SUISSE 3,80 CHF – 2/2025 ABONNE-TOI DÈS MAINTENANT getredbulletin.ch
HORS DU COMMUN NU SPÉMÉRO CIA L
VÉ L
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FORCE MOTRICE
L’athlète de BMX freestyle suisse Nikita Ducarroz bouscule les codes du haut niveau et trace la ligne d’une nouvelle génération
PLUS MATHIEU FORGET / VALENTINA HÖLL / MARC HIRSCHI / SIRENS OF LESBOS / MIRIAM SUTER
RADO.COM
MASTER OF MATERIALS
RADO ANATOM
Miriam Suter est journaliste et autrice. Avec la slameuse Lisa Christ, elle a produit, le podcast féministe Faust & Kupfer (en alle mand). Dans notre rubrique littéraire On a Positive Note, elle r aconte à quoi elle occupe ses nuits sans sommeil. Page 96
Agustin Muñoz est passionné de photo graphie depuis son plus jeune âge. Aujourd’hui, ce Costaricain parcourt le monde pour documenter l’action et les émotions des athlètes mondiaux. Dont Nikita Ducarroz. Page 36
Samuel Waldis est journaliste au T ages- Anzeiger, et rédacteur. Pour ce numéro, il a réali sé le portrait de la pro du BMX Nikita Ducarroz, lors de son entraînement au Costa Rica, entre repé rage photo et sessions de freestyle. Page 36
THE RED BULLETIN
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ÉDITORIAL & CONTRIBUTIONS
n BMX peut-il vraiment changer une vie ? Pour Nikita Ducarroz, la réponse est un grand OUI ! Cette athlète helvético-américaine a vu son monde bouleversé grâce à ce vélo, qui l’a propulsée au cœur d’une communauté mondiale de cyclistes freestyle. Rencontre au Costa Rica, p. 36 ! Depuis son arrivée au Tudor Pro Cycling Team, Marc Hirschi enflamme les routes. Le Suisse a un secret : la grinta, ce cocktail explosif de détermination et d’instinct, p. 48 ! Puis direction la Nouvelle-Zélande, p. 60, pour suivre l’Autrichienne Valentina Höll en pleine préparation pour les Mondiaux de VTT en Valais ! Enfin, petite incursion intemporelle avec notre sélection de photos aussi magiques que bluffantes, portées par le photographe Mathieu Forget, et les artistes contemporains ayant contribué à la collection BMW Art Car p. 72. Bonne lecture et… préparez-vous à être ébloui·e·s ! La Rédaction
AGUSTIN MUÑOZ (COVER)
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Qu’est-ce qui nous pousse à nous dépasser ? À braver l’inconnu ? À nous aventurer au-delà de nos propres limites ? C’est l’état d’esprit à l’origine de la marque TUDOR, le même qui anime chaque individu qui porte cette montre. C’est l’état d’esprit qui anime le TUDOR Pro Cycling Team. À leurs poignets, la TUDOR Pelagos FXD Chrono, un chronographe sportif de 43 mm de diamètre associant avec audace le carbone et le titane. Aussi léger que leurs vélos. Certains se contentent de suivre. D’autres sont nés pour oser.
PELAGOS FXD CHRONO
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CONTENUS Le cycliste professionnel Marc Hirschi aborde la saison de course avec confiance.
Cyclisme sur route
Dans sa roue
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Le coureur suisse Marc Hirshi s’engage à fond avec l’équipe Tudor Pro Cycling. En ligne de mire : le Tour de France… Downhill
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Vali ne l’a pas volée
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La jeune Autrichienne Valentina Höll est déjà quintuple championne du monde de VTT descente. Elle nous raconte comment elle garde la tête haute, et froide. Art Cars
Galerie L’addition, SVP! Hype check
Héros & héroïnes
Sydney Sweeney 18 Actrice
Lotus 20 B-Boy
Robin Gemperle 22 Ultracycliste
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Portfolio
En plein vol
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Mathieu Forget baigne dans l’univers du sport depuis l’enfance. Pas étonnant qu’il soit devenu son terrain de jeux et de prise de vue favori. BMX
No limit
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La rideuse de BMX suisse Nikita Ducarroz n’a pas remporté qu’une médaille olympique, mais aussi le cœur de toute une communauté.
Belles carosseries
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D’Andy Warhol à Jenny Holzer – des artistes du monde entier ont conçu le design de voitures BMW qui participeront aux 24 Heures du Mans. 83 88 90 92 94 95 96 98
Voyage Casse-tête Playlist Montre Agenda Mentions légales On a Positive Note Clap de fin
SANDRO BAEBLER
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Chaque hiver, les vagues de la Banzai Pipeline à Hawaï attirent l’élite du surf. Lors du lancement de la World Surf League, la championne en titre Caitlin Simmers (USA, photo) s’est l ivrée à un duel avec l’Australienne Tyler Wright, qui a eu plus de chance sur la vague de droite, la Backdoor. Peu importe, déclare Simmers : « Dans le tube ou depuis la plage : il n’y a pas de vague plus belle ! » Instagram : @caitysimmers THE RED BULLETIN
WSL/RED BULL CONTENT POOL
La vague du succès
STEPHAN HILPOLD
O’ahu, Hawaï, USA
GALERIE
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GALERIE
Vous imaginez passer l’hiver à crapahuter les villes et la campagne p olonaises ? Une perspective peu engageante, n’estce pas… c’est du moins l’avis du traceur Krystian Kowalewski, qui préfère des températures plus chaudes. Comme à Oman. Le triple champion du monde et vainqueur de Red Bull Art in M otion s’est fait plaisir dans les w adis r eculés du pays en exécutant une série de backflips et d’autres figures pour la nouvelle saison. L’histoire ne dit pas quelle était la température de l’eau des bassins turquoise et bien remplis à cette période de l’année. Instagram : @3runcoval ; redbull.com THE RED BULLETIN
AHMED AL FUDILI, KENNY CEROU
Salto on the rocks
STEPHAN HILPOLD, DAVID MAYER
Wadi Al Arbeieen, Oman
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Fribourg, Suisse
Haute saison À 4 832 mètres au-dessus du niveau de la mer, Julien Roux a établi un record du monde en fin d’année en marchant sur une slackline : un exploit impressionnant ! Mais ce n’est pas seulement l’altitude qui a marqué les esprits, c’est aussi le contexte : la corde était tendue entre deux montgolfières f lottant au-dessus du s ommet du mont Blanc. Pour conclure, le Français a sauté dans le vide en parachute. Instagram : @leslignesdeju
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GALERIE
Charleston, USA
Dans le court des grands Emma Navarro a le don d’ubiquité : alors qu’au début de l’année dernière, seul·e·s les initié·e·s connaissaient son nom, la joueuse de tennis américaine de 24 ans a été considérée comme la révélation de l’année après avoir a tteint les demi-finales de l’US Open. Autrement dit, elle est passée de la 121e à la 8e place du classement mondial en seulement six mois. Navarro, pas encore familière des projecteurs, se sent plus à l’aise chez elle, à Charleston, en Caroline du Sud (photo). Instagram : @emma_navarro48
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ROBERT SNOW/RED BULL CONTENT POOL
STEPHAN HILPOLD
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L’ADDITION, S’IL VOUS PLAÎT !
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Briser la glace
buts en onze mondiaux, c’est le palmarès du meilleur buteur du tournoi, Boris Mikhaïlov, avec la Sbornaja, l’équipe de l’URSS. Il a ensuite enchaîné les succès comme entraîneur, notamment avec le Rapperswil-Jona.
2026
La 88e édition du Championnat du monde de hockey sur glace masculin débutera le 9 mai en Suède et au Danemark. Allez la Suisse !
La Suisse sera pays d’accueil, à Zurich et Fribourg. Initialement prévue en 2020, l’édition a été annulée à cause de la pandémie. Ce sera la 12e fois que la Suisse organise l’événement, comme la Suède.
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des 4 distinctions individuelles sont remportées par des Suisses en 2024 : Kevin Fiala est sacré meilleur joueur et meilleur attaquant, et Roman Josi meilleur défenseur. Le prix du meilleur gardien revient au Tchèque Lukáš Dostál, malgré les excellents scores du Suisse Leonardo Genoni.
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médailles remportées par le Canada aux mondiaux de hockey sur glace dont 28 en or, un double record.
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77803
personnes ! Un record absolu d’affluence pour le match d’ouverture du championnat du monde 2010 en Allemagne, disputé à Gelsenkirchen. L’équipe hôte avait créé la surprise en battant les ÉtatsUnis pourtant favoris 2-1 en prolongation.
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à 0, le score de la Corée du Sud contre la Thaïlande lors du tournoi U18 d’Asie et d’Océanie, en 2024. C’est la plus large victoire d’un match international. Song Dong-hwan a marqué trente buts.
WERNER JESSNER
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La place de l’équipe suisse sur le podium en 2018. Elle avait créé la surprise en décrochant la médaille d’argent, derrière la Suède, qui coorganise l’événement cette année.
GETTY IMAGES, ADOBE STOCK
kilomètres parcourus par le Suédois Oliver Ekman- Larsson en dix matchs au Danemark, en 2018. Le Suisse Nino Niederreiter s’est classé 5e avec 52,39 km.
TIM MARRS
60,89
matchs de championnat du monde disputés par Andres Ambühl, un record absolu dans cette compétition qui date de 1920. Le capitaine du HC Davos, qui a porté le maillot de l’équipe suisse lors de 19 mondiaux, a annoncé sa retraite en février.
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HYPE CHECK
À mi-chemin entre un mogwai et un tamagotchi, Loona est une bestiole numérique au pelage lisse et aux grands yeux expressifs attachants.
L’objet Grâce à une caméra intégrée et une intelligence artificielle à la pointe, Loona reconnaît les visages, détecte le toucher grâce à des capteurs, exprime des émotions par des mimiques, interagit et apprend de nouvelles compétences. Loona peut aussi poursuivre des rayons laser, jouer avec d’autres animaux et surveiller la maison. Le buzz Tout le monde aime Loona, du moins sur TikTok. La vidéo la plus populaire, avec 23,5 millions de vues, vient du créateur de contenus indonésien Medy Renaldy.
L’avis À mes yeux, Loona est le premier robot capable de remplacer vraisemblablement un animal de compagnie. La qualité de la combinaison de la technologie moderne et de la capacité d’interaction émotionnelle est décisive. Le coût de cet investissement : 500 CHF. BILAN
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À adopter sans hésiter… … si tu adores les a nimaux mais que tu es une bille pour en prendre soin. À oublier… … si ton moment favori, c’est quand ta boule de poils vient se blottir près de toi et frotter sa truffe humide contre la tienne.
KEYI TECHNOLOGY
En bonne compagnie
Kirafin
de son vrai nom Jonas Willbold, a 30 ans et divertit son 1,3 million de followers sur TikTok avec des formats comiques. En parallèle, il se passionne pour les produits et tendances tech. Pour nous, il analyse les derniers buzz en date.
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HÉROS & HÉROÏNES
Sydney Sweeney a connu la consécration avec la série E uphoria. Après plusieurs succès au cinéma, l’actrice révèle un nouveau talent : son assertivité face aux critiques et à la jalousie. Texte Rüdiger Sturm Photo David Roemer/Trunk Archive
Depuis longtemps, Sydney Sweeney fait preuve d’une résilience qui force le respect. Plus jeune, un accident de wakeboard l’a grièvement blessée près de l’œil. Aujourd’hui, elle en rit : « Pour moi, ce n’était qu’une égratignure, rien de plus. On m’a quand même fait dix-neuf points de suture, et puis la vie a repris son cours. » À 27 ans, l’Américaine originaire de Spokane (État de Washington) est en passe de devenir une actrice emblématique de son époque. Ses rôles dans des séries à succès comme Euphoria (où elle interprète Cassie, un personnage principal hyper sexualisé) et The White Lotus (dans laquelle elle incarne Olivia, dans la première saison, une fille issue d’un milieu privilégié et à la langue bien pendue) l’ont p ropulsée dans le haut du tableau hollywoodien, et lui ont valu deux nominations aux Primetime Emmy Awards en 2022. Le film Tout sauf toi ayant rencontré un succès surprise en 2023 lui a ouvert l’accès à des rôles autrement exigeants dans des thrillers comme Immaculée (2024) ou La femme de ménage (à l’affiche fin 2025).
Angry not angry
Mais le succès attise les jalousies et les critiques. Sydney Sweeney en a fait la rude expérience. Tout a commencé fin 2023 avec le clip des Rolling Stones, Angry, dans lequel l’actrice apparaît à l’arrière d’une Mercedes rouge décapotable, toute de cuir (dé)vêtue, moulée dans un bustier et une culotte cloutée, sous un pantalon d’étoiles ajouré… La vidéo, d iffusée en boucle sur les chaînes de télé, a attisé les critiques, estimant que l’hyper sexualisation de la jeune femme la dégradait. Sa position, Sydney Sweeney la revendique. « Je ne peux pas contrôler
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Focus
A déjà tourné avec Quentin Tarantino, Ron Howard, Julianne Moore, Jennifer Coolidge, Zendaya, Elisabeth Moss… Entrepreuneuse Elle a réalisé un business plan sur 5 ans avant de se lancer dans le cinéma Loisirs la mécanique, le MMA
qui ont provoqué une vague de moqueries sur son physique. Cette fois-ci, elle a riposté en republiant les posts des trolls (avec leurs noms de profil sur Instagram) et, en parallèle, des images de son programme d’entraînement actuel. En effet, en ce moment, la jeune comédienne incarne la boxeuse pro américaine Christy Martin, une icône des années 1990, dans un film du réalisateur australien David Michôd, et dont la sortie est prévue pour 2026. Pas de doutes : ces attaques auraient traumatisé plus d’une âme sensible… mais pas Sweeney. D’où lui vient cette étonnante confiance en elle ? « Je vois le verre à moitié plein », déclare l’actrice. Une lapalissade ? Pour Sweeney, il s’agit d’une vérité qui lui permet de garder un regard sensé et positif sur le monde. En tournage, elle a recours à sa propre société de production. « Je m’entoure de personnes proches avec qui j’ai eu de bonnes expériences dans le passé. »
Il en faut peu pour être heureux
ce que les gens pensent de moi, a-t-elle réagi. Mais je peux contrôler ce que je fais. J’ai choisi ma propre tenue parmi des rayons entiers de vêtements. Je me sentais tellement bien dedans, à la fois forte et sexy ! Il n’y a pas de mal à cela… Quand on me demande si je suis féministe, je réponds que c’est en embrassant le corps que j’ai que je m’émancipe. » La réaction hystérique du public a retenti quelques semaines plus tard, lors de la soirée des Oscars. Les médias n’ont pas été longs à faire un parallèle entre la jeune actrice blonde drapée dans une robe en soie crème et au décolleté généreux, et l’iconique Marilyn. « Alors que je m’étais juste fait couper les cheveux », s’est e xclamée l’actrice. Une considération des plus sages qui lui a bien servi par la suite, quand les critiques sont devenues de plus en plus acerbes. Les mauvaises langues ne sont pas rares à Hollywood, une productrice l’a même taxée de « pas jolie » et de « mauvaise actrice ». Sydney a contre-attaqué par l’intermédiaire de son attachée de presse : « Il est regrettable qu’une femme dans votre position s’en prenne à une autre, au lieu de lui faire profiter de son expérience et de son savoir-faire. »
Les trolls trollés
La dernière vague d’attaques a eu lieu en décembre 2024. Un tabloïd anglais a posté des photos de Sweeney en bikini
Au fil des années, Sweeney s’est endurcie : « Je ne peux pas forcer les gens à aimer quoi que ce soit. » Sweeney est restée de marbre face aux critiques systématiquement négatives de la comédie romantique Tout sauf toi (une adaptation libre de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare), coproduite par l’actrice. « Ce film est un peu mon bébé, je crois en lui. En fin de compte, c’est le jugement du public qui tranche : il a adoré le film. » Rester fidèle à soi-même est ce qui compte le plus dans la vie, selon elle. Un défi lorsqu’on est constamment sous l’œil des caméras ? Sydney Sweeney fait preuve, une fois de plus, d’une sérénité désarmante : « Non, je reste moi-même. Autrement dit : je fais ce que j’aime. Je cuisine, je passe du temps avec mon chien, je rends visite à mes amis et à ma famille, ou je lis. En somme, je suis parfaitement normale ! Je suis plutôt casanière. Parfois même, un bon cookie, ça me suffit pour être heureuse. » Instagram : @sydney_sweeney
« C’est le jugement du public qui tranche. » Ignorer les critiques ? Une stratégie payante comme le prouvent ses choix pro.
