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PLAN-2026-3

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AUTOMNE 2026

VOL. 63 N˚3

Un nouvel espoir pour les personnes atteintes d’Alzheimer : l’imageur TEP à ultra-haute résolution. Cette avancée sherbrookoise est couronnée du prix Honoris Genius 2026 — Innovation technologique.


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50. Intégrer l’action climatique dans la gouvernance des projets

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54. Imageur TEP à ultra-haute résolution : une innovation qui repousse les limites de l’imagerie cérébrale

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58. Jean Habimana, ing. : une carrière au cœur des tunnels 62. Nouvelle cohorte de membres 68. Retour sur le Gala de l’excellence en génie

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VOIR GRAND 70. Conversation inspirante : ce que l’état de nos écoles dit sur notre société

AUTOMNE 2026

VOL. 63 – N° 3

76. 60 ans du métro de Montréal : le dilemme entre expansion et entretien

oiq.qc.ca ordreingenieursqc

82. Boucle de chaleur :

ordreingenieursqc oiq.qc.ca

7. Édito

RÉFLEXION 8. Le sceau et la machine 10. Inondations pluviales : un risque collectif, une réponse qui doit l’être également

PRATIQUE EXEMPLAIRE 12. Réunions de projets : comment les rendre plus efficaces ?

quand l’énergie se répartit intelligemment

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16. Encadrement

ACCOMPLIR

professionnel

28. L’IA comme levier

18. Déontologie

pour des infrastructures durables et résilientes

professionnelle

20. Législation et jurisprudence

22. Assurance responsabilité professionnelle

24. Avis

86. Elisabeth Owona, ing. : quand les simulateurs de vol préparent le réel

90. Focus

32. Colloque 2026 : l’IA au cœur de l’ingénierie 40. Gestion des actifs : de la proactivité dans les décisions d’ingénierie 44. Phytotechnologies urbaines : les plantes aquatiques au secours des villes

Photo : Michel Caron, Université de Sherbrooke

Automne 2026

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MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 2025-2026 Présidente : Sophie Larivière-Mantha, ing., MBA, ASC

La revue de l’Ordre des ingénieurs du Québec La revue PLAN a pour objectif d’informer les membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) sur les conditions de pratique de la profession d’ingénieur au Québec ainsi que sur les services offerts par l’Ordre. Elle contribue à l’avancement de la profession et à la protection du public en présentant notamment des études de cas, des entrevues et des projets concrets qui influent sur l’environnement professionnel et la société.

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Les opinions exprimées dans PLAN ne sont pas nécessairement celles de l’OIQ. La teneur des textes n’engage que les autrices et les auteurs. Les produits, méthodes et services annoncés sous forme publicitaire dans PLAN ne sont en aucune façon approuvés, recommandés ni garantis par l’OIQ. Le statut des personnes dont il est fait mention dans PLAN était exact au moment de l’entrevue.

DIRECTION

Éditrice : Marie Lefebvre, M. Sc.

RÉDACTION

Rédactrice en chef : Sandra Etchenda, réd. a. Collaboration : Malika Daoud, Me Martine Gervais, Marie-Julie Gravel, ing., Me Patrick Marcoux, avocat, Philippe-André Ménard, ing., Stéphane Ricoul, Nuno Silva, ing. Rédaction : Gabrielle Anctil, Laetitia Arnaud-Sicari, Emmanuelle Gril, Valérie Levée, Antoine Palangié, Aurélie Ponton Révision linguistique : Services linguistiques Annie Talbot inc. et Marco Chioini Correction d’épreuves : Marco Chioini Conseil, direction artistique et réalisation graphique : Éric Soulier Impression : Imprimeries Transcontinental inc.

INFORMATION

Fréquence : trimestrielle – Diffusion : 79 500 Tirage : 16 800 exemplaires – Disponible sur oiq.qc.ca Commentaires et suggestions : plan@oiq.qc.ca Publicité : partenariat@oiq.qc.ca

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Menelika Bekolo Mekomba, ing., M. Ing., LL. B. Normand Chevalier, ing., M. Ing., Adm. A. Sabrina Gauvin, ing. Sandra Gwozdz, ing., FIC Samira Kerbachi, ing., Adm. A., PMP Carole Lamothe, ing. Jean-Luc Martel, ing., Ph. D. Nathalie Martel, ing., M. Sc. A., PMP Michel Noël, ing., M. Sc. A., ASC Nicolas Turgeon, ing., M. Sc., EMBA, FIC

ADMINISTRATRICES ET ADMINISTRATEUR NOMMÉS PAR L’OFFICE DES PROFESSIONS DU QUÉBEC Joëlle Calce-Lafrenière, Adm. A., MBA Malika Habel, MBA, ASC Alain Larocque, CRHA, ASCD Danièle Marcoux

1801, avenue McGill College, 6e étage Montréal (Québec) H3A 2N4 514 845-6141, poste 1 Envoi de Poste-publications • no 40069191 Dépôt légal ISSN 0032-0536 Droits de reproduction, totale ou partielle, réservés ® Licencié de la marque PLAN, propriété de l’Ordre des ingénieurs du Québec

Contribution environnementale (données du fabricant): Imprimé sur un papier Enviro Print. En comparaison avec un papier non recyclé, ce choix permet d’épargner 172 arbres, 49 m3 d’eau (513 douches de 10 min), 11 211 kg de CO2 (44 676 km parcourus en voiture), 300 GJ (1 387 687 ampoules de 60 W pendant 1 h) et 56 kg COVNM (55 134 km parcourus en voiture).


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SOPHIE LARIVIÈRE-MANTHA ing., MBA, ASC

Présidente

VOIR PLUS LOIN QUE LE FINANCEMENT Au cours des derniers mois, les infrastructures ont occupé une place importante dans l’actualité. Au fil de mes lectures, un constat persiste : qu’il s’agisse du transfert par Ottawa de 10 milliards de dollars pour des projets d’infrastructure au Québec, de la tenue des états généraux sur le coût et le financement des infrastructures municipales ou des nombreux reportages sur l’état des routes, des ponts, des écoles et des réseaux d’eau québécois, les défis sont considérables et les besoins, immenses. Devant ces constats, la réponse passe souvent par la demande ou l’annonce de nouveaux investissements. Ces sommes sont nécessaires et témoignent d’une volonté d’agir. Toutefois, elles m’amènent à me poser une question : au-delà du financement, que devons-nous faire pour éviter de nous retrouver, dans 10, 20 ou 30 ans, devant les mêmes défis ?

Photo : Vincent Castonguay

Bien que nécessaire, le financement ne peut constituer à lui seul la solution. Les signes de vieillissement qui se multiplient aujourd’hui ne sont pas apparus du jour au lendemain. Ils sont le résultat de décisions, de reports et de choix qui se sont accumulés au fil des années. Il est temps d’adopter une approche fondée sur la gestion du cycle de vie complet des infrastructures : mieux connaître l’état de nos actifs, planifier leur entretien de façon préventive, assurer un suivi transparent de leur performance et garantir la prévisibilité des investissements

nécessaires à leur pérennité. Sans une gouvernance rigoureuse, des mécanismes de suivi efficaces et une vision soutenue dans le temps, nous risquons de reproduire le scénario d’aujourd’hui. Pour être pleinement efficace, cette approche doit s’appuyer sur des mécanismes favorisant une vision à long terme, tant dans la gestion des infrastructures existantes que dans la planification des projets à venir. Un regard indépendant contribuerait à éclairer la prise de décision, à favoriser l’adoption de meilleures pratiques et à renforcer la transparence envers la population. Les infrastructures publiques sont le reflet des choix que nous faisons collectivement. Elles témoignent non seulement de nos priorités d’aujourd’hui, mais aussi de notre capacité à préparer l’avenir. Les gouvernements ont, à cet égard, une responsabilité déterminante. Ils doivent créer les conditions nécessaires à une planification durable et maintenir le cap au-delà des cycles budgétaires et électoraux. Je suis convaincue que le Québec possède l’expertise nécessaire pour relever ce défi. La question n’est plus de savoir si nous devons agir, mais comment nous assurer que les décisions prises aujourd’hui permettront aux générations futures d’hériter d’infrastructures sécuritaires, résilientes et durables.

FOCUS L’IA comme levier pour des infrastructures durables et résilientes

P. 28

Intégrer l’action climatique dans la gouvernance des projets

P. 50

Une innovation qui repousse les limites de l’imagerie cérébrale

P. 54

Elisabeth Owona, ing. : quand les simulateurs de vol préparent le réel

P. 86

Voir au-delà du financement n’est pas un luxe. C’est une responsabilité.

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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Le sceau et la machine Stéphane Ricoul

À la croisée du monde des affaires et du numérique, Stéphane Ricoul cherche à comprendre comment nos organisations peuvent tirer parti du numérique, sans perdre la boussole humaine, réglementaire et économique, et accompagne les entreprises clientes chez Vooban, leader canadien en intelligence artificielle (IA). Chroniqueur régulier au balado Mon Carnet de Bruno Guglielminetti et à LCN avec Pierre-Olivier Zappa, il est aussi auteur du livre Vos clics Leur cash.

Q 8

uand on lui demande quelque chose, elle répond. Elle suggère une formulation, accélère un calcul, propose une ébauche. C’est la beauté de l’IA. En 2026, son rôle se transforme. L’IA ne se contente plus de répondre à une question à la fois. Maintenant, elle exécute. Ce qu’on appelle un « agent » est en mesure de réaliser un mandat complet et d’enchaîner les étapes tout seul. La question n’est donc plus de savoir si l’outil trouve son utilité dans votre vie professionnelle, mais de déterminer si votre jugement a encore de la valeur quand l’agent a fait le travail et qu’il ne vous reste qu’à signer. L’AGENT ENCADRÉ Concrètement, un agent sélectionne les données, lance la modélisation, rédige le livrable, vérifie ses propres résultats et recommence au besoin, sans qu’on le guide à chaque étape. Surtout, il n’agit pas comme un robot

conversationnel généraliste sans cadre précis. On peut maintenant lui imposer la façon de travailler de l’organisation. Celle-ci a bien souvent ses procédures, ses normes, ses règles internes, ses étapes de vérification obligatoires. Elle est aussi soumise à des réglementations externes, et sa conformité fait bien souvent l’objet d’audits. La représentation structurée d’un domaine s’appelle une « ontologie ». Autrement dit, il ne s’agit plus de laisser l’agent reconstituer le fonctionnement d’un domaine à partir de données dont la fiabilité pourrait varier, mais de lui fournir un cadre explicite, les notions à comprendre, les règles à respecter et les limites à ne pas franchir. SIGNER SANS FAIRE Au Québec, le sceau et la signature ne sont pas une décoration. Ce sont des actes professionnels et juridiques.

Ils attestent qu’une personne compétente a exercé son jugement et qu’elle en assume toute la responsabilité. Le Code de déontologie des ingénieurs est clair sur le devoir de maintien de la compétence et de la protection du public. L’arrivée des agents d’IA ne doit rien y changer. Prenons un cas concret. Un agent d’IA produit les plans d’une structure en exécutant les calculs nécessaires. Tout semble cohérent, bien présenté, prêt à sceller. Mais si l’hypothèse de départ est fausse ou si une requête imprécise est donnée à l’agent, l’erreur sera au bout du compte invisible. Pire, cette erreur pourrait se répercuter dans tous les dossiers suivants qui utilisent les mêmes données et la même requête. La responsabilité ne s’évanouit donc pas ; elle se déplace en amont, au moment de soumettre les données et de faire des requêtes à la machine. Signer, à l’ère des agents d’IA, c’est répondre non seulement du résultat, mais aussi de la logique qui l’a produit. Si on peut déléguer une tâche à un agent d’IA, on ne peut assurément pas lui en confier la responsabilité. L’humain, sa connaissance, son expertise et son sens critique demeurent indispensables en 2026. CONTRER LA COMPLAISANCE L’IA générative, on le sait, a une fâcheuse tendance à la complaisance. Elle cherche à plaire à l’utilisateur plutôt qu’à le contredire ou à lui signaler ses erreurs. Ce travers, les chercheurs le nomment la « sycophancie ». Or, c’est exactement là que l’encadrement par les règles change la donne. Un agent tenu de respecter les procédures,

Signer, à l’ère des agents d’IA, c’est répondre non seulement du résultat, mais aussi de la logique qui l’a produit. Si on peut déléguer une tâche à un agent d’IA, on ne peut assurément pas lui en confier la responsabilité. oiq.qc.ca


RÉFLEXION 9

Photo : iStock

Le sceau n’est pas une formalité. Il atteste qu’une personne compétente a exercé son jugement, a douté aux besoins et accepte de répondre de sa décision, même lorsqu’un agent d’IA a contribué au travail. les normes et les méthodes validées par un secteur donné n’a plus à ménager l’humain : il doit appliquer le cadre qui lui a été imposé, même lorsque celui-ci invalide une hypothèse ou un résultat. Il peut ainsi jouer le rôle d’un bon collègue qui dit : « Non, il faut recommencer. » Un tel agent applique le cadre sans se fatiguer, avec une constance qu’aucun humain ne peut maintenir parfaitement. On peut alors gagner en fiabilité et en rapidité d’exécution, à condition que le cadre ait été défini et validé avec soin. C’est là le véritable travail d’expertise, celui qu’on ne délègue pas. La compétence ne consiste plus seulement à manier l’outil, mais à comprendre les règles qui encadrent son fonctionnement.

LE GESTE QUI PROTÈGE Le sceau n’est pas une formalité. Il atteste qu’une personne compétente a exercé son jugement, a douté aux besoins et accepte de répondre de sa décision, même lorsqu’un agent d’IA a contribué au travail. Tant que c’est l’humain qui définit le cadre, qui tranche et qui refuse, la technologie constitue un gain. C’est précisément ce qui rend les agents d’IA si prometteurs. Dans un domaine aussi

complexe et réglementé que le génie, un agent d’IA à qui l’on a transmis les règles, les méthodes et les contraintes pertinentes devient un outil à forte valeur ajoutée : il fait gagner du temps considérable sur ce qui peut être codifié et laisse à la personne l’essentiel, soit l’exercice du jugement. Mais sa valeur dépendra toujours de la rigueur du cadre qu’on lui aura donné. À nous de bien le lui faire comprendre.

Références 1. OpenAI, « Sycophancy in GPT-4o: What happened and what we’re doing about it », 29 avril 2025. 2. Ordre des ingénieurs du Québec, Code de déontologie des ingénieurs et Guide de pratique professionnelle (sceau, signature et devoir de compétence), gpp.oiq.qc.ca

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INFRASTRUCTURE

Inondations pluviales : un risque collectif, une réponse qui doit l’être également Jean-Luc Martel, ing., Ph. D.

Professeur agrégé et titulaire de la Chaire FRQAdapT sur la gestion résiliente des eaux de ruissellement en milieux urbain et rural à l’École de technologie supérieure (ÉTS), Jean-Luc Martel, ing., détient un baccalauréat en génie de la construction ainsi qu’un doctorat en hydrologie et en changements climatiques de l’ÉTS. Après avoir travaillé comme ingénieur de projet chez Lasalle | NHC, une firme spécialisée en ressources hydriques, il se consacre désormais à faire le pont entre la recherche et la pratique professionnelle.

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A

u cours des dernières années, le Québec a été marqué par une succession d’épisodes de pluie exceptionnelle ayant causé des dommages importants. Prenons l’ouragan Debby, le 9 août 2024, la catastrophe climatique la plus coûteuse de l’histoire du Québec : près de 2,7 G$ en dommages assurés, selon le Bureau d’assurance du Canada. Il devient évident que le risque associé aux pluies extrêmes en lien avec les changements climatiques est en hausse. Comment résoudre ce problème ? LE RISQUE D’abord, qu’entendons-nous par « risque » ? L’équation suivante est une façon efficace d’expliquer ce concept :

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Risque = Aléa × Exposition × Vulnérabilité Autrement dit, le risque auquel nous sommes exposés résulte de l’interaction entre ces trois composants. Examinons-les dans le contexte d’une inondation pluviale. • Aléa : la probabilité d’occurrence d’une pluie extrême. Il se manifeste localement par des accumulations d’eau en surface dans les zones en dépression (cuvettes) ou par des refoulements d’égouts. • Exposition : l’ensemble des éléments susceptibles d’être affectés par l’aléa, tels que les bâtiments et les infrastructures.

• Vulnérabilité : le degré de sensibilité de ces éléments exposés aux effets de l’aléa. On peut réduire le risque en s’attaquant à l’un ou à plusieurs de ces composants. L’ALÉA On peut atténuer l’aléa en limitant l’accumulation d’eau dans les cuvettes. À cette fin, l’implantation d’infrastructures vertes et bleues est une stratégie efficace dans un environnement urbanisé. Ces dernières réduisent l’accumulation d’eau en favorisant les processus hydrologiques naturels, tels que l’évapotranspiration, l’infiltration et la rétention. Dans le contexte d’une cuvette, la méthode à préconiser consiste à agir en amont, en retenant l’eau à la source. Pour ce faire, on peut intervenir sur le domaine privé en maximisant les surfaces perméables, en redirigeant les gouttières vers un jardin de pluie ou en conservant l’eau sur les toits plats à l’aide d’avaloirs à débit contrôlé. Les infrastructures vertes et bleues peuvent aussi être utilisées sur le domaine public, notamment les stationnements perméables, les avancées de trottoirs végétalisées et les parcs résilients. En combinant ces différentes stratégies, il devient possible de réduire de façon importante l’ampleur de l’aléa. L’EXPOSITION Les sous-sols figurent parmi les éléments les plus susceptibles d’être affectés par l’aléa. Puisque la pression causée par l’aléa dans le réseau d’égout s’exerce sous le niveau de la rue, elle peut y engendrer un refoulement. La présence d’une entrée de garage en contre-pente ou d’une cour anglaise constitue également un vecteur d’exposition à l’accumulation


d’eau en surface, qui peut pénétrer directement dans le sous-sol. Une des façons les plus efficaces de réduire le risque est de limiter notre exposition à l’aléa. En présence d’une entrée de garage en contrepente, on peut minimalement ajouter un dos-d’âne ou procéder à une mesure corrective plus importante, comme l’installation d’une porte de garage étanche ou un remblayage complet. Si l’aléa se manifeste par un refoulement d’égout, l’installation d’un simple clapet antiretour constitue un moyen très efficace d’empêcher l’eau de pénétrer dans le sous-sol. Les particuliers peuvent décider d’avoir recours à ces diverses stratégies d’adaptation. Cela dit, les sous-sols demeurent le principal vecteur d’exposition aux inondations de surface et aux refoulements d’égouts. En l’absence de sous-sols, ce problème serait largement atténué. Les municipalités peuvent donc aussi contribuer à cet effort d’adaptation en révisant leur réglementation. Il convient en effet de se demander si les logements habitables au sous-sol devraient encore être permis. La construction de sous-sols dans les zones situées en cuvette pourrait également être interdite. Évidemment, ces mesures peuvent être impopulaires auprès de la population et nécessitent un certain courage politique. LA VULNÉRABILITÉ La réduction du risque peut aussi passer par la réduction de la vulnérabilité des éléments exposés à l’aléa. Si on reprend l’exemple du sous-sol, comme on sait qu’un plancher en bois franc est nettement

plus sensible à l’eau qu’un plancher de béton, on peut réduire sa vulnérabilité en utilisant des matériaux plus résistants ou mieux adaptés. D’ailleurs, Architecture sans frontières Québec a produit une excellente boîte à outils à ce sujet. Bien qu’il soit possible de s’adapter de façon préventive, force est de constater que la plupart d’entre nous n’interviennent qu’une fois les deux pieds dans l’eau. Le principe de base de l’assurance est la reconstruction à l’identique. Dans un contexte d’intensification des pluies extrêmes, ce principe mérite d’être remis en question. Il s’agit donc du moment idéal pour permettre aux consommateurs de choisir d’adopter la démarche « Reconstruire en mieux » (Build Back Better). Lorsqu’un milieu a déjà démontré sa vulnérabilité, le rebâtir à l’identique revient à reconduire ses faiblesses. Une intervention des différents ordres de gouvernement serait

appropriée – au municipal avec des subventions comme RénoPlex, à Montréal, par exemple, ou au provincial avec des programmes comme Rénoclimat, dans lequel 425 M$ ont récemment été investis pour l’adaptation. De telles subventions permettraient de rebâtir les logements de façon plus résiliente et de réduire ainsi le risque pour les personnes qui y vivent actuellement et pour celles qui en deviendront propriétaires.

RÉFLEXION

Dans un contexte d’intensification des pluies extrêmes, le statu quo n’est plus une option.

À QUI LA FAUTE ? Une question revient souvent : à qui la faute ? Plutôt que de chercher des coupables, il faut reconnaître que le risque est partagé et que les solutions doivent l’être aussi. Réduire les effets des inondations pluviales passe par une action coordonnée des particuliers qui adaptent leur bâtiment, des municipalités qui aménagent le territoire et des assureurs et ordres de gouvernements qui créent les bons incitatifs pour reconstruire mieux. Dans un contexte d’intensification des pluies extrêmes, le statu quo n’est plus une option.

Références : Architecture sans frontières Québec (2026). Cohabiter avec l’eau – Guide d’adaptation pour des bâtiments résilients aux inondations, 148 p. Bureau d’assurance du Canada (2025). L’année 2024 bat le record de l’année la plus coûteuse en pertes liées aux conditions météorologiques extrêmes de l’histoire du Canada, soit 8,5 milliards de dollars. Communiqué de presse du Bureau d’assurance du Canada. Bureau d’assurance du Canada (s.d.). « Protégez votre avenir». Consulté le 27 avril 2026, à l’adresse : https://bac-quebec.qc.ca/fr/ consommateurs/protegez-votre-avenir Gouvernement du Québec (s.d.). « Aide financière Rénoclimat pour améliorer la performance énergétique d’une habitation ». Consulté le 27 avril 2026, à l’adresse : https://www.quebec.ca/habitation-territoire/chauffageconsommation-energie/aide-financiere-renovation-ecoenergetique/renoclimat Ville de Montréal (s.d.). « RénoPlex : subventions à la rénovation des immeubles de 1 à 15 logements» . Consulté le 27 avril 2026, à l’adresse : https://montreal. ca/programmes/renoplex-subventions-la-renovation-des-immeubles-de1-5-logements

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■■■ PRATIQUE EXEMPLAIRE

RÉUNIONS DE PROJETS

COMMENT LES RENDRE PLUS EFFICACES ? Est-il possible de transformer des réunions qui tournent en rond en véritables espaces de mobilisation et de prise de décisions ? Oui, en mettant en place ces pratiques éprouvées. Rencontres longues et improductives, sentiment de perdre son temps, mauvais choix de participants, aucun résultat après coup… Autant de plaintes récurrentes à propos des réunions qui semblent se multiplier et rarement donner les résultats espérés. L’ingénieur François Richard, auteur du guide Oui je la veux, propose une méthode concrète pour changer la donne et réellement faire avancer les projets.

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Réduire les blocages Plusieurs éléments concourent au manque d’efficacité des rencontres. « Les attentes sont souvent disproportionnées par rapport au réel pouvoir d’une réunion, et on sous-estime l’importance d’une bonne préparation. Il est pourtant essentiel de cheminer en amont », explique François Richard. Bien faire ses devoirs et préparer le terrain permet en effet de réduire les blocages. Il préconise donc de rencontrer les parties prenantes avant les réunions. En comprenant mieux leurs intérêts et leurs attentes, on sera dès lors en mesure de diminuer les résistances et de construire des alliances. Ultimement, la

réunion formelle ne servira qu’à entériner un consensus déjà bien amorcé. Autres irritants majeurs : les pertes de temps et le fait de convier des intervenants qui, dans le fond, n’ont pas à être présents – une tendance qui s’est d’ailleurs accentuée avec le télétravail, alors que l’on multiplie sans raison valable les invitations à assister à une visioconférence. Selon François Richard, on devrait plutôt s’inspirer par exemple des pratiques ayant cours au sein des OBNL, dont les membres des conseils d’administration ne sont pas rémunérés pour assister à des rencontres. La concision et l’efficacité s’y avèrent donc essentielles pour maintenir leur intérêt et leur désir de poursuivre leur engagement.

