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Perspectives économiques de l'OCDE : Royaume-Uni - décembre 2021

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Royaume-Uni L’économie se redresse et devrait retrouver au début de 2022 les niveaux atteints avant la crise. La croissance de la production devrait s’élever à 6.9 % en 2021, avant de ralentir pour s’établir à 4.7 % en 2022 et à 2.1 % en 2023. La consommation constituera le principal moteur de la croissance durant la période couverte par les projections. L’investissement des entreprises s’améliorera, mais son redressement restera entravé par le climat d’incertitude. La hausse des coûts à la frontière consécutive à la sortie du Royaume-Uni du marché unique de l’Union européenne (UE) freine les importations et les exportations. Le chômage continuera de reculer. L’inflation s’accélérera encore en raison de la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, et de la persistance des difficultés d’approvisionnement. Elle devrait culminer à 4.9 % au premier semestre de 2022, avant de retomber vers le taux cible de 2 % avant la fin de 2023. La politique monétaire devrait être progressivement resserrée afin de ramener l’inflation vers l’objectif à moyen terme dans la mesure où les tensions sur les prix semblent appelées à perdurer. La politique budgétaire devrait continuer à soutenir l’économie et être mieux ciblée en faveur de la restructuration économique. Promouvoir la formation et les programmes d’accompagnement de carrière peut faciliter le redéploiement des ressources et simplifier les transitions professionnelles. Afin de soutenir l’investissement, les programmes publics devraient viser à donner des assurances sur les enjeux à long terme tels que la transition vers la neutralité carbone. L’impact de la suppression progressive des mesures de soutien budgétaire sur les entreprises et les ménages, dans un contexte de hausse des impôts, devrait être surveillé de près, afin d’éviter de mettre la reprise en péril. Les progrès sur le front de la vaccination soutiennent la reprise Rapidement déployée, la campagne initiale de vaccination contre le COVID-19 a desserré le lien entre les nouvelles contaminations et le nombre d’hospitalisations et de décès, permettant une large réouverture de l’activité économique. En Angleterre, la quasi-totalité des mesures de restriction liées au COVID-19 ont

Royaume-Uni La reprise sera tirée par la consommation

Le marché du travail se tend

Indice T4 2019 = 100, c.v.s. 110

Milliers 1400

Milliers 2800

PIB réel

105

Nombre de chômeurs →

Consommation privée réelle

1200

2400

← Total des postes à pourvoir

100

1000

2000

95

800

1600

90

600

1200

85

400

800

80

200

400

75

2020

2021

2022

2023

0

0

2019

2020

2021

0

Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 110 ; et Office des statistiques nationales (ONS, UK Office for National Statistics), statistiques du marché du travail. StatLink 2 https://stat.link/7qcz3f

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Royaume-Uni : Demande, production et prix 2018

2019

Prix courants milliards de GBP

Royaume-Uni PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne brute des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2019)

2 174.4 1 412.3 399.0 386.5

1.7 1.3 4.2 0.5

-9.7 -10.9 -6.3 -9.1

6.9 3.7 15.8 4.6

4.7 6.6 3.9 4.2

2.1 2.8 1.1 2.9

2 197.8 4.9

1.7 -0.1

-9.7 -0.5

6.5 1.5

5.6 0.1

2.5 0.0

2 202.7 663.3 691.6 - 28.3

1.6 3.4 2.9 0.1

-10.4 -14.7 -16.8 0.8

7.8 -2.5 1.6 -1.1

5.6 5.1 8.0 -0.8

2.4 3.7 4.5 -0.3

_ _ _ _

2.0 1.8 1.7 3.8

5.9 0.9 1.4 4.5

0.8 2.4 2.3 4.5

2.3 4.4 3.3 4.3

2.2 2.4 2.3 4.2

_

4.6

13.4

12.2

6.5

5.3

_ _ _

-2.3 -12.9 -9.1 -5.4 -4.0 118.5 154.4 155.6 153.6 153.1 -2.7 -2.6 -2.8 -3.5 -3.5

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.

