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Zone euro Avec la levée progressive des mesures de confinement, la croissance économique devrait se redresser vigoureusement au second semestre de cette année. De fait, selon les projections, le PIB devrait progresser de 4.3 % en 2021 et de 4.4 % en 2022, bénéficiant du redémarrage de la consommation privée, de l’ampleur considérable de l’effort de relance budgétaire et de la vigueur de la demande extérieure, notamment en provenance des États-Unis. Le chômage devrait se replier pour revenir à un niveau proche de ce qu’il était avant la crise dans le courant de 2022. Une mise en œuvre rapide et efficace du plan de relance de l’Union européenne (UE) donnerait un coup de pouce supplémentaire à la reprise. Avec une inflation qui devrait rester inférieure à l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE) d’ici fin 2022, la politique monétaire devrait demeurer accommodante. De même, les autorités budgétaires nationales devraient continuer à mener des politiques expansionnistes jusqu’à ce que la reprise s’accélère, et s’attacher de plus en plus à favoriser le redéploiement des ressources en faveur de la décarbonation et de la transformation numérique. Il faut impérativement stimuler l’investissement public. Une fois la crise passée, la zone euro devra aussi définir une nouvelle stratégie de politique monétaire, en prévoyant de réagir aussi fortement lorsque l’inflation se situera au-dessus ou en dessous de l’objectif de la BCE, renforcer l’efficacité des cadres budgétaires, notamment en veillant à ce qu’ils suscitent une plus forte adhésion des États membres, et se doter d’instruments budgétaires communs permanents. Il est par ailleurs indispensable d’accélérer la cession des prêts non performants pour permettre un redéploiement du crédit vers les entreprises efficientes.
Zone euro 1 La pandémie n'est pas encore maîtrisée
Le secteur manufacturier se redresse plus vite que celui des services
Moyenne mobile sur 7 jours Par million d'habitants 600
← Nombre quotidien de nouveaux cas
500
Par million d'habitants 12
Indice 50 = neutre 65 60
Nombre quotidien de décès →
10
400
8
300
6
200
4
55 50 45 40 35 Indice des directeurs d'achat (PMI) du secteur manufacturier Indice des directeurs d'achat (PMI) du secteur des services¹
100
30 25 20
2
15 0 janv.-20
avr.-20
juil.-20
oct.-20
janv.-21
avr.-21
0
0
2007
2009
2011
2013
2015
2017
2019
10
1. Entreprises du secteur privé des services. Source: Calculs de l'OCDE fondés sur la base de données Our Word in Data et sur les Statistiques sur la population d'Eurostat Population ; et IHS Markit. StatLink 2 https://stat.link/szfqu3
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Zone euro : Demande, production et prix 2017
2018
Prix courants milliards de EUR
Zone euro PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent2
2019
2020
2021
2022
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)
11 191.4 6 025.0 2 296.8 2 305.2 10 627.0 79.3 10 706.3 485.1
1.9 1.5 1.2 3.2 1.8 0.1 1.8 0.1
1.3 1.3 1.7 5.7 2.5 -0.5 1.9 -0.5
-6.7 -8.0 1.2 -8.5 -6.1 -0.3 -6.4 -0.5
4.3 2.5 2.9 5.7 3.3 0.0 3.4 1.0
4.4 6.0 0.9 5.6 4.7 0.0 4.7 -0.1
_ _ _ _
1.4 1.8 1.0 8.2
1.7 1.2 1.0 7.5
1.6 0.3 0.7 7.9
0.9 1.8 1.2 8.2
1.3 1.3 1.1 7.9
6.5 6.8 13.7 11.9 -0.5 -0.6 -7.2 -7.2 102.4 103.5 121.9 124.6
7.5 -3.7 123.2
Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
_ _ _ _
87.7
_
3.5
85.9 100.2 102.8 3.1
2.9
101.4
3.3
3.2
Note: L’agrégat correspondant à la zone euro est calculé à partir des pays de la zone euro membres de l’OCDE, et de données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier. 1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 109.
