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Chine

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Chine Après une chute et une envolée records au premier et au second trimestres, respectivement, suivies d’une stabilisation au troisième trimestre, l’activité devrait retrouver sa trajectoire antérieure, la croissance s’établissant à 8 % environ en 2021 et à 4.9 % en 2022. De nouveaux cas de COVID-19 sont réapparus épisodiquement, mais l’épidémie de coronavirus semble dans une large mesure jugulée sur la majeure partie du territoire. Les investissements, en particulier les investissements en infrastructures financés par endettement et par les mesures de relance, ont dynamisé la croissance en 2020. L’investissement immobilier est également resté vigoureux. Les exportations se sont envolées, alimentées par la demande non satisfaite de masques et d’autres matériels et équipements liés au COVID-19, ainsi que par la demande de biens liés au télétravail. La consommation ne s’est pas encore remise du choc provoqué par la pandémie. En dépit de l’essor des ventes de produits de luxe et des nouveaux sommets atteints par les recettes des plus gros succès dans le secteur du cinéma, les perspectives d’une pleine reprise de la consommation ne sont guère brillantes, compte tenu de l’absence de redressement de l’emploi et de la baisse des revenus des ménages. L’inflation fléchit, malgré le niveau élevé des prix du porc. Les mesures de relance monétaire, indispensables pendant la pandémie, sont maintenant démantelées progressivement à mesure que la reprise s’accélère. Les activités bancaires parallèles ont aussi rebondi après plusieurs années de régression. La multiplication des défaillances d’entreprises a donné lieu à un affinement de la tarification du risque. La politique budgétaire va rester expansionniste, diverses réductions d'impôts et la prolongation de certaines prestations sociales favorisant la consommation, dans un contexte de faiblesse de la confiance des consommateurs. Cela étant, des réformes structurelles plus ambitieuses dans le domaine de la protection sociale, et un accès plus équitable aux services publics, sont indispensables pour permettre un rebond de la consommation. Les investissements en infrastructures resteront dynamiques et profiteront principalement aux entreprises d’État, dans la mesure où les restrictions à l’entrée dans ce domaine ne s’assouplissent que lentement. Chine 1 L'activité économique a vivement rebondi Glissement annuel en % 10

La croissance des échanges se redresse

PIB réel Exportations des biens¹

Glissement annuel en %, c.v.s 30 Importations des biens¹

8

25

6

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1. Mesurées en termes nominaux. Source: CEIC. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218102

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Chine : Demande, production et prix

2017

2018

Prix courants trillions de CNY

Chine PIB aux prix du marché Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation Solde financier des administrations publiques 2 (% du PIB) Balance budgétaire principale3 (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

2019

2020

2021

2022

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

83.2 81.7 16.4 14.9 1.5

6.7 7.2 3.7 5.7 -0.2

6.1 5.9 2.0 0.2 0.4

1.8 1.3 -3.7 -7.2 0.5

8.0 7.2 7.5 2.1 1.1

4.9 4.8 5.5 4.6 0.4

_ _ _ _ _

3.5 1.9 -3.0 -2.6 0.2

1.6 2.9 -3.7 -2.8 1.0

0.9 2.8 -6.9 -3.5 2.5

1.6 2.3 -6.2 -3.0 3.5

2.0 2.1 -5.2 -3.0 3.5

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Prend en considération les soldes de l’ensemble des quatre comptes budgétaires (compte général, compte de fonds, caisses de sécurité sociale et comptes des entreprises publiques). 3. Le solde budgétaire global est le solde officiel défini comme la différence entre les recettes et les dépenses. Les recettes comprennent : les recettes du budget général, les recettes du fonds central de stabilisation et l’ajustement budgétaire infranational. Les dépenses comprennent : les dépenses du budget général, le renflouement du fonds central de stabilisation et le remboursement du principal de la dette infranationale. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108.

StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218121

Chine 2 L'investissement en infrastructures a vivement rebondi

Les taux d'intérêt ont diminué

Données cumulées depuis le début de l'année Glissement annuel en % 30 25 20 15 10 5 0 -5 -10 -15 -20 -25 -30 -35 2015

Taux annuel en % 6 5 4 3 2 1

Moyenne pondérée des taux d'intérêt

2017

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0

0

Taux d'intérêt de la facilité de crédit à moyen terme (à 1 an)

2018

2019

2020

0

Source: CEIC. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218140

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La pandémie de COVID-19 a reflué La Chine a mis en œuvre des mesures sanitaires et non sanitaires strictes pour maîtriser l’épidémie. Même si des foyers de contamination par le COVID-19 sont réapparus épisodiquement dans diverses régions du pays et que cela devrait continuer ainsi, ils ne représentent pas un risque majeur pour les activités économiques, grâce à un système de traçage, de dépistage et d’isolement qui a fait ses preuves. Des centaines de millions de personnes ont été testées dans près de 4 000 établissements de dépistage sur tout le territoire chinois. La pandémie de coronavirus semble avoir été jugulée dans la majeure partie du pays, mais il existe un nombre inconnu de porteurs asymptomatiques et les citoyens de retour de l’étranger peuvent aussi avoir été contaminés. En conséquence, les mesures de quarantaine et d’hygiène restent en vigueur.

La baisse brutale de l'activité économique a été suivie d’un rebond rapide Au début de l’automne, la quasi-totalité des activités avait repris et leur niveau était supérieur à celui d’avant la crise en données corrigées des variations saisonnières. La production industrielle a aussi augmenté et l’utilisation des capacités est en hausse. De même, les secteurs de services ont progressé, mais de manière inégale : les services financiers et informatiques continuent d’enregistrer de très bons résultats, tandis que la valeur ajoutée diminue dans les activités de restauration et d’hébergement. Un redressement des investissements en infrastructures contribue à la reprise de la croissance et tire vers le haut la production d’un certain nombre de secteurs manufacturiers intermédiaires, ainsi que les importations de matières premières comme le fer ou le cuivre. Les importations de services touristiques ont cependant été suspendues par les restrictions aux déplacements internationaux imposées dans le monde entier en raison de la pandémie. Les exportations sont portées non seulement par les biens liés au COVID-19, mais aussi par ceux qui sont nécessaires au télétravail, comme les équipements informatiques et l’électroménager. La consommation est à la traîne en raison de la lenteur du redressement de l’emploi et de la baisse des revenus observée dans les régions urbaines au cours des trois premiers trimestres de 2020 par rapport à la même période de l’année précédente.

La politique budgétaire continue de soutenir la croissance, tandis que la politique monétaire est devenue plus neutre La politique monétaire a soutenu l’économie en abaissant les coûts de financement, mais elle a pris une orientation plus neutre à mesure que la reprise s’accélérait, le taux d'intérêt de référence étant demeuré inchangé pendant plus d’un semestre. Cette orientation était nécessaire pour ne pas accentuer encore des tensions déjà fortes sur le marché immobilier. Les petites banques, plus durement touchées par la pandémie, restent confrontées à des taux d'intérêt relativement élevés sur le marché interbancaire. Outre les mesures de soutien prises en leur faveur plus tôt dans l’année, comme l’abaissement des coefficients de réserves obligatoires et des taux de couverture par provisionnement des pertes sur prêts, ces banques peuvent désormais utiliser une partie des obligations spéciales du Trésor – créées afin de soutenir la reprise économique – pour se recapitaliser. Le système bancaire parallèle s’est redressé après avoir perdu du terrain pendant plusieurs années, aidant les entreprises privées à obtenir des financements. Les récentes défaillances sur les produits de gestion de patrimoine vont se traduire par une perception plus aiguë du risque. La dette des entreprises, accumulée principalement par les entreprises d’État, a bondi de 10 points de pourcentage au premier trimestre de 2020, d’après les dernières données disponibles. Le processus de désendettement devrait redémarrer une fois que la reprise se sera stabilisée. La politique budgétaire a continué de soutenir la reprise. Les obligations à finalité spécifique ou générale des collectivités locales, ainsi que les obligations spéciales du Trésor, financent une dynamique d’investissement dans les infrastructures, les structures de financement des collectivités locales continuant PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2020 NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2020


92  de jouer un rôle important à cet égard. Les collectivités locales pourraient être poussées à réduire les dépenses consacrées à des biens publics importants, notamment la santé, l’éducation et l’aide sociale, en raison de la charge que constituent les dépenses liées au COVID-19 et le coût des crues estivales. Si les investissements matériels, en particulier dans certains types d’infrastructures comme les voies ferrées suburbaines, sont essentiels à une reprise inclusive, les investissements immatériels dans l’éducation, la santé et la protection sociale devraient aussi monter en puissance. Une fois la reprise bien ancrée, un impôt progressif sur le revenu et un impôt périodique sur la propriété immobilière constitueront des sources de recettes potentielles pour financer de nouvelles dépenses sociales. En outre, la contribution croissante des bénéfices et dividendes des entreprises d’État au budget pourrait devenir une source de financement plus importante. L’implication active des structures de financement des collectivités locales dans le développement des infrastructures pourrait tirer vers le haut la dette des entreprises et, peut-être, les éléments de passif éventuel des collectivités locales.

