjà la traversée dès la fin du XIXe siècle.

Ancienne photo de l’arrivée des bateaux mouches devant l’hotel de ville datant du XIXe Pour tant une autre alternative au Ferry-boat avait été mise en place au début du XXe siècle. Un ingénieur constructeur autodidacte Ferdinand Arnodin a imaginé la construction d’un Pont à Transbordeur dans le but de faciliter et raccourcir la traversée du Vieux-Port. Inauguré le 15 décembre 1905, après plus de dix-neuf mois de travaux, celui-ci a permis de transporter des marchandises, des hommes mais aussi des véhicules et des chevaux à l’aide d’une nacelle suspendue de 120m² qui reliait les deux rives en 1 minute 30. Cela évitait ainsi de faire le tour du bassin et reliait d’une rive à l’autre les quartiers por tuaires et industriels du Nord aux quartiers d’habitation populaire du sud. Il fut très emprunté par les piétons, les voitures et les touristes.

Ancienne photo de la passerelle suspendue du Pont à Transbordeur datant de 1910 46

Détruit par l’armée allemande le 22 août 1944 et le 1er septembre 1945, seuls les piliers en pierre sont encore exposés sur les iles du Frioul et témoignent de ce passé. Il était l’un des éléments importants du paysage côtier et marquait l’entrée du VieuxPort. Bien plus encore, il représentait le symbole de la ville dans l’esprit des Marseillais. Au-delà de l’emblème qu’il représente pour Marseille, c’est aussi l’un des grands symboles de l’évolution de l’architecture métallique.

Ancienne photo du Pont à Transbordeur datant de 1905

C’était un pont de type « à contrepoids et articulations ». Sa structure était composée de deux grands pylônes de 87 mètres de hauteur situé sur les quais du Port et de Rive-Neuve. Ces derniers soutenaient par le biais de câbles un tablier de 240 mètres de longueur à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cela permettait de laisser passer les grands voiliers dans le port.

A son sommet était installé un restaurant où l’on pouvait déguster la Bouillabaisse locale et langoustes tout en admirant la plus belle vue sur la ville. Malheureusement, l’activité a dû s’arrêter en 1930 pour cause de souci d’entretien. En 2008, un architecte nantais Paul Poirier a tenté de relancer un projet de pont tout d’abord accepté par la ville puis ensuite décliné au profit d’autres priorités. On peut se demander si un jour, nous reverrons à nouveau un pont à l’entrée du port. 10M

40m

Elévation du Pont à Transbordeur 47


03 PLAGE DES CATALANS PLAGES DU PRADO

En abordant la séquence entre les plages des Catalans et les plages du Prado, le trait de côte en partie préservé, dessine une ville plus traditionnelle où le mode de vie Marseillais s’exprime. Pêcheurs, habitat traditionnel, cabanons, ruelles, couleurs, pointus… présentent ici un Marseille pittoresque que le charme attire. Voie incontournable de la ville, la Corniche Kennedy renforce l’accessibilité du Vallon des Auffes, Malmousque et d’Endoume en offrant un paysage sur la mer. Les pentes et le relief sont encore empreints de la présence des quartiers bourgeois.

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LA PLAGE DES CATALANS Cette plage est également marquée par plusieurs projets alentours en surface dont la construction d’une résidence de luxe menée par l’architecte Rudy Ricciotti sur le site de l’ancienne usine Giraudon, la rénovation de la tour Saint-Lamber t et accueillera même le tramway dans les horizons 2025.

Autrefois, la plage des catalans n’était en fait qu’un port de pêche et une crique. Son nom proviendrait de l’origine des pêcheurs : de Catalogne. Délogés, ces derniers se sont ensuite installés plus loin sur la corniche Kennedy dans le vallon des Auffes. C’est seulement sous Napoléon III que la plage a été créée pour lui permettre d’avoir un accès à la mer proche du Palais du Pharo. Elle est caractérisée par la présence des vieilles infirmeries sur le pour tour de la plage et de la tour Saint-Lambert.

Au large, une digue artificielle protège les baigneurs de la houle. C’est aussi l’un des petits endroits prisés de pêche au harpon ou de « snorkeling » et dont l’enrochement permet d’accroître la population d’espèces marines.

Photo de la plage des Catalans ©RG La plage des Catalans, située en pleine ville est le premier lieu de baignade accessible depuis le centre. Encadrée par le cercle des nageurs et la tour Saint-Lambert, cette plage a toujours été très prisée des touristes et des Marseillais et elle est la plus fréquentée de Marseille malgré sa faible super ficie de sable.

restauration pour la sauvegarde de ce patrimoine. Au pied de la tour, un espace public, récemment réaménagé permet de se balader au plus près de l’eau en empruntant une passerelle piétonne qui plane au-dessus de la mer et offre un paysage sur l’horizon. Depuis septembre 2020, ce site accueille plusieurs statues immergées. Il s’agit d’un musée subaquatique dont l’exposition est sous-marine. Ce projet, qui a d’abord suscité beaucoup de questions de sécurité, a pour vocation de faire prendre conscience de la fragilité de notre environnement et de jouer un rôle d’abris pour la faune marine et de récif corallien.

