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SOMMAIRE INTRODUCTION
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UN MODÈLE ÉNERGÉTIQUE SOUS CONTRAINTE FOSSILE
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VULNÉRABILITÉ DES INFRASTRUCTURES : UN RISQUE SYSTÉMIQUE
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LES RÉPONSES PUBLIQUES : AIDES, TAXATION DES SURPROFITS ET SORTIE DES ÉNERGIES FOSSILES
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1. TAXER LES SURPROFITS DES ENTREPRISES FOSSILES : UNE SOLUTION À COURT TERME
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2. PLAFONNER LE PRIX DU GAZ : UNE RÉPONSE À MOYEN TERME FACE À UN CONFLIT DURABLE ?QUELLE EST LA TRAJECTOIRE DE L’ACCORD DE GOUVERNEMENT ?
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3. PLANIFIER LA RÉSILIENCE ÉNERGÉTIQUE
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L’ESPAGNE : UN MODÈLE DE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
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CONCLUSION
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ANNEXES & BIBLIOGRAPHIE
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Résilience énergétique : la capacité du système énergétique et de ses composantes à répondre à un choc, à assurer la continuité de ses fonctions, à préserver sa structure et à s’adapter (Jasiūnas et al., 2021). Souveraineté énergétique : la capacité d’un pays ou d’une région à sécuriser les approvisionnements en énergie et à faire ses choix énergétiques (Moncomble, 2025). Autonomie énergétique : la capacité d’un pays ou d’une région à produire et à utiliser l’énergie en veillant à garantir un équilibre autosuffisant entre l’offre et la demande. Il s’agit également de la capacité à déterminer son propre approvisionnement énergétique de manière durable, économiquement viable et socialement équitable. L’autonomie énergétique tend à favoriser l’autosuffisance des futurs systèmes énergétiques, à répartir équitablement les coûts et à dépasser une approche purement technologique pour inclure les aspects multidimensionnels (Juntunen et Martiskainen, 2021). Définitions en lien avec les politiques énergétiques
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INTRODUCTION Depuis plusieurs années, les crises énergétiques se succèdent et rappellent que l’énergie est bien plus qu’une question technique ou économique. Chaque événement géopolitique majeur, notamment la guerre en Ukraine ou plus récemment la guerre en Iran, révèle la forte exposition de la population européenne aux fluctuations des marchés de l’énergie. Ces chocs se traduisent concrètement par une insécurité d’approvisionnement, une hausse des factures, une augmentation du coût de la vie, des difficultés pour certaines entreprises et des tensions croissantes sur les finances publiques.
européen. Malgré les progrès réalisés dans le développement des énergies renouvelables et la diversification des approvisionnements, l’Union européenne demeure fortement dépendante des combustibles fossiles importés. Cette dépendance continue d’exposer les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics aux conséquences économiques et sociales des tensions géopolitiques. L’enjeu dépasse donc la seule question de l’approvisionnement énergétique. Il touche à la souveraineté économique, à la justice sociale, à la capacité des États à protéger leur population ainsi qu’aux choix collectifs qui orientent la transition climatique. Les débats relatifs à la taxation des surprofits des entreprises énergétiques, au soutien aux ménages, à la sécurisation des infrastructures ou à l’accélération des investissements ne sont pas uniquement techniques. Ils traduisent des arbitrages politiques qui déterminent la manière dont les coûts et les bénéfices de la transition sont répartis au sein de la société.
Face à ces situations, le débat public se concentre souvent sur les conséquences immédiates et les réponses d’urgence des gouvernements. Pourtant, ces crises ne sont pas uniquement le résultat d’événements extérieurs imprévisibles. Elles mettent en lumière des fragilités plus profondes qui concernent l’organisation du système énergétique
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« LA SOUVERAINETÉ, L’AUTONOMIE ET LA RÉSILIENCE ÉNERGÉTIQUES SONT LES TROIS PILIERS D’UN SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE CAPABLE DE FAIRE FACE AUX CRISES. »
Dans cette perspective, il est crucial de comprendre les mécanismes qui sous-tendent les crises énergétiques. Il s’agit à la fois de mieux appréhender les causes de la vulnérabilité européenne et d’alimenter le débat sur les réponses à y apporter. Comment réduire durablement notre dépendance aux énergies fossiles ? Comment protéger les ménages face aux chocs énergétiques sans retarder la transition ? Comment soutenir les entreprises et augmenter leur capacité de production ? Comment renforcer la résilience des infrastructures et du système énergétique dans son ensemble ? Cette analyse vise à montrer que les crises énergétiques actuelles ne sont pas des épisodes exceptionnels appelés à disparaître. Elles sont révélatrices de la fragilité structurelle du modèle énergétique européen. Reconnaître cette fragilité structurelle est une condition préalable à la mise en œuvre d’un système énergétique plus sûr, plus juste et plus durable.
