CLIMAT & BIODIVERSITÉ QUELLE ÉQUATION POUR LES PME & ETI ?
VERS UNE APPROCHE INTÉGRÉE
ÉDITO Aurélie Pontal, Directrice Corporate Engagement & Mécénat, WWF France Parce que le WWF agit depuis plus de 60 ans pour réconcilier nature, climat et activité humaine, nous savons combien climat et biodiversité forment les deux faces d’un même défi planétaire. L’un ne peut se comprendre ni se résoudre sans l’autre. Le dérèglement climatique aggrave la perte de biodiversité ; la dégradation des écosystèmes réduit notre capacité collective à atténuer ce dérèglement. Ensemble, ces crises menacent les équilibres écologiques dont dépendent nos sociétés et nos économies.
Ce livre blanc « Climat & Biodiversité » ne part pas de zéro. Les trois précédents avaient en effet porté sur l’empreinte carbone, l’empreinte biodiversité et la ressource en eau, formalisant ainsi de premiers socles de réflexion partagés entre PME et ETI. L’adoption d’une approche intégrée dans l’élaboration d’un plan de transition marque une nouvelle étape. Pour éviter les redondances, toutes les notions n’ont pas été reprises. N’hésitez pas à vous replonger dans nos premiers livres blancs du Club EPP.
© Andrew Parkinson / WWF-UK
Face à cette réalité, les entreprises ont un rôle central à jouer. Elles sont à la fois exposées à ces bouleversements et détentrices de leviers puissants pour transformer nos modèles de production et de consommation. Beaucoup d’acteurs économiques – grands groupes, PME et ETI – ont déjà pris conscience de leur responsabilité et de leurs dépendances. Pour d’autres, la question n’est plus « faut-il agir ? » mais « comment ? ». C’est précisément l’ambition de ce livre blanc : offrir un cadre méthodologique clair, accessible et rigoureux pour élaborer un plan de transition “climat & biodiversité”, adapté à la réalité des PME et ETI. Issu du Do-Tank 2025 du Club Entreprendre pour la Planète, ce document est le fruit d’un travail collectif : des échanges, des expérimentations et des retours d’expérience d’entreprises engagées aux côtés du WWF. Il s’appuie sur des outils concrets, dont plusieurs sont open source, et sur une approche intégrée reliant climat, biodiversité et ressources naturelles. Notre conviction est simple : agir pour la nature, c’est agir pour notre avenir à tous. C’est un défi passionnant qui redonne du sens et fait appel à notre créativité ! En réduisant leurs impacts, les entreprises réduisent leurs risques ; en s’investissant pour protéger et restaurer les écosystèmes, elles préservent leurs opportunités, créent de la valeur et préparent leur résilience. La transition n’est pas une contrainte ni un débat : c’est un changement, une nécessité et une voie d’innovation, de résilience et de performance. Nous espérons que ce livre blanc vous inspirera, vous guidera et vous donnera les moyens d’agir !
Véronique Andrieux, Directrice générale du WWF France « Dans un monde où la nature s’érode à un rythme inédit, les PME, profondément ancrées dans leurs territoires, occupent une place déterminante. Leur agilité, leur capacité d’innovation et la force de leurs réseaux locaux en font des actrices essentielles de la transition. Pour le WWF, ces entreprises sont des partenaires précieux : en s’engageant dans un plan de transition nature, elles contribuent à préserver et restaurer les écosystèmes dont elles dépendent et renforcent la résilience même de leur activité. Ensemble, à toutes les échelles, faisons émerger des modèles économiques réellement compatibles avec le vivant. »
02
SOMMAIRE 04 LES ENTREPRISES S’ENGAGENT AUX CÔTÉS DU WWF FRANCE 04
Parce que l’entreprise est à la fois le problème et la solution !
05
Une dynamique collective pour réfléchir, partager, échanger et tester
07 CLIMAT & BIODIVERSITÉ : 2 NOTIONS INDISSOCIABLES 08 08 09 10
2 crises jumelles, 1 seul combat L’urgence à agir Les entreprises ont intérêt à agir sur les deux fronts Quelle boussole à l’horizon 2030 ?
11 ÉLABORER UN PLAN DE TRANSITION, QUAND ON EST UNE PME/ETI 12 13 14 17 18 20 23
Pourquoi un plan de transition nature ? La démarche : par où commencer ? Comment procéder ? 01 - Diagnostic 02 - Priorisation 03 - Ambitions 04 - Plan d’action 05 - Mise en œuvre
25 SE DONNER LES MEILLEURES CHANCES DE RÉUSSITE 26 27 28
© Germund Sellgren / WWF-Sweden
4 facteurs de succès À quelle échelle agir ? Des cadres structurants pour accompagner les PME
30 BIBLIOGRAPHIE 03
PARCE QUE L’ENTREPRISE EST À LA FOIS LE PROBLÈME ET LA SOLUTION ! Au cœur des modes de production et de consommation, les entreprises ont un rôle déterminant à jouer pour la protection de la nature. Le Club Entreprendre pour la Planète du WWF rassemble des PME et ETI de tous secteurs, qui ont toutes un point en commun : la volonté de contribuer à la transition écologique.
LE CLUB EPP Sous l’impulsion du WWF France, ces PME et des ETI forment une communauté d’acteurs économiques engagés, au sein de laquelle les membres trouvent un cadre et des réponses pour : • Soutenir les projets terrain du WWF France • Avancer collectivement en partageant expertises, retours d’expériences, outils et idées • Bénéficier de l’expertise du WWF au gré des temps forts organisés toute l’année : ateliers, sorties terrain, rencontres, webinars thématiques… • Donner de la visibilité à leur engagement Une soixantaine de membres engagés entendent ainsi développer des synergies pour faire de leur entreprise un levier de changement : réduire leur empreinte écologique et préserver dans la durée des écosystèmes menacés ou dégradés.
04
UNE DYNAMIQUE COLLECTIVE POUR RÉFLÉCHIR, PARTAGER, ÉCHANGER ET TESTER WWF France offre la possibilité aux membres du Club Entreprendre pour la Planète de participer à un cycle d’ateliers de travail collaboratifs. Les Do-tanks, animés par le WWF et ses experts entreprise et programme, créent des ponts entre réflexion et action.
L’ENJEU Mobiliser la force de l’intelligence collective et de l’expérimentation pour mieux comprendre les enjeux et solutions, partager entre pairs les difficultés et opportunités, réfléchir à des actions concrètes à la lumière d’initiatives inspirantes, tester des outils pour avancer… tels sont les axes de travail proposés par les différents ateliers.
Une 4e édition qui s’inscrit dans la durée Les trois précédents Do-Tanks ont porté sur l’empreinte carbone des entreprises en 2022, l’empreinte biodiversité en 2023 et la ressource en eau en 2024. À partir de ces premiers socles, les réflexions se sont portées en 2025 sur l’élaboration d’une approche holistique, couvrant le climat et la biodiversité, sans omettre plus largement la question des ressources naturelles.
Le présent livre blanc témoigne des réflexions et de la démarche de co-construction menées en 2025 dans le cadre du Do-Tank « Climat & Biodiversité ». Son contenu vient donc en complément des précédents livres blancs, avec un triple défi :
01
02
03
ENRICHIR LES RÉFLEXIONS
PROPOSER UNE
IDENTIFIER LES OUTILS
À LA LUMIÈRE DE
DÉMARCHE INTÉGRÉE
D’OBJECTIVATION, DE
L’ACTUALITÉ
AUX ENTREPRISES
MESURE ET DE SUIVI
Franchissement de 7 des 9 limites planétaires, nouveau cadre légal, initiatives innovantes susceptibles de donner de nouveaux leviers d’action dans les territoires et pour les entreprises…
À la fois robuste et suffisamment flexible pour s’adapter aux PME et ETI, ainsi qu’aux différentes typologies d’activité.
Couvrant l’ensemble de la démarche du diagnostic à l’action, en allant jusqu’à la réflexion sur le choix d’indicateurs.
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Un Do-Tank en deux temps
UNE VINGTAINE D’ENTREPRISES SE SONT IMPLIQUÉES
Le Do-Tank 2025 a été rythmé par deux grands temps forts :
Entreprises partenaires du WWF
MARS Une journée pour faire le point et dessiner les axes pour élaborer ou consolider sa propre feuille de route climat & Biodiversité
ATELIER DROME LV
• Point sur le contexte environnemental et réglementaire, échanges sur les évolutions depuis les premiers livres blancs, témoignages d’entreprises engagées sur leurs clés pour agir, ateliers de co-construction.
JUIN Une demi-journée pour avancer concrètement sur les outils en mettant l’accent sur la priorisation et la mesure • Points et échanges sur les dispositifs à la disposition des entreprises, réflexions autour des indicateurs de mesure, test d’outils de diagnostic des impacts et dépendances.
Entreprises de l’écosystème RAISE
Intervenants
TÉMOIGNAGE RAISE - Aglaé Touchard-Le Drian, Directrice Générale RAISE, Co-head RAISE Impact « Chez RAISE, nous sommes convaincus que la prise en compte des enjeux liés à la biodiversité est au cœur de la transition écologique. C’est pourquoi nous avons initié un partenariat structurant avec le WWF. L’un des objectifs consiste à accompagner les entreprises en portefeuille pour adresser les enjeux liés à la biodiversité et transformer leurs pratiques.
