ISSN 0997 6922
N°216 - 1,50 ⏠- Août 2010
====================================================
Les bĂȘtes en cours, pour toujours ? Tout a commencĂ© comme une banale affaire de cornecul : la fille de lâune des toutes premiĂšres fortunes de France ne supporte plus lâamant de sa mĂšre. Il lui rafle une partie de son hĂ©ritage ! Elle nâa plus sa tĂȘte, il faut la placer sous tutelle. Las, lâami de Sarko, procureur de la RĂ©publique, procĂšde Ă un non-lieu. Rien ne prouve que⊠Lâavocat, bien soudoyĂ© par la future hĂ©ritiĂšre, sâacharne. Bien lui en a pris. Car, entre-temps, le majordome et la comptable de Madame ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s comme des malpropres par le gestionnaire de la trĂšs grande fortunĂ©e. MalgrĂ© leurs Ă©moluments, ces grands serviteurs ont la rancune tenace. Et câest ainsi quâenregistrements sulfureux et dĂ©clarations iconoclastes ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©s dans la presse. Ce qui nâĂ©tait au dĂ©part quâune affaire de famille est devenue une affaire dâEtat. La raison dâEtat commandait de tout nier et de crier au complot des mĂ©dias : les gĂ©nĂ©reux dons Ă Sarko et Cie, la multiplication de petits partis dĂ©tournant la loi pour mieux encaisser les donations de douairiĂšres et autres nababs, les dĂźners fastueux du premier cercle oĂč paradaient ces gens de Biens, et ce sombre argentier, ministre et trĂ©sorier de son parti qui collecte de la Suisse Ă New York en passant par les beaux quartiers du triangle Auteuil-Neuilly-Passy. Certes, il a dĂ©sormais quelque difficultĂ© Ă se prĂ©tendre aveugle aux fraudes fiscales et autres placements en paradis de ses amis nantis. Et Ă nier que le placement de son Ă©pouse a Ă©tĂ© assurĂ© par son entregent pour gĂ©rer la fortune de la milliardaire ! Pour nous, il nây a pas lieu dâĂȘtre surpris par ces rĂ©vĂ©lations, par le degrĂ© de consanguinitĂ© entre le parti dominant et la trĂšs grande bourgeoisie du premier cercle. Certes, ceux qui redoutent la crise du systĂšme politique et de ses prĂ©bendes jouent les effarouchĂ©s pour mieux occulter les vices cachĂ©s dâ «honnĂȘtes hommes» qui caquĂštent avec tant de grĂące et font preuve de tant de roueries pour mieux tromper le bon peuple. Entre le capital et les politiciens qui en dĂ©fendent les intĂ©rĂȘts, il nây a pas de relations incestueuses mais la banalitĂ© dâun mĂ©lange opaque dont la pratique est aussi vieille que les jeux de la dĂ©mocratie parlementaire. La bourgeoisie, empĂȘtrĂ©e dans ses conflits dâintĂ©rĂȘts, a besoin de tous ces serviteurs plein dâambition pour dĂ©fendre sa position dominante. Mais elle sait les tenir en tenant les cordons de leur bourse tout comme en manipulant les cours de la Bourse ! Il nây a pas de gants Ă prendre avec tous ces tartuffes qui nâen prennent guĂšre pour se livrer Ă toutes sortes de manipulations et goujateries pour finalement nous faire payer le prix de leur crise. Renvoyer toutes les bĂȘtes en cours, voilĂ le programme !