Architecte, urbaniste, designer, photographe, directrice artistique, propagandiste de l’art pour tous... je ne me définis pas, ce serait une limitation.
Charlotte Perriand
LAMONTAGNERE-CRÉATIVE
Expo photos > 23 AOÛT Musée de Grenoble (38) museedegrenoble.fr
dans le rétro...
Émiland Griès, Anne Huguet, Trina Mounier, Gallia Valette-Pilenko
AVEC LE PAS DU MONDE. COURSES, CHUTES, VOLTIGES, COLONNES VIBRANTES, PYRAMIDES HUMAINES OUVRENT LA PORTE À L’IMAGINAIRE : ARBRES, ÉBOULIS, MONTAGNE, OCÉAN, JUNGLE, TEMPÊTE SURGISSENT DEVANT NOS YEUX ÉBAHIS ET INVITENT À UN VOYAGE DOUX ET ENVELOPPANT, MAGNIFIÉ PAR DES MÉLOPÉES A CAPELLA. BLUFFANT. (VU À LA MAISON DE LA DANSE)
LE COLLECTIF XY SE RÉINVENTE MAGNIFIQUEMENT
Ombre & lumière
Sublime humanité
Pour les amoureux d’archi, direction Firminy-Vert pour découvrir Lucien Hervé (1910-2007) et son Odyssée du regard dans l’église Saint-Pierre. Le photographe historique de Le Corbusier a su, par ses cadrages précis et ses contrastes, saisir la lumière naturelle savamment orchestrée par le Maestro dans son œuvre de béton brut. À voir.
> 07 JUIN
Site Le Corbusier Firminy (42)
Le Marché Gare célèbre ses 20 ans. Déjà. Concerts, jeux, ciné-club ou expo sont au programme. 20 Ans d’accred’ photo accroche les clichés préférés de la crème des photographes lyonnais. Avec Marion Bornaz, Romain Etienne, Gilles Garrigos, Richard Bellia, Hazam Modoff, entre autres.
> 18 DÉC. Marché Gare
dans les oreilles
God’s LonelyMan Anna Calvi, Iggy Pop
Where Are We Now A Place to Bury Strangers White Light Doctor Flake
Polar addict
On a lu le dernier Sonja Delzongle. La Gardienne (Fleuve Noir, fév. 26) est un huis clos oppressant qui questionne la violence et explore la domination mais aussi les identités fracassées. Au fin fond d’une forêt du Morvan, la famille Olsen s’installe dans un isolement souhaité par le père.
La vie dans la "Petite Norvège" en autonomie et en sécurité vire au drame… quand ressurgissent les parts obscures des hommes.
25 AVR.
Bis. 28 spectacles en 4 semaines. Encore une décade pour en profiter !
De l’impro chaque soir au Shalala Bar pour la 5 e du festival Plan B bricolé par L’Équipe
Lastdays
• Centre d’échanges de Perrache airtdefamille.fr
> 30 MAI Omarterie XXL 4 e étage
Dépose sur réservation et sur liste évolutive selon les desiderata des artistes invités (Capie, Spirale, Choper, etc.). Et pour 35€, tu gagnes une œuvre d’art.
Premiers noms pour danser sous les étoiles ?
Nick Cave & The Bad Seeds (en tournée) Archive et Babyshambles (Musiques en Stock, gratuit)
Jack White et Lambrini Girls (Nuits de Fourvière) Beirut et De La Soul (Jazz à Vienne)
Fat Dog, Knives et Jehenny Beth (This Is Not A Love Song)
The Cure (Paleo Festival) Pixies (Guitares en Scène) et tous les autres.
Shiraz. La pièce brille par sa délicatesse et sa radicalité. À partir d’un seul mouvement, et d’infimes variations, le chorégraphe iranien délivre une œuvre hypnotique infiniment intelligente. Un diamant brut.
Armin Hokmi a fait l’unanimité à la Maison de la danse avec
Ballet hypnotique
CONSTRUIRE AUTREMENT
Et de 5 pour AIRT DE FAMILLE qui a lancé sa collecte d’objets à " customiser " le 02 avril.
À NOS MORTS Dans cette pièce chorale créée à partir de nombreux entretiens, Lorraine de Sagazan met en scène le lien puissant qu’entretiennent les vivants avec leurs morts. Un Sacre parle de nos chagrins, de nos rituels, de nos consolations.
21 > 24 avr. • Comédie de Saint-Étienne (42)
CROISEMENTS Emmanuel Meirieu aime raconter des histoires. Monarques cherche l’articulation entre deux mondes qui se croisent sans se connaître : de grands papillons migrent du nord au sud tandis que des migrants font le trajet inverse. Prétexte à une scénographie grandiose et à beaucoup d’émotions.
À CHAUD
L’expo Contre-projets se poursuit à Archipel avec neufs nouvelles propositions architecturales et urbaines. Et aussi des tables rondes pour découvrir la pensée alternative en matière d’aménagement.
> 31 MAI Archipel
21 place des Terreaux, Lyon 1
22 > 26 avr. • Théâtre des Célestins
CULTE Même les plus réticents se laissent attraper par la poésie tendre du Slava’s Snowshow, qui agite les scènes depuis plus de trente ans. Maladresses et facéties s’enchaînent pour suivre entre rire et émotion les péripéties de ces grands clowns mélancoliques. 06 > 10 mai • MC2: Grenoble (38)
PINCE-SANS-RIRE Avec Trois contes et quelques, le Groupe Merci décape quatre contes bien connus de Perrault, dont Peau d’âne ou Le Petit Chaperon rouge. Sous la plume d’Emmanuel Adely, les punchlines s’enchaînent et nos pires travers sautent aux yeux, avec la thune omniprésente. Grinçant.
19 mai • La Mouche, Saint-Genis-Laval
JOYEUX POP-UP Le Collectif ÈS, dorénavant aux manettes du CCN d’Orléans, revient le temps d’une Cosmologie à la Maison de la danse. L’occasion de (re)voir Jean-Yves, Patrick Et Corinne et de plonger dans l’univers du trio rassembleur qui célèbre le collectif et l’émergence.
20 mai • Maison de la danse
HUGO REVISITÉ Laurent Brethome excelle dans l’adaptation des classiques. Cette fois-ci, c’est Hernani, drame romantique de Victor Hugo qui provoqua la célèbre "bataille" (purement de plume !). Dans l’Espagne puritaine du XVIe siècle, il est question d’amour et d’honneur… évidemment ! Création.
29 mai • Théâtre de Villefranche-sur-Saône
... dans le viseur
Figure majeure de l’art contemporain, Françoise Pétrovitch retrouve Lyon où elle a fait ses études d’arts appliqués. Les vingt-cinq lavis, peintures et sculptures récents présentés chez Manifesta, en partenariat avec la galerie Semiose, restituent son univers nourri d’altérité. Rencontre avec une artiste authentique.
Au-delà des apparences
Texte Blandine Dauvilaire
Parmi les œuvres exposées, on retrouve quatre de vos Saint-Sébastien réalisés au lavis d’encre. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
FRANÇOISE PÉTROVITCH Au-delà du thème iconique du Saint-Sébastien, qui est un peu une icône gay, l’idée était de traiter la jeunesse souffrante et la question de la beauté.
J’ai travaillé à partir d’œuvres anciennes, en coupant la tête et le sexe, pour faire un focus sur le corps. À travers cette réduction de Saint-Sébastien, je perçois la variété et la subtilité de chacun des artistes qui a peint le motif auparavant. Le corps est toujours présent dans mon travail. Ce n’est pas le corps en tant que matière qui m’intéresse, mais plutôt ce qu’on en fait, comment on se tient, comment une main se pose sur un coude, il y a quelque chose de psychologique qui passe par des attitudes.
Vous présentez une série inédite sur les adolescents. Pourquoi cet âge de la vie vous touche-t-il autant ?
FP D’abord, il y a l’idée de la fugacité, et puis l’adolescence est un moment où tout est possible, on peut parler de tout ce qui va advenir parce que ça cristallise beaucoup de choses. On a envie de tout et en même temps il y a une transformation du corps, des repères, il y a une espèce d’angoisse aussi.
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Dans vos œuvres, la douceur des personnage n’est qu’apparente. On ressent leur intranquillité, les visages sont fermés, les regards sont clos ou même vides…
FP Oui, c’est toujours un peu plus complexe que l’apparence, c’est même parfois très dur. Les yeux fermés évoquent la détermination, la résistance, l’idée qu’on rentre en nous-même, que l’autre n’a pas complètement accès à nous. Il est question d’une solitude très moderne puisque c’est très urbain.
Vous présentez aussi une série de bronzes, que vous apporte cette pratique ?
FP Quand je travaille le dessin, il y a quelque chose de l’ordre de l’abstraction et je suis seule dans l’atelier. La sculpture est très ancrée dans le réel parce qu’il y a les trois dimensions et surtout le poids, ce truc très physique où on est confronté à la dureté du matériau, ça oblige à travailler en équipe.
Vos œuvres semblent sur le fil. En dépit d’une grande maîtrise du geste, est-ce que l’accident guette toujours ?
FP Toujours. Le hasard favorise les esprits préparés, c’est ça qui m’intéresse. Il y a des choses qui surgissent, je ne sais jamais ce qui va advenir. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, c’est une quête. C’est pour ça que j’adore Matisse, il a vraiment su synthétiser le dessin et la peinture à la fin de sa vie, avec ses papiers découpés, c’est une formidable leçon graphique. •
CONSCIENCE VERTE
Les Belges de Still Life reviennent à Lyon avec leur dernière pièce Timber qui alerte, une fois de plus, sur la fragilité des existences humaines et nos efforts désordonnés pour survivre.