Bonnes pratiques Lors de la préparation en amont, il est essentiel de définir les questions centrales qui seront abordées. Idéalement, on se limite à une ou deux, et on n’hésite pas à les rappeler pour garder le cap durant les discussions. François Richard souligne d’ailleurs qu’il est illusoire de croire qu’il sera possible de régler de nombreux points lors d’une

« Les attentes sont souvent disproportionnées par rapport au réel pouvoir d’une réunion, et on sous-estime l’importance d’une bonne préparation. Il est pourtant essentiel de cheminer en amont. »

FRANÇOIS RICHARD, ING., AUTEUR DU GUIDE OUI JE LA VEUX oiq.qc.ca


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■■■ PRATIQUE EXEMPLAIRE

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C’est pendant un voyage en Chine avec sa fille que l’idée centrale de l’ouvrage Oui je la veux a germé dans la tête de François Richard, ing. Constatant que de nombreuses réunions de travail se révélaient inefficaces, il en est venu à la conclusion que pour les réussir, on devrait s’inspirer du mariage, un « concept qui fonctionne depuis des centaines d’années », dit-il.

oiq.qc.ca

Dix ans plus tard, il publie un guide pratique sur la préparation et la réalisation de réunions et de présentations articulé autour de la métaphore du mariage. Comme la cérémonie du mariage, une réunion dont les enjeux sont élevés ne vise pas seulement à informer, mais aussi à obtenir un engagement clair, partagé et durable. Pour que la réunion soit un succès, il faudra effectuer une préparation minutieuse, bien choisir les participants, mettre sur pied une logistique irréprochable et soigner sa présentation. Et après avoir obtenu le « oui », pour que cette union symbolique porte ses fruits et ne se solde pas par un divorce, on devra également s’assurer que la prise de décision est suivie de gestes concrets.

Illustration : iStock

Oui je la veux : un guide pour mener des réunions qui donnent des résultats


Quatre règles pour tenir des réunions efficaces

1

Bien se préparer en amont : clarifier l’objectif, préparer le terrain, choisir les bons participants, peaufiner la logistique.

2

Concevoir le message et le matériel de présentation : miser sur la simplicité, déterminer le message clé, ne pas laisser les supports visuels voler la vedette, répéter avant la présentation.

3

Adopter une attitude professionnelle : travailler sa posture et sa présence, nouer des liens avec l’auditoire au moyen d’anecdotes ou de références communes, gérer efficacement les discussions, garder le cap vers la prise de décision.

4

Faire un suivi après la rencontre : diffuser rapidement le compte rendu, remercier les contributeurs, lancer les actions prévues, maintenir l’engagement et célébrer les succès le cas échéant.

LORSQUE LES PERSONNES PRÉSENTES SONT ISSUES DE DISCIPLINES DIFFÉRENTES, IL PEUT ÊTRE UTILE DE LEUR DONNER LA PAROLE PENDANT QUELQUES MINUTES, CE QUI CONTRIBUERA À BRISER LA GLACE. seule rencontre. Mieux vaut se concentrer sur l’essentiel et marquer des points. Le matériel visuel devrait aussi être utilisé avec modération et discernement, pour éviter de faire des diapositives une béquille électronique. On privilégie les graphiques ou les illustrations claires et, si nécessaire, on leur ajoute un texte de quelques mots pour faire ressortir les messages clés. Rappelez-vous qu’une diapositive épurée aide à soutenir le discours, sans le noyer ni détourner l’attention des participants.

Photo : iStock

Compétences à développer Le succès d’une réunion repose aussi sur l’attitude de celle ou celui qui la dirige. « Il faut faire preuve de bienveillance, de patience, mais aussi de curiosité. On doit garder l’esprit ouvert et rester à l’écoute des différentes opinions afin que chacun ait l’occasion de préciser sa pensée », recommande-t-il. L’écoute active et la reformulation contribuent aussi à favoriser la compréhension mutuelle.

En cas de divergences d’opinions, la meilleure façon de trouver un terrain d’entente est de se mettre dans la peau de l’autre afin de mieux cerner sa position et ses préoccupations. La flexibilité et la capacité de faire des compromis sont indispensables pour favoriser l’émergence d’une entente. Lorsque les personnes présentes sont issues de disciplines différentes, il peut être utile de leur donner la parole pendant quelques minutes, ce qui contribuera à briser la glace. On leur demandera, par exemple, de présenter les défis du projet au regard de leur expertise (juridique, financière, environnementale, etc.). Enfin, même s’il n’a pas été possible de trouver un consensus au terme de la rencontre, François Richard recommande de ne pas en faire une affaire personnelle. C’est le projet qui est en cause, et non les qualités de celle ou celui qui le porte. Par Emmanuelle Gril, journaliste.

POUR ALLER PLUS LOIN

Oui je la veux. Guide de préparation pour une réunion et une présentation efficaces, de François Richard, ing., Les Éphémères, 2025.

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■■■ PRATIQUE EXEMPLAIRE

Encadrement professionnel

AUTOMATISER, C’EST D’ABORD SÉCURISER ! L’automatisation des machines et des procédés au Québec exige de concilier sécurité, performance et fiabilité et nécessite une conception rigoureuse de ses aspects mécaniques, électriques et logiciels. Le cadre de référence suivant repose sur les bonnes pratiques et les responsabilités professionnelles, sans toutefois couvrir l’ensemble des tâches et des livrables.

Analyse des risques

La gestion des risques commence dès les premières étapes du projet. Selon les principes de la section « Gestion des risques » du Guide de pratique professionnelle de l’Ordre des ingénieurs du Québec, les ingénieures et ingénieurs doivent préparer, ou à tout le moins participer à une analyse de risque structurée couvrant la conception, la fabrication, l’installation, la mise en œuvre et l’exploitation. Cette méthode permet de déterminer les risques, d’en mesurer la gravité et la probabilité, puis d’établir et de suivre les mesures d’atténuation. Cette démarche mobilise toutes les disciplines et implique la collaboration des parties prenantes pour assurer une gestion des risques tout au long du projet.

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Cahier des charges

Lors de l’élaboration du mandat, l’ingénieure ou l’ingénieur prépare un cahier des charges définissant l’étendue des travaux, les objectifs, les livrables, les exclusions, l’échéancier et les spécifications techniques. Ce document constitue la base contractuelle et technique du projet et garantit une compréhension commune par tous les intervenants.

Calculs et simulations

Il est recommandé aux ingénieures et aux ingénieurs d’élaborer et de consigner les calculs et simulations, préliminaires et détaillés, requis pour le dimensionnement des équipements et des composants électriques, mécaniques et logiciels. Ces éléments sont présentés de manière claire et structurée, et comprennent le contexte du projet, les hypothèses, les sources de données (relevés, normes, documents techniques) ainsi que les références, formules et résultats obtenus.

Normes et règlements applicables

Certaines normes revêtent une importance particulière pour les activités liées à l’automatisation des machines et des procédés : • CSA Z432 – Protection des machines, ISO 13849 – Sécurité des machines et CEI 62061 – Sécurité des machines • ISO 12100 – Sécurité des machines – Principes généraux de conception – Appréciation du risque et réduction du risque • CSA Z434 – Robots industriels et systèmes robotiques

Sécuriser les machines La sécurité des machines fait l’objet d’une conception particulière, structurée autour de trois volets complémentaires : les mesures de sécurité mécaniques, les dispositifs de sécurité électriques et les fonctions de sécurité logicielles. Ces volets doivent former un ensemble cohérent et découler d’une analyse de risques structurée. Les fonctions de sécurité, qu’elles soient matérielles ou logicielles, sont conçues et mises en œuvre conformément aux exigences relatives au niveau de performance (PL – Performance Level) et au niveau d’intégrité de sécurité (SIL – Safety Integrity Level). Elles font l’objet d’une validation et d’une vérification selon les normes applicables, notamment l’ISO 13849 et la IEC 62061.

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• CSA C22.2 No 286 – Panneaux et ensembles industriels de commande et UL 508A - Panneaux de contrôle industriels • Règlement sur la santé et sécurité du travail (chapitre S-2.1, r. 13) – section XXI (« Machines »)

Conception des plans et devis et de la programmation

L’ingénieure ou l’ingénieur responsable de la conception mécanique ou électrique prépare les plans et devis à partir des calculs


et des simulations. La conception détaillée doit fournir toute l’information nécessaire à la réalisation de l’ouvrage, accompagnée de devis précisant les spécifications techniques et les composants. Les méthodes de réalisation demeurent, dans la mesure du possible, des documents séparés. Parallèlement, la programmation exige l’élaboration d’une description et d’une analyse fonctionnelle du système couvrant le fonctionnement, les logiques de commande, la description des écrans opérateur, la gestion des accès, les avertissements, les alarmes et les procédures. Ce document constitue une référence technique permettant de traduire les exigences fonctionnelles en solutions programmées. Il doit être complété par l’ensemble de l’information technique pertinente, notamment le stock des E/S, les standards de programmation, la structure du code et la séparation formelle des fonctions normales et de sécurité.

Validation de la conception

Les ingénieures et ingénieurs responsables de la conception électrique et mécanique élaborent et consignent un plan de validation. Ce document comprend les tests et essais fonctionnels et de sécurité visant à démontrer que les plans, devis et documents techniques respectent les exigences fonctionnelles, les normes applicables et les principes de sécurité.

Illustrations : iStock

En ce qui concerne la programmation, il est essentiel de préparer et de consigner un plan de validation décrivant les essais requis afin de vérifier les dispositifs et fonctions de sécurité, les programmes, les fonctionnalités, les communications et la configuration des équipements. Les essais prévus aux plans de validation sont réalisés par des ingénieures et des ingénieurs ou par du personnel compétent qui consigne les résultats. Les ingénieures et ingénieurs responsables analysent les écarts, définissent les correctifs, effectuent la vérification finale et rédigent un rapport de validation intégrant l’ensemble de la conception, y compris les parties électrique, mécanique et logicielle. Le document de conformité doit respecter la section XXI (« Machines ») du Règlement sur la santé et sécurité du travail, notamment l’article 175.

Manuel d’instruction et maintenance

Afin d’assurer son utilisation et son entretien sécuritaires, toute machine conçue au Québec

LES PROJETS D’AUTOMATISATION EXIGENT UNE DÉMARCHE STRUCTURÉE ET MULTIDISCIPLINAIRE, GUIDÉE PAR LES NORMES, LES RESPONSABILITÉS PROFESSIONNELLES ET LES BONNES PRATIQUES D’INGÉNIERIE. doit être accompagnée d’un manuel d’instruction qui, en plus de respecter les exigences des codes et des lois en vigueur sur le site d’installation, doit au minimum inclure les informations prévues à l’article 174 de la section XXI (« Machines ») du Règlement sur la santé et la sécurité du travail.

La sécurité d’abord

Les projets d’automatisation exigent une démarche structurée et multidisciplinaire, guidée par les normes, les responsabilités professionnelles et les bonnes pratiques d’ingénierie. À chaque étape, les ingénieures et ingénieurs doivent garantir fiabilité, conformité et performance, en gardant toujours à l’esprit qu’automatiser, c’est d’abord sécuriser. Pour approfondir ses connaissances, il est possible de consulter les profils de compétences en systèmes d’automatisation et en sécurité des machines du Guide de pratique professionnelle de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Nuno Silva, ing., inspecteur à la surveillance de l’exercice.

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■■■ PRATIQUE EXEMPLAIRE

Déontologie professionnelle

SIGNATURE DE COMPLAISANCE : LUI, Y CONNAÎT ÇA ! Rendre service à un ami, oui, bien sûr. Surtout lorsqu’il fait appel à votre statut d’ingénieur. C’est flatteur. Mais attention, votre altruisme ou votre aveuglement peut être un piège. Votre ami connaît ça, l’électricité – ou le bâtiment, les installations septiques, etc. Qu’importe le domaine, il connaît ça. Vous lui faites confiance. C’est une bonne personne, ou en tout cas une bonne relation d’affaires. Mais il n’est pas ingénieur. Ou bien c’est un confrère qui fait l’objet d’une limitation de son droit d’exercice, est à la retraite ou ne pratique tout simplement pas dans le domaine concerné. Mais vous le savez, lui, y connaît ça ! Pour diverses raisons, il vous demande de sceller ou encore de signer un document d’ingénierie (plan, devis, rapport, etc.) qui n’a pas été préparé par vous et dont vous n’avez pas supervisé l’élaboration. Après quelques hésitations (ou pas) et après quelques vérifications (ou pas), vous accédez à sa demande contre une petite rétribution (ou pas).

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Pour ne pas déplaire, pour rendre service ou par appât du gain, vous avez fait une signature de complaisance. Malheur à vous ! Sceller ou signer un document d’ingénierie dans de telles circonstances est contraire à vos obligations déontologiques et engage votre responsabilité professionnelle. L’authentification et la signature de complaisance sont évidemment des fléaux, souvent sanctionnés au fil des ans par le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec (CDOIQ). Ce ne sont pas de simples écarts administratifs. Encore récemment, le CDOIQ réitérait sa réprobation relativement à une telle pratique1 : « [22] […] La signature d’un ingénieur est un gage de fiabilité et de crédibilité. Il en est de même lorsqu’il scelle des plans d’ingénierie. C’est ce gage de fiabilité qui fonde la confiance du public, le public étant notamment un entrepreneur, une autorité municipale ou des pairs. En signant et en scellant ces plans qu’elle [NDLR : la personne ingénieure en faute] n’a pas elle-même préparés ou qui n’ont pas été préparés sous sa direction et

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sa surveillance immédiates, l’intimée induit le public en erreur. [23] Les infractions commises par l’intimée sont graves, se situent au cœur de l’exercice de la profession, mettent en péril la protection du public et minent sa confiance envers les membres de la profession. » De telles signatures peuvent non seulement entraîner des sanctions disciplinaires, mais aussi avoir des conséquences graves et coûteuses : défaillances techniques, atteintes à la sécurité des personnes, dommages matériels importants, etc. En cas de dommages causés aux biens ou aux personnes, la responsabilité professionnelle de la ou du signataire est engagée. La « compétence » d’une amie ou d’un confrère, pas plus que les arguments « je voulais rendre service », ou « je l’ai fait gratuitement », ne peut pas servir d’excuse ou de moyen de défense. Bref, si on vous demande de sceller ou encore de signer un document d’ingénierie pour aider un ami, pensez-y bien! Car la confiance que vous avez envers cette personne procure un faux sentiment de sécurité et ne remplace pas l’analyse que requiert tout travail d’ingénierie. Dans un tel contexte, la complaisance constitue une faute déontologique puisqu’elle touche aux fondements de l’exercice de la profession : la protection du public et sa confiance envers les membres de la profession. Il vaudra toujours mieux froisser un ami ou une consœur plutôt que de compromettre votre intégrité, votre objectivité et votre crédibilité, voire la santé, la sécurité ou les biens d’autrui.

Me Martine Gervais, avocate, cheffe d’équipe de la gestion des demandes d’enquête et conseillère juridique, et Philippe-André Ménard, ing., syndic adjoint.

1. Ingénieurs (Ordre professionnel des) c. Gaussiran, 2025 QCCDING 15 (CanLII)


■■■ PRATIQUE EXEMPLAIRE

Législation et jurisprudence

CADENASSAGE : UN DÉFI D’INGÉNIERIE ET DE SÉCURITÉ Le cadenassage est bien implanté dans les milieux industriels. Toutefois, certaines étapes en amont, comme l’identification des sources d’énergie, l’analyse des risques et la conception de méthodes de remplacement, soulèvent des problèmes techniques qui relèvent du génie. Comment déterminer ce qui nécessite l’intervention d’une ou d’un membre de l’Ordre ? Un cadre réglementaire bien établi

L’article 196 du Règlement sur la santé et la sécurité au travail (RSST) indique que le cadenassage ou, à défaut, toute autre méthode qui assure une sécurité équivalente, doit être appliqué conformément aux normes indiquées avant d’entreprendre tout travail dans la zone dangereuse d’une machine. La responsabilité de mettre en place les procédures de contrôle des énergies revient à l’employeur ou au maître d’œuvre sur les chantiers de construction. C’est en effet lui qui doit s’assurer qu’une ou plusieurs procédures décrivant la méthode de contrôle des énergies sont élaborées, accessibles, appliquées et maintenues à jour.

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Le contrôle des énergies et les ingénieurs

Assurer le contrôle des énergies est une tâche complexe, qui implique à la fois des composants organisationnels et techniques importants. D’un point de vue organisationnel, l’objectif est de s’assurer que les procédures et le matériel sont accessibles, que le personnel est formé, qu’un processus d’audit est en place.

Les statistiques de la CNESST sont éloquentes Le dégagement d’une énergie dangereuse lors d’une intervention sur une machine industrielle cause 1000 accidents et 4 décès par année au Québec. Les dangers liés à l’exposition aux zones dangereuses d’une machine font partie des 10 cibles de tolérance zéro établies par la CNESST. oiq.qc.ca

Mais ces composants organisationnels doivent reposer sur une base technique solide. La conception des machines, l’analyse des risques, l’identification des sources d’énergie, le choix des dispositifs d’isolement, la préparation des méthodes de remplacement si nécessaire : tous ces éléments requièrent une connaissance approfondie des équipements, des principes d’ingénierie et des normes en matière de sécurité des machines. Les ingénieures et les ingénieurs doivent être parties prenantes de ces activités.

Activités réservées ?

Les équipements industriels font partie des ouvrages d’ingénierie définis dans la Loi sur les ingénieurs. Les activités qui s’y rapportent peuvent donc être réservées aux ingénieures et aux ingénieurs. Regardons ça de plus près. La sécurité des machines doit être intégrée dès la conception d’un ouvrage. La contribution d’une ingénieure ou d’un ingénieur est ici nécessaire. Des points d’isolement accessibles et conçus pour être facilement cadenassés simplifient les interventions et favorisent le respect des procédures. À l’inverse, un cadenassage complexe ou difficile à appliquer augmente le risque que certaines étapes soient contournées ou ignorées. De la conception découlera la préparation d’un manuel d’entretien, qui est réservée aux ingénieures et aux ingénieurs selon la Loi. Ce document regroupe l’ensemble des exigences liées au maintien et à la conformité d’un ouvrage, y compris les informations cri-


tiques pour l’entretien, notamment en ce qui concerne le contrôle des sources d’énergie. Son objectif est d’assurer un entretien sécuritaire, conforme à la conception et à la réglementation, notamment en matière de santé et de sécurité. Ce manuel guide également les décisions relatives au cadenassage. Enfin, l’article 198 du RSST exige que le choix de toute méthode de contrôle des énergies autre que le cadenassage soit justifié par une analyse approfondie garantissant une sécurité équivalente. Cette justification doit se baser sur une analyse rigoureuse des caractéristiques de la machine, des risques pour la sécurité, des mesures de prévention applicables ainsi que des risques résiduels. L’équipe qui réalisera cette analyse devra inclure une ingénieure ou un ingénieur des domaines de génie pertinents. En effet, la réalisation de cette analyse exige non seulement une compréhension du fonctionnement de la machine, mais également la capacité à anticiper le comportement de cette dernière dans ses différents modes opératoires.

Procédures et application : une responsabilité opérationnelle

Une fois la structure bien définie, il faut rédiger les procédures (ou les fiches) de cadenassage. Ces dernières,, propres à chaque équipement, détaillent les étapes nécessaires pour isoler les sources d’énergie et remettre l’équipement en service. Est-ce que cette activité est réservée aux membres de l’Ordre ? Partant de l’hypothèse que toute l’information nécessaire au cadenassage se trouve dans le manuel d’entretien, la réponse est non. L’application de ces procédures (poser les cadenas, vérifier l’absence d’énergie, suivre les étapes, faire le test de démarrage) relève de l’exploitation ou de la maintenance. Le respect des procédures s’appuie sur les éléments organisationnels mentionnés plus haut : formation, accès au matériel, gestion des soustraitants et mécanismes d’audit. Ces éléments sont essentiels. Sans eux, même les meilleures procédures risquent de ne pas être appliquées adéquatement.

Illustrations : iStock

Garder le programme vivant

Dans le domaine industriel, la seule constante est le changement. Un programme de cadenassage peut être adéquat au départ, mais s’il n’évolue pas au rythme des changements, il deviendra rapidement désuet. Nouvel équipement, nouveaux processus, nouveaux employés… nouveaux

LA RESPONSABILITÉ DE METTRE EN PLACE LES PROCÉDURES DE CONTRÔLE DES ÉNERGIES REVIENT À L’EMPLOYEUR OU AU MAÎTRE D’ŒUVRE SUR LES CHANTIERS DE CONSTRUCTION. risques ! Le programme de cadenassage doit faire partie des éléments à vérifier dans le processus de gestion des changements.

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Tracer la ligne : une question de jugement

Ce domaine de pratique illustre bien la nécessité de distinguer l’exécution de la conception. • L’application des procédures relève généralement de l’exploitation ou de la maintenance. • L’identification des sources d’énergie, l’analyse des risques, la conception de méthodes de remplacement et l’élaboration de contenus techniques, comme le manuel d’entretien, relèvent quant à elles du génie. Reconnaître cette distinction est essentiel, tant pour assurer la sécurité des travailleurs que pour prévenir la pratique illégale du génie. Marie-Julie Gravel, ing., conseillère à la surveillance de la pratique illégale et Me Patrick Marcoux, avocat. Références : profils de compétence • gpp.oiq.qc.ca/Profil_-_Equipements_et_machines_industriels_et_transport.htm • gpp.oiq.qc.ca/Profil_-_Securite_des_machines.htm

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■■■ PRATIQUE EXEMPLAIRE

Assurance responsabilité professionnelle

SURVEILLANCE DES TRAVAUX ET RESPONSABILITÉ DES INGÉNIEURS : DE LA VISITE DE CHANTIER À L’ATTESTATION DE CONFORMITÉ Clarté du mandat, rigueur documentaire et indépendance professionnelle au service de la protection du public, chaque jour. À 6 h 12, le téléphone de Nadia vibre avant même que le café soit prêt. « On a une coulée aujourd’hui. Béton à 7 h 30. Tu peux passer ? » Nadia, ingénieure en génie civil, connaissait ce ton pressé : le chantier avance, mais la conformité n’arrive jamais par hasard.

Sécurité : voir, consigner, agir À 7 h 05, Nadia arrive sur le site et repère aussitôt une clôture de sécurité déplacée près d’une excavation. Le sol détrempé avait glissé ; deux travailleurs sont trop près. Elle avise immédiatement le responsable des travaux, prend des photos et consigne ses observations (heure, emplacement, etc.). L’entrepreneur corrige immédiatement la situation.

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Attester : une connaissance suffisante, pas l’omniscience

Quand le béton arrive, Nadia vérifie ses points critiques. Elle ne peut pas « tout voir » ; elle planifie donc une surveillance proportionnée aux risques : moments clés, éléments cachés, essais, points d’arrêt et suivi des correctifs. Toute attestation de conformité doit refléter une connaissance suffisante : ce qu’elle a réellement observé et inspecté, les documents et résultats d’essais consultés et les nonconformités corrigées. La portée (ce qui est couvert et les limites) doit être explicite pour protéger le public et éviter qu’on lui attribue la conformité de l’ensemble des travaux.

Mandat et interfaces : clarifier avant de surveiller

Au moment de régler les derniers détails du mandat, Nadia rappelle au client que « surveillance » peut vouloir dire mille choses. Elle propose donc un mandat écrit : étapes

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critiques, visites ponctuelles, rapports après chaque présence, suivi des non-conformités, participation aux réunions et revue ciblée des dessins d’atelier. Elle précise aussi les exclusions (moyens et méthodes, contrôle de la qualité interne, présence permanente) et les interfaces : qui répond aux demandes d’information, qui approuve une modification, qui accepte une correction. Un mandat flou peut augmenter les malentendus et les réclamations ; un mandat clair permet plutôt le contraire.

Règles, documents et sceau : écrire pour éviter les dérives

Sur le chemin du retour, Nadia pensa au projet de loi no 76 (2024) et à la tendance qu’il confirme : davantage de traçabilité et d’attestations de conformité. Dans ce contexte, elle gérait les documents comme des preuves. Quand on lui demande de vérifier des dessins d’atelier préparés par d’autres, elle exige que leur usage prévu y soit précisé (pour construction, pour information, etc.), afin de pouvoir s’assurer qu’ils ont été produits pour le bon usage. Elle s’assure également que les dessins sont correctement authentifiés, lorsque requis, en conformité avec le Code de déontologie des ingénieurs.

