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Rapport - L'impact du WWF sur le rétablissement du tigre

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L’IMPACT

DU WWF

SUR LE RÉTABLISSEMENT DE LA POPULATION DE TIGRES

2010 - 2022

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Cover Image © Suyash Keshari / WWF

Préparé par l’initiative Tigers Alive du WWF et conçu par Abby Hehmeyer en partenariat avec Yearly LLC. Traduit et adapté par le WWF France. Publié en février 2022 par le WWF. Toute reproduction totale ou partielle doit mentionner le titre et créditer l'éditeur susmentionné en tant que détenteur du droit d'auteur.

© Text 2022 WWF

© 1986 Panda symbol WWF Ð World Wide Fund for Nature

(Formerly World Wildlife Fund)

¨ ÒWWFÓ is a WWF Registered Trademark. WWF, Avenue du Mont-Bland, 1196 Gland, Switzerland. Tel. +41 22 364 9111. Fax. +41 22 364 0332.

For contact details and further information, please visit our international website at www.panda.org.

ÉLAN POLLITIQUE

ÉLAN SOCIAL

DES FORÊTS BIEN GÉRÉES POUR LES TIGRES

CONNECTIVITÉ

DU CONFLIT À LA COEXISTENCE

METTRE FIN AU BRACONNAGE

METTRE FIN AU COMMERCE ILLÉGAL

ENTENDRE RUGIR À NOUVEAU

LE CHEMIN À PARCOURIR REMERCIEMENTS

INTRODUCTION

AUDACIEUX, AMBITIEUX ET VISIONNAIRE

Alors que la population mondiale de tigres sauvages comptait probablement 100 000 individus il y a un siècle, leur nombre a atteint son plus bas niveau — avec seulement 3 200 individus en 2010. Cette même année, les 13 gouvernements des pays de l’aire de répartition du tigre se sont réunis pour la première fois à Saint‑Pétersbourg lors du 1er Forum international pour la conservation du tigre (communément appelé 1er Sommet du tigre), où ils se sont engagés à doubler le nombre de tigres sauvages d’ici 2022, année du Tigre selon le calendrier lunaire.

Douze ans plus tard, ces mêmes gouvernements se sont réunis à l’occasion du 2ème Sommet mondial du tigre qui s’est tenu le 5 septembre 2022 à Vladivostok (Russie) réaffirmant leur engagement à travers une déclaration commune pour la conservation des tigres. Nous, le WWF, repensons à l’impact de notre action sur le rétablissement des tigres depuis 2010, aux leçons que nous en avons tirées et aux défis incessants que nous nous efforcerons de relever avec nos partenaires à l’avenir.

*TX2 signifie littéralement « tigres multipliés par deux », illustrant l’objectif de doubler le nombre de tigres sauvages.

© Shutterstock / Ondrej Prosicky / WWF International

AVANT-PROPOS

La création de l’Initiative mondiale pour la sauvegarde du tigre et le Sommet du tigre 2010 qui a suivi représentent le plus important niveau de volonté politique jamais observé pour la protection d’une seule espèce — ainsi qu’un tournant évident dans l’histoire de la conservation de ce félin. Au cours de la décennie qui s’est écoulée depuis cet événement et grâce à l’adoption du programme global de rétablissement des tigres, il semble que la tendance séculaire au déclin du tigre sauvage ait finalement été inversée — une victoire rare et non sans effort en matière de conservation. Au cours de la dernière décennie, le WWF s’est orienté vers l’objectif TX2 en aidant les 13 gouvernements de l’aire de répartition du tigre à agir et à respecter leurs engagements grâce à des partenariats, des conseils stratégiques et des solutions collaboratives.

En sauvant les tigres, nous sauvons tellement plus. En tant que super prédateurs, les tigres sauvages contribuent au bon maintien de l’écosystème. En régulant les autres espèces carnivores et herbivores, ils permettent de préserver la végétation et les habitats. À son tour, la présence du tigre permet de soutenir des services écosystémiques inestimables pour des milliards de personnes vivant dans l’aire de répartition du félin : air pur, eau douce sans oublier combustible et plantes médicinales. À l’échelle mondiale, les paysages de tigres1 jouent un rôle majeur dans la réduction des gaz à effet de serre absorbés par leurs forêts, leurs prairies et leurs sols, et protègent contre les effets des catastrophes naturelles. Au cours des 12 dernières années, le WWF a accéléré ses investissements et ses interventions pour soutenir les engagements des États de l’aire de répartition et favoriser le retour de cette fascinante espèce. Le WWF a investi ou mobilisé plus de 200 M$ US dans 10 bureaux, 14 paysages de tigres et 50 zones centrales prioritaires, c’est à dire les zones identifiées comme ayant le plus fort potentiel de rétablissement des populations de tigres.

Toutefois, malgré l’évolution positive du nombre de tigres sauvages, il est important de reconnaître que ces progrès sont fragiles et ne sont pas uniformes dans toutes les sous régions d’Asie. Si le nombre de tigres est globalement en hausse, l’aire de répartition de l’espèce n’a cessé de diminuer, restant aujourd’hui limitée à moins de 5 % de leur aire de répartition d’origine. Il est donc urgent non seulement de poursuivre les efforts de rétablissement des populations de tigres au niveau mondial, mais également de renforcer toutes les actions nécessaires pour parvenir à une conservation durable des tigres. Ce rapport met en lumière les progrès réalisés depuis 2010. Nous avons parcouru un long chemin, mais il reste tant d’efforts à faire.

1/ Paysages de tigres : paysages caractérisés par la présence avérée ou potentielle de tigres.

Signé,

Responsable de l’initiative Tigers Alive du WWF

Responsable de la Practice Wildlife au WWF

Stuart Chapman, Margaret Kinnaird, Sejal Worah,

Présidente du Tiger Advisory Group du WWF

ARC DU TERAÏ

INDE OCCIDENTALE

INDE CENTRALE

GHATS OCCIDENTAUX

LÀ OÙ NOUS TRAVAILLONS

ILI-BALHHASH

GRAND MANAS

BRAHMAPOUTRE

SUNDARBANS

SUMATRA CENTRAL
DAWNA TENASSERIM

AMOUR HEILONG

AIRE DE RÉPARTITION HISTORIQUE DU TIGRE

AIRE ACTUELLE DE RÉPARTITION DU TIGRE

PLAINES ORIENTALES

MONTS TITIWANGSA

PAYSAGE DE TIGRES WWF

SITE DE RÉINTRODUCTION

SUMATRA DU SUD

EN SAVOIR PLUS SUR NOS PAYSAGES DE TIGRES

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LES PAYSAGES DANS LESQUELS LE

WWF INTERVIENT

Les tigres ont besoin de grands espaces pour vivre et se reproduire. Les paysages de tigres représentent une évolution par rapport aux approches terrain du passé, axées uniquement sur la protection des petites populations. L’approche par paysage reconnaît que les processus écologiques, le comportement des tigres et l’interaction génétique de multiples petites populations de tigres dans un paysage sont essentiels au rétablissement durable et à long terme des tigres.

Les tigres vivent dans certaines des régions les plus densément peuplées du monde. Leurs paysages sont habituellement composés d’une mosaïque d’habitats différents dont des établissements humains, des installations agricoles et industrielles. Pour garantir la bonne santé de chaque population de tigres, nous devons gérer de façon synergique l’habitat du tigre et les zones tampon pour limiter les menaces et les risques de conflits pour les humains et les tigres, et maintenir la connectivité.

Depuis 2010, le WWF développe une vision de plus en plus stratégique et holistique dans son approche de la conservation des tigres en reconnaissant les contextes écologiques et sociaux plus larges dans lesquels se trouvent les sites où il intervient. Cette planification intégrée du paysage social permet de s’assurer que la conservation des tigres bénéficie aux populations locales et à leurs initiatives plutôt que d’y faire obstacle. Cette nouvelle approche implique de travailler en partenariat avec les gouvernements, les communautés et les organisations de terrain pour développer une vision commune du paysage qui soutienne le développement économique local.

PLUS DE 80 % DES TIGRES SAUVAGES VIVENT DANS DES PAYSAGES DANS LESQUELS LE WWF INTERVIENT. CES PAYSAGES REPRÉSENTENT 60 % DE L’AIRE DE RÉPARTITION ACTUELLE DU TIGRE.

© Hkun Lat / WWF-US

SAUVER LES TIGRES, C’EST SAUVER

TELLEMENT PLUS

La priorité que nous accordons au rétablissement des populations de tigres présente de nombreux avantages très significatifs pour les populations locales, la biodiversité et le climat .

L’habitat du tigre couvre 332 zones clés pour la biodiversité et 10 sites du patrimoine mondial naturel de l’UNESCO.

Les paysages de tigres fournissent de l’eau potable et de l’eau pour l’irrigation aux communautés locales et en aval. Par exemple, l’eau recueillie dans le bassin versant de l’écosystème de Leuser à Sumatra est utilisée par pas moins de quatre millions de personnes ainsi que pour l’irrigation des plantations de palmiers à huile et de bois de pâte à papier en aval.

Ces paysages contribuent également à réduire les effets du changement climatique grâce au piégeage du carbone : les forêts protégées en raison de la présence des tigres stockent en moyenne plus de carbone que les autres forêts de la région. La valeur potentielle de séquestration du carbone de toutes les réserves de tigres indiennes représente 130 millions de dollars par an.

Les paysages de tigres protègent également les communautés locales contre les risques naturels tels que les inondations, les glissements de terrain et les conséquences du changement climatique. La végétation dans ces zones contribue à ralentir le passage de l’eau vers les rivières voisines, à réduire l’érosion et à limiter la perte des nutriments et sédiments.

Les réserves de tigres procurent des avantages médicinaux directs à de nombreuses populations locales, tandis que la protection de leur habitat réduit le piégeage et le braconnage des animaux sauvages — et donc l’exposition aux espèces porteuses de zoonoses.

Thomas Cristofoletti /
© Ola Jennersten / WWF-Sweden

ÉLAN POLITIQUE

UN TOURNANT POUR LES TIGRES

En 2010, les engagements publics nationaux et de haut niveau pour l’objectif commun TX2 ont marqué un tournant dans la conservation des tigres. Le WWF a alors joué un rôle majeur, en envoyant des délégations d’experts à chaque session de planification sur une période de trois ans avant le Sommet du tigre (en commençant par la réunion du Kanha Circle en novembre 2007).

Pour atteindre l’objectif TX2, il est primordial de maintenir l’élan politique à son plus haut niveau. Pour ce faire, le WWF n’a cessé tout au long de la décennie d’engager les responsables

gouvernementaux de tous les pays de l’aire de répartition du tigre, à tous les niveaux du processus politique, en veillant à ce que les tigres restent une priorité et que les engagements soient tenus.

Par l’intermédiaire de l’Initiative mondiale pour la sauvegarde du tigre, du Forum mondial du tigre et d’autres plateformes essentielles, le WWF aide les gouvernements à respecter leurs engagements grâce à des partenariats, des conseils stratégiques et à la recherche de solutions collaboratives. Nous nous efforçons continuellement d’élever et de soutenir la dynamique

LES PROGRÈS DEPUIS LE SOMMET

2010

1 ÈRE RÉUNION MINISTÉRIELLE

Réunion clé préalable au Sommet tenue à Hua Hin, en Thaïlande.

2016

3 E RÉUNION MINISTÉRIELLE

Le WWF a soutenu la 3e Conférence ministérielle asiatique sur la conservation des tigres à New Delhi, en Inde, inaugurée par le premier ministre indien, Narendra Modi. Les pays présents à la conférence ont adopté la résolution de New Delhi, s’engageant à mettre en cohérence la conservation mondiale des tigres avec le programme de développement économique.

2010

SOMMET MONDIAL DU TIGRE

Événement décisif organisé par la Fédération de Russie et la Banque mondiale, à Saint-Pétersbourg, en Russie. Plus de 600 participants conviés, quatre chefs de gouvernement, le premier ministre chinois et les ministres de tous les autres pays de l’aire de répartition des tigres, pour s’engager officiellement à soutenir le projet TX2.

2014

2 E BILAN

Les recommandations sont adoptées, notamment un engagement à réaliser un recensement des tigres à l’échelle de l’aire de répartition, lors de la réunion de Dhaka, au Bangladesh.

3 E BILAN

La conférence organisée par le gouvernement indien, en partenariat avec le Forum mondial du tigre et le WWF, a explicitement reconnu la situation de crise face au déclin des tigres en Asie du Sud-Est.

2019

politique au sein des pays de l’aire de répartition du tigre, tout en encourageant les processus intergouvernementaux. Dans le cadre de ces processus, nous orientons l’ordre du jour et le dialogue vers les problèmes les plus urgents en matière de conservation des tigres — ceux qui pourraient conduire au rétablissement le plus rapide des populations de tigres s’ils étaient mieux pris en compte par les gouvernements. Bien que l’initiative de 2010 ait été célébrée pour son objectif spécifique à une espèce, elle a aussi fait prendre conscience que le déclin des tigres était un indicateur d’écosystèmes

en crise et au bord de l’effondrement. L’initiative a attiré l’attention sur le fait que l’approche de développement doit trouver un juste équilibre entre l’économie et la nature. La sauvegarde des tigres au-delà de 2022 dépendra de l’engagement indéfectible des gouvernements des pays de l’aire de répartition des tigres à adopter des politiques qui donnent la priorité aux habitats des tigres et les protègent de l’exploitation. Notre travail de plaidoyer au WWF soutient tous nos efforts pour doubler le nombre de tigres sauvages.

2012

1 ER BILAN

Les représentants des pays se sont réunis à New Delhi, en Inde, pour examiner les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif TX2.

2012

2 E RÉUNION MINISTÉRIELLE

Les pays se sont réunis à Thimphou, au Bhoutan. Accord sur le programme d’action, appelant à davantage de soutien dans la lutte contre le braconnage.

RÉUNION SUR LA CONSERVATION ET LE COMMERCE TRANSFRONTALIERS

Le gouvernement chinois a tenu une réunion à Kunming, en Chine, au cours de laquelle l’initiative Tigers Alive du WWF et TRAFFIC a présenté aux représentants des pays de l’aire de répartition un rapport sur le commerce des tigres.

2013

4 E RÉUNION MINISTÉRIELLE

4e réunion ministérielle asiatique sur la conservation des tigres, organisée par la Malaisie.

2022

2 E SOMMET MONDIAL DU TIGRE

La Russie a accueilli le deuxième Sommet du Tigre ; les pays de l’aire de répartition du tigre ont renouvelé leur engagement à la conservation du tigre (déclaration de Vladivostok). notamment Bangladesh.

2022

UNE VIGILANCE POLITIQUE NATIONALE

Depuis le Sommet historique de 2010, la conservation des tigres soulève une attention politique grandissante au niveau national. Au Népal, le gouvernement national a créé le Comité national pour la conservation du tigre, sous la présidence du premier ministre, afin de mettre en place un mécanisme de haut niveau pour l’élaboration des stratégies et la coordination des parties prenantes à la conservation du tigre. Le comité, dont le WWF Népal est un membre essentiel, compte des représentants de six ministères ainsi que des experts nationaux et internationaux du tigre. D’autres organes de coordination ont été créés en parallèle, tels que le Comité national de coordination de la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et le Bureau de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, afin de garantir que la question du commerce illégal d’espèces sauvages soit traitée à tous les niveaux du gouvernement.

LES ZONES PROTÉGÉES

Dans les autres pays de l’aire de répartition, de nouvelles zones protégées ont été délimitées pour les tigres. En 2017, la Chine a approuvé la création d’un immense parc d’une superficie de 14 500 km2 le long de la frontière entre la Russie, la Chine et la Corée du Nord. Il s’agit de la plus grande zone protégée pour les tigres du monde. Au WWF, nous avons été l’ONG partenaire la plus importante dans la création de ce parc, notamment grâce à nos évaluations des habitats qui ont influencé la délimitation des frontières et la facilitation de la coopération transfrontalière. La Russie a créé le refuge pour la faune sauvage de Komissarovsky avec le soutien du WWF, une zone protégée transfrontalière de 800 km2, ainsi que le parc national de la Bikine ; plus de 11 600 km2 de forêts souvent surnommées « l’Amazonie russe ». Le parc national de la Bikine est également la terre traditionnelle des peuples indigènes Udege et Nanai, qui cogèrent cette zone importante.

Depuis 2014, l’Inde a créé 14 nouvelles réserves de tigres s’étendant sur une superficie de plus de 15 000 km². Le WWF a contribué à influencer certaines de ces nombreuses créations, comme en 2014, lorsque la réserve de tigres de Pilibhit a été créée. Cette réserve est une étroite bande de forêt entourée de l’une des plus fortes densités de population humaine de tous les paysages de tigres. Et pourtant, la zone protégée a déjà réussi à doubler sa population de tigres, pour arriver à environ 50 individus adultes.