Cette analyse examine ces problématiques à travers deux notions complémentaires. D’une part, la souveraineté énergétique vise à réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles et à renforcer l’autonomie stratégique européenne. De l’autre, la résilience énergétique renvoie à la capacité du système énergétique à résister aux perturbations géopolitiques, économiques, climatiques ou techniques et à s’y adapter.
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UN MODÈLE ÉNERGÉTIQUE SOUS CONTRAINTE FOSSILE couverts par des importations nettes, principalement sous forme de pétrole et de gaz1. Les produits pétroliers représentent 67 % de ces importations, suivis du gaz naturel (24 %).
Le pétrole demeure une composante centrale du mix énergétique européen. Selon Eurostat, ce dernier se compose de cinq sources principales, à savoir le pétrole brut et les produits pétroliers (38 %), le gaz naturel (21 %), les énergies renouvelables (20 %), l’énergie nucléaire (12 %) et les combustibles solides (10 %).
En 2024, 16 % du pétrole et des produits pétroliers provenaient des ÉtatsUnis ; suivaient la Norvège (12 %) et le Kazakhstan (9 %). Pour le gaz naturel, la Norvège demeure le principal fournisseur de l’Union européenne, devant les ÉtatsUnis (17 %), l’Algérie et la Russie (14 % chacun) 2. La part du Qatar est de l’ordre de 4 %.
Malgré les discours sur l’autonomie stratégique, l’Union européenne reste profondément dépendante des importations d’énergie. En 2024, près de 60 % de ses besoins énergétiques ont été
Mix énergétique européen (source : Eurostat, 2024) 8
Évolution du volume de gaz importé en Europe (source : Conseil européen, 2026)3
souvent moins que l’équilibre global entre l’offre et la demande. Cette hausse peut aussi se répercuter sur les contrats de long terme, dont les prix restent souvent indexés sur des références de marché internationales.
La réduction progressive des importations de gaz russe depuis 2022 a modifié les contours de la dépendance aux importations fossiles. En effet, depuis 2022, l’Union européenne s’est tournée massivement vers le gaz naturel liquéfié (GNL), en particulier en provenance des États-Unis. Cette réorientation s’est traduite par un triplement des volumes importés depuis ce pays de 2021 à 20254.
Par ailleurs, les acheteurs asiatiques, qui dépendent des pays du Golfe pour près d’un tiers de leurs importations de GNL, se retrouvent en concurrence directe avec les acheteurs européens pour l’accès aux cargaisons disponibles sur le marché. Cette flexibilité repose principalement sur le GNL américain, dont les exportations étaient jusqu’à récemment orientées vers l’Europe. Toutefois, depuis le déclenchement du conflit en Iran, plusieurs cargaisons ont déjà été réorientées vers l’Asie5.
Bien que le Qatar ne représente qu’une part limitée des importations de gaz de l’Union européenne, toute diminution de l’offre de GNL contribue à tendre le marché mondial et à exercer une pression sur les prix en Europe. Dans un marché désormais fortement interconnecté, l’origine du gaz importe 9
Cette dépendance n’est plus seulement associée à l’origine géographique des approvisionnements. Elle résulte également de la structure du modèle énergétique européen largement dépendant du gaz et du pétrole. Malgré les progrès réalisés en matière de diversification des approvisionnements et de développement des énergies renouvelables, le fonctionnement de l’économie européenne demeure largement tributaire du pétrole et du gaz. En 2024, 66 % de l’énergie disponible dans l’Union européenne étaient utilisés par les ménages, les transports et l’industrie, tandis que 34 % étaient principalement perdus lors de la production et de la distribution d’électricité.
Les produits pétroliers (fioul domestique, essence et gazole) représentaient encore 37 % de la consommation finale d’énergie, devant l’électricité (23 %) et le gaz naturel (20 %) 6. À l’inverse, les énergies renouvelables non transformées en électricité ne représentaient que 12 % de la consommation finale7. Dans ce contexte, chaque crise géopolitique majeure continue de se répercuter rapidement sur les prix de l’énergie et, par conséquent, sur l’ensemble de l’économie. La diversification des fournisseurs réduit certains risques géopolitiques, mais elle ne remet pas en cause la dépendance structurelle de l’économie européenne au pétrole et au gaz.
