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Cerveau & Psycho n°191 - octobre 2026 - La charge mentale

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Cerveau & Psycho

Cerveau & Psycho

n° 191 octobre 2026

octobre 2026

191

CHARGE MENTALE

L 13252 - 191 H - F: 7,50 € - RD

Les clés des neurosciences pour ne pas se laisser submerger DOM : 9,00 € – BEL./LUX. : 9,00 € – C.H. : 12,70 CHF – CAN. : 13,99 $CA – D. : 9,50 € – PORT. : 9,00 € – MAR. : 86,00 MAD – N.-CAL. : 1 150 XPF – TUN. : 15,70 TND

Charge mentale Comment ne pas craquer ?

Comment ne pas craquer ?

FIBROMYALGIE L’origine des douleurs mieux comprise

CLIMAT

Le réchauffement va-t-il nous rendre fous ?

SOMMEIL

Les conseils pour une sieste vraiment réparatrice

PSYCHOLOGIE

Parler aux défunts aide-t-il à faire son deuil ?


LA GASTRONOMIE EXPLIQUÉE PAR UN BIOPHYSICIEN TOQUÉ DE CUISINE


n° 191 - octobre 2026

édito Alors, c’est foutu ? SÉBASTIEN BOHLER rédacteur en chef

L’

été 2026 a ouvert les portes d'un autre monde. Forêts parties en fumée, récoltes jaunies, faune décimée, humains épuisés par les vagues de chaleur. Il continue aussi à bouillir dans nos têtes, avec les conséquences du réchauffement sur notre santé mentale, à présent bien établies (voir pages 6 et 80). Un monde à + 3 °C est un monde de fous. Nous voilà rentrés de ces vacances épuisantes pour voir affluer les factures, fournitures scolaires, inscriptions à des activités, courriels à éplucher, factures à régler : rien qu’à l’idée de s’y mettre, on a envie d’arrêter. C’est pour cela que nous reparlons de la charge mentale (notre dossier central). Parce qu’elle a franchi un nouveau cap. Parce que nous n’avons plus foi en un avenir surchauffé, de plus en plus irrespirable, où les inégalités

galopent (page 60) et où nous passons de plus en plus de temps à nous abrutir devant des écrans où des IA débitent des vidéos plus vides que le fond de l’Univers (page 38). Alors, c’est foutu ? On peut aussi essayer de comprendre. Le réchauffement a une cause, l’hyperconsommation. Le pourrissement cérébral est œuvre de l’hyperconnexion. La charge mentale, de l’hyperaccélération de nos modes de vie. Tout cela va ensemble. Aujourd’hui on nous dit qu’il faut s’adapter à ce monde « hyper ». Mais non, il faut le dégonfler comme un ballon de baudruche. Retrouver les rythmes propres de l’humain. Arrêter la fuite en avant. Jour après jour, la mission que nous nous donnons – mieux connaître le fonctionnement de notre propre cerveau – y contribuera peut-être ! £

Ils ont contribué à ce numéro

p. 26 Édith Galy Professeuse des universités en psychologie et directrice du laboratoire Lapcos à l’université Côte d’Azur, elle étudie la charge mentale au travail.

p. 50 Brice Faraut Neuroscientifique à l’université Paris Cité et au Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu, il évalue les bienfaits de la sieste.

p. 60 Sébastien Goudeau Professeur de psychologie sociale à l’université de Poitiers, il axe son travail sur la compréhension et la diminution des inégalités scolaires.

p. 76 Isabelle Peretz Professeuse en neurocognition de la musique à l’université de Montréal, au Canada, elle explore les effets de la musique sur notre cerveau.

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Cerveau & Psycho n° 191 - octobre 2026 / 3


n° 191 - octobre 2026

sommaire l’actualité

des sciences cognitives

p. 6 Réchauffement

9

climatique : allons-nous tous devenir fous ? p. 7 Contre la dépression, la thérapie des émotions positives p. 8 Femmes : la négociation dans la peau p. 9 Applis de rencontre : une « dérégulation comportementale »

P. 12 FOCUS

Je pense, donc mes neurones gonflent ! Sébastien Bohler

P. 14 L’IMAGE DU MOIS

Le vortex de l’audition Albane Clavere

cerveau & société

P. 38 DERRIÈRE L’INFO, LA PSYCHO

« Brain rot » : ces vidéos courtes qui nous pourrissent le cerveau Nicolas Gauvrit

P. 42 UN PSY AU CINÉMA

« La Vénus électrique » : faut-il faire parler les morts ? Laurent Bègue-Shankland

P. 48 LA SANTÉ MENTALE AU QUOTIDIEN

La remédiation cognitive, une « kiné » du cerveau ! David Masson

Ce numéro comporte un courrier de réabonnement, posé sur le magazine, sur une sélection d’abonnés. En couverture : © Roman Samborskyi/Shutterstock

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p. 88

à la une

Charge mentale

Testez vos connaissances

Les clés des neurosciences pour ne pas se laisser submerger

68

Quand les choses à faire se multiplient, le cerveau peut entrer en surrégime. Les sciences cognitives livrent quelques règles essentielles pour ne pas s’effondrer.

p. 18 Surcharge cognitive :

pourquoi notre cerveau sature André Tricot et Margot Brunet

p. 24 Sept conseils pour alléger

sa charge mentale

17

neurosciences & psychiatrie

P. 68 DOULEUR

Jean-Charles Girardeau

Fibromyalgie : la souffrance sans maladie

p. 26 Quand trop c’est trop,

P. 76 L’INTERVIEW DES LABOS

comment ralentir ?

Édith Galy et Margot Brunet p. 34 « Réduire sa charge

mentale, ça se négocie ! » Entretien avec Nicolas Favez

Ulrike Gebhardt

« La musique a un pouvoir thérapeutique prouvé » Entretien avec Isabelle Peretz

P. 80 LE CAS CLINIQUE

Arthur, consumé d’angoisse pour sa planète Grégory Michel

santé & bien-être

60

P. 50 SOMMEIL

Sieste : ces vingt minutes qui changent tout Brice Faraut

P. 56 CORPS & ESPRIT

Réunions professionnelles : qui influence qui ? Nathalie Rapoport-Hubschman

P. 58 L’ENVERS DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

Le « rough sex » : enfin un peu de dureté dans un monde trop mou ! Yves-Alexandre Thalmann

50

psycho

P. 60 PSYCHOLOGIE SOCIALE Inégalités : la faute à notre cerveau ? Sébastien Goudeau

P. 64 MON CERVEAU & MOI

Colère au volant : quand le cerveau primitif prend les commandes… Jean-Philippe Lachaux

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l’actualité

des sciences cognitives

E

Réchauffement climatique : allons-nous tous devenir fous ? Incendies, vagues de chaleur, épuisement : pour la première fois, une étude scientifique évalue l’impact du réchauffement sur notre équilibre psychique.