La plage s’inscrit dans un projet de revalorisation du littoral. En effet, la tour Saint-Lamber t, édifiée au XVIIe siècle, était le lieu où marchandises et hommes suspectés d’être contagieux exerçaient une quarantaine. Elle est en cours de 50

Ce lieu exerce un rôle de premier poumon balnéaire de la ville dont la fréquentation devrait encore s’accroître avec l’arrivée du tramway et les installations du musée subaquatique. En revanche, pour que les Marseillais profitent pleinement de cette plage de ville, une attention par ticulière doit être accordée à la qualité de l’eau.

Véritable lieu de baignade pour toutes les classes sociales, cette plage a cependant plusieurs fois été interdite à la baignade en raison de la qualité de l’eau. En effet, l’eau est souvent polluée par le rejet des eaux usées du Cercle des Nageurs ainsi que l’oxyde de souffre émis par le passage des grands bâtiments de croisières plus au large. De plus, en cas de forte pluie et malgré la création du bassin de rétention de Ganay en 2017, une partie des eaux usées de Marseille se déversent directement dans la mer et contribuent largement à la pollution marine.

Gravure de Lucien Gautier, les catalans 51


LE VALLON DES AUFFES Le vallon des Auffes est une vallée naturelle formée par le relief dans laquelle se trouve un petit por t identifiable par le viaduc de la Corniche Kennedy qui surplombe le site. Une digue édifiée dès 1965 sur la mer vient protéger le por t des for ts courants venant de l’Ouest.

Le nom de cette crique représente un métier traditionnel : « auffier ». Les artisans auffiers travaillais l’auffe, une plante qui une fois tissée servait de cordages et de filets de pêche en 1750. Le port est toujours réputé pour la pêche locale et cela prouve que les usages ont perduré dans ce vallon malgré le développement considérable de la ville et l’accroissement de l’urbanisation du littoral. Ce por t pittoresque rappelle la Provence de Pagnol et il est unlieu touristique incontour nable.

Dans ce secteur, on retrouve des cabanons de pêcheurs transformés en véritables habitations. Ce lieu pittoresque de Marseille n’a presque pas changé. On peut également toujours admirer les pointus, célèbres barcasses en bois traditionnels des pêcheurs.

Photo de la piscine de mer ©RG Le vallon des Auffes est un lieu très apprécié dans la vie des Marseillais, emblématique de la culture traditionnelle marseillaise : on y vient prendre l’apéritif, manger, se baigner, pêcher… Une piscine de mer, aménagée ar tificiellement, est le terrain de jeu parfait des jeunes et où les familles se réunissent. L’attractivité de ce littoral s’est transformée en nuisance puisque les baigneurs qui envahissent la digue vont même jusqu’à plonger dans le port. La fréquentation accrue des visiteurs dans ce lieu contraste et perturbe la vie cabanonnière originelle calme et paisible.

Photo du port du Vallon des Auffes ©RG 52

Ancienne photo du vallon des Auffes datant de 1900

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MALMOUSQUE Caractérisée par son port et ses cabanons de pêcheurs sur le flanc nord, Malmousque offre un paysage côtier fait de magnifiques petites maisons, un véritable écrin. Le restaurant Le Petit Nice, l’un des plus renommés de Marseille, localisé face à la mer sur les rochers proche de la Fausse monnaie accentue l’image du quartier comme un privilège.

Terrain militaire

Le quar tier de Malmousque est un sous-quar tier d’Endoume et du 7ème arrondissement de Marseille. Petit village côtier, composé de petites ruelles étroites, c’est un endroit très calme et préservé. C’est un lieu où les jeunes se donnent rendez-vous et principalement fréquenté des habitués durant toute l’année. Avec seulement 3 petites criques de gallets, il est parfois compliqué de trouver de la place pour poser sa serviette et où chacun essaye de s’accaparer un bout de rocher.

Photo du port de Malmousque ©RG La séquence du quartier de Malmousque n’a subi que de très légères modifications laissant apparaître son trait de côte naturel dessiné par un relief escarpé. La déambulation sur le littoral est périlleuse voire impossible. La présence d’un centre de repos de la Légion Etrangère totalement clôturé vient interdire le passage sur le rivage par endroit. Seul une promenade piétonne, datant du début des années 70 facilite l’accès à la mer sur une partie du littoral.