C’est en effet un des thèmes favoris de cette compagnie bruxelloise qui travaille sans parole (mais non sans bruit) et questionne la course à l’abîme dans laquelle nous nous engouffrons la tête la première, observant avec acuité mais aussi tendresse la manière dont nous nous débattons en enfer. Et avec un humour ravageur… belge ! Comme en témoigne le nom donné à leur compagnie, qui signifie à la fois « nature morte » et « encore vivant ». Paradoxe. Le travail au sein de la compagnie, cofondée par Sophie Linsmaux et Aurelio Pergola, est collectif. La scénographe Aurélie Deloche, le scénariste Thomas van Zuylen, la danseuse Sophie Leso et la comédienne Muriel Legrand participent pareillement à l’élaboration de spectacles visuellement déconcertants et très aboutis, mais aussi à une identité artistique commune. Timber se déroule dans une forêt menacée d’extinction, où quatre personnages sont confrontés à des événements soudains aussi inexplicables qu’angoissants, comme cette pluie d’oiseaux morts s’abattant sur eux. Vision et réalité horrifiques ! Mais Still Life ne fait pas dans l’horreur seulement. Elle vise à éveiller nos consciences aveugles ou endormies sur les désastres en cours, non pour nous culpabiliser, mais pour que nous comprenions comment la nature et les autres nous sont réellement vitaux. Tout cela sans prendre des gants ni sentences inutiles, mais au travers de tableaux destinés à « entretenir nos élans de vie», ranimer notre désir de nous raccrocher au destin de la planète et, surtout, de nous rassembler. Timber prend alors sens : c’est le cri lancé par les bûcherons (« gare ») lors qu’ils font tomber un arbre pour que chacun s’écarte. Après tout, n’est-ce pas cela le théâtre !
La compagnie Käfig fête ses trente ans ! Pour célébrer l’événement, l’année 2026 est ponctuée de rendez-vous divers, dont la reprise du célébrissime Récital, une expo photos, des contenus inédits sur Numeridanse et des surprises... Pour revenir sur cette grande aventure, rencontre avec son créateur et directeur artistique, Mourad Merzouki.
06 JUIN KALÉIDOSCOPE
10 > 12 JUIN BEAUSÉJOUR
15 > 17 OCT. RÉCITAL
Théâtre Albert Camus Bron pole-en-scenes.com
kafig.com RÉCITAL(RÉPÉTITIONS 2026)
Qu’est-ce que ça fait d’avoir trente ans ?
MOURAD MERZOUKI C’est un bel âge pour commencer à regarder dans le rétroviseur, ce que je ne m’autorisais pas jusque-là parce que j’avais la tête dans le guidon, que tout devait aller vite, que j’avais peur que cela disparaisse. J’en ressens le besoin pour regarder devant, l’avenir. Aussi parce que c’est une forme de reconnaissance personnelle. Trente ans de compagnie, ce n’est pas rien ! Chacun sait comme c’est incertain, fragile, de rester, on a toujours ce sentiment d’être des funambules. Et se dire qu’il est passé trente ans nous rend fiers, avec les danseurs, l’équipe, tous ceux qui m’ont entouré. C’est un moment important, pour nous mais aussi pour les autres compagnies : ça veut dire qu’il existe des histoires qui peuvent durer et nous en faisons partie.
Et quand vous regardez dans le rétro, que voyez-vous ?
MM Je vois des moments d’incertitude, de doute, pour ne pas dire de rejet, de certains qui n’auraient rien misé sur cette danse, le hip-hop, et pour ce qu’on représentait. On partait de tellement loin. Il fallait être accepté, croire dans nos rêves. On n’était pas les bienvenus pour certains et pour d’autres,
on apportait comme un nouveau souffle, quelque chose qui venait bousculer le paysage chorégraphique. On naviguait entre ces deux états, et ce n’est jamais simple. Mais je vois aussi trente années de voyages, de rencontres avec les publics, la presse, les professionnels. Je vois des moments d’encouragements et de déceptions. Je vois enfin des spectacles qui ont été des tournants, dans les choix de collaboration notamment, et qui ont ouvert des portes à d’autres artistes. J’ai l’impression de faire partie de ces artistes qui ont poussé des portes, avec le risque que ça comporte. Et j’en suis fier aujourd’hui parce que ça a porté sa pierre à l’édifice dans la manière dont la danse évolue.
À ce propos, pourquoi reprendre Récital (créé en 1998) ?
à la une8
MM Parce que c’est une pièce majeure dans l’histoire de la compagnie. Pour la première fois, il y avait une composition musicale, une création lumière, des costumes, une équipe artistique. Le spectacle qui a fait le tour du monde a été salué par la critique et le public. Mais il a aussi été accepté par les puristes du hip-hop, malgré les doutes. La rue, l’institution, la récupération, l’instrumentalisation… Récital a tapé du poing sur la table pour mettre tout le monde d’accord. •
Implantée à Lyon depuis près de vingt ans, ayant acquis une solide réputation nationale et internationale, la compagnie La Cordonnerie ne ressemble à aucune autre. Métilde Weyergans et Samuel Hercule confectionnent à vue un cocktail à base de cinéma, de musique et, bien sûr, de théâtre. Leur ciné-théâtre est éblouissant de virtuosité.
L’Affaire L.ex.л.Re, avec son titre intrigant, est leur dernière création. Rencontre.
Artisans de l’impossible
Avec L’Affaire L.ex.л.Re, vous flirtez avec le polar en partant de Phèdre. Comment est né ce projet baroque ?
MÉTILDE WEYERGANS Cela faisait longtemps qu’on avait envie de travailler sur un texte de Racine. Au départ, c’est la forme qui nous a guidés. Nous sommes partis du format bi-frontal avec deux histoires qui a priori n’ont rien en commun, mais partagent une bande sonore commune. Les deux côtés de la salle ne voient pas l’histoire dans le même ordre. D’un côté Natacha, comédienne en tournée avec Phèdre. On suit les heures qui précèdent la représentation de manière linéaire. On apprend qu’elle vient de perdre l’homme qu’elle aimait. De l’autre, avec Max, on est dans une autre temporalité : il vit tout seul dans un mobil-home et sort la nuit – on découvre même qu’il exécute des contrats. Rien ne devrait les rassembler, mais le hasard va les mettre face à face….
Comment abordez-vous ce spectacle ?
C’est incroyablement complexe !
SAMUEL HERCULE C’est un exercice très stimulant de mettre en place deux histoires reliées par une seule bande sonore pour dicter les deux tempos.
MW Cela produit un effet étrange. Une partie des spectateurs entend l’autre rire sans comprendre pourquoi, puis réalise et cela crée une connivence entre le public et nous.
SH Nous voulions expérimenter le bi-frontal avec deux narrations depuis longtemps, puis l’idée de Phèdre s’y est superposée.
Texte Trina Mounier
Artisans l’impos-
TRA- VER- SER LA NUIT
06 > 07 MAI
Maison de la danse maisondeladanse.com
Trois ans pour constituer les différentes couches : d’abord mettre en place la partie cinéma tout en pensant ce qui va être scénique.
MW Le cinéma demande beaucoup. Il faut trouver toute une équipe et la former, chercher des financements, tourner avec 25 personnes (4 semaines), puis monter à trois (5 semaines).
Sans compter les répétitions au plateau. Mais beaucoup de choses se font en parallèle, heureusement. Chaque étape a une importance cruciale. On a aussi beaucoup travaillé avec nos deux musiciens.
FAIRE UN POLAR AVEC DU RACINE
Parlons un peu du côté scénique, car vous jouez aussi.
SH Comme nous savons dès le début que nous allons interpréter les personnages, le plaisir d’être au plateau est l’aboutissement de tout ce travail en amont. Ce qui nous intéressait ? Parler dupoint de vue, de raconter un événement de deux manières différentes.
MW Ça nous réjouissait de faire un polar avec du Racine. Un mélange des genres passionnant et amusant. C’est de la cuisine, ça se prépare et se déguste comme un mille-feuille… •
Il a fait couler beaucoup d’encre l’été dernier au festival d’Avignon. NÔTde Marlene Monteiro Freitas a dérouté une bonne partie du public de la Cour d’honneur en ouverture du festival, lui qui s’attendait à plonger dans le recueil de contes des Mille et Une Nuits. Ici, point de Shéhérazade, de calife, de lampe magique ou de tapis volant, point de splendeurs orientalisantes et d’exotisme de pacotille, mais plutôt la violence de la nuit (nôt signifie « nuit » en créole cap-verdien). Ce n’est pas son truc. Le genre de la dame, c'est déstabiliser le spectateur, lui en mettre plein la vue en l’abreuvant de métamorphoses burlesques, le pousser dans ses retranchements et surtout lui secouer les neurones. Chez Monteiro Freitas, la danse s’empare de l’ensemble du corps, avec une attention toute particulière à certaines parties habituellement oubliées, notamment aux mouvements du visage, qui se déforme à l’envi par d’incroyables grimaces. Les gestes sont saccadés, mécaniques et d’une précision métronomique, les dos sont raides, les mains et les pieds désarticulés et le rythme conditionne une bonne partie de la gestuelle, qu’elle le suive ou le décale. La chorégraphe possède un pur talent pour organiser le chaos et la dimension carnavalesque est omniprésente, comme un souvenir de son enfance au Cap-Vert et des festivités de carnaval, justement. Son goût du collage et des juxtapositions incongrues se retrouve aussi bien dans le vocabulaire que dans ses choix musicaux. On reconnaitra ainsi dans la bande-son de NÔT aussi bien du Prince que Les Noces de Stravinsky, The Mercy Seat de Nick Cave and the Bad Seeds que des percussions folles ou des notes de musique marocaine. Et même si on n’a pas (encore) vu la pièce qui a ouvert le festival d’Avignon en 2025, on ne doute pas une seconde de sa radicalité.
