Mur biodiversitaire bio-sourcé à base de mycélium Violette Pezier Avec la gracieuse aide de Sandrine Marceau et Dinarzed Diafi (Ifsttar) Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais Département Transitions Encadrants: Thierry Ciblac, Loïc Couton, Nadja Gaudillière, Robert Le Roy 2019/2020
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ABSTRACT Le sujet de cette recherche concerne la création d’un mur biodiversitaire à base de matériau bio-sourcé: le mycélium. Le mur biodiversitaire est une évolution du mur végétal, il intégre la totalité des êtres vivants comme les insectes ou les petites mammifères. Cette notion est très récente, elle a été inventée par l’écologue Philippe Clergeau. Cependant le mur biodiversitaire est encore réfléchi à base de matériaux inertes et souvent polluants. Cette recherche tente de prouver que l’on peut créer un mur biodiversitaire à base de matériau composite mycélium/substrat. Le mycélium est la partie végétative du champignon et représente un matériau d’avenir pour l’architecture. Les objectifs principaux de cette recherche sont d’obtenir un matériau durable en extérieur et qui favorise le développement des végétaux. Plus de 36 échantillons ont été réalisés de tailles différentes et, à base de subtrat de différentes matières végétales et de différentes granulométries. Suite aux expériences le matériau ne montre pas de bonnes dispositions pour être durable comme mur biodiversitaire en extérieur mais est capable de résister à des arrosages réguliers. De plus, en réalisant des expériences chimiques comme le test de pH, on peut observer que c’est un matériau qui peut favoriser l’installation de végétaux puisqu’il montre un pH entre 6.2 et 6.8. Mots clés: Mur biodiversitaire, Mycélium, durabilité, éco-conception, bio-sourcé, végétalisation
ABSTRACT The subject of this research concerns the creation of a biodiversitaire wall based on bio-sourced material: mycelium. The biodiversity wall is an evolution of the plant wall, it integrates all living things like insects or small mammals. This notion is very recent, it was invented by the ecologist Philippe Clergeau. However the biodiversitaire wall is still reflected based on inert and often polluting materials. This research attempts to prove that a biodiversitaire wall based on mycelium/substrate composite material can be created. The mycelium is the vegetative part of the fungus and represents a future material for architecture. The main objectives of this research are to obtain a material that is sustainable outside and that promotes the development of plants. More than 36 samples were made of different sizes and, based on subtracting different vegetable materials and granulometries. As a result of the experiments the material does not show good disposition to be durable as external biodiversitaire wall but is able to resist regular watering. In addition, in carrying out chemical experiments such as the pH test, it can be oberserver that it is a material that can favor the installation of plants since it shows a pH between 6.2 and 6.8. Key words: Biodiversity walls, Mycélium, sustainability, eco-conception, bio-based, greening 3
I. INTRODUCTION Cette recherche s’intéresse aux développements des murs biodiversitaires. Le mur biodiversitaire est une évolution du mur végétal puisqu’il intègre une réflexion autour du végétal mais aussi de toute la biodiversité présente dans son environnement. Ces murs permettent une avancée dans la réflexion pour des villes plus écologiques, cependant les matériaux utilisés sont encore issus du pétrole et ne permettent pas l’installation optimale d’une biodiversité. [Clergeau, 2018] C’est pourquoi cet article va s’intéresser au développement des murs biodiversitaires à base de matériaux biosourcés. Pour cela, le matériau doit pouvoir acceuillir et favoriser le développement de végétaux mais aussi et surtout être durable afin de résister aux intempéries. Nous allons réaliser des expériences sur des briques de mycélium, nouveau matériau composite créé à partir du système végétatif du champignon, afin de déterminer s’il convient à une utilisation comme mur biodiversitaire.
II. CONTEXTE 1. La végétalisation des surfaces Aujourd’hui, les villes se renouvellent et se réinventent afin de faire entrer le vivant dans le tissu urbain. Il est indispensable de penser un nouvel écosystème urbain [ChartierDalix,2019], afin d’atteindre un équilibre tant pour l’humain que pour l’environnement dans lequel nous évoluons. Les réflexions sur l’intégration du vivant amènent à réfléchir d’abord pour le vivant avant toute autre considération, et la végétalisation des surfaces est un point clef de ces réflexions. On retrouve la végétalisation tant à l’échelle urbaine, que sur le bâtiment, avec toitures et murs végétaux. Ces élèments permettent de créer une continuité de la trame verte et ainsi favoriser le déplacement des insectes ou petits animaux en ville. [Clergeau, 2015] La trame verte est indispensable pour le métabolisme urbain, elle représente l’ensemble des espaces végétalisés présents dans la ville.
grimpantes ou tombantes. C’est un concept qui sera réutilisé par de nombreux architectes et qui permettra le développement de l’architecture verte dans les années 1970. [Guinaudeau, 2015] De nombreuses techniques permettent de végétaliser des surfaces, comme les jardinières et suspensions, les végétalisations des pieds de murs ou encore les «murs végétalisés». Le concept de «mur végétalisé», appelé aussi «mur végétal continu» est un procédé breveté qui a été initié par Patrick Blanc, biologiste, botaniste et chercheur au CNRS, au domaine de Chaumont-sur-Loire en 1994. Tout en étant spectaculaire, cette technique n’est pas optimale pour l’installation d’une biodiversité de par la technique d’installation du végétal mais aussi par la matérialité des supports. De plus, ces murs ne rentrent pas dans des considérations plus larges pour l’écologie, en effet aucun matériau utilisé pour sa réalisation n’est biodégradable ou biosourcé, l’installation de ces murs ont un coût très élevé (entre 500 et 700 euros le m²). Enfin ils demandent la plupart du temps un système d’irrigation complexe et polluant (pompes à eau) [Guinaudeau, 2015]. Le système Patrick Blanc (figure 1) consiste en une nappe de feutre dans laquelle on insère les plants, ces nappes d’irrigations sont en deux couches et sont croisées puis agraffées (substrat inerte). Ces feutres sont fixés sur un support de panneaux PVC étanches, eux mêmes fixés à un support métallique qui permet la fixation au mur existant.
