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The Red Bulletin FR 03/26

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FRANCE JUIN 2026

HORS DU COMMUN

En mode vitesse avec REMCO EVENEPOEL, photographié à Munich pour The Red Bulletin.

Votre magazine offert chaque mois avec

LE RÊVE COMMUN DE REMCO EVENEPOEL ET FLORIAN LIPOWITZ : GAGNER UN GRAND TOUR AVEC LA RED BULL - BORA – HANSGROHE


THE COOLER BRAND


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ÉDITO ET CONTRIBUTIONS

Fifou « Pour le shooting inspiré des codes de la Renaissance et du Caravage, la set designeuse Yasmine Benslim a apporté une richesse visuelle à l’ensemble. Sofiane Pamart, quant à lui, s’est énormément investi », confie le photographe. Page 38

Andy Parant

SHAMIL TANNA (COUVERTURE REMCO EVENEPOEL), FIFOU (COUVERTURE SOFIANE PAMART)

« C’est toujours un plaisir de travailler avec des athlètes comme Matthias Dandois. Même au cœur de la nuit glaciale, pour une aurore boréale, il envoie le trick, tombe s’il faut, et recommence jusqu’à obtenir l’image parfaite. » Page 87

Justin Hynes En vingt ans d’expérience dans le paddock, le rédacteur britannique Justin Hynes a vu passer nombre de rookies, mais la singularité d’Arvid Lindblad l’a marqué : « Il a le potentiel pour accomplir des choses exceptionnelles. » Page 64

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eux couvertures, un même souffle. Remco Evenepoel est à l’honneur de la première, avec, à ses côtés au sein du magazine, Florian Lipowitz et l’équipe Red!Bull – BORA – hansgrohe, pour un plongeon au cœur de ce que le cyclisme a de meilleur à offrir. Offerte avec Tsugi et Society, une édition exceptionnelle célèbre Sofiane Pamart, piano-artisan à l’album au casting international et XXL, en route vers le Stade de France en 2027. Né à Hellemmes, près de Lille et la frontière belge, pays de Remco, il trace un parallèle inattendu : une quête d’excellence venue du Nord. Bonne lecture !

THE RED BULLETIN


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CONTENUS Voici un jeune pilote anglais de Formule 1 de 18 ans, heureux d’être là où il se trouve.

Football

Quand l’élite se challenge

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Neymar Jr., Depay, Nico Williams, Richard Ríos et Alphonso Davies. Rien que ça!! Musique

Chassol, 60 c’est du sérieux!!

64 Galerie Playlist Technologie

Cyclisme

Deux fois plus forts

Inspiration

Heïdi Gaugain

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Julian Alaphilippe

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Rien ne la freinera

Tout donner, toujours

Camille Yembe Suivez cette voix!!

Formule 1

Remco Evenepoel et Florian Lipowitz, deux vibes, un seul objectif!: un Tour de France magique. Culture

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Dans un film de Pamart Avec son dernier album au casting international, c’est le monde que Sofiane veut s’offrir.

THE RED BULLETIN

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Arvid Lindblad 64 fait le grand saut Il y a quelques années, il squattait le parking d’un karting. L’Anglais bataille désormais avec ses idoles. Portfolio

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À la genèse du 74 hip-hop français L’essence du mouvement en Seine-Saint-Denis dans l’œil de Willy Vainqueur. 87 92 94 96 98

Voyage Motivation Carburant mental Ours First Move

ELLIOT MORGAN

6 12 14

L’ovni de la scène français honore le stand-up US de son génie créatif.


A A A A

REN D EZ-VOUS SUR

A

A


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Luz Ardiden, France

Chassé-croisé Dans les Hautes-Pyrénées, Red Bull a orchestré un duel inédit entre deux icônes du vélo : Tom Pidcock, prodige britannique, double champion du monde de XCO et double champion olympique, et le Français Loïc Bruni, quintuple roi de la descente mondiale en VTT. Sur la même montagne, Bruni dévale à fond en mode DH tandis que Pidcock défie la gravité sur route dans un face-à-face spectaculaire, illustré par ce road gap costaud. redbull.com THE RED BULLETIN


WIDEN PRODUCTION/HUGO SCHLEICHER

HANS HAMMER

GALERIE 7

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Bisha, Arabie saoudite

Effet de sable

Cette année, le rallye de Dakar a adopté un thème original: le corps humain. Voici Mattias Ekström et Emil Bergkvist de Ford Racing ainsi que Benyang Xu et Lei Tian de JJ Sport lors de la 10e étape, « l’oreille interne ». Après une conduite délicate dans l’intestin grêle lors d’une étape ultérieure, les deux duos ont terminé respectivement à la troisième et à la quarantième place au classement général. Tout cela est bien sûr inventé. Sauf les parties vraies. dakar.com THE RED BULLETIN


GALERIE

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Palmer, Alaska

Faisceaux lumineux

FLORENT GOODEN/DPPI/RED BULL CONTENT POOL, KIEN QUAN/RED BULL CONTENT POOL

DAVYDD CHONG

En mars dernier, Jeff Provenzano du Red Bull Air Force Team a réalisé deux exploits en un seul saut : conclure sa tournée des 50 États américains et signer la première descente photographiée sous une aurore boréale. Face à ce double spectacle, les photographes Kien Quan et Michael Clark ont misé sur des poses longues et une lumière minimale pour capturer l’instant. redbull.com

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Tavarua, îles Fidji

En Marks!! Dans le surf de compétition, Caroline Marks est un véritable titan. De sa victoire chez les moins de 12 ans aux USA à son titre de championne de la WSL (2023), puis sa médaille d’or aux Jeux de 2024, elle a tracé une route assurée vers le sommet. Aujourd’hui, cette surfeuse goofy de 24 ans originaire de Floride – photographiée lors des finales Lexus WSL en septembre 2025 – est pressentie pour de nouveaux exploits lors des JO à domicile en 2028. Restez concentrés sur elle. redbull.com THE RED BULLETIN


WORLD SURF LEAGUE/RED BULL CONTENT POOL

DAVYDD CHONG

GALERIE 11

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PLAYLIST

Lakecia Benjamin

Tension

Quatre albums qui montrent comment la fusion bouscule les frontières et maintient le jazz en état de friction permanente. Il y a les disques qui s’écoutent. Et puis ceux qui déplacent l’axe du monde durablement. Le jazz fusion appartient à cette catégorie : une musique qui n’a jamais demandé la permission et qui, depuis, contamine tout. C’est un catalyseur discret glissé dans le rock, le hip-hop, la techno, la pop. Un virus élégant qui transforme sans bruit. Avec We Dream, la saxophoniste new-yorkaise Lakecia Benjamin prolonge cette circulation des énergies. Entourée de Hiromi et Chris Potter, elle signe un projet tendu, vivant, sans nostalgie. Ici, la fusion n’est pas un style mais une friction : groove, improvisation, respirations. Car la fusion n’est pas qu’une affaire de sons, mais de collisions. Des musiciens qui ne parlent pas la même langue, mais jouent quand même et assument les étincelles. Résultat : une musique hybride, mouvante, parfois désordonnée, donc vivante. La playlist qui suit s’inscrit dans cette logique : le jazz ne survit pas en se conservant, mais en se mélangeant. Écouter We Dream, Artwork Records/ [PIAS], le nouvel album de Lakecia Benjamin.

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Meshell Ndegeocello

The Omnichord Real Book (2023) « Meshell emmène le jazz fusion vers quelque chose de beaucoup plus introspectif et personnel. Cet album semble calme, profond et intentionnel, comme si vous étiez assis à l’intérieur de ses pensées. Meshell donne à l’ensemble de l’album une atmosphère narrative comme pour la télévision ou le cinéma. Les sons ambiants et le jazz se mélangent. »

Hiromi Uehara

Sonicwonderland (2023) « Hiromi apporte une énergie folle qui rend l’écoute excitante. Elle est incroyablement talentueuse, mais cela ne semble jamais rigide ni trop sérieux. Cet album mélange le jazz avec le rock, la musique classique et le funk comme une BO. C’est ludique, tout en étant musicalement très précis. Cela rappelle que la fusion peut être à la fois complexe et agréable. Hiromi ne fait aucun compromis avec son jeu. »

Kassa Overall

Cream (2025) « La plupart des artistes parlent de l’influence du jazz sur le hip-hop, surtout dans les années 90. Sur Cream, Kassa introduit l’idée que le hip-hop influence la nouvelle génération de musiciens de jazz, indéniablement. On entend des batteries live mélangées à des beats, des boucles et une production qui sonnent très actuelles. Le fait qu’il soit à la fois batteur, MC et producteur se ressent vraiment. »

MARIE-MAXIME DRICOT

The Heart, The Mind, And The Soul (2024) « Tarriona fait avancer le jazz fusion dans un espace où il est question de narration et où l’on ressent chaque chose en temps réel. Cet album mélange le spoken word, le funk, la soul et le jazz d’une manière authentique. Au lieu de se concentrer sur les solos ou la démonstration technique, ils construisent leurs morceaux autour de l’émotion, des personnages et des énergies. »

ELIZABETH LEITZELL

Tank and the Bangas


Énergie positive

Le futur en marche Pour l’ingénieur en design industriel Laurence Kemball-Cook, l’avenir de l’énergie durable se trouve juste sous nos pieds. Son succès a commencé par un échec. En 2008, diplômé de l’Université de Loughborough, l’ingénieur en design industriel se voit offrir l’opportunité de sa vie : un mandat de la part du géant de l’énergie E.ON pour imaginer « l’avenir de l’éclairage public durable ». « J’ai envisagé l’énergie solaire et l’énergie éolienne, déclare cet homme de 40 ans, mais j’ai vite réalisé que le soleil ne brille pas assez dans les zones urbaines denses, et qu’il n’y a pas beaucoup de vent. J’ai échoué, ils m’ont licencié. » « Honteux, je continuais à réfléchir à l’énergie propre dans les villes, se souvient-il. Puis j’ai eu une révélation : quelle est la seule source d’énergie inépuisable que toutes les villes possèdent en abondance ? Les jeunes. » L’idée évolue. « J’ai imaginé ces machines de fête foraine où l’on frappe avec un maillet. Et je me suis dit : “Pourquoi ne pas créer une dalle de sol sur laquelle on marche et qui génère ainsi de l’énergie.” » THE RED BULLETIN

De haut en bas : la dalle de Pavegen en action ; les dessous de l’affaire ; Laurence Kemball-Cook.

Kemball-Cook s’est retiré dans sa chambre et a créé un prototype en utilisant du bois, du ruban adhésif et de la Patafix. « Ça craquait quand on marchait dessus. Ce n’était pas très rassurant, mais ça a alimenté une lampe pendant cinq secondes. » Il tenait quelque chose – mais en faire un business ? « Personne ne voulait investir parce que je n’avais pas de revenus, et personne ne voulait acheter parce que je n’avais pas de produit fini. L’impasse. »

Alors, il tente le tout pour le tout. À 2 heures du matin, un mardi de 2010, armé d’un prototype et d’une pioche, il a escaladé une clôture sur un chantier du Southbank à Londres. « Je faisais du ciment en pleine nuit, en essayant de ne pas me faire prendre, achetant des bouteilles d’eau dans une épicerie de quartier pour faire le mélange. » À 6 heures, il avait installé une dalle fonctionnelle et un lampadaire – puis il a disparu. « J’ai posté une photo en ligne avec la légende : “Le futur de l’énergie est là.” À midi, le groupe de distribution Westfield a appelé : “Nous avons vu votre lampadaire. Nous aimerions en acheter un.” » 350 000 livres sont versées le lendemain sur le compte bancaire de Kemball-Cook. À partir de là, il a perfectionné la technologie, remplaçant le « craquement » par un volant d’inertie interne sophistiqué qui convertit l’énergie de rotation en électricité, laquelle peut être utilisée pour fournir des lampes ou des panneaux d’affichage, ou bien stockée dans des batteries portables. Aujourd’hui, son entreprise, Pavegen, est présente dans plus de 45 pays, du parc national de Yosemite aux centres de transport de Hong Kong. Parmi les projets réalisés figurent un terrain de foot cinétique dans une favela de Rio, et une installation qui a converti en énergie pour une école les pas de 37 000 coureurs du marathon de Paris. La mission de Laurence Kemball-Cook est désormais de commercialiser la technologie et de la proposer au même prix que les revêtements de sol standards. Il poursuit la vision d’un monde où une simple présence humaine contribue à la santé de la planète. « Alimenter les plus grands clubs de Las Vegas ou des lampes pour permettre aux enfants de lire la nuit, l’objectif est de rendre le monde plus vert, un pas à la fois. » pavegen.com

MATT BLAKE

TECHNOLOGIE

PAVEGEN

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INSPIRATION

Championne intégrale

Pas un désavantage, naître sans avantbras gauche a permis à Heïdi Gaugain de développer une incroyable capacité d’adaptation et d’être une pionnière. Texte Patricia Oudit Photo Chanel

L’an dernier, elle remportait le Red Bull Cycling Survivor chez les femmes (voir notre encadré). Heïdi Gaugain, coureuse cycliste de 21 ans, l’une des rares championnes à évoluer au plus haut niveau chez les paracyclistes comme chez les valides, est une pionnière. En 2022, elle ouvrait le champ des possibles en devenant la première athlète handisport à être sacrée championne du monde junior chez les valides, en poursuite par équipes et course aux points. En 2023, la jeune femme originaire de Laval était désignée championne des championnes para France par L’Équipe, avant d’être triple médaillée d’argent aux JO 2024. Aujourd’hui, elle est aussi l’unique para-athlète à être égérie pour la marque de luxe Chanel. Retour sur un parcours atypique. the red bulletin : Comment est née votre passion pour le vélo ? heïdi ,-u,-in : Mon père est président du club de Saint-Georges-sur-Erve, en Mayenne, qu’il a créé peu avant ma naissance. Il m’a mise au vélo en 2015 avec mes deux sœurs. Tous les mercredis, les enfants du village se rejoignaient au club pour rouler, c’était trop bien ! Racontez-nous vos débuts, très DIY… J’avais une prothèse dans la vie quotidienne avec une main, mais comme elle n’était pas adaptée au vélo, on l’attachait avec du scotch autour du cintre. Du pur bricolage ! C’était même un peu dangereux en cas de chutes d’être collée au guidon. Quand on faisait du cyclo-cross, ma prothèse partait dans tous les sens, mais bon, on en a bien rigolé. J’ai roulé un an comme ça avant d’avoir une vraie prothèse adaptée. THE RED BULLETIN

Vous avez débuté avec les valides. Comment ça s’est passé ? Quand j’ai commencé la compétition, je ne connaissais ni le para et personne avec un handicap dans mon sport. J’étais juste une concurrente normale à battre. Plus tard, quand j’ai intégré l’équipe de France valide, mes camarades étaient intriguées, elles me posaient des questions pour savoir comment ça marchait, mais c’était toujours très positif. Mon handicap m’a toujours permis de m’adapter, n’a jamais été un frein. Au contraire, ça m’a aidée à développer des stratégies de course. Racontez-nous votre première confrontation avec les paracyclistes… C’était en 2019 aux championnats de France. C’était assez nouveau pour moi car, par manque d’athlètes, tout le monde court en même temps, hommes, femmes, tous types de handicaps. C’est parti très vite et je me suis retrouvée toute seule entre les différents pelotons, je n’étais pas habituée. C’est assez déstabilisant, car on court contre des athlètes avec des handicaps beaucoup plus lourds et pénalisants que le sien. J’espère qu’un jour, on pourra avoir des catégories pour tout le monde. Vous êtes très peu à performer en valide et para. Comment gérez-vous ? C’est compliqué car en plus je fais de la route et de la piste ! Il y a des événements qui se chevauchent, donc j’ai arrêté la piste. Pour ce qui est para/valide, je décide en fonction de l’intérêt des courses et du calendrier. Celui du para est très peu fourni, alors qu’en valide, on a des courses tous les week-ends, de février à octobre. Je n’ai jamais pensé arrêter le para au profit des valides et inversement. Les deux font partie de moi.