Créé en mars 2024 à la Coursive de La Rochelle, où
Joël Pommerat est artiste associé, Marius est une drôle d’aventure. Monté tout d’abord à la Maison centrale d'Arles avec des détenus, le célèbre texte de Marcel Pagnol, comme promis par le metteur en scène, a pris le chemin des théâtres. Il arrive aux Célestins, après que celui-ci a programmé successivement Cendrillon et la version frontale de La Réunification des deux Corées. Et on ne va pas bouder notre plaisir de retrouver ce metteur en scène lumineux, même si Les Petites Filles modernes (création en novembre dernier au TNP) ont laissé dubitatif. Mêlant anciens prisonniers et comédien(ne)s de métier., ce Marius au parfum intrigant croise aussi les regards : ceux de Pommerat et de Caroline Guiela Nguyen (la directrice du TNS) avec celui de Jean Ruimi, comédien (chez Pommerat), également auteur. Sortie de son contexte de l’entre-deux-guerres, cette histoire d’amour et de liberté prend place dans un caféboulangerie et propose une version rugueuse et intense des amours de Fanny et Marius, avec le talent d’écriture qu’on connaît au fondateur de la compagnie Louis Brouillard. Comme à son habitude, il a travaillé à partir d’improvisations au plateau qu’il a réagencées à sa façon pour donner corps à cette fable, lui insufflant une résonance profondément contemporaine. On attend ce rendez-vous avec impatience.
27 MAI > 06 JUIN
Théâtre des Célestins theatredescelestins.com
post-scriptum
MYTHE REVISITÉ
[ TM ] Après la réussite des Misérables version chinoise l’an dernier, le directeur du TNP Jean Bellorini –qui vient de créer pour la Comédie-Française à Paris L’Ordre du jour d’Éric Vuillard –renouvelle l’expérience avec le Yang Hua Theatre de Wuhan. Ensemble, ils portent à la scène un récit mythique avec Le Petit Prince de Saint-Exupéry, deuxième texte le plus lu au monde après la Bible. Un pilote français tombé en panne en plein désert rencontre un enfant chinois. Aucun ne parle la langue de l’autre. Ils vont pourtant partager bien des merveilles, grâce à la musique capable de parler la langue des cœurs. Théâtre et chansons vont se mêler, les artistes de la scène chinoise vont rencontrer François Deblock, comédien complice des mises en scène de Jean Bellorini, pour faire renaître l’espoir en ces temps où le noir tend à effacer la lumière.
30 MAI > 06 JUIN
FANTÔMES DE L’HISTOIRE
DYNAMIQUERÉVOLUTIONNAIRE
[ GV-P
] Après son décapant Iench, le TXR réinvite l’autrice Éva Doumbia pour Chasselay et autres massacres. Inspirée à la fois de faits réels et imaginaires, cette dernière création trouve son origine dans le Tata (« enceinte de terre sacrée » au Sénégal) sis à Chasselay, cimetière mémorial qui rend hommage à 188 tirailleurs sénégalais exécutés par les Allemands en juin 1940. Ce monument, peu connu du grand public, impressionne pourtant par son incongrue beauté rouge dans la campagne lyonnaise. L’histoire de ceux qui sont enterrés là est le point de départ du texte de Éva Doumbia. Elle tisse un récit entre fiction et faits réels pour faire entendre cet épisode qui montre à la fois la barbarie et l’humanité comme la kora tisse un lien avec le piano. Ce faisant, elle répare une mémoire oubliée.
05 > 07 MAI Théâtre de la Croix-Rousse
[ GV-P ] Aube rouge est leur première pièce. Romane Bauer, Élise Lefauconnier et Lara Raymond se sont rencontrées à l’École de la Comédie de Saint-Étienne et ont découvert le théâtre documentaire lors d’un stage pendant leurs études. Elles commencent alors à s’intéresser à la Commune de Paris, cette insurrection populaire matée dans le sang dont Louise Michel reste une figure marquante. Les trois jeunes artistes réactivent cette pensée révolutionnaire, mais à travers d’autres voix moins attendues : Eugène Varlin, Élisée Reclus (écrivain), Élisabeth Dmitrieff (cofondatrice de l’Union des femmes) ou Gustave Courbet, en tissant un récit qui mêle archives et écriture de plateau. Création. 27 > 30 AVR. Théâtre du Point du Jour, Lyon 5
Identifiable au premier coup d’œil, la danse de Sharon Eyal est faite de corps sous tension, souvent perchés sur la pointe des pieds, dont les ondulations se révèlent viscérales. Danseuse puis chorégraphe prolifique pour la Batsheva Dance Company (jusqu’en 2012), elle expérimente la liberté d’expression au contact d’Ohad Naharin et de son langage gaga. De sa rencontre avec Gai Behar, producteur issu de la scène musicale et artistique de Tel Aviv, est née la compagnie L-E-V (« le cœur » en hébreu), devenue S-E-D (Sharon Eyal Dance). Aujourd’hui installée en France, la chorégraphe israélienne poursuit sa quête d’intensité avec des pièces d’une extrême physicalité. Trois de ses œuvres – dont sa nouvelle création Delay The Sadness aux Nuits de Fourvière (23 & 24 juin) – sont présentées à Lyon à quelques jours d’intervalle. À la Maison de la danse, la GöteborgsOperans Danskompani s’empare de Ima, pièce conçue en 2024 comme un voyage émotionnel, sur la musique de Josef Laimon. Moulés dans des justaucorps couleur chair, les quinze danseurs aux silhouettes parfois fondues semblent mus par une même énergie pulsatile. À force de gestes obstinés, ils se fraient un chemin entre force et vulnérabilité. Quant à la pièce House créée en 2011 par Sharon Eyal pour la Batsheva Dance Company, elle fait son entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon. Courte mais dense, l’œuvre est divisée en plusieurs parties, comme autant de pièces d’une maison que s’approprient les danseurs. Entre clubbing et ballet, la musique de Ori Lichtik accompagne les étranges contorsions de créatures au bord dela rupture. Leur gestuelle d’une précision chirurgicale reflète l’univers de la chorégraphe : déroutant, envoûtant, impressionnant.
Texte Blandine Dauvilaire
IMA
27 > 31 MAI Maison de la danse maisondeladanse.com
bêtes de scènes
Des vies très ordinaires
Texte Trina Mounier
On a pu voir Olivia Corsini aux Célestins l’an dernier dans Sur l’autre rive d’après Platonov de Cyril Teste. L’actrice italienne installée en France nous offre cette fois-ci sa première mise en scène en solo, Touteslespetiteschosesque j’aipuvoir, une adaptation libre des nouvelles de l’auteur américain Raymond Carver.
Pourquoi ce choix de Carver ? Ce n’est pas simple de porter des nouvelles au théâtre…
OLIVIA CORSINI Je ne suis pas une fan de nouvelles, mais Carver appelle le théâtre. J’ai retrouvé ce recueil en italien au cours d’une nuit d’insomnie, en plein confinement. Ces nouvelles faisaient écho avec le moment qu’on était en train de vivre. Porter de la littérature non théâtrale au théâtre, c’est ce que j’aime le plus ! Quand un écrivain écrit, il ne se préoccupe pas des contraintes formelles qui sont réelles au théâtre. Or mon exercice préféré c’est de résoudre des questions telles que : comment éviter le recours au narrateur ? comment trouver des images de la même intensité ? jusqu’à quel point puis-je me passer des mots ? Chez Carver, on voit des êtres vivre, se dépatouiller dans un monde qui n’est pas fait pour eux et qui leur dit « Si tu veux, tu peux », alors que c’est absolument faux ! Ces petits personnages essaient d’y croire, ils tentent de se sauver.
INTROSPECTION
[ TRINA MOUNIER ]
TOUTESLESPETITESCHOSESQUEJ’AIPUVOIR
Des histoires ou des personnages ?
OC Les deux. J’ai adapté certaines nouvelles presque telles quelles, j’en ai tissé d’autres entre elles, j’ai choisi de déplacer un fragment ou un personnage, d’extrapoler, d’inventer des situations irréelles… J’ai regardé Twin Peaks d’un bout à l’autre, David Lynch en général. Pour être sincère, cette pièce a reçu un bel accueil, mais elle n’a pas totalement conquis ceux qui connaissent très bien l’œuvre de Carver et en ont leur propre vision. J’ai utilisé Carver comme un levain pour créer mon propre monde et respecté le sens de son discours politique en y mêlant mes intuitions. J’ai vraiment essayé de faire décoller le réalisme, respirer ces endroits d’une vie propre. D’où l’importance que j’accorde au décor, à la musique, à la bande-son. Je choisis les acteurs en fonction de leur corps, de leurs voix qui me racontent des choses, qui ont de l’épaisseur, du vécu…
24 > 29 AVRIL TNP
Villeurbanne tnp-villeurbanne.com
Face à la mère, à voir au TNP, réunit le metteur en scène Guy Cassiers, maître flamand de la lumière et de l’image, capable de construire des univers éblouissants, et Jean-René Lemoine, homme de théâtre né à Haïti et qui vit à Paris. Les échos sont unanimes : voici une œuvre exigeante, mais essentielle et bouleversante. Comme l’est l’histoire que raconte Jean-René Lemoine : un jour, alors qu’il travaille sur un spectacle, sa sœur l’appelle de Haïti où leur mère avait décidé de retourner et de rester. Elle lui apprend sa mort, assassinée dans des conditions atroces. C’est le début pour l’acteur-auteur d’une plongée dans ses souvenirs, dans un flot d’émotions destiné à cacher le souvenir trop douloureux. Accompagné par des jeux de lumières qui forment des cathédrales, et l’enferment, l’acteur ne bouge pas. C’est à peine si l’on voit sa bouche faire les mouvements de la belle langue qu’il a inventée dans l’espoir de voir sa mère revenir…
05 > 16 MAI
Théâtre des Célestins theatredescelestins.com
ENTRE TERRE ET CIEL
en aparté
DEBOUT
KO
Avec le printemps, les SUBS s’encanaillent ! La verrière va s’orner d’un gigantesque escalier en colimaçon s’élançant à 13 mètres de haut conçu par l’architecte plasticien franco-afghan Feda Wardak (déjà vu à la Biennale d’art contemporain). Installation-performance animée par le chorégraphe Saïdo Lehlouh et la DJ (et productrice) tunisienne Deena Abdelwahed, Ce que le ciel ne sait pas s’inspire des foreuses occidentales qui ont labouré le sol afghan au cours des cinquante dernières années et de la vis sans fin qu’utilisaient les anciens Égyptiens pour faire remonter l’eau à la surface. Les Afghans s’en servent aujourd’hui encore pour réparer et remettre en service les karez, système d’irrigation millénaire détruit par les bombardements successifs.