Dossiers, photos et « plan final » : la preuve ne se délègue pas

En fin de journée, Nadia rédige un rapport de visite factuel (zones observées, nonconformités, décisions, suivis). On lui dit souvent : « Tout est sur la plateforme de l’entrepreneur. » Elle sait que l’accès peut disparaître ; elle conserve donc ses propres copies (essais, demandes d’information, réponses, dessins approuvés). Le lendemain, on lui envoie des photos de travaux réalisés en lui demandant


EN CAS DE RÉCLAMATION, LE MANDAT, SES LIMITES ET DES TRACES COMPLÈTES ÉVITENT UNE INTERPRÉTATION DÉFAVORABLE DES RESPONSABILITÉS. une attestation de leur conformité : elle refuse d’attester sur images seules, faute de connaissance suffisante. Et quand le client demande un « plan final », elle clarifie la portée (éléments inclus, exclus, authentification) et ses limites : un livrable non défini est source de litiges.

Indépendance, normes et changements : tenir bon

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Un vendredi, l’entrepreneur tente un « Si tu écris que c’est acceptable, on évite une semaine de retard ». Nadia pense aux conflits d’intérêts réels, apparents ou potentiels et à l’indépendance de jugement. Elle répond sobrement. En cas de déficience, elle exige une proposition conforme ; elle évalue, demande des justifications et des essais, et refuse une solution inadéquate, sans approuver les moyens et méthodes de construction. Une autre fois, on lui brandit une norme : « On peut faire autrement. » Nadia demande le contexte et les effets sur la conception ; elle reste responsable de ses avis et n’approuve pas du non conforme. Si un changement se justifie, elle implique l’ingénieur concepteur, respecte l’obligation d’aviser un confrère, puis documente la décision (raison, approbation, impacts, conditions). Le risque, c’est aussi le changement non documenté.

En surveillance des travaux, la responsabilité professionnelle s’exerce tout au long du projet. Quelques semaines plus tard, Nadia ferme le dossier en relisant rapports, décisions et preuves. L’attestation de conformité n’est pas une formalité : elle résulte d’un mandat clair, d’une surveillance alignée sur les risques et d’une documentation robuste. Elle repense au texto de 6 h 12 : oui, elle peut passer, mais pour exercer un rôle défini, indépendant, traçable. Pour protéger le public, préciser la portée de ce qu’elle atteste et respecter ses obligations professionnelles, même sous pression, est un impératif. En cas de réclamation, le mandat, ses limites et des traces complètes évitent une interprétation défavorable des responsabilités. Une fois le chantier terminé, seule la preuve demeure. Une démarche rigoureuse et éthique renforce la confiance dans le secteur. Documenter avec soin n’est pas qu’une obligation : c’est un gage de sérieux, pour toutes les parties. Anticiper, clarifier et consigner restent parmi les meilleurs réflexes pour protéger le public et soutenir une collaboration durable. Direction de la surveillance et de l’inspection professionnelle.

LIENS UTILES

Guide de pratique professionnelle – section Surveillance des travaux bit.ly/GPP_ Surveillance_travaux Formation virtuelle de l’Ordre : Surveillance des travaux : du mandat jusqu’à l’attestation de conformité bit.ly/Surveillance destravaux

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Avis de limitation du droit d’exercice

Avis de limitation du droit d’exercice

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu une décision, le 20 mars 2026, relative au droit d’exercice de Patrice Doray, ing. (membre no 97456), dont le domicile professionnel est situé à Mirabel, province de Québec, à savoir :

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu une décision, le 20 mars 2026, relative au droit d’exercice de Pierre Garneau, ing. (membre no 117180), dont le domicile professionnel est situé à Montréal, province de Québec, à savoir :

Protection incendie

Protection incendie

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Patrice Doray, ing. (membre no 97456), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au domaine de la protection incendie.

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Pierre Garneau, ing. (membre no 117180), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au domaine de la protection incendie.

Toutefois, Patrice Doray, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’un.e ingénieur.e qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Toutefois, Pierre Garneau, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’un.e ingénieur.e qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Cette limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 20 mars 2026.

Cette limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 20 mars 2026.

Montréal, ce 20 avril 2026

Montréal, ce 20 avril 2026

Me Élie Sawaya, avocat

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des affaires juridiques

Secrétaire de l’Ordre et directeur des affaires juridiques

Avis de limitation du droit d’exercice Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu une décision, le 20 mars 2026, relative au droit d’exercice de Mathieu Deschênes, ing. (membre no 5024318), dont le domicile professionnel est situé à Jonquière, province de Québec, à savoir : Assainissement autonome des eaux usées « DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Mathieu Deschênes, ing. (membre no 5024318), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle se rapportant au domaine de l’assainissement autonome des eaux usées. Cette limitation comprend et porte également sur toute activité prévue dans le cadre de l’application du Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (RLRQ c. Q-2, r 22) ou en vertu de l’article 22, par. 3 de la Loi sur la qualité de l’environnement (RLRQ, c.Q-2). Toutefois, Mathieu Deschênes, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’un.e ingénieur.e qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. » Cette limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 20 mars 2026. Montréal, ce 20 avril 2026 Me Élie Sawaya, avocat Secrétaire de l’Ordre et directeur des affaires juridiques

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Avis de limitation du droit d’exercice

Avis de limitation du droit d’exercice

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu une décision, le 20 mars 2026, relative au droit d’exercice de Pascal Lamy, ing. (membre no 137460), dont le domicile professionnel est situé à Repentigny, province de Québec, à savoir :

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu une décision, le 23 avril 2026, relative au droit d’exercice de Nayef El-Tabbah, ing. (membre no 103267), dont le domicile professionnel est situé à Joliette, province de Québec, à savoir :

Équipements de levage (ascenseurs et monte-charges)

Génie municipal et routier

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Pascal Lamy, ing. (membre no 137460), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au sous-domaine des ascenseurs et montecharges du domaine des équipements de levage.

« DE LIMITER le droit d’exercice de Nayef El-Tabbah, ing. (membre n° 103267), jusqu’à ce qu’il ait satisfait à des mesures de perfectionnement, en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au domaine du génie municipal et routier.

Toutefois, Pascal Lamy, ing., pourra exercer dans ce sous-domaine sous la supervision d’un.e ingénieur.e qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Toutefois, Nayef El-Tabbah, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’un.e ingénieur.e qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Cette limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 20 mars 2026.

Cette limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 4 mai 2026.

Montréal, ce 20 avril 2026

Montréal, ce 4 juin 2026

Me Élie Sawaya, avocat

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des affaires juridiques

Secrétaire de l’Ordre et directeur des affaires juridiques

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Avis de limitation du droit d’exercice Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu une décision le 20 mars 2026, relative au droit d’exercice de Simon Gagnon, ing. (membre no 5061867), dont le domicile professionnel est situé à Chicoutimi, province de Québec, à savoir : Assainissement autonome des eaux usées « DE LIMITER le droit d’exercice de Simon Gagnon, ing. (membre n° 5061867), jusqu’à ce qu’il ait satisfait à des mesures de perfectionnement, en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au domaine de l’assainissement autonome des eaux usées. Cette limitation comprend et porte également sur toute activité prévue au Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (RLRQ c. Q-2, r 22). Toutefois, Simon Gagnon, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’un.e ingénieur.e qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. » Cette limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 8 avril 2026. Montréal, ce 8 mai 2026 Me Élie Sawaya, avocat Secrétaire de l’Ordre et directeur des affaires juridiques

Automne 2026


Avis de radiation

Avis de radiation

Avis est donné par la présente que, le 16 avril 2026, en vertu du second paragraphe de l’article 85.3 du Code des professions (RLRQ, c. C-26), l’Ordre des ingénieurs du Québec a radié du tableau de l’Ordre le membre dont le nom apparaît ci-après pour avoir fait défaut d’adhérer au régime collectif d’assurance complémentaire de la responsabilité professionnelle dans les délais fixés, conformément au Règlement sur l’assurance de la responsabilité professionnelle des ingénieurs :

Conformément aux articles 156 et 180 du Code des professions (RLRQ, c. C-26), avis est donné par la présente que, le 8 décembre 2025, le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec a déclaré Fang Hu, dont le domicile professionnel est situé à Salaberry-de-Valleyfield, province de Québec, coupable des infractions suivantes :

Nom

Prénom

Domicile professionnel

Topuzi

Dritan

Toronto, Ontario

Le présent avis est donné en conformité à l’article 182.9 du Code des professions. Montréal, ce 21 avril 2026 Me Élie Sawaya, avocat Secrétaire de l’Ordre et directeur des affaires juridiques

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Avis de radiation Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ, c. C-26), avis est donné par la présente que l’Ordre des ingénieurs du Québec a prononcé la radiation des membres dont le nom apparaît ci-après pour avoir fait défaut de se conformer aux obligations de la formation continue obligatoire, conformément au Règlement sur la formation continue obligatoire des ingénieurs.

À Repentigny, soit le ou vers le 23 novembre 2018, le ou vers le 24 octobre 2019 et le ou vers le 3 décembre 2020, dans le cadre d’un mandat d’expertise concernant un bâtiment à Pierreville, en produisant un rapport d’expertise comprenant des avis qui étaient incomplets, contradictoires, ambigus ou qui n’étaient pas suffisamment explicites, et en ne se basant pas sur des connaissances suffisantes et d’honnêtes convictions, l’ingénieur Hu a manqué à ses obligations professionnelles, contrevenant ainsi à l’article 2.04 du Code de déontologie des ingénieurs. Le Conseil de discipline a imposé à Fang Hu, au regard de ces infractions, trois périodes de radiation temporaire d’un (1) mois, assorties d’amendes totalisant 5000 $, exécutoires au moment du prononcé du jugement du Tribunal des professions. En conséquence, Fang Hu est radié du tableau de l’Ordre pour un (1) mois, à compter du 7 mai 2026, et ce, jusqu’au 7 juin 2026 inclusivement. Montréal, ce 12 mai 2026 Josée Le Tarte Secrétaire du Conseil de discipline

Cette décision est en vigueur depuis le 11 mai 2026. Nom

Prénom

Domicile professionnel

AVIS DE DÉCÈS SAC@OIQ.QC.CA

Hadid

Marc Mourad

L’Assomption

Du 3 mars au 25 mai 2026 L’Ordre des ingénieurs du Québec offre ses sincères condoléances aux familles et aux proches des personnes suivantes, décédées récemment :

Siddiqui Stéphane Saint-Constant * Lorsque le nom d’une personne est suivi d’un astérisque, cela signifie qu’elle s’est réinscrite depuis la radiation et est maintenant membre en règle de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Vincent Arcobelli, Beaconsfield

Veuillez communiquer avec le Service à la clientèle (514 845-6141 ou 1 800 461-6141, option 1, ou par courriel à sac@oiq.qc.ca) afin de vérifier si les personnes ont régularisé leur situation depuis le 11 mai 2026.

Pierre Boudreault, Boisbriand

Montréal, ce 11 mai 2026 Me Élie Sawaya, avocat Secrétaire de l’Ordre et directeur des affaires juridiques

oiq.qc.ca

Francklin Ash, Jonquière Gaston Beaulieu, Montréal Jean Brousseau, Pierrefonds Pierre Desmarteau, Magog Nabil Habib Elias, Saint-Laurent Robert Filion, Québec Jean Fortin, Brossard Charles Serge Guertin, La Visitation-de-l’Île-Dupas Lionel Karl Hinds, Stittsville


Avis de radiation Conformément aux articles 156 et 180 du Code des professions (RLRQ c. C-26), avis est donné par la présente que, le 25 mars 2026, le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec a déclaré Christian Caron, dont le domicile professionnel est situé à Gatineau, province de Québec, coupable de l’infraction suivante : À Ottawa, en mai 2024, l’ingénieur Christian Caron, alors responsable des relations avec le Centre de services scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSSPO) pour son employeur Séguin Morris, en cédant aux pressions de son superviseur et en remettant à son client des factures de fournisseurs dont il avait majoré les prix, a fait défaut de sauvegarder en tout temps son indépendance professionnelle, s’est prêté à des procédés malhonnêtes ou douteux et a manqué à son obligation d’exercer ses activités professionnelles avec intégrité, contrevenant ainsi à l’article 3.02.08 du Code de déontologie des ingénieurs. Le Conseil de discipline a imposé à Christian Caron, au regard de cette infraction, une radiation temporaire de trois (3) mois, assortie d’une amende de 3000 $, à être purgée à l’expiration des délais d’appel. En conséquence, Christian Caron est radié du tableau de l’Ordre pour trois (3) mois à compter du 27 avril 2026, et ce, jusqu’au 27 juillet 2026 inclusivement. Montréal, ce 27 avril 2026 Josée Le Tarte Secrétaire du Conseil de discipline

EXAMEN PROFESSIONNEL AVIS À TOUTES LES CANDIDATES ET À TOUS LES CANDIDATS À LA PROFESSION D’INGÉNIEURE ET D’INGÉNIEUR, AINSI QU’AUX PERSONNES DÉTENTRICES D’UN PERMIS RESTRICTIF TEMPORAIRE.

Conformément au Règlement sur les autres conditions et modalités de délivrance des permis de l’Ordre des ingénieurs du Québec, voici les renseignements concernant les prochaines séances d’examen :

Date des prochaines séances d’examen Date de la séance

Lieu

Période d’inscription

17 oct. 2026

Sherbrooke

Du 19 juillet au 17 sept. 2026

14 nov. 2026

Rimouski

Du 16 août au 15 oct. 2026

21 nov. 2026

Montréal

Du 23 août au 22 oct. 2026

Pour vous inscrire à une séance, vous devez au préalable terminer votre formation théorique. Une fois que la séance est terminée, vous recevrez un courriel contenant le lien pour vous inscrire sur la plateforme. Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site de l’Ordre des ingénieurs du Québec au oiq.qc.ca ou communiquer avec l’équipe de l’examen professionnel par courriel au examenprofessionnel@oiq.qc.ca.

Michael Howard Williams, Saint-Lazare-de-Vaudreuil Pierre Hyacinthe Lemieux, Laval Issam Kfoury, Pointe-Claire Denis Lavoie, Alma Daniel Leblond, Havre-Saint-Pierre Tito Lim, Boisbriand Pierre Maillette, Québec

En conformité avec la Loi sur la langue commune et officielle du Québec, le français, cet examen est administré en français. Toutefois, les candidates et candidats qui se qualifient pour un permis temporaire selon l’article 37 de la Charte de la langue française peuvent obtenir une copie bilingue du questionnaire. Certaines dates pourraient être sujettes à des modifications. Consultez la plateforme d’inscription pour obtenir les informations les plus récentes.

Jorge Manuel Alberto Martinez Castillo, Pincourt Bernard Parent, Longueuil Jean Perreault, Mont-Saint-Grégoire Eric Plourde, Sherbrooke Eric Robitaille, Rimouski Michel Têtu, Québec Jean-Guy Tremblay, Laval

Automne 2026

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■■■ ACCOMPLIR

COLLOQUE 2026

L’IA COMME LEVIER POUR DES INFRASTRUCTURES DURABLES ET RÉSILIENTES Le récent rapport de l’Ordre des ingénieurs du Québec sur la crise des infrastructures fait état d’une réalité préoccupante. L’intelligence artificielle (IA) pourrait toutefois se révéler une alliée pour relever les énormes défis dans ce domaine. 28

L’intégration responsable de l’IA représente une occasion unique pour moderniser les infrastructures québécoises et renforcer leur résilience à long terme.

Un outil stratégique En permettant de passer d’une gestion réactive à une gestion prédictive et proactive des infrastructures, l’IA change résolument la donne. Dans le secteur routier, par exemple, elle peut analyser les données d’inspection, les conditions climatiques et la dégradation des chaussées afin d’anticiper les interventions avant que les défaillances critiques n’apparaissent. En ce qui concerne les réseaux d’eau municipaux, elle aide à détecter des fuites, à prioriser le remplacement des conduites et à assurer la gestion des risques de rupture.

Du côté des bâtiments publics et des infrastructures critiques, les systèmes intelligents améliorent également la surveillance des actifs et réduisent les risques de panne affectant les services essentiels. « Une telle évolution transforme aussi le rôle des ingénieures et des ingénieurs.. Celles-ci et ceux-ci doivent désormais développer des compétences en gouvernance des données, en analyse prédictive et en outils numériques, tout en conservant leur rôle fondamental de validation, de jugement professionnel et de protection du public », souligne Sara Rankohi, ing., professeure adjointe à l’ESG UQAM.

Transformation du cycle de vie L’IA a également une incidence sur l’ensemble du cycle de vie des infrastructures. En conception, elle permet de

« Une telle évolution transforme aussi le rôle des ingénieures et des ingénieurs. Celles-ci et ceux-ci doivent désormais développer des compétences en gouvernance des données, en analyse prédictive et en outils numériques, tout en conservant leur rôle fondamental de validation, de jugement professionnel et de protection du public.»

SARA RANKOHI, ING., PROFESSEURE ADJOINTE À L’ESG UQAM oiq.qc.ca


Photo : Ordre des ingénieurs du Québec

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Cinq clés pour atténuer la pression sur les infrastructures grâce à l’IA 1 L’IA peut soutenir la maintenance prédictive en

détectant les infrastructures à risque avant les défaillances majeures, notamment pour les ponts, routes et réseaux d’eau.

2

L’analyse des données historiques aide à prioriser les investissements publics selon les risques, les coûts et les niveaux de service.

3

Les inspections automatisées par drones, imagerie et capteurs intelligents améliorent la

rapidité et la précision des diagnostics pour les ponts, tunnels, barrages et lignes électriques.

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Les jumeaux numériques permettent de simuler différents scénarios climatiques et opérationnels afin d’améliorer la résilience des infrastructures.

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L’IA facilite l’intégration des critères de durabilité, de carbone et de résilience dans les décisions de gestion et de renouvellement des actifs.

Automne 2026


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Plus de 600 personnes sont attendues au Colloque annuel de l’Ordre des ingénieurs du Québec, qui se tiendra du 9 au 10 novembre 2026 au Palais des congrès de Montréal. La formation « L’IA pour des infrastructures durables et résilientes », proposée par Sara Rankohi, aura lieu le 9 novembre de 9 h 15 à 11 h 45.

Emmanuelle Gril, journaliste.

oiq.qc.ca

Une conférence incontournable L’ingénieure Sara Rankohi, professeure adjointe à l’ESG UQAM, livrera une conférence sur le rôle de l’IA dans le renforcement de la résilience des infrastructures publiques lors du Colloque de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Elle abordera notamment les défis liés au vieillissement des actifs, aux changements climatiques et à la pression croissante exercée sur les infrastructures critiques au Québec. La professeure illustrera également comment les outils d’IA, les jumeaux numériques, les systèmes prédictifs et les technologies de surveillance intelligente peuvent soutenir une gestion plus proactive, durable et résiliente des infrastructures. Une attention particulière sera portée sur l’importance des bases de données historiques dans le développement de modèles prédictifs fiables ainsi que dans l’amélioration des stratégies de gestion des actifs. Il sera aussi question de résilience statique et de dynamique des infrastructures. Enfin, plusieurs exemples récents d’implantation de l’IA en gestion des infrastructures dans différents secteurs (transport, énergie, réseaux d’eau et infrastructures critiques) seront présentés, afin d’illustrer de quelle façon les pratiques internationales les plus récentes en gestion des actifs et en surveillance de l’état des infrastructures pourraient être adaptées au contexte québécois.

Photos : Sokhan sim photographe-vidéaste

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comparer rapidement plusieurs scénarios en fonction des coûts, de la résilience climatique, des émissions de carbone et de la durabilité des actifs. Du côté de la gestion de projets, elle soutient l’analyse des risques, l’optimisation des échéanciers et la planification des interventions. L’IA contribue également à renforcer la résilience des infrastructures en fonction de deux dimensions complémentaires : la résilience statique et la résilience dynamique. La première touche la capacité des infrastructures à résister aux perturbations et à maintenir leurs fonctions essentielles face aux événements extrêmes. La résilience dynamique réfère plutôt à la capacité des systèmes à s’adapter, à apprendre et à réagir en temps réel selon l’évolution des risques et des conditions climatiques. Dans cette perspective, les jumeaux numériques, les drones, les capteurs intelligents et les plateformes de surveillance permettent d’effectuer un suivi en continu de l’état des infrastructures. Ces outils facilitent la maintenance prédictive, la détection rapide des anomalies et l’adaptation des stratégies d’intervention pour les infrastructures critiques du Québec, notamment les réseaux routiers, énergétiques, hydriques et les bâtiments publics. « Bien que très utile, l’IA ne remplace toutefois pas l’ingénieure ou l’ingénieur. Elle agit plutôt comme un outil d’aide à la décision. On doit aussi demeurer attentif aux enjeux liés à la qualité des données, à la transparence des modèles, à la cybersécurité ainsi qu’à la responsabilité professionnelle », prévient Sara Rankohi.


FAITES DE VOTRE DÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL UNE PRIORITÉ

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DES MEMBRES ONT COMPLÉTÉ ET DÉCLARÉ LEURS ACTIVITÉS DE FORMATION CONTINUE POUR LA PÉRIODE EN COURS. ET VOUS? ´ Conférences ´ Coaching ´ Cours

´ Autoapprentissage ´ Supervision de CPI ´ Colloque de l’Ordre*

PLANIFIEZ VOS ACTIVITÉS ET DÉCLAREZ-LES AU FUR ET À MESURE** * Le Colloque de l’Ordre se tiendra les 9 et 10 novembre prochain sous le thème L’IA au cœur de l’ingénierie. ** La fin de la période de référence est le 31 mars 2027.

CHOISISSEZ LES ACTIVITÉS QUI SOUTIENNENT VOS OBJECTIFS ET FONT AVANCER VOTRE PRATIQUE.


■■■ ACCOMPLIR

COLLOQUE 2026

L’IA AU CŒUR DE L’INGÉNIERIE

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En moins de deux ans, l’intelligence artificielle (IA) générative est passée de curiosité technologique à outil de travail. Sur les chantiers, dans les salles de contrôle, au cœur des équipes de conception, elle redessine les façons de modéliser, de décider et de livrer. Pourtant, entre celles et ceux qui l’expérimentent déjà et les autres qui cherchent encore par où commencer, l’écart se creuse. Pour les organisations, l’enjeu est déjà bien réel : leur avantage concurrentiel, tout comme la qualité de leurs ouvrages, dépendra de la capacité de leurs ingénieures et ingénieurs à tirer parti de ces outils. C’est précisément pour répondre à cet enjeu que le Colloque annuel 2026 de l’Ordre consacre deux journées complètes à l’IA appliquée au génie. Plus de 25 activités permettront à chaque personne présente de se construire un programme sur mesure, adapté à son degré de familiarité et à ses objectifs professionnels.

Le Colloque en un coup d’œil • 96 % de satisfaction chez les participantes et participants des éditions précédentes.

• Un programme personnalisable selon différents profils : découverte, équipe, innovation ou réflexion.

• Plus de 25 activités réparties sur deux jours : cours, ateliers, conférences et études de cas.

• Des outils, pistes d’action et idées à transposer directement dans votre pratique et dans vos équipes.

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DÉCOUVREZ CE QUI VOUS ATTEND LES 9 ET 10 NOVEMBRE AU PALAIS DES CONGRÈS DE MONTRÉAL Automne 2026 2024


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NOS DÎNERS-CONFÉRENCES

DEUX REGARDS COMPLÉMENTAIRES SUR UNE MÊME RÉVOLUTION Le Colloque réunit des acteurs de premier plan : Luc Lespérance, maître d’enseignement en IA à HEC Montréal, pour la vision stratégique, ainsi que François Brassard, ing., Michaël Fauchon, ing. et Pierre-Luc Marcil, CPA chez Hydro-Québec, pour la réalité opérationnelle afin d’offrir aux participantes et participants une perspective à 360 o de ce que l’IA change vraiment dans la pratique du génie.

LUNDI 9 NOVEMBRE Se préparer à l’IA : comprendre et exploiter l’IA

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Luc Lespérance, M. SC.

L’IA n’a plus rien d’une promesse floue et lointaine : elle réinvente déjà, à toute vitesse, notre quotidien personnel et professionnel. Mais comment appréhender cette évolution et en tirer pleinement parti au sein de votre organisation ? Lors de ce rendez-vous éclairant, Luc Lespérance, maître d’enseignement en IA à HEC Montréal, posera un regard lucide et stimulant sur les transformations en cours. En s’appuyant sur des exemples

inspirants, il mettra en lumière les applications concrètes de l’IA et analysera ses répercussions sur le monde du travail, plus particulièrement sur les métiers de votre entreprise. Venez participer à une discussion captivante qui vous permettra de mieux comprendre les enjeux, les possibilités et les défis liés à l’intelligence artificielle, tout en réfléchissant à l’avenir de votre organisation dans cet environnement en profonde mutation.