1.1 Etat de l’art La végétalisation des murs et toitures est avant tout un principe inspiré de la nature, de nombreux murs se voient colonisés de manière spontanée et naturelle grâce à des mousses, des lichens ou encore des plantes
4 Fig 1. Système Patrick Blanc
Un autre système plus facile à obtenir est le système de mur modulaire. Le mur végétal modulaire (figure 2) est un système de végétalisation constitué d’élèments de taille régulière, assemblés et fixés sur une structure rigide. Il existe deux types de murs modulaires : - Cages métalliques ou coussins - Modules préformés « jardinières multiples »
biodiversité dans la ville dans les années 1990 en France. Ses recherches en écologie urbaine sont ciblées sur les constructions des biodiversités urbaines et notamment sur le rôle de l’organisation des paysages sur les dispersions animales. Il travaille plus particulièrement sur les relations entre écologie et planification et est responsable de programmes pluridisciplinaires nationaux sur les trames vertes urbaines et sur la végétalisation des bâtiments.
Les murs en cages métalliques sont généralement constitués d’un volume fermé en métal inoxydable ou traité, rempli par un support de culture inerte et dont au moins une des faces est végétalisée. Ils sont posés sur une structure porteuse en acier. Les Modules préformés sont des modules composites (PVC, PEHD) emplis de substrat fertile, rarement prévégétalisés et posés sur une structure porteuse en acier ou pvc. La différence de ce système avec le précédent est principalement l’épaisseur et l’utilisation d’un susbtrat.
De plus, il a introduit la notion de mur biodiversitaire [Clergeau, 2015], un système de façade durable qui intègre l’évolution dans le temps et permet l’implantation pérenne d’une faune et d’une flore locale sans entretien ou technicité particulière. La notion de mur biodiversitaire met en valeur le besoin vital inhérent au développement de la végétalisation, qu’est le substrat. L’entreprise Topager, spécialisée dans les potager urbains et la végétalisation de toiture à Paris, a développé récemment des prototypes tels que Vego. Vego est un système constructif de végétalisation verticale permettant d’avoir une lame de substrat connectée en faveur du développement d’un véritable “sol vertical” fonctionnel, avec notamment l’introduction d’organismes tels que des vers de terre, des champignons et des bactéries. Ce système permet notamment d’envisager une phytoépuration verticale avec l’utilisation des eaux grises en arrosage et la plantation de végétaux filtrants (roseaux, joncs, salicaires…) ou a contrario la création de façades végétales sèches à très faible entretien avec la plantation de végétaux adaptés. (figure 3)
Fig 2. Système cages métalliques
Le substrat est le support dans lequel le végétal va s’ancrer et puiser les minéraux dont il a besoin pour se développer. Ce peut être aussi bien des sédiments, de la vase, des roches... que des granulats spécifiques à un bassin biologique. L’introduction d’un substrat dans un mur permet une nutrition et une irrigation naturelle, une autonomie du mur et ainsi la reproduction de l’éco-système présent dans un sol. Le mur végétal est en pleine révolution, de nombreux écologues et architectes développent de nouveaux concepts. Philippe Clergeau, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et expert-consultant en écologie urbaine, a été un des pionniers d’une réflexion sur l’installation d’une
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Fig 3. Système Vego, Topager
Certains architectes s’intéressent au développement de ce concept et intègre dans leur agence des pôles de recherches, comme l’agence ChartierDalix qui a mis en place un premier mur inspiré par les réflexions de Philippe Clergeau. Le projet de l’Ecole de la Biodiversité à Boulogne (fig.5) est issu d’une réflexion innovante, le bâtiment combine deux programmes dans une enveloppe «vivante», devant accueillir diverses espèces de faune et de flore. Le défi est de créer un éco-système en toiture : une nature primitive, qui se prolonge dans la texture d’un mur d’enceinte habité (fig.6).
Fig 5. Ecole de la Biodiversité, Boulogne
L’aspect du bâtiment est soumis aux lois de la nature: temps, organismes vivants, contraintes physiques et chimiques... C’est la première application du mur biodiversitaire dans un contexte réel, il a permis aux architectes de servir d’exemple pour en retirer des leçons telles que le besoin d’avoir un véritable espace de substrat intégré dans le mur. Il permet aussi à l’écologue de suivre sonévolution et ainsi permettre une nouvelle avancée dans le développement de la biodiversité en ville. Les recherches de l’agence ont permis d’arriver à un nouveau prototype (fig.7) qui sera un mur en béton longeant un jardin du futur siège de l’AP-HP à l’hôpital Saint-Antoine. En cours de conception, il évoluera jusqu’à 8m de hauteur et sera en lien direct avec un jardin en hauteur. L’idée de ce mur est d’avoir une continuité de terre du sol, dans le mur jusqu’au jardin et ainsi permettre les échanges et déplacements de la biodiversité. Le mur est donc un simple renversement du sol, de l’horizontal à la vertical (Fig.8).
Fig 6. Enceinte de l’école de la biodiversité, Boulogne.
Cependant, les techniques de construction de ces murs restent encore difficiles à appliquer et sont spécifiques à chaque projet et chaque site.
Fig 7. Prototype de mur biodiversitaire, siège de l’APHP.
Le matériau utilisé est principalement du béton, de par ses caractéristiques de résistances à l’humidité et à l’attaque de la végétation. De nombreux nombreux acteurs du bâtiment dirigent leurs recherches vers des matériaux bio-sourcés et plus écologiques, cependant il est difficile de trouver des matériaux avec les caractéristiques adéquates à l’acceptation de la biodiversité.
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Fig 8. Relation mur et jardin, siège de l’APHP.
2. Principe d’éco-conception « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se tranforme» Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794)
“Du berceau au berceau” est une partie de l’écoconception mais aussi un concept d’éthique environnementale ou de philosophie de la production industrielle qui intègre, à tous les niveaux, de la conception (Fig.9 et 10), de la production et de la réutilisation du produit, une exigence écologique dont le principe est zéro pollution et 100 % réutilisé. [William McDonough,2002] Ce principe est comparable au principe de l’économie circulaire qui s’appuie sur le cycle biologique d’un élèment.
Fig 9. Concept de Cradle to Cradle
Ce principe fondamental et indissociable de l’écoconception, se retrouve en contradiction totale avec la réalisation actuelle des murs végétaux. Ces murs voués à accueillir et favoriser une grande biodiversité et qui ont pour but ultime d’être écologiques, sont composés à 95% de matériaux issus de ressources épuisables polluantes et non biodégradables (Fig.11). Cela nous ammène à questionner le cycle de vie biologique d’un mur végétalisé ou biodiversitaire, c’est à dire de son origine matérielle à sa fin. Ainsi dans cette recherche, nous allons nous intéresser à la matérialité du mur puisqu’elle impacte tout le cycle de vie du mur. En modifiant la matérialité nous modifiions l’utilisation de matières premoères épuisables, les besoins des plantes, les gestions coûteuses en énergie et en eau et le recyclage du mur en fin de vie. Nous nous tournerons vers l’application d’un matériau bio-sourcé pour remplacer l’intégralité des matériaux présents dans le mur végétal.