Gageons qu’avec le chorégraphe Saïdo Lehlouh – l’un des artistes du Collectif FAIR.E et l’actuel codirecteur du CCN de Rennes – et la bande-son de Deena Abdelwahed, ça va déménager ! Tout comme la dernière pièce de Phia Ménard qui nous emmène dans un drôle de manège (enchanté ? pas sûr !) de personnages aériens avec Nocturne (Parade). Cette pièce s’inscrit dans le cycle des Pièces du vent démarré il y a quelques années par l’artiste inclassable, toujours associée à la Maison de la danse. Après Debussy et son faune, elle s’empare du poème de Goethe, Le Roi des Aulnes, pour un conte macabre aux mille métamorphoses qui nous embarque aux confins de la nuit pour mieux faire jaillir la lumière. Quelques ventilateurs et les lumières savamment étudiées d’Éric Soyer font vivre des marionnettes de plastique et de vent. Ébouriffant !
Les SUBS les-subs.com NOCTURNE (PARADE)
26 > 28 MAI maisondeladanse.com
CEQUELECIEL
NESAITPAS 04 > 06 JUIN nuitsdefourviere.com
[ GV-P ] Troisième volet d’un triptyque entamé avec Fuck Me, Kill Me (vu aux Célestins) est un uppercut féministe puissant. Marina Otero y met en scène sa vie privée, ses errances, ses angoisses, ses obsessions tout en les transcendant. Cela donne un spectacle furieux et jubilatoire où tout le monde en prend pour son grade. Non sans humour, la chorégraphe argentine installée à Madrid plonge dans sa propre folie pour mieux dénoncer le patriarcat et ses violences. Œuvre radicale, troublante, subversive, Kill Me percute le public. Et donne envie de ruer dans les brancards, à l’instar de ces artistes qui jettent leur corps dans la bataille, réuni(e)s pour leur talent mais aussi pour leurs fêlures et leurs troubles de la personnalité. Rattrapage à Valence.
TCHEKHOV
RIONS AVEC
AS DU BREAK
[ TM ] On l’oublie souvent, mais Anton Tchekhov n’a pas écrit que des œuvres nostalgiques. Parmi les pièces en un acte qu’il présentait comme « de petites plaisanteries », Une Demande en mariage et L’Ours sont les plus connues. Olivier Borle monte ce diptyque de l’auteur russe avec bonheur, précision et exigence. Cerise sur le gâteau, l’interprétation est savoureuse. Le sujet tourne autour des mésaventures du mariage : dans l’une un prétendant n’arrive pas à se déclarer, dans l’autre une jeune veuve s’enferme dans son deuil. Elle en sortira grâce à son valet qui lui fait rencontrer un créancier séducteur "inflammable"… Fous rires garantis.
30 AVR. Le Briscope, Brignais 08 JUIN Théâtre de Beaujeu
[ GV-P ] C’est peut-être la dernière fois que le public pourra voir Underdogs. Ce spectacle de Anne Nguyen créé en 2021 (et vu à Karavel en 2023) a déjà beaucoup tourné, notamment en région. Underdogs (« laissé-pourcompte » en français) revient aux fondamentaux du hip-hop. Explorant l’étymologie du popping, les symboles politiques et les marqueurs sociaux de l’inconscient collectif urbain qui ont donné naissance au mouvement, la chorégraphe laisse se déployer l’énergie brute de la danse. Sur fond de musique soul, deux hommes et une femme reprennent les gestes de contestation et de rage mais aussi du quotidien, laissant entrevoir des récits de révolte, de lutte, de résistance. Et de joie aussi. 24 AVR. Le Sémaphore, Irigny
La poétesse belge Lisette Lombé est tombée dans le slam en 2015 comme on prend un chemin en liberté, par le corps et le verbe. Artiste associée au projet de la Machinerie, elle présente Ce queleventredit avec le rappeur Marc Nammour dans le cadre de Raffut.
FORMES HYBRIDES
[ Anne Huguet ]
Première en avril pour Raffut à la Machinerie de Vénissieux !
Marqueur fort de la programmation de Duniému Bourobou, ce rendez-vous qui s’annonce annuel a pour vocation de célébrer une poésie engagée à la croisée des esthétiques et des publics. Slam, concerts littéraires, lectures musicales, performances sont au programme de ces trois jours pour entendre des voix nouvelles et décaler le regard : voilà ce que promet Raffut. On y retrouvera entre autres l’autrice Diaty Diallo et la poétesse-slameuse Lisette Lombé – artistes associées avec la Fabrique des Histoires –, mais aussi le rappeur-poète Marc Nammour, le comédien Adama Diop, Mélissa Zehner et son collectif Les Palpitantes ou encore la plume sans concession de Furax. Pour tous les goûts et tous les publics.
23 > 25 AVRIL
Théâtre de Vénissieux & Bizarre
«J’ai eu trois vies professionnelles : enseignante defrançais,médiatricedansl’associatifetdepuis onze ans, artiste », résume d’emblée Lisette Lombé. La slameuse et poétesse est née à Namur, en Wallonie, d’une mère belge et d’un père congolais, « desparentsgrandslecteurs,avecdesbibliothèques danstouteslespiècesdenotreappartement, dans une cité modeste » et qui ont eu « la patience d’accompagner leurs trois enfants sur les terrains de sport », athlétisme et basket à haute dose pour Lisette.
Sa double culture familiale, l’amour de la littérature et du sport, le goût du travail et du coaching composent un riche terreau d’où la jeune femme tire une force de création inouïe quand, en 2015, elle sort d’un burn-out et se lance corps et âme dans le slam,. « Ce burn-out m’a reconnectée demanièrefulguranteavecl’écriture,d’aborddansdesateliers puis,unjour,surscène, rembobine-t-elle. Je suis arrivée au bon moment,àl’heuremagnifiquedel’éclosiondesfemmesdans le slam,enpleineeffervescencedeleurparoleengagée. »
Elle découvre un milieu, les micros ouverts, un format nerveux qui lui va et une famille poétique vivante. Six mois après son premier slam, elle cocrée le collectif de poétesses engagées L-SLAM. «EnBelgique,leslametlapoésiesontreliés,
Texte Florence Roux
CEQUELEVENTREDIT
LISETTE LOMBÉ & MARC NAMMOUR
MA POÉSIE EST ORALE, PULSÉE, PHYSIQUE
23 ET 24 AVR.
CEQUELEVENTREDIT
Théâtre de Vénissieux lamachinerie-venissieux.fr
contrairementàlaFrance.Mapoésieestorale,pulsée,physique. Pour moi, la question du souffle et du corps viennent avant lesfiguresdestyles. Leslamm’adonnéplusdeliberté,ilm’a sortiedesclassiquesetautoriséeàécrire. » Elle signe aussi des histoires pour les enfants et deux romans, collectionne les prix et devient même, en 2024-2025, "poétesse nationale de Belgique". Sans cesser d’écrire pour la scène, en solo et avec d’autres. « Avec Marc Nammour, notre spectacle Ce que le ventre dit estunpeulefruitduhasard.Tousdeuxprogrammésà laGaîté Lyrique,àParis,enoctobre2024,nousavonseuun coup de foudre artistique, se souvient-elle. Moiquin’étais pasbranchéerap,j’aientendudanssalanguequelquechose de proche et de politique. Et lui a reconnu dans mes parties slam une force intime. Nous avons eu une envie instantanée de fonctionner ensemble. Et, sur cette impulsion, nous avons commencéàtravaillersansattendrelescoproductions. » Sur scène, en compagnie du musicien Jérôme Boivin, le rappeur français né à Beyrouth et la slameuse belge d’origine congolaise ont des choses à se dire. Leurs identités métissées, mais aussi leurs colères, désirs et la possibilité d’une amitié sont prétexte à scander, danser, chanter. « C’est un enjeu fort du spectacle que de faire se rencontrer le slam et le rap, et ce, dans unrapportégalitaire :avecunefemmequiportelaquestion de l’empowerment [le développement du pouvoir d’agir, NDLR], etunhommecelledeladéconstruction.Cedialogueest-il possible ? », souffle Lisette. La preuve par la scène. •
FESTIVAL
ÀPRILE
24 > 26 AVRIL
Différents lieux Lyon aprilefestival_lyon
Histoires parallèles
@etfaivre
Quand on l’appelle, il a quitté Bruxelles deux jours plus tôt, transité par Lyon vingt-quatre heures puis filé vers Turin. Et pourtant, c’est affable et dispo qu’Étienne Faivre se prête à l’interview, depuis une terrasse où résonne le tapage des bambini. La trentaine (tout juste) rayonnante, le photographe lyonnais est du genre touche-à-tout qui a de l’énergie à revendre. Et de l’envie ! DJ, curateur, réalisateur, le garçon navigue tous azimuts, même si la photographie représente aujourd’hui sa principale activité « depuis trois ans ». Soit deux petites décennies après l’évidence qui s’est présentée à lui, enfant : « Vers 10-12 ans j’ai su que je voulais devenir photographe… mais je ne savais pas comment ! » Et puis plus grand-chose, jusqu’au jour où un échange avec une université de São Paulo, pendant ses études en communication, ravive la flamme. « Au Brésil, la faculté de journalisme avait fusionné avec les Beaux-Arts si bien que j’ai pu apprendre la photo argentique, en série, le photojournalisme, etc.