Sentier piéton Terrain privé

Littoral Inaccessible

Photo de l’accès piéton ©RG 54

Iconographie Accessibilite du littoral de Malmousque 55

200m


LA CORNICHE KENNEDY

Plage des Catalans Vallon des Auffes

La Corniche Kennedy, véritable déambulation urbaine conçue au XIXe siècle surplombe le littoral et suit le trait de côte dans un relief très escarpé. Depuis le large, on fait le constat d’un long et haut mur de pierre et de béton qui se mêlent à travers les rochers du rivage. La voierie en hauteur se détache du paysage du fait de son épaisseur.

corniche est aussi très investi des baigneurs qui créent des bains de mer informels profitant de la casquette de la voierie pour se protéger du soleil. La transformation de la corniche sur le tronçon Fausse monnaie - plages du Prado a fait place à un tout nouvel espace public.

La corniche Kennedy est un axe important de la ville avec un paysage maritime qui défile tout le long du parcours. Le dessous de la

Marégraphe Ecole de Voile Plage des Prophètes Panorama de photos de la portion sud de la Corniche Kennedy ©RG 56

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1km


LA CORNICHE KENNEDY Commencés en 1848, les travaux ont abouti en 1863 à l’édification de deux viaducs enjambant les criques du Vallon des Auffes et de la Fausse-Monnaie, ce tracé urbain face à la mer permet de relier les Catalans au Prado. Très prisée par la bourgeoisie à l’époque, on peut encore apercevoir quelques anciennes demeures tel que la villa Valmer, la villa Gaby ou encore le château Berger. Réaménagée et élargie dans les années 1960, les cabanons en bord de mer ont été enlevés.

Photo de l’espace piéton de la Corniche ©RG Cet aménagement offre désormais une véritable promenade avec un espace piéton, cycliste et la voierie avec une vue dégagée sur la mer. Avec le développement de l’automobile, la ville s’est considérablement transformée avec de nouvelles infrastructures. Auparavant, seul un tramway circulait sur le bord de mer. La place de l’automobile à Marseille fait toujours débat vis-àvis de la question d’espace public.

Zone piétonne Piste cyclable

La corniche actuelle, en s’élargissant vers la mer, offre une nouvelle opportunité de balade piétonne plus basse que la voierie.

balcon sur la mer. Il y a ici une volonté affichée de valoriser le rivage escarpé par la préservation d’un Marseille pittoresque et créer un panorama sur la mer depuis la côte.

Cet axe est partagé par de multi modes de transport, d’abord voie piétonne, ensuite piste cyclable, puis voies de circulation. Elle valorise surtout la vue vers la mer et les îles du Frioul, le but étant clairement énoncé avec la présence d’un banc, dont les 3 km de long en font le banc le plus long du monde, comme pour évoquer un

Une voie de circulation

Zone piétonne

Deux voies de circulation Stationnements

Plus récemment, des élus de la ville ont même évoqué la piétonnisation de la Corniche plusieurs week-ends par an. La première date de fermeture à la circulation est programmée le dimanche 23 mai 2021 et servira de phase test.

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LA CORNICHE KENNEDY Le paysage côtier depuis la mer perd cette notion pittoresque puisqu’il ne perçoit surtout que le tracé bétonné de la corniche, les habitats cabanonniers du long des plages ayant été absorbés par son élargissement. Seuls quelques-uns ont été recréés pour des usages nautiques et de restauration.

Ancienne photo de la plage des Prophètes et de la Corniche Kennedy Cependant, elle conserve des éléments importants du patrimoine marseillais dont le Marégraphe de l’anse Calvo, un bâtiment qui abrite la célèbre machine permettant de calculer le niveau moyen des marées. Celle-ci fixe ainsi le point zéro, point de référence qui permet de définir l’altimétrie sur tout le pays. Le marégraphe est un outil très précieux pour mesurer la montée des eaux, sujet d’actualité.

Panorama de photos de la portion nord de la Corniche Kennedy ©RG

Photo des vestiges d’accès à la mer datant du XVIe siècle ©RG

Photo du Marégraphe ©RG 60

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04 PLAGES DU PRADO CALANQUES

En abordant les plages du Prado et en cheminant jusqu’aux Calanques, c’est un littoral résolument tourné vers la mer, comme potentiel balnéaire et touristique. A la fois très ar tificialisé et naturel, le trait de côte de la rade sud offre des diversités de paysage qui rythme les usages et le lien à la mer. Le parc National des Calanques délimite la ville au sud et contraste par son littoral préservé où la nature reprend ses droits.

