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Le Journal du Palais n°15. Juin- août 2021

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N °1

T 2021 5 JUIN - AOÛ

ÉVÈNEMENT

LA TERRASSE DU PALAIS

P.6 L'AQUARIUM TROPICAL RÉNOVÉ

P.11 SMAÏL KANOUTÉ, CHORÉ-GRAPHISTE

P.19 LES LECTURES ESTIVALES


C’EST AU PALAIS QUE ÇA S'EST PASSÉ !

PHOTOS : VÉRONIQUE BESNARD

Pendant le(s) confinement(s), le Palais en a profité pour lancer de grands travaux de rénovation financés en partie par le Plan de relance. Si le chantier de l'Aquarium tropical est terminé, celui du parcours permanent du Musée de l'histoire de l'immigration continue.

ÇA GAZOUILLE

Vos meilleures photos du Palais sur les réseaux sociaux

@cedanler

@sheilyparisienne

@tophographie

@jean_luc_caron


3 LE JOURNAL DU PALAIS

Au Musée, c’est la nouvelle exposition Ce qui s’oublie et ce qui reste. 18 artistes du continent africain et de ses diasporas y explorent la thématique de la transmission. Une exposition poétique et engagée, à l’opposé des clichés habituels sur l’Afrique.

LES ACTUS DU PALAIS

DOSSIER

4 LES ACTUS DU PALAIS Tissages héritages

Bref, de quoi vous cultiver tout l’été, avant une étape bien méritée au Poisson Lune, notre terrasse éphémère.

6 DOSSIER

Le Palais d’après, c’est comme le Palais d’avant, mais en mieux !

Smaïl Kanouté, choré-graphiste

L’Aquarium vous attend !

11 PORTRAIT 12 AGENDA

18 LE PALAIS VU PAR... Grégoire Lemaitre

19 DU CÔTÉ DES LIVRES Lectures estivales

20 VU & ENTENDU AU PALAIS

OURS

Présidente du conseil d’administration : Mercedes Erra Président du conseil

d’orientation : François Héran Directeur général : Pap Ndiaye Directeur du développement, des publics et de la communication : Benjamin Bechaux

Responsable de la communication : Thibaud Giraudeau

Le Palais croqué par Laurence Le Chau

Rédactrice : Elodie de Vreyer Maquette : Sandy Chamaillard Illustration 4e de couv : Laurence Le Chau

PHOTO EN COUVERTURE : © ANAÏSE MOUROCQ - UNIQUELATITUDE.COM IMPRIMÉ PAR L'IMPRIMERIE

MÉRIDIONALE D’IMPRESSION E T D E C O M M U N I C AT I O N

© ANNE VOLERY

Au Palais, c’est un Aquarium fraIchement rénové qui vous accueille avec de nouveaux aménagements pour rendre votre visite plus confortable et accessible, une fosse aux alligators entièrement repensée et de nouveaux pensionnaires dans les bacs.

© ANNE VOLERY

Pendant les confinements, nombreux se demandaient ce que serait le « monde d’après ».

SOMMAIRE

LE PALAIS, APRÈS…


ACTU DU PALAIS

LE JOURNAL DU PALAIS 4

AU MUSÉE

De quelle manière le cinéma et les séries TV nous influencent ? Éléments de réponse au prochain débat du Musée part en live le 9 juin à 18h. www.histoire-immigration.fr

AU MUSÉE

L’ENFANCE EN EXIL

Aujourd’hui, un migrant sur huit dans le monde est un enfant. Le nouveau numéro Hommes & Migrations nous plonge au cœur des dispositifs publics d’accueil des mineurs non accompagnés. Hommes & Migrations n°1333 (Avril-Juin 2021), 15€. Disponible sur le site internet du Palais, à la billetterie et en librairie. www.palais-portedoree.fr

© ANNE VOLERY

CINÉMA ET SÉRIES TV

TISSAGES HÉRITAGES Curriculum vitae, monumental tissage, interroge la transmission des savoir-faire traditionnels. Une proposition de l’artiste Amina Agueznay, née de sa collaboration avec des artisanes du Maroc. C’est l’une des pièces maîtresses de l’exposition Ce qui s’oublie et ce qui reste, 17 bandes de laine tissées de motifs traditionnels s’offrent au regard des visiteurs dans le hall Marie Curie. Curriculum vitae est l’œuvre de 17 mâalmates (tisserandes) marocaines sur une idée de la plasticienne Amina Agueznay. C’est l’une des deux œuvres commandées spécialement pour l’exposition. « Le travail d’Amina se construit autour d’un dialogue avec les artisans des quatre coins du monde » explique Meriem Berrada, commissaire générale de Ce qui s’oublie et ce qui reste et directrice artistique du Musée d’art contemporain africain Al Maaden (MACAAL). « Il nous semblait intéressant de l’inviter à évaluer la continuité de

transmission de ces savoir-faire traditionnels ». Architecte de formation, « comme plasticienne, j’adore créer des volumes et des surfaces planes », de retour au Maroc après plusieurs années aux États-Unis, Amina Agueznay se voit missionnée pour aider les artisans locaux à renouveler leurs productions. Bijoutiers, ébénistes, vanniers... À la demande du ministère de l’Artisanat, elle sillonne le pays durant des mois, découvre les savoir-faire traditionnels, suggère des idées. Progressivement, elle intègre ces savoir-faire dans ses projets artistiques. Dans une démarche « complètement horizontale », souligne-t-elle, « car l’art n’est pas plus noble que l’artisanat ». Un autre projet de développement économique l’amène à approfondir son travail avec les tisserandes. « J’ai pris conscience que certaines techniques de tissage et certains motifs tissés commençaient à disparaître, explique l’artiste. Même si on sait tisser un symbole, dès lors qu’on ignore sa signification, il y a quelque chose qui se perd dans la transmission ». La commande qui lui a été passée pour Ce qui s’oublie et ce qui reste, sonne un peu, pour Amina Agueznay, comme « une conclusion de ces années de terrain ». Aux mâalmates avec lesquelles elle a établi des relations privilégiées, l’artiste demande de tisser

une bande de 30 cm, longue de 6 à 10 m, « un défi technique » pour ces femmes habituées à faire des tapis de dimensions traditionnelles. Elles ont carte blanche pour le choix des motifs et leur organisation. Une seule contrainte : tisser en noir les motifs dont elles connaissent la signification, en blanc ceux dont elles ignorent le sens. Curriculum vitae car ces bandes sont comme « des caryatides, des extensions de ces femmes ». Covid oblige, c’est à distance que l’artiste suit la progression des tissages, à partir d’une laine livrée par taxi au domicile des mâalmates. « Cela les a obligées à documenter leur travail en m’envoyant régulièrement des photos, une pratique nouvelle », qui fait la fierté des tisserandes, poursuit l'artiste. Les motifs sont essentiellement géométriques, parfois animaliers. Une tisserande a choisi des motifs anciens. Une autre a travaillé en interrogeant sa fille elle-même tisserande : c’est la seule bande où le blanc domine. Qu’en sera-t-il dans quelques années ? Amina Agueznay aime dire qu’elle a fait un simple « état des lieux ». Et que ce serait « formidable de refaire la même chose dans une vingtaine d’années ». Jusqu’au 29 août.