La croissance a rebondi, mais elle n’est pas inclusive et ne sera sans doute pas durable Le retour de l’investissement comme principale source de croissance se traduit par l’interruption de plusieurs processus de rééquilibrage qui plaçaient l’économie chinoise sur une trajectoire plus inclusive et durable avant l’épidémie. Ces processus recouvrent un remplacement progressif de l’investissement par la consommation comme principal moteur de l’activité, la transition d’une économie industrielle vers une économie de services, et le transfert de populations rurales vers les régions urbaines. Or, la consommation ne repartira pas pleinement tant que les créations d’emplois ne seront pas plus vigoureuses, que le mouvement de baisse des revenus des ménages urbains n’aura pas été inversé, et que la protection sociale n’aura pas été renforcée. De même, la transition vers une économie de services ne connaîtra pas d’avancée majeure sans une forte demande des consommateurs. Les services dont l’expansion est la plus rapide, comme les services financiers et informatiques, ne créent pas autant d’emplois que ceux qui sont en repli, notamment la restauration et l’hébergement. Le troisième processus, l’urbanisation, a également marqué le pas, puisque le nombre de migrants a baissé au cours des trois premiers trimestres de 2020. Il conviendrait de relancer ces trois processus importants pour éviter une nouvelle accumulation de déséquilibres dans l’économie. Les moratoires sur les remboursements de prêts accordés aux emprunteurs durement touchés par la crise devraient limiter le nombre de faillites cette année, même si les défauts de paiement sur les émissions obligataires sont en légère hausse. La perception du risque serait plus nette si on laissait davantage d’entreprises d’État et d’autres entités publiques endettées non viables faire faillite. En outre, l’abaissement du taux de couverture des pertes sur prêts applicable aux petites banques rend celles-ci plus vulnérables aux faillites en série de petites entreprises. Ces faillites aggraveraient le taux de chômage, à la fois dans les zones urbaines et parmi les migrants. La poursuite des confinements dans d’autres pays pourrait perturber les chaînes de valeur, pénalisant les fabricants de pièces et de composants et les entreprises d’assemblage chinois, même si la dépendance de ces dernières à l’égard des importations de biens intermédiaires diminue. Si les pays d’Asie se relevaient de la crise liée au COVID-19 plus vite que prévu, ce redressement accéléré profiterait non seulement aux exportations, dans la mesure où ces marchés sont ceux qui connaissent la plus forte croissance, mais aussi à l’emploi, étant donné que les entreprises exportatrices représentent près d’un quart de l’emploi total. Un différend commercial prolongé entraînerait probablement de nouvelles mesures protectionnistes et pénaliserait les échanges internationaux et la croissance mondiale. En revanche, le nouvel accord commercial régional – le Partenariat économique global régional – dynamisera les échanges et facilitera l’accès aux marchés tiers.

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Le soutien apporté aux personnes et aux petites entreprises touchées par la pandémie doit être renforcé pour assurer une reprise robuste La crise liée au COVID-19 devrait être l’occasion d’engager des réformes visant à réduire la part des frais médicaux qui reste à la charge des patients et à renforcer la protection sociale, de manière à réduire l’épargne de précaution et à encourager les dépenses de consommation. L’abandon une fois pour toutes des objectifs de croissance contribuerait à faire disparaître les incitations à rechercher la croissance à tout prix et, partant, rendrait celle-ci plus durable. Une accélération de la réforme du système d’enregistrement des ménages, visant à garantir l’accès de tous aux services publics, irait dans le même sens. Le rééquilibrage de l’économie de l’investissement vers la consommation ne pourra se poursuivre sans ces réformes structurelles. Le secteur privé a besoin de règles du jeu équitables pour que s’élargissent ses perspectives d’investissement et que s’inverse le mouvement de recul de la part des investissements privés. Autoriser le secteur privé à investir dans le secteur ferroviaire constitue une mesure bienvenue, qui devrait être étendue à tous les secteurs. Les entreprises devraient recommencer à se désendetter, et il faudrait continuer de juguler l’activité du système bancaire parallèle une fois que la reprise se sera stabilisée.

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