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HÉROS & HÉROÏNES
B-Boy Lotus s’est progressivement imposé sur la scène du break suisse. À l’approche du Red Bull BC One Cypher Switzerland, le jeune B-Boy se confie sans détour. Texte François Graz Photo Muriel Florence Rieben
Fine fleur du break helvétique, Matéo Prinz aka Lotus n’en finit plus d’impressionner au fur et à mesure des compétitions, locales et internationales. Il faut dire que l’aisance scénique du B-Boy de 18 ans a de quoi déconcerter, tant on en oublierait que ce dernier a plus d’une décennie de pratique au compteur. Derrière ce caractère candide se cache un danseur méticuleux qui a su garder les pieds sur terre. Guidé par sa passion, Lotus va tenter de décrocher pour la troisième fois consécutive le précieux sésame de meilleur breaker du pays lors du Red Bull BC One Cypher Switzerland, le 31 mai prochain. Rencontre. the red bulletin : Tu as débuté le break à l’âge de 6 ans ; qu’est ce qui t’a attiré dans cette pratique ? lotus : Étant petit, j’étais déjà particulièrement intéressé par la musique et la danse. Ma maman donnait des cours de danse africaine dans le canton de Neuchâtel, à Cressier. Un jour, elle m’a emmené voir une session de break animée par Artur Libanio et Paulo Silva, cofondateurs de l’école de breakdance Groove Academy et de l’événement Groove Session. Je suis resté environ deux heures, et j’ai directement accroché ! Par la suite, j’ai commencé à Cressier puis je suis parti à Neuchâtel grâce à la compagnie The Squad, avec laquelle je performe encore aujourd’hui. Que signifie ton pseudonyme ? Lotus, c’est le surnom que m’a donné ma mère plus jeune, car pendant les concours j’étais hyper calme, je ne causais pas de problèmes ! C’est aussi une référence à la fameuse position de yoga que j’ai d’ailleurs longtemps pratiquée avant d’arrê-
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Focus
Anniversaire 14 septembre, le même jour que son meilleur ami B-Boy Smile Palmarès Double vainqueur du Red Bull BC One Cypher Switzerland 2023/2024 Dans sa playlist Mairo côtoie Westside Gunn
tercar elle m’a fait sacrément mal aux genoux et qu’avec le temps, elle ne colle plus vraiment avec ma proposition artistique. Ceci dit, j’ai gardé mon pseudonyme car il définit bien ma personnalité et surtout, il provient d’une personne proche qui me connaît par cœur. As-tu un move signature ? Je n’ai pas de figure signature, car je m’efforce de rendre chacun de mes mouvements unique. Pour développer, les caractéristiques de mes moves peuvent résider dans une souplesse centrée sur le corps, la tête, la nuque, bref des flexions d’extraterrestre un peu. (Rires) Mon mantra, c’est de redéfinir les codes ainsi que la vision du break à ma façon. Premier fait marquant de ta jeune carrière, une victoire à la Groove Session en compagnie de Stripes, en 2018. Quel souvenir en gardes-tu ? Honnêtement, sur le moment, je n’ai pas réalisé la chance que j’avais de faire équipe avec une légende du break comme Stripes ! C’est un danseur hors pair. Il m’a pris sous son aile, et j’ai énormément appris et échangé avec lui. Ce concours a été déterminant pour moi en tant que B-Boy dans le sens où j’ai reçu plein de commentaires élogieux sur les réseaux suite à la victoire. À l’instant T, je me suis dit : « Okay, là tu ne peux pas retourner en arrière, il faut que tu continues sur ta lancée. »
En l’espace de deux ans, tu as été couronné double champion en titre du Red Bull BC One Cypher Switzerland. Prêt pour la passe de trois ? Comme pour les précédentes éditions, mon but ultime, c’est avant tout de prendre du plaisir. C’était une très bonne expérience avec la dose de stress qui va avec ! Bien que je n’ai rien laissé paraître, j’étais hyper anxieux lors de mes passages, et même si j’ai gagné, je ne suis pas pleinement satisfait de ma prestation. Actuellement, je travaille à fond que ce soit au niveau physique ou au niveau mental. C’est clair que si je suis lauréat pour la troisième fois, ce serait une belle performance dans l’histoire de la compétition mais comme précisé, mon objectif principal c’est de m’amuser à fond ! Que penses-tu de la scène break en Suisse ? On a une nouvelle vague locale super prometteuse mais également une réelle identité avec des crews emblématiques tels que les Neuchâtelois Deep Trip (dont font partie Artur Libanio et Paulo Silva) ainsi que les Bâlois Basel City Attack. Ceci dit, je trouve que la discipline reste ancrée dans l’underground car même s’il y a un sacré niveau en Suisse, on ne va pas forcément vouloir s’exposer hors frontières. Mon but, c’est justement de faire rayonner le pays à l’international et d’inspirer les générations futures comme je l’ai été plus jeune. As-tu un rituel avant de te produire sur scène ? J’essaie de visualiser la scène ainsi qu’au moins quatre mouvements que je compte exécuter. Ensuite, je m’isole avec mon casque vissé sur les oreilles, au calme. Parfois c’est important de se couper de tout élément extérieur pour réviser. C’est quoi la suite pour toi en 2025 ? Pour ce qui est du break, j’aimerais essayer de m’établir dans le milieu et partager ma vision artistique. Concernant ma vie personnelle, j’ai deux options ; soit je file à l’université de Saint-Gall pour faire des études en économie, soit je prends une année sabbatique pour explorer le monde. Instagram : @lotus_tsfk
« Je m ’efforce de rendre chacun de mes moves unique. » Dixit Lotus, un B-Boy en pleine ascension.
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HÉROS & HÉROÏNES
Robin Gemperle est la révélation de l’ultracyclisme. LeLeSuisse Suissenous nousraconte racontecomment commentson sonacribie acribie etet son son côté côté hipster hipster l’ont l’ont propulsé propulsé auau sommet de cette discipline de l’extrême. Texte Marco Cousin Photo Nils Laengner
Lorsqu’il participe à des courses d’ultra cyclisme, il attire tous les regards : et pas seulement parce que Robin Gemperle, bientôt 29 ans, est l’un des meilleurs repré sentants de cette discipline d’ultra endu rance et ultra longue distance du moment ; l’un de ceux qui transpirent sur les plus hauts cols, qui se frayent un chemin à travers les déserts les plus irréels ou qui portent leur vélo sur des éboulis et dans la boue. Et rien dans son apparence ne laisse deviner qu’il est un athlète extrême à plein temps. Au contraire, avec sa coupe mi-longue, sa boucle d’oreille et sa tenue noire tendance, le natif du canton d’Argo vie s’intègre parfaitement dans l’espace de coworking d’Aarau où nous l’avons rencon tré. Gemperle est la star de sa discipline. Si Gemperle ne pratique l’ultra cyclisme que depuis trois ans, il pédale depuis toujours. Ado, il était déjà identifié comme un vététiste talentueux au point d’être sélectionné dans la Scott-SRAM MTB Racing Team, l’équivalent du Real Madrid dans le foot. Il se fixait déjà des objectifs extrêmes, mais trop élevés à l’époque. « À l’entraînement, je poussais toujours à l’extrême, j’étais arrogant. » Mais après seulement deux ans, il était au bout du rouleau et il a tout arrêté.
Nouveau départ et Fritto Misto
Il change radicalement de vie, étudie l’architecture à l’ETH, mixe dans les clubs zurichois et organise des événements gastronomiques sous le nom de « Fritto Misto »… Une vraie figure de la scène hipster zurichoise, au cœur d’une commu nauté bigarrée. « Une période géniale, s’exclame-t-il, penché sur son café crème. J’ai besoin encore aujourd’hui de cette vie urbaine pour contrebalancer les effets de ma lutte incessante pour la victoire. »
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Focus
Premier vélo un Scott Scale RC 2012 Meilleure expérience culinaire un burger Txuleta au Bar Desy, à San Sebastian A également travaillé comme jardinier dans une maison de retraite
Le vélo n’a jamais lâché Gemperle : lors de sorties en bikepacking, son endurance ne passe pas inaperçue. Il ose alors se lancer dans ses premières expériences en ultracyclisme, au grand dam des amis qui l’accompagnent : 1 000 kilomètres en cinquante heures ? Pourquoi pas ! Quinze heures d’affilée en selle ? C’est parti ! L’an cien athlète de haut niveau en redemande et ne tient plus en place, sans cesse à la recherche d’un nouveau défi. Et cette fois, ce sera la Transcontinental Race 2022 (TCR), une course d’ultra-endurance de tous les superlatifs. Seuls le départ, l’arri vée, quelques segments fixes et des points de contrôle sont imposés. La distance totale du parcours peut alors atteindre les 4 200 kilomètres. Clairement pas à la portée du premier venu. Lors de la Transcontinental Race, comme pour beaucoup de courses d’ultra cyclisme, la règle est simple : autonomie totale. Aucune aide n’est permise, même en cas de problème mécanique. Gemperle y participe pour la première fois en 2022. Son vélo ne résiste pas aux éléments et il est à plusieurs reprises sur le point d’abandonner. Le débutant qu’il est parvient finalement à se classer dans le top 10. Son ADN d’athlète de haut niveau reprend le dessus dans la foulée, et son côté hipster passe alors au second plan : pendant des nuits entières, Gemperle peaufine, ajuste et bricole minutieuse ment son Scott Addict Gravel RC Bike. Mais l’engagement de Gemperle ne se
limite pas à l’optimisation de son maté riel : il engage un coach, passe des heures sur son home-trainer dans sa buanderie, chauffée pour simuler les températures élevées du TCR. Lors de sa deuxième participation, Gemperle est battu de peu par le grand maître de l’ultracyclisme, l’Autrichien Christoph Strasser. Pour sa troisième course en 2024, entre Roubaix, dans le nord de la France, et Istanbul, il n’a qu’une obsession : gagner. Et c’est avec plus de six heures d’avance sur ses concurrents que Gemperle franchit la ligne d’arrivée le premier. La créativité de son entraînement, la préparation méticuleuse de son itinéraire, un vélo peaufiné jusque dans les moindres détails… Une preuve éclatante que la rigueur paie. « Mon pro fessionnalisme me distingue des ultra cyclistes classiques », analyse-t-il.
Une course avant tout
Un état d’esprit avec lequel cet homme de 29 ans ne s’est pas fait que des amis : certaines critiques estiment que l’ultra cyclisme devrait rester un sport d’aventure, et non devenir une compétition de perfor mance pure. Qu’en pense le principal intéressé ? « Je n’aime pas quand l’ultra cyclisme est idéalisé. Au-delà de l’aven ture, une course reste une course. Et les courses sont faites pour être gagnées ! » Pour concrétiser cet objectif à l’avenir, Gemperle est prêt à faire de nombreux sacrifices : « Je gère mon sommeil, mon entraînement, mon poids, mon alimenta tion. Dix ans plus tôt, c’était différent, et je prends aujourd’hui mes décisions en toute connaissance de cause. » L’obsession de la victoire a cédé la place à une philosophie plus équilibrée qui lui permet de concilier plusieurs choses au quotidien : Gemperle choisit dorénavant ses courses et s’en traîne à dessein, sans excès, offrant ainsi à ses événements gastronomiques toute la place qu’ils méritent dans sa vie. Après presque chaque séance d’entraînement, il rend visite à son meilleur ami, coiffeur, non pas pour se faire couper les cheveux, mais pour partager un café. On le voit : l’athlète et le hipster font désormais la paire dans la vie de Robin Gemperle, assurément la recette de la victoire. Instagram : @robingemperle
« Les courses sont faites pour être gagnées !» Dans l’ultracyclisme, Robin Gemperle aime autant la performance sportive que le côté aventure.
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Illusions suspendues Du cyclisme sur piste à l’escrime : le photographe Mathieu Forget saisit chaque sport – de préférence en plein vol. Texte Simon Schreyer Photos Mathieu Forget THE RED BULLETIN
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Le cycliste Florian Grengbo, poursuivi par l’auteur de la photo : un instant capté sur le vif, réalisé sans trucage avec un timing parfait, au bout de cinq tours de piste seulement. Mathieu Forget : « J’ai dû faire un véritable bond en avant pour donner l’impression que je volais derrière Florian. » THE RED BULLETIN
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À mi-chemin entre la photo de sport et le glamour, l’esthétique de Mathieu Forget est aussi poétique que surréaliste. Dans ses clichés, le Français met en scène « ForgetMat », son alter ego artistique, jouant des tours teintés d’humour aux athlètes, sans recourir à l’IA.
Conçu par les architectes autrichiens de Coop Himmelb(l)au, le Musée des Confluences à Lyon est un bâtiment futuriste qui, malgré l’acier et le verre blindé, reste très aérien. Un cadre idéal, choisi par l’artiste français pour y r éaliser quelques figures de danse et de tennis avec la joueuse Caroline Garcia.
Mathieu Forget : « Cette photo a été prise au musée du Petit Palais à Paris. Mettre en scène ce noble sport, l’escrime, devant des tableaux de Monet, Géricault ou Rembrandt fut un honneur et un vrai plaisir. » L’escrimeur assis est le champion du monde Enzo Lefort, et l’homme masqué qui saute derrière lui n’est autre que… ForgetMat. THE RED BULLETIN
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PORTFOLIO
Pour réussir à faire (comme il le dit luimême) « décoller » les athlètes qu’il photographie, l’artiste insiste sur la légèreté qui doit se dégager de ses clichés – d’où le nombre très restreint de prises : « Au-delà, la situation perd de sa spontanéité, et donc de sa légèreté. » Il applique aujourd’hui cette même nonchalance à tous les aspects de sa vie et ne se prend pas trop au sérieux dans sa façon de se mettre en scène ou face aux critiques que cela peut générer. Mais d’où lui vient ce désir de s’envoler ? « Je viens d’une famille de sportifs (son grand-père Pierre et son père Guy ont été de grands champions de tennis, ndlr), mon frère Thibault est lui-même joueur pro, mais mon premier univers, c’est la danse contemporaine, que j’ai étudiée à Los Angeles. Ado, j’étais fasciné par le Moonwalk de Michael Jackson : partant de là, la vision du corps en apesanteur n’était plus très loin. » Instagram : @forgetmat
THE RED BULLETIN
Quand il a commencé à se photographier il y a quelques années, Mathieu Forget devait se débrouiller avec un déclencheur automatique : aujourd’hui, il emploie deux assistants et un vidéaste pour l’aider à réaliser ses photos. Les prises restent authentiques, sans aucun recours à l’IA – même si les petits clips créés autour de ces images et qui font sensation sur TikTok et Instagram peuvent, eux, être affinés à l’IA.