ZOOM

ACTU DU PALAIS

LE CHIFFRE CLÉ

L'ANIMAL STAR

LE KILLI DES MANGROVES

404 Des concerts, des projections, le tout confortablement installé au pied du Palais... Poisson Lune, la terrasse estivale éphémère est de retour ! Cette nouvelle saison confiée à la société Petite Lune s’adapte comme l’été dernier aux contraintes sanitaires. Mais pour le reste Wilfrid Bof, son chef de projet, promet une programmation renforcée (lire aussi p. 18). « Nous avons bien conscience que chacun aspire à retrouver le goût de la vie d’avant ». En semaine, les visiteurs peuvent ainsi suivre entre 18h et 20h des « visites pop-up » de découverte du Palais. Le mardi, la terrasse accueille des communautés thématiques venues échanger sur leurs passions. Des concerts intimistes sont proposés le jeudi soir et des DJ sets le vendredi, avec une programmation féminine à l’honneur. Le samedi, place aux ateliers pour enfants en journée, avant un concert. Le dimanche soir est réservé à des projections-débats de films et courts-métrages. Et pour se restaurer, Poisson Lune a sélectionné les meilleurs food trucks de Paris. Du mardi au vendredi, de 16h à minuit, samedi et dimanche, de midi à minuit. En fonction des mesures gouvernementales. Infos sur le site du Palais.

c’est le nombre d'huisseries remplacées sur les lanterneaux en toiture du Palais. Ces surélévations vitrées assurent l’éclairage zénithal. Elles vont être changées, pour l’isolation thermique et leurs vitres seront couvertes d’un filtre protégeant les œuvres des excès de luminosité. Ces travaux s’inscrivent dans le Plan de relance pour la rénovation énergétique des bâtiments publics. Le Palais a obtenu 6,9 millions d’euros pour améliorer isolation, ventilation, chauffage et éclairage.

INSOLITE !

Voilà un champion de l’adaptation ! Sous une apparence quelconque (une taille de 7 cm et de ternes écailles), le killi des mangroves (Kryptolebias marmoratus) est un poisson hors du commun. Cet habitant des côtes des Caraïbes et d’Amérique latine passionne les chercheurs. L’animal vit dans les eaux peu profondes riches en matières organiques et peu oxygénées, comme les mangroves et marais. Mais si son milieu s’assèche, il survit jusqu’à deux mois hors de l’eau, sous des feuilles humides ou dans des trous de crabes. Ses branchies se mettent à l’arrêt et il respire alors par la peau. Le killi s’adapte à des milieux bien différents, survivant en eau de mer et supportant de grandes variations de températures. Enfin, il fait des bébés tout seul ! Comme les rencontres entre mâles et femelles sont rares, les individus s’autofécondent et créent des clones d’eux-mêmes.

Découvrez l’histoire et l’architecture du bâtiment ainsi que des espaces inaccessibles grâce aux circuits proposés par cette application mobile gratuite.

PALAIS

UNE APPLI POUR EXPLORER LE PALAIS Palais Porte Dorée : application gratuite, téléchargeable sur Android et IPhone.

© PASCAL LEMAÎTRE

REVENEZ BULLER EN TERRASSE !

5 LE JOURNAL DU PALAIS

Pour sa réouverture, le Palais lance son appli ! Un nouvel outil qui vient enrichir l’offre de découverte patrimoniale du bâtiment. « Jusqu’ici, on l’explore dans le cadre de visites guidées, explique Sylvain Gorin, chef du département multimédia. Le public qui n’y participe pas pourra désormais découvrir le monument à son rythme ». Baptisé « Les incontournables », un premier parcours permet en 45 minutes d’appréhender l’essentiel du monument, son histoire et son architecture. Du bas-relief de Janniot en façade à la fresque intérieure, une dizaine de points d’intérêt y sont répertoriés. Trois mini-parcours thématiques de 15 minutes, « Le Palais en questions », détaillent ensuite l’architecture du lieu, l’exposition coloniale de 1931 ou encore la représentation du discours colonial dans le bâtiment. Les commentaires des médiateurs, enregistrés dans l’enceinte du Palais, sont enrichis de nombreuses vidéos et photos. L’appli permet aussi d’explorer les salons historiques Afrique et Asie, inaccessibles au public, « avec des vues panoramiques à 360° », poursuit Sylvain Gorin. Ce n’est qu’un début, elle s’étoffera au fil des mois avec des parcours consacrés au bas-relief de la façade, à l’Aquarium tropical et à la nouvelle exposition permanente du Musée, l’an prochain.


LE JOURNAL DU PALAIS 6

DOSSIER

L’AQUARIUM VOUS ATTEND ! L’Aquarium tropical est ouvert du mardi au vendredi de 10h à 17h30, le samedi et le dimanche de 10h à 19h. Dernière entrée une heure avant la fermeture. Gratuit pour les moins de 26 ans. Exposition Hippocampes ?, jusqu’au 5 septembre 2021.

Après un an de travaux, il a enfin rouvert ses portes. Nouveaux bacs et nouveaux décors, fosse aux alligators, mur interactif pour s’immerger au milieu des cétacés, espace d’exposition temporaire agrandi... L’Aquarium se modernise pour renforcer ses missions de sensibilisation du public et de conservation des espèces. « Nous sortons d’une période intense ! » À quelques jours de la réouverture de l’Aquarium tropical, le 1er juin, son nouveau directeur Charles-Édouard Fusari, ne cachait pas sa satisfaction. Il faut savoir que les derniers poissons ont rejoint leurs bacs quelques jours à peine avant la réouverture. Mais nous sommes prêts ». Depuis 14 mois, les nombreux habitués du lieu se languissaient. Venus visiter la nouvelle exposition temporaire Hippocampes ?, ils découvriront aussi les nombreux aménagements réalisés ces derniers mois. Le plus spectaculaire est sans doute la paroi transparente qui entoure la fosse dite aux crocodiles – qui héberge en fait des alligators -. Désormais totalement accessible aux personnes à mobilité réduite, comme d’ailleurs l’ensemble de l’Aquarium, elle permet d’admirer au mieux Laury et Dundy, les deux femelles albinos arrivées toutes petites en 2014 et qui ont bien grandi.