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Produits énergétiques (en %) dans la consommation finale totale d’énergie, 2024 (source : Eurostat, 2026)8
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VULNÉRABILITÉ DES INFRASTRUCTURES : UN RISQUE SYSTÉMIQUE ducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 en mer Baltique ont contribué à une volatilité considérable des prix du gaz (soit une augmentation de 10 % à 20 %) et ont accentué les tensions sur les marchés européens.
Au-delà des sources d’approvisionnement, les infrastructures énergétiques constituent un maillon essentiel mais fragile de la résilience énergétique. Les gazoducs, les terminaux méthaniers et les réseaux électriques sont exposés à des risques techniques, climatiques et géopolitiques. Dans un système énergétique plus électrifié et davantage dépendant des flux en temps réel, une défaillance locale peut rapidement produire des effets en cascade sur les prix, sur l’approvisionnement et sur l’activité économique. La résilience énergétique ne dépend plus uniquement de la disponibilité des ressources, mais également de la capacité des infrastructures à absorber les chocs et à garantir la continuité du système. Les politiques publiques ont commencé à intégrer ces nouveaux risques. Toutefois, elles demeurent encore largement centrées sur les enjeux d’approvisionnement plutôt que sur la résilience globale des infrastructures. À titre d’exemple, en 2022, les fuites survenues sur les gazo-
Dans ce contexte, il convient d’examiner les conséquences potentielles d’une interruption prolongée de certaines capacités gazières du Qatar. Le pays représente environ 20 % des exportations mondiales de GNL, lesquelles transitent intégralement par le détroit d’Ormuz. Cette concentration géographique constitue en elle-même un facteur de risque important pour l’équilibre du marché mondial. Environ 80 % de ces exportations sont destinées à l’Asie et 7 % à l’Europe. Le Qatar a signalé une baisse de 17 % de sa capacité d’exportation de GNL à la suite des attaques iraniennes et évoque des réparations susceptibles de s’étendre sur plusieurs années9.
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[...]Cette situation montre que la sécurité énergétique européenne reste fragile : toute perturbation durable du marché mondial du GNL peut avoir des répercussions économiques majeures sur les ménages, les entreprises et les États membres.[...]
Même si l’Union européenne n’est pas le principal débouché du GNL qatari, elle subirait directement les effets d’une contraction durable de l’offre mondiale. La diminution des volumes disponibles intensifie en effet la concurrence entre les acheteurs européens et les acheteurs asiatiques pour l’accès aux cargaisons de substitution10. Cette situation exerce une pression à la hausse sur les prix spot et sur les contrats à terme. Quelques jours après l’arrêt de la production, les prix européens du gaz avaient déjà augmenté de 30 % à 50 % par rapport aux niveaux observés un an plus tôt. Dans l’hypothèse où la production qatarie resterait fortement perturbée jusqu’à la fin de l’année 2026, le déficit mondial d’approvisionnement pourrait atteindre 26 milliards de m³ de GNL. La demande européenne sur le marché spot pourrait alors s’élever à près de 56 milliards de m³. L’Union européenne serait dès lors contrainte d’augmenter massivement ses achats sur les marchés internationaux afin de sécuriser son approvisionnement, contribuant elle-même à alimenter la hausse des prix mondiaux.
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Les conséquences immédiates d’une hausse prolongée des prix du gaz et du pétrole se diffusent à l’ensemble de l’économie. Une telle hausse augmente l’inflation, réduit le pouvoir d’achat des ménages et affaiblit la compétitivité des entreprises. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne anticipe une inflation de l’ordre de 2,6 % et une croissance plus faible, de l’ordre de 0,9 % en zone euro (BCE, 2026).
Cette situation, combinée à l’incertitude persistante sur les flux mondiaux de GNL ainsi qu’à l’arrêt de l’importation du gaz russe en Europe à partir de janvier 2027, expose les États membres à une compétition accrue pour l’accès aux volumes disponibles. Dans ce contexte, la nécessité de remplir des stocks (à au moins 90 % pour le 1er novembre) pourrait s’effectuer à des conditions de marché nettement dégradées, avec un renchérissement significatif des coûts d’approvisionnement et un risque de transmission aux prix de l’électricité et à l’inflation.
