les gens de l'oubli #30 "épauler"

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maison de la solidarité AGRÉÉE PAR LA FONDATION ABBÉ PIERRE

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épauler!

COMBATTRE L’INDIFFERENCE : POURQUOI ? par Régis Toulemonde, président En 2004, un tsunami d’une rare violence a provoqué un désastre naturel sans précédent. En janvier 2010, Haïti est à son tour dévastée par un terrible séisme. L’émotion collective qu’ont provoqué ces deux événements parmi tant d’autres, a été la cause d’un élan de solidarité de la part du monde entier. Du fait de la rapidité et de l’ampleur de ces phénomènes, les gens ne sont pas restés indifférents. À l’opposé, personne n’a pu voir des reportages des jeux paralympiques de Vancouver de mars 2010. Indifférence totale, d’ailleurs en partie imposée par les médias.

 � Plus près de nous, des problèmes apparemment moins spectaculaires, mais au combien tragiques car touchant les populations, ne sont pas traités avec les moyens nécessaires, et tendent à s’enliser dans une grande indifférence. Comment ne pas parler des handicaps accumulés que représente en France le fait d’être un immigré et, pire, de couleur ? Pour certains, leurs parents, pourtant immigrés de longue date, n’ont pas pu leur faire franchir les étapes à l’insertion, faute de moyens.

Dans un article publié dans le journal La Croix du 25 janvier 2010, sous le titre « Etranger en France, Français à l’Etranger », Hamid Senni explique son parcours du combattant, pour s’en sortir, compte tenu des innombrables discriminations qu’il a dû subir et continue de subir. Pour poursuivre des études supérieures, il a même dû partir à l’étranger. Alors qu’il est né en France, qu’il se pensait Français, on l’opposa, lui et ses semblables, aux Français de souche. Il appartenait à l’immigration post-coloniale et non européenne. Un bagage lourd à porter qui fait qu’aujourd’hui, en France, il se sent Français de seconde classe. Ce contexte d’exclusion sociale et culturelle quotidienne conduit lentement mais infailliblement vers une perte identitaire avec, pour conséquence notamment, la création de ghettos. On en mesure actuellement les conséquences dans divers quartiers de banlieue. L’indifférence ! N’y a-t-il pas, caché sous ce terme, des craintes, des peurs, des grandes inquiétudes qui en seraient la cause ? Peur du présent, peur de l’avenir. De fait, le taux de chômage a fortement augmenté. La pénurie de logements sociaux mais aussi le montant des loyers dont le poids sur un petit salaire devient insupportable, la tendance à la monoparentalité, la précarité dans le travail, contraignent les plus fragilisés à abandonner leur logement pour se réfugier dans une caravane, dans une tente, dans une cage d’escalier ou, pire, dans la rue, ce qui en fait des marginalisés. D’autres craignent pour leur

sécurité identitaire, religieuse et physique face aux mouvements migratoires, parlant même de profiteurs. Toutes ces inquiétudes génèrent un rejet, une incompréhension et, partant, une certaine indifférence aux problèmes des autres. Et pourtant, dans notre pays, l’égalité des chances peut et doit devenir une réalité. En partageant, il y a de la place pour tous car, par exemple, la France manque de main d’œuvre, en particulier dans la restauration, dans le bâtiment, dans les hôpitaux. Combattre l’Indifférence ! Il y a urgence. Heureusement, tous ne restent pas insensibles face à ces injustices et à ces raisonnements. Des fondations, des associations, des hommes et des femmes, conscients des atteintes à la dignité de l’homme, n’entendent pas en rester là. Ils cherchent à sensibiliser et à expliquer combien il est important, indispensable et profitable de se reconnaître tous égaux et de donner les mêmes chances à chacun. Dans les quartiers dits sensibles, des associations de quartier font un travail considérable pour aider à souder la population, et ça marche. Femmes, adolescents et adultes collaborent activement pour une compréhension et une reconnaissance mutuelle. Au début des années 90, des habitants de Gennevilliers et d’Asnières ont remarqué que des gens restaient toute la journée à errer dans les rues, sans occupation et sans le moindre abri pour se poser et se reposer. Ils créèrent alors une association dans le but d’accueillir ceux-ci pendant la journée. .../ suite page 2


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