PHOTO : © DÉODAT MANCHON

7 LE JOURNAL DU PALAIS

RAIE PASTENAGUE À TACHES BLEUES, TAENIURA LYMMA


PHOTO : © ANNE VOLERY - THIBAUD GIRAUDEAU - DÉODAT MANCHON - PIXABAY

LE JOURNAL DU PALAIS 8

Un nouvel éclairage y reproduit l’évolution du jour, du lever du soleil à la tombée de la nuit. Il met aussi en valeur l’imposant rocher dessiné par Albert Laprade, l’architecte du Palais lui-même.

PLONGER AVEC LES CÉTACÉS L’autre nouveauté très attendue, c’est le Spot, un mur numérique interactif invitant les visiteurs à rencontrer les cétacés. Un dispositif à utiliser à plusieurs, qui permet de plonger virtuellement avec des baleines à bosse et d’interagir avec elles, grâce à des caméras captant les mouvements des visiteurs. « Sous un aspect ludique, le Spot imaginé avec une entreprise canadienne est un vrai projet de recherche, explique Gabriel Picot, chargé de développement culturel et pédagogique à l’Aquarium. « De la couleur et de l’opacité de l’eau au comportement

des baleines, tout est soumis à la validation d’un comité scientifique ». Moins spectaculaires mais tout aussi appréciables : les travaux d’accessibilité et de confort. Le système de ventilation a été

Pas moins de 750 espèces marines et d’eau douce sont représentées dans 84 aquariums. Le paysage de certains a changé, notamment dans la section dite Grande Marine, complètement rénovée avec l’installation

« Avant on présentait des espèces, maintenant on s’attache à montrer de vrais écosystèmes ». totalement renouvelé et les leds diffusent désormais une lumière plus adaptée aux lieux. Une moquette au sol absorbe les bruits, pour la tranquillité aussi des 15 000 animaux présentés. Piranhas aux reflets rouges argentés, poissons multicolores des récifs coralliens, raies majestueuses, créatures moins spectaculaires mais fascinantes, comme le dipneuste africain qui peut rester des mois sans boire ni manger...

de nouveaux bacs. Des plantes et des coraux bouturés cet hiver, encore petits, y ont été installés. Leur croissance modifiera au fil des mois le décor des aquariums. Jean-Daniel Galois, aquariologiste ici depuis 21 ans, les bichonne. « Un nouveau bac, c’est un peu comme un jardin, il faut lui laisser le temps ». Pour les visiteurs, c’est l’occasion rare de découvrir, au fil des mois, l’évolution de ces paysages marins : « Les coraux s’étalent beaucoup au début, puis s’étof-

fent subitement en hauteur », poursuit-il.

LAISSER MÛRIR L’EAU Le bien-être des animaux est essentiel pour l’Aquarium et la mise en eau des nouveaux bacs a été un travail de longue haleine. Rincés à l’eau douce pour éliminer les particules nocives restant dans le béton, les bacs ont été ensuite rincés à l’eau de mer, puis enfin remplis. L’eau est fabriquée ici, un mélange d’eau osmosée, très pure et de sels minéraux reconstituant la composition du milieu d’origine. « Il faut ensuite que l’eau mûrisse », explique Jean-Daniel Galois. Le procédé dure environ un mois. Le temps nécessaire pour que les bactéries soient assez nombreuses pour éliminer les excréments des futurs poissons. Pour les coraux, c’est plus long encore, précise-til, « car ils ont besoin d’une eau extrêmement pure ».


9 LE JOURNAL DU PALAIS Voilà pourquoi les poissons, hébergés dans des aquariums partenaires ou placés en salle dite de quarantaine, ont regagné leur bac juste à temps pour la réouverture. Pour les équipes de l’Aquarium, ces travaux doivent renforcer les missions de sensibilisation et de pédagogie qui sont, avec la conservation (lire l’interview de Charles-Édouard Fusari) fondamentales pour l’établissement. D’où des changements notamment dans la façon dont sont imaginés les bacs. « Avant, on présentait avant tout des espèces, faisant parfois cohabiter des poissons de régions un peu différentes. Désormais on s’attache à présenter des écosystèmes cohérents, tel lac d’Afrique, telle rivière d’Asie », précise Gabriel Picot. Les chantiers de l’Aquarium ont conduit aussi à repenser la place et le bien-être de chacune des espèces présentes. Alors que les delphinariums sont invités à fermer leurs portes, que la condition animale mobilise un public toujours plus nombreux, l’Aquarium devait se saisir du sujet (lire ci-contre).

TOUT SUR L’HIPPOCAMPE Désormais agrandi, l’espace d’exposition temporaire accueille sa première exposition, Hippocampes ? Grâce notamment aux observations de bénévoles du bassin de Thau (Sud de la France), le mystérieux petit animal à tête de cheval et queue de singe, livre peu à peu ses secrets. Ses incroyables capacités de camouflage, la façon dont le père porte ses petits, ses prédateurs... Hippocampes ? propose aux visiteurs de se glisser dans la peau de l’animal et de découvrir ses cousins de la famille des syngnathidés (dont la bouche se trouve au bout du museau tubulaire). Dans les bacs spécialement constitués pour l’occasion, petits et grands peuvent aussi admirer

3 QUESTIONS À

CHARLES-ÉDOUARD FUSARI DIRECTEUR DE L’AQUARIUM TROPICAL

« C’EST DÉSORMAIS AUX AQUARIUMS DE S’ADAPTER AUX ANIMAUX » Arrivant du Zoo de Londres, vous avez pris vos fonctions au moment où s’achevaient les travaux. Quelles sont vos premières impressions ? Je pense que ces travaux, ainsi que les dispositifs mis en place, améliorent réellement la proposition faite aux visiteurs. Ils sont un avant-goût de ce que nous aimerions réaliser à l’échelle de l’Aquarium tout entier !

