Les gens de l'oubli #27

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29 rue E 9 2 2 3 0 Gd m o n d d a r ∫ o i s e n n e v il lie r s T 0 1 47 9 0 49 0 3 F 0 1 47 m s o lg e n 3 3 6 0 9 3 n @ fr e e. fr

AGRÉÉE PAR LA FONDATION ABBÉ PIERRE

LES GENS DE L’OUBLI

maison de la solidarité

IR A M M O S 2008 /

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du ∫onheur quand même !

ET POURTANT !!! par Régis Toulemonde, président

On pourrait craindre qu’il ne se passe jamais rien à la Maison de la Solidarité ou tout au moins jamais d’évènements positifs, dignes de réjouir les cœurs des personnes accueillies et des équipes accueillantes. ET POURTANT, détrompez-vous ! Ces moments de bonheur existent et notre journal veut vous les faire connaître. Notre Maison est effectivement un centre d’accueil de jour pour des personnes en grande difficulté et victimes d’exclusion et de solitude. Alors, chaque jour amène son lot de souffrances, de misères, de déceptions, d’échecs. Chaque jour, il faut chercher d’urgence des hébergements de nuit, renouer les contacts, poursuivre les accompagnements individuels, et encore accomplir mille choses. Chaque jour, il faut accueillir, écouter, réconforter, soigner. C’est vrai ! On pourrait donc se demander ce qu’il en sort et si les rayons du soleil arrivent parfois à percer ces sombres nuages.

Une histoire vraie Nous nous sommes rencontrés devant le magasin Carrefour, l’endroit où, comme vous le savez, beaucoup de gens se croisent, s’arrêtent, se saluent et racontent leurs petites et grandes histoires… Il vint au devant de moi, je savais que je le connaissais, mais ma mémoire vieillissante (comme moi d’ailleurs), ne me permit pas tout de suite de l’identifier. « Bonjour » me dit-il avec gentillesse et chaleur « comment vas-tu ? comment va la Maison de la Solidarité ? »

Et pourtant oui. Parce que chaque jour, les équipes des salariés professionnels et des bénévoles sont là, présentes, pour accueillir. Et cet accueil donne des résultats, certes parfois lentement. Pour cela, il faut être disponible, assurément positiver, à l’écoute de l’autre, mais aussi accepter l’autre, tel qu’il est, avec ses différences et faire preuve de compréhension quant au désordre que peut engendrer la misère. Et pourtant, là encore. Le ciel n’est-il pas couvert d’étoiles qui brillent et scintillent ? Certaines sont plus lumineuses que d’autres, certaines s’allument le temps d’un instant puis disparaissent aussitôt, mais toutes illuminent, rendant la nuit moins austère et plus humaine. À la M.S., ces étoiles sont les bonnes nouvelles, les grandes et les petites, qui procurent toujours autant de joie et d’espérance dans les cœurs. Chacun se sent concerné, accueillis et accueillants.

Voilà ! bien évidemment, c’est dans ce lieu que nous nous sommes connus… mais il y a déjà un certain temps. À mon tour, je lui ai demandé de ses nouvelles, comment il allait ? quelles étaient ses occupations ? pourquoi je ne le voyais plus dans notre maison d’accueil ? Il m’a regardé toujours gentiment et il m’a dit avec une certaine assurance, presque avec fierté : « Non, je n’y vais plus désormais car je travaille ! ». Il a dit cela d’une telle façon qu’on sentait bien qu’il ne s’agissait pas d’un emploi précaire, mais d’un vrai travail. Je lui ai serré la main fortement et lui ai souhaité bonne chance.

Bien sur, il y a l’étoile du berger, la plus grosse, la plus étincelante, celle que l’on repère tout de suite, comme la signature d’un contrat de travail, la régularisation des papiers ou l’obtention d’un logement. Elle confirme une étape très positive. Mais il y a aussi la multitude des étoiles filantes qui brillent le temps d’un éclair, celles qui laissent des traces sans, pour autant, qu’on en parle. Comme pour cette dame, épuisée, qui entre pour la première fois dans notre centre et qui apprend qu’il n’y a pas d’hébergement de nuit ici. Elle en est effondrée et exprime alors sa grande déception en insistant sur le fait d’être renvoyée de foyer en foyer. Puis Stéphane, le responsable d’accueil, lui ayant pris ses bagages, elle remercie pour l’accueil chaleureux. Elle était alors souriante et soulagée. Une étoile filante. Pour elle aussi : Et pourtant ! Alors, lisez-vite ce journal qui raconte, parmi tant d’autres, quelques joies partagées. Et pour la première fois, notre journal sera imprimé en quatre couleurs grâce à un prix intéressant de l’imprimeur LNI à Gennevillers.


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