Toutefois, l’ampleur de ces répercussions dépendra d’autres facteurs, notamment de la durée des perturbations et du niveau des stocks disponibles à l’approche de l’hiver. Or, la situation actuelle révèle une fragilité particulière de l’Union européenne. Au 1er juin 2026, les stockages de gaz européens se situaient autour de 40 % de leur capacité, selon la plateforme AGSI11. Il s’agit du niveau saisonnier le plus faible observé depuis 2022. Le remplissage a débuté au printemps, à partir d’un niveau particulièrement bas, inférieur à celui enregistré aux mêmes périodes lors des années précédentes.
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LES RÉPONSES PUBLIQUES : AIDES, TAXATION DES SURPROFITS ET SORTIE DES ÉNERGIES FOSSILES 16
La Commission européenne a présenté en avril 2026 le programme AccelerateEU qui vise à renforcer la sécurité d’approvisionnement et à réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés. Ce plan prévoit une meilleure coordination des stocks de gaz et un assouplissement des aides d’État ainsi que des mesures de soutien aux ménages vulnérables. Il vise également à accélérer l’électrification et le développement des énergies renouvelables. Il s’accompagne d’investissements dans les réseaux énergétiques et d’outils de suivi des marchés. Ces orientations sont structurantes et nécessaires à long terme. Elles restent toutefois peu précises quant aux moyens permettant d’atténuer les effets immédiats d’un nouveau choc énergétique sur les ménages et sur les entreprises. Par ailleurs, les modalités concrètes de mise en œuvre, tant sur le plan technique que financier, restent largement indéterminées.
Dans ce contexte, une stratégie efficace doit articuler : - des mesures immédiates pour protéger les ménages et les entreprises, tout en faisant contribuer les acteurs qui bénéficient de la crise ; - des réformes structurelles visant à réduire durablement la dépendance aux énergies fossiles. Aujourd’hui, cette crise liée à la guerre en Iran et au blocage partiel du détroit d’Ormuz rouvre plusieurs débats : comment protéger rapidement les citoyens face à la hausse des prix de l’énergie ? Faut-il faire davantage contribuer les entreprises qui tirent profit de cette volatilité ? Comment préparer l’économie européenne à de futurs chocs énergétiques ?
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TAXER LES SURPROFITS DES ENTREPRISES FOSSILES : UNE SOLUTION À COURT TERME Dans le contexte actuel, la facture des importations de combustibles fossiles de l’UE s’est accrue d’environ 24 milliards d’euros14, tandis que certains groupes énergétiques enregistrent des surprofits. Une partie de ces gains est réalisée sur le marché européen par les acteurs du raffinage et de la distribution. Lors des trois premières semaines du conflit, les profits excessifs moyens dans les 27 États membres se sont élevés à 81,4 millions d’euros par jour. Cela représente 2,5 milliards d’euros supplémentaires pour le seul mois de mars (Bukold, 2026). Cette dynamique conjoncturelle s’inscrit dans un secteur fortement rentable. En effet, en Belgique, TotalEnergies et ExxonMobil ont enregistré 1,5 milliard d’euros de bénéfices avant impôt en 202415.
Lors de la précédente crise énergétique, l’Union européenne a mis en place une contribution de solidarité temporaire sur les bénéfices excédentaires des entreprises actives dans le pétrole, le gaz, le charbon et le raffinage. Il s’agissait d’un prélèvement de 33 % sur la part des profits dépassant de plus de 20 % la moyenne des quatre années précédentes. Ce mécanisme a rapporté environ 28 milliards d’euros pour les exercices fiscaux de 2022 et de 2023 (Commission européenne, 2025) 12. Des estimations récentes montrent qu’une taxation plus ambitieuse des surprofits énergétiques aurait pu générer près de 74 milliards d’euros à l’échelle européenne (Palanský et Tuinsma, 2026). En Belgique, le montant de cette contribution de solidarité était de l’ordre de 600 millions d’euros, répartis sur deux ans13.
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Dans ces conditions, la mise en place rapide et coordonnée d’une taxe sur les surprofits fossiles poursuivrait un double objectif. D’une part, elle répondrait à une exigence d’équité en faisant contribuer les entreprises qui bénéficient directement de la hausse des prix de l’énergie. D’autre part, elle dégagerait des ressources budgétaires immédiatement mobilisables pour financer des aides ciblées aux ménages vulnérables, pour soutenir les secteurs économiques les plus exposés et pour accélérer les investissements dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Toutefois, l’efficacité d’un tel mécanisme dépend étroitement de sa conception. Les groupes multinationaux disposent de marges de manœuvre considérables pour déplacer une partie de leurs profits vers des juridictions à fiscalité réduite (Chiocchetti et Moreau-Kastler, 2026). Ainsi, la définition de l’assiette taxable et la coordination entre les États constituent des conditions essentielles à la réussite de cette taxation. À défaut, une part substantielle de la rente pourrait échapper à l’impôt et réduire la portée redistributive du dispositif.
