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Perspectives économiques de l'OCDE : Zone euro - décembre 2021

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Zone euro Après avoir enregistré un solide rebond en 2021, reflété par une croissance de 5.2 % du PIB, à la faveur de la levée progressive des mesures de confinement, l'activité économique de la zone euro devrait connaître une expansion de 4.3 % en 2022 et de 2.5 % en 2023. La croissance sera soutenue par une consommation vigoureuse, le taux d'épargne des ménages diminuant, ainsi que par une augmentation des investissements en partie liée aux plans de relance nationaux et européen. Le chômage devrait se replier pour revenir à un niveau proche de ce qu’il était avant la crise. La réouverture rapide de l’économie, les perturbations affectant les chaînes d'approvisionnement et le rebond des prix de l’énergie alimentent l’inflation. Même si sa dynamique est variable dans la zone euro, l'inflation devrait redescendre à des niveaux inférieurs à l’objectif de la BCE d’ici la fin de 2022. La politique monétaire devrait rester très accommodante, bien qu'il faille s'attendre à ce qu'elle s'écarte progressivement des niveaux exceptionnels observés dans le cadre du Programme d'achats d’urgence face à la pandémie (PEPP). De la même manière, malgré le retrait progressif des mesures budgétaires exceptionnelles, la mise en œuvre rapide et efficace des plans de relance devrait soutenir l'activité et la croissance potentielle en facilitant le redéploiement sectoriel des ressources vers une économie plus verte et plus axée sur le numérique. La suspension des règles budgétaires jusqu’à la fin de 2022 devrait être l’occasion de revoir le cadre budgétaire européen. La zone euro devrait aussi mettre à niveau ses instruments pour la gestion des crises bancaires, notamment en recourant davantage à des sociétés de gestion d'actifs et en améliorant le mécanisme de résolution unique. Le solide rebond de l'activité a engendré des perturbations dans les approvisionnements La campagne de vaccination, lancée en décembre 2020, s’est accélérée dans toute l’Europe, et quelque 75 % de la population de l’Union européenne (UE) avait reçu au moins une dose de vaccin à la mi-novembre. Les taux de vaccination varient néanmoins de moins de 25 % (en Bulgarie) à près de 90 % (au Portugal), et il reste des foyers d’infection préoccupants, notamment en Europe de l’Est. Si elles

Zone euro 1 Déploiement des vaccins et nombre de cas Moy. mob. sur 7 jours par million 500

Le rythme de la reprise varie selon les secteurs

% de la population 100

Valeur ajoutée sectorielle, corrigée des effets calendaires et c.v.s. Indice T4 2019 = 100 110

Nombre quotidien ← de nouveaux cas

% de personnes vaccinées¹ →

400

80

300

60

200

40

100

20

100

90

80

Industrie manufacturière

70

Commerce de détail, transport, hébergement et restauration Arts, spectacles et loisirs

0

2020

2021

0

0

2019

2020

60

1. Part de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin. Source : Our World in Data ; Eurostat ; et calculs de l’OCDE. StatLink 2 https://stat.link/xdfkzs

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


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Zone euro : Demande, production et prix 2018

2019

Prix courants milliards de EUR

Zone euro

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe

11 571.0 6 203.7 2 364.5 2 426.7

1.6 1.4 1.8 6.8

-6.5 -8.0 1.2 -7.4

5.2 3.5 3.6 4.1

4.3 5.9 1.1 5.0

2.5 2.4 0.7 3.8

Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht³ (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

10 994.8 108.5 11 103.3 467.7

2.7 -0.1 2.5 -0.8

-5.9 -0.4 -6.2 -0.4

3.7 0.4 4.0 1.4

4.6 -0.1 4.4 0.1

2.3 0.0 2.3 0.3

_ _ _ _

1.7 1.2 1.0 7.6

1.6 0.3 0.7 7.9

2.0 2.4 1.3 7.7

2.3 2.7 1.8 7.2

1.8 1.8 1.8 7.0

_ _ _

7.2 13.8 11.1 6.9 6.1 -0.6 -7.2 -6.7 -3.8 -2.7 103.1 120.9 122.0 120.4 119.9

_

85.5

_

3.0

99.5 100.6 2.7

99.0

98.5

3.1

3.3

3.4

Note: L’agrégat correspondant à la zone euro est calculé à partir des pays de la zone euro membres de l’OCDE, et de données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier. 1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. 3. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.

