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Livre blanc - Eau douce - Comment les PME et les ETI peuvent-elles gagner en sobriété et en résil

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L’EAU C’EST VITAL

© Adriano Gambarini / WWF-Brazil

POURQUOI AGIR POUR L’EAU

L’eau est la source de toute vie. Elle alimente les écosystèmes, nourrit les populations et entre dans les processus industriels. Pourtant, les épisodes de sécheresse et d’inondation font de plus en plus fréquemment les gros titres des journaux, avec soit pas assez soit trop d’eau. Cette réalité alarmante nous rappelle l’urgence d’agir pour préserver l’eau douce, partout dans le monde, y compris en France.

Quelle que soit leur taille, les entreprises ont un rôle essentiel à jouer pour préserver la ressource en eau, en agissant sur l’offre et la demande. C’est tout l’ensemble de leur chaîne de valeur qui est concernée, avec l’implication de toutes leurs parties prenantes. Elles peuvent également agir directement pour soutenir la protection des écosystèmes et le déploiement de solutions fondées sur la nature.

ÉDITO

L’eau douce, ce sont des lacs, des rivières, des nappes phréatiques et des zones humides : une ressource précieuse, exploitée de façon intensive, mais tellement fragile ! Cette ressource naturelle est aujourd’hui au cœur d’une crise mondiale avec des enjeux de qualité et de quantité qui menacent la santé humaine et environnementale. Les crises du dérèglement climatique, de l’érosion de la biodiversité et de la ressource en eau sont intrinsèquement liées, et s’alimentent mutuellement. Elles nous rappellent chaque jour combien le mythe de l’eau disponible en quantité illimitée est un leurre.

Les impacts sont aussi économiques. Dès 2023, le WWF avait alerté sur la sous-estimation de la valeur des usages de l’eau qui représentent environ 60 % du PIB mondial. C’est dire si les impacts potentiels sur l’économie globale sont élevés.

Afin de continuer à protéger les écosystèmes d’eau douce, le WWF France s’est fixé deux priorités sur le terrain : la préservation des zones humides et le renforcement de la résilience de l’eau face au changement climatique grâce aux solutions fondées sur la nature. Mais l’amélioration significative de l’état de santé des écosystèmes d’eau douce ne pourra pas se faire sans des politiques publiques ambitieuses et l’engagement du monde économique. Pouvons-nous continuer à assister à cette crise dans l’indifférence générale et sous-estimer les risques qui en découlent ? La question s’impose à tous, gouvernements, citoyens et acteurs économiques. Il nous appartient de nous mobiliser pour une gestion responsable et durable de la ressource en eau.

C’est dans ce contexte que le WWF France a souhaité porter ce sujet crucial au cœur des réflexions du Club Entreprendre pour la Planète qui réunit des PME et des ETI engagées dans la transition écologique. Pendant plusieurs mois, sous notre impulsion, plusieurs entreprises se sont mobilisées collectivement pour identifier des leviers d’action et trouver des réponses qui peuvent faire bouger les lignes. L’enjeu : amener les entreprises à considérer l’enjeu Eau dans leur stratégie au même niveau d’importance que les enjeux Carbone et Biodiversité. Ces propositions ont été formalisées dans le présent livre blanc. Nous vous invitons à le lire et à initier ne serait-ce qu’une des idées qui y figurent. Les petits cours d’eau font les grandes rivières…

Aurélie Pontal, Directrice du Pôle Investissement et Mécénat Entreprises, WWF France

Jean Rousselot, Responsable du programme Eau Douce, WWF France

LA VALEUR ÉCONOMIQUE

QUANTIFIABLE TOTALE DES USAGES DE L’EAU EN 2021 EST ÉQUIVALENTE À ENVIRON 60% DU PIB MONDIAL 60%83%

LES POPULATIONS DES ESPÈCES D’EAU DOUCE SONT EN BAISSE DE 83 % À L’ÉCHELLE PLANÉTAIRE

Rapport Planète Vivante 2024

© Petteri Hautamaa / WWF

LES ENTREPRISES S’ENGAGENT AUX CÔTÉS DU WWF FRANCE

Parce que l’entreprise est à la fois le problème et la solution !

Un Do-Tank pour partager, tester, avancer ensemble

PRÉSERVER LA RESSOURCE EN EAU : DES ENJEUX AU CŒUR DU VIVANT

L’eau n’est pas inépuisable sur la planète bleue

Des tensions croissantes en France

Face à ces enjeux, que peut-on faire ?

AGIR EN ENTREPRISE

Plus de sobriété pour plus de résilience

Agir dans son territoire et se faire accompagner

Quelle démarche adopter ?

EN ACTION : TÉMOIGNAGES D’ENTREPRISES ET EXEMPLES POUR AVANCER

Produire de la connaissance

Établir une stratégie et des objectifs

Mener des actions opérationnelles

PARCE QUE L’ENTREPRISE EST À LA FOIS LE

PROBLÈME ET LA SOLUTION !

Et pour cause... Au cœur des modes de production et de consommation, les entreprises ont un rôle déterminant à jouer pour la protection de la nature.

Le Club Entreprendre pour la Planète du WWF rassemble des PME et ETI de tous secteurs, qui ont toutes un point en commun : la volonté de contribuer à la transition écologique.

LE CLUB EPP

Sous l’impulsion du WWF France, des PME et des ETI forment une communauté d’acteurs économiques engagés, au sein de laquelle les membres trouvent un cadre et des réponses pour :

• Avancer collectivement en partageant expertises, retours d'expériences, outils et idées

• Bénéficier de l’expertise du WWF au gré des temps forts organisés toute l’année : ateliers, sorties terrain, rencontres, webinars….

• Donner de la visibilité à leur engagement

• Soutenir les projets terrain du WWF France

C’est une soixantaine de membres engagés, qui entendent trouver des synergies pour faire de leur entreprise un levier de changement : réduire leur empreinte écologique et préserver dans la durée des écosystèmes menacés ou dégradés.

UN DO-TANK POUR PARTAGER, TESTER, AVANCER ENSEMBLE

Parce qu’il est urgent de trouver de nouvelles solutions, WWF France offre la possibilité aux membres du Club Entreprendre pour la Planète de participer à un Do-Tank, un cycle d’ateliers de travail pour passer à l’action.

L’ENJEU

Mobiliser la force de l’intelligence collective et de l’expérimentation pour mieux comprendre les enjeux et solutions, partager entre pairs les difficultés et opportunités, et réfléchir à des actions concrètes à la lumière d’initiatives inspirantes.

Dans la lignée des Do Tank qui ont porté sur l’empreinte carbone des entreprises en 2022 et sur l’empreinte biodiversité en 2023, la problématique retenue pour 2024 est celle de l’eau douce. WWF France a sollicité la contribution des cabinets MarkediA et Ecodecision pour animer les réflexions et développer un cadre méthodologique pertinent.

9 ENTREPRISES DU CLUB EPP SE SONT MOBILISÉES

Le présent livre blanc témoigne des réflexions et de la démarche de co-construction menées dans le cadre du Do-Tank.

Trois grands temps forts ont rythmé le Do-Tank en 2024.

L’IMMERSION

On pourrait se noyer tellement le sujet est vaste...

L’EAU ÇA RESSOURCE...

C’est sûr qu’il faut se mobiliser, mais la question est de définir comment.

Quels sont les enjeux de la ressource en eau ?

PME et ETI, en quoi sommes-nous concernées ?

L’atelier dessine un socle d’analyse partagé.

Retours d’expérience inspirants, leviers d’action, outils mobilisables...

Les membres du Do-Tank questionnent la démarche, entre recherche d’une approche stratégique et pragmatisme.

PRESQUE COMME DES POISSONS DANS L’EAU

Partager c’est essentiel pour avancer

Quelles actions ? Quels résultats ? Quels freins et leviers ? ...

Les témoignages se multiplient, les idées fusent.

Les entreprises du Do-Tank tentent de tracer un chenal vers plus de sobriété.