© Marina Khrapova / WWF-Russia
© Emmanuel Rondeau / WWF-US

UNE MEILLEURE SURVEILLANCE DES TIGRES LE RECENSEMENT DES TIGRES

Une étape essentielle pour atteindre l’objectif de doubler le nombre de tigres sauvages est de connaître le nombre de tigres et où ils se trouvent. En 2016, en réponse à la pression du WWF, tous les pays de l’aire de répartition des tigres se sont engagés à effectuer des recensements de tigres — ce qui n’est pas une mince affaire, en particulier pour un pays comme l’Inde, où le dernier recensement couvrait plus de 380 000 km2 de forêts. Le WWF a soutenu des enquêtes nationales sur les tigres au Bhoutan, en Inde, en Malaisie, au Myanmar, au Népal, en Russie et en Thaïlande, avec des contributions allant du suivi sur site, du soutien technique et du renforcement des capacités, jusqu’à la fourniture d’équipements et l’analyse de données. En Inde par exemple, les biologistes du WWF ont travaillé avec l’Autorité nationale de conservation du tigre et les services forestiers de l’État afin de couvrir le recensement national des tigres dans de nombreux sites. Le WWF a également organisé des ateliers de renforcement des capacités pour le personnel de terrain sur la méthodologie des relevés de signes de présence animale, le déploiement des pièges photographiques et la gestion des données. L’enquête indienne de 2018 sur les tigres a été la plus grande enquête mondiale par piège photographique jamais entreprise pour une seule espèce, avec le déploiement de pièges photos sur 25 838 sites, la faisant ainsi entrer dans le Livre Guinness des records.

Au cours des 12 dernières années, les études sur les tigres se sont considérablement améliorées à travers les techniques de surveillance, la qualité des données et l’efficacité des rapports nationaux. De nombreux pays effectuent désormais des recensements conjoints de tigres, comme le Bangladesh et l’Inde, l’Inde et le Népal, ou l’Inde et le Bhoutan. Grâce à ce suivi complet, de nouvelles populations de tigres ont également été découvertes au Myanmar et en Thaïlande, et de nouvelles initiatives ont été lancées pour se concentrer sur les tigres de haute altitude.

Le WWF félicite les gouvernements des pays de l’aire de répartition des tigres pour leurs remarquables progrès et investissements dans la connaissance et la surveillance des tigres au cours de la dernière décennie. Nous continuerons à soutenir les pays et à exiger d’eux qu’ils réalisent des études nationales sur les tigres, qui constituent la pierre angulaire de leur travail de conservation et permettent la publication d’estimations scientifiques fiables de la population mondiale. Nous allons également étendre notre soutien aux études sur les proies des tigres. Notre participation, en tant que membre principal du partenariat novateur Wildlife Insights, — la plus grande base de données et plateforme de gestion de pièges photographiques au monde — nous permettra de mieux contrôler, analyser et collaborer pour les données relatives aux proies des tigres afin de guider des interventions efficaces en matière de rétablissement des populations de tigres.

© Simon Rawles / WWF-UK

NOTRE VISION POUR LA CONSERVATION

DES TIGRES :

Selon notre vision de la conservation des tigres, le deuxième sommet sur les tigres serait un moment de transformation, au cours duquel les efforts mondiaux en faveur de l'espèce s'accéléreraient considérablement. Pour y parvenir, nous soutiendrons un certain nombre d’approches nouvelles, notamment :

NOUVEAUX OBJECTIFS

L'adoption d'un ensemble plus restreint d'objectifs "prioritaires" mesurables pour les pays de l'aire de répartition du tigre

SOUTENIR LES COMMUNAUTÉS

Un mécanisme permettant aux pays de l'aire de répartition du tigre de mieux traiter les questions de coexistence entre l'homme et le tigre dans les pays où la population de tigres s'est considérablement accrue depuis 2010

CARTOGRAPHIE DU RÉTABLISSEMENT EN ASIE DU SUD-EST

L’adoption d’un plan de rétablissement des tigres d’Asie du Sud-Est ciblé et financé

TRAVAILLER ENSEMBLE

Une collaboration accrue entre les gouvernements, les communautés locales, les ONG et les secteurs public et privé pour la conservation des tigres

EXTENSION DE L’AIRE DE RÉPARTITION

Un plan ambitieux visant à réintroduire les tigres dans les paysages où ils ont récemment disparu, tout en augmentant le nombre total de pays participant à l'initiative mondiale en faveur des tigres, qui est actuellement de 13

LE CHEMIN À PARCOURIR

Le deuxième Sommet mondial du tigre de 2022 est une étape cruciale pour définir l’orientation et les priorités pour la conservation du tigre dans le monde pour la prochaine décennie et au-delà, ainsi que le niveau d’attention politique accordé à l’espèce durant cette période. La déclaration de Vladivostok (5 septembre 2022) décline effectivement, en 15 points, les engagements des représentants des États de l’aire de répartitions des tigres pour la conservation de cette espèce. Depuis l’adoption du programme mondial de rétablissement des populations de tigres en 2010, les données indiquent que la tendance séculaire au déclin du tigre sauvage a finalement été inversée. Cependant, ces victoires sont fragiles et les hausses ne sont pas uniformes dans tous les pays de l’aire de répartition du tigre.

Le WWF a contribué à réunir une coalition de six ONG internationales (Fauna and Flora International, UICN, Panthera, TRAFFIC, Wildlife Conservation Society et WWF) toutes étroitement impliquées dans la conservation des tigres. Cette coalition a déjà défini une vision de la manière d’améliorer

le rétablissement coordonné des tigres à partir de 2022. Elle s’efforce de reproduire ce modèle de « coalition de tigres » au niveau national, afin que la société civile puisse s’exprimer d’une seule voix sur les priorités de conservation des tigres au cours de cette période charnière. La coalition a également convenu de développer des activités conjointes majeures autour de priorités communes, ce qui augmente considérablement notre potentiel d’impact et de résultats politiques dans ces domaines.

Le WWF a soutenu en outre l’élaboration de l’ordre du jour du Sommet de 2022 et préparé des études de cas fondées sur des données probantes afin d’opérer les changements politiques spécifiques que nous jugeons nécessaires. Ces changements comprendraient l’introduction de stratégies nationales de lutte contre le piégeage, une augmentation des budgets et des effectifs pour les zones protégées pour les tigres dans les pays qui dépensent actuellement le moins, ainsi que l’amélioration des mécanismes de collaboration intra-gouvernementale tels que la formation de comités nationaux pour les tigres.

© Narendra Shrestha / WWF-UK

ÉLAN SOCIAL

LA CONSERVATION DES TIGRES CENTRÉE SUR LES POPULATIONS

Les tigres vivent dans certains des endroits les plus densément peuplés de la planète. Planifier le rétablissement des populations de tigres, c’est veiller à ce qu’ils aient assez d’espace pour se déplacer et à ce que leurs proies disposent des ressources nécessaires pour prospérer, de manière à profiter plutôt qu’à nuire aux personnes qui partagent les paysages avec eux. L’approche du WWF People-Centred Tiger Conservation reconnaît que les populations doivent être des partenaires dans la conservation des tigres, plutôt que de simples acteurs ou bénéficiaires. Cette approche nécessite de changer la façon dont nous abordons la conservation communautaire ou inclusive. Elle exige plus de temps et une diversité de compétences pour mieux comprendre les attitudes, les perceptions et les aspirations des populations ; pour identifier comment les dynamiques de pouvoir et les facteurs externes influencent la conservation ; pour être capable de développer une vision partagée et un terrain d’entente ; et pour identifier et mettre en œuvre une série d’incitations à la conservation qui vont au-delà des seuls avantages économiques.

Les populations sont hétérogènes et il est essentiel, dans notre travail de conservation, de comprendre les différents points de vue au sein des communautés et la manière dont ils évoluent au fil du temps. Il est essentiel que nous identifions également les rôles des différentes parties prenantes dans les paysages de tigres et la manière dont elles influencent leur conservation. Sur l’ensemble de l’aire de répartition du tigre, des approches centrées sur l’humain sont déjà en cours, qu’il s’agisse d’initiatives de sciences participatives au Népal, de partenariats avec des domaines de chasse en Russie, de l’emploi d’équipes de patrouilles autochtones au Myanmar, en Malaisie et en Indonésie, de la création d’organes locaux de gestion multipartites en Thaïlande, de l’engagement des directeurs de plantations pour la sécurité du personnel en Indonésie ou de la mise en relation des agriculteurs du centre de l’Inde avec des acheteurs de coton produit de manière durable. Toutes ces approches ont en commun un engagement et une appropriation plus forts des populations dans la planification, la mise en œuvre et le partage des résultats.

2007-2011 ENGAGEMENT ENVERS LES POPULATIONS AUTOCHTONES ET LES COMMUNAUTÉS LOCALES

Le WWF met en place le Développement Social pour la Conservation (SD4C)une équipe d'experts qui travaillent à l'intégration des droits des populations autochtones et des communautés dans le travail de conservation des tigres du WWF. Chaque bureau du WWF a développé de nouvelles politiques et engagements sociaux à intégrer dans ses projets et programmes.

2011-2015 FOCUS SUR L'ÉQUITÉ ET L'INCLUSION

Le WWF donne la priorité à la conservation communautaire en mettant l'accent sur la bonne gouvernance, les approches fondées sur les moyens de subsistance, la réduction de la pauvreté et l'égalité des genres.

Le WWF intègre une approche basée sur les droits de l'homme et renforce sa responsabilité à l’égard des communautés qui vivent dans les paysages de tigres. Nous travaillons de plus en plus en partenariat avec des organisations de défense des droits et adoptons des approches holistiques pour permettre la coexistence avec les tigres.

2015-2018 PLACER L’HUMAIN AU CŒUR DE L’ACTION 2019 À AUJOURD’HUI DE VÉRITABLES PARTENARIATS À LONG TERME

Le WWF modifie sa façon de travailler avec les communautés dans les paysages de tigres pour adopter une approche centrée sur les personnes. Nous nous engageons à sauvegarder et à protéger les droits de nos partenaires communautaires.

*La chronologie illustre les tendances générales encouragées par le WWF. Certains paysages de tigres ont ouvert la voie à ces tendances et ont évolué plus rapidement que les dates indiquées

13 GOUVERNEMENTS DES PAYS DE L’AIRE DE RÉPARTITION DU TIGRE

PLUS DE 57 MILLIONS DE PERSONNES VIVENT DANS LES PAYSAGES DE TIGRES

UNE CONSERVATION AU COEUR DES POPULATIONS

Des approches de protection du tigre axées sur les populations sont déjà en cours. Utilisez le code QR pour lire ces histoires et apprendre comment le WWF établit des partenariats avec des communautés dans les paysages de tigres.

LES PROTECTEURS DE TIGRES AU NÉPAL

NÉPAL NÉPAL

SÉJOURS CHEZ L'HABITANT - UN COUP DE POUCE POUR LES HOMMES ET LES ANIMAUX

BHOUTAN

LA CROISSANCE DU BHOUTAN. ALORS QUE LA FORTUNE DU BHOUTAN S'ACCROÎT, SON PATRIMOINE NATUREL ET CULTUREL EST EN JEU

L'HISTOIRE DES DEUX VILLAGES INTELLIGENTS

ASSURER LES MOYENS DE SUBSISTANCE, RESTAURER LES SUNDARBANS

INDE INDE INDE

DE CHASSEURS DE GRANDS FÉLINS À PROTECTEURS DES FORÊTS

POUR EN APPRENDRE DAVANTAGE SUR NOS APPROCHES DE CONSERVATION CENTRÉES SUR LES POPULATIONS

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PIGNONS

TIGRES

LUTTE

TOUJOURS PLUS D’AVANTAGES POUR CEUX QUI VIVENT AUX CÔTÉS DES TIGRES

Les paysages de tigres contribuent largement au développement socio-économique. Ils génèrent des revenus importants directement dans les zones rurales éloignées et ont des impacts secondaires significatifs, tels que la création d’emplois dans diverses industries de services. En Inde, par exemple, le tourisme lié aux tigres a directement permis la création d’emplois dans 20 secteurs indépendants, notamment l’embauche de mécaniciens, de personnel hôtelier, de chauffeurs, de coiffeurs, de boulangers et des employés du

secteur primaire. Les paysages de tigres procurent également aux pays des services écosystémiques essentiels. Le WWF travaille avec ses partenaires pour augmenter la résilience de la conservation communautaire, notamment en diversifiant les opportunités de revenus, en développant un tourisme plus résilient, en renforçant les cadres juridiques et en travaillant avec les communautés pour co-construire des solutions de développement de moyens de subsistance durables.

CO-BÉNÉFICES : Évaluation économique de 1O réserves de tigres

678 33 79

Pour chaque dollar investi dans le management d’une réserve de tigre, la localité en tire 33 dollars de bénéfices.

millions de dollars de prestations de chaque réserve annuellement (minimum)

milliards de dollars en avantages tangibles et intangibles chaque année*

1,47 4,40

milliards de dollars en avantages pour la santé humaine chaque année

milliards de dollars en services d’approvisionnement en eau, plus que le budget total du gouvernement pour les ressources en eau, le développement des rivières, l’eau potable et l’assainissement.

* Les avantages tangibles peuvent comprendre la génération d’emplois, la pêche, le fourrage, le bois de chauffage, le bambou et les produits forestiers non ligneux. Les avantages intangibles peuvent inclure la séquestration du carbone, l’approvisionnement en eau, la purification de l’eau, la régulation du climat, la protection du patrimoine génétique, le patrimoine culturel et le tourisme spirituel.

** Source : Verma M., Tiwari C., Anand S., Edgaonkar A., David A., Kadekodi G., Ninan K.N., Sharma P., Panda P., Thatey .Z. Valorisation économique des réserves de tigres en Inde : Phase II. Institut indien de gestion forestière. Bhopal, Inde. Taux de conservation de juillet : INR/USD O.13

© Ola Jennersten / WWF-Sweden

LA FORESTERIE COMMUNAUTAIRE AU NÉPAL

Dans le paysage de l’arc du Terai au Népal, les populations rurales sont fortement dépendantes des forêts. 61 % des ménages utilisent le bois comme principal combustible pour cuisiner. Ces populations forment huit groupes indigènes qui habitent, gèrent et protègent les paysages de tigres depuis des générations. La conservation de ces forêts a non seulement profité aux tigres et à d’autres espèces sauvages, mais elle a également permis aux communautés rurales et indigènes de disposer d’une source durable de combustible, de fourrage, d’aliments issus de la nature, de matériaux de construction et de médicaments.

Le WWF aborde la conservation au Népal en permettant aux populations locales de devenir gestionnaires de ressources, bénéficiaires et gardiennes des forêts dans lesquelles elles vivent. Ce cadre de « foresterie communautaire » confère aux utilisateurs des forêts des droits légaux sur les forêts qu’ils gèrent et sur les gains économiques.

Notre programme de conservation des espèces a manifestement contribué à la constitution du capital humain du paysage de l’arc du Terai par le biais d’un renforcement des capacités visant à diversifier l’activité économique. Nous avons contribué à renforcer les compétences entrepreneuriales et la capacité locale à gérer durablement les ressources naturelles, nous avons fourni des solutions de soutien telles que des programmes de petits crédits et de commercialisation.

Ce type d’aménagement socio-écologique du paysage intègre les objectifs et les valeurs de la société aux objectifs de conservation, afin de construire une vision à plus long terme où les tigres sont un élément vital du développement social et économique.

« La conservation doit se concentrer sur l’humain ; ce n’est qu’ainsi qu’elle sera comprise. Si j’avais dit à ma communauté que les forêts étaient nécessaires pour les tigres et les éléphants, mon idée n’aurait pas du tout été acceptée. Mais lorsque j’ai fait remarquer que les forêts devaient être gérées par les communautés elles‑mêmes, qu’elles devaient également procurer des avantages pour l’homme lorsqu’elles étaient gérées de manière durable et transmises d’une génération à l’autre, la communauté a commencé à considérer la valeur de nos efforts. »

Paysage de l’Arc du Terai, Mobilisateur communautaire

© Emmanuel Rondeau / WWF-US
MAYA YOGI

FAIRE FONCTIONNER LES MARCHÉS POUR LES COMMUNAUTÉS EN INDE

Le WWF Inde travaille depuis 2014 avec les populations des États indiens du Chhattisgarh et du Madhya Pradesh pour renforcer durablement les opportunités de revenus et minimiser la dépendance aux ressources forestières. Pour de nombreuses communautés vivant dans le paysage central de tigres de l’Inde, la forêt fait partie intégrante de leur vie, avec des valeurs économiques, sociales et culturelles importantes et irremplaçables. De nombreuses populations ont mobilisé des compétences traditionnelles dans la collecte et la récolte de produits forestiers non ligneux, dont le miel. Le WWF a travaillé en partenariat avec ces communautés afin de leur donner les moyens de surveiller la collecte des ressources, de développer des modèles d’utilisation durable et des protocoles de surveillance et d’établir des liens avec le marché pour leurs productions.

Ensemble, nous avons réussi à assurer :

UNE DURABILITÉ

• 85 producteurs de miel traditionnels ont été impliqués et formés à la récolte durable du miel.

UNE GOUVERNANCE

• Quatre sociétés de production de miel ont été formées et ont conjointement pu officiellement s’inscrire auprès de l’État sous le statut de Samiti (société).

DES REVENUS SUPPLÉMENTAIRES

• avec le soutien du WWF et du département des forêts de Chhattisgarh, la société samiti a reçu la certification biologique pour le processus de collecte et de stockage du miel.

• le financement complémentaire et l’identification des acheteurs ont permis de doubler leur production de miel par rapport aux années précédentes.

• 33 producteurs de miel traditionnels ont également été formés pour devenir eux-mêmes formateurs (une opportunité de revenu supplémentaire lorsqu’on offre une formation).

Le WWF va étendre ce travail pour s’associer à davantage de communautés et aider à former des organisations groupées pour augmenter la valeur des produits et développer des structures de gouvernance établies. Nous continuerons à soutenir la recherche de meilleurs liens avec le marché et à promouvoir la collecte durable de miel et d’autres produits forestiers non ligneux au profit des populations locales, de la forêt, des tigres et des autres animaux sauvages qui utilisent ces corridors et ces zones tampons.

