Skip to main content

Sur les traces du Panda n°121-2025

Page 1


Juillet. Août. Septembre 2025 _ numéro 121

Un voilier pour éveiller les consciences 04

20 ans au service des cétacés 08

Vacances à la mer : les bons réflexes

DES NOUVELLES DU TERRAIN

UN VOILIER POUR ÉVEILLER LES CONSCIENCES

Depuis 2019, le WWF parcourt la Méditerranée à bord du Blue Panda, un voilier ambassadeur au service de l’océan. Ce bateau unique sillonne les côtes pour sensibiliser le grand public, mobiliser les citoyens et alerter les décideurs sur la nécessité de mieux protéger la biodiversité marine.

+ de 60 000 personnes sensibilisées lors des escales du Blue Panda depuis son lancement en 2019.

8 800 visiteurs à bord du Blue Panda lors de la tournée «Stop Plastic Pollution» en 2019.

6 PAYS

engagés dans la tournée du Blue Panda : France, Grèce, Turquie, Italie, Albanie, Croatie

À chaque escale, le Blue Panda jette l’ancre dans une ville portuaire emblématique, en France, en Italie, en Espagne, en Turquie, au Liban ou encore en Tunisie. Le voilier se transforme alors en véritable plateforme de sensibilisation à ciel ouvert. À son bord : des expositions, des rencontres avec des scientifiques et des bénévoles, des projections et des ateliers pédagogiques pour petits et grands. Des temps forts qui permettent à tous de mieux comprendre les enjeux de la conservation marine et de s’approprier les gestes qui protègent.

638 BIOPSIES réalisées sur des cétacés en Méditerranée depuis le lancement en 2006 du programme Cap Cétacés.

Le Blue Panda joue également un rôle clé dans les campagnes du WWF pour protéger les aires marines méditerranéennes. Il relaie les messages portés par les ONG locales, donne de la visibilité aux acteurs de terrain et contribue à faire pression sur les décideurs pour renforcer la réglementation et les moyens de protection. Les missions du Blue Panda permettent aussi de valoriser des initiatives citoyennes et de collecter des données scientifiques. Depuis son lancement, le voilier a ainsi contribué à mobiliser plus de 60 000 personnes pour la défense de l’océan. Un outil emblématique d’un plaidoyer en mouvement pour la mer. + d’infos sur le projet : https://www.wwf.fr/projets/cap-cetaces-etudier-les-mammiferes-marins-mediterraneens

Issu du monde de la recherche, j’ai mené une thèse en écologie économique au Muséum National d’Histoire Naturelle. Un pied dans l’écologie, l’autre dans l’économie, mon approche est écosystémique : je cherche à comprendre finement les liens entre les humains et leur environnement marin car tout est connecté.

Aujourd’hui, la mer est un espace convoité par tous. Tourisme, pêche, plaisance, énergies marines, extraction… chacun veut sa part. Mais si on ne change pas notre façon de faire, on court à la catastrophe. La Méditerranée, par exemple, est l’une des zones marines les plus fréquentées au monde. Et pourtant, elle est aussi l’une des plus fragiles.

Au WWF, mon rôle est de faire en sorte que l’économie bleue – celle qui dépend des ressources marines – devienne soutenable. Je travaille notamment sur la finance bleue, un levier encore trop méconnu bien qu’essentiel. Le financement, c’est ce qui oriente les choix. Si l’argent continue d’aller vers des projets destructeurs, rien ne changera. Mais s’il est investi dans des initiatives vertueuses – restauration d’écosystèmes, protection de la biodiversité, gestion durable – alors une vraie transition pourra s’amorcer.

Récemment, j’ai pu contribuer au débat public sur la stratégie maritime nationale. Grâce à notre implication, un certain nombre de modifications ont été consenties par l’Etat pour orienter les entreprises et les collectivités territoriales vers des projets plus vertueux pour l’environnement. Ces engagements sont désormais inscrits dans un texte règlementaire et l’État peut intervenir comme par exemple sur la réduction de l’artificialisation des littoraux et les solutions basées sur la nature contre l’érosion des plages en protégeant les herbiers de posidonies. La finance bleue durable, c’est investir dans ce type de projets. Restaurer les écosystèmes marins, réduire les pressions, créer de la valeur soutenable. Chacun peut y contribuer à son échelle, en choisissant où va son épargne. C’est un levier formidable pour protéger l’océan, notre patrimoine commun. Il est grand temps d’investir dans des projets durables, transparents, compatibles avec les limites de la planète.