FÉVRIER AVRIL JUILLET

PRÉSERVER LA RESSOURCE EN EAU :

DES ENJEUX AU CŒUR DU VIVANT

L’EAU N’EST PAS INÉPUISABLE SUR LA PLANÈTE BLEUE

Des défis pour la société

L’eau douce ne représente que 2,5 % de l’eau présente sur Terre.

Parmi ce volume d’eau douce :

SE TROUVENT SOUS FORME DE GLACE/NEIGE

SE TROUVE SOUS FORME D’EAU DE SURFACE LIQUIDE DANS LES RIVIÈRES, LACS, ETC. 69% 30% 1%

SONT STOCKÉS DANS LES NAPPES AQUIFÈRES

La disponibilité en eau douce est sérieusement menacée dans le monde.

Cette ressource, indispensable à la vie sur terre et aux activités économiques, est de plus en plus prélevée : l’utilisation d’eau dans le monde a été multipliée par 6 durant le dernier siècle.

Pourquoi l’eau devient-elle trop rare ? Les causes se cumulent :

• Prélèvements excessifs et mauvaise gestion de la ressource

• Artificialisation des sols liée à l’urbanisation

• Agriculture intensive qui déstructure les sols et les rend imperméables en cas de fortes pluies

• Pollution des nappes et des rivières, qui fragilise l’approvisionnement en eau, les milieux aquatiques et la biodiversité qu’ils abritent

• Changement climatique qui accentue la situation : irrégularité des pluies, pénurie d’eau, crues de plus en plus fréquentes…

3,6 milliards d’habitants (soit la moitié de la population mondiale) vivent dans des zones touchées par une grave pénurie d’eau au moins un mois par an et 55 millions de personnes sont touchées par la sécheresse chaque année1. Avec la hausse des consommations et le changement climatique, sans adaptation, ce sont 5 milliards d’humains qui seront en zones potentielles de pénuries au moins un mois par an en 20502. Les impacts sont aussi économiques. D’ici à 2050, le PIB pourrait diminuer de 6 % dans certaines régions du monde si les sociétés ne changent pas leur façon de gérer l’eau et de protéger les écosystèmes d’eau douce3.

Des défis pour les écosystèmes

Les milieux aquatiques (fleuves, rivières, zones humides, plans d’eau…) remplissent des fonctions essentielles dont nous dépendons : des fonctions hydrauliques (régulation des crues, auto-épuration, recharges des nappes…) et écologiques en accueillant de nombreuses espèces. Pour assurer ces fonctions essentielles, ces milieux d’eau douce doivent absolument être maintenus dans un bon « état écologique ».

Or, force est de constater que les ressources en eau connaissent des dégradations observées un peu partout. Les chiffres sont édifiants :

Le monde compte

Seulement 37 % des fleuves Les populations des espèces d’eau douce sont en baisse de 87 % de zones humides en moins depuis 1700

83 % à l’échelle planétaire de plus de 1 000 km sont encore « naturels »4 sur toute leur longueur

Autant de chiffres qui aboutissent aux constats du WWF dans le

Rapport Planète Vivante 2024

La dégradation de l’état de la ressource en eau remet donc en cause l’avenir de notre planète bleue.

© Richard Barrett / WWF-UK

DES TENSIONS CROISSANTES EN FRANCE

Des usages qui posent question

Tous usages confondus en France métropolitaine :

DE M 3 D’EAU SONT CONSOMMÉS PAR AN 4,1 MRD ATTENTION, EMPREINTE IMPORTÉE !

Usages industriels Refroidissement des centrales nucléaires Eau potable Agriculture

Source : Agences de l’Eau ; OFB, BNPE. Traitements : SDES, 2023

Un enjeu spatial et saisonnier

À l’inverse du carbone, les problématiques liées à l’eau peuvent fortement varier à l’échelle du pays et évoluer d’une année sur l’autre. Ces deux aspects, spatial et temporel, sont essentiels à considérer pour envisager des actions.

À titre d’exemple, au 1er août 2023, en France, 72 % des nappes phréatiques étaient sous les normales de saison, signe d’une sécheresse hydrologique persistante : les pluies à l’automne et l’hiver n’avaient pas permis de recharger les nappes qui soutiennent les débits de rivières et les usages en été. A contrario, le régime pluvieux de 2024 a favorisé la multiplication d’inondations renforcées localement par l’artificialisation des bassins versants.

En France, comme dans le reste du monde, le changement climatique augmente la problématique de disponibilité de l’eau et la fréquence d’événements extrêmes favorisant les sécheresses et les inondations.

de l’empreinte eau française de consommation est indirecte via l’importation de produits. En d’autres termes, la consommation d’eau du pays provient pour près de moitié de ressources étrangères utilisées pour produire des biens et services que nous importons. Cette situation n’est pas durable, une grande partie de ces zones étrangères présentant des risques élevés de pénurie d’eau d’ici 2100.

Quand la ressource en eau se dégrade, les écosystèmes trinquent

Seulement 43,1 % des ressources en eau françaises sont en bon état d’un point de vue écologique et chimique, malgré une lente amélioration.

En cause : outre les prélèvements excessifs, ce sont les trop nombreux obstacles aux écoulements (ouvrages, barrages, seuils) et aménagements (endiguements, canalisation…), les apports diffus de pesticides, de phosphates et de nitrates (agriculture et aquaculture), les rejets ponctuels de micropolluants (industries et assainissement), la prolifération d’espèces exotiques envahissantes… Depuis les années 1950, tout a été fait pour évacuer l’eau au plus vite des territoires. Cette dégradation du cycle naturel de l’eau aggrave l’état écologique de notre ressource.

Autre phénomène, le manque d’eau favorise les problèmes de qualité de l’eau, notamment par une moindre dilution des rejets polluants.

Le WWF France publie un indice qui mesure l’évolution de l’état écologique des rivières françaises, l’Indice Rivières Vivantes (IRV), zoomant sur les espèces de poissons et d’oiseaux. L’IRV régresse de 0,4 % en 20 ans depuis 2001, signifiant que la vie sauvage continue à décliner dans nos cours d’eau. Derrière ce chiffre, se cachent des situations très contrastées : la qualité des grands cours d’eau s’améliore quand celle des plus petits cours d’eau se dégrade ; les populations de truite des rivières ont par exemple baissé de 44 % en 20 ans.

Rapport Rivère Vivante
© Roger Leguen / WWF

Une gestion de la ressource en eau

par bassin hydrographique

En France, pour répondre aux différents enjeux de la gestion de l’eau, six agences de l’eau, réparties sur le territoire selon six grands bassins versants, ont été crées par la loi sur l’eau dès 1964. Cette organisation est propre à la France.

Territoire des agences de l’eau

AGENCES DE L’EAU CRÉÉES DES 1964

Chaque agence de l’eau dispose d’un comité de bassin, véritable instance de concertation entre les usagers de l’eau, les élus et l’État. Ce comité élabore le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) qui cadre la gestion de l’eau. Certaines dispositions peuvent avoir une portée règlementaire. Les agences de l’eau collectent des redevances auprès des usagers (industries, agriculteurs, collectivités, etc.) en fonction de leur impact sur la ressource en eau. Ces fonds sont ensuite utilisés pour financer des actions de préservation de l’eau.

En complément, en cas d’insuffisance de la ressource en eau, les préfets peuvent être amenés à adopter des mesures de restriction des usages de l’eau pour une durée limitée : ces arrêtés « sécheresse » sont susceptibles de restreindre les activités économiques en limitant les prélèvements d’eau.

Un enjeu de taille pour les acteurs économiques !

Dans le cadre du PLAN EAU instauré par le Ministère de la Transition écologique en 2023, 53 mesures ont été identifiées en vue d’une « gestion résiliente et concertée de l’eau ».

Une réduction des prélèvements de 10 % d’ici 2030 est prévue et des financements nouveaux sont proposés pour mener les actions visant cet objectif.

Et au niveau de l’Europe ?

De nombreux autres pays ont adopté le principe d’une gestion par grand bassin hydrographique, mais selon des modalités très variables.

