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Japon Le choc lié au COVID-19 qu’a subi le Japon au début de 2020 a provoqué une grave récession, et le PIB réel devrait diminuer d’environ 5 ¼ pour cent cette année. L’économie se renforce peu à peu, mais la croissance demeure atone. Les difficultés persistantes à juguler les contaminations au COVID-19 pèsent sur la demande intérieure. À court terme, à mesure que les restrictions seront levées, la consommation devrait se redresser, étayée par les aides et les incitations publiques. En outre, le redémarrage de la demande extérieure, parallèlement à l’amélioration de la situation sanitaire des partenaires commerciaux du Japon, soutiendra la croissance des exportations. Cela dit, l’investissement privé devrait rester relativement faible. Globalement, le PIB devrait augmenter de 2 ¼ pour cent en 2021 et de 1 ½ pour cent en 2022, dans l’hypothèse d’une nouvelle relance de l’activité économique. Les autorités budgétaires ont réagi vigoureusement face au choc sanitaire et ont ensuite concilié le besoin de protéger les ménages, en maintenant les taux de contamination à un bas niveau, et la nécessité de permettre le redémarrage des activités mises à mal par la pandémie. Néanmoins, en l’absence d’initiatives allant au-delà des dispositions actuellement en vigueur, la reprise pourrait ralentir. Une expansion économique résiliente et durable exigera de nouvelles mesures de soutien de l’activité et des réformes structurelles. Japon 1 La consommation se redresse Indice 2011 = 100, c.v.s. 110
Les exportations rebondissent, mais les importations sont atones
50 = neutre, c.v.s. 70
105
60
100
50
95
40
90
30
Indice 2005 = 100, c.v.s. 120 115 110 105 100 95
← Indice synthétique de la consommation¹
85 80
2018
2019
2020
10
90
Exportations totales de marchandises
20
Indice de confiance des consommateurs →
Importations totales de marchandises
0
2018
2019
85 2020
80
1. L'indice synthétique de la consommation est calculé par le Bureau du Cabinet (CAO, Cabinet Office) pour montrer l'évolution mensuelle de la consommation privée dans l'ensemble de l'économie, à partir de statistiques portant à la fois sur la demande et sur l'offre. L'indice de confiance des consommateurs est la moyenne de quatre sous-indicateurs, relatifs aux moyens d'existence dans leur globalité, à la croissance des revenus, à l'emploi et à la volonté d'acquérir des biens durables, variant sur une échelle de 1 à 100. Source: Bureau du Cabinet (CAO, Cabinet Office) ; et Banque du Japon. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218919
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Japon : Demande, production et prix 2017
2018
Prix courants trillions de YEN
Japon PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1
545.9 302.6 107.1 129.9 539.6 1.2 540.8 96.9 91.8 5.1
Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation2 IPC sous-jacent3 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
2019
2020
2021
2022
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2011)
0.3 0.0 0.9 0.6 0.3 0.0 0.3 3.5 3.7 0.0
0.7 0.1 1.9 1.3 0.8 0.1 0.8 -1.6 -0.7 -0.2
-5.3 -6.1 1.9 -4.7 -4.1 0.0 -4.1 -14.4 -7.6 -1.2
2.3 2.6 1.5 0.2 1.8 0.0 1.8 5.2 0.9 0.7
1.5 1.4 -0.4 2.4 1.2 0.0 1.2 4.8 1.7 0.5
_ _
-0.1 1.0
0.6 0.5
0.9 0.2
0.4 0.2
0.6 0.4
_ _
0.2 2.4
0.5 2.4
0.2 2.8
0.1 2.9
0.4 2.8
_
4.3
5.3
7.1
4.6
4.5
_ _ _
-2.3 -2.6 -10.5 -5.5 -3.5 224.2 225.3 241.6 243.3 243.9 3.6 3.6 3.0 3.6 3.9
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Calculés comme la somme des indices trimestriels corrigés des variations saisonnières pour chaque année. 3. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108.
StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218938
Japon 2 Les salaires ont diminué
Les dépenses publiques ont été temporairement renforcées
Indice 2015 = 100¹ 104
% du PIB 55
Administrations publiques ← Recettes totales
103
50
% du PIB 0
← Dépenses totales
Solde financier →
-2
102 101 100 99
-4
40
-6
35
-8
30
-10
Salaires nominaux
98
Salaires réels
97 96
45
2018
2019
2020
0
25
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
-12
1. Moyenne mobile sur 3 mois. Source: Ministère de la Santé, du Travail et de la Protection sociale ; et Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218957
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Après l’état d’urgence, l’économie redémarre peu à peu Confrontée à la première vague de contaminations au COVID-19 en mars, le gouvernement japonais a déclaré l’état d’urgence du 7 avril au 25 mai. Cela a permis aux préfets d’ordonner la fermeture des établissements d’enseignement, de restreindre l’utilisation des équipements publics, et d’imposer la fermeture des entreprises non essentielles. Même si le confinement n’a pas été imposé légalement, l’activité économique a chuté de manière spectaculaire, les entreprises ayant fermé ou étant passées au télétravail tandis que les ménages se protégeaient. Cela a contribué à permettre de juguler la propagation du coronavirus, tandis qu’étaient renforcées les capacités de dépistage et de soins médicaux. Une deuxième vague de contaminations, survenue entre fin juillet et mi-août, a été marquée par une augmentation limitée du nombre de nouveau cas de COVID-19 et un taux de mortalité relativement bas. Tout en ramenant le nombre de contaminations bien en-deçà de la capacité du système de santé à y faire face, l’administration centrale et les collectivités locales ont progressivement levé les restrictions concernant les manifestations de grande ampleur et autres activités impliquant des contacts étroits entre personnes. Dans ce contexte, on se fonde sur l’hypothèse que le gouvernement ne devrait pas avoir à imposer de mesures de reconfinement de grande envergure et que la situation sanitaire s’améliorera avec l’arrivée d’un vaccin.
La consommation et les exportations se redressent, mais l’investissement est à la traîne La consommation semble avoir bien redémarré avec le rétablissement de la confiance des consommateurs. En raison de la reprise économique rapide observée chez les grands partenaires commerciaux du Japon, ses exportations ont également commencé à se redresser, tandis que ses importations sont restées faibles jusqu’ici. En raison des aides publiques destinées aux entreprises et aux salariés, le taux de chômage a à peine augmenté. Néanmoins, les salaires de nombreux travailleurs se sont effondrés, et il leur faudra du temps pour retrouver leur niveau antérieur, sachant que les créations d’emplois restent anémiques. Malgré la reprise de la production industrielle, les indicateurs avancés laissent entrevoir une faiblesse persistante de l’investissement, due au bas taux d’utilisation des capacités et à l’énorme incertitude qui entoure la croissance future. L’inflation des prix à la consommation sera nulle ou légèrement négative à court terme en raison de la faiblesse de la demande, mais devrait augmenter peu à peu et devenir positive à mesure que la consommation et l’emploi s’amélioreront.
Les mesures du gouvernement protègent les entreprises et soutiennent les ménages Depuis le début de la pandémie, le gouvernement a adopté plusieurs budgets rectificatifs prévoyant un large éventail de mesures visant à soutenir les ménages et à protéger les entreprises et l’emploi. Ces mesures ont notamment pris la forme d’une prestation en espèces de 100 000 JPY versée à chaque résident, de transferts monétaires aux propriétaires d’entreprises durement touchés, d’un élargissement de la portée de l’aide à l’ajustement de l’emploi, qui est accordée aux entreprises pour couvrir le coût des congés payés spéciaux, de prestations en espèces supplémentaires en faveur des ménages monoparentaux, ainsi que d’une aide locative destinée aux entreprises durement touchées. La Banque du Japon est également intervenue pour soutenir l’économie, puisqu’elle a élargi son champ d’action pour garantir la stabilité financière en assurant un financement fluide adéquat de l’économie, par le biais d’un renforcement de ses opérations d’achat de divers actifs, et de la mise en place d’un mécanisme de prêts à taux zéro garantis par des dettes privées. En outre, certains établissements financiers publics accordent aux entreprises des prêts sans intérêt.