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LES PLAGES DU PRADO Base nautique Fleuve Huveaune

Photo des plages du Prado ©RG Les plages du Prado sont un ensemble de six plages ar tificielles intégralement conquises sur la mer. C’est un complexe de 36 hectares dont 20 gagnés sur la mer, et long de 3 kilomètres de littoral qui a refaçonné un nouveau trait de côte. Ce tout nouvel espace public livré aux Marseillais en 1977 change la relation du rivage avec la ville sur ce secteur. Un grand parc vient créer une nouvelle centralité dans la partie sud de la ville. Depuis son ouver ture, les Marseillais investissent ce nouveau lieu qui leur est offer t, les plages du Prado sont un succès. Leur accessibilité a été largement favorisée et plusieurs navettes de bus ont été mises en place pour amener directement les habitants jusqu’aux plages.

Hyppodrome Borély

Photo de l’appropriation des plages ©RG Port de la Pointe Rouge

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LES PLAGES DU PRADO équipement. Soumis à une forte exposition au vent, l’activité change en jour de mistral. La fréquentation bascule autour du port nautique ou des commerces de l’hippodrome Borély.

A l’origine, les pelouses étaient interdites d’accès mais sous la pression, la ville a ouvert ces portions de gazon artificiel à la population. Libre de toute architecture, le vide est appropriable par tous. Il génère des usages complètement libres et non déterminés. Ainsi, des cyclistes, coureurs et promeneurs déambulent dans les chemins piétons. Les familles et amis viennent se retrouver autour d’un pique-nique sur les pelouses, encadrés par des matchs de football ou autres sports collectifs. Enfin les baigneurs profitent du privilège d’accès à la mer sur les différentes plages de sable. Les plages du Prado permettent également à la ville d’accueillir de grands évènements¬ festifs et sportifs et d’en faire un véritable

La digue qui abrite l’actuelle école de voile n’est que le vestige des bassins du grand établissement thermal et bains de mer du XIXe siècle qui profitait de la géologie du site et de cette source miraculeuse d’eau chaude et salée du Roucas Blanc. De par t leur situation géographique, annonciatrice de la fin de la ville à l’entrée du massif des Calanques, ces plages, grâce à leur intérêt, aident à réduire la sur-fréquentation du Parc National.

De plus, cela vient ainsi accuentuer la dualité entre le Nord et le Sud. Le développement du por t a privé l’accès direct à la mer des quartiers nord tandis que la rade sud s’est vu offrir la création de six nouvelles plages pour sa population. L’appropriation des plages du Prado est limité par la privatisation de certains espaces. En effet, les terrasses de restaurants ou évènements privatifs restreignent l’accès libre et gratuit au bord de mer.

Photo du front de mer et des plages du Prado ©RG

A l’origine, le projet du Prado naît de la constatation d’un secteur très soumis aux vents et à la houle qui arrose régulièrement la voirie, et ramène de nombreux détritus sur les bords de mer. Cependant la construction de plages à cet endroit paraissait compliqué dû à la présence de l’embouchure du fleuve de l’Huveaune. En effet, le fleuve qui charriait les eaux usées de la ville polluait le site et la mer et entraînait des odeurs nauséabondes.

Cet aménagement offre à ses habitants un tout nouveau panorama sur la mer et son horizon. Les digues en épis et les différent remblais réalisés font office de décor. La densification révèle le front de mer qui n’est que second plan dans lequel quelques éléments architecturaux remarquables se détachent du paysage comme la cité radieuse de Le Corbusier, le Brasilia de Fernand Boukobza ou encore le stade Vélodrome. Ce site distribue les différents secteurs de la ville par le littoral et établit une continuité de la corniche en direction du massif des Calanques. Il s’inscrit dans une démarche à vocation principalement touristique mais aussi avec l’ambition de requalifier le bord de mer pour les habitants. Situé entre la ville et la mer, cet aménagement de nature ar tificialisée est exposé aux éléments et sous pression du tissu urbain.

Photo de l’embouchure de l’Huveaune ©RG

Photo des pelouses des plages du Prado ©RG 66

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LES PLAGES DU PRADO Après plusieurs réflexions clivantes sur le sujet, le programme de la conception de l’aménagement des plages par René Egger au début des années 70 est en réalité un projet initial d’urbanisation de la rade sud. Il prévoit la construction de nouveaux édifices destinés pour 5 000 à 10 000 logements. Ces derniers redessinent un tout nouveau front de mer et laissent le boulevard de littoral en second plan comme continuité de la corniche Kennedy marquant l’ancien trait de côte. Le projet est une continuité du tissu urbain existant vers la mer avec des cheminements piétons qui se lient aux grands axes de la ville. (Voir plan)

La ville a procédé à un assainissement de la rade à cause de l’embouchure du fleuve de l’Huveaune sur le Prado Sud, qui a nécessité le détournement de son tracé en amont. Les eaux usées par forte pluie, ne sont pas régulées par le bassin Ganay et se déversent aujourd’hui dans la calanque de Cortiou, au milieu du Parc National. Longtemps restées sans traitement, la qualité du rejet s’est aujourd’hui grandement améliorée mais continue d’avoir un effet considérable sur la faune marine.