StatLink 2 https://stat.link/pfcm3z

Zone euro 2 Le rebond de l'inflation devrait être modérée

La reprise est plus forte que prévu PIB réel

Glissement annuel en % 4

3

Inflation globale

Chine

Inflation sous-jacente¹

États-Unis

Indice T4 2019 = 100 130

120

ZE17 ZE17, projection de décembre 2020

2

110

1

100

0

90

-1

2013

2015

2017

2019

2021

2023

0

0

2019

2020

2021

2022

2023

80

1. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source : Bases de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 108 et n° 110 ; et calculs de l' OCDE. StatLink 2 https://stat.link/fazmnw

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 133 diffèrent encore selon les pays et dans le temps, les restrictions sont de retour dans certaines régions. Si l'assouplissement opéré précédemment avait permis la réouverture des secteurs de services et de loisirs et la reprise des voyages internationaux, les toutes dernières évolutions de la situation épidémique ont fait apparaître certains risques de divergence à la baisse pour l’activité. Celle-ci a rebondi vigoureusement au premier semestre de 2021, et reste très dynamique au troisième trimestre. La consommation privée, tirée par le rattrapage de la demande et une hausse des rémunérations du travail, en a été l'un des principaux moteurs jusqu’à présent. Cette conjoncture a aidé à soutenir le redressement dans les secteurs de services, après celui de l'activité manufacturière. Ce rebond rapide de l'économie marque toutefois le pas désormais à cause de toute une série de perturbations dans les chaînes d'approvisionnement, en particulier dans les secteurs de la construction et du transport. Par conséquent, l’indice des directeurs d'achat du secteur manufacturier a régressé par rapport au pic atteint à l'été 2021. Ces perturbations dans les approvisionnements, ainsi qu’une hausse des prix de l'énergie, ont également entraîné une forte accélération des taux annuels d’inflation globale et d’inflation sousjacente, lesquels ont respectivement atteint 4.1 % et 2 % en octobre 2021. Si les anticipations d’inflation à long terme ont rebondi de leur point bas, elles demeurent pour l'instant ancrées en deçà de l’objectif de la BCE.

La normalisation des politiques budgétaires et monétaires doit être gérée prudemment La BCE a maintenu des conditions de financement très favorables pour les emprunteurs publics et privés tout au long de la crise. Les opérations de refinancement à long terme ciblées et non ciblées, de même que l'élargissement du Programme d'achats d’urgence face à la pandémie (PEPP), ont joué un rôle décisif dans le soutien à la reprise de la zone euro. Cela étant, comme les achats nets d'actifs du programme d'urgence ne devraient durer que jusqu’à mars 2022, un tournant majeur de la politique monétaire s'opérera alors, qui pourrait voir le Programme d'achat de titres du secteur public (PSPP) occuper une place plus importante. Le nouveau cadre de stratégie monétaire et les orientations prospectives mettent la barre plus haut, à juste titre, pour le retour à la normale de la politique monétaire, et pourraient en fait justifier un usage plus souple du programme PSPP, qui pourrait être prolongé jusqu'à ce que l'on anticipe un maintien durable de l’inflation globale à 2 %. Alors que, selon les projections, l’inflation devrait redescendre sous des niveaux inférieurs à 2 % d’ici à la fin de 2022 et jusqu’à la fin de 2023, et compte tenu du mouvement global de normalisation des politiques monétaires dans d'autres économies avancées, l'action de la BCE sera déterminante pour éviter un resserrement prématuré des conditions monétaire. Les taux directeurs devraient, selon les hypothèses retenues, rester inchangés en 2022 et 2023. Les politiques budgétaires nationales ont fortement soutenu l'activité en 2020 et 2021. Au-delà du déclenchement des stabilisateurs automatiques, les gouvernements ont assuré une relance discrétionnaire à hauteur de plus de 2 points de pourcentage du PIB de la zone euro en 2021, même si un retrait progressif est attendu en 2022 et 2023 du fait du retrait des mesures de soutien exceptionnel. Les États membres bénéficieront de la mise en œuvre des plans de relance nationaux, financés en partie par des subventions et des prêts de l’UE sur la période considérée. Les perspectives budgétaires à moyen terme à l’échelle nationale dépendent en partie du calendrier et des conditions de réinstauration et de réforme du Pacte de stabilité et de croissance.