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PLAFONNER LE PRIX DU GAZ : UNE RÉPONSE À MOYEN TERME FACE À UN CONFLIT DURABLE ? ment du prix du gaz constitue un outil de stabilisation efficace à court terme. Cependant, il peut aussi brouiller les signaux économiques qui encouragent la réduction de la consommation de combustibles fossiles.
Dans l’hypothèse où les prix du gaz augmenteraient à l’automne en raison de tensions géopolitiques persistantes, un mécanisme temporaire de plafonnement du prix du gaz pourrait être envisagé. Il permettrait de protéger les ménages et de limiter la transmission du choc au prix de l’électricité.
Dans ce contexte, si l’Union européenne choisit cette voie, le mécanisme devrait être coordonné, exceptionnel, harmonisé et régulièrement évalué. Son déclenchement devrait reposer sur des critères objectifs liés à la tension des marchés, au niveau des stocks et aux conditions d’approvisionnement internationales (Zachmann et Heussaff, 2023). Le dispositif devrait également prévoir une compensation strictement encadrée pour les producteurs. Elle pourrait être financée par un instrument commun de crise. Dans cette logique, le plafonnement ne serait pas une politique de soutien aux énergies fossiles mais un filet de sécurité temporaire. Il viserait à éviter un choc économique brutal, sans compromettre l’objectif de sortie progressive des énergies fossiles.
L’expérience ibérique montre qu’un tel dispositif peut effectivement réduire les prix de gros de l’électricité et amortir la facture des consommateurs. En effet, en Espagne, le prix de gros moyen a nettement divergé de celui observé sur les marchés européens. Par ailleurs, le gouvernement espagnol a estimé à 5 milliards d’euros les économies pour les consommateurs finaux réalisées entre juin 2022 et janvier 2023 (Corbeau et al., 2023). Toutefois, cette mesure n’est pas dépourvue d’effets secondaires. Elle a entraîné une hausse de 52,7 % de l’utilisation du gaz pour la production d’électricité en 2022, alors que la consommation totale de gaz reculait. Le plafonne20
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PLANIFIER LA RÉSILIENCE ÉNERGÉTIQUE
Face à la répétition des chocs énergétiques, l’Union européenne doit adopter une stratégie structurée de résilience visant à organiser la sortie progressive des énergies fossiles, tout en protégeant l’économie et les ménages pendant la transition. Cette nécessité est d’autant plus pressante qu’en 2024, environ 69 % de la consommation finale d’énergie en Europe reposaient toujours sur des combustibles fossiles. Les politiques de sobriété ont permis une réduction notable de la consommation de gaz de 18 % entre août 2022 et mai 2024. En revanche, la tendance a marqué un léger rebond de 3 % entre 2024 et 202516,17. Cette évolution montre que les progrès réalisés restent fragiles tant qu’ils ne s’inscrivent pas dans une transformation structurelle du système énergétique.
consommation d’énergies fossiles tout en préservant la cohésion sociale et la compétitivité économique : - Dans le domaine de la mobilité — qui représente 31 % de la consommation finale d’énergie de l’Union européenne (encore dépendante à près de 90 % du pétrole18) — la priorité consiste à réduire la demande de carburants en agissant simultanément sur les usages et sur les technologies. Cela implique de limiter les déplacements contraints, de renforcer l’offre de transport collectif et de fret ferroviaire, ainsi que d’accélérer l’électrification des véhicules. Cette évolution suppose également un accompagnement social ambitieux, afin que les ménages et les territoires les plus dépendants de l’automobile ne supportent pas seuls le coût de la transition. Dans le cadre du déploiement des véhicules électriques, un leasing social peut être mis en place. Il s’agit d’un mécanisme subventionné de location de voiture électrique à prix réduit destiné aux ménages à revenus faibles et moyens.