Fig 11. Classification des matériaux
Fig 10. Concept du cycle de vie par ChartierDalix
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3. Le matériau Bio-sourcé Les matériaux dits “bio-sourcés”, sont des matériaux issus de la “biomasse” c’est à dire issus de ressources renouvelables. Les connaissances physico-chimique sur ces matériaux permettent aux architectes de poursuivre les recherches des scientifiques et de les transcrire dans un contexte architectural. Les matériaux issus du vivant utilisent les ressources disponibles dans leur environnement tels que la cellulose, l’eau ou encore les sucres, et leur transformation nécessite peu d’énergie, elle aussi, issue d’énergies renouvelables. Un matériau encore peu utilisé en architecture aujourd’hui mais en voie de développement, est particulièrement intéressant puisqu’il est capable de capturer et stocker le carbone : le mycélium.
3.1 Le mycélium Le mycélium est la partie végétative du champignon, il est composé de cellules eucaryotes encapsulées par une paroi cellulaire rigide (Fig.12), il constitue un réseau de matière carbonée qui se développe sous forme d’entretoises, formant la structure cellulaire du mycélium [Zhaohui Yang,2017]. Le réseau de mycélium est constitué de filaments individuels, appelés hyphes (Fig.13 et 14), qui se développent à partir de spores de mycélium fongique.
Fig 12. Constitution du mycélium
Les champignons ont une fonction de démantèlement des molécules organiques et permettent ainsi la reconstitution des néosols, cette fonction est appelée la mycorhisation et elle est indispensable à l’équilibre du monde naturel. Les champignons se nourrissent de lignines et de cellulose, ce qui permet la digestion de la nécromasse. La rigidité et la résistance du mycélium est obtenue grâce à la molécule de la chitine qui forme la structure squeletique et cellulaire du mycélium [Carlile]. Afin d’obtenir un matériau utilisable dans la construction à base de mycélium, il est nécessaire de l’accorder avec une matière organique d’origine végétale, appelée substrat. Ce matériau composite se présente sous trois états: inerte, passif et actif. La matière végétale, constituée de cellulose et de lignine, offre une nourriture au mycélium lui permettant de se développer. Fig 13. Hyphes de mycélium x400
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Fig 14. Hyphes de mycélium x 400
Le matériau mycélium est, de par nature un matériau fibreux, c’est donc un matériau capable principalement de résister en compression. Il a une très grande plasticité, et qui le rend difficilement cassable. D’après l’etude dirigée par Zhaohui Yang [Zhaohui Yang,2017], le mycélium est un matériau d’avenir dans la construction puisqu’il montre que le matériau mycélium a une résistance à la compression de 350 à 570 kPa, une conductivité thermique allant de 0.05 à 0.07 W/(m.K) ainsi qu’un module d’élasticité en position horizontale de 20 à 60% . Ces résultats variants selon le protocole de d’incubation, du temps d’incubation, de la compression ou non et du séchage.(Tab.1)
Tab 1. [Zhaohui Yang,2017]
la brique avant le test, et non du type de substrat ou de mycélium. Ils mettent ainsi en lien les résultats à la résistance avec la masse volumique du matériau. (Tab.2) Ainsi nous allons réaliser des expériences de durabilité du matériau sur des briques de mycélium, ayant un même substrat avec trois granulométries différentes. En réduisant la granulométrie du substrat, nous réduisons la porosité de la brique et augmentons la masse volumique de la brique. De plus, en réduisant la granulométrie du substrat on crée un effet de compression naturelle du mycélium puisqu’il a plus de matière à dégrader et moins d’espaces pour se développer.
D’après l’étude dirigée par Freek V.W. Appels .[Freek V.W. Appels, 2019], sur les propriétés du mycélium, il est montré que les caractéristiques de résistance en compression et traction dépendent de la technique de pression de Tab 2. [Freek V.W. Appels, 2019]
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3.2 Etat de l’art L’utilisation du matériau est très récente et encore expérimentale dans le domaine des arts. On le trouve aujourd’hui dans le domaine du design, de l’architecture, de l’art et même dans le design industriel.
Les blocs sont liés grâce à des plateaux et tiges de bambous qui ne servent que de liens et ne supportent pas de charges (Fig.20). En 2019, à l’occasion de l’exposition La Fabrique du vivant au Centre Georges Pompidou, David Benjamin conçoit la structure The Living, créée à base de blocs de mycélium vivants et actifs (Fig. 21). La technique utilisée pour la création de cette structure est novatrice puisque les blocs ont été jetés de manière aléatoire dans un coffrage bois. Le coffrage a été retiré quelques jours plus tard et les blocs se sont solidifiés gâe à l’anastomose qui s’est développée entre les blocs. Cependant l’utilisation du matériau à l’état actif est très difficile puisque son environnement direct est très fragile, ainsi la structure a été victime de bactéries et a dû etre retirée avant la fin de l’exposition.
Dans le domaine du design, les premiers travaux à partir de mycélium (Fig. 15) ont été réalisés par Elden Bayer et Gavin McIntyre en 2007 avec la création de leur entreprise Ecovative. [Balmes,2019] C’est en 2009 que Philipp Ross introduit le matériau dans le domaine architectural. L’éco-matériau est utilisé sous forme de briques carrées pour des parements intérieurs. En 2010, il crée sa société Mycoworks, et introduit la notion de mycotecture, l’alliance de l’architecture et du matériau mycelium. La même année, le designer Maurizio Montalti crée l’entreprise Officina Corpuscoli (Fig. 16) puis co-fonde avec Stefano Babbini l’entreprise Mogu. Ces deux entreprises ont pour but d’exploiter les matières végétales, et plus particulièrement le mycélium, dans le design et l’architecture. Ils développent de nombreuses utilisations du mycélium comme la création de tissu, de vaisselles, ou de mobiliers.
Ce matériau constitue une solution durable pour le remplacements de nombreux matériaux de construction comme les isolants ou pour la grande distribution pour le remplacement des polystirènes utilisés comme emballages. Les enjeux principaux liés à ce matériau est principalement la durabilité du matériau afin qu’il puisse être utilisé de manière pérenne dans un milieu extérieur.
Par la suite, de nombreux architectes et designers se sont emparés du matériau pour la construction. Le matériau est utilisé sous trois états: actif, passif et inerte.
Suite à ces analyses, ces recherches se sont axées sur le création d’un mur biodiversitaire à bas e de mycélium. Les objectifs sont d’observer le comportement du matériau en présence de végétaux et d’observer sa résistance en milieu humide.
