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Italie note pays: Perspectives économiques de l'OCDE 2020

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Italie Après un recul brutal en 2020, le PIB devrait croître de 4.3 % en 2021 et de 3.2 % en 2022. Les mesures de confinement et l’incertitude pèsent sur l’activité, même si le soutien des pouvoirs publics a permis d’atténuer leurs effets sur les entreprises et les ménages. Il faudra attendre 2022, lorsqu’un vaccin efficace devrait avoir été largement diffusé, pour enregistrer à nouveau d’importantes créations d’emplois, en particulier pour la main-d’œuvre peu qualifiée, les femmes et les jeunes, qui stimuleront la consommation et réduiront l’épargne de précaution. Les investissements et les exportations devraient se redresser progressivement, de même que le secteur manufacturier. La politique budgétaire expansionniste entraîne un gonflement de la dette publique, mais les taux d'intérêt devraient rester bas. L’accélération de la croissance sera indispensable pour améliorer la situation des finances publiques à moyen terme. La loi de finances rectificative adoptée par le gouvernement vise à rendre la croissance plus rapide, plus verte, numérique et plus inclusive. La relance doit s’accompagner d’une poursuite des réformes structurelles et de leur mise en œuvre effective. La réglementation pourrait être simplifiée, les retards dans les procédures judiciaires résorbés et les résultats des formations dispensées aux travailleurs améliorés. Des réformes de la fiscalité, des marchés publics et des politiques de dépenses pourraient compléter les efforts déployés pour améliorer la capacité d’investissement dans les infrastructures publiques. Ces réformes du secteur public, conjuguées à d’autres visant le système financier, les procédures de faillite et la concurrence, favoriseraient l’expansion des nouvelles et des petites entreprises, amélioreraient la productivité et feraient reculer l’économie informelle et les inégalités persistantes. Italie 1 Au 3eme trimestre, la production industrielle était proche de son niveau d'avant la crise

Les postes permanents ont été bien préservés pendant la crise

Production industrielle, hors construction

Variation en valeur absolue du nombre d'actifs occupés âgés de 15 ans et plus

Indice déc 2019 = 100, c.v.s. 110

Milliers 400

100

200

90 0 80

Italie

Salariés temporaires

France

Salariés permanents

Allemagne

70

Espagne

-400

60 50 janv.-20

mars-20

mai-20

juil.-20

-200

Travailleurs indépendants

0 sept.-20

0

déc. 2019 - juin 2020

juin 2020 - sept. 2020

-600

Source: Base de données des Principaux indicateurs économiques de l'OCDE ; et ISTAT. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218862

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2020 NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2020


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Italie : Demande, production et prix

2017

2018

Prix courants milliards de EUR

Italie PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1

2019

2020

2021

2022

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

1 738.4 1 046.1 327.0 304.1 1 677.2 11.5 1 688.7 535.9 486.2 49.7

0.8 1.0 0.2 2.9 1.2 0.0 1.2 1.6 2.9 -0.3

0.3 0.5 -0.2 1.6 0.5 -0.7 -0.2 1.3 -0.4 0.5

-9.1 -9.2 2.1 -14.6 -8.0 0.1 -7.9 -17.8 -15.0 -1.4

4.3 4.9 1.0 4.3 3.9 0.0 4.0 5.4 4.2 0.4

3.2 2.3 -0.3 9.5 3.0 0.0 3.1 6.6 6.6 0.2

_ _

1.0 1.2

0.7 0.6

1.2 -0.1

0.9 0.4

1.2 0.8

_ _

0.6 10.6

0.5 9.9

0.6 9.4

0.6 11.0

0.8 10.9

_

2.6

2.5

10.2

7.1

5.6

Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

_ _

-2.2 -1.6 -10.7 -6.9 -4.4 147.8 155.8 178.7 178.3 177.3 134.5 134.7 159.8 158.3 158.2

_ _

2.5

3.0

2.8

3.0

3.1

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108.

StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218881

Italie 2 Dans les secteurs de services, la confiance demeure nettement en deçà de son niveau d'avant la crise

La croissance reprends graduellement PIB réel

Différence entre le niveau d'octobre 2020 et celui de décembre 2019 Indice T4 2019 = 100, c.v.s. 105