n 2015, l’accord de Paris fixait un objectif historique : maintenir l’élévation de la température moyenne mondiale en dessous de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle à l’horizon 2100. Dix ans seulement après sa signature, la température moyenne de la planète a déjà augmenté de 1,37 °C et les projections indiquent que la barre symbolique des 1,5 °C pourrait être franchie dès le début des années 2030. Pour 2100, les estimations dépassent déjà les 3 °C. Pour les individus, cette hausse du mercure a d’ores et déjà de lourdes conséquences : maux de tête, fatigue intense, malaises… Dans l’une des premières synthèses consacrées au sujet, Joseph Taliercio, chercheur en psychologie à la faculté de médecine

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Weill-Cornell, aux États-Unis, tire la sonnette d’alarme. L’élévation de la température ferait peser une menace sur notre santé mentale. Quand le thermomètre s’affole, les performances cognitives s’effondrent. Les cerveaux mettent plus de temps à réagir, on devient plus impulsif, la mémoire de travail s’effrite et l’humeur se dégrade. Selon une vaste enquête sur plus d’un million d’Américains, au-delà de 21 °C, les personnes déclarent ressentir moins d’émotions positives et une fatigue plus marquée. Des effets qui s’accentuent lorsque la température dépasse les 32 °C. Conséquence immédiate : une augmentation des troubles anxieux. Aux États-Unis, entre 2010 et 2019, les mois les plus chauds de l’année

ont été associés à un accroissement des passages aux urgences pour crises de panique et symptômes anxieux. À cela s’ajoute un phénomène plus récent : l’écoanxiété. Une inquiétude forte – et légitime – face à l’avenir de la planète, qui peut parfois devenir envahissante et engendrer une souffrance psychologique importante (voir notre cas clinique page 80). Et dans les régions où la température moyenne dépasse 23 °C, chaque degré supplémentaire est associé à une hausse du taux de dépression, pouvant aller jusqu’à 7 % – la dépression concerne actuellement 4 % de la population mondiale. Pourquoi notre cerveau est-il si sensible à la chaleur ? La hausse des températures va généralement de pair avec une inflammation cérébrale.

© Shutterstock AI Generator

SANTÉ


Les cellules immunitaires de notre encéphale libèrent des cytokines inflammatoires qui perturbent la communication entre les neurones. Lorsqu’il se prolonge, cet état peut entraîner la mort des cellules nerveuses. Des altérations susceptibles de provoquer des déficits cognitifs et d’être impliquées dans diverses pathologies telles la dépression ou la schizophrénie. Chez l’animal, l’exposition excessive à la chaleur augmente la production de cortisol, l’hormone du stress, et réduit la production d’une enzyme indispensable à la synthèse de la sérotonine, un neurotransmetteur essentiel dans la régulation de l’humeur, des émotions et de l’anxiété… Enfin, certains psychotropes, comme les antipsychotiques et les anxiolytiques, ne font pas bon ménage avec la canicule. Ils peuvent perturber la thermorégulation, réduire la sensation de soif ou provoquer un état de sédation. Il est alors essentiel d’en discuter avec un professionnel de santé (sans jamais interrompre son traitement de sa propre initiative). Les scientifiques le disent : si le sujet de la santé mentale est déjà grave, au point de l’avoir érigé en grande cause nationale, il pourrait devenir catastrophique dans un monde surchauffé. Pour se protéger, certaines précautions sont certes utiles, comme s’hydrater, prendre des douches tièdes et maintenir autant que possible une bonne condition physique, mais, aujourd’hui, ce sont des mesures à grande échelle qu’il nous faut. Revégétaliser les villes et bannir les émissions de gaz à effet de serre pour enrayer le réchauffement. Et donner enfin de vrais moyens – massifs – à la psychiatrie. Faute de quoi la chaleur pourrait bien mettre les cervelles en ébullition et nous faire basculer dans un monde totalement imprévisible. £

PSYCHOTHÉRAPIES

Contre la dépression, la thérapie des émotions positives

S

e rabattre sur ce qui est bon pour ne pas sombrer dans la sinistrose : telle est l’ambition d’une thérapie appelée PAT (acronyme de positive affect treatment), ou « traitement par l’affect positif ». Développée par la psychologue clinicienne Alicia Meuret, de l’université méthodiste du Sud, aux ÉtatsUnis, cette approche vise à renforcer notre capacité à ressentir du plaisir, de la joie et de l’intérêt pour les petites expériences positives du quotidien. Il s’agit concrètement d’orienter son attention vers des éléments ou des sensations agréables, d’exhumer de bons souvenirs, d’explorer les dimensions sensorielles et émotionnelles de moments simples (rires entre amis, réconfort d’une série le soir, saveur d’un plat) ou d’imaginer revivre ces expériences à l’avenir. Et de mettre l’accent sur deux attitudes hautement bénéfiques : la gratitude et la générosité. La méthode a été évaluée par étude de 15 semaines réalisée sur

98 personnes atteintes de dépression ou d’anxiété sévère, réparties au hasard en deux groupes – le premier bénéficiant d’une thérapie PAT et le second d’une approche inverse appelée NAT, pour negative affect treatment, qui vise au contraire à réduire les inquiétudes ou pensées négatives du patient. Résultat : le PAT l’emporte sur le NAT. Un mois après la fin du traitement, les patients qui l’ont suivi ont un meilleur état psychologique que ceux ayant pratiqué le NAT. Bonne nouvelle, donc : cultiver ses émotions positives pour aller mieux n’a rien d’une simple méthode Coué. Il s’agit d’une véritable stratégie thérapeutique documentée qui porte ses fruits. Planifiez dès maintenant un moment avec vos proches et savourez-le pleinement. Sans oublier de prendre conscience de vos petits succès. En matière d’humeur, les petits ruisseaux font les grandes rivières… £ A. C. A. E. Meuret et al., Positive affect treatment for depression, anxiety, and low positive affect, JAMA Network Open, 2026.

Retrouvez toutes les actualités sur

CERVEAU&PSYCHO.FR

© oneinchpunch/Shutterstock

Albane Clavere J. R. Taliercio, Heat on the brain : The impacts of rising temperatures on psychiatric functioning, potential causes, and related compounding factor, American Psychologist, 2026.

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l’actualité

des sciences cognitives

L’IMAGE DU MOIS

PERCEPTION

L

e premier instrument de musique de l’humanité était un coquillage appelé « conque », qui possédait précisément la forme que l’on peut voir sur cette image. Ce cliché, acquis par microscopie de fluorescence à l’université de Hanovre, en Allemagne, révèle le conduit spiralé de notre oreille interne, similaire à une conque, qui convertit les vibrations sonores en impulsions nerveuses, ensuite transmises au cerveau. Lorsque nous entendons un bruit, les ondes sonores remontent le long des parois du conduit. Là, elles stimulent des cellules nerveuses appelées « cellules ciliées », qui vibrent et créent des influx nerveux. La géométrie de ce colimaçon est ainsi faite que chaque fréquence du son active un étage donné de cellules ciliées : les fréquences graves remontent tout en haut, alors que les plus aiguës restent en bas.

