Montée de l’extrême-droite, guerre au Moyen-Orient, génocide à Gaza, coupes budgétaires en Belgique dans le secteur de la santé ou de la coopération internationale… l’actualité a de quoi nous décourager. Mais qu’importe la nature ou l’ampleur des menaces, la révolution sera féministe ou ne sera pas. Car se battre pour libérer certaines personnes sans vouloir une libération pour tout le monde - les femmes, les personnes racisées, migrantes, sans papier, marginalisées etc.- revient à une nouvelle forme de domination. Résister aux retours de bâtons, tenir nos fondamentaux, c’est-à-dire une société juste et équitable, voilà les défis face auxquels nous sommes confronté.es.
Le 8 mars, à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, nous nous sommes rassemblé.es à Bruxelles. Nous étions plus de 15.000 à rappeler que nos droits ne sont jamais acquis. Pire encore, certains régressent. En Belgique, les inégalités de genre sont encore davantage aggravées par notre gouvernement. Pensions, chômage ou encore maladies de longue durée : les mesures du gouvernement vont toucher avant tout les femmes et les personnes minorisées. Ces inégalités résultent de choix politiques, elles ne sont ni un hasard ni une fatalité. En Belgique et partout dans le monde, la lutte continue !
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Chaque année, la Fête des mères revient avec son lot d’images attendues : fleurs, dessins d’enfants, petits gestes de gratitude. Mais derrière cette célébration très codifiée, une réalité bien plus profonde demeure invisible : ce que l’on célèbre un jour dans l’année repose en fait sur un travail de soin quotidien, essentiel, massif et largement assumé par les femmes. Ce travail reste peu reconnu, rarement comptabilisé, et encore trop absent des décisions politiques.
Cette invisibilisation se révèle dans le débat actuel. À l’occasion des réformes socio-économiques et des pensions, le ministre Jan Jambon a ainsi estimé que les femmes devraient « adapter leur comportement » pour renforcer leur carrière. Une approche qui perpétue un mythe : celui d’une travailleuse disponible en permanence, sans contraintes familiales. Un modèle totalement déconnecté de la réalité sociale, où le travail domestique non rémunéré repose en immense majorité sur les femmes.
Chez Oxfam Belgique, nous observons ce mécanisme depuis des années. Lorsque les gouvernements serrent la vis, ce sont toujours les mêmes qui paient le prix fort : les femmes, les personnes précarisées, les minorités racisées ou encore la solidarité internationale. Ce n’est pas un hasard. Le pouvoir reste concentré entre les mains d’une minorité, des hommes, souvent blancs et privilégiés, dont l’expérience personnelle devient la grille de lecture des priorités collectives. Ce qui n’entre pas dans leur quotidien - travail de soin, pauvreté structurelle, dépendance aux services publics - disparaît du champ politique.
Et cette logique ne s’arrête pas aux frontières. Sur la scène internationale, des figures influentes (Elon Musk pour ne pas le citer) ont récemment appelé à réduire les programmes de solidarité, en soutenant que la pauvreté relèverait essentiellement de choix individuels. Une rhétorique qui nie les causes structurelles : inégalités de pouvoir entre pays, exploitation économique, rapports de genre, fragilisation de la protection sociale. Dans ce numéro, nous revenons sur les conséquences très concrètes de ces orientations, ici et ailleurs.
Ni Musk, ni Jambon ne s’attaquent à la racine : les mécanismes profonds qui produisent et entretiennent les inégalités entre riches et pauvres, entre Nord et Sud, entre femmes et hommes, entre groupes dominants et minorités. Tant que ces fondements demeurent intacts, les inégalités se renforceront. Alors, à l’approche de cette Fête des mères, posons la véritable question : que vaudraient les célébrations d’un jour si nous continuons d’ignorer, le reste de l’année, le travail invisible sans lequel notre société ne tiendrait tout simplement pas ?
Eva Smets
Directrice d’Oxfam Belgique
04 06 15
VOICES RISE UP FOR PALESTINE:
Quand la culture refuse l'oubli
RADAR
Ce qui fait notre actu
RECEPT
Curry vert au jackfruit effiloché
16 19 08
FAIR SHOP
Le commerce oui, mais équitable !