En 2014, un premier pavillon Ps1, la tour Hi-Fi est entièrement construite à partir de briques inertes de mycélium par David Benjamin dans l’espace du MoMA à New york (Fig 17). Le pavillon est haut de 12 mètres, c’est une tour constituée de de trois cylindres qui se rejoignent pour n’en former plus qu’un. C’est la première et la plus significative jusqu’alors, construite à aussi grande échelle dans le monde. Elle restera présentée tout le long de l’exposition, c’est à dire quatre mois en extérieur. [Inhabitat, 2017] En 2015 , Terreform utilise le mycélium comme remplissage pour l’assise d’un banc sur une structure de section verticale. le composite de mycélium est réalisé à base de morceaux de bois, de gypse et de son d’avoine (Fig.18). En 2017, pour la biennale de d’Architecture de séoul, Dirk Hebel et Philippe Block réalisent le Mycotree, une structure arborescente autoportante et comprimée, constituée de blocs de mycélium dans un état passif (Fig.19).
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Fig.15. Ecovative design
Fig.18. Terreform bench
Fig.16. Officina Corpuscoli
Fig.19. Mycotree, Dirk Hebel et Philippe Block
Fig.20. Mycotree, Dirk Hebel et Philippe Block
Fig.17. Hi-Fi Tower, David Benjamin
Fig.21. The Living, David Benjamin
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II. PROTOCOLE 1. Protocole d’expérimentations Nous avons déterminé deux objectifs principaux auxquels doit répondre le matériau mycélium afin d’être utilisé comme matériau de construction pour un mur végétalisé: •Etre capable de favoriser l’installation de la biodiversité •Etre durable en milieu extérieur Pour le premier objectif, nous avons réalisé deux expériences: Pour réaliser ces expériences, nous allons tester des briques composite de mycélium avec différents substrats (paille, bois et chanvre), ainsi que un substrat sous trois états granulométriques. Ceci pour déterminer si le substrat de base et la densité du substrat a une influence chimique sur l’implantation végétale. •Tests chimiques: PH ( Potentiel Hydrogène) intérieur et extérieur à la brique, matières organiques et taux de carbonates. Pour réaliser ces expériences, nous allons extraire des petits échantillons de l’intérieur de la brique puis de l’extérieur. Pour le test du Ph, nous allons dans un premier temps déterminer le Ph de l’eau avec laquelle on mélangera nos échantillons puis nous insérerons les échantillons dans l’eau afin de les disseoudre et les mélanger ensemble. Ensuite nous mettrons sur un papier Ph le mélange et nous pourrons ainsi déterminer une différence de Ph et un résultat approximatif du Ph dela brique.
Fig.22. Test d’écoulement de l’eau
•Test d’écoulement: vitesse de l’écoulement de l’eau Pour réaliser cette expérience, nous avons réalisé des briques de 25cmx25cm. (Fig.22) Ces briques sont prisent entre deux plaques de plexiglass, qui sont elles-mêmes assemblées par des tiges filetées. (Fig.23) Un système de goutte à goutte réalisé à partir d’un bouteille plastique de 1l est suspendu au dessus de la brique. Un réceptacle est placé en dessous de la brique afin de récupérer l’eau qui s’est écoulée à travers la brique. Dans cette expérience nous allons mesurer, la différence d’eau entre la quantité d’eau injectée à travers la brique et la quantité d’eau recueillie dans le bac. Cette expérience va nous permettre d’appréhender la quantité d’eau qui est stockée lors de l’écoulement d’eau.
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Pour second objectif, trois expériences sont réalisées: Fig.23. le Test d’écoulement de l’eau
des cycles d’humidification/séchage à 30°C et 40/98% d’humidité relative.
•Test d’immersion Pour réaliser cette expérience, nous avons réalisé des échantillons sous formes de petites briques avec un volume référentiel de 4cm x 10cm x 15.5 cm. Ces briques sont immergées pendant 4h dans une cuve d’eau et maintenue sous l’eau avec un poids car la densité de la brique est inférieure à celle de l’eau. Nous avons mesurer le poids de la brique avant l’expérience puis toutes les 10 min pendant une heure, et par la suite toutes les 30min pour éviter trop de manipulation des briques. (Fig.24)
• Pour chaque brique, nous avons préallablement déterminé la masse volumique et le retrait en pourcentage afin d’essayer de créer des relations entre la masse volumique et les résultats des expériences. Pour déterminer la masse volumique, nous avons calculé le volume après séchage de la brique et nous avons pesé la brique afin d’appliquer la formule suivante: masse volumique (gr/cm3) = masse (gr) / volume (cm3) Pour déterminer le retrait lors du séchage de la brique, nous avons calculer le volume de référence des briques (moule), qui est de 620 cm3, et nous avons calculer le nouveau volume de chaque brique. Enfin, nous avons calculer le pourcentage de retrait de chaque brique avec la formule suivante: S=(Vf-Vi) /Vi x 100 où Vi est le volume initial et Vf est le volume final après séchage. • Certaines briques ont été séchées par Sandrine Marceau et Dinarzed Diafi, ainsi le four de séchage nous indique le taux d’humidité initial des briques qui est de l’ordre de 8%. On peut noter que les briques à base de copeaux de bois montrent une humidité relative plus importante de l’ordre de 10%. (Voir annexes)
Fig.24. Test d’immersion
•Résistance à une forte humidité Pour réaliser cette expérience, nous avons placé les briques dans une enceinte climatique avec humidité, réglée à 98% d’humidité relative à une température de 30°C pendant quatre jours soit 96 heures. (Fig.25) Pour cette expérience nous avons dû couper les briques en deux.
Fig.25. Test de résistance à l’humidité
•Changements climatiques Pour réaliser cette expérience, les briques sont mises dans une enceinte climatique. Ces échantillons sont soumis à
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2. Fabrication des échantillons Pour effectuer nos différentes expérimentations, nous avons dû réaliser des briques composites de mycélium.
mycélium sur toutes les parois. (Fig. 28) Dans des expériences préallables, nous avions réalisé des moules en carton ou en bois, mais ces moules présentaient des défauts de maintient de forme, ou étaient abîmés et dégradés par le mycélium.
Le processus de création d’une brique de mycélium est compliqué de par la fragilité du système biologique du mycélium. L’influence de l’environnement sur les propriétés des matériaux a pour conséquence des résultats d’infections par d’autres organismes (bactéries, champignons...).Il faut donc suivre un protocole de fabrication très rigoureux. (Fig. 26)
Le mycélium va se développer sur une période de sept semaines, dans un endroit fermé, humidifié et mis dans le noir. Dans notre cas, nous utiliserons de larges sacs plastiques afin d’inoculer les échantillons. Il est indispensable de laisser la brique à l’abris de la lumière sinon le champignon se risque de se développer.
