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(FR) La force sexuelle ou le dragon ailé

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Omraam Mikhaël Aïvanhov

La force sexuelle ou le Dragon ailé

Collection Izvor ÉDITIONS

PROSVETA


© 1982, Éditions Prosveta S.A., ISBN 2-85566-186-2 © 1985, Éditions Prosveta S.A., ISBN 2-85566-345-8 © Copyright 2009 réservé à S.A. Éditions Prosveta pour tous pays. Toutes reproductions, adaptation, représentation ou éditions quelconques ne sauraient être faites sans l’autorisation de l’auteur et des éditeurs. De même toutes copies privées, toute reproduction audio-visuelle ou par quelque moyen que ce soit ne peuvent être faites sans l’autorisation des auteurs et des éditeurs (Loi du 11 Mars 1957 révisée). Éditions Prosveta S.A.  –  B.P.12 – 83601 Fréjus Cedex (France) ISBN 978-2-85566-345-6


Omraam Mikhaël Aïvanhov

La force sexuelle ou le Dragon ailé

Collection Izvor N° 205 ÉDITIONS

PROSVETA


TABLE DES MATIÈRES I

Le Dragon ailé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

II

Amour et sexualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

III

La force sexuelle, condition de la vie sur la terre . . . . . . . . . . 45

IV

Sur le plaisir I. Ne cherchez pas le plaisir, il vous appauvrira . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 II. Comment remplacer le plaisir par le travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64

V

Les dangers du tantrisme . . . . . . . . . . . . . . 77

VI

Aimez sans attendre d’être aimés . . . . . . . . 85

VII L’amour répandu partout dans l’univers . . 95 VIII L’amour spirituel, une façon supérieure de se nourrir . . . . . . . . . . . . . . . 105 IX

Un transformateur de l’énergie sexuelle : le haut idéal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119

X

Ouvrir à l’amour un chemin vers le haut . . 131


L’enseignement du Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov étant strictement oral, cet ouvrage, consacré à un thème choisi, a été rédigé à partir de conférences improvisées.


I

le dragon ailĂŠ


Dans toutes les traditions populaires, dans les contes, les mythologies, on trouve l’image du serpent ou du dragon, dont le symbolisme est à peu près identique d’une culture à l’autre. D’in­nom­ brables contes parlent d’un dragon qui a capturé une belle princesse, innocente et pure, qu’il garde prisonnière dans un château. La pauvre princesse pleure, languit et supplie le Ciel de lui envoyer un sauveur. Mais, les uns après les autres, les chevaliers qui se présentent pour la délivrer se font dévorer par le dragon qui s’empare de leurs richesses et les entasse dans les souterrains du château. Enfin, un jour, arrive un chevalier, un prince plus noble, plus beau et plus pur que les autres, auquel une magicienne a révélé le secret pour vaincre le dragon : quelle est sa faiblesse, à quel moment et de quelle manière on peut le ligoter ou le blesser… Et voilà que ce prince privilégié, bien armé et bien instruit, remporte la victoire : il arrive à libérer la princesse, et quels doux baisers ils se donnent !


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Tous les trésors qui sont là, entassés depuis des siècles dans le château, appartiennent alors à ce chevalier, à ce beau prince qui est sorti victorieux du combat grâce à ses connaissances et à sa pureté. Puis, tous deux, montés sur le dragon que conduit le prince, s’envolent dans l’espace et parcourent le monde. Ces contes que l’on croit en général réservés aux enfants, sont en réalité des contes initiatiques, mais pour pouvoir les interpréter, il faut connaître la science des symboles. Le dragon n’est autre que la force sexuelle. Le château c’est le corps de l’homme. Dans ce château soupire la princesse, c’est-à-dire l’âme que la force sexuelle mal maîtrisée retient prisonnière. Le chevalier, c’est l’ego, l’esprit de l’homme. Les armes dont il se sert pour vaincre le dragon représentent les moyens dont dispose l’esprit : la volonté, la science pour maîtriser cette force et l’utiliser. Donc, une fois maîtrisé, le dragon devient le serviteur de l’homme, il lui sert de monture pour voyager dans l’espace. Car le dragon a des ailes. S’il est représenté avec une queue de serpent – symbole des forces souterraines – il possède aussi des ailes. Eh oui, c’est clair, c’est simple, c’est le langage éternel des symboles. On trouve une variante de cette aventure dans l’histoire de Thésée qui, grâce au fil que lui avait donné Ariane, a pu se diriger à travers le labyrin-