COUPES BUDGÉTAIRES
Coup dur pour la solidarité
OXFAMILY
Rencontrez la famille Oxfam, des changemakers dans l'âme
ÉLEVER VOTRE VOIX POUR LA PALESTINE
À l’occasion de la Journée du commerce équitable, nous vous invitons à passer dans un magasin équitable d’Oxfam pour une journée spéciale en solidarité avec la Palestine. Chantez avec nous Voices Rise Up, la chanson co-créée par 60 artistes belges et palestiniens et Oxfam pour remettre la Palestine au centre du débat et appeler à la justice. Découvrez des produits palestiniens équitables par la même occasion. De l’huile d’olive aux produits de soin, chaque achat soutient des producteur.trices palestinien.nes qui continuent, malgré tout, à construire leur avenir.
Rendez-vous le 9 mai. Ensemble, faisons entendre notre voix pour la justice. oxfambelgique.be/activites
UN ACTE POÉTIQUE ET POLITIQUE COLLECTIF
POUR GAZA
Paru aux éditions Karthala Belgique, le recueil intitulé Gaza brûle et le monde regarde rassemble des poèmes écrits par 22 autrices et auteurs, dont Lisette Lombé, Veronika Mabardi ou encore Laurence Vielle. Cet ouvrage offre une écriture en résistance et un geste poétique face au contexte tragique vécu par les Palestinien.nes de Gaza. Une partie des bénéfices des ventes sera reversée à Oxfam pour soutenir l’aide humanitaire d’urgence à Gaza.
Pourquoi certaines personnes ont-elles faim ? Pourquoi y a-t-il des guerres ? Pourquoi le monde est-il injuste ? Ce n’est pas toujours facile de répondre aux questions des enfants. Pour les accompagner, nous avons créé un e-book, avec de belles illustrations et des réponses claires aux questions difficiles sur les inégalités.
UNE TOUCHE D’ACTIVISME PENDANT VOS FESTIVALS
Retrouvez Oxfam sur vos festivals belges préférés cet été.
Rendez-vous le 22 juillet aux fêtes de Gand : lors de cette journée, vous pourrez assister à une performance de la chanson « Voices rise up for Palestine. », qui réunit une série d’artistes pour dénoncer l’indifférence face à la situation en Palestine. À Dranouter (7-9 août), venez soutenir le commerce équitable en dégustant nos délicieux cocktails et cafés. Oxfam tient aussi un stand aux Ardentes, à Esperanzah et bien d’autres festivals encore. Sur certains festivals, on offre la possibilité de participer en tant que bénévole. Une manière unique de rejoindre le mouvement Oxfam tout en profitant gratuitement de vos groupes préférés en fin de journée.
Rejoignez-nous comme bénévole : oxfambelgique.be/benevole-festivals-oxfam
FILIÈRE TEXTILE SATURÉE : OXFAM
FAIT LE CHOIX DE LA QUALITÉ
La crise du textile est une réalité : la production de masse continue et la qualité ne cesse de diminuer. L’ultra fast fashion encourage la surconsommation. Et rien ne changera tant que la fabrication de nouveaux vêtements coûtera moins cher que le recyclage. Face à ce fléau, Oxfam choisit de faire moins mais mieux en privilégiant la collecte de vêtements de qualité. Vous avez dans votre armoire des vêtements que vous ne mettez plus ou que vous regrettez d’avoir acheté ? Votre don compte : apportez uniquement des pièces pour lesquelles vous seriez encore prêt.e à payer.
Déposez vos dons dans le magasin Oxfam proche de chez vous. Plus d’infos sur la crise du textile : oxfambelgique.be/secondemain-crisetextile
TRANSMETTEZ VOS IDÉAUX
Vous êtes peut-être en train de réfléchir à ce que vous allez laisser derrière vous et ce que vous voulez transmettre aux prochaines générations ? À travers un legs, vous pouvez poursuivre votre engagement et faire vivre vos valeurs. Lors de nos sessions d'information en petits groupes, vous recevrez des explications claires sur les legs. Dans une ambiance chaleureuse et personnelle, des expert.es répondront à vos questions. Pour connaître les dates et les lieux de nos prochains évènements, envoyez un email à geert.dobbelaere@oxfam.org. Les places sont limitées, contactez nous rapidement pour réserver votre place.