Pendant un atelier collaboratif du Do-Tank 2025, les entreprises testent ensemble des outils de diagnostic avec un double objectif : identifier leurs principaux impacts et prioriser l’action.
Accueillir et participer au Do Tank « Climat et biodiversité » a été un moment fort. Cela a permis aux entreprises que nous suivons de partager leurs stratégies climatiques et biodiversité afin d’ajuster leurs trajectoires en réponse aux défis environnementaux. Avec à la fois une réflexion méthodologique et des clés pour agir. »
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CLIMAT & BIODIVERSITÉ 2 NOTIONS INDISSOCIABLES
© Sabrina Bqain / WWF
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2 CRISES JUMELLES 1 SEUL COMBAT Climat et biodiversité sont deux facettes indissociables de la même crise planétaire. Le dérèglement climatique accentue la perte de biodiversité - par la hausse des températures, la montée des eaux, l’acidification des océans, la multiplication des événements extrêmes - tandis que l’érosion de la biodiversité réduit la capacité de la nature à atténuer ce changement climatique, notamment en stockant du carbone.
L’URGENCE À AGIR Des limites dépassées... Nous avons déjà franchi 7 des 9 limites planétaires définies par les scientifiques comme seuils au-delà desquels la stabilité de la Terre est menacée. Ce constat repose sur un principe simple : la planète n’est plus en mesure de garantir durablement les conditions d’habitabilité nécessaires à la survie des espèces vivantes.
L’un dérègle les équilibres naturels, l’autre les fragilise davantage. Les différents services écosystémiques sont alors menacés, ce qui nous prive de nos meilleurs alliés pour la soutenabilité terrestre.
Traiter ces 2 enjeux séparément revient à avancer à cloche-pied.
“Limiter le réchauffement climatique afin de garantir un climat habitable et protéger la biodiversité sont des objectifs qui se renforcent mutuellement, et leur réalisation est essentielle pour assurer de manière durable et équitable des bénéfices aux populations”.1 © Andre Dib / WWF-Brazil
Les scientifiques alertent sur des points de bascule : les seuils critiques à partir desquels les écosystèmes s’effondrent brutalement de façon irréversible. La forêt amazonienne, par exemple, pourrait se transformer en savane si la déforestation dépasse un certain seuil. Elle ne produirait alors plus sa propre pluie, avec des effets dévastateurs à l’échelle mondiale : des pertes irrémédiables de biodiversité et de valeur culturelle, des modifications des régimes climatiques régionaux et mondiaux, et des conséquences sur la productivité agricole et l’approvisionnement alimentaire mondial. Plus près de nous, les sécheresses à répétition et les activités humaines non durables, en France et dans les pays voisins, menacent de condamner les bassins versants en situation de fort stress hydrique. Cela affecte les populations locales dépendantes de la ressource en eau, et fait peser un risque de rupture d’approvisionnement pour les activités qui en dépendent : les cultures mais aussi les industries qui ont besoin d’eau dans leur processus (lavage, refroidissement, etc.).
Rappelons que, selon l’IPBES, le climat est l’une des 5 pressions majeures sur la biodiversité ( page 14).
Les scientifiques du GIEC et de l’IPBES ont clairement souligné la nécessité de prendre ces deux enjeux conjointement :
Des points de bascule atteints
2.
La biodiversité s’effondre à un rythme inédit :
73% 85%
DE BAISSE DES POPULATIONS D’ANIMAUX SAUVAGES DEPUIS 19703 DE CHUTE POUR LES ESPÈCES D’EAU DOUCE
Il est urgent de réduire les impacts des activités humaines sur la nature, mais aussi de restaurer et régénérer les écosystèmes. Cela implique une transformation en profondeur des modèles d’affaires des entreprises afin de les rendre compatibles avec les seuils écologiques.
Agir uniquement sur le climat ne suffit plus. Les technologies bas-carbone, aussi nécessaires soient-elles, ne remplaceront jamais les services gratuits et irremplaçables de la nature : filtration de l’eau, fertilité des sols, régulation des épidémies, captation du carbone… Ces services sont aujourd’hui gravement menacés par les pressions anthropiques. 1. IPBES-IPCC co-sponsored workshop report on biodiversity and climate change (2021) 2. Source : Azote for Stockholm Resilience Centre, based on analysis in Sakschewski and Caesar et al. 2025 3. Indice Planète vivante – Rapport Planète vivante 2024
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LES ENTREPRISES ONT INTÉRÊT À AGIR SUR LES DEUX FRONTS Les entreprises doivent élaborer des stratégies pour respecter les seuils écologiques et ainsi assurer leur propre pérennité. Le WWF appelle à ce que ces stratégies soient scientifiquement rigoureuses et inscrites dans une démarche continue de sobriété.
À L’ÉCHELLE MACRO-ÉCONOMIQUE Deux chiffres parlent d’eux-mêmes :
55%
de l’économie mondiale dépend directement des services rendus par la nature. Sans pollinisateurs, pas d’agriculture viable, et encore moins d’industrie agro-alimentaire. Sans forêts, pas de matériaux, ni d’eau potable, ni de climat vivable. Préserver la biodiversité, c’est préserver les conditions d’activité des entreprises, leur sécurité d’approvisionnement, leur compétitivité et leur image.
7%
du PIB mondial, c’est le coût de l’inaction si rien n’est fait pour rediriger les flux financiers vers des activités économiques à moindre impact sur l’environnement. C’est près de 10 000 milliards de dollars d’ici 2050. Il est donc temps de réinscrire l’économie dans les limites planétaires, pas contre elles, en intégrant la notion de capital naturel1. Car ce qui est en jeu, c’est l’ensemble des ressources et services écosystémiques fournis par la nature, essentiels tant au bien-être humain qu’à l’économie, non substituables et soumis à des limites écologiques strictes.
"Le coût de la transition, bien inférieur à celui de l’inaction, va croître avec le retard pris dans la conduite des transformations" 2
À L’ÉCHELLE DES ENTREPRISES : UNE CHANCE À SAISIR Les risques liés à l’inaction sont réels :
Agir pour la nature, c’est aussi agir pour son activité :
PERTURBATION DES CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT ET DE L’ACTIVITÉ
Les entreprises ont un rôle-clé à jouer. Elles disposent des moyens, des leviers, de l’agilité pour transformer leur modèle. Avec de multiples opportunités à la clé :
BAISSE DE LA PRODUCTIVITÉ PERTE D’ATTRACTIVITÉ POUR LES TALENTS ET LES INVESTISSEURS
PERFORMANCE ACCRUE
DÉGRADATION DE LA RÉPUTATION
SOURCES D’INNOVATION
HAUSSE DES COÛTS DES MATIÈRES PREMIÈRES
AXES DE DIFFÉRENCIATION
SANCTIONS RÉGLEMENTAIRES
RÉDUCTION DES COÛTS
RISQUES FINANCIERS DONT MODALITÉS DE CRÉDIT PLUS CONTRAIGNANTE, AUGMENTATION DES COÛTS D’ASSURANCE…
GAIN DE PARTS DE MARCHÉ RÉSILIENCE ET PÉRENNITÉ
Une transition écologique cohérente s’appuie sur une double approche : réduire l’empreinte carbone et l’impact sur la biodiversité. Cela signifie d’intégrer dans leur stratégie les deux crises écologiques majeures ainsi que leurs solutions convergentes. © Andre Dib / WWF-Brazil
1. Le capital naturel se définit comme un stock de ressources biotiques (communautés d’organismes vivants tels que plantes, animaux et micro-organismes) et abiotiques (environnement non vivant), dont une partie est renouvelable et l’autre non (combustibles fossiles, minéraux et minerais) (WWF, 2021) 2. Cour des comptes, Rapport public thématique : « La transition écologique », septembre 2025
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LA BONNE IDÉE
QUELLE BOUSSOLE À L’HORIZON 2030 ?
Sans oublier qu’elles créent des co-bénéfices pour la santé, l’eau, l’agriculture, le bien-être des communautés locales. Les SfN ne sont pas des gadgets. Ce sont des investissements à fort impact durable, que chaque acteur économique peut décider de privilégier. Elles permettent d’avancer simultanément sur le climat, la biodiversité et la résilience territoriale.
01 RÉDUIRE NOTRE EMPREINTE 02 PRÉSERVER CE QUI PEUT
ZÉRO PERTE D’HABITATS NATURELS Maintien des écosystèmes naturels existants, conservation, utilisation durable, restaurations et résilience climatiques
ENCORE L’ÊTRE
Cela signifie accélérer la transition vers des modes de production et de consommation sobres en ressources et en émissions, protéger activement les espaces naturels restants et restaurer les milieux déjà fragilisés afin de rétablir leurs fonctions écologiques essentielles. Le soutien financier des entreprises, au travers du mécénat, est un levier essentiel pour mener à bien ces projets sur le terrain.
