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N° 166 - Juillet 2005

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1,5 Euro

ISSN = 0997-6922

Il n’est point de BovĂ© suprĂȘme ! Le rĂ©sultat du rĂ©fĂ©rendum français sur feu le traitĂ© « constitutionnel » europĂ©en, renforcĂ© par son homologue nĂ©erlandais, n’a pas fini de produire ses effets politiques, sur le plan national comme au niveau communautaire. Tandis que les uns ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s Ă  leur anonymat antĂ©rieur (qui se souvient encore de Raffarin ?) ; tandis que les autres tentent, tant bien que mal de panser leurs blessures (n’est-ce pas, Hollande et Wehrling ?) ; d’autres pensent dĂ©jĂ  aux perspectives, nouvelles ou confirmĂ©es, que leur ouvre ce rĂ©sultat. Sur la scĂšne politique, Ă  moins de deux ans des Ă©lections prĂ©sidentielles, les appĂ©tits s’aiguisent et, avec eux, les couteaux pour les satisfaire. A droite, en redevenant le premier flic de France, Sarkozy a dĂ©jĂ  annoncĂ© la couleur : il entend jouer les Monsieur Propre, prĂȘt Ă  nettoyer la France entiĂšre au Karcher si telle est la condition pour accĂ©der Ă  l’ElysĂ©e. Et gare Ă  qui se mettra sur son chemin. A la place du tendre Bayrou et du prĂ©cieux de Villepin, on se mĂ©fierait : un sale coup est si vite parti
 A gauche, c’est dĂ©jĂ  le trop plein. Fabius, Ă©videmment, mais aussi Emmanuelli et pourquoi pas MĂ©lenchon, entendent bien rafler la mise du formidable coup de poker menteur qu’ils viennent de rĂ©aliser. Mais, pour parvenir Ă  leurs fins, il leur faudra non seulement reconquĂ©rir le PS, mais encore faire oublier toute leur responsabilitĂ© – et elle est grande – dans la mise en Ɠuvre, depuis plus de vingt ans, au niveau national comme au niveau communautaire, des politiques nĂ©o-libĂ©rales dont ils feignent aujourd’hui de dĂ©couvrir les ravages sociaux. Mais ce ne sont pas les seuls qui rĂȘvent de capitaliser les « non de gauche » pour s’en faire un matelas de suffrages aux prĂ©sidentielles de 2007. DĂ©jĂ  des voix se font entendre, Ă  la gauche de la gauche gouvernementale, pour s’opposer Ă  l’OPA des prĂ©cĂ©dents et mettre en selle un candidat qui soit « authentiquement » antilibĂ©ral et altermondialiste. Plus prĂ©cisĂ©ment mĂȘme, le nom de JosĂ© BovĂ© se met Ă  circuler ; et, interrogĂ© sur ses intentions Ă  cet Ă©gard, contrairement Ă  ses habitudes, ce dernier a laissĂ© entendre qu’il pourrait envisager de cĂ©der Ă  la sollicitation pressante des ses amis. Mettre l’ensemble des voix de gauche qui se sont portĂ©es sur le non et, plus encore, l’ensemble des citoyens qui, Ă  travers les comitĂ©s pour « un non de gauche », ont menĂ© campagne, Ă  la remorque d’une candidature JosĂ© BovĂ© aux prochaines prĂ©sidentielles serait proprement enterrer le faible espoir nĂ© de cette mobilisation citoyenne. Non pas parce qu’il s’agit de JosĂ© BovĂ©, qui n’est ni pire ni meilleur que d’autres histrions politiciens qui pourraient le remplacer. Mais parce que l’acquis de cette mobilisation citoyenne est d’avoir permis, pour la premiĂšre fois depuis longtemps, Ă  une partie significative du salariat de s’interroger Ă  nouveau, collectivement et d’une maniĂšre autonome, sur le type de sociĂ©tĂ© qu’elle veut et surtout ne veut pas. Subordonner les comitĂ©s pour « un non de gauche » Ă  une Ă©chĂ©ance et une candidature Ă©lectorales serait perdre tout l’acquis, encore bien fragile, de cette mobilisation. C’est donc Ă  renforcer l’autonomie de ces comitĂ©s et Ă  y approfondir la discussion et la rĂ©flexion collective qu’il faut impĂ©rativement travailler, loin des enjeux factices des campagnes Ă©lectorales Ă  venir.


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