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Allemagne note pays: Perspectives économiques de l'OCDE 2020

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Allemagne Selon les prévisions, l’économie devrait se contracter d’environ 5 ½ pour cent en 2020, sous l’effet d’un repli de la consommation privée, de l’investissement des entreprises et de leurs exportations. Le taux de croissance devrait se redresser pour s’établir à 2.8% en 2021 et à 3.3 % en 2022. La consommation privée et les exportations ont rebondi rapidement dans un premier temps, mais la demande de services restera faible jusqu’en 2021, compte tenu du durcissement des mesures d’endiguement du virus. La persistance des incertitudes continuera de peser sur la reprise de l’investissement et sur la demande de biens d’équipement avant qu’une campagne générale de vaccination n’affermisse la confiance. Les mesures de chômage partiel ont permis d’amortir la hausse du chômage, mais une décrue soutenue du taux de chômage n’est pas prévue avant la fin du premier semestre 2021, une fois que les salariés en chômage partiel seront de retour au travail. La vigueur des mesures d’accompagnement budgétaire a permis de protéger les emplois et les entreprises en 2020, mais il faudra gérer avec prudence le rythme de l’assainissement des finances publiques. De nouvelles mesures ciblées seraient légitimes en 2021 et 2022 pour diminuer l’imposition des bas revenus, accroître la recherche-développement, accompagner le placement dans l’emploi et la formation, et déployer les infrastructures nécessaires à la transformation numérique et à la transition énergétique. Allemagne 1 La reprise a été interrompue

Les échanges restent inférieurs à leur niveau d'avant la crise

PIB réel Indice T4 2019 = 100, c.v.s. 103

Indice T4 2019 = 100, c.v.s. 105

100

100

97

95

94

90

91

85 Importations en volume

88 85

Exportations en volume

2019

2020

2021

2022

0

0

2019

2020

2021

2022

80 75

Source: Base de données des Perspectives Économiques de l'OCDE, n° 108. StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218501

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Allemagne : Demande, production et prix 2017

2018

Prix courants milliards de EUR

Allemagne PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1

2019

2020

2021

2022

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

3 263.3 1 705.5 648.2 667.5 3 021.2 13.1 3 034.2 1 541.6 1 312.5 229.1

1.3 1.5 1.2 3.6 1.9 -0.1 1.8 2.5 3.8 -0.4

0.6 1.6 2.7 2.6 2.1 -0.7 1.3 1.0 2.6 -0.6

-5.5 -6.2 4.2 -4.3 -3.5 -1.0 -4.5 -11.1 -9.6 -1.2

2.8 3.2 1.6 2.0 2.6 -0.5 2.1 4.5 3.0 0.8

3.3 4.0 0.9 3.9 3.3 0.0 3.3 4.5 4.7 0.2

3 260.0 _ _

1.3 1.7 1.9

0.6 2.2 1.4

-5.2 1.4 0.4

2.8 0.8 1.1

3.2 1.2 1.3

_ _

1.3 3.4

1.3 3.1

0.7 4.2

1.1 4.8

1.3 4.3

_

10.9

10.9

16.6

15.2

12.7

_ _

1.8 69.5

1.5 68.1

-6.3 82.5

-4.4 84.7

-1.8 84.3

_

61.7

59.5

73.9

76.2

75.8

_

7.5

7.2

7.0

7.2

7.1

Pour mémoire PIB sans ajustements jours travaillés Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 108.

StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218520

Allemagne 2 La résurgence de l'épidémie de COVID-19 a affecté les services Solde d'opinion, c.v.s. 40

Le chômage partiel a protégé les emplois

Climat des affaires

% de la population active, c.v.s. 10

% des salariés 20

← Taux de chômage

30

Chômeurs partiels →

20

8

16

6

12

4

8

2

4

10 0 -10 -20 -30

Secteur des services Secteur manufacturier

-40 -50

2018

2019

2020

0

0

2018

2019

2020

0

Source: Enquêtes de conjoncture de l'Institut de recherche économique (ifo, Institut für Wirtschaftsforschung) ; Office fédéral de la statistique (Destatis, Statistisches Bundesamt) ; et Agence fédérale pour l'emploi (Bundesagentur für Arbeit). StatLink 2 https://doi.org/10.1787/888934218539.