Quand vous êtes-vous mise à la piste ? Tard, en 2021. En Mayenne on n’avait pas de piste, j’ai débuté en intégrant le pôle France car en paracyclisme cette discipline est bien développée. C’est même un passage obligé si on veut participer aux JO. Pour ceux de Paris, on s’est tellement préparées physiquement et mentalement… L’année des JO, on était sur la piste de Roubaix une semaine sur deux. Intense ! Je pense que c’est grâce à cela que j’ai pu remporter une médaille d’argent en poursuite individuelle C5 (aux JO de Paris, elle a remporté deux autres médailles sur route : celle du contre-la-montre C5 et de la course en ligne C4-5, ndlr). Pour 2028, vous avez des ambitions ? Maintenant que je me suis remise à la route avec mon équipe Breizh Ladies, j’ai plus un objectif Tour de France qu’olympique. J’aimerais bien performer sur des championnats du monde. Être polyvalente comme Pauline Ferrand-Prévot, qui est une grande source d’inspiration pour moi. C’est tellement énorme d’être aussi forte partout que ce soit en VTT, sur route. C’est la GOAT du cyclisme ! Vous avez été désignée égérie Chanel. Une première pour une athlète para… Je suis tellement reconnaissante d’intégrer ce monde du luxe et de la mode qui est très éloigné de moi à la base, qui m’intéressait, mais timidement, et où je ne me sentais pas légitime. Et quand j’ai compris que ma personnalité, plus que mon handicap, avait primé dans ce choix, j’avoue que j’ai trouvé ça trop beau ! IG : @heidigaugain

Événement Red Bull Cycling Survivor est une course sur route conçue pour mettre à l’épreuve différents profils de cyclistes amateurs (puncheur, grimpeur, rouleur, etc.) dans les mêmes conditions que les professionnels. Ouvert à 300 personnes, sur une journée, il vise à révéler le coureur le plus complet sur un format à élimination. Le 26 sept., la course se déroulera à nouveau sur les routes semi-fermées des volcans d’Auvergne et sur le circuit de Charade (63). redbull.com


« Para ou valide, je n’ai jamais voulu choisir, les deux font partie de moi. » Soutenue par Mavic ou encore Chanel, la cycliste Heïdi Gaugain a remporté le Red Bull Cycling Survivor en 2025.

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INSPIRATION

En intégrant Tudor Pro Cycling en 2024, le champion Julian Alaphilippe entendait tout donner, avec panache. Comme il l’a toujours fait. Et le fera toujours. Texte Patricia Oudit

À 34 ans, le double champion du monde a marqué de son empreinte de puncher le cyclisme mondial. Son palmarès ? Long comme une classique ardennaise dont il s’est fait le spécialiste, avec entre autres trois Flèche Wallonne à son actif, sans oublier six victoires d’étapes sur le Tour de France. Après une décennie passée chez Quick-Step, changement de braquet : en avril 2024 Julian Alaphilippe débarquait chez Tudor. Après deux saisons, le plaisir est bien là, malgré une entame altérée par un mauvais virus. the red bu((et)n : Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ? ju(),n ,(,-h)()--e : Il y a juste un rythme à retrouver. J’ai manqué une campagne de début de saison importante que sont les classiques ardennaises. Il faut être résilient, récupérer pour la suite du programme, en vue du Tour. Qu’est-ce qui vous a séduit et motivé à rejoindre Tudor Pro Cycling ? Dans mon ancienne équipe, tout était très axé sur les classiques, encore plus avec l’arrivée de Remco Evenepoel, ce sont des courses qui me plaisent énormément, mais il n’y avait pas forcément toute la mise en place pour le Tour de France. Et puis, j’étais arrivé à un tournant dans ma carrière où j’avais envie de voir autre chose, de faire partie d’un projet en train de grandir, ambitieux et solide. On se reconfigure facilement ? Le plus gros changement a été de m’adapter au changement de matériel. Pour le reste, intégrer cette équipe est un plaisir. Je n’ai pas eu la sensation de me réinventer : je n’ai cessé de me professionnaliser chaque année, et là, même si je peine un THE RED BULLETIN

Courses cultes « Mon premier Tour de France en 2016 : je revêts le maillot blanc (meilleur jeune, ndlr) et gagne cette expérience des podiums, des médias… En 2018, ma première victoire sur la Flèche Wallonne, un vrai déclencheur qui m’a donné confiance. Bien sûr, mon premier titre de champion du monde en 2020, j’en rêvais depuis mes débuts en pro. »

peu plus à avoir le même rendement, j’ai la liberté de pratiquer le vélo que j’aime. Avoir Fabian Cancellara, énorme champion, comme boss, ça fait quoi ? J’ai été agréablement surpris. Il est très investi, et ouvert à l’échange. Il sait à quel point c’est important d’être bien dans sa tête pour performer. C’est une chance. Vous dites vouloir être utile aux jeunes de votre team : quelles erreurs pourriez-vous leur éviter ? Les jeunes d’aujourd’hui sont beaucoup plus pros que je ne l’étais à mes débuts : à leur âge, je terminais tout juste mon apprentissage. Il y a un tel niveau, avec tellement d’engagement et de sacrifices... Il faut être vite au top. Là où je peux les aider, c’est dans les petites choses comme le placement en course, le temps de récupération, chasser les idées néfastes… Parfois, c’est juste un petit mot dans le bus avant le départ. Mais je suis juste un genre de grand frère, pas un professeur ! Comment vit-on le spirit Tudor, et leur slogan, born to dare (né pour oser) ?

Comment faites-vous pour rester motivé après des années de courses ? Le travail et le talent ne font pas tout… La grinta est indispensable, c’est ce qui fait la différence. Tout le monde en bave, s’entraîne dur, fait des sacrifices, le niveau n’a jamais été aussi élevé, alors, il faut aller chercher ce qu’on a dans le cœur, dans la tête. Y croire, avoir plus qu’envie, et ce supplément d’orgueil qui fait dire : j’en ai rêvé, c’est aujourd’hui. Et si ça ne passe pas ? La résilience intervient. Course après course, j’ai toujours remis les compteurs à zéro, que ça aille bien ou mal. Si dans le vélo, on commence à se satisfaire quand tout va bien, on n’existe rapidement plus. Comment composer avec un peloton où sévit Pogačar et explose Seixas ? On ne compose pas ! On voit bien qu’il y a des coureurs qui sont au-dessus. Mais on reste toujours concentrés sur nos objectifs. Comparer, ça fait juste perdre une énergie énorme. J’essaie de montrer ça aux jeunes : rester focus, travailler pour arriver confiant, et ne pas avoir de regrets car on aura donné le meilleur de soi. Vous avez ouvert une voie ? Je ne sais pas, mais ça me fait chaud au cœur d’entendre des jeunes coureurs me dire qu’ils ont été inspirés de me voir en jaune sur le Tour de France, qu’ils ont rêvé grâce à ça de devenir cyclistes pros. Vos ambitions pour le Tour 2026 ? On peut rêver d’exploits, d’échappées, de victoires. Mais ce que je veux avant tout, c’est être le meilleur Julian dont je suis capable. IG : @tudorprocycling TUDOR PRO CYCLING

Le meilleur de lui-même

J’ai un bon exemple de stratégie gagnante, l’an dernier au Grand Prix de Québec (sa première victoire chez Tudor Pro Cycling, ndlr). On a pris la course en main dès le départ. L’équipe était super motivée et a fait un grand travail jusqu’à la micourse où l’on a commencé à subir beaucoup d’attaques. J’ai pris le risque de ne pas collaborer dans les échappées, et d’attaquer au bon moment.


« J’ai la liberté de pratiquer le vélo que j’aime. » Julian Alaphilippe à propos de son évolution au sein de l’équipe Tudor Pro Cycling.

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INSPIRATION

Nouvelle étoile

Avec Jeune & Laide, Camille Yembe livre un album intime du début à la fin, imposant ainsi son récit et sa voix dans la pop francophone. Texte Ouafae Mameche Photo Marta Petraccone

Ce qui est beau dans les passions, c’est qu’elles naissent de petits riens et s’installent dans le quotidien sans qu’on y prête attention. Comme la musique dans la vie de Camille Yembe. Elle est arrivée d’abord par le corps, lorsque la petite fille dansait avec sa mère. Puis par les yeux quand, scotchée devant les télécrochets, elle se fascinait pour celles et ceux qui tentaient de devenir des stars. Touchée en plein cœur, son rêve commence alors à prendre forme au fond de ses tripes.

Un rêve d’enfant

Enfant de sa génération, Camille écoute ce qui se fait de populaire (Rihanna, Amel Bent, Diam’s) avant de s’intéresser à des choses plus pointues (Radiohead). À 16 ans, elle s’offre un ukulélé avec son premier salaire, « l’instrument le moins cher », et apprend à en jouer seule, dans un rapport presque clandestin à la création. S’ensuivent la guitare et un peu de piano pour compléter sa formation musicale autodidacte. « Le fait que je sois inspirée autant par le rap que le rock fait que je trouve cette liberté dans la pop aujourd’hui, où je peux m’essayer à plein de choses », explique-t-elle. En 2015, Camille fait la connaissance du rappeur Gandhi, à qui elle envoie une vidéo, « comme une bouteille à la mer », poussée par son envie de réussite. Il aime sa voix, lui propose de collaborer sur un titre et devient son manager. Cette rencontre est importante car elle crée chez elle le déclic pour l’écriture : « En lui racontant mon parcours, il est étonné que je n’écrive pas mes propres chansons. Il m’a donc poussée à le faire. Ça a été comme l’autorisation qui me manquait », se souvient la chanteuse. Celle qui ne savait même pas qu’elle pouvait écrire est devenue une parolière hors pair pour d’autres interprètes. « J’ai trouvé ma patte assez rapidement, c’est comme si j’avais emmagasiné plein de choses qui ne demandaient qu’à sortir ». THE RED BULLETIN

Focus

Réussir un bon show selon Camille : penser chaque mot lors de l’interprétation de ses textes, regarder les visages de son audience, prendre conscience de sa chance. Pour résumer : être connectée et vivre l’instant présent.

Stéfi Celma, Tiakola et Eva ont chanté ses textes issus d’une écriture qu’elle qualifie de « brute », « simple » et « immédiate ». Camille ajoute : « J’utilise peu de paraboles, ce n’est pas forcément une poésie lointaine, c’est très ancré dans le réel, on me comprend très vite. » Cette plume directe a permis à la Belge de toucher rapidement un public avec son premier single Plastique. Sorti en 2024, il est la première pierre à l’édifice de la carrière de Camille Yembe en son nom propre. « Ce sont les embûches de la vie qui ont fait que je ne me suis jamais lancée concrètement, j’habitais déjà seule donc je devais bosser. » Même si sa stabilité économique durement arrachée lui était essentielle, elle se donne enfin la chance de réaliser son rêve.

Réparer le passé

L’idée d’un premier album survient après la rencontre avec son public. Voir des personnes touchées par ses chansons, partager avec elles des histoires communes, fut une évidence. Elle annonce le soir à son manager : « Mon album va parler de ma vie mais de manière très intime et impudique, il faut vraiment que je me raconte profondément ». C’est ainsi qu’est né Jeune & Laide, un album dont le titre ne fait pas référence au rapport au physique. En réalité, il contrebalance la légèreté associée habituellement à la jeunesse, car celle de Camille a été « plus rude et cabossée ».

« Tout est guidé par ce qui s’est passé dans ma vie à ce moment-là » : à 16 ans, elle quitte le foyer familial, à 22 ans, elle sort enfin de la précarité. « Je vous raconte ma vie, je vous dis tout », annonce la chanteuse sur le refrain de l’introduction. Nous voilà alors embarqués dans son adolescence, entre problèmes d’argent, questionnements identitaires et colères nées de l’abandon : « La force de l’album, c’est vraiment le propos », précise-t-elle. Quant aux sonorités musicales, elles sont assez diverses, allant du rock à la chanson française, en passant par des ambiances années 1980. Elles se rejoignent par « la saturation, beaucoup de guitare et une manière de traiter les batteries communes d’un titre à l’autre », détaille-t-elle. Au début et au milieu de l’album, une voix nous guide dans ce voyage intime : « C’est l’une des voix les plus impactantes de ma vie, de par sa présence et de par son absence aussi, c’est celle de mon père ». Sur Interlude - L’étoile, il répond à une question posée par sa fille : « Est-ce que pour toi une étoile cabossée peut encore faire jaillir de la lumière ? » Ayant reconstruit une relation en tant qu’adulte, il était évident pour Camille de l’inclure dans cet album qui retrace vingt-huit ans de vie. D’ailleurs, à l’écoute de son titre le plus intime, Je ne l’ai jamais dit à personne, la jeune femme reçoit un cadeau inestimable : des excuses de son père. Synesthète sans le savoir, Camille associait la couleur bleue à cet album tout au long de sa création. Elle voyait cette couleur partout, notamment dans le drapeau du Congo qu’elle a eu envie de revisiter pour la pochette. Le bleu devient plus foncé, une bande léopard s’ajoute comme symbole de résilience et l’étoile cabossée représente tout son parcours : « Ce drapeau est devenu mon emblème, mon ancrage. » Camille Yembe a cette capacité à transformer les failles en matière et la vulnérabilité en langage. Avec Jeune & Laide, elle construit un territoire intime qu’elle partage avec celles et ceux qui en ont besoin. En se livrant à cœur ouvert, elle continue la (re)conquête de son histoire en étant un peu plus légère. IG : @camilleyembe ; Jeune & Laide déjà disponible, Tie Break Music/Pafff Music.


« Le fait que je sois inspirée autant par le rap que le rock fait que je trouve cette liberté dans la pop aujourd’hui. » Camille à propos de son esthétique musicale.

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22 Au sein du peloton, il n’y a pas plus gueulard que Remco Evenepoel et pas plus discret que Florian Lipowitz. Ce duo improbable a fini par se découvrir au pied d’un volcan, et attention, cela pourrait promettre un sacré feu d’artifice sur la Grande Boucle.

LE FEU ET… THE RED BULLETIN


CYCLISME Remco Evenepoel est un héros national en Belgique, pays où les cyclistes sont vénérés.

THE RED BULLETIN


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…LA GLACE

Texte Christof Gertsch Photos Evenepoel Shamil Tanna Photos Lipowitz Max Manavi-Huber Photos Reportage Maximilian Fries THE RED BULLETIN

CYCLISME


TOPIC25 En un temps record, Florian Lipowitz est passé du statut de jeune talent à celui de leader au sein de son équipe.

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Remco Evenepoel, 26 ans, et Florian Lipowitz, 25 ans, repenseront sans doute un jour à ce jeudi de fin janvier 2026 en se disant que c’est ici que tout a commencé. Pas dans les Pyrénées ni sur les Champs-Élysées, mais en ce début d’après-midi à Majorque, sur une portion de route plate parcourue à 60 kilomètres par heure. Une fois n’est pas coutume, c’est par un contre la montre par équipes que débutera le Tour de France à Barcelone le 4 juillet prochain. Un exercice devenu presque anachronique dans le cyclisme moderne. Ce n’est pas le meilleur coureur qui gagne, mais la meilleure équipe. Huit coureurs pour un seul chrono à l’arrivée. Si l’un tire trop fort, la chaîne se brise. Si l’un est trop lent, il ralentit tout le groupe. Pour la formation Red Bull – BORA – hansgrohe, qui s’affichera sur le départ de la Grande Boucle avec le duo de leaders formé par Lipowitz et Evenepoel, le meilleur rouleur au monde, ce chrono par équipes est une véritable bénédiction. Afin de vérifier si les essais prometteurs effectués en soufflerie fonctionnent aussi sur le terrain, tous deux se sont donné rendez-vous dès la fin du mois de janvier à Majorque, avec le Trofeo Ses Salines comme course de préparation. Un premier grand test avant la démonstration de force qui devrait dynamiter le Tour. C’est le bruit qui frappe en premier, ce grondement sourd qui semble déchirer l’air. Le train est lancé, une mécanique parfaitement huilée, un concentré de muscles, de carbone et d’une tolérance à la douleur calculée au millimètre près. En tête, Remco Evenepoel, compact, casque rentré dans les épaules, dans cette impeccable position aérodynaTHE RED BULLETIN

mique qui lui a valu le surnom « Aerobullet ». Pendant 90 secondes, il fend le vent à 500 voire 520 watts, mesure de puissance brute de pédalage qui, même pour un athlète de classe mondiale, dépasse largement le seuil de douleur acceptable. Il pourrait rajouter 20 watts mais se refrène : « Inutile de faire exploser mon équipe juste pour prouver que je suis le meilleur », s’est-il promis. Bien calé dans sa roue, Florian Lipowitz, qu’Evenepoel surveille de près depuis cette ascension du Critérium du Dauphiné 2025 où l’Allemand l’a lâché. Ce jour-là Remco s’est fait la réflexion qu’ils allaient bientôt courir dans la même équipe. Les voilà maintenant réunis dans ce CLM par équipes, en route vers la victoire avec quatre secondes d’avance sur la formation Movistar, deux moteurs bien différents qui vrombissent à l’unisson. Des ailiers, comme on nomme parfois ce genre de duos prêts à se sacrifier l’un pour l’autre : à tour de rôle, l’un fend le vent pour permettre à l’autre de s’économiser quand les circonstances de course l’exigent. Et pourtant, tous deux se connaissent à peine. À vrai dire, ils n’ont même pas vraiment eu l’occasion de se côtoyer et cela soulève bon nombre de questions sur la saison à venir : que faire quand deux coureurs de la même formation ont le même objectif personnel, à savoir remporter le Tour de France ?