Ces travaux sont l’occasion de repenser les conditions de vie des animaux, un sujet d’actualité. Comment y répondezvous ? Nous avons nous aussi de fortes préoccupations éthiques et avons engagé un travail de plusieurs années. La collection s’est étoffée au fil des ans et il y a nécessité d’un état des lieux. L’idée est de vérifier dans la littérature scientifique les besoins fondamentaux de chaque espèce et de s’assurer qu’ils sont satisfaits. Dans le cas contraire, nous enverrons ces animaux dans d’autres aquariums où ils seront accueillis dans de meilleures conditions. Avant, l’animal devait s’adapter à l’aquarium, on est en train de s’inscrire dans une démarche inverse. À terme, nous devons aussi pouvoir expliquer simplement pourquoi un animal est là : parce qu’il présente un intérêt pédagogique, est en voie de disparition dans son milieu naturel, ou fait l’objet d’un programme de recherche.

plusieurs espèces d’hippocampes tropicaux, menacés par un intense braconnage. Tandis que les visiteurs re-

Vous souhaitez renforcer les missions de conservation de l’Aquarium tropical. Par quels moyens ? C’est plus que jamais indispensable, puisque de nombreuses espèces, surtout en eau douce, sont menacées de disparition. Pour celles-ci, mon souhait est d’inscrire l’Aquarium dans le réseau des établissements qui élèvent des populations dites de secours. Malheureusement éteintes à l’état sauvage pour certaines, elles seront maintenues dans notre établissement en attendant que les conditions dans leur milieu naturel s’améliorent. L’Aquarium, qui maîtrise déjà très bien l’élevage des coraux, s’engage aussi dans la préservation des écosystèmes coralliens avec le projet international « The World Coral Conservatory (WCC) ». Et dans le cadre de l’Union des Conservateurs d’Aquariums, nous envisageons d’accroître nos efforts dans la reproduction de poissons marins tropicaux pour pérenniser nos acquisitions d’animaux. Enfin, l’Aquarium va s’engager sur le terrain aussi. Une approche pluridisciplinaire est essentielle. Le projet Fish Net Madagascar, qui vise à préserver les espèces endémiques d’une rivière malgache et que l’Aquarium a rejoint, s’inscrit dans cette démarche. Outre les compétences des aquariologistes dans le relevé de paramètres environnementaux et la gestion de populations aquatiques, ce projet associe entre autres, des laboratoires universitaires qui surveillent la qualité des populations piscicoles et de leur habitat et des ONG malgaches qui font du développement local.

prennent possession des lieux, l’équipe de l’Aquarium, qui fête cette année ses 90 ans, prépare déjà la suite. Rendez-vous en

octobre pour la Fête de la science et l’exposition annuelle 20212022 consacrée aux grandes algues marines.


PORTRAIT

11 LE JOURNAL DU PALAIS

SMAÏL KANOUTÉ

SMAÏL KANOUTÉ - PHOTOS : © D.R. - NEVER TWENTY ONE - PHOTOS : © MARK MABOROUGH

CHORÉ-GRAPHISTE

On lui a emprunté l’expression, parce qu’elle répond aux exigences d’un titre d’article : significatif et percutant. Smaïl Kanouté aime dire qu’il est « choré-graphiste ». Les deux disciplines sont intimement liées dans l’œuvre de cet artiste multifacette, diplômé des Arts déco venu à la danse par un concours de circonstances. « Chorégraphier, c’est créer une fresque. Une question de lignes, de courbes, de rythme, d’énergie et d’émotion », raconte Smaïl Kanouté, né à Paris voilà 35 ans. Plasticien, danseur, chorégraphe, mais aussi créateur de vêtements... « Quand je m’empare d’un sujet, c’est toujours avec un regard à 360 ». Les 18 et 19 juin, il sera au Palais pour Never Twenty One, un spectacle proposé en partenariat avec la DILCRAH (1). Hommage aux jeunes victimes de violences par armes à feu, c’est l’adaptation d’un court-métrage du même nom, qu’il a tourné à New-York en 2018. Le titre fait référence au hashtag #Never21 créé par le mouvement politique Black Lives Matter. « Durant quatre mois, j’ai écouté la parole d’habitants du Bronx, familles et amis de ces jeunes qui ne fêteront pas leurs 21 ans », l’âge de la majorité outre-Atlantique. Pour l’adaptation chorégraphique, l’artiste a convoqué aussi la mémoire des jeunes de Soweto et Rio de Janeiro où il a développé sa passion de la danse lors d’un séjour d’études pour les Arts déco. « J’ai voulu rendre hommage à la grande créativité que ces jeunes développent, parce qu’ils ne savent pas s’ils seront encore

Avec Never Twenty One, présenté en juin au Palais, l’artiste SmaÏl Kanouté rend hommage aux jeunes victimes des armes à feu de par le monde et explore les questions d’identité en mêlant danse, vidéo, photo et graphisme. Rencontre.

notre pays, c’est deux pays ». De cette quête, il a fait une installation consacrée à l’arbre généalogique de Fégui, village natal de ses parents. « Politiques ou poétiques, mes créations portent sur la recherche de l’identité, celle dont on hérite, celle qu’on se construit ». Une démarche qui l’a aussi amené à explorer l’histoire vraie de Yasuke Kurosan, un esclave mozambicain devenu samouraï dans le Japon du XVIe siècle. Lors de ses premières visites au Palais, Smaïl Kanouté a découvert « avec douleur » les fresques et le bas-relief racontant « l’histoire écrite par les vainqueurs et vécue par les vaincus ». Il est heureux de venir danser ici : « C’est un lieu pour éclaircir l’histoire coloniale et celle de l’immigration, un lieu aussi de réconciliation ».

(1) Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT. Vendredi 18 et samedi 19 juin à 20h dans l’auditorium. 12/9 €. Réservations sur le site du Palais.

vivants demain. Aux danses qu’ils ont inventées, le baile funk, le pantsula pour raconter leur quotidien, les descentes de police et les règlements de compte. » La bande-son du spectacle mêle musiques et témoignages. Dans une ambiance à la fois urbaine et chamanique, les corps peints, tels des pancartes, de Smaïl Kanouté, Aston Bonaparte et Jérôme Fidelin enchaînent les danses pour raconter ces vies et ces morts.