Texte Emmanuelle Babe • Photos Étienne Faivre
Une bonne base théorique », raconte l’ex-étudiant. Quant à l’approche documentaire qu’on lui inculque alors, il s’appliquera à la tordre pour bâtir sa propre démarche artistique : « Pendant mes études, on m’a beaucoup parlé des faits et de la façon de les documenter ; aujourd’hui, j’ai l’impression que ce réel se délite, que l’on perd en objectivité, que l’on n’a affaire qu’à des récits. De la même façon, j’ai envie que l’on ne sache pas vraiment si mes images relèvent du réel ou de la fiction. » Adepte du moyen format, Étienne travaille des micro-séries, entre rêverie et anthropologie : sur la drag-queen La Grande Patricia qu’il a suivie pendant deux ans (la série a été présentée au OFF des Rencontres d’Arles 2024 avec le collectif Le Matin Rose), sa montagne doubienne (il est originaire de Besançon) confrontée à la fin de l’enneigement, les habitants de quartiers lyonnais avec la compagnie du Subterfuge… Ses amis aussi jouent volontiers les modèles, notamment pour créer des scènes loufoques dans des décors naturels. L’humour, l’absurde n’est jamais loin. Le style pop également, car le photographe travaille le plan serré et beaucoup au flash, de couleur parfois. « J’aime l’intensité dégagée, cet éclairage est comme un point de vue. » En bon camarade, Étienne Faivre aime les bandes. Comme le label Furie ou encore Gamut, collectif d'artistes basé au fort Saint-Just. Il porte le festival franco-italien Àprile, pour lequel Étienne est en résidence à Turin – il doit créer sur le thème de la deuxième édition, « Joie radicale ». Après Turin, ce sera au tour de Lyon d’accueillir, fin avril, des oeuvres exposées chez des habitants volontaires. Et après ? On continue, bien sûr, avec l’édition d’un livre. Le titre est déjà choisi : Un ailleurs où les rêves pourraient trouver refuge, comme « unmessagequej’auraisvouludonneraujeuneÉtienne », confie son auteur. Des textes nourriront les photos, et vice-versa. Derrière les sourires, de l’émotion sur papier, toujours. •
INSPIRATIONS
JE VEUX RESTER ATTENTIF À UNE FORME DE NAÏVETÉ
Andrea Laszlo De Simone, Martin Parr, Dolorès Marat, Michel Camilo, Jonás Trueba…
Succès maison
Avec une programmation gargantuesque (180 spectacles et 215 levers de rideau cette saison) et un taux de remplissage de 98 % qui fait des envieux, le Radiant-Bellevue à Caluire ne connaît pas la crise. Décryptage par Victor Bosch, son infatigable directeur.
Quelle est la clé du succès de votre salle ?
VICTOR BOSCH Je pense que notre programmation intergénérationnelle répond à une demande forte, on touche tous les publics et toutes les classes sociales, c’est vraiment un reflet de notre société. Environ 70 % de nos propositions correspondent au besoin des gens de se distraire, 30 % sont des spectacles de niche que j’appelle "Immanquables", qui demandent plus d’attention et qu’il faut défendre absolument. Les abonnés choisissent cinq spectacles minimum, dont au moins un Immanquable et il y en a 11 au choix. Il est primordial d’inciter les gens à faire preuve de curiosité pour découvrir un artiste ou un spectacle de niche. […] Je programme beaucoup d’humoristes, telle Tania Dutel (le 24/04), car c’est le reflet d’une société et ça touche un public jeune. Nous accueillons aussi des spectacles plus familiaux comme Warriors de la compagnie hip-hop Wanted Posse (le 28/04), et je suis très
portrait
content qu’un musicien comme Tricky, qui se fait rare, ait choisi notre salle pour son concert (le 26/05).
Au Radiant, les places vendues à la dernière minute ne bénéficient pas de réduction, contrairement à la plupart des autres lieux, pourquoi ?
VB Les gens qui réservent leurs places longtemps à l’avance soutiennent l’économie du spectacle vivant. Je trouve injuste que le spectateur qui se décide en dernière minute paie beaucoup moins cher que celui qui nous a fait confiance en début de saison. Ce n’est pas de baisser les prix au maximum qui fait venir le public, mais de proposer des spectacles de qualité et des tarifs incitatifs pour les découvertes.
Comment faire pour que cette réussite perdure ?
VB J’essaie d’être toujours à l’écoute de ce qui sort dans tous les domaines culturels, de me remettre en question. Je mise sur la
nouveauté sans arrêt, quitte à prendre des risques sur de nouveaux talents, comme avec Panayotis Pascot qui est incroyable. C’est ce qui fédère les gens. En matière de spectacles, je crois que la tendance est au mélange de styles, et que le théâtre privé a besoin d’auteurs qui amènent un regard nouveau, comme Alexis Michalik l’a fait dans son domaine. Sa pièce Passeport sur l’immigration a été un carton cette année. Je vais continuer à proposer des spectacles de niche "Immanquables", en passant de 11 à 15 ou 20 propositions. Ça permet de faire évoluer le public vers de nouvelles choses sans le brusquer, et de le renouveler. Et parce que la convivialité est essentielle, je vais construire une brasserie en face du Radiant, avec une super terrasse, un lieu ouvert à tous qui vivra en dehors des spectacles. Ce ne sera pas une brasserie de plus, mais un concept vraiment nouveau dans la métropole. Vous serez étonnés ! •
Publié en 1963, Le Mur invisible est un classique de la littérature autrichienne. Écrit par Marlen Haushofer, féministe avant l’heure, ce roman magnifique parle d’enfermement et d’émancipation. C’est aussi le fil conducteur qu’a suivi la plasticienne Sarah Jérôme lors de sa résidence à l’Abbaye royale de Fontevraud, dont elle expose actuellement le résultat à la Fondation Bullukian. Troisième lauréate de la résidence Bullukian-Fontevraud, cette artiste installée à Montreuil a un parcours un peu particulier puisqu’elle a commencé par une formation de danseuse avant de bifurquer vers les arts plastiques. Son œuvre développe un travail sensible et presque insaisissable, en forme de rêverie pour laquelle elle utilise la peinture à l’huile sur du papier calque. « Tout commence parunegrandeabstraction,puisj’enlèvedelamatièreet l’imageapparaît.C’estparlefantôme,parlemanque,que la figure prend naissance dans la peinture », explique-t-elle. Il faut dire que l’abbaye, qui devint une prison après la Révolution française, est un lieu particulier, notamment lorsque les visiteurs sont partis. Bâtiment impressionnant où reposent les gisants d’Aliénor d’Aquitaine, de son mari Henri II d’Angleterre et de leur célèbre fils Richard Cœur de Lion, il y flotte à la nuit tombée une atmosphère d’un autre temps. Une évanescence qu’on retrouve dans le roman et dans les grandes toiles de Sarah Jérôme. Des figures mouvantes s’en détachent et invitent à laisser son regard flotter dans l’image. À l’instar de ses céramiques en fragments entrelacées de branchages qui témoignent d’un rapport très charnel à la matière, entraînant l’imaginaire dans des contrées inconnues. Ces images fugaces, avec l’oiseau pour motif récurrent, symbolisent sans doute la liberté, l’élan mais aussi la vulnérabilité. Le végétal est aussi très présent et parfois prétexte à un clin d’œil au monde de la danse : comme cette œuvre ancienne installée dans l’espace au fond du jardin dont les œillets jaillissent de la toile pour se métamorphoser en porcelaine, au sol. •
Villeurbanne semble n’entretenir aucune relation avec le fleuve Rhône et le canal de Jonage, pourtant limitrophes de son territoire. Quant à la rivière la Rize qui la traverse, c’est un fantôme carrément escamoté par recouvrement. Pourtant, toute cette eau qui coule à proximité et sous ses pieds – son sous-sol est une immense nappe phréatique –a façonné la ville. Complètement inondée pendant plus d’un mois – hormis quelques arpents autour de la place Jules-Grandclément – par la gigantesque crue du Rhône du 30 mai 1856, elle n’a eu de cesse de se prémunir ensuite de ce risque permanent. Pendant plus d’un siècle et demi, ce ne fut donc pas le grand amour entre la ville et l’élément aquatique. L’exposition Aqua Rize, qui se tient jusqu’à la fin de l’année au Rize, narre, avec force plans, photos d’archives et témoignages audio, l’épopée commencée dans un grand traumatisme, jusqu’à l’actuelle prise de conscience : l’eau est une composante essentielle de notre environnement et de notre santé, et l’effacer du paysage urbain est une chimère improductive voire néfaste. L’hygiénisme des années 1930 et la pensée écologiste apparue dès 1970 ont notamment fait évoluer mentalités et pratiques pour tenir compte, avec plus de pertinence, des besoins des habitants de la cité. Conférences, ateliers créatifs, lectures et spectacles pour tous les âges jalonneront l’année à venir, aidant à mieux appréhender les enjeux quotidiens de l’eau. L’art plastique s’en mêle également, l’exposition, très didactique, étant ponctuée d’œuvres sur le thème. Alors, plongez pour mieux comprendre !
CAP VERS L’AVENIR !