À consulter : "Des solutions fondées sur la nature pour répondre aux enjeux des territoires", catalogueprojets-sfn-edition-2025-web.pdf
La stratégie 2030 du WWF repose sur trois piliers d’action concrets et complémentaires.
DÉGRADÉS
Les solutions fondées sur la nature (SfN) regroupent les actions qui protègent, gèrent durablement ou restaurent les écosystèmes pour répondre à nos défis sociétaux, dont le changement climatique. Ainsi la préservation des forêts naturelles et la remise en eau des tourbières pourraient fournir jusqu’à un tiers des mesures d’atténuation du changement climatique nécessaires pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Le développement de l’agroforesterie, la protection des récifs coralliens, la préservation des herbiers marins (dont les herbiers de Posidonie) sont autant d’autres solutions qui s’offrent à nous.
© Alexis Rosenfeld
03 RÉPARER LES ÉCOSYSTÈMES
Les solutions fondées sur la nature, efficaces et pérennes
Ces objectifs impliquent une réponse globale et cohérente à la double crise climatique et de la biodiversité. Ils appellent à transformer en profondeur nos modèles économiques, en replaçant le vivant au cœur des décisions.
LES TROIS OBJECTIFS DU WWF
ZÉRO EXTINCTION Stabilité ou augmentation des populations d’espèces
AU BÉNÉFICE DES HOMMES
RÉDUIRE DE MOITIÉ L’EMPREINTE de la consommation et de la production et réduire de moitié les GES
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ÉLABORER UN PLAN DE TRANSITION
QUAND ON EST UNE PME/ETI
© Andrew Parkinson / WWF-UK
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POURQUOI UN PLAN DE TRANSITION NATURE ? Vous êtes conscient des défis planétaires et des responsabilités qui incombent aux entreprises. Pour autant, comment intégrer les défis climat et biodiversité dans votre feuille de route opérationnelle ? Comment instaurer une cohérence avec les dispositifs de publication RSE, qu’ils soient obligatoires ou volontaires ? C’est le défi méthodologique qui se pose à votre entreprise. Une solution s’offre à vous : un plan de transition nature, adapté à la taille de votre entreprise.
UNE DÉMARCHE STRUCTURÉE
DES BÉNÉFICES MAJEURS
Mettre en place un plan de transition nature, c’est adopter une stratégie structurée permettant à votre entreprise de transformer ses activités pour réduire ses impacts sur l’environnement et intégrer durablement les limites écologiques dans son fonctionnement.
La démarche vous permet d’aller vers une réduction des pressions exercées sur la nature : pollutions, artificialisation des sols, consommation de ressources, émissions de gaz à effet de serre, dégradation des habitats naturels...
Il ne s’agit pas simplement d’ajouter un volet environnemental à une démarche RSE. C’est un outil de pilotage à part entière, qui gagnera à être aligné sur les standards scientifiques et réglementaires : norme volontaire VSME de reporting en matière de durabilité (destinée aux micro, petites et moyennes entreprises non cotées), Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD), Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) pour adopter un cadre cohérent avec les grands groupes. Il est aussi intéressant de se référer aux engagements internationaux comme les Accords de Paris de 2015, le Cadre mondial pour la biodiversité adopté lors de la COP15, la Stratégie nationale Biodiversité 2030 pour la France, etc.
Vous renforcez ainsi la résilience de votre entreprise face aux risques environnementaux : raréfaction des ressources, aléas climatiques, attentes réglementaires et sociétales… Mieux gérer ses enjeux nature/climat, c’est développer une meilleure compréhension de son modèle d’affaire, pour mieux appréhender vos coûts, travailler sur la sobriété des ressources et des impacts dans ce modèle. Toutes les entreprises sont concernées, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité, avec l’objectif de faire de la nature un enjeu stratégique et opérationnel, au même titre que le climat ou la performance économique.
TÉMOIGNAGE SAYARI - Anne-Claire Asselin, Fondatrice Sayari accompagne les entreprises dans leur démarche de réduction des impacts environnementaux de leurs activités. « Voici 6 recommandations issues de notre expérience en tant que bureau d’études. »
01
02
La biodiversité est un sujet vaste et complexe, qui peut donner le vertige. Cela ne doit pas paralyser l’action. Les connaissances scientifiques évoluent ; l’important est de rester agile, d’intégrer ces évolutions au fil du temps… et de commencer, sans attendre d’avoir toutes les réponses.
Travailler sur la biodiversité nous relie directement à nos émotions et à notre vécu - qui n’aime pas la forêt, les oiseaux, les paysages ? Cette dimension sensible est un puissant levier de mobilisation interne.
AVANCER AVEC HUMILITÉ
MISER SUR LA DIMENSION MOBILISATRICE DE LA NATURE
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Le plus difficile est souvent de démarrer. Pourtant, un simple premier pas - comme organiser une Fresque de la biodiversité permet d’embarquer les équipes, en posant des bases communes.
Les d’entreprises en savent déjà beaucoup sans le réaliser. Le climat étant l’une des 5 pressions qui s’exercent sur la nature, l’entreprise qui a travaillé sur ses émissions carbone dispose déjà d’éléments utiles pour élargir sa démarche.
FAIRE LE PREMIER PAS
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SE CONCENTRER SUR LES « GROS CAILLOUX » Inutile de viser l’exhaustivité. L’enjeu est d’identifier les vrais sujets dans la chaîne de valeur : matières premières, déchets, pollutions liées à l’usage des produits… Il est possible de commencer avec une approche qualitative (comme un diagnostic BPI) sans se perdre dans des outils complexes.
CAPITALISER SUR L’EXISTANT
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INTÉGRER LA BIODIVERSITÉ AU CŒUR DE LA STRATÉGIE L’activité de l’entreprise dépend directement des écosystèmes, une rupture d’approvisionnement liée à l’érosion du vivant pouvant mettre en péril son modèle. La biodiversité doit donc être pensée comme étant au cœur de sa résilience et de sa performance à long terme.
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UNE DÉMARCHE EN 5 ÉTAPES
LA DÉMARCHE : PAR OÙ COMMENCER ? COMMENT PROCÉDER ? 01
DIAGNOSTIC © Andrew Parkinson / WWF-UK
À NOTER Si votre entreprise a déjà adopté une démarche sur le climat pour réduire son empreinte carbone, vous ne partez pas de zéro ! Vous pouvez capitaliser sur les données acquises, vos réflexions sur la gouvernance et les démarches de sensibilisation des parties prenantes pour instaurer une démarche globale climat et biodiversité. Les recommandations qui suivent mettent plus fortement l’accent sur le volet biodiversité qui, fréquemment, est mis en œuvre par les entreprises dans un second temps.
Des focus vous sont proposés dans les pages suivantes sur quelques outils. D’autres outils sont évidemment mobilisables selon le contexte de votre entreprise.
Évaluez vos impacts et dépendances, risques et opportunités
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PRIORISATION Fondez vos priorités sur les enjeux majeurs
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MISE EN ŒUVRE Suivez, améliorez, rendez compte
Les outils existent, les méthodes sont éprouvées. Ce qui compte aujourd’hui, c’est la capacité à enclencher une dynamique concrète, structurée et mesurable. Ce plan de transition nature est votre levier pour transformer vos contraintes en opportunités et construire une performance durable. Un mot d’ordre : agir maintenant !
03
AMBITIONS Fixez des objectifs solides et mesurables
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PLAN D’ACTION ET INDICATEURS Passez à l’action de façon construite et collective
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01 DIAGNOSTIC
Évaluez vos impacts et dépendances, risques et opportunités L’évaluation rigoureuse de la « double matérialité » est un préalable : • Quels sont les impacts de vos activités sur la nature au sens large (eau, sols, climat, biodiversité…) tout au long de votre chaîne de valeur ? Quelles sont les zones géographiques à fort enjeu écologique et les pressions majeures que vous y exercez ? • Quels sont les risques environnementaux susceptibles d’influencer votre activité économique et financière de votre entreprise et ses perspectives de développement ? Cartographiez les risques et opportunités de votre entreprise en lien avec la nature : quelles ressources vous rendent vulnérables ? Quelles pratiques sont à risque ?...
L’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services) identifie 5 grandes pressions responsables de l’érosion de la biodiversité dans le monde :
LE CHANGEMENT D’USAGE DES TERRES ET DES MERS
LA SUREXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES
Cette analyse fonde toute votre stratégie. Elle est indispensable pour cibler vos actions et convaincre vos parties prenantes.
ALLER PLUS LOIN Pressions exercées sur la nature, de quoi parle-t-on ? Les pressions, ce sont les activités humaines qui contribuent à la dégradation de la biodiversité et des écosystèmes, ou qui perturbent le fonctionnement du climat. Pas toujours directement visibles, elles s’exercent sur les milieux naturels à différentes échelles et tout au long de la chaîne de valeur des entreprises.
LES POLLUTIONS, SOUS TOUTES LEURS FORMES (chimiques, plastiques, lumineuses, sonores, etc.)