Pour l’artiste, Never Twenty One c’est aussi l’histoire d’une libération, « celle du corps noir ». Une injonction à s’affranchir du passé, « des pressions psychologiques et physiques », pour créer un « futur d’espoir ». Le propos fait écho à son propre parcours, celui d’un fils d’immigrés, renvoyé en France à ses origines africaines, au Mali à son identité française. « Il faut du temps pour dépasser cette schizophrénie et se rendre compte que

SON ACTU Tournée de Never Twenty One : dates sur smailkanoute.com

Never Twenty One (court-métrage) dans l’exposition Comme un parfum d’aventure. MAC de Lyon, jusqu’au 18 juillet. Yasuke Kurosan, le samouraï noir au Japon (court-métrage), MEP de Paris, jusqu’à cet automne. Le Village de mes parents (installation) dans le cadre de Zone franche, Institut des Cultures d'Islam (Paris) jusqu'au 1er août.


AGEN

LE JOURNAL DU PALAIS 12

DE JUIN À SEPTEMBRE LA SEMAINE POISSON LUNE

LE MARDI C’est l’apéro-voyageurs, des rencontres entre grands voyageurs, globe-trotteurs, expats ou grands rêveurs pour échanger sur les périples et les aventures…

La terrasse estivale du Palais fait enfin son retour et s’installe sur le parvis pour faire bouger l’Est parisien ! En famille ou entre amis, savourez l’été au rythme d’une programmation mêlant bien-être et culture.

INFOS PRATIQUES

LE MERCREDI À chaque mercredi sa programmation, retrouvez des ateliers pour le jeune public, des rencontres littéraires et finissez cette journée en jouant à des quizz, des blind-tests ou en vous affrontant à des jeux d’échecs.

LE JEUDI Visites Pop-up entre 18h et 20h Impromptues, surprenantes, les visites pop-up vous font découvrir le Palais et ses espaces d’exposition en accès privilégié comme vous ne les avez jamais vus. Puis après avoir visité le Palais, détendez-vous et profitez de la scène musicale de Poisson Lune !

LE VENDREDI Le vendredi place aux concerts live, il y en aura pour tous les goûts épicés ou groovy. Tous les vendredis à partir du 18 juin, DJ set de 20h30 à 22h30.

LE SAMEDI

Du mardi au vendredi à partir de 16h. Samedi et dimanche à partir de 12h. Fermeture à 21h jusqu’au 8 juin inclus et à 23h jusqu’au 30 juin. En fonction des mesures gouvernementales. Poisson Lune est fermé le lundi.

En journée, des ateliers pour tous les publics, des lectures pour les plus petits, concerts et initiation à la danse.

Retrouvez la programmation sur : www.palais-portedoree.fr

Le dimanche on s’installe confortablement pour une séance projection et cinéma en début de soirée.

Ateliers créatifs « Surcyclages » Pour les plus jeunes – après-midi Venez découvrir les jolis objets que l’on peut fabriquer avec un peu de récup, et beaucoup d’ingéniosité.

LE DIMANCHE

DJ SETS DE L’ÉTÉ Vendredi À partir de 20h30 Une série de DJ sets 100 % féminins ponctuera l’été sur la terrasse éphémère Poisson Lune. Dans un secteur où les têtes d’affiche sont principalement des hommes, les sept DJ invitées ont su s’imposer devant les platines. Dénicheuses de pépites musicales, elles appartiennent à la foisonnante scène actuelle qui fusionne et met à l'honneur des sonorités éclectiques : Afro, house, électro, musiques traditionnelles et urbaines… De par leur histoire personnelle, leurs choix artistiques ou leur engagement contre les discriminations raciales et de genre, toutes contribuent à la déconstruction de stéréotypes et préjugés.

LOUISE CHEN DJ SET 18 JUIN

BETTY DJ SET 2 JUILLET

DEENA ABDELWAHED DJ SET 16 JUILLET

DJ ONDI KWA DJ SET 30 JUILLET

ASNA DJ SET 13 AOÛT

ZAZU DJ SET 27 AOÛT

CHABELA DJ SET 10 SEPTEMBRE


NDA

13 LE JOURNAL DU PALAIS

BONNE PÊCHE, MAUVAISE PIOCHE DU GROUPE MARITIME DE THÉÂTRE SPECTACLE DE PAPIER ET D’OBJET 5 ET 6 JUIN ATELIER 5 3 SÉANCES PAR JOUR : 10H30, 15H30 ET 17H JEUNE PUBLIC (3-7 ANS)

À l’heure où toutes les mers du globe sont menacées par les activités humaines, l’Aquarium tropical vous invite à la 5e Fête de l’océan pour découvrir la vie aquatique et mieux comprendre la nécessité de la préserver. Une programmation exceptionnelle proposée aux visiteurs de tous âges - spécialistes ou simples curieux - pour s’émerveiller, s’instruire et apprendre à protéger l’océan et ses littoraux. AU PROGRAMME

Bonne pêche, mauvaise pioche est une fable écologique à l’usage des petits, inspirée du livre jeunesse Bonne pêche de Thierry Dedieu. Une feuille de papier jaune, je, tu plies, nous plions, une petite chanson et hop... voilà un bateau ! Ici tout est en papier : la mer, la terre, la maison, le bateau, le pêcheur et les poissons... quels poissons ? Chaque jour, dans ses filets, Joseph le pêcheur remonte tout un tas d’objets abandonnés mais de moins en moins de poissons ! Qu’est-ce qu’il va bien pouvoir faire de tout ce bric-à-brac ? Pendant ce temps, les immeubles poussent comme des champignons... Ici on plie, on tire, on pousse, on roule, on pêche, on chante, on navigue, et on raconte une histoire qui finit bien ! D’après Bonne pêche de Thierry Dedieu (éd. Seuil Jeunesse) Adaptation, conception et jeu : Josette Lanlois Diffusion : Delphine Ceccato - Partenaires : Spedidam, Saison 13

Gratuit sur réservation (sur le site du Palais) Durée : 35 min

SPECTACLES

THÉÂTRE SONORE AUDITORIUM 4 SÉANCES PAR JOUR 11H, 15H, 16H30 ET 18H SPECTACLE TOUT PUBLIC À PARTIR DE 9 ANS Vivez une expérience contemplative et méditative, hors « Spluj » veut dire « plongée » en breton et c’est littéralement à une première plongée à laquelle le Teatr Piba convie le public. Fruit d’une expérience inédite de collaboration artistique et scientifique entre le Teatr Piba et l’Ifremer, SpluJ est une petite forme théâtrale immersive. Le public, confortablement installé et coiffé d’un casque audio, part pour une plongée radiophonique et sensorielle à bord d’un navire océanographique. Les extraits du journal de bord de David Wahl, écrit lors de la campagne scientifique MOMARSAT 2017, sont narrés en direct par deux comédiens et côtoient des tableaux sonores témoignant de la vie à bord.

