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Canada Après un recul de 5.4 % de la production en 2020, la reprise économique sera freinée par les mesures de restriction prises au niveau régional pour lutter contre la propagation de la COVID-19, et par des difficultés persistantes dans les secteurs des voyages, de l’hébergement et de la restauration et les branches d’activité connexes, ce qui se traduira par une croissance de la production de 3.5 % en 2021. Un lent redressement du marché du travail et la faiblesse de la hausse des prix à la consommation feront écho à ces évolutions. Dans la mesure où la vaccination contre le virus devrait devenir généralisée au second semestre de 2021, l’atténuation des restrictions et une reprise des secteurs durement éprouvés soutiendront la croissance en 2022. L’augmentation de la charge de la dette publique ralentira. Le gouvernement fédéral et les autorités provinciales et territoriales, ainsi que la banque centrale, ont réagi de manière appropriée à l’évolution de la situation économique. Dans les temps à venir, les pouvoirs publics vont devoir s’attacher davantage à renforcer l’emploi et le redressement des entreprises, notamment en favorisant l’investissement vert et en s’attaquant aux problèmes structurels qui entravent de longue date le secteur des entreprises au Canada. Il est également essentiel de veiller à ce que le régime d’assurance-emploi soit étoffé de manière adéquate, maintenant qu’a expiré la Prestation canadienne d’urgence (PCU). La Banque du Canada devrait se tenir prête à procéder à de nouveaux apports de liquidités si nécessaire. Canada 1 Le redressement de la production mensuelle ralentit
La confiance des consommateurs reste faible
Indice jan 2020 = 100, c.v.s. 110
Indice de confiance des consommateurs
Indice 80
Indice Ivey des directeurs d'achat, c.v.s.²
100
70
90
60
80
50
70
40 PIB réel mensuel¹ Nouvelles commandes dans le secteur manufacturier Emploi
60 50 janv.-20
mars-20
mai-20
juil.-20
sept.-20
0 nov.-20
30 0 janv.-20
mars-20
mai-20
juil.-20
sept.-20
20 nov.-20
1. Première estimation pour septembre 2020. 2. L'indice Ivey des gestionnaires en approvisionnement mesure les variations d'un mois à l'autre du montant en dollars des achats effectués par les directeurs d'achat, à partir des indications fournies par un échantillon d'entre eux exerçant leurs fonctions dans tout le Canada. Source: Statistique Canada ; Ivey Business School ; et Refinitiv. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218007
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85
Canada : Demande, production et prix 2017
2018
Prix courants milliards de CAD
Canada PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1
2019
2020
2021
2022
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2012)
2 141.1 1 240.4 444.1 486.8 2 171.3 17.2 2 188.5 672.5 719.9 - 47.4
2.0 2.1 3.0 1.2 2.1 -0.2 1.9 3.1 2.6 0.1
1.7 1.6 2.1 -0.4 1.3 0.1 1.4 1.3 0.6 0.2
-5.4 -6.1 -0.1 -6.4 -4.9 -2.0 -6.8 -8.5 -12.8 1.6
3.5 4.4 2.0 2.1 3.4 -0.5 2.9 5.1 3.1 0.5
2.0 2.1 1.3 2.2 1.9 0.0 2.0 2.0 2.0 0.0
_ _
1.8 2.2
1.9 2.0
-0.1 0.6
0.4 0.7
1.0 1.2
_ _
1.9 5.8
2.1 5.7
0.9 9.6
0.3 8.7
1.2 7.7
_
1.7
2.9
15.0
8.5
5.4
_ _ _
-0.4 93.8 -2.5
Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation IPC sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
-0.3 -15.6 -11.3 -5.8 94.3 121.5 131.2 135.4 -2.0 -1.9 -1.7 -1.7
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108.
StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218026
Canada 2 La production restera inférieure à son niveau tendanciel d'avant la crise Indice T4 2019 = 100, c.v.s. 110
Le chômage va reculer lentement Taux de chômage
PIB réel
% de la population active 14
Trajectoire de croissance antérieure à la crise¹ Trajectoire de croissance actuelle
105
12
100
10
95
8
90
6
85
2019
2020
2021
2022
0
0
2019
2020
2021
2022
4
1. La trajectoire de croissance antérieure à la crise repose sur les prévisions des Perspectives économiques de l'OCDE publiées en novembre 2019, et elle est prolongée par extrapolation linéaire pour 2022 sur la base de la croissance tendancielle de 2021. Source: Bases de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 106 et 108. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218045 PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2020 NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2020
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Les restrictions se durcissent dans les provinces et les territoires Les nombres de cas de contamination enregistrés quotidiennement au cours de la deuxième vague de la COVID-19 ont dépassé ceux de la première, tandis que le nombre de décès est resté relativement faible. Les provinces et les territoires prolongent individuellement les restrictions d’activité ou en imposent de nouvelles, tout en renforçant les obligations imposées en matière de santé publique et les capacités de dépistage. Les mesures prises récemment dans les provinces ont notamment consisté à suspendre certaines activités (telles que les manifestations sportives et récréatives), à imposer aux bars et restaurants de fermer plus tôt, et à fixer des limites concernant les rassemblements de personnes. L’âge demeure le principal déterminant de la gravité des cas d’infection : environ 90 % des décès liés à la COVID-19 ont été observés chez des personnes de plus de 70 ans.
La reprise a été rapide dans un premier temps L’activité économique s’est nettement redressée au lendemain du déconfinement en mai. Le PIB mensuel a atteint un point bas en avril, inférieur de 18 % à son niveau d’avant la crise, mais cet écart n’était plus que de 6 % environ en juillet. Dans certains secteurs, dont le commerce de détail et de gros, l’activité a déjà retrouvé son niveau d’avant la crise. L’ampleur des moyens mis en œuvre pour soutenir le revenu des ménages a joué un rôle non négligeable ; de fait, la croissance de leurs revenus a été supérieure à celle de la consommation, et le taux d’épargne des ménages a sensiblement augmenté. Un rebond partiel des cours mondiaux du pétrole a aidé le secteur des ressources naturelles. Cela étant, le redressement de la production et de l’emploi ralentit, la demande est faible dans certains secteurs, et l’on relève des signes de dégradation de la confiance des consommateurs. Les données des comptes nationaux montrent que l’activité dans le secteur des arts, des spectacles et des loisirs, ainsi que dans les services d’hébergement et de restauration, est toujours inférieure à plus de 40 % par rapport à son niveau d’avant la crise. En outre, les mutations structurelles déclenchées par la pandémie, notamment la transition accélérée du commerce de détail vers la vente en ligne (le chiffre d’affaires du commerce électronique a approximativement doublé pendant le confinement), s’accompagnent de coûts d’ajustement. L’enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada montre que leur confiance s’est améliorée au troisième trimestre, mais qu’elle reste négative. La hausse des prix à la consommation demeure modérée. Cependant, la progression des prix des logements a été vigoureuse, les prix à l’achat ayant été soutenus, en partie, par la baisse des taux d’intérêt. De même, les aides publiques destinées aux ménages et les provisions constituées par les banques pour absorber les reports de remboursement de prêts hypothécaires auront permis de limiter les pressions à la baisse exercées sur les prix par les ventes forcées.
Les mesures de soutien monétaire et budgétaire évoluent Les mesures de politique monétaire et relatives aux marchés financiers sont moins nombreuses, mais l’ampleur de la relance monétaire demeure considérable. La Banque du Canada a pu démanteler en partie ses dispositifs de soutien, certains risques spécifiques ayant diminué ; elle a ainsi mis fin à son soutien au financement des gouvernements provinciaux. Cela étant, les taux d'intérêt restent extrêmement bas (le taux directeur s’établit à 0.25 %) et la Banque du Canada continue d’acheter des titres du gouvernement fédéral. Les aides des pouvoirs publics évoluent elles aussi. Les dispositions autorisant les reports de paiement d’impôts ont expiré, et la Prestation canadienne d’urgence (PCU), principal dispositif de soutien des revenus des ménages, a été supprimée à la fin de septembre. La fin de la PCU ne signifie cependant pas un arrêt brutal des mesures de soutien. De nombreux bénéficiaires remplissent en effet les conditions
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87 requises pour basculer dans le régime d’assurance-emploi, et des mesures de remplacement ont été adoptées en faveur de certaines catégories. L’autre principal programme, la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC), une subvention accordée aux employeurs qui couvre jusqu’à 75 % de la rémunération de leurs employés pendant une durée maximale de trois mois, a été prolongé jusqu’à la mi-2021 et devrait représenter un coût estimé à 80 milliards CAD (soit 3 % environ du PIB). Les employeurs doivent justifier d’une perte de chiffre d’affaires pour avoir droit à cette subvention, dont le montant est calculé en fonction de ce manque à gagner. Les aides au paiement des loyers commerciaux, le soutien au crédit et les garanties de prêts sont également prolongés jusqu’en 2021. Les dépenses fédérales totales affectées à ces mesures pour l’exercice budgétaire 2020-21 sont estimées à 11 % du PIB. Quant aux gouvernements provinciaux, ils maintiennent leurs dispositions spéciales en matière de protection sociale et leurs aides complémentaires en faveur des entreprises, même si la valeur monétaire de ce soutien devrait rester mineure comparée à celle des aides du gouvernement fédéral.