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Une recrudescence des cas de coronavirus a déclenché l’adoption de mesures nationales de reconfinement Le nombre de nouveaux cas de contamination s’est envolé dès le début d’octobre, déclenchant un reconfinement le 2 novembre. Après cinq mois durant lesquels la propagation du virus avait été bien circonscrite localement grâce à un système efficace de dépistage, de traçage et d’isolement, il a été impossible, fin octobre, de déterminer l’origine de trois-quarts des nouvelles contaminations. En novembre, le nombre de patients COVID en soins intensifs a dépassé le pic d’avril même si, grâce à l’importance des capacités, des lits y étaient encore disponibles, évitant d’avoir à utiliser les lits en réserve des urgences. Les restaurants, bars, lieux culturels et de loisirs ont dû fermer, les séjours hôteliers ont été proscrits et les rassemblements publics limités. À la différence des mesures prises au printemps, les établissements scolaires et les garderies sont restés ouverts, à quelques exceptions près concernant les communes les plus durement touchées. Au nombre des autres mesures d’endiguement prises au niveau national figurent l’annulation des grands rassemblements publics jusqu’au 31 décembre, le port du masque obligatoire dans les magasins et les transports publics, les restrictions de déplacement et la mise en quarantaine obligatoire des voyageurs en provenance des zones les plus à risque de l’Union européenne et de l’Espace Schengen.

Un rebond rapide qui s’est essoufflé La contraction du PIB, la plus forte jamais observée depuis le lancement des comptes nationaux trimestriels, a été suivie d’un rebond rapide, sous l’impulsion des secteurs des services, puis de l’industrie. Après avoir connu une phase de perturbation aiguë en avril, le commerce de détail a vu son chiffre d’affaires dépasser, dès le mois de mai, son niveau d’avant la crise. Malgré un repli considérable de l’investissement des entreprises, l’activité s’est largement poursuivie dans le secteur de la construction et l’investissement public s’est développé. Les exportations expliquent pour une part essentielle la contraction de l’activité, étant donné que les principaux partenaires commerciaux de l’Allemagne ont été sévèrement touchés, faisant reculer d’un tiers la valeur des exportations entre février et avril. En dépit d’un redressement sensible à partir de mai, les exportations en valeur demeuraient en septembre inférieures de 10 % à leur niveau un an plus tôt, et les exportations de biens d’équipement essentiels, notamment de l’industrie automobile, étaient toujours inférieures de 15 % environ à leur niveau d’avant-crise. Les carnets de commandes à l’exportation dans l’industrie ont continué de très bien se remplir en septembre, y compris lorsque la résurgence de l’épidémie en Europe a entraîné un effritement de la confiance des entreprises dans les secteurs des services, de la confiance des consommateurs et un recul de la mobilité individuelle. Le taux de chômage a augmenté de 1.4 point au cours du premier semestre 2020, avant de se stabiliser, son augmentation étant modérée par le recours généralisé au dispositif public de chômage partiel. Selon des données d’enquête, un quart au moins des salariés dans les secteurs de l’hébergement, la métallurgie, la construction mécanique et la construction automobile étaient encore en chômage partiel en septembre, contre moins de 10 % dans le commerce de détail, la construction et le secteur financier.

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Les mesures d’accompagnement budgétaire seront levées graduellement en 2021 et 2022 Deux trains de mesures budgétaires ont été annoncés en mars et juin 2020, financés par des budgets rectificatifs de respectivement 156 milliards EUR (4.5 % du PIB) et 61.8 milliards EUR (1.8 % du PIB), la clause dérogatoire à la règle du frein à la dette publique ayant été invoquée. Le premier train de mesures a consisté en priorité à protéger la santé, les emplois et les entreprises au moyen d’investissements dans la santé, de prestations monétaires versées aux indépendants et aux petites entreprises, de prestations sociales, d’un accès élargi au dispositif de chômage partiel, de garanties de prêts et enfin, de reports d’impôts. La seconde série de mesures a visé à stimuler la consommation avec, notamment, un abaissement temporaire des taux de TVA entre le 1er juillet et le 31 décembre 2020, un fonds de secours complémentaire à l’intention des indépendants, et des mesures favorisant l’investissement public et privé dans la transformation numérique, l’éducation, la santé, les transports publics et les énergies vertes. Ce soutien budgétaire exceptionnel a permis de protéger les emplois et les entreprises aidées même si certaines mesures, comme les garanties de prêts et le fonds de secours en faveur des indépendants, ont été sous-utilisées. Avec le durcissement des mesures d’endiguement en novembre, une enveloppe supplémentaire d’environ 10 milliards EUR (0.3 % du PIB) a été accordée et des dépenses et transferts complémentaires d’un même ordre de grandeur devraient pallier la faiblesse de la demande en 2021. Enfin, la politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne (BCE) et l’augmentation de ses achats d’actifs soutiennent la demande agrégée. L’assainissement budgétaire rendra compte, dans un premier temps, de l’arrêt en 2021 des mesures de soutien exceptionnel comme l’abaissement temporaire des taux de TVA et le fonds de secours, et sera contrebalancé jusqu’à un certain point par l’augmentation de l’investissement public et la baisse de la contribution de solidarité, prélevée sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Le projet de plan de budget de l’État fédéral pour 2021 inclut un besoin de financement de 96.2 milliards EUR (2.8 % du PIB), qui nécessitera d’invoquer à nouveau la clause dérogatoire à la règle du frein à l’endettement. Le retour à l’application de cette règle en 2022 entraînera une poursuite de l’assainissement.