Ainsi, chaque étage de cellules ciliées est activé par une fréquence sonore précise. Cette représentation ordonnée des graves et des aigus est ensuite transmise au ganglion spiral (en violet), ensemble de neurones qui s’enroule tout le long du conduit en colimaçon : enfin, ces neurones envoient des signaux au cortex auditif de notre cerveau. La chercheuse Wiebke Konerding et son équipe ont visualisé la cochlée dans le moindre détail afin de repérer, chez des personnes malentendantes, les régions précises où des neurones du ganglion spiral sont détruits. Le but est de fabriquer des implants cochléaires personnalisés qui vont compenser spécifiquement la perte de ces neurones et ainsi restituer les fréquences qui ont disparu de l’univers sonore de ces patients. £

W. Konerding et al., An electrically evoked compound action potential marker for local spiral ganglion neuron degeneration : The failure index, The Journal of Neuroscience, 2025.

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© Wiebke Konerding, faculté́ de médecine de Hanovre, Allemagne.

Le vortex de l’audition


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Les clés pour comprendre notre cerveau et nos comportements

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s neuroscience

& psychiatrie

lomeo Paolo Barto

r de recherche neurologue et directeu du cerveau à l’Inserm et à l’Institut à Paris (ICM).

tous Voyons-nousde les couleurs on ? la même faç manière face de la même x réagissent-ils ont répondu Deux cerveau le rouge ? Oui, par exemple rte qui pourrait à une couleur, s. Une découve and allem urs siècles. des cherche de plusieurs x vieu at déb trancher un

en bref et £ Philosophes nt scientifiques débatte depuis des siècles n : autour de la questio voyons-nous les couleur s de la même façon ?

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en bref

70 / Cerveau &

Psycho n° 185

des £ Récemment, ds chercheurs allemane ont mis en évidenc une signature neuronale presque identique chez es plusieur s personn s. voyant des couleur

d’un £ Il pourrait s’agir argument de poids pour conclure que notre expérience subjective des teintes est similaire d’une personne à l’autre.

être £ Mais pour en voir certain, il faudrait avec les yeux et . le cerveau d’autrui hes Ce que ces recherc questionnent avant entre tout, c’est le lien ivité. cerveau et subject

71 Cerveau & Psycho

- mars 2026

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n° 185 - mars

2026 / 71


à la une

Charge mentale : comment ne pas craquer ? p. 18 Surcharge cognitive : pourquoi notre cerveau sature p. 24 Infographie Sept conseils pour alléger sa charge mentale p. 26 Quand trop c’est trop, comment ralentir ? p. 34 Interview « Réduire sa charge mentale, ça se négocie »

Essayez de dresser la liste de tout ce qu’il a fallu vous rappeler aujourd’hui : la fuite d’eau dans la cuisine, l’anniversaire de votre fille, votre abonnement à ce magazine… Ajoutez-y maintenant tout ce qu’il a fallu faire : nettoyer la salle de bains, s’occuper des courses, déposer le colis de votre mère. Sans compter le travail… C’est tout cela, la charge mentale : un amoncellement de tâches tel qu’on n’en voit plus le bout. Théorisée dans les années 1980, aggravée par notre hyperconnexion permanente, elle est devenue omniprésente et concerne aujourd’hui une femme sur deux et un homme sur trois. Heureusement, un quotidien plus apaisé est possible. Pour ce faire, il faut commencer par bien savoir ce que votre cerveau peut – et ne peut pas – assumer (voir les articles pages 18 et 26). Puis, répartir de façon plus équilibrée le fardeau au quotidien. Ce qui implique de négocier avec le partenaire qui rechigne à prendre en charge la vaisselle, le boss qui vous ensevelit sous les dossiers, ou qui vous impose de travailler dans un open space dans lequel vous n'arrivez pas à vous concentrer (voir l’entretien page 34). Car la charge mentale, quand elle pèse trop longtemps, peut faire craquer n’importe qui. Alors, lâchez du lest. Ce dossier est là pour vous y aider ! £

Margot Brunet

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à la une

© Deagreez/iStock

NEUROSCIENCES

18 / Cerveau & Psycho n° 191 - octobre 2026


André Tricot

Margot Brunet

professeur de psychologie cognitive à l’université de Montpellier Paul-Valéry et chercheur au sein du laboratoire Epsylon.

journaliste à Cerveau & Psycho.

Surcharge cognitive Pourquoi notre cerveau sature Entre vie professionnelle, travaux ménagers et démarches administratives, notre cerveau est aujourd'hui bien souvent dépassé. La seule solution : analyser notre fonctionnement pour poser des limites et éviter la surchauffe.

en bref £ À mesure qu’une tâche dure, notre cerveau accumule de la charge cognitive. Il libère notamment un neurotransmetteur à l’origine d’une sensation de fatigue.

£ Les tâches simultanées sont les plus épuisantes. En cause, un « goulot d’étranglement » dans notre cerveau, dans lequel les tâches s'accumulent.

£ Pour éviter la surchauffe, il est impératif de hiérarchiser les actions. Et d’être attentif aux premiers signes de fatigue. Ceux-ci, bien pris en compte, évitent de basculer en surrégime.

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à la une

© GoodStudio/Shutterstock

PSYCHOLOGIE

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Édith Galy

Margot Brunet

professeuse des universités, directrice du Laboratoire d’anthropologie et de psychologie cliniques, cognitives et sociales (Lapcos), à l’université Côte d’Azur.

journaliste à Cerveau & Psycho.

Quand trop c’est trop, comment ralentir ? Courir après le temps, ne plus pouvoir s’organiser en amont, avoir cette sensation d’étouffer… tout cela pèse sur la santé mentale, en particulier celle des femmes. Pour éviter le craquage, quelques réflexes de survie sont essentiels.

en bref £ La surcharge mentale chronique résulte d’une accumulation : jour après jour, on demande plus à son cerveau qu’il ne peut en faire.

£ Ce phénomène touche en priorité les femmes, qui cumulent les impératifs professionnels et l’organisation du foyer.

£ Pour s’en protéger, il faut guetter les premiers signes de fatigue, établir des priorités, faire les choses les unes après les autres, et renoncer à être parfait.

£ Des environnements de travail simplifiés aident à éviter le fractionnement de l’attention, qui concourt bien souvent à la surcharge.

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à la une PSYCHOLOGIE

Nicolas Favez professeur de psychologie clinique du couple et de la famille à l’université de Genève, codirecteur du Centre d’étude de la famille à l’Institut universitaire de psychothérapie de Lausanne.

Réduire sa charge mentale, ça se négocie ! La charge mentale résulte souvent d’une accumulation de tâches qu’il aurait fallu mieux répartir, et pour cela, en parler à son entourage. Quitte à négocier pour savoir qui doit dorénavant faire quoi dans le foyer… Propos recueillis par Margot Brunet

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© Roman Samborskyi/Shutterstock

Les tâches domestiques sont-elles aujourd’hui mieux réparties entre hommes et femmes qu’il y a dix ans ?