Depuis 2000, la directive-cadre sur l’eau (DCE) établit un cadre pour une politique communautaire harmonisée dans le domaine de l’eau. Elle vise l’atteinte du bon état des milieux aquatiques dans l’ensemble de l’Union européenne.

Seine-Normandie
Artois-Picardie
Loire-Bretagne
RhôneMéditerranée Corse Adour-Garonne
Rhin-Meuse
© Johan Hammar

FACE À CES ENJEUX, QUE PEUT-ON FAIRE ?

Pour endiguer les effets de notre mauvaise gestion de l’eau, des solutions s’offrent à nous, avec deux grands leviers d’action sur la ressource en eau : l’offre et la demande.

AGIR SUR L’OFFRE

L’enjeu est de parvenir à ralentir le cycle de l’eau, avec un effet positif sur la disponibilité de la ressource en définitive. Des solutions existent :

• Faire le choix de l’agroécologie (couverture des sols, agroforesterie…) : en privilégiant la rétention et l’infiltration de l’eau, ces pratiques et systèmes agricoles améliorent la résistance des surfaces aux épisodes de sécheresse, augmentent le stockage naturel de l’eau dans les sols et favorisent la recharge des nappes d’eau souterraines.

• Éviter les aménagements favorisant le départ de l’eau : drainage, artificialisation des sols…

• Investir sur les solutions fondées sur la nature : restaurer les milieux naturels comme les rivières, les zones humides et tourbières, préserver les prairies permanentes, renforcer les réseaux de haies… sont autant de solutions qui améliorent l’état quantitatif et qualitatif de la ressource en eau, de façon pérenne. Sans oublier les bénéfices pour la biodiversité et le bien-être de la population.

AGIR SUR LA DEMANDE

Le principe ? Pour réduire les besoins en eau, mieux vaut d’abord éviter de consommer l’eau quand cela n’est pas indispensable, puis réduire l’impact de sa consommation. Nous sommes tous concernés, à tous les niveaux de la société ; avec de multiples pistes d’action :

• Revoir les process industriels (élimination des fuites, développement de procédés sobres, circularité de l’utilisation de l’eau).

• Adapter les activités à la ressource locale.

• Augmenter la part végétale dans l’alimentation.

• Adopter des techniques économes en irrigation (goutte à goutte, pilotage par capteurs…).

• Favoriser les pratiques économes chez les particuliers (mousseurs, appareils sobres en eau, réutilisation des eaux grises).

• Proposer des solutions viables de substitution (réutilisation des eaux usées, récupérateurs d’eau…).

Les entreprises sont en capacité d’agir sur l’offre et la demande. Le présent livre blanc s’attache principalement à présenter des actions en lien avec la demande en raison du profil des entreprises qui ont participé à son élaboration à partir de leurs propres retours d’expérience. Découvrez, dans les pages qui suivent, des solutions mobilisables.

AGIR EN ENTREPRISE

Préserver la ressource en eau : une responsabilité et un enjeu pour l’entreprise

PLUS DE SOBRIÉTÉ POUR PLUS DE RÉSILIENCE

Les entreprises ont pleinement leur rôle à jouer en vue d’une gestion durable et sécurisée de l’eau : aller vers plus de sobriété dans leur consommation en eau est un levier concret pour réduire leur impact sur l’environnement mais aussi augmenter la pérennité de leurs activités.

GAGNER EN SOBRIÉTÉ

Gagner en sobriété dans la consommation d’eau signifie réduire la quantité d’eau utilisée tout au long de la chaîne de valeur de l’entreprise, sans compromettre la qualité des produits ou des services :

• En amont : par une identification et une maîtrise des approvisionnements intégrant le critère de la ressource en eau.

• Lors de l’activité de l’entreprise : en améliorant ou transformant les processus industriels, en optimisant la gestion des bâtiments, etc.

• À l’aval : en repensant les produits et services pour que les clients réduisent également leurs propres impacts et risques. Les pistes ne manquent pas pour minimiser cette empreinte eau, en revisitant les processus de production et les pratiques internes : l’adoption de technologies plus efficaces, la réutilisation et le recyclage de l’eau, l’optimisation des usages, la collaboration avec des fournisseurs engagés dans des pratiques durables en matière d’utilisation de l’eau, etc.

Attention à prendre en compte l’empreinte eau directe et indirecte ! Car la consommation en eau doit s’évaluer en considérant l’activité directe de l’entreprise mais aussi les produits et matières premières qu’elle importe.

TROP OU PAS ASSEZ D’EAU

GAGNER EN RÉSILIENCE

L’eau est une ressource précieuse mais peut aussi s’avérer un risque pour l’entreprise : un risque qui augmente dans un contexte de changement climatique : phénomènes météorologiques intenses favorisant le risque d’inondation sur des zones d’activités, perturbations de l’approvisionnement en eau, par exemple lors de sécheresses ou de ruptures de réseaux, etc.

Face à ces risques, la question de l’eau est au cœur des stratégie de résilience des entreprises, avec l’enjeu de pouvoir mieux s’adapter, résister et rebondir.

Là encore, les pistes d’action potentielles sont multiples :

• Identifier les zones géographiques à risque de stress hydrique, sur ses propres sites ou chez les sous-traitants

• Diversifier les sources d’approvisionnement : eaux de pluie, eaux usées traitées, etc.

• Collaborer et s’investir avec les parties prenantes locales pour une gestion durable de l’eau à l’échelle du bassin versant

• Mettre en place des actions de réduction de la consommation d’eau

• Éviter les zones inondables lors du choix de sites et pour les sites déjà aménagés, se protéger des inondations

• Élaborer une stratégie de gestion de crise pour faire face au risque inondation et/ou à d’éventuelles pénuries.

© Ross Hoddinott / naturepl.com

AGIR DANS SON TERRITOIRE ET SE FAIRE ACCOMPAGNER

S’investir dans la construction d’une gestion partagée de la ressource en eau du bassin versant où se trouvent ses établissements permet à l’entreprise de réduire les risques liés à l’eau pour elle, ses employés voire aussi ses fournisseurs locaux. Cela peut donc constituer une composante de sa politique RSE, au titre des actions en faveur des communautés et du développement local.

Risques et territoires : un outil pour se situer

WWF met à disposition des entreprises le Water Risk Filter : un outil pour évaluer les risques liés à l’eau sur chacun de ses sites et ceux des sous-traitants, puis globalement. Pour chaque site, le WRF croise les risques liés au bassin versant avec ceux liés au fonctionnement et aux projets du site.

Méthodologie basée sur la science : SBTN (Science Based Targets Network)

WWF recommande aux entreprises d’utiliser SBTN pour se fixer des objectifs scientifiques de façon à minimiser leurs impacts environnementaux, en incluant la gestion de l’eau douce. Les cibles ainsi définies prennent en compte les particularités locales et les besoins des bassins versants prioritaires.

Trois étapes principales :

1. Identification des zones critiques d’impact

2. Établissement d’objectifs quantifiables pour réduire la consommation et la pollution de l’eau

3. Évaluation scientifique continue des progrès et engagements : chaque entreprise adapte et revoit ses objectifs via un suivi constant

Les cartes des risques physiques, réglementaires et de réputation, liés à l’eau

- Aujourd’hui et d’ici 2030 à 2050

Atténuez vos risques liés à l’eau et améliorez votre résilience (bientôt disponible) EXPLORER ÉVALUER AGIR

www.riskfilter.org

Les risques liés à l’eau dans vos opérations, votre chaîne de valeur et vos investissements

Se faire accompagner

Les entreprises peuvent s’appuyer sur différents acteurs pour améliorer leur gestion de l’eau en bénéficiant d’un soutien technique, réglementaire ou financier.

• Les agences de l’eau : en savoir plus sur les enjeux de l’eau et accéder à certains financements.

• L’ADEME : s’informer sur les appels à projets. Exemple : les appels à projets « INNOV EAU » pour les entreprises dans le cadre du Plan Eau.

• Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) : bénéficier des programmes d’accompagnement à la transition écologique.

• Les Directions départementales des Territoires (DDT) : se renseigner sur les arrêtés sécheresse.