La brique de mycélium est un matériau composite, le mycélium doit être mélangé avec un substrat qui peut varier selon l’espèce du mycélium. Dans cet article, nous utiliserons le mycélium de Pleurotus Ostreatus, conditionné et déjà développé dans un premier substrat par l’entreprise “Laboiteàchampignon”. (Fig. 27) Le Pleurotus Ostreatus est un champignon basidiomycètes qui se cultive en France, et donc est une ressource locale. C’est un champignon saprophyte, il est donc capable de se nourrir de matières organiques non vivantes. De plus, c’est un champignon lignivore, capable de dégrader les macromolécules dures du bois (lignine), nous pourrons donc réaliser des expériences avec un substrat bois. La production de ce mycélium est entièrement locale, et ce champignon est très répandu en France. Afin de rester dans une pensée éco-responsable, le substrat est issu de déchets agricoles locaux. Nous avons sélectionné trois substrats fibreux: le bois, le chanvre et la paille. Pour les échantillons à base de chanvre, nous avons trouvé le substrat sous trois granulométries différentes grâce à l’entreprise “Agrochanvre Normandie”.
Le mycélium peut-être utilisé sous trois états: actif, passif et inerte. Celui que nous retiendrons pour cet article est l’état inerte, en effet il présente des avantages de résistance et de structure de la brique. [Zhaohui Yang,2017] Cet état est obtenu après déshydratation de la brique dans un four ou par compression à chaud. Cette technique permet de stabiliser la croissance du mycélium et le champignon ne peut plus se développer, de plus les infections par d’autres organismes sont limitées. Dans notre cas, les échantillons seront déshydratés dans un four commun sans compression. Avant la déshydratation au four, nous laisserons les échantillons sécher à l’air libre pendant cinq jours. Différentes cuissons sont données dans les différentes expériences étudiées, nous avons testé une première cuisson de 45 minutes à 90°C [Balmes,2019] qui n’a pas été optimale car le mycélium avait encore de l’humidité et une bactérie s’est développée sur la brique.
Afin d’obtenir des résultats comparables, nous avons dû déterminer un même processus de fabrication pour toutes les briques. Cependant, afin de connaitre le temps de séchage et de développement exact du mycélium, des recherches préallables devraient être réalisées sur la teneur en eau et le temps de développement, qui dépendent du type de mycélium utilisé et du substrat utilisé.
Afin d’assécher au maximum une matière végétale des cuissons longues et douces sont préconiséees, ainsi je vais me baser sur une cuisson à 70° sur trois cycles de cuisson de trois heures chacuns. Afin de laisser échapper l’humidité accumulée dans le four entre chaque cycle, il est nécessaire d’interrompre régulièrement la déshydratation. Ce temps de séchage est un temps qui n’est pas optimal, d’après Zhaohui Yang , l’assèchement montrant les meilleures performances techniques est un cycle de 24h à 50°. Nous ne pourrons pas effectuer cette cuisson dans cet article, n’ayant pas les moyens techniques suffisants à disposition. De plus, l’utilisation d’un four pendant 24h demande une forte dépense énergétique et donc une plus forte pollution.
Le mycélium doit se développer dans un environnement contraint et aéré avec un taux d’humidité constant, sans pour autant être trop humide. Si il a trop d’humidité, le mycélium ne se développe plus correctement et dégage une odeur forte. Le moule en plastique micro-perforé est le plus adapté car il maintient l’humidité et permet de laisser respirer le
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Mélanger le substrat et le mycélium
Mélanger le tout dans un sac
Mélanger avec de l’eau et un activateur de pousse : l’amidon de maïs
Attendre 5 jours que le mélange prenne dans le noir
Mettre des gants, tout désinfecter
Laisser sécher pendant 5 jours, puis cuire pendant 9 heures à 70° par phase de 3 heures, afin de laisser l’humidité s’échapper La cuisson dépend du type de mycélium et de subtrat utilisé cependant pour mes expériences j’ai pris une cuisson de référence
Rajouter au mélange de l’amidon de maïs
Développement du mycélium entre 3 et 9 semaines
Créer des petites percements sur tout le moule Dépôt du mélange dans le moule
Fig.26. Protocole de fabrication
Fig.27. Mycélium
Fig.28. Moule en plastique microperforé
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Fig.29. Mélange substrat/mycélium
Fig. 30 Echantillon 1, Jour 1
Fig. 32 Echantillon 1, Jour 8
Fig. 31 Echantillon 1, Jour 4
16 Fig. 33 Echantillon 1, Jour 13
Fig. 34 Echantillon 1, Jour 25
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Nous avons réalisé deux types d’échantillons, les premiers étant dans les petits moules microperforés puis nous avons réaliser des échantillons de plus grande taille, de 25cm x 25cm. Cette nouvelle échelle nous permet ainsi de nous rapprocher de la taille architecturale.