[ Gallia Valette-Pilenko ]
Le CAP Saint-Fons fête ses 40 ans ! Pas avec une expo rétrospective bête et méchante, mais plutôt en se projetant dans l’avenir, avec ce 40+1. Il faut dire qu’Alessandra Prandin, arrivée en 2020 à la tête de l’institution fondée en 1986 par Jean-Claude Guillaumon – auquel le mac[LYON] consacre actuellement une rétrospective tout à fait remarquable –, n’est pas du genre à se tourner vers le passé. Au contraire, elle regarde l’avenir en face en choisissant d’exposer 41 artistes issus d’ateliers de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont Guénaëlle de Carbonnières & Mélanie Faucher, Jeanne Held (vue à la fondation Renaud en 2025), Marie Pic, Floraine Sintès, Jules Maillot ou Sébastien Schnyder. Cela donne un foisonnement de pratiques et de propositions, installées dans tous les espaces de cet ancien complexe urbain devenu un centre d’art très actif, dans l’un des quartiers les plus déshérités de la métropole au nom paradoxalement charmant, Les Clochettes. Des salles habituellement dévolues aux expos à des lieux plus improbables – comme la champignonnière, les bureaux, le jardin, la cuisine – ont été investis par les artistes, entretenant un dialogue fécond entre les œuvres et les univers. On y découvre donc des artistes plus ou moins connus, « quifontlavitalitédelascèneartistiqued’aujourd’huietconstruisentcellededemain » selon les mots de Alessandra Prandin. On ne saurait mieux dire !
Depuis ses débuts dans la photo documentaire, Étienne Maury s’intéresse aux sujets environnementaux, et particulièrement à la cohabitation entre l’homme et la nature au sens large. Après un sujet au long cours sur les conséquences du changement climatique dans les Alpes (son terrain de jeu favori), il réalise depuis 2021 un travail documentaire et sensible autour du loup. Paysagedeloup invite à partir sur ses traces et à (re)penser autrement notre rapport au grand prédateur, et simplement au vivant.
Anne Huguet
ne évidence, immédiate : on parle du loup mais c’est le grand absent de cet accrochage ! Étienne Maury avoue n’en avoir jamais vu, lui qui court les montagnes, et les Alpes, plus que de raison. « Maisjenesuispassûr qu’ilseraitdansl’exposijel’avaisphotographié… Et si un jour, je mets une image de loup, ça sera quelque chosedetrèsévanescent,ouunephotoancienne. Ceserauneimagequiamènelesgensàréfléchiràla conceptiondenotrerapportauloup,héritédesiècles de constructions culturelles (Perrault, Darwin et autres mythes)… » Pour l’évoquer ce loup ? Une illustration de Gustave Doré avec son Petit Chaperon rouge, puis ces deux clichés côte à côte (un morceau de brebis dévoré versus une gueule de loup écrasée par une chaussure), et ce n’est pas innocent. « L’idéeestdeparlerdecetespècedeloi du talion,ce conflituniverselquines’arrêtejamais : "Tu me tues, je te tue ; tu m’attaques, je te rattaque"… ». On plonge aussi dans son monde en entrant à la frontale dans la "grotte" sombre de la galerie Item, images fragmentées de sentiers, de ruines ou de traces animales qui nous sautent aux yeux. Des images fortes « aveclecôtéleplusfrictionneldelarelationavecleloup ». Sensation. « Lanuitestunepartieintégrantedelaréalitéduloup
et du quotidien dans ses espaces. C’est important de mettre les gens en situation pour qu’ils se retrouvent eux aussi dans le noir, comme les bergers le sont. Et qu’ils ressentent. La nuit, il y a plein de bestioles, ça vit, il se passe des choses. Du coup, ça requestionne la peur du loup, la peur du noir aussi. »
Mais cette exposition n’invite-t-elle pas simplement à sortir de nos quatre murs pour s’échapper en montagne ? Ainsi de ce grand collage à taille réelle des alpages ou de cette suspension évoquant un vol de choucas qui accueillent le visiteur dès l’entrée. Bienvenue dans l’univers d’Étienne Maury !
« Les choucas sont les oiseaux avec lesquels tu passes ta vie quandtueslà-haut.Pourdirequejenem’intéressepasqu’au loup,ilafalluquejemettetoutlemondeaumêmeniveau. Le loup, les bergers, les oiseaux, les plantes (avec un mur entier dédiéàlabotanique)…J’aifaitunjeudepistequim’apermis de comprendre comment les alpages vivent avec ou sans nous, et plein de choses sur le rapport au loup. »
Avec Paysage de loup, cet amoureux de la montagne et de la nature invite à aller se perdre là-bas, là-haut, et à chercher les signes de vie de ce loup (sans doute) et des autres êtres vivants qui nous entourent. Une leçon pour réapprendre à vivre en osmose avec notre environnement ? •
Texte
> 25 AVR. Galerie Item Lyon collectifitem.com
Quartiers pop
Avec Voyagesencité.1973-1990 :vivredanslesquartierspopulaires, la Cité Musée Tony Garnier (CMTG) propose une odyssée en territoire métropolitain lyonnais, dans le temps et l’espace.
Le petit musée – pas plus de 150 m² au sol – installé dans l’un des pavillons du quartier des États-Unis construit par Tony Garnier poursuit avec détermination sa mission, celle de donner au grand public les clefs de compréhension du logement social. Cette fois-ci, le voyage offre sept escales, avec une sélection de grands ensembles : Terraillon à Bron, la Duchère à Lyon, les Minguettes à Vénissieux, en passant par Vaulx-en-Velin, le Tonkin à Villeurbanne et la Ville nouvelle de Rillieuxla-Pape. Des noms jamais évoqués vraiment en bien, il faut l’avouer, sans forcément les connaître de l’intérieur. C’est à cela que s’attèle l’exposition car chacun d’eux a une identité, une histoire et des spécificités propres. Scénographiée par les Lyonnaises de S Cédille et illustrée
par Marion Cluzel (la bande dessinée, Les quartiers impopulaires dans Les Rues de Lyon, n° 103, c’est elle), la visite est dynamique et rythmée. Pleine de couleurs et d’ateliers de manipulation pour grands et petits, elle est aussi riche de films d’époque et de photos d’archives qui présentent en noir et blanc les chantiers de construction des grands ensembles poussant au milieu de vignes ou de champs des célèbres cardons : le choc des images est au rendez-vous. Il met en évidence une façon de concevoir et de construire des quartiers de logements par milliers, qui n’a plus cours aujourd’hui, car sans intégration paysagère ni urbaine et avec une architecture asservie à la standardisation industrielle, objectif quantitatif oblige. Des informations très sérieuses sont délivrées, telles cette frise historique des politiques de la ville depuis le choc pétrolier de 1973 qui intéressera les spécialistes,
Texte Émiland Griès
> 18 DÉC.
Cité Musée Tony Garnier Lyon 8 cm-tonygarnier.org
mais aussi ponctuée, pour les moins érudits, d’événements socioculturels comme l’élection de Margaret Thatcher ou la sortie de Billie Jean de Michael Jackson. Une foule de clins d’œil permet aussi d’accrocher le sujet avec humour et un brin de nostalgie, comme cette matériauthèque des produits mis en œuvre dans les grands ensembles – avec l’incontournable carrelage moucheté des halls d’entrées –, des transistors seventies sur lesquels semblent branchés les casques d’écoute des témoignages audio de l’époque ou une reconstitution d’un mur tagué, avec une piste du hip-hop qui fit ses premières armes au pied des tours de HLM. Et que deviennent ces grands ensembles aujourd’hui ? La politique de démolition, rappelée par des photos de dynamitage des tours du quartier Démocratie à Vénissieux, a été remplacée par des actions plus positives depuis une vingtaine d’années : réhabilitation renforçant l’efficacité et la sobriété énergétique de ce patrimoine aux performances thermiques affligeantes, aménagement paysager des espaces extérieurs qui n’étaient jusqu’alors que des espaces résiduels non pensés entre les immeubles. Le terme "cité", un temps péjoratif, regagnera-t-il ainsi ses galons ? L’histoire urbaine est une longue suite de péripéties, et ce n’est pas encore fini ! •
L’as du jeu
Figure montante du cinéma français, Bastien Bouillon multiplie les rôles et les transformations. Portrait d’un acteur qui préfère la métamorphose à la reconnaissance.