Autel du cyclisme

Quatre semaines plus tard, à Tenerife. Lors de l’ascension du Teide (le volcan qui domine l’île à 3 715 mètres d’altitude) depuis la côte, on traverse six zones de végétation différentes : les forêts de lauriers baignées de brume se succèdent aux forêts de pins suintant la résine bientôt remplacées à leur tour par d’austères paysages volcaniques aux tons ocres, gris et noirs. C’est ici, à 2 200 mètres d’altitude, dans l’unique hôtel à des kilomètres à la ronde, que Remco Evenepoel et Florian Lipowitz s’installent fin février pour les vingt prochains jours, indispensable préparation avant les premières grandes courses de la saison.

Florian Lipowitz (côté rochers) et son compère Evenepoel lors d’une descente commune du volcan Teide, à Tenerife.


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« Inutile de faire exploser mon équipe juste pour prouver que je suis le meilleur. »

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À gauche : Evenepoel en studio à Munich. À droite : timing parfait pour photo au top sur l’île de Tenerife.

Véritable autel du cyclisme moderne, le Teide exige son lot quotidien de sacrifices : des semaines loin des siens, des journées entières dans l’isolation totale, des heures en selle l’estomac vide avec pour seul espoir à la clé que cela finira par payer en juillet. En altitude, le corps doit s’adapter : l’air se fait plus rare, le sang absorbe moins d’oxygène et l’organisme réagit en produisant davantage de globules rouges. Voilà pourquoi tant d’équipes du WorldTour prennent régulièrement leur quartier sur le Teide en début d’année. Les effets se font ressentir plusieurs mois après leur retour en plaine. La formation a pris la décision de faire coïncider les stages d’entraînement d’Evenepoel et de Lipowitz, autant pour leur permettre de faire connaissance que pour couper court aux rumeurs de rivalité entretenues par les médias depuis quelques mois.

Les réunir

Quoi ? Evenepoel la superstar, quadruple champion du monde, double champion olympique et vainqueur de la Vuelta débarque dans la même équipe que Lipowitz, le nouveau talent qui a terminé troisième du Tour l’an dernier pour sa première participation ? Mais ça ne va jamais marcher ! Beaucoup se sont dit que Lipowitz devait être furieux à l’annonce de la signature d’Evenepoel. Dans le cyclisme, les rivalités pour cause de double leadership ont la dent dure. On ne compte plus les histoires où deux leaders de la même équipe refusaient de se parler au dîner et ou les coachs devaient jouer les intermédiaires entre les deux camps. Une situation que connaît bien John Wakefield, l’entraîneur principal de l’équipe. Il sait ce qui arrive quand la cohabitation ne fonctionne pas. D’où la décision de les réunir au sommet du Teide. Mais d’où viennent nos deux pépites ? Né en 2000, Florian Lipowitz est très famille. Il pense chaque jour à sa compagne Antonia Weeger , elle-même spécialiste du VTT, et à ses parents, là-bas, à Laichingen. Les bretzels sur la table à manger, le frichti du soir, le

Leurs stages d’entraînement

train-train du foyer lui manquent terriblement. Pour lui, le plus dur dans la vie d’un coureur professionnel est d’être loin des siens. Si on le croisait dans la rue, on serait à cent lieues de s’imaginer qu’il est l’un des meilleurs cyclistes au monde. En voyant son visage poupin, ses grands yeux bruns et son côté un peu réservé, on penserait plutôt qu’il vient de passer son bac et qu’il se demande ce que lui réserve l’avenir. Aucune arrogance ni décontraction forcée dans son attitude, mais une retenue typiquement souabe, même s’il vit désormais en Autriche. Le cyclisme est venu dans sa vie à cause

d’un accident. Lipowitz fait ses débuts comme biathlète et en devient rapidement l’un des juniors allemands les plus prometteurs. Il est séduit par la dualité propre à cette discipline : endurance et précision, ski de fond et tir et voue un culte aux Norvégiens de la trempe d’Ole Einar Bjørndalen, qui ne s’étendent pas sur leurs victoires. Victime à 17!ans d’une rupture des ligaments croisés lors de vacances familiales à Fuerteventura, il découvre le vélo pendant sa rééducation. Semaine après semaine, il roule, encore et encore, de plus en plus loin, accompagnant son père, sportif d’endurance devant THE RED BULLETIN


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Lequel des deux meilleures jambes ?

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L’équipe Red Bull – BORA – hansgrohe sur des vélos de contre-la-montre aérodynamiques.

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Coup double : Florian et Remco se sont entraînés ensemble au début de cette année, à Tenerife.

l’éternel, sur des marathons cyclistes. Il finit par réaliser que les routes asphaltées lui conviennent davantage que les pistes enneigées et à la surprise générale, remporte des courses en Engadine et au Tyrol en 2019. Après une rencontre fortuite entre son père et un entraîneur de Bora, il participe à un test de performance. Ses résultats provoquent l’incrédulité de l’assistance.

Métamorphose

Vient ensuite l’anecdote qui fait désormais partie du folklore du cyclisme allemand : en plein hiver, il parcourt plus de cent kilomètres à vélo pour se rendre à un entretien avec Ralph Denk, chef de la formation, avant de repartir de la même façon sous une tempête apocalyptique. « Je ne m’étais pas imaginé cela, mais c’est peut-être ce qui m’a permis de décrocher mon contrat », admet-t-il. L’équipe Red Bull – BORA – hansgrohe pense qu’il manque de maturité et surtout d’expérience. Denk l’envoie alors dans une équipe de seconde division au Tyrol. Sa première course pro tourne au désastre. Lipowitz chute à deux reprises, déteste les frottements dans le peloton, ne se sent pas à sa place. Il a envie de jeter l’éponge et confie à ses parents qu’il préfère laisser tomber le cyclisme, mais ceux-ci finissent par le convaincre de se donner un an. L’année d’après, le voilà sur les routes de France pour le Tour de l’Avenir. Pour la première fois, il se sent à l’aise au sein du peloton et commence à rêver d’intégrer une équipe WorldTour. Cinq ans plus tard, sa carrière a pris un virage vertigineux. Sur le vélo, l’Allemand réservé se métamorphose, attaquant en montagne là où personne ne l’attend, à l’instinct, impitoyable. Comme deux inconnus partageant le même corps. Né la même année que Lipowitz, le Belge Remco Evenepoel a connu un parcours drastiquement différent. Héros national dans un pays qui vénère ses cyclistes, sa biographie semble écrite pour le scenario d’un film : jeune pousse du ballon rond à Anderlecht, il se fracture le bassin et se réoriente vers la petite reine. THE RED BULLETIN

Quand l’interview démarre, on a besoin d’un petit moment pour ajuster l’image que l’on s’était faite de lui. Grande gueule, réputé pour ses coups de sang en course et pour ne pas avoir la défaite facile, un portrait qui correspond mal au jeune homme assis en face de nous. Jambes croisées, bras droit nonchalamment posé sur l’accoudoir, il ne détourne jamais le regard, parle en termes posés, réfléchis, et dégage une douceur déconcertante. Son entraîneur l’a un jour comparé au triathlète Jan Frodeno : un fauve sur les pistes, un tendre en dehors. Une fois la journée d’entraînement terminée, Evenepoel va serrer des mains, remercie chaque membre du staff, connaît chaque mécanicien par son prénom et écrit des messages d’encouragement aux débutants qui ont bien roulé. Il a rencontré sa femme, Oumaïma Rayane, sur les bancs de l’école. Elle

l’accompagne souvent sur ses courses, prend place dans le bus de l’équipe, mais pourtant, quand vient le soir et que Remco, après une longue journée d’entraînement sur le Teide, est trop fatigué pour parler, il préfère lui écrire. Pourquoi l’appeler s’il ne trouve pas les bons mots. Grâce à elle, il se tourne vers l’islam après sa terrible chute d’un pont lors du Tour de Lombardie 2020. Il a frôlé la mort de près, ce jour-là. « Pourquoi la flamme ne s’est-elle pas simplement éteinte ? », se demande-t-il dans la longue obscurité de sa rééducation. Il ne trouvera pas de réponses. Mais dans la prière, il découvrira une chose que le sport ne peut pas lui apporter : le silence. Le sentiment d’être plus que ses résultats. Et la certitude que tout arrive pour une raison, même si l’on ne le voit pas tout de suite. « C’est une protection », lâche-t-il. Pas contre les défaites, mais contre l’absurdité.


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« Tant que l’on roule en équipe et que l’un de nous monte sur le podium, on pourra

À 25 ans, Lipowitz est encore au début de sa carrière cycliste.

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Revenons donc à Evenepoel et Lipowitz, qui font aujourd’hui connaissance. Leur première rencontre a lieu dans le sous-sol de l’hôtel avant leur départ. Au menu : deux heures et demie de route, 80 km de montées et de descentes entre brouillard et lumière. Le feu arrière d’Evenepoel clignote, Lipowitz porte un épais foulard mais laisse sa veste thermique ouverte. Soleil brûlant, vent glacial, festival de couleurs au fil des kilomètres, vert tropical, marron boisé puis le noir réglisse du parc national. Au bout de dix minutes, la conversation s’installe. On mentionne les anciennes chutes, les courses passées, le parcours du Tour en juillet. Deux heures et demi deviennent trois heures, puis trois heures et demie, ils continuent de rouler, tout simplement, oubliant le temps qui passe. Il y a quelque chose de fascinant et d’émouvant à constater combien ces deux supposées extrêmes se rapprochent si vite ici, en altitude, pour la plus grande joie de l’équipe qui les accompagne en voiture. John Wakefield résumera plus tard la scène en ces termes : « Remco et Florian, c’est le yin et le yang. Le feu et glace. Deux opposés qui se libèrent au lieu de se menacer. » La conversation bat toujours son plein en rentrant à l’hôtel. Avec un enthousiasme évident, Remco déclare : « Florian est complètement différent en tête à tête. Il est plus ouvert, plus direct, c’est presque un électron libre. » Interrogé à son tour, Lipowitz dira quant à lui : « C’était bien. » Pas un mot de trop, une petite phrase qui résume tout. C’était bien.

En équipe

Ils ont découvert qu’ils avaient un bon nombre de choses en commun : leur vécu, certains obstacles, et surtout l’amour du vélo. Lipowitz décrit cette sensation incroyable qui l’envahit quand le pédalage se fait plus fluide, que l’on rentre dans un rythme que l’on voudrait faire durer éternellement. « C’est comme une drogue », dit-il. Et après cette sortie, il sait qu’Evenepoel partage ce sentiment, lui, le perfectionniste dont le cerveau (dixit son entraîneur) tourne constamment à cent à l’heure, lui qui fait encore des essais en soufflerie alors que tout le monde veut rentrer au bercail. Evenepoel l’ingénieur, Lipowitz l’instinctif, deux coureurs à l’ascension du Teide unis par la même passion. Pour Lipowitz, Evenepoel n’est pas un concurrent mais un cadeau du ciel, un paratonnerre qui attire les projecteurs et THE RED BULLETIN

CINQ RAISONS POUR LESQUELLES le contre-la-montre par équipes est l’exercice le plus dur du cyclisme

1. Puissance brute à 60 km/h

En contre-la-montre par équipes (ou TTT pour Team Time Trial en anglais), les valeurs de performance dépassent l’imaginable. Pendant ses relais de 90 secondes, Remco Evenepoel développe une puissance constante de 500 à 520 watts : l’équivalent de 130 % de son seuil fonctionnel de puissance (la puissance qu’un coureur peut maintenir de manière constante sur une longue durée). C’est l’exercice le plus violent de l’univers du cyclisme : 60 km/h à pleine puissance sans aucune aspiration.

2. Le monde merveilleux de l’aérodynamique Un TTT, c’est de la physique appliquée à l’état pur. Tandis que le coureur de tête lutte contre la résistance de l’air, ses coéquipiers se calent derrière lui, ce qui permet de réduire la résistance aérodynamique jusqu’à 50 %. C’est une rotation constante : après son effort, le leader se décale et se laisse glisser à l’arrière du train. Lors de ces relais, la moindre irrégularité agit comme une onde de choc : l’effet accordéon crée des trous dans cette formation parfaite. C’est pour cela qu’il faut de solides rouleurs capables « d’opérer la jonction » : boucher les écarts en douceur sans réduire la vitesse pour éviter de casser le rythme.

3. Adieu égo

En TTT, Il ne s’agit pas pour le coureur le plus fort de rouler le plus vite possible. Il faut également inclure le coureur le plus faible dans la tactique globale. En forçant trop, on risque de faire lâcher le reste des wagons. Les gros moteurs comme Evenepoel prennent donc des relais plus longs, mais contrôlés, tandis que les grimpeurs plus légers ne restent que quelques secondes face au vent. Il faut faire preuve de retenue pour aller plus vite.

4. Le train de la mort

En général, le chrono de chaque équipe est pris sur le quatrième ou le cinquième coureur à franchir la ligne. Ce qui fait du TTT un exercice de sacrifice. Dans les derniers kilomètres, un équipier va se placer une dernière fois à l’avant et tout donner, c’est ce que l’on appelle un death pull : il se vide pour maintenir la vitesse du leader, puis s’écarte. Pour lui, la course est terminée.

5. Confiance aveugle

Rien n’est plus stressant qu’un TTT. Le groupe évolue dans une position aérodynamique compacte, chaque coureur littéralement collé à la roue arrière de celui qui le précède, sans toucher les freins ni voir la route. Une confiance aveugle est de mise. Une simple erreur, et toute la mécanique explose. Huit personnes doivent fusionner pour devenir une seule et parfaite machine.

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Deux opposés


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« Florian Lipowitz différent en tête à tête. Plus ouvert,

« Peu importe si c’est moi ou Remco. Tant qu’on roule en équipe et que l’un de nous monte sur le podium, on pourra être sacrément fiers », surenchérit Lipowitz. On entend souvent ce genre de déclarations dans le milieu sportif, mais il ne faudra pas attendre juillet pour savoir si ces deux-là le pensent vraiment.

Barcelone

Pause énergisante pour Remco lors du shooting avec The Red Bulletin. Coiffure et maquillage Rebecca Kugler & Elke Griessmayr

lui permet de travailler au calme. Ce qui l’impressionne le plus chez son homologue belge ? Les comebacks. Ces chutes dont beaucoup ne se relèvent jamais. Et aussi son art d’encaisser la charge médiatique en plus de l’entraînement intensif. En début de saison, il fait un aller et retour en Belgique entre deux blocs d’entraînement à Majorque pour participer au gala du sport annuel. « Moi, j’en serais incapable, je serais vidé, mais lui, ça lui donne probablement encore plus d’énergie. » commente-t-il. Evenepoel observe Lipowitz avec la THE RED BULLETIN

froide lucidité d’un analyste. Il a besoin d’être à 110 % de sa forme pour gagner un grand tour, alors que Lipowitz se range plutôt dans la catégorie diesel, de ceux qui, à 90, 95 %, roulent encore avec les meilleurs, explosent rarement et ne descendent jamais en dessous de leur niveau. Maintenant qu’ils se connaissent, est-ce que l’un des deux se mettra au service de celui qui a les meilleures jambes ? « La question ne s’est jamais posé, dit Evenepoel. Je m’effacerai si c’est le cas, évidemment. »

Fin mars, Tour de Catalogne. L’une des courses de préparation au tour les plus importantes du calendrier. Evenepoel et Lipowitz arrivent tout droit du Teide, bourrés d’ambition et de globules rouges. Remco ne mentionne ni sa chute survenue deux jours plus tôt ni le cortège de douleurs qui s’ensuit. Mais on constate vite sur l’étape reine que Lipowitz est plus tranchant. Evenepoel finit par se laisser distancer, et l’image pourrait encore alimenter les craintes des observateurs : le nouveau venu sur la pente ascendante met la superstar face à ses propres limites. Pourtant, le lendemain, lors de la descente technique précédant l’ascension finale, Evenepoel risque le tout pour le tout, fonce à tombeau ouvert dans chaque virage, Lipowitz bien calé dans sa roue. Sur le plat, le Belge roule comme un forçat jusqu’à reléguer Felix Gall à une minute et demie alors que celui-ci devançait Lipowitz au classement général jusque-là. « C’était un sacré effort, commentera Evenepoel à l’arrivée. Mais je voulais aider Florian à monter sur le podium. » Lipowitz ajoute : « Remco m’a rendu un immense service. Je n’ai même pas les mots. » Le 4 juillet, au départ du Tour de France, ils s’élanceront à Barcelone, eux et six autres coureurs de la Red Bull – BORA – hansgrohe. Le feu et la glace. Là, quand les roues lenticulaires commenceront leur bourdonnement, ils sauront qu’ils se comprennent. IG : @redbullborahansgrohe


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Texte Marie-Maxime Dricot Photos Fifou

Avec Movie, Sofiane Pamart ne signe pas simplement un nouvel album : il propose une expérience totale, à mi-chemin entre partition et pellicule. À l’heure où la musique se consomme en fragments et en flux continus, le pianiste français impose un contre-temps – une œuvre pensée comme un récit long, où le piano devient langage cinématographique.