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Le judo est un sport de c ombat ancré au sol, qui exige stabilité et contrôle – le contraire du style aérien de l’artiste. Il a donc demandé à la judoka Romane Dicko de dénouer ses dreadlocks et de sauter. Petit bonus pour l’élégance : « Au lieu de k imonos, nous portions de longues robes légères en soie qui épousaient nos mouvements. »
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31 « Sasha Zhoya est l’un de mes bons amis et un personnage fascinant. Il fait partie de l’élite mondiale du 110 mètres haies, mais avant sa carrière pro, il était danseur – comme moi ! Il comprend donc parfaitement que mes photos doivent rendre à la fois de la fougue et de l’élégance, et il sait se mouvoir en conséquence. »
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Mathieu Forget (à gauche) et le prodige du badminton Christo Popov s’affrontent dans un duel m ystérieux entre ombre et lumière. « Le badminton est un jeu qui semble inoffensif et bon enfant. J’ai voulu donner à ce match un côté sombre et périlleux. » THE RED BULLETIN
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« Ma première passion fut le tennis, puis sont venues la danse et la photographie. D’un point de vue artistique, je me sens parfaitement à ma place. » Mathieu Forget (à gauche) et le nageur Florent Manaudou au bord d’une piscine à Antibes : « L’air rencontre l’eau. C’était l’idée fondamentale derrière ce cliché. Pour dissimuler la musculature de Florent, nous nous sommes habillés de v êtements fluides. Ainsi, l’état de lévitation semble plus crédible à l’œil. »
Une photo qui illustre magistralement la quintessence de son art : une jeunesse passée sur les courts de tennis, la grâce maîtrisée du danseur en apesanteur et une composition ultra précise. « Ici, j’ai retouché uniquement mes empreintes laissées dans le sable et la marque de l’impulsion du saut. »
Sport in the Air : un ouvrage entre rêveries artistiques et stars du sport, par Mathieu Forget. THE RED BULLETIN
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36 Une seconde d’éternité pour la médaillée olympique Nikita Ducarroz, dans le soleil couchant à Jacó, au Costa Rica.
Still in motion THE RED BULLETIN
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Texte Samuel Waldis Photos Agustin Muñoz THE RED BULLETIN
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Ado, elle souffrait d’anxiété. Devenue l’une des meilleures rideuses BMX au monde, Nikita Ducarroz défie les codes, et la gravité. L’athlète d’origine suisse et américaine est un modèle pour sa communauté – où chaque force compte et où chaque faiblesse a sa place. THE RED BULLETIN
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Pause d’entraînement au parc 10CIO à Jacó, au Costa Rica. Nikita a trouvé sa place dans la communauté mondiale.
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ors de la Coupe du monde 2022 en Australie, Nikita Ducarroz vit un moment qui restera à jamais gravé dans sa mémoire – et ce, malgré la barrière de la langue. La rideuse BMX helvético-américaine rencontre la Japonaise Miharu Ozawa. Nikita ne parle pas japonais, Miharu ne parle pas anglais. Mais leur passion commune pour le BMX crée un lien fort entre elles. À ce moment-là, Nikita ne sait presque rien de Miharu. À l’exception de cette vidéo qu’elle a vue d’un de ses tricks, un 540, où la jeune ado tourne une fois et demie sur elle-même. « Miharu maîtrisait déjà ce trick mieux que moi à l’époque. Elle a trop la classe », s’exclame Nikita. Du haut de ses onze ans seulement, Miharu, qui ne peut pas encore faire partie de l’élite du BMX, attise les curiosités dans le milieu. Peu après cette rencontre, Nikita héberge Miharu chez elle en Caroline du Nord. Elles passent deux semaines à vivre et s’entraîner ensemble. Et ce qui se passera par la suite au park de BMX, Nikita ne l’oubliera jamais : « Miharu est très timide. Mais sur son vélo, elle se révélait totalement. Elle faisait des choses qu’on n’avait jamais vues chez les filles. » Ce sentiment de soudaine liberté, Nikita le connaît bien : elle en a fait elle-
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même l’expérience quand elle s’est coupée du monde à l’adolescence à cause de ses troubles anxieux et que le BMX lui a permis de se reconnecter aux autres. À l’époque, voilà près de quinze ans déjà, Nikita ressemblait beaucoup à Miharu. Et c’est la communauté du BMX qui l’a sauvée. Les aînés s’occupent des jeunes riders et rideuses. Les plus jeunes grandissent et reprennent alors les rênes pour la génération suivante. Tel est le mécanisme social dans cette communauté, qui est devenue une vraie famille pour Nikita. Les défis auxquels elle a été confrontée dans son parcours, la manière dont elle en est ressortie grandie, pour finalement devenir elle-même une véritable pionnière, voilà ce dont il est question ici.
Des deux côtés du Pacifique
Nikita naît en 1996 d’une mère américaine et d’un père suisse. Elle grandit à Glen Allen, une ville de 700 habitants près de San Francisco, à quelques kilomètres de l’océan Pacifique. Ses vacances d’été, elle les passe en Suisse, à Genève, où elle fait du BMX sur la plaine de Plainpalais. Nikita Ducarroz est aujourd’hui âgée de 28 ans. Elle fait partie depuis des années des meilleures rideuses BMX au monde – et c’est l’une des plus aguerries : elle est actuellement onzième au classement mondial, toutes celles qui la précèdent sont plus jeunes qu’elle. Nikita est considérée comme une rideuse avec un très grand répertoire de tricks. Et c’est justement ce qui lui a permis d’accéder au top niveau absolu. Son move signature, c’est le 540, ce trick que Miharu maîtrise si bien et que très peu de femmes sont capables de réaliser en compétition. En 2021, Nikita a été sacrée championne d’Europe à Moscou. Elle a également été vice-championne du monde à deux reprises et a décroché le bronze aux JO de Tokyo en 2021, pour la première apparition de sa discipline aux Jeux. C’est sa plus grande victoire. Ce jour-là, elle s’en souvient comme si c’était hier. En haut de la rampe à Tokyo, juste avant le départ, la montre connectée de Nikita affiche un pouls à 140. Les Jeux olympiques, c’est une consécration, a fortiori pour un sport comme le BMX. Nikita n’a pas encore le moindre trick dans les jambes à ce moment-là, mais
Toujours prête à bondir : Nikita en plein turndown sur une colline surplombant la côte du Costa Rica.
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son cœur bat la chamade. Elle est en position pour décrocher une médaille et veut la consolider au deuxième run. Mais c’est la chute. Elle est toujours troisième. Commence alors l’attente, le temps que chaque rideuse finisse son run. Pour Nikita, c’est la plus longue attente de toute sa vie. Les caméras capturent l’expression sur son visage au moment où la dernière rideuse s’élance. Et puis, c’est la délivrance : le bronze est pour elle – une cascade d’émotions l’envahit. Les larmes. Le soulagement. Le bonheur. Ce moment, elle en parle comme d’un chaos absolu,
« La scène freestyle est une communauté joyeuse et très accueillante, où chaque run réussi est une fête. »
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Kenneth Tencio, lui-même athlète costaricien de BMX, porte la rampe qui servira aux photos. En lui, Nikita a trouvé un allié.
mais un bon chaos. Tout le monde la prend dans ses bras, son entraîneur, bien sûr, mais aussi toutes les rideuses qui, sur le papier, sont ses concurrentes. Sport récent, apparu dans les années 1960 aux États-Unis, le BMX est longtemps tourné en dérision et n’est pas pris au sérieux par les disciplines en place, ce qui crée une véritable cohésion entre les riders et les rideuses.
La figure inspirante
Les runs se font sur un petit vélo sans vitesse avec des pneus de 20 pouces. Pour schématiser, il y a deux disciplines : les courses de BMX, qui sont axées sur la vitesse, et le BMX freestyle, où le but est de rouler de la manière la plus acrobatique possible. Au sein de la sous-catégorie Park, dans laquelle évolue Nikita, les rideuses choisissent leur propre parcours et réalisent des figures sur différents types d’obstacles. Au sein des fédérations, les hommes et les femmes sont désormais sur un pied d’égalité, tant en ce qui concerne le nombre de compétitions que le montant des prix. Mais dans d’autres contests, ce sont encore et toujours les hommes qui mènent le jeu. Aux X Games par exemple, deuxième plus grand événement freestyle du monde avec les JO, la compétition n’est ouverte aux femmes que depuis 2024. Le milieu a donc un besoin urgent de modèles féminins. À l’image de Nikita Ducarroz. Notamment parce qu’elle a été l’une des premières à pouvoir vivre du BMX. La pas encore trentenaire est une source d’inspiration pour les jeunes rideuses, pour toutes les Miharu qui veulent rejoindre le cercle de l’élite mondiale.
Les modèles féminins sont rares dans le BMX. Avec ses bonnes vibes et son sens de la communauté, Nikita est une inspiration.
Ce printemps, Nikita s’entraîne au Costa Rica, plus précisément dans la ville côtière de Jacó, au bord de l’océan Pacifique. Ce pays d’Amérique centrale offre des conditions climatiques idéales, tant pour profiter de la vie que pour s’entraîner au BMX. Nikita nous décrit les infrastructures sur place : « Le bikepark offre une incroyable variété de rampes d’une taille équivalente à celles que l’on retrouve dans les contests. On peut aussi s’entraîner en salle, donc on ne dépend pas de la météo. » Au moment où cet article est rédigé, Nikita mentionne avoir rentré son premier flair, un backflip avec une demi-rotation – une grande première pour elle. Sur la vidéo envoyée par WhatsApp, la satisfaction et la liesse se lisent sur tous les visages des personnes présentes. Nikita n’est pas seule au Costa Rica : tout un groupe de rideuses de niveau international s’est retrouvé ici pour s’entraîner ensemble.
Elles vivent aussi ensemble. Nikita partage son logement (piscine et salle de sport privée incluses) avec Liz et Queen Villegas, les jumelles colombiennes. Chaque matin, elles se font une séance d’entraînement en commun d’environ trois heures, voire plus si elles sont particulièrement inspirées. L’après-midi, direction la salle de sport. Et le reste du temps, elles profitent de la plage pour recharger leurs batteries. « Cette communauté représente tout pour moi », résume notre héroïne. Mais qu’est-ce qui fait qu’une communauté est bonne, saine ? Nikita estime qu’il y a trois facteurs essentiels. Premièrement, la motivation : elle doit toujours être plus forte que la pression. Dans un groupe sain, tout le monde se motive pour s’améliorer. Chaque rideuse rentre chez elle inspirée, sans se sentir vidée ni diminuée par les autres. Deuxièmement, la coopération : chaque membre de la communauté se
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4 étapes pour aller mieux Dans son parcours jusqu’à l’élite mondiale du BMX, Nikita Ducarroz a eu son lot d’obstacles psychologiques à surmonter. Bien que l’anxiété n’ait pas complètement disparu de sa vie, elle a trouvé des solutions pour la gérer et s’en accommoder. Voici quatre de ses méthodes, que tout le monde peut appliquer. THE RED BULLETIN
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La santé concerne autant le corps que la psyché La santé mentale est un sujet dont on parle de plus en plus, mais certains aspects restent tabou. La méthode de Nikita pour les rendre audibles, c’est de faire une comparaison avec le corps : une détresse psychologique n’est pas différente d’un bras cassé. Nikita a beau connaître tout cela sur le bout des doigts, elle doit s’en convaincre elle-même à chaque fois.
La salle d’entraînement au 10CIO Park est dirigée par l’athlète Kenneth Tencio. La scène internationale du BMX s’y retrouve souvent.
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Focus musculaire et respiratoire Faire un scan corporel en commençant par les pieds. On contracte ses muscles et on les relâche. Puis, on continue en remontant, vers les mollets, et on refait la même chose. On parcourt ainsi tout le corps jusqu’à la tête. On pense bien à inspirer et à expirer profondément en toute conscience. Pour Nikita, c’est l’exercice imparable pour se d étendre sans s’endormir.
Nikita avec Liz et Queen Villegas, les jumelles colombiennes, rideuses professionnelles de BMX.
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Voix familière Discuter avec une personne que l’on connaît bien et dont la voix nous est familière. Quand on est submergé par ses pensées, cette méthode permet de se recentrer sur soi. Nikita : « Parfois, il suffit d’un bref échange pour se recentrer et remettre ses idées en place. »
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Boîte à outils d’urgence Une fois que l’on a trouvé des méthodes qui fonctionnent pour soi, l’idéal est de les noter sur son portable (écouter sa musique préférée, la technique des cinq sens, la respiration ventrale, etc.), car dans les moments de détresse, on oublie quoi faire. C’est là que ce genre de liste peut être utile. Nikita peut ainsi se faire un aperçu rapide des méthodes qu’elle a sous la main quand tout devient soudain trop compliqué. Envie d’en savoir davantage sur le sujet ? Sur le compte Insta @m1ndtricks, Nikita parle en détail de la santé mentale.
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réjouit sincèrement des progrès et des réussites des autres. À l’instar de la fois aux Jeux olympiques de Tokyo, où les autres rideuses se sont réjouies avec Nikita de sa médaille de bronze et où elles l’ont serrée dans leurs bras. « Contrairement aux sports classiques où l’on se mesure les uns aux autres, la scène freestyle est une communauté joyeuse et très accueillante, où chaque run réussi est une fête. » Et troisièmement, la place à l’individualité. Comme Nikita l’explique, tout le monde doit pouvoir être soi-même. Sans avoir le souci constant de devoir s’adapter. Comment fait-on pour savoir si ces facteurs sont bien présents ? Nikita a une astuce : « Il faut se demander comment on se sent après avoir passé du temps dans un groupe. Si on se sent bien, en sécurité et inspiré, il y a de grandes chances pour que l’on soit au bon endroit. »
Le point de bascule
Ce sentiment, Nikita l’éprouve pour la première fois alors qu’elle traverse la période la plus difficile de sa vie. Elle a 14 ans et elle joue au foot. Mais ses troubles anxieux et ses crises de panique lui rendent la vie impossible. À tel point que Nikita finit par se couper complètement du monde et par se retrancher chez elle. À cette époque, elle découvre le BMX sur YouTube et se dit qu’elle tient peut-être quelque chose. Elle se procure donc un vélo et fait ses premiers essais dans l’allée devant chez elle. Toute seule. C’est là qu’elle fait une découverte sur Facebook qui va lui changer la vie : pas loin de chez elle, il y a un groupe de jeunes qui font du BMX. Nikita s’y fait emmener en voiture par sa tante. Dans une arrière-cour, ces jeunes, tous des garçons, se sont construits des dirt jumps, de petits monticules de terre par-dessus lesquels ils sautent avec leurs vélos. Et même si, à l’époque, Nikita ne sort pratiquement jamais de chez elle, elle décide d’y aller.
La nature du Costa Rica permet d’expérimenter de nombreux moves. Ici, Nikita réalise un fakie contre un palmier.
Grâce au BMX, Nikita n’a pas seulement trouvé une communauté, elle s’est retrouvée elle-même.