Afin de limiter l’impact sur les fonds marins sur le site, des récifs ont été immergés au large des plages. De plus, l’endiguement est un aménagement à moindre impact puisqu’il favorise la prolifération des espèces marines. Cela permet également de lutter contre l’érosion naturelle et de contenir le sable. En effet, il est exposé plein Ouest et il subit les vents dominants du Mistral et la houle, ce qui favorise l’érosion du site. Pour la première fois, l’artificialisation du littoral tient au cœur de son projet l’homme et son environnement, pas le bâti. Laisser des espaces vides sans aménagement expressément dédiés permet de laisser libre la définition de leurs usages et de les rendre actifs malgré tout. Ce sont des nouveautés qui bouleversent la conception de l’aménagement.

Photo de l’appropriation des digues par ses habitants ©RG Les Marseillais trouvent ici un littoral balnéaire et profitent aussi bien de la baignade, des sports nautiques que des espaces verts. Il s’agit d’une réelle interface entre ville et nature, une transition entre la ville et l’espace prochain dédié aux calanques.

Plan de la conception des plages du Prado par René Egger (paru dans «Marseille Informations» n°31, mars 1972 La circulaire interministérielle n°73-05 du 3 Janvier 1973 vise à réguler l’utilisation du domaine public maritime en dehors des ports de commerce et de pêche et vient réduire considérablement l’ambition du projet. Le parc balnéaire des plages du Prado n’est que le reliquat de cette ambition qui témoigne de l’ampleur du projet originel. De plus, elle marque le tournant de l’arrêt des grands projets entrepris sur la mer au XXe siècle. 68

Photo de l’exutoire des eaux usées dans l’anse de Cortiou

Photo d’un pêcheur sur une digue ©RG 69


LE PORT ET LA PLAGE DE LA POINTE ROUGE Plage de la Pointe Rouge Plages du Prado

Le quar tier de Pointe-Rouge, au sud du Prado, est situé à proximité immédiate des collines et calanques. Il tient son nom de la roche sédimentaire rouge-brun assez foncé caractéristique de son littoral d’origine. La plage de la Pointe-Rouge est une plage très populaire qui de plus, a le privilège d’être abritée les jours de Mistral. C’est une plage habitée par les cabanonniers, et occupée par des restaurateurs.

Photo d’un pêcheur sur une digue ©RG Le quar tier de la pointe rouge est une dernière centralité urbaine sur la direction du massif des calanques. Dans la continuité des plages de Prado, c’est un site essentiellement balnéaire avec une plage populaire et un port de plaisance. De plus, ce dernier propose plusieurs activités nautiques telles que la voile, la plongée, et le kayak. C’est le port de plaisance le plus important sur la rade sud de Marseille avec pas moins de 1800 anneaux. Il ajoute ainsi une dualité supplémentaire entre la rade nord dédié aux commerces maritimes et la rade sud dédiée aux activités balnéaires et touristiques.

Photo de l’entrée du port ©RG

Port de la Pointe Rouge

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LE PORT ET LA PLAGE DE LA POINTE ROUGE La plage est actuellement en cours de rénovation avec la création d’un nouveau cheminement piéton qui remplace des constructions légères sur la plage. Ce nouvel espace a pour but de requalifier l’espace piéton mais aussi mettre en application le règlement du littoral dans une démarche de revalorisation du bord de mer. En effet, cer taines constructions ont fait l’objet de démolition puisque celles-ci étaient situées sur le Domaine Public Maritime.

Rappelons que la loi du littoral autorise seulement l’installation d’éléments démontables. Cette plage est notamment marquée par la présence de cabanons Marseillais dans lesquels sont situées les cuisines des restaurants de plage. La ville a donc décidé de prévoir des terrasses aménagées pour les restaurateurs et de mettre en place des concessions. Au niveau de la voierie, un élargissement de l’espace piéton améliore la déambulation et offre une nouvelle esplanade avec vue sur la mer. Construit en 1968, le port établit un nouveau rapport environnemental avec la nature dont les enrochements réalisés par l’homme sont visibles depuis le large. L’accumulation de mâts et de bateaux en port à sec disposés sur racks viennent obstruer la vue sur le front de mer. Sa construction a engendré une forte évolution du trait de côte naturel avec une surface de 20ha conquise sur la mer.

Photo des bateaux sur racks ©RG

LARGE

D’abord port de pêche, ce rivage a connu la construction d’usines et d’habitations ouvrières au XIXe. Le quartier en conserve quelques belles bâtisses rénovées. Ce linéaire de littoral, retravaillé plus récemment à par tir de 2018, qui prend en compte l’accessibilité aux personnes à mobilités réduites, améliore le cadre de vie des Marseillais et renforce l’attractivité de l’espace balnéaire pour les touristes.