animales. Cette cire a un point de fusion inférieur à celle de la cire animale puisqu’il est entre 57 et 61°C. Elle a un point éclair à partir de 100°C. (Fig.38 et 39) Cependant cette cire a montré une moins bonne résistance au développement du mycélium et a été fortement dégradée. L’utilisation de la cire a permis de sécher la brique et de faire fondre la cire en même temps puisque le séchage de la brique et la fonte de la cire se font aux mêmes températures. Suite à la première cuisson d’un brique, nous avons pu observer les qualités d’isolation du matériau brique puisque la cire fondait en surface mais pas à l’intérieur de la brique. Ainsi nous avons dû augmenter la température de séchage des briques jusqu’à 95°C afin d’évacuer le maximum de cire et obtenir nos cavités. (Fig.40 et 41)
Nous avons choisi cette taille de 25cmx 25cm car dans un travail préallable nous avions développé des briques de 50cmx50cm sans prendre en compte d’éventuelles contraintes. (Fig.36 et 37) C’est ainsi que nous nous sommes rendu compte que la taille du four ne permettait pas aux briques de 50cm x50cm d’être séchées, ainsi nous avons réduit de moitié la taille afin de convenir à un four traditionnel. Ces échantillons devaient permettre d’observer l’évolution des plantes dans le milieu de la brique, cependant par manque de temps nous n’avons pas pu réaliser cette observation sur ces échantillons. Nous avons alors développé une réflexion sur l’accueil de la biodiversité et sur le besoin de créer des cavités pour pouvoir stabiliser le substrat terre dans la brique. Notre première réflexion de matéraux pour réaliser ces cavités s’est porté sur le polystirène, en effet les boules de polystirène sont très facile à trouver dans le commerce et sont facilement assemblables avec une simple colle. Cependant ce matériau a montré deux contraintes, tout d’abord il ne pouvait pas être chauffé et donc devait être retiré avant séchage et dans un second temps, il est extrêment difficile de retirer les boules de polystirène sans abîmer la brique. Ainsi nous avons dirigeé nos recherches vers des matériaux biodégradables. C’est ainsi que nous avons sélectionné le matériau de la cire, c’est un matériau biosourcé et biodégradable. De plus, c’est un matériau exemplaire pour réaliser toute sorte de forme puisqu’il suffit de le chauffer et de le verser dans des moules en silicone par exemple. La première cire que nous avons utilisée est la cire d’origine animale, extrait du travail de l’abeille. Cette cire a un point de fusion à partir de 64°C et est inflammable au dessus de 180°C. (Fig.35) Elle a montré un très bon comportement face au développement du mycélium. La seconde cire que nous avons utilisée est de la cire végétale à base de la cire de colza, nous avons recherché cette seconde solution afin d’éviter l’utilisation de produits
5 cm
Fig. 35 Boule en cire d’abeille après développement du mycélium
18
Fig. 36 et 37 Premier essai échelle 1, boules de polystirène avant/après
5 cm
5 cm
Fig. 38 et 39 Boule en cire de colza avant/après développement du mycélium
19
Fig. 40 Brique 34 après 7 semaines de cÊveloppement
20
Fig. 41 Brique 34 après 9h de séchage à 95°C
21
III. FAVORISER LE DEVELOPPEMENT DES VEGETAUX 1. Introduction Le mur biodiversitaire doit être un lieu propice au développement de la biodiversité et particulièrement des végétaux. Dans des expériences réalisées préallablement, nous avons implanté des végétaux de type Hedera Hélix, ou lierre commun, dans des briques de mycélium. Sur trois échantillons, deux plants sont morts. La troisième plants quand à lui a survécu mais n’a pas pu être exploité car le substrat de marc de café qui composait la brique a été mangé par les escargots et limaces du jardin. (Fig.42/43/44) Cette première expérience nous a montré que la brique de mycélium n’était peut-être pas un lieu idéal de pousse. De plus, nous savons que les végétaux ont besoin de se développer dans un substrat montrant un équilibre chimique, pour cela nous avons extrait un tableau indiquant les données optimales de fertilité chimique d’un sol. Ainsi nous avons réalisé des expériences chimiques afin de déterminer si le matériau mycélium aurait un échange néfaste pour la végétation. Dans un deuxième temps, nous savons que la végétation a besoin d’une hydratation pour survivre et, dans le cas des murs végétaux, l’hydratation du mur est très énergivore. Afin de garantir cette bonne hydratation, nous avons réalisé des expériences d’écoulement de l’eau dans les briques de mycélium.
Fig. 42 Echantillon 2, test préliminaire
2. Echanges chimiques 2.1. Objectifs
Fig. 43 Echantillon 10, test préliminaire
L’objectif de ce test est de déterminer si les briques de mycélium contiennent des élèments chimiques qui puissent être nocifs au développement des végétaux.
2.2. Résultats Les résultats du pH des briques nous montrent tout d’abord qu’il n’y a que très peu de différence entre le pH intérieur de la brique et le pH extérieur de la brique. Les valeurs des pH se situent entre 6.2 et 6.8, quelques soient la granulométrie et le substrat de base. Les résultats de pH sont donc entre l’optimal et le à risque en se basant sur le programme ADEME-SITERRE (Tab.3) 22
Fig. 44 Echantillon 13, test préliminaire
3. Test d’écoulement 3.1. Objectifs L’objectif de ce test est de déterminer si le matériau mycélium est assez poreux pur pouvoir laisser de l’eau couler afin de garantir l’hydratation d’un mur végétal.
3.2. Résultats Les tests d’écoulement n’ont rien donné puisque l’eau ne traversait pas du tout les briques, à part par les cavités créées à cet effet.
4. Conclusion D’après les expériences, nous pouvons conclure que le matériau peut-être propice à l’installation d’une végétation de part ses caractéristiques chimiques, cependant des solutions techniques pour garantir une bonne irrigation des végétaux est à développer.
PARAMETRES
pH INTERIEUR
pH EXTERIEUR
CARBONATE CaCoȝ
MATIERES ORGANIQUES
g.kg-1
g.kg-1
Fig. 45 Test de Ph sur la brique 28
NOTE
GAMMES DE VALEURS
INTERPRETATION
0
<5.5 ou >8.5
défavorable
1
5.5 à 6.5
à risque
x
2 3 0
7.5 à 8.5 6.5 à 7.5 <5.5 ou >8.5
peu favorable optimal défavorable
x
1
5.5 à 6.5
à risque
x
2
7.5 à 8.5
peu favorable
3
6.5 à 7.5
optimal
0
>500
défavorable
1
250 à 500
à risque
2
<10 ou 50 à 250
peu favorable
3 0
10 à 50 <10
optimal très faible
1
10 à 40
faible
2
>100
trop élevé
3
40 à 100
optimal
Tab.3 Indicateurs de fertilité physique et chimique sélectionnés pour le programme ADEME-SITERRE
23
RESULTATS
x
x
IV. DURABILITE DU MATERIAU 1. Introduction
2.2. Résultats
La durabilité du matériau est déterminante pour son utilisation comme mur acceptant une biodiversité, en effet le matériau doit être capable de résister aux intempéries et aux changements climatiques. Dans une première phase d’expérimentations, nous avons réalisé un test d’immersion, nous avons pu mettre en évidence qu’il y avait une relation entre la masse volumique, sa prise de masse, et sa résistance à l’eau. Plus la masse volumique de la brique était importante, plus la brique était résistante à l’eau. (Fig.46)
Le test d’immersion dans l’eau a montré que la brique 21 à base de chanvre nucléisé a un pourcentage d’absorbtion de 217%, alors que la brique 18 et 26 à base de chanvre gros grains et 2mm ont respectivement un taux d’absorption de 73.80% et 73%. (Fig.47 et 48) En observant le comportement physique de manière visuelle, on peut voir que les trois briques se comportent très bien à l’immersion et reviennent à leur état initial après séchage à l’air libre. Les briques montrent une couleur orangée après séchage. (Fig.49) Seule la brique 18 a montré des faiblesses en perdant quelques grains de chanvre. Cette expérience nous montre que plus la granulométrie est fine, plus le taux d’absorption est élevé. Et plus la granulométrie est fine, plus elle permet de garantir l’intégrité de la brique. Ainsi les résultats de cette expérience ne sont pas en cohérence avec le test préallablement effectué, puisqu’il nous montre que plus la masse volumique est élevée (brique 21 = 0.20 g.cm3) plus le matériau absorbe de l’eau.