La crise continuera de peser sur l’économie Le rapide rebond du troisième trimestre 2020 cède le pas à une contraction au dernier trimestre et à une reprise qui ne sera que progressive en 2021. Les mesures d’endiguement ont pesé sur l’activité en novembre et ne devraient être assouplies que légèrement pendant le reste de la période hivernale. Les secteurs des services, dans lesquels la distanciation physique n’est pas possible, sont les plus durement touchés. Des carnets de commandes bien remplis, y compris à l’exportation, continueront de soutenir la croissance industrielle jusqu’à la fin de 2020, mais celle-ci marquera le pas lorsque le rebond de la consommation de biens durables prendra fin. L’assainissement budgétaire pèsera également sur la croissance dès le début de 2021. Elle devrait regagner progressivement en vigueur en 2022 et – à mesure qu’une campagne de vaccination générale allégera les incertitudes et réduira par conséquent l’épargne de précaution des consommateurs – augmenter la demande d’exportations et soutenir l’investissement des entreprises. L’inflation restera généralement modeste, même si la fin de la baisse temporaire des taux de TVA entraînera une hausse transitoire des prix à la consommation au premier trimestre de 2021. Le chômage devrait continuer sa progression et atteindre un pic au premier semestre 2021, lorsque le ralentissement de la croissance réduira les créations d’emplois et que le retour au travail des salariés en chômage partiel laissera moins de marge à de nouvelles embauches.

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74  L’évolution de la pandémie en Allemagne et chez ses principaux partenaires commerciaux constitue le plus important facteur de risque par rapport aux prévisions. Une recrudescence des contaminations réduirait la consommation privée et pourrait nécessiter l’extension ou le durcissement des mesures d’endiguement si les capacités sanitaires étaient menacées. Des obstacles imprévus à la mise en œuvre d’une campagne de vaccination pèserait aussi sur la croissance. À l’inverse, une propagation du virus maîtrisée grâce à des mesures locales, associées à une stratégie généralisée de dépistage, de traçage et d’isolement ou une avancée plus rapide que prévu des vaccinations seraient favorables à la reprise de l’activité. Une amplification de la crise dans le système financier pourrait conduire à une récession durable si les défaillances d’entreprises et de ménages se conjuguaient à des taux d’intérêt bas pour déclencher un effondrement de l’offre de crédit, voire des cas de faillites bancaires, même si cette situation a été évitée jusqu’à présent.

Il faudrait modérer le rythme de l’assainissement budgétaire Le retrait prématuré des mesures discrétionnaires de soutien budgétaire en 2021 et 2022, d’un montant considérable (juste en-deçà de 2 % du PIB au total), risquerait de mettre en péril une reprise déjà perturbée par la résurgence du virus. Le degré de l’assainissement dépendra pour l’essentiel de l’ampleur des mesures discrétionnaires effectivement déployées en 2020, estimée à 4 ¼ pour cent du PIB. Le prolongement du dispositif de chômage partiel jusqu’à fin 2021 apportera le soutien nécessaire à un marché du travail affaibli, mais empêchera également le redéploiement des emplois. L’aide au placement dans l’emploi et la formation des salariés en activité partielle ou au chômage gagneront de plus en plus en importance. Au nombre des autres possibilités de mesures budgétaires ciblées, destinées à soutenir la demande tout en contribuant à la croissance inclusive, figurent un abaissement des taux d’imposition appliqués aux bas revenus et un accroissement des incitations fiscales à la recherche-développement. Les mesures inscrites dans le dispositif de relance pour doper l’investissement dans les infrastructures sont ciblées, comme il se doit, sur les enjeux majeurs auxquels est confrontée l’économie allemande (la transformation numérique et la transition énergétique), mais doivent être complétées par de nouvelles dispositions visant à éliminer les goulets d’étranglement logistiques en finançant davantage les communes, en étoffant leurs capacités d’aménagement local et en rationalisant les processus de planification.

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