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Un look ballet core composé de pièces d’Issey Miyake, de Rappaz Studio et ZG Paris. THE RED BULLETIN


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Reste une question, en filigrane : dans un monde saturé d’images, ce projet marque-t-il l’avènement d’un nouveau modèle artistique ou révèle-t-il, au contraire, les tensions entre exigence et fabrication d’une icône à grande échelle ? Cet après-midi-là, à Ivry-sur-Seine, la lumière traverse les fenêtres du Salon Studio. Entre deux prises, le silence s’installe comme une respiration. Sofiane Pamart pose devant l’objectif de Fifou, qui ajuste son ISO. Première rencontre, pour ces deux artistes qui semblent se comprendre comme s’ils se connaissaient depuis des années. Après tout, chacun est familier du travail de l’autre mais il manquait l’occasion. La sortie d’un nouvel album et la couverture d’un magazine, The Red Bulletin. Avec Movie, le pianiste français prolonge sa métamorphose : de virtuose formé au conservatoire à créateur d’images, où chaque morceau devient une scène, chaque collaboration un visage, presque un rôle. Derrière des touches, une intention plus profonde affleure, celle de déplacer le piano, de le sortir de ses cadres traditionnels, pour en faire un langage mouvant, capable d’embrasser le monde, de dialoguer avec des artistes internationaux et de s’inscrire dans une logique de blockbuster culturel. Pamart n’est plus seulement un musicien : il est devenu un récit. Celui d’un artiste nourri par une discipline presque militaire et une histoire familiale où la musique était autant une promesse qu’une projection, passé par les circuits du rap avant d’investir des scènes hybrides. Aujourd’hui, il évolue dans une économie de la visibilité où le classique se streame comme de la pop, et où un pianiste peut envisager le Stade de France. Une trajectoire qui dit quelque chose de notre époque : la fin des frontières entre

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L’enfance dans la main, l’ambition dans le regard. Sofiane Pamart continue de rêver en grand.

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les!genres, mais aussi la transformation des œuvres en objets narratifs, pensés pour circuler, se partager, se!voir autant qu’ils s’écoutent. Mais derrière cette projection spectaculaire, il subsiste un geste plus intime – presque invisible. Celui d’un artiste qui a dû déconstruire les fondations mêmes de sa formation pour retrouver une forme de liberté. « Le plus haut niveau de la discipline, je pense, c’est quand on arrive au moment où!l’on oublie ce que l’on a appris, alors que, pourtant, c’est complètement infusé en nous. » Le conservatoire, chez Pamart, n’est ni rejeté ni sacralisé : il est traversé. Il représente ce socle technique indispensable, mais aussi ce regard permanent, cette exigence normative qui peut inhiber la création. La nécessité de « désapprendre » devient alors une étape fondatrice. Désapprendre les codes pour retrouver une forme d’intuition, désapprendre le jugement pour accéder à une sincérité. Cette tension entre maîtrise et lâcher-prise irrigue toute son œuvre. Elle explique aussi pourquoi le geste de composer ses propres pièces a été, au départ, plus difficile que celui d’interpréter les grands classiques comme Les Préludes de Debussy ou Les Miroirs de Ravel. « Pour proposer mes propres morceaux en mon nom, il m’a fallu énormément de courage ». Ce basculement, amorcé avec Planet (2019), constitue le véritable point de départ de la trajectoire qui mène à Movie.

Le piano comme médium

Grâce à Movie, Pamart franchit un seuil conceptuel. Là où ses précédents albums proposaient déjà une forme d’univers, celui-ci impose une narration. L’album devient un film sonore de 63 minutes, pensé dans sa continuité, dans sa progression, dans son rythme interne. « Il faut le percevoir comme un film, comme une expérience de cinéma. » À rebours de l’imaginaire cinématographique, Movie ne relève pourtant pas de la fiction. Pamart insiste sur ce point : son film est ancré dans le réel, traversé par des expériences vécues. L’album se présente moins comme une projection que comme une mémoire qui prend vie, une œuvre que l’on pourrait qualifier, à la manière du cinéma, de « basée sur des faits réels ». Cette authenticité irrigue jusqu’à ses signes les plus visibles : la pochette elle-même, une photographie argentique de l’artiste enfant, capturée par son père, agit comme une balise. Elle rappelle que derrière le récit construit, il y a une vie – la!sienne – jalonnée de témoins, de visages, de moments qui ne relèvent pas de l’invention mais de!l’expérience. « Quand Wyclef vient témoigner, quand Celeste vient témoigner, quand J Balvin raconte aussi, quand Rema parle de ce que c’est qu’une movie star, ils et elles s’expriment en toute légitimité. Ce ne sont pas des choses inventées. J’avais envie de faire un film réaliste. » D’autre part, le choix de structurer l’œuvre du lever au coucher du soleil n’est pas anecdotique. Il inscrit l’écoute dans un cycle, dans une temporalité organique, presque cosmique. Il invite à une immersion totale, à rebours des usages contemporains qui THE RED BULLETIN

« Pour proposer mes propres morceaux en mon nom, il m’a fallu énormément de courage. » privilégient le zapping et la discontinuité. Dans ce contexte, Movie agit comme une anomalie précieuse. Il exige du temps, de l’attention, une forme de disponibilité que l’époque tend à raréfier. En cela, il ne se contente pas de s’adapter aux mutations de l’industrie musicale : il les interroge.

Promenade hors du temps

C’est peut-être dans cette idée de ballade que réside la clé de lecture la plus fine de l’album. Non pas seulement au sens musical, une forme accessible, émotionnelle, universelle, mais aussi comme mouvement, trajectoire, tel son homophone balade. Une ballade, c’est un cheminement. Une répétition de motifs qui rassurent, des variations qui surprennent, une progression qui transforme. C’est aussi un espace où la simplicité apparente dissimule une complexité d’écriture. Sofiane Pamart lui-même s’en empare : « Tous ces artistes ont leur propre balade, leur propre promenade de vie. » Chaque collaboration devient ainsi une bifurcation, une rencontre de trajectoires individuelles. L’album se construit comme un voyage sensible où les parcours se croisent sans jamais se diluer. « Parfois, avec certaines personnes que je connais depuis longtemps comme FKJ, il faut simplement attendre le bon moment pour créer. On savait, sans vraiment se le dire, qu’on finirait par faire un morceau ensemble. Et puis ce moment est arrivé. De là est né Cinema, un titre impressionniste, dans lequel on capte des fragments de nature à travers deux pianos, chacun avec sa voix. » Ce qui frappe, c’est la capacité du projet à maintenir une cohérence malgré la diversité des voix. Wyclef Jean, Nelly Furtado, Christine and the Queens, Sia, Rema : autant d’univers distincts qui, ici, s’alignent sur une vision commune. Cette cohérence n’est pas le fruit du hasard. Elle repose sur une posture claire : celle d’un réalisateur qui assume pleinement son rôle. Le virtuose avouera : « Ma vraie fierté, c’est que tout le monde respecte à ce point une direction artistique qui est celle de Movie. » À cela s’ajoutera également un featuring captivant, I Am What I Am, avec la chanteuse Loreen, comme le souligne Sofiane : « Exemple de malade ! Loreen est d’origine marocaine, tout comme moi.


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Sofiane Pamart porte Issey Miyake, Zephyr Studio et Szorro. THE RED BULLETIN


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Avec Pamart, le classique devient pop universelle.

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« Ce qui me prend vraiment des heures et des heures, c’est le travail de l’artisan. »

Styliste Georgie Salama Make-up artist Gaïa Bernet Set designer Yasmine Benslim Lumière Thomas Pigeon Studio Le Salon Studio THE RED BULLETIN


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« L’argent est un sujet qu’il ne faut pas fuir, il faut l’affronter. »

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On se retrouve tous les deux sur un plateau télé : elle, une Suédoise marocaine, moi un Français marocain, et sur ce plateau télé, ça fait clic en fait. On se rencontre et tout de suite, on s’est donné des mots d’amour, en écho à tout ce que représentaient nos parcours. Nous n’avons pas eu besoin de nous expliquer sur les richesses et les difficultés impliquées par nos histoires respectives. On a eu envie de faire de la musique ensemble dès ce premier jour. C’est parti d’un acte fraternel. »

Réaliser un album, diriger un monde

De la composition émerge la mise en scène. Le pianiste devient acteur de son scénario. Il se métamorphose en passerelle vivante, entre sa vision et le son de l’Orchestre philharmonique de Prague qu’on entend sur le titre presque sacré Your Inner World. Une odelette qui vous donne envie de respirer de nouveau. Si l’artiste n’est pas (encore) chef d’orchestre, il a le mérite d’avoir collaboré avec soixante-dix musiciens et un chœur de vingt-quatre personnes, dans le but de nous élever et de nous transporter émotionnellement. Travailler avec eux relevait d’une expérience profondément stimulante, m’explique Sofiane. « J’arrivais avec une vision très précise de compositeur, mais pour que cette vision prenne corps, pour qu’elle devienne sonore et collective, il fallait un point d’équilibre. D’autant plus que je jouais avec l’orchestre : il devenait indispensable de s’appuyer sur un chef capable de canaliser l’ensemble, de donner une cohérence à l’énergie déployée. » Le chef d’orchestre suivait évidemment les intentions artistiques portées par l’artiste, et au moment de l’enregistrement, cette présence était essentielle pour structurer, recentrer, faire exister la musique pleinement. « Un jour, j’aimerais diriger un orchestre depuis le piano, mais pour ce projet, ce n’était pas encore le moment juste. » Il dirige des artistes comme des acteurs, orchestre des émotions comme des séquences. Cette posture se matérialise jusque dans la production : un orchestre philharmonique, un chœur, des sessions enregistrées dans plusieurs villes Londres, Los Angeles, Paris, Prague, et une ambition sans compromis. Dans cette logique de mise en scène, certaines collaborations agissent comme de véritables dispositifs narratifs. Celle avec Sia, icône de la pop et artiste mystérieuse, en est sans doute l’exemple le plus révélateur. Plutôt que de produire un morceau inédit, Pamart choisit de revisiter Gimme Love, déjà existant, en le reconfigurant à travers plusieurs formes, piano, puis orchestral. Un même matériau, déplacé, recontextualisé, rééclairé. « Une même chanson peut dire des choses radicalement différentes selon la narration musicale qui l’accompagne. » Modifier la texture, c’est transformer le récit. Là où la version originale relevait de l’intime pop, la version orchestrale ouvre un espace dramatique, presque épique. Mais ce qui pourrait n’être qu’un déploiement de moyens trouve sa légitimité dans la précision de la vision. Chaque élément répond à une intention. Rien n’est décoratif. Cette exigence se retrouve également dans le choix du

Quand la tenue est aussi dramatique que la musique : Sofiane Pamart en pleine composition visuelle.

narrateur, incarné par Jimmy Butler. « J’avais l’idée d’un champion, quelqu’un qui vit une vie extraordinaire, alignée avec ce qui va être raconté. Je ne voulais pas un acte de comédie dans mon film, parce que c’est un film réaliste. Et finalement, que rêver de mieux qu’un basketteur, qui plus l’un des meilleurs au monde ? » Butler raconte alors le décès de son père, puis le fait de devenir père à son tour, en amorçant la réflexion suivante, à propos de l’entre-choc incessant des événements bons et moins bons au cours d’une vie : « Si l’on mérite les choses positives qui nous arrivent, ne mérite-t-on pas aussi les choses négatives ? » Plus qu’un clin d’œil, cette présence donne une voix à une trajectoire de vie qui, elle aussi, relève du récit.

L’artisan

Et pourtant, derrière cette architecture complexe, persiste une réalité silencieuse : celle du travail minutieux, voire obsessionnel, de la matière sonore. « Moi, ce qui me prend vraiment des heures et des heures, c’est le travail de l’artisan. » THE RED BULLETIN


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CULTURE

Une gestation de plusieurs mois, pour seulement quelques minutes d’écriture sur quatre-vingt-huit touches. Sofiane Pamart précise que, lors de son premier jet hors studio, « l’émotion de [s]on enregistrement téléphone était tellement pure [qu’il a] failli sortir cet enregistrement-là ; tout était dedans et [il n’arrivait] pas à le reproduire en studio ». Dans cette impossibilité de recréer l’instant se joue une vérité fondamentale : l’art ne capture jamais totalement ce qu’il cherche à retenir.

Condition de la liberté

Plus qu’un portrait vénitien : comme dans son album Movie, Sofiane Pamart laisse deviner l’histoire plus qu’il ne la montre.

Cette phrase, presque modeste, vient fissurer l’image spectaculaire du projet. Elle rappelle que la création ne se joue pas uniquement dans les concepts ou les dispositifs, mais dans le temps long, dans la répétition, dans l’écoute. C’est là que se loge une tension primordiale : entre la nécessité de produire des images fortes – pour exister dans l’espace médiatique – et celle de préserver un rapport intime au son. Au cœur de Movie, il y a une obsession pour le beau. Non pas comme catégorie esthétique figée, mais comme expérience fugace. « Ce qu’il y a de plus beau, c’est ce qui disparaît. » Cette définition éclaire l’ensemble du projet. Elle relie la musique au cinéma, non pas seulement par ses codes narratifs, mais par sa capacité à capturer l’éphémère. La musique devient alors une archive sensible. Elle fixe des instants, des émotions, des états de vie. Mais elle en révèle aussi la fragilité. L’exemple de Sunrise In Your Eyes est symbolique : un morceau né d’un instant d’intensité pure, celle d’un coup de foudre entre deux êtres, impossible à reproduire. THE RED BULLETIN

Si Movie impressionne par son ambition, c’est aussi parce qu’il repose sur une maîtrise économique rare. Sofiane Pamart revendique une posture d’entrepreneur, non pas comme une concession, mais comme une condition de possibilité. « L’argent est un sujet qu’il ne faut pas fuir, il faut l’affronter. » Cette lucidité tranche avec une certaine mythologie de l’artiste détaché des réalités matérielles. Ici, l’économie devient un levier, un moyen de réaliser une vision. « Le résultat financier, c’est un moyen pour moi, ce n’est pas un but. » Cette approche permet à Pamart de construire un écosystème autonome, de décider de ses collaborations, de ses formats, de ses investissements. Elle lui offre surtout la possibilité de penser des projets à grande échelle sans renoncer à leur cohérence artistique. Dans un paysage saturé d’images, où les formats courts dominent, Movie propose un geste presque à contre-courant. Il ne refuse pas les codes contemporains, au contraire, il les intègre, mais il les détourne. Il utilise le cinéma pour ralentir, le storytelling pour approfondir, la visibilité pour redonner du poids au temps long. C’est là que se situe peut-être sa véritable singularité : dans cette capacité à habiter les contradictions de son époque sans les subir.

