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Synthèse consultation citoyenne 2025

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Ce qui nous parle, et des choses à dire sur l’écologie Synthèse de la consultation Septembre 2025


Contexte de la consultation UNE DÉMARCHE POUR TESTER LES ÉLÉMENTS DE NARRATION QUI RECONNECTENT LES FRANÇAIS À LA PROTECTION DU VIVANT. Depuis plusieurs mois, le WWF anime un cercle de réflexion interdisciplinaire réunissant chercheur·es, militant·es, professionnel·les de la culture, de la santé et du monde associatif. Ce travail collectif a permis de faire émerger des éléments de narration structurants, inspirés de thématiques comme la santé, le territoire ou les modes de vie, afin d’explorer de nouvelles façons de reconnecter les Français à la protection du vivant.

Aujourd’hui, face à la saturation des récits anxiogènes, le WWF a engagé une démarche inédite : tester auprès du grand public des éléments de narration écologiques porteurs d’adhésion, d’émotion et d’engagement.

Cette consultation citoyenne, qui s’est déroulée sur les mois de juillet et août 2025, s’inscrit dans un cycle stratégique plus large. Elle a pour ambition d’inspirer et d’alimenter le positionnement des acteurs de la transition en les aidant à renouveler leur manière de parler d’écologie. La démarche poursuit trois objectifs : •

Tester des formulations narratives simples, évocatrices et ancrées dans le réel ;

•

Identifier les ressorts qui suscitent curiosité, adhésion ou controverse ;

•

Constituer un vivier de contenus réutilisables au service de récits plus mobilisateurs. 3


Chiffres de participation Âge des participants

10 166

+ de 60 000

participants

verbatims

Préoccupation vis-à-vis de l’écologie

Lieu d’habitation

Lieu d’habitation

© Green Renaissance / WWF-US

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Une forte dynamique de participation

10 166 participants

70%

•

La consultation lancée par WWF France a suscité une mobilisation massive, inédite pour ce type de dispositif, avec une participation plus forte encore que lors de certaines consultations gouvernementales ou institutionnelles sur des sujets similaires.

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La diversité des profils mobilisés et l’équilibre des contributions par thématique renforcent la représentativité des résultats.

•

Le fort investissement des participants se traduit par un taux d’abandon très faible (70% sont allés jusqu’au bout du questionnaire) et un taux élevé de complétion des thématiques (plus de 3 thématiques traitées en moyenne par les répondants), démontrant un intérêt marqué pour la démarche.

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Avec plus de 5 000 mails collectés, représentant 50% des participants et près de 80% des répondants qui sont allés jusqu’au bout du questionnaire, la consultation devient également un levier d’engagement précieux.

•

La richesse des contributions témoigne d’une forte préoccupation et d’un réel intérêt pour le sujet de l’écologie, confirmant sa puissance mobilisatrice.

•

Les thématiques et illustrations proposées issues des réflexions du groupe de travail ont été largement validées par les répondants, témoignant de la pertinence de travail réalisé en amont.

des participants sont allés au bout du questionnaire. © Green Renaissance / WWF-US

5 085 demandes des participants pour recevoir les résultats de la consultation, soit un taux supérieur à 50%.

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Les enseignements généraux de la consultation 1. Un attachement unanime à la nature face à un discours écologique sous tension : •

L’attachement à la nature est unanime : 99 % des participants la considèrent importante ou très importante pour eux. Mais cette adhésion s’accompagne d’un discours plus critique de l’écologie telle qu’elle est portée aujourd’hui, jugée trop politisée et traversée de tensions, alors qu’elle devrait être un sujet fédérateur et moteur d’action.

•

Les résultats de la consultation témoignent ainsi du besoin de passer d’une écologie politique et conceptuelle à une écologie du concret et du vécu. Les exemples présentés aux citoyens qui fonctionnent le mieux sont ceux qui donnent à voir des situations précises, chiffrées, facilement visualisables et compréhensibles dans la vie de tous les jours, comme sur la santé (ex. cancers pédiatriques).

2. Des liens évidents entre l’écologie et les thématiques proposées, mais une hiérarchie des priorités qui émerge pour les citoyens : •

Les liens faits entre l’écologie et les thématiques proposées (santé, économie, patrimoine…) sont largement reconnus. La grande majorité des participants estime que les connexions entre écologie, santé, économie, patrimoine ou encore géopolitique sont évidentes et essentielles. A noter que ce lien est relativement moins évident pour les -25 ans.

•

Mais une hiérarchie des thématiques se dessine clairement. La santé est le sujet qui a le plus intéressé les répondants, suivi par l’économie, puis le patrimoine et enfin la géopolitique, formant des cercles concentriques allant du plus proche de l’individu au plus lointain.

