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Luxembourg note pays: Perspectives économiques de l'OCDE 2020

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Luxembourg Après une contraction de 4.4 % en 2020, l’économie devrait enregistrer une croissance modérée de 1.5 % en 2021, et de 3.8 % en 2022. L’instauration de confinements dans des pays voisins va limiter sensiblement les exportations au dernier trimestre de 2020, entraînant une contraction de l’activité économique. Le PIB recommencera à augmenter au premier trimestre de 2021. La reprise s’accélérera au cours des trimestres suivants, à la faveur d'une demande extérieure plus dynamique et d’un raffermissement de la confiance des consommateurs et des entreprises au Luxembourg, lié à la diffusion d’un vaccin efficace. Le taux de chômage devrait atteindre un point haut au début de 2021, aux alentours de 7.2 %, et refluer à 6.2 % à la fin de 2022. Les risques de divergence par rapport à ces prévisions sont orientés à la baisse et tiennent à la possibilité d’une évolution de la situation épidémiologique moins favorable qu’on ne s’y attend, d’une atonie persistante du marché du travail et d’une accentuation des difficultés sur les marchés financiers. À l’inverse, une disparation plus rapide que prévu de la pandémie, associée à la distribution d’un vaccin efficace, pourrait entraîner un rebond plus vigoureux de la consommation privée et de l’investissement. Le soutien des pouvoirs publics devrait être concentré sur les secteurs importants qui sont encore affectés par la récession (comme le transport, l’hôtellerie et la restauration). Il faudrait élargir le champ d’application des politiques actives du marché du travail et des programmes de formation aux travailleurs bénéficiant d’un dispositif de maintien dans l’emploi (tel que le chômage partiel), pour accélérer leur reclassement en cas de licenciement. Il conviendrait d’envisager un renforcement des politiques d’activation de la main-d’œuvre, étant donné que les dispositifs de maintien dans l'emploi devraient être démantelés en juin 2021. Luxembourg Le taux de chômage a commencé à diminuer

L'épargne des ménages a atteint des niveaux sans précédent Taux d'épargne net des ménages

% de la population active 8

% du revenu disponible des ménages 35 30

7

25 6

20 15

5

10 4 3

5 Jan-20

Mar-20

May-20

Jul-20

0 Sep-20

0

2017

2018

2019

2020

2021

2022

0

Source: Eurostat; et base de données des Perspectives économiques de l'OCDE No 108.

StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934219090

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2020 NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2020


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Luxembourg : Demande, production et prix 2017

Luxembourg PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

Prix courants milliards de EUR

56.8 16.9 9.4 10.7 37.0 - 0.1 36.8 123.5 103.6 20.0

2018

2019

2020

2021

2022

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2010)

3.1 3.3 4.0 -6.1 0.8 1.0 2.3 0.5 -0.3 1.7

2.3 2.8 4.9 4.0 3.7 -0.2 3.4 0.8 0.9 0.2

-4.4 -12.4 4.0 -17.5 -9.3 -0.2 -9.5 -1.2 -2.4 1.6

1.5 2.7 2.2 5.1 3.1 0.0 3.1 2.5 3.1 -0.2

3.8 5.7 1.0 6.5 4.4 0.0 4.4 3.5 3.7 1.1

_ _ _ _

2.5 2.0 0.9 5.5

3.4 1.6 1.8 5.4

3.2 0.1 1.2 6.4

1.6 0.9 1.1 7.0

1.2 1.3 1.3 6.4

_

16.0

16.8

27.4

23.1

18.8

_ _

3.1 28.9

2.4 30.0

-6.1 35.3

-6.1 42.8

-4.7 49.4

_

21.0

22.0

27.3

34.9

41.5

_

4.8

4.6

2.7

2.7

3.5

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108.

StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934219109

Une seconde vague d’infections prend de l’ampleur Les mesures d’endiguement adoptées par les autorités ont permis de limiter la propagation du virus jusqu’à la fin du mois de juin. Toutefois, le nombre de nouvelles contaminations est reparti à la hausse en juillet. À l’automne, le nombre quotidien de nouveaux cas d’infection, en proportion du nombre d’habitants, a atteint un niveau élevé comparé à d’autres pays de l’UE, même si les unités de soins intensifs ont continué de fonctionner sans se heurter aux limites de leurs capacités d’accueil. Ces prévisions reposent sur l’hypothèse que la vague de contaminations actuelle sera gérée avec un nouveau durcissement des restrictions (se traduisant éventuellement par une interdiction du service en salle pour les restaurants et les bars), mais sans qu’un confinement total soit imposé de nouveau à l’échelle nationale. Une stratégie de dépistage généralisé du COVID-19 a permis un suivi relativement précis et rapide de la propagation de la pandémie.