CONTINUER À FAIRE MIEUX

L’approche de conservation des tigres du WWF centrée sur les populations s’appuie sur la conservation communautaire existante pour promouvoir davantage de partenariats durables avec les communautés et les autres parties prenantes dans les paysages de tigres et obtenir leur soutien actif. L’ambition du WWF est d’étendre et d’affiner cette approche afin de garantir que les besoins, les priorités et les capacités des communautés vivant dans les paysages de tigres soient convenablement pris en compte.

Une partie de cette ambition consiste à modifier la façon dont nos programmes de conservation sont conçus et mis en œuvre afin de garantir un suivi efficace de l’impact des approches de conservation sur les communautés. L’approche de conservation des tigres centrée sur l’humain utilise la « capacité d’acceptation sociale » (le niveau de tolérance des populations à vivre avec des tigres dans le paysage) comme outil pour mesurer à la fois l’impact de nos interventions et le soutien et la gestion des communautés et des autres parties prenantes pour la conservation à long terme des tigres. Globalement, notre approche permet d’avoir une compréhension plus approfondie des paysages de tigres d’un point de vue social, grâce à l’utilisation de la « cartographie du paysage social » — un outil qui cartographie les parties prenantes concernées et la manière dont elles interagissent (besoins, priorités, intérêts conflictuels et valeurs). L’utilisation à grande échelle de cet outil permettra de comprendre clairement qui influence la conservation des tigres dans nos paysages de tigres prioritaires.

La combinaison d’une compréhension approfondie des paysages sociaux, de l’élaboration et de la mise en œuvre de solutions innovantes pour accroître le soutien à la conservation, ainsi que du suivi constant des impacts de la conservation et de l’adaptation des programmes en conséquence, posera les bases de partenariats solides et durables avec les populations vivant aux côtés des tigres.

© 2016 Emmanuel Rondeau / WWF-US

DES FORÊTS BIEN GÉRÉES POUR LES TIGRES

LA NORME CA TS (Conservation Assured Tiger Standards)

S’ils disposent d’un habitat de bonne qualité, de proies en quantité suffisante et d’une protection adéquate, les tigres peuvent rapidement se reproduire. Les aires protégées constituent une bonne stratégie pour conserver les surfaces forestières, mais leur rôle dans la protection des espèces sauvages dépend de la qualité de leur gestion. De nombreuses études montrent que le nombre de tigres peut continuer à diminuer dans les zones protégées insuffisamment gérées, notamment en raison de la chasse des proies des tigres ou des tigres eux-mêmes pour la médecine traditionnelle et d’autres activités illégales.

Au cours des 12 dernières années, nous, le WWF, avons eu recours à des interventions de plus en plus ciblées dans la conservation des tigres sur le terrain, en grande partie grâce à notre participation et à notre direction du partenariat Conservation Assured Tiger Standards (CA|TS). Le partenariat CA|TS — qui a été lancé en 2013 — est un système d’accréditation conçu par un groupe international d’experts et de gestionnaires d’aires protégées dans le but de mesurer et d’améliorer la gestion des zones de conservation des tigres.

La mission du CA|TS est de garantir un refuge sûr pour les tigres en démontrant et en promouvant les bonnes pratiques en matière de gestion des aires protégées. Le système d’accréditation CA|TS fonctionne en encourageant les zones de conservation des tigres à respecter un ensemble de normes et de critères nécessaires pour assurer une conservation efficace et à long terme des félins.  Les zones de conservation des tigres qui participent au programme CA|TS sont enregistrées et, à la suite d’une évaluation, les manques en matière de gestion sont identifiés, là où le site est soumis à une accréditation (respect des normes vérifié par un processus d’examen indépendant).

La zone couverte par le CATS inclut :

Ce qui a commencé comme un petit projet au sein du WWF est maintenant un partenariat mondial impliquant sept gouvernements de l’aire de répartition du tigre, trois agences intergouvernementales et neuf institutions et ONG.

« CA|TS est un excellent outil de diagnostic conçu pour aider les services de gestion et de conservation des tigres sur le terrain à être efficaces et pour aider à identifier les manques, les défis et les ressources nécessaires pour catalyser le rétablissement des tigres. »

Président du comité exécutif international du CA|TS et Coordinateur du Programme intégré de conservation de l'habitat du tigre, Programme mondial sur les espèces et les zones clés pour la biodiversité, UICN

Applicable à d’autres espèces :

Grâce au succès du programme CA|TS, le WWF travaille à l’élargir à d’autres espèces phares comme le jaguar, le lion ou encore le dauphin des rivières.

de l’aire de répartition du léopard d’Amour

de l’aire de répartition de l’éléphant d’Asie de l’aire de répartition des léopards en Asie

Grands bassins fluviaux +25 %

Des affluents couvrant un vaste bassin versant à travers l’Asie

128 SITES SONT

ENREGISTRÉS

COMME SITES CA|TS, CE QUI TÉMOIGNE DE L’ENGAGEMENT À AMÉLIORER LES PRATIQUES POUR UN RÉTABLISSEMENT

EFFICACE DES POPULATIONS DE TIGRES.

© Emmanuel Rondeau / WWF-UK
© Ola Jennersten / WWF-Sweden

CA TS EN BREF

21 sites ont été approuvés CA|TS, ce qui signifie qu’ils ont atteint les standards mondiaux de gestion des tigres sauvages.

Les sites approuvés et enregistrés CA|TS couvrent 25 % de l’aire de répartition ce qui comprend plus de 75 % de la population mondiale estimée de tigres. Onze millions de dollars ont été mobilisés auprès d’agences fédérales et autres par l’intermédiaire de CA|TS pour améliorer la gestion des sites.

CA|TS a développé la plus grande base d’informations mondiales sur la gestion des sites de tigres.

Population existante : zones où la reproduction du tigre a été confirmée au cours des 5 dernières années. fonctionnellement éteint : aucune preuve de reproduction n’a été détectée depuis 2008 les chiffres dans les cercles correspondent aux pays de l’aire de répartition du tigre

Pays de l’aire de répartition des tigres

Participation au programme CA|TS

2 Bhoutan* 2 approuvés

3 Chine *

4 Inde * 17 approuvés

1 Bengladesh* 3 sites 10 sites 6 sites 96 sites 3 inscrits 8 inscrits 6 inscrits 79 inscrits

5 Indonésie

6 Malaisie * 1 site 1 inscrit

7 Myanmar

8 Népal * 5 sites 4 inscrits 1 approuvé

9 Russie * 7 sites 6 inscrits 1 approuvé

10 Thaïlande pays dans la zone de répartition des tigres où ils ont fonctionnellement disparu

11 Cambodge

12 République démocratique populaire lao

13 Vietnam

Légende

LE CHEMIN PARCOURU

1000+

gouvernements, ONG, experts des aires protégées, institutions, comités nationaux, partenaires mondiaux, conseil CA|TS

500 gouvernements, ONG, experts des aires protégées, institutions, comités nationaux.

gouvernements, ONG, experts des aires protégées,

À partir de 2022

Accélération de CA|TS

plus de ��� sites enregistrés CA|TS

Mise en place d’évaluateurs et de comités nationaux groupe de soutien et conseil CA|TS

Mise en place de CA|TS

Rétablissement mondial des populations de tigres Plan pour doubler la population mondiale de tigres sauvages (Tx�)

128 sites enregistrés dans 7 pays

QU’EST CE QUE CA|TS A ACCOMPLI

RESPONSABILITÉ & TRANSPARENCE

par le biais d’un cadre de normes fondées sur des preuves.

SURVEILLANCE & SUIVI

via un logiciel hors ligne, CA|TS-LOG, là où des interventions de gestion active sont nécessaires pour catalyser le renforcement des populations de tigres.

PARTENARIATS

une approche basée sur les partenariats.

RENTABILITÉ

une utilisation de fonds publics et privés limités pour la conservation.

« Faire partie du CA|TS démontre notre engagement dans les efforts mondiaux de conservation des tigres et garantit que nos systèmes d’aires protégées répondent aux normes mondiales les plus exigeantes en matière de gestion de la conservation. Le Bhoutan s’est toujours engagé à sauvegarder son environnement naturel et cela montre à quel point nous prenons ce sujet à coeur. »

LOBZANG DORJI

Directeur du département des forêts et des services des parcs, gouvernement royal du Bhoutan, et président du Conseil CA|TS

PROPRIÉTÉ LOCALE

une gestion locale par les pays via les comités nationaux et l’organe consultatif du Conseil CA|TS, qui est en train d’être mise en place pour assurer la durabilité.

© Nitish Madan / WWF-International

COLLABORATION GRÂCE AU SYSTÈME

CA|TS : PARC NATIONAL FORESTIER DU ROYAL BELUM, MALAISIE

Le parc national du Royal Belum est l’une des plus anciennes aires protégées de Malaisie péninsulaire — sa forêt pourrait avoir plus de 130 millions d’années. Il s’agit de l’une des trois zones nationales prioritaires pour les tigres, et la densité de population de ces grands félins y était autrefois la plus élevée du pays. Tragiquement, 50 pour cent des tigres de BelumTemengor ont disparu sur une période de sept ans, triste résultat d’un braconnage galopant. Lors du dernier comptage effectué par le WWF en 2018, il y restait moins de 20 tigres.

Depuis qu’il s’est inscrit au système CA|TS en 2017, le parc national du Royal Belum se sert des évaluations pour guider les actions et les investissements stratégiques de conservation. En deux ans seulement, le score d’accréditation CA|TS de zones du parc est passé de 48 % à 61 % (l’objectif pour l’accréditation des zones protégées est de plus de 70 %).

Cette amélioration spectaculaire est le fruit des efforts de collaboration des dirigeants locaux, des équipes de patrouille de la communauté autochtone - qui ont réduit de 90 % le nombre d’incidents avec des pièges* — et des scientifiques qui surveillent d’autres zones pour mieux orienter les actions de conservation.

« CA|TS a le pouvoir d’apporter des changements positifs en Malaisie en aidant les gestionnaires de parcs à suivre systématiquement les progrès réalisés et à mettre en œuvre les meilleures pratiques de conservation. Le programme a également catalysé la coopération transfrontalière entre les gouvernements de Malaisie et de Thaïlande afin de lutter contre le braconnage des deux côtés de la frontière. »

Responsable de programme principal pour la mise en œuvre du système CA|TS par le WWF en Malaisie

ÉTUDE DE CAS

L’ENGAGEMENT NATIONAL :

LES RÉSERVES DE TIGRES DE L’INDE

En juillet 2020, l’autorité nationale de conservation des tigres du ministère indien de l’environnement, des forêts et du changement climatique a annoncé l’adoption du CA|TS dans l’ensemble des 50 réserves de tigres du pays. Ces réserves s’étendent sur 72 000 km2 et abritent plus de 60 pour cent de la population mondiale de tigres sauvages. Cette annonce a été considérée comme un renforcement supplémentaire de la contribution de l’Inde à l’objectif mondial de doubler le nombre de tigres sauvages. L’Inde a signalé un total de 2 967 tigres sauvages lors de la dernière estimation de la population en 2018, contre 1 411 tigres estimés en 2006.

« Alors que nous réagissons aux graves répercussions sanitaires, sociales et économiques mondiales de la COVID-19, le moment est venu pour nous de comprendre plus clairement les risques associés à la perte de la biodiversité et à la dégradation des écosystèmes naturels. Des populations saines de tigres sauvages sont un indicateur important de la santé des écosystèmes et du développement durable. »

MIDORI P AXTON

Responsable des écosystèmes et de la biodiversité, PNUD et membre du comité exécutif du CA|TS

ROA’A HAGIR
© WWF/ Malaysia
© Dr Sanjay K Shukla / WWF-International

CONNECTIVITÉ

PAYSAGES DE TIGRES

Les populations de tigres restantes vivent sur des parcelles de terre de plus en plus fragmentées et isolées dans des paysages dominés par l’homme. Au lieu de se concentrer uniquement sur des sites spécifiques de présence du tigre, le WWF travaille dans 14 vastes paysages reliés entre eux - dont huit chevauchent des frontières internationales - une stratégie qui tient compte du contexte écologique, social et politique plus large dans lequel vivent les tigres.

Ces paysages abritent certaines des populations humaines les plus vulnérables et marginalisées, ainsi que des fonctions écosystémiques essentielles. Simultanément, les pressions exercées sur ces zones sont immenses, notamment le développement hydro-électrique, l’expansion des routes et des chemins de fer, l’exploitation forestière et les industries extractives, ainsi que l’expansion des domaines agricoles.

Les corridors écologiques du tigre sont reconnus comme vitaux pour une stratégie paysagère à long terme, mais ils sont aussi les éléments les plus fragiles, exposés à des menaces aiguës et chroniques. Si les corridors de circulation disparaissent, les tigres se retrouvent isolés dans des populations plus petites, ce qui accroît leur exposition aux chasseurs et aux conflits avec l’homme, réduit leur diversité génétique et empêche leur dispersion dans de nouveaux territoires. Les fragments qui en résultent sont souvent trop petits pour maintenir des populations minimales de tigres. Dans ce contexte, le maintien du soutien local pour la conservation des tigres et la restauration et la protection de la connectivité des paysages ont été une composante essentielle du travail du WWF pour aider au rétablissement des populations de tigres.

© Emmanuel Rondeau / WWF-US

LA LIBERTÉ DE DÉPLACEMENT

Plus de la moitié des paysages de tigres soutenus par le WWF sont transfrontaliers, c’est-à-dire qu’ils traversent plus d’un pays et que les tigres se déplacent ou pourraient se déplacer entre eux. Il est donc important que le même niveau de protection et de gestion leur soit accordé des deux côtés de la frontière politique. Faciliter la coopération entre les pays de l’aire de répartition du tigre est un élément essentiel à l’objectif du WWF de doubler le nombre de tigres sauvages. Ces efforts commencent généralement par un catalyseur relativement simple, comme la nécessité de partager des informations par-delà les frontières ou entre individus. L’objectif à terme est une reconnaissance officielle du paysage transfrontalier par les deux pays, comme la zone de conservation transfrontalière de Manas qui relie l’Inde et le Bhoutan, ce qui nécessite une collaboration et une volonté politique de la part des plus hautes instances nationales.

Le WWF a soutenu la coopération internationale dans chacun de ces paysages, au sein desquels l’activité transfrontalière varie. Certains paysages (Arc du Terai et Manas transfrontalier) disposent d’accords de gestion formels étendus pour une surveillance conjointe, un partage des données, une communication et des ressources consacrées aux activités transfrontalières. D’autres (Dawna Tenasserim, Sundarbans et Amur Heilong) ont mis en place certains de ces systèmes et s’orientent vers un travail et une planification plus collaboratifs. Certains paysages reconnaissent simplement leurs liens transfrontaliers et ont des propositions pour coordonner les efforts (Plaines de l’Est), tandis que d’autres (Banjaran Titiwangsa et le nord-ouest du Myanmar) n’ont pas de plans officiels ni d’actions conjointes de part et d’autre de la frontière, malgré le besoin critique de rétablissement des populations de tigres.

© Emmanuel Rondeau / WWF-UK

PAYSAGES TRANSFRONTALIERS DE TIGRES

ARC DU TERAI INDE, NÉPAL

SOUTIEN DU WWF AUX PAYSAGES TRANSFRONTALIERS DE TIGRES

ZONE DE CONSERVATION TRANSFRONTALIÈRE DE MANAS INDE, BHOUTAN

AMOUR-HEILONG RUSSIE, CHINE

SUNDARBANS INDE, BANGLADESH

DAWNA-TENASSERIM MYANMAR, THAÏLANDE

PLAINES ORIENTALES CAMBODGE, VIETNAM

LE WWF N’APPORTE UN SOUTIEN ACTIF QU’EN INDE

BANJARAN TITIWANGSA MALAISIE, THAÏLANDE

LE WWF N’APPORTE UN SOUTIEN ACTIF QU’EN MALAISIE

印度/不丹

LES LEÇONS TIRÉES DE LA CONSERVATION TRANSFRONTALIÈRE

Découvrez les leçons tirées de plus de deux décennies de conservation transfrontalière et écoutez le personnel du WWF sur la façon dont nous pouvons améliorer la compréhension, le fonctionnement et l’efficacité de la conservation au-delà des frontières internationales. (Lien vers le rapport)

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LA CONNECTIVITÉ PAR LA FORESTERIE COMMUNAUTAIRE AU NÉPAL

Kamdi, le plus grand corridor du paysage de l’arc du Terai, s’étend sur 667,36 km², du district de Dang au parc national de Banke, dans le centre-ouest du Népal. Ce corridor, bien que confronté à divers défis sociaux, écologiques et infrastructurels, revêt une importance considérable pour la conservation en tant que voie de dispersion des tigres et des éléphants. Cependant, les inondations majeures causées par les crues de la rivière Rapti en 2006, 2014, 2015 et 2017 ont provoqué la destruction de forêts et entraîné de nouvelles implantations dans la zone. Les forêts du corridor ont été durement touchées par la pression accrue sur les ressources, le surpâturage, l’exploitation illégale et le braconnage.

Le WWF Népal a concentré ses efforts sur la réduction de la demande de ressources forestières parmi les communautés voisines et sur la régénération de la zone dégradée du parc national de Banke grâce au programme gouvernemental de foresterie communautaire. Les activités de restauration, de protection et de gestion ont apporté d’énormes changements dans la région, avec environ 4,48 km2 de plaines forestières restaurées entre 2015 et 2020. En conséquence, les populations de tigres sont en plein essor. L’enquête nationale sur les tigres de 2018 a permis de recenser 21 tigres dans le parc national de Banke, contre seulement quatre en 2013, ce qui plaide en faveur de la fonctionnalité du corridor et de la dispersion de la faune sauvage entre Bardia, Banke, Kamdi et Suhelwa à long terme.