StatLink 2 https://stat.link/6k0y9t
Zone euro 2 Les politiques budgétaires nationales restent accommodantes
Le PIB va rester en-deçà de sa trajectoire de croissance pré-pandémie
Variation du solde primaire sous-jacent¹ Pts de % 2.0
Indice T4 2019 = 100 105
1.5 1.0
100
0.5 0.0
95
-0.5 -1.0
90
-1.5 -2.0
Trajectoire de croissance actuelle
-2.5 -3.5
85
Trajectoire de croissance avant la crise²
-3.0 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022
0
0
2020
2021
2022
80
1. Mesurée en % du PIB potentiel. 2. La trajectoire de la croissance pré-pandémie est fondée sur les projections des Perspectives économiques de l'OCDE de novembre 2019, avec une extrapolation linéaire pour 2022 fondée sur la croissance tendancielle de 2021. Source: Perspectives économiques de l'OCDE, n° 106 et n° 109. StatLink 2 https://stat.link/u5oilk PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
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La situation épidémiologique reste problématique Depuis la fin de 2020, le nombre de contaminations et de décès dus au COVID-19 est resté élevé dans la zone euro. Le déploiement des vaccins, qui a débuté en décembre 2020, s’accélère progressivement, mais les pressions qui s’exercent sur les systèmes de santé restent importantes, ce qui a contraint de nombreux pays à maintenir ou à réintroduire des mesures d’endiguement visant à réduire la mobilité et les contacts entre les personnes. Ces restrictions, bien que variables suivant les pays et dans le temps, ont surtout pesé sur les secteurs de l’hébergement et de la restauration, des loisirs et des voyages internationaux, et elles ont souvent pris la forme de fermetures provisoires d’établissements scolaires. Après avoir été quelque peu allégées ces dernières semaines, ces mesures de freinage devraient être progressivement levées d’ici à la fin de l’année, grâce à l’extension des campagnes de vaccination et à l’amélioration des dispositifs de dépistage et de traçage, et elles ne devraient plus limiter de manière importante l’activité en 2022.
L’activité, freinée par les services, est restée atone Après s’être contractée au dernier trimestre de 2020 et au premier trimestre de 2021, la production économique montre ces derniers temps des signes de redémarrage. La consommation privée a été un déterminant essentiel de la dynamique du PIB. Au début de 2021, les ventes au détails étaient tombées à des niveaux bien inférieurs à ceux observés avant le début de la pandémie, mais elles se sont ensuite redressées en février puis en mars. Plus directement affectée par les confinements, la consommation de services a probablement été plus faible. La hausse de l’inflation sous-jacente constatée au début de 2021 a été essentiellement transitoire et s’explique par la mise à jour des coefficients de pondération utilisés pour élaborer l’indice des prix à la consommation ainsi que par l’effet temporaire de certaines mesures fiscales et du report des soldes d’hiver. La hausse correspondante de l’inflation globale a duré plus longtemps, à cause de l’augmentation des prix de l’énergie. Sur fond de recours généralisé et persistant aux dispositifs de chômage partiel, le chômage est resté globalement stable au cours des premiers mois de cette année. Après une reprise soutenue tout au long du second semestre de 2020, l’activité dans le secteur manufacturier et la construction est restée pour l’essentiel stationnaire au début de 2021. Néanmoins, les industries exportatrices ont généralement obtenu de meilleurs résultats, grâce au dynamisme accru de la demande extérieure. Illustrant l’hétérogénéité de ces évolutions, les indicateurs de confiance sont restés meilleurs dans le secteur manufacturier que dans celui des services, où l’on observe néanmoins un certain redressement ces derniers mois.
Les politiques publiques continuent de soutenir l’activité, au niveau européen et dans les différents pays La BCE a pris de nouvelles mesures pour préserver les conditions de financement très favorables dont bénéficient les emprunteurs publics et privés. En décembre 2020, elle a annoncé de nouvelles opérations de refinancement à plus long terme, ciblées et non ciblées, et augmenté de 500 milliards EUR son programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP, Pandemic Emergency Purchase Programme), en prolongeant ses achats nets d’actifs au moins jusqu’à la fin de mars 2022 (au lieu de juin 2021). En mars 2021, elle a décidé d’accélérer sensiblement les achats réalisés dans le cadre du PEPP au cours des mois suivants. Ces mesures ont contribué à atténuer la hausse des taux d’intérêt à long terme dans la zone euro, dans un contexte mondial de pentification de la courbe des taux, et à empêcher un creusement des écarts de rendement sur obligations d’État dans la zone euro. Dans la mesure où l’inflation devrait rester nettement inférieure à 2 %, on pose l’hypothèse que les taux directeurs de la BCE resteront inchangés en 2021 et 2022, avec des écarts de rendements entre dettes souveraines globalement stables.