MARDI 10 NOVEMBRE L’IA et la numérisation des actifs : des outils pour rendre le réseau électrique québécois plus performant François Brassard, ing.

Pierre-Luc Marcil, CPA

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Dans un réseau où chaque décision peut avoir de réelles répercussions sur la fiabilité, les coûts et la sécurité, l’IA devient un levier incontournable pour toute entreprise. Hydro-Québec en fait la démonstration en dévoilant comment l’IA, l’analytique avancée et la numérisation des actifs transforment la gestion du réseau électrique québécois. Grâce au programme R3ALIS ainsi qu’à d’autres initiatives, les équipes peuvent désormais suivre l’état des équipements en temps réel, mieux cibler les interventions et optimiser l’utilisation des infrastructures, même en conditions extrêmes.

Portée par François Brassard, ing., viceprésident exécutif et chef de l’exploitation et des infrastructures par intérim, Michaël Fauchon, ing., directeur des solutions d’innovation appliqyée et de l’expertise sectorielle et Pierre-Luc Marcil, CPA, directeur de la recherche et des innovations, cette conférence s’ancre dans une réalité terrain à grande échelle où l’IA ne remplace pas l’humain, mais augmente sa capacité à décider, anticiper et performer. Une plongée concrète dans l’ingénierie de demain, là où les données deviennent un outil de décision.


COURS ET ATELIERS

ALLER PLUS LOIN AVEC L’IA LUNDI 9 NOVEMBRE Bâtir l’avenir avec l’IA : agents intelligents et durabilité dans les projets d’ingénierie complexes Adil Mansouri, M. Sc.

Cette formation de 5 h 30 propose d’aller plus loin avec l’IA agentique, une démarche encore peu explorée dans le milieu du génie. Contrairement aux outils conversationnels, elle permet d’anticiper les risques, d’orchestrer des requêtes complexes et d’intervenir en continu dans des environnements en évolution. Dans un contexte marqué par l’instabilité des chaînes d’approvisionnement, la complexité croissante des projets et les exigences accrues en matière de durabilité, cette formation offre des pistes concrètes pour :

• mieux anticiper les aléas des projets • optimiser les décisions • améliorer la performance environnementale • intégrer des leviers d’action adaptés à chaque discipline En s’appuyant notamment sur des modèles collaboratifs comme BLOXHUB, elle invite les participantes et participants à déterminer des cas d’usage directement applicables à leur pratique. Une occasion exceptionnelle de passer de la compréhension de l’IA à son intégration dans le quotidien des ingénieures et des ingénieurs.

MARDI 10 NOVEMBRE Adopter l’IA générative en contexte opérationnel : modèle d’accompagnement et retour d’expérience d’Hydro-Québec Maxime Tanguay, B.A.

L’IA générative gagne du terrain en ingénierie. Savoir piloter son adoption devient une compétence clé pour tous les membres de la profession voulant rester à l’avant-garde. Comment en structurer le déploiement ? À quel moment impliquer les équipes ? Quels pièges éviter pour ne pas perdre l’adhésion en cours de route ?

Cet atelier, animé par Maxime Tanguay, B.A., conseiller en formation sénior chez HydroQuébec, vous propose un modèle en sept phases testé sur le terrain pour intégrer l’IA dans vos équipes et les mener vers l’autonomie. Vous repartirez avec une boîte à outils pratique qui offre autant de leviers concrets à activer à chaque étape du parcours.

Automne 2026

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CONFÉRENCE DE CLÔTURE MARDI 10 NOVEMBRE L’avenir de l’IA : une question d’ingénierie... humaine Philippe Beaudoin, Ph. D.

Et si le prochain grand chantier d’ingénierie ne se trouvait pas dans le code, mais dans notre capacité à collaborer avec l’IA ? C’est la réflexion que propose Philippe Beaudoin, Ph. D., en conférence de clôture du Colloque. Les grands modèles de langage transforment déjà nos pratiques. Pourtant, leur efficacité dépend moins de leurs paramètres que de la manière dont nous les utilisons. Philippe Beaudoin nous invite à renverser la perspective : investir autant dans nos

compétences conversationnelles avec l’IA que dans le développement des modèles eux-mêmes. Chercheur en intelligence artificielle, affilié à LoiZéro, il est le fondateur de Waverly, cofondateur d’Element AI, et a aussi forgé son expérience chez Google. Il porte une vision claire : une IA véritablement bénéfique passe d’abord par l’humain. Une conférence de clôture qui promet de transformer votre regard sur l’IA et sur votre propre rôle dans son avenir.

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DÉCOUVREZ LA PROGRAMMATION COMPLÈTE ICI oiq.qc.ca


PROGRAMME PERSONNALISABLE

QUATRE PROFILS POUR STRUCTURER VOTRE EXPÉRIENCE Pas besoin d’être experte ou expert en IA pour tirer le meilleur du Colloque. Choisissez simplement le parcours qui vous ressemble parmi les quatre profils proposés, conçus selon différents degrés de connaissance de l’IA et selon divers objectifs professionnels. Que vous découvriez l’IA ou que vous souhaitiez pousser plus loin votre expertise, il y a un parcours pour vous. Profil découverte

Profil émergent

Vous souhaitez comprendre ce que change l’IA dans la pratique du génie ? Les cours, ateliers et conférences de ce parcours vous proposent d’en découvrir l’ABC :

Vous cherchez à découvrir les applications émergentes de l’IA en ingénierie ? Ce parcours explore les usages émergents dans le cadre des ateliers, cours et conférences qui suivent :

• Utilisation éthique et responsable • Aide à la décision • Pertinence professionnelle à l’ère de l’IA • Exploration de ses apports en négociation

• Résilience des infrastructures au climat • Créativité à l’ère de l’IA • Innovation biomédicale • Détection par IA en milieu municipal • Les modèles de langages de l’IA

Profil équipe et ressources humaines Vous gérez des équipes ou des projets et voulez intégrer l’IA concrètement dans votre quotidien ? Ce parcours mise sur les cours, ateliers et conférences qui vous permettent de mieux tenir compte de l’humain dans l’atteinte de vos objectifs : • Facteurs humains • Mobilisation des équipes • Adoption de l’IA générative en contexte opérationnel • Structuration de projets • Stratégies de leadership

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Profil réflexion Vous souhaitez prendre du recul sur l’évolution de l’IA et mieux comprendre les transformations qui s’annoncent ? Ce parcours vous invite à explorer les grandes tendances grâce aux cours, ateliers et conférences qui suivent : • Agents intelligents et durabilité • IA comme partenaire de réflexion • Informatique quantique • Exploitation avancée de l’IA générative • Les agents IA, un nouveau levier de performance

Grille tarifaire

Consultez la programmation pour bâtir votre programme sur mesure lors du Colloque. Tarif

Forfait 1 journée

Forfait 2 jours

À la carte déjeuner-causerie ou dîner-conférence

Membres ou candidates et candidats à la profession

617 $

1080 $

129 $

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COLLOQUE 2026

MERCI À NOS PARTENAIRES GRAND PARTENAIRE PRINCIPAL

GRAND PARTENAIRE COLLABORATEUR

PARTENARIATS DE CONTENU ET DE LEADERSHIP

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PARTENAIRES EXPÉRIENTIELS

PARTENAIRES ENGAGÉS

PARTENAIRE DE VISIBILITÉ

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9 - 10 NOVEMBRE 2026 colloque.oiq.qc.ca

Automne 2026


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GESTION DES ACTIFS

DE LA PROACTIVITÉ DANS LES DÉCISIONS D’INGÉNIERIE

La gestion des actifs (GA) touche le cœur du fonctionnement de toute organisation : fiabilité des équipements, maîtrise des risques, continuité des services et contrôle des coûts. Si elle repose sur une vision d’ensemble, les ingénieures et ingénieurs y jouent un rôle déterminant dans les décisions de tous les jours. Voici quelques principes pour le maintien d’un outil de production optimal. « La GdA est un énorme panier », annonce d’emblée Antoine Tahan, ing., M. Sc., Ph. D., professeur expert en fiabilité et maintenance prédictive à l’École de technologie supérieure (ÉTS). Elle suppose un arbitrage constant, à tous les échelons, entre performance, risques et coûts. « L’exercice se complexifie sous l’effet des changements climatiques et de l’interconnexion croissante des systèmes et des réseaux », explique

« Que ce soit à cause du changement climatique, de l’interconnexion des systèmes et des réseaux, gérer les actifs est de plus en plus complexe. »

JEAN RAYMOND, ING., INGÉNIEUR EN FIABILITÉ, HYDRO-QUÉBEC

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Jean Raymond, ing. M. Sc. A., Ph. D., ingénieur en fiabilité chez Hydro-Québec.

Tout nouveau n’est pas tout beau Les évolutions technologiques offrent aussi, heureusement, des possibilités pour la GdA, à commencer par la multiplication des données et la facilité accrue d’y accéder. « Les données sont le pain et le beurre de la GdA », poursuit Jean Raymond. « En aéronautique, par exemple, les capteurs dont sont truffés les appareils contribuent à la fiabilité puisqu’ils rendent possibles des approches de maintenance préventive et prédictive », illustre Antoine Tahan. Mais ce foisonnement est à double tranchant : « Il faut penser à la qualité autant qu’ à la quantité des données puisque celles-ci doivent permettre de produire de l’information exploitable pour la GdA », souligne Dragan Komljenovic, ing., M. Sc., Ph. D., chercheur en gestion des risques et des actifs chez Hydro-Québec. Il note pourtant, comme ses collègues, qu’ avec un accès toujours plus rapide et moins coûteux aux données, aux modèles et aux technologies qui les traitent, une confiance excessive s’installe. Tous soulèvent le rôle prédominant de l’intelligence artificielle dans cette tendance.

Illustrations : iStock

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GdA 101 : les cinq signes d’une gestion déficiente des actifs En GdA comme ailleurs, il n’y a pas de fumée sans feu. Une bonne gestion des actifs consiste précisément à repérer les premiers signes d’échauffement avant qu’ils ne se transforment en incendie. Parmi les signaux à surveiller :

1

Augmentation des défaillances Une utilisation inadéquate ou une maintenance insuffisante se traduira inévitablement par une hausse des pannes.

2

Hausse des coûts La rentabilité s’effrite en raison de l’augmentation des dépenses d’entretien, de réparation et d’exploitation.

3

Obsolescence des moyens de production Une mise à jour ou un renouvellement des équipements peut s’imposer. C’est souvent là un frein à la compétitivité des entreprises canadiennes.

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4

Perte de repères du personnel L’humain fait aussi partie des actifs.

5

Baisse des performances C’est le signe fédérateur de tous les autres que quelque chose cloche dans la gestion de votre appareil de production. Automne 2026


■■■ ACCOMPLIR « Il faut penser à la qualité autant qu’à la quantité des données, qui doivent permettre de générer des informations utilisables pour la GdA. »

DRAGAN KOMLJENOVIC, ING., CHERCHEUR EN GESTION DES RISQUES ET DES ACTIFS, HYDRO-QUÉBEC « Maintenant que le résultat est accessible plus directement, il est d’autant plus fondamental de cultiver un recul critique, tant sur le résultat lui-même que sur les processus qui permettent d’y aboutir », avertit Dragan Komljenovic. Antoine Tahan plaide également pour un retour aux sources : « La maîtrise des notions fondamentales est essentielle au développement du sens critique. Il faut préserver ces savoirs éprouvés, car finalement, il n’y a pas plus pratique qu’une bonne théorie », rappelle-t-il. « Faire de l’ingénierie, c’est souscrire au principe d’innovation continue, mais faire de la bonne GdA, c’est avoir un œil autant sur le passé que sur l’avenir », résume Dragan Komljenovic.

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Se former, constamment Dans cette accélération, l’éducation est primordiale, d’autant que la GdA reste un parent pauvre des cursus en ingénierie au Canada. « Le seul cours sur la fiabilité à l’ÉTS est optionnel, et la faculté d’ingénierie de McGill n’en offre pas », déplore Antoine Tahan. L’engouement pour le futurisme tend aussi à occulter l’importance de l’existant et à favoriser le court terme : « On forme les ingénieures et les ingénieurs à faire du neuf – pas à gérer des actifs vieillissants. Or, la

« On forme les ingénieures et les ingénieurs à faire du neuf – pas à gérer des actifs vieillissants. Or, la maintenance est une des clés de la GdA. »

BENJAMIN MIQUEL, ING., INGÉNIEUR EN STRUCTURES, HYDRO-QUÉBEC

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maintenance est une des clés de la GdA », note Benjamin Miquel, ing., M. Sc. A., Ph. D., ingénieur en structures chez Hydro-Québec. Autre lacune canadienne : nos ingénieures et ingénieurs sont sous-représentés dans les comités de normalisation en relation avec la GdA. « Il est pourtant essentiel qu’une culture, qu’un écosystème de la gestion des risques (GA) et des actifs se développe et qu’on y participe activement », insiste Jean Raymond. En bref, il faut sortir des sentiers battus, du cadre de sa pratique comme de celui de sa formation universitaire : « Les connaissances à assimiler sont toujours plus nombreuses alors que le baccalauréat comporte toujours 120 crédits », fait valoir Antoine Tahan. L’apprentissage tout au long de la carrière est donc crucial et « la formation continue obligatoire des membres de l’Ordre peut jouer un rôle très important », croit-il.

Communiquer activement sur les actifs La GdA étant par essence multidisciplinaire et le résultat d’une vision collective, la communication y est centrale. « Il faut savoir qui fait quoi, communiquer dans les deux sens pour éviter les angles morts, cultiver une parole et une mémoire collectives afin que les compétences et les connaissances ne partent pas avec les personnes-ressources », explique Benjamin Miquel, ing. Ainsi, « dans chaque projet, la GdR et la GdA devraient être systématiquement documentées. Il faut aussi réussir à synthétiser ces enjeux pour les gestionnaires, faire le pont entre les données techniques et les décisions », complète Dragan Komljenovic. Enfin, puisque se former et veiller au maintien des facteurs de production prennent du temps et des ressources, les ingénieures et les ingénieurs doivent donc prêcher pour qu’on leur donne les moyens nécessaires à ces missions essentielles, conclut-il. Antoine Palangié, journaliste.


LA GDA ÉTANT PAR ESSENCE MULTIDISCIPLINAIRE ET LE RÉSULTAT D’UNE VISION COLLECTIVE, LA COMMUNICATION Y EST CENTRALE.

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PHYTOTECHNOLOGIES URBAINES

LES PLANTES AQUATIQUES AU SECOURS DES VILLES Pour lutter contre les effets dévastateurs des pluies torrentielles qui se multiplient, les ingénieures et ingénieurs ont un outil redoutable dans leur coffre : les plantes. Les infrastructures végétalisées et autres phytotechnologies permettent de ralentir l’écoulement des eaux sans refaire entièrement les réseaux urbains.

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« On ne peut pas faire table rase du passé. On est coincés avec ce qu’on a déjà. »

JEAN-LUC MARTEL, ING., PROFESSEUR AU DÉPARTEMENT DE GÉNIE DE LA CONSTRUCTION À L’ÉCOLE DE TECHNOLOGIE SUPÉRIEURE

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Photos : Ville de Victoriaville

Les égouts du Québec se font vieux. Construits en majorité dans les années 1960 et 1970, ils sont « vieillissants et mal entretenus », constate l’ingénieur Jean-Luc Martel, professeur au Département de génie de la construction à l’École de technologie supérieure. Au travail d’entretien qui s’annonce s’ajoute un défi majeur : la multiplication des épisodes de pluie intense causée par les bouleversements climatiques. Nos infrastructures, construites selon les normes de leur époque, sont loin d’être prêtes à recevoir tous ces litres d’eau. « On les concevait selon des épisodes de pluie intense se produisant tous les 5 à 10 ans. Donc lorsqu’un épisode de pluie d’une intensité jamais vue en 100 ans se produit, l’eau reste en surface », explique le chercheur. Ces gouttes d’eau, incapables de pénétrer dans le sol, suivent le chemin menant au point le plus bas, s’accumulent dans les cuvettes et s’infiltrent dans les sous-sols. Faudrait-il refaire nos infrastructures en partant de zéro ? Augmenter la taille des conduites ? « On ne peut pas faire table rase du passé. On est coincés avec ce qu’on a déjà », rétorque le chercheur, qui ajoute qu’il est plutôt temps de se tourner vers les stratégies d’adaptation. Justement, une option toute simple s’offre à nous : les structures végétalisées.


Dans les rues Bellevue et Madeleine, à Victoriaville, des aménagements de biorétention sont installés pour capter l’eau de pluie et réduire la pression sur le réseau.

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46 Au stationnement Pierre-Laporte, à Victoriaville, des surfaces perméables et des zones végétalisées retiennent et filtrent l’eau de pluie.

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Technologie naturelle Traditionnellement, la gestion des eaux pluviales passe par le développement de bassins de rétention. Mais ces infrastructures sont lourdes, à usage unique, souvent peu attrayantes et supposent un vaste espace disponible. « Dans une ville comme Montréal, la seule option serait de construire des bassins de rétention souterrains. Sauf que ce type de construction est complexe, notamment parce qu’il faut tenir compte des infrastructures existantes, comme le réseau de gaz ou d’électricité, et particulièrement cher », explique le chercheur, convaincu de la pertinence de considérer les infrastructures vertes autant que possible. « Les phytotechnologies sont un ensemble de solutions basées sur la nature qui permettent de maximiser les avantages écosystémiques », explique Olivier Boucher-Carrier, directeur général à la Société québécoise de phytotechnologie. En d’autres termes, ces technologies tirent avantage des caractéristiques des plantes — leur capacité à aider l’eau à pénétrer dans les sols, à modérer les températures urbaines, à filtrer les polluants, à simplement rendre plus joli un coin de rue banal — pour mieux contrôler les effets de la crise climatique. « Les infrastructures végétalisées nous donnent le temps de souffler », ajoute Jean-Luc Martel. Lors des grandes pluies, elles ont pour fonction de ralentir l’écoulement des eaux vers le système d’aqueduc. Ces infrastructures peuvent prendre des formes diverses : parcs éponges, pavés perméables, saillies drainantes végétalisées, jardins de pluie. Lorsqu’elles sont disséminées aux quatre coins d’un secteur fortement urbanisé, elles viennent ajouter des ponctuations de verdure capables « d’aplatir la courbe, comme on le faisait pendant la COVID », illustre l’ingénieur. Ces technologies sont aussi loin d’être naissantes : « La Ville de Portland en installe depuis plus de 25 ans ! »


Victoriaville la verte gère ses eaux pluviales « On a longtemps été considérés comme le berceau du développement durable. C’est dans notre fibre. » C’est ainsi que l’ingénieur Joël Lambert, directeur du Service des infrastructures à la Ville de Victoriaville, explique l’intérêt de la municipalité pour les infrastructures vertes de gestion des eaux de pluie. « On met ce type d’infrastructure en place depuis 15 ans », dit-il avec fierté.

« On a longtemps été considérés comme le berceau du développement durable. C’est dans notre fibre. » JOËL LAMBERT, ING., directeur du Service des infrastructures à la Ville de Victoriaville

augmente la qualité de l’eau qui y est renvoyée », précise l’ingénieur. L’implantation du plan demande une vision stratégique, notamment pour augmenter l’expertise des équipes municipales et celle des firmes de génie-conseil avec lesquelles Joël Lambert est appelé à collaborer. Une démarche citoyenne a aussi été élaborée afin de minimiser la résistance à ce nouveau type d’infrastructure. Cette municipalité n’est pas la seule à travailler à l’amélioration de sa gestion des eaux de pluie. Une réglementation oblige désormais les nouveaux bâtiments institutionnels, industriels et commerciaux à implanter des mesures de gestion des eaux pluviales. « Les promoteurs doivent déposer une demande au service d’ingénierie prouvant que les cinq premiers millimètres d’eau de pluie pourront s’infiltrer dans le sol », explique le directeur. La prochaine étape : évaluer les résultats. « On a inclus des indicateurs dans le plan en 2022, avec l’intention de mesurer les effets cinq ans plus tard. » À suivre.

Illustration : iStock - photo : Ville de Victoriaville

Promenez-vous à Victoriaville et vous verrez les effets de ce désir d’innovation un peu partout. « Au début, on a essayé des approches différentes, on voulait innover », raconte l’ingénieur. Cette période d’expérimentation a mené à une conclusion : il était temps de concevoir une structure claire. C’est ce qui s’est produit avec la rédaction du Plan de mise en place d’infrastructures vertes de gestion des eaux pluviales, paru en 2022. « On a catégorisé les rues selon la superficie disponible. Lorsqu’on a des travaux à faire dans une rue, il suffit d’ouvrir le cahier pour voir à quelle catégorie elle correspond et quelles y sont les options d’infrastructures », explique-t-il.

Avec ce plan, la municipalité a aussi pu dresser une liste des zones prioritaires. Au sommet, le centre de la ville, où une seule conduite combine les eaux sanitaires et les eaux de pluie, constituant ainsi un risque élevé de débordement, ainsi que le parc industriel, en amont de la prise d’eau. « Tout le parc industriel se draine vers la rivière, donc, avec les aménagements de gestion des eaux pluviales, on

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Phytotechnologies à la rescousse Sur des terrains publics • Parcs éponges • Pavés perméables • Cellules de biorétention • Saillies drainantes végétales Sur des propriétés privées • Jardins de pluie • Déconnexion des gouttières • Rétention temporaire sur les toits plats

48 « Il faut passer d’une approche où on tente de prédire et de contrôler vers une gestion adaptative basée sur une approche d’essais-erreurs. »

OLIVIER BOUCHER-CARRIER,

DIRECTEUR GÉNÉRAL À LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE DE PHYTOTECHNOLOGIE

LIEN UTILE

Norme sur la biorétention : https://ccn-scc. ca/normes/ avis-dintention/ csa-group/ conception-dessystemes-debioretention

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Au Québec, le climat froid et une attitude précautionneuse ont modéré l’intérêt pour ces approches vertes. « On partait avec l’idée que ça ne fonctionnerait pas à cause du climat », se désole Jean-Luc Martel. Mais des tests ont confirmé que les technologies sont bien adaptées à notre réalité. Depuis, bien des municipalités tentent de rattraper le retard. La biorétention est d’ailleurs encadrée par la norme canadienne CSA W200 : Conception et construction des systèmes de biorétention et des jardins de pluie. Olivier Boucher-Carrier estime qu’il est temps de laisser l’eau reprendre la place qui lui revient, qu’il appelle « espace de liberté », selon un changement de vision qui tient compte d’une réalité que l’humain tente parfois d’oublier : la nature ne se contrôle pas. Pour y parvenir, il faudra qu’un changement de culture s’opère chez les titulaires du titre d’ingénieur. « Il faut passer d’une approche où on tente de prédire et de contrôler vers une gestion adaptative basée sur une approche d’essais-erreurs », conclut-il. L’eau peut être destructrice et imprévisible — ou nourrissante et époustouflante. Gabrielle Anctil, journaliste.

Photo : iStock, Ville de Montréal

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INGÉNIERIE DURABLE

Pluies diluviennes, vagues de chaleur intense ou de froid polaire, vents violents, tornades… Les changements climatiques sont bien réels et nous affectent déjà considérablement. À ce chapitre, les ingénieurs peuvent faire preuve de leadership en intégrant dès maintenant l’action climatique dans la gouvernance de leurs projets. À l’heure actuelle, hormis certains secteurs en particulier, l’intégration des critères environnementaux à la gouvernance des projets demeure facultative. Les choses évoluent toutefois rapidement. À moyen terme, cette pratique pourrait devenir obligatoire.

