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Suisse L’activité économique devrait se contracter de 4.7 % en 2020 et rebondir de 2.2 % en 2021 et de 3.4 % en 2022, selon les prévisions. Elle ne retrouvera son niveau d’avant la crise qu’en 2022. L’investissement et la consommation privés seront freinés par une confiance fragile et un chômage élevé. Les exportations seront entravées par la faiblesse de la croissance enregistrée par les partenaires commerciaux de la Suisse. Une deuxième vague de contaminations de grande ampleur exacerbe l’incertitude mais une campagne massive de vaccination dans les derniers mois de 2021 devrait améliorer la situation sanitaire. L’effort de relance budgétaire a été considérable et la politique monétaire conserve une orientation accommodante. De nouvelles mesures budgétaires de soutien à l’activité pourraient s’avérer nécessaires. À mesure que le recours au chômage partiel diminuera, de nombreux travailleurs pourraient avoir besoin de formation et de reconversion professionnelles pour répondre à la demande de main-d’œuvre à moyen terme. Il faudrait simplifier les procédures de création d’entreprise afin d’améliorer et d’accélérer le redéploiement des ressources en main-d’œuvre et en capitaux. Suisse Le marché du travail a été touché Milliers, c.v.s. 175
L'activité s'est redressée après le confinement initial Milliers 1250
← Nombre de chômeurs inscrits Nombre de chômeurs partiels →
160
1000
145
750
130
500
115
250
Indice de diffusion, c.v.s. 56 54
36
52
18
50
0
48
-18
46
-36
44
-54
42
-72
40
Indice des directeurs d'achat ← du secteur manufacturier
38 100
2019
2020
0
% de variation par rapport au niveau de référence 54
36 févr.-20
Données de Google sur la mobilité¹ →
avr.-20
juin-20
août-20
oct.-20
-90 -108 -126 déc.-20
1. Moyenne des 7 jours précédents de l'évolution de la mobilité mesurée par Google pour les commerces et loisirs. Le niveau de référence est la valeur de la médiane, pour un jour donné de la semaine, calculée sur la période de 5 semaines comprise entre le 3 janvier et le 6 février 2020. Source: Secrétariat d’État à l’économie (SECO) ; Refinitiv ; et Google LLC, Rapports sur la mobilité de la communauté - COVID-19, https://www.google.com/covid19/mobility/ StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934219584
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Suisse : Demande, production et prix
2017
Suisse PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation IPC sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
Prix courants milliards de CHF
694.0 365.3 78.6 180.1 624.1 - 6.8 617.3 452.5 375.8 76.7
2018
2019
2020
2021
2022
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)
3.0 0.8 0.9 0.8 0.8 0.3 1.1 3.4 0.4 2.0
1.1 1.4 0.9 1.2 1.3 0.1 1.4 -0.1 0.0 -0.1
-4.7 -6.8 2.2 -5.2 -5.2 -0.9 -6.4 -4.4 -6.8 0.8
2.2 1.4 2.0 1.9 1.6 -0.9 0.6 2.2 0.8 1.0
3.4 1.9 1.6 4.4 2.6 0.0 2.6 3.3 3.0 0.6
_ _ _ _
0.7 0.9 0.5 4.7
-0.1 0.4 0.4 4.4
-0.2 -0.7 -0.3 4.9
0.3 0.2 0.3 5.2
0.6 0.4 0.4 4.8
_
17.3
17.9
22.1
20.8
20.1
_ _ _
1.3 39.4 8.6
1.4 38.1 10.9
-4.4 42.0 6.4
-3.8 45.9 5.8
-2.5 48.5 6.5
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108.
StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934219603
Le nombre de cas de contamination au COVID-19 est reparti à la hausse après l’été L’économie s’est redressée fin avril après la fin du confinement de six semaines ayant impliqué une fermeture des établissements d’enseignement et de nombreuses activités économiques. La situation a commencé à se dégrader de nouveau après l’été avec une hausse marquée du nombre de nouveaux cas en octobre. De nouvelles mesures sanitaires ont été prises : le port du masque a été rendu obligatoire dans tous les lieux publics clos ; les rassemblements publics et privés sont limités ; le télétravail est recommandé et l’enseignement supérieur a lieu en ligne. Certains cantons appliquent des mesures plus strictes. Ainsi, les commerces non essentiels sont fermés à Genève, ainsi que les bars, restaurants, musées, cinémas et salles de spectacle dans les cantons du Jura et de Vaud. Un système de dépistage, de traçage et d’isolement est également en place, le traçage des cas contacts étant de la responsabilité des cantons.