La planification de la résilience énergétique suppose de définir des objectifs clairs, de mobiliser les financements nécessaires et de coordonner l’action publique à l’échelle européenne. Elle doit permettre de réduire durablement la 22
- Dans le domaine du chauffage résidentiel — qui représente 27 % de la consommation finale d’énergie et reste dépendant à 72 % des énergies fossiles19— la rénovation énergétique constitue le principal levier. Les efforts doivent prioritairement cibler les ménages modestes, les « passoires énergétiques » et le logement social, afin de réduire durablement la consommation de gaz. Cette politique doit être accompagnée du déploiement de pompes à chaleur, du développement des réseaux de chaleur bas carbone et de dispositifs d’aide simples, lisibles et accessibles. Il s’agit de diminuer la dépendance aux combustibles fossiles, tout en réduisant durablement les factures énergétiques des ménages afin que la transition soit socialement acceptable et techniquement rapide.
également de renforcer la compétitivité des entreprises face à la volatilité des prix de l’énergie. Cela passe par l’efficacité énergétique, l’électrification des procédés, la récupération de chaleur, le développement de la flexibilité industrielle et la sécurisation de l’accès à une électricité bas carbone compétitive grâce à des contrats de long terme. Outre la réduction de la consommation, le renforcement de la résilience énergétique européenne suppose une montée en puissance rapide des énergies renouvelables, et des investissements massifs dans les réseaux, dans le stockage et dans la flexibilité du système. Entre 2019 et 2024, la part combinée de l’éolien et du solaire dans la production d’électricité de l’Union européenne est passée de 17 % à 29 %. Cette évolution traduit une transformation rapide, bien que les dynamiques de croissance diffèrent selon les filières21. Sur la même période, la capacité solaire a presque triplé pour atteindre 338 GW en 2024, tandis que la capacité éolienne a progressé de près de 37 %22.
- Dans l’industrie — qui représente 25 % de la consommation totale d’énergie et dont près de la moitié repose encore sur des combustibles fossiles20 — l’enjeu dépasse la seule réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit 23
La réflexion sur la décarbonation de la production de l’électricité se décline également au niveau national. En Belgique, le gouvernement fédéral a récemment confirmé sa volonté de renforcer la place du nucléaire dans le mix électrique, notamment à travers le projet d’acquisition par l’État de l’ensemble des activités nucléaires du pays. Cette orientation vise à sécuriser une capacité de production pilotable et bas carbone dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques. Toutefois, cette décision soulève des questions quant à l’allocation des ressources publiques. Sans opposer le nucléaire et les énergies renouvelables, le débat porte sur la soutenabilité financière des investissements à long terme et sur leur articulation avec les besoins de développement des réseaux, du stockage et des capacités renouvelables. Dans cette perspective, l’enjeu consiste moins à choisir une technologie contre une autre qu’à construire un équilibre cohérent entre la sécurité d’approvisionnement, la transition climatique, la maîtrise des finances publiques et des factures des ménages et des entreprises.
Afin que la décarbonation de la consommation ainsi que du mix énergétique (et électrique) exerce pleinement ses effets, il est nécessaire de garantir un développement simultané des infrastructures. En 2024, les énergies renouvelables ont assuré 47,5 % de la consommation d’électricité dans l’Union européenne. Toutefois, sans des réseaux adaptés, des capacités de stockage suffisantes et des interconnexions renforcées, cette progression risque de se heurter à des limites techniques et économiques croissantes. Dans ce contexte, sécuriser durablement le système énergétique européen suppose d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables et de moderniser les infrastructures qui permettent leur intégration. Dans le cadre du paquet « European Grids », la Commission européenne a identifié plusieurs goulets d’étranglement à traiter prioritairement. Le renforcement des interconnexions et la construction d’un réseau électrique véritablement européen constituent désormais des enjeux stratégiques. Ils permettront de mieux répartir la
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production renouvelable entre les États membres, de renforcer la sécurité d’approvisionnement et de réduire les écarts de prix entre les marchés nationaux. Ainsi, la résilience énergétique ne se limite pas à diversifier les fournisseurs ou à accroître les capacités de production. Elle implique une transformation cohérente de l’ensemble du système énergétique européen. En réduisant progressivement le rôle des combustibles fossiles importés, l’Union européenne diminue simultanément son exposition aux chocs géopolitiques, sa vulnérabilité économique et ses émissions de gaz à effet de serre.
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L’ESPAGNE : UN MODÈLE DE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE À titre d’exemple, en mars 2025, le prix moyen de l’électricité sur le marché journalier s’établissait à 42 euros/MWh, soit une valeur trois fois inférieure à celle observée en Italie (143 euros/MWh).