Tensions

Movie est-il l’aboutissement d’un nouveau modèle artistique ? Celui d’un piano devenu médium global, capable de dialoguer avec les industries de l’image et du spectacle ? Sûrement. Mais il révèle aussi les tensions inhérentes à cette ambition. Car plus l’œuvre s’étend, plus elle doit négocier avec les logiques de visibilité. Plus elle se structure comme un récit global, plus elle risque de devenir une image d’elle-même. C’est dans cet équilibre fragile que réside la force de ce grand pianiste. Dans sa capacité à maintenir, au cœur du dispositif, une exigence presque ascétique. Celle de la note juste, de l’émotion sincère, du moment capturé. Au fond, Movie n’est peut-être pas un film. Ni même un album. C’est une tentative, celle de faire tenir ensemble des contraires : l’intime et le spectaculaire, l’artisanat et l’industrie, la poésie et la stratégie. Une balade, au sens le plus complet du terme. Une traversée où l’on avance sans toujours savoir ce que l’on cherche, mais avec la certitude que quelque chose, en chemin, mérite d’être retenu. En concert le 17 avril 2027, au Stade de France. IG : @sofianepamart


UNO OCHO

LUCIE FOITROI-DIXHUIT

MIKE EIGHTEEN

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PUBLICITÉ À CARACTÈRE HUMORISTIQUE, LE FILM PRÉSENTÉ EST FICTIF. * DE NOUVEAU CLASSÉE BANQUE LA MOINS CHÈRE RESPECTIVEMENT SUR LES PROFILS « JEUNE ACTIF », « CADRE », « CADRE SUPÉRIEUR » ET EXÆQUO SUR LES PROFILS « JEUNE INACTIF », « EMPLOYÉ » ET « L’ADEPTE DU 100 % MOBILE » SELON UNE ENQUÊTE RÉALISÉE PAR LE MONDE / PANORABANQUES.COM PUBLIÉE LE 08/12/2025. DÉTAIL DES PROFILS, DES ÉTUDES TARIFAIRES ET DE LEUR SOURCE DEPUIS 2009 DISPONIBLE SUR BOURSOBANK.COM. BOURSORAMA – SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 53 576 889,20 EUROS – RCS NANTERRE 351 058 151 – TVA 69 351 058 151 – 44, RUE TRAVERSIÈRE 92100 BOULOGNE-BILLANCOURT.


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LES CODES DE LEUR RÉUSSITE NEYMAR JR., MEMPHIS DEPAY, NICO WILLIAMS, RICHARD RÍOS, ALPHONSO DAVIES

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FOOTBALL

Un grand sourire, des vibes brésiliennes, le feu des critiques, un match de rue entre potes : cinq grands footballeurs, cinq façons de faire le plein d’énergie.

AGENCIA-MEXSPORT/IMAGO

Texte Christian Eberle-Abasolo

Alphonso Davies, lors de la Ligue des Nations contre le Mexique, le 20 mars 2025. Trois jours plus tard, déchirure des ligaments croisés. THE RED BULLETIN


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FOOTBALL

NICO WILLIAMS POURQUOI L’ESPAGNOL PRÉFÈRE ENCORE ET TOUJOURS JOUER AVEC LES POTES DE SON QUARTIER. L’ENRACINÉ

Au football collectif basé sur la possession sont venus s’ajouter des dribbles individuels et des percées offensives. Résultat : des buts, du spectacle et une nouvelle consécration lors de l’Euro 2024. Deux joueurs symbolisent cette « nouvelle Espagne » : Lamine Yamal, 18 ans, et Nico Williams, 23 ans. « On est des gosses de la rue, des mômes de banlieue, explique Williams, et on a introduit ce foot de rue dans l’équipe nationale. » Né à Pampelune, ce fils d’immigrés ghanéens rejoint très tôt son frère Iñaki à l’académie de football de l’Athletic Bilbao. Mais dans sa tête, l’ailier n’a jamais vraiment quitté sa banlieue d’origine, Buztintxuri : « Chaque fois que j’entre sur le terrain, je pense à mon quartier. Je suis toujours ce gamin qui jouait sur le terrain derrière l’église. » C’est là qu’il s’est « endurci à coups de tacles » et qu’il a développé son style de jeu. THE RED BULLETIN

Nico retourne régulièrement à Buztintxuri pour retrouver ses copains d’enfance et tous ces gamins issus de l’immigration qui lui rappellent sa propre jeunesse. Il s’est même fait tatouer le code postal de son quartier sur le bras. « Je sais que beaucoup d’enfants me considèrent comme un modèle. C’est aussi pour eux que je joue. » En 2026, Nico Williams a lancé son propre tournoi en 4 contre 4 pour quartiers urbains. Infos et vidéos : redbull.com/reydelbarrio

Toujours les pieds sur terre : Williams, 23 ans, ancien joueur de rue à Pampelune, est aujourd’hui l’un des footballeurs les plus convoités au monde.

GIANFRANCO TRIPONDO/RED BULL CONTENT POOL, GETTY IMAGES, ANDRE ALEVES/RED BULL CONTENT POOL

Entre 2008 et 2012, l’Espagne domine la planète foot. Deux titres de champion d’Europe et une Coupe du monde remportés grâce à une réserve folle de pépites et un jeu à base de passes courtes et rapides. S’ensuivront dix années sans, avant qu’une nouvelle génération vienne moderniser la recette.


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RICHARD RÍOS

COMMENT LE FUTSAL A PROPULSÉ LA CARRIÈRE DU COLOMBIEN. L’HYBRIDE Trop petit, trop chétif, faible. C’est ainsi que les entraîneurs décrivaient le jeune Richard Ríos. Aujourd’hui, le joueur d’1,87 mètre impressionne par son talent extraordinaire. Et pourtant, jusqu’en 2018, le Colombien évoluait dans une autre discipline. Comme le football professionnel refuse de lui ouvrir ses portes, Ríos se tourne vers le futsal, variante en salle très populaire en Amérique du Sud. Confronté à la dure réalité (« On était loin d’être des pros »), il apprend à faire face à des adversaires physiquement supérieurs mais aussi aux critiques et aux contraintes de cette discipline (un terrain de futsal mesure moins d’un tiers d’un terrain de foot classique). Résultat : un footballeur à la volonté d’acier. « Je suis un battant, je ne laisse passer aucun ballon et je veux gagner, quel que soit l’enjeu », explique-t-il. Son jeu affûté ne passe pas inaperçu. Titulaire de l’équipe nationale de futsal, Ríos participe en 2018 au championnat des moins de 20 ans de la CONMEBOL au Brésil et se fait alpaguer par l’immense club Flamengo pour sa section football un an plus tard. Ce qui a tapé dans l’œil des recruteurs, ce sont ces qualités techniques que Ríos possède encore aujourd’hui et qu’il doit à son détour de parcours : « Dans les espaces

fermés où une prise de décision rapide s’impose, le joueur de futsal en moi ressort, explique Rios. Passes courtes, dribbles, contrôle de la semelle. » Mais cette longue période en dehors des pelouses ne fait-elle pas ressortir certaines faiblesses de son jeu ? « J’ai dû apprendre pas mal de choses, passes longues, diagonales, horsjeu, etc. Mais sur le terrain, j’apporte mon expérience du futsal et ma volonté de progresser jour après jour. »

Après des années en futsal, il porte aujourd’hui avec fierté le maillot de l’équipe de Colombie : Richard Ríos, 26 ans.

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TRÈS HAUT NIVEAU Dans son dernier projet avec Red Bull, Neymar Jr. met en avant des joueurs d’exception, tels que Richard Ríos ou Endrick, pour relever des défis d’exception. Avec Séan Garnier, par exemple, Neymar Jr. et lui se sont fait des passes en l’air alors que leur plateforme s’élevait à 15 m de haut. Plus d’épisodes sur la chaîne YouTube de Red Bull. THE RED BULLETIN

XIANHUA/IMAGO, JÖRG MITTER/RED BULL CONTENT POOL, DIEGO SANCHES/RED BULL CONTENT POOL

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FOOTBALL

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NEYMAR JR.

POURQUOI LA SUPERSTAR BRÉSILIENNE SE BOOSTE AUX CRITIQUES. L’ŒIL DU CYCLONE

Peu de footballeurs ont autant fait couler d’encre que Neymar Jr. au cours de ces dernières années. Jeune prodige du Santos, vainqueur de la Ligue des Champions avec le FC Barcelone, transfert le plus cher de l’histoire au Paris Saint-Germain, meilleur buteur de l’histoire du Brésil… Adulé par la plupart comme l’un des plus grands footballeurs de tous les temps ; décrié par d’autres comme un showman en manque d’efficacité sur le terrain, un fêtard sans éthique de travail, un mercenaire qui se fout du foot... Mais qui est vraiment Neymar Jr. ? Nul ne peut mieux y répondre que l’intéressé lui-même. Dans la série documentaire Neymar Jr. Full Access, la star s’exprime, nous invite dans son quotidien, et prouve que son histoire est loin d’être terminée. « On ne devient pas footballeur professionnel sans payer le prix fort », dit-il à la caméra au cours d’une séance de physio. Et il ne parle pas de ses 46 blessures, dues en grande partie aux coups brutaux de ses adversaires. (Rien qu’entre 2016 et 2022, il a subi 1 040 fautes, soit près de 250 de plus que Lionel Messi, son dauphin au classement).

Non, Neymar Jr. fait référence aux haters, aux critiques des médias et à la pression constante du public. « À la moindre erreur, tout le monde me tombe dessus. Les gens ne comprennent pas que je ne suis qu’un être humain. » N’y voyez pas la complainte du pauvre Neymar mais l’analyse lucide d’un joueur offensif qui tire avantage de toutes ces critiques – positives ou négatives– « pour se booster ». Car même après 25 titres officiels et une armada de récompenses, Neymar Jr. ne veut qu’une chose : jouer au foot. Que ce soit pour son club de cœur, le Santos, ou pour la Seleção, évidemment. « Je suis conscient de mes qualités, dit-il, et je sais ce que je peux apporter à l’équipe. » D’où son retour au Brésil, et ces heures quotidiennes à faire la navette entre salle de gym, séance de massage et terrain

de foot. Il fait la une des médias même quand il ne joue pas : « Avant la sélection pour la Coupe du monde en mars, mon nom a été mentionné au moins un milliard de fois », rigole Neymar, trop habitué au feu des projecteurs pour en être vraiment gêné.

Au centre du cirque médiatique : Neymar Jr., 34 ans, scrolle dans le bus, tandis que des milliers de fans l’attendent à l’extérieur.

Retrouvez les épisodes de la série documentaire de Neymar Jr. sur Red Bull TV et sur sa chaîne YouTube.

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FOOTBALL

MEMPHIS DEPAY COMMENT LE MEILLEUR BUTEUR NÉERLANDAIS S’INSPIRE DES VIBES BRÉSILIENNES. LE PHÉNIX

En 2024, Memphis Depay, 30 ans, se retrouve sans club et décide de rejoindre le Brésil. Beaucoup y ont vu le choix classique d’un footballeur en fin de carrière, mais deux ans et trois titres plus tard, on a plutôt l’impression d’assister à une renaissance. Une de plus.

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joue « plus comme un Brésilien que les Brésiliens euxmêmes ». En dehors du terrain, Memphis absorbe toutes les facettes de cette nouvelle culture, de la nourriture au mode de vie sans oublier les rythmes brésiliens. Ce mordu de musique s’est rendu plusieurs fois dans les favelas et leur a même dédié un morceau de rap. Car dès le départ, Memphis a toujours su qu’au-delà des résultats sportifs (coupe, supercoupe et championnat de São Paulo), « la raison pour laquelle [il est] ici dépasse le football ».

Racines ghanéennes, sang brésilien dans les veines, passeport néerlandais : Depay, 32 ans, citoyen du monde.

RUTGER PAUW/RED BULL CONTENT POOL

La carrière de Depay fait un peu penser aux montagnes russes, entre l’éclosion au PSV Eindhoven, l’épisode « cauchemardesque » (dixit Memphis) au Manchester United, le second souffle à l’OL, une nouvelle période en demi-teinte au FC Barcelone, puis une saison marquée par les blessures à l’Atlético de Madrid, avant d’emmener les Oranje jusqu’en demi-finale de l’Euro 2024. Motivé par ce succès (il compare l’équipe nationale à « un bon bain chaud »), Memphis signe au SC Corinthians de São Paulo. Fans et experts en restent bouchebée. « Je voulais revenir aux racines du vrai football. Même en Europe, les gamins admirent le jeu brésilien, dira Memphis lors de sa présentation officielle au club. C’est la Mecque du football. » L’attaquant affiche une grande confiance, marque, délivre des passes décisives et selon les observateurs,


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FOOTBALL

ALPHONSO DAVIES POURQUOI LE CANADIEN NE PERD JAMAIS LE SOURIRE DANS LES BONS COMME LES MAUVAIS MOMENTS. L’ÉTINCELANT

D’un camp de réfugiés au Ghana à la première division allemande, d’un lit d’hôpital à la Ligue des Champions... Du haut de ses 25 ans, Alphonso Davies a traversé toutes les épreuves sans jamais se départir de son sourire.

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monde dans ses rangs et forcément, les ambitions sont revues à la hausse. Après une longue attente de 36 ans, la formation parvient à se qualifier pour la phase finale du Mondial 2022 et inscrit son premier but, marqué par… Davies!! Cette année, le pays accueillera la Coupe du monde, encore un nouveau défi pour les Rouges et ce joueur. En mars 2025, Davies est relégué sur le banc de touche après une rupture des ligaments croisés. «!Je me suis dit!: soit tu restes assis là à pleurnicher sur ton sort, soit tu affiches ton plus grand sourire et tu repars au combat.!» Treize mois plus tard, Davies joue comme titulaire en demi-finale de Ligue des Champions à nouveau.

Davies, 25 ans, de nouveau en forme. La star du Bayern mène désormais l’équipe du Canada pour sa « Coupe du monde à la maison ».

AFP/GETTY IMAGES, CHALRIE LINDSAY/RED BULL CONTENT POOL

«!Il avait toujours cette énergie folle!», se souvient Craig Dalrymple, directeur du centre de formation des Vancouver Whitecaps à l’évocation du jeune Davies. Dès ses 14 ans, il sort nettement du lot par sa rapidité, sa force physique et son étonnante maturité. «Mes parents cumulaient plusieurs jobs, j’étais responsable de mes deux frères et sœurs, se souvient Davies. Je remontais le moral des troupes.!» Sa carrière est aussi fulgurante que ses sprints sur le terrain (son record est de 36,51 km/h)!: premier contrat pro à 15 ans à Vancouver, révélation dans la ligue américaine, transfert au FC Bayern à tout juste 17 ans, et à peine deux ans plus tard, il décroche la Ligue des Champions 2019/2020 et devient le premier Canadien de l’Histoire à réaliser ce tour de force. «!Soulever ce trophée à 19 ans, c’est une dinguerie. Je n’ai pas fermé les yeux pendant deux jours!». L’équipe du Canada compte désormais l’un des meilleurs arrières gauche du


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« FUNNY HOW? » La preuve selon Chassol que l’humour est un art sérieux. Texte Jacques Simonian Photos Goldie Williams

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MUSIQUE

Avec son « ultrascore » maîtrisé à la perfection, Chassol nous plonge dans une musicalité ancrée dans le réel. THE RED BULLETIN


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A

vec son cinquième album studio Funny How?, décliné en film et en live, Christophe Chassol s’intéresse au standup américain. Maître de l’harmonisation du discours, il met en musique des voix non chantées et transforme les sketchs en chansons, signant son projet le plus engagé.

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Chassol en train de diriger le chœur : YahZarah Oduro, Chenee Campbell, Dion Simmons, Christopher Anthony, Stephy Bloom.

Afin de saisir pleinement l’intention d’une œuvre, même les plus petits détails comptent. Concernant Funny How?, nouvelle pierre à l’édifice discographique de Christophe Chassol, un premier indicateur a donné le la dès l’annonce de sa date de sortie. En choisissant délibérément le 22 mai, le jour où la Martinique commémore l’abolition de l’esclavage, le claviériste a livré un indice fort sur la teneur de son album. Plus engagé que tous ses précédents, ce projet à 360 ° ouvre un prisme éminemment politique à l’intérieur duquel les messages sociaux et l’humour se mêlent avec brio. En harmonisant les discours de Dave Chappelle, Dulcé Sloan ou George Carlin axés sur de grands thèmes universels, jamais le Français n’était allé aussi loin dans cette direction.