Héritier d’une lignée artistique – mère comédienne passée chez Rohmer et metteuse en scène de théâtre, illustre grande-tante par alliance, Joséphine Baker –, Bastien Bouillon semble avoir fait de cette filiation une force discrète. Car ce qui frappe chez lui, au-delà d’une constante intensité intérieure, c’est sa capacité à se transformer physiquement et à habiter des personnages multiples, passant d’un registre à l’autre avec une étonnante facilité. Véritables débuts en 2009 (enfant, il joue dans un Rohmer), puis le comédien – passé par le cours Florent et le Conservatoire d’art dramatique (CNSAD) – enchaîne plus d’une vingtaine de films avant d’être révélé au grand public, en 2022, avec La Nuit du 12, le polar psychologique de Dominik Moll. Son interprétation lui vaut le César du meilleur espoir masculin et installe durablement son visage dans le paysage cinématographique français. L’année 2025 confirme l’audace et
hors champ
l’endurance du quarantenaire, que ce soit dans des premiers ou des seconds rôles. Pas moins de six longs métrages dans lesquels il explore des registres radicalement opposés… Engagé jusqu’à la mue, son corps devient un terrain d’expérimentation. Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’habiter un personnage, mais de le reconstruire de l’intérieur, jusque dans ses silences et ses zones d’ombre. Dans le film Connemara (2025) d’Alex Lutz, il incarne un joueur de hockey sur le retour, massif, tandis que Àpiedd’œuvre(2026) de Valérie Donzelli le montre en écrivain précaire, silhouette aussi sèche que ses finances. Entre ces extrêmes, Bouillon compose un personnage sourd et lunaire dans L’IncroyableFemmedesneiges (2025) de Sébastien Betbeder, et se glisse même dans les habits aristocratiques du comte de Morcef pour Le Comte de Monte-Cristo (2024). Il apparaît également dans L’AffaireBojarski (2025) de Jean-Paul Salomé, en commissaire tenace face au faussaire interprété par Reda Kateb. En mai dernier, il tient le rôle principal de
Partirun jour d’Amélie Bonnin, projeté en ouverture de Cannes. Sacré parcours ! Fidèle à certains cinéastes – notamment Donzelli ou Moll –, Bouillon s’inscrit pourtant à rebours de toute assignation. Sa trajectoire dessine celle d’un acteur de la complexité, capable d’embrasser les contradictions sans jamais les résoudre. À mesure que sa filmographie s’étoffe, une évidence s’impose : Bastien Bouillon n’est pas seulement un acteur en vue, mais un interprète en perpétuelle recomposition, dont chaque apparition redéfinit les contours d’une identité artistique mouvante. Attendu en 2026 dans Histoires de la nuit de Léa Mysius ainsi que dans un biopic consacré à Robert Badinter, où il tiendra le rôle-titre, Bastien Bouillon sera aussi à l’affiche de Une autre histoire de Mikhaël Hers. Un parcours d’acteur foisonnant dont la trajectoire multiple se confirme : il s’apprête en plus à passer derrière la caméra… •
ÀPIEDD’ŒUVRE, VALÉRIE DONZELLI (2026)
Texte Martin Barnier et Valérie Legrain-Doussau
Fièvre rock
Bandit Bandit lâche les chevaux avec Cavalcades–Cequelanuit ne dit pas, deuxième album du duo au rock nerveux made in France. Avec Maëva et Hugo, la nuit est électrique et sulfureuse. Attention à la montée de riffs au Marché Gare !
VOTRE PREMIÈRE CHANSON FÉTICHE ?
LEMONDEESTSTONE,
QUE MON PÈRE METTAIT EN BOUCLE. THUNDERSTRUCK D’ACDC. MON PÈRE AUSSI… J’AVAIS DEUX ANS.
UN SON DE BANDIT BANDIT QUI VOUS REND FIERS ? OPALINE.
UNE CHANSON QUI PARLE DE MON AVORTEMENT. TRÈS DOUCE, MALGRÉ TOUT.
UNE POCHETTE À ENCADRER
COMME UNE ŒUVRE D’ART ?
PJ HARVEY, STORIESFROMTHECITY(...) PHOTO VOLÉE, FLOU CONTRÔLÉ… TRÈS BEAU. MELLONCOLLIE&THEINFINITE, LES SMASHING, CHRISTIQUE !
07 MAI
Marché Gare marchegare.fr
CEQUELANUIT
NE DITPAS (RECUEIL)
Maëva Nicolas
banditbanditband.com
LE GROUPE QUI
VOUS FAIT RÊVER ?
WET LEGS : UNE LIBERTÉ ET UN STYLE FOUS ! THE KILLS, POUR ALISON
MOSSHART : UNE AURA DINGUE, ELLE EST DIVINE…
LE DUO D’ARTISTES
QUI VOUS FAIT FANTASMER NICK CAVE ET PJ HARVEY. LA GRANDE CLASSE.
SI VOUS ÉTIEZ UNE ADDICTION ?
LES CHATS ! LES PAPOUILLES !
VOTRE DERNIER
GRAND FRISSON ?
HYGIÈNEDEL’ASSASSIN D’AMÉLIE NOTHOMB, UNE CLAQUE !
QUEL SON POUR LANCER UN KARAOKÉ ?
JOHNNY HALLYDAY, GABRIELLE. SHANIA TWAIN, MAN ! I FEEL LIKE A WOMAN !
VOTRE PARADIS SUR TERRE ? SUR SCÈNE ! ET HOSSEGOR AUSSI…
Texte Emmanuelle Babe
22.04.26 | 20H30
MACHINE À DANSER
[ Anne Huguet ]
déambulations
Kompromat sévit avec sa techno punk depuis une paire d’années. Derrière ce nom russe (« matériel compromettant » en français) se planquent deux trublions bien connus de la scène électro : le DJ et producteur Vitalic et l’activiste punk Rebeka Warrior (Sexy Sushi ou Mansfield.Tya, autrice également avec Toutes les vies). Le duo frenchy est revenu sur le devant de la scène avec PLДYING / PRДYING (2025), excellent 10-titres qui balance entre techno froide et post-punk obsédante. Mais c’est bien live qu’on déguste la bête qui n’a de cesse de faire trembler les salles avec du gros son. Alternant vocalises en allemand (souvenirs de Traum und Existenz, leur premier opus en 2019) et en anglais, soufflant le froid et le chaud, Lift Me Up, voix spectrale pour rythmes effrénés et beats mystiques entrecoupés de mélodies plus répétitives, Kompromat entraîne la foule dans « une ivresse obsédante », jusqu’à l’extase !
Le Fil
Saint-Étienne (42) le-fil.com
13 AU 17 MAI
La tornade Peaches
[ Gallia Valette-Pilenko ]
Du beau monde à Nuits sonores qui aligne, pour sa 23e édition, légendes de la techno et révélations avec une programmation toujours aussi touffue et exigeante. 808 State, Letfield, Adrian Sherwood, KITTIN, Four Tet ou encore Peaches... Dix ans déjà que la Canadienne est venue aux Nuits sonores (c’était encore au Marché de gros à Confluence). Et la revoilà ! Elle fête la sortie de son dernier album No Lube So Rude (dans les bacs depuis le 20 février) avec une tournée monstre en Europe, deux dates en France dont les Nuits sonores. Et un show explosif et hors normes, connaissant la dame ! Icône queer de l’electroclash, elle déploie live une énergie absolument délirante au service du féminisme le plus décomplexé depuis vingt ans. Adepte de la provocation et du trouble dans le genre, elle n’a de cesse de subvertir les stéréotypes et de gratter là où ça fait mal. Tout en se mettant en scène dans d’improbables figures qui se moquent d’elle-même, ne craignant ni le mauvais goût ni la vulgarité ni l’outrance, érigée au rang d’art. Et son album ne déroge pas à la règle, explorant comme à son habitude la sexualité et l’identité, mais aussi l’autonomie corporelle et l’âge, sujets éminemment tabous dans notre société jeuniste. Avec, le même soir (Day 1, 13 mai), les explosifs Fat Dog, le légendaire Mad Professor, l’ovni GESAN ou la dub techno de Deadbeat & Tikiman. Entre autres !
Les Grandes Locos
La Mulatière nuits-sonores.com
25 > 29.04.26 | 20H
ART NOMADE
[ Anne Huguet ] Il fait partie de ces artistes qui naviguent librement dans les esthétiques, passant du classique au jazz, de l’électro aux chants traditionnels de son pays et aux bandes-son du 7e art. On ne présente plus le Libanais Bachar Mar-Khalifé, génial musicien (pianiste, percussionniste, chanteur, compositeur et chef d’orchestre pour faire vite) qui fait résonner toute la beauté du monde dans des orchestrations audacieuses voire radicales, à la fois mélancoliques et pleines de poésie. En avril, l’Opéra Underground invite à (re)découvrir ce musicien d’exception. Entre un concert solo piano-voix qui dévoilera toute la profondeur d’une musique plurielle et nomade, version Postludes, et ses thèmes cinématographiques joués à l’Amphi avec un ensemble de 9 musiciens (dont Dogan Poyraz aux percussions ou Anthony Millet à l’accordéon), on devrait faire le plein de belles musiques à faire pleurer les âmes. Pour notre plus grand plaisir.
Bourgoin-Jallieu s’est mis au street art en 2020, habillant les murs de ses quartiers par des œuvres à ciel ouvert. Depuis, en mai, on en profite pour fêter les cultures urbaines. Comme en 2025, Peinture Fraîche prend les manettes. Au menu de cette 2e édition : fresques à gogo, graffiti park, espace gaming, du parkour, des ateliers, des djs (dont Harry Cover ou Ratur), un escape game et une foire aux arts urbains. À découvrir cette année la série de photos underground de Mars Yalh qui explore les souterrains lyonnais, inédit on s’en doute : bienvenue dans l’urbex ! Sont annoncés quelque 18 nouvelles fresques d’artistes locaux et régionaux (dont Adventis, Le Môme ou Y?not) et un spot de peintures live en extérieur. On y verra à l’œuvre (chouette) le Bordelais Jean Rooble, adepte du dessin figuratif et de portraits très réalistes, et l’Argentine Clara Wall habituée aux compositions abstraites grand format. Seront aussi de la partie la muraliste parisienne Kaldea, le monde coloré de Da Cruz, Arem et ses animaux ou encore Cart1 et Bill Allem. Les Magasins généraux 6, rte de Saint-Jean-de-Bournay, Bourgoin-Jallieu @peinturefraichefestival
26.05.26 | 20H
COMME UN SHOOT
[ Anne Huguet ] Avec lui, on ne sait jamais ce qu’on va voir sur scène. Mais on lui pardonne. Tricky fait partie de ses ovnis qui prennent aux tripes, avec ses ambiances dark et son approche singulière d’une pop expérimentale (il préfère ça à trip hop !) sans cesse réinventée. On se souvient encore de ses débuts dans l’excellent Blue Lines du collectif Massive Attack (complet aux Nuits de Fourvière). Depuis, le gars de Bristol a bien roulé sa bosse (16 albums au compteur) : sortant quelques pépites (comme Maxinquaye en 1995, Angels With Dirty Faces en 1998 ou Vulnerable en 2003) et collaborant avec Martina Topley-Bird, Björk, Neneh Cherry, Jo Talbot ou Marta Zlakowska (il a signé en 2025 son 2e opus, Out The Way). Il est capable du meilleur comme du pire, surtout sur scène, où l’on peine parfois à le voir, voix désincarnée et présence fantomatique. Mais s’il est dans un bon jour, ses lives sont sidérants, mélange de beats et de sons sur tous les tons (soul, hip-hop, dub, rock, jazz…), de violence larvée et de beauté radieuse… Première date en Belgique le 24 mai, surprise donc !