Nicolas Favez On ne peut pas nier que des changements aient été amorcés. Les mères ne doivent plus automatiquement partir plus tôt du travail pour aller chercher les enfants, décider des repas de la semaine, etc. Mais les femmes continuent de porter une charge plus lourde que les hommes et doivent souvent retenir toutes les informations familiales importantes. Les enquêtes actuelles montrent toutefois que les hommes peuvent aussi ressentir cette surcharge : une mère sur cinq serait en surcharge, et un père sur six. D’autres profils y sont également confrontés, tels les aidants – y compris parfois des enfants –, qui doivent s’occuper d’un proche. Plus d’un tiers d’entre eux disent ressentir les conséquences de ce fardeau sur leur santé mentale, d’après les enquêtes du ministère de la Santé. Malheureusement, dans ce dernier cas, il est parfois impossible de rééquilibrer

la balance puisque la personne aidée n’est pas en mesure d’accomplir certaines tâches… Comment éviter, alors, que l’aidant ne craque ?

N. F. L’important est d’en parler à des proches, de la famille ou des amis. On s’aperçoit alors, dans bien des cas, que ceux-ci sont à même de nous aider dans des tâches administratives ou quotidiennes. Le soutien peut aussi venir d’associations ou de groupes d’entraide. Mais ce réflexe consistant à chercher un appui extérieur vaut pour tout individu qui se sent sursollicité, que ce soit un aidant, un parent isolé ou n’importe qui au sein d’un foyer, ne serait-ce que pour extérioriser cette souffrance. Il est très important, dans le cas des aidants, que la personne aidée sache exprimer sa gratitude. Dire « Merci d’avoir fait ça, ça m’a soulagé » peut sembler trivial, mais, en réalité, c’est essentiel. Lorsqu’un proche ne peut pas prendre en charge des tâches du fait de sa condition physique, savoir qu’il a conscience de vos efforts change la donne, quand bien même cela ne fait évidemment pas

tout. Mais ce que je dis là vaut une fois de plus pour toute situation de surcharge. L’impression de non-reconnaissance de la charge est au cœur de nombreuses tensions familiales… On l’entend souvent en thérapie de couple ! Que faire lorsqu’on sent un déséquilibre au sein du foyer ?

N. F. En parler ! Déjà, parce qu’on se rend parfois compte que la charge mentale vient en partie de tâches qu’on s’inflige, des actions que les autres n’attendent même pas forcément de nous. Mais aussi et surtout car l’insatisfaction relationnelle, en couple notamment, se produit souvent par un effet de sédimentation : des petits mécontentements s’accumulent les uns après les autres, on

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cerveau & société DERRIÈRE L’INFO, LA PSYCHO

NICOLAS GAUVRIT psychologue du développement et enseignant-chercheur en sciences cognitives à l’université de Lille.

« Brain rot » Ces vidéos courtes qui nous pourrissent le cerveau Les chiffres sont formels : nous regardons de plus en plus de vidéos à la fois courtes et stupides. Le « brain rot », ou « pourrissement du cerveau », va-t-il faire de nous des décérébrés ?

E

n mars 2026, l’Arcom a publié l’édition annuelle de son étude sur les tendances audio et vidéo en France. Un chiffre retient l’attention : 64 % des Français de moins de 35 ans regardent désormais des vidéos sur les réseaux sociaux ou les plateformes de partage au moins trois fois par semaine, une proportion qui atteint 70 % chez les 15-25 ans. Ces données confirment ce que le « Digital News Report » du Reuters Institute rapportait en 2025. Le poids croissant de jeunes créateurs qui façonnent les opinions, la baisse concomitante des médias traditionnels, et la montée inexorable des formats vidéo courts.... au point

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qu’on parle maintenant de « pourrissement cérébral », ou brain rot. Ce basculement touche à quelque chose de plus profond que les lieux et les formats : il transforme la façon dont une génération entière s’informe sur le monde. Car le type de vidéo qui domine aujourd’hui n’est pas le reportage de vingt minutes ou le documentaire d’une heure. C’est la short video, « vidéo courte », format TikTok, Instagram Reels, YouTube Shorts, dont la durée se compte en secondes. La règle est le défilement infini de contenus sélectionnés en temps réel par un algorithme de recommandation, indépendamment de


© Montage avec PV productions/Shutterstock

Des images surréalistes, absurdes, générées par IA à la chaîne, que l’on peut passer des heures à regarder sans la moindre once de réflexion... Les brain rots italiens apparus début 2025 sur TikTok et Instagram sont devenus un véritable phénomène chez les jeunes.

39 Cerveau & Psycho n° 191 - octobre 2026 / 39


cerveau & société

UN PSY AU CINÉMA

LAURENT BÈGUE-SHANKLAND professeur de psychologie sociale à l’université Grenoble-Alpes et membre de l’Institut universitaire de France, directeur de la maison des sciences humaines Alpes.

La Vénus électrique

Inconsolable après la mort de sa femme, Antoine supplie une voyante de le mettre en communication avec elle. Contre toute attente, cette illusion l’aidera à faire son deuil. Paradoxalement, avoir le sentiment de pouvoir communiquer avec un défunt semble aider à tourner la page.

D À VOIR

La Vénus électrique Disponible en vidéo à la demande depuis le 11 septembre 2026

42 / Cerveau & Psycho n° 191 - octobre 2026

ans le Paris des années 1930, une attraction fait sensation à la foire de SaintOuen. Moyennant quelques pièces, une créature à la beauté envoûtante (jouée par Anaïs Demoustier) promet aux plus braves de vivre un véritable coup de foudre, dans le sens le plus littéral qui soit. Lorsqu’elle se dresse, survoltée, sur son estrade face aux curieux, elle place ses mains sur deux sphères métalliques et s’offre à qui veut l’embrasser. Alors, dans un concert de crépitements et de bourdonnements sous haute tension, le volontaire pour un tel baiser sera traversé par un coup de foudre au sens premier du terme.

Un soir, un peintre égaré par l’ivresse et le chagrin (Antoine, interprété par Pio Marmaï) fait irruption dans la roulotte où cette femme a élu domicile. Dans un état de grande confusion, il la prend pour une voyante et la supplie d’accepter son argent pour le mettre en contact avec son épouse, disparue quelques années plus tôt dans un tragique accident. Suzanne consent alors à s’improviser médium pour faire dialoguer Antoine et la défunte Irène… La voyante embarque alors le veuf éploré – et crédule – dans une pratique respiratoire improvisée, puis actionne

© Les Films Pelleas

Faut-il faire parler les morts ?


judicieusement un soufflet qui laisse croire à une présence surnaturelle. L’artiste n’y voit que du feu et supplie la fausse voyante (mais vraie illusionniste) de réitérer ses séances de spiritisme chez lui. Cédant à la curiosité autant qu’à l’attrait financier, Suzanne poursuit son imposture avec le même talent et grâce à la complicité tacite d’Armand (joué par Gilles Lellouche), un ami du veuf. Celui-ci, en fouillant dans le journal intime d’Antoine, transmet à la voyante des informations très personnelles sur le couple, comme le fait qu’Irène avait un goût prononcé

pour les artistes peintres, ce qui rend la supercherie d’autant plus crédible. Vient une scène saisissante où la défunte s’écrie par la bouche de Suzanne : « Colore ma nuit ! » Délivrance : le peintre endeuillé, dont le génie s’était brutalement tari au décès de son épouse, renoue miraculeusement avec son art, comme pour mettre des couleurs dans les ténèbres de la morte. Dès cet instant, croyant parler à sa femme, Antoine retrouve l’énergie vitale qui lui faisait défaut. Il fait la paix avec son passé, obtient de sa défunte épouse le pardon de certaines erreurs d’antan et reprend un chemin qui l’amènera à se

Sur une estrade de baraque foraine, une femme à la beauté foudroyante promet de susciter l’amour à coups de décharges électriques. Elle se proclamera médium devant le désespoir d’un homme… et une poignée de billets.