• Les syndicats ou communautés d’agglomération ou de communes disposant de la compétence Gestion des Milieux Aquatiques et la Prévention des Inondations et/ou eau potable : pour connaître les dispositifs ciblés Entreprises.

LA BONNE IDÉE !

Contacter la collectivité qui porte le Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) sur son territoire : le site https://www. gesteau.fr/ les répertorie. Les animateurs peuvent fournir des informations sur les enjeux et orienter l’entreprise.

SBTN : Step 3 - Measure, set & disclose freshwater targets

QUELLE DÉMARCHE ADOPTER ?

Ça y est, vous êtes convaincu et prêt à agir pour une gestion durable de la ressource en eau ! Mais comment procéder ? Par où commencer ? Quelle méthode suivre ?

Deux solutions s’offrent à vous : soit entreprendre un processus complet, soit se lancer avec de premières actions concrètes de façon pragmatique. Car l’essentiel, c’est d’avancer !

SOLUTION 1

Partir d’une phase de diagnostic pour produire de la connaissance et ainsi dresser un état des lieux des enjeux : c’est la phase de production de connaissance.

Établir une stratégie et des objectifs : cela conduira à formaliser une feuille de route incluant des objectifs concrets

Concevoir et déployer des actions opérationnelles répondant aux enjeux identifiés et permettant d’atteindre les objectifs fixés.

Dans tous les cas, se pose la question de l’échelle d’action : sur l’ensemble de la chaîne de valeur (en s’intéressant à la fois à l’empreinte directe et indirecte de l’entreprise, des fournisseurs aux consommateurs finaux), ou seulement sur un maillon (en interne, chez ses fournisseurs ou chez ses clients) ? Il peut être pertinent d’initier le travail d’abord en interne puis d’élargir progressivement le champ d’action vers les fournisseurs et les consommateurs.

DÉTERMINER LA DÉMARCHE

Adopter une démarche globale

Produire de la connaissance

Suivre les résultats et ajuster si besoin les actions

Initier la démarche par une action simple

Établir une stratégie et des objectifs

Intervenir, déployer une ou des actions opérationnelles Fournisseur

La démarche sera d’autant facilitée qu’elle s’appuiera sur les cadres règlementaires existants (CSRD par exemple), les normes de qualité (ISO 14046 par exemple) et/ou les potentielles démarches RSE déjà en place, notamment sur le carbone et la biodiversité.

SOLUTION 2

L’idée est de commencer par la mise en œuvre d’une ou plusieurs actions simples, reposant sur un diagnostic succinct, avant de réaliser un diagnostic plus approfondi et de concevoir une stratégie.

Cette approche pragmatique permet de sensibiliser le comité de direction de l’entreprise, les collaborateurs et/ou partenaires et facilitera l’adoption d’une démarche plus large et construite.

La ressource en eau, partie intégrante de la CSRD

La directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) rend obligatoire et normalise le rapportage extra-financier sur les incidences, risques et opportunités de l’entreprise relatifs aux questions environnementales, sociales et de gouvernance. Concernant les grandes entreprises et les PME cotées en bourse, elle constitue aussi une référence pour les autres entreprises. Les enjeux de l’eau sont à traiter en lien avec les prélèvements, la consommation, les rejets et la pollution.

EN ACTION : TÉMOIGNAGES D’ENTREPRISES ET EXEMPLES POUR AVANCER

Pendant un an, aux côtés du WWF, 9 entreprises (Aigle, Bogoods, Dune Energie, Juratoys, M2i, Maped, Sayari, TSE, Verrecchia ) ont mené une réflexion sur les actions à mener, en partageant leurs propres expériences et en capitalisant sur des initiatives inspirantes.

ACTION 1

PRODUIRE DE LA CONNAISSANCE

Les enjeux de la ressource en eau étant spécifiques à chaque entreprise, le préalable est de produire et organiser de la connaissance afin d’évaluer ces enjeux. Quelles sont les principales clés d’analyse ?

En complément, l’entreprise gagnera à faire un point avec ses fournisseurs de rang 1 sur les éléments de cahiers des charges déjà en place et sur leurs possibilités d’évolution. Cette analyse ouvre la voie à des échanges avec les fournisseurs de rang 1 pour caractériser des indicateurs concrets permettant d’évaluer leur empreinte eau et envisager des évolutions.

Cerner les pratiques des clients ou des utilisateurs finaux, par exemple en engageant une enquête sur les pratiques actuelles des consommateurs en lien avec la consommation d’eau.

PAROLES ISSUES DU DO-TANK

« Le critère Eau fait déjà partie de l’évaluation de nos usines partenaires situées un peu partout dans le monde, mais cela n’est pas suffisant : le volet Eau de la certification des usines est à renforcer. Nous avons récemment entrepris de questionner une trentaine de nos usines partenaires en leur envoyant un questionnaire issu de nos réflexions dans le Do-Tank du WWF. Cela participe aussi à la démarche de sensibilisation de nos fournisseurs. »

Situer les sites de l’entreprise par rapport aux bassins hydrographiques, aux enjeux des territoires et aux acteurs de l’eau en présence. Pour cela, une approche par site est requise :

Sur ces bases, l’entreprise va pouvoir procéder à l’estimation de son empreinte eau. Cela suppose une démarche de recensement (plans des installations, dont les réseaux) et de mesure (mise en place de comptages sur les principales zones de consommation), qui devra perdurer pour alimenter des indicateurs de suivi. Les données acquises permettront à la fois d’évaluer l’empreinte eau, de mettre en lumière les principaux leviers d’action et d’identifier les améliorations possibles : réduction des pertes, modification des processus, non-mélange d’eaux utilisées, etc.

Chabert, Bogoods

Situer les sites dans les grands bassins, identifier les acteurs

référents

Analyser et cartographier les risques et opportunités liés à l’eau en mobilisant les outils disponibles (Water Risk Filter par exemple)

Faire le point sur la réglementation locale en s’assurant de son respect

Tenir compte de l’ensemble de la chaîne de valeur en localisant en priorité les sites des fournisseurs de rang 1 puis les sites de rang 2. Les mêmes actions que pour les sites de l’entreprise sont à engager, en priorité sur les sites les plus à risque : situer les sites dans les grands bassins, vérifier que les fournisseurs ont identifié les acteurs référents, analyser et cartographier les risques et opportunités liés à l’eau en mobilisant les outils disponibles, faire le point sur la réglementation locale et sur son respect.

À NOTER

L’entreprise gagnera à s’inscrire dans des dynamiques locales, nationales ou mondiales (selon son échelle d’intervention) pour partager ses pratiques, s’inspirer de retours d’expérience, peser sur les réglementations.

Les cibles définies par la méthodologie SBTN prennent d’ailleurs en compte les spécificités des bassins hydrographiques pour aligner les objectifs d’entreprise aux limites écologiques à l’échelle locale.

« Nous avons mesuré nos points d’utilisation d’eau pour voir d’où viennent nos consommations et identifier quelles économies étaient possibles. Au sein de notre usine d’Ingrandes, cela nous a permis d’identifier des mesures réduisant fortement nos besoins. Grâce à ces mesures, la consommation d’eau de notre usine n’augmentera quasiment pas si la production s’accroît. »

Celya Cirak et Thibaut Petiet, Aigle

ÉTABLIR UNE STRATÉGIE ET DES OBJECTIFS

Une fois les enjeux caractérisés, l’entreprise va pouvoir élaborer une stratégie adaptée et la décliner en objectifs. Compte tenu de la multiplicité des enjeux liés à l’eau dans nombre d’entreprises, le pragmatisme reste de mise pour avancer… sans se noyer.

Penser la transversalité

Une stratégie Ressource en eau ne peut se concevoir en silo, isolée des autres enjeux de la transition écologique ! Il convient de coordonner la politique relative à l’eau avec celles des thèmes connexes que sont l’efficacité énergétique, l’émission des gaz à effet de serre, la réduction de l’empreinte sur la biodiversité ou encore la responsabilité sociale.

La réussite de la définition de la stratégie passe par l’implication des instances dirigeantes de l’entreprise : il revient à ces in stan ces de définir les axes de la stratégie et les objectifs de réduction de l’empreinte eau.