2. Immersion dans l’eau 2.1. Objectifs L’objectif de ce test est de déterminer si le matériau est capable de subir une immersion intense sans subir de dégradations physiques.
Fig. 46. Test préalable d’immersion
24
Fig. 47 Test d’immersion tableau comparatif
Fig. 48. Test d’immersion graphique évolutif brique 21, 26, et 18
25
Fig. 49. Test d’immersion brique 21, 26, et 18 après test
3. Résistance à une forte humidité 3.1. Objectifs
4. Résistance aux changements climatiques 4.1. Objectifs
L’objectif de ce test est de déterminer si le matériau est capable de subir une humidité relative entre 40% et 98% sans subir de dégradations physiques.
L’objectif de ce test est de déterminer si le matériau est capable de résister à une alternance de séquences climatiques humide/sec sans présenter de dégradation physique.
3.2. Résultats
4.2. Résultats
Suite à l’expérience, nous pouvons observer que des bactéries se sont fortement développées sur toutes les briques. Nous pouvons en conclure que le matériau n’est pas apte à subir une forte humidité pendant une temporalité assez longue. (Fig.51) La brique 22 (chanvre nucléisé) est la brique qui montre le moins de développement bactérien en surface. La brique 23bis (paille) et 27(chanvre 2mm) montrent un très fort développement de bactéries. On notera que le substrat de base du matériau n’influence pas le développement de bactéries.
Fig. 52. Variation des masses lors des cycles séchages/humidité
Les briques 23 et 28 ont été colonisées par des moisissures, en particulier la brique 28. (Fig.53 et 54) La brique 20 ne montre pas de moisissure après test. On peut voir une évolution des masses des briques, les échantillons 23 et 28 montrent une perte de masse globale respectivement de 2% et 2.4% alors que la brique 20 montre une prise de masse de 1,6%. Les échantillons montrent tous des variations de masse importantes. L’échantillon 20 varie de de 1.6% à 16.4%. C’est l’échantillon qui montre le moins d’écart de variation. L’échantillon 23 varie de -2% à 22% et l’échantillon 28 varie de -2.4% à 33.2 %, il montre le plus grand écart de variation de masse. (Fig.52)
26
Fig. 50. Avant le test à forte humidité
Fig. 51. Résultat du test à forte humidité
27
5.Conclusion
Cependant, en immersion le matériau montre un comportement idéal et lors du test de changement climatique on peut s’apercevoir que la brique à base de chanvre gros grain ne présente pas de développement de moisissure. On peut ainsi émettre l’hypothèse que ce matériau peut résister à des immersions régulières à partir du moment où il peut avoir des moments de séchage, et donc c’est un matériau qui pourrait subir des arrosages pour des plantes.
Ces trois expériences que nous avons réalisé pour déterminer la durabilité du matériau nous montre que le matériau composite mycélium/chanvre développe des moisissures en cas de forte humidité relative. De plus on peut observer, que plus le substrat chanvre a une granulométrie faible, plus la brique présente des moisissures. Mais cette granulométrie montre tout de même une meilleur résistance physique à l’immersion totale que les gros grains.
De plus, si ces expériences démontrent que le matériau ne peut pas être exposé en mur biodiversitaire extérieur, il pourrait potentiellement être utilisé comme mur végétal en intérieur.
Enfin on peut observer, que plus la granulométrie du substrat est importante moins la brique développe de moisissures. Ainsi nous pouvons conclure que le matériau composite mycélium/chanvre n’est pas un matériau durable en cas de forte humidité mais qu’il peut temporairement être exposé à l’eau. Et que le substrat chanvre gros grain est le plus adéquat pour subir des immersions temporaires.
Les prochaines expériences qui devraient être réalisées pour continuer ces recherches seront surement l’implantation de végétaux dans les échantillons grand format, afin de voir ou non si les végétaux ont un effet sur le mycélium ou inversement.
V. CONCLUSION Ces recherches nous ont permis en premier lieu, d’observer que le matériau composite mycélium/ chanvre était un lieu propice au développement de végétaux de part son pH optimal et de part sa composition en matières organiques. Cependant les briques étant bien compactes, même sans avoir subit de compression à la presse, l’eau de pluie ou de ruissellement ne peut pas s’écouler et nourrir les plantes dans toute la brique. Il faudrait orienter les recherches vers des solutions techniques pour pallier à ce manque de de conduction de l’eau. Un début de solution se montre toutefois dans la réalisation de cavités pour accueillir les végétaux. Si toutes les cavités sont connexions, un réseau se crée et l’eau peut profiter de ce réseau pour circuler. En second lieu, ces recherches nous ont permis de voir que le matériau composite mycélium/chanvre est un matériau peu durable à la forte humidité quelque soit la granulométrie du chanvre.