StatLink 2 https://stat.link/yzcliw

Royaume-Uni 2 La hausse de l'inflation devrait être modérée

Le solde budgétaire va augmenter progressivement

Glissement annuel en % 5

% du PIB 0

% du PIB 125

Inflation globale¹ Inflation sous-jacente²

4

-3

100

3

-6

75

2

-9

50

1

-12

← Solde budgétaire

25

Dette publique nette³ →

0

2019

2020

2021

2022

2023

0

-15

2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022

0

1. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. 2. Engagements financiers nets des administrations publiques. Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 110. StatLink 2 https://stat.link/du156v

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126  été levées le 19 juillet. Les discothèques ont ainsi rouvert et les contraintes pesant sur les événements et manifestations de grande ampleur ont été assouplies. Les recommandations en matière d’hygiène et de distanciation physique restent en place. Les administrations décentralisées d’Écosse et du Pays de Galles ont progressivement supprimé les restrictions liées à la pandémie de COVID-19 durant l’été, certaines contraintes restant en revanche maintenues en Irlande du Nord en ce qui concerne la taille autorisée des rassemblements. Face à la possibilité d’une troisième vague d’infections durant l’hiver et en réaction à la forte hausse des cas confirmés en octobre, des rappels de vaccin sont proposés à certaines catégories de population, et la campagne vaccinale a été élargie aux adolescents de 12 à 15 ans en bonne santé. La production a enregistré une forte croissance au premier semestre de 2021 à la faveur de la réouverture progressive de l’activité économique, mais les données à haute fréquence font état d’un ralentissement en raison des pénuries affectant l’offre et la main-d’œuvre. La croissance du PIB a marqué le pas au troisième trimestre de 2021, pour s’établir à 1.3 %. Les services d’hôtellerie et l’événementiel ont particulièrement bénéficié de la levée des restrictions liées au COVID-19 en Angleterre. La production a apporté une contribution positive à la croissance au troisième trimestre, tandis que la construction s’est contractée. Le marché du travail a nettement rebondi, le nombre de vacances d’emploi ressortant à près de 1.2 million en septembre, un niveau record. L’emploi progresse, tandis que le chômage diminue depuis le mois de janvier. Des pénuries de main-d’œuvre se font jour dans les secteurs particulièrement touchés par la pandémie et dans lesquels les migrants originaires de l’UE étaient surreprésentés, tels que l’hébergement et la restauration, le commerce de gros et de détail, et le transport et la logistique. Les salaires moyens ordinaires hors primes ont augmenté de 6 % entre les mois de juin et d’août 2021, mais la croissance salariale sous-jacente serait plus modérée selon la Banque d’Angleterre. L’envolée des prix de l’énergie, couplée aux pénuries d’offre et de main-d’œuvre qui ont été amplifiées par le durcissement des restrictions commerciales et migratoires liées à la sortie du Royaume-Uni du marché unique de l’UE, a porté l’inflation bien au-delà de l’objectif de 2 %, jusqu’à 4.2 % en octobre. En octobre, les anticipations d’inflation pour l’année à venir ont augmenté pour s’établir à 4.4 %.

Les mesures de soutien ont été supprimées suite à la levée des restrictions visant à freiner la pandémie Les principales mesures de soutien budgétaire ont été progressivement supprimées et les dépenses associées auront en grande partie disparu en 2022. Le dispositif de maintien dans l’emploi mis en place dans le cadre de la pandémie (Coronavirus Job Retention Scheme, CJRS), les mesures de soutien au revenu des travailleurs indépendants (Self Employment Income Support Scheme, SEISS) et la majoration hebdomadaire de 20 GBP de la prestation universelle (Universal Credit) ont pris fin en septembre, tout comme un certain nombre d’autres aides liées à la crise. D’autres mesures, telles que les taux de TVA réduits dans l’hôtellerie et les loisirs, sont progressivement supprimées. Un certain resserrement de la politique budgétaire est attendu alors que le gouvernement compte augmenter les impôts en 2022 (gel des tranches de l’impôt sur le revenu et hausse des cotisations au système d’assurance sociale) et en 2023 (augmentation de l’impôt sur les sociétés). Les dépenses se concentreront sur l’amélioration des infrastructures et des projets de soutien à la transition de l’économie vers la neutralité carbone. La politique monétaire continue de soutenir l’activité. La Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 0.1 % et accru son programme d’achat d’obligations tout au long de la crise pour en porter le montant total à 895 milliards GBP (soit 44 % du PIB en 2020). Les pénuries d’offre et de main-d’œuvre et la hausse des prix des carburants et de l’énergie accentuant les tensions inflationnistes, la banque centrale devrait resserrer à court terme sa politique monétaire, relevant progressivement son taux directeur de 0.1 % à 0.5 % afin de maintenir l’objectif d’inflation à moyen terme. La Banque d’Angleterre entend arrêter de réinvestir le produit des actifs arrivant à échéance une fois que le taux directeur atteindra 0.5 %, si elle le juge approprié compte tenu de la situation économique, et elle n’envisagera de vendre des actifs que lorsque le taux directeur s’élèvera à au moins 1 %.