Définir la gouvernance

Pour que les orientations stratégiques soient suivies d’effet, il est indispensable de définir une gouvernance de la politique de l’eau.

En termes organisationnels

Intégrer l’eau dans le système de management environnemental et les démarches RSE, nommer un référent Eau général et/ou par site, identifier le personnel technique à impliquer, définir le processus de décision, etc.

D’un point de vue plus pratique

Mettre en place des indicateurs de suivi par exemple grâce à des compteurs divisionnaires. Le tableau de suivi devra être adapté aux enjeux que l’entreprise veut piloter : consommations, efficience des volumes, rejets, etc.

LA BONNE IDÉE

Donner un prix interne à l’eau pour chaque site en fonction du contexte local (coefficient en fonction du territoire multiplié par le prix de l’eau local) s’avère utile, par exemple pour évaluer les projets d’investissement. Il est possible d’utiliser l’outil ECOLAB Water Risk Monetizer.

La stratégie ainsi adoptée sur la ressource en Eau ouvre la voie à l’élaboration d’une feuille de route, définissant les actions à engager pour atteindre les objectifs à différentes échéances.

PAROLES ISSUES DU DO-TANK

« Un de nos clients a constaté que la nappe dans laquelle il s’alimente en eau a connu un niveau très bas même en hiver. Cela a fait prendre conscience de la gravité de l’enjeu eau et conduit le COMEX à décider de réduire sa dépendance vis-àvis de l’eau et à fixer un objectif de réduction de la consommation d’eau à hauteur de 60 % en 5 ans. Un certain nombre d’entreprises ont besoin d’être accompagnées pour mettre en œuvre les méthodologies requises pour aller vers plus de sobriété, et nous avons mis en place une offre d’accompagnement pour répondre à ce besoin. »

Anne-Claire Asselin, Sayari

RÉDUIRE SON EMPREINTE EAU À LONG TERME

En raison de la nature de son activité, le groupe Bel présente une forte dépendance vis-à-vis de la ressource en eau, que ce soit pour la production laitière et fruitière, ou pour la transformation dans ses usines, certaines étant situées dans des zones de fort stress hydrique.

Aussi la résilience de l’entreprise à long terme est-elle liée aux enjeux de la ressource en eau.

Une solide gouvernance

Entreprise familiale de plus de 150 ans, Bel est un acteur majeur de l’alimentation avec des produits laitiers, fruitiers ou végétaux souvent en portions, et l’un des leaders mondiaux du secteur des fromages de marque.

Le Groupe Bel, c’est : CA 2023 : 3,6 Mds €, en croissance organique de 5,8 %

Près de 10 800 collaborateurs

30 sites de production

56 filiales présentes dans 32 pays

POLITIQUE EAU DU GROUPE BEL

PRÉSERVER ET RÉGÉNÉRER

LA RESSOURCE EN EAU DE LA FERME À LA FOURCHETTE

Notre ambition est de dans le but de promouvoir une utilisation durable et responsable de cette ressource tout au long de notre chaîne de valeur. Pour mener à bien cette ambition, Bel déploie une politique concrète, supervisée par le Chief Impact O cer, et une démarche innovante en matière d’hydrologie régénératrice9 et de gestion de l’eau :

• Dans nos usines, lors du processus de production, en mettant en œuvre la stratégie 5R (Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Restaurer).

Dans l’optique d’une gestion durable de la ressource en eau, Bel a créé en 2023 un Comité Eau chargé de piloter la réduction de l’empreinte eau sur l’ensemble de la chaîne de valeur, parallèlement à un Comité Risque Eau.

• Dès l’amont agricole, en déployant auprès des éleveurs et des pommiculteurs partenaires des pratiques d’agriculture régénératriceetenpromouvantdebonnes pratiques de gestion de l’eau auprès de nos fournisseurs8.

Bel travaille en concertation avec les parties prenantes locales et les acteurs locaux de l’eau, en particulier sur les sujets qui touchent ses sites industriels. En 2024, le groupe a rejoint le CEO Water Mandate, une initiative des Nations Unies qui doit fournir au Groupe une structure, des bonnes pratiques et un réseau d’experts.

Un

www.groupe-bel.com

• Au-delà de la chaine de valeur du Groupe, en travaillant sur des solutions fondées sur la nature afin de ralentir le cycle de l’eau.

plan d’action structuré autour de 4 axes, sur l’ensemble de la chaîne de valeur

Mesurer l’impact du Groupe sur la ressource en eau et définir ses objectifs

Un bilan empreinte eau a été réalisé en 2023. Il mobilise des données liées à la quantité (consommation d’eau, prélèvements en eau douce en absolu et pondéré au stress hydrique) et à la qualité de l’eau (eutrophisation marine, eutrophisation d’eau douce, écotoxicité). Ce premier bilan a permis de prendre conscience que le scope 3 représente entre 90 % et 99 % de l’empreinte globale du groupe Bel, confirmant que sa responsabilité ne s’arrête pas aux portes de ses usines.

Bel a été sélectionné par le SBTN (Science Based Targets for Nature) pour faire partie des 17 entreprises dans le monde à tester sa méthodologie de définition d’objectifs environnementaux basée sur les limites planétaires.

Éviter et réduire les prélèvements d’eau

45 %, tel est l’objectif de réduction des prélèvements en eau exprimés en m³ par tonne produite, sur 2017 - 2035. Depuis 2008, la démarche Wasabel (Water Saving at Bel) entend réduire la consommation d’eau et développer de nouvelles solutions selon les 5R : Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler et Restaurer. Un panel complet de leviers d’actions est mobilisé, tels que la lutte contre le gaspillage alimentaire, la récupération des eaux issues de matières laitières, la réutilisation des eaux sorties de stations d’épuration après traitement, l’optimisation des lavages… Le Groupe veille à ce qu’aucune des activités ne prélève plus que le quota alloué afin de garantir une répartition équitable des ressources en eau.

8 Charte des achats responsables

9 Définition de l’hydrologie régénératrice,

Protéger et régénérer la ressource en eau

Outre la conformité à la réglementation sur les rejets dans chacun des sites, le groupe a pour objectif de tendre vers des rejets dont la qualité est la plus proche possible de celle des écosystèmes aquatiques. Travaillant sur l’ensemble de la chaîne de valeur, Bel incite les agriculteurs partenaires à mettre en œuvre des pratiques agricoles régénératrices pour favoriser le cycle de l’eau, améliorer la porosité du sol, et préserver la qualité de l’eau. Bel s’engage aussi à développer des emballages responsables, et à préserver et réhabiliter les milieux humides. C’est dans ce cadre que Bel entend réhabiliter des tourbières dans son berceau historique, le Jura, pour contribuer à la résilience des bassins versants.

Renforcer la résilience du Groupe et son écosystème

Les efforts et les investissements sont priorisés sur les usines dont les bassins versants révèlent les risques hydriques les plus forts : l’utilisation de l’outil Water Risk Filter du WWF a permis de donner de la visibilité sur la disponibilité de l’eau par bassin hydraulique. Plus largement, Bel s’engage à assurer l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène à l’ensemble des collaborateurs dans les sites où le Groupe opère et à augmenter la résilience des exploitations agricoles par les pratiques d’agriculture régénératrice.

Ces actions concrètes illustrent l’ambition de Bel : préserver et régénérer la ressource en eau de la ferme à l’assiette.

Politique eau du groupe Bel

MENER DES ACTIONS OPÉRATIONNELLES

La feuille de route est clarifiée ? Reste l’essentiel : engager des actions concrètes. Le panel des actions en faveur d’une gestion durable de la ressource en eau est particulièrement riche. À sélectionner sans modération…

Mieux gérer l’eau sur les sites de l’entreprise

• Surveiller en continu et réparer les fuites

• Revoir les processus industriels et investir dans des équipements plus sobres et performants

• Revoir les processus de nettoyage en adoptant des solutions plus sobres et moins polluantes : à l’air, à sec, jet d’eau haute pression, moins de lavages, choix des surfaces à rincer, recyclage de solvant, etc.