ENTRE NOUS

VOUS NOUS AVEZ ÉCRIT : DÉCOUVREZ LES RÉPONSES À VOS QUESTIONS

C’est quoi l’UNOC ?

L’UNOC, c’est la grande Conférence des Nations Unies sur l’Océan. Elle réunit tous les pays du monde, ainsi que des scientifiques, des associations et des entreprises, pour parler de la santé de nos océans. Cette conférence a lieu tous les deux ans pour faire le point sur les problèmes — comme la pollution plastique, la surpêche ou le réchauffement de l’eau — et pour trouver des solutions ensemble. Cette année, la troisième conférence UNOC s’est tenue à Nice, en juin dernier. Cette nouvelle édition avait pour objectif de permettre de renforcer les engagements des pays pour mieux protéger l’océan, notamment en créant plus d’aires marines protégées et en luttant contre la pollution. Une chance unique de faire bouger les choses…

Pierre-Yves Hardy

Chargé Économie Bleue au WWF

On dit que les herbiers marins stockent encore plus de CO2 que les forêts terrestres, est-ce vrai ? Cela dépend des herbiers mais en effet, certains sont particulièrement efficaces pour stocker le carbone. À l’hectare, la posidonie peut, par exemple, stocker cinq à huit fois plus de carbone que la forêt Amazonienne ! Ce carbone est capturé non seulement par les plantes ellesmêmes, mais aussi stocké dans les sédiments marins où il peut rester emprisonné pendant des siècles, voire des millénaires. Cette capacité de stockage à long terme fait des herbiers de posidonie des « puits de carbone » essentiels, contribuant fortement à la lutte contre le changement climatique.

Une question ? Un conseil ? Une suggestion ? Une indignation ? N’hésitez pas à prendre contact avec nous.

Sira Miller SERVICE DONATEURS 01 71 86 40 70 donateur@wwf.fr

À LA UNE

20 ANS AU SERVICE DES CÉTACÉS

En Méditerranée, les cétacés évoluent dans un environnement de plus en plus hostile. Depuis deux décennies, le WWF les suit, les étudie et agit pour limiter les menaces qui pèsent sur ces précieux mammifères marins. Une mission au long cours, qui porte déjà ses fruits mais reste plus que jamais essentielle.

DES ESPÈCES FASCINANTES EN DANGER

Les cétacés comptent parmi les plus anciens et les plus mystérieux habitants de nos mers. Rorquals communs, dauphins, globicéphales ou cachalots : ces mammifères marins ont su s’adapter à un environnement exigeant. Respirant de l’air comme nous, mais vivant exclusivement en mer, ils jouent un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes océaniques. Ils contribuent à la régulation du climat, participent à la dynamique des chaînes alimentaires marines et, par leur simple présence, signalent la bonne santé des milieux marins.

La Méditerranée, bien que petite à l’échelle des océans, abrite une biodiversité exceptionnelle. Elle concentre à elle seule 18 % des espèces marines mondiales, dont de nombreuses sont endémiques. On y recense 18 espèces de cétacés, en particulier dans le sanctuaire Pelagos, une aire marine protégée de plus de 87 000 km² créée en 1999 par la France, l’Italie et Monaco. C’est un véritable havre pour ces animaux, qui viennent s’y nourrir, socialiser et se reproduire. Mais ce sanctuaire est de plus en plus menacé. La Méditerranée concentre à elle seule près de 30 % du trafic maritime mondial. Chaque année, les navires parcourent plus de 18,5 millions de kilomètres dans les eaux du sanctuaire, soit l’équivalent de 450 fois le tour de la Terre. Ce trafic dense provoque des collisions dramatiques : ces dernières sont la première cause de mortalité non naturelle des cétacés. À cela s’ajoutent la pollution plastique et chimique, le bruit sous-marin, la dégradation des habitats et les effets du changement climatique. Les conséquences sont graves : affaiblissement des systèmes immunitaires, baisse de la fertilité, troubles du comportement… Les populations s’amenuisent et certaines espèces, comme le rorqual commun, sont aujourd’hui en danger d’extinction en Méditerranée.