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Photo du projet ©MIRA architecte

PLAGE DE LA POINTE ROUGE

TISSU URBAIN

Zone piétonne Zone balnéaire

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Concession

Zone piétonne

Cabanons

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Piste cyclable

Voierie

Zone piétonne


UN LITTORAL NATUREL ET RESIDENTIEL

L’accès de ce bord de mer se fait difficilement avec seulement quelques escaliers parfois étroits qui permettent d’y accéder. De plus, il est impossible de longer le littoral en raison de son relief escarpé. Ces endroits sont des lieux presque cachés dans l’amas d’habitations que seuls les habitués connaissent. Néanmoins, il n’est pas rare de trouver une population importante sur ces lieux de baignades. En effet, ces anses naturelles composées de plages de sables, et protégées des vents dominants intéressent les habitants qui viennent profiter de la mer, du soleil pour se réunir entre amis, familles et habitués.

La plage de la Verrerie, plus connue sous le nom de plage de chez Dédé, située le plus au sud de ce tronçon est équipée de cabanons raccordés à l’eau et l’électricité comme la plage de la Pointe Rouge.

a fait état d’une opération de désamiantage afin de protéger l’environnement. Depuis cette démolition en 2013, la plage retrouve son état naturel dont les Marseillais peuvent prendre pleine possession.

Cependant, la démolition d’une partie d’une construction accueillant l’ancienne pizzeria « Chez Dédé » empiétant sur le Domaine Public Maritime a changé les usages à l’échelle du quartier. En effet, les habitants du quartier avaient pour habitude de se réunir entre voisins et amis les soirs d’été et partager un repas ensemble sur la plage. La démolition

Photo de la côte naturelle ©RG La rive du port de la pointe rouge jusqu’au por t de la Madrague de Montredon exprime un littoral naturel. Seuls quelques renforcements au mortier ont été réalisés pour permettre de contenir la côte sur laquelle sont construites des habitations. Le trait de côte n’évolue que par les lais et relais de la mer. En revanche, le paysage est marqué par la présence de la cheminée de l’ancienne usine de soude Legré Mante de la Madrague de Montredon qui a fermé en 2009 mais dont les 200 ans d’activité ont fortement pollué le site. Il subsiste encore le crassier de Montredon qui témoigne de ce passé industriel au sud.

Photo d’accès au rivage ©RG

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Photo de la plage de la Verrerie ©RG

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LE MASSIF DES CALANQUES leur propre succès. En effet, plus de 3 millions de visiteurs à terre et en mer s’y rendent tous les ans. Cela fragilise un écosystème déjà très sensible. Des interdictions d’accès par la route sont à l’étude pour limiter le nombre de véhicules présents sur le site. Le projet de bornes de vélo en libre-service aux Goudes a d’ailleurs été validé très récemment. Dès la fin du XIXe, l’association des excursionnistes marseillais développe déjà l’attraction touristique des calanques. Le téléscaphe de Marseille – Callelongue, inauguré le 1er Juillet 1967 a été un succès immédiat avec plus de 30 000 passagers transportés en 1 an et demi. Il permettait de visiter les fonds marins par 10 mètres de profondeur dans une cabine étanche sur 900 mètres de distance. Malheureusement, une tempête a complètement détruit les installations et le téléphérique sous-marin s’est vu arrêté. Aujourd’hui, seules quelques pièces rouillées sont la trace de cette fabuleuse invention.

Photo de l’ancienne usine de l’Escalette ©RG

habitants. Différentes associations telles que Naturoscope, Planète mer, Educalanques ou encore Clean My Calanques tentent de sensibiliser le plus grand nombre en organisant des évènements et des actions ludiques autour de la protection de l’environnement. La classification en tant que Parc National n’intervient qu’en 2012. Il s’étend sur 8 500 ha de terre et 43 500 ha de cœur marin répartis sur 3 communes : Marseille, Cassis et La Ciotat. C’est le premier parc national, terrestre, marin, et périurbain d’Europe. La préservation de ce site représente un enjeu majeur pour l’environnement mais aussi pour la patrimonalisation. Plusieurs grottes et traces archéologiques rares ont été découvertes et marquent le passage de l’homme sur le littoral qui daterait de la préhistoire.