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE qui altère les habitats et amplifie les pressions existantes
LES ESPÈCES EXOTIQUES ENVAHISSANTES, qui concurrencent ou supplantent les espèces locales
Ces pressions interagissent entre elles et contribuent à l’affaiblissement des écosystèmes, à la disparition d’espèces et à la perte de services rendus par la nature (filtration de l’eau, régulation du climat, pollinisation, etc.). Elles affectent aussi les capacités d’adaptation des sociétés humaines face aux crises environnementales. Pour être efficace, votre plan de transition doit donc viser à réduire ces pressions à la source, de façon structurée et mesurable. Comprendre et évaluer les pressions exercées par l’entreprise sur l’ensemble de sa chaîne de valeur est fondamental pour établir un diagnostic et identifier les enjeux qu’elle doit adresser.
© naturepl.com / Paul Williams / WWF
© Andre Dib / WWF-Brazil
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01 DIAGNOSTIC
Une démarche par modules
1 INFORM
Donne une vue sectorielle des dépendances et impacts : comment votre secteur d’activité dépend de services écosystémiques et quelles pressions il exerce.
OUTILS OPEN SOURCE DU WWF SUITE RISK FILTER
WWF propose le Biodiversity Risk Filter (BRF) et le Water Risk Filter (WRF), deux outils en ligne accessibles gratuitement pour identifier, évaluer et prioriser les risques liés à la biodiversité et à l’eau dans les opérations et chaînes d’approvisionnement. Ils combinent données spatiales, visualisation, analyses sectorielles et méthodologie transparente.
2 EXPLORE 3 ASSESS
Donne accès à des cartes interactives des risques, des informations sur les profils des pays, ainsi que des éléments de compréhension de la méthodologie utilisée.
Recommandations d’action et de planification (en développement concernant le Biodiversity Risk Filter)
Géolocaliser, c’est la clé pour avancer ! Les cartes jouent un rôle central : elles permettent de visualiser spatialement où les risques sont les plus élevés (zones sensibles, pressions accumulées). Le module « Explore » propose des couches de risques physiques (dégradation des écosystèmes, perte de services) et de risques réputationnels (proximité d’aires protégées, conflits locaux, surveillance médiatique). L’outil mobilise une trentaine d’indicateurs pour la biodiversité et autant pour l’eau, couvrant l’état des écosystèmes, la diversité des espèces, les pressions anthropiques (pollution, changement d’usage des sols, surexploitation) ou la gouvernance locale. Retrouvez toute la documentation sur :
Module Explorer et Evaluer de la suite Risk Filter du WWF
Calcule des scores de risque biodiversité ou eau, par site ou portefeuille, une fois vos sites (opérations, fournisseurs, investissements) localisés, avec possibilité d’exports en tableau ou graphique pour bâtir votre analyse.
4 ACT
riskfilter.org et lancez votre analyse
Un tutoriel vous guide pas à pas :
Pour le WWF, il convient de réaliser des analyses au niveau des sites ou des actifs, en commençant par ceux qui ont une importance clé pour votre modèle d’affaires ou dans des zones que vous savez à risque (ex : à proximité de zones Natura 2000, en situation de stress hydrique...).
https://riskfilter.org/tutorial © 2003 -2024 Shutterstock, Inc. © WWF Deutschland
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01 DIAGNOSTIC
POUR ALLER PLUS LOIN : DIAG BIODIVERSITÉ DE BPIFRANCE D’AUTRES OUTILS OPEN SOURCE
ENCORE
Un dispositif pensé pour les PME
En pratique*
« Exploring Natural Capital Opportunities, Risks and Exposure » telle est la proposition de cet outil, développé par le Programme des Nations unies pour l’environnement et la Global Canopy, pour aider les entreprises à comprendre leurs liens avec la nature. Pour une PME, cet outil de diagnostic simple et structuré permet d’identifier les dépendances d’une activité aux ressources naturelles (eau, sols, pollinisation, matières premières, etc.) et les risques économiques liés à leur dégradation, d’anticiper les vulnérabilités de la chaîne de valeur, de façon à orienter les stratégies de transition vers des pratiques plus durables.
Aider les entreprises à franchir la première étape (comprendre où et comment leur activité interagit avec le vivant), tel est l’objectif du Diag Biodiversité.
L’accompagnement repose sur l’expertise d’un bureau d’études agréé par Bpifrance.
Lancez le test en ligne :
https://www.encorenature.org/en
BILAN CARBONE Plusieurs outils, accessibles gratuitement, offrent aux PME et ETI la possibilité de mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre de façon autonome et conforme aux standards (GES, ISO 14064, Bilan Carbone®). Le choix de l’outil dépend de la taille de l’entreprise, de ses ressources internes, de son niveau de maturité et de ses objectifs. Transparentes et évolutives, ces solutions facilitent un accompagnement collaboratif et un partage de bonnes pratiques. Empreinte Carbone : plateforme gratuite, développée par l’ADEME et Datagir, pour calculer simplement les émissions directes et indirectes d’une organisation à partir de données d’activité. CarbonCutter : tableur libre et personnalisable pour réaliser un bilan carbone complet, avec formules pré-remplies et facteurs d’émission actualisés. Opencarbon : communauté francophone dédiée au partage d’outils, de méthodologies et d’expériences autour des bilans carbone open source.
L’accompagnement permet d’analyser de manière structurée les principales dépendances et impacts liés à la biodiversité sur toute la chaîne de valeur, de la conception à l’usage des produits. Cette lecture fine met en lumière non seulement les risques associés à l’érosion du vivant - ruptures d’approvisionnement, vulnérabilités opérationnelles - mais aussi les opportunités d’innovation et de différenciation. Le Diag contribue aussi à donner aux équipes les clés pour s’approprier le sujet. Shutterstock / Shivang Mehta / WWF
DURÉE : 10 jours répartis sur 3 à 6 mois APPROCHE : Analyse qualitative et quantitative des enjeux de l’entreprise, en lien direct avec son modèle économique et sa chaîne d’approvisionnement. DISPOSITIF OUVERT AUX : PME françaises, tous secteurs d’activité, disposant d’un premier exercice comptable et à jour de leur obligations sociales et fiscales. COÛT : 6 000 € pour l’entreprise (subvention de 40 % apportée par l’OFB) À l’issue de l’accompagnement, l’entreprise peut prolonger son engagement en rejoignant le programme « Entreprises engagées pour la nature » porté par l’OFB. Cette articulation garantit la cohérence entre le diagnostic initial, la mise en œuvre d’actions concrètes et leur suivi dans le temps. https://diag.bpifrance.fr/diag-biodiversite *Données 2025
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02 PRIORISATION
Fondez vos priorités sur les enjeux majeurs
TÉMOIGNAGE
L’entreprise ne peut tout faire immédiatement. Même si l’adoption d’une vision d’ensemble est un plus, il convient de commencer par agir sur les activités et les sites géographiques qui ont été identifiés comme majeurs lors du diagnostic, tant en termes d’impacts que d’importance pour votre modèle d’affaire ou de production. Progressivement, vous pourrez élargir les activités et/ou les sites pris en compte.
MOEA - Meven Pageot, responsable RSE
© Richard Barrett / WWF-UK
Les outils de diagnostic, mobilisés lors de l’étape 1, permettent d’objectiver le travail de priorisation.
DIAG BIODIVERSITÉ SUITE RISK FILTER DU WWF
DE BPIFRANCE
Ils clarifient les zones à enjeu, qui seront par conséquent à traiter en priorité. Grâce à la cartographie, votre entreprise peut prioriser les sites sur lesquels concentrer des actions correctrices ou des mesures d’atténuation, selon l’intensité du risque et selon le poids stratégique du site dans la chaîne de valeur.
Il débouche sur un plan d’action ciblé, qui hiérarchise les priorités et trace une trajectoire claire pour réduire les pressions exercées sur les écosystèmes et contribuer à leur restauration.