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116 Les lois de finances rectificatives prévoient également des mesures spécifiques pour la phase de reprise, notamment des subventions visant à soutenir les services intérieurs et financer la transformation numérique et l’ajustement des chaînes d’approvisionnement. Ainsi, les autorités ont commencé à promouvoir le tourisme intérieur en distribuant des bons aux ménages ou en remboursant des montants fixes sous la forme de monnaie numérique. En outre, le gouvernement a étoffé ce programme en octobre, en élargissant son champ d’application aux repas au restaurant, aux visites de zones commerciales locales et aux déplacements en provenance et à destination de Tokyo, qui étaient exclus du dispositif jusqu’alors.
Les perspectives sont incertaines Après une contraction marquée en 2020, l’économie se redressera lentement selon les prévisions, puisque le taux de croissance annuel devrait être de l’ordre de 2 ¼ pour cent en 2021 et de 1 ½ pour cent en 2022. Le redressement des principaux partenaires commerciaux du Japon devrait soutenir ses exportations, tandis que la faible croissance des revenus réels freine la consommation privée. Les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo se dérouleront bien à l’été 2021, ce qui stimulera temporairement la consommation et les exportations, quoique moins que prévu auparavant compte tenu du reflux des voyages internationaux. Pour le moment, les autorités parviennent à limiter le nombre de contaminations, mais le risque d’une résurgence à plus grande échelle demeure élevé. La situation sanitaire va peser sur la confiance des consommateurs jusqu’à ce qu’un vaccin soit largement déployé et déterminera l’ampleur du public qui pourra être présent aux Jeux olympiques et paralympiques. En revanche, le partenariat régional économique global récemment conclu contribuera, grâce aux effets des réductions des droits de douane et à la simplification des règles d’origine, à consolider les relations commerciales entre pays signataires. Les prévisions de l’OCDE se fondent sur l’hypothèse d’une nouvelle relance budgétaire de 0.5 % du PIB en 2021-22, qui empêcherait une réduction encore plus brutale de la demande publique. Sans soutien budgétaire supplémentaire financé par le budget rectificatif, la reprise serait plus lente. Cela étant, ce soutien budgétaire supplémentaire entraînera une amplification de la dette publique du Japon, qui a atteint un niveau sans précédent, supérieur à 240 % du PIB. Ces prévisions reposent également sur l’hypothèse que la Banque du Japon ne modifiera pas l’orientation de sa politique monétaire, en maintenant les taux d’intérêt des obligations d’État à un bas niveau, jusqu’à ce que l’objectif d’inflation soit atteint.
Renforcer la résilience, la productivité et la durabilité La priorité immédiate de l’action publique est soutenir la reprise et de parer aux nouveaux chocs sanitaires éventuels pour protéger les ménages et les entreprises. Dans le cadre de l’élaboration des politiques publiques, le gouvernement devrait se focaliser sur les réformes structurelles qui renforceront la résilience et la durabilité de la croissance ainsi que la productivité, tandis que l’économie continue de se redresser tout en restant exposée aux menaces liées à la pandémie. Dans cet objectif, il est essentiel que les pouvoirs publics favorisent un assouplissement des modes de travail. Cela exigera l’adoption de mesures visant à ajuster le système de sécurité sociale, afin d’offrir davantage de souplesse concernant l’organisation du travail et la garde d’enfants, d’améliorer le système éducatif et de stimuler l’investissement. La transformation numérique, l’un des principaux objectifs du nouveau gouvernement, peut l’aider à atteindre ces ambitions. Des initiatives destinées à faciliter le télétravail et l’accès des particuliers à la formation et aux services administratifs en ligne, notamment aux prestations de sécurité sociale, soutiendront l’investissement et la création d’emplois, tout en préservant le plus possible les ménages de la pandémie. Les pouvoirs publics devraient veiller à ce que ces initiatives soient inclusives et à ce qu’elles s’appliquent aux personnes les plus vulnérables et à celles qui sont durement touchées par le COVID-19. À plus long terme, il demeurera nécessaire de prendre des mesures concernant l’évolution de la situation budgétaire sous-jacente. L’examen du cadre d’action économique et budgétaire PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2020 NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2020
117 du gouvernement prévu en 2021 offrira l’occasion d’établir un bilan de l’impact du coronavirus sur les finances publiques et d’évaluer les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs à moyen terme. Enfin, pendant la phase de reprise économique, les autorités budgétaires devraient favoriser la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment en stimulant la recherche-développement, le recours aux énergies renouvelables et les gains d’efficacité énergétique.
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