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maison de la solidarité AGRÉÉE PAR LA FONDATION ABBÉ PIERRE

29 rue Ed 9 2 23 0 G m o n d d a r ∫ ois e n n e v il lie r s T 0 1 47 9 0 49 0 3 F 0 1 47 m s o lg e n 3 3 6 0 9 3 n @ fr e e. fr

N°34 /

IRE A M M O S o 2012 /

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Thor!

Nous l'avons fait!

ACCUEILLIR : ILS ONT OSÉ LE FAIRE par Régis Toulemonde, président Au mois de septembre, la commune du Thor (Vaucluse) a reçu pendant trois jours « C’est pas du luxe ! », premier festival culturel organisé par la Fondation Abbé Pierre et animé par les publics accueillis dans les lieux d’accueil et dans les pensions de famille de son réseau. Au programme : stands, conférencesdébats, jeux, animations diverses, pièces de théâtre etc. Toutes ces activités ont été préparées pendant les mois précédents par les publics du réseau, et 300 d’entre eux se sont rendus sur place. Tout s’est bien déroulé ; les accueillis de la Maison de la Solidarité y ont présenté une pièce de théâtre, « Les Energés », créée, travaillée et mise en scène avec la compagnie de théâtre, « Cette Compagnie-là ». Ils sont rentrés, touchés et enthousiastes. Mais pas seulement eux !

Voici ce que Monsieur le Maire du Thor, une fois le festival terminé, a écrit à la Fondation pour exprimer le ressenti de ses concitoyens : … « Je pense que nos concitoyens auront pu se rendre compte par eux-mêmes de l’importance d’accueillir l’autre quels que soient son parcours et ses difficultés de vie. Cet autre apte à développer des savoirfaire utiles à la construction de notre société… » … « J’espère aussi que ce festival aura permis de faire évoluer les représentations portées sur les personnes en grande précarité, ou tout au moins y aura contribué ». Certains (communes, quartiers, riverains) refusent l’installation de lieux d’accueil sous prétexte que les personnes accueillies présenteraient un danger pour l’ordre public. Pour cette même raison, la ville de Cavaillon a refusé au dernier moment d’accueillir le festival alors que la ville de Thor a non seulement osé

RETOUR EN ARRIÈRE… ÉVOCATION DU PRÉSENT par Benjamin Steinberg Le succès remporté par le Festival du Thor, à l’initiative de la Fondation Abbé Pierre — qui fait d’ailleurs l’objet de l’édito du présent journal et auquel ont participé plusieurs des « accueillis » de notre Maison — peut être salué avec bonheur et peut nous amener, « NOUS AUTRES » de la Maison de la Solidarité, à d’utiles et heureuses réflexions. Sans trop de modestie (il existe des moments où il est légitime de ne pas l’être), j’aurais tendance à voir, au travers de cette manifestation « vauclusienne », une sorte de confirmation de la validité du choix que firent les fondateurs de notre Maison, en imprégnant nos activités d’un « climat culturel ». Je dis « climat » car le but recherché était que chacun puisse être sensible aux propositions faites : ateliers d’écriture,

cafés-philo, sorties dans Paris et ailleurs, séjours méditerranéens, écrits dans les livres, participations à des spectacles, navigation dans les mers du Nord… Souvenons-nous, entre autres, de la présence de très nombreux accueillis auprès de Richard Bohringer lisant leurs textes, et de la prestation de Denis Lavant au Théâtre de Gennevilliers, toujours en liaison avec ces mêmes écrits. Bien entendu, tous les accueillis n’ont pas toujours « mordu à l’hameçon ». Tous n’ont pas participé… MAIS TOUS SAVAIENT QUE CELA AVAIT LIEU ET TOUS EN AVAIENT DES ECHOS. Au moins, de ce point de vue, l’objectif était atteint. L’objectif, puisque le mot est prononcé, quel était-il et quel est-il toujours ? Il s’agit de convoquer des moments où

recevoir cette fête mais propose déjà d’ouvrir ses portes pour la prochaine édition ! D’où cette importante évidence  : les rencontres changent le regard porté sur l’autre.

Même si la comparaison est difficile, c’est également, dans une certaine mesure, ce qui s’est produit à Londres. La tenue des Jeux Paralympiques a modifié la perception des Londoniens (et de bien d’autres) sur les personnes handicapées. Accueil chaleureux des sportifs et de leurs familles, ambiance fantastique avec un nombre impressionnant de billets vendus. Les Anglais ont été enthousiasmés. La cérémonie de clôture fut une grande fête fraternelle avec ses 80 000 spectateurs dans le stade, sans compter l’audience élevée de la retransmission télévisée en direct*. Ces rencontres, quelles que soient leurs formes, sont autant d’occasions de mettre en avant la juste valeur de « l’autre » en donnant la parole à ceux qui en sont privés de par leur isolement et qui en viennent à se sentir « pas comme les autres ». * Aucune chaîne française de télévision publique n’a diffusé la cérémonie en direct. Quelle belle occasion manquée !

chaque accueilli peut s’évader le plus loin possible de son état présent et trouver, ou retrouver, une part de sa personnalité réelle, masquée par une vie trop dure. Cela était-il possible ? Cela est-il toujours possible ? Nous pouvons tous témoigner de pareils moments révélateurs. Pour être un peu plus exhaustif, il serait injuste de passer sous silence le bénéfice heureux de ces moments un peu privilégiés, bénéfice tiré par ceux qui ont la chance de ne pas être des « accueillis » et qui animent la vie de notre Maison. Voilà pourquoi je pense que le festival du Thor, moment culturel sans précédent, a, par sa réussite, apporté de l’eau à notre moulin, déjà un peu ancien, mais dont la roue tourne toujours.


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