Skip to main content

Perspectives économiques de l'OCDE : Suisse - décembre 2021

Page 1

128 

Suisse La croissance du PIB réel devrait s’établir à 2.9 % en 2021, à 3 % en 2022 et à 2.1 % en 2023. L’activité a rebondi en 2021 du fait de la levée des mesures de freinage de la pandémie, mais les vagues successives de contaminations par le COVID-19 durant la deuxième moitié de l’année ont accru les incertitudes. La progression continue des exportations, notamment dans les secteurs chimique et pharmaceutique, et l’amélioration de la confiance devraient soutenir l’investissement privé. Les perspectives plus favorables du marché du travail et la réduction de l’épargne, actuellement élevée, étayeront la croissance de la consommation. Sur fond de hausse des prix de l’énergie, l’inflation s’est redressée mais devrait rester modérée. Les anticipations d’inflation étant bien ancrées et les incertitudes restant élevées, l’orientation accommodante de la politique monétaire actuelle demeure adéquate. S’il convient de supprimer progressivement les mesures budgétaires liées au COVID-19, des aides ciblées en faveur des travailleurs et entreprises vulnérables devraient être maintenues pour le moment. Des réformes structurelles visant à améliorer le climat des affaires, à lever les obstacles à la concurrence et au commerce, à accroître l’inclusivité du marché du travail et à promouvoir la durabilité environnementale de l’investissement et de la consommation favoriseraient une reprise vigoureuse. Le rythme de la reprise a ralenti mais reste solide Depuis la mi-octobre, le nombre de cas d’infection par le COVID-19 a fortement augmenté. La présentation d’un « certificat COVID-19 » a été rendue obligatoire depuis la mi-septembre pour accéder à certains lieux fermés tels que les restaurants, bars et musées, mais la vaccination a marqué le pas depuis le mois d’octobre. À la mi-novembre, la part de la population suisse totale disposant d’un schéma vaccinal complet

Suisse L'activité a rebondi après la levée des mesures de freinage Glissement annuel en % 15 Indice relatif à l'activité économique hebdomadaire →

Les perspectives s'améliorent sur le marché du travail Indice 15

← PIB réel, ajusté des événements sportifs¹

10

10

5

5

0

0

-5

-5

-10

2019

2020

2021

-10

Milliers 1400

Millions 5.5

← Travailleurs en chômage partiel ← Chômeurs, BIT

1200

5.4

Emploi intérieur →

1000

5.3

800

5.2

600

5.1

400

5.0

200

4.9

0

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

4.8

1. Le PIB est ajusté en fonction des grands événements sportifs internationaux qui peuvent avoir un impact significatif sur le PIB suisse, mais qui n’ont pas lieu tous les ans, ce qui complique l’analyse du cycle économique. Source : Secrétariat d’État à l’économie (SECO) ; et Office fédéral de la statistique (OFS). StatLink 2 https://stat.link/s9ja7b

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


 129

Suisse : Demande, production et prix 2018

Suisse PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation IPC sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

2019

Prix courants milliards de CHF

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

719.8 372.2 79.9 184.0

1.2 1.4 0.7 0.6

-2.5 -3.7 3.5 -1.7

2.9 1.7 6.4 4.8

3.0 3.8 -2.5 3.6

2.1 1.9 -0.4 1.1

636.1 - 5.9

1.1 0.7

-2.3 1.3

3.2 -3.0

2.9 -0.5

1.4 0.0

630.2 476.6 387.0 89.6

1.9 -0.7 -0.2 -0.4

-0.9 -6.3 -4.4 -1.8

-0.1 7.6 3.1 3.1

2.4 5.4 4.7 1.0

1.4 4.4 3.8 0.9

_ _ _ _

-0.1 0.4 0.4 4.4

-0.5 -0.7 -0.3 4.8

1.2 0.6 0.3 5.1

1.4 1.0 0.7 4.6

1.0 0.8 0.8 4.4

_

17.4

23.1

23.0

20.1

18.7

_ _ _

1.3 41.0 4.9

-2.8 43.9 1.2

-2.3 46.8 6.2

0.2 47.2 6.5

0.8 46.9 6.4

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.

StatLink 2 https://stat.link/w6o9hi

s’élevait à environ 65 %, soit un taux inférieur à la moyenne de l’Union européenne. La levée de la plupart des mesures de freinage au printemps s’est traduite par un net rebond de l’activité économique au deuxième trimestre de 2021. Les exportations, tirées par les secteurs chimique et pharmaceutique, se sont redressées rapidement. Certains signes indiquent que la dynamique de croissance a ralenti depuis peu, le commerce de détail progressant moins rapidement et le nombre d’immatriculations de véhicules neufs restant inférieur à la normale. La croissance globale devrait cependant rester vigoureuse, car la confiance des entreprises demeure forte. Le PIB devrait retrouver avant la fin de l’année les niveaux observés avant la pandémie. Même si le taux de chômage demeure plus élevé qu’avant la pandémie, le nombre de travailleurs au chômage partiel et de chômeurs a sensiblement reculé depuis le début de l’année et le nombre de vacances d’emploi a augmenté. Après avoir été négative pendant un an environ, l’inflation mesurée par les prix à la consommation a progressé sous l’effet de la montée des prix de l’énergie, mais elle reste nettement en deçà de la limite supérieure de la fourchette retenue comme objectif par la banque centrale.