Elle ne sait pas pourquoi, mais quelque chose l’attire, quelque chose de plus fort que sa peur. C’est la seule fille. Mais la rencontre avec ces garçons lui donne un sentiment de liberté. Pour la première fois depuis longtemps, elle est de nouveau elle-même. Tout cela s’est passé il y a de nombreuses années. Mais Nikita en parle comme si c’était hier : « Ils m’ont acceptée et m’ont aidée à sortir de ma coquille. Je n’avais plus cette impression d’être cette fille qui restait assise dans son coin. » Ce moment avec ces garçons marque le début de sa guérison. Mais les crises de panique font encore partie de la vie de Nikita aujourd’hui, comme après les championnats d’Europe de 2023 en Pologne, où elle loupe de peu la médaille et se retrouve seule dans sa chambre d’hôtel : « Mon vol était quelques heures plus tard. Mon équipe et mon coach mental étaient déjà partis. Mon cœur a commencé à s’emballer, j’avais du mal à respirer. J’étais assise sur mon lit, je ne pouvais plus bouger. J’ai vécu une perte de contrôle totale. »
Nikita apprend beaucoup de ces crises d’angoisse, notamment grâce aux méthodes qu’elle a mises au point pour s’en sortir (voir l’encadré de la double page précédente). La rideuse est devenue une experte en santé mentale. Elle a créé le compte Instagram @m1ndtricks pour sensibiliser les gens à la question. Maintenant, elle sait comment s’en sortir toute seule et s’est entourée de gens qui lui apportent beaucoup et font partie de sa vie. Elle commence à réfléchir à son avenir. Une chose est sûre : « Je ne peux pas imaginer ma vie sans la communauté du BMX. » Miharu, la jeune Japonaise évoquée plus haut, a aujourd’hui 15 ans et elle fait partie des meilleures rideuses BMX au monde. Elle a même dépassé sa mentor au classement mondial. Nikita est ravie pour elle. Elle se souvient de l’époque où elle était à la place de Miharu et a été accueillie par la communauté. Celle qui trace désormais la ligne pour la nouvelle génération se félicite : « C’est bien d’être de l’autre côté. » Instagram : @nikita.ducarroz ; @m1ndtricks
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RACE AGAINST THE MACHINE Il a du mordant. Et l’instinct adéquat. Avec cela et son talent incroyable, Marc Hirschi est devenu l’un des meilleurs cyclistes suisses au monde. À la tête du Tudor Pro Cycling Team, le Bernois ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Texte Christof Gertsch Photos Sandro Baebler
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Celui qui veut aller loin doit parfois pédaler au plus bas. THE RED BULLETIN
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Tirer jusqu’au dernier souffle : Marc Hirschi s’entraîne dans le tunnel aérodynamique et va chercher ce qu’il faut pour se surpasser. Il sait que seul celui qui cherche la douleur peut l’apprécier jusqu’à décrocher la victoire. THE RED BULLETIN
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P Marc Hirschi
Né le 24 août 1998 à Ittigen (BE), il est devenu champion du monde et d’Europe U23 en 2018. En 2020, il a remporté une étape du Tour de France et le classique La Flèche Wallonne. Après plusieurs années dans l’équipe UAE Emirates, il roule depuis 2024 pour le Tudor Pro Cycling Team suisse. Objectifs 2025 : les Championnats du monde, le Tour de France et les Ardennaises.
ar un doux après-midi de mars, un coureur cycliste prend place dans un café près de la gare principale de Turin, commande une salade, une eau minérale et souffle un bon coup. Encore une heure avant le départ du train. Enfin le retour chez soi, pense-t-il, épuisé par onze journées de compétitions intenses (une course par étapes et quatre classiques d’un jour) au cours des trois dernières semaines. 1 889 km en selle, d’abord à travers le département français de l’Ardèche, puis sur les routes poussiéreuses de Toscane, puis de la côte tyrrhénienne à la côte adriatique, pour finir par la plus ancienne course cycliste au monde, Milan–Turin. Bilan du cycliste après ces semaines frénétiques ? Mitigé, avec une 4e et une 149e place pour meilleur et pire résultats. Normal, somme toute, car les plus grands objectifs restent à venir. Cet homme assis dans le bistrot s’appelle Marc Hirschi et est l’un des plus grands cyclistes actuels. Il a déjà remporté une étape du Tour de France, le classement général de plusieurs courses par étapes ainsi que deux classiques d’un jour très réputées : la Flèche Wallonne et la Clásica San Sebastián. Pourtant, il n’échappe pas, lui non plus, aux revers de la médaille : des heures et des heures de souffrances dont on ressort la tête vide et les jambes moulues. Il faut vraiment être taillé pour ça. Plus encore, il faut vraiment le vouloir. Et Marc Hirschi, le Bernois de 26 ans qui a grandi à Ittigen et vit aujourd’hui à Schmitten (FR), coche parfaitement les deux cases. Ce qu’il aime dans son sport, c’est que la réussite ne tombe jamais du ciel. Quand il gagne, il sait exactement ce qu’il a dû faire pour y parvenir. Quand on vise très haut, il faut savoir passer par les bas, un principe qu’il a su intégrer mieux que quiconque. Et c’est ce qui le rend tellement unique. Il poursuit ses objectifs avec un mélange de lucidité et d’ambition impressionnant, à l’image de son dernier en date : passer du rôle d’équipier à celui de leader.
Ces quatre dernières années, Marc a couru pour UAE Emirates au service de la vedette de l’équipe, Tadej Pogačar. Le Slovène, triple vainqueur du Tour de France, est actuellement considéré comme le meilleur cycliste au monde. Quand on est dans son équipe, on sait ce que l’on a à faire : être un équipier modèle. Car c’est comme ça dans le cyclisme : tous pour un et le même principe de hiérarchie dans chaque équipe. Un coureur est là pour gagner et les autres sont là pour le soutenir.
L’audace, un retour aux sources
Marc n’était pas malheureux chez UAE Emirates, au contraire. Il appréciait ses coéquipiers et lorsque Pogačar, qui a le même âge que lui, n’était pas au départ, il pouvait parfois saisir sa chance. Il sait se montrer reconnaissant envers son ancienne équipe, qui a prolongé son contrat au bout de deux ans alors qu’il devait subir une opération de la hanche compliquée et qu’il lui a fallu du temps pour revenir à son meilleur niveau. Mais quand son contrat est de nouveau arrivé à terme l’an dernier, Marc a compris qu’il était temps de changer de cap. Il ne voulait plus être un leader par défaut mais un leader à part entière. Plusieurs équipes ont aussitôt cherché à le recruter, mais Marc a choisi celle dont la devise correspondait le mieux à son état d’esprit : Born to dare (né pour oser) le slogan de la marque horlogère Tudor, sponsor principal du Tudor Pro Cycling Team, une équipe suisse. Pour Marc, il s’agit d’un retour aux sources. Il retrouvait Sebastian Deckert, son ancien entraîneur de longue date, ainsi qu’une légende du cyclisme suisse, Fabian Cancellara, fondateur et propriétaire de l’équipe. S’il a brièvement été son manager par le passé, ce dernier est surtout la raison pour laquelle Marc Hirschi s’est lancé dans le cyclisme. Quand Fabian Cancellara connaît ses heures de gloire à la fin des années 2000 et au début des années 2010, le père de Marc, Heinz, cycliste amaTHE RED BULLETIN
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Mens sana in corpore sano
La manière de se tenir sur le vélo, le matériel, l’aérodynamique… En course, chaque seconde compte, c’est pourquoi Marc Hirschi ne laisse rien au hasard.
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« Les victoires sont importantes. Mais j’aime aussi les jours où je lutte en vain. » Marc Hirschi a mis du temps à trouver le bon état d’esprit.
teur passionné, suit religieusement chaque course à la télé, son fils à ses côtés sur le canapé. Les deux ne manqueraient pour rien au monde les démonstrations spectaculaires de celui qui est presque leur voisin à l’époque, les Hirschi et les Cancellara vivant tous deux à Ittigen, petite commune bernoise. Une photo de l’époque montre Cancellara accueilli et célébré par les habitant·e·s de son village après sa première victoire olympique. Au milieu de la foule en liesse, on distingue un Marc encore tout jeune qui cherche timidement à obtenir un autographe. (Et la boucle est, pour ainsi dire, bouclée puisque quelques années plus tard, ce sera Cancellara qui cherchera à obtenir la signature de Marc.)
Objectif : maîtriser la grinta
Anaylse acribique
Mesurer, ajuster, optimiser : le Tudor Team passe des heures à peaufiner les positions de course de ses coureurs.
C’est grâce à Cancellara que Marc commence à s’intéresser au cyclisme pro, avant que son père n’allume la flamme pour de bon : tous les étés, ils prennent la route des Alpes, à l’assaut des cols mythiques du Tour de France dans leur voiture. Au milieu des grappes de fans, ils attendent des heures au sommet du dernier col de la journée le passage des pros du peloton puis passent la nuit sur place dans leur Toyota. Marc adorait partager cette passion avec son père et son frère et plus encore, adorait le fait de pouvoir tout décider lui-même. Sur un vélo, le succès ne dépend pas du bon vouloir d’un coach comme dans un club de foot par exemple. Technicien en informatique, son père organisait son emploi du temps pour pouvoir s’entraîner aussi souvent que possible avec lui. Marc ne manquait pas d’ambition. Il se disait que ce serait génial si le sport récompensait uniquement le travail acharné sans tenir compte du talent. Car dans ce cas-là, selon sa logique, il suffisait de s’entraîner toute la journée pour devenir le meilleur. Mais dans le cyclisme pro, il n’y a pas que le travail et le talent qui comptent. Il existe un troisième ingrédient : la grinta, comme on dit en italien, langue du cyclisme par excellence. La grinta, c’est un mélange de niaque, d’endurance, d’instinct de course. La grinta, c’est quand on sent quand les concurrents sont en train de craquer, quand on sait quelle roue suivre pour gagner le sprint, quand on choisit le bon THE RED BULLETIN
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DE HÉROS DU TOUR À CHEF DE TEAM : EN TANT QUE COUREUR, FABIAN CANCELLARA A TOUT ACCOMPLI. IL SERA DE RETOUR SUR LE TOUR DE FRANCE AVEC TUDOR. Quand Fabian Cancellara met un d’importantes difficultés finanterme à sa carrière en 2016, il le cières. La carrière de seize fait comme beaucoup en rêvent espoirs est sur la sellette. mais peu y arrivent : au sommet. En annonçant sa retraite, Il vient de remporter sa deuxième Cancellara a une certitude : celle médaille d’or olympique en qu’il ne dirigera jamais un team. contre-la-montre. Pendant une Mais il semble désormais que quinzaine d’années, il a fait partie seuls son associé Raphael Meyer, des meilleurs cyclistes au monde, PDG actuel de Tudor Pro Cycling, est devenu l’un des athlètes et lui-même sont en mesure de suisses les plus connus, et n’a sauver l’Academy. Ils posent les jamais fui la lumière des projecchoses à plat (ni grandes déclateurs. Et tout à rations, ni folles procoup, il disparaît. messes), et assurent la Ceux qui le survie de l’équipe. connaissent se Puis les deux compères demandent alors ont soif de plus et trouvent comment il va gérer en Tudor un sponsor prêt ce vide, l’absence à voir les choses en grand. de caméras et d’atÀ l’orée de la saison 2023, tention constante. la Swiss Racing Academy C’est l’une des devient Tudor Pro Cycling, grandes questions équipe pro prête à en du sport : que se découdre avec les meilFabian passe-t-il quand leurs. Aujourd’hui, le team Cancarella une carrière prend compte 140 employé·e·s, réalise son rêve fin ? Beaucoup se des objectifs ambitieux, une seconde fois. lancent dans une et, depuis le début de la quête de sens épersaison, deux nouvelles due et ont du mal à supporter têtes d’affiche : l’immense vétécette absence de buts. Fabian ran français Julian Alaphilippe et Cancellara, lui, a affronté cette l’espoir suisse Marc Hirschi. « On situation inconnue avec une a de grands projets, mais on veut étonnante sérénité et s’est fixé rester lucides », précise Canceldeux objectifs : prendre son lara, sur le ton de quelqu’un qui temps, et faire quelque chose sait exactement où il va. d’utile pour le cyclisme suisse. Fin mars, ces efforts sont Il lance Chasing Cancellara, enfin récompensés : les organisaune série de compétitions et teurs du Tour de France d’événements amateurs de annoncent que son équipe rececyclisme hommes et femmes. vra l’une des précieuses invitaIl gère un temps la carrière de tions à la plus grande course au Marc Hirschi. Réfléchit même à monde. Une explosion de joie reprendre la direction du Tour de pour Cancellara qui tout jeune, Suisse, mais refuse finalement. déjà, rêvait de participer à la C’est alors que l’inattendu se Grande Boucle. Ce qu’il finira produit : Cancellara apprend que par faire de la plus belle des la Swiss Racing Academy, orgamanières avec huit victoires nisation dédiée à la promotion d’étapes et 29 jours passés avec des jeunes pousses suisses, subit le maillot jaune sur les épaules. Aujourd’hui, le rêve continue : il revient sur le Tour de France, non plus comme coureur mais en tant que propriétaire du team Tudor Pro Cycling. THE RED BULLETIN
endroit pour attaquer dans un col, quand on rejoint l’échappée qui ira au bout, quand on repère les moments de flottement pour reprendre des forces, quand chaque fibre de son corps est aux aguets pour éviter de chuter ou de manquer le moment décisif.
La douleur pour moteur
Beaucoup disent que la grinta ne s’apprend pas. Marc n’est pas de cet avis. Il dit l’avoir appris de son père et des heures passées devant la télé à étudier les courses. Quand il les regardait, c’est l’aspect tactique qui le fascinait : pourquoi un coureur attaque à ce moment précis ? Pourquoi celui-ci abandonne-t-il ? Pourquoi celui-là gagne là où personne ne l’attend ? Ado, il savait déjà accepter quand ses jambes le lâchaient. Mais perdre à cause d’une erreur stratégique, ça, il ne le supportait pas. Retour à Turin, en 2025. Marc Hirschi termine son repas dans le café près de la gare. Il n’a même pas l’air contrarié à l’idée que, dans quelques jours à peine, il repartira déjà sur les routes. Début avril, son équipe l’enverra en Espagne, d’abord sur une course d’un jour, puis sur le redoutable Tour du Pays basque pour un total de 1 066 kilomètres en sept jours. Souffrir, encore et toujours, pour mieux briller plus tard. Marc Hirschi s’est fixé trois grands objectifs cette saison : les Championnats du monde en automne, le Tour de France en été (voir encadré). Il a particulièrement hâte d’en découdre ce printemps sur trois
Couvert de boue et lessivé : Hirschi est un modèle de persévérance et de détermination.
ANOUK FLESCH, GETTY IMAGES
Fabian reloaded
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bras levés, vainqueur incontesté. Puis, tout s’enchaîne très vite, trop vite : la cérémonie sur le podium, le cirque des médias à l’arrivée, le champagne avec son équipe à l’hôtel… Mais le jour suivant, tout est oublié. Marc en veut plus. N’importe quel sportif en veut toujours plus. « Aujourd’hui, je sais que j’aurais dû savourer plus longtemps cette victoire, reconnaît-il. Mais j’ai compris quelque chose de bien plus important encore : peu importe le nombre de victoires, il y aura toujours plus de jours sans. Des jours où l’on se bat pour rien. Et il faut apprendre à trouver du sens même dans ces jours-là. Sinon, on se détruit. »
L’humilité, la plus belle des récompenses
Même ses chaussures ont été choisies avec minutie. Dans le sport de haut niveau, c’est souvent le détail qui fait la différence entre la victoire et la défaite.
courses qui auront lieu aux Pays-Bas et en Belgique : l’Amstel Gold Race, ainsi que les les classiques ardennaises Flèche Wallonne et Liège–Bastogne– Liège. Trois épreuves avec ceci en commun qu’elles dépassent les 200 kilomètres, contiennent une multitude de côtes assez courtes mais très raides et se déroulent souvent dans des conditions extrêmes entre pluie, vent et froid.