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L’économie a été durement touchée Le confinement a provoqué une forte baisse du PIB au deuxième trimestre 2020, même si ce recul a été plus limité que dans nombre d’autres pays européens. Outre le fait que les restrictions imposées pour endiguer l’épidémie ont été levées relativement tôt, la structure de l’économie a contribué à en limiter l’impact. Le secteur manufacturier a bénéficié des résultats positifs de l’industrie chimique et pharmaceutique. Par ailleurs, plusieurs secteurs, tels les services d’hébergement, les transports et la construction, ont été durement touchés. La confiance des consommateurs se rétablit, tout en restant inférieure à son niveau pré-crise. Le chômage à temps partiel a concerné plus d’un quart des salariés depuis le début de la crise, même si le nombre de salariés en chômage partiel est désormais en train de diminuer. Environ la moitié seulement du recul marqué de l’emploi a entraîné une hausse du chômage, étant donné qu’une partie de la population active est sortie du marché du travail. Le chômage semble s’être stabilisé mais pourrait rebondir lorsque le recours au chômage partiel prendra fin ou si les restrictions sont prolongées.
Un train de mesures de soutien de grande ampleur est mis en œuvre Un vaste train de mesures (représentant approximativement 6 % du PIB, pour la moitié environ constitués de garanties de l’État) a été adopté pour soutenir les revenus et les entreprises. L’allocation pour perte de gain COVID-19 a compensé les pertes de revenu subies par les salariés et les travailleurs indépendants en lien avec le coronavirus. Ce dispositif a été prolongé jusqu’à mi-2021. Les autorités ont élargi le champ d’application du régime de chômage partiel en place, afin de limiter l’impact de la crise sur l’emploi. Pour éviter une augmentation des cotisations salariales, le Conseil fédéral a accordé des financements au fonds de compensation de l’assurance-chômage (à hauteur de 1.7 % du PIB environ). Les entreprises en difficulté peuvent aussi bénéficier de garanties de l’État pour leurs prêts et de reports du paiement de certains impôts. La politique monétaire conserve une orientation accommodante, caractérisée par des taux d’intérêt négatifs. En outre, par le biais de sa facilité de refinancement BNS-COVID-19, la Banque nationale suisse fournit des liquidités aux banques pour financer des prêts couverts par le dispositif de cautionnements solidaires liés au COVID-19 mis en place par le gouvernement.
L’économie se redresse lentement mais les risques sont élevés Le PIB devrait se contracter de 4.7 % en 2020. Le taux de croissance devrait remonter à 2.2 % en 2021 et à 3.4 % en 2022. Certains secteurs, tels que les transports et le tourisme, devraient ressentir plus longtemps les effets de la crise. À l’inverse, l’industrie chimique et pharmaceutique devrait continuer de soutenir la reprise. La consommation privée sera freinée par le chômage élevé et la confiance fragile. Les exportations ne redémarreront que lentement, en raison de l’atonie de la demande chez les partenaires commerciaux de la Suisse et de la vigueur du Franc suisse. Les risques sont orientés à la baisse. Des reconfinements locaux pèseraient sur la croissance tant qu’une immunité à grande échelle n’aura pas été atteinte. La stabilité financière pourrait être compromise par l’augmentation persistante des prêts hypothécaires et des prix de l’immobilier résidentiel. En revanche, une croissance plus dynamique en Europe aurait un effet positif sur les exportations.
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De nouvelles mesures temporaires de relance budgétaire et une simplification de la réglementation favoriseront la reprise Lorsque le recours au chômage partiel sera réduit, des entreprises risquent de disparaître et beaucoup de travailleurs risquent de basculer dans le chômage. Pour améliorer et accélérer le redéploiement des ressources, il faudra renforcer les aides à la formation et à la reconversion professionnelles, en particulier dans le domaine des nouvelles technologies. Il sera essentiel de simplifier les procédures de création d’entreprise. Pour aider les banques à fournir des crédits aux entreprises confrontées à des problèmes de liquidités, la Banque nationale suisse devrait se tenir prête à prolonger la facilité de refinancement BNS-COVID-19.
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