43 Cerveau & Psycho n° 191 - octobre 2026 / 43


cerveau & société

LA SANTÉ MENTALE AU QUOTIDIEN

La remédiation cognitive, une « kiné » du cerveau ! DAVID MASSON

ous savez ce que je voudrais, docteur, ce serait de pouvoir regarder de nouveau un film. J’adore le cinéma. Mais je décroche au bout d’une demi-heure. Alors j’ai arrêté. Et ça me rend triste. » Voilà ce que m’a confié un jour Olivier, 35 ans, atteint de schizophrénie. Sa maladie était pourtant bien équilibrée grâce à son traitement, sans effet indésirable majeur : il n’entendait plus de voix, son humeur était stable. Simplement, il n’arrivait plus à se concentrer durablement. Car il y a quelque chose qu’on ne dit pas à propos de la souffrance psychique : oui, les traitements habituels atténuent les symptômes les plus manifestes, comme les hallucinations, l’humeur dépressive ou l’angoisse. Mais non : ils ne font rien pour le fonctionnement cognitif des patients. Mémoire, concentration et raisonnement passent ainsi à travers les mailles du filet de la psychiatrie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, 70 % des personnes

48 / Cerveau & Psycho n° 191 - octobre 2026

souffrant de schizophrénie ont des troubles de la mémoire, de la concentration ou du raisonnement. Même chose pour d’autres troubles psychiques : bipolarité, dépression chronique, TDAH ou encore troubles du spectre de l’autisme. Résultat, les patients ont toutes les peines du monde à organiser leurs journées, ils se perdent dans les démarches administratives ou abandonnent les activités qui leur plaisent. On appelle cela le « handicap

fonctionnel ». Une sorte de face cachée de la santé mentale. Peut-être moins spectaculaire que les hallucinations ou les crises maniaques, mais tout aussi invalidant. Et pourtant, nous avons les moyens de pallier ce handicap.

Rééduquer la cognition Ce moyen s’appelle « remédiation cognitive ». Cette approche vise à restaurer les principales fonctions cognitives du cerveau, souvent mises

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psychiatre au centre psychothérapique de Nancy, chef de service au pôle hospitalouniversitaire de psychiatrie d’adultes du Grand Nancy.

Quand des symptômes psychiatriques ont été stabilisés, il faut remettre en route les fonctions cognitives comme la mémoire et l’attention. C’est ce que fait la remédiation cognitive.

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à mal par la maladie psychique. Concrètement, elle consiste à entraîner le fonctionnement de la mémoire, de l’attention, des capacités de planification, de flexibilité mentale ou de reconnaissance des émotions. Prenons l’exemple d’une patiente qui doit préparer un repas pour plusieurs personnes. Le thérapeute va lui demander de décomposer toutes les étapes : mettre par écrit la liste des ingrédients, les acheter, prévoir un temps de préparation, organiser l’ordre des tâches… À la séance suivante, tous deux vont analyser ensemble les difficultés rencontrées, affiner les stratégies pour atteindre l’objectif. Puis, progressivement, le patient va transférer ces apprentissages dans ses activités de tous les jours. Une forme de kinésithérapie cérébrale, qui requiert la présence d’un thérapeute spécifiquement formé et se pratique au rythme de une à deux séances par semaine pendant quelques mois. Et qu’il ne faut pas confondre avec une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), où il est question de travailler surtout sur le contenu des pensées, les émotions et les comportements. Avec la remédiation cognitive, il s’agit de restaurer ou de compenser des fonctions cognitives altérées.

Une efficacité démontrée Cette technique thérapeutique reste discrète dans le paysage médical français. Née il y a plus de vingt ans des travaux pionniers de neuropsychologues et psychiatres comme Susan McGurk, aux États-Unis, Til Wykes, en GrandeBretagne, ou Nicolas Franck, en France, elle a fait la preuve de son efficacité au niveau international. Plusieurs synthèses de travaux de recherche confirment qu’elle améliore la mémoire, le repérage spatial, la capacité de planification ou d’élaboration de stratégies, avec un retentissement très positif sur la capacité des patients à se prendre en charge dans la plupart des situations de vie.

C’est tout particulièrement vrai pour les patients schizophrènes et psychotiques. Dès 2008, le psychiatre américain Morris Bell et ses collègues de l’université Yale ont montré qu’une remédiation cognitive intensive (trois à six heures par semaine pendant un an) associée à un programme de réinsertion professionnelle améliorait durablement le devenir de patients atteints de schizophrénie. Deux ans après la fin du programme, 60 % d’entre eux occupaient encore un emploi, contre seulement 30 % de ceux n’en ayant pas bénéficié. Des résultats encourageants sont également enregistrés pour les troubles de l’humeur comme la bipolarité et la dépression, ou neurodéveloppementaux, comme le TDAH et les troubles du spectre de l’autisme. Le problème reste la difficulté d’accès à cette approche de remédiation. Une cinquantaine de centres de réhabilitation psychosociale ont été créés en France ces deux dernières décennies, dont celui où j’exerce, le CURe Grand-Est. Mais leur répartition reste inégale sur le territoire, certaines régions ne sont pas desservies faute de professionnels formés et de financements suffisants. De façon générale, la culture psychiatrique

reste focalisée sur la réduction des symptômes. C’est un des principaux enjeux de la psychiatrie moderne : ne pas se limiter à la maladie, mais permettre aux patients de vivre la vie la plus satisfaisante possible. Pour Olivier, cela ne signifie pas seulement ne plus entendre de voix, mais aussi renouer avec le plaisir de regarder un film jusqu’à la fin. £

bibliographie C. Samamé et al., Efficacy ofcognitive remediation in bipolar disorder, Psychol. Med., 2023. G. Melville et al., The effects of cognitive remediation on negative symptoms in schizophrenia- spectrum illness, Schiz. Bul., 2025.

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santé & bien-être

© wildfloweret/Shutterstock

SOMMEIL

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Brice Faraut chercheur en neurosciences à l’université Paris Cité, Vifasom (Vigilance, fatigue, sommeil et santé publique).

Sieste Ces 20 minutes qui changent tout En moins d’une demi-heure, une sieste rebooste la mémoire et la concentration tout en réduisant le stress. La bonne méthode ? Basculer dans un état de sommeil léger, sans entrer dans les stades plus profonds, qui laissent engourdi et somnolent.

en bref £ La sieste présente de multiples avantages pour le cerveau : repos, réduction du stress et concentration affûtée. Et en prime, une diminution du risque cardiovasculaire.

£ Si le sommeil dure plus d’une heure, des inconvénients se font sentir. Notamment, un état de désorientation au réveil et un retard pour s’endormir le soir !