Variation, en % 10

100

0

95

-10

90

-20

Italie

85

OCDE

-30 80 -40 Construction

Secteur manufacturier

0 Services

Tourisme

0

2019

2020

2021

2022

75

Source: ISTAT ; et Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218900

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De nouvelles restrictions imposées au niveau national en raison du COVID-19 ont été complétées par des règles locales plus strictes Le taux de contamination par le COVID-19 a nettement progressé depuis la mi-octobre, les foyers de contamination étant désormais disséminés dans tout le pays. L’état d’urgence national a été prolongé jusqu’en 2021. Les autorités ont imposé un système régionalisé de contrôles à trois niveaux, dont l’intensité varie en fonction du niveau de menace pandémique. Les contrôles visent avant tout à réduire les interactions sociales, tout en permettant aux activités économiques et à la scolarisation de se poursuivre dans toute la mesure du possible. Un soutien supplémentaire, représentant environ 10 milliards EUR, a été annoncé sous la forme de trois trains de mesures destinés à aider les entreprises et les travailleurs affectés par les nouvelles restrictions. Ce soutien sera financé en partie par les économies réalisées sur le précédent train de mesures de soutien lié au COVID-19, ainsi que par des réaffectations de crédits budgétaires.

L’augmentation des contaminations a limité le net rebond de l’activité L’augmentation des contaminations, les restrictions d’activité et l’incertitude ont mis fin à la nette reprise économique observée au troisième trimestre. De généreuses mesures d’apport de liquidités ont aidé les entreprises, parmi lesquelles des garanties et des moratoires de remboursement des banques liés au COVID-19 couvrant plus de 300 milliards EUR de prêts. L’activité s’est redressée au troisième trimestre dans les secteurs de l’industrie, de la construction et du commerce de détail, pour atteindre des niveaux proches de ceux de décembre 2019. Un mécanisme de chômage partiel a permis d’empêcher des destructions d’emplois. Les créations d’emplois ont repris au troisième trimestre, sans toutefois rebondir aussi rapidement que l’activité, ce qui a pesé sur la consommation. Les jeunes actifs, qui sont les plus susceptibles d’être sous contrat temporaire, les femmes et les travailleurs indépendants sont les catégories qui ont le plus pâti de la dégradation de la situation du marché du travail. La confiance a regagné du terrain, mais les vagues de contaminations actuelles limitent la possibilité d’un rebond rapide en 2021. La confiance des entreprises s’est redressée plus lentement dans le secteur des services, en particulier dans le tourisme, que dans le secteur manufacturier. Les taux d’épargne de précaution restent élevés.

L’ampleur de la relance budgétaire contribue à amortir les effets de la crise Les mesures de relance budgétaire du gouvernement représentent au total environ 100 milliards EUR (soit 6 % du PIB), une fois pris en compte le plan d’aide de cet été, qui a ajouté 25 milliards EUR aux initiatives prises auparavant, et les mesures annoncées en novembre, ciblant les secteurs les plus touchés par les nouvelles restrictions. La plupart de ces dépenses devraient être réalisées en 2020 et s’appuient dans une large mesure sur des instruments déjà en place. Un dispositif de subvention salariale, des allocations pour enfant à charge, une prolongation des congés, des différés de remboursement d'emprunt (en particulier en faveur des primo-accédants à la propriété) ainsi que des reports de paiement d’impôts figurent parmi les mesures considérables qui ont été prises pour protéger les ménages. Les entreprises ont bénéficié d’un soutien de trésorerie sous la forme de subventions à certains secteurs, de reports de paiement d’impôts, d’exonérations temporaires de cotisations de sécurité sociale et de garanties de prêt pour leurs crédits nouveaux ou en cours, notamment à destination des petites et moyennes entreprises (PME) et de celles qui exportent. Ces mesures ont atténué les risques de fermeture d’entreprises et de pertes d’emplois. Le train de mesures exceptionnelles destinées à soutenir le revenu des travailleurs, l’interdiction de licencier et la simplification des modalités de prolongation des contrats à durée déterminée resteront en vigueur en 2021. La loi de finances rectificative portant sur la période 2021-23 prévoit des aides budgétaires supplémentaires en faveur des ménages et des entreprises en 2021 qui, tout en étant moins généreuses que celles octroyées en 2020, seront plus ciblées. Le niveau de ces aides serait probablement PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2020 NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2020


 111 revu à la hausse si les restrictions devaient durer plus longtemps que ne l’envisagent aujourd’hui les autorités. La loi de finances rectificative présente également des réformes fiscales visant à améliorer l’efficience et la transparence, à renforcer l’emploi dans les régions du sud du pays, à réduire le coin fiscal sur le travail et à soutenir le revenu des travailleurs ayant une rémunération moyenne ou faible. Enfin, la loi de finances rectificative prévoit une augmentation de l’investissement public à partir du second semestre de 2021, financée grâce à la Facilité pour la reprise et la résilience de l’Union européenne (UE), destinée à favoriser une croissance plus verte, numérique et plus inclusive. Ces propositions pourraient placer l’économie sur une trajectoire de croissance durablement plus forte si elles se conjuguaient avec des réformes structurelles permettant un redéploiement de la main-d’œuvre et du capital vers les entreprises les plus productives du pays, qui contribuerait à résorber l’écart entre les entreprises italiennes les plus et les moins productives.