3. Des freins clairs exprimés au passage à l’action en raison d’un double paradoxe : •

Les citoyens constatent que l’inaction collective et politique se traduit par un report des coûts sur les individus : leur santé, leur foyer, leurs finances. Ce sont donc ceux qui subissent, et non ceux qui sont responsables, qui paient le prix le plus fort. Ce paradoxe du coût de l’inaction nourrit un sentiment de colère, voire de révolte et aussi d’impuissance face à un système qui les dépasse.

•

En parallèle, 94 % des répondants se sentent une responsabilité personnelle à agir pour l’écologie, mais 86 % déclarent se sentir impuissants face à l’ampleur des crises. C’est le paradoxe du passage à l’action : malgré une prise de conscience réelle et des exemples souvent vécus comme inquiétants, les citoyens peinent encore à savoir comment agir concrètement et quelles actions peuvent être mener.

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Les chiffres clés à retenir

99%

des participants considèrent la nature comme importante ou très importante pour eux, notamment car elle est à la base de l’existence humaine.

Près d’1 participant sur 2

regrette la politisation du discours écologique (confiscation du sujet, vision dogmatique, discours punitifs, culpabilisants, caricaturaux…)

96%

des répondants ont déjà entendu parler du lien entre santé et écologie, et 96% le trouvent important, qu’ils en aient déjà entendu parler ou non. Il s’agit du sujet le mieux identifié par les citoyens, et qui suscite le plus d’intérêt de la part des participants.

95%

des répondants se sentent une responsabilité personnelle à s’engager pour l’écologie.

86%

des répondants trouvent difficile de se mobiliser car ils se trouvent impuissants

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Les ressorts des illustrations qui fonctionnent : des pistes pour mieux communiquer sur l’écologie Tout au long de la consultation, les citoyens ont été invités à réagir à des illustrations concrètes mettant en relation une thématique donnée (santé, géopolitique, patrimoine, économie) au sujet de l’écologie. Leurs retours sont utiles pour identifier les éléments de discours qui fonctionnent le mieux pour illustrer l’urgence d’agir : Un lien proche et clair : les participants apprécient les exemples qui montrent un lien de causalité direct (par exemple : les catastrophes naturelles vont augmenter, donc les sinistres ne seront plus aussi bien remboursés). Une fois ce premier lien établi, ils choisiront eux-mêmes de tirer les conséquences qui leur parlent le plus (« je risque de tout perdre », « les inégalités vont augmenter », « nous allons devoir revoir l’organisation de nos habitats », etc.). À l’inverse, faire directement le lien avec la cause et les conséquences indirectes a plutôt tendance à desservir le propos et manquer d’impact en matière de discours. Des chiffres faciles à visualiser et à comprendre : les exemples les plus parlants sont les exemples chiffrés. De façon générale, les participants indiquent mieux se projeter lorsque les chiffres sont élevés, et que la proportion est facile à visualiser. Cela veut dire par exemple qu’il est plus pertinent d’exprimer un chiffre sous forme de fraction (« 1 personne sur 5 : je connais 5 personnes autour de moi, cela concernerait potentiellement une d’entre elles ») plutôt qu’en pourcentage (« 20% : c’est abstrait »). Un sujet déjà visible dans son quotidien : un critère avancé pour un exemple qui parle ou ne parle pas aux participants est également le fait d’en avoir déjà entendu parler. Cela peut être car c’est un sujet lié à l’actualité, ou parce que les premières conséquences sont déjà visibles. Il est préférable de se projeter sur une échéance proche, aujourd’hui ou demain, plutôt que sur une projection dans un futur déjà très incertain, et dont on parle moins. Un appel aux émotions, quelles qu’elles soient : peine, révolte, espoir, les émotions sont présentées comme des moteurs qui poussent les participants à réagir. Il est utile de choquer pour créer un exemple plus parlant, et faire prendre conscience de la gravité de la situation. © Green Renaissance / WWF-US

L’enjeu de dépasser le paradoxe du passage à l’action : bien que les exemples suscitent des réactions, ils créent aussi une forme d’inquiétude qui peut alimenter un sentiment d’impuissance pour les citoyens et de manière générale. Il est nécessaire de le dépasser pour que les exemples choisis ne créent pas simplement une paralysie. 14


Synthèse détaillée par thématique

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La santé, enjeu parlant, mobilisateur, avec un lien établi avec l’environnement Les enseignements •

Le lien entre santé et écologie est le mieux identifié par les participants, qui sont 96% à en avoir déjà entendu parler, et 96% à le trouver important (qu’ils en aient déjà entendu parler ou non). Parmi les exemples mentionnés, c’est celui du nombre de décès liés à la pollution qui interpelle le plus.

•

Ce qui rend le sujet de la santé aussi important pour les participants, c’est avant tout le fait qu’il fasse appel au registre émotionnel. La multiplication des cas de cancers rend les exemples de cette nature parlants, car les conséquences sont déjà effectives et immédiates. Cela permet de passer d’une écologie théorique à une écologie du sensible et du ressenti.

•

L’exemple des cancers pédiatriques pousse particulièrement à réagir car il concerne des enfants, qui ne sont pas responsables de cette situation.