L’ANALYSE DE CYCLE DE VIE (ACV) L’ACV fournit une vision des impacts environnementaux d’un produit, service ou processus sur l’ensemble de son cycle de vie - de l’extraction des ressources à la fin de vie. En quantifiant les postes les plus contributifs, elle permet d’identifier les leviers d’action les plus efficaces pour réduire l’empreinte globale. C’est donc un puissant outil d’aide à la décision pour prioriser les actions en orientant les efforts là où ils ont le plus d’impact positif. © Olli Immonen / WWF
« Nous sommes une marque française fondée il y a 4 ans, engagée dans la création de sneakers à partir de matériaux végans et innovants issus de déchets de fruits et de plantes. Grâce à ces matières premières, nous parvenons à réduire drastiquement, jusqu’à 100 %, la part de plastique habituellement présente dans les alternatives au cuir. Cependant, les matériaux naturels ne sont pas exempts de défis : leur impact carbone peut se révéler supérieur à celui des matières synthétiques. Selon la base Empreinte de l’ADEME, la production d’1 kg de coton émet en moyenne 16 kg de CO2 équivalent, contre 10 kg pour 1 kg de polyester. Pour effectuer des choix réellement éclairés, nous faisons réaliser par des partenaires indépendants des analyses de cycle de vie (ACV) complètes sur nos matières et nos produits. Ces études couvrent 16 indicateurs environnementaux, allant de l’empreinte carbone à l’épuisement des ressources naturelles, en passant par différents types de pollutions. Afin d’aller encore plus loin, nous avons développé notre propre outil d’éco-conception, intégrant notamment les nouvelles matières que nous élaborons, comme celles issues de champignons. Cet outil permet de simuler les émissions carbone d’un modèle en fonction de ses composants et de leurs proportions, offrant ainsi la possibilité d’arbitrer dès la phase de conception pour réduire l’impact des futures collections. Enfin, nous avons mis en place un service de réparation, Re[MoEa], et avons lancé en 2025 notre programme de recyclage Second Life. Nous revalorisons à 100 % d’anciennes paires de MoEa en triant les composants en bon état qui serviront à refabriquer les tiges et le reste qui sera injecté dans les semelles. »
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03 AMBITIONS
Fixez des objectifs solides À partir des résultats de votre évaluation, fixez des objectifs précis, localisés et fondés sur la science : À COURT, MOYEN ET LONG TERME
EN LIEN AVEC LES ENJEUX PRIORITAIRES IDENTIFIÉS
PRENANT EN COMPTE LES RÉALITÉS LOCALES ET ALIGNÉS SUR LES ENGAGEMENTS NATIONAUX VOIRE INTERNATIONAUX Pensez votre plan en hiérarchisant les objectifs : certaines cibles seront globales (zéro déforestation et préservation des écosystèmes naturels), d’autres seront contextuelles en lien avec vos enjeux matériels et priorisés (ex : réduire de 25% l’empreinte carbone d’une gamme de produit en ré-utilisant des matériaux clés) ainsi que la situation d’une région donnée. L’enjeu : construire un cap clair et atteignable.
Optez pour des objectifs mesurables Un plan de transition nature n’a de sens que s’il est accompagné de cibles et d’indicateurs permettant d’en suivre l’efficacité. Mesurer, c’est à la fois piloter, rendre compte et progresser. Sans indicateurs, une entreprise risque de se limiter à des intentions générales, difficilement crédibles et vulnérables aux accusations de greenwashing. Des ambitions objectivées : • donnent de la transparence, • mobilisent les équipes, • crédibilisent la stratégie auprès des parties prenantes (clients, investisseurs, salariés), • facilitent l’accès à certains financements. Définissez vos indicateurs dès la conception de votre plan ! Vous pourrez suivre les progrès réalisés pas à pas. Définir les indicateurs dès la formalisation des ambitions évite le risque de devoir abandonner une action au bout de plusieurs mois (voire années) parce que l’usage montre qu’aucun indicateur ne permet d’en évaluer l’impact correctement ou que les données récupérées sur plusieurs sites sont impossibles à consolider à l’échelle corporate.
© naturepl.com / Anup Shah / WWF
TÉMOIGNAGE TIKAMOON - Justine SIMONET, responsable RSE Chez Tikamoon, nous concevons et distribuons du mobilier en bois massif monté, fabriqué par des partenaires engagés et assemblé selon des techniques traditionnelles. À l’issue de notre participation au 1er parcours de la Convention des Entreprises pour le Climat, nous avons repensé notre business model pour l’aligner avec les limites planétaires. Nous portons désormais une ambition claire : concevoir des meubles capables de durer plus longtemps que le temps de renouvellement de l’arbre dont ils sont issus, soit 100 ans, afin de stocker le carbone le plus longtemps possible. Inscrire nos produits dans ce temps long permet de leur offrir plusieurs vies et de réduire le recours au mobilier neuf, limitant ainsi la pression sur les ressources naturelles et la biodiversité. Pour y parvenir, nous avons défini des actions à court, moyen et long terme autour de 2 axes : les produits et la pédagogie client. Côté produits, nous avons fait des choix structurants sur les matériaux afin de garantir robustesse et réparabilité, au profit du bois massif. Côté clients, nous les accompagnons lorsqu’ils souhaitent changer de mobilier grâce au programme CIRCLE by tikamoon : le rachat à vie de nos meubles, leur réparation si nécessaire dans notre atelier circulaire, puis leur revente en seconde main pour leur offrir une nouvelle vie. Ces actions traduisent notre vision d’une entreprise régénérative, qui vise à dépasser la réduction de ses impacts négatifs pour renforcer ses impacts positifs, notamment via le mécénat en faveur de la préservation des écosystèmes forestiers. Ainsi nous soutenons le programme Nature Impact du WWF.
Choisir et suivre des indicateurs robustes, c’est donc transformer une stratégie climat et biodiversité en une démarche crédible, pilotée et engageante. C’est aussi un levier de compétitivité : les entreprises qui savent démontrer la pertinence de leur trajectoire de réduction des impacts gagnent la confiance des parties prenantes et s’ouvrent à de nouvelles opportunités commerciales.
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03 AMBITIONS
En pratique Un indicateur peut être un chiffre clé (ex : pourcentage de déchets recyclés) ou un ratio (volume d’eau prélevé en zones sensibles / m³). Cela peut également être un indicateur composite. EXEMPLES :
COMMENT CHOISIR UN BON INDICATEUR ? INDICATEUR D’INTERDÉPENDANCE DES ENTREPRISES À LA BIODIVERSITÉ (IIEB)
Soyons SMART ! Avant d’adopter un indicateur, assurez-vous qu’il est bien spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et temporellement défini. Votre indicateur doit aussi : • être crédible scientifiquement et aligné avec les enjeux clés de l’entreprise ;
Développé par ORÉE Destiné à mener une analyse « flash » de ses dépendances et impacts sur la biodiversité, de façon très simple, l’IIEB intègre 23 critères composant une grille et se traduisant visuellement par un graphique.
• refléter des effets réels sur la biodiversité et le climat, au-delà des moyens engagés ; • être sensible aux évolutions dans le temps, pour montrer les progrès ou les éventuelles régressions ; • être compréhensible par vos différentes parties prenantes (ou le devenir par une présentation didactique ou un travail d’acculturation mené en parallèle) ;
BIODIVERSITY INDICATOR AND REPORTING
• s’inscrire dans des cadres de référence partagés (reporting CSRD, Science Based Targets for Nature, TNFD).
Développé par l’UICN Il calcule un indice annuel de l’état de la biodiversité pour chaque site d’extraction et chaque réserve foncière, en tenant compte :
SYSTEM (BIRS)
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de l’étendue de chaque type d’habitat présent sur un site,
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de l’état écologique de ces habitats, en particulier de leur aptitude à la biodiversité,
À NOTER
© Loic Poidevin / WWF
Indicateur et gouvernance Un indicateur, ça se partage ! S’il est important que le ou les responsables du plan s’impliquent directement dans la définition des indicateurs, il est primordial que ces indicateurs soient suivis au niveau du comité de direction, au même titre que les indicateurs commerciaux et financiers.
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du caractère unique et de l’importance écologique de chaque habitat dans le contexte régional. © Andrew Parkinson / WWF-UK
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04 PLAN D’ACTION
Passez à l’action de façon construite Votre plan d’action opérationnel doit inclure : des actions concrètes dans vos opérations directes, sur l’ensemble de la chaîne de valeur et au-delà, à travers un soutien à des projets de protection de l’environnement ; une planification financière dédiée ; l’implication de tous les métiers concernés : achats, R&D, RH, production, marketing… Chaque action doit être assortie d’un calendrier, de cibles chiffrées et d’indicateurs adaptés et fiables. Étape 03
LA BONNE IDÉE
© Joseph Gray / WWF-UK
Structurez votre action autour de la séquence :
COMPRENDRE I ÉVITER I RÉDUIRE I RESTAURER I RÉGÉNÉRER I TRANSFORMER
1 COMPRENDRE
2 ÉVITER
- vos consommations de matières premières et/ou de produits transformés
les impacts négatifs : repenser vos pratiques pour ne pas dégrader les écosystèmes et le climat, et contribuer à leur préservation en soutenant des projets de conservation dans la durée.
- vos émissions de CO2 (et autres GES)
© Joseph Gray / WWF-UK
3 RÉDUIRE les impacts lorsque l’évitement n’est pas possible : modifier vos processus, matières premières ou chaînes logistiques pour limiter les pressions sur les ressources naturelles.
6 TRANSFORMER
5 RÉGÉNÉRER
4 RESTAURER
enfin votre modèle économique et vos offres en profondeur, pour inscrire durablement la nature et le climat comme paramètres structurants de votre performance.
en allant au-delà de la restauration, pour améliorer la qualité et la résilience des écosystèmes sur le long terme.
les milieux naturels que vous avez dégradés, par la mise en place ou le soutien d’actions concrètes de réparation écologique. Penser à privilégier les solutions fondées sur la nature avec des co-bénéfices climat.
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04 PLAN D’ACTION
AGIR sur la surexploitation des ressources Exemples d’activités contributrices : consommation de matières premières, consommation d’eau (notamment dans les zones de stress hydrique).