Le Dragon ailé

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the, tuer le Minotaure et retrouver la sortie. Le Mino­taure est une autre représentation de la force sexuelle, le taureau puissant et prolifique, donc la nature inférieure qu’on doit atteler pour travailler la terre comme le bœuf.1 Le labyrinthe a la même signification que le château : c’est le corps physique, et Ariane représente l’âme supérieure qui conduit l’homme vers la victoire. Dans les traditions juives et chrétiennes, le Dragon est assimilé au Diable, et le Diable, comme on dit, sent le soufre.2 Tous ces produits inflammables comme l’essence, le pétrole, la poudre, ces mélanges de gaz qui produisent des flammes et des détonations, c’est cela justement, dans la nature, le Dragon qui crache le feu. Ce Dragon, qui existe aussi en l’homme, est comparable à un combustible. Si l’homme sait s’en servir, il sera propulsé vers les hauteurs, mais s’il ne sait pas, parce qu’il est ignorant, négligent ou faible, il sera brûlé, réduit en cendres ou précipité dans l’abîme. Notes 1. Cf. L’amour et la sexualité, Œuvres complètes, t. 14, chap. II : « Prendre le taureau par les cornes. Le caducée d’Hermès ». 2. Cf. Approche de la Cité céleste – Commentaires de l’Apocalypse, Coll. Izvor n° 230, chap. X : « La femme et le dragon », chap. XI : « L’Archange Mikhaël terrasse le dragon », chap. XII : « Le dragon lance de l’eau contre la femme », chap. XV : « Le dragon lié pour mille ans ».


ii

amour et sexualitĂŠ


I

Question : « Maître, voudriez-vous nous dire la différence que vous faites entre l’amour et la sexualité, et comment on peut utiliser la sexualité dans la vie spirituelle ? » Voilà une question très intéressante, qui touche ce qu’il y a de plus important dans la vie et concerne tout le monde. Oui, les jeunes et les vieux… Je ne dirai pas que je suis tellement qualifié pour répondre à toutes les questions que soulève ce problème. Ce que j’ai d’un peu particulier, c’est que j’aime toujours voir les choses d’un certain point de vue, et j’ai consacré toute ma vie à l’acquisition de ce point de vue. Je vous en dirai donc d’abord deux mots afin que vous ne commenciez pas à me critiquer en disant : « Oh là là ! Moi j’ai lu des livres sur l’amour et la sexualité où on disait beaucoup plus de choses. Qu’il est ignorant, cet instructeur ! » Eh oui, je suis ignorant, pourquoi


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pas ? Mais ceux qui ont écrit ces livres n’avaient pas mon point de vue et ils n’ont pas compris cette question comme je la comprends. Vous pouvez donc, si vous voulez, vous renseigner en lisant tout ce que les psychanalystes et les médecins ont écrit sur la sexualité, mais moi, je veux vous amener vers un autre point de vue inconnu presque jusqu’à maintenant. Quel est ce point de vue ? Je me suis amusé quelquefois à l’illustrer par l’image suivante. Un professeur diplômé de trois ou quatre universités travaille dans son laboratoire où il fait toutes sortes de recherches et d’expériences… Mais voilà que son fils de douze ans, qui s’amuse dans le jardin, est monté sur un arbre, et de là-haut, il crie : « Papa, je vois mon oncle et ma tante qui arrivent… » Le père, qui ne voit rien, demande à l’enfant : « À quelle distance sont-ils ? Que portent-ils ? » Et l’enfant lui donne tous les renseignements. Malgré toute sa science, le père ne voit rien, alors que l’enfant, qui est tout petit et ignorant, est capable de voir très loin, simplement parce que son point de vue est différent : il est monté très haut tandis que son père est resté en bas. Évidemment, ce n’est qu’une image, mais elle vous fera comprendre que s’il est utile d’avoir des facultés intellectuelles et des connaissances, le point de vue est encore plus important. Selon qu’on observe l’univers du point de vue de la


Amour et sexualité

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terre ou du point de vue du soleil, on obtient des résultats tout à fait différents. Tout le monde dit : « Le soleil se lève, le soleil se couche… » Oui, c’est vrai, mais c’est faux. C’est vrai du point de vue de la terre ; du point de vue géocentrique vous avez raison. Mais du point de vue héliocentrique, solaire, c’est faux. Tous regardent la vie du point de vue de la terre, et évidemment, de ce point de vue, ils ont raison. Ils disent : « Il faut manger, gagner de l’argent, profiter des plaisirs… » Mais s’ils se plaçaient du point de vue solaire, c’est-àdire du point de vue divin, spirituel, ils verraient différemment les choses.1 Et c’est ce point de vue que je possède, qui me permet de vous présenter la nature de l’amour et de la sexualité d’une tout autre manière. Au premier abord, il semble difficile de séparer la sexualité de l’amour. Tout vient de Dieu et tout ce qui se manifeste à travers l’homme comme énergie est, à l’origine, une énergie divine : mais cette énergie produit des effets différents selon le conducteur à travers lequel elle se manifeste. On peut la comparer à l’électricité. L’électricité est une énergie dont on ignore la nature, mais lorsqu’elle passe à travers une lampe elle devient lumière, bien qu’elle ne soit pas de la lumière. En passant par un réchaud, elle devient chaleur ; en passant par un aimant, elle devient magnétisme ; en passant par un ventilateur, elle devient mouvement. De la même