£ Pour ne présenter que des avantages, un somme réparateur devrait donc durer de vingt à trente minutes et se dérouler en début d’après-midi.

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santé & bien-être

L’ENVERS DU DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

Le « rough sex » : enfin un peu de dureté dans un monde trop mou !

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intimité n’échappe pas aux modes du développement personnel. Y sont préconisées des manières de faire l’amour censées produire davantage de bien, plus lentes (slow sex), plus conscientes (sexualité tantrique), plus douces. Varier les plaisirs représente un atout certain en la matière, tant la routine peut vite s’installer au sein des couples et émousser les désirs. Mais cette variation fait la part belle à la douceur, érigée au rang de nouvelle norme, comme si son opposé devait être banni ; comme si un regain de sensualité dans les ébats amoureux devait se faire au détriment du mental et de ses scénarios fantasmatiques. Et si un peu plus de rudesse se révélait aussi propice à une sexualité épanouie ? Avant toute chose, il est nécessaire de préciser le propos : nous ne parlons ici que de rapports sexuels librement et volontairement consentis, à l’exclusion de toute forme d’agression ou de rapport

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YVES-ALEXANDRE THALMANN professeur de psychologie au collège Saint-Michel, collaborateur scientifique à l’université de Fribourg, en Suisse.

de force subi. Cette clarification étant posée, intéressons-nous à ce que les Anglo-Saxons ont dénommé rough sex. La traduction française oscille entre sexualité violente, brutale, rude – des qualificatifs fortement connotés. Au-delà des mots, quels sont les comportements et les pratiques qui y participent ? La chercheuse Debby Herbenick, de l’université de l’Indiana à Bloomington, a publié en 2021 une étude visant à répondre à la question de manière empirique. Avec ses collègues, elle a interrogé environ 5 000 étudiants par questionnaire anonyme. Parmi ceux-ci, elle s’est concentrée sur les 1 795 qui disaient entretenir des relations amoureuses et/ou sexuelles avec un ou une partenaire depuis au moins trois mois. Dans cet échantillon sont évoqués principalement comme du sexe rude : les gestes d’étranglement, de fessée et de tirer les cheveux. Constat intéressant : 80 % de l’échantillon a dit s’être engagé

dans de telles pratiques, et la plupart de ceux qui l’ont fait les ont appréciées.

Fessée, morsure et tirage de cheveux Cependant, le jeune âge des participants ne permet pas de généraliser la conclusion à l’ensemble de la population. C’est pourquoi Debby Herbenick a élargi son étude à une dizaine de milliers d’Américains de 18 à 94 ans. Elle a aussi étendu la définition du sexe rude en y incluant d’autres pratiques comme : mordre, gifler, taper les parties génitales, donner des coups, utiliser des termes injurieux. Confirmant l’étude précédente, les résultats montrent que près de 48 % des femmes et 61 % des hommes ont déjà entrepris de telles pratiques (54 % des femmes et 46 % des hommes témoignant les avoir reçues avec leur consentement). Si on ne peut parler de nette majorité, on peut toutefois constater que ces comportements


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Une personne sur deux admet avoir des pratiques telles que des insultes, coups ou morsures. Exit les préceptes de douceur et de compassion chers au développement personnel…

© Matyo

££ sont largement répandus au sein de la population, ne constituant en tout cas pas une exception. Et ce d’autant plus chez les plus jeunes, d’après les données obtenues. Se pourrait-il que les Américains soient moins romantiques que d’autres populations ? Une réponse est accessible du côté de l’Allemagne. Nicola Döring, de l’université technique d’Ilmenau, accompagnée de ses collègues de l’Institut de recherche, de médecine sexuelle et de psychiatrie légale de l’université de Hambourg, a interrogé plus de 1 100 adultes de 18 à 69 ans à ce propos. S’il ressort que 29 % de l’échantillon a déjà pratiqué cette forme de sexualité plus rude, le taux diminue pour les cohortes plus âgées : chez les moins de 40 ans, il s’élève à 43 %, alors qu’au-delà, il n’est que de 26 %. Soit un bon quart de la population, quand même. Pourquoi tous ces chiffres ? Afin d’attester qu’en matière de sexualité,

les normes et les prétendues bonnes pratiques risquent de laisser de nombreuses personnes sur le carreau de l’insatisfaction. Et que si davantage de douceur dans les rapports peut constituer une variation enrichissante pour certains, c’est un tantinet de rudesse qui va contribuer à en épanouir d’autres. Au passage, nous pouvons aussi tordre le cou à une croyance très genrée : ce seraient les hommes, et non les femmes, qui solliciteraient une sexualité plus rude, ces dernières préférant une forme plus douce et plus lente d’intimité. Il semblerait que sous la couette, ce soient les idées préconçues et les représentations stéréotypées qui freinent l’accès au plaisir. Ne soyons pas dupes : osons en parler sans fard avec nos partenaires ! £

bibliographie D. Herbenick et al., What is rough sex, who does it, and who likes it ? Findings from a probability sample of U.S. undergraduate students, Archives of sexual behavior, 2021. D. Herbenick et al., Prevalence and demographic correlates of « rough sex » behaviors, Archives of sexual behavior, 2025. N. Döring et al., Research in brief : How prevalent is rough sex ? Results from a national online sample of adults in Germany, Perspectives on sexual and reproductive health, 2024.

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psycho PSYCHOLOGIE SOCIALE

£ Dès l’enfance, un biais appelé « erreur fondamentale d’attribution » nous porte à croire que les inégalités de réussite sont liées à des différences de talent ou de travail personnel.

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£ Ce biais peut être corrigé à l’adolescence mais ne l’est pas toujours, faute de discours adapté sur le rôle des facteurs environnementaux comme la fortune familiale ou les opportunités sociales.

£ Le résultat est de rendre les gens responsables de ce que le destin leur a souvent imposé. Pour éviter cette situation délétère, une pédagogie alliant psychologie et sociologie est hautement bénéfique.

© Lisa Haney/istock

en bref


Sébastien Goudeau professeur de psychologie sociale à l’université de Poitiers et responsable de l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation de Niort.

Inégalités : la faute à notre cerveau ? Une erreur de jugement répandue, appelée « erreur fondamentale d’attribution », nous pousse à croire que si une personne a mieux réussi qu’une autre, c’est parce qu’elle le mérite par son travail ou son talent. Comment neutraliser ce biais cognitif ?

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eux enfants de six ans comparent leurs bulletins scolaires. Le premier est élogieux, le second médiocre. Si on leur demande pourquoi, ils répondront dans presque tous les cas que c’est parce que le premier est plus intelligent ou plus méritant que l’autre. Jamais ils n’auront le réflexe d’expliquer que l’un a de meilleures notes parce qu’il a eu la chance de grandir dans une famille aisée où on l’emmenait à des expos et des musées, où ses parents pouvaient lui expliquer le cours ou l’aider dans ses devoirs. À cet âge, on ne pense pas à ces considérations. À six ans, le monde est juste parce que chacun obtient ce qu’il mérite.