Radiant-Bellevue
Caluire
radiant-bellevue.fr
07.05.26 | 20H30
GIRL POWER
[ Emmanuelle Babe ]
On se souvient de Marcia en 2023, à l’affiche du festival Nouvelles Voix en Beaujolais. Une personnalité déjà bien affirmée, qui naviguait entre blues oriental, jazz et R’n’B et définissait sa musique comme « alternative ». Il faut dire que la demoiselle est tombée d’un joli nid : son père est Arthur H et son grand-père, un certain Jacques H… Marcia est de retour sous un nouveau jour, avec les sons percutants de son MLOG (contraction de" musique" et "blog"), sorte de journal intime musical. On aime sa poésie vs son humour rageur, son flow impétueux vs ses envolées jazz. Pop, électro, rap, Marcia est à l’aise partout, comme dans cette rame de la RATP où elle pratique la pole dance pour le shooting de ce projet rafraîchissant.
La scène lui appartient, c’est certain !
A Thou Bout D’Chant Lyon 1 athouboutdchant.com
30.05.26 | 10H > 18H
[ Emmanuelle Babe ] Avec le projet inédit Ligne A Cappella, le brillant Chœur Spirito invite à une drôle d’expérience, le temps d’une journée : le 30 mai, un lieu proche de chaque station de la ligne A du métro lyonnais – galerie (Masurel), université (UCLY), hôtel (Sofitel), hôpital, espace public… –accueillera une performance a cappella. Soit 14 concerts et 14 univers distincts, portés et interprétés par le chœur de chambre donc, mais aussi le Jeune Chœur de Lyon et le Chœur Acad ABRA, constitué d’amateurs. Les transports collectifs étant l’un des derniers lieux mélangeant les publics, le répertoire mise sur la diversité et la richesse du chant choral, du classique au contemporain. De Lyon à Vaulx-en-Velin en passant par Villeurbanne, laissons-nous enchanter. Le long de la ligne A (TCL) spirito.co
Fleuron de la littérature étasunienne traduite en français (aux côtés de Monsieur Toussaint-Louverture et de Gallmeister), la collection Terres d’Amérique d’Albin Michel fêtera ses trente ans lors de Littérature Live à la Villa Gillet. L’occasion de rencontrer quatre auteurs phares de la maison, emblématiques d’une Amérique métisse et complexe, à mille lieues de la "culture MAGA" promue à la tronçonneuse par les oies blanches du Capitole.
Des réserves amérindiennes aux ghettos de riches, les États de la bannière étoilée ne sont pas si unis qu’ils se dénomment. D’autant moins depuis qu’ils filent sous le joug d’un président jouant (avec force feu) à détricoter la riche tapisserie tressée au fil des siècles par le melting-pot civilisationnel substantiel à la nation. Chasse aux migrants et autodafés numériques font aujourd’hui bon ménage au pays de « Trump&Musk Ltd », où une inquisition, invisibilisant nombre de cultures minoritaires, fait muter à vitesse grand V notre rapport à la vérité et rend d’autant plus précieux les témoignages de la scène littéraire. Terres d’Amérique, chez Albin Michel, est pour cela une collection explorant tous les genres de la fiction, des romans noirs jusqu’à l’imaginaire le plus débridé. Au catalogue, Louise Erdrich (Pulitzer 2021), Colson Whitehead (Pulitzer 2017), Pat Conroy, Barbara Kingsolver, Philipp Meyer… autant d’étoiles sur le Wall of Fame de la littérature US, où brillent déjà Twain, London, Faulkner, Miller, Hemingway, Baldwin, Burroughs, Brautigan, Didion, Oates, Morrison (et je ne dis rien du polar et de la SF) : autant de noms qui en font l’une des plus vivaces des temps modernes.
LITTÉRATURE LIVE 11 > 29 MAI
Villa Gillet, Les SUBS, Théâtre des Célestins, etc. villagillet.net
Et quelques étoiles fileront par Lyon en mai ! Lauren Groff(1) , autrice de quatre romans, a créé en Floride la librairie The Lynx, qui met en lumière les livres interdits par l’administration Trump. Elle présentera ses derniers opus, LesTerresindomptées, un « conte politique écoféministe », et La Bagarre ou le portrait d’une petite ville américaine en proie aux tensions sociales qui traversent le pays sous le nouveau pouvoir. Éthiopien d’origine et Chicagoan d’adoption, reporter de guerre et auteur de quatre romans (Les Belles Choses que porteleciel,Tous nosnoms,Quelqu’uncommenous), Dinaw Mengestu(2) saisit comme personne le drame de l’exil : la dérive des hommes sur les continents au gré des conflits économiques et climatiques, les identités fragmentées, la sensation d’absence au monde, la quête des origines dans un rêve américain brisé. Brisée aussi, la romance de La Lumière et les ténèbres de Bret Anthony Johnston(2), qui revient sur le drame de la secte de Waco, lequel fit quatre-vingt-six morts en 1993 au Texas : l’occasion de questionner l’appétence mystique des Américains, où la Bible préside aux destinées des habitants comme nulle part ailleurs. Plus léger, et enchanteur, Ben Shattuck(2) nous offre avec La Forme et la couleur des sons un recueil de nouvelles polyphonique comme une chambre d’écho à travers les êtres et le temps. Un livre multi-primé, ancré dans la nature, qui devrait faire des émules chez les fans de Thoreau ou d’Abbey… Last but not least, Donald Ray Pollock(2), qui, après Le Diable, tout le temps (un chef-d’œuvre) et Une mort qui en vaut la peine, revient avec Knockenstiff, un recueil de nouvelles noir et violent qui évoque son Ohio profond, dans le sillage de Selby, McCarthy, Flannery O’Connor ou Earl Thompson. Sachant que le bougre sait allier noirceur et humour déjanté, je n’aurai qu’un conseil à la Ramones : Hey Ho ! Let’s go ! Let’s read, dear folks ! •
(1) Grand Entretien - La littérature à contre-courant, 22 mai (2)L’Amérique,entrelumièreetténèbres,20 mai
street musée
Photos Lendaskin
BRITT
EMEMEM
LASCO
SHAB
SOHAN STREET
O'MALLEY
salade à l’italienne
popote[s]
si on s’évadait au pays de Fellini ? Ahhh, la belle Italie et sa dolce vita ! Les virées en scooter ! Ses villes baroques, ses ruines, ses églises, ses paysages ocrés, le verbe haut et le parler avec les mains… Et aussi son inimitable Spritz à la délicieuse amertume. Ma dai, tu t’y vois déjà ! Pour patienter jusqu’à l’été, l’Italie squatte ton assiette avec une salade della casa, comme un Spritz… sans le verre ! Forza ! Tu récupères le jus d’une demi-orange (la fameuse Tarocco de l’Etna, certo !) que tu touilles moderato avec le miel, l’huile d’olive (tout droit venue de Toscane ou des Pouilles), une bonne pincée de sel et de poivre du moulin. En voilà une vinaigrette piccante ! Puis, tu déshabilles le reste des oranges – patience avec la peau blanche qui accroche ! –et tu les sculptes en rondelles juteuses. Au tour des fenouils au goût anisé et aux vertus multiples : travaille-les presto en très fines lamelles – sauf les petites tiges vertes que tu gardes pour ta déco finale –puis panache joyeusement avec la rucola au goût corsé et les oranges. Tu arroses généreusement de vinaigrette maison avant de disposer dans une assiette creuse.
2 bulbes moyens de fenouil
2 belles oranges 2 grosse poignées de rucola (ou roquette)
1 pot de 150 g de stracciatella Pickles d’oignons rouges
Olives noires
Et tu passes à la déco : quelques pickles d’oignons rouges, une poignée d’olives noires ou violettes, la blanche stracciatella bien crémeuse (les Pouilles direct dans ton assiette) et, classe ultime, parsème des petites tiges vertes de ton fenouil. Pour un camaïeu de couleurs, d’odeurs et de saveurs, comme un souvenir brûlant d’Italie profonde…
6 càs d’huile d’olive extra vierge
1 càc de miel
Buon appetito !
Sel et poivre noir du moulin
Horizontalement
1. «Eurêka», vous dis-je ! 2. Lierons fermement. 3. Tendra la situation ? Éridan à son origine. 4. Tins bon. Encore plus injurieux s’il est sale ou petit. 5. Brille au firmament. On ne les entend plus… 6. Familier des centrales nucléaires. Dispositif de dérivation électrique. 7. Connue grâce à son curé. Mode d’échange incorrect en bonne société. 8. Étalon d’intelligence. Premier acte avant débarquement. 9. A recours au service public. Indispensable messager génétique. 10. Devinasse par intuition ?
Verticalement
A. La plus pure héroïne racinienne ? B. Battre à plat de couture. Mets fin chez le traiteur.
C. Écrits au fil de la plume. Vraiment pro !
D. La tragique moitié du A. Plus il est grand, plus il est lourd. E. Ancienne Nouvelle-Guinée. Le mot de celui qui est toujours d’accord !
F. Signe d’agitation s’il est pris aux dents. Genre d’alfa. G. Son envers n’y entrera pas. À bancs ou à voile, n’a jamais fait le spectacle à Rome !
H. Phonétique fleuron de Citroën. Chercheras à combler l’écart ? I. Bons chasseurs anglais.