VOTRE FEUILLE DE ROUTE ? Définir vos axes d’intervention repose avant tout sur votre diagnostic et sur les priorités identifiées en fonction de vos activités et des impacts ou pressions qui en résultent. Chaque entreprise est un cas particulier. Une possibilité est de fonder votre analyse sur les recommandations de l’Office français de la biodiversité (OFB) élaborées à partir des 5 pressions majeures identifiées par l’IPBES. Les exemples donnés ci-après ne visent pas l’exhaustivité. À vous de jouer pour déterminer votre propre plan d’action !
• Mettre en place des infrastructures partagées par d’autres entreprises d’une zone industrielle afin de favoriser la réutilisation ou le recyclage des matériaux. • Face à la surexploitation de la pêche, s’engager à fournir des informations complètes aux consommateurs (dont nutrition, origine et performance environnementale des produits). • Réduire de 20 % les consommations d’eau sur tous les sites d’ici 3 ans, avec un objectif renforcé de –40 % dans les zones à fort stress hydrique. • Éliminer l’usage d’espèces inscrites à la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées), comme le bois de rose en ébénisterie, l’Esturgeon béluga, les coraux... Consultez la liste :
https://checklist.cites.org
AGIR sur le changement climatique AGIR sur le changement d’usage des terres Exemples d’activités contributrices : conversion d’espaces naturels en terres agricoles (surtout en monoculture), extraction minière, construction immobilière sur des espaces naturels, nouvelles routes ou voies ferrées. IDÉES D’ACTIONS
Exemples d’activités contributrices : usage de pesticides et d’engrais chimiques, plastiques, activités minières polluantes, activités industrielles bruyantes (pollution sonore). IDÉES D’ACTIONS
IDÉES D’ACTIONS
QUELLES ACTIONS INTÉGRER À
AGIR sur les pollutions
Exemples d’activités contributrices : transports (en particulier routier et aérien), consommation d’énergie carbonée, utilisation d’unités de froid obsolètes, alimentation riche en viande et produits laitiers… IDÉES D’ACTIONS • Réduire de 30 % les émissions de GES liées aux transports d’ici 5 ans.
• Éviter les polluants organiques persistants et les produits chimiques ayant des effets négatifs avérés sur la biodiversité, y compris les produits chimiques nocifs et les substances dangereuses. • Supprimer 100 % des plastiques jetables sur site et réduire de 50 % les plastiques dans les produits d’ici 3 ans. • Soutenir, par exemple par le mécénat, des initiatives pour lutter contre la destruction des habitats ou restaurer ces habitats. Plus largement, promouvoir la préservation de la biodiversité. • Mettre en place une isolation sonore des installations d’ici 5 ans.
AGIR sur la diffusion d’espèces exotiques envahissantes (EEE) Exemples d’activités contributrices : importation de produits porteurs d’espèces non indigènes, aménagements de terrain sans contrôle des espèces végétales, activité touristique/transport sans gestion des vecteurs de dissémination. IDÉES D’ACTIONS
• Viser le zéro gaspillage alimentaire et orienter la production agricole vers l’amélioration des terres cultivables (Ex : agriculture biologique, agriculture régénératrice).
• Atteindre 70 % d’énergie renouvelable utilisée d’ici 5 ans, et réduire de 15 % la consommation énergétique totale par unité produite d’ici 2 ans.
• 100 % de la terre utilisée sur les chantiers désinfectée ou traitée pour éliminer les racines de renouée du Japon (ou autres EEE selon les lieux).
• Renaturer ses différents sites en prenant en compte la nature du sol, en collaboration avec des experts locaux.
• Remplacer 50 % des unités de réfrigération par des modèles moins émissifs d’ici 5 ans.
• 70 % de produits alimentaires d’origine France d’ici 3 ans
• Doubler la durée de vie des équipements électroniques (entretien, reconditionnement) d’ici 5 ans.
• Intégrer l’amont dans des chaînes de production qui réunissent les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement autour d’un contrat multipartite, d’un cahier des charges partagé et d’un circuit de valorisation commun.
• 100 % des espèces végétales utilisées issues de filières labellisées « Végétal local » d’ici 5 ans.
• Réaliser 100 % des nouvelles constructions sur des zones déjà imperméabilisées, dès cette année.
• Intégrer les animaux et les plantes dans un même système : « l’animal nourrit la plante, la plante nourrit l’animal ».
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TÉMOIGNAGE
04 PLAN D’ACTION Le mécénat, un levier d’action essentiel Face au rythme actuel de dégradation de la biodiversité et du dérèglement climatique, il n’est pas suffisant d’agir uniquement dans sa sphère directe d’impact. Il est crucial que le secteur privé contribue à préserver et à restaurer ce qui nous reste de biodiversité et ainsi limiter les conséquences du changement climatique en s’appuyant sur la nature. Levier incontournable, le mécénat environnemental permet à l’entreprise d’agir concrètement. Aussi, le WWF propose des actions de mécénat à ses entreprises partenaires et encourage des dispositifs comme le 1% for the Planet, avec des projets de conservation sur divers écosystèmes prioritaires.
FOUNTAINE PAJOT - Sigrid Longeau, Responsable RSE « Nous concevons des voiliers qui évoluent au cœur de ce que la planète a de plus précieux : les océans. Préserver ce capital est une responsabilité évidente pour nous. Nous avons initié une stratégie de décarbonation, portée par notre plan d’entreprise Odysséa à horizon 2030 : développement de la motorisation hybride, travaux d’éco-conception, développement d’innovations avec nos fournisseurs… Mais décarboner ne suffit pas. Une analyse de double matérialité nous a conduits à cibler un enjeu majeur pour la Méditerranée : la protection des herbiers de Posidonie. Nous avons lancé ODSea Life, un programme dédié à la préservation des écosystèmes marins. Il vise à sensibiliser notre communauté (propriétaires, société de location, fournisseurs, confrères) à s’engager sur les herbiers de Posidonie, et à développer une plaisance durable, notamment par l’intégration de la cartographie des zones de Posidonie sur les outils à bord. Nous avons choisi de soutenir le WWF en mécénat avec des actions concrètes comme la restauration des herbiers et l’accompagnement de collectivités méditerranéennes dans l’implantation de zones de mouillage organisées. La transition environnementale du nautisme, c’est possible ! »
Dans cette perspective, le WWF propose aux entreprises de toutes tailles des actions de mécénat sur différents écosystèmes, comme : VIE DES FORÊTS
AGRICULTURE DURABLE
VIE DES OCÉANS
EAU DOUCE
VIE SAUVAGE
Pérenniser les services écosystémiques rendus par les forêts via le programme NATURE IMPACT
Favoriser la résilience et la sobriété dans les usages de l’eau des agriculteurs DANS LA DRÔME
Redonner du souffle à la Méditerranée : protection des écosystèmes marins dégradés comme les HERBIERS DE POSIDONIE
Préserver la biodiversité au cœur des ÉTANGS DE LA BRENNE
Soutenir la CONSERVATION D’ESPÈCES EMBLÉMATIQUES, comme le tigre, à l’échelle mondiale
© 2024 Ola Jennersten
© Laurent Libouton / Pixabay
© Philipp Kanstinger / WWF
© Wild Wonders of Europe Milán Radisics / WWF
© Andy Rouse / naturepl.com / WWF
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05 MISE EN ŒUVRE
Suivez, améliorez, rendez compte Le plan de transition est un outil vivant, mettez en place un système de suivi itératif et robuste. • Testez, avancez et transformez ! • Analysez vos résultats et ajustez vos actions. • Rendez compte de vos avancées aux parties prenantes, dans une logique de transparence et de progrès continu. L’ensemble de la démarche doit s’intégrer à votre reporting extra-financier. Vous pourrez ainsi renforcer votre engagement dans le temps.
CONSTRUIRE UN TABLEAU DE BORD ROBUSTE EN VARIANT LES INDICATEURS Il n’existe pas d’indicateur unique pour « mesurer la nature » (qu’il s’agisse de son état à un moment donné ou des variations induites par les actions réalisées), notre environnement résultant d’interactions complexes. Il est donc fortement recommandé de combiner plusieurs indicateurs afin d’obtenir une vision suffisamment large et éviter tout biais d’analyse que pourrait engendrer le choix d’un indicateur trop spécifique. Par exemple, l’adoption d’un seul indicateur de suivi des actions de réduction des émissions de gaz à effet pourrait cacher des atteintes à la biodiversité en parallèle. De même, les pressions sur la ressource en eau doivent s’analyser en associant des indicateurs quantitatifs et qualitatifs.
© Fritz Pölking / WWF
© Jeff Siebert/WWF-US
TÉMOIGNAGE AIGLE - Claire Kirsch, Global CSR Manager « Entreprise à mission depuis 2020, Aigle a inscrit dans ses statuts sa raison d’être et s’engage à la réalisation d’une feuille de route solide en matière de RSE via notre programme Aigle for tomorrow, abordant 3 piliers : Product, Planet, People. Sur la partie Planet, nous avons déjà adressé plusieurs chantiers, comme récemment la certification 50001 de notre manufacture de bottes en France, et poursuivons nos efforts via notre analyse de biodiversité. Les enjeux prioritaires : les matières et les fournisseurs. Nous avons engagé une étude sur la filière du caoutchouc naturel, qui démontre une chaîne de valeur complexe et multiple en termes de nombre d’acteurs. Étant acteur responsable, nous souhaitons nous assurer de la traçabilité pour arriver en 2030 à l’objectif de 100 % de caoutchouc tracé. Par ailleurs, notre plan d’action Planet inclut un soutien à l’initiative Nature impact de WWF France pour la préservation de nos forêts. Le rayonnement de notre marque à l’international nous permet de continuer nos actions notamment avec WWF HongKong avec le soutien d’initiatives locales telles que la restauration des coraux ou encore l’opération « Plastic is not fantastic ».