INFOS PRATIQUES Activités incluses dans le billet d’entrée. Tarif plein : 8 € Tarif réduit : 5 € Gratuit pour les moins de 26 ans.

Direction artistique : Thomas Cloarec - Écriture et dramaturgie : David Wahl Interprètes (en alternance) : Karine Dubé-Guillois, Charlotte Heilmann, Krissmen

Gratuit sur réservation (sur le site du Palais) Durée : 25 min

© XAVIER CANTAT

SPLUJ DU TEATR PIBA

ATELIERS

LES MÉDUSES 5 ET 6 JUIN DE 10H À 12H ET DE 14H À 18H ATELIER 1 ET 2 EN CONTINU À PARTIR DE 3 ANS ET EN FAMILLE Savez-vous qu'avec du matériel de récupération comme des bouchons et des gobelets il était possible de créer des méduses les plus insolites les unes que les autres ? Alors, direction l'Aquarium tropical pour venir vous amusez et créer en famille !

© TEATR PIBA

Gratuit (inscription sur place)

Et aussi des quizzs pour tout savoir sur les hippocampes, des visites de l’Aquarium, des focus pédagogiques sur les coraux et sur les nouveaux bacs de l’Aquarium, des moments d’initiation aux sciences participatives et le spot, le nouveau dispositif interactif et immersif pour tout comprendre des cétacés… En partenariat avec le Muséum national d’histoire naturelle. Programme complet et horaires des activités sur : www.aquarium-tropical.fr


AGEN

LE JOURNAL DU PALAIS 14

CE QUI S’OUBLIE ET CE QUI RESTE

Dans le cadre de la saison Africa2020. En Partenariat avec le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) Gratuit pour les moins de 26 ans, et pour tous, le premier dimanche de chaque mois.

Mardi > vendredi de 10h à 17h30 > Samedi et dimanche de 10h à 19h

INFOS PRATIQUES TARIFS VISITES GUIDÉES

AU MUSÉE LES DIMANCHES 20 JUIN, 4 ET 18 JUILLET, 1ER, 15, ET 29 AOÛT 11H Accompagné d’un conférencier, découvrez l’exposition Ce qui s’oublie et ce qui reste et les œuvres de 18 artistes du continent africain et de ses diasporas.

Tarif plein : 12 € Tarif réduit : 9€ Réservation obligatoire en ligne : https://palaisportedoree. tickeasy.com

Durée : 1h30

DÉCOUVERTE DU PALAIS DE LA PORTE DORÉE

HIPPOCAMPES ?

À L’AQUARIUM JUSQU’AU 5 SEPTEMBRE Mystérieux et emblématique, l’hippocampe fascine toutes les civilisations depuis l’antiquité. Sa forme étrange, à tête de cheval, yeux de caméléon, poche de kangourou et queue de singe est facilement reconnaissable par les enfants et les adultes. Mais qui se cache derrière ce cheval des mers ? L’Aquarium tropical vous invite à une rencontre avec cet animal à la fois mystérieux et fascinant mieux connu aujourd’hui grâce aux sciences participatives. Inclus dans le billet d’entrée pour l’Aquarium. Tarif plein : 8 € / Tarif réduit : 5 € Gratuit pour les moins de 26 ans.

© LORENZÖ

INFOS PRATIQUES

© ANNE VOLERY

AU MUSÉE JUSQU’AU 29 AOÛT A l’heure du règne de la communication, de l’information en continu, des réseaux sociaux et de l’individualisme, qu’en est-il de la transmission des traditions, des savoirs et savoir-faire ? Dans l’exposition Ce qui s’oublie et ce qui reste, 18 artistes du continent africain et de ses diasporas explorent la question à travers les thèmes des frontières et des migrations, des liens entre générations, de l’histoire et de la mémoire, de part et d’autre de la Méditerranée et en Afrique.

CE QUI S’OUBLIE ET CE QUI RESTE

AU PALAIS LES SAMEDIS 12 JUIN, 3 ET 24 JUILLET, 14 ET 28 AOÛT 11H VISITES GUIDÉES EN LSF LES DIMANCHES 25 JUILLET ET 22 AOÛT 11H Le Palais de la Porte Dorée est un joyau architectural témoin de l’époque coloniale. Créé à l’occasion de l’exposition coloniale internationale de 1931, il raconte par ses fresques, sa richesse architecturale et ses ornements, le goût et l’idéologie de son temps. Durée : 1h30


NDA

15 LE JOURNAL DU PALAIS

MUSÉE PART EN LIVE FRANCE / ÉTATS-UNIS : REGARDS CROISES

Dans le cadre de sa programmation de débats en ligne le Musée part en live, le Musée de l’histoire de l’immigration propose deux rencontres, en partenariat avec l’Ambassade des États-Unis en France.

© PASCAL LEMAÎTRE

CINÉMA ET SÉRIES : UNE JEUNESSE SOUS INFLUENCE ?

LES INSTANTS DECOUVERTE DU PALAIS

DÉCOUVERTE SCIENTIFIQUE DE L’AQUARIUM

MERCREDI 9 JUIN 18H Les productions culturelles américaines influencent depuis un siècle la jeunesse européenne, avec parfois des décennies d’avance sur les imaginaires du vieux continent qu’elles façonnent. C’est le cas du cinéma et des séries télés. Quels sont les risques des clichés qu’ils véhiculent ? Quelles formes de vie médiatisent-ils ? Existe-t-il un effet retour des esthétiques populaires européennes sur le sol américain ?

AU PALAIS DE 14H À 18H LE WEEK-END Micro-visites, quizz, activités de découverte scientifique… Que ce soit à l’Aquarium, à l’exposition du Musée Ce qui s’oublie et ce qui reste ou même le parvis, venez découvrir, vous instruire ou vous laisser surprendre le temps d’une activité proposée par les médiateurs du Palais. Durée : 20 à 30 minutes Gratuit avec le billet Aquarium ou Musée ou Jumelé (sans réservation)

© ANNE VOLERY

© ANNE VOLERY

LES DÉFIS DE LA DIVERSITÉ DANS LES MUSÉES ?