• Mettre en place des circuits d’eau fermés notamment pour les refroidissements

• Instaurer un système de recyclage des eaux usées

• Mettre en place des matériels hydro-économes sur les usages de type toilettes, douches, arrosage d’espaces verts, etc.

• Récupérer les eaux de vapeurs et de stérilisation

• Récupérer les eaux pluviales pour arroser les espaces verts

• Etc.

Intégrer le critère Eau à la politique d’achat et de conception

• Repenser les matières premières utilisées en fonction de leur empreinte eau

• Négocier une révision des cahiers des charges : intégration de critères conduisant à plus de sobriété, inclusion directe dans les conditions générales de vente, etc.

• Revoir les emballages qui impactent l’empreinte eau

LA BONNE IDÉE

Pour réduire son empreinte environnementale, mettre en place une démarche d’écoconception concernant les différentes étapes du cycle de vie de ses produits ou services : approvisionnements, fabrication, transport, usage, fin de vie.

L’entreprise gagnera à intégrer l’eau à l’analyse du cycle de vie (ACV) pour évaluer ses impacts sur la consommation des ressources, les émissions, les effets sur la santé et la biodiversité…

Impliquer les clients et consommateurs

Informer les consommateurs sur l’empreinte eau des produits et services de l’entreprise (via l’étiquette ou le site internet de l’entreprise) :

• Les inviter à consommer de façon raisonnée les produits dont l’empreinte eau est forte

• Encourager les comportements responsables en fournissant des conseils et des incitations pour une utilisation efficace de l’eau à domicile ou au travail (Ex : réduire l’utilisation de l’eau tout au long du cycle de vie des produits)

Acter et contrôler

Mettre en place des certifications et s’appuyer sur des normes valorisant les efforts fournis, avec un spectre plus ou moins large.

PAROLES ISSUES DU DO-TANK

« Nous avons formé tous les métiers concernés et rédigé une feuille de route d’écoconception. En 2025 la majorité de nos peluches (marques Kaloo et Lilliputiens) seront réalisées en polyester recyclé. Se pose aussi la question des habitudes des usages si l’on veut agir sur le cycle de vie des jouets. Par exemple, nous incitons à réduire la consommation en eau via les étiquettes de consignes de lavage (occurrence et 30°). Mais comment savoir si nos consignes sont respectées pour faire durer les produits au maximum et limiter les machines ? »

Agathe Simon, Responsable RSE Juratoys

• Ce sont notamment les normes ISO : ISO 14001 (pour une approche globale des enjeux environnementaux), ISO 14046 (management environnemental et empreinte eau), ISO 46001 (système de management de l’utilisation efficiente de l’eau).

• La certification EMAS (Eco-Management and Audit Scheme) , développée par l’Union européenne inclut des rapports publics sur les performances environnementales, renforçant ainsi la transparence et la responsabilité.

• B Corp porte sur la performance globale de l’entreprise en matière de responsabilité sociale et environnementale.

Sensibiliser

Les actions de sensibilisation du personnel et des fournisseurs sont un préalable sans lequel la feuille de route risque de rester sans suite, au mieux partiellement réalisée.

• Informer et sensibiliser les salariés sur les enjeux de la ressource en eau et les usages : livret d’accueil, campagne d’affichage, ateliers fresque de l’eau, rappel des bonnes pratiques pour plus de sobriété, etc.

• Sensibiliser le service achat aux enjeux de l’eau pour in fine sensibiliser les fournisseurs

• Instaurer un programme de formation et d’assistance technique visant à améliorer l’efficacité dans l’utilisation de l’eau

• Concevoir des nudges pour inciter les comportements économes en eau : robinet avec minuterie intégrée, étiquettes indiquant la quantité d’eau utilisée chaque mois, alertes sonores, pose de sablier sous la douche... Soyez créatifs !

PAROLES ISSUES

DU DO-TANK

« Notre activité de courtier en énergie ne nous laisse pas beaucoup de marge de manœuvre sur l’eau, qui n’est pas un sujet majeur dans nos rapports avec nos clients. Aussi, il nous a semblé important de commencer par une sensibilisation en interne, avant de chercher à aborder le sujet avec nos clients. »

Vasse, Dune Energie

S’intéresser aux solutions fondées sur la nature (SfN)

En utilisant les écosystèmes naturels et les processus qu’ils abritent, les SfN ont le pouvoir de protéger et gérer les ressources naturelles comme l’eau de manière durable, tout en apportant des bénéfices à la société. Par exemple : utiliser le pouvoir de filtration des pollutions d’une zone humide, ou encore revégétaliser les berges d’un cours d’eau pour limiter les inondations.

Les entreprises qui ont du foncier peuvent mettre en place des solutions fondées sur la nature sur leurs sites. Il est également possible d’apporter un soutien à des projets mobilisant les SfN dans les territoires.

Pour découvrir plus d’exemples :

UICN : Les SfN pour les risques liés à l’eau en France

Soutenir des projets de restauration

Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal appelle à protéger 30 % des écosystèmes terrestres et marins et restaurer 30 % des zones dégradées d’ici 2030.

S’il est primordial d’agir sur sa chaîne de valeur, il est également important de participer financièrement aux efforts de conservation et de restauration.

Le WWF France soutient activement la restauration d’écosystèmes naturels aquatiques et de zones humides.

Vous aussi, en tant qu’entreprise, vous pouvez apporter votre soutien aux projets du WWF !

Deux exemples :

La Réserve naturelle nationale de Chérine au coeur de la Brenne dans l’Indre

Sur ce hotspot de biodiversité qui compte près de 4000 étangs, le WWF soutient activement la gestion de la réserve. Ici, le WWF porte un ambitieux programme d’actions pour préserver des espèces rares, comme la guifette moustac et la cistude d’Europe, et étudie l’impact des variations climatiques sur ces habitats.

La Camargue, 1ère zone humide de France

Le WWF agit pour y restaurer les habitats et préserver les espèces qui y vivent, notamment le flamant rose, la libellule et l’anguille. Depuis les années 1970, WWF France travaille avec des partenaires locaux pour améliorer le cycle de l’eau, protéger la biodiversité, et sensibiliser. Un savant équilibre entre préservation de la nature et soutien à l’économie locale.

Chaque entreprise peut trouver le projet qui lui correspond le mieux parmi les multiples projets menés par le WWF en France ou d’autres associations de terrain dans le monde !

La solidarité est un plus dans l’action : partage d’expériences, recherches mutualisées, actions conjointes, gestion collective de la ressource... à vous de choisir ! Développer des partenariats

DÉFINIR UN CADRE CONSTRUIT

fr.maped.com

TÉMOIGNAGE

Maped est une entreprise à mission, spécialisée dans la production de fournitures scolaires et d’accessoires pour l’apprentissage créatif des enfants. Créée en 1947, l’entreprise est présente dans plus de 120 pays avec 3 sites de production intégrés en France, Chine et Mexique.

Démarche de certification ISO

Maped a fait de la gestion environnementale une priorité en obtenant la certification ISO 14001 sur l’ensemble de ses sites de production depuis 2013. Cette norme lui offre un cadre structuré pour développer un système de management environnemental efficace. L’objectif : réduire l’impact des activités de l’entreprise sur l’environnement, y compris pour la gestion de l’eau.

Maped mène dans ce cadre des actions concrètes sur ses sites pour une gestion responsable de l’eau : réduction de près de 50 % de la consommation depuis 2010, installation de systèmes de récupération des eaux pluviales, circuits fermés en production.

L’entreprise qui a intégré l’eau comme indicateur clé dans son tableau de bord RSE, vise une réduction de 12% supplémentaire d’ici 2026 sur le périmètre du Groupe.

Élargir l’horizon avec la démarche BEPI

Les sites de production étrangers de Maped et les fournisseurs se sont également inscrits dans une démarche de Business Environmental Performance Initiative (AMFORI BEPI). Ce programme en cours entend suivre et évaluer l’impact environnemental des activités des fournisseurs, en identifiant les points critiques tels que la gestion de l’eau, des déchets, ou les émissions de gaz à effet de serre. L’objectif ? Embarquer les fournisseurs dans cette dynamique pour améliorer l’empreinte environnementale sur toute la chaîne de valeur.