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Après un solide rebond, la croissance reviendra progressivement à son potentiel La croissance devrait être de 5.2 % en 2021, avant de ralentir progressivement à 4.3 % en 2022 puis à 2.5 % en 2023. La consommation et l’investissement privés resteront portés par la levée des restrictions sanitaires et par le dynamisme des dépenses des ménages. En 2022, le chômage devrait se situer au niveau observé d’avant la pandémie, et devrait reculer encore en 2023, mais, dans l’hypothèse d’une absence de tensions durables sur les salaires, l’inflation baissera à moins de 2 % d’ici la fin de 2022. L'activité sera soutenue en outre par une vigoureuse croissance des exportations, à la faveur de la reprise économique dans le reste du monde. Dans ce contexte, l’excédent des paiements courants de la zone euro s'établira bien au-delà de 3 % du PIB dès 2021. En ce qui concerne les risques pesant sur les perspectives, l’efficacité de la campagne vaccinale pourrait être entravée par des difficultés dans sa mise en œuvre (troisième dose, réticence face à la vaccination), ainsi que par l'apparition de nouveaux variants. De nouvelles mesures de confinement pourraient s'avérer nécessaires. Dans ce contexte, une consolidation budgétaire précipité et généralisé, ou un ralentissement trop brutal du rythme des achats d'actifs de la BCE pourraient ralentir la reprise, voire raviver les tensions sur les dettes souveraines et, plus généralement, affaiblir la cohésion de la zone euro et la convergence conjoncturelle entre ses États membres. Enfin, la persistance de perturbations dans les approvisionnements pourrait se traduire par une inflation supérieure aux prévisions et susciter des incertitudes concernant la reprise. À l’inverse, une mise en œuvre rapide et efficace des plans nationaux pour la reprise et la résilience, associée à une réforme ambitieuse du cadre budgétaire de l’UE, pourrait raffermir la confiance, renforcer durablement la croissance et aider l’Europe à réussir ses transitions écologique et numérique.

Les politiques économiques devraient soutenir le redéploiement intersectoriel des ressources Il demeure nécessaire que l'action publique favorise le redéploiement des ressources entre les secteurs et stimule la croissance potentielle. Les mesures de soutien budgétaire d’urgence devraient être plus ciblées à mesure que l'économie se rétablit. L’investissement public, en particulier en faveur de la transition énergétique et numérique, y compris au travers de la recherche et de l’innovation, constitue un levier d'action essentiel pour soutenir la transition économique. La Facilité de l’UE pour la reprise et la résilience (RRF) sera particulièrement importante à cet égard. À l’avenir, la création, à titre permanent, d’une capacité budgétaire commune de stabilisation dans la zone euro réduirait les risques de divergence conjoncturelle, laquelle tend à dégrader durablement la production potentielle. En dépit du rôle important de la RRF, les politiques nationales demeureront le principal outil en matière budgétaire. Les incertitudes qui entourent actuellement l'évolution des règles budgétaires européennes créent des risques en ce qui concerne l’orientation des politiques budgétaires. Le débat ouvert dans la communication publiée par la Commission européenne sur la réforme du cadre budgétaire est encourageant, mais il faut encore qu'un consensus se dégage. En amont, la Commission devra réfléchir à la manière de réinstaurer le Pacte de stabilité et de croissance sans porter atteinte à la reprise ni aux besoins d’investissements verts.

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 135 Les réformes structurelles devraient rester au cœur du programme économique européen. Elles sont essentielles à la viabilité à long terme du rebond économique en cours et nécessaires pour promouvoir la convergence. Ces réformes devraient notamment porter sur l’éducation, la transformation numérique, et la transition environnementale et énergétique, ainsi que sur le secteur financier. Par exemple, il faudrait disposer d'un cadre de gestion des crises mis à niveau, qui permette une restructuration plus rapide des banques. De nouveaux instruments seront alors nécessaires, qui pourraient prendre la forme de sociétés de gestion d'actifs, de dispositifs de protection des actifs, de réformes des procédures de saisie des actifs fournis en garantie de prêts et de soutien au développement des marchés secondaires de créances douteuses.

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