ÉTUDE DE CAS
UNE APPROCHE PARTENARIALE POUR LA CONNECTIVITÉ EN INDE

En Inde, le WWF a contribué à la création de la Coalition for Wildlife Corridors — une collaboration entre personnes et organisations utilisant la science et le plaidoyer pour identifier, concevoir et gérer efficacement les corridors écologiques à travers l’Inde. Cette coalition a une approche basée sur les données pour planifier la conservation dans les corridors et influence le développement économique afin de minimiser les impacts sur la connectivité dans les principaux habitats terrestres et d’eau douce, tout en reconnaissant les droits sociaux et les pratiques culturelles existants.

Le partenariat permet de faire entendre une seule voix forte en faveur de la conservation des corridors et de mener des actions conjointes sur le terrain pour sécuriser les corridors et influencer l’aménagement du territoire.

Parmi les organisations actuellement membres figurent le WWF Inde, le Wildlife Trust of India, le Wildlife Conservation Trust, Conservation Initiatives, le Network for Conservation of Central India, la Wildlife Research and Conservation Society et le Centre pour Wildlife Studies

© Gary Van Wyk / The Ginkgo Agency / Whiskas / WWF-UK
© Emmanuel Rondeau / WWF-US

SCIENCE ET STRATÉGIE DE LA CONNECTIVITÉ

Le travail du WWF pour protéger et connecter l’habitat des tigres s’appuie sur une analyse scientifique rigoureuse. De nouvelles approches sur l’identification, la surveillance et la protection des

corridors émergent continuellement, à mesure que la technologie progresse et que la science s’affine. Pendant de nombreuses années, nous avons conçu les corridors comme des zones linéaires, principalement boisées, qui relient deux espaces plus vastes. Depuis lors, nous avons appris que les corridors du tigre sont probablement une mosaïque d’habitats, qui comprend des lits de rivière asséchés, des plantations, des domaines agricoles et même des espaces périurbains que nous ne pensions pas que la

faune sauvage utiliserait. C’est pourquoi les stratégies de gestion des corridors et de mobilisation employées par le WWF couvrent toute une série d’approches et de partenariats proactifs avec les populations et les autres parties prenantes de ces zones. Par exemple, dans le paysage de l’arc du Terai en Inde, où les tigres peuvent traverser des zones d’habitation pour se rendre dans d’autres terrains, le WWF a installé 295 lampadaires solaires dans 22 villages afin de réduire les conflits entre les tigres et les humains,

car les animaux sauvages évitent généralement les zones bien éclairées. Le WWF a travaillé dans tous les pays où vivent les tigres afin de développer des stratégies de connectivité qui s’appuient sur un compromis entre les aspirations des populations locales et l’évolution des scénarios de développement et des changements climatiques futurs.

Aire protégée

LA MOSAÏQUE DU CORRIDOR DU TIGRE

DISPERSION DES TIGRES EN INDE OCCIDENTALE

Le paysage de tigres de l’Inde occidentale abrite l’une des distributions de tigres la plus occidentale du monde. L’emblématique réserve de tigres de Ranthambore est le bastion des grands félins dans ce paysage, depuis lequel les tigres se dispersent dans d’autres zones protégées, offrant un potentiel important pour le rétablissement des populations de tigres. Le WWF a travaillé dans le paysage pour créer et maintenir des corridors entre les zones protégées afin que les tigres puissent

se disperser en toute sécurité. Nous travaillons également avec les populations locales de quatre villages autour de la réserve de tigres de Ranthambore afin de garantir la sécurité des personnes dans les corridors de tigres et les zones tampons. Le travail du WWF ici soutient également la conservation d’autres mammifères comme le caracal, le chat léopard de l’Inde, et la hyène rayée.

* Les routes de dispersion en pointillés ne sont pas représentatives de la dispersion des tigres à ce jour. Elles montrent le potentiel de dispersion des tigres dans ce paysage.

FORÊTS TRANSFRONTALIÈRES, PIGNONS

DE PIN ET TIGRES

En En 2012, la Russie a créé le refuge de faune sauvage « Sredneussuriisky » - qui couvre près de 180 000 hectares de forêt et permet aux tigres de Sibérie de se déplacer entre les montagnes de Sikhote-Alin en Russie et celles de Wandashan en Chine. Le refuge est l’un des seuls corridors qui relient les populations de tigres en Russie et en Chine et il est particulièrement important pour le rétablissement du nombre de tigres en Chine. Les forêts de l’Extrême-Orient russe et de l’est de la Chine sont dominées par le Pin de Corée (Pinus koraiensis). Les forêts mixtes à feuilles caduques abritent des tigres et d’innombrables autres espèces, et les pins de Corée produisent des pignons — une source de nourriture essentielle pour les cerfs et les sangliers, qui sont les principales proies du tigre de Sibérie. Pourtant, une grande partie de la forêt de pins de Corée a été perdue à cause de l’exploitation forestière illégale, et moins d’arbres signifie moins de nourriture pour les tigres, et moins de revenus pour les populations locales qui récoltent les pignons comme culture de rente essentielle.

En réponse, le WWF a soutenu la récolte durable de pignons dans des zones spéciales qui sont louées par le gouvernement à des entités privées. La récolte des pignons offre aux communautés locales une alternative économique à l’exploitation forestière illégale et au braconnage des tigres et de leurs proies.

L’AGROÉCOLOGIE POUR LUTTER CONTRE LA CONVERSION DES FORÊTS EN THAÏLANDE

Le paysage de Dawna Tenasserim, en Thaïlande, regorge de forêts et constitue un bastion pour les tigres, les éléphants et d’autres espèces sauvages menacées. Cependant, au cours des dernières décennies, les grandes entreprises agricoles ont fait pression en faveur de systèmes de monoculture à usage intensif en produits chimiques. Avec le passage à la monoculture, les sols se sont dégradés et les agriculteurs sont devenus plus vulnérables, contraints de faire des investissements élevés tout en étant dépendants du prix du marché d’un seul type de culture.

Pour réduire la conversion des forêts et contribuer à l’autonomisation des petits exploitants agricoles et des communautés locales, le WWF a travaillé avec des agriculteurs, des organisations communautaires et des entreprises sociales locales pour promouvoir des approches agroécologiques. Les agriculteurs ont commencé à cultiver des plantes vivaces, des fruits, des légumes et des herbes aromatiques, en utilisant diverses variétés locales et en mélangeant cultures et arbres dans des systèmes agroforestiers. Les pratiques agroécologiques ont amélioré le bien-être et l’autonomie des agriculteurs, qui disposent désormais d’une source de revenus durable et de cultures vivrières de subsistance tout au long de l’année. Ces pratiques ont également amélioré la fertilité des sols et favorisé le retour de la faune sauvage, ainsi que la restauration des habitats et des corridors écologiques pour les tigres et les autres espèces endémiques.

© Emmanuel Rondeau / WWF-UK

INFRASTRUCTURE

Les tigres sont confrontés à des défis sans précédent en raison d’un vaste réseau de nouvelles infrastructures linéaires prévues dans leurs paysages. Les infrastructures linéaires — routes, voies ferrées, gazoducs, lignes électriques et canaux - fragmentent l’habitat du tigre, ce qui entraîne une augmentation des conflits entre l’homme et le tigre, une mortalité due aux collisions entre véhicules et du braconnage.

L’ampleur et la portée des développements d’infrastructures linéaires dans les pays de l’aire de répartition du tigre ne feront que croître, avec au moins 11 000 kilomètres de routes et de voies ferrées dont la construction est déjà prévue dans les paysages de tigres.

Emmanuel Rondeau _ WWF-US

ROUTES PRINCIPALES

(ZONE TAMPON 1 KM)

RÉPARTITION ACTUELLE

DES TIGRES

RÉPARTITION POTENTIELLE

DES TIGRES

MINIMISER LES IMPACTS

Le WWF a appelé les gouvernements des pays de l’aire de répartition des tigres à minimiser les impacts négatifs des infrastructures linéaires sur les habitats des tigres en élaborant et en adoptant des plans d’aménagement du territoire à long terme qui intègrent les systèmes écologiques aux priorités de développement. Le WWF préconise également que les espaces de connectivité soient officiellement ou légalement désignés avec des réglementations contrôlées et des protocoles clairs pour le suivi.

Sur la base d’un ensemble croissant de connaissances et d’expériences sur l’atténuation des impacts des infrastructures,

le WWF élabore un programme qui vise à étudier le développement des infrastructures dans et autour des paysages de tigres, identifier les habitats et les corridors essentiels qui pourraient être touchés et prévoir les emplacements futurs des infrastructures. Ce programme ambitionne aussi de concevoir des solutions de collaboration avec des partenaires mondiaux et des mécanismes de financement pour parvenir à une perte nette nulle de connectivité. Cette approche, dite « sans perte nette », transfère la responsabilité de garantir la connectivité aux gouvernements, aux entreprises ou aux promoteurs qui entreprennent le changement d’affectation des terres.

Kilomètres

LA ROUTE DOIT ÊTRE CONÇUE EN TENANT COMPTE DES ESPÈCES SAUVAGES

Le Dawna-Tenasserim est un paysage transfrontalier qui chevauche la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar. L’un des paysages prioritaires du WWF, Dawna-Tenasserim, est l’un des habitats les plus diversifiés de la planète sur le plan biologique. Il abrite environ 150 tigres (dont la majorité se trouve en Thaïlande) ainsi que des espèces comme les éléphants d’Asie, les panthères nébuleuses, les tapirs, les ours et de nombreux oiseaux.

Cependant, en 2019, l’aménagement de la route Dawei-Htee Khee a été approuvée. Cette route à deux voies de 138 kilomètres de long, qui relie la zone économique spéciale de Dawei, au Myanmar, à la Thaïlande, menace la connectivité écologique du paysage de Dawna-Tenasserim, l’une des plus grandes étendues de forêt connectée d’Asie.

Bien que l’occasion de participer au processus décisionnel concernant le tracé de la route soit passée, la construction n’a pas encore débuté. Par conséquent, les promoteurs et les

autorités ont encore la possibilité de modifier la conception de la route afin de minimiser les impacts négatifs sur les communautés locales, la faune, la flore et l’environnement naturel. Après des années de plaidoyer, les recommandations formulées par le WWF ont été intégrées dans la conception de la route, notamment 12 mesures de franchissement pour la faune sauvage, la création d’une zone essentielle pour la conservation, un fonds de gestion environnementale et des avantages directs pour les communautés locales grâce au suivi et à l’entretien des mesures de passage de la faune sauvage.

La route de Dawei illustre l’importance de la collaboration entre toutes les parties prenantes, notamment le gouvernement, les promoteurs et les organisations de la société civile, dès les premières étapes de la conception des infrastructures linéaires et des investissements, afin de garantir une connectivité continue entre les paysages.

La route de Dawei-Htee Khee

LES PRODUITS DE BASE FAVORABLES AUX TIGRES

Découvrez comment le WWF aide les exploitations de caoutchouc du Myanmar à améliorer leur rendement et à réduire la déforestation dans l’habitat essentiel des tigres.

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© Minzayar Oo / WWF-Myanmar
© Shutterstock / Sourabh Bharti / WWF

DU CONFLIT À LA COEXISTENCE

PLUS D’HUMAINS, PLUS DE TIGRES

Avec l’augmentation de la population humaine et la transformation des espaces sauvages pour nourrir, loger et transporter les personnes, les contacts avec la faune sauvage se multiplient. À mesure que les programmes de rétablissement des espèces réussissent et que les populations d’animaux sauvages augmentent, celles-ci sont davantage susceptibles d’entrer en contact – et en conflit – avec l’homme. Ces deux tendances se déroulant en parallèle, l’augmentation du nombre de conflits peut entraîner une perte de la tolérance locale, voire la disparition de la faune sauvage.

Les conflits entre l’homme et la faune sauvage ont des répercussions particulières sur les tigres sauvages, dont les

Rassemblement de bateaux de pêche sur un marché matinal dans le delta du Mékong, Vietnam

populations sont concentrées en Asie, la région du monde qui connaît la croissance la plus rapide. Au cours des 150 dernières années, la population de l’Asie est passée de 790 millions à plus de 4 milliards d’habitants, avec des conséquences dévastatrices pour les tigres et les autres animaux sauvages. En 2010, on estime que 57 millions de personnes vivaient et travaillaient dans les paysages de conservation où se trouvent les derniers tigres sauvages du monde.

Le WWF a conçu et mis en œuvre des approches innovantes en partenariat avec les communautés locales et d’autres parties prenantes afin de s’attaquer à ce problème séculaire dans tous nos paysages de tigres prioritaires.

©

Plus de personnes vivent à l’intérieur de ce cercle qu’en dehors
TOUS LES TIGRES SAUVAGES DU MONDE
Elizabeth Kemf _ WWF

PLACER L’HUMAIN AU CENTRE

Si les tigres doivent survivre au cours de ce siècle et au-delà, ils ont besoin d’un soutien durable de la part des gouvernements, des entreprises, des donateurs, des ONG et, surtout, des populations locales. Ces dernières sont la pierre angulaire de la conservation des tigres à long terme. L’histoire démontre que lorsque l’on perd le soutien de la communauté, les tigres déclinent rapidement. Le WWF adopte une approche de conservation des tigres centrée sur l’humain, qui profite simultanément à la faune sauvage et aux communautés locales. Notre approche innovante SAFE est un modèle de partenariat avec les communautés locales sur des initiatives de conservation et de développement de la confiance et du capital social au fil du temps.

L’APPROCHE « SAFE »

L’approche SAFE de la gestion des conflits entre l’homme et la faune, conçue par le WWF, offre un équilibre en réduisant progressivement les risques pour les personnes et leurs biens, ainsi que pour la faune et son habitat. En 2016, s’appuyant sur des décennies de travail sur les conflits homme-faune, le WWF a commencé à évaluer le niveau de risque et de sécurité dans l’ensemble des paysages de tigres par le biais d’ateliers d’évaluation rapide des conflits homme-faune. Depuis lors,

ÉTUDE DE CAS

AMÉLIORER LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE AU BHOUTAN

SAFE a fait l’objet d’un projet pilote au Bhoutan, en 2016. Situé dans l’Himalaya oriental, le Bhoutan est l’une des dix régions les plus riches en biodiversité de la planète, avec plus de 70 % de couverture forestière et la plus forte densité d’espèces sauvages au monde. Mais dans un pays où 60 % de la population dépend de l’élevage et de la production agricole pour sa subsistance, les conflits entre l’homme et la faune sauvage menacent les ambitions économiques du Bhoutan, sa sécurité alimentaire et sa réussite en matière de conservation.

Alors que la réponse politique du Bhoutan s’était concentrée sur les clôtures électriques, le WWF a pu montrer, grâce à l’approche SAFE, qu’une action plus large était nécessaire. Cette action implique notamment le développement à long terme de l’écotourisme, des équipes d’intervention chargées de gérer et analyser les conflits, des systèmes d’indemnisation et d’assurance, d’un programme national de surveillance et des travaux de recherche sur le comportement de la faune sauvage et l’enrichissement de l’habitat.

L’approche SAFE a permis au gouvernement royal d’élaborer une stratégie visant à améliorer la gestion des conflits, à préserver la riche biodiversité du Bhoutan et à diversifier les revenus et les moyens de subsistance des communautés locales.

les évaluations des sites au Bhoutan, au Cambodge, en Chine, en Inde, en Indonésie et au Népal ont été achevées.

Les résultats de nos évaluations ont permis de tirer des leçons précieuses et d’identifier des lacunes communes dans la gestion des conflits homme-faune. Cependant, de nombreuses lacunes identifiées dans les paysages de tigres n’avaient pas fait l’objet de recherches approfondies ou se caractérisaient par un manque d’informations disponibles. En réponse, le WWF a lancé une série de rapports de recherche en 2019, la série SAFE, afin d’améliorer la science et la pratique de la gestion des conflits homme-faune. La série de rapports sera élargie au cours des prochaines années afin d’améliorer les interventions liées aux conflits entre l’homme et la faune sauvage, tant dans les paysages de tigres qu’au-delà, afin d’avoir un impact sur d’autres espèces et zones de conflits potentiels.

L’approche SAFE est actuellement mise en œuvre dans 35 sites où se produisent des conflits entre l’homme et la faune sauvage dans le monde. Elle a permis de constater que la réduction des interactions contribue non seulement à la conservation de la faune sauvage, mais entraîne également de meilleurs résultats économiques pour les communautés locales.

Emmanuel Rondeau
WWF-UK

« Au Bhoutan, un pays agraire, où la majorité des communautés rurales pratiquent une agriculture de subsistance, les conflits homme-faune constituent une menace croissante pour la sécurité alimentaire des ménages et pour la conservation au sens large. »

© James Morgan _ WWF-US

directeur de la conservation, WWF Bhoutan

RÉDUIRE LE CONFLIT EN RUSSIE PAR LA RÉHABILITATION

En Russie, le WWF s‘efforce d‘atténuer les conflits entre l‘homme et le tigre en soutenant la réhabilitation des jeunes tigres, malades ou blessés, qui sont les plus susceptibles de s‘égarer dans des zones dominées par l‘homme et d‘entrer en conflit avec ce dernier.