COMPRENDRE POUR MIEUX PROTÉGER

Face à l’urgence, le WWF a lancé il y a plus de 20 ans un programme de recherche et de conservation intitulé Cap Cétacés. L’objectif : mieux connaître ces animaux et les menaces qui pèsent sur eux pour mieux les protéger. Chaque été, des équipes de scientifiques et de volontaires embarquent pour des missions en mer à bord de notre voilier Blue Panda. Dans les eaux du sanctuaire Pelagos, ils photographient et prélèvent des échantillons sur les grands cétacés. Les observations permettent de recenser les individus, de suivre leurs déplacements et de mieux comprendre leurs habitudes. La photo-identification, qui s’appuie sur les marques uniques présentes sur les ailerons ou la caudale, aide à constituer des catalogues d’individus et à évaluer la taille des populations. Les biopsies, prélevées à l’aide d’un dispositif non intrusif, fournissent

Depuis plus de 20 ans, le programme

Cap Cétacés nous permet de mieux comprendre les comportements des grands cétacés en Méditerranée et d’identifier les menaces qui pèsent sur eux, afin de mettre en place des mesures de protection efficaces. © naturepl.com / Chris Fallows / WWF

Denis Ody Responsable programme cétacés du WWF France
© Hugo Hebbe / WWF France

de précieuses informations sur le sexe, l’ADN, les hormones ou le niveau de contamination chimique. Entre 2006 et 2019, plus de 19 000 individus ont été observés, 638 biopsies ont été collectées et analysées, et près de 500 rorquals communs ont été identifiés génétiquement. Ces données constituent aujourd’hui l’une des bases scientifiques les plus riches sur les cétacés de Méditerranée. Elles permettent de sensibiliser les décideurs politiques, d’alerter sur l’état des populations et de proposer des mesures concrètes : réduction de la vitesse des navires, création de corridors écologiques, amélioration de la gouvernance des aires marines protégées, réduction de la pollution plastique.

AGIR AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Malgré les avancées, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Les cétacés demeurent confrontés à des pressions croissantes. Les résultats les plus récents des missions Cap Cétacés sont préoccupants. Des analyses menées sur 240 individus montrent des concentrations élevées de phtalates – des composés chimiques issus du plastique – chez le rorqual commun, le cachalot et le globicéphale. Ces substances, dont certaines sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, peuvent nuire à la reproduction et au développement des fœtus. Le DEHP, l’un des plus toxiques, a été retrouvé à des taux très élevés chez les rorquals, dépassant les seuils considérés comme préoccupants pour l’alimentation humaine. Pour inverser la tendance, il faut multiplier les efforts de recherche, renforcer la coopération entre États, mobiliser les acteurs du transport maritime et intensifier la lutte contre la pollution. La protection des cétacés ne peut se faire sans une approche globale et ambitieuse de la conservation des océans. C’est tout le sens de l’action du WWF, qui continue de plaider pour des aires marines protégées mieux gérées, plus connectées, et dotées de moyens durables. Protéger les cétacés, c’est préserver la vie au cœur même de nos mers.

CAP CÉTACÉS EN CHIFFRES

OBSERVATIONS EN MER (2006–2019)

• 19 200 cétacés recensés

• 1 208 rorquals communs observés

• 639 individus catalogués par photo-identification

BIOPSIES ANALYSÉES

• 638 échantillons prélevés

POLLUANTS DÉTECTÉS

• Phtalates (reprotoxiques et perturbateurs endocriniens)

• DEHP : jusqu’à 580 µg/kg dans le gras de rorqual commun

100 % sécurisé et immédiatement impactant pour la planète, pensez au don en ligne faireundon.wwf.fr/don/

imbriquée (Eretmochelys imbricata). mer des Caraïbes, Honduras, Amérique

Tortue
centrale.

NOUS SOMMES LA SOLUTION

LE WWF PLAIDE POUR LA PROTECTION DES TORTUES MARINES

À l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC), le WWF a intensifié sa mobilisation pour mieux protéger les tortues marines. Nous avons notamment appelé l’Union européenne à adopter une réglementation rendant obligatoire l’utilisation du filet TED (Turtle Excluder Device) dans les pêcheries de crevettes tropicales.