Intégrer avec diligence De l’avis de Julie Hardy, associée et directrice du développement durable à CIMA+, ces critères devraient d’ores et déjà être utilisés

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systématiquement pour tous les projets, de la même façon qu’on le fait avec les échéanciers, les coûts ou les performances techniques. Le potentiel et la capacité d’influence des membres de la profession auprès des clients en font d’ailleurs des acteurs clés dans l’adaptation aux changements climatiques. Pour sa part, Jean-Michel Champagne, directeur de projets pour les changements climatiques chez Stantec et enseignant à HEC Montréal, estime que l’on ne peut plus attendre et qu’il faut agir avec diligence dès maintenant. « Le rôle de l’ingénieur consiste non seulement à expliquer de quelle façon le projet comme tel risque d’être affecté par les changements climatiques, mais aussi quel sera l’impact de ces derniers sur tout l’écosystème », souligne-t-il. Par exemple, un bâtiment peut être conçu pour résister aux aléas climatiques, mais si ses accès sont impraticables lors d’une crue, sa résilience demeure théorique. Par ailleurs, les pratiques établies n’étant pas encore homogènes, les ingénieures et

Photo : iStock

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INTÉGRER L’ACTION CLIMATIQUE DANS LA GOUVERNANCE DES PROJETS


Guide 101 pour intégrer le climat dans la gouvernance de projet Voici quelques grandes lignes à respecter pour faire de l’action climatique un élément clé dans la gouvernance : • Travailler en collaboration avec les différentes parties prenantes, éviter le travail en silo. • Se doter d’un langage universel applicable aux différents secteurs et champs d’activités. • Adopter une démarche multidisciplinaire. • Consulter des experts dans différents domaines et miser sur une équipe diversifiée. • Évaluer la valeur ajoutée inhérente à un ouvrage résilient. • Penser le cycle de vie (ne pas se limiter aux phases de conception et de construction).

ingénieurs pourraient y trouver une belle occasion de se doter d’un langage commun et universel applicable à l’ensemble des projets et des secteurs d’activités.

Penser le cycle de vie du projet L’action climatique doit être envisagée sur toute la durée de vie du projet. Il faut non seulement réfléchir aux mesures d’adaptation requises lors de la conception et de la construction, mais aussi pendant toute la durée de vie de l’ouvrage. Cette façon de faire répond

aux défis d’aujourd’hui tout en préparant les projets à ceux qui émergeront demain. Les projections climatiques se révéleront alors très utiles. Dans le bâtiment, ces données aideront notamment à concevoir des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation adaptés, à améliorer la performance des enveloppes, ainsi qu’à établir une stratégie efficace de gestion des eaux pluviales. « L’objectif est de réaliser une analyse de la résilience climatique intégrant l’évaluation des vulnérabilités et des risques de tous les

LIEN UTILE

Consultez le GPP bit.ly/3SbqylF

« Le rôle de l’ingénieur consiste non seulement à expliquer de quelle façon le projet comme tel risque d’être affecté par les changements climatiques, mais aussi quel sera l’impact de ces derniers sur tout l’écosystème. »

JEAN-MICHEL CHAMPAGNE,

DIRECTEUR DE PROJETS POUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES CHEZ STANTEC ET ENSEIGNANT À HEC MONTRÉAL

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■■■ ACCOMPLIR « L’objectif est de réaliser une analyse de la résilience climatique intégrant l’évaluation des vulnérabilités et des risques de tous les composants de l’infrastructure, et ce, dans une perspective à court, moyen et long terme, sur toute la durée de vie. »

JULIE HARDY, ASSOCIÉE ET DIRECTRICE DÉVELOPPEMENT DURABLE CHEZ CIMA+ composants de l’infrastructure, et ce, dans une perspective à court, moyen et long terme, sur toute la durée de vie », indique Julie Hardy. Il faudra aussi considérer la hausse potentielle des coûts d’entretien de l’ouvrage sous l’effet des changements climatiques.

Le Baromètre de l’action cl/imatique de l’Ordre 52

En 2025, l’Ordre des ingénieurs du Québec a publié son premier Baromètre de l’action climatique. Élaboré d’après une étude réalisée auprès de ses membres, il envoie un signal positif : une vaste majorité d’ingénieures, d’ingénieurs et de CPI affirment vouloir contribuer à l’action climatique dans leur pratique professionnelle. Les données recueillies ont permis de dégager six profils d’engagement environnemental. Ainsi, 40 % des membres et CPI se trouvent dans des segments déjà engagés (Catalyseurs de changement et Adeptes à l’élan freiné), alors que 41 % présentent un fort potentiel d’évolution (Idéalistes en manque d’outils et Volontaires en apprentissage). La relève se distingue tout particulièrement puisque les CPI affichent une volonté claire de s’engager de façon concrète et durable. Enfin, les Pragmatiques ne représentent que 11 % des personnes sondées, et les Réfractaires, seulement 8 %. Le Baromètre se veut un point de départ qui, ultimement, aidera l’Ordre à déployer des moyens concrets afin d’outiller et d’accompagner ses membres en fonction de leurs besoins.

Source : Baromètre 2025 de l’action climatique, Ordre des ingénieurs du Québec.

Un investissement initial plus élevé peut alors se révéler judicieux s’il améliore la durabilité et la résilience et limite les coûts à long terme. Les émissions de carbone doivent aussi faire partie du calcul. Déjà présente dans le bâtiment, notamment avec les certifications LEED, cette préoccupation s’étend progressivement aux infrastructures. À ce chapitre, ingénieures et ingénieurs peuvent proposer des mesures d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, par exemple en recommandant des matériaux à plus faible empreinte carbone et des stratégies favorisant l’efficacité énergétique. Cette approche peut même procurer un avantage concurrentiel puisque les plans de décarbonation et la construction de bâtiments verts, notamment, peuvent donner accès à des subventions.

Agents de changement Dans ce contexte, les membres de la profession peuvent jouer un rôle de liaison entre les disciplines du génie ainsi que les autres professions et agir comme agents de changement. Construire pour les générations futures nécessite toutefois de travailler en étroite collaboration avec les différents corps de métier et experts présents tout au long de la chaîne de valeur. Ce travail d’équipe suppose que les partenaires partagent les meilleures pratiques et outils, même lorsqu’ils évoluent dans un contexte concurrentiel. C’est le principe de la « coopétition » (mot-valise fusionnant coopération et compétition), une démarche que préconise Jean-Michel Champagne devant la complexité des enjeux climatiques. Enfin, la connaissance et la compréhension de l’écosystème social et humain entourant le projet est un autre élément essentiel à sa réussite. Parce que l’acceptabilité sociale est précieuse et ne peut s’acheter. S’assurer de faire bon ménage avec sa communauté est un incontournable. Emmanuelle Gril, journaliste.

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IMAGEUR TEP À ULTRA-HAUTE RÉSOLUTION UNE INNOVATION QUI REPOUSSE LES LIMITES DE L’IMAGERIE CÉRÉBRALE

Une équipe québécoise a développé un appareil d’imagerie cérébrale novateur qui aidera à mieux comprendre et à diagnostiquer les maladies neurodégénératives, comme l’Alzheimer. Cette innovation est lauréate 2026 du prix Honoris Genius – Innovation technologique de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

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Le cerveau est un organe extrêmement complexe, dont certains mécanismes demeurent difficiles à saisir avec précision. Il renferme une multitude de structures très fines, dont l’observation exige des outils d’imagerie d’une grande précision. Bien que très performants, les appareils actuellement commercialisés ne permettent pas de visualiser les structures sous-corticales où la maladie d’Alzheimer prendrait naissance. Mais une équipe composée d’une cinquantaine de

Page de droite : Développé à Sherbrooke, l’imageur TEP à ultra-haute résolution marque un tournant dans l’étude des maladies neurodégénératives.

« La tomographie par émission de positon (TEP) est une technique d’imagerie qui repose sur l’injection, chez un patient, d’un produit radiopharmaceutique composé d’un isotope radioactif et d’un vecteur ciblant un processus métabolique »

JEAN-FRANÇOIS BEAUDOIN, ING.,

INGÉNIEUR DE RECHERCHE AU CENTRE DE RECHERCHE DU CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE DE SHERBROOKE (CRCHUS)

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personnes, issue de l’écosystème technologique de Sherbrooke, a réalisé une véritable prouesse en développant un imageur TEP à ultra-haute résolution précisément conçu pour le cerveau humain. Cette première mondiale pourrait, à terme, ouvrir des perspectives prometteuses pour faire progresser les connaissances sur les maladies neurodégénératives et en améliorer le dépistage.

Carte tridimensionnelle lumineuse L’imageur TEP à ultra-haute résolution est le fruit du savoir-faire d’ingénieures et d’ingénieurs, de scientifiques et d’entreprises québécoises qui ont mis leur expertise en commun pour développer cet équipement de pointe. Il s’agit d’un véritable tour de force dans un univers où des multinationales comme Siemens, GE et Philips dominent le marché. « La tomographie par émission de positon (TEP) est une technique d’imagerie qui repose sur l’injection, chez un patient, d’un produit radiopharmaceutique composé d’un isotope radioactif et d’un vecteur ciblant un processus métabolique », explique Jean-François Beaudoin, ingénieur de recherche au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CRCHUS), qui a participé au projet. Après l’injection, le patient devient, pendant quelques heures, une constellation vivante de lumières : des millions d’étincelles naissent chaque seconde lorsque l’antimatière


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QUELQUES DONNÉES CLÉS L’imageur TEP à ultra-haute résolution compte 129 024 pixels de détection. Il peut détecter des structures aussi petites que 1,25 mm, comparativement à 4-8 mm pour les appareils actuellement sur le marché.

Photos : Université de Sherbrooke

L’imageur a une puissance de 4000 watts. En 2024, 8,7 % des personnes de plus de 65 ans vivant au Canada sont atteintes d’au moins un trouble neurocognitif. Chaque jour, les troubles neurocognitifs touchent 414 personnes de plus au pays, soit plus de 17 personnes chaque heure. D’ici 2030, le Canada pourrait connaître une hausse de 51 % du nombre annuel de nouveaux cas par rapport à 2020.

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■■■ ACCOMPLIR « Je donne souvent l’exemple suivant : les imageurs actuels permettent de détecter un élément de la taille d’un bleuet. Notre imageur a la capacité de visualiser un grain de couscous. »

JONATHAN BOUCHARD, ING., CONCEPTEUR ÉLECTRONIQUE PRINCIPAL DU PROJET rencontre la matière, puis s’échappent du corps. Leur concentration est plus importante dans les cellules ayant une affinité avec le produit radiopharmaceutique. Cette lumière, invisible à l’œil nu, correspond à un rayonnement gamma. Grâce à son anneau composé d’une centaine de milliers de pixels détecteurs à base d’un matériau scintillant et dense, l’imageur peut capter ces émissions de lumière et la rendre visible. Par la suite, l’électronique encode leur position et leur temps d’arrivée, et un algorithme transforme tous les événements enregistrés en une carte tridimensionnelle de la distribution de

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L’imageur TEP à ultra-haute résolution est lauréat 2026 du prix Honoris Genius « Innovation technologique » de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Un tournant décisif pour la maladie d’Alzheimer Les maladies neurodégénératives, notamment l’Alzheimer, comportent encore de larges zones d’ombre. L’imageur TEP à ultra-haute résolution pourrait contribuer à les éclairer en fournissant des images d’une précision jusqu’ici inégalée. Cet extraordinaire outil de recherche ouvre de vastes perspectives. Il pourrait notamment aider à déterminer si l’accumulation de protéines tau est une conséquence ou une cause de la maladie, à visualiser les effets d’un traitement et à en mesurer l’efficacité, voire à soutenir le développement de nouvelles applications cliniques. Ces images fourniront des renseignements d’une grande richesse aux médecins nucléistes, qui devront toutefois apprendre à les interpréter et s’adapter à une résolution offrant ce degré de détail.

lumière dans le corps. Cette image est finalement interprétée par un médecin nucléiste, qui peut s’en servir pour établir son diagnostic. La principale avancée tient à la résolution spatiale, huit fois supérieure à celle des appareils actuels. Composé de plus de 129 000 pixels de détection répartis autour de la tête, l’imageur peut visualiser des structures souscorticales d’à peine 1,25 millimètre. Il a même permis de découvrir, dans le cervelet, de minuscules structures dont on ne connaissait pas l’existence jusque-là. « Je donne souvent l’exemple suivant : les imageurs actuels permettent de détecter un élément de la taille d’un bleuet. Notre imageur a la capacité de visualiser un grain de couscous. C’est aussi la première fois que l’on réussit à identifier le noyau du cortex cérébral de façon très précise », mentionne Jonathan Bouchard, ingénieur et concepteur électronique principal du projet. Pour en arriver là, il a toutefois fallu des années de travaux de recherche afin de relever les nombreux défis technologiques que représente la mise au point d’un tel imageur. Mais le jeu en valait la chandelle puisque sa conception modulaire, sa faible consommation énergétique et sa durabilité en font un outil exceptionnel pour l’étude des maladies neurodégénératives.

Examen des processus métaboliques

L’ultra-haute résolution de l’imageur TEP permet de visualiser précisément les marqueurs de la maladie d’Alzheimer.

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Bien qu’un imageur TEP puisse produire des images donnant de l’information anatomique sur la structure du corps, il excelle surtout dans l’examen des processus métaboliques. Ainsi, il est possible d’évaluer la santé du muscle cardiaque ou encore de déceler la présence de tumeurs dans l’organisme du patient. Grâce à son niveau supérieur de détail, l’imageur créé par l’équipe de Sherbrooke permettra de mesurer avec précision une tumeur au cerveau, ce qui facilitera le travail des neurochirurgiens lorsqu’ils la retireront, et limitera les effets sur cet organe.


L’IMAGEUR TEP À ULTRA-HAUTE RÉSOLUTION POUR LE CERVEAU HUMAIN EST LAURÉAT 2026 DU HONORIS GENIUS — INNOVATION TECHNOLOGIQUE. CETTE INNOVATION A ÉTÉ RÉALISÉE PAR L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE, EN COLLABORATION AVEC IR&T

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« Avec notre imageur, il est également possible de localiser et de mesurer certaines anomalies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer. »

RÉJEAN FONTAINE, ING., PROFESSEUR-CHERCHEUR AU DÉPARTEMENT DE GÉNIE

Photos : Université de Sherbrooke

ÉLECTRIQUE ET DE GÉNIE INFORMATIQUE DE L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE

« Avec notre imageur, il est également possible de localiser et de mesurer certaines anomalies neurodégénératives, comme la maladie d’A lzheimer. Pour cela, on utilise un traceur ciblant la protéine appelée tau ou une autre molécule appelée bêtaamyloïde. L’ultra-haute résolution permet de visualiser leur distribution et de déterminer l’avancement de la maladie », explique Réjean Fontaine, ingénieur et professeurchercheur au Département de génie électrique et de génie informatique de l’Université de Sherbrooke, qui participe au projet depuis ses débuts.

Ci-dessus : Né d’une collaboration entre l’Université de Sherbrooke et IR&T, l’imageur TEP révolutionne l’imagerie cérébrale.

Enfin, rappelons que, de façon générale, les imageurs constituent un précieux composant de l’arsenal de la médecine nucléaire. Ce sont de véritables boîtes à outils, puisqu’en changeant simplement le vecteur et l’isotope selon les besoins, ils sont susceptibles de répondre à de nombreux objectifs diagnostiques, thérapeutiques et de recherche. La découverte de nouvelles molécules radiopharmaceutiques ouvrira aussi la voie à d’autres types d’examens et traitements, des avancées dont l’imageur TEP à ultra-haute résolution pourra aussi profiter. Emmanuelle Gril, journaliste.

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Jean Habimana, ing.

UNE CARRIÈRE AU CŒUR DES TUNNELS 58

Jean Habimana, ingénieur en génie civil et directeur mondial, Tunnels, chez Hatch, se consacre depuis plus de 30 ans à la conception et à la réalisation d’ouvrages souterrains d’envergure aux quatre coins du monde. Ingénieur reconnu dans ce domaine, il est finaliste du Grand Prix d’excellence de l’Ordre des ingénieurs du Québec, l’une des plus hautes distinctions décernées par l’Ordre. Jean Habimana travaille chez Hatch depuis plus de 13 ans. Au Québec, il a contribué notamment à la planification et à la réalisation du Réseau express métropolitain (REM) et à la réhabilitation majeure du pont-tunnel LouisHippolyte-La Fontaine, dans l’est de Montréal.

Expérience mémorable

« Ça m’a fait réaliser que ce n’était pas un effort personnel, mais collectif. Cette vision de collaboration, j’essaie de l’appliquer, même si c’est parfois difficile en raison de l’ego. Il faut aussi regarder la contribution des jeunes et être patient avec eux. »

JEAN HABIMANA, ING., INGÉNIEUR EN GÉNIE CIVIL ET DIRECTEUR MONDIAL, TUNNELS, CHEZ HATCH

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Une de ses « meilleures » réalisations remonte à l’époque où il travaillait comme jeune ingénieur à Los Angeles. « J’ai pu contribuer à changer le critère de conception parasismique d’une des stations de métro de Los Angeles. Quand j’y pense, ça me donne encore des frissons. » À cette époque, il doit faire un exposé devant le comité d’experts de l’agence de métro de Los Angeles, dont le rôle est d’approuver les critères de conception du métro. « Le critère en place était très conservateur. Les hypothèses suivies n’étaient pas réalistes, car elles ne tenaient pas compte des interactions sol-structure. » À l’aide de modélisations numériques, Jean Habimana démontre que la rigidité des structures souterraines limitait, dans certains cas particuliers, les mouvements de sol transitoires lors des tremblements de terre.


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59 3 « Puis, quand il y a eu ce changement, je n’arrivais pas à dormir. C’était comme si j’avais gagné une médaille d’or », raconte l’ingénieur. Cette expérience unique l’aide aujourd’hui à défier le statu quo. « Ces experts, qui étaient de la génération de mes parents, m’ont intégré, m’ont conseillé. Cette expérience m’a énormément changé. Ça m’a marqué de voir leur collaboration : ils ont pris le temps de se poser des questions, de se vérifier mutuellement, et de prendre des décisions appropriées, dans le respect de chacun », se souvient l’ingénieur. « Ça m’a fait réaliser que ce n’était pas un effort personnel, mais collectif. Cette vision de collaboration, j’essaie de l’appliquer, même si c’est parfois difficile en raison de l’ego. Il faut aussi regarder la contribution des jeunes et être patient avec eux. » En Ontario, il a travaillé comme ingénieur en chef du projet Eglinton Crosstown, après avoir participé au prolongement de la ligne Spadina, qui comprenait la construction

4 d’une station souterraine à l’Université York et de tunnels sous des bâtiments « sensibles » du campus. « C’est quelque chose d’assez glorifiant, quand tu visites une ville, de circuler dans un métro duquel tu as contribué à la construction », confie-t-il.

Des tunnels aux barrages Dans sa jeunesse, Jean Habimana avait envisagé de faire des études de médecine, et même de devenir pilote. « Au secondaire, j’étais très fort en maths et en physique, se souvient-il. À cette époque, la profession d’ingénieur était assez vague. Je croyais que ça impliquait principalement la construction de bâtiments », raconte-t-il. Il entreprend tout de même des études en génie civil à l’École polytechnique fédérale de

1 Construction du REM à la station Édouard-Montpetit. 2 Projet de réhabilitation majeure du pont-tunnel Louis-HippolyteLa Fontaine. 3 Aménagement de la nouvelle prise d’eau à l'usine Atwater. 4 Construction du garage d'entreposage des trains Azur de la STM à la station Côte-Vertu.

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SON PARCOURS EN QUELQUES DATES De 1988 à 1999 Il fait des études en génie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse.

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De 1999 à 2006 Il fait un postdoctorat à l’Université de Californie, à Berkeley, puis travaille sur plusieurs projets, dont celui du métro de Los Angeles au sein de la firme Parsons Brinckerhoff. Entre 2009 et 2012 Il contribue au prolongement de la ligne Spadina et puis, en tant qu’ingénieur en chef, au projet Eglinton Crosstown, à Toronto. En 2012 Il arrive au Québec pour constituer un groupe spécialisé en tunnel à Montréal, chez Hatch. Depuis 2013 Il occupe plusieurs postes chez Hatch, dont celui de directeur mondial, Tunnels depuis 2022. Il a participé à la réalisation de nombreux grands projets au Québec, dont ceux du REM et du pont-tunnel Louis-HippolyteLa Fontaine.

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Lausanne, en Suisse. « Je n’avais pas encore les tunnels en tête. À ce moment-là, les barrages m’intéressaient énormément en raison de leur complexité », poursuit-il. Avec le temps, Jean Habimana pense que l’ingénierie est « la meilleure route » pour lui. « Il faut faire preuve de créativité, travailler durant des situations imparfaites, trouver des solutions optimales en tenant compte de plusieurs contraintes, tout en collaborant avec d’autres personnes : c’est pour ça que j’ai choisi l’ingénierie. » Lors de sa deuxième année à l’université, le futur ingénieur a l’occasion de visiter son premier chantier de tunnel, celui du Grauholz, en Suisse. « Ça m’a fasciné de voir une machine en train de creuser dans des conditions si difficiles ! Les conditions de terrain étaient instables. D’un mètre à un autre, on ne savait pas ce qui s’en venait. J’ai vu aussi tous les produits chimiques qui étaient appliqués pour assurer la stabilité des excavations, et qui permettent de réduire les effets nocifs sur la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs. Il y a tellement de choses qui entrent en jeu pour faire un tunnel. C’est fascinant. » Un autre événement viendra confirmer son intérêt pour les tunnels, alors qu’il réalise son projet de diplôme, pendant six mois à temps plein, projet qui constitue une étape déterminante en Suisse pour décrocher son diplôme universitaire. « Mes projets portaient sur les barrages hydroélectriques de Paute et Mazar, en Équateur. Ils étaient conçus par un bureau d’ingénieurs en Suisse. Et c’est là que je me suis rendu compte que les barrages étaient associés à plusieurs tunnels. Mon intérêt pour les tunnels n’a fait qu’augmenter après ça », conclut-il en rigolant. Son intérêt sera tel qu’il décidera de faire son doctorat sur les tunnels et les instabilités causées par des zones de failles rencontrées dans les Alpes européennes en suivant quatre chantiers, en Suisse et en Italie.

Le choix du terrain À la fin de ses études de doctorat, Jean Habimana quitte la Suisse et s’envole pour San Francisco, aux États-Unis. « J’hésitais entre rester dans le milieu universitaire et aller dans le privé. Donc je suis allé faire un postdoctorat à l’Université Berkeley, où je me suis intéressé à la conception parasismique et à la modélisation numérique. » Après une année et demie consacrée à la recherche, une occasion de travailler au privé pour l’une des plus grandes firmes d’ingénierie

aux États-Unis à l’époque se présente. « J’ai accepté l’offre de Parsons Brinckerhoff, et je ne suis jamais retourné dans le milieu universitaire, même si j’aime bien visiter les universités pour y enseigner et y donner des conférences. La pratique m’a attiré », résume Jean Habimana.

Point de bascule En 2009, les effets de la crise économique de 2008 se font encore sentir pour Jean Habimana. À l’époque, il travaille sur le projet du Upper Rouge River Tunnel, à Détroit, au Michigan. « La construction avait commencé, puis soudainement, les travaux ont été arrêtés. C’était la première fois que ça m’arrivait. Je venais de déménager avec ma famille… », raconte-t-il. En parallèle, l’ingénieur représentait l’Université York, à Toronto, dans le cadre du prolongement de la ligne de métro Spadina. Le projet comprenait la construction d’une station souterraine dans l’établissement et des parties de tunnel sous des bâtiments « sensibles » du campus. « Mon mandat consistait à attester et à approuver que les travaux n’allaient pas avoir d’impact sur les bâtiments de l’université. » « Lorsque le projet dans le Michigan s’est arrêté, j’ai appelé un de mes mentors de l’époque où j’étais à San Francisco. Je lui ai dit que j’étais disponible. Puis, un jour, on m’a transféré à Toronto pour travailler sur un autre projet de métro », poursuit l’ingénieur. Il s’agissait du projet d’Eglinton Crosstown, où il travaillera comme ingénieur en chef. Jean Habimana passe près de deux ans en Ontario. Il avait prévu de retourner aux ÉtatsUnis, mais un ami canadien rencontré à San Francisco lui fait une proposition qui changera ses plans. « Nous sommes allés dîner ensemble. Il m’a demandé si je parlais bien français. J’ai dit oui. Il m’a demandé si ça m’intéressait de faire une pratique de tunnel pour Hatch à Montréal. J’ai répondu : “Pourquoi pas ?” Je quittais alors les grands projets aux États-Unis et à Toronto pour le plus petit tunnel que j’ai construit de ma vie », se remémore-t-il. Ce tunnel de service passe sous l’Institut-hôpital neurologique de Montréal de l’Université McGill. « Il y a une dizaine d’années, alors que j’étais avec mes enfants dans le métro de Los Angeles, je leur ai dit que j’avais travaillé dessus. Ils ne me croyaient pas. J’ai dû sortir des preuves, et là, ils m'ont pris au sérieux », raconte-t-il, amusé. Laetitia Arnaud-Sicari, journaliste.