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05 MISE EN OEUVRE
MON TABLEAU DE BORD Votre tableau de bord est unique puisqu’il reflète votre plan d’action. Pour vous aider à le construire, voici une série d’indicateurs catégorisés par pression, état et réponse. Choisissez les plus adaptés à votre contexte et n’hésitez pas à en intégrer d’autres !
PRESSION INDICATEURS DE PRESSION
© wildlifewitholly / WWF-UK
ÉTAT
RÉPONSE
Ils mesurent les causes de dégradation écologique
Ils mesurent directement la biodiversité présente
INDICATEURS D’ÉTAT
INDICATEURS DE RÉPONSE
Taux d’artificialisation des sols (hectares transformés par an) pour évaluer l’empreinte biodiversité
Perte de couverture arborée / Conversion d’habitats naturels mesure la superficie d’habitats naturels transformés (hectares perdus/ an) – Source : Global Forest Watch
Surface restaurée ou renaturée (ha/an)
Surface imperméabilisée (m²)
Taux de stocks halieutiques surexploités proportion de stocks de poissons exploités au-delà du rendement durable (% de stocks surexploités) – Source : FAO
Prélèvements en eau ou ressources naturelles (m³, tonnes) Pourcentage de matières premières issues d’espaces naturels Nombre d’espèces affectées ou menacées par site Émissions de CO2 par activité ou par site Quantité de Nox, SOx, pesticides rejetés Quantité de déchets rejetés
Indice d’exposition aux aléas climatiques score composite (0–1) évaluant l’exposition d’un site aux risques de chaleur, sécheresse, inondation ou montée des eaux – Source : WWF RFS Indice de pollution des eaux douces concentration moyenne d’azote, phosphore ou métaux lourds dans les bassins versants (mg/L ou µg/L) - Source : HydroBASINS. Indice de pression des espèces exotiques envahissantes >> nombre d’espèces exotiques envahissantes recensées par unité de surface (espèces/km²) ou score d’intensité d’invasion (0–1) – Source : Global Invasive Species Database / WWF RFS Biodiversity Module.
Ils évaluent les actions mises en place
Pourcentage du chiffre d’affaires investi en actions climat et biodiversité Pourcentage du CA issu de la réutilisation Variation dans le temps des indicateurs d’état (amélioration ou dégradation) Nombre de sites avec un plan de gestion écologique Partenariats mis en œuvre (ONG, collectivités, etc.) Pourcentage de salariés sensibilisés ou formés
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SE DONNER LES MEILLEURES CHANCES DE RÉUSSITE
© naturepl.com / Alex Mustard / WWF
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RECO 02
4 FACTEURS DE SUCCÈS
• vos fournisseurs et sous-traitants dans la construction de feuilles de route communes, alignées sur des objectifs partagés ;
• les acteurs locaux (collectivités, associations, autres entreprises dans votre zone industrielle…), en particulier dans les projets de restauration écologique ou de protection des ressources.
RECO 03
Il appartient à l’équipe de direction de s’emparer, valider et suivre le plan de transition. Voici quelques pistes pour consolider la gouvernance « Nature » et ainsi créer les conditions d’une transformation des pratiques métiers lorsque cela est pertinent.
Développez une culture de démarche intégrée
• Nommer un responsable ou un comité dédié, comme pour tout plan d’action.
Pour être efficace, l’action gagne à être globale et transversale, en impliquant plusieurs services et métiers à la fois, selon des objectifs et calendriers partagés. Cela demande :
• Assurer la cohérence du plan de transition nature avec les autres objectifs de l’entreprise. C’est un levier de pilotage stratégique autant qu’un facteur de crédibilité.
• d’expliciter le « désilotage » des enjeux et des actions « climat – biodiversité – ressources » en rappelant leurs liens ; • d’apprendre aux équipes à travailler ensemble sur des actions transversales.
RECO 04
RECO 01
• vos clients pour favoriser les comportements vertueux (consommation responsable) et valoriser les efforts de transformation ;
Organisez une gouvernance claire
• Inscrire la nature et le climat à l’ordre du jour des réunions stratégiques.
Votre transition ne peut réussir sans l’ensemble de votre propre écosystème. Impliquez : • vos salariés, en formant et en associant les équipes à tous les niveaux ;
Comment mettre toutes les chances de votre côté ? Voici 4 recommandations issues des retours d’expérience de PME qui se sont engagées.
• Mettre en place une étape d’acculturation de l’ensemble des décideurs clés de façon à renforcer les compétences internes sur les phénomènes et sujets concernés.
Engagez l’ensemble des parties prenantes
© naturepl.com / Nature Production / WWF
Avancez « groupé » Quelles sont les meilleures pratiques dans votre secteur d’activité ? Existe-t-il des initiatives locale ou nationale que vous pourriez rejoindre ? En développant une approche sectorielle, vous pouvez mutualiser les efforts, créer des dynamiques de marché et gagner en efficacité.
TÉMOIGNAGE M2i - Christian Le Roux, secrétaire général « M2i est une PME de 200 personnes qui fabrique des produits alternatifs aux pesticides, à base de phéromones. Nous avons 5 investisseurs de fonds à impact, dont Raise. Nous devons leur fournir 130 indicateurs RSE par an et 30 mensuels. Nous avons des réunions de suivi tous les 3 mois. C’est un gros travail, mais cela nous permet d’expliquer à nos investisseurs nos objectifs pour avancer. En interne, pour faire accepter une politique environnementale, nous devons sans arrêt faire de la pédagogie. Nous avons obtenu le label Ecovadis Or. Les opérationnels hésitent à investir dans des outils comme un bilan énergétique ou une analyse biodiversité. Réduire les coûts énergétiques, améliorer le recyclage des matières dangereuses, etc., sont aussi des investissements utiles et des économies à moyen et long terme. Il faut démontrer les intérêts positifs pour l’entreprise. Avancer au sein de réseaux est également important. Nous travaillons de manière étroite avec le WWF mais aussi avec le comité environnement/biodiversité du Medef. Cela nous permet de connaître les visions des uns et des autres, et de faire une synthèse. Partager et échanger avec nos pairs, par exemple dans le cadre du club Entreprendre Pour la Planète auquel j’appartiens depuis le début, est un atout pour apprendre des bonnes pratiques de chacun et les reprendre lorsqu’elles sont pertinentes pour nos activités. »
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À QUELLE ÉCHELLE AGIR ?
AGIR « LOCAL » Agir à une échelle locale permet de prendre en compte les caractéristiques des milieux naturels impactés, les pressions spécifiques qui s’y exercent et les parties prenantes concernées. C’est l’échelle privilégiée pour des actions de réduction des impacts, de préservation des habitats naturels, de régénération ou d’atténuation ciblées (Ex : réduction des prélèvements d’eau ou des pollutions dans un bassin versant prioritaire).
Choisir la « bonne » échelle est un enjeu stratégique dans la construction d’un plan de transition nature. Ce choix influence la pertinence des actions engagées, la qualité du suivi des impacts et la capacité de l’entreprise à articuler ses objectifs locaux avec ses engagements globaux. L’échelle d’intervention doit être pensée dès l’analyse de double matérialité et la définition de l’ambition. Trois approches sont possibles, à articuler avec pragmatisme.
Mais cette granularité pose des défis de pilotage, les données étant fréquemment hétérogènes et peu consolidables : comment agréger les résultats pour piloter une trajectoire cohérente à l’échelle de l’entreprise ? Comment évaluer si les effets cumulés sont à la hauteur des enjeux ?
AGIR « GLOBAL » Une autre option consiste à structurer la transition nature à partir de métriques globales et comparables, afin d’avoir une vision consolidée des progrès à l’échelle de l’entreprise (Ex : suivi consolidé de l’empreinte foncière ou hydrique sur les chaînes de valeur mondiales). Grâce à une meilleure intégration dans les reporting, la communication est facilitée avec les investisseurs et parties prenantes. Attention à ce qu’une distance trop grande avec les réalités écologiques de terrain ne conduise pas à une perte d’efficacité ou de légitimité des actions.
MIXER LES ÉCHELLES La solution la plus robuste consiste à articuler les deux niveaux : fixer des objectifs globaux consolidables à l’échelle de l’entreprise, décliner localement des cibles adaptées aux enjeux écologiques spécifiques (par écosystèmes, par territoire, par filière…), tout en identifiant des points de convergence via des indicateurs communs.