À L'AQUARIUM LES SAMEDIS 26 JUIN, 17 ET 31 JUILLET, 7 ET 21 AOÛT 11H Un médiateur scientifique vous fait découvrir l’extraordinaire patrimoine vivant de l’Aquarium tropical. Un nouveau parcours pour découvrir, comprendre et protéger les écosystèmes aquatiques. Durée : 1h30

MERCREDI 7 JUILLET 18H Comment transmettre les histoires dans les institutions culturelles et éviter la concurrence mémorielle ? À l’heure du vacillement des statues et du développement de la culture de l’annulation (cancel culture) qui tend à créer des vides dans les récits historiques en fonction des mobilisations du présent, comment les institutions culturelles et les musées traitent-ils de l’histoire de la diversité aux États-Unis et en France ? Quelle place accordent-ils aux minorités dans la production de récits ? A voir en direct sur la page Facebook du Musée de l’histoire de l’immigration


AGEN

LE JOURNAL DU PALAIS 16

INFOS PRATIQUES TARIFS ATELIERS :

© VÉRONIQUE BESNARD

Tarif plein : 10 € Tarif réduit : 6€

Ateliers 3/5 ans (1 adulte accompagnateur obligatoire)

Durée : 1h

MON MOBILE HIPPOCAMPE

POISSON ARC EN CIEL

MON PETIT CHEVAL DES MERS

© CYRIL ZANNETTACCI

LES SAMEDIS 19 JUIN, 3 ET 31 JUILLET 10H30 3-5 ANS Petit cheval des mers deviendra grand ! Venez découvrir ces petites merveilles de la mer que sont les hippocampes. Après leur avoir rendu visite à l’Aquarium, les enfants pourront les décliner de mille et une manières en découpage, collage et coloriage.

AQUARIUM

AQUARIUM

AQUARIUM

© CYRIL ZANNETTACCI

Réservation en ligne obligatoire : https://palaisportedoree. tickeasy.com

LES SAMEDIS 17 JUILLET, 14 ET 28 AOÛT 10H30 3-5 ANS Saviez-vous qu’il existe des arcs-en-ciel dans l’eau ? Des petits poissons colorés, qui habitent les lacs des montagnes d’Océanie, colorent nos aquariums pour le plus grand plaisir des petits. En salle d’atelier, chaque enfant réalisera son propre poisson arc-en-ciel. Durée : 1h

LES SAMEDIS 26 JUIN, 24 JUILLET ET 21 AOÛT 10H30 6/10 ANS C’est en parcourant l’exposition Hippocampes ?, que les enfants trouveront l’inspiration pour créer leur propre mobile. Un atelier qui sera aussi l’occasion d’apprendre en famille des anecdotes surprenantes sur cet animal que l’on appelle parfois le cheval des mers. Durée : 1h30

MUSÉE

ATELIER TISSAGE LES SAMEDIS 10 JUILLET ET 7 AOÛT 10H30 6/10 ANS Après avoir déambulé entre les différentes œuvres de l’exposition Ce qui s’oublie et ce qui reste, les enfants créent leur propre petite tapisserie pour décorer les murs de la maison. Durée : 1h30


NDA

17 LE JOURNAL DU PALAIS

CONCERT YSEULT YTOUR

DE SMAÏL KANOUTÉ

PIANO VOIX

VENDREDI 18 ET SAMEDI 19 JUIN 20H AUDITORIUM En écho à l'hashtag #Never 21 du mouvement BLACK LIVES MATTER, Smaïl Kanouté rend hommage aux jeunes victimes des armes à feu des quartiers pauvres et discriminés de New York, Rio de Janeiro ou Johannesburg qui décèdent avant l’âge de 21 ans. Dans une atmosphère urbaine teintée de chamanisme, trois danseurs ressuscitent les mots/ maux des victimes et de leurs familles. Par leurs corps devenus sculptures graphiques, surfaces d’expression et de revendication, objets de résilience et mémorial tels des esprits errants, ils nous racontent ces vies volées, arrachées, sacrifiées. Passant du krump à la wave, du new style au tribal, différentes énergies viennent traverser et animer les corps pour faire apparaître l’invisible et nommer l'indicible.

#Never 21, BECAUSE THEIR LIVES STILL MATTER. Chorégraphe : Smaïl Kanouté Danseurs : Aston Bonaparte, Jérôme Fidelin & Smail Kanouté Body painter : Lorella Disez Scénographe & créateur lumières : Olivier Brichet / Créateur son : Paul Lajus Costumières : Rachel Boa & Ornella Maris Coproduction : Les Ateliers Médicis – Clichy-sous-Bois, Espace 1789 – Scène conventionnée danse – Saint-Ouen, Les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, Danse Élargie 2020, CENTQUATRE – Paris. Attention utilisation de stroboscopes en début et fin de représentation. Avec le soutien de la Dilcrah. Tarif plein : 13,50 € - Tarif réduit : 10,50 € Réservation obligatoire : www.fnacspectacles.com Durée : 1h

YSEULT - PHOTO : © THIBAULT-THEODORE

NEVER TWENTY ONE - PHOTOS : © MARK MABOROUGH

DANSE NEVER TWENTY ONE

MERCREDI 23 JUIN 20H30 AUDITORIUM Yseult est le nouveau phénomène de la chanson française et en bouscule les codes. Après le succès de Corps, elle nous bouleverse avec ses nouveaux singles Bad Boy et Indélébile, premiers extraits de son EP BRUT. « Brut », tel est le mot d’ordre de cette tournée piano - voix : la voix d’Yseult et l’interprétation juste et délicate au piano de Nino Vela nous transpercent d’émotions. Quand simplicité rime avec beauté. Avec le soutien de la Dilcrah. Tarifs : 19,80 € Réservation obligatoire: www.fnacspectacles.com


VU PAR

LE JOURNAL DU PALAIS 18

LE PALAIS VU PAR GRÉGOIRE LEMAITRE « À mon arrivée à Paris, j’habitais à deux minutes du Palais. J’ai tout de suite aimé sa façade d’un point de vue purement plastique. Lors de la bourse aux masters de l’École du Louvre, il nous a été proposé de travailler sur ce bas-relief du sculpteur Janniot : je me suis dit que c’était une chance extraordinaire. Je l’ai étudié pendant un an, sous la direction d’Hélène Bocard, conservatrice en chef du patrimoine au Palais. Son caractère hybride est fascinant. Il nous fait voyager vers un ailleurs, les architectures hindoue, khmère, assyrienne notamment, jamais représentées dans l’architecture occidentale. Mes recherches m’ont aussi permis de voir tout ce qui avait inspiré très directement Janniot : la propagande coloniale mais aussi cet art nouveau qu’était le cinéma, l’aviation... C’est émouvant de comprendre l’imagerie dans laquelle baignaient les gens en 1931 ».