Bien que son mix énergétique reste encore à 65 % fossile23, l’Espagne a réussi à décarboner rapidement sa production d’électricité. En 2024, les renouvelables ont représenté 56 % de la production totale et près de 60 % de la consommation électrique24,25. Cette évolution repose principalement sur l’essor de l’énergie solaire et de l’éolien, dont la capacité a doublé entre 2019 et juin 2025 (Rosslowe et Petrovich, 2025).
Ainsi, cette protection contre la volatilité des prix de l’électricité a permis aux consommateurs espagnols d’éviter une augmentation d’environ 10 euros par mois (Rosslowe, 2025). Si les prix de l’électricité étaient encore aussi fortement corrélés aux prix du gaz qu’en 2021, un ménage type bénéficiant du tarif réglementé paierait aujourd’hui environ 10 euros de plus par mois, soit une hausse de 19 % de sa facture d’électricité, en raison des prix élevés du gaz observés depuis mars 2026.
Selon Rosslowe et Petrovich (2025), ces nouvelles installations solaires et éoliennes ont évité, entre 2020 et 2024, l’importation de 26 milliards de m³ de gaz, soit 13,5 milliards d’euros26. Cette substitution progressive des énergies renouvelables aux combustibles fossiles a également réduit l’exposition du marché espagnol de l’électricité aux fluctuations du prix du gaz. Depuis 2019, l’influence des centrales fossiles sur la formation du prix de l’électricité a ainsi diminué de 75 %. Cette évolution s’est traduite par un prix de gros de l’électricité inférieur de 32 % à la moyenne européenne au premier semestre 2025.
Selon la Banque d’Espagne, les prix de gros de l’électricité du pays auraient été 40 % plus élevés au premier semestre 2024 si la production éolienne et solaire était restée au niveau de 2019. Dans ce contexte, l’absence de développement des renouvelables aurait imposé un recours accru aux centrales à gaz, renforçant la vulnérabilité du pays face 26
à la hausse des prix de cette énergie. Cette transformation du système électrique a également permis à l’Espagne de mieux résister aux premières conséquences du conflit en Iran. En effet, le gaz n’a affecté le prix de l’électricité que lors de 15 % des heures jusqu’à la mi-mars 2026, contre 89 % en Italie (Rosslowe et Petrovich, 2026).
tures énergétiques. Entre 2019 et 2024, le pays n’a consacré que 0,30 euro aux réseaux pour chaque euro investi dans les renouvelables (contre 0,70 euro en moyenne européenne). Il ne dispose que de 120 MW de stockage par batteries (soit le 13ème parc européen) et accuse un retard notable dans la modernisation de son réseau électrique. Ces insuffisances ont accru la dépendance aux centrales à gaz pour assurer la stabilité du système et ont contribué à la hausse des coûts observée après la panne (Rosslowe et Petrovich, 2025) 27. Depuis cette panne, l’Espagne a adopté des réformes pour accélérer et pour multiplier par quatre le déploiement du stockage par batteries d’ici à la fin de l’année 2026 (Rosslowe, 2025).
Cette réussite ne doit pas masquer les fragilités qui accompagnent une transition énergétique rapide. La panne généralisée survenue le 28 avril 2025 en constitue une illustration. L’expérience espagnole montre que le développement des énergies renouvelables ne peut pleinement être efficace sans un renforcement parallèle des infrastruc-
Effet du prix du gaz sur le prix de l’électricité et évolution du prix moyen de l’électricité par pays (source : Rosslowe et Petrovich, 2025) 27
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CONCLUSION est nécessaire de protéger les ménages et les secteurs économiques les plus exposés aux hausses de prix, tout en veillant à une répartition plus équitable des coûts des crises énergétiques.
Les tensions provoquées par le conflit en Iran et les perturbations affectant les flux énergétiques mondiaux rappellent que la vulnérabilité énergétique européenne demeure structurelle. Si l’Union européenne a réduit sa dépendance au gaz russe et diversifié une partie de ses approvisionnements, elle reste fortement exposée aux fluctuations des marchés internationaux du pétrole et du gaz. Les événements géopolitiques continuent ainsi d’exercer une influence directe sur les prix de l’énergie, sur le coût de la vie, sur la compétitivité des entreprises et sur les finances publiques.