Plus récemment, le programme « Plus de vert » entend favoriser le retour de la biodiversité sur les sites, l’eau étant la meilleure alliée de cette initiative pour « réensauvager » les sites.

Entreprise fondée en 1853, Aigle est reconnue pour ses bottes emblématiques fabriquées à base de caoutchouc naturel. Devenue société à mission en 2020, elle intègre pleinement la RSE dans sa stratégie, avec l’ambition de produire durablement tout en préservant les ressources.

Réduction de la consommation d’eau sur le site de la Vienne

Sur son site de production de bottes en caoutchouc à Ingrandessur-Vienne, Aigle a initié des actions concrètes pour réduire la consommation d’eau. Ce site consomme historiquement entre 13 000 et 14 000 m³ d’eau par an. Un plan a été mis en place pour réduire ces volumes à partir de 2025, notamment par :

• La suppression de la tour aérofrigérante utilisée pour refroidir des machines, afin d’éliminer l’usage d’eau (- 1 000 m³/an).

• La modernisation du système de refroidissement des autoclaves lors de la vulcanisation, passant d’un circuit ouvert (eau en continu) à un circuit fermé (- 3 000 m³/an).

Une question de résilience

La consommation annuelle devrait être réduite en dessous de 10 000 m³, seuil au-delà duquel l’entreprise peut être soumise à des restrictions d’activité en cas de sécheresse (arrêtés sécheresse). Aigle se prémunit ainsi contre les risques de limitation d’usages, augmentant sa résilience face aux aléas climatiques.

Plus globalement, les objectifs sociaux et environnementaux que Aigle s’est fixé se déclinent à travers le programme RSE Aigle For Tomorrow.

© Maped

Créée en 2012, M2i est une PME spécialisée dans la production de phéromones de biocontrôle pour la protection des cultures. L’entreprise de 200 employés, répartis sur 4 sites en France et 1 site au Chili, a à son actif environ 400 brevets déposés. Sa mission : unir les savoir-faire de chimiste, d’industriel et d’expert du biocontrôle au service des enjeux de l’agroécologie.

Optimisation de la consommation d’eau

Le site de Salin-de-Giraud, en Camargue, produit des phéromones pour le biocontrôle ainsi que des principes actifs pharmaceutiques. Depuis son acquisition par M2i en 2013, le site a diversifié ses activités et adopté une démarche écoresponsable.

La consommation d’eau sur le site est passée de 8 475 m³ d’eau en 2022 à 5 706 m³ en 2023 grâce à des actions ciblées :

www.m2i-lifesciences.com

TÉMOIGNAGE

• Recours à des circuits fermés pour le refroidissement : le site capte l’eau du Rhône pour refroidir ses réacteurs avant de la restituer au fleuve sans la polluer, évitant ainsi l’usage d’eau potable.

• Amélioration des procédés de nettoyage : mise en place de méthodes innovantes pour nettoyer les cuves avec moins d’eau et de solvants.

• Réduction de l’utilisation de solvants entrainant moins de besoins de lavage.

Prochaines étapes : récupérer et utiliser les eaux pluviales pour le nettoyage et le refroidissement ; installer des sous-compteurs d’eau pour mieux identifier les consommations et fuites.

Une démarche vertueuse

À plus grande échelle, les phéromones produites par M2i offrent des alternatives durables aux pesticides, réduisant ainsi la pollution des sols ainsi que l’empreinte hydrique en agriculture (contrairement aux pesticides classiques, les phéromones n’ont pas besoin d’être épandues avec de l’eau).

Grâce à ses produits, M2i a permis le traitement de 357 000 ha depuis 2020, entraînant une réduction de 73 000 tonnes de pesticides utilisés à l’échelle mondiale.

Le groupe Verrecchia, fondé il y a plus de trente ans, est un acteur de la promotion immobilière, spécialisé dans la construction en pierre de taille massive.

Réfléchir aux matériaux

L’entreprise construit des résidences haut de gamme et des logements personnalisables, en mettant l’accent sur la qualité et la pérennité des matériaux. La pierre, matériau géosourcé, occupe une place centrale dans la stratégie du groupe. En s’associant avec Polycor pour acquérir des carrières françaises, Verrecchia entend maîtriser l’ensemble de la chaîne, de l’extraction à la livraison, dans l’optique d’une gestion optimisée des ressources et d’une maîtrise des coûts.

Pour Verrecchia, la pierre a l’avantage d’être un matériau bas carbone, recyclable, et qui nécessite peu d’eau pour son extraction et son nettoyage.

Agir dès l’amont

Verrecchia souligne que préserver la ressource en eau douce et favoriser les pratiques économes en eau demande d’agir dès la conception des plans d’aménagement. L’enjeu premier ? Favoriser le cycle naturel de l’eau en mobilisant les techniques d’infiltration à la parcelle : noues paysagères, parkings extérieurs perméables, création d’espaces multiusages végétalisés… Autant de solutions de gestion alternative des eaux pluviales qui contribuent à créer des îlots de fraîcheur. Outre la récupération des eaux de pluies, il s’agit également de prévoir en amont la réutilisation / réemploi de l’eau au sein des bâtiments : réseaux, filtrage, pompes, cuves …

Les solutions existent et Verrecchia entend sensibiliser les futurs acquéreurs à la conception de bâtiments respectueux de l’environnement et durables.

© M2i
© myphotoagency

L’EAU ET VOUS, DÉCOUVREZ VOTRE PROFIL

Votre entreprise a-t-elle déjà initié une démarche en faveur d’une gestion durable de la ressource en eau ?

Nous lançons quelques actions de sensibilisation et nous veillons à encourager les bonnes pratiques qui réduisent la consommation d’eau.

Nous avons commencé à analyser et cartographier les risques et opportunités liés à la ressource en eau pour notre entreprise. Reste à formaliser un plan d’actions !

Nous sommes au clair sur notre feuille de route et avons déjà bien réduit notre consommation sur nos sites et/ou dans nos approvisionnements.

Pas encore…

Êtes-vous prêts à lancer votre entreprise sur de nouveaux projets de réduction de votre empreinte Eau ?

Non, cela n’est pas notre priorité !

Oui et pour cela, nous intégrons même les principales parties prenantes de notre chaîne de valeur.

Ce serait bien mais j’ai peur du coût et du temps que cela demande.

Oui, nous y travaillons déjà, avec des premiers résultats tangibles, mais il reste beaucoup à faire !

Quel est pour vous l’intérêt principal de diminuer votre empreinte Eau ?

C’est notre responsabilité en tant qu’entreprise de réduire nos impacts sur l’environnement. Et d’ailleurs, tout est lié entre le climat, la biodiversité et la préservation de la ressource en eau.

Gagner en résilience, diminuer les coûts et mieux nous positionner en réponse aux cahiers des charges émis par nos clients.

L’intérêt est assez faible par rapport à la complexité du sujet.

Se conformer aux attentes du secteur et des parties prenantes, notamment pour votre image ou en vue de la CSRD.

Plus globalement, la protection de la planète est-elle intégrée dans votre business model ?

Non, et cela n’a pas lieu d’être.

Nos produits et services proposent une solution à des enjeux planétaires et/ou nos process visent à changer l’industrie pour qu’elle soit plus durable.

Oui, notre modèle économique prend en compte l’impact sur les ressources et sur la planète.

Non, mais c’est peut-être le moment d’y penser…

Comment mobilisez-vous vos salariés sur la protection de la ressource en eau ?

Je souhaite les mobiliser mais c’est un sujet moins facile que le climat…

Ce n’est pas la priorité, attention à la productivité…

Nous les mobilisons sur la thématique Eau par des outils de communication ou des points d’information. On a même réfléchi / mis en place des nudges qui interpellent les salariés.

En plus de la sensibilisation, les salariés sont acteurs du changement : les équipes et services intègrent les enjeux liés à la ressource en eau dans leur stratégie et leurs actions ; nous valorisons les retours d’expérience.