Pourquoi ? Parce que six des sept espèces de tortues marines sont aujourd’hui menacées d’extinction. Chaque année, des centaines de milliers d’individus sont capturés accidentellement, et nombre d’entre elles meurent noyées dans des filets de pêche, en particulier lors du chalutage crevettier. Ce type de pêche représente l’une des principales menaces pour ces espèces.

Pourtant, une solution existe : le filet TED, un dispositif testé avec succès par le WWF en Guyane aux côtés du CRPMEM*. Grâce à une grille intégrée au chalut et une trappe de sortie, les tortues et autres grands animaux peuvent s’échapper, tandis que les crevettes ciblées, elles, sont conservées.

Cette technique, qui permet de réduire de 97 % les prises accidentelles, illustre le potentiel des engins de pêche plus sélectifs. Le WWF milite pour que cette solution, déjà éprouvée, soit étendue à l’échelle européenne.

*CRPMEM : Comité Régional des Pêches Maritimes & des Élevages Marins

Vous aussi, signez la pétition pour la protection des tortues marines

Un chalut pêchant des crevettes tropicales équipé d’un TED correctement utilisé permet de réduire de 97 % les prises accidentelles de tortues marines !

À LIRE, À VOIR, À ÉCOUTER RORQUAL

Un

Voir le film gratuitement

https://www.youtube.com/watch?v=mJ4ag90uz74

Redécouvrez notre magnifique documentaire dédié au géant des mers : le rorqual commun ! Niché dans les profondeurs de l’océan, le deuxième plus gros animal du monde subit de plein fouet les répercussions de nos activités. Pollution plastique et chimique ou encore collisions dues à l’augmentation du trafic maritime impactent gravement la santé de l’espèce. Embarquez sur l’iconique voilier du WWF, le Blue Panda, et voguez vers le sanctuaire Pelagos aux côtés de Denis Ody et de ses équipes pour tenter de percer les mystères du rorqual commun et d’en apprendre davantage sur les dangers qui l’entourent.

film du WWF France réalisé par Hugo Hebbe

AGIR

CHEZ VOUS ...

VACANCES À LA MER : LES BONS RÉFLEXES

Protéger les océans, c’est aussi agir au quotidien.

EN RÉDUISANT SA CONSOMMATION DE PLASTIQUE

Chaque année, 600 000 tonnes de plastique finissent dans la mer Méditerranée, majoritairement issues de la consommation terrestre. Pour limiter cette pollution, il est essentiel de bannir les plastiques à usage unique (sacs, bouteilles, emballages) et de privilégier des alternatives réutilisables.

EN ADOPTANT UNE ALIMENTATION PLUS DURABLE

La surpêche est un fléau pour la Méditerranée, où près de 90 % des stocks de poissons sont surexploités. Choisir du poisson issu de la pêche artisanale locale ou labellisé MSC permet de soutenir une filière plus respectueuse des espèces et des écosystèmes marins.

EN LIMITANT L’IMPACT DE SES LOISIRS EN MER

Lorsque vous jetez l’ancre, évitez les herbiers de posidonie, véritables nurseries sous-marines, et privilégiez les ports ou zones d’ancrage autorisées.

PROTÉGER LES OCÉANS, SÉCURISER NOTRE AVENIR

L’assurance vie : protégez votre avenir… et celui de la planète

Ouverte à tous, l’assurance-vie vous permet d’épargner à votre rythme, avec la possibilité d’ajouter ou de retirer des fonds quand vous le souhaitez. Votre capital reste disponible et peut fructifier dans le temps grâce aux intérêts générés. C’est un placement souple, sécurisé et avantageux sur le plan fiscal. L’assurancevie, c’est aussi l’occasion de donner du sens à votre épargne. En choisissant le WWF comme bénéficiaire, vous contribuez à la protection de la biodiversité, aussi bien terrestre que maritime. C’est un moyen concret de transmettre vos valeurs, et d’aider les générations futures à grandir sur une planète en bonne santé.

Pour plus d’informations, contactez-nous au : 01 73 60 40 40 ou consultez le site : wwf.fr/assurancevie

Notre raison d'être

Arrêter la dégradation de l'environnement dans le monde et construire un avenir où les êtres humains pourront vivre en harmonie avec la nature.

ensemble, nous sommes la solution www.wwf.fr

Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Sur les traces du Panda n°121-2025 by WWF France - Issuu