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Nouvelle cohorte de membres

PERMIS DÉLIVRÉS PAR LE COMITÉ D’ADMISSION À L’EXERCICE DE L’ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC du 1er mars 2026 au 24 mai 2026

L’Ordre célèbre l’arrivée de 292 nouvelles ingénieures et de 996 nouveaux ingénieurs au sein de la profession. Nous leur souhaitons une carrière exceptionnelle, à la hauteur de leurs aspirations audacieuses.

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- Aarab, Souhail - Abada, Lyes - Abbas, Fatima - Abboud, Ibrahim - Abboud, Rhea - Abdel Razek, Reham - Abdelsayed, Anthony - Abed, Djawad Mohammed - Abingeneye, Sylvie - Abou Jaoudei, Maher - Abou Merhi, Bernard - Aboubacar, Housnat - Abouelela, Rania Antar Eltaieb - Abouzakhm, Patrick - Abu Azab, Hussam - Achim, Timothé - Achour, Oussama Mohamed Taha - Achouri, Mohamed Chouaib - Adjado, Andilath - Adjou, Rafik - Afghani, Tarek - Agha Ali Nejad, Navid - Ahmadi, Sajad - Ahn, Min Shik - Aimeur, Arezki - Aissaoui, Thamer - Ait Gana, Zinedine - Ajram, Gabriel - Ak, Jasmine

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- Akl, Jad - Aklil, Abdelhafid - Al Ghandour, Raghad - Al Habash, Yamen - Al Mohammadi, Mohamed - Aldana-Guevara, Jose Christian - Ali Bakht, Najibullah - Aliche, Amine - Allard, JeanChristophe - Allard, Marc Alexandre - Allard, Thomas - Alliagui, Kalo - Aloui, Anas - Amar, Luc - Amara, Ismail - Amesrouy, Kamal - Amine, Sary - Amraoui, Ilias - Amraoui, Imane - Andelfinger, David - André, Ralph - Ani, Ahibé Huberson - Anjjar, Sabrine - Annouche, Amirouche - Antioco-Neves, Zachary - Anwar, Hena - Aoun, Lamia - Aoun, Nicolas - Aoun, Paul - Appadu, Levi - Aram, Maryam

- Aran Ponte, José Carlos - Arghius, Claudiu - Arlia, Alessandro - Arsenault, Pierrick - Arseneault, Augustin - Arslan, Muhammad - Asfour, Matthew - Ashtari, Reza - Asselin, Frédérik - Astolfi, Sabine - Atrill, Jeffrey - Audet, Maxim Olivier - Auger, Arnaud - Awada, Ali - Ayadi, Sami - Azad, Reza - Azzaz, Mohamed Aimene - Ba, Amadou Sadikh - Baadi, Ashkan - Badibabungi, Ngandu-Maxim - Bagaa, Miloud - Baker, Craig - Baker, Robert - Balazadeh, Maryam - Bankolé, Nadia - Banks, Brian - Baquero, Vanessa - Barbieri, Adriano - Barbir, Stéphanie - Barcelo, Brian - Barcelo, Louis - Baril-Rousseau, Maxime - Barraza-Borzone, Adrian - Barrier, Audrey

- Barrigas-Zhang, Hua Lun - Bastien, Philippe - Bastien-Poulin, Tommy - Bayard, Gabriel - Beauchemin, Sébastien - Beaudet, Camille Hurtibise - Beaudoin, Gabriel - Beaudoin, Geneviève - Beaudry, Vincent - Beaulé-Guimond, Christophe - Beaulieu, Charles-Olivier - Beaumier DeBellefeuille, Marjorie - Beaumont-Valdés, Juan-Mateo - Bédard, Anthony - Bédard, Émilie - Bégards, Frédéric - Bégin, Sunny - Bekkara, Mohammed Yassine - Belahbib, Fouad - Bélair, Charles-Étienne - Bélanger, Alexis - Bélanger, Jérémie - Belanger-Huot, Benjamin - Belei, Sergiu Camil - Béliveau, Moranne - Bellemare, Mike - Bellerive, Jimmy - Bellerose, Etienne - Belot, Franck - Ben Amor, Rima - Ben Khalifa, Asma - Ben Salah, Meriem - Ben Yahia, Abdelhamid - Ben Yahia, Ahmed - Benhadda, Wassil

- Bennaoum, Adame - Benoit-Cattin, Elodie - Bentakkouk, Mohamed - Benzerouk, Ahmed - Berger, Jonathan - Bergeron, Erik - Bergeron, Mathieu - Bergeron-Miron, Camille - Berkhis, Abdel ilah - Bernard, Élie - Bernard, Erl - Bernard, Marie-Ève - Bernier, Alec - Bernier, Alexandre - Bernier, Ariane - Bernier, Jacob - Bertacchini, Alessandro - Berthiaume, Jean-Félix - Berthiaume, Mark-Antoine - Bérubé, Marc-André - Bérubé, Marie-Eve - Beshai, Eman - Biaye, Thierry Antoine - Biaz, Ayoub - Bibeau-Lorrain, Catherine - Bidi, Hamed - Bien-Aimé, Slad Rédel - Bigirimana, Guy Juste - Bijjani, Bassam - Bilbao, Jonathan Pedro - Bilodeau, Félix - Bilodeau, Francis - Bilodeau, Philippe - Bily, Alexandre - Bissi, Yassine - Bisson, François-Alexandre


- Blackburn, Kevin - Blackburn, Laurence - Blais, Philippe - Blanchet, Samuel - Blati, Sebastien - Blatt, Dylan - Blouin, Juliette - Boily, Alexandre - Boisclair, Jean-Michel - Boismenu, Gabrielle - Boisson, Camille - Boissonneault, Félix - Boivin, Alex - Boivin, Ashly - Bolivar Bernal, Emilio - Bordeleau, Mathieu - Bordeleau, Philip - Borji, Adam Iskander - Bortolleto Iaderosa, Fernando - Bouchard, Noémie - Bouchard, Samuel - Boucher, Carl - Boudreau, Alexandre - Bouillon, Anthony - Boukrolkral, Driss - Boulanger, Jean-François - Boulanger Ghanem, Tamara - Boulianne, Eric - Boulkenater, Abdelghani - Bourdages, Albert - BourdagesLonardo, Maxim - Bourgade, Manon - Bouricha, David Taib - Boussahor, Lhoucine - Boussouar, Tayeb - Boyadjieva, Liliya - Boyer, Alice - Brandt Rodríguez, Carlos Alberto - Brassard, Alex - Breton, David - Briceno Acosta, Jesus Enrique - Brochu, Kellie - Brochu, Samuel

- Brodeur-Champagne, Nicolas - Broqué, Jean-Pol - Bruneau, William - Brunelle-Newman, Emma - Brunet, Benjamin - Bujold, Julien - Buonamici, Claudio - Burton, Jérémie - Bussiere, Nicolas - Buteica, Dan-Liviu - Caamano, Victor - Cabral, Andre - Cadieux, Alexis - Caillouette, Pierre - Calliste, Kyron - Calvente, René Matias - Camirand Simoneau, José-Alain - Canniccioni, Raphaël - Cantin, Jonathan - Cantin Charawi, Wylliam - Canuel, Guillaume - Carlucci, Arianna - Carmichael, William - Caron, Antoine - Caron, Rodrigue - Casabon, Julien - Casasreales, Clément - Castonguay, Vincent - Catellier, Charles-Enrique - Cayer, Alex - Cayer-Desforges, Elisabeth - Céré, Guillaume - Ceron Cornejo, Edwar - Chaboub, Karima - Chacun, Anne - Chagnon-Lessard, Tommy - Chamoun, Fadi - Champoux, Chloé - Chan, Oi Ting - Chanane, Ayoub - Chappet, Anthony - Charest, Anthony - Charest, Antoine

- Chareyre, Guillaume - Charlebois, Tristan - Charpentier, Antoine - Charpentier, Félix - Charron, Guillaume - Chatelain, Émile - Chebboub, Sofiane - Chekrar, Sidi Abdelfattah - Chelabi, Amina - Chemsi, Mohamed - Chen, Qi Hao - Chenni, Mehdi - Cherif, Hadj Ahmed - Chevallier, Mathéo - Chevigny, Mathieu - Chihata, Julia - Chit Dirani, Hind - Chouinard, William - Choukokam Njindeu, Loic - Ciubotariu, Oliver - Clavel-Rousseau, Anne-Sophie - Clément, Pascal - Cloutier, Mathieu - Cloutier, Samuel - Coluni, Gabriel - Commenges, Aude - Communier, Maxime - Congo, Akila - Constant, Alexandre - Corbeil, Sophie - Cordova Vidal, Luciana - Cormier, Francis - Correa Maya, Carlos Alberto - Cossette, Charlotte - Cosson, Tom - Côté, Béatrice - Côté, Jonathan - Côté, Maxime - Côté-Gilbert, Vincent - Coulibaly, Garba - Coulombe, Thomas - Courbette, Kevin - Courchesne, Jean-Philippe

- Courcy, Nicolas - Couture, William - Couturier, Anne-Marie - Crodua, Josee - Croteau, Samuel - Cupcinenco, Vitalie - Curis-Friedman, Naomie Dominique - Cuvelier, Vincent - D’Amico, Samantha - D’Hervais, Riwan - Da Silva, Samuel - Dagorn, Ewen - Dahdah, Mehsen - Daher Aoued, Housni-Bachir - Danylenko, Georgiy - Daoust, Nicolas - Daoust, Tristan - Darwiche, Akil - Daudonnet, Benjamin - Davidov, Martin Velislavov - De Chevigny, Thomas - De La Selle, Pierre-Emmanuel - De Quillacq, Arnaud - De Rosa, Camille - Decan, Clarynes - Defazio, Alessandro - Degdeg, Sif Eddine - Degnan, Yacouba Koutohi Yoha - Dehem-Lemelin, Friedrich - Dekko, Samir - Delcy, Dan - Delfosse, Martin - Delgadillo Buenrostro, Leonardo - Delisle, Antoine - Demers, Tommy-James - Denis-Gratton, Ariane - Dépatie, Maxime - Deraiche, Marc-André - Derena, Sergii - Desgagné, Janny - Desharnais, Jean-Philippe

- Desjardins, Diane - Deslauriers, Mathieu - Desrochers, Hugo - Desrosiers, Karine - Desrosiers, Roxanne - Dhahri, Abdelmajid - Di Giacomo, Nicolas - Di Lullo, Lucca - Diallo, Oumar - Diaz Acosta, María Camila - Dick, Marika - Didelot, Madeleine - Dimitrijevic, Andjela - Dion, Annabelle - Dion-Ferrara, Solveil - Dion-Test, Maël - Dionne, Thomas - Diop, Assane - Dirat, Théo - Diss, JeanFrançois - Djari, Wassim Hamza - Djonkack, Thierry - Dodier, Thomas - Dorion, Charles - Dory, Micaël - Dos Santos Barreto, Rafael Renan - Dostie, Jean-Mathieu - Doufene, Sophie Lea Safia - Doyon, Charles - Doyon, Juliette - Drai, Jim - Drapeau-Jacob, Jérémie - Driouich, Aya - Drolet, Christopher - Drouin, Antoine - Dubé, Gabriel Roland - Dubé-Tremblay, Annikim - Dubois, Cécile - Dubuc, Jézabel - Duchesneau, Mélanie - Duclos, Oihana - Ducret, Jérôme

Automne 2026

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- Dufay, Théau-Sylvain - Dufour, Alexandre - Dufour, Stéphanie - Dufresne, Jacob - Dufresne, Jérémy - Dufresne-Landry, Simon - Duguay, Félix - Dulac, Yohan - Dumont, Gabriel - Dumulong, Lucas - Dupuis-Mongerson, Frederick Lumen - Duquet, Camille - Duquette, David - Duran, Béatrice - Duranleau, Edgar - Duruisseau, Timothée - Dushime, Angélix - Dwegeo, Arcene loic - Dyotte, Rémi - EbelleDibobe, CharlesYvan - Ebrahimi, Behrooz - Edwards, Matthew - Eftekhar, Mohsen - Eine, August Marco - El Ham, Mohammed - El Khaldouny, Hassan - El Mohtadi, Mohamed - El Moumane, Mustapha - El Saouda, Nadim - Elbouamraoui, Walid - Eldabliz, Amin - Errammanat, Ayman - Estinvil, Alain - Exume, Marc Neil - Faghi, Soufiane - Fakhfakh, Omar - Falardeau, Simon - Fallu, Victor - Fanous, Amir - Fantini, Alessandro - Farah, Anthony - Farah-Lajoie, William - Fathi, Abbas - Fatigati, Enrico - Fatouch, Michele - Faubert, Caroline - Faubert, Tomy - Faubert-Myre, Charles-Étienne - Faucher, Gabriel

oiq.qc.ca

- Febles Valera, Liliet Milagros - Fecteau, Cédric - Feghaly, Joe - Fennouche, Louanes - Féquière, William - Ferland, Karine - Ferreira, Pierre-Alexandre - Ferreira, Thomas Frédérick da - Ferron, Nicolas - Fettouhi, Saad - Figueroa Clare, Rodrigo - Filiatrault, Gabriel - Filion, Antoine - Fillion, Julien - Fillion, Kim - Fillion, Mathieu - Flifti, Imane Sabrina - Fogue, Stephen - Forand, Christopher - Forest, Michael - Fortier, Samuel - Fortin, François - Fortin, Jérémy - Fortin, Samuel - Fourmont, Paul - Fournier, Alexandre - Fournier, Jacob - Fournier, Jessica - Fournier, Matthew - Fournier, Tristan - Francischiello, Gianfranco - François, Camille - Frappier, Amélie - Freundorfer, Valerie - Friesen, Emma - Fromont, Maelle - Fuentes, Julio - Fugtse Foham, Willy - Gagné, Charles-Antoine - Gagnon, Antoine - Gagnon, Antoine - Gagnon, Joël - Gagnon-Gingras, Simon - Gagnon-Poirier, Stéphany - Gallant, Gabrielle - Galvis Morales, Camilo Andres - Galvis Salazar, Monica Lizeth

- Gamry, Kenza - Garbarino, Emily - Gardner, James - Garon, Guillaume - Gassara, Sana - Gatelier, Yannis - Gattola, Gabriel - Gaudreault, Samuel - Gauthier, Frédérick - Gauthier, Julien - Gauthier, Kevin - Gauthier, Pierre - Gauvin, Alexis - Gauvrit, Jean-Baptiste - Gebai, Ali - Gélinas, Charles-Antoine - Gemme, Alexandre - Gendron, Mathieu - Gendron, Steven - Genois, Andy - Gerami-Nejad, Aryan - Germain Gleeton, Jean-François - Gershanov, Alexander - Ghailane, Nousk - Ghalayini, Zaher - Ghislain, Thierry - Ghoche, Rami - Ghorayeb, Jad - Giannotti, Lucas Ramiro - Giguere, Noel - Giguère, Francis - Giguère, Olivier - Gilbert, Carl - Ginestet, Nora Valentine Maria - Ginter, Laurent - Girardin, William - Giraudi, Killian - Girouard-Laflamme, Émile - Giroux, Charles-Antoine - Giroux, Clara - Giroux, William - Gobeil, William - Gobji, Salma - Godbout, Boris - Godbout, Jeanne - Godbout, Maude - Goddard, Samuel - Godin, Jacob - Golesorkhi Hosseini, Seyed Alireza

- Gomes, Joris - Gomez Osorio, Jose Eduardo - Gonzalez Donnelly, Sarah Manuela - González Iglesias, Diana Bersabé - Gougeon, Garance - Gouin, Élisabeth - Grange, Julien - Gravel, Patrick - Grégoire, Francis - Grenier, Julien - Groleau, Elizabeth - Gruson, Adrien - Guay, Nathan - Guérin, Anne-Sophie - Gueye, Mouhamadou - Guida, Ciro - GuillemettePichette, Alexandre - Guillet, Nicolas - Guimberteau, Axel - Guindon, Zachary - Guirous, Namira - Gutierrez, Camila - Gutierrez Madariaga, Eduardo Alberto - Guy, Marc-André - Habrich, Michael - Hajimohammadi, Babak - Hakapoka, Kuate - Hall, Jeremy - Hamam, Mohamed-Amine - Hamdache, Abou Bakre - Hamel, Clément - Hamel, Louis - Hamel, Vincent - Hamel-Grandisson, Samuel - Hamelin, Guillaume - Hamzavizarghani, Sara - Hannoun, Marianne - Hao, Zhonghao - Harold, Andy - Harouna Hamidou, Issoufou - Harrasse, Laila - Harvey, Leana - Hayes, Simon - He, Ruijian - Hebert, Louis

- Hedfi, Hachem - Hein, Lynn - Hélie, Benjamin - Helou, Rami - Henri, Mathieu - Hernandez Garcia, Paola Andrea - Herriou, Malo - Hezarkhani, Zahra - Hilairet, Maxime - Hinse, Charles-André - Honores Arriz, Betsabe Amada - Houde, Jacob - Houndjafo, Edem Komlan Medard - Houssou, Houetehou Alexandre - Hoyos Oliveros, Juan Sebastian - Hu, Adrian - Huard, Rébéka - Hudon-Labonté, Simon - Hun, Sothearoth Lionel - Huynh, Marie - Huynh, Toan Khanh - Hyanta, Brice Loïc - Hyppolite, Richmond - Iacovella, Chiara - Ibrahim, Bassem - Ibrahim, Rasha - Ikrimah, Zainab - Ilunga, Kalala - Ingelsson, Markus - Ivanov, Preslav - Jaber, Ally - Jaberi, Sahand - Jackman, Paul - Jalilnatajamiri, Mahdi - Jaramillo Triana, Santiago - Jean, Dominic - Jeantin, David - Jetté, Zachary - Jeyanesan, Erwin - Jidi, Hamza - Jiji, Vana - Jilwan, Pedro - Jimenez Rojas, Aliesmy - Joanisse, Guillaume


- Jodry-Larouche, Raphaël - Johnston, Alexis - Jomaa, Walid - Juan-Alladio, Sebastian - Juneau, Marc-André - Kaadan, Samah - Kakpo, Comlan Théophile - Kalinin, Andrey - Kan Chang, Andy - Kanmogne Tahouo Dassi, Christian Brice - Karah-Ali, Rawan - Kasmi, Mohamed-Amine - Kassis, Nanor - Kazindu, Edgar - Keita, Henriette - Kemp-Rousseau, Étienne - Kenmogne Simo, Louis Paulin - Khabbab, Outemane - Khan, Hannan - Khan, Umair - Khatem, Mohamed - Khelfaoui, Massaissile - Kopic, Senad - Korobeynikov, Alexey - Kouanang, Igor Landry - Kouatchou Kouayep, Jorisch - Koubong Mayombot, Paule Daryle - Kouyimoussou, Inalda - Kovtoun, Vsevolod - Kowalczyk, Adrian - Kraemer, Jeremy - Kriakhtounov, Anton - Kurian, Jinu - Labat, Gaëlle - Labbé, Vincent - Labelle, Corentin - LaBerge, Patricia - Labonté, Edward - Labos, George - Lachance, Simon - Lachapelle, Justin - Lacroix, Benjamin - Lacroix, Xavier - Ladouceur, Guillaume - Lafontaine, Simon

- Laforest, Cédric - Lafrance, Joanie - Lahaie, Frédéric - Lalague, Tom - Lalancette, Frédéric - Laloi, Florent - Lalonde, Gabriel - Lam-Seck, Michael - Lambert, Ézékiel - Lamenta, Valérie - Lanctôt, Jérémie - Landry, Frédérick - Landry-Viens, Keven - Langa, Vincent Motay - Lanthier, Catherine - Lapalme, Pier-Luc - Lapierre, Anthony - Lapierre, Dany - Latifi, Hamidreza - Latifi, Qais - Latron, Clara - Lau, Sylvie - Lauzon, Charles-André - Lauzon, Jacob - Lauzon, Jean-William - Lavalette, Damien - Lavallée, Saralou - Lavergne, Anthony - Lavergne Roberge, Julien - Lavesque, Léopold - Lavigne, Xavier - Lavoie, Mélanie - Lavoie-Bernier, Julien - Law, Simon - Le Berre, Camille - Le Houerou, Elio - Le Vergos, Maxence - Leblanc, Marc - LeBlanc, Pascal - Leblanc, Philippe - Lebreux Désilets, Francis - LeBrun, Mathieu - Lebrun, Nicolas - Leclaire, Philippe - Lecler, Mathieu - Leclerc, Audrey - Leclerc, William - Leclerc Gagnon, Émilie - Leclercq, Patrice - Lecours, Simon - Lecuru, Quentin - Leduc, Alexandre - Lee, Jessy Blake

- Lefebvre, Antoine - Lefebvre, Marc-Antoine - Lefebvre, Vincent - Lefrançois, Laurence - Lefrançois, Samuel - Legault, Félix - Leger, Thomas - Legris, Maya - Lekhal, Hamza - Lemay, Laurent - Lemieux, Julien - Lemieux, Marc-Olivier - Lemire, Marc-Antoine - Lemire, Renaud - Lemon, Michael - Lenko, Michael - Lenormand, Guillaume - Lepage, Charles-Eric - Lepage, Hugo - Lepage, Kevin - Lepage, Simon - Lessard, Guillaume - Lestage, Roxane - Leterme, Anthony - Lett, Amélie - Lévesque, Jimmy - Lévesque, Samuel - Levy, Paul-Louis - Liang, Jennyfer - Lima, Rujeri - Loignon-Lapointe, Justine - Loisy, Matthieu - Longo, Julia - Lorenz, Niklas Otis - Lortie, Olivier - Louaar, Mounir - Louis, Amos - Loutfi, Rouba - Lowe, Geoffrey - Lozeau, Jean-Philippe - Luci, Eric - Lussier, Jérémy - Lussier, Sophie - Ly, Megan - Ly, Yeya - Ma, Wen - Maadadi, Mohammed - Maarabouni, Sami - MacAuley, Evyn - MacKay-Lyons, Renée

- Mackenzie, David - Madrigal, Diego - Mahamane Sidi, Habsata - Mahieddine, Mohammed Mehdi - Maillé, Raphaël - Mailloux, Gabriel - Maisonneuve, Maude - Makki, Saleh - Malaeb, Lynn - Maldonado Perozo, Gaston Enrique - Mallet, Clément - Mamoun, Carène Mariska - Mangenot, Laetitia - Mann-Mercure, Vincent - Marceau, Gabriel - Marchand, Vincent - Marcotte, Émile - Marcouillier Tanguay, David - Marie, Hugo - Maries, Sebastian Olimpiu - Markwell, Daniel - Marquis, Alex - Martin, Sophie - Martin, Stéphanie - Martineau, Samuel - Massé, FélixAntoine - Matar, Rawad - Mathen Munoz, Eric - Mathieu, Samuel - Mathieu, Yves Darly - Matte, Philippe - Matty, Suhair - Maurice, Victor - Mazal, Yehuda - Maziade, Vincent - Mazirh, Mohamed - Mazouz, El Mostapha - Mbakop Nanshie, Vanella - Mbikayi, Joseph - Mbodj, Mouhamadou Mansour - Mboumba, Etienne - Mboungou, Destin - Mbua, Claude Lewis Ndi - McCann, Jonathan

- McGregor-Aubé, Tanya - McKinty-Désautels, Malcolm - Mefleh, Charbel - Mefoued, Abderraouf - Megherbi, Ourida - Mei, Mathieu - Mellal, Ahmed - Menacho Rodriguez, Gary - Menager, Steven - Ménard, Daniel Enock - Ménard, Raphaël - Ménard, Valérie - Mercier, Ariane - Mercier, Étienne - Mercier, Patrick - Merisier, Fritzner - Messier, Ariane - Messina, Florian - Méthot, Félix - Méthot, Guillaume - Meunier, Caroline - Meziti, Selma Hanane - Mghirbi, Safa - Mhedhbi, Mohamed Amine - Mihoc, Ion - Mikus, Tatiana - Millet, Sébastien - Milley, Jake - Mills, Matthew - Milot, Etienne - Mitri, Elie - Miyenga, Mabel Dominique - Moawad, Febronia - Moghimzadeh, Ali - Mohammad Khani, Nazanin - Mohammed Imtiaz Ali, Adnan - Mohanna, Sam - Moiseeff, Stepan - Mojuye Njike, Freddy Constant - Molodtsova, Diana Ivanivna - Mongenais, Jacob - Monico, Fabien - Morales, Coredgli - Morin, Félix - Morin-Boulanger, Antoine