VOICES RISE UP FOR PALESTINE : QUAND LA CULTURE REFUSE L’OUBLI
Alors que la guerre s’étend du Liban à l’Iran et que le droit international est violé en toute impunité, un projet artistique émerge comme point de ralliement : Voices Rise Up for Palestine. La chanson Voices Rise Up, co-créée par plus de 50 artistes belges et palestinien.nes, est au cœur de notre nouvelle campagne. Après Speak Up for Palestine et ses 103 000 signatures qui ont poussé la Belgique à agir, cette mobilisation s’appuie sur la culture pour maintenir la pression. Et empêcher que la Palestine disparaisse des priorités publiques.
Depuis plus de deux ans, le territoire palestinien occupé fait face à une catastrophe humaine et politique profonde : au moins 70 000 morts, des destructions massives, une colonisation galopante et des familles déplacées à répétition. Dans ce contexte, Voices Rise Up for Palestine émerge comme un élan collectif pour empêcher que la Palestine disparaisse des priorités publiques belges. Plus de 50 artistes y unissent leurs voix pour rendre visible ce que l’actualité, dominée par la violence dans tout le Moyen-Orient, laisse dans l’ombre : un
Alaa Shublaq enregistre Voices Rise Up : une voix palestinienne qui transforme la musique en acte de résistance collective.
peuple qui vit sous génocide mais aussi une culture qui résiste et refuse d’être effacée.
Remettre la Palestine dans le champ politique belge
À travers une mobilisation réunissant artistes belges et Oxfam autour d’une chanson, la campagne entend rappeler que la situation à Gaza et en Cisjordanie n’est ni “stabilisée” ni “sous contrôle”. Notre objectif : faire pression sur le gouvernement belge pour qu’il ne détourne pas le regard. À l’origine,
une idée née en août. Hind Eljadid, slameuse et écrivaine anversoise raconte : « Je parlais avec quelques artistes. On a eu l’idée de créer un morceau. On a contacté Oxfam, et tout a commencé ». Quelques mois plus tard, plus de cinquante voix se mêlent dans un clip réalisé par Ramy Moharam Fouad
Un spoken word de Halah Asfour, activiste palestinienne, qui se trouve en couverture de ce magazine, traverse le morceau et dit ce que les dépêches ne disent plus : « Ils ne peuvent pas
partir. Pas de porte de sortie, pas de frontière ouverte, rien qui protège. Ce ne sont pas des chiffres. Ce sont des noms. Et leur sang appelle la justice ».
Cette justice, Hind la replace d’emblée dans le temps long : « Il faut se souvenir que tout cela n’a pas commencé le 7 octobre. Cela fait près de 80 ans de colonisation, de déshumanisation, de génocide. »
Même sous génocide, l’aide est entravée comme jamais
Dans les faits, Oxfam dresse le même constat : tentatives israéliennes d’annexer la Cisjordanie, une violence qui se poursuit avec 611 Palestinien.nes tué.es par Israël depuis le cessezle-feu d’octobre 2025 et un accès humanitaire quasiment paralysé.
Fin février, un basculement a même été évité : de nouvelles règles administratives israéliennes menaçaient de forcer 37 ONG internationales, dont Oxfam, à cesser leurs opérations dans le territoire palestinien occupé. Après un recours inédit, la Haute Cour israélienne a suspendu provisoirement ces mesures. Une victoire fragile mais indispensable pour que l’aide continue d’arriver.