Ebonics et comédie

À la fois compositeur, réalisateur et musicien, Chassol a dédié sa vie à son art. Depuis plus de vingt ans, il multiplie les supports pour transmettre sa passion à travers des albums, des films et autres performances uniques. En parallèle, il a développé un travail singulier qu’il a nommé

« ultrascore ». Un souffle qu’il a découvert lorsqu’il était adolescent : « Tout est parti de Hermeto Pascoal, un compositeur dingue qui avait cette technique d’harmonisation du discours. Chaque syllabe qu’il enregistrait pouvait être traduite par une note. Ce qui donne une matière musicale potentiellement infinie. Je suis ensuite arrivé à Steve Reich, puis au Groupe de Recherches Musicales avec Pierre Henry et Pierre Schaeffer, qui faisaient de la musique “concrète”, c’est-à-dire qu’ils se servaient de tout ce qui n’est pas musical directement. Une porte qui grince, un oiseau qui chante, un marteau piqueur… » En plus d’aller piocher dans ces inépuisables banques acoustiques pour construire chacun de ses disques, Chassol imagine sans cesse un univers où la musique, les images et le live se répondent. « Pour résumer, je fais la musique d’un film avec les sons du film », rigole-t-il. Après Ludi (2020), librement inspiré du livre de Hermann Hesse, Le Jeu des perles de verre, Big Sun (2015), le grand soleil en Martinique, Indiamore (2013) sur son voyage en Inde ainsi que Nola Chérie (2011) tourné à La Nouvelle-


MUSIQUE

Orléans, son nouveau blockbuster est encore né sur l’autre rive de l’Atlantique. Sur ce territoire qu’il connaît bien, qu’il a maintes fois foulé, notamment aux côtés de Solange, Jon Batiste ou Frank Ocean avec lequel il a souvent collaboré. Lors de son dernier séjour, Chassol s’est concentré sur Ebonics. La contraction des mots ebony et phonics, qui, plus que de désigner le langage propre à la communauté afro-américaine, reflète l’expérience noire et transmet ses traditions et des réalités sociales concrètes. « En mai 2024, j’étais en résidence à la Villa Albertine, à New York, pour étudier ce parler noir américain. Je trouve qu’ils ont – entre autres – un ton dingue pour la comédie, puis des inventions linguistiques géniales. En me rendant compte de la diversité de personnages qu’offre le stand-up, j’ai étendu mon champ d’action à l’ensemble des acteurs de cette discipline. » Ces artistes infusent leurs textes de leur quotidien, évoquant tour à tour des questions de représentation, de genre, de dépendance ou d’émancipation. Pendant un mois, accompagné de son manager Boris Memmi qui a tout filmé, Chassol est parti à la rencontre de ces originaux sur scène comme en coulisses, dans différentes villes d’Amérique.

Virtuoses

Cette enquête de terrain a débuté à Chicago, où Chassol a directement cherché à faire rejouer certains sketchs qui traînaient sur ses disques durs. Sur place, il a pu compter sur Angel Bat Dawid, ancienne invitée de Ground Control, un programme qu’il anime sur Arte depuis 2021. Via cette clarinettiste, il a été introduit à la fine fleur des chanteurs et musiciens de la scène locale parmi lesquels figurent Sharon Udoh et Kori Coleman. La réunion avec ce chœur improvisé dirigé par Angel Bat Dawid s’est transformée en une répétition mémorable : « C’était une session géniale, dingue, où tout le monde chantait, avant que ça ne parte en pleurs, puis de nouveau en rires. » De là sont nés les morceaux A First Lady, un texte sur Michelle Obama. Ainsi qu’un autre autour des violences policières que subissent les femmes noires, tiré d’un numéro de Dulcé Sloan, lauréate du prix de la meilleure émission-débat lors des Emmy Awards 2024. Après un passage par un comedy club de la ville pour écouter Tiny Thickemz expliquer pourquoi elle est devenue une humoriste très penchée sur le sexe (True Story / A Raunchy Comedian), Boris et lui

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« ME DIRE QUE JE N’AI PAS BESOIN D’ÊTRE EXTRÊME DEVIENT MA NOUVELLE RADICALITÉ. » se sont rendus à Brooklyn et Los Angeles, écumant d’autres établissements. Une fois les matériaux sonores et visuels suffisants, il s’est attelé pendant deux ans à la confection d’un ensemble cohérent. Pour être le plus complet possible, il a ajouté aux comédiens rencontrés certains incontournables du genre, notamment George Carlin, pionnier de la discipline décédé en 2008. Dave Chappelle, considéré comme l’un des plus grands humoristes de tous les temps et rentré dans la culture pop grâce à son rôle dans Le Professeur foldingue (1996), fait aussi partie du casting : « C’est le boss. Il est tellement agile, intelligent, et que dire de sa voix... » À ces soucis d’exhaustivité et de parité, le Français s’est également appliqué à construire une narration. Sur la forme, il a opté pour un effet miroir. Les extraits de discours choisis sont d’abord harmonisés sur une piste, avant d’être complètement réinterprétés sur une autre, soit par des chœurs, soit par Ala.ni, l’une de ses régulières collaboratrices. Les messages sociaux dilués dans les sketchs cimentent le fond. Sont évoqués à la volée la liberté d’expression, le puritanisme, la fausse respectabilité ou les violences policières.

Nouveau radical

Avant Funny How?, Christophe Chassol s’était essayé, en de rares occasions, à l’harmonisation de discours politiques, reprenant les propos de Christiane Taubira en faveur du mariage pour tous ou ceux de Rachel Keke sur la réforme des retraites. Avec le stand-up, cette discipline disruptive, l’ancien adolescent lecteur de Frantz

Pochette réalisée par le peintre Banga Minthe. En concert le 30 nov. 2026 aux Folies Bergère, Paris. @chassol_chassol

Fanon entre définitivement dans l’arène. « Avec la création du ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement durant la présidence de Nicolas Sarkozy, la société a évolué. Depuis, nous enchaînons des périodes charnières où les gens luttent ouvertement contre ce vieux monde qui ne veut pas mourir. 2007 a été un tournant et c’est là que j’ai commencé à conjuguer au plaisir de la musique, une façon de passer des messages », affirme le claviériste. S’il considère cette démarche comme étant « la moindre des choses », le compositeur tempère et précise que son but premier reste la musique. À ce niveau-là, le Français a fait évoluer sa technique fétiche d’harmonisation. Le déclic a retenti suite à son live à la Philharmonie de Paris, Chassol Plays Basquiat (2024) en hommage à l’immense artiste new-yorkais. Avant ce concert, il était obnubilé par cette idée de retranscrire scrupuleusement les notes qu’il entendait dans les discours sélectionnés. De cette mélodie exacte, les accords suivaient. Aujourd’hui, le processus s’est retourné : « J’ai compris que je pouvais choisir ma musique avant et faire entrer la mélodie parlée dedans, avec un petit travail de couture. Je ne suis plus aussi radical que par le passé. Au fond, me dire que je n’ai pas besoin d’être extrême devient ma nouvelle radicalité. » Cette révolution copernicienne rend forcément son disque plus intelligible. Par ricochet, il se transforme en un objet plus facile d’accès. Une volonté pleinement assumée, puisque pour la première fois, Chassol s’est allié à un producteur, en l’occurrence Clément « ALB » Daquin. L’idée générale était d’obtenir un son toujours plus puissant. Au moins autant que les histoires des participants, car « l’humour, c’est vraiment quelque chose de sérieux », conclut-il. Il est une épée brandie face aux stéréotypes ainsi qu’un bouclier pour se défendre. THE RED BULLETIN


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À SA PLACE Du parking d’une petite piste de karting, à engloutir les chapatis de sa grand-mère, à des duels roue contre roue avec son idole Lewis Hamilton, Arvid Lindblad a transformé son rêve d’enfant en une réalité record. Pour le jeune pilote de F1 anglais, le plus dur ne fait que commencer… et il est prêt. Texte Justin Hynes Photos Elliott Morgan

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FORMULE 1

Soutenu par le Red Bull Junior Team depuis ses 13 ans, il évolue en F1 à 18 ans.


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Comment ne pas avoir le sourire quand on se frotte à ses idoles en course.

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Arvid remonte la voie des stands d’Albert Park pour rejoindre l’avant de la grille. Première course de F1, 16 minutes avant le départ du Grand Prix d’Australie ; le gamin doit être bien en vue pour l’hymne national. Les tribunes se taisent, la chanteuse pop Kita Alexander l’entonne. Lindblad, 18 ans, sur le point de devenir le plus jeune pilote britannique à débuter en F1, se place dans la ligne des pilotes. À sa droite, Nico Hülkenberg chez Audi, vétéran de 250 départs. À sa gauche, son héros d’enfance, le septuple champion Lewis Hamilton. Sur la piste, son nom, Arvid Lindblad, est inscrit.

GETTY IMAGES

U

ne claque de réalité après des années à bosser dans l’ombre. Ce passage sur la grille de Melbourne, c’est l’aboutissement d’une histoire commencée très tôt, pensée dans les moindres détails, portée par une détermination hors norme. « La graine a été plantée quand j’avais 4 ans, raconte Lindblad. Mon père regardait la F1, je suis venu m’asseoir à côté de lui, captivé. C’était en 2011, donc il y avait Seb [Vettel], Jenson [Button], Lewis [Hamilton]. Je fixais l’écran. Je me souviens avoir demandé à mon père : “Est-ce que je pourrais être là-bas un jour ? C’est possible ?” » Devenir pompier, médecin, pilote de ligne, astronaute n’était pas au plan… Pour Arvid, il n’y a jamais eu de plan B. L’année suivante, son père suédois Stefan, ancien pilote de motocross amateur, l’emmène au Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone. Ce qui ressemblait à un vague rêve devient une certitude : une étoile du Nord que le petit garçon de cinq ans va suivre jusqu’à Melbourne. « La première fois que je suis allé faire du karting, déjà, j’avais un objectif : celui d’atteindre la Formule 1 », dit-il.

Stefan lui a acheté un kart, et les weekends se transforment en tournée des circuits autour de la maison familiale de Virginia Water, dans le Surrey : Sandown à Esher, Bayford Meadows dans le Kent, et « là où Lewis a commencé », Rye House dans le Hertfordshire. « Ce n’a jamais été un passe-temps pour moi, insiste Lindblad. Peut-être que mon père dira que c’en était un, que je m’éclatais, mais dans ma tête c’était : “Comment je peux être meilleur ? Qu’estce que je peux apprendre ? Comment je progresse ?” »

Lindblad et sa Ford VCARB 03 RB de l’écurie Visa Cash App Racing Bulls au Japon. THE RED BULLETIN


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« La première fois que j’ai fait du karting, j’avais déjà un objectif : la F1. » Le niveau monte encore quand la famille déménage temporairement dans le nord de l’Angleterre, à Bolton, chez ses grands-parents maternels indiens. À 45 minutes de là, sur les rives de la Mersey près de Liverpool, se trouve Hooton Park, une petite piste de kart sans glamour particulier, qui va devenir leur QG tout l’été. « Cet été a tout changé, se souvient-il. Mon père et moi, on y allait un jour sur deux. Je roulais tout le temps, et j’adorais ça. Mes grands-parents venaient sur le circuit avec de la nourriture indienne. Je mangeais le rajma et les chapatis de ma mamie à l’arrière de la voiture. » « J’en suis très fier, ajoute-t-il. Je viens d’un milieu multiculturel et multiconfessionnel, et ça m’a vraiment construit. Mes grands-parents paternels vivent toujours en Suède, à Knivsta, là où mon père a grandi, donc on allait les voir chaque année. Et on a passé énormément de temps chez les parents de ma mère à Bolton. C’est ça, mon éducation. Les valeurs de travail, d’humilité, de toujours donner le meilleur, venant de ces trois cultures, m’ont vraiment aidé. »

qu’entre en scène Oliver Rowland, aujourd’hui champion du monde FIA Formula E, à l’époque jeune espoir en route vers le titre Formula Renault 3.5 2015 et en quête de budget. En cherchant de l’aide pour Arvid, les Lindblad contactent la Racing Steps Foundation. Rowland accepte de le suivre. C’est le début d’une des relations clés de sa carrière. Les quelques conseils de course se transforment vite en coaching régulier, puis Rowland souffle une idée : et si la famille montait sa propre structure de kart ?

« Du jour au lendemain, on s’est retrouvés avec un Sprinter, une petite tente escamotable, et c’était moi, Ollie, mon mécano Alex [Tee] qui faisions le tour du Royaume-Uni en apprenant tous ensemble, raconte Lindblad. Le truc a vraiment décollé. » Les résultats qui suivent attirent une autre figure majeure : Helmut Marko. Le patron, réputé intransigeant, du programme junior Red Bull repère ce que Lindblad est en train de faire – et ça lui plaît. Il lui propose une place dans la filière. De nouveaux horizons s’ouvrent, avec un vrai soutien… à condition de cocher les cases : objectifs atteints, victoires, titres. Arvid n’a que 13 ans. Pourtant, malgré son âge, il jure ne pas avoir ressenti ça comme une pression. « C’était excitant, dit-il. Je savais qu’Helmut avait amené des gars comme

Nouveaux horizons

Le grand saut : lors des essais du Grand Prix d’Australie, le 6 mars 2026. THE RED BULLETIN

PETER FOX/GETTY IMAGES/RED BULL CONTENT POOL

Au fil des saisons, la compétition devient sérieuse. Dans le karting, le raccourci vers le succès passe souvent par le budget : surtout pour dénicher le meilleur moteur. Stefan décide de prendre le contre-pied. Pas de matériel premium pour Arvid : il doit apprendre à compenser les limites de la mécanique par son pilotage. C’est là


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Arvid Lindblad vêtu de BOSS dans un studio photo de Londres pour The Red Bulletin. THE RED BULLETIN


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FORMULE 1

En Australie, il se prête au jeu des signatures dès son premier Grand Prix.

Sebastian et Max Verstappen en F1, donc j’étais juste heureux qu’il croit en moi. Je!voyais ça comme une opportunité : ils!m’aidaient à réaliser mon rêve. »

Un sport différent

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« Tout cet univers est tellement différent de ce à quoi je suis habitué. » Visa Cash App Racing Bulls. La F1 s’invite concrètement dans la conversation. Reste une question : Arvid saura-t-il digérer la saison chaotique de F2 et transformer ses acquis en force sur la plus grande scène ? Le saut qu’il s’apprête à faire est énorme. En F2, un pilote bosse avec une quinzaine de personnes en piste, parle à un seul ingénieur, gère un nombre limité de réglages et conduit une voiture d’un peu plus de 600!chevaux. En F1, tout est multiplié. Chaque équipe arrive avec au moins soixante personnes dédiées à l’exploitation de la voiture, plus des dizaines d’autres en marketing, communication, hospitalité. Dans le cockpit, la boîte à outils est délirante : modes moteur, différentiel, freins, gestion de l’énergie… Rien que le volant passe de huit à dix boutons

et deux molettes à plus de trente bascules, palettes, rotatifs et switchs. On passe de la calculatrice de poche au superordinateur, de l’épandeur agricole à la fusée. « C’était extrêmement excitant, stressant, un peu écrasant… Tout cet univers est tellement différent de ce à quoi je suis habitué, résume Lindblad. Sur le papier, tu ne fais que passer de la F2 à la F1, une catégorie de plus. En réalité, ça n’a rien à voir – c’est un sport différent. » La claque de changement de vie se matérialise dès les essais de pré-saison à Bahreïn. « Je me suis assis à ma première conférence de presse, je n’avais même pas encore pris le départ d’une course, et la salle était bondée. On était quatre pilotes face à une soixantaine de journalistes – j’en vois habituellement quatre, cinq. Je me suis dit : “Waouh, Okay !” »

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Lindblad passe aux monoplaces, termine troisième du championnat d’Italian F4 et remporte sa catégorie au mythique Grand Prix de Macau. Il enchaîne avec la F3 internationale, sur les mêmes week-ends que la F1. Il gagne dès ses débuts à Bahreïn – du jamais-vu – puis s’offre les deux courses à domicile à Silverstone avant de finir quatrième du championnat. Tout semble couler de source. Puis arrive la Formule 2. « Ma saison en F2 a été l’une des plus difficiles que j’ai vécues, admet-il. Ce n’était pas toujours fun, avec des questions auxquelles je n’arrivais pas à trouver de réponses, et c’était déroutant. » Les hauts et les bas sont marqués. Il s’impose à Jeddah, devenant le plus jeune vainqueur de l’histoire de la F2 à 17!ans et 254!jours, puis remet ça à Barcelone. Ailleurs, ce sont des accrochages, une disqualification, des pénalités. Par moments, il est exactement le pilote que Red!Bull imagine pour la F1. À d’autres, il semble imprévisible. À 17!ans, avec une saison de!F4 et une de F3 seulement, il essaie de garder la tête hors de l’eau dans un championnat qui sanctionne le moindre manque d’expérience. « J’avais du mal à m’intégrer aussi bien que je le voulais dans l’équipe, explique-til. Et comme les choses ne se passaient pas comme je voulais, j’ai commencé à avoir mes propres blocages. J’avais du mal à tirer le meilleur de moi-même, à me mettre dans l’état d’esprit que je voulais. « Quand tout s’alignait, de grandes choses se produisaient, poursuit-il. Mais parce que je suis monté très vite, il restait encore énormément de lacunes dans mes connaissances, plein de situations que je n’avais jamais vécues. Forcément, il y aurait des week-ends où ça se passerait moins bien. » Trop haut, trop vite ? Ni lui ni ses mentors du Red Bull Junior Team ne le pensent. Quand Isack Hadjar, diplômé de la filière et rookie F1, est promu chez Red!Bull Racing, un baquet se libère chez


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FORMULE 1

De mère indienne et de père suédois, Arvid leur doit des valeurs, et son unicité.