Les centres de réhabilitation d’Alekseevka et d’Utyos, soutenus par le WWF, sont les seuls centres de réhabilitation des tigres en Russie et jouent un rôle essentiel dans la gestion des conflits entre l’homme et le tigre. L’un de ces tigres, un jeune mâle nommé Vladik, a été retrouvé errant dans les rues animées de la ville de Vladivostok, en Russie, perdu au milieu des immeubles en béton, des voitures qui klaxonnent, loin des forêts sibériennes qu’il fréquente. Le WWF, ainsi que le département régional de la chasse, la police et les vétérinaires, ont rapidement pu collaborer pour capturer Vladik et prévenir d’éventuels conflits homme-faune. Vladik a été déplacé puis relâché sans incident dans son nouveau foyer du parc national de la Bikine en 2017. 28 tigres, trois léopards de l’Amour, 48 ours noirs et plus de 200 autres mammifères et oiseaux ont été recueillis par le centre de réhabilitation d’Alekseevka depuis 2012.

Yuri Kolpak, responsable du groupe de réduction des conflits, le comité de gestion de la faune sauvage de la Province de Khabarovsky.

© Ola Jennersten / WWF-Sweden
© Michel Gunther / WWF
Femmes plantant du riz à la périphérie du parc national royal de Chitwan, au Népal.

UNE APPROCHE CENTRÉE SUR LA COMMUNAUTÉ AU NÉPAL

Le corridor de Khata relie le parc national de Bardia au Népal au sanctuaire de Katarniaghat en Inde. Lors de la dernière étude sur les tigres du pays en 2018, il a été estimé qu’au moins 34 tigres empruntent le corridor de Khata. Avec l’augmentation des déplacements des tigres, les conflits entre l’homme et le tigre dans la région ont également augmenté. En 2020, entre août et septembre, quatre personnes ont été tuées par des tigres autour du corridor. Bien que ces incidents tragiques aient semé la terreur et la panique au sein du gouvernement local et des communautés vivant dans et autour de la région, il n’y a étonnamment eu aucune trace de tigres tués en représailles. Au lieu de cela, après les incidents, le comité de coordination de la forêt communautaire de Khata, organisation communautaire formée il y a deux décennies dans le cadre du Programme du paysage de l’Arc du Terai (entreprise conjointe du gouvernement népalais et du WWF), et le Bureau forestier divisionnaire ont réuni toutes les parties prenantes (représentants communautaires, responsables forestiers, personnel du parc national, autorités administratives du district et WWF) pour traiter le problème et proposer une compensation immédiate aux familles par

le biais du fonds de dotation du Comité de coordination de la forêt communautaire.

L’équipe d’intervention rapide de la communauté a été immédiatement dépêchée sur le site afin d’aider les autorités concernées à gérer le conflit. L’équipe a travaillé avec le comité de coordination des forêts communautaires, l’unité communautaire de lutte contre le braconnage et les Bhalmansas (chefs des communautés indigènes Tharu) pour organiser divers programmes de sensibilisation aux tigres dans et autour du corridor. Khata illustre l’appropriation de la conservation par la communauté et est un exemple de la manière dont les approches centrées sur l’humain fonctionnent en pratique. En reconnaissance des progrès réalisés par les communautés locales et les partenaires gouvernementaux, la zone de conservation de la forêt de Khata a reçu le prix d’excellence 2021 pour la conservation du tigre, décerné par le WWF en partenariat avec Faune and Flore International, le Forum mondial du tigre, l’UICN, le PNUD et la Société pour la Conservation de la vie sauvage.

POUR EN APPRENDRE DAVANTAGE SUR LE CORRIDOR DE KHATA ET SUR LA MANIÈRE DONT LE WWF CRÉE LES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE DES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE.

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Femmes membres de l’Unité communautaire de lutte anti-braconnage (UCLAB) locale, dans la région de l’Arc du Teraï au Népal.

© Gary Van Wyk / The Ginkgo Agency / Whiskas / WWF-UK
© Ranjan Ramchandani / WWF

METTRE FIN AU BRACONNAGE

LES RANGERS PROFESSIONNELS

Le braconnage est l’une des menaces les plus immédiates pour les tigres et leurs proies, en particulier pour les tigres qui se déplacent hors des zones protégées. Par conséquent, une protection efficace est essentielle si l’on veut maintenir ou rétablir le nombre de tigres. Dans le cadre de nos efforts pour mettre fin au braconnage, nous développons des outils innovants, utilisons les dernières technologies et engageons des experts et des institutions pour renforcer les capacités des rangers sur le terrain.

Le WWF s’est engagé à professionnaliser le rôle des rangers dans l’ensemble de l’aire de répartition des tigres dans le but d’avoir une main-d’œuvre de rangers professionnelle et responsable, capable non seulement de protéger la biodiversité mais aussi de protéger les intérêts de celles et ceux qui dépendent de ces ressources. Il s’agit notamment de les former aux obligations en matière de droits de l’homme, de veiller à leur bien-être en tant que protecteurs des espèces sauvages en première ligne, et d’institutionnaliser des programmes de renforcement des capacités durables, menés au niveau national.

© Simon Rawles / WWF-UK

COMPRENDRE LES DÉFIS

L’initiative Tigers Alive du WWF a mené des recherches innovantes sur les conditions de travail des rangers et a développé des politiques d’intervention soutenues par des données empiriques solides afin d’améliorer le bienêtre des rangers et de réduire les difficultés sur le terrain. Cette initiative implique notamment de mener la plus grande enquête jamais réalisée auprès des rangers afin de comprendre les défis auxquels ils sont confrontés sur le terrain.

Notre enquête de 2019 menée auprès de 7 110 rangers dans 28 pays, dont 12 des 13 pays de l’aire de répartition des tigres (La vie en première ligne), a révélé que de nombreux rangers travaillent avec une formation inadéquate, manquent d’équipements de base, et font régulièrement face à des risques pour la santé et la sécurité qui pourraient être considérablement réduits grâce à des interventions adaptées. L’enquête a également fait appel à de nouveaux partenaires, comme l’Organisation internationale du travail, qui peuvent soutenir les réformes politiques.

ENVIRON 40 %

des rangers n’ont pas reçu une formation suffisante pour se préparer à leurs responsabilités professionnelles

PLUS DE 50 %

des rangers n’ont que rarement ou jamais accès à des dispositifs de communication lors de leurs patrouilles

SEULS 40 %

des rangers sont couverts par une assurance pour les blessures graves sur le lieu de travail

47 % DES RANGERS

n’ont pas assez de vêtements ou de bottes, tandis que 37 % manquent de produits de première nécessité, tels que de l’eau potable et des toilettes

* tous les chiffres concernent des rangers qui travaillent dans des paysages de tigres.

INSTITUTIONNALISER LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS

Le renforcement des capacités des rangers est crucial, mais les programmes de formation ne sont pas viables sans l’adhésion des autorités locales. Le WWF a accéléré le soutien à la formation institutionnalisée des rangers afin de garantir un renforcement durable de leurs capacités. Aujourd’hui, l’initiative Tigers Alive

du WWF soutient 30 organismes de formation de rangers en Inde et au Bhoutan. L’objectif est de modifier les programmes d’enseignement, d’améliorer l’infrastructure de formation des rangers et de former des formateurs locaux pour assurer la longévité du programme.

ÉTUDE DE CAS

COLLÈGES POUR RANGERS EN INDE ET AU BHOUTAN

Le WWF travaille avec des organismes de formation de rangers sous l’égide du ministère indien de l’environnement, des forêts et du changement climatique et du département des services forestiers et des parcs du Bhoutan pour améliorer les programmes nationaux de formation des rangers. Le WWF facilite également l’échange d’expériences avec le Southern

African Wildlife College — établissement international de formation de pointe pour les rangers. Cette collaboration vise à mettre en place un système de formation durable et nouveau en Inde et au Bhoutan, qui réponde aux besoins en capacités des rangers de manière holistique.

© Ranjan Ramchandani / WWF

UNITED : UN PROGRAMME MONDIAL POUR LES RANGERS

Aujourd’hui plus que jamais, le monde doit reconnaître le rôle essentiel des rangers. Le WWF est l’un des membres fondateurs d’une alliance mondiale historique pour les rangers, appelée l’Alliance universelle de soutien aux rangers (URSA) qui a été lancée en 2020. L’initiative Tigers Alive a joué un rôle essentiel dans l’implication du WWF dans la formation de cette alliance. L’URSA a élaboré un plan d’action mondial (2021-2025) pour mettre en œuvre la Déclaration de Chitwan, issue du 9e congrès mondial des rangers au Népal, auquel ont participé plus de 550 rangers forestiers en provenance de 70 pays. Le WWF a apporté un soutien financier et technique au congrès. L’URSA vise à créer un environnement propice à la mise en place d’une main d’oeuvre qualifiée, responsable, compétente et représentative des rangers

En outre, le WWF a créé la Fédération des rangers d’Asie comme plateforme permettant de rassembler les rangers, les gardes forestiers et autres personnels de première ligne afin de partager leurs connaissances et leur expérience en matière de protection des tigres et d’autres espèces asiatiques.

BRISER LES BARRIÈRES DU GENRE : UNE FEMME D’ESPOIR EN THAÏLANDE

Soypetch (Soy) Musitachart, femme ranger, a participé au Congrès mondial des rangers avec le soutien du WWF. Soy travaille dans le parc national de Mae Wong, en Thaïlande, depuis 12 ans et est

la seule femme ranger du parc. Ayant grandi à proximité de zones de conservation, les parents de Soy l’ont incitée à s’intéresser à la protection et à la conservation des ressources naturelles. Lorsqu’on lui demande quelles sont les difficultés rencontrées par une femme ranger, Soy répond : « Je sais comment survivre dans la forêt. Être une femme n’est pas un obstacle pour moi. Pendant les randonnées, le travail d’un ranger consiste, entre autres, à identifier les empreintes, prendre des photos, poser des pièges photographiques, savoir quand un danger approche et savoir comment se protéger, tout cela en portant de lourds sacs. » Soy dit qu’elle espère que davantage de femmes deviendront des rangers.

Soy et ses collègues rangers suivent une formation dispensée par le WWF sur l’autodéfense, les premiers secours, l’utilisation du GPS et des formulaires de données, la lecture de cartes et les techniques de recherche. Wicha Palarak, le chef des rangers d’une unité de patrouille, raconte que depuis le début de sa carrière au département des parcs nationaux en 1995, il n’a jamais collecté de données avant d’avoir le soutien du WWF. Wicha déclare : « Par le passé, chaque unité ne patrouillait pas non plus dans toute la zone de Mae Wong. On faisait des randonnées où on voulait. Maintenant, nous collectons des données et nous marchons de manière systématique... pour couvrir les 562 500 rai [90 000 ha] de Mae Wong ».

SOYPETCH (SOY) MUSITACHART,

ranger dans le parc national de Mae Wong, en Thaïlande

S’ATTAQUER INTELLIGEMMENT À LA CRISE DU BRACONNAGE

L’approche SMART pour soutenir les zones de conservation comprend : une technologie de pointe, le renforcement des capacités de conservation et l’autonomisation d’un réseau mondial de professionnels de la conservation SMART. La plateforme technologique de conservation SMART inclut des composants pour appareils de bureau, mobiles et ceux connectés au cloud. Cette plateforme permet aux défenseurs de l’environnement de collecter, d’analyser et d’agir facilement sur un large éventail de données pertinentes pour la protection de la faune et des lieux sauvages. Depuis son lancement en 2011, l’initiative Tigers Alive a guidé la participation du WWF au partenariat SMART. En fait, les six premiers sites du WWF à utiliser SMART étaient des sites de tigres. Au cours de la dernière décennie, SMART est passé d’un simple outil de surveillance de l’application de la loi à une plateforme de pointe, conçue pour permettre une gestion adaptative des zones protégées et non protégées. La plateforme SMART est gratuite, facile à utiliser et à déployer, et a contribué de manière substantielle aux efforts de conservation de la nature dans plus de 70 pays et 1000 sites dans le monde.

UNE APPROCHE INTELLIGENTE

DOTER

les gestionnaires de parcs et gardes forestiers de données afin d’éclairer la prise de décisions

PROTÉGER

la faune sauvage par une meilleure gestion de la conservation

ÉVOLUTIF

depuis son lancement, + de 250 sites WWF utilisent SMART dans le monde

PATROUILLES SURVEILLANCE

RÉSEAU D’AIRES PROTÉGÉES

ÉVÈNEMENTS

ORDINATEUR DE BUREAU

TÉLÉPHONE PORTABLE RAPPORTS CARTE SMART

AMÉLIORER

les patrouilles par un déploiement stratégique des ressources basé sur des données probantes

DURABLE

une approche durable de partenariat adoptée par neuf organismes de conservation

AUJOURD’HUI

sites dans les pays de l’aire de répartition du tigre pays utilisant SMART 6 0 0 2011

Aire de répartition du tigre sites WWF site pays utilisant SMART

sites WWF dans les pays de l’aire de répartition du tigre

LA BOÎTE À OUTILS ZÉRO BRACONNAGE

Il y a dix ans, de nombreuses tactiques différentes ont été mises en œuvre pour lutter contre le braconnage, avec plus ou moins de succès, mais il n’existait pas d’approche standard pouvant être appliquée à tous les paysages de tigres. La Boîte à outils Zéro braconnage est un ensemble d’outils qui, combinés, peuvent aider à empêcher le braconnage. L’initiative Tigers Alive a développé l’approche Zéro Braconnage avec

le WWF Népal sur la base des succès obtenus au Népal et dans d’autres pays de l’aire de répartition des tigres. La boîte à outils, disponible gratuitement, aide les agences nationales et étatiques, les gestionnaires d’aires protégées, les rangers et autres personnels de première ligne à combler les lacunes de la lutte contre le braconnage. Cette approche est actuellement utilisée dans les pays de l’aire de répartition du tigre et au-delà.

COOPÉRATION

COMMUNAUTÉ

POURSUITES

TECHNOLOGIE

© Richard Barrett / WWF-UK

DÉFINIR LA NORME : ZÉRO BRACONNAGE AU NÉPAL

Le Népal a été un leader mondial dans la lutte contre le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages. Il est parvenu à obtenir 365 jours sans braconnage, non pas une fois, ni deux fois... mais quatre fois ! Entre 2011 et 2020, le Népal est parvenu à éradiquer le braconnage des rhinocéros à sept reprises, une espèce qui partage son habitat avec les tigres et qui bénéficie de la protection des paysages de tigres. Pour réaliser cet exploit, le WWF a travaillé avec les ministères nationaux et fédéraux du Népal afin de faciliter les politiques de gestion des zones protégées et de lutte contre le braconnage, d’accroître les capacités et la motivation du personnel chargé de la lutte contre le braconnage et de veiller à ce que le personnel chargé de l’application de la loi dispose des technologies les plus récentes, telles que les patrouilles SMART en temps réel, les caméras de surveillance dans les zones protégées et les systèmes de suivi des véhicules.

Le personnel des parcs nationaux du Népal a également créé un partenariat avec les communautés locales, alliées et parties prenantes de premier plan dans les interventions de conservation, pour développer des programmes de sensibilisation et des unités anti-braconnage communautaires. Aujourd’hui, plus de 400 unités travaillent dans tout le pays et constituent une source d’information essentielle sur les activités illégales. Il s’agit du plus grand réseau d’unités communautaires de lutte contre le braconnage jamais créé.

SUIVEZ LE VOYAGE AU NÉPAL SUR LA ROUTE VERS “ TX2”.

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LE CHEMIN À PARCOURIR

Au-delà de 2022, le WWF continuera à s’associer aux gouvernements, aux dirigeants, aux donateurs publics et privés, aux ONG et aux autres parties prenantes pour créer, développer et assurer une gestion efficace des zones de conservation. Grâce à des mécanismes de financement durables et à un soutien institutionnel, le WWF s’efforcera de garantir que les zones de conservation des tigres soient financées à perpétuité pour un impact durable et évolutif.

Plus précisément, le WWF continuera à travailler avec les gouvernements d’Asie du Sud et du Sud-Est pour renforcer l’application de la loi et la législation afin de dissuader efficacement le piégeage et d’impliquer les peuples autochtones et les communautés locales en tant que partenaires pour mettre fin à cette menace.

« Le Népal, une petite nation himalayenne, a montré que l’éradication du braconnage est réellement possible. Le Népal espère être un exemple pour le monde entier tout en forgeant des partenariats durables pour travailler ensemble à l’objectif « zéro braconnage »

Ancien directeur général du département des parcs nationaux et de la conservation de la faune sauvage du Népal

Après avoir établi une base de référence sur les conditions de travail des rangers dans le monde, le WWF travaillera également avec ses partenaires pour combler les lacunes au niveau des sites et des politiques nationales et internationales. Nous préparons des rapports nationaux pour les pays de l’aire de répartition des tigres qui seront utilisés comme outils de plaidoyer pour améliorer la situation des rangers qui risquent leur vie pour protéger la faune sauvage. Le WWF continuera à soutenir la professionnalisation des rangers, notamment en renforçant les nouvelles institutions de rangers et en identifiant les formateurs locaux qui mettront la barre plus haut en matière de renforcement durable des capacités, conformément aux directives de formation à la lutte contre le braconnage établies par la Fédération internationale des rangers.