« À Gaza, les ONG, dont Oxfam, portent la majeure partie de l’aide : plus de la moitié des distributions alimentaires, la plupart des hôpitaux de campagne et l’essentiel des abris », explique Agnès Bertrand-Sanz, responsable humanitaire d’Oxfam pour la Palestine. « Sans oublier la Cisjordanie occupée, où Oxfam est présente depuis les années 1950 pour soutenir l’agriculture, fournir de l’eau, améliorer les conditions de vie et protéger les droits des civils. Interrompre l’aide serait à la fois une atteinte grave au droit humanitaire par Israël en
« Aucune destruction ne peut effacer un peuple ni la beauté qu’il porte. »
Ahmed
Hawwash, clarinettiste palestinien
tant que nation occupante et une catastrophe pour les civils. »
Pourquoi il ne faut surtout pas baisser la voix
La campagne s’inscrit dans la continuité directe de Speak Up for Palestine, qui avait rassemblé plus de 103 000 signatures l’an dernier et contribué à pousser le gouvernement belge à adopter 12 mesures envers Israël. Mais une partie d’entre elles reste lettre morte. Parmi elles, des mesures phares comme l’interdiction d’importer les produits des colonies. D’où l’importance de ne pas laisser retomber la mobilisation.
Les artistes impliqués sont justement vent debout contre leur gouvernement. Le compositeur et chanteur Daan résume ainsi ce qui devrait être l’évidence : « Le minimum, ce serait deux États. La reconnaissance qu’un génocide est un génocide. Et que les crimes de guerre soient jugés ».
Comme le rappelle aussi Alaa Shublaq, artiste et musicien palestinien : « Si cette campagne peut aider les gens à voir celles et ceux de Gaza non pas comme des chiffres, mais comme des êtres humains dont la vie compte, alors
nous aurons accompli quelque chose de significatif. Parce que lorsqu’on se voit vraiment comme des êtres humains, il devient impossible de détourner le regard. » Mais au cœur de cette noirceur, quelque chose résiste encore, et le morceau le rappelle. C’est Ahmed Hawwash, clarinettiste palestinien originaire de Jericho, qui en donne la clé, avec une phrase qui dépasse la musique : « La Palestine, ce n’est pas seulement le génocide et la guerre. C’est une culture, un passé, un présent, un futur. C’est de l’espoir. Une partie du monde qui continuera toujours d’exister ».
Une vérité simple mais essentielle : aucun siège ne peut effacer un peuple qui lutte pour sa survie. Mais l’indifférence, elle, peut rendre cette lutte invisible. C’est là que nos voix comptent. Et c’est exactement pour cela que nous nous mobilisons : parce que laisser l’injustice et l’impunité s’installer en Palestine affaiblit la justice partout ailleurs.
Rise up your voice for Palestine
Un nom ajouté, c’est une voix qui compte.
Une voix qui compte, c’est une pression qui monte.
Depuis plus de trente ans, Oxfam Fair Trade travaille main dans la main avec l’ONG palestinienne PARC (Palestinian Agricultural Relief Committee) et sa coopérative de commerce équitable Al Reef. Ensemble, ils acheminent les produits des terres palestiniennes jusqu’à nos magasins : huile d’olive vierge bio, maftoul et dattes mehjoul
L’agriculture, et en particulier la culture de l’olivier, est vitale pour de nombreuses familles palestiniennes. L’arbre fait partie intégrante de la culture et de la cuisine du pays. Ses fruits sont transformés en huile, mais aussi en savons et en produits de soin.
PARC soutient des projets agricoles dans une centaine de villages en Cisjordanie et rassemble, via le commerce équitable, une trentaine de coopératives de producteur.trices et d’artisan.es. Au total, près de 2 300 familles en vivent.
Mais depuis deux ans et demi, les conditions de vie à Gaza et en Cisjordanie se sont dramatiquement dégradées. Avec son fonds d’urgence Building Hope for Palestine, PARC a longtemps tenté d’acheminer des produits essentiels auprès des familles palestiniennes, comme l’huile d’olive. Aujourd’hui, le blocus israélien ne le permet plus. L’organisation distribue désormais des bons pour des vêtements et des couvertures, afin de répondre aux besoins les plus urgents.
En 2026, l’aide alimentaire reste une priorité absolue. Soutenir ce fonds ou acheter des produits palestiniens, c’est soutenir directement des familles qui, malgré tout, continuent de produire.