28
Fig. 53. DĂŠbut du test climatique
Fig. 54. Fin du test climatique
29
VI. BIBLIOGRAPHIE
VII. LIENS
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http://topager.com/portfolio-item/vego/ http://www.chartier-dalix.com/ https://www.aquaportail.com/definition-7139-mycelium. html https://www.ecovativedesign.com/ https://www.mycoworks.com/ http://www.iaacblog.com/programs/mycotecture-growing-into-form-2/ https://www.corpuscoli.com/ https://inhabitat.com/interview-architect-david-benjamin-on-building-the-worlds-first-mushroom-tower-atps1/
Barateig Niels, Morel Philippe, Interface Bio-synthétique: paroi inspirée et construite par le vivant, ENSPAM, 2018 Carlile, M.J, The success of the hypha and mycelium: The growing fungus, Springer Netherlands ChartierDalix, « Accueillir le vivant, L’architecture comme écosystème », Editions Park Books Claude Guinaudeau,Végétalisation des murs, ed. CSTB, Janvier 2015 Flavie Mayrand et Philippe Clergeau, Green roofs and green walls for biodiversity conservation: A contribution to urban connectivity?, 2018 Freek V.W.Appels, Serena Camere, Maurizio Montaltic, Elvin Karanab, Kaspar M.B.Jansen, Jan Dijksterhuis, Pauline Krijgsheld, Han A.B.Wösten, Fabrication factors influencing mechanical, moisture- and water-related properties of mycelium-based composites, Materials & DesignVolume 161,5 January 2019 Philippe Clergeau, Manifeste pour la ville biodiversitaire ,Ed. Apogée, 2015 William McDonough/ Michael Brangart, Cradle to cradle, éditions Farrar, Strauss et Giroux, 2002 Zhaohui Yang, Feng Zhang, Benjamin Still, S.M.ASCE, Maria White and Philippe Amstislavski, Physical and mechanical properties of fungal mycelium-based biofoam, ASCE
30
VIII. ANNEXES
Tab. Données d’humidité relative initiale des briques
Tab. Résultats et suivis des échantillons lors de l’expérience des changements climatiques
Echantillons Phase 1
Substrat
Granulométrie (mm)
Poids (g)
Dimensions (cm) Volume (cm3)
Masse volumique (g.cm3) Retrait (%)
P. Ostreatus
marc de café
105
12.5 x 3 x 8
300
0.35
51.6
P. Ostreatus
marc de café
108
12.5 x 3 x 8
300
0.36
51.6
E3
Shiitaké
marc de café
E4
Shiitaké P. Ostreatus
bois
53
13.3 x 1.8 x 8.3
199
P. Ostreatus
bois
59
13 x 2 x 8
208
E7
Shiitaké
bois
E8
Shiitaké
bois
47
P. Ostreatus
chanvre
56
13.5 x 3 x 8
324
0.17
47.7
E10
P. Ostreatus
chanvre
58
14 x 3 x 8.5
357
0.16
42.4
E11
Shiitaké
chanvre
E12
Shiitaké
chanvre
E13
P. Ostreatus
paille paille
E15
P. Ostreatus
bois
2à5
P. Ostreatus
bois
2à5
E17
P. Ostreatus
bois
2à5
P. Ostreatus
chanvre
2 à 10
55
13.5 x 2.2 x 8.5
252.5
0.21
40.7
62
14 x 2.5 x 8
280
0.22
45.2
55
13.2 x 3.3 x 8
348.5
0.16
43.8
56
12.8 x 3 x 8
307.2
0.18
50.5
50
13.4 x 3.2 x 8.4
360.2
0.14
41.9
53
14.3 x 3.8 x 8.9
483.6
0.11
74 pH: 6/6.2
21.6
73.8
chanvre
2 à 10
66
14.3 x 3.5 x 8.7
435.4
0.15
29.8
pH: 6.2/6.2
chanvre
2 à 10
63
14 x 3.5 x 8.8
431.2
0.15
30.5
pH: 6.2/6.5
chanvre
nucléisé
82
14 x 3.5 x 8.5
416.5
0.20
chanvre
nucléisé
76
13 x 3.5 x 8
364
0.21
41.3
pH: 5.9/6.2
chanvre
nucléisé
78
13 x 3.5 x 8
364
0.21
41.3
pH: 5.9/6.2 pH: 6.2/6.2
E23bis
P. Ostreatus
paille
≥10
54
14.5 x 3.5 x 9
456.8
0.12
26.3
P. Ostreatus
paille
≥10
29
14.5 x 3 x 9
391.5
0.08
36.9
E25
P. Ostreatus
paille
≥10
40
14.5 x 3.5 x 9
456.8
0.09
26.3
2
65
14 x 3.5 x 8.5
416.5
0.16
chanvre
2
55
13.5 x 3.5 x 8.5
401.6
0.14
35.2
pH: 5.9/6.2
chanvre
2
60
14 x 3.5 x 8.5
416.5
0.15
32.8
pH: 5.9/6.2
P. Ostreatus
bois
sciure
110
13.7 x 3.5 x 8.5
407.6
0.27
34.3
pH: 6.2/6.2
sciure
103
13.4 x 3.4 x 8.5
387.3
0.27
37.5
sciure
113
13.9 x 3.5 x 8.5
413.5
0.27
33.3
E31
P. Ostreatus P. Ostreatus
bois bois
E32
P. Ostreatus
bois
sciure
25 x 25 x 12.5
P. Ostreatus
bois
2à5
25 x 25 x 12.5
E34
P. Ostreatus
chanvre
2 à 10
25 x 25 x 12.5
Moisissures
73
P. Ostreatus P. Ostreatus
E29 E30
La brique ne s’est pas décomposée et reste intacte. Elle a absorbée beaucoup d’eau et a agi comme une éponge. Des moisissures ou bactéries se sont développées sur la brique.
Moisissures
32.8
E27 E28
E33
Pas de moisissures 217
P. Ostreatus P. Ostreatus
E24
La brique ne s’est pas décomposée, cependant de petits copeaux de chanvre se sont désolidarisés de la brique. Des moisissures ou bactéries se sont développées sur la brique.
Moisissures
32.8
E22 E23
chanvre
Observations
Le plant est mort au bout de 2 mois
P. Ostreatus
P. Ostreatus
Expérience 6: Changements climatiques
200
P. Ostreatus
E26
Expérience 5: Humidité à 98%
Le plant est mort au bout de 3 mois
E19
P. Ostreatus
Expérience 4: Immersion dans l’eau (%) 44
E20 E21
Expérience 3: Ecoulement
Le mycélium ne s’est pas assez développé pour créer une brique assez résistante et homogène. Le mycélium ne s’est pas assez développé pour créer une brique assez résistante et homogène.
E16 E18
Expérience 2: Echanges chimiques
Le mycélium ne s’est pas développé, surement de part son conditionnement sous forme de chevilles de bois imprégnées. Le mycélium ne s’est pas développé, surement de part son conditionnement sous forme de chevilles de bois imprégnées. Le mycélium ne s’est pas assez développé pour créer une brique assez résistante et homogène. Le mycélium ne s’est pas assez développé pour créer une brique assez résistante et homogène. Le mycélium ne s’est pas assez développé pour créer une brique assez résistante et homogène. Le mycélium ne s’est pas assez développé pour créer une brique assez résistante et homogène.
E9
P. Ostreatus
Expérience 1 : implantation de végétaux
La plante est encore vivante mais les escargots ont mangé le substrat café
marc de café
E5 E6
E14 Phase 2
Mycélium
E1 E2
La brique ne s’est pas décomposée et reste intacte. Moisissures
Des moisissures ou bactéries se sont développées sur la brique. Moisissures
Des bactéries ont proliféré et ont tué le mycélium Pas d’ecoulement
E35
P. Ostreatus
chanvre
2
25 x 25 x 12.5
Pas d’ecoulement
E36
P. Ostreatus
chanvre
nucléisé
25 x 25 x 12.5
Pas d’ecoulement
Tab. Récapitulatif des échantillons et expériences
31