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Acc 242

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ISSN 0997 6922

N° 242 - 1,50 € - Mars 2013

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Le vent des tempĂȘtes vient du Sud Il souffle en rafales tourbillonnantes, stupĂ©fiant les amis de Ben Ali et autre Moubarak qui crurent «chevaucher le tigre» en proclamant que les peuples tunisien et Ă©gyptien Ă©taient dĂ©sormais mĂ»rs pour la dĂ©mocratie occidentale. Puis ils firent grise mine lorsque les FrĂšres musulmans furent portĂ©s Ă  la tĂȘte de ces pays. Ensuite, s’en accommodant, ils crurent que ces nĂ©olibĂ©raux d’un nouveau genre seraient aussi complaisants Ă  leur Ă©gard que leurs comparses du Qatar et d’Arabie Saoudite. Ils en profitĂšrent d’ailleurs pour intervenir militairement en Libye, assurĂ©s qu’ainsi les affaires allaient reprendre comme avant. AveuglĂ©s par leur propre outrecuidance, ils ne pouvaient discerner que ce sirocco dĂ©vastateur trouvait sa force dans les dĂ©chirures sociales qu’ils avaient euxmĂȘmes suscitĂ©es : chĂŽmage, pauvretĂ© et humiliations quotidiennes. La dĂ©sespĂ©rance sociale s’est muĂ©e en sursaut de dignitĂ©, en manifestations d’indignation puis en rĂ©volte contre l’incurie des dirigeants islamistes. Contre la barbarie du rĂ©gime les Syriens sont devenus des insurgĂ©s. Toute cette rĂ©gion est une zone de tempĂȘtes que s’efforcent de contenir les castes dominantes et leurs alliĂ©s occidentaux, russes et iraniens. La tourmente, en bourrasques successives, a ensuite franchi d’autant plus aisĂ©ment la MĂ©diterranĂ©e que les adorateurs des liquiditĂ©s pour les marchĂ©s croient pouvoir, Ă  coups de rĂ©gressions sociales, dĂ©sendetter les Etats. A la faveur de la crise, ils «s’obstinent ces cannibales» Ă  accĂ©lĂ©rer leurs remĂšdes dĂ©lĂ©tĂšres : en GrĂšce d’abord puis dans tous les pays europĂ©ens. Craquements, fissures dans les appareils d’Etat, des banquiers experts appelĂ©s Ă  la rescousse, tels les Mario Draghi et Monti, les socio-libĂ©raux succĂšdent Ă  la droite libĂ©rale et vice-versa. Rien n’y fait. Les bourrasques s’insinuent dans les failles. En GrĂšce, le rejet des politiciens a fait surgir Syriza et en contre-feu, les nazillons d’Aube dorĂ©e. En Espagne, les fractures dĂ©glinguent le fĂ©dĂ©ralisme rĂ©gional. Au Portugal 1,5 million de manifestants Ă©voquant la rĂ©volution des ƒillets conspuent Merkel et la TroĂŻka. L’Italie ingouvernable l’est encore plus. Le Royaume Uni sous la fĂ©rule de Cameron se dĂ©gage de l’Europe vacillante. Merkel dominatrice reste inflexible. Hollande, l’austĂšre pĂ©pĂšre, s’applique Ă  garder une sĂ©rĂ©nitĂ© de façade. Ce vent du Sud provoque pour l’heure le chaos. «Le vieux ne veut pas mourir et le neuf peine Ă  naĂźtre». Des entrailles des peuples n’émergent pas encore des politiques de transformation sociale radicale. Face aux vents contraires provoquant en Syrie une tourmente dantesque, ou ailleurs un zĂ©phyr plus ou moins apaisant afin que les classes populaires se rĂ©signent, les querelles byzantines sont contre productives, l’heure est Ă  la solidaritĂ© active.


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