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- Morissette, Joëlle - Moss Tressel, Erin - Mouammine, Salma - Mouchaimech, Ahmad - Moula, Amirouche - Moulahcene, Cherif - Mounich, Kamilia - Moussima Nkamba, Stephane Herman - Movahhed, Yasin - Muslemani, Hassan - Mvilongo, Christian - Nabavizadeh, Seyed Mojtaba - Nadeau, Eve-Hélène - Nakad, Mabelle - Nakhli, Marwan - Namany, Abderrahman - Nanamou, N’Famoussa Kounon - Narcisse, Sarah Laura - Nardi, Luca - Naslouby, Ilyass - Nassar, Elie - Nassar, Mohammad - Naud, Francis-Alexandre - Naud, Frédéric - Naulot, Rémi - Ndalubila Ankyona, Elie-Michel - Ndiaye, Mohamed - Ndour, Abdallah - Nehme, Fadi - Néron, Anika - Néron, Zachary - Neuman, Nicole - Nevado Paiva, Mauricio Segundo - Neveu, Dominic - Ng Li Chang, Yune Sin - Ngah Ewodo, Jules Edouard - Ngameni Fouman, Samuel Parfait - Ngomseu Mambou, Elie - Ngonzo-Biyo, Louis-Cesaire - Nguiepessie Meno, Freeman - Nguyen, Manh Truong

oiq.qc.ca

- Nikolla, Denis - Nketiah, Whitley - Nkoma, Cyclamen Clorinde - Noui, Mohamed Amine - Nucciarone, Nicola - Nyamba, Ben Fabrice - Nzaba, Marlin - O’Connor, Thomas - Obeid, Charbel - Oelmann, Dylan - Ogan, Estelon - Oliveira, Samuel - Ortiz Fernandez, Roberto - Ouahbani, Hicham - Ouakour, Mehdi - Ouchene, Redouane - Ouedraogo, Lionel Régis Wendbeb - Ouedraogo, Sidbénéwendé Fred G - Ouellet, Marc-Antoine - Ouellet, Nicola - Ouellet-Beaulieu, Olivier - Ouellette, Laurence - Ouellette, Mathieu - Ouellette, Nicolas - Ouertani, Amina - Ouertani, Marwa - Oueslati, Ali - Overney-Ragan, Sophie - Ozon, Magali - Pablo, Revie - Pacelli, Francesca - Padwal, Jashan - Palmer, Benjamin - Pando Tiokou, Steve Landry - Paniconi, Joseph - Panter, Émile - Papillon, Antoine - Paquet, Laurent - Paquette, Pier-Antoine - Paquette, Samuel - Paquin, Dominique - Paquin, Shayne - Paquin, Simon - Paquin-Charles, Frédéric

- Paquin-Foisy, Etienne - Paradis, Thomas - Paradis-Côté, David - Paré, Alexandre - Paré, Charles-Gabriel - Parent, Julien - Parent, Pierre-Olivier - Parenteau, Sébastien - Pascone, Pierre-Alexandre - Patel, Bhavick - Patel, Jenny - Patel, Shivangi - Patel, Yogan - Paulin-Bessette, Thomas - Payeur-Langlois, William - Pearson, Jérôme - Pelletier, Alexendre - Pelletier, Zachary - Pelletier-Hénault, Émilien - Penalver Rodriguez, Clara Zulay - Pépin-Isidor, Kevin - Pereira, Leandro - Perez, Alexandre - Perez, Elie - Perez, Julien - Pernet, Albin - Perreault, Hubert - Perrée, Alexandre Pierre - Perron, Frédéric - Perron-Bergeron, Annemarie - Petosa, Chelsea - Pétrin, Alexandre - Phuong, Alexandre - Picard, Dave - Piccin, Marc - Piché, Jean-Philippe - Pichon, Hugues - Pigeon, Benjamin - Ping, Jamie - Pitre-Cayer, Patrice - Plamondon, Clothilde - Plante, Alex - Plante, Frédéric - Plourde, Guillaume - Poirier, Jean-David - Poirier, Jean-François - Poirier, Loïc - Poirier-Turcot, Charles-Antoine

- Poitras, Gabriel - Poitte-Sokolsky, Victor - Pomerleau, Alexandre - Pomerleau, Marie-Eve - Portelance, Frédérick - Portut, Thesly - Pothier, Marc-Éric - Poufon Makeng, Franck Olivier - Poulin, Félix - Poulin, Gabriel - Poulin, Olivier - Power, Annick - Prasil, Michael - Proulx, Anne-Marie - Proulx, Raphaël - Proulx, Saylie - Proust, Noémie - Provencher, Marjorie - Provost, Philippe - Prud’Homme, Sebastien - Purson, Alexis - Qarqach, Abderrahim - Quenum, Patrick - Quesnel, Alexandre - Quirion Robert, Karl Eric - Raby, Florence - Raimbaud, Corentin - Raj, Mahipalsinh Rajendra - Rajaratnam, Veduren - Raji, Mahmoud - Ramadan, Hind - Ramelson-Kert, Jared - Ramin Afshar, Bardia - Raut, Shubham Bacharam - Raymond, Samuel - Razanamampandry, Josiane - Régnier-Vigouroux, Fabien - Rehman, Muneeb - Reich, Aiden - Reid, Marc-Olivier - Reinert-Woodfine, Francis - Reix, Guillaume - Rémy, Mathieu - Renaud, Phillipe - Renault, Gabriel

- Restrepo Grisales, Javier Daniel - Reyes Cosgrove, Constanza Andrea - Rhéaume, Maxime - Riad, Ahmed - Riahi, Slim - Ricci America, Nava Suarez - Richard, Nicolas - Richer, Eric - Richier, Olivier - Rijo, Esteban - Ringuet, David - Ringuet, William - Rios Ucha, Antonio - Rioux, Philippe - Rizki, Khadija - Roberge, Jonathan - Robillard, Arianne - Robillard, Sidney - Robin, Claudy - Robitaille, Dany - Robitaille, Justin - Rochefort, Philippe - Rodier-Rodrigue, Camille - Rodriguez, Cédric - RodriguezZanibellato, Gabriel - Rojas Donoso, Kevin Rodolfo - Roman-Lessard, Eduardo - Romani, Aguathe - Romero Moreno, Patricio Ivan - Ross, SimonAlexandre - Ross-Girard, Alec - Rossignol, Mathieu - Rouhani, Hadi - Rousse, Charles - Rousseau, Gabriel - Rousseau, Gabriel Kervens - Rousseau, Guillaume - Rousseau, Yannick - Roy, Gabriel - Roy, Guillaume - Roy, Myriam - Royer, Ève - Rozon, Marie-Eve - Saavedra, Jose Luis - Sabri, Lahsen - Sabri, Lamine


- Sachchithanandam, Mathusan - Sadoughi, Navid - Saffaji Traiba, Adnan - Saha, Anandamoyi - Sahoui, Anis - Salame, Kevin - Salameh, Mark-Joseph - Salhi, Zied - Saliani, Seyed Saeed - Salib, Raphael - Saliou, Matthieu - Salloum, Maya - Salouh, Widad - Samuel, Chloé - Sangam, Mawaba - Sansoucy, Eric - Santos, Jan Christel - Sarcey, Aidan - Sardelli, Giordana - Sarghini, Oussama - Sari, Yuksel Asli - Saroukou, Sarwath - Sarraf, Raya - Savard, François - Savard, Matis - Sawyer, Robert William - Sayah, Mehdi - Sayed, Zabihullah - Scheske, Chelsea - Sedrati, Oumaïma - Seeley, Laura - Sekkay, Firdaous - Selmane, Safae - Senécal-Drolet, Dominic - Serantoni, Elodie - Seymaux, Cyrielle - Shahhosseini, Majid Reza - Sham, Neals Jason - Sheddleur, Samuel - Siagris, Andreas - Sibachir, Ahmed-Yanis - Sibomana, Ituze Loïc - Sid Ahmed, Abdelmalek - Sierra Perez, Ivan Agustin - Sifi, Abir - Sikali, Neil Evans

- Simard, Alexandre - Simard, Maxime - Simard Beauchamp, Frederic - Simoneau, William - Sindé, Assi Williams Frédy - Smith, Natalie - Soleimani, Javad - Sombreffe, Benjamin - Sonko, El Hadji Ibrahima - Sonnefraud, Quentin - Soto-Flores, Marc-André - Soucy, Nathaniel Moreno - Soucy, Paul - Souhail, Saad - Souilah, Yasmine - Soumah, Cheick Ahmed Tidiane - Sourd, Jonathan - Sovi-Guidi, Baudouin - Spinello, Claudio - St-André, Samuel - St-Cyr, Madeleine - St-Georges, Maude - St-Onge, Alexie - St-Pierre, Félix - Ste-Croix, Louis-Philippe - Steczek, Lou-Anne - Stephan, Kevin - Stéphenne, Colin - Sy, Elhadji Oumar - Sylla, Mariam - Szelényi, Daniel - Tabatabaeefar, Amin - Tabib, Abir - Taghizadegan, Masih - Tagui, Nizar - Tahi, Abdelbassit - Tahiri, Sofiane - Taibi, Angelo - Taillefer, Étienne - Talbot-Tassi, Dominic - Taltaud, Alexandre - Tang, André - Tanguay, Simon - Tanguy-Lessard, Thalys

- Tarriba Wong, Fabian - Tarte, Vincent - Tasing Kouom, Ralph Dimitri - Taurasi, Alessia - Tavallaie Nejad, Amir - Tavares, Mathias - Tchiyap Ngueko, Gaetan Donald - Tchokonte Nana, Willy Christian - Tchonang, Magellan - Tchoupe Kamgo, Joseph - Temgoua Dongmo, Merline - Tétreault, Julien - Théberge, Miguël - Theriault, James - Thériault, Sylvain - Therrien, Maxime - Therrien, Roxanne - Thiam, Apsatou - Thiam, Meïssa Deguene - Thibault, Florence - Thibodeau, Christophe - Thibodeau, Mylène - Thilloy, Amaury - Tiholov, Boris - Tinaou, Hakim - Tison, Marc - To, Joey Chun-Yen - Tobin, Laurence - Tomajian, Frederic - Tondoh, N’guessan Alex D. D - Toquica Cardenas, David Camilo - Torres-Arboleda, Sylvana-Sophie - Torres-Marquez, José Alejandro - Toulouse, Jacob - Toupet, Felix - Tran, Thi Hang - Tran, Van Cuong - Tran, Winston - Traore, Daouda - Traore, N’nan Hadja Sarah - Traore, Yeli Fatim - Tremblay, Anthony - Tremblay, Guillaume

- Tremblay, Isabelle Feng Ying - Tremblay, Laurence - Tremblay, Mélanie - Tremblay, Sandrine - Tremblay, Vincent - Trempe-Pouliot, Mathieu - Trépanier, Alex - Trivedi, Bhavikkumar - Tropynina, Ekaterina - Trottier-Paquet, Alexis - Trudeau, Carl - Trudeau, Jean-Gabriel - Trudel, Justin - Trunzo, Dante - Tsabet, Emir - Tsirigotis, George Spyridon - Tucker, Jacob - Tucny, Jean-Michel - Tumba, Elisé Tambwe Bukasa - Tummillo, Emily Marie - Turcotte, Jérôme - Turcotte, Nicolas Louis - Ung-In, Viviane - Urbina Braga, Joel David - Vachon, Alexandre - Vachon, Francois - Vachon, Philippe - Vadot, Baptiste - Vaillancourt, Nicholas - Valdemarin, Federico - Vallée-Chéné, Maxime - Vallières, Nicolas - Van Winden, Victoria - Vandal, Donovan - Vandal, Jean-François - Vanoudheusden, Guillaume - Veilleux, Anna-Kim - Veilleux, Jacob - Vergara Vanegas, Pamela Mercedes - Versolato, Nicholas

- Vieira, Sara - Vignis, Patrick - Villazon Amaris, Hernando Alonso - Vincent, Manuel - Vincent-Matteau, Julien - Violette, Frédéric - Voyer, Benoit - Wang, Zi Rui - Ward-Dufresne, Jérémie - Witty, Julien - Wong Leung Pak, Jean Bertrand - Wong Ping Lun, Brandon - Wood, Randall - Wyzykowski, David - Yaacoub, Nancy - Yahmi, Abdelmalek Makhlouf - Yahya, Ahmad - Yergeau, Samuel - Yockell, Alexis - Youdom Yimbi, Guy Hermann - Younes, Antoine - Young, Andrew James - Yu, Tong - Yun, Ji-Seok - Zahidi, Asmae - Zalatan, Emma-Rose - Zamudio-Turcotte, Katherine - Zanou, Kenneth Adrian - Zeggagh, Ahcene - Zeghdoud, Abdelbaki - Zeghebib, Fazia - Zeitouni, Matthew - Zeramdini, Bessam - Zergui, Abdelkader - Zhang, Zi Jing - Zhou, Changyu - Zhou, Li Bei - Ziao, Porofoua - Zitane, Amine - Zohourfazeli, Hanieh - Zojaji, Pourya - Zoubir, Soulaymane - Zukri, Otman

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En juin dernier, plus de 225 membres et amis de l’Ordre ont assisté à cet événement annuel au 9e du Centre Eaton.

Merci à nos partenaires


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Conversation inspirante

Au même titre que les autres infrastructures, les écoles se dégradent. Dans son documentaire Écoles sous pression, Ricardo Larrivée met en lumière une réalité connue, mais rarement regardée en face : celle d’un parc scolaire qui se détériore, faute d’une vision à long terme. Dans cet échange avec la présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Sophie Larivière-Mantha, ing., le célèbre chef cuisinier revient sur ce qu’il a pu observer sur le terrain et sur ce que cela révèle sur nos choix de société.

MINIBIO Sophie Larivière-Mantha, ing. MBA, ASC Depuis 2022, Sophie Larivière-Mantha occupe la présidence de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Elle accorde une importance particulière à la surveillance des travaux, au développement durable, à la valorisation des femmes en génie ainsi qu’au maintien des infrastructures publiques. Ricardo Larrivée Chef, animateur et homme d’affaires québécois, Ricardo Larrivée est une figure phare de la cuisine accessible et rassembleuse. Cofondateur du Lab-École, il s’engage à repenser les environnements scolaires, un engagement prolongé dans le documentaire Écoles sous pression, où il sonne l’alarme sur l’état des écoles et propose des pistes de solution.

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UNE DÉMARCHE QUI PART DU TERRAIN

Sophie Larivière-Mantha : Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à l’état des écoles au Québec ? Ricardo : À la base, j’avais déjà un rôle de transmission : j’enseigne la cuisine à la télévision, dans un magazine et sur les réseaux sociaux. Je me suis aussi investi dans La tablée des chefs, où j’ai donné des ateliers dans

Photo : Mireille Caza

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CE QUE L’ÉTAT DE NOS ÉCOLES DIT SUR NOTRE SOCIÉTÉ


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Pour former la relève de demain dans de bonnes conditions, Sophie LarivièreMantha, ing., et Ricardo Larrivée plaident pour des infrastructures scolaires durables.

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« Nous avons besoin d’un véritable changement de culture au Québec, pour nous poser les bonnes questions et investir l’argent au bon endroit au bon moment. »

SOPHIE LARIVIÈRE-MANTHA, ING., MBA, ASC,

PRÉSIDENTE DE L’ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC

Sophie : Dans ton documentaire comme au Lab-École, tu donnes la parole aux enfants. C’était une évidence pour toi, mais ça demeure rare lorsqu’on parle d’infrastructures scolaires. Ricardo : Les jeunes passent plus de temps à l’école qu’à la maison, c’est un lieu déterminant dans leur vie. Pourtant, on ne leur demande presque jamais ce qui les motiverait à y aller, à s’y sentir bien. Ma réflexion est la suivante : comment peut-on bâtir un environnement où les jeunes, même celles et ceux qui ont des difficultés d’apprentissage, auront envie d’aller et pourraient même développer le goût de se dépasser ? Comment faire en sorte qu’ils s’y sentent bien ? Quand je leur posais la question, ils parlaient de nature, de lumière, d’espaces extérieurs. On n’avait pas besoin d’études coûteuses : il suffisait de les écouter. On aurait

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pu économiser temps et argent en posant simplement la question aux jeunes !

EN QUÊTE DE SOLUTIONS

Sophie : Est-ce qu’on a tendance, parfois, à choisir des solutions qui nous rassurent à court terme, en se disant que c’est temporaire… alors que ça finit par s’installer dans la durée et même aggraver le problème ? Ricardo : En fait, je pense qu’on répond à un problème avec une mauvaise solution. On dit que ces installations sont temporaires, mais elles ne le sont jamais vraiment. Un bâtiment conçu pour durer 10 ans finit par rester en place pendant 30 ans… Il se dégrade plus vite, ce qui oblige à réinvestir plus rapidement dans les années qui suivent. On vit un véritable drame social. On continue de concevoir les écoles comme il y a 100 ans, alors que les réalités d’aujourd’hui, les enfants d’aujourd’hui et les défis qu’ils auront à relever n’ont rien à voir avec ceux d’hier.

Force est de constater qu’on place les jeunes dans des conditions qui ne leur permettent pas de réussir pleinement ni de réaliser leur potentiel. Parfois même, leur santé est mise à risque. On intervient ensuite dans l’urgence, en rénovant à la hâte, sans vision d’ensemble. Je suis convaincu que sans une réflexion collective, multipartite, on ne pourra pas répondre adéquatement à ce problème. Sophie : On se rejoint là-dessus. La raison pour laquelle l’Ordre s’est intéressé au déficit de maintien des actifs est qu’il représente des milliards de dollars. À ce niveau de déficit, cela engendre nécessairement des défis de protection du public, ce qui constitue le cœur de notre mission. Nous avons besoin d’un véritable changement de culture au Québec, pour nous poser les bonnes questions et investir l’argent au bon endroit au bon moment. Ricardo : Je suis tout à fait d’accord avec toi que c’est un changement de culture. Des chercheurs étudient l’impact des environnements physiques scolaires sur l’apprentissage, le

Photos : Mireille Caza

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des dizaines d’écoles. Et ce que j’ai vu m’a frappé : leur état se dégrade, et c’est même de pire en pire. Pendant huit ans, je me suis aussi impliqué dans le Lab-École, avec Pierre Lavoie et Pierre Thibault. Là, j’ai compris l’ampleur du problème.


73 « Plus notre budget en éducation va grimper et plus celui de la santé diminuera, parce que nous aurons moins de besoins sur ce plan. Mais cela constitue un véritable changement de paradigme et un choix de société. »

RICARDO LARRIVÉE

CHEF, ANIMATEUR, HOMME D’AFFAIRES QUÉBÉCOIS ET COFONDATEUR DU LAB-ÉCOLE décrochage et la santé mentale, et les résultats sont clairs : des espaces adaptés favorisent la réussite, réduisent la violence et améliorent le bien-être. Des jeunes qui réussissent développent leur estime de soi, accèdent à de meilleures perspectives et contribuent positivement à la société. L’école joue aussi un rôle clé dans l’intégration des immigrants, en étant un lieu de vie, d’apprentissage et d’accueil. Tout est interrelié. Mais il faut surtout se demander qui trouvera les solutions durables aux problèmes de demain.

Sophie : Les enfants, ceux et celles qui vont rester accrochés jusqu’au marché du travail. Notre relève est là et on a en effet besoin de tous les talents. Ricardo : En plus, ce sera un environnement plus favorable pour les professeurs, et il allégera le poids qui est sur les épaules des parents. C’est un cercle positif et vertueux. Plus notre budget en éducation va grimper et plus celui de la santé diminuera, parce que nous aurons moins de besoins sur ce plan. Mais cela constitue un véritable

changement de paradigme et un choix de société. Sophie : Sachant que les retombées en éducation s’inscrivent dans le long terme, comment optimiser l’usage des ressources actuelles ? Et comment établir les bonnes priorités dès maintenant ? Ricardo : Les intervenants avec lesquels j’ai parlé m’ont tous dit la même chose : on a besoin de plus de planification, mais aussi davantage de prévisibilité et d’imputabilité. Ça rejoint ce que vous dites dans votre rapport sur les infrastructures.

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■■■ VOIR GRAND Au Québec, il faut absolument prendre soin du parc immobilier qu’on a. Or, en donnant aux directions d’école de la latitude et de la prévisibilité, elles pourront planifier sur plusieurs années, construire mieux, rénover mieux, au même coût et peut-être à moins cher, avec un résultat plus satisfaisant. Il faut aussi être redevable, car si l’argent est mal dépensé, quelqu’un devra rendre des comptes. Pour y parvenir, nous avons besoin d’une conversation nationale et que toutes celles et tous ceux qui ont un lien avec l’éducation, y compris vous les ingénieurs, soient assis autour de la même table pour trouver des solutions et répondre aux besoins de nos jeunes aujourd’hui, et pour l’avenir.

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Sophie : Tu arrives exactement au même constat que celui auquel nous sommes arrivés en allant voir l’ensemble des infrastructures. Je pense qu’effectivement, il y a des choses qu’il va falloir changer en profondeur.

DU SYMPTÔME À LA CAUSE

Sophie : Comment en est-on arrivés là, selon toi, est-ce une question de financement ou de gestion ? Ricardo : Il ne s’agit pas nécessairement de mauvaise volonté, mais les priorités changent. Tout à coup, l’éducation est mise de côté parce qu’on peut attendre un an de plus… C’est pour cela qu’il faut que les partis politiques s’entendent afin de dépolitiser cette question, faire un plan et prévoir des budgets qui pourront être utilisés sur plusieurs mandats. Sophie : Une condition essentielle : reconnaître l’ampleur du problème. On a une occasion rêvée avec les élections ; ça doit devenir une question prioritaire et transpartisane. Moins de nouveaux projets, plus de maintien. La population est prête. Mais surtout, il nous faut une vision

« Moins de nouveaux projets, plus de maintien. La population est prête. Mais surtout, il nous faut une vision à long terme. Pas de 4 ans… 30 ans. Ça exige une vision durable et des engagements qui dépassent les cycles politiques. »

SOPHIE LARIVIÈRE-MANTHA, ING., MBA, ASC,

PRÉSIDENTE DE L’ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC

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à long terme. Pas de 4 ans… 30 ans. Ça exige une vision durable et des engagements qui dépassent les cycles politiques. Ricardo : Exactement. Une école, c’est 75 ans de vie. Chaque dollar investi, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. Même plus : c’est un revenu futur. À l’inverse, si on place nos enfants dans des écoles en mauvais état, avec des conditions d’apprentissage inadéquates, quel message leur envoie-t-on ? Certainement pas que l’éducation est une priorité.

L’URGENCE D’AGIR

Sophie : Si rien ne change, à quoi ressemblera notre parc scolaire dans 10 ou 15 ans selon toi ? Aura-t-il la note de passage ou sera-t-il encore davantage en situation d’échec ? Ricardo : Une chose est sûre, si nous ne faisons rien, nous nous dirigeons vers de graves problèmes de société, comme aux États-Unis ou dans certaines villes européennes. Parce que moins il y aura de jeunes qui réussissent et auront envie de performer, plus il y aura des problèmes sociaux, de violence, de ghettoïsation. Tout part de l’éducation, c’est la seule façon d’avoir un Québec avec de la paix sociale, de la justice et de l’équité. Certes il y a un coût, mais combien cela coûtera-t-il si on ne le fait pas ? Combien de personnes ne seront pas formées alors que nous sommes en pénurie et les besoins sont grands dans tous les domaines ? Nous devons absolument avoir ces discussions collectives et, en tant que citoyens, en parler haut et fort afin que nos députés comprennent qu’il s’agit d’une priorité. Je nous souhaite une


« Mais aujourd’hui, notre plus grande richesse, notre plus grande énergie… ce sont les enfants. Et pour qu’elle s’exprime, cette énergie-là, ça commence ici : par des écoles en bon état, pensées pour durer, à la hauteur de ce qu’on veut devenir. Notre force, demain, elle sera intellectuelle, et elle prend racine à l’école. »

RICARDO LARRIVÉE

CHEF, ANIMATEUR, HOMME D’AFFAIRES QUÉBÉCOIS ET COFONDATEUR DU LAB-ÉCOLE

année d’indignation suffisamment puissante pour nous pousser à aller de l’avant et changer les choses. Sophie : En effet. Pendant longtemps, on a bâti le Québec à coups de grands projets. Aujourd’hui, le défi est ailleurs : dans notre capacité à prendre soin de ce que nous avons déjà. Entretenir, préserver, valoriser, ce n’est pas moins ambitieux, c’est plus exigeant. Et c’est là que se joue notre responsabilité collective.