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130 Selon les prévisions, les politiques budgétaires nationales devraient apporter un soutien considérable à l’activité, surtout en 2021. En plus du jeu des stabilisateurs automatiques, les gouvernements ont pris des mesures de relance discrétionnaires estimées à environ 2 points du PIB de la zone euro en 2020, ce qui laisse penser que toutes les mesures annoncées n’ont pas été pleinement mises en œuvre l’an dernier. On table sur des mesures discrétionnaires de relance budgétaire d’une ampleur légèrement plus importante en 2021, suivies par une certaine contraction des politiques budgétaires en 2022, lorsque la nécessité de certaines mesures de crise comme celles qui concernent le chômage partiel se fera sans doute nettement moins sentir. Cette relance budgétaire bienvenue repose en partie sur la mise en œuvre à grande échelle des plans nationaux pour la reprise et la résilience, qui bénéficient de subventions de l’UE. Ces projections reposent donc sur le postulat que les procédures engagées pour donner effet au plan de relance de l’UE, notamment l’approbation par tous les États membres de l’émission de dettes communes, seront terminées cet été. Cette relance budgétaire s’appuie également sur le prolongement probable de la suspension des contraintes découlant du Pacte de stabilité et de croissance jusqu’à la fin de 2022, dont l’application aurait entraîné en 2022 un assainissement budgétaire plus prononcé dans certains pays, voire une orientation plus prudente dès cette année. Avant que le Pacte de stabilité et de croissance ne soit réactivé, il est nécessaire de réviser en profondeur le cadre budgétaire européen afin qu’il garantisse la viabilité de la dette, qu’il permette une stabilisation conjoncturelle suffisante et qu’il suscite une plus grande adhésion dans les États Membres.
La croissance va rebondir vivement, mais la pandémie va laisser des séquelles Après une forte accélération au second semestre de 2021, la croissance du PIB devrait selon les projections se modérer tout en restant vigoureuse. D’ici à la fin de 2021, la consommation privée devrait bénéficier de la levée des mesures d’endiguement et d’une baisse concomitante de l’épargne des ménages qui servira à financer un rattrapage sensible de la demande. L’activité sera également soutenue par l’ampleur de la relance budgétaire et la hausse considérable des exportations. En 2022, la croissance restera stimulée par les exportations et la formation de capital, à laquelle l’investissement public contribuera de manière importante. Toutefois, l’épargne des ménages, quoiqu’en repli, devrait rester plus élevée qu’avant la crise, et le redressement de l’investissement privé ne sera que modéré. À la fin de 2022, le chômage devrait retrouver des niveaux proches de ceux d’avant la pandémie, et l’inflation restera relativement faible. La dette publique, au sens de Maastricht, culminera à 103 % du PIB de la zone euro en 2021. L’évolution de la production devrait rester asymétrique au sein de la zone euro, les pays du sud ayant été les plus durement touchés, même si les risques d’accentuation de cette divergence sont maintenant moins aigus qu’aux premiers stades de la crise. La levée attendue des mesures de confinement et le rebond connexe de l’activité pourraient être mis en péril si les campagnes de vaccination se révélaient inefficaces face à de nouveaux variants du virus. Outre un alourdissement des pertes de production à court terme, la hausse du chômage et la multiplication des faillites accentueraient les difficultés liées au redéploiement des ressources à moyen terme. Une mise en œuvre lente ou inefficace du plan de relance de l’UE, éventuellement accompagnée d’un rétablissement des règles budgétaires européennes en 2023 sans qu’elles aient été fondamentalement réformées, ralentirait la reprise, risquerait de faire réapparaître des tensions sur la dette souveraine et, plus généralement, affaiblirait la cohésion et les perspectives de poursuite de l’intégration de la zone euro. À l’inverse, une mise en œuvre rapide et efficace des plans nationaux pour la reprise et la résilience, mettant l’accent sur les réformes structurelles en vue d’attirer l’investissement privé et de favoriser la mise en œuvre de mesures de développement des compétences et d’activation, pourrait raffermir la confiance, renforcer durablement la croissance et aider l’Europe à réussir ses transitions écologique et numérique.
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Les politiques budgétaire et financière devraient favoriser le redéploiement des ressources Parallèlement à la levée progressive des mesures de confinement, la politique budgétaire devrait favoriser un redéploiement des ressources des activités risquant d’être confrontées à une atonie prolongée de la demande au profit de celles qui vont probablement se développer. À cette fin, l’amélioration des mesures d’activation et la formation de capital public, notamment dans la recherche et l’innovation, sont des leviers essentiels de l’action des pouvoirs publics. À cet égard, il est encourageant que l’assainissement budgétaire modéré prévu pour 2022 s’accompagne d’une forte hausse de l’investissement public, et il est indispensable que celle-ci corresponde à des projets propres à stimuler la productivité ayant été soigneusement sélectionnés. À l’avenir, la création, dans la zone euro, d’une capacité budgétaire commune de stabilisation à vocation permanente réduirait les risques de divergence conjoncturelle, qui tend à dégrader durablement la production potentielle. L’envolée probable des prêts non performants dans un avenir proche risque d’entraver la distribution du crédit et son redéploiement vers les entreprises les plus productives. Pour accélérer les cessions de ces créances, il est indispensable de réformer les procédures de saisie des actifs fournis en garantie de prêts, et de soutenir le développement de marchés secondaires des créances douteuses. La mise en place de structures de défaisance, au niveau national ou européen, pourrait également être envisagée.
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