La reprise sera lente et inégale Les mesures de confinement et l’incertitude qui entoure la pandémie vont peser lourdement sur l’activité, l’investissement et l’emploi, jusqu’à ce qu’une vaccination généralisée ait eu lieu. Le taux de chômage va augmenter en 2021 et rester élevé en 2022. La consommation devrait se redresser, mais l’épargne de précaution des ménages demeurera volumineuse. L’investissement devrait repartir à la hausse en 2022, l’investissement public augmentant et les entreprises des secteurs les plus résilients, tels que l’industrie manufacturière, commençant à réaliser des investissements de renouvellement. En revanche, le secteur des services se redressera plus lentement, étant donné que la demande intérieure et le secteur du tourisme demeureront atones jusqu’à ce qu’un vaccin efficace soit largement diffusé. Cette situation va exacerber les inégalités sur le marché du travail et entre les régions. Les faillites et les prêts non performants vont augmenter, comme dans d’autres pays. Les exportations ne se redresseront que partiellement, compte tenu de la faiblesse de la demande mondiale, notamment dans le secteur du tourisme. Les mesures de relance budgétaire font augmenter le besoin de financement des administrations publiques en 2020, qui diminuera en 2022 à mesure que la croissance et les recettes se redresseront, et que les projets financés par la Facilité de l’UE pour la reprise et la résilience gagneront en importance. Les taux d’intérêt devraient rester bas. Le rythme de la croissance aura une grande incidence sur l’évolution du ratio de la dette publique, qui va rester élevé et s’établir juste en deçà de 160 % du PIB (au sens de Maastricht). Les risques de divergence à la baisse par rapport aux prévisions sont importants. Tout report des dépenses d’investissement public et une reprise plus lente que prévu de l’investissement du secteur privé auraient pour effet de ralentir le rythme de la reprise en 2022. Le secteur bancaire est certes bien plus solide qu’il y a dix ans, et il a jusque-là résisté à l’impact de la crise, mais il pourrait être affecté par des faillites généralisées. Il existe aussi des risques de divergence à la hausse par rapport à ces prévisions. Une vaccination efficace contre le virus pourrait intervenir plus vite que prévu. Les ménages pourraient épargner moins qu’on ne l’anticipe. Les résultats à l'exportation pourraient revenir à leur niveau d’avant la pandémie si les entreprises tirent parti de l’évolution en cours vers des chaînes de valeur mondiales plus régionales. L’adaptation rapide des entreprises à l’utilisation accrue des technologies numériques par les consommateurs pourrait renforcer la productivité et la croissance, notamment dans la mesure où, avant la crise, l’Italie accusait un retard par rapport à des pays comparables. Cela pourrait notamment améliorer l’accès des petites entreprises au marché. Les entreprises opérant dans des secteurs où les charges fixes et les obstacles à l’entrée sont d’un niveau relativement faible, qui sont en mesure d’embaucher rapidement, pourraient entraîner un rebond plus marqué de l’activité.

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Compléter les aides budgétaires par des réformes structurelles permettra d’entretenir une croissance plus forte La politique budgétaire devra rester expansionniste jusqu’à ce que la reprise soit bien engagée. Il est crucial d’améliorer l’efficacité de l’administration publique. Les investissements publics doivent être hiérarchisés en fonction de leur impact, individuel et collectif, sur la croissance, l’emploi et la structure à long terme de l’économie. Le renforcement des services publics de l’emploi et l’amélioration des dispositifs de formation en place peuvent atténuer le problème d’inadéquation des compétences, en particulier s’agissant des jeunes et d’autres catégories de travailleurs vulnérables. Des réformes judiciaires, une simplification de la réglementation et une application fondée sur le risque des règles fiscales et autres pourraient permettre de trouver un juste équilibre entre le coût et l’équité de l’exécution des lois. Une amélioration de la structure de la fiscalité et une réduction de sa complexité, conjuguées à un renforcement de la capacité du secteur public à hiérarchiser et gérer les projets d’infrastructure, permettraient d’amplifier l’effet de la politique budgétaire sur la croissance. La mise à profit de la transformation numérique peut faire reculer l’économie informelle, élargir la portée du système d’imposition et améliorer le ciblage des prestations sociales. La poursuite des efforts déployés pour assainir le bilan et renforcer la gouvernance du secteur bancaire ainsi que pour mettre en œuvre les réformes du droit de la faillite, conjuguée à une intensification de la concurrence, améliorerait la répartition du capital et de la main-d’œuvre entre les entreprises, et la résilience de l’économie aux futurs chocs. Une accélération soutenue de la croissance ferait baisser la dette publique et les charges d’intérêts.

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