MR. TIKA RAM ADHIKAR
© Emmanuel Rondeau / WWF-US

METTRE FIN AU COMMERCE ILLÉGAL

UNE MENACE SÉRIEUSE

Le commerce illégal des tigres, de leurs parties et de leurs produits constitue une menace sérieuse pour la survie de l’espèce. Entre 2000 et 2018, 124 tigres morts ont été saisis en moyenne chaque année, leurs parties et produits faisant le plus souvent l’objet d’un trafic transfrontalier par des réseaux criminels internationaux. Ces saisies ne représentent qu’une partie du nombre réel de tigres tués pour le commerce illégal, car de nombreux trafiquants opèrent sans jamais être inquiétés. La peau, les dents, les os, les griffes et d’autres parties du corps du tigre font l’objet d’un commerce important, pour servir de décorations, ou encore à la fabrication de médicaments traditionnels, tonifiants pour la santé, talismans, et, de plus en plus, en tant que symboles de statut social. Les plus grands marchés de consommation se trouvent en Chine et au Vietnam.

Le WWF et TRAFFIC, le réseau mondial de surveillance du commerce des espèces sauvages, collaborent avec les gouvernements, les organismes chargés de l’application de la loi, le secteur privé et d’autres acteurs afin de garantir la mise en place de politiques et de réglementations solides, de perturber systématiquement les routes du commerce illégal et de réduire la demande en parties de tigre par des approches visant à modifier les comportements sur les principaux marchés d’Asie. Nous travaillons également à l’obtention d’un engagement, et à la mise en œuvre de cet engagement, de la part des gouvernements de la Chine, de la Thaïlande, du Vietnam

et du Laos, afin de supprimer progressivement les élevages de tigres qui alimentent le commerce de parties et de produits de l’espèce et peuvent perpétuer et stimuler la demande, menaçant ainsi les animaux sauvages. Cette approche holistique cible les points clés de la chaîne commerciale dans les pays d’origine, de transit et de consommation, et utilise les données pour mener des interventions ciblées et mobiliser des partenaires aux niveaux national et international.

« Le commerce des tigres s’inscrit dans une crise mondiale du commerce des espèces sauvages et, si certains problèmes et interventions spécifiques ne s’appliquent qu’aux tigres, nombre de ces problèmes et interventions sont communs à d’autres espèces. C’est pourquoi le succès de la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages, d’une manière plus générale, profite aussi grandement aux tigres. »

Responsable du programme « Commerce des tigres », Tigers Alive du WWF

Peaux de tigres et autres peaux confisquées à l’aéroport d’Heathrow.

HEATHER SOHL
© Edward Parker / WWF

Un tigreau, probablement élevé dans un élevage illégal de tigres, est pris en charge par des vétérinaires.

DYNAMISER L’ÉLAN POLITIQUE

LE WWF A JOUÉ UN RÔLE CLÉ DANS LA MISE EN AVANT DU TRAFIC D’ESPÈCES SAUVAGES SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE

En 2012, en réponse à la montée en flèche de la demande de produits illégaux issus de la faune sauvage, le WWF et TRAFFIC ont lancé une campagne mondiale pour mobiliser l’action. L’objectif était de faire reconnaître au plus haut niveau des gouvernements, y compris dans les secteurs de la justice, des ressources naturelles, des finances et de la défense, que le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime organisé grave et doit être traité comme tel. Plus précisément, la campagne visait à faire en sorte que les chefs d’État des pays sources et de consommation prioritaires fassent des déclarations publiques d’action pour améliorer l’application de la loi, augmenter les taux de poursuite, réduire la demande et instituer des réformes législatives pour traiter des crimes contre les espèces sauvages. Un plaidoyer direct et soutenu a été entrepris tout au long de la campagne auprès des gouvernements clés et des institutions mondiales, afin de soutenir ceux qui apportent des changements positifs, et de mettre en lumière les problèmes pour lesquels des efforts continus sont nécessaires.

La campagne mondiale du WWF a contribué à changer la perception du commerce illégal d’espèces sauvages, tant chez les principaux décideurs politiques que chez les citoyens du monde entier. Grâce à des efforts comme ceux-ci, le commerce illégal d’espèces sauvages et le programme d’atténuation du braconnage sont plus que jamais au centre de l’attention sur la scène mondiale et sont intégrés dans les dialogues politiques de haut niveau au sein de plusieurs forums et organisations internationaux , y compris les Nations Unies et le Forum économique mondial. En outre, les efforts déployés à l’échelle nationale, tels que la série de conférences sur le commerce illégal d’espèces sauvages qui a débuté (2014) et s’est achevée (2018) à Londres, au Royaume-Uni, avec des réunions intermédiaires organisées au Botswana et au Vietnam, ont tous contribué aux engagements nationaux visant à améliorer la législation, l’application de la loi, la réduction de la demande et l’engagement communautaire.

© James Morgan / WWF

LE CONSORTIUM INTERNATIONAL DE LUTTE CONTRE LA CRIMINALITÉ

LIÉE AUX ESPÈCES SAUVAGES

a été lancé lors du Sommet mondial du tigre, ouvrant ainsi une nouvelle ère pour l’application de la législation sur les espèces sauvages.

SKIN

AND BONES

TRAFFIC a publié le premier rapport d’une série intitulée « Skin and Bones », une analyse fondamentale des saisies de tigres publiée avant chaque CdP de la CITES pour influencer la prise de décision des gouvernements sur le commerce des tigres.

CHINE

WWF ET TRAFFIC ont contribué à convaincre 15 grandes entreprises chinoises de commerce électronique d’adopter une politique de tolérance zéro pour les produits illégaux issus de la faune sauvage.

LES ont liée de « lors Nations

LE TRAFIC D’ANIMAUX SAUVAGES À L’ORDRE

RÉDUCTION DE LA DEMANDE

TRAFFIC a contribué au lancement de Wildlife Behaviour Change et de la boîte à outils, dans le but de mettre en place des approches plus efficaces en matière de stratégies de réduction de la demande de produits issus de la faune et de la flore sauvages.

LAOS

LA FIN DES FERMES DE TIGRES

Le Laos a annoncé qu’il allait supprimer progressivement ses fermes de tigres, mais n’a pas encore mis en œuvre cette mesure.

UK

LE GOUVERNEMENT a créé l’Illegal Wildlife Fund, un programme concurrentielles jusqu’à présent sterling à 85 projets visant à éradiquer d’espèces sauvages.

CHINE

CONTINUER L’INTERDICTION

La Chine a annoncé qu’elle revenait sur l’interdiction de 1993 concernant le commerce des os de tigres et des cornes de rhinocéros en autorisant le commerce légal à partir de sources captives pour un usage médicinal dans les hôpitaux. La décision a ensuite été suspendue à la suite de l’inquiétude internationale suscitée par le WWF et d’autres organisations, et trois interdictions strictes du commerce des parties de tigre et cornes de rhinocéros ont été annoncées à la place.

THAÏLANDE

COOPÉRATION RÉGIONALE

Les ministres responsables de la mise en œuvre de la CITES en Asie du Sud-Est ont publié la déclaration de Chiang Mai sur l’intensification des efforts et de la coopération régionale pour lutter contre le commerce illégal d’espèces sauvages. Le WWF et TRAFFIC ont été invités à la réunion ministérielle de Chiang Mai où ils ont participé à la session de dialogue des partenaires.

VIET

CHANGEMENT

TRAFFIC de changement des consommateurs réduire

DIRIGEANTS MONDIAUX

qualifié la criminalité aux espèces sauvages « menace pour l’État de droit » lors de l’Assemblée générale des Nations unies.

DES CHES RELIGIEUX INTERCONFESSIONNELS

se sont associés au WWF pour exiger la fin du commerce illégal des espèces sauvages.

LE PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS

Barack Obama, a publié un décret sur la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, qui reconnaît la gravité de ce phénomène et prévoit une approche gouvernementale globale pour le combattre.

L’ORDRE DU JOUR MONDIAL

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

GOUVERNEMENT BRITANNIQUE

Wildlife Trade Challenge programme de subventions concurrentielles qui a permis d’allouer 26 millions de livres projets mondiaux éradiquer le commerce illégal sauvages.

DES NATIONS UNIES

a adopté sa première résolution sur la lutte contre le trafic illicite d’espèces sauvages, soutenue par le WWF, qui engage les 193 pays membres à intensifier leurs efforts pour mettre fin au braconnage et au commerce illégal.

UK

27 GOUVERNEMENTS

se sont réunis lors de la première conférence sur le commerce illégal d’espèces sauvages à Londres, avec le soutien technique du WWF, et ont convenu d’une déclaration sur les mesures à prendre, reconnaissant notamment le rôle de la corruption dans le commerce illégal d’espèces sauvages pour la première fois dans un document intergouvernemental.

LE FONDS POUR L’ENVIRONNEMENT MONDIAL (FEM)

a lancé le programme « Partenariat mondial pour la conservation de la vie sauvage et la prévention de la criminalité pour le développement durable », également connu sous le nom de Programme mondial pour la vie sauvage.

CHANGEMENT DE COMPORTEMENT

TRAFFIC a lancé une campagne changement de comportement consommateurs au Vietnam pour réduire la demande de colle d’os de tigre.

AIDES DE L’ÉTRANGER

Une part croissante de l’aide étrangère pour la conservation de la biodiversité a été allouée à des projets ayant pour objectif spécifique de lutter contre le trafic d’espèces sauvages.

EU

LE RAPPORT WWF/TRAFFIC

Lors de la réunion du groupe d’experts de l’UE de la CITES, il a été décidé d’élaborer un guide de l’UE sur le commerce des tigres, en réponse à un rapport du WWF/TRAFFIC soulignant le rôle de l’UE dans le commerce des tigres en captivité.

POUR LEURS PEAUX ET LEURS OS

Depuis 2010, TRAFFIC publie régulièrement une analyse des saisies de tigres dans une série de rapports fondateurs intitulée « Skin and Bones ». Ceux-ci fournissent des informations précieuses sur le statut du commerce des tigres et les tendances, et dont les preuves et les recommandations ont eu une influence sur la prise de décision gouvernementale. La publication est destinée aux réunions de la Conférence des Parties (CdP) à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) (2013, 2016, 2019 et 2022). Alors que les rapports se concentraient initialement sur les saisies de tigres dans les pays de l’aire de répartition du tigre, les analyses ont désormais une dimension mondiale et portent sur les types de marchandises, la prévalence des pays, les zones et routes commerciales sensibles, le rôle des sources captives, la convergence avec le commerce d’autres espèces, ainsi que sur les arrestations, les poursuites et les sanctions.

Le rapport Skin and Bones Unresolved (2019), a révélé une estimation prudente de 2359 tigres saisis entre 2000 et 2018. Ces saisies ont été effectuées sur la base d’un nombre total de 1 142 opérations de saisies, le nombre le plus élevé de saisies ayant eu lieu en Inde, en Chine et en Indonésie. Cette analyse a également révélé que le nombre de tigres saisis par les pays de son aire de répartition de 2016 à 2018 équivaut à une estimation prudente de 5,5 % de l’ensemble de la population de tigres sauvages en 2016. Étant donné que les données relatives aux saisies ne représentent qu’une fraction du commerce illégal et que l’origine réelle de la plupart des incidents n’était pas connue ou signalée, la perte réelle et le déclin probable des populations de tigres sauvages qui en découlent devraient être beaucoup plus importants.

CHINE

LE PLAIDOYER DU WWF AIDE À MAINTENIR L’INTERDICTION

En 2018, en réponse à l’inquiétude internationale et au plaidoyer du WWF et de ses partenaires, le gouvernement chinois a reporté une nouvelle réglementation qui aurait annulé une interdiction vieille de 25 ans et autorisé le commerce intérieur d’os de tigres et de cornes de rhinocéros provenant de sources captives. Le WWF a publié une déclaration et a été cité dans plus de 1670 médias dans le monde, avertissant que la légitimation du commerce des parties de tigre et de rhinocéros pourrait stimuler la demande et dévaster les populations de tigres sauvages dans le monde. À la suite de cette pression internationale, la Chine a non seulement mis fin à l’annulation proposée, mais a également annoncé trois nouvelles interdictions strictes du commerce des os de tigre et des cornes de rhinocéros. En vue de la réalisation de l’objectif TX2, le WWF continuera à travailler avec les gouvernements pour s’assurer qu’ils adoptent des politiques fondées sur des preuves solides afin de protéger les tigres sauvages et respectent les engagements pris pour mettre fin au commerce des tigres dans le monde.

L’UNION EUROPÉENNE

PASSER ENTRE LES MAILLES DU SYSTÈME : LE RÔLE DE L’UE DANS LE COMMERCE MONDIAL DU TIGRE

Un rapport conjoint 2020 du WWF et de TRAFFIC a mis en évidence la faiblesse de la législation et les contrôles limités sur les installations privées de tigres en captivité dans l’UE et au Royaume-Uni, qui permettent aux parties de tigres, telles que les peaux et les os, d’alimenter le commerce illégal. Depuis sa publication, le rapport a fait l’objet de discussions lors de webinaires politiques et a été évoqué lors des réunions de l’organe de gestion de la CITES de l’UE, ce qui a abouti à la rédaction d’un guide de l’UE sur le commerce des tigres.

Médecine traditionnelle à base de parties de tigre vendue sur un marché.

ÉVOLUTION : LA CITES & LES TIGRES

1975

LES TIGRES

Les tigres (à l’exception du tigre de Sibérie) sont inscrits à l’Annexe I, reconnaissant que l’espèce est menacée d’extinction et que le commerce international n’est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles.

1987

Le tigre de Sibérie est inscrit à l’Annexe I.

2014 2016

COP 17

La CITES renforce la surveillance des fermes d’élevage de tigres ; le Laos annonce son intention de supprimer progressivement tous les élevages de tigres, mais aucune mesure significative n’a été prise à ce jour.

Sur la base des recommandations de l’UICN et de TRAFFIC, demande à la Chine, au Népal, à la Thaïlande des mesures spécifiques LE COMMERCE DES

2018

La CITES identifie LES INSTALLATIONS DE TIGRES EN CAPTIVITÉ

qui peuvent susciter des inquiétudes quant à leur rôle éventuel dans le commerce illégal afin de faciliter les missions demandées lors de la CdP 17. À ce jour, ces missions n’ont pas été entreprises en raison des restrictions du COVID.

COP 9

1res mesures adoptées spécifiquement pour les tigres. La résolution Conf 9.13 demande instamment aux pays de prendre des mesures efficaces pour réduire l’escalade du commerce des parties et des produits dérivés du tigre. 1993

2007

recommandations du rapport TRAFFIC, le Comité permanent Chine, à l’Inde, au Laos, au Myanmar, Thaïlande et au Vietnam de prendre spécifiques pour lutter contre

DES GRANDS FÉLINS EN ASIE

COP 14

La décision 14.69 stipule que « les tigres ne devraient pas être élevés pour le commerce de leurs parties et produits dérivés ». Cette décision est toujours en vigueur car elle n’a pas encore été entièrement mise en œuvre.

CITES

COP 18

La CITES convient que des mesures plus fortes sont nécessaires pour arrêter le commerce des tigres en abordant l’application de la loi, la réduction de la demande, l’élevage en captivité et plus encore, après la publication du rapport « Skin and Bones Unresolved » de TRAFFIC.

(Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvagesmenacées d’extinction) est un accord international entre gouvernements. Son objectif est de veiller à ce que le commerce international de spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas leur survie.

CdP signifie Conférence des Parties à la CITES

LA FIN DES ÉLEVAGES DE TIGRES

Le WWF a demandé de toute urgence que les élevages de tigres fassent l’objet d’un audit, d’un contrôle et d’une élimination progressive. Ces installations d’élevage alimentent le commerce illégal de tigres et de produits dérivés du tigre, perpétuant ainsi la demande, compliquant les activités de contrôle et sapant les efforts de protection des tigres sauvages. Le nombre de tigres dans les fermes de tigres a augmenté rapidement ces dernières années. On estime que les élevages de tigres en Chine, en Thaïlande, au Laos et au Vietnam détiennent plus de 8 000 tigres, dans plus de 300 installations, soit bien plus que le nombre de tigres à l’état sauvage.

Compte tenu des activités illégales et des problèmes de conservation attribués aux élevages de tigres en Asie, le WWF s’efforce d’obtenir l’engagement et l’action des gouvernements en vue de l’élimination progressive de ces élevages et de l’interdiction du commerce de toutes les parties et produits du tigre, qu’il soit sauvage ou en captivité.

PLUS D’INFO : “ CE QUE J'AI VU DANS UN ÉLEVAGE DE TIGRES EN CHINE ET CE QUE CELA

SIGNIFIE POUR LES TIGRES SAUVAGES. ” LEIGH HENRY, DIRECTEUR DE LA POLITIQUE EN MATIÈRE DE VIE SAUVAGE DU WWF

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© Gordon Congdon

LAOS  THAÏLANDE

Le Triangle d’Or, où se rejoignent le Laos, la Thaïlande, le Myanmar et la Chine, est un point névralgique du commerce illicite d’espèces sauvages, notamment de tigres, de leurs parties et de leurs produits, et des marchés vendent ouvertement des produits illicites en toute impunité. Au Laos, de nombreux produits illégaux issus du tigre proviennent probablement des élevages de tigres du pays. En 2016, face à une surveillance accrue, le Laos a annoncé son intention de supprimer progressivement ses élevages de tigres, mais aucune mesure significative n’a encore été prise. Le WWF et ses partenaires continuent de faire pression sur le Laos pour qu’il respecte son engagement, grâce à un travail de plaidoyer soutenu au niveau international.

MALGRÉ NOS EFFORTS, LES ÉLEVAGES DE TIGRES EN ASIE N’ONT FAIT QU’AUGMENTER DEPUIS 2010. EN 2005, LA CHINE DÉTENAIT 2 000 TIGRES EN CAPTIVITÉ.