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


130 

D’importantes mesures de soutien public restent en place Forte d’une position budgétaire solide caractérisée par une faible dette publique, la Confédération a pu mettre en œuvre de généreuses mesures de soutien en faveur des travailleurs et des entreprises durant la crise. Pour accompagner la reprise, les pouvoirs publics ont élaboré une stratégie de transition visant à supprimer progressivement les mesures exceptionnelles liées au COVID-19, tout en aidant les travailleurs et les entreprises à s’adapter aux évolutions structurelles et en revitalisant la croissance par des investissements et des réformes structurelles. Les mesures visant à étendre la portée et la durée du dispositif de maintien dans l’emploi pendant la crise sont, depuis juillet 2021, progressivement retirées, mais un retour complet à la normale n’est pas prévu avant 2022. Le programme destiné aux « cas de rigueur », qui prévoit l’octroi de subventions, prêts et garanties de crédit aux entreprises les plus durement touchées par la crise, est maintenu jusqu’à la fin de 2021, et une plus grande marge de manœuvre a été accordée aux cantons pour ajuster les conditions d’octroi en fonction des besoins locaux. Compte tenu des taux d’intérêt négatifs et de la taille relativement modeste du marché obligataire national, la Banque nationale suisse continue de considérer les interventions sur le marché des changes comme un moyen de contrer les pressions dont le franc suisse fait l’objet en tant que valeur refuge (et les tensions déflationnistes qui y sont liées). La politique monétaire devrait rester accommodante, caractérisée par le maintien d’un taux directeur négatif.

La reprise économique va se poursuivre Grâce au rebond de l’activité, la croissance du PIB devrait atteindre 2.9 % en 2021. La dissipation des incertitudes liées à la pandémie et le faible coût du capital devraient continuer de soutenir l’investissement en 2022. Le retour à la normale sur le marché du travail et la réduction du taux d’épargne des ménages, actuellement élevé, tireront la consommation au cours des deux prochaines années. Le dynamisme de la demande extérieure devrait stimuler les exportations. Du fait de la nette diminution des dépenses liées au COVID-19 en 2022, le déficit budgétaire des administrations publiques devrait laisser place à un excédent, et l’assainissement budgétaire devrait se poursuivre en 2023. L’emploi progressera peu à peu et entraînera une hausse annuelle des salaires d’un peu plus de 1 ½ pour cent en 2022 et en 2023, mais l’inflation mesurée par les prix à la consommation devrait rester modérée. Néanmoins, les incertitudes demeurent élevées. Les risques ont augmenté dans le secteur financier avec l’accroissement de l’endettement des entreprises et des déséquilibres sur le marché immobilier intérieur.Des perturbations des échanges commerciaux, liées à de nouvelles vagues d’infections ou à de nouveaux obstacles au commerce, notamment avec l’Union européenne, pourraient entraver la reprise. À l’inverse, une réduction plus rapide de l’épargne accumulée se traduirait par une consommation et une activité plus vigoureuses.

Des mesures de soutien ciblées favoriseraient une reprise inclusive Les tensions inflationnistes étant modérées et les anticipations d’inflation à long terme bien ancrées, l’orientation accommodante de la politique monétaire demeure adéquate. Il convient de maintenir une surveillance étroite des risques financiers. La suppression des mesures de soutien budgétaire devrait être progressive afin d’éviter d’entraver la reprise. À cet égard, le gouvernement gagnerait à aménager de façon temporaire, comme il l’envisage actuellement, l’application des règles budgétaires fédérales, car il disposerait ainsi d’une plus grande marge de manœuvre en ce qui concerne le rythme de l’assainissement budgétaire. Il faudrait orienter de plus en plus les mesures de soutien vers les entreprises et les individus les plus affectés par la crise, plutôt que vers les emplois, en facilitant le redéploiement de la main-d’œuvre par la recherche d’emploi et le développement des compétences. Améliorer le climat des affaires, abaisser les obstacles à la concurrence et au commerce, et promouvoir l’intégration dans le marché du travail des catégories sous-représentées, telles que les ressortissants étrangers, les femmes et les seniors, stimuleraient la productivité et contribueraient à soutenir la reprise. Des politiques visant à renforcer la durabilité environnementale de la consommation et de l’investissement permettraient d’accélérer la transition vers une économie à bas carbone.

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Perspectives économiques de l'OCDE : Suisse - décembre 2021 by OECD - Issuu