« Je ne me dis pas : “Je vais être intrépide”, sourit-il. J’ai un respect énorme pour les pilotes expérimentés – Max, Lewis, Fernando. Mais est-ce que je vais les traiter différemment en piste ? Non. Je vais courir dur mais propre. Et s’il y a une opportunité, je vais y aller. » Les courses suivantes oscillent entre fulgurances et frustrations. Il termine douzième en Chine, handicapé par des soucis techniques hérités de la veille. Au Japon, il rebondit après de nouveaux problèmes, se qualifie dixième et sort le quadruple champion Max Verstappen de la Q3. Puis, le monde appuie sur pause.

Repartir de zéro

« Je vais courir dur mais propre. Et s’il y a une opportunité, je vais y aller. » « Puis en Australie, tu fais des choses comme la Melbourne Walk, avec les fans qui bordent l’allée vers le paddock, qui crient, qui t’encouragent. C’est un autre monde. Mais heureusement, ce genre de choses, j’arrive à le gérer. Je continue juste à avancer. » Et puis, à un moment, le bruit extérieur se coupe, la visière se baisse. À Melbourne, Lindblad fait exactement ce pour quoi tous ces matinaux à Hooton Park, toutes ces heures de coaching et ces saisons à surperformer avec du mauvais matériel l’ont préparé. « Dès que les feux se sont éteints, j’ai plongé dans chaque trou que je voyais, THE RED BULLETIN

je!me suis mis dedans, raconte-t-il. Je me suis glissé entre Lando [Norris] et Lewis [Hamilton] et, avant même de réaliser, j’étais en P4. Après, c’était moi, Isack et Lewis, côte à côte. » Il secoue la tête. « Se battre roue contre roue avec Lewis, c’est complètement dingue ! Lewis est une des grandes raisons pour lesquelles je suis tombé amoureux de ce sport. » Le vrai rythme de ses rivaux finit par parler, mais Lindblad coupe la ligne huitième. Il devient le plus jeune Britannique à marquer des points en F1. Sa performance épate, et ses duels avec Norris et Hamilton lui valent une réputation de pilote « sans peur ». Lui relativise.

Lorsque les événements au Moyen-Orient entraînent l’annulation des courses à Bahreïn et en Arabie saoudite, le rookie consacre une bonne partie de ce temps à « essayer de maximiser la pause sur le plan de l’apprentissage, être dans le simulateur, rester affûté ». Ses premiers mois de F1, c’est une courbe d’apprentissage à pic, et elle ne va pas s’aplatir de sitôt. « C’est presque de l’apprentissage en temps réel, dit-il. Au Japon, je me qualifie en P10 et à la fin du premier tour, je suis P8 ou quelque chose comme ça. Je suis presque un peu audessus de mon niveau actuel, dans le sens où je me retrouve plus haut que ce que je devrais viser. J’ai des voitures plus rapides derrière, j’essaie de défendre ma place. C’est épuisant mentalement. J’essaie de rester concentré sur ce que je peux contrôler, sur ce que je peux améliorer. Je ne sais pas ce que les prochains mois me réservent, mais tout cela est extrêmement excitant. Je vis mon rêve et j’adore ça. » « Le sport, c’est bizarre, sourit-il. Tu bosses toute ta vie pour arriver quelque part, et une fois que tu y es, tu as un peu l’impression de repartir de zéro. » Pour Arvid Lindblad, le voyage recommence donc. Il y a des détails techniques à apprivoiser, des standards à atteindre, des preuves à donner. Et s’il doute parfois, il lui suffit de repenser à ce carton posé sur la grille de Melbourne. À ces lettres qui, noir sur blanc, disaient qu’il était pilote de Formule!1. Quelques tours plus tard, il l’avait déjà confirmé. IG : @arvid.lindblad THE RED BULLETIN


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PORTFOLIO Premiers « défis »

Avant que le mot « battle » ne s’impose, on parlait de « défis intercités ». Des face-à-face où les premiers breakdancers révèlent toute leur créativité corporelle.

Nouvelle énergie À l’occasion du Red Bull BC One Cypher France 2026, ces images nous font vivre la genèse du hip-hop français à Aubervilliers. Texte Hugues Pascot Photos Willy Vainqueur

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From scratch

Un véritable pionnier des premières sensations hip-hop en France, DJ Dee Nasty impose sa signature derrière les platines à coups de scratch sur des vinyles importés de la scène new-yorkaise. THE RED BULLETIN


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Ralliement

À l’été 1984, Aubervilliers devient le point de convergence d’une nouvelle énergie avec Fêtes et Forts, premier événement hip-hop de France, organisé par Claude Kiavué (alias Jimmy), sous l’égide de la Mission Banlieue 89, et immortalisé par le photographe Willy Vainqueur.

À Aubervilliers, portés par les maisons de jeunes, les ados se retrouvent dans les gymnases pour confronter leurs moves et faire rayonner au cœur du cercle cette nouvelle culture.

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Drop the mic

Au pied des immeubles de la Cité des Franc-Moisin, à Saint-Denis, Destroy Man (à gauche) et Jhonygo posent les bases de ce qui deviendra les premières expressions du rap français.

« On voyait des cartons se poser dans la rue avec des gens qui tournaient sur le dos, boostés par l’émission TV Hip-Hop de Sidney. Je sentais qu’il se passait quelque chose. » Footwork, headspin,

freeze... sur scène, les jeunes danseurs enchaînent les figures avec aisance, portés par une ambiance électrique. Pour beaucoup dans le public, c’est une première rencontre avec cette nouvelle énergie. THE RED BULLETIN


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THEMA

Les débuts du graff En parallèle au break, une autre forme d’art commence à prendre forme : le graffiti. Une façon libre et directe de faire parler la rue. THE RED BULLETIN


PORTFOLIO

« Cette jeunesse se saisit de son avenir, veut faire face autrement aux discriminations, à la marginalisation dont elle est victime. »

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Figures de style

À la croisée du rocksteady et du hip-hop, les styles se rencontrent et se répondent en harmonie. Une jeunesse en quête de repères affirme déjà son identité à travers des looks flamboyants.

Le Double Dutch

Pour la seconde édition de Fêtes et Forts en 1985, une autre discipline voit le jour. Porté par le crew des Ladies Night, le Double Dutch impose son tempo avec les cordes qui claquent et une précision au cordeau. THE RED BULLETIN


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Bande organisée

3000 City Breakers, Street Kids, Raguenet Bad Guys… Les crews se formaient, s’observaient et s’affrontaient, avec une seule obsession : décrocher la première place.

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Photographe depuis plus de quarante ans, Willy Vainqueur commence sa carrière au service communication de la ville d’Aubervilliers au début des années 1980. Guidé par son regard et son Leica, il documente l’effervescence et la vie de la Seine-Saint-Denis, territoire en pleine mutation. Sans en avoir conscience, il devient du haut de sa vingtaine l’un des témoins d’un mouvement qui ne cessera de grandir : la culture Hip-Hop. Ses images capturent les premières pulsations de cette scène naissante, des visages encore anonymes appelés à devenir des figures majeures, et l’appropriation de l’espace urbain par une jeunesse en quête d’expression, transformant rues, murs et places en véritables terrains de création. À travers son travail, il fixe la mémoire d’une banlieue et d’une jeunesse en perpétuel mouvement.

L’histoire continue

Le photographe

« La Seine-Saint-Denis m’a construit. À l’époque, le hip-hop a permis de créer un pont culturel entre Paris et sa banlieue. »

Retrouvez Willy lors du Red Bull BC One Cypher France 2026, le 27 juin, au Point Fort d’Aubervilliers. redbull.com THE RED BULLETIN

Les deux éditions de Fêtes et Forts en 1984 et 1985 ont laissé une profonde empreinte dans le paysage du hip-hop, annonçant déjà un mouvement déterminé à s’inscrire dans la durée.


PORTFOLIO

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ANDY PARANT/PHILEAS IMAGES

Équiper, optimiser et vivre la plus belle des vies

MATTHIAS ON ICE

BMX flat sur lac gelé suédois THE RED BULLETIN


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PERSPECTIVES

VOYAGE/

SUÈDE

«!En tant que pilote de BMX, on a l’obsession du sol qui accroche, je trouvais drôle avec ce projet Cold Was The Ground de prendre le contre-pied, en ridant sur un terrain réputé injouable comme la glace!!!»

On l’attendait depuis trois jours et enfin, la voilà, apparition complètement mystique!: l’aurore boréale!! C’est en partie pour elle que nous sommes venus dans ce lieu perdu au milieu de nulle part, plus exactement au nord de la Suède, dans la région des mille lacs et ses îles d’Haven Islands. Depuis notre arrivée, nous sommes scotchés à l’application My Aurora Forecast qui prédit ce phénomène lié aux éruptions solaires. Pour ne rien rater, nous nous réveillons à intervalles réguliers durant la nuit pour surveiller le ciel. Sans succès les deux premiers jours, à cause d’une nébulosité trop importante. Il est 23 heures ce 8 mars 2026, et les planètes s’alignent enfin!: le ciel est sans nuages, et nous voyons l’aurore boréale se profiler. Nous filons sur le spot, j’envoie un premier trick, et là, j’entends un pssss!: mon pneu se dégonfle!! C’est pas vrai, on est maudits!! Je regonfle comme un fou et, truc qui n’arrive jamais, la crevaison s’arrête, comme si le trou s’était rebouché. Magique, comme une aurore boréale!! Ce vert qui apparaît par petites touches pour tout embraser, et qu’ici on relie aux âmes des morts, c’est incroyable!! Je n’en avais jamais vues. Dans un monde où l’on contrôle tout, d’un coup, ça t’échappe!: la nature parle, et t’offre cette vision rare.

LE CLOU DU SPECTACLE En haut : Matthias a installé un total de 250 vis de 5 mm sur ses pneus ; en bas : une leçon de sang-froid. THE RED BULLETIN

Elle a duré quelques minutes. Plus que l’image, ça a été un moment de pur partage avec des amis, ceux de l’équipe de tournage, Sébastien Laugier, Romain Marie (vidéo), Andy Parant (photo). C’est quelque chose d’unique, non quantifiable, juste humain, et c’est surtout pour cette raison que j’aime ce type d’aventure. Celle-ci commence trois jours plus tôt, de nuit!: le 5 mars, nous traversons le lac gelé à la frontale, je tire ma pulka de plus de 100 kilos, elle est remplie de matériel et de vivres pour cinq jours. Il fait −!10!°C, nous en avons pour une heure de marche!; la glace a beau être épaisse, 70 à 90 cm, ça craque de partout. C’est un peu flippant, on sent le lac vivre, comme si la glace allait céder sous notre poids. Il faut marcher espacés de 10 mètres au cas où. Pour arriver, c’est une petite mission!: Paris-Stockholm en avion, 4 heures de train pour se rendre à Ånge, puis 1 heure de voiture. Mais le matin, au réveil, on comprend pourquoi on est là!: le paysage est sublime, c’est l’émerveillement. Sur place, pas d’eau, pas d’électricité. On loge dans deux cabanes tenues par Anthony Verlaine (voir encadré). Ce projet, c’est une sacrée mission… Cette idée m’est venue en ridant la patinoire du Grand Palais, à Paris, il y a deux ans et

ANDY PARANT/PHILEAS IMAGES

Crevant


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LAC SUPÉRIEUR Un 10 fois Champion du monde de BMX flat sur un spot gelé. Et personne, sauf vous, pour en profiter !

« Dans un monde où l’on contrôle tout, d’un seul coup, ça t’échappe, c’est la nature qui parle. »

DREAM TEAM La production : Andy Parant, Sébastien Laugier, Anthony Verlaine et Romain Marie - avec Matthias au centre.

demi. En tant que pilote de BMX, on a l’obsession du sol qui accroche, je trouvais drôle avec ce projet Cold Was The Ground de prendre le contre-pied en ridant sur un terrain réputé injouable comme la glace. Rien de ce genre n’avait encore été fait en BMX. Alors comme un artisan, en m’inspirant du trophée Andros (une course auto sur glace), j’ai développé des pneus pour faire du flat sur la glace. Un tour chez Leroy Merlin pour acheter des vis de différentes tailles, et avec ma perceuse, j’ai bricolé. Du DIY complet!! Finalement pour ce projet, j’ai opté pour 250 vis de 5 mm un peu épaisses. Petite astuce!: pour ne pas crever, il faut placer le clou à l’intérieur, la pointe sort du pneu et on met une bande anti-crevaison entre la chambre à air et la vis. Malgré ça, j’ai crevé une dizaine de fois pendant le projet!! Comme je n’ai pas voulu apporter 15 chambres à air, j’ai réparé à l’ancienne THE RED BULLETIN


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PERSPECTIVES

Ma cabane à Haven Islands Il y en a deux, avec une capacité totale de dix personnes. L’une sur pilotis, sur l’île du Loup, l’autre rouge, perchée sur l’île de l’Ours. Des logements insolites que l’on peut louer individuellement l’été. « À la base, la rouge était un projet artistique. Anthony Verlaine, le proprio, l’a entièrement réhabilitée pour la rendre habitable et l’a montée dans les arbres. Ici, on peut faire de la rando, de la pêche, du kayak, des sessions trappeur... » thehavenislands.com

froid qui épuise vite les batteries et l’absence d’électricité!: on avait une énorme batterie externe qu’on a dû recharger deux fois dans la civilisation, à savoir le voisin le plus proche à 45 min en voiture.

avec des rustines. Rider sur la glace, c’est une technique différente!: on y va comme sur des œufs, à l’inverse de d’habitude, où on pèse de tout son corps pour mettre plus d’angle et de puissance. Là, il fallait être hyper précis et léger sur ses appuis. L’autre grosse problématique étant que je ne pouvais pas rider avec des chaussures à clous!: c’est très bizarre comme sensation parce que la chute est interdite. Mais je me suis quand même pris de bonnes vautres. Et ça fait mal, je me suis bien ouvert les mains!! Avec les 250 vis, ça t’éclate bien la peau, et aussi tes fringues!: j’y ai laissé au moins cinq pantalons!! Le projet a été bien galère aussi au niveau des prises de vue!! Pour shooter le pilote en action avec une aurore boréale en fond, il a fallu que je sois très précis avec le photographe Andy Parant, qu’on a choisi parce que le gars est monstrueux en termes de flashes. Pour recharger le matériel, pas évident non plus, avec le THE RED BULLETIN

« J’ai eu le luxe de vivre au rythme des éléments. » Matthias Dandois, BMX Master

Matthias Dandois repousse les limites du BMX avec Cold Was The Ground – projet qui ne vous laissera pas de glace, à retrouver sur @matthiasdandois et @redbullfrance.

ANDY PARANT/PHILEAS IMAGES

FOU D’OUTDOOR Anthony Verlaine est pour Dandois (ici devant une cabane), le Mike Horn français. Un Suédois lui a cédé Haven Islands.