Le succès ? Juste une étape de plus
Marc Hirschi le concède volontiers, ce ne sont pas des parties de plaisir. Pourtant, il les adore. Mais pourquoi ? « J’ai compris qu’un cycliste ne doit pas seulement tirer sa motivation des victoires. Il faut également apprendre à aimer le chemin qui nous mène à cette victoire. » C’est sans doute l’une des plus grandes leçons qu’un athlète puisse tirer de sa carrière. Il n’a que 22 ans lorsqu’il a connu sa plus grande victoire à ce jour en remportant la 12e étape du Tour de France 2020. Ce jour-là, il attaque depuis l’échappée, prend des risques fous dans la descente, creuse l’écart et ne se fait jamais rattraper sur les derniers kilomètres vallonnés. Il franchit la ligne en solitaire,
Si le sport nous fait tellement vibrer, ce n’est pas à cause de ces victoires, mais parce qu’il y aura toujours plus de perdants que de gagnants. Et en cyclisme, c’est encore plus vrai. Dans un match de foot, seules deux équipes s’affrontent, donc il y a toujours un gagnant. Chaque week-end, ce sont autant de matchs toutes compétitions confondues et autant de victoires. Pareil en tennis : bien sûr, à la fin du tournoi, il n’y a qu’un seul et unique gagnant, mais avant, il y a plusieurs tours avec son lot de vainqueurs en huitièmes, quarts ou demi-finales. Le cyclisme est à part : une course, 200 partants et sur la ligne d’arrivée, un seul qui s’impose et tous les autres qui repartent les mains vides. Ceux qui intègrent le fait que l’on ne peut gagner que quand on apprend à apprécier les jours où l’on n’a pas les jambes pour s’imposer peuvent devenir des leaders. Marc Hirschi est l’un d’eux. Il parle peu, ne cherche pas constamment à se faire remarquer. Il est un parfait exemple de résilience, de détermination, de courage, et d’humilité. « Si le cyclisme n’était pas mon métier, je ne m’imposerais pas de telles séances d’entraînements », confie-t-il, en sortant du bistrot, alors qu’il traverse le passage piéton vers la gare de Turin, sa valise à roulettes derrière lui. « Certains entraînements sont vraiment atroces, tout me fait mal, je pourrais m’en passer. Et d’un autre côté, j’arrive plus à apprécier ce genre de moments maintenant, parce que je sais qu’ils sont indissociables du reste. » Il prend congé et file vers le quai de la gare, laissant flotter derrière lui un halo persistant d’incroyable modestie et de profonde compréhension des rouages compliqués de ce sport si particulier. Comment a-t-il formulé cela, tout à l’heure ? Ah oui : « Quand on fait du vélo, on investit énormément et on est rarement récompensé. Mais une fois que l’on comprend ça, la réussite finit toujours par arriver. » Instagram : @marchirschi ; tudorprocycling.com
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60 Elle est quintuple championne du monde de DH : la NouvelleZélande offre des conditions d’entraînement idéales à Valentina « Vali » Höll pendant l’hiver.
100 % Vali Texte Nina Kaltenböck
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Photos Graeme Murray
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La scène du VTT de descente a longtemps été dominée par des rideuses françaises, anglaises et américaines. Jusqu’à l’avènement de Valentina Höll. C’est en Nouvelle-Zélande que l’Autrichienne de 23 ans se prépare pour la saison de Coupe du monde – vêtue du maillot arc-en-ciel porté par les champion·ne·s du monde depuis 1922. Elle nous parle de ce qui lui donne de la force.
Il y a un terme en VTT pour désigner les virages relevés : les « bermes ». Et le bike park de Queenstown n’en manque pas. Valentina les enchaîne avec une facilité déconcertante. THE RED BULLETIN
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8 heures, 4 °C et une brise fraîche : la triple gagnante du classement général de la CM sur le Coronet Peak, avant d’entamer une descente qui s’annonce très raide.
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lle est la numéro 1 du vélo. Et pas dans n’importe quelle discipline. Avec une vitesse pouvant atteindre les 70 km/h et des pentes à 60 %, le VTT de descente se pratique aussi bien sur des chemins de terre que des cailloux. Ce qui veut signifie : concentration totale et adrénaline pure. L’état de grâce pour Valentina « Vali » Höll. Mais là, après un voyage de trente heures et deux escales, elle en est loin. Valentina est en Nouvelle-Zélande pour se préparer à la saison de Coupe du monde. Il pleut. Les vélos de Vali ne sont pas arrivés. Le jet lag, en revanche, les attend de pied ferme à Queenstown, sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Mais Vali a une astuce très spéciale contre le décalage horaire : « Je porte des lunettes antilumière bleue durant le voyage. Dès mon arrivée, je m’adapte tout de suite au fuseau horaire, je vais me balader et je mange normalement le soir. Et surtout, pas de sieste avant d’aller se coucher ! » Nous laissons la jeune Saalbachoise se reposer un peu – et la retrouvons après ses premiers entraînements. Nous, c’est l’équipe photo et vidéo de cinq personnes qui va suivre Valentina pendant deux jours. Sur le Coronet Peak, à 1 651 mètres d’altitude, Vali se fait maquiller par 4 °C et un vent glacial dans le coffre ouvert d’une camionnette. « J’ai toujours voulu rider avec du make-up. Comme Lindsey Vonn. Je la trouve géniale », dit-elle en riant, avant de dévaler les pistes à toute vitesse et de prendre ensuite un petit moment pour discuter. THE RED BULLETIN
the red bulletin : Tu t’envoles à l’autre bout du monde pour te préparer à la Coupe du monde. Sur une échelle de 1 à 10, quel est ton niveau d’ambition ? vali höll : Tout dépend pour quoi. Si c’est un jeu de société, moins 13. Que ce soit aux cartes ou au Monopoly, je perds toujours et je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que je ne me donne pas à 100 % dans ce genre de jeux. Dans le sport, en revanche, je suis toujours en mode compétition – donc un bon 12 sur l’échelle. Pendant une course, on fait tout pour aller le plus vite possible, en montée comme en descente. Qu’est-ce qui te permet de ralentir dans ta tête ? Avant, je n’allais jamais me balader. J’ai toujours considéré ça comme une perte de temps. Maintenant, quand ça ne va pas, je sors. Marcher m’aide à faire le tri dans mes pensées. Quand je rentre chez moi, je me sens heureuse et je suis de bonne humeur. J’ai la chance d’être entourée de gens très cool. La plupart des personnes avec qui je traîne n’ont aucun lien avec le sport de haut niveau. Beaucoup de mes amis ont six ou sept ans de plus que moi. Les discussions que j’ai avec eux sont très différentes de celles que j’ai dans le sport. En compétition, on ne pense qu’à soi. Donc ça fait du bien de faire autrement de temps en temps. Tu es quintuple championne du monde, mais ne te reposes jamais sur tes lauriers. Même quand tu gagnes, tu veux que l’écart entre toi et la suivante soit le plus grand possible.
Il ne faut pas avoir d’attentes trop élevées. Ce n’est pas parce que ça s’est bien passé une année que ce sera forcément le cas l’année suivante. On fait souvent les choses exactement de la même manière, mais ça ne se passe pas comme on le voudrait. Moi, ce qui m’aide, c’est de ne pas faire les mêmes choses chaque année pendant la coupure hivernale. Je ne veux pas tomber dans une routine, je me fixe sans cesse de nouveaux défis. La relève ne faiblit pas, et même les plus anciens y vont à fond. Chaque année, il faut aller encore plus vite que l’année d’avant. Plus vite, plus loin, plus haut, comme pour la course de VTT la plus difficile au monde : la Red Bull Hardline. Quand des rideuses ont pris le départ pour la première fois en 2024, dix ans après la première édition, qu’est-ce que tu en as pensé ? C’était trop génial. Quand Louise Ferguson (une rideuse d’élite écossaise, ndlr) est tombée la première fois et que j’ai su qu’elle allait repartir, il a fallu que je sorte de la pièce. J’avais vraiment trop peur qu’elle se blesse plus gravement. C’était super impressionnant ! Les rideuses ont toutes les compétences nécessaires. Le seul point d’interrogation, c’est la résistance à la pression pendant la course.
« J’ai un côté très authentique – mais aussi introverti et je fais en sorte de garder des choses pour moi. »
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Le risque de blessure est important. Ce que l’on fait tous les jours à l’entraînement n’est déjà pas mal non plus. En général, quand on se blesse, c’est sur des pistes super faciles, en se baladant ou bien en faisant du ski ou des trucs de tous les jours. Si l’on ne veut pas se blesser, il faut rester chez soi. Mais moi, ce que je veux, c’est sortir et m’entraîner, parce que c’est la seule façon de s’améliorer. En 2020, tu t’es gravement blessée à la cheville suite à une chute et on t’a soignée au Red Bull Athlete Performance Center. Quelle est la meilleure façon d’aller mieux sur le plan mental ? C’était ma première blessure et c’était quelque chose de nouveau pour moi. C’était vraiment intéressant à vivre. En tant qu’athlète, on a toujours cette envie de « revenir et de faire dix fois mieux qu’avant ». C’est une motivation que d’autres n’ont pas au quotidien. C’est souvent comme ça : après un come- back, beaucoup reviennent plus forts qu’avant. Cela demande pas mal d’efforts au niveau mental. Il faut du temps pour progresser, c’est un processus long et pénible par rapport à la rapidité qui règne en compétition. Comment restes-tu forte mentalement ? Je vois une psychologue du sport une fois par semaine tout au long de l’année. Et ça m’aide énormément. Il y a beaucoup de sportives et de sportifs qui ont des problèmes psychologiques, donc je fais ça à titre préventif. Je ne veux pas attendre qu’il soit trop tard pour agir. Tu as su très tôt ce que tu voulais. À 16 ans, tu négociais seule avec tes sponsors. Comment cela se passait-il ? Je suis consciente d’être très souvent bien tombée. J’ai eu de la chance avec les gens que j’ai rencontrés et avec tous ceux qui me soutiennent. Je sais que cela ne va pas de soi. Quant à mes compétences en matière de négociation : mes parents tiennent un restaurant à Saalbach,
« C’est Vali Höll là-haut ? » Vali ne reste pas incognito bien longtemps sur les pistes de Queenstown.
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« Participer à des courses, ça ne suffit pas. On est influenceuse et on fait 10 000 choses à la fois. »
P le Spielberghaus, c’est là que j’ai appris à tirer le meilleur parti de tout. Aujourd’hui, on n’est pas seulement coureuse cycliste, on est aussi influenceuse et ambassadrice de marque et on fait 10 000 choses à la fois. Il faut pitcher des projets ; participer à des courses, ça ne suffit pas. Est-ce que tu embellis les choses ? J’ai un côté très authentique. Mais aussi très introverti. Je suis toujours un peu mal à l’aise pendant les séances d’autographes. D’autres athlètes sont plus extraverties, elles ont probablement la vie plus facile. J’ai sorti une série documentaire sur YouTube, It Is What It Is. J’y montre certains aspects de mon entraînement, mais d’une manière générale, j’essaie de garder des choses pour moi. Je trouve que c’est important de ne pas se mettre complètement à nu. Quels sont les secrets de ta réussite ? En dehors de tes aptitudes techniques. Quand on fait les choses à sa manière, a fortiori en tant qu’athlète féminine, on est souvent qualifiée de « princesse ». J’ai dû apprendre à dire non, et sans donner de raisons. Aujourd’hui, je sais ce qui est bien pour moi. Il ne faut pas chercher à tout faire, mais il faut faire les bons choix. J’en vois tellement, de ces jeunes athlètes, qui craquent parce que ça fait trop : les réseaux, les compétitions qu’il faut enchaîner, les interviews qu’il faut faire avant, une vidéo par-ci, un vlog par-là – tout ça aussi avant la saison…
our immortaliser les prouesses de Vali, l’équipe de production l’emmène sur la piste de DH, Rat Attack, à Queenstown. Certains passages sont tellement raides qu’ils sont pratiquement infranchissables à pied. À les descendre en marchant, on se retrouverait avec les ongles de pieds bleus à force de trébucher et on finirait sur les fesses. Les pistes du bike park sont très fréquentées. Toutes les deux minutes, on entend quelqu’un crier : « Vélooooo ! » Tout le monde se réfugie alors contre un arbre, dans un fossé ou essaye de se faire le plus fin possible. De petits groupes de fans se forment parmi les riders pros. « C’est Vali Höll là-haut ? », entend-on régulièrement – pendant que Valentina fait sa petite vie. Elle respire les effluves de cèdre et de pin. Elle plisse les yeux en regardant au loin. Le réalisateur Peter Jackson avait tellement été impressionné par les paysages de la région qu’il les avait choisis pour la trilogie du Seigneur des anneaux. Où que l’on aille, on croise des troupeaux de chèvres et de moutons – il n’y a que cinq millions de personnes qui vivent sur les deux îles de Nouvelle-Zélande, pour vingt-cinq millions de moutons.