GRÉGOIRE LEMAITRE © VÉRONIQUE BESNARD

Étudiant en histoire de l’art

SON ACTU Grégoire Lemaitre, 26 ans, sera cet été diplômé de l’École du Louvre en histoire de l’art. Il achève un mémoire consacré à la place des animaux au Palais de la Porte Dorée. Il envisage de poursuivre par une thèse, dans l’objectif de devenir conservateur.

24H CHRONO Un membre de l'équipe nous emmène dans les coulisses du Palais. Aujourd'hui : le responsable de Poisson Lune.

WILFRID BOF Réalisateur télé de formation, il est désormais responsable de la terrasse éphémère du Palais, Poisson Lune. Il travaille pour la société Petite Lune, qui gère des lieux éphémères festifs.

11 h  Arrivée sur la terrasse de Poisson Lune. Wilfrid vérifie la propreté des lieux, le remplissage du bar, le planning de la dizaine de serveurs employés sur la terrasse durant toute la belle saison. Wilfrid vérifie la météo : en cas de fortes pluies, il faudra adapter la programmation. 14 h  C’est la réunion hebdomadaire avec le Palais. L’occasion de faire le point notamment avec l’équipe de médiation sur les visites « pop-up » qui permettent aux clients de Poisson Lune de

découvrir le bas-relief de la façade. Et de rappeler la programmation musicale à venir, assurée conjointement par le Palais et par Petite Lune.

16 h  Wilfrid briefe son équipe et ouvre la terrasse. Il veille à ce que les mesures sanitaires soient bien respectées. Avec son adjointe Juliette Morehead, Wilfrid fait un dernier point sur les food trucks qui vont se succéder au fil de la saison. Pas de plastique, des produits locaux et bios autant que possible : c’est un impératif.

19 h 30  Le rush démarre. Accueil des musiciens, renfort au bar ou en terrasse, Wilfrid garde un œil attentif avec un seul mot d’ordre, souvent répété : « que les gens passent ici un bon moment ». 23 h 45  Wilfrid invite les noctambules à quitter les lieux. Après le nettoyage des lieux, Poisson Lune ferme ses grilles. À demain !

Lire aussi p. 5.


DU CÔTÉ DES LIVRES

19 LE JOURNAL DU PALAIS

LECTURES ESTIVALES Cet été, plongez dans la sélection des livres proposés par l’équipe de la médiathèque.

LE PARFUM DES FLEURS LA NUIT

L'EXIL VAUT LE VOYAGE

FINI D'ÉCRIRE !

ARMEN : L'EXIL ET L'ÉCRITURE

« À Rabat, il y avait un galant de nuit près de la porte d’entrée de ma maison (...) La voilà, l’odeur du pays de l’enfance, disparu, englouti ». Invitée par son éditrice à passer une nuit dans un musée vénitien, l’écrivaine Leïla Slimani voit resurgir ses souvenirs d’enfance. Celui aussi d’un père qui lui a donné le goût de la lecture et le besoin d’écrire pour préserver la mémoire. Dans le silence du musée, propice à l’introspection, surgit la mélancolie des enfants d’immigrés, « ceux qui ne sont pas tout à fait d’ici et plus tout à fait de là-bas ». Le parfum des fleurs la nuit – Ma nuit au musée est l’un des quatre coups de cœur des bibliothécaires de la médiathèque Abdelmalek Sayad.

L’originalité du format mais aussi du propos font de Dany Laferrière le deuxième coup de cœur. L’Exil vaut le voyage, un roman graphique, livre sa réflexion sur les bénéfices de l’exil. De Port-au-Prince à Montréal et Paris, mêlant son histoire et l’évocation d’exilés célèbres, l’écrivain natif d’Haïti raconte avec humour et poésie comment la nécessité de quitter son pays peut être un puissant ressort créatif et l’occasion de belles rencontres.

Avec Fini d’écrire ! Tassadit Imache livre un récit introspectif sur le métier d’écrivain. La romancière entreprend cette analyse à la mort de sa mère, française tombée amoureuse d’un algérien en pleine guerre d’Algérie. Écrit-elle pour faire parler les invisibles, comme ses parents ouvriers ? Pour raconter le réel ? Comment prendre place dans un microcosme littéraire qui vous assigne à vos origines ? Dans les librairies, le premier roman de l’écrivaine était classé au rayon francophone, raconte Charlotte Perdriau, bibliothécaire. « Chaque rencontre était consacrée à son parcours bien plus qu’à son écriture. Elle retrace cela dans un texte plein de sensibilité et de douleur ».

Né Chahnour Kérestédjian en Turquie, contraint à l’exil en 1923, le poète arménien Armen Lubin (1903-1974) est au cœur de la biographie d’Hélène Gestern, Armen : l’exil et l’écriture. D’une plume limpide, elle retrace la vie de cet auteur méconnu révélé par Jean Paulhan, mais aussi l'histoire arménienne ou la vie littéraire parisienne. En parallèle, l’auteure, dont les grands-parents avaient quitté la Yougoslavie pour la France, évoque sa propre histoire familiale et son rapport à l’écriture.

Leïla Slimani, Éditions Stock

Dany Laferrière, Éditions Grasset

Tassadit Imache, Éditions Hors d’atteinte

Hélène Gestern, Éditions Arlea


VU & ENTENDU AU PALAIS

PRÉPAREZ VOTRE PROCHAINE VISITE !

Nous vous accueillons du mardi au vendredi de 10h à 17h30 et du samedi au dimanche de 10h à 19h. Dernier accès 1 heure avant la fermeture (pour pouvoir vraiment en profiter !). Pour venir jusqu’à nous, les transports en commun ou le vélo, c’est bien ! Métro 8 – Tramway 3a – Bus 46 et 201 – Vélib – station Porte Dorée. Pour toute information : 01.53.59.58.60 ~ 293, avenue Daumesnil – Paris 12e . Pour les personnes à mobilité réduite : accès par une rampe puis élévateur disponible à l’entrée administrative. Nos actus, les bons plans, vos avis ! palais-portedoree.fr palaisdelaportedoree @PPDoree


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Le Journal du Palais n°15. Juin- août 2021 by Palais de la Porte Dorée - Issuu