Soutenez le fonds:
Par virement sur le compte : BE27 7805 9212 3173, communication : OWW-26-02-Magazine oxfambelgique.be/al-reef
Baume pour les lèvres 15 ml 7,00 €
Crème pour le corps 100 ml 13,50 €
Crème pour les mains hydratante ou nourrissante
50 ml 7,90 €
Huile de douche
250 ml 8,50 €
Huile d'olive vierge BIO
50 cl 18,00 €
Couscous maftoul BIO
500 g 6,70 €
Dattes mehjoul
200 g 5,25 €
Au moment de la mise sous presse de ce magazine, l’escalade de la violence au Moyen-Orient s’était fortement intensifiée. Les attaques dans la région ont entraîné la fermeture de plusieurs ports, ce qui pourrait empêcher l’arrivée de l’huile d’olive en Belgique. Retrouvez les informations les plus récentes sur oxfamfairtrade.be/update-partenaire-palestinien.
Legende: sans gluten sans lactose vegan sans sucres ajoutés
L’un des produits repris dans ce magazine n’est pas disponible dans votre magasin ? Nos magasins peuvent commander chaque produit jusqu’à épuisement des stocks. N’hésitez pas à passer la porte de l’un de nos magasins ou à vous rendre sur shop.oxfamwereldwinkels.be. Tous les prix et réductions sont sujets à des erreurs d'impression ou des changements et ne sont pas cumulables avec d'autres actions ou promotions.
Dessert
20,55 € Café doux avec tonalités de chocolat
CAFÉ EN GRAINS 1 KG
Espresso
20,30 € Espresso puissant à l'italienne
BIO Highland
23,45 € Café fraichement moulu et fruité
BIO Décaf
26,95 € Café aromatique sans caféine
PLUS DE CAFÉ, PLUS D’IMPACT
Le grand paquet de café, réservé au bureau ? Pas du tout. À la maison aussi, ce format est idéal pour les amateur.trices de café. Bien conservé, dans une boîte hermétique ou avec une pince de fermeture, il garde toute sa fraîcheur. Le café d’Oxfam soutient une filière plus juste : un prix équitable pour les producteur.trices, et des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, comme l’agriculture biologique ou l’agroforesterie. Des méthodes qui préservent les sols, la biodiversité et la qualité du café. Résultat : un café plus durable, et tout simplement meilleur.
Plus d'info par ici
FAIRE FLEURIR L’ÉQUITÉ
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Des rizières verdoyantes à perte de vue… Le tableau semble idyllique. Et pourtant, la filière du riz est en proie à des défis majeurs, comme la pauvreté des producteur.trices ou la crise climatique.
La production de riz, souvent basée sur des systèmes de culture sur l'eau et de monoculture (la même plante sur plusieurs hectares), contribue aux émissions de gaz à effet de serre. Dans les villes, ce sont les grands acheteurs et transformateurs qui fixent les prix. Les producteurs et les productrices à petite échelle restent sur la touche.
Une alternative existe : les coopératives de commerce équitable. En unissant leurs forces, elles gagnent en pouvoir de négociation, pour des prix plus justes et des pratiques agricoles plus durables.
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DES TERRES LIBÉRÉES JUSQU’À VOTRE ASSIETTE
Là où la mafia imposait autrefois sa loi, poussent aujourd’hui des céréales, des légumes, des légumineuses et des agrumes issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable. La coopérative sicilienne Libera Terra cultive ces « terres libérées » dans une démarche d’engagement social, en impliquant activement les jeunes dans son fonctionnement et en leur offrant de réelles perspectives d’avenir dans un secteur florissant. Au moins un tiers des personnes employées sont en situation de vulnérabilité sur le marché du travail.
La preuve que l’agriculture peut aussi être un levier de justice sociale. Et, au passage, relever encore la saveur de la cuisine italienne.
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LA BEAUTÉ DE L’ÉCO-CUIR
La coopérative artisanale indienne CRC travaille l’éco-cuir. Mais qu’est-ce que c’est au juste ?
Le tannage conventionnel est un processus chimique intensif, qui utilise notamment du chrome et d’autres métaux lourds pour transformer la peau animale brute en cuir. Hélas, ces substances sont nocives pour l’environnement, en particulier pour les ressources en eau.