On a déjà eu de grands projets collectifs, comme celui de la BaieJames, pour construire notre puissance. Mais aujourd’hui, notre plus grande richesse, notre plus grande énergie… ce sont les enfants. Et pour qu’elle s’exprime, cette énergie-là, ça commence ici : par des écoles en

bon état, pensées pour durer, à la hauteur de ce qu’on veut devenir. Notre force, demain, elle sera intellectuelle, et elle prend racine à l’école. Propos recueillis par Emmanuelle Gril, journaliste. Les réponses ont été éditées pour plus de concision et de fluidité.

Le véritable enjeu, c’est le maintien de nos actifs.

Photos : Mireille Caza

Si on veut léguer quelque chose de solide et durable, il faut changer de réflexe… et agir maintenant. Ricardo : Je suis entièrement d’accord. Pendant longtemps, on a valorisé le fait de bâtir du neuf, d’inaugurer, de couper des rubans. Mais aujourd’hui, le vrai geste responsable, c’est de prendre soin de ce qu’on a déjà. Entretenir, rénover avec intelligence, voir loin, c’est là où tout se joue, maintenant.

Le documentaire Écoles sous pression Dans ce documentaire, Ricardo lance un signal d’alarme : 53 % des écoles québécoises sont en mauvais état. Au-delà du constat, il met en lumière des solutions concrètes et appelle à un choix clair : faire de l’école une priorité, parce que c’est notre avenir qui est en jeu. Accessible sur ici.tout.tv.

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60 ANS DU MÉTRO DE MONTRÉAL

LE DILEMME ENTRE EXPANSION ET ENTRETIEN Soixante ans après son inauguration, le métro de Montréal poursuit deux objectifs en parallèle : le prolongement de la ligne bleue vers Anjou et l’entretien en continu d’un réseau qui vieillit. Portrait d’une ingénierie souterraine en pleine évolution.

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Photos : STM

Dans l’est de Montréal, une foreuse géante surnommée Lisette progresse de 10 à 15 mètres par jour dans le roc, voire jusqu’à 25 mètres certaines journées. « Le nom rend hommage à Lisette St-Onge, première opératrice de métro à Montréal en 1981 », explique Benoît Clairoux, conseiller en communications à la Société de transport de Montréal (STM). Le nom a été choisi par vote populaire pour marrainer la machine. Derrière ce surnom affectueux se trouve le plus important chantier souterrain du réseau depuis des décennies. Le prolongement de la ligne bleue vers Anjou compte cinq stations, et la mise en service est prévue pour 2031.

Page de gauche : Le tunnelier Lisette sur le chantier du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, 2026. Page de droite : Assemblage du tunnelier Lisette sur le chantier du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, 2026

Pour la Société de transport de Montréal1, le moment est aussi symbolique que technique. C’est le premier prolongement sur l’île en 40 ans, et la première fois que la société agit comme maître d’œuvre du réseau qu’elle exploitera. Historiquement, c’est la Ville de Montréal, puis la Communauté urbaine de Montréal qui construisaient le métro. « Ce projet ouvre un nouveau chapitre dans notre manière de bâtir le transport collectif », résume Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM. Soixante ans après l’inauguration de 1966, les défis ont évolué.

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■■■ VOIR GRAND « Ce projet ouvre un nouveau chapitre dans notre manière de bâtir le transport collectif. »

MARIE-CLAUDE LÉONARD,

DIRECTRICE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ DE TRANSPORT DE MONTRÉAL

Creuser sous la ville Construire un métro sous une métropole densément peuplée fait appel à bien plus que la géotechnique. Les forages préalables ont permis de cartographier les failles, les venues d’eau et même des nappes phréatiques salines, plus salées que la mer, dans le secteur d’Anjou. On est loin du premier tunnel sous le fleuve, vers l’Expo 67, où les ouvriers se déplaçaient parfois en chaloupe à cause des infiltrations. « On se bat contre la nature, mais ce sont des défis qu’on connaît déjà, qu’on a ciblés », explique David Chartier, ingénieur et directeur de la construction au bureau de projet de la ligne bleue. Presque tous les champs du génie sont mobilisés, du génie électrique à l’acoustique en passant par l’informatique pour le contrôle des trains. Les équipes ont retenu une solution d’ingénierie tirant parti de la qualité du roc montréalais plutôt que de couler d’épais murs de béton armé. Le roc consolidé devient lui-même la structure, recouvert d’un béton projeté plus mince. L’hiver demande une adaptation, avec une baisse de productivité pouvant atteindre 30 % certains mois. Un tel chantier mobilise des effectifs considérables. Le bureau de projet compte 800 personnes, et les sites pourraient réunir jusqu’à 1500 travailleuses et travailleurs au plus fort des activités.

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Réparer ou remplacer Le défi ne s’arrête pas au chantier. Pendant que le prolongement avance, le réseau hérité de 1966 continue de vieillir. Plus de la moitié des actifs du métro demandent une attention soutenue, ce qui place le maintien d’actifs en tête des priorités d’investissement. Le choix de réparer ou de remplacer une infrastructure repose sur une logique financière, opérationnelle et technique : état réel, fiabilité, sécurité, coût d’entretien et durée de vie utile. La direction met de l’avant un principe. Tout projet de développement doit rattacher dès le départ ses coûts d’exploitation et d’entretien. « La modernisation d’un actif s’avère souvent judicieuse, car elle conjugue l’entretien du réseau et le développement de l’offre », affirme Marie-Claude Léonard. Certains travaux restent peu visibles pour la clientèle, comme le remplacement des puits de ventilation mécanique, de véritables petites stations creusées en milieu habité.

Cohabiter avec les quartiers

Bouclier avant du tunnelier Lisette arborant le logo du métro de Montréal, utilisé pour le creusement des futures stations du prolongement de la ligne bleue.

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Les grands défis du métro ne sont plus seulement techniques. Construire dans un secteur densément peuplé suppose de composer avec le quotidien des résidentes et des résidents. Murs antibruit, suivi du bruit et des poussières, déviations routières et navettes d’autobus font désormais partie intégrante du chantier, au même titre que l’excavation. « Des ingénieures et ingénieurs en acoustique calculent comment le bruit se propage et conçoivent nos mesures d’atténuation », explique David Chartier.


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Photos : Josée Lecompte (Marie-Claude Léonard) — STM.

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L’histoire de la STM et de son métro L’idée d’un métro à Montréal circule dès les années 1910, mais c’est la municipalisation du transport en 1951, puis l’élection du tandem Drapeau-Saulnier en 1960 qui lancent le projet, sous l’impulsion de Lucien Saulnier. Inspiré du métro parisien exploité par la RATP2, le métro roule sur pneus et adopte un tunnel unique, plus économique. Chaque station, confiée à un architecte différent, accueille des œuvres d’art devenues une signature montréalaise.

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3. Inauguration du prolongement vers l’est de la ligne verte du métro de Montréal, 1976. 4. Cérémonie d’inauguration d’une station du métro de Montréal, 1976 .

1. Chantier de construction du métro de Montréal en tranchée couverte, dans les années 1960.

5. Trains en service à la station de métro de Longueuil, peu après l’ouverture de la station

2. Chantier de construction de la station Verdun du métro de Montréal.

6. Lisette St-Onge, première femme opératrice de métro à Montréal, en 1981.

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Entretenir un métro qui a 60 ans Garder en bon état un réseau inauguré en 1966 exige une vigie constante sur les actifs critiques, surtout les tunnels, où la sécurité prime. La résilience climatique est devenue un volet à part entière : température, condensation, humidité et infiltrations sont surveillées pour protéger le matériel. Moins fiable que les trains Azur3, le MR-734 fera l’objet d’un plan de remplacement, couplé à la rénovation du garage-atelier Beaugrand. Aucun nouveau train n’étant possible avant 2036, ce projet est prioritaire.

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1. Rames MR-63 du métro de Montréal en rénovation à l’atelier.

4. Tunnel du métro de Montréal lors d’une inspection, 2018.

2. Intérieur d’un train de nouvelle génération du métro de Montréal, 2021.

5. Entretien des rames du métro CôteVertu au centre de maintenance, 2014.

3 Nouveau train du métro de Montréal en station, 2021.

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Photos : Caroline Perron (David Charron) — STM.

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« Des ingénieures et ingénieurs en acoustique calculent comment le bruit se propage et conçoivent nos mesures d'atténuation. »

DAVID CHARTIER, ING., DIRECTEUR DE LA CONSTRUCTION AU BUREAU DE PROJET DE LA LIGNE BLEUE

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DE LA SOCIÉTÉ DE TRANSPORT DE MONTRÉAL

À cette cohabitation s’ajoute la consultation, devenue un critère essentiel pour les grands comme pour les petits projets. La société s’est dotée d’une politique officielle de consultation. Rencontres, infolettres et démarches citoyennes interviennent en amont de la planification, afin d’intégrer le plus tôt possible les milieux de vie et de concevoir le meilleur projet dans son environnement. L’intégration urbaine se joue aussi à long terme. Un nouveau métro crée de la densité et soutient la qualité de vie. Il ouvre aussi la voie au développement immobilier le long du tracé, une source de revenus pour repenser le financement du transport collectif. Les premiers décrets de valorisation immobilière ont déjà été obtenus pour la station Lacordaire.

Photo de gauche : Chantier de construction de l’édicule Lacordaire du métro de Montréal, 2026 . Page dedroite: Travaux de construction de l’édicule Pie-IX du métro de Montréal, 2026.

Rêver le réseau À l’horizon 2050, la vision de la direction tient en quelques mots. Un déficit de maintien d’actifs résorbé, un service fiable et prévisible et un réseau plus grand connecté à d’autres modes lourds pour atteindre une plus large population. Le prochain projet phare se dessine déjà. Le remplacement des trains MR-734, parmi les plus anciens encore en service dans le monde, sera jumelé à un nouveau système de contrôle des trains qui, juste sur la ligne verte, a le potentiel d’ajouter jusqu’à 37 % de capacité. Le métro a traversé toute une histoire pour en arriver au tunnelier Lisette. Et les trains de demain continueront de faire la fierté de la ville de Montréal.

Aurélie Ponton, journaliste.

Références 1. stm.info/fr 2. ratp.fr/ 3. stm.info/fr/a-propos/grandsprojets/grands-projets-termines/ trains-azur 4. ville.montreal.qc.ca/documents/ Adi_Public/CE/CE_DA_ORDI_2025-0205_09h00_Remplacement_des_trains_ MR73_Comite_executif_05022025.pdf

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De gauche à droite : Vue aérienne du chantier du centre commercial Royalmount ; 150 puits géothermie atteignant 600 pieds de profondeur forés pour construire la boucle ; camionsgrues mobilisés durant la construction ; salle mécanique du complexe ; démonstration de la boucle de transfert d’énergie réalisée par gbi dans un stationnement.

Photos : gbi

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BOUCLE DE CHALEUR

QUAND L’ÉNERGIE SE RÉPARTIT INTELLIGEMMENT N’ajustez pas votre thermostat, car au Royalmount, une boucle énergétique de cinquième génération permet de récupérer et de redistribuer la chaleur entre les bâtiments à l’échelle d’un quartier. La double boucle de transfert d’énergie du centre commercial Royalmount est d’ailleurs le projet lauréat 2026 du prix Honoris Genius « Projet d’ingénierie » de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Si vous rêvez de voir les boucles de transfert d’énergie se multiplier, ne retenez pas votre souffle : « Ça fait 11 ans qu’on parle de l’idée au promoteur de Royalmount ! » s’exclame l’ingénieur Maxime Boisclair, directeur du développement durable chez gbi, la firme de génie principale de ce projet. Si, aujourd’hui, cette technologie suscite un engouement indéniable et que la boucle qui garde le centre commercial montréalais bien au chaud a vu le jour, c'est grâce à la patience du consultant. « Il a fallu préparer le terrain, convaincre tous les acteurs impliqués. L’industrie de la construction est remplie de paradigmes, de réflexes. Si on dévie, il faut le justifier. » La patience et la persévérance de l’équipe de gbi ont porté leurs fruits. Aujourd’hui, la première phase de la boucle de transfert d’énergie, longue de deux kilomètres, se nourrit à 21 % de thermopompes qui fonctionnent à l’électricité et qui récupèrent la chaleur dans les bâtiments, le reste provenant de la géothermie (74 %), de chaudières électriques (3 %) et de chaudières au gaz naturel (2 %). Pour parvenir à ce résultat, il aura fallu faire preuve d’ingéniosité technique et d’une grande capacité de vulgarisation.

Clarifier le génie « Le projet nous a fait réaliser à quel point il est important que nous soyons impliqués en amont », constate l’ingénieur Olivier Pelletier, directeur de projet pour le consortium de mécanique électrique chez gbi. Car pour avoir

La firme gbi est lauréate 2026 du prix Honoris Genius « Projet d’ingénierie » pour sa double boucle de transfert d’énergie au centre commercial Royalmount.

des ambitions de ce type, il faut avoir le temps de mener des évaluations rigoureuses et de chiffrer les économies d’énergie, les coûts et la rentabilité. Résultat ? « Le projet de boucle était tellement solide qu’il a survécu à toutes les séances d’ingénierie de la valeur », se réjouit le directeur. Pour les deux collègues, le défi principal n’était cependant pas technique. « Il fallait réussir à convaincre tout le monde », résume Maxime Boisclair. « Les autres professionnels, les gens des finances, de la comptabilité. Même les personnes chargées de négocier les baux avec les futurs locataires », énumère-t-il, soulignant l’importance de trouver les termes adaptés à chaque public. « Nous, les ingénieurs, on est capables d’expliquer

« Le projet nous a fait réaliser à quel point il est important que nous soyons impliqués en amont. »

OLIVIER PELLETIER, ING.,

DIRECTEUR DE PROJET POUR LE CONSORTIUM DE MÉCANIQUE ÉLECTRIQUE CHEZ GBI

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■■■ VOIR GRAND « Nous, les ingénieurs, on est capables d’expliquer les aspects techniques d’un projet, de donner des chiffres.»

MAXIME BOISCLAIR, ING., DIRECTEUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE CHEZ GBI les aspects techniques d’un projet, de donner des chiffres. Mais quand on parle à la personne responsable du financement, on ne peut pas se limiter à ça. »

C’est tiède !

Gabrielle Anctil, journaliste.

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La boucle énergétique en quelques chiffres 86 % de l’énergie utilisée à Royalmount provient de sources renouvelables. Réduction de la consommation énergétique prévue de 30,9 % par rapport à la référence LEED. Réduction des GES prévue de 93 % par rapport à un centre commercial traditionnel. 150 puits de géothermie atteignant 600 pieds de profondeur forés pour construire la boucle. Réduction prévue de 3 MW l’appel de puissance sur le réseau électrique. 200 000 litres d’eau pour 2 km de boucle.

Photo : gbi

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Les caractéristiques techniques de la boucle suscitent tout de même la fierté chez les deux consultants. Deux tuyaux transportant de l’eau tiède et reliés à plusieurs centrales thermiques placées à des endroits stratégiques permettent de maintenir l’eau entre 60 et 100 degrés Fahrenheit. « On va chercher la chaleur là où elle est et on l’amène là où on en a besoin », explique Maxime Boisclair, ajoutant que ce transfert peut se faire à l’échelle globale des bâtiments, mais aussi à l’intérieur d’un même secteur. Cette conception correspond aux boucles énergétiques de cinquième génération. « Dans les boucles de quatrième génération, on a une seule grosse centrale et un réseau contenant de l’eau très chaude et de l’eau très froide qui exige que les tuyaux soient isolés », décrit le directeur. À Royalmount, pas de problème de condensation ni de perte d’énergie. La conception est aussi suffisamment flexible pour permettre des raccords aux phases subséquentes de la construction. « Si une façade exposée au soleil a besoin de climatisation, on peut aller puiser dans un secteur où le soleil tape moins », illustre Maxime Boisclair. Des thermopompes placées à intervalles réguliers permettent les échanges de température entre chaque zone et l’eau circulant dans l’un des deux tuyaux, grâce à quoi on peut choisir le chemin le plus direct pour transférer la chaleur au bon endroit. Si le projet est encore trop jeune pour qu’on puisse en chiffrer les résultats, Maxime Boisclair se réjouit déjà de l’expertise acquise pour cette initiative « 100 % québécoise, mais d’envergure mondiale ».


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Elisabeth Adidja Ntsama Owona, ing.

QUAND LES SIMULATEURS DE VOL PRÉPARENT LE RÉEL 86

Elisabeth Adidja Ntsama Owona, ing., est lauréate 2026 du prix Honoris Genius « Relève en pratique générale ou privée » de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

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Derrière cette illusion de réalité se trouvent des personnes expertes et ingénieures, comme Elisabeth Adidja Ntsama Owona. Ces systèmes permettent de former les pilotes dans un contexte réaliste, mais sécuritaire. « Le but du simulateur est de reproduire le plus fidèlement possible la réalité et les comportements d’un avion. S’il ne reproduit pas assez bien la réalité, nous devons résoudre le problème », résume celle qui est ingénieure de simulation à CAE et qui est aussi lauréate 2026 du prix Honoris Genius — Relève en pratique générale ou privée de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Rien ne prédestinait pourtant Elisabeth Adidja Ntsama Owona à travailler dans ce domaine. Après une formation en ingénierie électrique à l’École nationale supérieure Polytechnique de Yaoundé, au Cameroun, elle poursuit à la maîtrise en génie électrique, automation et systèmes à Polytechnique Montréal. Elle découvre la simulation presque par hasard lors d’un stage en systèmes de contrôle chez Nova Bus.

« Je ne voyais pas nécessairement le lien avec tout ce que je faisais avant. Au fil du temps, j’ai compris », explique l’ingénieure. Longtemps associée à l’aéronautique, la simulation dépasse aujourd’hui largement le cockpit. « On peut trouver des simulateurs dans plein de domaines, comme la santé, les jeux vidéo ou la mobilité », ajoute-t-elle. Leur réalisme varie aussi beaucoup d’un simulateur à l’autre. « Certains reproduisent les mouvements d’un avion. D’autres recréent des situations, comme une panne électrique », illustre-t-elle. Au sein de l’équipe d’après-vente de CAE, Elisabeth intervient sur des simulateurs déjà en service. Son travail exige une compréhension transversale des différents systèmes de l’avion. « Il faut faire preuve d’agilité : on passe constamment d’un système à l’autre pour identifier la source d’un problème. Même après la livraison et tout au long du cycle de vie du simulateur, le travail auprès de la compagnie aérienne et du pilote se poursuit. L’appareil évolue, les besoins de formation aussi ; le

Photo : CAE

L’avion s’élance sur la piste et accélère pour prendre son envol. L’appareil quitte le sol… mais n’atteindra jamais sa destination. Il n’a en réalité jamais quitté la terre ferme : nous sommes dans un simulateur de vol.


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À CAE, Elisabeth Adidja Ntsama Owona, ing., veille au réalisme et à la performance des simulateurs de vol utilisés pour former les pilotes.

simulateur doit être conséquemment adapté. C’est comme un téléphone : il faut faire des mises à jour », poursuit-elle.

Modéliser avant de déployer Pour Elisabeth Adidja Ntsama Owona, la simulation deviendra incontournable dans de nombreux secteurs. « On y a de plus en plus recours pour tester des scénarios complexes de façon sécuritaire », souligne-t-elle. La simulation permet ainsi de tester des situations qui seraient impossibles, trop risquées ou trop coûteuses à expérimenter dans le monde réel, tout en accélérant l’innovation. « Les nouveaux systèmes doivent être éprouvés

Dans les coulisses d’un simulateur de vol Concevoir le simulateur Les équipes d’ingénierie définissent les caractéristiques du simulateur et développent les solutions technologiques nécessaires pour répondre aux besoins de formation. Intégrer et tester les systèmes Les différents composants du simulateur sont intégrés puis testés afin d’assurer leur bon fonctionnement et leur cohérence d’ensemble. Installer le simulateur Une fois prêt, le simulateur est installé et mis en service afin de soutenir les activités de formation des utilisateurs. Valider son réalisme Le simulateur est évalué afin de s’assurer qu’il reproduit fidèlement les situations et les environnements pour lesquels il a été conçu. Veiller à son amélioration continue Au fil du temps, le simulateur peut être mis à jour et amélioré afin de répondre à l’évolution des besoins de formation et des technologies.

Automne 2026


■■■ VOIR GRAND

ELISABETH ADIDJA NTSAMA OWONA EN SIX DATES 2019 Obtient son diplôme d’ingénieure électrique de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, au Cameroun.

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2022 Obtient une maîtrise professionnelle en génie électrique, automatisation et systèmes à Polytechnique Montréal. 2022-2024 Travaille comme ingénieure systèmes à Innovobot Labs, où elle développe notamment son expertise en simulation et en technologies haptiques. 2024 à aujourd’hui Joint CAE comme experte en intégration, puis devient ingénieure en simulation en 2025. Elle poursuit en parallèle une maîtrise en gestion de l’innovation.

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« Les nouveaux systèmes doivent être éprouvés en simulation avant d’être déployés. Cette technologie permet de comprendre le comportement avant même leur construction, et de mieux préparer les futurs utilisateurs. »

ELISABETH ADIDJA NTSAMA OWONA, ING. EXPERTE EN SIMULATION CHEZ CAE INC.

en simulation avant d’être déployés. Cette technologie permet de comprendre le comportement avant même leur construction, et de mieux préparer les futurs utilisateurs », mentionne l’ingénieure. À mesure que la simulation gagnera du terrain, les ingénieures et ingénieurs de demain devront développer certaines compétences clés, estime Elisabeth Adidja Ntsama Owona : « La pensée systémique est essentielle pour comprendre les interactions entre les composants d’un même ensemble et en modéliser le comportement. Il faudra aussi savoir composer avec une part d’incertitude : plus la simulation contribuera à accélérer l’innovation, plus les ingénieures et ingénieurs seront appelés à travailler avec des systèmes complexes, parfois encore mal compris. »

Recréer le réel jusqu’au toucher Elisabeth Adidja Ntsama Owona a aussi exploré une autre facette de la simulation à Innovobot Labs, où elle a travaillé comme ingénieure systèmes de 2022 à 2024. « Avant, la simulation passait surtout par les yeux et les oreilles. à Innovobot Labs, j’ai découvert l’haptique, qui permet d’intégrer le toucher à la simulation. Quand on manipule un téléphone, on sent des vibrations : c’est une forme d’haptique. Nous développions des prototypes, et j’ai compris à quel point il est difficile de concevoir des vibrations qui reproduisent fidèlement une sensation réelle », raconte-t-elle. La simulation cherche ainsi à reproduire une expérience toujours plus complète. Laetitia Arnaud-Sicari, journaliste.

Photo : CAE

2021 Fait un stage en systèmes de contrôle chez Nova Bus, où elle découvre la simulation appliquée à la mobilité.


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GRANDE ENQUÊTE

UN POTENTIEL D’INNOVATION SOUS-EXPLOITÉ

Une faible projection en innovation Au Québec, seulement 39 % des entreprises ont l’intention d’innover dans les trois prochaines années et 35 % ne le savent pas.

Selon la Grande Enquête sur l’innovation en entreprise 2026 du Conseil de l’innovation du Québec, le Québec innove, mais sousexploite encore son potentiel. Direction des communications.

Un problème de culture plutôt que de moyens Parmi les entreprises n’ayant réalisé aucun projet d’innovation, 49 % n’en voient pas l’utilité, un frein qui relève davantage de la culture que de problèmes financiers.

Un recul du nombre d’entreprises qui ont innové dans la dernière année

69 %

51 %

2022

2024

55 %

En 2026, 20 % moins d’entreprises ont innové qu’en 2024

2026

Source : Depuis 2022, le Conseil de l’innovation du Québec réalise tous les deux ans une étude comparative afin de suivre l’évolution de l’innovation au sein des entreprises québécoises. conseilinnovation.quebec

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Illustrations : iStock

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Près d’une entreprise sur deux qui n’innove pas n’en voit pas la nécessité, malgré des bénéfices pourtant démontrés. Ce décalage traduit un problème de culture de l’innovation, dans un contexte de concurrence mondiale accrue. Or, moins innover, c’est se priver de leviers concrets pour améliorer les pratiques, la performance et la compétitivité. L’innovation demeure encore trop peu perçue comme un moteur stratégique de croissance et de productivité.

Seulement 16 % des entreprises ont une culture d’innovation jugée « mature »


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