Mobilisez-vous vos fournisseurs sur la protection de la ressource en eau ?

Pas vraiment, c’est moins vital qu’une bonne négociation sur les prix !

Nous commercialisons plutôt des services ou nous fabriquons nous-mêmes, alors nous n’attachons pas trop d’importance au sujet. Mais s’il y a des idées et des aides, pourquoi pas !

Nous avons cartographié le risque Eau chez nos principaux fournisseurs et avons formalisé un cahier des charges qui intègre des cibles de réduction de la consommation d’eau. Globalement, notre analyse de la chaîne de valeur intègre la dimension Eau. On y songe. Mais comment faire ? Nous aurions besoin d’aide sur le sujet.

RÉSULTATS

Plus de Bof Bof !

L’eau, c’est quoi le rapport avec l’entreprise ?

Peu mobilisé par les enjeux de la ressource en eau, vous ne voulez pas vraiment changer. Globalement, vous ne vous sentez pas très concerné par les questions de sobriété et résilience, en tout cas, pas en lien avec l’eau douce. Aucune ou peu d’action n’est mise en place dans votre entreprise pour réduire votre empreinte eau. Et vous ne voyez pas ce qu’une PME ou ETI peut faire pour changer les choses, ni véritablement l’intérêt d’agir en la matière dans votre secteur d’activité. Pour vous c’est le business avant tout, et préserver la ressource en eau vous semble être une perte de temps (et surtout d’argent). D’autant que si jamais vous envisagiez de faire quelque chose pour la planète, ce serait sur le climat car c’est plus médiatique.

Cependant l’urgence d’une gestion durable de la ressource est réelle et l’entreprise est un formidable levier pour faire bouger les lignes. Pourquoi ne pas essayer pour voir, notamment en contactant les acteurs de l’eau de votre région ?

Plus de :

Vous êtes en bonne voie !

Votre entreprise a mis en place des actions de réduction de votre empreinte Eau : vous connaissez vos impacts et avez décidé de les réduire. D’ailleurs, vous avez réussi à réduire la consommation d’eau de votre entreprise. Moralité, votre Direction voit d’un bon œil de continuer à réduire ainsi les coûts de l’entreprise et les risques, et plus globalement à réduire les impacts sur l’environnement. Vous n’hésitez pas à sensibiliser vos collaborateurs aux enjeux de la ressource en eau. D’autant que votre gestion durable de la ressource en eau vous aide à remporter certains contrats, communiquer sur vos engagements, ou satisfaire vos parties prenantes. Mais êtes-vous prêts à passer à l’étape supérieure, c’est-à-dire à placer vos engagements en faveur de la ressource en eau au cœur de votre business model, en lien avec les enjeux liés au climat et à la préservation de la biodiversité (car tout est lié) ? Êtes-vous prêt à partager vos bonnes pratiques au sein d’un club d’entreprises ?

Vous avez l’envie et donc le potentiel de continuer à vous améliorer… Toutes les énergies sont nécessaires pour changer les choses.

Plus de : Pas mal ! Vouloir & pouvoir, est-ce si différent ?

Vous savez que l’eau est une ressource vitale et vous ne voudriez pas que les épisodes de sécheresse ou les inondations deviennent un risque significatif pour votre entreprise. De plus, vous avez plutôt une fibre responsable. Mais l’eau ne fait pas partie de l’identité de votre business, il y a déjà beaucoup à faire sur le climat et la biodiversité. Alors l’eau, vous ne sauriez pas par où commencer ! De plus, vous ne vous sentez pas nécessairement légitime car vous êtes persuadés que la gestion de l’eau est une question de spécialiste en entreprise ou une question de comportement dans la vie privée de chacun.

L’entreprise est un formidable levier pour faire changer les choses, au niveau individuel comme au niveau collectif. Sachez qu’il existe des outils pour évaluer la place de l’eau dans votre chaîne de valeur (vous pourriez être surpris !) et des acteurs qui peuvent vous accompagner dans une démarche de diminution de votre empreinte eau.

Plus de réponses : Bravo !

Votre démarche pour diminuer votre empreinte Eau est bien amorcée dans votre entreprise. Vous avez une feuille de route claire, que vous êtes bien résolus à respecter. Vous connaissez vos impacts, formez vos collaborateurs et peut-être même les incluez déjà dans la stratégie RSE de l’entreprise. Et vous souhaitez faire plus encore ! Car la protection des ressources de la planète fait partie de votre ADN.

Vous êtes en effet positif, toujours partant pour tester de nouvelles voies. Vous voulez faire bouger les lignes et ne tarissez pas d’idées.

Vous souhaitez partager avec d’autres entreprises votre engagement, avancer avec elles pour un monde plus sobre, vous appuyer sur l’expertise du WWF ? Vous êtes le candidat idéal pour le Club Entreprendre pour la planète !

À RETENIR

Finalement, agir pour gagner en sobriété & en résilience, c’est à la portée de tous…

S’il nous fallait retenir 4 points essentiels, ce seraient ceux-ci :

01

Identifier ses principaux enjeux et dépendances

Cela permet de prioriser l’action pour actionner les leviers qui auront le plus fort impact. Chaque goutte d’eau compte, mais c’est bien de ne pas passer à côté des plus gros flots !

02

Clarifier son « Empreinte eau » à la lumière de la chaîne de valeur de l’entreprise

Cela signifie d’intégrer ses fournisseurs en amont et clients à l’aval. Et comme la démarche ne peut être que progressive, ne pas hésiter à valoriser en interne les étapes franchies.

04

Agir local et global

Les tensions sur l’eau s’analysent bassin par bassin (versant) et site par site.

Mais seule une vision élargie et croisée des enjeux sera efficace : eau, biodiversité et climat sont liés. Alors mieux vaut consolider ces combats plutôt que d’avancer en silo !

03

Sensibiliser, oui mais pas seulement !

D’autant que les actions en matière de sobriété ont l’avantage de réduire les factures. C’est encourageant.

Avec le Club EPP vous pouvez bénéficier de l’expertise du WWF, et partager avec les autres membres. À plusieurs, on se sent tout de suite plus forts !

Sans oublier, les bureaux d’études, structures pu- bliques, acteurs locaux…

Le monde de l’eau est un écosystème dans lequel on gagne à savoir nager.

Jamais seul !
© Petteri Hautamaa / WWF

PLUS LOIN SE FAIRE UNE IDÉE DES ENJEUX DE L’EAU …

… À L’ÉCHELLE PLANÉTAIRE

UNESCO, ONU-Eau, 2020 : Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau

2020 : L’eau et les changements climatiques

WWF : Le coût de l’eau bon marché, 2023: la véritable valeur de l’eau et des écosystèmes d’eau douce pour les humains et pour la planète

WWF : Rapport Planète vivante 2024 : Un système en péril

… EN FRANCE

Ministère de la Transition écologique (SDES et OFB) : Eau et milieux aquatiques, Les chiffres clés – Datalab Environnement – Édition 2020

WWF : Pour des rivières vivantes - 2024 - État des lieux de la biodiversité dans les eaux françaises

Gouvernement français, 2024 : 53 mesures pour l’eau - Plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau – Dossier de presse

... POUR VOTRE ENTREPRISE

Water Risk Filter : riskfilter.org/water

SBTN : Step 3 - Measure, set & disclose freshwater targets

Cas d’entreprise avec SBTN : Pour aller plus loin

Entreprises pour l’environnement (EPE), 2015 : Mesurer et piloter l’eau

Agence de l’eau Loire-Bretagne, 2009 : Guide de la gestion de l’eau en entreprise

Astee, 2023 : Favoriser le recours aux eaux non conventionnelles

ECOD’O, 2019 : Guide de bonnes pratiques pour la réduction des consommations d’eau dans les industries et entreprises du tourisme

CDSB, 2021 : Cadre CDSB - Recommandations d’application pour la présentation des informations relatives à l’eau

© Johan Hammar

ENSEMBLE, SOMMES LA SOLUTION MERCI

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