Cette façon d’expliquer les différences n’est pas propre à un pays ou une culture. Avec d’autres chercheurs en psychologie sociale, notamment Lewis Doyle, à l’université de Surrey, nous avons réalisé une vaste analyse de 30 études sur le sujet ayant regroupé plus de 13 000 enfants et adolescents âgés de 4 à 17 ans. Elle révèle que jusqu’à l’entrée dans l’adolescence, les enfants expliquent spontanément les inégalités par des causes internes, individuelles, voire innées. D’autres chercheurs, comme la psychologue américaine Susan Gelman, de l’université du Michigan, avaient déjà documenté cette tendance mais notre métaanalyse en révèle l’étendue : les enfants expliquent par des qualités personnelles

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psycho MON CERVEAU & MOI

JEAN-PHILIPPE LACHAUX directeur de recherche à l’Inserm, au Centre de recherche en neurosciences de Lyon.

Colère au volant : quand le cerveau primitif prend les commandes…

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elon un sondage Ipsos, pas moins de 65 % des Français reconnaissent qu’il leur arrive d’injurier les autres usagers de la route. Une fois au volant, il semble que nos sombres instincts se réveillent… Malheureusement, c’est rarement pour notre bien. Le cœur bat la chamade, la tension artérielle grimpe, on se met dans tous ses états et on n’arrive pas plus vite. Le mieux, on le sait, est de garder son calme. Mais comment faire ? La conduite automobile est une rude épreuve pour notre cerveau. Certaines situations activent des centres neuronaux profonds comme l’amygdale, qui détecte les dangers (voir la figure page 67). C’est le cas lorsqu’un chauffard vous fait une queue

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de poisson sur l’autoroute et vous oblige à vous rabattre brusquement vers un poids lourd, car votre cerveau interprète la situation comme une menace pour votre existence. Votre cœur accélère, vos poils se dressent sur votre peau. Vous êtes en mode survie. Seul petit problème : dans la foulée, une autre région profonde de votre cerveau, l’hypothalamus, enclenche alors une réaction fort peu amicale. Il y a quelques années, des chercheurs ont montré que ce noyau nerveux entraîne une crise de rage dès qu’on se sent en danger. Ils sont arrivés à en stimuler une subdivision – l’hypothalamus ventromédian – chez des souris de

© Roman Samborskyi/Shutterstock

Queues de poisson, coups de klaxon intempestifs, refus de priorité : au fond de notre cerveau, un centre appelé « hypothalamus » voudrait tout détruire. Mais il y a des moyens de le ramener à la raison.


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neurosciences & psychiatrie DOULEUR

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Ulrike Gebhardt Biologiste et journaliste scientifique.

Fibromyalgie : la souffrance sans maladie En France, 1,3 million de personnes souffrent de douleurs à la nuque, aux épaules, aux coudes ou aux jambes, sans qu’on puisse en identifier la cause. De plus en plus, on suspecte toutefois la fibromyalgie d’être due en partie à un défaut de traitement de la douleur par le cerveau.

© Dennapa/Shutterstock

en bref £ Nuque, L’essentilel épaules, u soleil, coudes, mais aussi les éclairages genoux : de récentes puissants études comme de les panneaux LED, neurosciences suggèrent stimulent que, notre la dans cerveau fibromyalgie, via deslecellules cerveau spéciales est devenurécemment hypersensible àdécouvertes la douleur. dans notre rétine.

£ Dans Une fois certains ces cellules cas, le activées, système notre organisme immunitaire attaque sécrète les du cortisol et nerveuses terminaisons de l’orexine, dequi la renforcent douleur dans l’attention, la peau et et les un facteur deDans muscles. croissance d’autres, quila flore stimule la formation intestinale semble perturbée. de nouveaux neurones.

£ Améliorer Le plus efficace la qualité de vie, est de s’exposer notamment en restaurant très tôt à laniveau un lumière d’activité le matin,physique mais enetenenlimitant adapté surmontant les sources le lumineusesd’impuissance, sentiment – comme les est écrans une priorité – à lapour nuit les essentiel. patients.

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neurosciences & psychiatrie

L’INTERVIEW DES LABOS

ISABELLE PERETZ

La musique a un pouvoir thérapeutique prouvé

Alzheimer, Parkinson, douleurs chroniques : de plus en plus d’études établissent le pouvoir de la musique pour soulager les symptômes. Isabelle Peretz, spécialiste internationalement reconnue de ce domaine, revient sur les découvertes les plus frappantes en la matière. Propos recueillis par Albane Clavere

Il est vrai qu’elle peut en atténuer les symptômes, voire apporter des améliorations surprenantes sur certains plans. Dans mon livre, je parle de mes recherches mais aussi de celles de nombreux collègues qui ont contribué à façonner cette nouvelle vision. Des études ont ainsi montré que lorsque l’on demande à des patients Alzheimer de raconter un souvenir, soit dans des conditions

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normales, soit après avoir écouté un extrait des Quatre Saisons de Vivaldi, ou encore un air qu’ils ont eux-mêmes choisi en fonction de leurs préférences, les souvenirs sont nettement plus puissants, personnels et précis après avoir écouté leur musique préférée. Et dans une moindre mesure après les Quatre Saisons. En détaillant ces analyses, on découvre que ce sont les mélodies de notre jeunesse qui nous ramènent vers notre passé. Les airs qu’on a appréciés quand on avait 10, 20 ou 30 ans sont ceux qui ont le plus fort pouvoir de remémoration. Cela correspond à un phénomène connu en psychologie, appelé « pic de

réminiscence » : on se souvient plus facilement des événements de notre adolescence et du début de notre âge adulte, car ils correspondent à une période de construction de l’identité, riche en expériences nouvelles et en événements fortement teintés émotionnellement. Comment la musique provoque-t-elle cette résurgence de souvenirs chez les malades ?

Ce qui se passe quand on écoute de la musique est assez étonnant. On en a un aperçu notamment grâce aux travaux du neuroscientifique Petr Janata, de l’université de Californie à

© Amélie Philibert

Dans votre dernier ouvrage, Soigner avec la musique, vous montrez que celle-ci peut devenir un allié de poids pour soulager certaines maladies, dont Alzheimer…


ISABELLE PERETZ professeuse et chercheuse en neurocognition de la musique et cofondatrice du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) à l’université de Montréal, au Canada.

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neurosciences & psychiatrie

LE CAS CLINIQUE

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Grégory Michel professeur de psychologie clinique et de psychopathologie à l’université de Bordeaux, chercheur à l’Institut des sciences criminelles et de la justice, psychologue et psychothérapeute en cabinet libéral, expert auprès des tribunaux.

Arthur, consumé d’angoisse pour sa planète en bref £ À 31 ans, Arthur traverse la pire période de sa vie. Il ne cesse de se documenter sur le réchauffement climatique, la hausse des températures et les feux de forêt. Au point de perdre le sommeil.

£ Son état a commencé à se dégrader quand des incendies ont ravagé la Gironde en 2022. Depuis, il est paralysé à l’idée de ce qui va arriver et a développé une forme grave d’écoanxiété.

£ L’écoanxiété n’est pas un trouble mental, mais peut favoriser l’apparition d’une vraie souffrance psychologique. Arthur s’en sortira en explorant à fond ses émotions et en restaurant son sens de l’agentivité.