La maison est à 18 147 km d’ici
« La Nouvelle-Zélande n’est pas un pays très peuplé, il y a vraiment des reliefs de dingue, et la nourriture est super saine, s’enthousiasme l’Autrichienne. Ça me rappelle un peu mon pays, sauf que les gens sont beaucoup plus cool ici. » Retour au bercail prévu pour quand pour notre athlète pro ? De janvier à octobre, le mot d’ordre, c’est de multiplier les courses. Il n’y a que quelques jours de novembre et décembre qu’elle a prévu de passer chez elle, à Saalbach. En ces lieux où sa passion pour le vélo s’est déclarée. Où, à cinq ans, elle dévalait les pistes construites par THE RED BULLETIN
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son papa. Où vivent sa famille et ses amis. Où Vali n’est pas un monstre de puissance, mais une bonne amie qui joue très mal aux cartes. Tu avais 19 ans quand tu as réussi à monter ta propre équipe. Comment est-ce possible ? Les structures, tout ça, ce n’est pas trop mon truc. J’adore participer à la Coupe du monde et je trouve ça vraiment super cool. Mais ce n’est pas parce qu’il y a des règles qu’on est obligé de les suivre. Et maintenant, je n’ai plus peur de dire que 3 600 CHF pour une victoire en Coupe du monde, c’est du foutage du gueule ! On passe tellement d’heures à bosser pour ça ! Sans compter les douleurs liées aux règles… Mikaela Shiffrin en a déjà parlé. Ras le bol ! C’est ouf tout le chemin qu’il y a encore à faire… En 2025 ! Il faudrait aussi revoir les structures de la fédération cycliste, on a besoin de plus de jeunes et
DEMANDE À VALI
Sur notre compte IG @redbulletin, nous vous avons demandé quelles questions vous souhaitiez poser à Vali. Voici ses réponses. @ame_all_day : Quel conseil donnerais-tu à une fille qui aurait envie de suivre tes traces ? Les échecs font partie du processus. @be_ag_le : Qu’est-ce qui te fait le plus rire ? L’humour noir et les vidéos TikTok. @sophiawayy : Quelle est la réussite
dont tu es le plus fière ? Plus jeune, j’aurais dit mes titres et mes grandes victoires. Mais j’ai vite compris que mes amitiés et le fait de prendre soin de moi comptaient bien plus que tout le reste. C’est pour ça que je suis fière des gens avec qui je suis. @_taysherriff : Quel est ton endroit préféré ? Saalbach. MON CHEZ MOI ! @skippedthelightfandango : Ton remède contre les courbatures ? Bain glacé, rouleau de massage – mais pas trop –, exercice physique et boire beaucoup d’eau.
plus de femmes dans les différentes organisations. Et les stratégies marketing, où sont-elles ? Pourquoi personne ne s’en occupe ? Ce ne sont certainement pas nos victoires qui vont faire la différence. Andi Kolb est vice-champion du monde, je suis championne du monde. Mais malheureusement, ça n’a pas l’air d’intéresser grandmonde – alors qu’on pourrait déjà parfaitement faire notre pub en tant qu’équipe nationale. Mais peut-être que je suis trop impatiente. Parlons de l’équipe que tu t’es construite. Comment as-tu réussi à obtenir ce « petit plus » ? C’est assez flippant de parcourir le monde en solo quand on a 16 ans. C’est pour ça que c’était important pour moi d’avoir une équipe choisie et avec laquelle je me sens bien. C’est un immense privilège, parce que peu d’athlètes ont la possibilité de choisir qui les accompagne. Surtout à un si jeune âge. En général, il faut faire partie de l’élite pour y avoir droit. Comment t’y es-tu prise ? J’ai demandé, tout simplement. On m’a dit : « On voudrait que tu fasses la Coupe du monde pour nous. » Alors, j’ai répondu que j’aimerais avoir ma Godi (marraine Angie, ndlr), mon entraîneur et mon kiné avec moi. Qui ne tente rien n’a rien. Mais ça ne m’est pas venu comme ça. Qui dans ton entourage proche t’aide à être forte mentalement ? Ma mère surtout. J’ai mis 21 ans à réaliser à quel point elle est cool ! Je suis fan d’elle. Elle est forte, gentille, et elle sait faire tellement de choses. J’aimerais lui ressembler un jour. Elle pense toujours à moi – même quand je suis à l’autre bout du monde. Malheureusement, elle ne dort pas très bien quand je ne suis pas là. Et malheureusement, c’est souvent le cas. (Rires) Pour la remercier, je l’emmène en voyage avec moi, comme dernièrement lors d’un camp d’entraînement de vélo de course ou bien à Gran Canaria. C’est aussi ma partenaire pour le ski de rando. Y a-t-il une autre personne dont l’opinion compte autant pour toi ? Greg, mon thérapeute sportif et « valipsychologue » auto-proclamé. Les person-
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nalités calmes comme moi ont besoin de gens bruyants et extravertis. Greg ne tourne jamais autour du pot et il tape toujours dans le mille. C’est la seule personne qui a le droit de me charrier. Il me dit quand je me prends trop la tête, m’apprend à apprécier les petites victoires et à ne pas penser qu’en termes de résultats. Ce que préconise aussi probablement ton psychologue du sport, Caja. Pour moi, faire quelque chose pour mon cerveau, c’est aussi important que de faire de l’exercice ou de me faire masser. Caja m’a aussi poussée à pratiquer la gratitude. J’ai toujours dit : « Je n’ai pas envie de m’asseoir sur mon lit et de réfléchir à ce qui me rend heureuse. Je trouve ça vraiment gnangnan. » Mais maintenant, je le fais. Et grâce à elle, j’ai appris à me créer un safe space. C’est une image d’un moment qui m’a beaucoup marquée : concrètement, c’est un coucher de soleil que j’ai vu pendant une randonnée avec Mathilde et mes amis. C’est un souvenir que je garde en mémoire et auquel je fais appel chaque fois que je ne me sens pas bien ou que je suis sur les nerfs. Mathilde Gremaud, l’athlète suisse de ski freestyle, est ta partenaire. De quoi ça parle, une championne du monde et une championne olympique ? C’est marrant parce qu’on se ressemble beaucoup. C’est toujours les mêmes choses qui reviennent : pourquoi j’ai l’impression de ne pas me donner à 100 % ? Que pensent les autres de moi ? Quand Greg me donne des conseils, je les transmets à Mathilde. Et c’est aussi une thérapie pour moi. Cela nous permet de nous soutenir mutuellement quand on est dans une mauvaise passe. Le courant est tout de suite passé entre Mathilde et moi, et on a pu parler ouvertement. C’est rare dans ce milieu de se confier quand on se pose des questions. Pourquoi cela ? On n’a pas envie que les autres profitent de notre vulnérabilité. Quand on est une athlète, c’est plutôt la poker face qui est de rigueur. D’un autre côté, être une a thlète, c’est ce qu’il y a de plus cool. On voyage dans le monde entier. On nous paye pour ça. On fait des trucs de fou. Mais ça nous arrive aussi de ne pas être bien.
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« 3 600 CHF pour une victoire en Coupe du monde, c’est du foutage de gueule. Et je n’ai pas peur de le dire. » Les femmes qui pratiquent le DH gagnent beaucoup moins que leurs homologues masculins. THE RED BULLETIN
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« Ma hantise ? Réserver une table au restaurant par téléphone. » L’entraînement est terminé pour aujourd’hui : Vali, ici vêtue d’un sweat Alpha Tauri, parle de « défis dingues » au bord du lac Wakatipu.
VALI EN VALAIS
Le Valais sera à l’honneur cette annéee, du 30 août au 14 septembre 2025, car la région de Suisse romande accueillera pour la première fois les Championnats du Monde Mountain Bike UCI. Les huit disciplines (Enduro, E-Enduro, E-Mountain Bike, Pump Track, Marathon, Downhill, Cross-Country Short Track, Cross-Country Olympic) se dérouleront sur huit sites valaisans, d’Aletsch Arena/Bellwald à Champéry, de Crans-Montana à Zermatt en passant par Verbier et Monthey, créant ainsi le plus grand événement de mountain bike jamais organisé. Le week-end d’ouverture, lui, aura lieu à Sion. valais2025.ch
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L’
une des forces de Vali, c’est qu’elle sait faire bon usage du stress. « J’ai besoin d’être sous pression pour performer. Si je veux faire un bon résultat, il faut que je sois super tendue avant le départ. » Dans ces cas-là, elle est à 110 %. Elle passe en revue, à la vitesse de l’éclair, tous les scénarios qui s’offrent à elle. Son corps et son esprit peuvent alors faire appel à tout ce qu’elle a acquis grâce à un entraînement intensif et à un entourage bienveillant. À 23 ans, Valentina Höll a coché toutes les cases de ce qui peut être accompli sur le plan sportif. « Mais il y a toujours des choses à améliorer. » C’est vrai qu’elle n’a gagné que deux courses en CM l’année dernière. Et quatre l’année d’avant. « Je trouve toujours un truc pour me motiver. Parce que je n’ai pas envie que quelqu’un soit plus rapide que moi ! » Cet été, la
Coupe du monde la conduira en Pologne, en France, en Italie, aux États-Unis et au Canada. Et qu’en est-il de la Red Bull Cerro Abajo, ce monstre de DH au cœur de Valparaíso, au Chili ? « Maman m’a dit que je n’avais pas le droit », ironise-t-elle. Alors parlons de ses projets d’avenir ! Que faudrait-il changer de toute urgence pour les pratiquantes de DH ? Dans notre milieu, les femmes sont loin de gagner autant que les hommes. Déjà avec les sponsors, et aussi en matière de team deals. Quand on fait partie du top 3 féminin, on ne gagne pas la même chose que ceux qui sont dans le top 3 masculin. Ils tournent tous entre 300 000 CHF pour les team deals. Chez nous, les filles, personne ne gagne autant. Donc, la transparence, c’est hyper important. Les réseaux sociaux aussi jouent un rôle essentiel : tu te fais belle et tu portes des leggings moulants quand tu vas à la salle ? Je sais que c’est important pour les collabs, mais c’est quand même gonflant. Je préférerais pouvoir me passer des réseaux sociaux pendant ma saison. Le fait est que dans tous les contrats, la présence sur les réseaux fait partie des points incontournables. Qu’on soit bon en CM ou pas. En dehors du DH, est-ce qu’il t’arrive de sortir de ta zone de confort ? J’aimerais bien sauter en parachute ou faire du saut à l’élastique un jour. Mais le truc le plus dingue, c’est quand j’ai demandé à mon proprio à Innsbruck s’il pouvait faire un effort sur le loyer. C’était tellement difficile pour moi… Il m’a répondu : « Oui, bien sûr. » Dingue ! Alors j’ai dit à Mathilde : « Ça y est, j’ai fait un truc bien ! Maintenant, ce sera toujours à toi d’appeler le resto pour réserver une table. » Parce que c’est vraiment ma hantise. (Rires) Instagram & TikTok : @valihoell
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Roy Lichtenstein C’est en 1977 que l’icône américaine du pop-art, connue pour ses fameux gros points caractéristiques de l’univers de la BD, a peint cette BMW 320i Turbo série E21. Avant de se garer définitivement dans un musée, ce modèle a dû faire ses preuves avec, à son bord, les pilotes Hervé Poulain et Marcel Mignon lors des 24 Heures du Mans. Pari réussi avec une victoire de classe et une s olide neuvième place au classement général, ce qui comblera largement les espoirs de Liechtenstein. Comme il l’expliquait lui-même : « Avec les lignes droites, j’ai voulu représenter le chemin qui i nvite le véhicule à le suivre. » BMW 320i Turbo, 1977, 4 cylindres, 300 ch, n° 3 THE RED BULLETIN
BMW
Pop-art sur les chapeaux de roues
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Cinquante ans, vingt œuvres d’art sur quatre roues désormais accessibles à toutes et tous : les BMW Art Cars célèbrent leur jubilé avec une expo sur les cinq continents. Texte Werner Jessner THE RED BULLETIN
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ART CARS
Au cours de ma carrière, j’ai eu la chance exceptionnelle de courir contre des Art Cars à deux reprises : l’une en 2017 contre la M6 GT3 noire de Cao Fei, l’autre avec la M Hybrid Hypercar de Julie Mehretu, dans notre équipe l’an dernier. Raffaele « Lello » Marciello, Je dois avouer que les 30 ans, est pilote d’usine BMW et participe au Championnat photos ne rendent pas du monde d’endurance FIA. justice aux œuvres. Ce n’est qu’en voyant ces modèles de près, dans le box, qu’on mesure la richesse des détails qui les composent. Personnellement, j’ai un petit faible pour la M3 de Jeff Koons en 2010. La plupart des Art Cars se sont frottées directement à la compétition. Jusqu’à présent, aucune d’entre elles n’a été endommagée en course, même si la plupart du temps (surtout quand on est pilote dans une équipe adverse), on n’est pas plus tendres avec ces chefs-d’œuvre motorisés qu’avec les autres. Je trouve vraiment osé la stratégie de BMW depuis un demi-siècle : ne pas enfermer ces œuvres mais en confier les rênes à des pilotes pour en faire profiter les fans. La prochaine tournée mondiale sur cinq continents s’inscrit bien dans cet esprit. J’ai participé à toutes les grandes courses d’endurance, mais Les 24 Heures du Mans occupent une place à part. Depuis l’ambiance avec un public de 300 000 personnes jusqu’au circuit qui constitue un sacré défi. Autant vous dire qu’une Art Car remportant la course deviendrait aussitôt la pièce maîtresse de cette magnifique collection.
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À l’occasion du 50e anniversaire des BMW Art Cars et du groupe BMW Switzerland, une tournée mondiale est planifiée et fera étape en Suisse. Scanne le code QR pour obtenir des informations sur les expositions mondiales. THE RED BULLETIN
Andy Warhol
La touche personnelle du maître
Il n’a fallu que 28 minutes à Andy Warhol pour appliquer manuellement six kilos de peinture sur la voiture de course. Son concept ? « J’ai essayé de représenter la vitesse. Quand une voiture roule à toute allure, toutes les lignes et les couleurs se brouillent et se confondent. » Et rapide, cette M1 l’était : sixième place au classement général des 24 Heures du Mans au milieu des Porsche. Warhol déclarera ensuite : « J’adore cette voiture. Elle est plus réussie que l’ensemble de mon œuvre. » Aujourd’hui, l’Art Car n° 4 est l’une des voitures les plus inestimables de l’Histoire. Précisons que Warhol, comme tous les autres artistes, a travaillé sans rétribution monétaire. BMW M1, 1979, 6 cyclindres, 470 ch, n° 4
CHRISTIAN BMW, STEPHAN PONDELLA BAUER
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David Hockney Faire ressortir l’intérieur
Né à Bradford (Royaume-Uni) et domicilié depuis plusieurs années à Los Angeles, l’artiste David Hockney a adopté une approche aux anti podes de celle choisie par Warhol pour son Art Car : il a travaillé pendant sept longs mois sur cette 850 CSL. Son objectif était de rendre l’intérieur de la voiture visible : « Il ne s’agit pas seulement d’ajouter un peu de couleur. J’ai déconstruit la surface de la voiture de manière ludique tout en respectant le design d’ensemble du véhicule. » BMW 850 CSi, 1995, 12 cylindres, 380 ch, n° 14
Plan de travail rime avec vitesse
Longtemps célèbre pour l’extrême minimalisme de ses premières œuvres, l’artiste américain Frank Stella, lui-même grand amateur de voitures de courses, s’est concentré ici sur les aspects techniques de l’automobile et a recouvert la 3.0 CSL d’un motif é voquant le papier millimétré. Le choix d'un design entièrement noir et blanc renforce cet aspect technologique : « Mon design est une sorte de schéma technique appliqué sur la carrosserie. » Ce coupé surpuissant a fait son baptême du feu au Mans mais a dû a bandonner après 23 tours. BMW 3.0 CSL, 1976, 6 cylindres, 750 ch, n° 2 THE RED BULLETIN
BMW, CHRIS TEDESCO/BMW
Frank Stella
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John Baldessari Transcender les dimensions
Artiste conceptuel américain spécialiste des médias, Baldessari a marqué de son empreinte la scène artistique californienne sur plusieurs décennies. Pour son projet d’Art Car, il a joué la carte de la dualité entre 2D et 3D, faisant appel non seulement à sa marque de f abrique, les taches de couleur, mais également en intégrant une image de la voiture elle-même sur la portière droite et les lettres F A S T sur la gauche en guise de mot d’ordre. Cette M6 GTLM a connu son heure de gloire sur les circuits de Daytona, Sebring ou encore Watkins Glen. BMW M6 GTLM, 2016, 8 cylindres, 585 ch, n° 19
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Jenny Holzer La force des mots
Fille d’un concessionnaire automobile, cette artiste conceptuelle américaine créatrice d’installations est notamment connue pour son regard acerbe sur la société occidentale. Elle a recouvert ce prototype de course de messages percutants pour pousser à la r éflexion, comme le fameux : “Protect me from what I want” (Protègemoi de mes d ésirs). Selon ses propres mots : « À mon avis, aucun support n’est mieux adapté qu’une voiture de course. » Son Art Car a p articipé seulement aux préqualifications des 24 Heures du Mans, et pas à la course proprement dite. Cependant, c’est un modèle identique qui a remporté la victoire. BMW V12 LMR, 1999, 12 cylindres, 580 ch, n° 15
Ouverture à l’imaginaire
L’artiste décrit le concept derrière cet Art Car (le dernier en date) ainsi : « J’étais dans mon studio et je me suis demandé ce qui se passerait si cette voiture traversait ma propre peinture Everywhen, et en ressortait métamorphosée. » Résultat : un Art Car extrêmement minutieux, couvert de petits points et de taches jusque dans les moindres détails, « un peu comme l’aspect d’une voiture après 24 heures de course ». Cet Art Car s’est lancé sur le circuit du Mans l’an dernier avec le numéro 20 mais a finalement dû abandonner après 96 tours. BMW M Hybrid V8, 2024, 8 cylindres, 640 ch, n° 20 THE RED BULLETIN
NEWSCAST 2012, BMW
Julie Mehretu
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Jeff Koons Libérer la puissance
La thématique de l’artiste américain saute immédiatement aux yeux : « Le capot cache une puissance incroyable. Mon objectif était de représenter le lien avec cette énergie », explique-t-il. La réalisation en a été d’autant plus complexe : des centaines de lignes c onverties de la 3D à la 2D par DAO (dessin assisté par ordinateur) imprimées puis appliquées avec précision, le tout en un temps r ecord puisque seulement deux mois se sont écoulés entre le premier croquis et la p résentation f inale. BMW M3 GT2, 2010, 8 cylindres, 500 ch, n° 17
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ART CARS
Esther Mahlangu Le pouvoir des femmes
Le douzième Art Car de l’histoire est le premier réalisé par une femme. À cette occasion, l’artiste sud-africaine (issue du peuple Ndebele), a transposé l’art traditionnel de son ethnie sur la carrosserie de la BMW Génération E34, « le papier-peint de ma tribu, en quelque sorte », comme elle l’expliquait à l’époque. Ce motif Ndebele est transmis de génération en génération et exclusivement entre femmes. Mahlangu a d’abord testé cette technique sur une portière avant de l’appliquer à l’ensemble de la 525i blanche, ce qui lui a pris une semaine entière. BMW 525i, 1991, 6 cylindres, 192 ch, n° 12
Cao Fei Appli Car
L’artiste multimédia chinoise a choisi une approche radicale et complètement inédite : une voiture anthracite, hommage aux matériaux les plus communs dans le sport automobile qui fusionnent grâce à la r éalité augmentée avec un maelstrom de couleurs tourbillonnant au dessus du véhicule. L’Art Car n° 18 ne se dévoile à nous que grâce à une application, f aisant ainsi la boucle entre monde réel et virtuel. Fei : « Nous entrons dans une nouvelle ère où l’esprit contrôle directement les objets et où les pensées sont immédiatement transposées. » BMW M6 GT3, 2017, 8 cylindres, 585 ch, n° 18
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Alexander Calder
BMW, ENES KUCEVIC
Au commencement…
En 1975, le coureur automobile français Hervé Poulain demande au sculpteur Alexander Calder de peindre sa BMW pour les 24 Heures du Mans. Un succès public immédiat qui marquera le début de la saga. (Au niveau sportif, la voiture abandonnera au bout de sept heures.) Et un vrai défi artistique pour Calder, qui, contrairement à son habitude, doit travailler sur des formes déjà existantes. Il y répondra par une explosion de couleurs. Véritable icône, le tout premier Art Car est l’un de ses derniers chefs-d’œuvre : Calder nous quittera un an plus tard, mais les BMW Art Cars sont encore parmi nous. BMW 3.0 CSL, 1975, 6 cylindres, 480 ch, n° 1 THE RED BULLETIN
DES AIIILES POUR L‘ÉTÉ. NOUVEAU
Pêche blanche
PERSPECTIVES
Voyage / Playlist / Montre / Énigme /Agenda
STEFAN KÜRZI
DES PISTES AUX TRAILS
Championne de ski freestyle, Mathilde Gremaud (à dr.) explore sa région natale à vélo avec ses amis.