Pour la fabrication d’éco-cuir, ces produits sont remplacés par des alternatives sans produits chimiques, à base d’extraits végétaux, comme des écorces, et de cires naturelles. Les teintures sont elles aussi d’origine naturelle. Résultat : des portefeuilles et des sacs plus respectueux de l’environnement, et biodégradables. Une autre idée de la beauté, durable, jusqu’au bout.
Eco chic
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12,90 € (600407)
UN BIJOU D’ENGAGEMENT
Dans la région de Kolkata, en Inde, la coopérative artisanale SILENCE travaille principalement avec des personnes en situation de handicap auditif, malvoyantes ou présentant des troubles de la parole. Ses membres créent des bijoux à partir de pierres naturelles comme la pierre de lune, le jade ou l’œilde-tigre. Organisation à but non lucratif, SILENCE reverse 95 % de ses revenus, issus des ventes locales et internationales, directement à ses membres, sous forme de salaires, de pensions, d’assurance santé ou encore de frais de transport. Et l’initiative va encore plus loin : le STI (Silence Training Institute) propose des formations à celles et ceux dont la scolarité a été interrompue, souvent en raison de discriminations liées au handicap.
Inde
17,90 € (600505)
9,90 € (600510)
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BIJOUX COLORÉS EN TAGUA
Bracelet en pierre de lune, jade, œil-de-tigre et cornaline
Bracelet en perles de corne multicolores Inde
Bracelet élastique
Boucles d'oreilles en tagua multicolores
Curry vert au jackfruit effiloché
2 PERSONNES - 30 MINUTES
• 1 oignon
• 1 pak choï
• 100 g de haricots verts
• 2 oignons jeunes
• 1 piment rouge
• Huile d’olive*
(*) Disponibles dans les magasins fair trade d'Oxfam
• 1 botte de coriandre
• 1 citron vert
• 1 boîte de Pulled Young Jackfruit
• 1 sachet de pâte de curry vert thaï
• 400 ml de lait de coco
PRÉPARATION (15 MIN.)
1. Égouttez le jackfruit et rincez-le soigneusement. Émincez l’oignon, coupez le pak choï en larges morceaux et taillez les oignons jeunes en fines rondelles.
2. Retirez les extrémités des haricots verts. Faites-les blanchir 5 minutes, puis rincez-les à l’eau froide pour stopper la cuisson.
3. Faites chauffer deux cuillères à soupe d’huile dans une poêle. Faites revenir l’oignon, puis ajoutez le jackfruit et faites-le dorer à feu vif. Retirez le mélange de la poêle et réservez.
4. Faites sauter rapidement les haricots verts et le pak choï à feu vif. Ajoutez la pâte de curry et faitesla revenir quelques instants pour libérer ses arômes.
5. Remettez le jackfruit dans la poêle, versez le lait de coco et mélangez. Laissez mijoter doucement pendant environ 5 minutes.
6. Ciselez la coriandre et coupez le citron vert en quartiers. Au moment de servir, garnissez le curry de coriandre fraîche, de rondelles d’oignon jeune et de quelques quartiers de citron vert.
Délicieux avec du naan, des nouilles de riz ou du riz complet.
Pulled Young Jackfruit Thaïlande 3,75 €
LE LOURD TRIBUT DES COUPES DANS LA SOLIDARITÉ
Partout dans le monde, on taille dans la coopération internationale et l’aide humanitaire. Et les conséquences sont terribles. Des millions de personnes perdent l’accès aux soins de base, à la nourriture et à la protection. Car derrière les chiffres, il y a des vies.
Fin janvier 2025, le président Donald Trump a décidé de réduire drastiquement le budget de l’USAID, l’agence américaine d’aide au développement. 83 % des projets en cours ont été stoppés du jour au lendemain. Une grande partie de l’aide américaine s’est arrêtée net, provoquant un effet domino : d’autres pays occidentaux ont suivi. En Belgique, le gouvernement De Wever a réduit d’un quart le budget de coopération internationale et de solidarité, la Flandre allant jusqu’à supprimer intégralement son budget.