La reprise économique devrait nettement ralentir Ces prévisions reposent sur l’hypothèse que des mesures d’endiguement localisées pèseront sur la croissance jusqu’à ce que la vaccination contre le virus devienne généralisée. L’activité restera sensiblement inférieure à son niveau d’avant la crise dans les secteurs des voyages, des loisirs ainsi que de l’hébergement et de la restauration. L’incertitude qui entoure les perspectives économiques freinera la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. La hausse des prix à la consommation devrait rester inférieure à la cible de 2 %. Le déficit budgétaire devrait diminuer en 2021 et 2022, à mesure que les recettes fiscales se redresseront et que la nécessité de soutenir les ménages et les entreprises s’atténuera. Le ratio dette publique/PIB continuera néanmoins d’augmenter. Les risques demeureront élevés. Comme ailleurs, des incertitudes entourent l’ampleur et l’impact économique des futures mesures d’endiguement, ainsi que le calendrier de diffusion d’un vaccin. Ces questions vont influer tout particulièrement sur le rythme de la reprise dans les secteurs durement touchés, comme les voyages et les activités d’hébergement et de restauration. Une autre incertitude essentielle tient à la mesure dans laquelle les ménages vont réduire leur taux d’épargne élevé en consommant, ou conserver cette épargne par prudence pour l’avenir. S’agissant du Canada, l’évolution future des prix et de la demande de pétrole constitue aussi une source majeure d’incertitude et de risque. Le redressement de l’économie canadienne après la crise liée à la COVID-19 dépendra aussi de l'évolution de la situation aux États-Unis, étant donné les liens économiques étroits qui existent entre les deux pays. Alors qu’une crise de liquidité a été évitée jusqu’à présent, des risques demeurent sur les marchés financiers. La crise économique provoquée par la pandémie a accentué les facteurs de vulnérabilité sur le marché des obligations d’entreprise, ainsi que les risques résultant du niveau élevé d’endettement des ménages, lié à leurs emprunts hypothécaires.
Il faut maintenant que la politique économique favorise l’activité des entreprises, la création d’emplois et le bien-être Favoriser la reprise dans le secteur des entreprises devrait être une priorité essentielle. Le soutien des pouvoirs publics devrait se concentrer sur les segments viables des secteurs profondément marqués par la crise, mais également sur la réallocation des ressources, en encourageant une évolution positive de la structure de l’activité économique, notamment au moyen de projets d’investissements verts à forte intensité d’emplois et de programmes de recyclage professionnel. Il conviendrait de remédier aux problèmes structurels qui brident depuis longtemps la productivité et la compétitivité des entreprises canadiennes, notamment aux obstacles non tarifaires au commerce entre les provinces et territoires. En outre, il faudrait améliorer la couverture, la réactivité et l’efficacité des programmes de protection sociale. La PCU a été mise
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88 en place en partie à cause des lacunes du régime fédéral d’assurance-emploi, et de la modestie des prestations du filet de protection sociale dans nombre de provinces et territoires. Les mesures prises dans le prolongement de la suppression de la PCU remédient à certaines de ces lacunes, notamment le soutien apporté aux travailleurs indépendants, mais la question plus générale de la faiblesse des prestations servies demeure posée. Il conviendrait d’améliorer encore l’accès à des services de garde d’enfants et à des logements abordables, ainsi que d’avancer vers une intégration des médicaments prescrits sur ordonnance dans le panier de soins financés sur fonds publics, en mettant en place un régime public national d’assurance-médicaments (Pharmacare). Il faudrait aussi se préparer à alléger la charge de la dette publique, une fois que la reprise économique sera bien engagée. Par ailleurs, les autorités devraient envisager de définir un objectif plus strict de solde budgétaire fédéral à moyen terme, afin d’orienter l’établissement du budget et de renforcer la crédibilité de la gestion des finances publiques. Si un accroissement des recettes s’avérait nécessaire, il serait possible d’ajuster la taxe sur les produits et services (TPS) pour l’obtenir.
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