AUJOURD’HUI, CE NOMBRE EST SUPÉRIEUR À 6 000.

Grâce au plaidoyer du WWF et de ses partenaires, le département thaïlandais des parcs nationaux a commencé à compiler une base de données de tous les tigres captifs en Thaïlande et à enregistrer leurs profils ADN. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre d’une action concertée du WWF et d’autres organisations en faveur de la création d’une base de données probantes permettant de renseigner l’origine et les destinations du commerce illégal de tigres et d’accroître les poursuites à l’encontre des commerçants illégaux.

En 2019, le WWF a également contribué à la création du réseau provincial d’application des lois sur les espèces sauvages de Chiang Rai. Le réseau, qui est dirigé par le gouverneur de la province de Chiang Rai, comprend des membres du bureau provincial, des douanes, de la police, du bureau d’inspection de la faune sauvage et d’autres autorités compétentes, et vise à renforcer la capacité des autorités chargées de l’application de la loi, des poursuites et de la justice à prévenir, enquêter et juger les affaires de trafic d’espèces sauvages au niveau provincial, et à améliorer la collaboration interinstitutionnelle et transfrontalière.

*Données sur les tigres sauvages à partir de 2016

Données sur les fermes d’élevage de tigres : Agence de recherche sur l’environnement (2020).

STOPPER LE TRAFIC ET LA DEMANDE UNE APPROCHE PARTENARIALE : LA COALITION POUR METTRE FIN AU TRAFIC D’ESPÈCES SAUVAGES EN LIGNE

En raison des progrès de la technologie et de la connectivité dans le monde, le trafic d’espèces sauvages se déroule de plus en plus en ligne. Dans le cadre d’une initiative novatrice, les plus grandes entreprises mondiales de commerce électronique, de technologie et de médias sociaux ont uni leurs forces pour fermer les places de marché en ligne destinées aux trafiquants d’espèces sauvages. Le site Coalition to End Wildlife Trafficking Online qui a été lancé en 2018, organisée par le WWF, en partenariat avec TRAFFIC et le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), réunit des entreprises du monde entier dans une approche sectorielle de lutte contre le trafic d’espèces sauvages en ligne. Pour mettre fin au commerce illégal d’espèces sauvages en ligne, il faut avoir une approche intégrée et internationale. Le WWF et ses partenaires collaborent avec des entreprises présentes sur tous les continents, telles que Facebook, eBay, Google, Microsoft, Tencent, Alibaba et Baidu, afin de créer un front uni et de faire en sorte qu’il soit plus difficile pour les trafiquants de publier des annonces sur les différentes

plateformes. Par l’intermédiaire de la coalition, le WWF fournit aux entreprises des tendances et des mots-clés actualisés sur le commerce mondial et régional, des supports de formation interactifs, des conseils sur les politiques relatives aux espèces sauvages, un soutien aux efforts de détection automatisée, un accès au programme de bénévoles Wildlife Cyber Spotter du WWF pour les aider à repérer et à signaler les produits sauvages suspects, ainsi que des supports de sensibilisation pour rappeler à leurs communautés en ligne l’impact du trafic d’espèces sauvages sur les espèces menacées dans la nature. À ce jour, 47 entreprises ont rejoint la coalition. Voir la liste complète des entreprises impliquées

IMPACT

Les entreprises de la coalition ont déclaré avoir retiré ou bloqué plus de 11,6 millions d’inscriptions d’espèces menacées d’extinction et de produits associés sur leurs plateformes en ligne à ce jour, dont des milliers de parties de tigre, de produits et des tigreaux vivants.

SOLUTIONS NUMÉRIQUES

Le travail du WWF sur le commerce illégal des tigres fait partie d’une stratégie mondiale de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, qui vise à réduire les motivations des activités criminelles, de la source au marché d’utilisation finale. Par exemple, en 2018, le personnel forestier en Inde a été formé pour lutter contre la cybercriminalité liée à la faune sauvage, dans le cadre du partenariat « Cyber CLAW » de TRAFFIC qui vise à renforcer les capacités d’application de la loi dans le monde numérique.

COMPRENDRE LES CONSOMMATEURS DE PARTIES DE TIGRE AU VIETNAM

TRAFFIC a fait une analyse des consommateurs de parties de tigre au Vietnam afin de comprendre les profils et les motivations des acheteurs et des utilisateurs. Six pour cent des personnes interrogées ont déclaré avoir acheté ou utilisé des produits du tigre, principalement de la colle d’os de tigre, et soixante et onze pour cent des utilisateurs ont déclaré avoir utilisé des produits du

tigre à des fins soi-disant médicinales. Ces données fournissent des informations précieuses qui sont maintenant utilisées pour orienter les approches de changement de comportement afin de réduire la demande de parties et de produits de tigre, une demande qui est probablement principalement alimentée par les fermes d’élevage de tigres.

des personnes interrogées ont déclaré avoir acheté ou utilisé des produits du tigre

des acheteurs de produits à base de tigre ont acheté de la colle d’os de tigre

ont acheté des gri es de tigre

ont acheté des dents de tigre

RÉDUIRE LA DEMANDE DE PARTIES ET DE PRODUITS DE TIGRE EN CHINE

En Chine, le WWF travaille pour réduire la demande des consommateurs de parties de tigre grâce à des campagnes de marketing social. Les campagnes ciblent les consommateurs potentiels de produits issus du tigre sur les sites web fréquemment visités, tels que Sina et Tiktok/Douyin, en utilisant les hashtags, l’historique de navigation, les posts visités, etc. pour cibler les utilisateurs potentiels. Les messages expliquent comment le commerce illégal est à l’origine du déclin des tigres sauvages et mettent en évidence les lois et réglementations afin d’alerter les internautes sur les risques personnels potentiels. Les consommateurs potentiels étaient également invités à signer un engagement après avoir pris connaissance des messages ci-dessus, à s’engager à ne plus acheter de produits dérivés du tigre et à en faire part à leurs pairs. La campagne initiale a été vue par plus d’un million de membres du public cible en 2020. Les consommateurs potentiels de produits de tigres qui s’étaient engagés à ne pas acheter de produits dérivés du tigre et à faire circuler cet engagement auprès de leurs amis ont atteint le nombre de 15 000 en ligne.

des utilisateurs ont consommé leur dernier produit à base de tigre à des fins médicinales

NÉPAL : BRISER LES CHAÎNES

La lutte contre le commerce illégal de tigres nécessite une coopération étroite entre tous les pays tout au long de la chaîne commerciale, de la source au consommateur final en passant par le transit. Au Népal, le WWF et TRAFFIC ont travaillé pour faciliter la coopération entre les gouvernements afin de briser la chaîne du commerce des tigres entre l’Inde, la Chine et le Népal, en s’assurant de la volonté politique d’améliorer considérablement l’application et la coordination des lois transfrontalières sur la faune sauvage.

En 2010, le Népal a signé des accords avec la Chine (protocole d’accord) et l’Inde (résolution, protocole d’accord en cours), afin d’accroître la coopération transfrontalière en matière de conservation des tigres et de renforcer la sécurité en matière d’environnement dans la région. Dans le cadre de ces accords, le Népal, la Chine et l’Inde ont convenu de s’attaquer conjointement au commerce frontalier illégal et de renforcer la coordination internationale et l’échange d’informations sur les incidents de braconnage, les cas de saisie et les techniques d’enquête.

Le Népal a également mis en place le Comité national de coordination de la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, dont le WWF est membre, et qui est représenté par des organismes d’application de la loi tels que la police népalaise, les douanes népalaises et le département national du renseignement, afin de faciliter la coopération interinstitutionnelle nationale.

En 2017, les autorités népalaises ont brûlé plus de 4 000 parties d’animaux sauvages illégales, dans une déclaration d’ambition audacieuse et la promesse que le pays ne tolérera aucun acte de criminalité liée aux espèces sauvages.

Cette approche stratégique a permis de renforcer la capacité régionale du personnel des zones protégées et de la police à lutter contre le braconnage et le commerce des parties et des produits du tigre, ainsi que les politiques favorables et le soutien politique à la conservation du tigre.

« Il est essentiel de mettre en place deux éléments clés pour un contrôle efficace du commerce illégal d’espèces sauvages et de la criminalité : la coopération transfrontalière pour limiter le commerce, et la participation des communautés et la coordination et collaboration intégrées entre les parties prenantes pour contrôler le braconnage.

Responsable de la surveillance du commerce des espèces sauvages, WWF Népal

© Akash Shrestha / WWF-Nepal
MADHAV KHADKA

© Suyash Keshari / WWF-International

LE CHEMIN À PARCOURIR

Le WWF et TRAFFIC continueront à travailler ensemble pour éradiquer le commerce des tigres en réduisant les motivations des activités criminelles, de la source au marché d’utilisation finale.

Nous soutiendrons le développement des outils d’application de la loi, tels que l’analyse de l’ADN et la reconnaissance des motifs des rayures sur les peaux de tigre saisies, afin de mieux comprendre le commerce et les sources et de renforcer les poursuites judiciaires.

Les données et les approches des sciences sociales les plus récentes seront utilisées pour améliorer nos efforts de réduction de la demande. Les campagnes de changement de comportements en Chine et au Vietnam auront des messages

et des approches ciblés basés sur les résultats d’enquêtes auprès des consommateurs de parties de tigres et sur l’expertise en matière de changement de comportement social et de marketing.

Nous continuerons également à travailler à l’élimination progressive des fermes d’élevage de tigres et à réduire leur impact sur les populations de tigres sauvages dans l’intervalle. Nous tirerons parti des possibilités de plaidoyer pour évaluer les progrès des gouvernements dans la lutte contre le commerce des tigres et nous nous efforcerons de maintenir la pression sur la communauté internationale et les groupes de la société civile pour garantir que les engagements soient traduits en actions.

ENTENDRE RUGIR À NOUVEAU

© Souvik Kundu / WWF

LES TIGRES OCCUPENT MOINS DE 5 % DE LEUR AIRE DE RÉPARTITION HISTORIQUE

Les tigres occupent moins de 5 % de leur aire de répartition historique. Depuis les années 1700, les tigres ont disparu de la moitié de leur ancienne aire de répartition, y compris, récemment, du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Dans de nombreux autres endroits, les tigres restants ont été réduits à quelques petites poches d’habitat.

L’extension de l’aire de répartition mondiale des tigres est essentielle pour doubler la population de tigres sauvages. En collaboration avec les communautés locales et ses partenaires, le WWF soutient le rétablissement de l’aire de

répartition des tigres. Depuis 2010, au WWF, nous travaillons à travers nos paysages prioritaires à créer des conditions sur le terrain propices à la dispersion naturelle des tigres et à la colonisation de nouvelles zones, ainsi qu’à soutenir les translocations et réintroductions actives de tigres. La réintroduction de tigres dans une nouvelle zone nécessite des années de planification et de préparation. Nous tentons actuellement la première réintroduction internationale de l’espèce.

Aires de répartition historiques

Aires de répartition actuelles

AIRES DE RÉPARTITION

HISTORIQUE ET ACTUELLE DU TIGRE

ÉTUDE DE CAS

SOUTENIR LES POPULATIONS DE PROIES DU TIGRE EN THAÏLANDE

Le complexe forestier occidental de la Thaïlande est l’un des habitats les plus importants pour les tigres en Asie du Sud-Est. Cependant, dans de nombreuses régions, les proies des tigres sont réduites en raison du niveau élevé de braconnage. Des recherches récentes ont montré qu’au sein de cette forêt, le parc national de Mae Wong et le parc national de Khlong Lan abritent encore un bon habitat pour les tigres et sont des endroits privilégiés pour le rétablissement de leurs populations, compte tenu des interventions de conservation. Le WWF s’est associé au département thaïlandais des parcs nationaux, de la faune et de la flore sauvages dans un projet visant à soutenir le rétablissement à long terme

des populations de tigres et de proies. Ensemble, nous étendons les zones d’habitat et augmentons le nombre de proies en replantant des zones de pâturage importantes, en réintroduisant des proies et en utilisant des pierres à lécher artificielles pour fournir à la faune sauvage les minéraux vitaux. Trois espèces différentes de proies du tigre ont déjà bénéficié de ces interventions — le muntjac, le cerf et le gaur — ce qui constitue une étape importante vers le rétablissement des populations de tigres.

RESTAURATION DES HABITATS EN CHINE ÉTUDE DE CAS

En 2010, le WWF et ses partenaires ont mené une étude sur l’habitat des tigres dans les montagnes de Changbai, dans le nord-est de la Chine, qui a permis d’identifier les zones prioritaires et les corridors potentiels pour les tigres. L’étude a fourni une base scientifique essentielle pour la restauration de l’habitat et le rétablissement de la population de tigres de Sibérie en Chine.

Depuis lors, le WWF a mené des recherches sur l’habitat et les corridors des tigres dans les régions des monts Lesser Khingan, des monts Wanda, de Zhangguangcailing et de Laojialing, afin de s’assurer que les mesures de conservation des tigres en Chine reposent sur des bases scientifiques.

Grâce à notre travail, nous avons, avec nos partenaires, recensé

au moins 55 tigres différents par piège photographique de 2013 à 2018, et avons constaté que les quatre zones d’habitat pourraient accueillir environ 310 tigres avec des interventions de conservation efficaces. Nous avons également déterminé que la restauration est absolument nécessaire pour huit corridors (quatre en Chine et quatre corridors transfrontaliers entre la Russie et l’Inde), et révélé que les proies des tigres doivent être réintroduites de toute urgence dans toutes les zones d’habitat.

En réponse à ces conclusions, le WWF s’attache à améliorer la surveillance des tigres de Sibérie et des panthères de l’Amour et à restaurer l’habitat et les corridors dont ils ont besoin pour prospérer.

© Anton Vorauer / WWF
© Staffan Widstrand / Wild Wonders of China / WWF
Mae Wong National Park, Thailand

L’EXPANSION DE L’AIRE DE RÉPARTITION EN MARCHE

LES TIGRES DE L’HIMALAYA ATTEIGNENT DE NOUVEAUX SOMMETS

Les tigres sont capables de résister aux jungles chaudes et tropicales de l’Asie du Sud-Est, aux forêts froides et gelées de l’Extrême-Orient russe et aux altitudes élevées et rocheuses de l’Himalaya. Des images de pièges photographiques au Népal, en Inde et au Bhoutan montrent que les tigres atteignent des hauteurs incroyables.

En 2020, des appareils photographiques installés par le Red Panda Network ont immortalisé un tigre à 3165 m d’altitude — la plus haute présence en altitude jamais enregistrée pour les tigres au Népal. L’observation était importante pour une autre raison : il s’agissait également de l’endroit le plus à l’est où un tigre avait été repéré dans le pays, à 250 km au-delà de l’aire de répartition connue des tigres au Népal.

De l’autre côté de la frontière, en Inde, le WWF a récemment immortalisé un jeune tigre mâle marchant dans les prairies de montagne gelées, juste avant la limite des arbres, à 3600 m d’altitude. Au Bhoutan voisin, des tigres ont été photographiés à une altitude de 4100 m au-dessus du niveau de la mer.

Ces observations suggèrent que l’Himalaya, région de haute altitude, pourrait devenir un habitat stable pour les tigres et un refuge important pour ces derniers dans un climat en mutation. Elles justifient également le renforcement des efforts de conservation des tigres transfrontaliers et la sécurisation des liaisons essentielles des corridors transfrontaliers pour soutenir la persistance de ces populations de haute altitude.

© DoFSC / WWF Nepal

RÉINTRODUIRE DES TIGRES AU KAZAKHSTAN

Les tigres ont disparu du Kazakhstan il y a plus de 70 ans, mais une initiative historique est en cours pour ramener ce grand félin emblématique dans la région de Balkhash d’ici 2025. La réserve de l’Ile-Balkhash et les sanctuaires adjacents s’étendent sur plus d’un million d’hectares de fourrés de roseaux et de forêts riveraines d’une grande importance écologique, qui pourraient accueillir 120 tigres s’il y avait suffisamment de proies (principalement des sangliers et des cerfs de Boukhara) pour les nourrir.

En tant que partenaire clé du gouvernement du Kazakhstan dans le programme de réintroduction, le WWF s’efforce de rétablir ces espèces-proies essentielles. En 2018, le WWF a relâché le premier groupe de cerfs de Boukhara dans la réserve pour commencer à constituer la population de proies. Des cerfs supplémentaires sont relâchés chaque année pour stimuler la croissance de la population et atteindre 200 cerfs d’ici 2025. Les autres activités comprennent la construction d’un nouveau centre de rangers, la formation des rangers (notamment en matière de droits de l’homme), la création de puits d’eau pour les gazelles et l’établissement de 28 zones d’alimentation hivernale pour les sangliers.

Tout au long du processus de réintroduction, le WWF travaille en partenariat avec les communautés locales afin de préparer le terrain pour le retour éventuel des tigres sauvages. Ensemble, nous développons des moyens de prévenir les conflits potentiels entre l’homme et la faune sauvage, de préparer des systèmes de compensation en cas de perte du bétail à cause des tigres, et d’améliorer l’application de la loi et la protection au niveau local.