Un coût humain effroyable
Les chiffres sont ahurissants. Une
étude de la Boston University estime que les coupes abruptes de l’aide américaine ont déjà coûté au moins 600 000 vies, dont deux tiers d’enfants. Selon The Lancet, ce nombre pourrait atteindre 14 millions d’ici 2030.
Pour Oxfam, ce ne sont pas des chiffres abstraits. Chaque pourcentage, chaque projet annulé, c’est un être humain dont la vie vacille.
Congo
:
recrudescence des maladies
L’Est du Congo est frappé depuis des années par la violence et une crise humanitaire massive. « Le nombre de personnes en précarité est
passé de 21 à 26 millions », explique Manenji Mangundu, directeur d’Oxfam RDC. « Rien que dans l’Est, environ 8 millions de personnes dépendent de l’aide. »
Avec ces restrictions budgétaires, la situation devient critique. « Aujourd’hui, près de 6 millions de personnes sont hors d’atteinte dans l’Est. » Des dizaines d’ONG internationales et près de 90 organisations congolaises ont dû suspendre leurs activités. Les conséquences sont immédiates : flambées de choléra, propagation accélérée du virus mpox, et risque accru d’Ebola. « Les ressources pour sauver des vies s’épuisent. Ce sont surtout les femmes, les enfants et les
Parmi eux, Muhawe Myriam Charmante, qui vit aujourd’hui dans un camp improvisé à Sake, à quelques kilomètres de chez elle. Ce n’est pas la première qui est contrainte de quitter son foyer. « Nous avons à nouveau tout perdu. »
Grâce à un kit d’urgence d’Oxfam, composé d’un jerrycan, d’un seau et de savon, elle a pu subvenir à certains besoins quotidiens. « Avant ça, je n’avais rien pour aller chercher de l’eau. » Mais elle remarque que l’aide est plus limitée qu’avant : « Avant, nous recevions plus. Maintenant, on nous dit qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde. »
Yémen : une crise dans la crise
Au Yémen, les familles doivent faire face à des choix impossibles : sauter des repas, retirer les enfants de l’école ou mendier pour survivre. Depuis le début de la guerre en 2015, le pays vit l’une des pires crises humanitaires au monde. Oxfam œuvre sur place depuis 1983, intervenant à la fois dans l’urgence et sur le long terme.
Aujourd’hui, plus de 19,5 millions de personnes ont besoin d’aide, soit environ deux tiers de la population. Pendant des années, le soutien international a maintenu le pays à flot, en fournissant nourriture, soins, eau et abris. Mais en 2025, seuls 9 % du plan humanitaire de l’ONU ont été financé.
Dans le camp de Batha Al-Khalait, dans la province de Marib, Iman Hamoud vit cette réalité au quotidien. Mère de sept enfants, elle a déjà fui plusieurs fois et vit désormais dans une tente, avec très peu d’eau. « Nous n’avons pas de réservoir, juste un bidon de 20 litres. Nous devons marcher longtemps sous un soleil de plomb. Et l’eau n’est même pas potable. »
Depuis son arrivée au camp, Iman n’a bénéficié d’aucune aide. « Je
m’inquiète chaque fois que mes enfants vont chercher de l’eau. Ils reviennent épuisés, parfois avec de la fièvre. » Les installations de base, comme les toilettes ou une cuisine, font défaut, favorisant la propagation des maladies. Avec la voix brisée, elle confie : « Notre vie est insupportable, nous manquons même des choses les plus élémentaires. »
Ukraine : évacuations en suspens
Les effets des coupes ne se limitent pas aux crises lointaines. En Ukraine aussi, l’arrêt des financements a eu un impact immédiat. « Les conséquences ont été dévastatrices », raconte Aliona Pashchenko, responsable de projet au sein de l’ONG The Tenth of April. Cette organisation fait partie des dizaines de partenaires d'Oxfam en Ukraine et propose assistance juridique gratuite, soutien psychosocial et aide humanitaire. Elle s'adresse aux personnes qui n'ont plus d’autre recours.