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PERSPECTIVES
VOYAGE/
SAUTS AVEC VUE
Mathilde Gremaud compte parmi les meilleures skieuses freestyle au monde. Ici, elle nous présente son Fribourg natal et nous guide au sommet de La Berra. Pour l’occasion, elle a choisi de troquer ses skis contre un VTT de descente.
Chaque fois que je me retrouve au sommet de La Berra, un profond sentiment de paix m’envahit. Ici, à 1 719 mètres d’altitude, le panorama embrasse le Lac de la Gruyère et le Jura d’un côté, les Préalpes bernoises et fribourgeoises de l’autre ; quand la vue est dégagée, on peut même apercevoir le mont Blanc. Ici, c’est chez moi : c’est dans cette station d’hiver que j’ai enfilé des skis pour la première fois, ces skis qui sont désormais devenus ma profession autant que ma passion. Depuis mon village natal de La Roche, dix petites minutes me séparent de la station en contrebas. Je me souviens qu’avant, il y avait un téléski à archets noirs, ombre raide et menaçante pour la petite fille que j’étais à l’époque. Depuis une bonne dizaine d’années, il a été remplacé par un télésiège, transport bien plus confortable en hiver avec les skis aux pieds ou en été avec un VTT. Et c’est justement l’option que j’ai choisie pour embarquer mes deux amis dans cette aventure : l’un travaille dans le magasin de vélos de mon village, l’autre me coachait lors du Freestyle Tour.
Des trails pour tous les goûts
L’APPEL DE LA FORÊT Mathilde se lance en tête à l’assaut des deux trails de descente qui partent du sommet de La Berra. THE RED BULLETIN
STEFAN KÜRZI, UFT, ALPHASURF
La région de La Berra est très appréciée pour la rando : on peut faire le tour du sommet en trois quarts d’heure, tandis qu’une boucle plus longue d’environ cinq heures passe par le monastère de La Valsainte. Juchés sur des VTT Enduro électriques, nous nous sommes lancés sur les deux sentiers qui partent du sommet de La Berra. Le bleu est le plus simple des deux. Idéal pour débuter, il est long et plutôt plat. Il faut certes franchir quelques racines dans les sections en forêt et franchir quelques sauts, mais tout est très sécurisé. N’importe qui capable de descendre cinq marches à vélo et de rouler debout sur les pédales pourra s’en sortir sans trop de difficultés. Et dans le cas contraire, il suffit de descendre de selle et faire une partie à pied. Le rouge, en revanche, est plus exigeant. Il descend tout droit vers la vallée, donc il est nettement plus raide. Il faut passer des virages serrés, traverser de longues sections boisées où les épaules frôlent parfois dangereusement les
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HOME SWEET HOME Mathilde nous dévoile les plus belles facettes de sa région, des montagnes de son enfance comme la Spitzflue (en haut), la ville de Fribourg (en bas). Entre deux tournages, elle déguste des macaronis des Alpes.
« Les pistes de La Berra ont été créées en 2018. Ici, j’ai appris non seulement le ski, mais également le vélo. » troncs des arbres et traverser plusieurs ruisseaux. Ce trail a été conçu dans le plus pur style Bike Park, avec des sections techniques et des doubles sauts où il faut savoir gérer sa vitesse pour atterrir au bon endroit. Les sentiers de La Berra existent depuis 2018 et le jour de l’inauguration, on m’a invitée à les tester. C’était ma première incursion dans un Bike Park, et je me souviens encore que je me suis fait l’effet d’une débutante sur la piste rouge ! Je prenais chaque section une par une et j’ai souvent été obligée de descendre de vélo.
La récompense !
JUMP AROUND! À Estavayer-le-Lac, on peut faire du ski nautique.
À ma grande surprise, ce sont les sauts qui m’ont posé le plus de problèmes, alors qu’en tant que skieuse freestyle, j’ai l’habitude de faire des figures dans les airs. Finalement, La Berra ne m’a pas seulement appris le ski mais aussi le vélo. Cet après-midi, nous roulons pendant environ THE RED BULLETIN
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PERSPECTIVES
Conseils de séjour Meilleure saison Pour visiter Fribourg, privilégiez la période entre le printemps et l’automne. Prévoyez une vingtaine de minutes en train depuis Berne et environ 1 h 30 depuis Zurich. En voiture, prenez l’A12. À ne pas manquer Les superbes pistes de la région raviront les fans de VTT. La vieille ville est idéale pour flâner. Goûter la fondue Moitié-Moitié, un mélange de Gruyère et de Vacherin, est un must. Tout comme la Maison Cailler, une chocolaterie à un simple saut de puce de Fribourg en train !
a ouvert l’appétit, je vous recommande le restaurant du Chalet de La Berra. L’endroit est calme et la cuisine excellente. L’établissement vient de changer de propriétaire, et je vous recommande chaudement sa variation de macaronis des Alpes faits maison. À tomber ! Quand je fais une sortie VTT avec des potes et qu’on a envie de conclure en beauté, on prend la voiture jusqu’à Bulle pour aller manger une glace à la Gelateria La Mucca, la meilleure glace au monde !
PANORAMA Un lieu à visiter absolument : Fribourg, la ville natale de Mathilde.
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quatre heures. Le sentier bleu et son pendant rouge sont bien balisés, des panneaux indiquent la direction correspondante aux deux sections qui se croisent. Tous deux terminent 700 mètres plus bas dans la station de la vallée. Direction le restaurant Le Brand, qui dispose d’une station pour recharger les batteries des VTT électriques. Pour moi, après un entraînement dans la neige, c’est l’option idéale : ça me permet de faire des sorties sans m’épuiser totalement tout en me vidant la tête. En général, je prends un petit sac à dos que je laisse à la station. Pour le trail, il faut juste prévoir un peu d’eau. Si votre sortie vous
La mini-série OhMG accompagne Mathilde Gremaud tout au long de sa saison 2023/24. À dévorer d’urgence !
SAMUEL WALDIS
SE RESSOURCER Le trail rouge est un sentier extrêmement technique avec des virages très serrés.
La région regorge d’activités : entièrement piétonne, la petite bourgade de Gruyères offre un cadre idéal pour déambuler dans les ruelles médiévales autour de la fontaine centrale. Le centre thermal Les Bains de la Gruyère est une véritable invitation à la détente. J’y vais régulièrement me faire masser. Pour des sensations fortes, je recommande le ski nautique à Estavayer-le-Lac : une installation de 800 mètres de long permet de se frotter à différents types de planches. Ne manquez pas non plus de visiter la charmante ville de Fribourg. Personnellement, je préfère les coins ruraux comme La Berra, les pistes de VTT et les sommets où je peux me ressourcer tout en contemplant mon village en contrebas. Mon petit coin de paradis, en somme.
STEFAN KÜRZI
« Après une session dans la poudreuse, je me vide la tête grâce au VTT électrique. »
Rando, VTT, et bien plus !
Organisatrice: BikeDays.ch GmbH
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CASSE-TÊTE/
LASSANT LES LACETS Voici une énigme captivante pour booster ton agilité mentale ! Deuxième épisode de notre série : entraîne ta perception spatiale en cherchant les bons lacets. Le défi
Associe chaque chaussure au lacet qui lui correspond en tenant bien compte des différents types de laçage.
SASCHA BIERL
PFEFFERMIND
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Compétence mobilisée
Scanne le code ci-dessus pour découvrir la solution du casse-tête !
Cet exercice permet de développer notre p erception spatiale, indispensable au bon fonctionnement de notre intellect. Différentes zones de notre cerveau sont sollicitées, comme l’hippocampe ou encore le c ortex entorhinal. Une compétence que nous utilisons au quotidien, que ce soit pour les jeux de balle comme le basket ou encore pour toutes nos activités de bricolage. THE RED BULLETIN
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PLAYLIST/
DEUX SIRÈNES DANS LE FLOW
Sœurs de sang – et de son : Jasmina et Nabyla Serag, du collectif bernois Sirens of Lesbos, glissent sur les ondes musicales en toute liberté. Si certain·e·s voient dans leur musique de la soul futuriste, d’autres décrivent carrément leurs créations musicales comme de la Pop Soul’n’Brain. Quelle que soit l’étiquette qu’on essaie de leur coller, le collectif bernois Sirens of Lesbos apparaît sur une telle variété de playlists et de labels qu’on ne peut s’empêcher d’y voir l’influence de leurs racines, du Soudan, d’Érythrée, d’Angleterre, et de République tchèque : « Dès le début, on a refusé d’être associées à un genre particulier. On voulait juste suivre notre intuition et faire la musique qui nous plaît. » Leur single We’ll Be Fine (2018) a trouvé sa consécration dans leur album le plus intimiste, I Got A Song, It’s Gonna Make Us Millions, avec une tournée de lancement qui va les faire voyager cette année de Londres à Istanbul en passant par Paris, Amsterdam et Berlin. Un succès qui reflète aussi les ambitions de Sirens of Lesbos : « Notre musique est internationale ! »
Summer Madness (1974)
« Ce morceau nous accompagne depuis notre enfance : où que tu sois, quelle que soit ton humeur du moment, ça te prend toujours aux tripes ! Cela n’a pourtant rien de compliqué ou de trop élaboré, juste les bons ingrédients arrangés comme il faut pour un max d’énergie : une perfection qu’on rêverait d’atteindre en tant que musiciennes. » THE RED BULLETIN
FKA Twigs (feat. Shygirl)
Papi Bones (2022)
« C’est brut, sans chichi, sans les synthés qui viendraient compliquer le tout, juste de l’énergie à l’état pur. Le clip du morceau et tout le reste de l’album ont le même message : rien à foutre de ce que les gens pensent, on voit deux nanas libres et ultra stylées qui twerkent dans la rue en promenant leurs poussettes et… une chèvre, c’est juste excellent ! »
Umm Kulthum
Childish Gambino
« Un hit éternel ! Ne seraitce que pour l’esthétique surannée du son, mais aussi la p résence incroyable d’Umm Kulthum sur scène. Il ne faut pas non plus oublier la dimension politique de sa musique : femme célibataire, féministe, libre, elle s’est érigée toute sa vie à contrecourant des normes sociales. Pour nous c’est une véritable icône et notre plus grand modèle ! »
« Comme toujours chez Gambino, ce morceau est pensé de A à Z : un super storytelling, la combinaison des voix qui nous bluffe à chaque écoute, une alternance de solos et de chœurs. C’est l’une des chansons les plus puissantes qu’on ait jamais entendues et pourtant, elle est simple. Ça nous fait penser au film Le sixième Sens : suspense jusqu’au bout ! »
Alf Leila We Leila (1971)
Me and Your Mama (2016)
MARCO COUSIN
Kool and the Gang
RAW POWER Cinq membres, deux chanteuses : les sœurs Jasmina et Nabyla Serag du collectif Sirens of Lesbos.
LUCIE ROX
Le collectif Sirens of Lesbos sera en concert le 10 mai à Zurich et le 17 juillet au Gurtenfestival de Köniz.
L’OFFRE ANNUELLE 6 numéros de The Red Bulletin COMMANDEZ MAINTENANT !
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MONTRE/
BASIC INSTINCT
La recharge solaire confère une autonomie cinq fois supérieure en mode GPS. La technologie SatIQ garantit une géolocalisation optimale, et la lampe torche (y compris une lumière rouge) permet de voir… et d’être vu·e !
Incroyablement polyvalente, l’Instinct 3 de Garmin s’adapte à tous les styles avec diverses nuances de noir, ou en couleurs avec l’édition limitée Tropical Pulse. Elle intègre des fonctionnalités avancées sur les d onnées de santé, tel un suivi du cycle menstruel ou du niveau de stress, pour permettre à chacune et chacun de mieux comprendre sa condition physique. Elle est conforme à la norme militaire MIL-STD-810G. Son boîtier renforcé en métal (dispo en 40, 45 ou 50 mm) offre une r ésistance accrue aux chocs et aux températures, et est étanche jusqu’à 100 mètres. À partir de 299,90 CHF, garmin.com
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WILLY BOTTEMER
Impossible de résister à l ’appel de l’aventure. Réponds présent·e avec la nouvelle Garmin Instinct 3, une montre connectée ultra- robuste disponible en versions AMOLED et Solar.