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Réponse c) : un rétrécissement informationnel dans le cerveau. En effet, quand on essaie de faire plusieurs choses à la fois, les informations se bousculent dans la partie antérieure du cerveau, le cortex préfrontal. Celui-ci ne peut traiter qu’une tâche consciente à la fois, ce qui crée un goulot d’étranglement des informations. Pour résoudre ce conflit, le cerveau établit une file d’attente afin de traiter les tâches les unes après les autres. (Référence : article page 18)

Réponse b) : l’IRM de diffusion. Elle permet de détecter les mouvements de molécules d’eau dans les tissus vivants. Quand un neurone s’active, des ions, mais aussi de l’eau, pénètrent à l’intérieur. Le neurone gonfle alors, et le flux d’eau est détectable par l’IRM de diffusion. (Référence : article page 12)

Réponse c) : un faisceau de neurones auditifs. Le ganglion spiral est un regroupement de neurones enroulés en spirale dans la cochlée (oreille interne) et qui transmet les informations nerveuses des cellules ciliées sensibles aux ondes sonores jusqu’au cerveau. (Référence : article page 14)

Réponses a), b) et c) : La fibromyalgie est caractérisée par des douleurs musculaires au niveau de la nuque, des jambes, des épaules… Le cerveau perçoit la douleur différemment, mais on constate souvent la présence d’anticorps qui attaquent les terminaisons nerveuses et, dans certains cas, une oxygénation insuffisante des muscles qui provoque des douleurs inexpliquées. (Référence : article page 68)

Réponse c) : l’erreur fondamentale d’attribution est la croyance que les individus réussissent ou échouent en fonction de leur talent propre ou de leur travail personnel, sans prendre en compte le rôle de l’éducation, du contexte, des moyens financiers ou de la chance. Très répandu chez les enfants, ce biais peut être corrigé à l’adolescence, quand le jeune apprend le rôle des circonstances sociales ou familiales. Mais il subsiste parfois toute la vie. (Référence : article page 60)

Réponse b) : Il ne faut pas dépasser une heure, faute de quoi on risque de se réveiller en phase de sommeil lent profond. Le réveil est alors difficile et pâteux, avec une inertie du sommeil qui donne l’impression de somnoler pendant toute l’après-midi, car le cerveau doit s’extraire de ce stade profond par morceaux, une zone après l’autre. Et on risque de ne pas arriver à s’endormir le soir. La durée idéale recommandée pour une sieste est généralement de 20 minutes. (Référence : article page 50)

n° 191 - octobre 2026

Avez-vous tout retenu ?

Qu’est-ce qui provoque le pourrissement du cerveau ? Combien de personnes dialoguent avec les morts ? Quelle est la bonne durée d’une sieste ? Après avoir lu ce numéro, les réponses devraient vous venir facilement. Vérifiez tout de même que votre cerveau a tout bien mémorisé !


b) Un centre cérébral générateur de vertiges

c) Un faisceau de neurones auditifs

Quelle est la durée maximale recommandée pour une sieste ?

a) 20 minutes

b) 1 heure

c) 1 heure 30

Réponse b) : la motivation extrinsèque. Les psychologues Edward Deci et Richard Ryan ont montré que nous pouvons être mus par deux types de motivation : intrinsèque (le plaisir de faire une activité) ou extrinsèque (la récompense extérieure qu’on en attend). L’argent est une motivation extrinsèque, et les deux psychologues ont montré que cette motivation a tendance à éroder la première, intrinsèque. (Référence : article page 90)

Réponse c) : Les travaux de la neuroscientifique Jessica Grahn ont montré que la musique (surtout lorsqu’elle est rythmée) met en route le cervelet, qui est endommagé par la maladie de Parkinson. Or il est impliqué dans le contrôle des mouvements, de sorte que les patients retrouvent une meilleure mobilité. (Référence : article page 76)

a) Une boule dans la gorge à cause d’une angine

Réponse c) : 25 %. Selon une étude de l’université de Northampton, 25 % des Européens déclarent avoir été en communication avec un proche décédé. Cette expérience serait bénéfique, et contrairement à ce qu’on a longtemps cru, ne serait pas de nature à entraver le processus de deuil. Les échanges – même illusoires – avec le défunt permettent notamment de réaffirmer son attachement et de demander pardon pour les fautes qu’on estime avoir commises. (Référence : article page 42)

Réponse a) : l’attention et le contrôle inhibiteur. Le visionnage, à longueur de journée, de contenus creux et superficiels (typiquement, des vidéos courtes), entraîne une érosion de l’attention, car celle-ci est relancée artificiellement par les vidéos et ne peut plus se maintenir d’elle-même. Elle provoque aussi des comportements impulsifs (vouloir vite quelque chose, sans attendre), ce qui érode la capacité d’inhibition des impulsions. Ces données résultent d’une métaanalyse sur 100 000 personnes. (Référence : article page 38)

Qu’est-ce qu’un ganglion spiral ?

Quelle technique permet de voir les neurones gonfler ? a) L’IRM fonctionnelle b) L’IRM de diffusion

c) La magnétoencéphalographie

Qu’est-ce que l’erreur fondamentale d’attribution ?

a) Un partage inégal des biens

b) Une erreur de calcul très répandue

c) Le fait d’attribuer la réussite des gens à leurs qualités individuelles

Qu’est-ce qu’un goulot d’étranglement cognitif ? a) Une forme de torture mentale

b) Une sensation d’étouffement psychique c) Un rétrécissement informationnel dans le cerveau

Qu’est-ce qui cause la fibromyalgie ? a) Une perception anormale de la douleur b) Une maladie immunitaire

c) Un manque d’oxygène dans les muscles

Le pourrissement du cerveau affecte surtout : a) L’attention et le contrôle inhibiteur b) La mémoire et la réflexion

c) Le bien-être

La musique atténue la maladie de Parkinson en modulant l’activité : a) de l’hippocampe

b) du cortex préfrontal c) du cervelet

Quel pourcentage d’Européens déclarent avoir eu un contact avec une personne décédée ? b) 12 %

a) 8 %

c) 25 %

Quel type de motivation est lié à l’argent ? a) La motivation intrinsèque b) La motivation extrinsèque

c) La motivation neuroéconomique

Cerveau & Psycho n° 191 - octobre 2026 / 89


à retenir…

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L’argent motive, mais il réduit dans le même temps la motivation intrinsèque… ££ – Edward Deci

CC BY-SA 4.0

Edward Deci (1942-2026), psychologue américain à l’université de Rochester, a fondé avec son collègue Richard Ryan la théorie de l’autodétermination, selon laquelle il faut distinguer deux types de motivations : l’extrinsèque, suscitée par une récompense extérieure comme l’argent, et l’intrinsèque, qui est liée au plaisir de pratiquer l’activité. Edward Deci et Richard Ryan ont montré que la motivation extrinsèque affaiblit la motivation intrinsèque : si l’on paie une personne pour faire quelque chose qu’elle aime, elle perd progressivement l’intérêt suscité par l’activité initiale. Et une grande partie de son bien-être.

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