L’IDÉAL ? © Andrés Murrieta / WWF Perú
© WWF-US/Franck Gazzola
Agir au plus près des impacts matériels ou sur les sites ayant les plus d’émissions, tout en construisant une trajectoire lisible à l’échelle stratégique de l’entreprise. Ce travail suppose une réflexion méthodologique en amont, notamment sur la modélisation, l’échantillonnage, ou la priorisation des zones d’action. Dans tous les cas, un équilibre est à trouver entre pertinence écologique, robustesse stratégique et faisabilité opérationnelle. C’est aussi un levier fort pour ancrer la transition nature dans la réalité opérationnelle.
* Ensemble d’écosystèmes, caractéristique d’une région et s’étendant sous un climat donné
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DES CADRES STRUCTURANTS POUR ACCOMPAGNER LES PME J’ADHÈRE
Conjuguer performance et réduction des impacts sur le climat, la biodiversité, et plus largement sur les ressources naturelles… c’est possible.
3 ANS
Plusieurs démarches se distinguent par leur crédibilité et leur pertinence pour les PME et ETI. C’est en particulier le cas de l’initiative française Entreprises Engagées pour la Nature (EEN) portée par l’Office français de la biodiversité (OFB) et dédiée à la nature. D’autres initiatives offrent également des cadres plus larges.
JE M’ENGAGE MES ACTIONS SONT ÉVALUÉES © Daniel Vallauri / WWF
ACT PAS-À-PAS
ENTREPRISES ENGAGÉES POUR LA NATURE (EEN)
Un cadre pour structurer la transition climat des entreprises
Un cadre français centré sur la biodiversité
Développée par l’ADEME dans le cadre de l’initiative ACT (Assessing Low-Carbon Transition), la démarche propose aux PME et ETI une méthodologie progressive et opérationnelle pour construire une stratégie climat alignée avec les objectifs de décarbonation. Accessible et adaptée aux ressources des petites et moyennes organisations, ACT Pas-à-Pas guide l’entreprise depuis l’évaluation de ses émissions jusqu’à la définition d’objectifs fondés sur la science, en passant par l’identification des leviers de réduction et la planification d’actions concrètes. La démarche articule diagnostic, trajectoire, plan d’action et pilotage, selon une logique d’amélioration continue. Elle s’appuie sur des outils robustes, une structuration en étapes successives et un accompagnement par des experts formés. Vous pouvez progresser à votre rythme tout en vous assurant de la crédibilité environnementale de votre transition.
Pilotée par l’OFB, la démarche EEN accompagne les entreprises volontaires dans la mise en œuvre d’un plan d’actions concret en faveur de la nature : réduction des pressions, restauration d’écosystèmes, intégration de la biodiversité dans la stratégie. L’entreprise candidate s’engage, soumet un plan d’action de 2 ou 4 ans validé par un comité d’experts, puis bénéficie d’une reconnaissance à l’échelle nationale. Là encore, il ne s’agit pas d’une simple valorisation de résultat, mais d’un processus dynamique : diagnostic initial, engagement formel, mise en œuvre, suivi et évaluation. Les actions sont inscrites dans une logique de progrès mesurable, et participent à l’atteinte des objectifs fixées dans la Stratégie nationale biodiversité 2030. À NOTER : Le Diag Biodiversité de Bpifrance s’intègre dans la dynamique et peut constituer la 1e étape. https://ofb.gouv.fr/entreprises-engagees-nature
L’engagement précède la reconnaissance L’entreprise doit d’abord analyser son impact, définir une trajectoire d’amélioration et démontrer ses avancées avant d’obtenir la labellisation. La démarche repose aussi sur la transparence et la mesure. Apportant une expertise spécifique sur les enjeux de biodiversité, EEN offre aux entreprises un cadre concret pour structurer leur stratégie Nature, progresser à leur rythme et valoriser leurs engagements auprès de leurs clients, partenaires et salariés.
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TÉMOIGNAGE BOGOODS Mathieu Vial, CEO de Bogoods « Nous sommes une agence de création et de fabrication d’accessoires et de packaging pour les marques de mode et de cosmétiques. Nous sommes 11 salariés. En 2021 nous nous sommes engagés dans une certification B Corp que nous avons obtenue avec un score de 96,7 ! Elle recouvre 5 critères : la gouvernance, la collectivité, les collaborateurs, l’environnement et les clients. Elle va donc bien au-delà du Bilan Carbone, c’est une vision à 360°. L’un des objectifs était de nous différencier de nos concurrents, mais cela nous a aussi permis de professionnaliser notre organisation : nous avons dû revoir tous nos process, de la RH, au métier jusqu’aux feedbacks de de nos parties prenantes.
© Andrew Parkinson / WWF-UK
3 AUTRES CADRES STRUCTURANTS
Dans le cadre de B Corp, nous avons notamment réalisé un Bilan Carbone. Résultat : à 99%, notre impact vient du Scope 3. Nous avons aussi fait un état des lieux en matière d’impact sur la biodiversité. Suite à ces analyses, nous avons décidé de nous lancer dans plusieurs certifications phares des catégories que nous adressons quotidiennement : FSC pour le bois, Global Organic Textile Standard (GOTS) pour le coton biologique, Global Recycled Standard (GRS) pour les matériaux recyclés, etc. Aujourd’hui, l’enjeu est de travailler à embarquer les clients pour qu’ils développent avec nous des produits certifiés. »
B CORP
ECOVADIS
LABEL LUCIE
Créé par B Lab, le label distingue les entreprises qui intègrent des critères exigeants de performance sociale, environnementale et de gouvernance. Pour obtenir la certification, l’entreprise doit réaliser un B Impact Assessment, un questionnaire d’environ 200 indicateurs qui évalue sa contribution positive sur 5 piliers : gouvernance, collaborateurs, collectivité, environnement et clients.
Ecovadis propose une évaluation complète de la performance RSE des entreprises, à travers une plateforme reconnue au niveau international. Le référentiel s’appuie sur 21 critères regroupés en 4 thématiques : environnement, social & droits humains, éthique et achats responsables.
Fondé sur la norme ISO 26000, le label accompagne les organisations dans une démarche globale de responsabilité sociétale. Il repose sur une évaluation indépendante et un plan d’amélioration continue, intégrant les enjeux environnementaux, sociaux, éthiques et de gouvernance.
Chaque entreprise est notée sur la base de preuves documentées, favorisant une comparaison sectorielle et une valorisation des efforts engagés. Cette démarche, largement utilisée dans les chaînes d’approvisionnement, aide les PME et ETI à structurer leur politique RSE et à identifier leurs marges de progression. Avec à la clé une crédibilité vis-à-vis des donneurs d’ordre et investisseurs.
La version LUCIE ESG permet de répondre aux exigences de la CSRD en matière de reporting extra-financier.
L’obtention du label, valable 3 ans, suppose un score minimal et l’inscription de la mission sociétale dans les statuts. B Corp fonctionne comme un outil d’amélioration continue : les résultats mettent en évidence les points de progrès, et la re-certification périodique pousse à renforcer les engagements.
Très accessible pour les PME, le label favorise la structuration des actions climat et biodiversité, tout en offrant une cohérence avec d’autres outils (bilan carbone, trajectoire SBT, etc.). Plus de 1 300 organisations sont aujourd’hui labellisées : une solide communauté engagée dans la performance durable !
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PLUS LOIN
BIBLIOGRAPHIE DES PREMIÈRES RESSOURCES À CONSULTER Club EPP : Livre Blanc Climat - Livre Blanc Biodiversité - Livre Blanc Eau Douce WWF : Rapport Plan de transition Nature La plateforme Orée - Pensez à cocher la filtre “adapté aux PME” dans la colonne filtre à gauche Le dispositif Entreprises Engagées pour la Nature Le guide de BPI France Les approches sectorielles du Business for Nature et de la TNFD Rapports : UICN, Les Solutions fondées sur la Nature (Sfn) pour les risques liés à l’eau en France Rapport Planète vivante 2024, un système en péril Ademe, Agir pour la transition
DES OUTILS ET BASES DE DONNÉES OPEN SOURCE DÉMARCHE DE DOUBLE MATÉRIALITÉ : Bilan GES - Fiches sectorielles Outil d’évaluation de la matérialité (sectoriel) Liste des commodités à haut risque Indicateurs pour la matérialité financière LEAP methodology (TNFD i.e. p.100-137)
CARTOGRAPHIER ET ÉVALUER, MESURER SES INTERACTIONS À L’ENVIRONNEMENT : Water Risk Filter & Biodiversity Risk Filter Wood Risk Filter Portail Géorisque Le guide de l’UICN Et d’autres à retrouver sur la toolbox de SBTn
BASES DE DONNÉES BIODIVERSITÉ À CONSULTER : BISE (for EU countries)
SE FORMER AUX ENJEUX BIODIVERSITÉ :
SDPI Platform
Mooc - Entreprises & Biodiversité
De nombreuses métriques environnementales peuvent être retrouvées au sein du WWF Risk Filter Suite
Ademe - Catalogue de formation Cned - B.A.BA Climat et Biodiversité
© naturepl.com / Mateusz Piesiak / WWF
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Contribution rédactionnelle et méthodologique : © MarkediA - Graphisme : © MarkediA
ENSEMBLE, NOUS MERCI SOMMES LA SOLUTION