Photo de l’espace naturel des Calanques ©RG Les rochers et les falaises abruptes constituent le littoral sur la partie sud de la ville. L’intervention de l’homme n’est que très peu visible sur ce secteur protégé au titre des sites classés depuis 1975. Abritant une vingtaine d’usines entre le XIXe et le XXe siècle, la côte sud de Marseille, de Saména à Callelongue est un lieu contaminé par les métaux lourds provenant de cette activité passée. Ces stigmates produisent une menace importante à la préservation de l’environnement mais aussi à la santé des

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Les calanques de Marseille sont très reconnaissables grâce à leurs falaises de calcaires. Le massif des calanques de Marseille constitue la limite de l’urbanisation de la ville. Des constructions précaires existent dans le Parc National, on les appelle des cabanons. Ils expriment un art de vivre. Ils servaient à l’origine d’abris pour les agriculteurs, chasseurs, ou pécheurs et étaient pour la plupart fabriqués grâce à des matériaux de récupération. Le cabanon n’appartient qu’à une seule famille et se transmet de génération en génération. Aujourd’hui, les heureux propriétaires de ces cabanons tendent à les rendre plus contemporains avec un confort de vie plus actuel tout en gardant l’esprit des anciennes générations qui venaient là pour se couper de la ville. La pêche est encore très présente à l’image du port des Goudes ou de la Baie des Singes. Promeneurs, randonneurs, grimpeurs, pêcheurs et plongeurs sont les principaux usagers de ce site extraordinaire qui offre une multitude d’activités possibles. Fort de son attractivité, les calanques sont victimes de

Ancienne photo du Téléscaphe de Callelongue datant de 1967 77


CONCLUSION L’approche par le littoral Marseillais permet d’appréhender toute la complexité d’une ville côtière, de la 2ème ville de France aux paysages multiples et variés. Depuis le large, l’observation de la côte du Fortin de Corbières jusqu’aux Calanques impressionne par sa longueur et la présence de plusieurs infrastructures dédiées à des mobilités multiples qui jalonnent le littoral. Le viaduc de Corbières, la passerelle autoroutière et le viaduc du Vallon des Auffes viennent rythmer le paysage. Cette circulation forme un cordon qui marque en par tie le trait de côte d’origine entre mer et ville. Cependant, depuis la terre, la côte est en réalité moins proche, très souvent éloignée de plusieurs centaines de mètres par des surfaces gagnées sur la mer, avec des infrastructures por tuaires pour la rade Nord, et des équipements balnéaires et ports de plaisance pour la rade Sud. Cette artificialisation est très présente dans la baie de Marseille puisqu’elle ne représente pas loin de 1020 hectares gagnés sur la mer et près de 30% de son linéaire de littoral initial, et modifie considérablement le trait de côte originel, le paysage côtier, et les usages spécifiques. Le littoral marseillais peut se décomposer en trois segments, la rade nord, la rade sud et les Calanques. L’artificialisation du Grand Port Maritime dans toute la rade nord coupe l’accessibilité directe à la mer à ses habitants tandis que les aménagements de la rade Sud leur offrent 78

un espace dédié, aux activités balnéaires et nautiques. L’espace immédiat naturel et sauvage des Calanques rompt totalement avec le tissu urbain et s’oppose à toute artificialisation avec l’avènement du Parc National des Calanques. Finalement, ce littoral sans artifice se suffit à lui-même et représente une attractivité très importante.

authentique et pittoresque de Marseille, un lieu d’expression de la culture Marseillaise. Si la ville a subi de larges transformations au XIXe et début XXe siècle, les aménagements récents de ces cinquante dernières années sont tout autant majeurs et revalorisent particulièrement le front de mer, tout en favorisant le cadre de vie de ses habitants.

Depuis la côte, l’approche de la ville nous invite à prendre rapidement conscience que Marseille souhaite avant tout valoriser les ressources que lui offre ce littoral marin exceptionnel. Une ressource économique que Marseille exploite par son Grand Por t Maritime, et par sa pêche et ses exploitations de pisciculture à petite échelle. Par ailleurs, son tourisme et son port de croisières, ses loisirs balnéaires, nautiques et de plaisance représentent également une manne économique très conséquente. Son territoire lui offre également des retombées touristiques tirant par tie de ressources écologique et paysagère avec la présence des Calanques et dont le défi est contribuer à la préservation de cet environnement situé en périphérie de la ville. On comprend alors mieux que ces enjeux sont moteurs dans les modifications apportées au trait de côte dont l’origine est souvent impossible à resituer à l’œil nu tant les bouleversements ont modifié les panoramas. Dans la rade Nord, les bateaux, comme de réels bâtiments maritimes, font désormais partie intégrante du paysage, tout comme les grues et les containers. En amont des plages de la rade sud, le Vallon des Auffes et Malmousque offrent un paysage coloré plus