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Le rebond de l’économie s’est interrompu Au deuxième trimestre de 2020, l’économie s’est contractée de 7.2 % en glissement annuel, en raison d’une baisse marquée de la consommation privée et de l'investissement. Cela représente la plus forte chute du PIB qu’ait jamais enregistrée le Luxembourg en un trimestre, même si ce recul est resté plus limité que dans la plupart des autres économies de l’UE, ce qui tient en partie à la relative résilience du secteur financier et à son importance dans l’économie. Un assouplissement progressif des mesures d'endiguement à partir de mai a permis un rebond de l’activité. L’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier et les ventes au détail se sont redressés après avoir atteint un point bas au mois d’avril, et la situation du marché du travail a continué de s’améliorer, le taux de chômage refluant après avoir culminé à 7.4 % en mai. Cela étant, compte tenu de la dégradation de la situation épidémiologique en Europe, et de l’adoption de nouvelles mesures strictes d’endiguement par certains partenaires commerciaux essentiels du Luxembourg, notamment la France et l’Allemagne, le dernier trimestre de 2020 devrait avoir été marqué, selon les estimations, par une contraction du PIB, et le redressement de l’économie ne devrait reprendre qu’en 2021.

Le soutien apporté à l’économie est considérable Un certain nombre d’initiatives fiscales, de mesures de dépenses et de dispositions financières ont été adoptées pour atténuer l’impact sur l’économie de la pandémie et des mesures d’endiguement prises en conséquence. Des reports de paiement d’impôts et de cotisations de sécurité sociale ont été accordés pour soulager la trésorerie des entreprises et des travailleurs indépendants pendant le confinement. Les entreprises remplissant les conditions requises ont bénéficié d’avances remboursables destinées à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) touchées par l’épidémie de COVID-19. Cette mesure complète le moratoire de six mois sur le remboursement des prêts en cours que les banques ont spontanément instauré en avril. En parallèle, les autorités ont décidé, pour faciliter l’octroi de nouveaux prêts, de mettre en place un mécanisme de garantie de 2.5 milliards EUR pour les nouvelles lignes de crédit jusqu’à la fin de 2020. Enfin, le dispositif de chômage partiel a été prolongé jusqu’à juin 2021.

La reprise va s’accélérer à partir de la mi-2021, mais des risques perdurent Après un quatrième trimestre de 2020 marqué, selon les estimations, par une contraction du PIB, liée à une chute des exportations, le redressement de l’économie reprendra au début de 2021. Il s’accélèrera tout au long de l’année, à la faveur d'une demande extérieure plus dynamique et d’un raffermissement de la confiance des consommateurs et des entreprises au Luxembourg. Le PIB devrait augmenter de 1.5 % en 2021 et de 3.8 % en 2022, dans l’hypothèse où l’on parviendrait à maîtriser peu à peu la pandémie au moyen d’un vaccin efficace. Après avoir été fortement expansionniste en 2020, la politique budgétaire prendra une orientation légèrement restrictive en 2021 et 2022. Le taux de chômage devrait atteindre un point haut au premier trimestre de 2021, à 7.2 %, et refluer à 6.2 % à la fin de 2022. Les conditions de financement favorables et les fonds provenant de la Facilité pour la reprise et la résilience de l’Union européenne (UE) soutiendront l’investissement en 2021. Les risques de divergence par rapport à ces prévisions sont orientés à la baisse et tiennent à la possibilité d’une dégradation de la situation épidémiologique, et d’une faiblesse prolongée de certains secteurs à forte intensité de main-d'œuvre, comme l’hôtellerie et la restauration. Le manque de dynamisme de la demande extérieure pourrait peser plus longuement qu’on ne s’y attend sur l’économie, et une aggravation des difficultés du secteur financier pourrait faire dérailler la reprise. À l’inverse, une maîtrise plus rapide que prévu de la vague de contaminations actuelle, ou l’obtention de meilleurs résultats qu’on ne l’anticipe concernant l’élaboration et la distribution de vaccins, pourrait entraîner un rebond plus vigoureux de l’activité.

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Le soutien des pouvoirs publics devrait être mieux ciblé Dans la perspective du démantèlement attendu des dispositifs de maintien dans l’emploi, il faudrait élargir le champ d’application des politiques d’activation de la main-d’œuvre aux travailleurs bénéficiant de ces dispositifs (notamment du chômage partiel) pour accélérer leur retour à l’emploi. Si la reprise était encore retardée, une prolongation sélective des dispositifs de chômage partiel au-delà de la mi-2021 devrait être envisagé dans les secteurs particulièrement touchés par la crise, mais viables à plus long terme (les transports, la restauration et l’hébergement).

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