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La force sexuelle ou le Dragon ailé

façon, il existe une force cosmique originelle qui prend tel ou tel aspect suivant l’organe de l’homme au travers duquel elle se manifeste. À travers le cerveau, elle devient intelligence, raisonnement ; à travers le plexus solaire ou le centre Hara, elle devient sensation et sentiment ; quand elle passe par le système musculaire, elle devient mouvement ; et quand elle passe enfin par les organes génitaux, elle devient attraction pour l’autre sexe. Mais c’est toujours la même énergie. L’énergie sexuelle vient donc de très haut, mais en passant par les organes génitaux, elle produit des sensations, une excitation, un désir de rapprochement, et il se peut que dans ces manifestations, il n’y ait absolument aucun amour. C’est ainsi chez les animaux. À certaines périodes de l’année, ils s’accouplent, mais le font-ils par amour ? Souvent, ils se déchirent et chez certains insectes comme la mante religieuse ou certaines araignées, la femelle mange le mâle. Est-ce de l’amour ? Non, c’est de la pure sexualité. L’amour commence quand cette énergie touche en même temps d’autres centres en l’homme : le cœur, le cerveau, l’âme et l’esprit. À ce moment-là, cette attraction, ce désir que l’on a de se rapprocher de quelqu’un est éclairé, illuminé par des pensées, des sentiments, un goût esthétique ; on ne recherche plus une satisfaction pure-


Amour et sexualité

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ment égoïste où l’on ne tient absolument aucun compte du partenaire. L’amour, c’est de la sexualité, si vous voulez, mais élargie, éclairée, transformée. L’amour possède tellement de degrés et de manifestations qu’on ne peut même pas les énumérer et les classer. Il arrive, par exemple, qu’un homme aime une jeune et jolie femme, mais sans être tellement attiré physiquement par elle : il veut surtout la voir heureuse, en bonne santé, instruite, riche, bien placée dans la société, etc. Comment expliquer cela ? Ce n’est pas uniquement de la sexualité, mais de l’amour ; c’est donc un degré supérieur. Mais il doit entrer quand même un peu de sexualité dans cet amour, car on peut se poser la question : pourquoi cet homme ne s’est-il pas attaché à une autre personne, à une femme vieille et laide, ou à un autre homme ? Oui, si on analyse, on découvrira au moins un faible degré de sexualité. La sexualité… l’amour… ce n’est donc qu’une question de degrés. Lorsque vous ne vous arrêtez plus seulement sur quelques sensations physiques grossières, mais que vous sentez les degrés supérieurs de cette force cosmique vous envahir, c’est cela l’amour, et vous communiez avec les régions célestes. Mais combien de gens, une fois leur désir assouvi, se quittent ou même commencent à se battre ! Ce qui compte pour eux, c’est seulement de se décharger, de se débarrasser d’une tension, et...


C’est en 1937 que le Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov (1900-1986), philosophe et pédagogue français d’origine bulgare, est arrivé en France. Ce qui frappe dès l’abord dans son œuvre, c’est la multiplicité des aspects sous lesquels est présentée cette unique question : l’homme et son perfectionnement. Quel que soit le sujet abordé, il est invariablement traité en fonction de l’usage que l’homme peut en faire pour une meilleure compréhension de lui-même et une meilleure conduite de sa vie.

Animal fantastique commun à toutes les mytho­ logies, et présent jusque dans l’iconographie chré­tienne, le dragon n’a pourtant rien d’une lointaine fiction ; il est le symbole des forces instinctives de l’être humain. Et toute l’aventure de la vie spirituelle consiste à dompter, apprivoiser et orienter ces forces pour les utiliser comme moyens de propulsion vers les hautes cimes de l’esprit. Car si ce monstre à queue de serpent et qui crache des flammes possède aussi des ailes, c’est bien que les forces qu’il incarne ont une destination spirituelle. « La force sexuelle est une énergie que l’on peut comparer au pétrole, dit Omraam Mikhaël Aïvanhov, les ignorants et les maladroits sont brûlés – cette force brûle leur quintessence – tandis que ceux qui savent l’utiliser, les Initiés, volent dans l’espace. » Tel est le sens du Dragon ailé. www.prosveta.com e-mail: international@prosveta.com

ISBN 978-2-85566-345-6


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