Si la météo extérieure a été clémente, autour des −!6!°C sans vent (en mars, c’est −!30), il faisait 3 ou 4!°C dans la cabane malgré nos duvets. Et je ridais à jeun car sans eau ni courant, faire le petit-déj prend une heure et demie entre le bois pour le feu et l’eau du lac à aller chercher, puis à faire bouillir pour la stériliser. Dans la vidéo, quand je jaillis du trou de glace, l’eau était à 0,5!°C!! Et derrière, pas de douche chaude. Tu te gèles dans tes fringues qui cartonnent à cause du froid… Malgré le jour qui n’en finit pas, le temps passe vite!: session d’une heure et demie sur le vélo le matin, puis yoga, balade dans les forêts de bouleaux, re-shooting l’après-midi. Le reste de la journée, on passe beaucoup de temps autour du feu, et la nuit, pas mal à contempler un ciel d’une pureté absolue, dans lequel on voit la voie lactée comme jamais. J’ai rarement ressenti cela!: un retour au primitif, à l’essentiel, où la priorité est l’instant présent. Et où, l’espace de quelques jours, j’ai eu le luxe de vivre au rythme des éléments.

PATRICIA OUDIT

Pureté absolue


HORS DU COMMUN Retrouvez votre prochain numéro en Avril en abonnement avec et avec dans une sélection de points de distribution et sur abonnement. RICARDO NASCIMENTO / RED BULL CONTENT POOL

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Si ce n’est pas le cas, c’est que vous êtes parti trop fort, ou que votre niveau de forme physique n’est pas encore adapté à cet entraînement », précise Hough. Vous êtes sur la bonne voie si votre fréquence cardiaque se situe « entre 85 et 95 % de votre maximum ».

Résultats rapides

Hough tient à souligner : « Les gens voient 4 × 4 et pensent immédiatement à 16 minutes d’exercice, mais cela n’inclut pas l’échauffement, la récupération et les périodes de repos. » Cependant, elle peut être plus efficace que d’autres méthodes. « On pout observer des améliorations du VO₂ max en seulement quatre semaines. Avec cette approche, les gains en condition physique apparaissent plus rapidement qu’avec un entraînement continu [à allure modérée]. »

Dépasser ses limites

La méthode d’entraînement norvégienne, efficace, qui améliore votre 5 km et favorise la longévité. Avec une population de seulement 5,6 millions d’habitants, la Norvège se distingue dans les sports d’endurance. Le coureur Jakob Ingebrigtsen détient des records du monde sur diverses distances, tandis que Kristian Blummenfelt, triathlète, a été champion du monde dans des épreuves allant des JO à l’Ironman. Le secret réside dans une idéologie d’entraînement : la méthode norvégienne. Le programme de Blummenfelt comprend des semaines de 30 à 40 heures, mêlant principalement des exercices de faible intensité à deux ou trois séances de haute intensité. Cependant, ce système n’est réaliste que pour les athlètes d’élite. Heureusement pour l’amateur moyen, la Norvège a popularisé une autre technique d’entraînement. Appelée le 4 × 4 norvégien, cette méthode peut donner des résultats en seulement 43 minutes. « Elle consiste à faire des exercices d’endurance par blocs de 4 minutes, avec environ 3 minutes de repos entre chaque », THE RED BULLETIN

explique Paul Hough, maître de conférences en physiologie du sport à l’Université de Westminster. « Cette technique améliorait le VO₂ Max, un indicateur de l’endurance ou de la condition cardiovasculaire. »

Allure recommandée

Cette méthode fonctionne avec tout type d’exercice d’endurance : l’objectif est de pousser votre système cardiovasculaire dans la zone rouge, de manière contrôlée et répétable. « Vous devriez pouvoir terminer les intervalles à la même intensité.

« On observe généralement des progrès en condition physique plus rapidement. » Paul Hough, maître de conférences en physiologie du sport à l’Université de Westminster.

Multiples bienfaits

L’essor du 4 × 4 norvégien en tant que tendance bien-être vient de sa capacité à maximiser le VO₂ Max. « Si vous avez un VO₂ Max plus élevé, vous avez moins de risques de souffrir de maladies cardiovasculaires, et votre espérance de vie sera probablement plus longue », ce que certains considèrent comme un « signe vital », au même titre que la tension artérielle ou le cholestérol, explique Hough. Un excellent retour sur investissement pour 16 minutes d’effort.

À la norvégienne 4x4 1. Échauffement : 10 min 2. Effort : 4 min à 85-95 % de la fréquence cardiaque maximale / perception de l’effort (RPE) entre 7 et 8 3. Récupération active : 3 min 4. Répétition : 3 autres cycles des étapes 2 et 3 5. Retour au calme : 5 min exerciseandsportscience.com

CHARLIE ALLENBY

LES 4 FANTASTIQUES

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MOTIVATION/

Prenons l’exemple de la course à pied : selon Hough, vous verrez une amélioration de vos temps sur 5 km et 10 km, « car vous accumulez plus de volume à cette allure. Si votre VO₂ Max est le facteur limitant, en l’augmentant, vous augmentez effectivement la taille de votre moteur. Lorsque vous courez à une allure plus lente, vous n’êtes plus aussi proche de votre capacité maximale qu’avant, et vous relevez votre plafond ».


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Mantra d’entraînement « Si tu penses avoir le bon tempo, c’est que tu vas encore trop vite. 80 % de ton entraînement doit se faire à basse intensité cardiaque, sinon tu t’épuises et tu rendras la séance de demain plus difficile. Mieux vaut courir 30 minutes chaque jour que 3 heures une fois par semaine. »

Inspiration fitness CHRIS FROOME Coureur cycliste professionnel et auteur du livre Mon ascension @chrisfroome

« Son livre parle de ses débuts au Kenya, où il arrivait seul aux courses. Ce gars avait un incroyable esprit de combat. Et comme j’ai aussi grandi en Afrique, on avait beaucoup de points communs. »

En musique!!

RICH ROLL Athlète d’ultraendurance richroll.com

« Un fantastique athlète… et aussi mon rival. On a une relation saine et amusante : on se bat pour les mêmes records depuis dix ans. J’ai battu son record européen, puis il a battu mon record de triathlon. »

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SANS LIMITES

Aller encore plus loin avec l’athlète ultra-endurant Sean Conway. Sean Conway est un dur au mal – et désormais un mentor. De la traversée de la Grande-Bretagne à la nage aux 105 triathlons en 105 jours, cet athlète né au Zimbabwe et basé au Pays de Galles « gagne sa vie en faisant des choses difficiles et en aidant les autres à en faire autant ». À 45 ans, il est le seul détenteur du Grand Chelem de l’Endurance, qui comprend un record mondial (premier), un record du monde (le plus long), un record du monde (le plus rapide) et un record de quantité. En septembre, il affronte un nouveau défi : son premier Ironman officiel au Pays de Galles. « C’est l’un des plus difficiles au monde, avec des montées très raides, explique Conway. Est-ce que je peux le finir en 14 heures ? Bien sûr. Mais je veux aller plus vite… et ça, ça va faire mal. » Sa philosophie du succès ? « Au départ de ton parcours, la réussite ou l’échec dépendent entièrement de la chance. Puis, au moment de la course, la chance devient l’expérience. »

COMPÉTITION I’m Shipping Up to Boston Dropkick Murphys « C’est mon morceau préféré. Je viens d’une famille irlandaise, et c’est un super morceau de rock irlandais. C’est fun, entraînant et plein d’énergie. »

RÉCUPÉRATION The Sick Note The Dubliners « J’adore les chants de marins et le folk irlandais. Ça raconte l’histoire d’un gars qui essaie de descendre des briques du quatorzième étage d’un immeuble… et tout ce qui peut mal tourner. C’est hilarant. »

MATT BLAKE

JONAS DEICHMANN Athlète extrême et aventurier @jonas_deichmann

CARBURANT MENTAL/

« J’aime le rythme, la façon dont ça monte en puissance. Ça me met dans ma bulle, en me disant : “C’est l’heure de me lâcher.” C’est l’un des albums que j’écoute le plus. »

CAROLINE CONWAY

« C’est un avocat et ancien toxico. En réalisant qu’il allait mourir un jour, il a transformé sa vie pour devenir un athlète d’ultra-endurance vegan. J’adore ses longs podcasts. Quand il m’a invité, on a parlé pendant deux heures et demie. »

ÉCHAUFFEMENT Lose Yourself Eminem


PROMOTION VAL DE ROLAND

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Une belle sortie commence toujours par un vrai camp de base!! Dans les Pyrénées, à la Résidence Val de Roland, tout est pensé pour préparer vos aventures à vélo.

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la Résidence Val de Roland, au cœur des Pyrénées, vivez le vélo en grand format!: cols mythiques, singles engagés, panoramas XXL… et récupération face aux sommets.

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Route, VTT, enduro… à chacun son terrain

Sur la route, les choses sérieuses commencent dès la sortie du village!! La vallée ouvre la voie vers le mythique col du Tourmalet, Luz-Ardiden, Hautacam ou Gavarnie. Des noms qui résonnent comme des étapes de légende. On enchaîne les ascensions façon Grand Tour, et la fin de journée rime avec détente et moments de partage, une fois de retour à la Résidence. Côté VTT, la vallée multiplie les possibilités!: sentiers roulants, tracés techniques, terrain naturel varié, le long de crêtes ou dans de belles forêts. Accessible en navette, le Barèges Bike Park offre un vaste terrain de jeu pour aller explorer le relief, quel que soit votre niveau. Du plaisir, de l’engagement, du dénivelé… tout est là.

Au Val de Roland, on prend soin de vous

Après l’effort, place au lâcher-prise. Piscine chauffée, bain à remous, sauna et hammam!: tout est pensé pour enchaîner les sorties sans négliger la récupération musculaire. Pour aller plus loin, laissez-vous tenter par un soin aux Thermes de Luz-Saint-Sauveur, à deux pas de la résidence. Labellisée Altamonta, la résidence propose des services dédiés aux cyclistes!: parking privé, local vélo équipé et sécurisé, ouverture à l’année. Et à quelques minutes à pied, le village s’anime avec

ses commerces, ses restaurants et une ambiance de montagne où le vélo est roi.

On en profite pour s’en mettre plein les mirettes

Aux portes du Parc national des Pyrénées, la Résidence Val de Roland, c’est le camp de base idéal au carrefour des grands sites comme le Cirque de Gavarnie, le Pic du Midi ou Cauterets, pour vivre une expérience à deux roues au cœur des incontournables des Pyrénées. Seul, en groupe, entre amis ou en famille, un séjour cyclo au Val de Roland, c’est transformer chaque sortie en aventure et chaque montée en histoire à raconter. À seulement 500 mètres du centre du village, la résidence propose des appartements spacieux et entièrement équipés, de 2 à 8 personnes, pensés pour vous créer un petit cocon au retour de vos sorties. INFORMATION ET RÉSERVATION Tél : 05 62 42 97 11 ; valderoland.fr Résidence Val de Roland 3 Rue de la Lanne 65120 Luz-Saint-Sauveur


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MENTIONS LÉGALES

The Red Bulletin autour du monde Directeur de la publication Andreas Kornhofer Rédacteur en chef Andreas Rottenschlager Direction créative Erik Turek (dir.) Kasimir Reimann Maquette Marion Bernert-Thomann Miles English Kevin Faustmann-Goll Patrick Schrack Rédaction photo Eva Kerschbaum (dir.) Marion Batty Susie Forman Matti Wulfes Gestion de la rédaction Marion Lukas-Wildmann Managing editor Ulrich Corazza Global content Tom Guise (dir.) Lou Boyd Publishing management Sara Car-Varming (dir.) Hope Elizabeth Frater Design éditorial Peter Knehtl (dir.) Lisa Jeschko Tino Liebmann Matthias Preindl Sophie Weidinger Création marketing Julia Schinzel (dir.) Martina Maier Florian Solly Production & fabrication Veronika Felder (dir.) Martin Brandhofer Walter O. Sádaba Sabine Wessig Iconographie Clemens Ragotzky (dir.) Claudia Heis Nenad Isailovic Josef Mühlbacher Management vente Klaus Pleninger Subscription Peter Schiffer (dir.) Viktoria Schwärzler Yoldaş Yarar

The Red Bulletin est distribué dans cinq pays chaque mois. Voyez ici la cover de son édition allemande, avec le coureur cycliste Florian Lipowitz.

Adresse de la publication Am Grünen Prater 3 1020 Vienne, Autriche Téléphone : +43 1 90221-0 redbulletin.com Servus Media Dietmar Otti (Head of Servus Media) Matthias Brügelmann (Head of Content) Marlene Beran (Head of Operations) Stefan Ebner (Head of Commercial & Marketing) Propriétaire médias et éditeur Red Bull Media House GmbH Oberst-LepperdingerStraße 11–15 5071 Wals bei Salzburg Autriche FN 297115i Landesgericht Salzburg ATU63611700 Directeurs généraux Dietmar Otti Marcus Weber

THE RED BULLETIN Allemagne ISSN 2079-4258 Rédacteur en chef Allemagne David Mayer Rédaction Stephan Hilpold (senior editor), Lisa Hechenberger Country project management Natascha Djodat THE RED BULLETIN Autriche ISSN 1995-8838 Rédactrice en chef Autriche Nina Kaltenböck Rédaction Stephan Hilpold (senior editor), Lisa Hechenberger Country project management Julian Vater THE RED BULLETIN Royaume-Uni ISSN 2308-5894 Rédactrice en chef Royaume-Uni Ruth McLeod Country project management Ollie Stretton THE RED BULLETIN Suisse ISSN 2308-5886 Rédactrice en chef Suisse Anna Mayumi Kerber Rédaction Stephan Hilpold (senior editor), Lisa Hechenberger, Christine Vitel Country project management Meike Koch

THE RED BULLETIN

THE RED BULLETIN France ISSN 2225-4722 Rédacteur en chef et distribution France Pierre-Henri Camy Rédactrice adjointe et projets spéciaux Marie-Maxime Dricot Production éditoriale Christine Vitel Traductions & correction Willy Bottemer Valérie Guillouet Claire Schieffer Gwendolyn de Vries Audrey Plaza (correction) Abonnement Prix : 12 €, 10 numéros getredbulletin.com Siège de la rédaction 16 rue Saint-Antoine 75004 Paris +33 (0)1 40 13 57 00 Impression P/mint Sp. z o.o. ul. Pułtuska 120 07-200 Wyszków Pologne Ventes médias & partenariats Yoann Aubry yoann.aubry@redbull.com François Vergès francois.verges@redbull.com Date de parution 18 juin 2026 Dépôt légal À parution Les journalistes de SO PRESS n’ont pas pris part à la réalisation de The Red Bulletin. SO PRESS n’est pas responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité des autrices et des auteurs.


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BOUGER

Profil

Fitness First move Dans chaque édition, un membre du Fitness Squad Red Bull Road To Hyrox raconte son premier pas vers une vie active et sportive. À vous de jouer ?

Mon coup de cœur sportif est né avec le basket, dès mes 9 ans. Ce sport m’a façonné pendant plus de quinze ans, jusqu’à devenir coach. Une étape clé fut mon expérience de joueur aux USA. J’y ai découvert une mentalité : perf’, réussite et confiance en soi. Cette culture m’a structuré en tant qu’athlète et personne, et a renforcé ma conviction que le collectif est au cœur de toute progression. Devenu coach sportif en 2012, je place la relation humaine au centre de ma pratique. Au-delà des plans d’entraînement, tout repose sur la confiance et le dialogue. Et le feedback : plus les échanges sont clairs, plus l’entraînement sera précis et efficace. L’objectif n’est pas de s’entraîner davantage, mais mieux.

De cette vision est né Haus One, salle que j’ai cofondée à Paris, dédiée à la performance et à la récupération, avec une approche globale : effort, régénération, suivi. En parallèle, je reste athlète :

« L’objectif n’est pas de s’entraîner davantage, mais de s’entraîner mieux. » Maxime Krantz, coach et fondateur de Haus One

marathons, triathlon, puis Hyrox depuis plus de trois ans. Depuis deux ans, je coach le Fitness Squad de Red Bull, un groupe de créateurs qui s’entraîne chaque semaine autour de l’Hyrox. Un défi ludique devenu un cadre de progression, porté par l’émulation collective. Pour moi, progresser repose sur deux piliers : des objectifs clairs et un environnement adapté. S’entourer des bonnes personnes – coach, groupe, structure – fait toute la différence pour tenir le cap et dépasser ses limites.

Le prochain THE RED BULLETIN sortira le 3 septembre 2026. THE RED BULLETIN

120 PRODUCTION/VINCENT SORIN

Max Krantz, 36 ans, coach sportif et boss de la salle Haus One (Paris). Il accompagne les athlètes du Fitness Squad de Red Bull, qui se dépassent dans l’Hyrox grâce à son approche empathique. IG : @maximethe1 ; @hausoneparis


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