En s’appuyant sur les infrastructures existantes autrefois dédiées aux activités portuaires et en réhabilitant le patrimoine, la ville de Marseille réussit un double exploit : étendre son centre-ville en proposant de nouveaux équipements culturels que son tissu urbain actuel n’aurait pu accueillir et redéfinir les espaces publics de la ville en lien avec la mer et la culture, grâce à la mise en valeur de son front de mer. C’est également l’opportunité d’un pouvoir de communication qui s’ouvre au-delà des frontières. Le MuCEM, nouvel équipement emblématique de la cité de la Méditerranée, se détache dans le paysage et appor te une toute nouvelle relation à la ville, matérialisée par la nouvelle déambulation piétonnière des passerelles qui assurent la continuité du parcours urbain redonnant à la vieille ville sa relation au rivage.

et de préservation d’un rivage naturel. L’urbanisation du littoral est un réel enjeu environnemental qui mérite d’être envisagé globalement dans un concept de durabilité. Il s’agit de protéger les écosystèmes, mais aussi d’assurer le développement social et économique de la métropole. Maintenir les efforts sur la réduction des rejets et réduire la pollution liée au trafic maritime pour préserver le littoral et la biodiversité marine sont les défis de prospérité de Marseille auxquels s’ajoutent le fait que le littoral naturel est par essence mouvant et sensible à l’érosion et que Marseille devra faire face à la montée des eaux estimée de 30 cm à 1 mètre d’ici 2100. Valoriser le littoral sans bétonner, optimiser la gestion des ports, patrimonialiser les ouvrages historiques, améliorer l’accessibilité du rivage pour tous et concevoir des aménagements durables et éco-responsables … sont autant d’ambitions que Marseille doit relever pour façonner un littoral urbain attractif, dans une notion de bien commun, où les Marseillais pourront exprimer leur sentiment d’appar tenance du lieu. Aussi, alors qu’en 2024, la rade sud devrait accueillir les épreuves de voile des Jeux Olympiques, se traduisant dans des aménagements paraissant essentiels pour favoriser le tourisme et l’économie, nous nous interrogeons sur le risque de nuisances et de tensions que ces infrastructures pourraient représenter pour les habitants, au-delà de l’effervescence pour l’évènement.

A la fin du XXe siècle, la prise de conscience de la fragilité de notre environnement, et la définition de plusieurs réglementations viennent encadrer les projets, tels la loi du littoral votée en janvier 1986 qui oblige à concilier les activités humaines et la préservation des zones fragiles en appliquant les principes de continuité urbaine 79


BIBLIOGRAPHIES

ARTICLES

OUVRAGES

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- La république Marseille : Les quais par Denis Gheerbrant publié par 2ditions Montparnasse, 2010, 46min - Corniche Kennedy publié par On ira loin réalisé par Cabrera, Dominique, 2017, 2h34min

- Catherine d’Ortoli et Catherine DureuilBouracheau, Marseille monuments publié par Parenthèses, 2019 81

- Mémoires de Marseille publié par Gérard Paroldi réalisé par Renaud Delourme, 2005, 1h42min


VIDEOS

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- L’incroyable histoire du téléscaphe de Marseille sur YouTube publiée par France 3 Paca en 2020, 3min (https://www.youtube.com/watch?v=6OYYVD02Pc&ab_channel=France3Provence-AlpesC%C3%B4ted%27Azur) - série de Les Docks History sur YouTube publiée par Les Docks villages en 2021, 10 vidéos de 1min (https:// www.youtube.com/watch?v=XcEnauDZdig&ab_ channel=LesDocksVillage) - Le développement du port de Marseille 1840-1940, Musée d’histoire de Marseille sur YouTube publiée par Musées de Marseille en 2020, 4min (https:// www.youtube.com/watch?v=ufWTpnPtdiA&ab_ channel=Mus%C3%A9esdeMarseille) - Marseille : un nouveau pont transbordeur sur le VieuxPort ? sur YouTube par LCM en 2013, 2min (https://www. youtube.com/watch?v=iWbaEHC_KUg&t=13s&ab_ channel=LCM) - Marseille : l’histoire des Catalans sur YouTube par LCM en 2011, 2min (https://www.youtube.com/ watch?v=KRm9H vp71p4&ab_channel=LCM)

PROJET DE FIN D’ÉTUDES - Jérôme Delbes, La corniche au bord de l’eau : étude sur l’aménagement du littoral à Marseille publié par L’ENSAM, 2007 - Elena Jimenez, Port et ville : territoire d’hybridation publié par l’ENSAM, 2016 - Yvann Pluskwa, Habiter la mer/ habiter la ville : Marseille littoral Sud, des quais Rive-Neuve à la Pointe Rouge, de quelle manière s’adresser à la mer ? publié par L’ENSA Paris-Malaquais, 2006

- Marseille et sa fameuse digue du large sur YouTube par France 3 Paca en 2012, 2min (https:// www.youtube.com/watch?v=rYCB3Tw32fw&ab_ channel=France3Provence-AlpesC%C3%B4ted%27Azur)

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L'appropriation du littoral Marseillais - Mémoire by remyarchitect - Issuu