•

Sujet d’actualité avec une résonnance importante dans les médias, il représente une menace claire et actuelle de la situation environnementale, et pousse à l’action individuelle et collective.

•

Certains participants craignent cependant que cette approche émotionnelle n’encourage pas assez le passage à l’action, car trop angoissant et anxiogène. 23


Un exemple parlant pour 93% des participants Parmi les propositions suivantes, la phrase qui m’interpelle le plus est…

Cet exemple me parle :

6 051 répondants

Ce que je pense du lien entre santé et écologie :

6 030 répondants

5 246 répondants

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Une thématique complexe à aborder, mais avec un impact concret sur le quotidien Les enseignements •

Ce sujet est celui qui a intéressé le moins de participants (9% l’ont considéré comme le sujet le plus intéressant parmi l’ensemble des thématiques). C’est également celui dont le lien est moins évident : 18% des participants répondent le connaître, mais qu’il ne leur parle pas vraiment.

•

L’illustration proposée concerne l’énergie comme arme géopolitique. Ici, 88% valident l’exemple, qui leur parle. C’est encore une fois la proximité qui rend l’exemple parlant : les hausses du prix de l’électricité et du gaz observés sur la facture suite à la guerre en Ukraine rendent l’exemple facile à concevoir. Les conséquences ne se limitent pas au sujet de la géopolitique et de l’environnement : l’impact est concret sur le budget des ménages, mais aussi sur les inégalités. Les participants sont ainsi nombreux à être convaincus de l’importance de la souveraineté énergétique.

•

En revanche, ce sujet suscite un débat sur la façon de l’aborder : il est vu comme une problématique mondiale ou européenne plus que nationale, et fait émerger le sujet du mix énergétique. Les participants qui n’ont pas été convaincus par l’exemple sont en effet nombreux à considérer que les énergies renouvelables ne sont pas forcément la solution à ce problème d’indépendance énergétique, en particulier si on considère que le nucléaire n’en fait pas partie. 37


Un lien questionné par 22% des répondants Parmi les propositions suivantes, la phrase qui m’interpelle le plus est…

Cet exemple me parle :

5 439 répondants

Ce que je pense du lien entre place dans le monde et écologie : 5 424 répondants

5 050 répondants

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Sur qui reposera le coût de l’inaction ? Les enseignements •

Les participants font facilement le lien entre économie et écologie : 88% des répondants disent qu’ils connaissaient déjà ce lien et le trouvent important. Il s’agit du 2e sujet qui leur parle le plus, derrière la santé. C’est le chiffrage du coût de l’inaction en points de PIB qui les interpelle le plus.

•

Cependant, l’illustration présentée autour de la hausse des coûts d’assurance et de la difficulté à assurer certains risques face aux événements climatiques qui se multiplient montrent un niveau supplémentaire de prise de conscience : au-delà du coût de l’inaction apparaît la question de qui supporte ce coût.

•

En effet, les participants mettent en avant dans leurs contributions le fait que cette situation peut concerner tout le monde, et que ceux qui vont payer le coût de l’inaction ne sont pas ceux qui en sont directement responsables : les foyers déjà fragiles seront les premières victimes du coût économique de l’inaction.

•

Avec une mise en risque des modèles de solidarité, l’inaction collective crée un coût qui devra de plus en plus être supporté par les individus eux-mêmes. Cela crée une certaine forme de peur et de rupture de sentiment de sécurité : comment agir à son échelle quand le problème relève presque plus d’un système socio-économique sur lequel on a peu de prises ?

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Le coût de l’inaction parle aux répondants Parmi les propositions suivantes, la phrase qui m’interpelle le plus est…

Cet exemple me parle :

5 532 répondants

Ce que je pense du lien entre économie et écologie : 5 516 répondants

5 201 répondants

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6214 répondants

Intérêt identifié sur les thématiques Parmi les thématiques présentées, celle que j'ai trouvé la plus intéressante est : Comparaison par âge :

Comparaison par taille de villes : Bien que l’ensemble des sujets soient parlant pour les citoyens, une hiérarchie très nette se crée lorsque les participants sont invités à choisir la thématique qu’ils ont trouvé la plus intéressante. Alors que le nombre de participants ayant exploré chaque thématique reste stable, le sujet de la santé se dégage très nettement, suivi de plus loin par le coût de l’écologie. À l’inverse, le thème « notre terroir et notre Pour chacun sujets, et notamment le patrimoine, et la géopolitique, les participants patrimoine » a des moins intéressé les participants. plus jeunes (moins de 25 ans, ne connaissait pas le lien) Malgré quelques variations d’ordres de grandeur, ce classement reste très stable © Green Renaissance / WWF-US parmi toutes les catégories de population interrogées. La santé intéresse encore davantage les 36-45 ans et les habitants de petites villes, alors que le patrimoine occupe une part relativement plus importante chez les plus de 65 ans.

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