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La reprise devrait se poursuivre La croissance de la production devrait s’élever à 6.9 % en 2021, avant de ralentir pour s’établir à 4.7 % en 2022 puis à 2.1 % en 2023. La consommation continuera de soutenir la croissance, mais ce soutien devrait décélérer à mesure que le soutien public diminuera et que les ménages commenceront à percevoir l’impact de la hausse des prix sur leur revenu. Les foyers relevant des tranches de revenu inférieures, qui ont moins épargné pendant la crise, devraient être particulièrement touchés par la suppression des aides liées à la pandémie. À l’inverse, l’épargne des ménages plus aisés, qui avait fortement augmenté en 2020, connaîtra un retour à la normale. L’investissement des entreprises sera soutenu en 2022 par une déduction majorée pour certains types d’investissements disponible jusqu’en avril 2023. Le taux de chômage reculera progressivement pour atteindre 4.2 % en 2023, le marché du travail continuant de se tendre. Les pénuries de main-d’œuvre accroissent les tensions sur les salaires, mais ne devraient pas alimenter durablement l’inflation. L’indice annuel des prix à la consommation devrait culminer à 4.9 % au deuxième trimestre de 2022, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et des pressions haussières exercées par les perturbations commerciales et l’inflation importée. L’investissement public progressera en 2022 et 2023, en raison de l’augmentation prévue des dépenses relatives aux infrastructures et au climat. Le déficit des administrations publiques devrait régresser progressivement pour atteindre 5.4 % du PIB en 2022 et 4 % en 2023. Des risques pèsent sur les prévisions. Les préoccupations persistantes en matière de santé publique et le niveau plus élevé que prévu des prix de l’énergie et des marchandises pourraient freiner la consommation. Une période prolongée de pénuries aigües d’offre et de main-d’œuvre pourrait ralentir la reprise en contraignant les entreprises à réduire de façon plus permanente leurs capacités d’exploitation. Une hausse des anticipations d’inflation pourrait conduire plus tôt que prévu à un relèvement du taux directeur. Une détérioration des relations commerciales avec l’Union européenne pourrait également peser sur les perspectives économiques à moyen terme. Quant aux risques de divergence à la hausse, ils tiendraient à un redéploiement plus rapide qu’attendu des travailleurs qui étaient couverts par le dispositif de chômage technique vers les emplois vacants disponibles.

Relever les défis à long terme pour soutenir la reprise Des signes clairs de tensions persistantes sur les prix devraient entraîner un resserrement de la politique monétaire. Il faudrait que la politique budgétaire reste expansionniste. Un coup de pouce aux investissements dans les compétences, la reconversion et l’orientation professionnelle est une initiative bienvenue, qui peut favoriser la restructuration de l’économie. En outre, la réduction de la part des frais de garde restant à la charge des parents aiderait ceux-ci, et en particulier les mères de famille, à augmenter leurs heures de travail dans un emploi rémunéré ou à suivre une formation. Le gouvernement peut aussi stimuler la reprise en annonçant clairement son approche de la transition vers la neutralité carbone, et les décisions de politique publique peuvent fournir l’assurance nécessaire aux entreprises pour accroître leurs investissements. Enfin, l’investissement public devrait être axé sur l’amélioration du chauffage domestique et sur les infrastructures nécessaires à la réalisation des objectifs ambitieux du Royaume-Uni en matière d’émissions de carbone, comme l’électrification de nouveaux secteurs économiques et l’adaptation des systèmes électriques à des volumes beaucoup plus élevés et à la variabilité des énergies renouvelables.

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