À plus long terme, la véritable réponse réside dans la réduction progressive de la dépendance aux combustibles fossiles. L’expérience espagnole montre que le développement des énergies renouvelables peut contribuer à limiter l’exposition aux fluctuations des marchés du gaz, tout en renforçant l’autonomie énergétique. Elle rappelle toutefois que cette transition ne peut être réduite à une simple augmentation des capacités de production renouvelable. Elle suppose également des investissements importants dans les réseaux, le stockage, la flexibilité du système énergétique et l’accompagnement social des transformations en cours.
Cette vulnérabilité ne résulte pas uniquement de l’origine géographique des importations. Elle est également liée à la place encore centrale qu’occupent les combustibles fossiles dans le fonctionnement de l’économie européenne, ainsi qu’à la dépendance envers des infrastructures et des routes d’approvisionnement sensibles aux chocs géopolitiques.
Dès lors, la politique énergétique ne peut être réduite à une question technique. Elle constitue un choix stratégique qui engage à la fois la sécurité économique, la cohésion sociale et la transition climatique de l’Europe.
Face à cette situation, les réponses publiques doivent articuler deux temporalités complémentaires. À court terme, il 29
ANNEXES & BIBLIOGRAPHIE ANNEXES :
11 https://agsi.gie.eu/data-overview/EU
1 https://ec.europa.eu/eurostat/web/interactivepublications/energy-2026?etrans=fr#e nergy-consumption
12 https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/ PDF/?uri=CELEX:52025DC0237
2 Ibid.
13 https://www.dekamer.be/FLWB/ PDF/56/1547/56K1547001.pdf
3 https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/ where-does-the-eu-s-gas-come-from/
14 https://www.touteleurope.eu/economie-etsocial/aides-ciblees-carburant-electricite-cequ-il-faut-retenir-du-plan-anti-crise-devoile-parla-commission-europeenne/#:~:text=C’est%20 la%20hausse%20de%20la%20facture%20 %C3%A9nerg%C3%A9tique,guerre%20 au%20Moyen%2DOrient%20le%2028%20 f%C3%A9vrier%20dernier%2C
4 https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/ where-does-the-eu-s-gas-come-from/#0 5 https://legrandcontinent.eu/fr/2026/04/03/ europe-choc-gazier/ 6 https://ec.europa.eu/eurostat/ web/interactive-publications/ energy-2026?etrans=fr#energy-consumption
15 https://web.belga.press/explore/kiosk/ newsletters/2224867?id=61e87f2b-4921-46f4-ab6742030b36dc3d&modal=news
7 La consommation effective d’énergies renouvelables est de 25 %. Elle est supérieure à l’utilisation directe de 12 % car d’autres sources renouvelables, telles que l’hydroélectricité, l’énergie éolienne et l’énergie solaire photovoltaïque, sont prises en compte dans la consommation d’électricité.
16 https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/ how-did-the-eu-respond-to-the-2022-energy-crisis/ 17 https://ieefa.org/european-lng-tracker#cat3-1 18 https://www.transportenvironment.org/te-france/ sujets/energie 19 https://www.stradalex.com/fr/sl_src_ publ_div_be_chambre/document/QRcrb_5 6-b033-1453-0095-2025202606788
8 Ibid. 9 https://www.rtbf.be/article/en-visant-lesinfrastructures-gazieres-la-guerre-au-moyen-orientchange-de-nature-et-menace-durablement-les-prix-lenergie-11697310
20 https://ec.europa.eu/eurostat/statisticsexplained/SEPDF/cache/110026.pdf
10 https://www.reuters.com/business/energy/ qatarenergy-declares-force-majeure-lngshipments-2026-03-04/
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Cette analyse met en évidence la persistance de la vulnérabilité énergétique européenne malgré la diversification des approvisionnements engagée depuis la guerre en Ukraine. Elle montre que la dépendance aux combustibles fossiles continue d’exposer l’Union européenne aux tensions géopolitiques, aux hausses de prix et à leurs conséquences économiques et sociales. Au-delà des enjeux d’approvisionnement, elle souligne le rôle central des infrastructures énergétiques et des choix politiques dans la capacité de l’Europe à faire face aux crises. L’analyse examine également les différentes réponses possibles. Elle met en lumière l’intérêt des investissements dans les énergies renouvelables, dans les réseaux et dans la réduction de la demande pour renforcer la résilience du système énergétique. Enfin, elle invite à considérer la transition énergétique à la fois comme un enjeu climatique et comme une question de souveraineté et de justice sociale. Cette réflexion vise ainsi à alimenter le débat sur les transformations nécessaires pour construire un modèle énergétique plus résilient et plus durable.
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