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AGENDA/
SAISON PANACHÉE
Breaking, défis cyclistes, duels gaming survoltés : voici les événements de ce printemps, quel que soit ton style.
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au 25 mai
Cycle Week Pendant quatre jours, Zurich se transforme en capitale du vélo. L’Europaallee et la Brunau accueillent le plus grand festival cycliste du pays, entre shows, ateliers, contests et rencontres. Moment phare : le Showbattle BMX Flatland vs. Dance your Style sur la place Gustav-Gull, où riders et danseur·euse·s s’affrontent dans un clash créatif. Une fusion spectaculaire à ne surtout pas manquer. cycleweek.ch
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mai au 29 juin
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Red Bull BC One Cypher Switzerland C’est l’événement à ne pas manquer : le Red Bull BC One Cypher est de retour à Lausanne ! Dans l’arène de Beaulieu, les meilleurs B-Girls et B-Boys suisses montent sur scène pour un battle d’anthologie. Becca (photo), championne en titre, est prête à défendre son titre. B-Boy Lotus aussi revient avec sa fougue et son style inimitable. Son parcours et ses inspirations ? À découvrir dans son interview exclusive, page 20. Le breaking suisse est plus vivant que jamais.
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Adrénaline, sport et passion sur les sentiers suisses : quatre étapes intenses à Engelberg, Huttwil, Gruyères et Davos. L’élite du cross-country et les futurs cracks s’y retrouvent pour en découdre. Grande nouveauté : l’intégration de la UCI Junior Series, une plateforme pour les espoirs du cyclisme suisse.
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mai au 1er juin
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MisoXperience
Toi, ton vélo et 607 km en 3 semaines (la somme des trois plus longues étapes du Tour de France 2025). C’est jouable ? Alors fonce sur Strava et participe au challenge. À la clé : un séjour en France pour vibrer au cœur de la course, encourager le team Red Bull – BORA – hansgrohe et rouler à leurs côtés lors d’un roll-out exclusif. En selle !
Une semaine d’évasion et de sensations fortes dans le cadre sauvage de la vallée du Mesocco. Ce festival outdoor unique transforme les rives de la Moesa, les cantons des Grisons et du Tessin, en un terrain de jeu pour aventuriers : kayak, slackline, bloc, parapente, yoga, volley et plus encore. Ambiance nature, vibes décontractées, feux de camp et musique live le soir venu : l’endroit rêvé pour vivre la nature à fond et se reconnecter. misoexperience.ch
Reines et rois du kilomètre
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JEAN-CHRISTOPHE DUPASQUIER/RED BULL CONTENT POOL, SEBASTIAN MARKO/RED BULL CONTENT POOL
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ÖKK Bike Revolution
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mai au 1er juin
Red Bull Erzbergrodeo Des moteurs rugissants, une montagne sauvage, une dose folle d’adrénaline : la 29e édition de la course Extreme Enduro la plus célèbre au monde s’attaque à l’Erzberg, en Styrie. Les pilotes affrontent 35 km de terrain impitoyable. À voir sur Red Bull TV et tous les détails sur redbull.com
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Rift Rulers La bataille finale approche : qui des Romands ou des Alémaniques s’imposera dans Fortnite ? Le 24 mai, le Röstigraben devient champ de guerre numérique. Chaque camp a déjà levé un trophée. Cette année, tout se joue dans une ultime manche explosive. Les meilleurs gamers suisses s’affrontent pour la gloire, le titre et la suprématie nationale. Suis l’action en direct sur Twitch ou vis-la en vrai à la Red Bull Gaming World, au Verkehrshaus de Lucerne. redbull.com
4 ARMON RUETZ/RED BULL CONTENT POOL
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Wings for Life World Run Dernier appel avant le départ : tu peux encore participer via l’App Run, où que tu sois ! Rejoins des milliers de personness à travers le monde – au même moment – pour une course unique, sans ligne d’arrivée. La voiture-balai virtuelle te talonnera, et c’est ta motivation qui fera la différence. L’appli t’accompagne tout au long de l’expérience : infos en direct, encouragements audio, animations... et une dose de fun garantie ! Enfile tes baskets et entre dans la course. C’est maintenant ou jamais ! wingsforlifeworldrun.com
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THE RED BULLETIN Suisse ISSN 2308-5886 Rédactrice en chef Anna Mayumi Kerber Rédaction Christine Vitel Country Project Management Meike Koch Traductions & correction Willy Bottemer, Valérie Guillouet, Mael Le Ray, Claire Schieffer, Gwendolyn de Vries, Lucie Donzé (corr.) Ventes médias & partenariats Christian Bürgi (dir.), Marcel Bannwart, Lauritz Putze, Michael Wipraechtiger Abonnements getredbulletin.com, abo@ch.redbulletin.com Impression Quad/Graphics Europe Sp. z o.o., Pułtuska 120, 07-200 Wyszków, Pologne Publication conformément au §25 de la loi sur les médias Les informations sur le propriétaire des médias sont disponibles directement à l’adresse suivante : redbull.com/im/de_AT THE RED BULLETIN Allemagne ISSN 2079-4258 Rédacteur en chef David Mayer Country project management Natascha Djodat THE RED BULLETIN France ISSN 2225-4722 Rédacteur en chef Pierre-Henri Camy Rédaction Marie-Maxime Dricot, Christine Vitel Country project management Fabio Lazzetta THE RED BULLETIN Grande-Bretagne ISSN 2308-5894 Rédactrice en chef Ruth McLeod Country project management Ollie Stretton THE RED BULLETIN Autriche ISSN 1995-8838 Rédactrice en chef Nina Kaltenböck Rédaction Lisa Hechenberger, Petra Sturma Country project management Julian Vater THE RED BULLETIN USA ISSN 2308-586X Rédacteur en chef Peter Flax Rédaction Melissa Gordon, Nora O’Donnell Country project management Gizelle McBride
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ON A POSITIVE NOTE
Des talents de la littérature suisse se livrent sur des sujets qui leur tiennent à cœur, en leur donnant un twist positif.
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écemment, j’ai ressorti un carnet qui traînait sur ma table de nuit depuis plus d’un an, et que je surnomme affectueusement mon « journal de panique ». C’est un cahier d’écriture que je n’utilise pas très souvent – voire même pratiquement jamais, ce qui est plutôt bon signe : en fait, je ne l’utilise que pendant mes nuits blanches, lorsque les pensées m’assaillent et m’empêchent de dormir. Car il m’arrive encore, parfois, de me réveiller, comme une horloge bien réglée, entre deux et trois heures du matin, et de ne plus pouvoir me rendormir. Dans ces moments-là, j’aime bien me dire que c’est à cause de mon signe astrologique : on dit que les Vierges avec un ascendant Poisson ressentent les bouleversements du monde de façon particulièrement forte. Peut-être est-ce
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donc la faute des étoiles si, depuis une semaine, je me retourne dans mon lit pendant ce qui me semble être des heures, en poussant de gros soupirs – au grand dam de la personne qui partage mon lit et de moi-même. Qu’est-ce qui me travaille en ce moment ? La situation du monde. La question de savoir si je dois stocker de l’eau minérale et des boîtes de conserve. Combien de temps je pourrais courir en cas d’urgence. Est-ce que j’aurai assez de travail cet été pour compenser la mauvaise conscience que me renvoie le vide (souvent) abyssal de mon compte bancaire. Et aussi le fait qu’un excité au visage orange semble saboter l’un des pays les plus puissants au monde. En bref : je m’inquiète de savoir combien de temps encore ma vie pourra rester aussi douce et agréable qu’elle l’est maintenant.
KORNEL STADLER
Encre noire contre nuit blanche, ou comment l’écriture a aidé Miriam Suter à traverser l’insomnie
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Ce sont des heures pénibles. Et si, par hasard, je parviens enfin à me rendormir, je me réveille le matin dans un brouillard total, et le monde ne semble pas plus rose que pendant ces heures qu’on appelle en Europe du nord « les heures du loup ». Selon les spécialistes du sommeil, il s’agit des heures comprises entre trois et quatre heures du matin – un moment où, à part les louves, personne ne devrait être éveillé·e. Dans de nombreuses cultures, on considère cette heure comme un temps mystique, inquiétant. Les pensées sombres remontent à la surface, les troubles du sommeil sont fréquents, et l’être humain se sent particulièrement vulnérable. L’expression vient du folklore nordique, et elle a été popularisée par le réalisateur suédois Ingmar Bergman, dans son chef-d’œuvre L’heure du loup de 1968. Dans le film, un personnage dit : « C’est l’heure où la plupart des gens meurent, où la plupart des enfants naissent. L’heure où les cauchemars semblent les plus réels et où les démons se réveillent. » Je trouve que cela décrit plutôt bien ce que je ressens. Mais au-delà de la mystique, la biologie propose aussi quelques explications. Dans ces heures-là, le taux de cortisol – hormone du stress – augmente lentement et le sommeil devient plus léger. En même temps, la température du corps et la tension artérielle chutent au plus bas : quand on a froid, c’est dans ces moments qu’on a tendance à se réveiller. Comme le ferait une vraie louve, j’essaie de transformer ces peurs en quelque chose de fort, de vertueux : alors j’écris, chaque nuit, toutes les pensées qui m’assaillent. Je ne sais pas si c’est une maladie professionnelle, mais écrire est pour moi un remède universel contre tout ce que la vie peut nous balancer à la figure. Ça aide quand on a le cœur brisé. Ça rend l’amour encore plus beau. Ça met de l’ordre dans les pensées confuses. Ça fait bouger les idées figées. Ça colle les peurs sur le papier. Et ça donne à la joie l’espace qu’elle mérite. Mais pendant les heures du loup, l’écriture a surtout une fonction : elle vide la tête. J’écris jusqu’à ce que je ne sache plus quoi écrire. Cette technique s’appelle l’écriture automatique, et nous vient du surréalisme français des années 1920 : on écrit ce qui nous passe par la tête, sans réfléchir, sans filtre, directement relié à l’inconscient. Officiellement, ce sont des hommes qui ont inventé et transmis cette méthode. Mais comme souvent dans le patriarcat… c’est à moitié vrai.
« Comme le ferait une vraie louve, j’essaie de transformer ces peurs en quelque chose de fort, de vertueux. » Beaucoup de femmes artistes et autrices l’ont aussi utilisée – comme l’Allemande Unica Zürn ou l’Anglaise Leonora Carrington – pour trouver leur voix, ou simplement pour faire voyager leurs pensées. Mais elles ne sont presque jamais reconnues comme des figures de cette technique. Écrire, c’est aussi une passerelle vers ma propre obscurité. Une façon d’y entrer, doucement, et d’essayer, à trois heures du matin, d’y apporter un peu de lumière. Juste assez pour comprendre ce qui s’y cache. Un maître de cette exploration, quelqu’un qui savait observer l’obscurité du monde sans occulter toute sa lumière, c’est le grand réalisateur David Lynch, créateur de la série culte Twin Peaks. Il a dit un jour à propos de l’écriture : « Ce qu’il y a d’extraordinaire avec l’écriture, c’est qu’on ne sait pas ce qui va se passer avant de l’avoir fait. C’est un processus exaltant. » Et c’est exactement ça, l’écriture automatique. Pas seulement à l’heure du loup. Ce qui est beau, c’est que fixer ses pensées sur le papier rend cette spirale plus supportable. Quand on relit plus tard, avec un esprit clair, ce qui nous tourmentait la nuit précédente, on comprend mieux : on comprend par exemple que l’hésitation à commencer quelque chose de nouveau n’est peut-être qu’une peur inconsciente de l’avenir. On s’aperçoit parfois que tout ça n’était, finalement, pas si grave. Et cette reconnaissance rend la prochaine nuit un peu plus lumineuse. David Lynch était aussi un maître dans l’art de supporter la pénombre tout en profitant pleinement de la lumière. Ses personnages, aussi sombres soient-ils, sont toujours un peu malicieux, étrangement charmants, ou tellement absurdes qu’on ne peut que les aimer. Un dernier conseil, chères lectrices, chers lecteurs : offrez-vous un joli carnet et un stylo qui vous plaît. Posez-les sur votre table de nuit. Et prenez-les quand vous êtes réveillé·e au milieu de la nuit. Écrivez. Notez. Laissez sortir ce qui vous submerge. Contre l’obscurité. Contre l’oubli. Contre l’effacement. Je peux presque vous le promettre : vous apprendrez beaucoup sur vous-même. Mais ce carnet servira aussi à conserver les beaux moments de la vie. Comme cette dame âgée, ce matin dans le tram, qui s’est levée juste pour changer de côté – et pouvoir ainsi admirer les cerisiers en fleurs.
MIRIAM SUTER est journaliste et autrice. Elle traite de sujets de société féministes, comme dans le livre Niemals aus L iebe, Männer Gewalt an Frauen (chez Limmat Verlag, 2024 ; non traduit), co-écrit avec Natalia Widla. miriamsuter.net
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CLAP DE FIN
10 questions à
Birgit Bless s’est prise de passion pour le vélo en 2017. Depuis, son mot d’ordre est : plus vite, plus haut, plus loin. La créatrice de contenu de 28 ans partage son enthousiasme via les réseaux sociaux.
NON-STOP Plus de 65 000 personnes suivent « Bigi » dans ses pérégrinations, et sur Instagram.
Le métier de tes rêves enfant ?
Menuisière ou hôtesse de l’air. Mais aucun des deux n’est devenu réalité.
Ton accessoire favori ?
Mon vélo ! J’en ai plusieurs. (rires) Mais entre le vélo de course, le VTT cross-country et le dirt bike, c’est l’enduro mon préféré.
Qu’aurais-tu aimé savoir plus tôt ?
Qu’on doit vivre sa propre vie et être heureux ou heureuse, indépendamment de ce que les autres en pensent. Ton prochain projet ?
N°1 sur ta playlist ?
Le Race Across the Alps, la course d’une journée la plus difficile au monde (525 km et 14 500 m de dénivelé). L’objectif est de franchir la ligne d’arrivée en moins de 32 heures.
En ce moment, j’écoute beaucoup de musique des années 80. Tu connais Nothing Compares 2 U, de Sinéad O’Connor ?
Ce qui te réjouis le plus au printemps ?
Chien ou chat ?
La soleil, la chaleur… toutes les vibes printanières.
Chat. Le mien s’appelle Rider.
Une destination de voyage ?
J’en ai plein. La Patagonie par exemple, ou la Colombie Britannique (Canada). Mais je suis aussi très satisfaite quand je suis chez moi.
Camping ou Resort ? Camping.
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DARIO STALDER, ADOBE STOCK
Plaisir coupable ?
Mes to-do listes. J’adore écrire des trucs, et ensuite rayer les tâches quand elles sont faites.
Une nouvelle ère de la sécurité. La nouvelle Volvo EX90. Avec 7 sièges confortables, plus de 600 km d’autonomie 100 % électrique et Safe Space Technology avec des innovations de sécurité pionnières, notre tout dernier SUV haut de gamme est conçu pour être la Volvo la plus sûre à ce jour. volvocars.ch/EX90
A B C D E F G
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Volvo EX90, Twin Motor Performance, 517 ch/380 kW. Consommation moyenne d’électricité: 20.7–22.0 kWh/100 km, émissions de CO₂: 0 g/km. Catégorie d’efficacité énergétique: C.
HORS DU COMMUN
THE RED BULLETIN 2/2025