Les restrictions budgétaires ont entraîné l’interruption de services essentiels. « Les évacuations ont été suspendues, le soutien psychologique a disparu, plusieurs centres d’accueil ont fermé et les lignes d’assistance sont inaccessibles », déplore Aliona. Même l’aide en cash, souvent dernier filet de sécurité pour les familles déplacées, a été coupée du jour au lendemain. Pour beaucoup, c’est une nouvelle vague d’incertitude qui s’abat sur leur vie.
Investir dans la stabilité
La coopération internationale et l’aide humanitaire ont chacune un rôle différent. La coopération internationale agit sur le long terme : elle renforce la santé, le pouvoir d’agir, l’économie locale et la résilience des communautés. L’aide humanitaire répond à l’urgence : elle sauve des vies, soulage la souffrance et protège la dignité lors des crises aiguës. Des approches complémentaires
« Les coupes budgétaires ne sont pas des chiffres abstraits. Derrière les chiffres, il y a des personnes. »
et toutes deux indispensables sur place. Quand les budgets de solidarité diminuent, les pays deviennent plus vulnérables et la pression sur l’aide humanitaire augmente.
Couper dans la coopération internationale n’est pas seulement un reniement de la solidarité et des promesses faites aux populations, c’est aussi une stratégie à courte vue. Dans un monde connecté, conflits, maladies et crises économiques ne s’arrêtent pas aux frontières. Investir dans la solidarité internationale, c’est investir dans la stabilité et la sécurité de tous et toutes. Oxfam appelle donc le gouvernement belge à voir la coopération non comme un coût, mais comme un investissement dans un monde plus juste et plus sûr.
Des millions de personnes subissent déjà les conséquences des coupes dans la solidarité. Avec un don mensuel, vous permettez à Oxfam de continuer à porter secours là où c’est le plus urgent.
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« Les droits humains et la lutte contre les inégalités sont aujourd’hui remis en question. »
DU COURAGE QUAND TOUT VACILLE
Lors de sa visite en Belgique, Amitabh Behar, directeur général d’Oxfam International, a dressé un constat sans détour : le monde est en pleine mutation.
Tout s’accélère et se complexifie, et ce qui semblait acquis hier - la protection du climat, les droits humains, la justice sociale - est de nouveau sur la sellette.
Le débat ne se limite plus aux inégalités économiques classiques. « Il s’agit d’une poignée de super-riches qui achètent le pouvoir politique. Il s’agit de notre démocratie. Aujourd’hui, l’extrême richesse se traduit trop souvent par une influence directe sur les décisions politiques et l’opinion publique. »
Et cela change tout, y compris la façon dont nous menons le combat. « La lutte ne se fera pas seulement dans les parlements ou les salles de réunion », explique Behar. « Elle se fera aussi dans la rue, là où les citoyen. nes s’organisent, font entendre leur voix et montrent leur solidarité. Oxfam, ce n’est pas qu’une organisation : c’est un mouvement vivant, porté par des bénévoles dans les magasins, des donateur.trices fidèles, des militant.es, toutes celles et ceux qui se mobilisent. Notre véritable force vient des gens. »
« Ce qui m’indigne le plus, c’est l’hypocrisie politique. »
UNE CHANSON POUR S’ENGAGER
Le 27 janvier, dans un hangar désaffecté au fin fond d’Anvers, un groupe de personnes venant de toute la Belgique s’est réunie pour dénoncer l’indifférence face à la situation en Palestine. C’était le tournage du clip de la chanson “Voices Rise Up for Palestine”, dirigée par Ramy Moharam Fouad. Parmi les figurant.es, se trouvaient Toon et Jozefien
Jozefien : « On avait déjà participé à plusieurs actions et marches pour la Palestine. Cette fois, c’était l’opportunité d’apporter notre pierre à l’édifice d’une manière différente, plus ludique. »
Jozefien et Toon font partie des nombreux. se.s Belges qui dénoncent la couardise de notre gouvernement. Toon : « Ce qui m’indigne le plus, c’est l’hypocrisie politique. Des politiciens tentent de récupérer le sujet alors que ce sont souvent celles qui s’engagent le moins. » Jozefien : « Pour ma part, ce que je trouve frappant, c’est que plusieurs instances internationales ont reconnu les violations du droit international en Palestine et que la Belgique et le monde entier continuent totalement de l’ignorer. »
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