«  Les habitants sont fiers de savoir que les cerfs reviennent après plus de 100 ans de disparition. Pendant la translocation, les gens ont salué les camions contenant les cerfs de Boukhara qui arrivaient. Au cours du deuxième hiver du programme, lorsqu’un groupe de cerfs a préféré brouter dans une zone de chasse près du village, les habitants l’ont su mais ils n’ont pas essayé de les tuer. »

Directeur du programme Asie centrale pour WWF-Russie

1

RESTAURATION DE L’HABITAT ET DES PROIES

RÉINTRODUIRE

TIGRES

KAZAKHSTAN

ÉTAPE 2

RÉINTRODUCTION DES TIGRES

ÉTAPE 3

PHASE D’ÉVALUATION (15 ANS)

NY GRIGORY MAZMA ANTS

DÉFIS ET OPPORTUNITÉS

2016 a été une année charnière dans la lutte pour la restauration des populations de tigres sauvages. Pour la première fois dans l’histoire de la conservation du tigre, la chute précipitée des populations mondiales de tigres sauvages s’est arrêtée, et les effectifs mondiaux ont commencé à augmenter. L’approche régionale, avec des engagements politiques de haut niveau soutenus par l’amélioration de la recherche et de la surveillance,

le renforcement de l’application de la loi sur les sites et tout au long des chaînes commerciales, le partage des renseignements et un fort soutien du public, a permis de réaliser la première étape clé du programme mondial de rétablissement du tigre : mettre fin à la perte globale.

Un certain nombre de pays de l’aire de répartition du tigre ont enregistré un rétablissement remarquable de leurs populations de tigres sauvages depuis le 1er Sommet. Toutefois, les progrès n’ont pas été constants dans toute l’aire de répartition du tigre.

AU-DELÀ DES APPROCHES

TRADITIONNELLES : assurer durablement la conservation des tigres à long-terme.

VIVRE AVEC LES TIGRES : faire en sorte que les paysages de tigres contribuent de manière importante au développement socio-économique, au bien-être des populations et à l'égalité des genres.

Si certains pays ont enregistré des augmentations significatives, d’autres ont perdu leurs populations de tigres. Dans l’ensemble, la première phase du programme mondial de rétablissement du tigre a montré que le nombre de tigres peut être rétabli, mais aussi que les progrès sont difficiles à accomplir et fragiles, de sorte que la conservation des tigres doit être renforcée de toute urgence pour assurer un succès à long terme. Depuis 2022, nous contribuons à la planification collective de la prochaine stratégie sur 12 ans pour la conservation

du tigre. Cette dernière jouera un rôle essentiel en rassemblant la communauté mondiale des tigres et en redéfinissant l’avenir de la conservation des tigres dans un cadre qui leur est favorable, centré sur les personnes et intégré dans l’agenda économique mondial et national. Il y a de nouveaux défis à relever dans toute l’aire de répartition des tigres, mais il y a aussi beaucoup de nouvelles opportunités.

FAIRE FACE À LA CRISE DE L’ASIE DU SUD-EST :

continuer à renforcer la gestion des zones clés pour les tigres et à assurer une conservation transfrontalière efficace entre les pays.

POPULATIONS DE TIGRES ET RÉ-ENSAUVAGEMENT :

mettre fin au déclin mondial du taux d’occupation du tigres et lui construire un avenir durable à travers l’Asie.

AU-DELÀ DES APPROCHES TRADITIONNELLES

Le WWF continuera à soutenir les activités essentielles de conservation des tigres, notamment la gestion et la protection efficaces des zones les plus importantes pour les tigres, la poursuite sans relâche des efforts visant à briser les chaînes du commerce illégal d’espèces sauvages et la réduction de la demande de tigres, de leurs parties et de leurs produits. Toutefois, si ces approches de protection des tigres, telles que les mesures antibraconnage, le suivi des populations de tigres et la gestion des zones protégées, restent importantes, elles ne suffiront plus. En l’absence de nouvelles approches et d’engagements politiques axés sur la durabilité à long terme et sur l’intégration des systèmes écologiques dans la planification du développement, les populations de tigres stagneront probablement, et nous risquons le retour d’une tendance à la baisse.

Notre stratégie tournée vers l’avenir doit et va travailler en partenariat avec les communautés qui vivent dans les paysages de tigres et qui évoluent rapidement, établir une connectivité et renforcer les efforts de conservation transfrontaliers, tout en s’alignant sur les priorités plus larges de l’agenda environnemental, telles que l’adaptation au changement climatique et son atténuation, la dégradation des terres et la restauration des écosystèmes.

© Wang Yue

VIVRE AVEC LES TIGRES

Au cours des douze dernières années, l’approche du WWF vis-à-vis des populations a évolué d’une position de « ne pas nuire » à une stratégie axée sur un impact social positif. Des nouvelles politiques sociales aux sauvegardes environnementales et sociales, nous travaillons sans relâche à l’intégration des droits des populations autochtones et des communautés dans les fondements de notre travail. Une conservation réussie des tigres n’est possible que lorsque les populations sont des partenaires égaux et bénéficient des politiques et des interventions de conservation. Le WWF s’engage à faire en sorte que les paysages de tigres contribuent de manière importante au développement socioéconomique, au bien-être des populations et à l’égalité des genres. Grâce à des programmes tels que l’approche SAFE, nous continuerons à traiter et à atténuer les conflits entre l’homme et le tigre et à réduire les risques pour les personnes et leurs biens, en utilisant des stratégies fondées sur les données.

© Simon Rawles / WWF-UK

FAIRE FACE À LA CRISE DU TIGRE EN ASIE DU SUD-EST

En Asie du Sud-Est, les tigres sont gravement menacés par la chasse illégale et le piégeage, qui constituent la principale cause de leur déclin. Par conséquent, il n’existe aucune preuve récente de l’existence de populations de tigres au Cambodge, au Laos, ou au Vietnam. Des déclins importants ont été enregistrés en Malaisie (bien que des signes récents indiquent un soutien politique accru en faveur du rétablissement du grand félin et de l’animal national), et les tigres sont restreints à un petit nombre au Myanmar. Mais l’Asie du Sud-Est offre également l’une des plus grandes opportunités pour l’avenir du rétablissement des populations de tigres, comme en témoignent les efforts de conservation des tigres en Thaïlande. Une gestion efficace et des investissements dans l’ensemble de l’aire de répartition actuelle et potentielle des tigres permettent d’espérer un avenir prometteur pour les tigres dans cette région. Le WWF continue à renforcer la gestion des zones clés pour les tigres et à assurer une conservation transfrontalière efficace entre les pays. Nous encourageons également la communauté mondiale de la conservation à mettre en commun ses ressources et à s’engager plus fortement que jamais dans toute l’Asie du Sud-Est afin d’endiguer le commerce illégal d’espèces sauvages et de protéger et connecter les populations restantes de tigres.

© Ranjan Ramchandani / WWF

Les collets, des pièges rudimentaires faits de câbles métalliques, de nylon ou de cordes, constituent aujourd’hui la plus grande menace pour la présence à long terme des tigres en Asie du Sud-Est. Le WWF estime qu’il y a plus de 12 millions de collets dans les zones protégées du Cambodge, du Laos et du Vietnam, trois pays au centre de la crise liée au piégeage. Le WWF demande instamment aux gouvernements de renforcer la législation, d’impliquer les communautés locales et les populations autochtones dans la résolution de la crise liée au piégeage et de mettre également davantage de ressources sur le terrain pour prévenir et décourager la pose de pièges.

VOIR AU-DELÀ DE L’AIRE DE RÉPARTITION ACTUELLE : UNE OPPORTUNITÉ

DE RESTAURATION

Des déplacements et des expansions de l’aire de répartition des tigres commencent à se produire dans les régions où le soutien politique et communautaire a permis l’augmentation du nombre de tigres. En Asie du Sud, les tigres sont signalés à des altitudes plus élevées que jamais. Dans la région HeilongAmour, les tigres s’aventurent à nouveau en Chine depuis la Russie et sont observés plus au nord pour reconquérir des territoires historiques. Cette région possède de vastes espaces pour les tigres, d’excellentes possibilités d’augmentation des proies et des opportunités de restauration. Le WWF soutient les deux pays qui continuent à coopérer et à renforcer leurs efforts de conservation transfrontaliers.

On ignore encore dans quelle mesure les facteurs climatiques influent sur l’aire de répartition et la distribution des tigres et si ces derniers peuvent coexister avec d’autres grands

RENFORCER LA DYNAMIQUE POLITIQUE ET LA COLLABORATION

carnivores, tels que les panthères des neiges, dans les zones de haute montagne. Le WWF continue à soutenir la recherche fondamentale sur les populations de tigres de haute altitude et l’expansion des tigres dans la région de l’oblast de l’Amour, en partenariat avec les communautés qui vivent dans ces zones. Cette nouvelle phase de la conservation des tigres offre non seulement des possibilités de rétablissement de l’aire de répartition naturelle, mais les grands félins seront également réintroduits au Kazakhstan — la toute première réintroduction de tigres dans un pays où l’espèce s’est éteinte. Il est également possible que les stratégies futures explorent le potentiel des tigres dans d’autres pays de l’aire de répartition historique et rétablissent les populations de tigres dans toutes les anciennes zones écologiques majeures. Dans beaucoup de ces endroits, le tigre reste un symbole dans la culture et les traditions.

Le WWF s’appuiera sur les enseignements tirés des 12 dernières années d’engagement en faveur de la conservation des tigres pour plaider en faveur d’une augmentation des investissements et du soutien politique pour le rétablissement de ce grand félin. Le WWF est favorable à un ensemble plus restreint d’objectifs prioritaires dans le prochain plan de reconstitution, qui comprendrait également des objectifs à court terme permettant de mesurer ces objectifs prioritaires. Dans l’ensemble, nous nous efforçons d’apporter plus de certitude au processus politique mondial.

Le WWF s’est uni à une coalition d’ONG (Fauna and Flora International, UICN, Panthera, TRAFFIC et Wildlife Conservation Society) pour parler d’une seule voix sur les priorités de la conservation des tigres au cours de cette période critique et a élaboré conjointement une « vision » pour la période 2022-2034. La coalition développera également des activités conjointes majeures autour de priorités mutuelles — ce qui augmentera considérablement notre capacité à avoir un impact sur la conservation et obtenir des résultats politiques dans ces domaines.

© Shutterstock _ Evgeniyqw _ WWF

NOUS NE POURRIONS PAS FAIRE CE QUE NOUS FAISONS SANS LA GÉNÉROSITÉ DE CHACUN DE NOS DONATEURS.

Grâce à votre soutien indéfectible au cours de la dernière décennie, le nombre de tigres sauvages a augmenté pour la première fois depuis plus d’un siècle. Le WWF tient à remercier tout particulièrement les partenaires suivants, qui ont apporté un soutien stratégique et réalisé des investissements essentiels au programme du WWF en faveur des tigres.

Aage V. Jensen Charity Foundation

Asian Tigers Group

Working Together to Help Double the Number of Tigers in the Wild B.Grimm

Barbara Holden

Contribute Foundation

Danida

Dhanin Tawee Chearavanont

Foundation

Department for Environment Food

Diane and Michael Moxness

Discovery, Inc.

Dr Bevan Jones

Dr Rimington Legacy

European Union

Francois and Sheila Brutsch

German Cooperation via German Development Bank KfW and IUCN

Global Environment Facility

Green Climate Fund

Hull City Tigers

Thailand

Advancing Tiger Monitoring and Protection through the Establishment of a Tiger Research Center in Royal Manas National Park, Bhutan

Bringing back tigers to Kazakhstan

Inclusive Green Economies in Developing Countries

Bhutan for Life

IWT Challenge Fund: Social marketing to end Tiger Markets in Vietnam

Bhutan for Life

Project C.A.T. (Conserving Acres for Tigers)

Supporting Collaborative Conservation in the Ler Mu Lar landscape, Myanmar

Improving Management and Protection of Tiger Heartlands and Tackling

Critical Threats

Advancing CSOÕs Capacity to Ensure Sustainability Solutions (ACCESS), Cambodia

Supporting Wild Tiger Conservation in Thailand and Myanmar

Integrated Tiger Habitat Conservation Programme

Strengthening National Biodiversity and Forest Carbon Stock Conservation through Landscape-based Collaborative Management of CambodiaÕs

Protected Area System (CAMPAS)

Integrated Landscape Management to Secure NepalÕs Protected Areas and Critical Corridors

Bhutan for Life

Working in Partnership to Double Wild Tiger Numbers

En outre, nous souhaitons remercier nos généreux donateurs et partenaires qui nous apportent un soutien stratégique de haut niveau mais qui souhaitent rester anonymes.

© Hkun Lat / WWF-Aus

Humanscale Corporation

Kusmi Tea

Linda Mars

Mars Petcare

Maybank Foundation

Michael and Stacey Grealish

Nordens Ark

Pharus Foundation

Prince Albert II of Monaco

Foundation

Procter & Gamble International

Operations SA (P&G)

Richmond Football Club

Robert and Mayari Pritzker Family

Foundation

SegrŽ Foundation

The Katherine J. Bishop Fund

The Praxis Companies/American

Bath Group

The Silent Foundation

Tiger Beer

U.S. Agency for International Development

U.S. Department of State

U.S. Fish and Wildlife Service

VTB Bank

World for Tigers Foundation

Restoration of the Eastern Plains Landscape, Cambodia.

Supporting Wild Tiger Conservation

Supporting WWFÕs Work to Help Tigers Thrive

Strengthening Tiger Conservation in the Belum-Temengor Forest Complex

Supporting Wild Tiger Conservation in Myanmar

Long term Persistence of the Amur Tiger at itsÕ Northern Edge

Bringing back tigers to Kazakhstan

Welcoming Tigers back Home to Amur Heilong in Russia and China and Saving Thirty Hills in Sumatra, Indonesia

Using Tigers as an umbrella species for Biodiversity Conservation in Peninsular Malaysia

Working Together to Double Wild Tiger Numbers

Tiger Conservation in Bhutan and the Eastern Himalayas

Professionalising Ranger Training in India and Bhutan

Myanmar Wildlife Ranger College

Supporting Wild Tiger Conservation

Tackling the Malaysian Tiger Crisis

Habitats

Wildlife Sanctuary Support Program, Cambodia

Biodiversity Conservation Activity, Viet Nam

Saving Threatened Wildlife, Viet Nam

Supporting Wild Tiger Conservation

Conservation of Endangered Big Cat Species in Russia

Supporting Tiger Recovery in the Upper Western Forest Complex in Thailand

VOICI LES PAROLES DE QUELQUES-UNS DE NOS PARTENAIRES CLÉS POUR LA CONSERVATION :

« La fondation Prince-Albert-II-de-Monaco est heureuse de soutenir, depuis 2011, les actions du WWF en faveur de la conservation du tigre de Sibérie, dont les populations sont affaiblies par la destruction et la dégradation des forêts et par le braconnage. Les solutions mises en œuvre ont eu un impact positif sur les espèces, ce qui ne peut que nous encourager. »

OLIVIER WENDEN

vice-président et directeur général de la fondation Prince-Albert-II-de-Monaco

« Je ne pouvais pas ignorer la situation tragique du tigre de Malaisie. Je voulais contribuer à sauver les tigres, animal préféré de ma famille, de l’extinction. Lorsque nous rendons le monde meilleur pour les tigres, nous rendons aussi le monde meilleur pour nous. »

SASHA ALYSSA PHILIP

(13 ans), a collecté des fonds pour le WWF-Malaisie

« Faire revenir les tigres dans leur aire de répartition historique d’où ils ont disparu, c’est pour nous comme rétablir l’équilibre du monde. C’est un projet de longue haleine et qui comporte de nombreux risques. Beaucoup de gens pourraient donc se dire « pourquoi prendre un tel risque ? » En 2025, les 3 à 5 premiers tigres seront relâchés au Kazakhstan, après quoi la population pourra être portée à environ 120 animaux en 2075. Il y a de fortes chances que nous ne soyons plus là pour vivre cette expérience. Mais ce serait tellement génial si ça pouvait réussir !! Et si nous, en tant que WWF, Fondation Pharus et Fondation Contribute, avons pu y contribuer... alors nous avons pu laisser une empreinte positive dans le monde, ce qui est notre objectif. »

LA FONDATION PHARUS ET LA FONDATION CONTRIBUTE

soutiennent la réintroduction des tigres au Kazakhstan

« Ma passion pour les tigres a débuté dans mon enfance, lorsque ma mère me lisait le poème « The Tyger » de William Blake. Plus tard dans ma vie, j’ai appris que pour maintenir en vie la faune et la flore de la planète, il faut se concentrer sur la mégafaune, et c’est ainsi que mon engagement pour la protection des tigres a commencé. Un voyage du WWF au Bhoutan a renforcé mon intérêt et mon soutien pour la conservation des tigres au Bhoutan et au-delà. »

« Nous sommes à un moment critique où nous pourrions perdre nos tigres dans les prochaines années. D’où le partenariat de Maybank avec le WWF-Malaisie depuis 2016 dans le cadre des efforts collectifs pour protéger cet animal majestueux. »

SHAHRIL AZUAR JIMIN

directeur du développement durable de Maybank

« Mon espoir pour les tigres est que nous soyons capables de coexister avec eux en harmonie, d’apprendre à aimer ces beaux animaux tels qu’ils sont et de sauver leurs habitats à notre manière en adoptant des comportements durables, en passant au vert chaque fois que c’est possible et, surtout, en ne participant à aucune activité de commerce illégal d’espèces sauvages. »

gardienne de la nature, WWF-Singapour

BARBARA HOLDEN
FAITH NG

LE WWF ŒUVRE POUR METTRE UN FREIN À LA DÉGRADATION DES ÉCOSYSTÈMES

NATURELS DE LA PLANÈTE ET CONSTRUIRE UN AVENIR

OÙ LES HUMAINS VIVENT

EN HARMONIE AVEC LA NATURE.

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Rapport - L'impact du WWF sur le rétablissement du tigre by WWF France - Issuu